Essai Definition de Chefferie: AND AND
Essai Definition de Chefferie: AND AND
EN PAYS BA~rIILEKE
J. C. BARBIER
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7 CENTRE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES
(CSES)
~SSAI DE ~)EFINITION DE LA ~HEFFERIE EN PAYS BAMILEKE
~r
by
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YAOUNDE, 1977
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'di tri ci:[Link]-t' g ~n~t-alisti tiès "sa)l(;" urie I CO ~:;:.o~t~'tit>ri:' pi'éaln b lé entrê '
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~',::/ d~'~ Ir Ouè:st~ du Came~oun '1 -Q'[Link] ért·; ~bnt 'lc~' dif'fér~ncè~ importantes ?
... ' Queilè& Sont leurs' évolutions' hiètoriques' au";"delà d~s "évèn~ments locaux
:éirconstanciels ? Br~f, il 'est"ûrge:nt-de':dépass~r:énfïn
- f' •
' la vision d'un
terraùi. particulier, aussi rfch~: soi t-il~ p6iir en.'glober une réÊ,i;iori en-
tière'~ il est également h.Q cessaire'\:iè dêp~sscr le 'ciivage a'ctuel': en-tre
. . •• :.. ' - . . .'. ~ 1. . " , . '" .• • . ,..".. :.
, ' 'NOUS' e'i3pérons que ces:"atti6l'ès;' 'qui ne t,c:,il:t que' des' esquisses
à partir de travaux limités, contribueront à ce projet collectif •
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(1) avaient participé à ce colloque: BARBIER J.C., BRAIN R., DILLON R.,
• " - - ·-··CH-I-kVER .s.. ,.....}1me--GEARY...[Link]....C.4,.,._4.KOE.Y~~E- ...I ..-,- .De ..LATOUR.. DEJEAN .C.H.,
l' • -TAR.D;I:TS 9., WARNIE,f{, J "P." WIHLHELM H,;' t V09RIIP~VE ~. .':.:i
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'Ô,
[Link] of C. Tardits and it,. wascqnse~rated ~.o C~me:t:0~J1 ..
History (, Contributions de la: recherche e bhnc [Link] à l'histoire.d~s
1
civilisations du .Cameroun'). _This colloqiurn permi tted many(x) ~cholars
·to come toge-ther for the first time [Link] present papersrelate~tp..
1
thehisto~y of the peoplesof Western Cameroon •
. The date of the "Grassfield Colloqium' has not yet been announced
butwe feel strongly that this get-together should come off since mono-
graphs already realised represent gener~lised studies without any attempt
1
at a co-ordination.. Whatis the common basls of aIl the chieldoms of the
Western Plateau of Cameroon' f What
? i are their important difference-s ?
1
,~..... t:. p
What are their historical [Link] seen beyond the local circuIDstantial 1
events ? In short, there ia an urgent need to go beyong parochial studies,
no matter how rich, in. order to embrace the ..errt Lr e region. It is equally 1
important to go beyond the present cleavage between shollars working. in
. • o'. .
,'l. .' . ~
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.~SSAIPE
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pEFINITION
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DE LA CHEFFERIE EN PAYS BAMILEKE
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J:C. BARBIER
.. , Sociologue del'ORSTOM
"
•
- 2 -
1
.!r~~.cription phonétique
1
La transcription des termes locaux a été faite selon un alpha-
bet phonétique où toutes les lettres se prononcent. La lettre u doit 1
par exemple 8tre prononcée comme le "ou" du français.
1
Cet alphabet simplifie la prononciation pour le lecteur non
initié aux signes phonétiques. Nous avons cependant été obligés d l i n - 1
troduire les signes suivants :
1
qui correspond au a de l'alphabet international.
Il s'agit d'un son entre le ~ et le e du français •
1
• le coup de glotte a été rendù par un apostrophe (,).
1
Les tërmes locaux sont soulignés.
,la personne dl un chef dont 1 t appe La t Lon var-Le selon les régions:" !o;.rn.e
:.~~
, à Ko~,
. -;",
'f6:n: daiLs
~: . ,,~ . ' ,.. ;.
lar~gi~m
,"; "', . . '
d'/ B~~~~d~,'fo"~~ris'-
", '."' -
~:l"'" .: ' .
la région
..'; "'.'
d;;'Baf~~~';~,
. . '"
-
mf'e 'ciâns lit partie' méridionai-e"'du Pays b1:tmilèké (dépa'rtements du' Haut-
Nkam et du Ndé) l,~. da~s les' peti tes chefferies de la zone fores-
:.:' t,i~re, . ~tc~. ~:De's ass,?,c).~.tio_~s;,:',~·~ 1()t~:bles gr~!:;i.:tent autp,?r de ces
:', clièfs. . ,",' . 1", .~ .... ,..{.l'~ "":
..
\. • • " .:- . • . '
.,
.couvre
'
uneruptu:re écologique
. ' ,.
: d'une pa r-t. 1. desplateawc
,.' . . '.
de plus de,
1200 mt recouverts d'une ~avane arborée et que les premiers explora-
teurs allemands appelèrent, "grasslan,d" . (3); et d'autre part,une zone
lie for~t dense et humide (4).
.. "
'
traite •
.~ -. C'est dans le cadre de l'.économie de plantation que l'émigra-
tion bamiléké Va transformer, d'une façon spectaculaire, la
zonoforestière correspondant au département du Mungo, à partir
. des, années vingt,•. · , c ' ; - "
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1
TAILLE DES CHEFFERIES EN
PAYS BAMILEKE (1966/~7)
'2.5000
'2.0000-
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1
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1:
1
.a .
~
Il est clair que les arguments que nous venons d'exposer quant
à l'inexistence, dans le cas de l'Ouest du 'Cameroun, de tout lien struc-
turel entre les milieux kcologiques ~t les formations sociales .et poli~
_
". ~ ."
6 -
§
: j."
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L'OUEST du CAMEROUN
,.
NiGE RiA
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•
• VILLE
et hni e
4•
- Limite- administrativ
,
.m dit 900 :a1500 m
1p•
L-----C.~~_.....:..._~Y..-_ _ ---L- __J
- 7 -
(1) cf. EJEDEPANG KOGE, S.N. - 1972 ... The tr::[Link] a people:
th~kossi. Yaoundé, 354p., multigr.
- 8 -
~ ~ l:l ~
c Lans (unités exogame s)
1
fondes par des fiLs de
1 .
l ancêtre
• 1 1
CAS nO' bakosi- mbo CAS n' 2 patrifignages bam 1Leke
. , ;
.A héritier
1
A 6 non heritier
fil iation
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1 _Q-+ culte de
8 1 l' ancêt re "A"
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C2 a + b C, a + b c a + b
- 9 -
~' }quel ira le porter au .chef à' la '. tête cru' patri lignage , ce dernier
p~hvant à son tour transmettre l'objet à un 'autre chef vis~à-vis du-
,que} il se [Link] t une fi lia ti on patri linéaire.
ceux qui ont hérité d'un crâne, possèdent un titre de notabilité. Ils
l'ont reçu .par héritage de leur père, ou bien directement du chef qui
~ ainsi sanctionné leur importance démographique et sociale. Dans le
cas'où lrhéritier n'a pas encore accédé au rang de notabilité, il re-
cevra nuanmoins l'appellation honorifique de nze qui signifie qu1il a
hêrité. En règle généra1e,on ne peut pas élever un fils plus haut que
son père tant qu'il est vivant.
sation lignagère (11) t lefait, a uas l qu.' un même groupe familial peut
constituer à lui seul une petite chefferie indépendante, facilitent
.. l'incorporation de certaines unités lignagères originaires des sociétés
acéphales'-:t 1ignagères avoisinantes. Celles-ci ont m~me participé à
lu fondation de multiples cheffe~ies et ce processus 0. été général à
la périphérie de l'ajre ethnique bamiléké. Citons les caS suivants
pour la partie méri~ionale du Plateau bamiléké, d'Est en Ouest :
.! .
des originaires [Link] Plaine des Mbo ont fondé plusieurs chefferies
de:kï. région de Ds chang et de Fontem (12); , .
procède également du
-
ment des ,Pays mem (Bamoun) et nso (Banso) et de' la région de Bamenda,
,
m~me schéma.
1
•
(12) R. BRAIN -The Ban~wà (Western Bamiléke). Communi~ation au Colloque 1
International du CNRS 24~28 septembre 1973. Paris; CNRS, "Contribu-
tion de la recherche ethnologique à l'histoire des civilisations
du Cameroun". ' 1
(13) J.p. WARNIER - Ra ort de base·sur l'histoire pré coloniale de la
Chefferie de Mankon de artement de la Mezam • Communication au Col-
loque International du CNRS 2t-2 septembre 1973. Paris, CNRS,
"Contribution de la recherche ethnologique à l'histoire ~es [Link]-
1
sations du' Camer-oun!", ..'-
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1
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1
1
11 -
relIes •. ! .
1
1
- 13 -
les ~fe ntie (chefs que le chef règnant a conquis mais qui sont restés
ave o leurs gens) ;
-
lesnza qui sont des fils de chef ayant particulièrement mérité;
-
ils- font évidemment partis du patrilignage-de la dynastie-règnante,;
mais ils- ont ~té i~stallés comme grands notables hors' du quartier
géré directement par le chef règ~ant (Fum~é)
les n~embé sont d'anciens serviteurs qui ont été installés par le
ohef aprèn leur temps de service et qui ont reçu une responsabilité
territoriale; ils ont souvent le titre hon~rifique [Link] ;.
1
1
- 15 -
fois se rallier les. divers [Link] parenté qui coexistent sur le.
territoire de la che:t:ferie , (en. s'en faisant' dea alliés) .et étendre
son influence au-delà des fronti~~es de leur chefferie.
~
, "
nin-si que, de nombreux 'notables et che.f'a. sont loin d' ~tre vieux. Les
notables les plus ~és ont évidemment le poids'de l'expérience, mais
le cl1vage n'est pas entre jeunes et vieux: il est entre notables et
individus sans titre.
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1
1
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19 -
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1
- 21 -
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Peu de temps' après, les cavaliers fulbé bousculèrent Mbuembue, "
chef des !:oa-Môm.' Ce- dernier se ressaisit,: adopta. la technique ..~é.fen~iye
des Tilk~r qui consist~it à entourer la partie centrqle de la chefferie
d'un profond lossé, et Pl1t battre à son tour un groupe fulbé ~u;i. mena--
çait de nouveau Foumban. Après cette victoire, l'histoire môm (19ter)
.
raconte comment Mbuembue "prit la lance de guerre" et vainquit 48 chefs
-
voisins: "Autrefois, les Pa-Hôm n'étaient pas riches, lorsque ~fuuembue
devint roi, il les fit riches, même les gens de basse extraction de-
vinrent riches; aussi Mbuembue fut-il loué m~me·par les enfants"
(19ter p. 26).
1
\., n t:.. r- r- t:.. K l t:.. :;:, e 1.
DEPARTEMENTS
BAMILEKE
S" 5°
..., o"
- 23 -
. .
dre après l'orage passé. Or il n'en a rien été pour les raisons suivantes:
Bi€:n que la circulation des produits· reste diffuse et que toutes les
chefferies, quelque soit leur taille, en bénéficient, il n'en reste
'-pas' moi'ns 'que ies"[Link]~s des 'plus grandes: cheffe'ries,'Jouis'sant dlune
plus {[Link]éputation, drain~nt à leur profit [Link] e de biens de
traite et de p~oduits locaux.
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1
27 -
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- 28 -
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en"contre part~~, et au'cun impôt annu~ï' n ~ est e~igé. En fait les contr~- '
buti~ns •• _
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et' font'
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de" délibér~: .
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faire dépendre le~ ressourcef;) dont il,a besoin, ,de ,la [Link]é de
~ .. - ' " . .' .,. '"
ri~ÇJ.i:r~~ automatique
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et anonyme ..:,~:c':e~t
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rl~.i,mpôt \ ,e~~ d?c~~~uni~té-"
qui . "." ._,' .•. v'
ral~li1e~t
et qui est perçu ,~,é châan ce .r~gulière, .en ,général annue'LLe ,
• ' . • '. ..; . '. ~ • t, _." •
ne peut,fttre
.....
.
perçu que comme un.
acte d'allégeance
' vis-à-vis
. .
d'un p8le
'd'autorité qui s'~mpos7 par l~ fo~[Link] [Link] les relatio~s ex~s-
banbea dans une chefferie entre le pouvoir, central et les uni tés cons-
ti -
tuant ~a chefferie. La ::eppnseest la soumission ou l,' ~m~~rat~,?~., .:
1
' c: ,.r,.' '
'
..:..,,,
.
Doté de ressourcef? régulières, le. pouvoir central d'un roYa1,lme
1
J • • -vÔ, ;
une cour royale, premier noyau d'un phénomèhe urbain. Le royaume aura
une .... capitale,
ques, ct
.
inscription dans l'espace,qes nouveaux rapports,politi-
~conomiques~
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"
1
•. i' '. ~'
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veille, del"arrhrée des Allemands., à un tel stade. c~t. approv Led onne-e
~'--'- '.':' ' ' , ' .
1
ment de .Foumban
. ~~ilisait
. _.
.e~core le~ canaUX lignagers : chaque !L~
1
.
résidant dans la capitale recevait de ses propres gens restés à la
campagne lU' nôürrfture"qui 'lû"î'étâi t~néëessair~- P9ur's'es séjours à 'la
cour
au :Lignage que
j mais;déjà parmi 'ses gens on comptait parfois plus d'étrangers
d'apparentes~.~
. • ;', : .,. ;
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1
1
1
- 31 -
§
~ J,' ". ~'..' . " ,-, • ;''' • • "! .i.
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., ...... :
.~ .
en effet une occasion pour les populations bamiléké de. dénonce! des
chefs, devenus trop aubor-Ltad r-è s, qui ,ne jouaient p LuaiLe jeu politi-
que trc..ditionnel qu'on atte'rtdait.d'eux.,Pes notables pa~ticipèrent .
activement à cette m8me contestation' qui ,était plus une. critique du
r8le a cbueL des chefs qu'une remisé ~n cause de la structure même de ",
la che ff eri e ~
niq~"es.' L' Et~ t 'qui lui -auas f offre son. propre système;. de promotion
avec l'école, le parti politique, êt sa hiérarchie de fonctionna;[Link] •••
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