Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG)
UFR Environnement
Département Mathématiques Physique Chimie Informatique
Parcours Physique-Chimie
Niveau L1-Semestre S2
Dr KEITA
Équations différentielles linéaires
Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG)
1
Table des matières
1 Introduction 3
1.1 Solution générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2 Équations différentielles du premier ordre 4
2.1 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Recherche d’une solution particulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Équation de Bernoulli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Équations différentielles linéaires du second ordre à coefficients constants 8
3.1 Résolution de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Recherche d’une solution particulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
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Chapitre 1
Introduction
Une équation différentielle linéaire est une relation vérifiée par une fonction inconnue y(x) dépendant
des points x ∈ I ⊂ R et certaines dérivées de la fonction inconnue. Elle se présente en général dans l’ordre
croissant des dérivées de la fonction y(x) :
An (x)y (n) (x) + An−1 (x)y (n−1) (x) + · · · + A0 (x)y(x) = f (x). (1.1)
où n ∈ N, les fonctions x 7→ Aj (x) avec j ∈ {0, · · · , n}, sont des données (fonctions continues à une seule
variable) appelées les coefficients de l’équation différentielle et la fonction x 7→ f (x) est une donnée
appelée le second membre ou la fonction source
Une solution est une fonction y(x) de classe C n (n fois dérivable et la dérivée n − ieme est continue)
vérifiant l’équation (1.1).
1.1 Solution générale
Une solution générale d’une équation différentielle sur un intervalle I ⊂ R est une expression qui
fournit toutes les solutions de l’équation sur I.
Considérons l’application
Φ : C n 7→ C 0
y 7→ An y (n) + An−1 y (n−1) + · · · + A0 y
On peut vérifier avec les notions d’Algèbre linéaire que Φ est une application linéaire. L’équation
différentielle linéaire (1.1) peut s’écrire Φ(y) = f .
Déterminer la solution de cette équation, revient à déterminer l’ensemble suivant
S = {y tel que Φ(y) = f }.
La solution générale de l’équation différentielle linéaire est la somme du noyau Ker(Φ) et une solution
particulière.
Le noyau Ker(Φ) est la solution de l’équation sans second membre appelée l’équation homogène. L’équation
homogène de l’équation linéaire (1.1) est
An (x)y (n) (x) + An−1 (x)y (n−1) (x) + · · · + A0 (x)y(x) = 0.
Théorème 1 : La solution générale d’une équation différentielle linéaire est la somme de la solution
de l’équation homogène et une solution particulière.
3
Chapitre 2
Équations différentielles du premier
ordre
Définition 1 : Une équation différentielle linéaire de premier ordre avec coefficients non constants,
se présente sous la forme suivante :
a(x)y 0 (x) + b(x)y(x) = f (x), (2.1)
où x 7→ a(x), x 7→ b(x) et x 7→ f (x) sont les fonctions continues et x ∈ I ⊂ R. La fonction x 7→ a(x) doit
être différente de 0 pour que l’équation (2.1) soit une équation différentielle d’ordre 1.
Toute solution générale y(x) d’une équation différentielle de premier ordre avec coefficients non
constants
est la somme
de la solution de l’équation homogène yh (x) et une solution particulière yp (x)
y(x) = yh (x) + yp (x) .
2.1 Résolution de l’équation homogène
L’équation homogène associée à l’équation différentielle (2.1) est donnée par
0
a(x)yh (x) + b(x)yh (x) = 0. (2.2)
La résolution de l’équation homogène (2.2) se fait sur l’ensemble suivant
J = {x ∈ I; a(x) 6= 0}.
∀x ∈ J, on a Z Z
dyh b(x)
a(x)yh0 (x) + b(x)yh (x) = 0 ⇐⇒ dx = − dx, avec.
yh a(x)
R b(x) b(x)
On pose A(x) + c = a(x) dx (où x 7→ A(x) est une primitive de la fonction x 7→ − a(x) ) avec c ∈ R et on
a
ln |yh (x)| = A(x) + c,
.
La solution de l’équation homogène (2.2) est donnée par
yh (x) = [Link](x) où K ∈ R. (2.3)
Exemple 1 : Déterminer les solutions homogènes des équations différentielles du premier ordre.
4
1. y 0 = (3x2 + 2)y,
2. y 0 − 2ty = cosh(t).
2.2 Recherche d’une solution particulière
La recherche d’une solution particulière se fait avec la méthode de variation de la constante appelée
aussi méthode de Lagrange.
Avec cette méthode, une solution particulière peut s’obtenir à partir de la solution (2.3) de l’équation
homogène (2.2), en remplaçant la constante K par une fonction auxiliaire K(x). C’est-à-dire, une solution
particulière de l’équation (2.1) s’écrit ainsi
yp (x) = K(x).eA(x) . (2.4)
Pour déterminer la fonction auxiliaire K(x), on remplace la fonction yp (x) et sa dérivée dans l’équation
(2.1). On obtient
b(x)
a(x)yp0 (x) + b(x)yp (x) = f (x) ⇐⇒ a(x) K 0 (x).eA(x) − K(x).eA(x) + b(x)K(x).eA(x) = f (x).
a(x)
On a
f (x) −A(x)
a(x)K 0 (x).eA(x) = f (x) ⇐⇒ K 0 (x) = .e .
a(x)
f (x) −A(x)
La fonction auxiliaire K(x) s’obtient en déterminant une primitive de la fonction x 7→ a(x) .e . Le
choix est libre par rapport à la constante d’intégration.
Après avoir calculé la fonction K(x), on remplace son expression dans la solution (2.4).
Exemple 2 : Résoudre le problème de Cauchy
2 0
x y (x) − y(x) = e−1/x sur ]1, +∞[,
y(1) = 0.
Résolution de l’équation homogène :
1
∀x ∈]1, +∞[, ∈ x2 yh0 (x) − yh (x) = 0 ⇐⇒ ln |yh (x)| = − + c avec c ∈ R.
x
1
yh (x) = K.e− x avec K∈R
5
1
Solution particulière : appliquons la méthode de Lagrange. Posons yp (x) = K(x).e− x et remplaçons
dans l’équation de départ, on obtient
1 1
K 0 (x) = =⇒ K(x) = − .
x2 x
Donc 1 1
e− x (Kx − 1)e− x
yp (x) = − , et y(x) = .
x x
Pour déterminer la constante K, on procède ainsi
y(1) = (K − 1)e−1 = 0 =⇒ K = 1.
D’où 1
(x − 1)e− x
y(x) = sur [1, +∞[.
x
Exemple 3 : Résoudre l’équation différentielle
y 0 − 2ty = cosh(t).
2.3 Équation de Bernoulli
Définition : Une équation différentielle d’ordre 1 est dite de Bernoulli si elle se présente sous la forme
suivante :
a(x)y 0 (x) + b(x)y(x) = c(x)y m (x), (2.5)
où m ∈ R\{0, 1}, x 7→ a(x), x 7→ b(x) et x 7→ c(x) sont des fonctions définies sur un ensemble I ⊂ R.
Résolution des équations de Bernoulli : on choisit un ensemble J ⊂ I sur lequel la fonction
y m (x) est non nulle et on résout l’équation (2.5) sur J. Pour tout x ∈ J,
6
1. on divise les deux membres (gauche et droite) de l’équation par y m (x),
y 0 (x) 1
a(x) m
+ b(x) m−1 = c(x)
y (x) y (x)
(1−m)y 0 (x)
2. on fait le changement de variables z(x) = 1
y m−1 (x)
(z 0 (x) = y m (x) ), l’équation précédente devient
a(x) 0
z (x) + b(x)z(x) = c(x).
1−m
La résolution de cette nouvelle équation est détaillée au début du chapitre (équations différentielles
linéaires du premier ordre).
Exemple 4 : Résoudre l’équation différentielle
1 1
y 0 (x) + y(x) = (x − 1)y 3 (x);
2 2
7
Chapitre 3
Équations différentielles linéaires du
second ordre à coefficients constants
Définition : Une équation différentielle du second ordre à coefficients constants, se présente sous la
forme suivante :
ay 00 (x) + by 0 (x) + cy(x) = f (x), (3.1)
où a sont une constante non nulle, b, c sont des constantes et f une fonction continue (second membre).
Les solutions de l’équation (3.1) sont des fonctions de classe C 2 sur l’ensemble I ⊂ R.
3.1 Résolution de l’équation homogène
L’équation homogène du système (3.1) est
ayh00 (x) + byh0 (x) + cyh (x) = 0. (3.2)
Le polynôme caractéristique de l’équation homogène (3.2) s’écrit ainsi :
P (r) = ar2 + br + c = 0. (3.3)
C’est un polynôme de second degré dont les racines peuvent être calculées avec le discriminant. Le discri-
minant est
∆ = b2 − 4ac.
1. Si ∆ > 0 alors le polynôme caractéristique P (r) admet deux racines réelles r0 et r1 et la solution
homogène est donnée par
yh (x) = αer0 x + βer1 x , avec α, β ∈ R.
2. Si ∆ = 0 alors le polynôme caractéristique P (r) admet une unique racine réelle r0 et la solution
homogène est
yh (x) = (α + βx)er0 x , avec α, β ∈ R.
3. Si Si ∆ < 0 alors le polynôme caractéristique P (r) admet deux racines complexes conjuguées
r0 = a + ib et r1 = a − ib. La solution devient
yh (x) = eax α cos(bx) + β sin(bx) , avec α, β ∈ R.
Exemple 5 : Déterminer les solutions homogènes des équations différentielles du second ordre
8
1. y 00 (t) − y(t) = f (t),
2. 2y 00 (t) − 4y 0 (t) + 2y(t) = g(t),
3. y 00 (t) + y(t) = h(t).
3.2 Recherche d’une solution particulière
1. Si le second membre f (x) de l’équation différentielle (3.1), est un polynôme de degré n ∈ N alors
on peut choisir comme solution particulière yp (x) un polynôme de degré
(a) n si c 6= 0,
(b) n + 1 si c = 0 et b 6= 0,
(c) n + 2 si c = 0, b = 0 et c 6= 0.
La détermination des coefficients de yp (x) se fait par identification.
2. Si le second membre s’écrit sous la forme f (x) = ekx P (x) où k est une constante et P (x) est un
polynôme de degré n.
(a) Méthode 1 : On pose yp (x) = ekx z(x) et on le remplace dans (3.1). On obtient une nouvelle
équation dont le second membre est un polynôme (détermination du polynôme z(x)).
(b) Méthode 2 : Une solution particulière est sous la forme yp (x) = ekx z(x) où z un polynôme
i. de degré n si k n’est pas solution du polynôme caractéristique (3.3),
ii. de degré n + 1 si ...,
iii. de degré n + 2 si ....,
3. Si f (x) = eax cos(bx)P (x) ou f (x) = eax sin(bx)P (x) avec a, b ∈ R et P (x) est un polynôme.
On pose F (x) = e(a+ib)x P (x). Une solution particulière est la partie réelle ou la partie imaginaire
de la solution de l’équation de second membre F (x).
4. Si f (x) = N
P
j=1 fj (x)(avec N ∈ N) alors la solution particulière est la somme des solutions parti-
culières associées à chaque fonction fj (x).
Exemple : Résoudre l’équation y 00 (t) − y(t) = f (t) dans les cas suivants :
9
1. f (t) = t.
2. f (t) = tet ,
3. f (t) = t sin(t),
4. f (t) = t + tet + t sin(t).
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