Module: INFORMATION EDUCATION COMMUNICATION
IEC
Mr Abdoul Rachid Balla Nomao Moussa, Master II en Santé
Publique Option Santé Communautaire, Consultant Indépendant
OBJECTIFS DU COURS
SOMMAIRE :
1. Définition des concepts de base en IEC ;
2. principes de la communication ;
3. Obstacles de la communication
4. Méthodes, techniques et moyens en IEC ;
5. Elaboration un programme d’éducation ;
6. Appliquer les techniques d’éducation ;
I. DEFITION DES CONCEPTS
1. Information:
C’est le processus qui consiste à porter à l’intention d’un individu
ou d’un groupe d’individus des connaissances, des faits, des idées
ou des problèmes nouveaux qu’il ignorait ou dont il n’avait pas
connaissance.
2. Éducation
Elle consiste à Faire acquérir à un individu ou un groupe de
manière systématisée des connaissances, des attitudes ou des
pratiques bénéfiques.
3. Communication:
Elle Consiste à motiver, convaincre un individu ou un groupe à agir en
prenant compte des besoins, des préoccupations, sa perception, sa
culture, ses réactions et son exp érience.
4. IEC (Information, Education, Communication) :
C’est un processus utilisant un ensemble de techniques ou méthodes
de transmissions de messages dans le but d’obtenir un changement de
comportement Souhaité.
Peut aussi être défini comme l'ensemble des interventions qui utilisent
de manière planifiée et intégrée les démarches, techniques et ressources
de l'information, de l'éducation et de la communication pour faciliter, au
niveau d'un individu, d'un groupe d'individus ou d'une communauté
donnée, l'adoption, le changement ou la consolidation des comportements
favorables au bien-être individuel et/ou collectif.
5. CCC
Le courant de la CCC (Communication pour le changement de
comportement) présente la communication comme un «processus
interactif et participatif, à double voie, permettant d'échanger des
informations, des idées, des connaissances, des opinions et de prendre
des décisions, en vue de favoriser, dans une communauté donnée ou chez
certains individus, de changements durables de comportement ou
l'adoption des comportements nouveaux concourant à l'amélioration des
conditions de vie de cette communauté ou de ces individus ».
6. EPS
L’Education Pour la santé est définie par L’Organisation Mondiale de
la Santé ( OMS) comme étant « l’échange entre l’agent de santé et la
population, sur les problèmes de santé afin d’en identifier conjointement
des solutions pratiques et réalisables, tout en tenant compte des
habitudes et des valeurs de la communauté »
« L’éducation pour la santé est le préalable nécessaire à toute activité de
promotion et de protection de la santé ; elle s’adresse aux individus, aux
familles et aux collectivités.
Elle est plus qu’une discipline particulière, une attitude d’esprit, une
orientation de pensées et d’actions qui fait appel aux données des
sciences médicales psychologiques et sociales. »
Elle a pour but d’aider les hommes à acquérir le meilleur état de
santé qu’ils sont susceptibles d’atteindre compte tenu de leur héritage
génétique et de l’environnement dans lequel ils vivent. Elle doit
développer le sens de la responsabilité individuelle et collective car les
maladies et les accidents sont souvent causés par ignorance ou par
négligence (Berthe 1983).
7. MOBILISATION SOCIALE
C’est le processus de ralliement à l’action d’un grand nombre de gens
pour réaliser un but social commun à travers des efforts et des
contributions de tous, au moindre coût pour un programme de
développement.
II – PR IN CES DE LA COMMUNICATION
1. Les Principes de base de la communication
2. Il existe trois principes de base à se rappeler quand on veut
communiquer :
La communication est aussi non verbale
Ex : Le ton de la voix, l’expression du visage, l’habillement, la
démarche corporelle…
Le communicateur doit rechercher le dialogue et l’adhésion
du groupe cible au message
Quand le groupe cible ne participe pas pendant le processus de la
communication, Il est difficile d’obtenir un changement de
comportement.
Le message doit répondre aux besoins du groupe cible
Le message doit s’adapter au groupe cible
2. Principes d’une communication efficace
Lorsqu’ on veut mener une méthode d’éducation il convient de savoir
quand trouver les gens, où trouver les gens et comment faire participer les
gens.
Choisir le bon moment : il faut discuter avec le groupe cible et se
mettre d’accord sur un moment qui convient à tous.
Choisir un lieu propice : décider avec le groupe cible du lieu qui
sera plus pratique pour tous
Faire participer les gens : il est très important de favoriser la
participation à travers les méthodes actives.
Essai préalable ou pré-test : Avant d’appliquer une méthode de
communication ou l’utiliser des matériels éducatifs, il faut bien
s’assurer qu’ils sont adapter au groupe cible et à la situation, faute
de quoi il ne produira pas l’effet désiré.
III. Le processus de communication
La communication est un processus dynamique, qu’on peut diviser
en six (6) étapes :
Schéma de la communication
6. Feed-back
Emetteur
4. Récepteur
1. idée du message
2. encodage
5 décodages
3. transmission du message
Canal
1. L’idée : dans l’esprit de l’émetteur naît une idée qu’il veut
transmettre à un récepteur.
2. L’encodage : l’émetteur choisit et combine les mots mais aussi
gestes, expressions, images, symboles, qu’il juge efficaces pour faire
passer le message au récepteur.
3. La transmission du message : l’auditeur prononce les mots (utilise
les gestes, images, etc.) qu’il a encodés. Ici l’ambiance est
importante : elle peut être perturbée par divers dérangements,
appelés globalement « bruit ».
4. La réception du message par le récepteur : si la transmission n’a pas
été trop perturbée (« bruit »), les oreilles de l’auditeur capteront le
message encodé complet (associé avec la réception visuelle des
images, gestes expressions du locuteur).
5. Le décodage dans le cerveau du récepteur : celui-ci doit reconvertir
le message codé (mots, gestes etc.) qu’il a reçu pour découvrir
l’idée de départ de l’émetteur.
6. Le feedback ou rétro information (« information de retour ») : toute
réaction extériorisée du récepteur (actions, paroles, gestes,
expressions) donne une information à l’émetteur concernant la
réception de son message. Le feedback du récepteur permet à
l’émetteur d’ajuster sa communication en fonction de son public :
par exemple, parler plus ou moins fort ou vite, utiliser un
vocabulaire plus ou moins simple, éclaircir des points qui semblent
créer une confusion.
IV. OBSTACLES DE LA COMMUNICATION
Au niveau de la communication, existe un phénomène d’interprétation
par lequel nous reconstruisons les sens du message de notre interlocuteur.
Cette reconstruction se fait par un découpage de propre à nous. Ainsi, le
message reçu est toujours différent du message émis car l’activité
d’écouter est souvent partielle et sélective. D’où une distorsion du
message par addition ou altération, par une mauvaise compréhension, des
malentendus.
Beaucoup de choses peuvent aller à l’encontre de la communication entre
les personnes. Apprendre à dire ce que nous voulons dire d’une manière
que tous comprendrons et accepterons est une tâche difficile, même si tout
le monde parle le même langage. Nos paroles peuvent inciter les gens à être
avec nous, elles peuvent les ennuyer ou encore les inciter à travailler
contre nous.
Parmi les choses qui peuvent empêcher la communication, il y a :
1. EN GENERAL
LES MOTS
Les mots ont un sens différent pour des personnes différentes.
Il y a des mots qui provoquent chez certains la colère ou le gène
Il y a des personnes pour qui certains mots sont nouveaux et elles
ne les comprennent pas.
LES EMOTIONS
Il y a des situations qui peuvent bloquer la communication :
Lorsque nous sommes irrités, soucieux ou effrayés nous pouvons
employer des mots que nous n’aurions pas employés si nous étions
calme
Si la personne à laquelle nous nous adressons est fâchée ou
préoccupée elle peut ne pas entendre ce qu’on lui dit
Si elle se méfie de nous ou ne nous aime pas, elle entend les mots
d’une autre façon que si elle a confiance en nous et nous aime.
LE CHOIX DU MOMENT
Quand on veut discuter avec quelqu’un, il faut choisir le moment pour le
faire.
SOUS OU SUR INFORMATION
Si nous n’en disons pas assez les gens ne nous comprendront pas, si nous
parlons trop, ils perdront tout intérêt.
LE TON
Le ton avec lequel nous prononçons les mots peut en changer le sens.
LE MOT ECRIT
Faire attention à ce que nous écrivons et à la façon dont nous l’écrivons
car nous ne serons pas toujours présent au moment de la lecture.
LE MOT NON PRONONCE
« Les actes sont plus éloquents que les paroles ». Ce que nous disons n’est
qu’une partie de la communication.
Ce que nous faisons au moment où nous parlons, Ce que nous faisons
dans notre vie de tous les jours parlent plus fort que notre voix.
2. LES OBSTACLES A CHAQUE NIVEAU DE LA COMMUNICATION
A chacun des niveaux de la communication il peut y avoir des obstacles.
Niveau à l’émetteur
Manque de compétence pour communiquer
Méconnaissance du sujet et du groupe cible
Mauvaise attitude de l’émetteur envers le récepteur
Non adaptation du niveau de l’émetteur à celui du récepteur
Méconnaissance du public,
Timidité,
Mauvaise diction, (voix inaudible ou incomprise)
Non disponibilité,
Impatience.
comportement non verbal de l’émetteur donne un message
contraire à ses paroles.
Obstacles liés au récepteur
• Refus de message / Sujet sans rapport avec les préoccupations du
récepteur
• Mauvaise perception du message,
• Méfiance,
• Absence de feed-back,
• Non disponibilité : préoccupation,
• Impatience, distraction,
• Préjugés
• langue non appropriée
•le récepteur ne sait pas manipuler le canal (un illettré ne sait pas lire un
article de journal)
Obstacles liés au canal
• Canal indirect,
• Canal inadapté
• Interférences (coupures d’électricité, équipement en panne)
Obstacles liés au message
• Confus et imprécis,
• Compliqué,
• Inapproprié,
• Mal formulé,
• Trop long ou trop court,
• Message tabou ou délicat.
Le vocabulaire utilisé est trop technique ou pas assez de détail
Niveau feedback ou rétroaction
Le canal choisi par l’émetteur ne permet pas le feedback
L’émetteur n’a pas prévu comment évaluer son message
Le récepteur ne sait pas comment manipuler le canal pour donner
du feedback.
V. METHODES, TECHNIQUES ET MOYENS EN IEC :
1- Méthodes et techniques
Pour la transmission de l’information (des messages), un certain
nombre de techniques sont généralement utilisées selon que l’on choisit
une méthode traditionnelle ou moderne.
Certaines techniques sont plus efficaces que d’autres, mais la chose la
plus importante c’est la capacité de la personne même qui les utilises, car
plus la technique utilisée est adéquate et bien maîtrisée, plus l’information
est bien transmise.
Voici quelques techniques généralement utilisées pour communiquer des
messages / informations à d’autres personnes :
Causerie
Chant
Conférence débats
Contes
Counseling
Démonstration
Discussion de groupe
Jeu de rôle
Théâtre et sketch
Projection de film
Réunion
Visite à domicile (VAD)
Etc.
2- LES SUPPORTS DE COMMUNICATION
Le support de communication est l'instrument sur lequel on choisit de
fixer le message pour le transmettre à la population.
Les supports de communication diffèrent selon les types de
communication (de masse ou interpersonnelle)
3 Les supports utilisés dans la communication de masse :
La bande sonore " la pellicule
La cassette vidéo
La cassette audio
L’affiche
La brochure, le magazine
Les calendriers
Les timbres
Les expositions
Les banderoles
Les gadgets (sacs "allumettes ~ casquettes -Tee shirts)
4 Les supports utilisés dans la communication
interpersonnelle
On les appelle aussi médias « de proximité »
La cassette audio
La cassette vidéo
Le tableau
Les jeux
Le diagramme
Le sketch
La pièce de théâtre
Les contes et proverbe
Chap5 : ELABORATION DE PROGRAMME D’EDUCATION
1. DEFINITION
Un programme d’IEC est un ensemble un ensemble de stratégies
élaborées pour résoudre un problème de communication.
Il Vient en appui aux programmes de développement, en particulier les
programmes de santé, protection, éducation, eau et assainissement.
2. POURQUOI LES INTERVENTIONS DE CCC ÉCHOUENT?
Les interventions en communication pour un changement de
comportement échouent parce que :
• les intervenants manquent de connaissances sur le public ; cible
• Des promesses irréalistes sont tenues au public ;
• Les objectifs fixés ne sont pas précis et réalisables ;
• il existe des lacunes dans la mise en œuvre
3. Processus de planification
1. Etape1 : analyse de la situation
2. etape2 : conception stratégique
3. etape 3 : élaboration et test
4. Etape 4 : mise en œuvre et suivi
5. etape5 : évaluation et reprogrammation
3.1 ANALYSE DE LA SITUATION
La première étape de toute action consiste à analyser la situation de
départ à partir d’informations précises permettant d’avoir une
compréhension profonde du problème en question. Comprendre le
problème c’est :
• Connaître la cible (la segmentation) ;
• Faire la revue des différents programmes existants ;
• Identifier les organisations leaders ;
• Evaluer les capacités de communication de la communauté ;
connaitre les Comportements à risques ou mis en causes ;
Savoir Canaux habituels de communication au sein de la
communauté ;
connaitre les facteurs environnementaux qui sont liés au problème ;
faire diagnostic administratif et politique ;
savoir les Comportements sociaux vis-à-vis de ces canaux
3.1.1 Conception stratégique
Il consiste à prendre des décisions stratégiques à propos des objectifs
d’un programme, du positionnement du programme de communication, du
type de média et d’activités qui vont être choisis, du plan de mise en
œuvre et de l’évaluation.
Elle est centrée sur le changement de comportement ou l’activité
comportementale en question l’analyse de la situation ayant permis de :
• Décrire dans les détails le ou les problèmes ;
• Déterminer la gravité et les causes du problème;
• Comprendre les besoins et priorités du public cible pour ce qui est
du problème posé;
• Identifier les facteurs pouvant potentiellement inhiber ou favoriser
les changements souhaités;
• Poser le problème en termes de Comportement et aptitude.
Au niveau de la conception stratégique, chaque programme ou projet
de communication repose sur un plan stratégique dont les principales
étapes sont :
• Fixer des objectifs de communication;
• Formuler les stratégies de communication du programme;
• Choisir les canaux;
• Formuler un plan de mise en œuvre;
• Formuler un plan de suivi et d’évaluation.
3.2 Fixer des objectifs de communication:
Pour assurer une efficacité de l’action à entreprendre, les objectifs de
communication doivent être Spécifiques, Mesurables, Appropriés,
Réalistes et limités dans le Temps (SMART);
a) Les objectifs de communication:
Ils Indiquent l’impact escompté des activités de communication sur le
problème de développement, mettent l’accent sur les aspects du
problème susceptibles de changer grâce à la communication et établissent
un lien entre les objectifs du programme de communication et ceux du
programme de développement plus large.
Exemple d’objectif de communication :
D’ici 2015, 80% des jeunes de 15 à 24 ans du village de Bandjo
utiliseront le préservatif lors des rapports sexuels occasionnels.
La cible : jeune de 15 à 24 ans.
Le lieu ou le segment : village de Bandjo.
L’action : utiliser un préservatif lors des rapports sexuels
occasionnels.
Niveau de changement : 80 %.
Période : D’ici 2015.
3.3 Formuler la stratégie de communication
Une stratégie de communication est l’ensemble des décisions majeures
et indépendantes sur les objectifs à atteindre, les activités, et les moyens
à mettre en œuvre pour les réaliser .Alors que les objectifs précisent les
résultats à atteindre auprès de la cible, la stratégies identifie la trajectoire
en apportant des réponses à la question « comment pense - t - on y
arriver ?»
La stratégie organisera donc l’intervention de la communication. il peut
s’agir
d’une communication interpersonnelle,
un plaidoyer,
d’une communication de masses ou formation.
a) Déterminer les activités des communication
Les activités de communication constituent l’ensemble des efforts
à accomplir pour atteindre les objectifs. On utilise une série
d’activités regroupées suivant la nature de l’action à entreprendre
telles que :
Activités médiatiques
• Organiser une campagne médiatique ;
• Produire de supports de communication ;
• Diffuser les supports de communication ;
Activités de proximité
Organiser des séances de causeries de groupes ;
Faire des visites à domicile ;
Conduire des séances de counseling
Etc.
Activités de formation
Organiser des sessions de formation des agents de santé sur les
techniques de formation
3.4. LE CHOIX DES CANAUX DE COMMUNICATION
Nous pouvons utiliser plusieurs canaux pour transmettre les messages.
1 CANAL INSTITUTIONEL
Il est Bien structuré, ce canal est utilisé dans l’administration pour faire
parvenir le message du niveau central vers le niveau exécutif et vis versa :
Structures du gouvernement;
Partis politiques;
Système scolaire;
Projets de développement.
ONG;
2 Le canal médiatique
Il comprend :
– Les médias imprimés (panneau, pagi volte, dépliant,
banderole, affiche…)
– Les mas médias (radio, télévision)
– Les médias électroniques (vidéo, cinéma, téléphone, Internet…
3 Le canal socio culturel
Il comprend : le crieur publique, les chants, la danse, le théâtre populaire,
les soirées culturels, les prêches…
3.5. EVALUATION ET REPROGRAMMATION
Elle consiste à Mesurer le degré d’atteinte des objectifs de l’intervention.
Elle peut expliquer pourquoi une intervention est efficace (ou non), y
compris les effets de diverses activités sur les différents publics-cibles.
Une bonne évaluation d’une intervention doit aboutir à une amélioration
du programme avec révision conceptuelle si nécessaire.
L’évaluation sera en général faite par un niveau supérieur. Mais l’agent
communautaire peut lui aussi à son niveau vérifier si au moins il a atteint
les objectifs de son intervention.
Chap 6 : Application des techniques d’éducation
I Techniques d’animation
1. JEU DE ROLE :
DEFINITION
C’est une brève présentation au cours de laquelle les acteurs
incarnent des personnages pour faire passer un message à un groupe
cible sous forme de plaisanterie.
UTILITE
La représentation d’une situation permet aux gens de mieux
comprendre les causes de leurs problèmes et les effets de leur
comportement.
Il aide les gens à réexaminer leurs attitudes et leurs valeurs. On
apprend sur son propre comportement à l’occasion d’un jeu de rôle
et l’on peut y découvrir comment les attitudes et les valeurs favorisent la
coopération et la solution des problèmes ou au contraire créent les
difficultés.
Objectifs des jeux de rôle
• faire prendre conscience d’un problème donne ;
• Amener à changer de comportement ;
• entrainer à adopter un comportement
MODALITES :
Pour organiser un jeu de rôle il faut :
Un animateur ;
Un message/une situation ;
Un groupe cible et ;
Des acteurs.
INDICATIONS :
La technique de jeu de rôle peut être utilisée chaque fois qu’on veut
faire passer un message ou sensibiliser un groupe ou quand on a à faire
passer des informations qui sont tabous.
ORGANISATION :
Chercher des personnes bien éveillées susceptibles de pouvoir
jouer le rôle des personnages en fonction des messages à
transmettre ;
Formuler le message à transmettre en fonction du problème et
du groupe cible ;
Créer la situation qui servira de cadre au message ;
Organiser la mise en scène en distribuant les rôles par acteur ;
Distribuer les cartes rôles ;
Choisir le lieu et l’heure de la présentation ;
Informer le public concerné ;
Organiser l’accueil des invités (sièges) ;
Accueillir les invités (salutations, bienvenues, présentation
mutuelle).
DEROULEMENT :
L’animateur commencera d’abord par informer les participants sur les
objectifs de la séance
Ensuite faire le jeu de rôle ;
Après le jeu l’animateur doit poser des questions (cf.
Questions à poser après le jeu de rôle) ;
Enfin terminer par une conclusion sur ce qu’il faut retenir du
jeu de rôle, fixer éventuellement le prochain rendez vous et
remercier les participants.
LE ROLE DE L’ANIMATEUR APRES UNE SEANCE DE JEU DE
ROLE :
Après une séance de jeu de rôle, l’animateur doit :
Demander à l’assistance ce qu’elle a vu ;
Donner la parole aux participants pour leur faire dire :
- Ce qu’ils ont vu
- Ce qu’ils ressentent
- Ce qu’ils pensent.
Encourager chaque participant à écouter l’autre dans :
- ce qu’il a vu
- ce qu’il ressent ou pense
Permettre à chacun de réaliser :
- qu’il peut s’exprimer
- qu’il ressent plus ou moins la même chose que les autres
face à la même situation
Aider à l’expression des avis et à la discussion
Faciliter l’expression des solutions par chacun et la réflexion
commune sur les solutions retenues
Aider les participants à décider des actions ultérieures à
mener :
- qui va expérimenter ?
- où va- t-on réaliser les prochaines actions ?
- comment entreprendre l’action ?
- quand commencer ?
NB : Le jeux de rôle a généralement lieu en petit groupe et doit durer une
vingtaine de minutes suivis de 20 à 30 mn de discussions.
2. Démonstration
La démonstration est un moyen agréable de partager des connaissances
et des aptitudes avec d’autres personnes.
Elle peut être utilisée pour un enseignement de petits groupes.
Marche à suivre pour organiser une démonstration
Le sujet
Découvrez quelles sont les techniques que la personne ou le groupe a
besoin d’apprendre. Les aptitudes devraient être adaptées aux facultés de
la personne et aux ressources disponibles.
Par exemple, vous pouvez très exactement enseigner à une mère
comment utiliser une Moustiquaire imprégnée (MI).
Le matériel nécessaire
Le matériel doit être facile à obtenir et aussi près possible de la réalité.
Lorsque vous démontrez comment utiliser une MI, servez vous du matériel
selon le type d’habitat et la saison.
Pour la démonstration de nutrition, ne vous servez pas d’aliments et
ingrédients qui sont rares ou chers.
Planification
Assurez vous que tout le matériel a été rassemblé. Choisissez une heure
et un lieu pratique pour tout le monde. Organisez ensuite votre
démonstration à partir des cinq étapes suivantes:
Sonder
Expliquer
Montrer
Répéter
Mettre en pratique
NB : Il faut souvent plus d’une séance pour que les gens
acquièrent un savoir faire.
3.2. LE COUNSELING OU ENTRETIEN INDIVIDUEL:
DEFINITION
- C’est un processus par lequel une personne est aidée à exprimer ses
problèmes, à identifier des solutions possibles ainsi que les
conséquences de sa décision. « Counseling » pourrait se traduire en
français par « donner des conseils », (l’infirmière conseille ; la
personne prend une décision).
- Le Counseling appelé en d’autres termes conseil ou consultation est
un processus de dialogue entre un conseiller et un malade, un face à
face par lequel une personne peut adhérer volontairement à une
thèse, accepter son état socio sanitaire sans déprime, faire un choix
et prendre une décision pour lui et pour sa « famille » en vue d’un
bien être futur.
POURQUOI LE COUNSELING ?
Donner des conseils joue un rôle-clé dans la prestation des services.
La manière dont le personnel sanitaire utilise la technique du Counseling a
une très grande importance sur le dépistage et le respect du traitement.
Les points suivants sont nécessaires pour mener à bien les techniques du
Counseling :
Informer
S’assurer que le patient a bien compris tous les faits avantages et
inconvénients liés au suivi ou pas du traitement avant de prendre une
décision.
Ecouter
Quelqu’un qui écoute entend bien ce que le patient essaie vraiment de
dire.
Guider
Aider le patient à exprimer ses problèmes, poser des questions, afin qu’il
puisse choisir la meilleure solution pour son traitement.
PRINCIPES :
- laisser au patient le droit de décider ;
- garder le problème du patient confidentiel ;
- dire la vérité ;
- savoir de quoi on parle ;
- reconnaître ses limites dans le Counseling (par exemple en rapport
avec des problèmes spécifiques).
LIGNES DE CONDUITE POUR LE COUNSELING :
- vous vous introduisez : demander au patient ce qu’il désire discuter ;
- obtenir des informations en posant des questions, afin de faciliter le
Counseling (expliquer pourquoi vous prenez des notes) ;
- mettre le patient à l’aise, dans une atmosphère positive ;
- écouter ce que dit le patient. Posez lui des questions appropriées en
tenant compte de son milieu socio économique et culturel ;
- utiliser les périodes de silence d’une manière appropriée(ne pas
laisser le silence s’éterniser) ;
- Il est parfois approprié de parler de soi ; cette méthode permet de
mettre le patient à l’aise.
ETAPES DU COUNSELING : BERCER:
Bienvenue pour accueillir le patient et le mettre à l’aise :
• Consacrer votre attention
• Soyez poli
• Demandez ce que vous pouvez faire pour eux
• Assurez leur la discrétion
• Expliquer ce qui va se passer durant la visite
• Mener la consultation à l’abri des oreilles indiscrètes.
Entretien pour permettre au patient de s’exprimer ;
• Aider les à parler de leurs besoins, leurs souhaits
• Aider les à exprimer leurs moindre doutes,
• Aider les à poser des questions.
• Expliquez leur les raisons pour lesquelles vous poser
toutes ces questions
Renseignements pour informer le patient;
• Donner toute les informations que le patient doit savoir
sur sa maladie.
Choix pour adopter un plan d’action
• Aider chaque patient à trouver une solution qui
correspond à ses projets, ses besoins et ses références.
• Vérifier s’il y a quelque chose que le patient n’a pas
compris, s’il le faut répéter l’information
• Vérifier s’il a pris une décision.
Explication sur comment prendre les médicaments
• Lui donner le produit
• Expliquer l’utilisation
• Demander lui de répéter les explications
• Lui dire à quel moment le retour pour une visite de
contrôle et l’approvisionnement.
Retour pour la visite de contrôle
• Demander s’il continue de prendre correctement les
médicaments
• Demander s’il n y a pas des effets secondaires suite à la
prise des médicaments
• Demander s’il a des questions à poser
TECHNIQUES DU COUNSELING
L’art de donner des conseils s’acquiert avec la pratique qui inclut
• l’observation,
• la manière d’écouter,
• la manière de questionner et
• La manière d’interpréter les réponses
savoir observer :
Lorsqu’on échange avec quelqu’un sur un problème donné, on peut
obtenir beaucoup d’informations en observant attentivement son
apparence physique et son attitude générale ;
savoir poser des questions
On ne peut aider quelqu’un que si l’atmosphère dans laquelle la
discussion se fait est cordiale, intime et positive. C’est pourquoi les
questions à poser doivent permettre d’établir un rapport de confiance
avec l’interlocuteur, d’identifier les problèmes et de lui donner des
chances de partager ses soucis ;
savoir écouter :
Donner toute son attention pour écouter l’interlocuteur afin d’éviter de
poser des questions auxquelles il ne peut répondre que par oui ou non ;
savoir interpréter les réponses :
Se baser sur ses connaissances liées au sujet évoqué pour interpréter les
réponses et les réactions de l’interlocuteur en vue de l’aider à mieux
comprendre son problème.
3. CAUSERIE de groupe :
1 DEFINITION :
Un groupe entier de participants parlent d’un sujet ou d’un problème
donné, où les participants se communiquent réciproquement des opinions
et des expériences personnelles.
2 LES ETAPES D’UNE CAUSERIE DE GROUPE :
La préparation ;
La conduite ;
La révision ;
L’évaluation.
3 PREPARATION :
Une condition essentielle est la maîtrise de son sujet ;
Il est important d’abord de répondre aux six (6) questions de
préparation :
Qui est mon public ?
Quels sont mes objectifs ? Qu’est-ce que je désire que le public
sache ou sache faire à la fin de ma séance ?
Où cette séance aura-t-elle lieu et combien de temps durera –t-
elle ?
Quelle sorte de méthode d’enseignement vais-je utiliser ?
Quels supports visuels vais-je avoir à ma disposition ?
Comment puis-je mesurer l’efficacité de ma séance ?
4 CONDUITE
Accueillir les participants et introduire le thème :
- mettre les participants à l’aise (installation des bancs d’une
manière à faciliter la communication : disposition en U) ;
- accueillir les participants, les saluer et les installer ; se
présenter ;
- Introduire le sujet ;
- Demander l’avis des participants sur le sujet.
5 Développer le thème :
- Identifiez les problèmes qui se posent dans la communauté en
relation avec le sujet ;
- Recherchez les causes de ces problèmes ;
- Recherchez les solutions possibles ;
- Complétez si nécessaire les informations ;
- Encouragez les participants à écouter la personne qui parle ;
- Faîtes bien à ce que chaque participant prenne la parole ;
- Suivez attentivement la discussion, ne la laissez pas s’écarter du
sujet principal ;
- Autant que possible appuyer la causerie par des supports
visuels ou une démonstration ;
- Donnez la parole au public pour poser des questions ;
- La meilleure des discussions est souvent celle au cours de
laquelle l’animateur ne dit pas grand-chose une fois la discussion
entamée ;
- La durée idéale d’une discussion générale est d’environ 10 à 15
mn.
REVISION :
- Revoyez la discussion avec vos participants ;
- Résumez vous - même ou demandez à vos participants de
résumer les points qui auront été mentionnés au cours de la
discussion ;
- Etablissez le rapport entre ces points et l’objectif de la
discussion ;
- Si vous voulez provoquer un changement d’attitudes chez eux,
encouragez-les à passer à l’action.
EVALUATION :
Un bon éducateur est toujours en train d’évaluer l’efficacité de
son travail. Quels sont les moyens pour évaluer son travail ? En voici
quelques uns :
- Regardez continuellement votre auditoire afin de voir s’il est
intéressé, s’il comprend ;
- Posez des questions (écrites ou orales) à votre auditoire afin
de voir si le message a passé ;
- Demandez à un membre de l’auditoire de reprendre ou de
résumer ce qui a été dit ;
- Voyez si le nombre d’auditeurs à vos causeries augmente
régulièrement. Dans un tel cas, ce serait un indice que vous
faîtes un bon travail.
- Voyez si les gens viennent après la causerie pour un suivi,
pour une référence ou pour des renseignements individuels ;
- Posez vous la question suivante : « Est-ce que les auditeurs
font ce que je m’étais fixé comme objectif ? »
- Demandez-vous : « Comment puis-je m’améliorer ? »
- En clôturant votre séance, remerciez les participants de leur
contribution et fixez un prochain rendez vous si possible.