Thème 1
Société et environnements : des équilibres fragiles
Chapitre 1 : Faire face aux risques
Introduction
Plus d'un milliard de personnes vivent sous la menace d'un grand séisme et
au moins 500 millions demeurent à proximité d'un volcan. Il existe d'autres
risques naturels comme les inondations et les cyclones. Les activités
humaines comportent de plus en plus de risques technologiques.
Comment les risques montrent-ils la fragilité des relations entre les hommes
et leur milieu?
L’étude portera dans un premier temps sur les sociétés menacées par une
aggravation des risques avant de terminer par une adaptation durable face à
ces risques.
I- Des risques majeurs menacent les populations p.32
A- Des sociétés exposées à des risques croissants
Les aléas sont des événements imprévisibles, d'origine naturelle ou
humaine, qui peuvent provoquer un danger. Lorsque ces aléas menacent
des sociétés ils deviennent des risques.
Un risque naturel est un danger d'origine naturelle qui menace une
société. On mesure le risque selon l'importance des dégâts qui pourraient
être occasionnés en cas de catastrophe. Si les enjeux sont importants, on
parle de risque majeur.
Il existe trois grandes catégories de risques qui concernent différentes
régions de la planète.
a- Des risques naturels et des lieux exposés
Elles peuvent engendrer des tempêtes, des cyclones, des orages ou
des inondations. Les régions du monde les plus touchées par les cyclones
sont les zones tropicales : le littoral Pacifique de l'Asie, l'océan Indien, le
Golfe du Mexique et le littoral Pacifique de l'Amérique centrale. Les grands
fleuves peuvent être à l'origine d'inondations sur tous les continents. Les
anticyclones déclenchent des vagues de froid et
des sécheresses particulièrement graves dans les régions qui souffrent déjà
de stress hydrique. Les risques géologiques tels que les mouvements des
plaques lithosphériques causent des séismes, des raz de marée
(tsunamis), des éruptions volcaniques. Ces risques sont particulièrement
importants sur la « ceinture de feu du Pacifique » où se trouvent les volcans
les plus actifs de la planète (80 % des tremblements de terre).
b- Des risques techniques : d’origine anthropique donc humaine.
La forte croissance soutenue par le développement industriel accroît les
risques technologiques : effondrements d’usines dans les pays du Tiers-
Monde (Comme au Bengladesh), explosions nucléaires (Tchernobyl en URSS,
1986, Fukushima au Japon, 2011), rejets pétroliers (Marées noires,
dégazages des navires de forts tonnages, oléoduc en Californie (environ 80
000 litres de pétrole se sont échappés dans l'océan Pacifique le long de la
côte, en Californie…., Plates-formes pétrolières, BP société pétrolière,
considérée comme l'une des plus importantes catastrophes écologiques liées
à l'exploitation du pétrole de l'histoire) entraînent des pollutions durables.
c- Les risques biologiques et sanitaires
Ce sont des risques importants et qui concernent beaucoup de régions
du monde. La prolifération d'insectes provoque des destructions de
récoltes (en Afrique notamment), celle des bactéries et des virus, des
épidémies ex : Ebola en Afrique
B- Des risques naturels pouvant être aggravés par les hommes
Les risques sont plus importants si les densités sont élevées. Une
forte pression démographique et l anthropisation aggravent donc les
risques.
La déforestation et l’exploitation des mines en Afrique centrale qui détruisent
les habitats naturels des porteurs de filovirus (Ébola, fièvre de Marbourg…),
comme la roussette d’Égypte, a accru les risques de transmission des
animaux à l’homme. Les progrès des mobilités expliquent les voyages de
plus en plus lointains des virus (Ébola), de plus en plus rapides (Peste
porcine, grippe H5N1).
Des sociétés peu concernées par des risques comme les inondations se
retrouvent, du fait de l’artificialisation des terres (Extension des zones
urbaines, des routes et des infrastructures, des centres commerciaux et
industriels), frappées de plus en plus souvent (Dallas, Texas aux États-Unis
en 2017). La disparition des zones humides (Mangroves, marais…) entraîne
une diminution de la biodiversité exceptionnelle. De ce fait les inondations
sont de plus en plus dramatiques, y compris dans les zones sahéliennes
(Niger, 2012, 2019).
Le dérèglement climatique accélère les épisodes climatiques violents : de un
par siècle en 1990, les cyclones de catégorie 4 sont maintenant probables
tous les 5 ans.
C- Les sociétés sont inégalement vulnérables face à ces risques
L’inégale vulnérabilité des sociétés est d’abord le produit des inégalités
de développement. Ces 10 dernières années, selon l’Office des Nations
Unies pour la Réduction des Risques (UNDRR), 4 catastrophes ont fait 22
000 morts en Haïti (Sur 10 millions d’habitants) tandis qu’au Japon 6 en
faisaient 2 000 (Sur 120 millions d’habitants).
- Dans les pays pauvres, la faible capacité des États, le mépris pour les
pauvres et les ruraux, la corruption et la trahison des élites favorisent
les comportements délictueux : en Côte d’Ivoire le rejet des déchets
toxiques (528 m3 de déchets mortels) du navire Probo Koala (2006)
dans la lagune d’Abidjan a fait des dizaines de milliers de victimes dont
17 morts. Seules les complicités avec les élites nigérianes (Sociétés de
traitement des déchets) et ivoiriennes (Capitainerie, gouvernement)
ont permis à des déchets pétroliers , transportés sur un navire grec
pour le compte d’une société néerlandaise d’être ainsi déversés dans
une zone densément peuplée.
- Les habitants des pays développés ne sont pas à l’abri des risques :
incendies mortels en Californie (2018, 90 morts), tempête Xynthia en
France (2010, 60 morts et plus d’1,5 milliard d’€ de dégâts). Les
opérations d’évacuation au Japon et aux États-Unis montrent que les
pauvres (Cyclone Katrina, Nouvelle-Orléans, 2005, 2 000 morts) et les
personnes âgées (70% des victimes d’inondations au Japon) sont les
plus touchés.
II- Les sociétés mettent en place des politiques de prévention
et de gestion des risques p.34
A- La prévention des risques est inégale
Face au risque, les sociétés ont développé différents types de réponses :
des infrastructures et des aménagements de protection (digues,
techniques de construction parasismiques, paravalanches, reboisements…),
des instruments de mesure permettant de surveiller les aléas (ondes
sismiques, vents…), des dispositifs juridiques permettant de réduire
l’exposition aux risques en contrôlant l’occupation des sols, des campagnes
d’information et des plan de gestion de crise (plan ORSEC en France).
a- Des pays pauvres plus vulnérables face aux risques
Les pays en développement n'ont pas toujours les moyens d'assurer
une prévention et une gestion des risques correctes (le tremblement de
terre à Haïti en est un bon exemple). Les infrastructures, les bâtiments, les
réseaux ne sont en général pas conformes aux normes de sécurité et la
population est peu sensibilisée aux risques.
Les catastrophes sont donc plus meurtrières que dans les pays développés
et peuvent aggraver la pauvreté en détruisant les activités économiques
et les infrastructures. Les sociétés sont alors plus vulnérables.
Cependant, certains États prennent conscience de la nécessité d'investir
dans une prévention plus efficace pour parvenir à diminuer le nombre de
victimes. C'est le cas du Mexique (pays émergent) qui a pris des
mesures parasismiques importantes. Ils sont aussi aidés par l'intervention
de grandes ONG internationales.
b- Des pays riches protégés ?
Les PID ont une politique de prévention et de gestion plus avancée. Ils
investissent souvent beaucoup d'argent pour limiter les destructions et
donc le nombre de victimes. Ils disposent aussi de législations et de sociétés
d'assurances qui peuvent aider les victimes.
Pour la prévention, des normes antisismiques sont élaborées, de fortes
digues sont construites contre les inondations, des plans d'évacuation de la
population existent, etc., pour la prévision, surveillance satellite, institut
météorologique, etc.
Pour se prémunir efficacement contre les risques, les sociétés doivent s'en
donner les moyens, mais le risque zéro n'existe pas.
B- Vers une transition environnementale ?
A l’échelle mondiale, une gestion commune tente d’atténuer les risques
du changement climatique : L’accord de Paris de 2015 pour limiter les GES
accompagne de L’ONU pour améliorer les réactions catastrophes (cadre de
Sendai 2015-2025). Donald Trump engage le retrait officiel des Etats-Unis de
l’accord de Paris sur le climat (4novembre 2019)
A l’échelle locale, les politiques d’adaptation sont adoptées pour prévoir
les transformations de l’environnement.
A toutes les échelles, se pose la question de la justice environnementale.
D’ici 2050,le nombre de refugies climatique sera de 143 000.900 actions en
justices liées au climat sont en cours : Mardi 9 octobre, la cour d’appel de La
Haye a confirmé un jugement rendu en première instance, le 24 juin 2015,
ordonnant au gouvernement néerlandais de réduire les émissions de gaz à
effet de serre (GES) du pays plus rapidement que prévu. Les Pays-Bas sont
désormais dans l’obligation légale de prendre des mesures pour protéger
leurs citoyens contre les conséquences du changement climatique.
Conclusion
Si les risques naturels restent meurtriers et échappent en grande partie au
contrôle des hommes, ces derniers ont créé de nouveaux risques : industriels
et technologiques dans lesquels leur responsabilité est directement engagée.
Face à ces risques, les réponses des sociétés, en terme de prévention, de
mesures de protection, varient selon leurs choix politiques et surtout selon
leur niveau de développement, mais prévenir les catastrophes doit demeurer
un objectif commun.