Professeur : EL MAHFOUDY MOHAMED
Niveau : 2èmé Année Bac
Module 1 : lire un conte philosophique : Candide ou l’optimisme, Voltaire
Activité : lecture
Support : Chapitre XXX, excipit
Objectifs :
-Identifier l’excipit d’un conte philosophique.
- Repérer la morale du conte.
I. Identification du texte :
Type :Le texte est à dominante narrative, en plus la composante discursive
(rendre les faits réels).
Genre :conte philosophique.
Personnages :Candide, Martin, Pangloss, Cacambo, Le derviche, Le
vieillard, Cunégonde, La vieille, Paquette
Focalisation : Zéro, Le narrateur est omniscient, il sait tout de ses
personnages.
II. Situation de passage :
C’est le dernier chapitre du conte philosophique de Voltaire, Candide
ou l’optimisme. Après tant d’épreuves et de malheurs, Candide retrouve
enfin Cunégonde. Il remet en question progressivement la philosophie de son
précepteur Pangloss, c’est l’arrivée à la maturité : le chapitre en question
constitue le texte de clôture (excipit).
III. Hypothèses de lecture :
-L’évolution et la métamorphose des personnages.
-La morale du conte.
IV. Axes de lectures :
1. L’évolution des personnages :
a. Candide :
- Candide, semble avoir évolué, notamment dans sa relation avec Pangloss.
Alors que dans l’incipit du conte, il l’écoutait attentivement. En revanche, il lui
coupe ici la parole dans le premier paragraphe, et semble ne guère accorder
d’importance à sa deuxième tirade, répondant par « Cela est bien dit » et
s’opposant même à lui : « mais il faut cultiver notre jardin. »
- C’est Candide qui a le mot de la fin.
- D’une certaine manière, l’élève dépasse le maître : Pangloss reconnaît que
Candide a raison lorsqu’il l’interrompt « Vous avez raison ».
Candide illustre ainsi l’un des principes des Lumières, qui voyaient en
l’homme un être capable de penser et décider par lui-même.
b. Pangloss :
- S’il est un personnage qui ne semble pas avoir changé à la lecture de cet
explicit, c’est bien Pangloss.
- Contrairement à Candide, Pangloss n'a pas évolué. Comme dans le chapitre
1, il prononce de longs discours faussement savants, monopolisant la parole
avec ces longues énumérations.
-Il est incapable de penser par lui-même car son premier raisonnement est
« selon le rapport de tous ».
Malgré tout ce qu’il s’est passé, il garde un optimisme indéfectible.
c. Cunégonde :
- Au début, Cunégonde est belle, fraiche, appétissante, oisive.
- A la fin, elle est laide mais excellente pâtissière
=> le travail compense sa laideur.
2. La morale du conte :
- La formule de conclusion résume l’idée de la nécessité du travail : il faut
cultiver notre jardin.
- Dans la petite communauté finale rassemblée autour de la métairie,
chacun trouve sa place et s’accomplit dans sa tâche : Cunégonde comme
cuisinière, Paquette comme brodeuse, Martin comme jardinier, etc. Toutes
ces activités ont une valeur positive.
- Les verbes « travailler » et « cultiver » reviennent chacun à deux reprises
dans ce passage, mettant l’accent sur l’importance des tâches manuelles.
- Le travail est présenté comme une concentration de toutes les vertus.
Notamment si on analyse la phrase du vieillard « Le travail… ». Le travail
est une nécessité spécifique, il éloigne l'ennui. C'est aussi une nécessité
morale car il éloigne de nous le vice et c'est une nécessité économique
puisqu’il éloigne de nous le besoin.
- C’est la vie simple et modeste du travailleur qui est valorisée dans cette fin
du conte.
3. L’optimisme tourné en dérision :
- L’optimisme, représenté par Pangloss et sa philosophie du « meilleur des
mondes possibles », emprunté à Leibniz, est mis à mal dans ce passage.
- La longue énumération d’hypothèses (« si …, si … ») et la chute dérisoire
rendent invraisemblable l’idée que tout s’est enchaîné pour le mieux.
- Par ses références hors de la réalité quotidienne (les philosophes, la bible
et le jardin d’Eden), Pangloss reste dans des raisonnements abstraits, sans
lien avec la situation présente.
- Candide, lui, tente de lui remettre les pieds sur terre en l’incitant à se
mettre au travail et à cultiver le vrai jardin.
V. Synthèse :
En concluant le conte, ce chapitre XXX de Candide met en lumière
l’accomplissement intellectuel de Candide, qui choisit de bâtir son propre
bonheur par les vertus du travail et la vie en communauté.
Voltaire laisse un message fort en faveur du travail, qui constitue pour
lui la valeur principale de la société, du vivre-ensemble. Ainsi, après toutes
ses aventures, Candide en revient à la simplicité et à l’activité manuelle,
délaissant la philosophie.
Par la morale de ce conte, le philosophe des Lumières nous enseigne que
dans un monde imparfait, capricieux et livré au hasard, l’homme doit se
libérer en prenant son destin en main.