0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
113 vues16 pages

Guide de Gestion de Portefeuille BRVM

Le chapitre 4 traite de la constitution et de la gestion d'un portefeuille à la BRVM, en expliquant les différents types de valeurs négociées, notamment les actions, les obligations et les droits. Il aborde également les transactions au comptant et à terme, ainsi que les étapes nécessaires pour démarrer un investissement en bourse, y compris l'ouverture d'un compte-titres. Enfin, il souligne l'importance de l'information macroéconomique et des analyses fondamentales et techniques pour constituer un portefeuille efficace.

Transféré par

hansariel001
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
113 vues16 pages

Guide de Gestion de Portefeuille BRVM

Le chapitre 4 traite de la constitution et de la gestion d'un portefeuille à la BRVM, en expliquant les différents types de valeurs négociées, notamment les actions, les obligations et les droits. Il aborde également les transactions au comptant et à terme, ainsi que les étapes nécessaires pour démarrer un investissement en bourse, y compris l'ouverture d'un compte-titres. Enfin, il souligne l'importance de l'information macroéconomique et des analyses fondamentales et techniques pour constituer un portefeuille efficace.

Transféré par

hansariel001
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CHAPITRE 4 : CONSTITUER ET GERER SON PORTEFEUILLE

I- Les valeurs négociées à la BRVM


Actuellement à la BRVM, les transactions se font essentiellement sur les actions, les obligations
et les droits.
1-1- Les actions
Une action est une valeur mobilière émise par une société de capitaux. Les actionnaires sont les
propriétaires de l’entreprise. Lors d’une création d’entreprise, ils apportent des fonds pour la
constitution de la société qu’on appelle le capital social. En échange, ils reçoivent des actions.
Lorsque cette dernière ouvre son capital à des apporteurs de fonds propres extérieurs, elle émet
des actions par appel public à l’épargne. Les actions sont alors négociables en bourse et chaque
actionnaire a des droits identiques aux autres :
- Droit au dividende ;

- Droit de vote ;

- Droit à l’information ;

- Droit de mener en responsabilité des actions contre les dirigeants sociaux ;

- Droit aux bonis de liquidation ;

- Droit de souscription ou d’attribution.

1-2- Les obligations


L’obligation est un titre qui fait de son détenteur un Créancier de l’entreprise ou de l’état qui
l’émet. Emettre des obligations est une façon de prendre un crédit directement auprès du public.
Celui qui achète une obligation a droit, en plus du remboursement intégral de son capital, à un
intérêt payé à un rythme régulier bien précisé d’avance. Une obligation est un titre représentatif
d’un emprunt émis sur les marchés financiers. En achetant des obligations, un investisseur
recherche un rendement avec un risque limité. Une obligation est caractérisée par le nom de
l’institution publique ou privée qui l’émet, le taux d’intérêt et sa durée.
Au moment de l’émission, l’entreprise distribue un document appelé « note d’information »
qui explique les différentes caractéristiques de l’opération (les modalités de remboursement du
capital, le rythme du paiement des intérêts appelés également coupons, le montant de
l’opération, la durée de l’opération, la valeur nominale, le nombre de titres émis, le taux
d’intérêt nominal, etc).

1
Les notations d’obligations
Le “rating” donne à l’investisseur (particulier ou institutionnel) un point de repère relatif à la qualité
du débiteur (entreprises, mais aussi pays et organisations internationales). En effet, l’investisseur
particulier est en général dans l’incapacité de se forger lui-même une idée de la solvabilité de
l’entreprise ou de l’autorité publique qui souhaite se financer sur les marchés obligataires
internationaux.
Le rating est déterminé par la qualité du débiteur, mais est aussi la plupart du temps lié à une
émission spécifique ou à plusieurs obligations d’un même débiteur. Le rating est un code
standardisé, composé de lettres et de chiffres, qui donne une appréciation indépendante sur la
crédibilité d’un débiteur. Plus le rating accordé est bon (par exemple AAA), plus le risque débiteur
est faible. Les ratings sont attribués par des sociétés spécialisées (agences de notation) dont les plus
connues sont d’origine américaine : Moody’s, Standard & Poor’s, Thomson Bank Watch et IBCA
(International Bank Credit Analysis). Un rating peut varier. Après la période d’émission, les
agences de notation continuent en effet à suivre de très près l’évolution du débiteur et sont parfois
amenées à baisser ou à relever un rating, celui-ci reflétant la situation du débiteur à un moment
déterminé.
Les notations Moody’s d’obligation long terme constituent des opinions sur le risque de crédit
relatif des titres de dette dont l’échéance est supérieure ou égale à un an et sur l’éventualité qu’un
engagement financier ne soit pas honoré comme prévu. Ces notations reflètent aussi bien
la probabilité d’un défaut que toute perte financière supportée dans un scenario de défaut.
- Aaa
Les obligations notées Aaa sont considérées comme étant de la meilleure qualité et présentent et
présentent un risque de crédit minime.
- Aa
Les obligations notées Aa sont considérées de grande qualité et présentent un très faible risque de
crédit.
-A
Les obligations notées A sont considérées comme appartenant à la catégorie supérieure des
obligations de qualité moyenne et présentent un faible risque de crédit.
- Baa
Les obligations notées Baa sont soumises a un risque de crédit modéré. Elles sont considérées
comme étant de qualité moyenne et sont des lors susceptibles de présenter des caractéristiques
spéculatives.
- Ba

2
Les obligations notées Ba sont jugées come comportant des caractéristiques dignes de la catégorie
spéculative et sont soumises a un risque de crédit important.
-B
Les obligations notées B sont jugées comme ayant un caractère spéculatif et présentent un risque
de crédit élevé.
- Caa
Les obligations notées Caa sont jugées comme présentant une mauvaise signature de crédit et un
risque de crédit très élevé.
- Ca
Les obligations notées Ca sont des titres a caractère hautement spéculatif et sont probablement en
situation de (ou très proche du) défaut, tout en offrant un certain potentiel de récupération du
principal et des intérêts.
-C
Les obligations notées C constituent la catégorie la plus basse des obligations notées et sont
généralement en situation de défaut. Les potentiels de récupération du principal et des intérêts est
limité.
NB : Moody’s applique des coefficients numériques allant de 1 à 3 correspondant à chaque catégorie
de Aa a Caa. Le coefficient 1 indique que l’émetteur se situe dans la fourchette haute de l’échelle
alphabétique ; le coefficient 2 correspond a une notation intermédiaire alors que le coefficient 3
correspond à la fourchette basse.
1-3- Le Droit
Un droit est un produit financier émis par une entreprise au profit de ses actionnaires lorsqu’elle
veut augmenter la valeur de son capital.
On parle de droit de souscription lorsque pour augmenter son capital par émission de nouvelles
actions, l’entreprise accorde à ses anciens actionnaires la possibilité de bénéficier d’un prix bien
défini jusqu’à une certaine date. Ce prix est généralement meilleur que celui qui est offert au
public. C’est une façon de les permettre de conserver leur pourcentage dans le nouveau capital
ou de réduire leur dilution du fait de l’augmentation.
Le droit de souscription est attaché aux actions anciennes. Chaque ancien actionnaire en détient
automatiquement proportionnellement au nombre d’actions qu’il possède en tenant compte des
conditions de l’offre. Le droit de souscription est profitable à l’acheteur lorsque l’addition de
son prix de vente et celui de l’action dans l’offre est inférieure au cours de l’action en bourse.
Un droit d’attribution permet à celui qui le possède de recevoir une action gratuite à une
échéance donnée. L’attribution d’actions gratuites se fait lorsqu’une entreprise décide

3
d’augmenter son capital en incorporant ses réserves. Cela conduit toujours à une réduction de
la valeur de l’action en bourse, car l’incorporation des réserves est juste un événement
comptable, l’entreprise n’a rien reçu en pratique.
C’est de l’argent qui était considéré comme « réserves » qu’on a inclut dans le capital. Donc si
la capitalisation boursière était de 1 000 000 pour 1000 actions, après cette augmentation elle
sera toujours de 1 000 000 pour peut-être cette fois 1250 actions. Cela conduira le marché à
s’ajuster. Si le cours de l’action était de 1000 FCFA (1 000 000 / 1000 actions), le marché le
conduira probablement à 800 FCFA (1000 000 / 1250 actions).
Les droits s’échangent en bourse pendant une durée déterminée. Ce n’est pas chaque mois
qu’une entreprise augmente son capital.

1-4- Autres produits boursiers

Il existe d’autres types de produits qui ne sont pas encore échangés à la BRVM. Nous citerons
entre autres : Les options, les matières premières (les métaux, le pétrole, produits agricoles) et
d’autres produits dérivés complexes qui existent sur les marchés occidentaux.
II- Les différents types de marché
Les marchés sont classés en fonction du moment du dénouement des transactions qui s’y
déroulent. On distingue les transactions au comptant des transactions à terme.
2-1- Les transactions au comptant

La Bourse Régionale est un marché au comptant. Dès qu'une négociation est réalisée, l'acheteur
est redevable des capitaux : il doit être en mesure d'exécuter immédiatement son obligation de
payer le prix d'achat. Le vendeur, pour sa part, est redevable des titres, il doit être en mesure
d'exécuter immédiatement son obligation de livrer la quantité de titres vendus.
La SGI qui intervient pour un donneur d'ordre peut exiger de celui-ci qu'il rende disponible,
avant la transmission de l'ordre à la Bourse Régionale, les espèces ou les titres requis pour
l'exécution de l'obligation résultant de l'ordre. L'exécution d'une obligation résultant d'un ordre
est garantie par la SGI qui agit pour le compte du donneur d'ordre. Une SGI est tenue d'exécuter
l'obligation résultant d'un ordre en cas de défaillance de son client.
Les SGI ne sont pas autorisées à prêter à leurs clients des titres ou des espèces aux fins de leur
permettre d'effectuer des opérations sur valeurs.
2-2- Les transactions à terme
Après la suppression du règlement mensuel (RM) en septembre 2000, Euronext a mis sur pied
le service à règlement différé (SRD) pour le remplacer. Le service à règlement différé est
réservé à des valeurs de premier plan qui donnent lieu à des transactions actives. Seules les
4
actions de certaines entreprises peuvent être négociées, au choix, au comptant ou en SRD.
Seules les actions de certaines entreprises peuvent être négociées, au choix, au comptant ou en
SRD.
Selon le fonctionnement du SRD, le jour où vous achetez (ou vendez) à terme, vous prenez
l’engagement d’acquérir les titres et de les payer (ou au contraire de les céder), mais le
dénouement de ces ordres de Bourse est différé jusqu’à une échéance appelée la liquidation La
liquidation est la séance de Bourse au cours de laquelle les opérations à terme sont dénouées. Il
y a une liquidation chaque mois. Elle a lieu toujours à la cinquième séance avant la fin du mois.

III- Démarrer votre investissement à la BRVM


Pour investir en bourse, un épargnant doit ouvrir un compte titres auprès d’un intermédiaire
financier, puis passer des ordres d’achat ou/et de vente sur les marchés de cotation.
3-1- La notion de compte-titres
Avant tout investissement en bourse, il convient d’ouvrir un compte-titre auprès d’un
intermédiaire. Sur ce compte-titre, appelé parfois portefeuille-titre, les achats sont
comptabilisés au crédit et les ventes au débit, valeur par valeur. Selon une périodicité donnée,
l’intermédiaire envoie au titulaire le relevé de son compte-titre et, à chaque opération effectuée
en bourse, il lui envoie un avis d’opéré faisant état des conditions d’exécution des ordres.
A la BRVM l’investissement en Bourse se fait par l’entremise d’une Société de Gestion et
d’Intermédiation (SGI). Un compte titre est ouvert auprès de la SGI. Celle-ci exécute les ordres
d’achat et de vente qui lui sont transmis, effectue la tenue de compte et conseille dans la gestion
de portefeuille. Les titres échangés sont comptabilisés auprès de la SGI ou du Conservateur.
3-2- Cheminement d’une opération d’achat ou vente
Le circuit de traitement des ordres et les étapes de la transaction sont illustrés comme suit :

1) Communication de l’ordre d’achat ou de vente à une SGI.


2) Enregistrement et saisie, par la SGI, de l’ordre dans le système de négociation à l’Antenne
Nationale de Bourse.

3) Centralisation au Site Central de tous les ordres d’achat et de vente venus de toutes les
Antennes Nationales de Bourse.
4) Après confrontation des ordres d’achat et de vente, et détermination des prix, la transaction
est enregistrée, puis confirmée successivement par courrier par la Bourse à la SGI, puis par la
SGI au client.
Le montant de la transaction et les frais d’intermédiation sont réglés le jour même.

5
3-3- Le montant de démarrage
Ce montant dépend de la valeur du titre le moins coté à la BRVM. Ce qui veut théoriquement
dire qu’avec 5000 FCFA vous pouvez vous offrir au moins une action. Il faut toutefois tenir
compte des frais de courtage.
Il est important de vous prévenir que certaines SGI exigent un montant minimum pour
démarrer. Cela va de 500 mille à 5 millions de FCFA en Côte d’Ivoire (Heureusement, en
pratique, il y’a toujours une porte ouverte au compromis).
Si vous avez vraiment l’intention d’augmenter votre capital progressivement, vous pouvez en
parler à la SGI. Ce montant minimum officiellement exigé ne l’est pas toujours en pratique.

4- Constituer son portefeuille


Pour constituer un portefeuille, l’investisseur doit s’informer certes sur la valeur et donc
l’émetteur, mais doit prendre en compte l’information macroéconomique. Ensuite, pour affiner
son choix de valeur, il peut se reposer sur les analyses fondamentales et techniques, et les ratios
boursiers.
4-1- L’information diffusée
On distingue les informations macroéconomiques, les informations générales et boursières sur
les émetteurs et leurs valeurs.
4-1-1- Les informations macroéconomiques
L’évolution du cours d’une valeur mobilière dépend de la qualité intrinsèque de l’entreprise
mais la situation macroéconomique a un impact sur la bourse en général. On entend par
macroéconomie l’étude du fonctionnement d’un système économique constitué des acteurs que
sont les ménages, les entreprises, les intermédiaires financiers et l’État. Quatre éléments
principaux de la macroéconomie sont à prendre en considération pour étudier l’environnement
boursier : la croissance économique, l’inflation, les taux de change et les taux d’intérêt.
✓ La croissance économique
La croissance économique est un élément quantitatif mesuré par le taux de croissance du produit
intérieur brut. Le PIB mesure l’ensemble des biens et des services produits ou offerts sur un
territoire national, quelle que soit la nationalité des producteurs ; il est égal à la somme des
valeurs ajoutées (valeurs créées) des agents économiques, à laquelle on rajoute la TVA et les
droits de douane. Le taux de croissance économique est la variation du PIB entre 2 dates. On
parle de récession économique lorsqu’il y a baisse de la production. Un consensus général
détermine la récession dès lors qu’il y a diminution du PIB sur deux trimestres consécutifs.

6
En période de croissance, les résultats des entreprises augmentent, ce qui se traduit
normalement par une hausse des cours de bourse.

✓ L’inflation
L’inflation se caractérise par une hausse généralisée et durable des prix, conduisant de facto à
une diminution du pouvoir d’achat des agents économiques et par une érosion de la valeur de
la monnaie. Elle est mesurée par l’indice des prix à la consommation. Une hausse des prix
provoque généralement une hausse des cours de bourse. L’inflation est donc bénéfique sur la
valorisation boursière des sociétés mais la hausse des cours doit être supérieure à la hausse des
prix pour être réelle.
S’il y a baisse des prix, on parle de déflation. Son incidence sur l’évaluation de la bourse est
négative.
✓ Les taux d’intérêt
Les taux d’intérêts représentent la variable macroéconomique essentielle pour un investisseur.
Dans le cadre d’une politique monétaire menée par les taux d’intérêt (comme c’est le cas dans
toutes les économies développées), les taux d’intérêt impactent le taux de croissance
économique. Sans entrer dans le détail, une baisse des taux d’intérêt relance la croissance
économique et réduit le chômage. Une baisse de taux réduit, en effet, le coût d’endettement des
agents économiques, les ménages consomment davantage grâce aux crédits rendus plus
accessibles et épargnent moins du fait d’une moindre rémunération de leur épargne. Les
entreprises bénéficient de conditions d’emprunts plus avantageuses, tant par les banques que
par les marchés.
À l’inverse, en période d’expansion économique, les risques d’inflation s’avèrent plus forts, il
convient alors d’augmenter les taux d’intérêt. En pratique la corrélation entre taux d’intérêt et
inflation est quasi-totale, quand l’inflation monte les taux montent également et vice-versa.

Les deux produits majeurs négociés en bourse sont les actions et les obligations. On considère
que les actions ont un niveau de risque plus élevé et donc doivent offrir un rendement plus
important que les obligations, c’est la prime de risque. Afin de bien ajuster le couple
rentabilité/risque, les investisseurs comparent en permanence la prime de risque existant entre
ces deux actifs financiers. En conséquence, une hausse des taux d’intérêt entraine un meilleur
rendement des obligations et réduit par-là même le niveau de prime de risque, les investisseurs
se détournent alors des actions pour se placer sur les produits obligataires. En conclusion il faut
retenir qu’une augmentation des taux d’intérêt est négative pour les marchés d’actions, la baisse

7
.
4-1-2- Les informations relatives aux émetteurs
Le rapport annuel d’une entreprise présente l’ensemble des éléments financiers d’une année n,
avec un rappel de l’année n-1 permettant d’analyser l’évolution des postes. Publié après
l’assemblée générale des actionnaires, il est rendu public auprès de la société, de la presse
financière et sur Internet. Le rapport financier annuel est la source d’informations la plus
importante car il retrace l’année écoulée et présente les comptes (bilan, compte de résultat).

4-2- L’analyse fondamentale


L’analyse fondamentale repose sur l’analyse financière de l’entreprise cotée, et plus
précisément sur l’analyse de son bilan et ses annexes, et de son compte de résultat. Au regard
de ces documents comptables, les analystes mesurent le patrimoine et la rentabilité financière
de l’entreprise puis en tirent des ratios financiers pour évaluer la capacité d’investissement, de
remboursement des dettes ou de rachat d’entreprises éventuellement.
4-2-1- Le bilan
Le bilan retrace le patrimoine de l’entreprise, il distingue les ressources dont elle dispose
(passif) et l’usage (emplois) de ces ressources à l’actif. Le bilan expose la structure financière
de l’entreprise et, par là même, son degré d’indépendance financière.
4-2-2- Le compte de résultat
Le compte de résultat retrace l’ensemble des charges et produits de l’année écoulée. Il peut être
décomposé en un résultat d’exploitation ou opérationnel, un résultat financier et un résultat
exceptionnel. Au final, il permet d’établir le résultat net de l’exercice qui sera ensuite inscrit au
bilan. Les analystes financiers reprennent ces charges et produits pour les traduire en soldes
intermédiaires. Au-delà de ces soldes intermédiaires de gestion, il est possible de tirer certains
ratios financiers qui affinent l’analyse de l’entreprise. Parmi ceux-ci, on recense :
- la marge d’exploitation (résultat d’exploitation / chiffre d’affaires) qui, exprimée en
pourcentage, mesure la rentabilité de la seule exploitation de l’entreprise. Plus la marge est
élevée, plus l’entreprise est rentable. On peut également calculer la marge nette de l’entreprise
ou rentabilité commerciale (résultat net / chiffre d’affaires) qui permet de déceler un éventuel
problème lié à un événement exogène (augmentation du prix des matières premières par
exemple) non pris en compte dans la marge d’exploitation ;
- le rendement des fonds propres, plus connu sur le nom RoE – Return on Equities
(Résultat net / fonds propres) qui mesure la rentabilité des capitaux propres utilisés par

8
l’entreprise. Ce ratio intéresse notamment les investisseurs puisqu’il traduit la rentabilité de leur
investissement ;

- la capacité d’autofinancement (CAF), ou cash-flow (Résultat net + dotations nettes des


reprises aux amortissements et provisions à caractères de réserves – plus-values sur cessions
immobilières) permet d’étudier la capacité de l’entreprise à financer elle-même ses
investissements. Notons que si ce ratio est négatif, cela signifie que l’entreprise peut
éventuellement être exposée à un risque de cessation de paiement ;

- le ratio d’endettement (dettes à moyen et long termes / fonds propres), appelé également
gearing et exprimé en pourcentage, mesure le niveau d’endettement de l’entreprise face à son
total de fonds propres. Et la capacité de remboursement des dettes se mesure en rapportant les
dettes à moyen et long terme à la capacité d’autofinancement.
L’analyse fondamentale reste celle des spécialistes, l’analyse technique est, quant à elle, plus
ouverte aux non-initiés de l’analyse comptable et financière.

4-3- L’analyse technique


L’analyse technique est une méthodologie aidant à prévoir l’évolution du cours de certains
titres. Elle repose sur des données de marché historiques telles que les cours et les volumes pour
détecter une tendance spécifique ou un signal de trading. L’analyse technique est applicable à
tous les titres dont les données historiques des cours sont disponibles.
L’analyse technique repose sur l’hypothèse que le prix d’un produit est le résultat des décisions
d’achat et de vente de tous les participants à la mise aux enchères de ce produit à un moment
donné. De ce fait, l’analyse technique exprime, définit et représente la somme des anticipations
et de toute l’information disponible à un moment donné. Selon la définition la plus courante,
l’analyse technique est l’art d’interpréter des graphiques.
L’analyse technique ne se préoccupe pas du pourquoi des choses, n’essaie pas d’expliquer des
événements quelconques, mais se limite plutôt à l’interprétation de l’évolution du prix des
valeurs de placement et des volumes d’opérations dont elles font l’objet. Ce qui intéresse
l’analyste technique, c’est de déterminer quand acheter (entrer dans le marché) et quand vendre
(sortir du marché).

4 -3-1- Supports et résistances


Chaque tendance a un support ou une résistance.

9
Un support est un niveau linéaire tracé par une droite qui touche à la fois plusieurs points bas
historiques. Pour les analystes graphiques, c’est un niveau en-dessous duquel le marché ne veut
pas traiter. Plus le support est « touché » par le marché sans être franchi à la baisse et plus son
importance est forte. Il forme donc un point d’inflexion potentiel et donc une opportunité
d’achat. Si le cours devait baisser en dessous du support, il y a de fortes chances que la baisse
soit importante.
Une résistance est un niveau linéaire tracé par une droite qui touche à la fois plusieurs points
hauts historiques. Pour les analystes graphiques, c’est un niveau au-dessus duquel le marché ne
veut pas traiter. Plus la résistance est « touchée » par le marché sans être franchie à la hausse et
plus son importance est forte. Les résistances peuvent représenter des signaux de vente
potentiels, mais une fois une résistance traversée, le cours peut augmenter rapidement.

En rouge les résistances. En vert les supports.


4-3-2- La moyenne mobile

La moyenne mobile est une courbe qui représente l’évolution d’une moyenne de cours sur une
période donnée. A l’instar des lignes de support et de résistance pour l’analyse graphique, les
moyennes mobiles sont à la base de l’analyse statistique et permettent de mettre en évidence de
façon très simple la tendance du marché. Les analystes recherchent souvent les valeurs sur
lesquelles les moyennes mobiles courtes et longues se croisent confirmant parfois des
10
retournements de tendances à la baisse ou à la hausse. Ce qui souvent donne un signal d’achat
ou de vente c’est le passage des cours au-dessus ou au-dessous d’une moyenne mobile. Comme
elles réagissent comme des supports et résistances, leur cassure donne un signal d’achat ou de
vente comme la cassure d’une figure chartiste. Les traders utiliseront des moyennes mobiles
courtes pour prendre des décisions de court terme alors que les investisseurs utiliseront les
moyennes mobiles longues pour prendre des décisions à long terme.

En rouge, le croisement à la baisse de la moyenne mobile donne un signal de vente. En vert, le


croisement haussier des moyennes mobiles donne un signal d’achat.

4-4- Les ratios boursiers

✓ Bénéfice net par action (BNPA)

Il s’agit du montant que les actionnaires obtiendraient pour chaque action si une entreprise leur
versait la totalité de ses profits. Le bénéfice par action est calculé en divisant le total des profits
de l’entreprise par le nombre d’actions.

Exemple
Si les profits d’une entreprise s’élevaient à 200 millions de F CFA et que l’entreprise avait émis
10 millions d’actions, le bénéfice par action serait de 20 F.

11
Le bénéfice par action vous indique comment l’entreprise se comporte par rapport aux autres
entreprises de la même industrie. Les entreprises dont les bénéfices progressent de façon
régulière et stable, année après année, obtiennent souvent de meilleurs résultats au fil du temps
que les entreprises qui affichent des bénéfices plus volatils. L’analyse du BNPA se fait sur 3
années pour évaluer l’amélioration éventuelle de la capacité bénéficiaire de l’entreprise.
✓ Ratio cours-bénéfice ou Price Earning Ratio (PER)
Le PER d’une action est un ratio destiné à évaluer le prix d’un titre (sa cherté) par rapport au
bénéfice qui lui est attaché. C’est le rapport entre le cours de bourse de la valeur et le bénéfice
net (après impôt) par action BNPA, c’est-à-dire : Cours / BNPA.

Exemple
Si le prix unitaire d’une action était de 50 F et si le bénéfice par action était de 5 F, le ratio
cours-bénéfice de l’entreprise serait de 10 (50 F divisés par 5 F).
Le ratio cours-bénéfice vous indique si le cours de l’action est élevé ou faible par rapport aux
bénéfices de l’entreprise. Certains investisseurs estiment qu’une entreprise affichant un ratio
cours-bénéfice élevé est surévaluée. Cependant, il est possible qu’une entreprise qui affiche un
ratio cours-bénéfice élevé aujourd’hui offre un rendement plus élevé et un ratio cours-bénéfice
encore meilleur à l’avenir. Comment le savoir ? Vous devrez probablement examiner d’autres
indicateurs avant de prendre votre décision.
Le PER d’une valeur peut être comparé au PER moyen d’une bourse, mais surtout au PER des
autres valeurs du même secteur.
S’il est supérieur à la dite moyenne, l’achat de cette valeur est risqué car, en cas de dividende
plus faible que celui qui était prévu, l’achat ressortira à un prix élevé eu égard aux profits futurs
non avérés. Un PER supérieur à cette moyenne sectorielle peut signifier que le titre est
surévalué, d’où un risque de baisse du cours.

Un PER inférieur à cette moyenne peut indiquer que le titre est sous-évalué, ce qui le rend
potentiellement intéressant à l’achat. Toutefois, cette sous-évaluation révèle parfois que les
incertitudes sur une entreprise s’accumulent, que les bénéfices se dégradent et qu’une baisse
des cours est à prévoir.
Cependant, le PER n’est valable que pour les entreprises bénéficiaires. Pour les entreprises en
perte, on utilise le multiple du chiffre d’affaires (capitalisation boursière / chiffre d’affaires).
✓ Ratio cours-bénéfice/croissance

12
Ce ratio vous aide à comprendre un peu mieux le ratio cours-bénéfice. On le calcule en divisant
le ratio cours-bénéfice par la croissance projetée des bénéfices de l’entreprise.
Exemple
Une entreprise affichant un ratio cours-bénéfice de 30 et prévoyant une augmentation de ses
bénéfices de 15 %, pour la prochaine année, aurait un ratio cours-bénéfice/croissance de 2 (30
divisé par 15). Une entreprise affichant un ratio cours-bénéfice de 30, mais prévoyant une
augmentation de ses bénéfices de 30 %, aurait un ratio cours-bénéfice/croissance de 1 (30 divisé
par 30).
Le ratio cours-bénéfice/croissance vous indique si une action pourrait être ou non un bon
investissement. Plus le ratio est faible, moins vous devez payer pour pouvoir profiter de la
croissance projetée des bénéfices de l’entreprise.
✓ Ratio cours-valeur comptable
Ce ratio compare la valeur de l’action d’une entreprise selon le marché avec la valeur indiquée
par l’entreprise dans ses livres comptables. On le calcule en divisant le prix actuel d’une action
de l’entreprise par la valeur comptable d’une action. La valeur comptable est la valeur actuelle
des capitaux propres de l’entreprise telle qu’elle est indiquée dans le rapport annuel. La plupart
du temps, plus le ratio cours-valeur comptable est faible, mieux c’est, car cela signifie que vous
devez payer moins pour une meilleure valeur comptable. Si vous cherchez une action qui est
offerte à un cours attrayant et qui présente un potentiel de croissance raisonnable, vous voudrez
peut-être faire votre choix parmi les actions qui présentent un faible ratio cours-valeur
comptable.

✓ Ratio dividendes-bénéfice
Ce ratio évalue ce que l’entreprise verse aux investisseurs sous forme de dividendes par rapport
à ce que l’action rapporte. Il correspond aux dividendes annuels par action divisés par le
bénéfice par action.

Exemple
Si une entreprise versait des dividendes de 2 F par action et si son bénéfice par action s’élevait
à 5 F, le ratio dividendes-bénéfice serait de 40 % (2 divisé par 5).
Le ratio dividendes-bénéfice peut vous indiquer dans quelle mesure les bénéfices d’une
entreprise appuient les versements de dividendes. Les entreprises arrivées à maturité affichent
habituellement un ratio dividendes-bénéfice plus élevé. Ces entreprises estiment que le fait de
verser davantage de dividendes représente la meilleure façon d’utiliser les profits, tant pour

13
l’entreprise que pour les actionnaires. Comme les entreprises en pleine croissance ne réalisent
peut-être pas un bénéfice suffisant pour pouvoir verser des dividendes, leur ratio dividendes-
bénéfice est en général faible ou même nul.
✓ Rendement boursier
Le rendement boursier évalue le rendement sous forme de dividendes, exprimé en pourcentage
du cours des actions de l’entreprise. Il correspond aux dividendes annuels par action divisés par
le cours des actions.
Exemple
Si deux actions rapportaient chacune des dividendes annuels de 1 F par unité, et que l’action de
l’entreprise A se négociait à 40 F, mais que celle de l’entreprise B se négociait à 20 F, le
rendement boursier de l’entreprise A serait de 2,5 % (1 divisé par 40), tandis que celui de
l’entreprise B serait de 5 % (1 divisé par 20).
Le rendement boursier vous indique combien de liquidités vous rapporte votre investissement,
toutes choses étant égales par ailleurs.

ATTENTION
Les indicateurs peuvent vous aider à déterminer la valeur d’une action et son potentiel de
croissance. Cependant, il existe plusieurs autres facteurs influençant le cours d’une action qui
ne peuvent pas être mesurés facilement.

- L’actualité de l’entreprise, des matières premières


- L’actualité des concurrents
- Une nouvelle législation

5- Gérer un portefeuille
Un investissement en bourse a lieu d’être pour faire fructifier un capital en constituant un
portefeuille de valeurs mobilières, en tenant compte du profil et des contraintes de
l’investisseur, induisant un profil de gestion.

5-1- Choisir son profil d’investisseur


5-1-1- Les objectifs de placement
Selon les attentes des investisseurs, la constitution d’un portefeuille sera différente. On recense
trois objectifs principaux de placement.

14
✓ L’objectif de sécurité / Profil prudent
L’investisseur recherche un maintien de son pouvoir d’achat, quelles que soient les fluctuations
des cours des valeurs. L’objectif de sécurité requiert une évolution régulière, même si la
rentabilité est faible, car l’essentiel est d’éviter une perte en capital. L’investisseur cherche à
minimiser les risques.
Le profil prudent consiste à associer la sécurité du capital investi à une valorisation régulière
(quotidienne en général). Le portefeuille type requiert un montant maximal de 30 % investi en
actions, le reste se partageant en des produits obligataires et monétaires.
✓ L’objectif de rendement / Profil équilibré
L’investisseur recherche des revenus réguliers obtenus par le versement des dividendes et des
intérêts sur les valeurs qu’il détient en portefeuille, ou sur les plus-values potentielles à obtenir
lors de la revente des valeurs. Au final, l’évolution du portefeuille peut être irrégulière à
condition que le rendement soit assuré et le risque en capital doit rester faible.
Le profil équilibré consiste en une recherche d’un équilibre entre sécurité du capital et
performance globale. Le portefeuille type requiert un montant maximal de 50 % investi en
actions, le reste se partageant en des produits obligataires et monétaires pour assurer une
sécurité minimale.
✓ L’objectif de croissance / Profil dynamique
L’investisseur cherche à augmenter en permanence la valeur de son portefeuille. Il recherche
notamment les plus-values pour des gains en capital. La performance du portefeuille est élevée
mais le risque de perte en capital est fort. Enfin, cet objectif de croissance se base
essentiellement sur une forte volatilité des cours.
Le profil dynamique est axé sur la recherche de performance maximale. Le portefeuille peut
alors être intégralement investi en actions. Cependant, l’investisseur doit être à même
d’accepter des fluctuations considérables pour maximiser la rentabilité de son portefeuille.

5-2- Les mandats de gestion


Tout investisseur sur les marchés financiers doit être en relation avec un intermédiaire financier,
soit un établissement de crédit ou un prestataire de services d’investissement agréé par
l’Autorité de contrôle prudentiel soit une société de gestion de portefeuille agréée par l’AMF
(Autorité des Marchés Financiers).
Une fois l’intermédiaire choisi, l’investisseur opte pour un mandat de gestion qui dépend de sa
connaissance des marchés. On recense deux principaux types de mandats de gestion et deux
types de gestion spécifique (club d’investissement et gestion collective).

15
■ Le mandat de transmission
Dans le cadre de ce mandat, l’intermédiaire ne traite que la transmission et la réception des
ordres. L’investisseur est seul décisionnaire en matière de gestion de portefeuille : les décisions
d’acheter ou vendre les titres, voire de réinvestir les coupons, lui appartiennent complètement.
Aussi doit-il maîtriser le fonctionnement des marchés, connaître les émetteurs des produits
financiers et s’informer en permanence pour être réactif face aux évolutions des marchés.
■ Le mandat de gestion déléguée
L’investisseur donne l’orientation générale de la gestion mais délègue entièrement cette gestion
à un mandataire spécialisé. Ladite gestion nécessite un contrat établi par écrit. Le contrat (ou
convention) stipule l’objectif de gestion, les produits financiers autorisés et les comptes rendus
effectués par l’intermédiaire à destination du client.
■ La gestion via un club d’investissement
Un club d’investissement est un groupe de personnes réunies dans une structure permettant
d’investir sur les marchés de capitaux. Les membres du club sont au minimum 5 et au maximum
20. Le club est présidé par un représentant de l’intermédiaire financier habilité à transmettre les
ordres de vente et d’achat. Au côté du président, le club nomme un trésorier chargé de suivre
les comptes tous les mois et un secrétaire qui gère les réunions (environ 10 par an). La durée
d’un club est de 10 ans maximum. Enfin le club bénéficie de la transparence fiscale. Ses
membres sont imposés individuellement en matière d’impôt sur le revenu, comme s’ils
détenaient directement les titres.

■ La gestion collective
L’investisseur apporte un montant donné en acquérant une part de fonds commun de placement
ou une action de Sicav. Lorsque l’investisseur a choisi son mandat, il doit sélectionner ses
produits financiers afin de composer un portefeuille.

16

Vous aimerez peut-être aussi