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Le document présente des techniques de production précoce pour l'étalement de la culture de l'oignon au Sénégal, en utilisant des bulbilles et des semis directs. Il décrit les variétés d'oignons recommandées, les cycles de culture, ainsi que les avantages et inconvénients des différentes méthodes de production. L'objectif est d'augmenter la disponibilité d'oignons frais sur le marché pendant les périodes de sous-production nationale.

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Le document présente des techniques de production précoce pour l'étalement de la culture de l'oignon au Sénégal, en utilisant des bulbilles et des semis directs. Il décrit les variétés d'oignons recommandées, les cycles de culture, ainsi que les avantages et inconvénients des différentes méthodes de production. L'objectif est d'augmenter la disponibilité d'oignons frais sur le marché pendant les périodes de sous-production nationale.

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Les techniques de production

precoce pour l’étalement de la


culture de l’oignon au Sénégal
Cultures à partir de bulbilles et par
semis direct

RADHORT
RADHORT- Documents

Les techniques de production precoce


pour l’étalement de la culture de
l’oignon au Sénégal
Cultures à partir de bulbilles et par
semis direct

Bernard DEWEZ, Expert en Phytotechnie légumière,


Projet FAO - GCP/SEN/033/BEL, Dakar, Sénégal
Michel GERARD, Conseiller Technique Principal,
Projet FAO - GCP/SEN/033/BEL, Dakar, Sénégal
Gilles DELHOVE, Expert en Production et Protection Intégrées,
Projet FAO - GCP/SEN/033/BEL, Dakar, Sénégal
Kéba A. DRAME, Technicien horticole, Service Prévulgarisation/Formation,
Centre pour le Développement de l’Horticulture, Dakar, Sénégal

Le manguier est originaire de l’Inde.

principales varietes
• Irwin : variété précoce, fruits attrayants, for­tement colorés, bonne productivité,
mise à fruits rapide, calibre facilement commer­cialisable, très bonne variété.
• Zill : variété de début de pleine saison, production abondante, régulière, fruit
ayant une bonne tenue au transport, calibre moyen.
• Eldon : variété de pleine saison, bonne pré­sentation, variété intéressante pour son
étalement et sa précocité de mise à fruits, très productive, production régulière,
qualités gustatives excellentes.
• Keitt : variété tardive, résistance bonne à moyenne à l’anthracnose, fruits attractifs,
production bonne et régulière.

Zones de culture
Le climat favorable au manguier est celui de la zone tropicale semi-aride, non gélive,
présentant une alternance très nette période sèche/période humide. Une saison sèche de
deux à trois mois provoque l’entrée en dormance et favorise la floraison, ce phéno­mène
se trouvant d’ailleurs accentué par une baisse de température.
Concernant la pluviométrie requise, les problèmes phytosanitaires deviennent
presque insurmontables au-delà de 2000 mm/an..

Choix du terrain
Les arbres fruitiers exigent le meilleur sol que de jour, températures, humidité relative).
Il en existe traditionnellement trois :

Production précoce :
• semis pépinière : octobre et novembre
• récolte : fin janvier (vert) à mi-avril (sec)
• variétés utilisées : Violet de Galmi, Early Yellow Texas Grano, Yaakaar.

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RADHORT- Documents

production de saison :
• semis pépinière : décembre et janvier
• récolte : avril à juillet (sec)
• variétés utilisées : Violet de Galmi, Red Creole, Early Yellow Texas Grano,
Yaakaar, Jaune Hâtif de Valence, Jaune Espagnol,...

production tardive :
• semis pépinière : février et mars ; avril pour les Niayes
• récolte : juillet à septembre ; octobre pour les Niayes
• variétés utilisées : Rouge d’Amposta, Rouge Espagnol.

La production de saison amène la surpro­duction déjà mentionnée, entre avril et


juillet, entre autre liée à l’afflux des oignons du Gan­diolais (Saint-Louis) et de la vallée
du fleuve Sénégal.
Les productions précoces (février, mars) et tardives (août, septembre, octobre) sont
insuf­fisantes pour satisfaire la demande nationale et l’oignon importé est commercialisé
avec l’oignon local.
Entre octobre et février, peu à très peu d’oignon local est produit. C’est cette période
qui est visée par l’étalement de la production d’oignon frais.

Critères de choix variétal pour la recherche de l’étalement de la pro­duction


Pour offrir des bulbes frais à cette période, pendant laquelle les longueurs de jours
sont inférieures à 12 heures, seule une variété capable de bulbaison en jours très courts
convient. Le choix est assez simple au Séné­gal : Violet de Galmi et Rouge de Tana, Early
Yellow Texas Grano, Blanc de Soumarana et Blanc de Galmi.
La variété Violet de Galmi est la plus appréciée à la fois par les chercheurs, les
producteurs, les commerçants et les consommateurs. Elle est également disponible chez
les fournisseurs de semences locaux, ce qui n’est pas le cas pour, par exemple, les oignons
blancs. Sa période principale de commercialisation en bulbe sec sans conservation se
situe entre fin mars et juin, à partir de pépinières semées entre novembre et janvier.
Certains producteurs le sèment plus tôt (octo­bre) pour le commercialiser en vert
dès février, mais cela demande déjà plus de technicité pour le bon déroulement de la
pépinière, réalisée en fin de période chaude et humide.
Enfin, quelques producteurs hardis de bord de mer tentent des semis très précoces
dès septembre et même parfois en mi-août dans des zones fortement ventées à
proximité de la mer. Ces producteurs connaissent parfaitement les risques encourus par
la pépinière et la culture ainsi que la faible probabilité de réussite, liés au climat (pluies
d’hivernage, températures élevées et forte humidité de l’air, retard possible de la date
d’installation de la saison froide d’une année à l’autre, parasites et ravageurs). Malgré
tout, le prix de vente des oignons entre décem­bre et février, lié au fait que la variété
Violet de Galmi se commercialise très bien à cette période d’oignons jaunes importés,
est tel qu’ils n’hésitent pas à investir dans cette opération à risques.
Le Centre pour le Développement de l’Horti­culture (CDH) de Cambérène-Dakar
a répondu à cette demande d’étalement vers la précocité par la mise au point des
techniques de produc­tion à partir de bulbilles et de semis direct.
Le tableau ci-après résume, pour la variété Violet de Galmi, les cycles de culture
tradi­tionnels au Sénégal ainsi que ceux préconisés pour l’étalement de la culture vers
la précocité.
Entre les schémas des cycles, on trouve un aperçu de la présence de l’oignon local
Violet de Galmi sur les marchés.

4
I. CYCLES DE CULTURE TRADITIONNELS DE L’OIGNON AU SENEGAL(Variété Violet de Galmi)
ZONES OCT. NOV. DEC. JAN. FEV. MAR. AVR. MAI JUIN JUIL. AOU. SEP. REMARQUES
Niayes REP REC SP semis très précoce en zones particulières
COMM
VERT

SP REC. VERT semis précoce


REP COMM VERT
REC. SEC
COMM. SEC
SP REP REC. SEC semis de saison
COMM. SEC

SP REP REC SEC semis tardif


COMM SEC

Saint-Louis
SP novembre = semis précoce
et Fleuve
REP décembre et janvier = semis de saison
REC VERT ET SEC
COMM. VERT ET SEC
NOTE IMPORTANTE : le décalage éventuel
entre périodes de récolte et périodes de
commercialisation découle d’un stockage ou
conservation courte durée soit au champ, soit
en sacs mais pas en abri-séchoirs à ventilation
naturelle
Présence
de l’oignon Pas de stockage/conservation en abri-séchoirs
très peu peu beaucoup Surproduction beaucoup peu
Violet de à ventilation naturelle
Galmi local
sur les
marchés
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

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II. ETALEMENT DE L’OFFRE PAR LA PRODUCTION PRECOCE D’OIGNON (Variété Violet de Galmi)
ZONES OCT. NOV. DEC. JAN. FEV. MAR. AVR. MAI JUIN JUIL. AOU. SEP. REMARQUES
Pour une plantation de bulbilles effectuée
Bulbilles P REC. VERT
au cours du mois d’octobre
- récolte et commercialisation possible en
REC SEC vert de mi-décembre à fin janvier
- récolte en sec de mi-janvier à fin février

Pour un semis direct effectué au cours du


Semis direct SD REC. VERT
RADHORT- Documents

mois d’octobre
REC SEC - récolte et commercialisation en vert de
mi-janvier à fin février
SP = semis en pépinière SD = semis direct P = Plantation REP = repiquage REC = récolte COMM = commercialisation

Ces schémas montrent que les techniques de production précoce proposées (bulbilles et semis direct ) offrent une commercialisation d’oignon frais de la variété Violet de Galmi
entre mi-décembre et mi-mars, à une période de sous-production nationale importante.
A titre d’information, le Sénégal importe entre décembre et mars inclus une moyenne entre 6.000 et 10.000 t d’oignon européen (années 1995/96 et 1996/97), pour une valeur
comprise entre 850 millions et 1,4 milliards de FCFA (valeur CAF Dakar).
(Source : Direction de l’Horticulture / secteur privé)
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

TECHNIQUES DE PRODUCTION PRECOCE D’OIGNON (en sols sableux des


Niayes)

Technique des bulbilles


Cette technique consiste à planter directement au champ de petits bulbes d’oignon vers
fin septembre-début octobre. On peut planter tout le mois d’octobre et même plus tard,
mais en perdant de la précocité. On obtient un oignon commercialisable en vert (40 à
50 mm de diamètre) à partir de 75 jours après plantation, soit à partir de mi-décembre.
La récolte de bulbes en sec, après un cycle complet, se déroule entre 105 et 115 jours
après plantation, soit à la fin du mois de janvier en cas de plantation début octobre.

Avantages et inconvénients de la technique des bulbilles


Avantages Inconvenients
• 90 à 100 % de reprise à la plantation avec • Besoin de 600 à 850 kg de bulbilles calibrées
des bulbes calibrés de bonne qualité et bien 10/20 mm par hectare de terrain.
conservés (climat d’octobre encore chaud et • Nécessité de conserver les bulbilles durant la
humide). saison chaude et humide :
• Cycle court par rapport au semis en pépi­ - calibrage ;
nière, donc - abri-séchoir ou endroit ventilé ;
- fertilisation raisonnable ; - tris réguliers en cours de stockage ;
- peu de ravageurs ; - à l’abri des rongeurs.
- moins d’eau pour boucler le cycle ;
- travaux d’entretien limités ; • Délai long entre la production de bulbilles et la
- possibilité d’effectuer, après une vente des oignons de consommation : 9 mois
production précoce, un cycle complet de minimum entre avril et décembre.
n’importe quelle espèce maraîchère de • Etalement des charges de production sur une
saison froide. longue période : 9 à 10 mois.
• Besoin élevé en semences pour la produc­tion
• Plantation de bulbilles plus rapide que repi­ de bulbilles (avril).
quage de plants de pépinière.
• Souplesse de commercialisation (30 à 40
jours de possibilités de vente en fonction de
sa propre décision et des prix du marché)
sans détérioration du produit.
• Période de culture correspond à une pres­sion
parasitaire minime (cycle complet parfois
sans aucune application de pesticide).
• Prix du marché élevé à cette période et
bénéfices escomptables élevés.
• Risques faibles pris pour une culture à
partir de bulbilles (grande consommation
d’oignon durant toute l’année).

Production d’oignon de consommation à partir de bulbilles


Période de plantation : octobre et novembre

Pourquoi pas avant octobre ?


Les températures élevées et les faibles différences de températures jour/nuit font
que le cycle est allongé et la bulbaison difficile. Des bulbilles plantées mi-septembre
seront commercialisables en même temps que celles plantées début octobre.

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RADHORT- Documents

Pourquoi pas après novembre ?


Les coûts de conservation augmentent et la qualité des bulbilles diminue d’autant
plus qu’elles ont été stockées longtemps.
D’autre part, on perd l’avantage de la précocité et on commercialisera en même
temps que les oignons semés en pépinière en octobre sans nécessairement en avoir
le rendement.

La période optimale se situe début octobre, les oignons sont prêts à être
commercialisés en vert vers la mi-décembre. S’ils sont laissés en place, ils continuent à
grossir pour une vente plus tardive.

Matériel végétal
Bulbilles d’oignon de la variété Violet de Galmi, idéalement calibrées à 10/20 mm de
diamètre (calibrage réalisé en juin). Sont triées et éliminées les bulbilles sèches, pourries,
molles, blessées ou germées.
En cas de bulbilles de calibre supérieur, le pourcentage d’oignons en bulbes
multiples augmente rapidement.
Enfin, le pourcentage de plants à floraison pré­coce augmente avec le calibre de
départ des bulbilles. La floraison n’est pas souhaitable dans le sens où elle utilise une
partie de l’énergie de la plante au moment de la bulbaison.

Préparation du sol
Epandage de matière organique décomposée (1 à 2 semaines avant plantation).
Labour ou bêchage profond.

Préirrigation.
Nivellement. En sols lourds ou mal drainés, prévoir des planches surélevées pour
faciliter l’écoulement des eaux.
Fertilisation minérale de fonds (quelques jours avant plantation).
Léger tassement des planches pour améliorer le contact terre-bulbille.

Dispositif de plantation
Planches de 1 m de large, passages de 50 cm de large.
1 ha de terrain représente 6.667 m² de plan­ches ou plantés, le reste est constitué de
chemins.
5 lignes par planche, espacées de 20 cm, avec un écartement de 7 cm sur la ligne.
Densité de plantation : 70 bulbilles/m² de plan­che, soit une densité de plantation réelle
de 466.700 bulbilles/ha de terrain.
Besoins en bulbilles : les chiffres ci-dessous sont des données moyennes et dépendent
bien entendu de la répartition des bulbilles à l’inté­rieur des classes de calibre.
Calibre 5/10 mm :
250 kg/ha de terrain
Calibre 10/20 mm :
770 kg/ha de terrain
Calibre 20/30 mm :
2.360 kg/ha de terrain

Plantation
Ne pas laisser les bulbilles au soleil avant plan­tation.
Planter avec collet vers le haut et plateau vers le bas.
Planter la bulbille jusqu’au collet en sol sablon­neux, pour éviter l’arrachage par les
oiseaux ou la poussée de la bulbille vers le haut lors de la croissance des radicelles.

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Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

Fertilisation
Deux plans de fertilisation sont proposés ci-dessous, en fonction des engrais disponibles
sur le marché : fertilisation à base d’engrais maraî­cher 10-10-20, fertilisation à base
d’engrais simples et binaires.

A base 10-10-20 A base engrais simples et binaires


Fonds
5 kg/m² fumier (application 5 kg/m² fumier (application localisée
localisée sur la planche) sur la planche)
25 g/m² 10-10-20 20 g/m² phosphate diammonique
(DAP)
8 g/m² sulfate de potasse
Couverture
entretien n° 1 à P + 20 jours 25 g/m² 10-10-20 5 g/m² DAP
(P = Plantation)
8 g/m² s ulfate de potasse
5 g/m² urée

entretien n° 2 à P+ 40 jours 25 g/m² 10-10-20 10 g/m² DAP


12 g/m² sulfate de potasse

entretien n° 3 à P+60 jours 25 g/m² 10-10-20 10 g/m² DAP


12 g/m² sulfate de potasse
Total NPK 100-100-200 104-207-200
Equilibre minéral 1-1-2 1-2-2
Rapport K/N 2 2
Coûts
FCFA/ha de terrain 221.344 242.012
Bases de prix :
fumier : 15.000 FCFA/8 m3 (4 t) 10-10-20 : 7.225 FCFA/50 kg
DAP (18-46-0) : 7.250 FCFA/50 kg urée : 8.000 FCFA/50 kg
sulfate de potasse : 12.765 FCFA/50 kg

Irrigation
En début de culture, ne pas trop arroser afin de :
- ne pas provoquer la pourriture des bul-billes.
- favoriser un enracinement puissant et profond.
Après 20 jours, selon le développement végé­tatif et le climat, on peut apporter 4 à
6 l/m²/jour.
Puisque cette production n’est pas destinée à être conservée, et qu’elle continue à
grossir, il n’est pas nécessaire de réduire les apports d’eau à partir de 70-75 jours après
plantation.
Ces oignons sont immatures, gorgés d’eau et, lorsqu’ils sont commercialisés en vert
sans le feuillage, ouverts aux parasites extérieurs par le collet. Le délai récolte-vente
devra donc être réduit autant que possible pour éviter des fermentations et pourritures
associées.

Travaux culturaux d’entretien


Binages réguliers
Les désherbages sont importants car le feuil­lage de l’oignon est fin et couvre mal le
sol. Le désherbage permet aussi une meilleure aéra­tion naturelle de la culture, élément
important surtout à cette époque de l’année (octobre - novembre).
La fertilisation minérale d’entretien sera épan­due sur planches puis incorporée par
léger griffage. Chaque apport sera suivi d’une irriga­tion.

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RADHORT- Documents

Suppression des boutons floraux dès leur apparition : la variété Violet de Galmi, et
particulièrement les bulbilles, sont sensibles à de ‘basses’ températures au cours de leur
cycle cultural (vernalisation) et réagissent en induisant la floraison. Ce phénomène est
nor­mal, son importance dépend des conditions climatiques, de la qualité de la graine de
départ, ainsi que du calibre des bulbilles, mais il convient de couper les boutons floraux
dès leur apparition afin de ne pas épuiser les plantes. Les boutons floraux seront coupés
manuellement au sommet de la tige qui restera nue après la coupe. Des bulbes multiples
peuvent donner plusieurs hampes florales. Les gros calibres à la plantation fleurissent
plus que les petits calibres.

Protection phytosanitaire
En principe, à partir des bulbilles (pas de pépinière) et à cette période de l’année,
la culture d’oignon n’est pas attaquée à condition que les mesures prophylactiques
de base soient appliquées : bulbilles sélectionnées, densités respectées, fertilisation,
irrigation, désher­bage correctement réalisés.
Par temps humide persistant (rosées, brouil­ lards,...) on peut voir apparaître
l’alternariose (Alternaria porri). En cas d’apparition en fin de culture, il n’est
pas toujours raisonnable de traiter, si le rendement en bulbes est acquis et la
commercialisation proche.

Récolte
A partir de 75 jours après plantation, les bul­bes ont atteint un diamètre de 40 à
50 mm et sont commercialisables en vert avec feuillage. Cette technique est réservée aux
cultures précoces, l’oignon ne se conserve pas.
La récolte en sec peut s’effectuer entre 105 et 115 jours après plantation, l’oignon
peut se conserver un petit temps mais là n’est pas l’objectif de cette culture.
Il convient d’éliminer les déchets de culture, feuilles et bulbes blessés ou pourris afin
de ne pas maintenir un inoculum potentiel de rava­geurs pour les cultures suivantes.
Après arrachage, les oignons sont mis à res­suyer quelques heures sur le champ avant
d’être conditionnés.

Rendement
Les rendements se situent en moyenne entre 4 et 5 kg/m² planté soit entre 27 et
32 t/ha de terrain à la densité retenue et en terrain sablonneux. Le poids moyen des
bulbes après 75 jours est de 70 g.
En terrain plus lourd, les rendements sont plus élevés, mais le cycle peut être un peu
plus long.
Charges et bénéfices d’une culture d’oignon de consommation à partir de bulbilles
(hors amor­tissement terrain)

Hypothèses :
Il s’agit d’une culture à petite échelle (300 m² de planches = 450 m² de terrain ), tous
les travaux sont réalisés à la main et payés 200 FCFA/h y compris l’irrigation faite avec
arro­soirs, cycle de 90 jours. Le rendement escom­pté est de 4 kg/m² planté et le prix de
vente en sacs bord champ est estimé à 225 FCFA/kg.

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Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

Prix
Charges
(en FCFA)
1. Achats intrants
bulbilles (*)112.000
engrais (simples et binaires) 10.900
sacs 6.000
Sous-total 1 128.900
2. Main-d’oeuvre
préparation du sol 11.200
plantation 6.000
fertilisation 5.500
irrigation 34.000
sarclo-binages 9.000
coupe des boutons floraux 3.000
récolte 4.000
nettoyage du terrain 1.200
Sous-total 2 73.900
3. Amortissement matériel 5.000
Sous-total 3 5.000
TOTAL 1+2+3 207.800
(*) Ce poste est calculé à partir :
- d’une quantité moyenne de 32 kg de bul­billes 10/20 mm
- d’un prix de 3.500 FCFA/kg de bulbilles. Il s’agit soit d’un prix de revient
en cas d’auto­production, soit d’un prix d’achat.

Prix de revient de l’oignon


= total charges / poids récolte
= 173 FCFA/kg.
Remarquons bien ici que :
1. les hypothèses de charges sont maxi­males : coût horaire de la main-d’œuvre,
prix de revient ou d’achat des bulbilles.
2. le prix de vente de l’oignon bord champ est minimal.

Chiffre d’affaires
Vente de 1.200 kg d’oignons à 225 FCFA/kg = 270.000 FCFA

Bénéfice net
= chiffre d’affaires - total charges

62.200 FCFA pour 450 m² de terrain sur 3 mois, soit l’équivalent de 1.382.222 FCFA/
ha de terrain avec le même type d’organisation du travail et les mêmes hypo­thèses (hors
amortissement du terrain).

Production de bulbilles à partir de graines


Objectif
Récolter des bulbilles sèches, calibrées à 10/20 mm et conservées jusqu’à la plantation
en octobre ou novembre.
Pour parvenir à cet objectif, il est indis­pensable de tenir compte du choix de la
variété, de la période et de la densité de semis, de la fertilisation et de l’irrigation.

Matériel végétal
Il convient de choisir une variété qui forme son bulbe rapidement en jours courts
après plantation, qui possède une très bonne capa­cité de conservation à température

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RADHORT- Documents

ambiante et en condition de ventilation naturelle, qui se commercialisera aisément soit


en bulbilles prêtes à planter, soit en oignon de consom­mation après culture des bulbilles
sur un cycle court. Les semences de cette variété doivent aussi être disponibles chez les
revendeurs locaux de semences.
Seule la variété Violet de Galmi répond actuellement et totalement à ces critères au
Sénégal.
Il est conseillé d’acheter des semences sélec­tionnées, à pouvoir germinatif élevé
(minimum 70 %). Les besoins en semences sont détaillés plus loin dans le texte.

Période de semis
Les semis peuvent s’effectuer entre le 15 mars et le 15 avril dans la zone des Niayes.
Plus tôt, la période de conservation sera allon­gée.
Plus tard, l’augmentation de l’humidité de l’air et éventuellement les premières
pluies d’hiver­nage perturberont le séchage des bulbilles au champ.

Préparation du sol
Du même type que pour la culture à partir de bulbilles mais il faut insister sur le fait que
le semis et la production de bulbilles reviennent à l’établissement et à l’entretien d’une
pépinière d’oignon à grande échelle. Il est donc très important d’apporter une attention
particulière aux adventices. Un désherbage manuel dans la ligne est automatiquement
destructeur puisque le semis est dense.
On peut utiliser un herbicide de pré-semis qui garantira l’absence d’adventices
dans la pro­duction de bulbilles. Exemple : la trifluraline à la dose de 1,5 à 3 litres de
produit com­mercial/ha selon le type de sol. C’est un her­bicide très peu onéreux (3.000 à
4.500 FCFA/litre), disponible sur le marché local sous le nom de triflurex ou
spifluraline.
Le traitement herbicide sera effectué au moins 2 semaines avant semis et réalisé en
plein sur toute la surface de terrain, y compris les chemins afin d’y supprimer tout
désherbage en cours de culture. Il se fera sur sol mouillé.
Ce traitement se fait en arrosage et non en pulvérisation à la dose de 2 litres de
solu­tion/m² traité. 0,75 à 1,5 ml de triflurex dilués dans 1 arrosoir de 10 litres d’eau
seront répartis sur 5 m² de terrain. Le sol sera main­tenu humide jusqu’au semis par des
irrigations régulières.

Dispositif de semis
Planches de 1 m de large et passages de 50 cm, semis dans le sens de la longueur.

Semis manuel
Interligne (i) :
- 10 cm si l’on veut réduire la surface, si l’on est sûr de ne pas avoir de problèmes
d’adventices, si la main-d’oeuvre est soi­gneuse et disciplinée.
- 15 ou 20 cm dans les autres cas.

Ecartement dans la ligne : semer 1 g de grai­nes/mètre linéaire. A densité moins


élevée, la proportion de grosses bulbilles augmente.
Besoins en graines :
- si i = 10 cm : 10 g/m² semé soit 100 kg/ha semé ou 67 kg /ha de terrain.
- si i = 15 cm : 6 g/m² semé soit 60 kg/ha semé ou 40 kg /ha de terrain.
- si i = 20 cm : 5 g/m² semé soit 50 kg/ha semé ou 34 kg/ha de terrain.
Profondeur de semis : environ 1 à 1,5 cm en sol léger.
Prévoir un paillage après semis pour provo­quer une levée homogène des graines.

12
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

Semis mécanique
Il peut être réalisé avec un semoir monorang à bras (exemple : marque ebra, équipé
du dis­que N° 40P4 avec un pignon de 14 dents sur la trémie et 36 dents sur la roue
motrice).
Ecartement entre lignes : quadruple lignes espacées de 25 cm et chemin de 50 cm soit
32.000 mètres linéaires/ha (mlin/ha)
ou
Planches de 1 m avec 4 lignes espacées de 25 cm, chemin de 50 cm, soit
26.667 mlin/ha.
Besoins en semences : 27 à 30 kg/ha.

Fertilisation
La fertilisation préconisée ci-dessous est équi­librée, raisonnable et convient pour les sols
sableux. Trop d’engrais font grossir les bulbes plus vite, les apports tardifs prolongent
le cycle, un excès d’azote provoquera une mau­vaise conservation des bulbilles. Il n’y a
pas d’apport de matière organique pour les mêmes raisons.
Deux plans de fertilisation sont proposés, fonction des engrais disponibles sur le
marché local.

A base 10-10-20 A base engrais simples et binaires


Fonds Pas de matière organique Pas de matière organique
40 g/m² 10-10-20 15 g/m² sulfate de potasse
10 g/m² phosphate diammonique
(DAP) 5 g/m² urée
Couverture
35 jours après semis 15 g/m² 10-10-20 5 g/m² urée
10 g/m² sulfate de potasse
Total NPK 55-55-110 64-46-125
Equilibre minéral 1-1-2 1,4-1-2,7
Rapport K/N 2 1,95
Coûts :
FCFA/m² semé 8,0 9,4
FCFA/ha de terrain 53.336 62.670
Bases de prix :
10-10-20 : 7.225 FCFA/50 kg D.A.P (18-46-0) : 7.250 FCFA/50 kg
urée : 8.000 FCFA/50 kg sulfate de potasse : 12.765 FCFA/50 kg

Irrigation
Elle doit être pensée comme pour une pépi­nière, en fonction des conditions climatiques
et du sol.
Sur la base de 55 jours d’irrigation et d’une ETP de 6 mm/jour, les besoins totaux
en eau pour un cycle de production de bulbilles varient entre 2.200 m3/ha pour une
irrigation localisée (arrosoir, goutte à goutte) et 3.300 m3/ha pour une irrigation en
plein (aspersion).
Afin d’arrêter le grossissement des bulbes au calibre désiré, il convient de réduire
puis d’arrêter l’irrigation à un certain moment, sachant qu’entre le moment où on arrête
l’irrigation et le moment du séchage complet des feuilles et racines, au moins 15 jours
pas­sent.
En sols sableux on conseille de réduire de moitié l’irrigation après 7 semaines
(environ 50 jours) pendant une semaine environ, et ensuite d’arrêter l’irrigation à
55 jours après semis.

13
RADHORT- Documents

Travaux culturaux d’entretien


Les sarclo-binages sont importants et doivent être très fréquents.
La fertilisation d’entretien sera suivie d’un léger griffage et d’une irrigation.

Protection phytosanitaire
En principe, aucun traitement n’est nécessaire si les mesures prophylactiques conseillées
sont appliquées : période et densité de semis, doses et fréquence d’irrigation, fertilisation.
Sont à surveiller plus particulièrement, les fontes de semis (densité de semis trop
impor­tante , irrigations excédentaires) et les thrips.

Contre fontes de semis, si nécessaire


en pulvérisation :
1 l/10 m2 d’une bouillie de 2,5 g de rido­mil mz (métalaxyl + mancozèbe) par litre
d’eau.
en arrosage :
12 g de ridomil mz dans un arrosoir de 10 l d’eau, pour 5 m² semés
ou
15 ml de previcur n (propamocarbe HCl) + 15 g de rovral (iprodione) dans un
arrosoir de 10 l d’eau pour 5 m² semés.

Contre thrips, si nécessaire

en pulvérisation :
1 l/10 m² d’une bouillie de 1 ml de dime­thoate 400 (diméthoate) par litre d’eau.
Bien viser le coeur des plantules.
Ne pas oublier d’ajouter un mouillant à toute bouillie à pulvériser : adhesol, etaldyne
0,4 ml/l ou citowett 0,25 ml/l ou agral 0,5 ml/l

Récolte
Elle se fait lorsque le feuillage est complè­tement desséché, que les tuniques des bulbilles
sont formées et séchées et que les collets sont bien fermés.
En sols sableux, on récolte entre 70 et 80 jours après semis, soit 15 à 25 jours après
arrêt d’irrigation.
Les plants arrachés avec feuillage desséché sont étalés à l’ombre dans un endroit
ventilé où ils seront triés, parés et conditionnés.

Conditionnement
Les plants sont séparés de leur feuillage sec par torsion à 1 cm environ au-dessus du
collet.
Ils sont triés et les bulbilles blessées, malfor­mées, de couleur autre que violet ou
éventuel­lement pourries sont éliminées.
Elles sont calibrées : le calibre idéal à retenir est 10/20 mm, les bulbilles de diamètre
infé­rieur à 10 mm se conservent moins bien et ont plus de difficultés à reprendre à la
plantation. Avec les bulbilles de calibre supérieur à 20 mm, 2 éléments à éviter sont plus
fréquents après plantation : les bulbes multiples et la flo­raison précoce.
Toutefois, si l’on veut un meilleur rendement en bulbilles, le calibre élargi
maximal est de 6/25 mm.
En cas de possibilité de conservation en abri-séchoir à ventilation naturelle, les
bulbilles seront étalées sur 2 couches maximum.
On peut aussi conditionner les bulbilles en sacs de nylon à fines mailles
reconfectionnés : à partir d’un sac d’oignon de consommation, on découpe 4 à 5
morceaux dans le sens de la largeur et on recoud les bords. Ces sacs, de dimension

14
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

approximative 15 cm x 45 cm, seront suspendus par fil de fer muni d’une plaque
métallique (fond de boîte de conserve) pour mettre les bulbilles à l’abri des rongeurs.
Ils seront placés dans un endroit propre à l’abri du soleil et de la pluie, et ventilé au
maximum. Aucun feu ne sera fait à l’intérieur (induction florale).

Tris
Toutes les 2 semaines, les bulbilles seront triées. Les bulbilles molles, pourries, en
germi­nation ou desséchées seront éliminées.

Rendements et besoins en semences


Parler de rendements de bulbilles en t/ha et s’y tenir n’a pas beaucoup de sens
puisqu’avant tout on cherche un maximum de bulbilles cali­brées 10/20 mm. On devrait
plutôt parler de nombre de bulbilles récoltées par mètre liné­aire ou m² semé, cela
facilite également les cal­culs de surface à semer en fonction des sur­faces à planter en
octobre-novembre.

Rapport m² semé /m² planté


Le tableau ci-dessous donne pour des inter­lignes variables le nombre de bulbilles
escomp­tées par m² semé, ainsi que la surface de plan­tation estimée.

Pour 1m² semé :


Interligne Nombre moyen de Pourcentage Nombre moyen
Surface de
au semis (i) bulbilles obtenues calibre 10/20 mm de bulbilles 10/20
plantation
(nombre de après tris et obtenu après tris mm après tris et
estimée
lignes) stockage et stockage stockage
i = 20 cm (5) 220 55 120 1,73 m²
i = 15 cm (6) 260 55 145 2,07 m²
i = 10 cm (10) 440 55 240 3,46 m²

Pour plus de facilités, retenons que :

Pour 1 m² semé à i = 20 cm, on peut planter 1,75 m² en calibre 10/20 mm


(après tris et stockage).
Pour 1 m² semé à i = 15 cm, on peut planter 2,00 m² en calibre 10/20 mm
(après tris et stockage).
Pour 1 m² semé à i = 10 cm, on peut planter 3,50 m² en calibre 10/20 mm
(après tris et stockage).

Par calcul on obtient la conversion suivante :

Pour planter 1 ha de terrain en bulbilles 10/20 mm à la densité réelle de 466.700


bulbilles/ha, il faut semer :
5.720 m² de terrain à i = 20 cm (ou 3.810 m² de planches)
5.000 m² de terrain à i = 15 cm (ou 3.330 m² de planches)
2.860 m² de terrain à i = 10 cm (ou 1.905 m² de planches)

Les besoins en semences sont calculés comme suit :

Pour planter 1 ha de terrain en bulbilles 10/20 mm, à la densité réelle de 466.700


bulbilles/ha, il est nécessaire de semer 19,05 kg de graines à raison de 1 g/mètre linéaire,
indépendamment de l’interligne de semis choisi.

15
RADHORT- Documents

Pour connaître le poids des bulbilles à con­server, il faut tenir compte des pertes de
poids lors du stockage, à savoir 25 % de pertes totales (15 % par évaporation et 10 %
par tris) entre la mise en stockage et la plantation.
Le poids moyen d’une bulbille 10/20 mm après le stockage est très variable puisque
fonction
- de la grosseur de cette bulbille dans la classe de calibre ;
- de la qualité de la bulbille au début de la conservation (les conditions de la
production) ;
- des conditions de conservation et des conditions atmosphériques qui influencent
le dessèchement des bulbilles en cours de stockage.
- Plusieurs années d’essais et mesures donnent les résultats suivants (chiffres
moyens et arrondis) :

Poids de 100 bulbilles 10/20 mm (après tris et stockage) : entre 130 et 180 g, soit 550 à 800
bulbilles 10/20 mm par kg.

Pour planter 1 ha de terrain, il est nécessaire d’avoir 466.700 bulbilles ce qui fait un poids
compris entre 600 et 850 kg (après tris et stockage) pour un calibre 10/20mm.

Avant stockage, avec 25 % de pertes totales prévues, on doit prévoir entre 800 et 1.130 kg
de bulbilles 10/20 mm pour planter 1 ha de terrain.

Pour le stockage par étalement des bulbilles en abri-séchoir à ventilation naturelle on


estime la surface de claies nécessaire comme suit :
Pour une épaisseur maximale de 5 cm de bul­billes 10/20 mm, on estime leur nombre
entre 15.000 et 20 000 bulbilles/m² de claie.
Ceci conduit à un poids de bulbilles/m² de claie compris entre 26 et 48 kg/m² de claie
avant conservation et entre 19,5 et 36 kg/m² de claie après conservation.

La surface nécessaire de claies d’abri-séchoir est donc comprise entre 16 et 43 m²


(moyenne de 30 m²) pour pouvoir planter 1 ha de terrain après stockage.

Charges de culture d’une production de bul­billes (hors amortissement


terrain)
Hypothèses :
Culture de 300 m² semés (= 450 m² de ter­rain), i = 20 cm, semis 1 g/mètre linéaire. Le
semis est manuel, précédé d’une application herbicide et suivi d’un paillage. L’irrigation
est manuelle et réalisée avec des arrosoirs de 10 litres. Deux traitements contre les thrips
sont effectués. Aucun traitement fongicide n’est réalisé. Le volume horaire d’irrigation
est de 1000 litres/personne. La main-d’oeuvre est rémunérée à 200 FCFA/h. La
conservation se fait dans un abri-séchoir à ventilation naturelle.

16
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

Charges Prix (en FCFA) Remarques


1. Achats intrants
semences 67.500 1,5 Kg à 45.000 FCFA/Kg
engrais 2.820 fertilisation à base d’engrais simples et
binaires
produits phytosanitaires 460 60 ml Diméthoate + 30 ml Agral
herbicide 340 90 ml Triflurex (traitement à 2 l/ha, prix
moyen d’achat de 3.750 FCFA/l)
paille 15.000 20 bottes à 1.500 FCFA/pièce, utilisées
2 fois
Sous-total 1 86.120
2. Main-d’œuvre
préparation sol + semis + paillage 33.650
(application herbicide comprise)
irrigation 18.900
dépaillage 1.000
fertilisation 1.000
traitements phytosanitaires 1.200 2 traitements Diméthoate
sarclo-binages 9.000 6 binages
récolte + parage + triage + 34.400 1 tri tous les 10 jours (10 tris au total)
calibrage + étalement séchoir +
tris séchoir
nettoyage du terrain 1.200
Sous-total 2 100.350
3. Amortissements
matériel 5.000
séchoir 5.850 3,25 m² de claie sur séchoir à 150.000
FCFA/tonne conservée, amorti sur 5 ans
Sous-total 3 10.850
TOTAL 1+2+3 197.320

Calculs de prix de revient


On peut calculer le prix de revient d’1 kg de bulbilles 10/20 mm, ainsi que celui de la
quan­tité de bulbilles nécessaires pour planter 1 m² ou 1 ha en octobre, enfin celui d’une
bulbille calibrée prête à être plantée.
En utilisant les données précédemment citées, on obtient :

Le prix de revient d’1 kg de bulbilles 10/20 mm selon l’organisation du travail détaillée est
com­pris entre 3.000 et 4.200 FCFA

Ce prix a peu de signification puisque le nombre de bulbilles dans 1 kg est variable,


selon la répartition des calibres individuels dans la classe 10 à 20 mm, et donc la surface
que l’on peut planter avec 1 kg est elle aussi variable.

Le prix de revient de 70 bulbilles 10/20 mm pour planter 1 m² en octobre est de 385


FCFA

Le prix de revient d’une bulbille 10/20 mm prête à planter en octobre est de 5,5 FCFA

Technique du semis direct


Cette technique consiste à semer directement au champ sans un passage par la pépinière.
Puisqu’il n’y a pas de repiquage, les plantes ne subissent pas de stress et c’est ce qui
explique une précocité de 10 à 30 jours entre un semis direct et un semis en pépinière
à la même date.

17
RADHORT- Documents

Pour un semis d’octobre de Violet de Galmi, les récoltes en vert avec feuillage des
semis direct et en pépinière se réalisent respec­tivement à 110 jours et entre 110 et
120 jours. Pour une récolte en sec, ces délais deviennent de 130 à 140 jours (semis
direct) et de 150 à 180 jours (semis pépinière).

Avantages et inconvénients de la technique de semis direct


Avantages Inconvénients
• En culture précoce, plus rapide par rapport • Coûts d’irrigation et de fertilisation plus élevés
au semis en pépinière. qu’un semis en pépinière, dus à une plus grande
• En culture précoce, prix de commercialisation surface arrosée et fertilisée correspondante à la
de la récolte élevé. durée de la pépinière.
• Rendement en sec de l’ordre de 6 kg/m² • Quantité de semences nécessaire plus élevée
semé, supérieur à celui des bulbilles. que pour un semis en pépinière.
• Pas de repiquage. • Obligation d’avoir un sol propre avant semis et
• Les plantes issues des éclaircissages peuvent contenant très peu de graines d’adventices qui
être repiquées sur un autre terrain pour peuvent perturber la croissance des plan­tules.
assurer un étalement des récoltes. • Deux éclaircissages manuels nécessaires.
• Sensibilité importante aux irrigations mal
contrôlées qui perturbent la germination,
surtout si le semis n’est pas paillé.
• Plus sensible que les bulbilles aux conditions
climatiques difficiles rencontrées en octobre.

Production précoce d’oignons de consom­mation par la technique du semis


direct
Matériel végétal
Puisqu’il est préconisé pour les cultures hâti­ ves en prévision d’une précocité par
rapport au semis en pépinière, le semis direct doit être réalisé avec une variété capable
de former ses bulbes en jours très courts inférieurs à 12 heures. De plus, son cycle
doit être le plus court possible. Les variétés répondant actuel­lement à ce critère au
Sénégal sont : Violet de Galmi et Rouge de Tana, Early Yellow Texas Grano, Blanc de
Soumarana et Blanc de Galmi.

Préparation du sol
Elle est très importante puisqu’on réalise une pépinière à grande échelle. Le sol doit
être propre et surtout contenir très peu de graines d’adventices. On peut utiliser un
herbicide de pré-semis pour se prémunir d’une invasion de mauvaises herbes au stade
critique. La tech­nique utilisée est identique à celle préconisée pour la production de
bulbilles. L’application se réalise au moins 2 semaines avant semis, sur un sol mouillé et
maintenu humide après l’application herbicide.
Au moment du semis, le sol doit être parfai­tement nivelé et constitué d’un lit
de germi­nation en surface. En sol lourd, on peut être amené à semer sur planches
surélevées pour améliorer le drainage.

Dispositif de semis
Planches de 1 m de large et passages de 50 cm.
Interligne (i) de 20 cm, semis dans le sens de la longueur de la planche.
Afin d’éclaircir le semis, on prépare un mélange constitué de semences d’oignon
et de riz brisé en pourcentages précis.

18
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

Le semis est soit manuel, soit mécanique.


Semis manuel
i = 20 cm ou 5 mètres linéaires/m² semé, soit 33.333 mètres linéaires/ha de terrain.
Le mélange oignon/riz est constitué de 50 % de semences d’oignon et 50 % de
riz brisé (pourcentages en poids). Si les morceaux de riz brisé sont gros, il faut en
augmenter le pourcentage dans le mélange.
La quantité semée de mélange oignon /riz est la suivante :

1,4 g de riz brisé + 1,4 g d’oignon/m² semé (5 mètres linéaires) = 2,8 g mélange/m² semé,
soit 0,56 g mélange / mètre linéaire.
OU
9,3 kg d’oignon + 9,3 kg de riz brisé pour emblaver 1 ha de terrain, soit 6.667 m² de
planches.

Semis mécanique
i = 25 cm ou 4 mètres linéaires/m², soit 26.667 mètres linéaires/ ha de terrain.
Par exemple, avec un semoir monorang à bras, de marque ebra, équipé du disque
n° 40P4, avec un pignon de 14 dents sur la trémie et 36 dents sur la roue motrice.
La proportion du mélange oignon/riz est modifiée pour le semoir cité et devient :
40 % semences d’oignon + 60 % riz brisé. D’autre part, il convient également
d’augmenter la quantité de mélange par m² semé.

1,9 g de riz brisé + 1,3 g d’oignon/m² semé (4 mètres linéaires) = 3,2 g de mélange/m²
semé, soit 0,80 g mélange/mètre linéaire
OU
8,7 kg d’oignon + 12,7 kg de riz brisé pour 1 ha de terrain, soit 6.667 m² de planches

Après le semis, il est conseillé de pailler pour provoquer une levée régulière des graines.
En cas de semis précoce, on préconise une désinfection du sol au semis :
- avec l’oxyquinoléate de cuivre (crypto­nol liquide) : arroser après semis avec une
bouillie fongicide constituée de 30 ml cryptonol /10 l eau pour 5 m² de semis.
- avec le propamocarbe HCl (previcur n) + l’iprodione (rovral) à raison de 15 ml
prévicur n + 15 g rovral / 10 l eau pour 5 m² semés.
- avec le métalaxyl + mancozèbe (rido­mil mz) : 12 g Ridomil mz /10 l d’eau pour
5 m² semés.

Fertilisation
Deux plans de fertilisation sont proposés ci-dessous, soit à base d’engrais composé
10-10-20, soit à base d’engrais simples et binaires.

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RADHORT- Documents

A base 10-10-20 A base engrais simples et binaires


Fonds
5 kg/m² fumier décomposé 5 kg/m² fumier décomposé
40 g/m² 10-10-20 20 g/m² phosphate diammonique(DAP)
8 g/m² sulfate de potasse
Couverture
30 jours après semis 50 g/m² 10-10-20 10 g/m² D.A.P
5 g/m² urée
12 g/m² sulfate de potasse
60 jours après semis 50 g/m² 10-10-20 10 g/m² D.A.P
10 g/m² urée
20 g/m² sulfate de potasse
90 jours après semis 40 g/m² 10-10-20 10 g/m² D.A.P
5 g/m² urée
20 g/m² sulfate de potasse
Total NPK 180-180-360 182-230-300
Rapport K/N 2,00 1,65
Coûts
FCFA/m² semé 44,8 44,5
FCFA/ha de terrain 298.682 296.682
Bases de prix :
fumier : 15.000 FCFA/8 m3 (4 t) urée : 8.000 FCFA/50 kg
sulfate de potasse : 12.765 FCFA/50 kg 10-10-20 : 7.225 FCFA/50 kg
D.A.P.(18-46-0) : 7.250 FCFA/50 kg

Irrigation
Elle est à conduire au début comme pour une pépinière : 4 à 6 l/m²/jour selon le stade
et le climat.
En cours de culture, on apporte 6 à 8 l/m²/jour, en fonction de la masse foliaire et
du climat.
L’arrêt de l’irrigation s’effectue selon sa propre décision : si l’on souhaite
commercialiser en vert, on irriguera jusqu’à la récolte, mais si l’on souhaite commercialiser
en sec, on pourra arrêter l’irrigation lorsque 50 % des plants sont couchés.

Travaux culturaux d’entretien


5 jours après le semis, il convient de surveiller la germination sous la paille. Dès que
les plan­tes apparaissent à la surface du sol, on pro­cède au dépaillage avec beaucoup de
précau­tion. Il est préférable de dépailler le soir.
Les sarclo-binages seront fréquents, au moins 1 fois toutes les 2 semaines en sols
sableux.
Les désherbages seront également réguliers, car la plante est très sensible à la
concurrence des adventices.
Les éclaircissages consistent à sélectionner les plantes qui formeront un bulbe
à récolter. On laissera donc un plant tous les 7 à 10 cm sur la ligne. Un premier
éclaircissage pourra se faire entre 20 et 30 jours après semis, on élimine alors les plantes
agglutinées, chétives pour ne laisser qu’un plant tous les 2-3 cm, de manière régulière.
Le second éclaircissage interviendra lorsque les plants auront la grosseur d’un crayon,
la taille d’un plant prêt à être repiqué, entre 45 et 55 jours après semis. On ne laissera
en place qu’un plant vigoureux tous les 7 à 10 cm. Les plants enlevés pourront être
repiqués, après tri, sur une autre parcelle. De cette façon, on étale sa période de récolte
en ayant un semis direct et un semis repiqué.

20
Les techniques de production precoce pour l’étalement de la culture de l’oignon au Sénégal

Il se peut que certains plants présentent une montée en fleur précoce au moment de
la bulbaison. Il convient de couper le bouton floral dès son apparition au sommet de
sa hampe.
Trois fertilisations de couverture seront appor­tées en applications localisées, suivies
d’un léger griffage et d’une irrigation.

Traitements phytosanitaires
En semis précoces, on peut rencontrer les problèmes suivants :
- les fontes de semis : elles sont aggravées par un semis trop dense, une irrigation
abondante, des pluies persistantes et un mauvais drai­nage ;
- les thrips : surtout en fin de cycle. En cas d’attaque tardive, et pour autant qu’il
n’existe pas de jeune culture proche, on peut ne pas traiter ; l’alternariose : surtout
en fin de cycle. Si c’est le cas, ne pas traiter à 10-15 jours de la récolte.

Contre les fontes de semis, on peut utiliser le ridomil mz (métalaxyl + mancozèbe)


en pul­vérisation à raison de 2,5 g/l.
Contre les thrips, le diméthoate (perfektion, spithoate, diméthoate, 1 ml/l) a une
bonne efficacité, de même que l’acéphate (orthène 50, 1 g/l), la cyperméthrine (cyperax
50, 1 ml/l), le métamidophos (tamaron, méto­phos 1,5 ml/l).
Toutes les pulvérisations sont à faire avec l’adjonction d’un mouillant aux doses
précé­demment conseillées.

Récolte
Elle est réalisable en vert avec feuillage 110 jours après semis d’octobre (bulbes de 80 à
100 g) et variété Violet de Galmi.
Récolte en sec de Violet de Galmi, entre 130 et 140 jours pour un semis direct
d’octobre, entre 110 et 130 jours pour un semis direct de novembre à janvier.
Une récolte en vert ne permet pas de conser­ver les bulbes, il faut les commercialiser
immé­diatement.

En résumé et pour la variété Violet de Galmi :


- pour un semis direct 1er octobre :
récolte en vert avec feuillage vers le 20 janvier et récolte en sec entre le 10 et le
20 février (Violet de Galmi)
- pour un semis direct 1er novembre :
récolte en sec entre le 20 février et le 10 mars
- pour un semis direct 1er décembre :
récolte en sec entre le 20 mars et le 10 avril

Rendements
En sec, on atteindra en moyenne en sols sableux et avec une culture correctement
entretenue, fertilisée et irriguée un rendement de 6 kg/m² de bulbes secs, soit 40 t/ha
de terrain (6.667 m² de planches).
En récolte en vert, cela dépend du cycle parcouru par la culture et bien sûr de son
entretien. Après 110 jours, en sol sableux, et pour une culture convenablement menée,
on atteint au moins 4 kg/m², soit 27 t/ha de terrain (6.667 m² de planches) avec des
oignons de 80 à 100 g pièce, sans feuillage.

21
RADHORT- Documents

Charges d’une culture d’oignon faite à partir d’un semis direct


Hypothèses :
Culture de 300 m² semés (450 m² de terrain), tous les travaux sont réalisés
manuellement, y compris l’irrigation avec arrosoirs. La main-d’oeuvre est payée
200 FCFA/h. On effectue 2 traitements insecticides avec diméthoate contre les thrips
mais aucun traitement fongi­cide. La récolte se fait en vert à 110 jours, le rendement
escompté est de 4,5 kg/m2 semé, soit 1.350 kg récolté. Le prix de vente en sacs bord
champ est estimé à 200 FCFA/kg.

Charges Prix (en FCFA) Remarques


1. Achats Intrants
semences 18.900 420 g à 45.000 FCFA/kg
riz brisé 200 420 g à 400 FCFA/kg
paille 15.000 20 bottes à 1.500 FCFA/pièce mais utilisées
2 fois
engrais 13.350 plan de fertilisation à base d’engrais simples
et binaires.
produits phytosanitaires 460 60 ml Diméthoate + 30 ml Agral
herbicide 340 90 ml Triflurex (traitement à 2 l/ha, prix
moyen d’achat de 3.750 FCFA/litre)
sacs 5.100 34 sacs à 150 FCFA/pièce
Sous-total 1 53.350
2. Main-d’oeuvre
préparation du sol 11.400
(application herbicide
comprise)
semis + paillage + dépaillage 6.000
irrigation 56.800
fertilisation 5.000
sarclo-binages 21.000
éclaircissages 50.000 2 éclaircissages
traitements phytosanitaires 1.200 2 traitements avec Diméthoate
récolte et mise en sacs 4.000
nettoyage du terrain 1.200
Sous-total 2 156.600
3. Amortissements
matériel 5.000
Sous-total 3 5.000
TOTAL 1+2+3 214.950

Prix de revient de l’oignon à partir du semis direct = 159 FCFA/kg.


Les bénéfices escomptés pour une culture d’oignon précoce en semis direct en
octobre sur 450 m2 de terrain sont de 55.050 FCFA.
Rapporté à l’hectare, avec la même organi­sation du travail (ce qui est peu probable
à grande échelle où une mécanisation partielle s’impose), les bénéfices atteignent
1.223.333 FCFA.

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RADHORT

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