Terminale S
Les nombres
complexes -
Partie I
1.0
OLIVIER LÉCLUSE
CREATIVE COMMON BY-NC-SA
Aout 2013
Table des
matières
Objectifs 5
Introduction 7
I - Introduction aux nombres complexes 9
A. Résolution d'équations du troisième degré........................................................9
B. Forme algébrique d'un nombre complexe.......................................................11
C. Égalité de deux complexes...........................................................................13
D. Calculer avec les complexes.........................................................................13
E. Représentation des nombres complexes.........................................................14
F. Inverse d'un nombre complexe......................................................................14
G. Conjugué d'un complexe..............................................................................15
H. Calculer avec les complexes.........................................................................15
II - Équations du second degré 17
A. Équation du second degré à coefficients réels.................................................17
B. Résoudre une équation................................................................................18
III - Représentation géométrique 19
A. Affixe d'un point, d'un vecteur......................................................................19
B. Propriétés..................................................................................................20
C. Exercice.....................................................................................................20
IV - Test final de la première partie 21
Solution des exercices 23
Contenus annexes 27
3
Objectifs
Introduire les nombres complexes
Forme algébrique, conjugué, somme, produit quotient de
nombres complexes
Équation du second degré à coefficients réels
Représentation géométrique
Affixe d'un point, d'un vecteur
5
Introduction
Considérons l'ensemble des entiers naturels : L'équation possède une solution
unique ( ) dans . Par contre une équation si simple que l'équation ne
possède pas de solutions dans .
Les mathématiciens ont donc inventé les nombres négatifs et construit l'ensemble des
entiers relatifs pour pallier à cette difficulté. L'équation admet comme
solution. Les nombres négatifs sont nés.
Néanmoins, une équation aussi simple que ne possède pas de solution dans . Il
faut donc inventer de nouveaux nombres, pour décrire les solutions de ce type d'équations
très simples. Dans , l'équation admet comme solution . Les nombres
rationnels sont nés.
Même si les nombres rationnels permettent de décrire bon nombre de situations de la vie
quotidienne, ils se trouvent vite limités. Un exemple tout simple permet d'en venir à bout :
trouver la longueur de la diagonale d'un carré de coté 1 ! Le théorème de Pythagore nous
permet d'énoncer cette problématique au moyen de l'équation simple .
On peut démontrer par un raisonnement par l'absurde que cette équation n'admet pas de
solutions rationnelles : En effet, si une telle solution existait, on pourrait l'écrire , p et
q étant entiers et la fraction irréductible. Or donc ce qui montre que est
divisible par 2. Comme est un carré, il est divisible par donc p est pair. Mais alors
est également pair puisque est divisible par 4. Donc est pair également. Donc
q est pair.
Mais le fait que p et q soient pair est en contradiction avec le fait que la fraction est
irréductible ! donc l'équation n'a pas de solutions rationnelles.
On construit donc les nombres réels qui contient en particulier ce nouveau nombre
que nous venons de créer.
En a t-on pour autant fini avec la découverte des nombres ? contient les nombres entiers,
les négatifs, les rationnels, les irrationnels, des nombres bien mystérieux comme ou e.
Néanmoins, des équations très simples comme n'ont toujours pas de solutions
dans cet ensemble des nombres réels qu'on croit si complet. Nous allons donc dans ce
chapitre résoudre cette équation en inventant un nouveau nombre imaginaire et construire
ainsi un nouvel ensemble de nombres : l'ensemble des nombres complexes : .
7
Introduction aux
I-
I
nombres
complexes
Résolution d'équations du troisième degré 9
Forme algébrique d'un nombre complexe 11
Égalité de deux complexes 13
Calculer avec les complexes 13
Représentation des nombres complexes 14
Inverse d'un nombre complexe 14
Conjugué d'un complexe 15
Calculer avec les complexes 15
Pourquoi inventer de nouveaux nombres ? Pourquoi vouloir écrire les solutions de
l'équation ? Cette question s'est posée à la fin du XVIè sciècle lorsque
des mathématiciens ont cherché à résoudre les équations du 3ème degré. Nous
allons le voir dans l'activité ci-dessous.
Avant de découvrir cette approche par le calcul, vous pourrez visionner ce film
expliquant sous un angle géométrique la notion de nombres complexes.
A. Résolution d'équations du troisième degré
Au début du XVIè siècle, le mathématicien Scipione dal Ferro propose une formule
donnant une solution de l'équation du degré 3: :
Question 1
[Solution n°1 p 21]
Donner à l'aide de cette formule une solution de l'équation
Indice :
On pourra écrire l'équation sous la forme
A la fin du XVIè siècle, le mathématicien Bombelli applique cette formule à
9
Introduction aux nombres complexes
l'équation . Nous allons voir que cela peut s'avérer problématique...
Question 2
[Solution n°2 p 21]
En essayant d'appliquer la même formule sur l'équation de Bombelli, que se passe
t-il ?
Dans le cas du second degré, lorsque le discriminent était négatif, on en concluait à
la non existence de solutions réelles, ne pouvant prendre la racine carrée d'un
nombre
Question 3
[Solution n°3 p 21]
Peut-on conclure de ce résultat que l'équation de Bombelli n'a pas de solutions
réelles ?
Indices :
On pourra penser au théorème des valeurs intermédiaires
Calculer les limites en l'infini de la fonction
Bombelli a alors eu cette incroyable audace à l'époque d'écrire que
, partant du constant que
Il remarque alors que
Question 4
[Solution n°4 p 21]
En utilisant les égalités remarquables suivantes :
vérifier les calculs de Bombelli.
Question 5
[Solution n°5 p 22]
En faisant preuve de la même audace que Bombelli, poursuivre les calculs afin de
trouver une solution à l'équation de Bombelli.
Ainsi donc, en passant par ce nombre qui n'est pas réel, la formule permet
d'obtenir la solution qui elle est bien réelle. Ainsi, l'utilisation du nombre
imaginaire s'est révélée pertinente.
Les nombres complexes sont nés ! Néanmoins l'écriture utilisée pendant 200
ans est problématique comme nous allons le voir :
Question 6
[Solution n°6 p 22]
En remarquant que , calculer de deux manières .
En déduire que l'écriture n'est pas correcte.
Indice :
On se rappellera la propriété de multiplication des racines carrées =
C'est en 1777 que Leonhard Euler propose de remplacer l'écriture de par la
10
Introduction aux nombres complexes
lettre i comme imaginaire. L'écriture moderne était née.
B. Forme algébrique d'un nombre complexe
Fondamental : Théorème (admis)
Il existe un ensemble de nombres, noté , qui contient l'ensemble des nombres
réels et qui vérifie les propriétés suivantes :
contient un nombre noté vérifiant
tous les éléments s'écrivent de manière unique sous la forme
où a et b sont des nombres réels
est muni de l'addition et de la multiplication qui possèdent les mêmes
propriétés que l'ensemble des nombres réels.
Définition
Cet ensemble est appelé l'ensemble des nombres complexes
L'écriture de ses éléments sous la forme est appelée l'écriture
algébrique du nombre complexe .
- Le nombre a s'appelle la partie réelle de
- Le nombre b s'appelle la partie imaginaire de
- On notera et
Exemple
Le nombre complexe z=3-2i a pour partie réelle et pour partie imaginaire
Attention
La partie imaginaire d'un nombre complexe est donc un nombre bien réel ! !
C. Égalité de deux complexes
Fondamental : Unicité de l'écriture algébrique
Soient et deux nombres complexes écrits sous leur forme algébrique.
Alors
Complément : Démonstration
Par différence, il suffit de montrer que
Si et , il est clair que
Supposons à présent que et montrons que et
Par l'absurde, supposons que , alors on pourrait écrire ce qui ferait de
un nombre réel, absurde. Donc
De plus,
Donc
11
Introduction aux nombres complexes
D. Calculer avec les complexes
Soit et
Question 1
[Solution n°7 p 22]
Calculer
Question 2
[Solution n°8 p 22]
Calculer
Question 3
[Solution n°9 p 22]
Vérifier les calculs ci-dessus à la calculatrice
Indice :
Sur TI, est accessible depuis les touches et
Sur Casio, est accessible depuis les touches et
E. Représentation des nombres complexes
A ce stade, nous avons introduit ne nouveaux nombres mais tout cela est bien
abstrait. Alors que les nombres réels sont bien familiers pour nous et que l'on peut
aisément se les représenter géométriquement en s'aidant d'une droite graduée, les
nombres complexes pour le moment sont bien obscurs.
Voici donc une vidéo de vulgarisation de ces nombres complexes qui aidera à bien
appréhender ce que sont les nombres complexes. Vous allez le voir, ces nombres
complexes ne le sont pas tant que cela !
Vous pouvez le visionner jusqu'à la 9ième minute. La suite sur module et
arguments concerne ce que nous verrons plus tard dans ce chapitre.
Ce film est extrait des films «Dimensions» visibles dans leur version intégrale à
l'adresse suivante:
[Link]
F. Inverse d'un nombre complexe
Fondamental
Un complexe est nul si et seulement si et
Tout complexe non nul admet un inverse.
Celui-ci a pour écriture algébrique
Complément : Démonstration
Le premier point est simplement une conséquence directe de l'unicité de l'écriture
1 - [Link]
12
Introduction aux nombres complexes
algébrique d'un complexe.
Pour le second point, .
Une astuce assez courante consiste à multiplier numérateur et dénominateur par
.
Or ce qui donne le résultat.
Remarque
On voit au passage que grâce aux complexes, on peut à présent factoriser dans
les formes
G. Conjugué d'un complexe
Définition : Complexe conjugué
On voit apparaître dans le calcul de l'inverse une astuce de calcul consistant à
multiplier par .
Le complexe est appelé conjugué de et est noté
Exemple
Le conjugué de est
L'inverse de est
L'inverse de est .
Le conjugué d'un complexe permet de caractériser les nombres réels et les
nombres imaginaires purs (ceux dont la partie réelle est nulle) parmi les
complexes :
Soit z un nombre complexe.
imaginaire pur
si
Fondamental : Propriétés du conjugué
Soient , alors
Complément
Les démonstrations de ces propriétés sont laissées à faire en exercice.
13
Introduction aux nombres complexes
H. Calculer avec les complexes
Question 1
[Solution n°10 p 23]
Résoudre dans l'équation
Question 2
[Solution n°11 p 23]
Résoudre dans l'équation
Indice :
On pourra poser
Question 3
[Solution n°12 p 23]
On considère le nombre complexe avec
Déterminer a pour que soit imaginaire pur
14
Équations du
II -
II
second degré
Équation du second degré à coefficients réels 17
Résoudre une équation 18
Vous avez vu en classe de première qu'une équation du second degré pouvait ne
pas avoir de solutions dans le cas ou . Maintenant que nous connaissons les
nombres complexes, nous allons devoir repréciser cela.
A. Équation du second degré à coefficients réels
Fondamental
Soient a,b et c trois réels, . On s'intéresse aux solutions dans de l'équation
Soit
Si , alors l'équation admet deux solutions réelles : et
Si , alors l'équation admet une solution (double) réelle :
Si , alors l'équation admet deux solutions complexes conjuguées :
et
Complément : Démonstration
On se rappelle qu'en classe de première, la mise sous forme canonique nous a
permis d'écrire que
Les cas et ont été traités en classe de première
Si alors est un réel positif et on a
15
Équations du second degré
Cette équation, égalité de deux carrés, possède deux solutions selon que
ou
Cela nous donne alors les deux solutions explicitées dans l'énoncé.
B. Résoudre une équation
Question 1
[Solution n°13 p 24]
Résoudre dans l'équation
Question 2
[Solution n°14 p 24]
Résoudre dans l'équation
Indice :
On pourra rechercher la valeur interdite à exclure
16
Représentation
III -
III
géométrique
Affixe d'un point, d'un vecteur 19
Propriétés 20
Exercice 20
Vous avez l'habitude de représenter l'ensemble des réels x par une droite graduée.
Pour les complexes, deux variables interviennent : x et y respectivement pour la
partie réelle et la partie imaginaire. Pour représenter des nombres complexes, on
utilisera donc une représentation dans le plan.
A. Affixe d'un point, d'un vecteur
Le plan est rapporté au repère orthonormé
Définition : Image, affixe d'un point
A tout nombre complexe
est associé le
point M du plan de coordonnées
appelé image de et noté
A tout point M du plan de
coordonnées est associé
le complexe appelé
affixe du point M
Mais puisque les coordonnées d'un point M dans un repère sont aussi les
coordonnées du vecteur , on peut également parler de l'image et de l'affixe d'un
vecteur dans un repère
Définition : Image, affixe d'un vecteur
A tout nombre complexe est associé le vecteur du plan de
coordonnées
17
Représentation géométrique
A tout vecteur du plan de coordonnées est associé le complexe
appelé affixe du vecteur
B. Propriétés
Fondamental
Pour tous points M et N d'affixes et du plan complexe,
l'affixe du vecteur est
Le milieu K du segment a pour affixe
Les points d'affixe et sont symétriques par rapport à l'origine du
repère
Les points d'affixe et sont symétriques par rapport à l'axe des
abscisses (axe réel)
Complément
On va donc pouvoir utiliser les nombres complexes en géométrie pour des calculs
de coordonnées ou des transformations du plan.
C. Exercice
On considère les points A et B d'affixes respectives et
Question 1
[Solution n°15 p 24]
Déterminer l'affixe du point C tel que OABC soit un parallélogramme en utilisant les
affixes de vecteurs
Indice :
OABC paralllélogramme si et seulement si
Question 2
[Solution n°16 p 24]
Déterminer l'affixe du point C tel que OABC soit un parallélogramme en utilisant les
affixes de milieux
Indice :
OABC parallélogramme si et seulement si [OB] et [AC] ont même milieux
18
Test final de la
IV -
IV
première partie
Pour ce test d'auto-évaluation final, vous devez obtenir un minimum de 80% de
bonnes réponses. En cas d'échec, révisez la section du cours qui vous a posé des
difficultés et retentez à nouveau le test.
Exercice 1
= -
Exercice 2
L'inverse de est égal à
son opposé
son conjugué
l'opposé de son conjugué
Exercice 3
est égal à
Exercice 4
L'équation a deux solutions dans qui sont
19
Test final de la première partie
et
et
et
Exercice 5
Pour tout nombre complexe , est
un réel
un imaginaire pur
un nombre complexe ni réel ni imaginaire pur
20
Solution des
exercices
> Solution n°1 (exercice p. 9)
Dans la formule, et
donc
On a donc
est solution de l'équation (on le vérifie aisément).
> Solution n°2 (exercice p. 10)
Avec cette équation, nous avons et .
Du coup
La formule ne s'applique pas car on ne peut calculer !!
> Solution n°3 (exercice p. 10)
On sait que la fonction est continue sur car c'est un
polynôme. Le chapitre des limites nous permet d'écrire cette fonction sous la forme
.
En l'infini, le contenu de la parenthèse tend vers 1. Donc on a
Le théorème des valeurs intermédiaires - p.25 nous permet donc de conclure à
l’existence d'au moins une solution réelle.
> Solution n°4 (exercice p. 10)
21
Solution des exercices
> Solution n°5 (exercice p. 10)
On a alors
En utilisant les calculs réalisés à la question précédente, on extrait aisément les
racines cubiques :
donc
On vérifie aisément que est bien solution de l'équation
> Solution n°6 (exercice p. 10)
Par définition de la racine carrée,
Mais on a aussi
On obtient alors 1=-1 ce qui n'a pas de sens. Il faut donc absolument éviter
d'utiliser l'écriture
> Solution n°7 (exercice p. 12)
> Solution n°8 (exercice p. 12)
. Puisque les règles de calcul dans sont les mêmes que
dans , On applique al double distributivité :
> Solution n°9 (exercice p. 12)
Sur TI
22
Solution des exercices
Sur Casio
> Solution n°10 (exercice p. 14)
L'équation admet donc comme unique solution
> Solution n°11 (exercice p. 14)
Soit la forme algébrique d'une solution de l'équation.
L'unicité de l'écriture algébrique d'un complexe permet d'écrire le système
d'équation suivant, par identification des parties réelles et imaginaires :
Remplaçons la première équation par la première moins deux fois la seconde :
Donc l'équation admet une solution unique :
> Solution n°12 (exercice p. 14)
est imaginaire pur si et seulement si . Cette équation du second degré
a trivialement deux solutions : et .
23
Solution des exercices
> Solution n°13 (exercice p. 16)
donc il y a deux solutions complexes conjuguées :
et
> Solution n°14 (exercice p. 16)
Comme dans , la valeur de qui annule le dénominateur est à exclure
. On suppose dorénavant que
En multipliant l'équation (E) par , on obtient l'équation
. Il y a donc deux solutions complexes conjuguées :
et
ces deux solutions étant différences de la valeur interdite, on en déduit que ce sont
également les solutions de l'équation (E) de départ.
> Solution n°15 (exercice p. 18)
L'affixe de est
Soit l'affixe de C. Alors est
l'affixe de
OABC paralllélogramme si et seulement si
Donc
En identifiant parties réelles et imaginaires on a
donc
donc
Donc
> Solution n°16 (exercice p. 18)
Le milieu de [OB] a pour affixe
Soit l'affixe de C. Alors l'affixe du milieu de [AC] est
En identifiant parties réelles et imaginaires, les diagonales auront même milieux si
et seulement si
donc
donc
Donc
24
Contenus annexes
- Théorème des valeurs intermédiaires
Fondamental : Théorème des valeurs intermédiaires (TVI).
Propriété admise.
Soit f une fonction définie et continue
sur un intervalle I. Soient a et b deux
réels appartenant à cet intervalle.
Alors, pour tout réel k compris entre
et , il existe au moins un
réel c compris entre a et b tel que
.
Autrement dit, l'équation
admet au moins une solution
comprise entre et .
Image 1 TVI cas non monotone
Complément : Cas où f est monotone
Si de plus la fonction est
strictement monotone sur
l'intervalle I, alors le réel est unique.
Image 2 TVI cas monotone
25
Contenus annexes
Attention : La continuité est une hypothèse essentielle du
théorème
Si la fonction n'est pas continue, il
est possible que pour un réel compris
entre et , il n'existe aucune
solution à l'équation !!
Image 3 Contre exemple
26