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Introduction à la télédétection moderne

La télédétection est une technique de mesure à distance utilisée pour étudier la surface de la Terre et d'autres planètes, en analysant le rayonnement électromagnétique. Elle a évolué depuis ses débuts militaires pendant les guerres mondiales jusqu'à son utilisation civile dans divers domaines tels que l'archéologie, la météorologie et la gestion de l'environnement. Les satellites de télédétection, qu'ils soient géostationnaires ou à défilement, permettent une acquisition de données à grande échelle, révolutionnant ainsi la connaissance géographique et l'analyse des ressources naturelles.

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Introduction à la télédétection moderne

La télédétection est une technique de mesure à distance utilisée pour étudier la surface de la Terre et d'autres planètes, en analysant le rayonnement électromagnétique. Elle a évolué depuis ses débuts militaires pendant les guerres mondiales jusqu'à son utilisation civile dans divers domaines tels que l'archéologie, la météorologie et la gestion de l'environnement. Les satellites de télédétection, qu'ils soient géostationnaires ou à défilement, permettent une acquisition de données à grande échelle, révolutionnant ainsi la connaissance géographique et l'analyse des ressources naturelles.

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UNIVERSITE L’ARBI BEN M’HIDI - OUM EL BOUAGHI

INSTITUT DE GESTION DES TECHNIQUES URBAINES

MODULE : TELEDETECTION

ENSEIGNANT : SERRADJ MOHAMED LYES

1
LA TELEDETECTION
La télédétection est une technique par laquelle les mesures sont effectuées à distance, sans
contact direct donc entre l'instrument de mesure et l'objet détecté. Elle est particulièrement
employée pour l'étude de la surface de la Terre, à partir d'un véhicule aérien ou spatial, en
analysant le rayonnement électromagnétique, qui est porteur d'informations. Son
développement au cours des dernières décennies a suscité la création d'une véritable discipline
s'attachant à l'interprétation des données qu'elle recueille à différentes échelles.

La télédétection aérienne, et plus encore satellitaire, est utilisée pour connaître aussi bien les
autres planètes du système solaire que l'environnement global de la Terre ; elle participe
également à la construction des systèmes d'information géographique, qui permettent de gérer
des collectivités locales. La télédétection peut contribuer aussi au contrôle du désarmement ou
effectuer des reconnaissances nécessaires aux opérations militaires. Elle a aujourd'hui sa place
dans les domaines théoriques et appliqués, globaux et locaux.

La télédétection aérienne

C'est au cours des opérations de la Première Guerre mondiale que la photo-interprétation prit
son essor, et ses premières utilisations civiles ont été faites dans deux domaines : l'archéologie
et la prospection pétrolière. En archéologie, on peut déceler d'anciennes structures agraires ou
des réseaux d'irrigation abandonnés ; en prospection pétrolière, il est possible de repérer des
structures géologiques propices aux gisements d'hydrocarbures.

La Seconde Guerre mondiale a également entraîné une accélération des progrès de la


télédétection. En effet, le conflit a ouvert de nouvelles perspectives à la photographie aérienne
classique, grâce, entre autres, à des prises de vues à de très hautes altitudes, et a imposé la
mise au point de nouvelles méthodes de détection exploitant surtout deux domaines : celui de
l'infrarouge thermique et celui du radar. Ce dernier a été particulièrement développé en
Grande-Bretagne, notamment pour l'aide au bombardement nocturne. Certains résultats de
l'effort de guerre en télédétection, portant par exemple sur la détection des camouflages, ont
été repris dans les activités civiles, spécialement pour la reconnaissance, à partir de la
photographie en infrarouge proche, des végétaux et des maladies qui les affectent.

2
La télédétection spatiale

L'ère spatiale induit, après 1960, un nouveau développement de la télédétection, ainsi qu'une
révolution de ses méthodes à un moment où la généralisation d'une informatique performante
autorise le traitement des masses considérables de données recueillies grâce aux satellites.

La télédétection spatiale a d'abord été développée à des fins militaires : le caractère des
orbites des satellites artificiels présentant un avantage considérable pour l'acquisition
d'informations d'intérêt stratégique sur des États inaccessibles sans autorisation préalable de
survol aérien.

Les vols à bord des premiers vaisseaux habités soviétiques (Vostok et Voskhod) ou
américains (Mercury et Gemini) montrèrent à un large public l'intérêt d'observer la Terre
depuis l’espace : les premières images réalisées à partir de l'espace apportaient des données
nouvelles dans les domaines de la météorologie, de la géologie, de l'océanographie et de la
cartographie. La couverture étendue et homogène des systèmes spatiaux, leur caractère
synoptique (Vision générale, aperçu panoramique) fournissent des documents que l'on ne peut
obtenir avec les photographies aériennes, même assemblées en mosaïques.

À partir de 1972, date de lancement du premier satellite civil américain inaugurant le


programme ERTS (Earth Resources Technology Satellite, appelé Landsat par la suite),
commencent à fléchir les réticences de ceux qui craignaient que la diffusion des informations
spatiales ne nuise à la sécurité internationale: la capacité de distinguer deux objets au sol,
appelée résolution , restait suffisamment générale pour qu'un consensus fût obtenu, et le
programme fut officiellement développé pour le bénéfice de l'humanité tout entière.

Avec le lancement du satellite français SPOT, en 1986, une nouvelle étape est atteinte : la
technologie spatiale n'est plus le domaine réservé des États-Unis et de l'Union soviétique,
cette dernière n'ayant d'ailleurs pas vraiment développé de programme civil distinct de ses
activités militaires. Aujourd'hui de nombreux satellites civils de télédétection, américains,
français, européens, japonais, chinois et indiens, fournissent en permanence des images de
notre planète. L'amélioration du pouvoir de résolution des capteurs tend dans le même temps
à rapprocher certains types d'images spatiales des photographies aériennes, parfois même à les
concurrencer.

3
Télédétection passive et active

Tout corps dont la température est supérieur au zéro, émet un rayonnement électromagnétique
qui peut être absorbé, réfléchi ou transmis par les objets qu'il atteint.

Lorsque le rayonnement utilisé a une source naturelle, le plus souvent le Soleil, la


télédétection est dite passive ; lorsqu'il a une source artificielle fournie par le système de
télédétection, elle est dite active.

La télédétection se fonde en fait sur la mesure du rayonnement réfléchi, transmis ou émis dans
la direction du capteur, et dans les limites du champ d'observation de cet instrument. Cette
mesure doit renseigner sur la surface du sol, qui est l'objet d'étude.

Mais la mesure de ce rayonnement est affectée, dans des proportions variables, par les
caractères d'absorption et de diffusion de la tranche d'atmosphère traversée par le
rayonnement.

En effet, l'atmosphère est opaque (sombre) pour certaines longueurs d'onde, alors qu'elle est
transparente – à des degrés divers – au rayonnement dans d'autres parties du spectre, appelées
pour cela même «fenêtres atmosphériques»; ces dernières déterminent les bandes spectrales
dans lesquelles la télédétection des surfaces terrestres est possible.

Les bandes spectrales

En télédétection, les bandes spectrales utilisées sont l'ultraviolet, le visible, le proche


infrarouge, l'infrarouge moyen, l'infrarouge thermique et les micro-ondes.

L'ultraviolet est très largement absorbé par les hautes couches de l'atmosphère et n'est donc
utilisé qu'en télédétection aérienne, où les capteurs sont justement peu nombreux.

Le visible et l'infrarouge proche, c'est-à-dire proche du visible correspondent à une très


importante fenêtre atmosphérique à laquelle s'est adaptée la sensibilité de l'œil humain. Cette
partie du spectre est couramment utilisée en télédétection ; elle comprend, selon des longueurs

4
d'onde croissantes, le violet, le bleu, le vert, le jaune, l'orangé, le rouge ainsi que l'infrarouge
proche.

L'infrarouge moyen elles renseignent sur l'humidité de la végétation.

Les micro-ondes elles sont utilisées par le radar, dont les bandes spectrales sont souvent
désignées par les lettres des codes militaires, autrefois secrets. Elles ont la propriété de
traverser les nuages, et permettent donc la télédétection par tout temps.

Les capteurs en télédétection

Appareils photographiques, radiomètres à balayage et radars imageurs sont des capteurs


utilisés par la télédétection aérienne comme par la télédétection spatiale.

5
Les différents types de satellites de télédétection

La télédétection de la Terre s'exerce à partir de deux types généraux de satellites :


géostationnaires et à défilement.

Les satellites géostationnaires

Ils demeurent constamment au-dessus d'un même point de la Terre. Pour cela, ils effectuent
une révolution circulaire dans le plan équatorial à 36 000 km d'altitude, l'inclinaison de leur
orbite est donc nulle.

En raison de l'altitude à laquelle se trouvent les capteurs, la télédétection se caractérise par un


champ global d'observation très vaste: il embrasse une «calotte» centrée sur un point
équatorial situé à la longitude du satellite et couvrant 4/10 de la surface du globe terrestre,
avec toutefois une qualité médiocre d'observation près des bords de la calotte. Elle est aussi
caractérisée par une faible résolution au sol liée à la grande distance de la Terre.

Les satellites géostationnaires de télédétection sont essentiellement météorologiques. Ils font


partie d'une ceinture de cinq engins destinés à assurer la couverture de la totalité de la planète,
à l'exception des zones polaires, inobservables de cette position.

Les satellites à défilement

Ils défilent au-dessus de la surface de la Terre, et l'amplitude de la zone que les satellites de ce
type survolent dépend de l'inclinaison de leur plan orbital.

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Les principaux programmes de télédétection

Le programme Landsat

Le premier satellite américain de télédétection, appelé ERTS-1 (Earth Resources Technology


Satellite) avant d'être dénommé Landsat 1, fut lancé le 23 juillet 1972. La famille des
satellites Landsat comprend plusieurs séries.

Le programme SPOT

Le programme SPOT (Satellite pour l'observation de la Terre) a été décidé par la France,
en 1978, avec une participation de la Belgique et de la Suède. Les satellites ont été lancés
en 1986 (SPOT 1), en 1990 (SPOT 2) et en 1993 (SPOT 3). Leur orbite, circulaire et
héliosynchrone, est décrite à une altitude de 830 km; ils passent à 10 h 30 au nœud descendant
et ont un cycle orbital de 26 jours.

Une nouvelle génération de satellites démarrera avec SPOT 4, qui doit être lancé en 1997-
1998 et qui sera doté d'une plate-forme (MK 2) permettant un accroissement de la charge utile
et de la durée de vie du satellite. SPOT 5 est même envisagé, si les budgets le permettent.

Le programme ERS

Le programme de l'Agence spatiale européenne ERS (European Remote Sensing) a été


décidé, dès 1982, par les douze États membres de l'Agence et par le Canada. Il constitue un
instrument important dans le domaine de la surveillance de l'environnement terrestre. L'orbite
de référence d'ERS-1 est héliosynchrone à 785 km d'altitude, avec un cycle de 3 jours.

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Les programmes russes

Du fait même de la structure du secteur spatial russe, il est difficile de discerner la part du
civil et celle du militaire dans nombre de programmes d'observation de la Terre, ces activités
étant le plus souvent menées de pair et conçues de façon complémentaire.

Le système Resurs, dont les données sont de plus en plus exploitées à des fins civiles, se
compose de trois familles de satellites dotés d'appareils aux capacités de résolution
différentes.

Les Resurs F, dérivés de satellites de reconnaissance militaire.

Les Resurs 0, hérités du programme Meteor-Priroda, plus spécifiquement orientés vers l'étude
de l'environnement et les problèmes de pollution. Ils sont équipés de radiomètres assurant une
résolution de 45 m au sol et de radars à antenne synthétique.

Les Okean, destinés à une observation radar à des fins surtouts océanographiques. Ils sont
dotés de radiomètres et de radars dont la résolution au sol, adaptée à l'étude des étendues
marines, est moins fine que celle des systèmes Resurs.

Enfin, les satellites du programme Almaz, dotés de deux radars latéraux d'une résolution de
25 m environ, marquaient le développement d'un ambitieux système. Cependant, après le
prototype Cosmos 1870, lancé en 1987, la mise sur orbite en 1991 d'Almaz 1 devait entamer
la phase opérationnelle. En fait, la durée de vie du satellite, bien plus courte que prévu, et les
difficultés russes de financement d'un système complexe font que la série est actuellement
interrompue.

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Les apports de la télédétection

Les méthodes de connaissance et de représentation de la planète ont été bouleversées par


l'usage généralisé de la télédétection, qui a permis une substitution de l'image à l'imaginé, une
perception de l'invisible et une généralisation de l'usage du numérique. Toutefois, la
télédétection spatiale se distingue nettement de l'aérienne dans la mesure où elle engendre une
universalité de l'acquisition des données.

Le renouvellement des méthodes géographiques

La télédétection aérienne a commencé à fournir des photographies de régions limitées dès le


XIXe siècle, mais ce n'est qu'avec la télédétection spatiale que l'on a disposé de véritables
images de la totalité de notre planète. C'est ainsi que toute une série d'images s'est ajoutée, et
parfois même substituée, aux cartes qui étaient des reconstitutions graphiques d'un espace
imaginé à partir de levés de terrain.

De nombreux capteurs de télédétection aérienne ou spatiale ont le pouvoir de rendre visibles


des traits qui échappent à l'œil humain ; ces nouvelles observations concernent des parties du
spectre de plus en plus nombreuses et sollicitent des efforts considérables de la science
contemporaine pour leur interprétation. Les observations dans l'infrarouge comme dans les
ondes radar fournissent de bons exemples dans ce domaine.

Si les télédétections aérienne et spatiale atteignent l'invisible spectral, seule la dernière sait
atteindre l'invisible géométrique. Les sondes spatiales possèdent ainsi le pouvoir d'accéder à
des domaines géométriquement cachés – comme la face opposée de la Lune – pour un
observateur terrestre. Elles permettent aussi d'observer d'assez près des domaines forts
lointains, comme la surface de Vénus ou de Mars.

La télédétection apporte, en outre, de plus en plus des mesures quantitatives, qui remplacent
les observations qualitatives de l'explorateur, du topographe, du géologue, de l'archéologue...

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Les applications de la télédétection

Cette alliance nouvelle de l'image numérique et de l'informatique a rendu possible le


traitement de données fournies en quantités énormes par les satellites. Le traitement substitue
de plus en plus aux images originelles simples des images dérivées, filtrées, composées et
combinées avec des données fournies par d'autres moyens que la télédétection.

La cartographie, déjà très large utilisatrice des photographies aériennes en photogrammétrie, a


trouvé dans l'imagerie numérique satellitaire une base de données à la fois universelle et
constamment actualisée. La météorologie élabore aujourd'hui l'essentiel de ses prévisions à
partir de l'analyse des images spatiales ; de même, l'océanographie a considérablement
développé l'étude des images spatiales pour la connaissance des faits tant biologiques que
physiques. La géologie, la pédologie, la cartographie des couverts végétaux, naturels ou
agricoles, sont aussi de grandes consommatrices d'images de télédétection. La connaissance
de l'environnement, le suivi des catastrophes naturelles, la constitution des outils
d'aménagement du territoire et de gestion que sont devenus les systèmes d'information
géographique, le renseignement militaire trouvent désormais dans les données de télédétection
une de leurs bases indispensables.

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Aspects politiques et commerciaux de la télédétection

La télédétection spatiale se différencie fondamentalement de la télédétection aérienne par sa


capacité à embrasser de vastes étendues synoptiques, mais aussi par sa liberté de survoler
toute la planète sans autorisation préalable.

La libre circulation dans l'espace

L'ignorance des frontières politiques – découlant naturellement des lois de la mécanique


céleste – a été d'une certaine façon légitimée par le traité de l'Espace de 1967, pierre angulaire
du droit spatial. Le principe fondamental est celui de la liberté d'exploration et d'utilisation de
l'espace, le traité précisant en préambule que cette utilisation doit être conduite à des fins
pacifiques. La réglementation concernant l'observation de la Terre depuis l'espace est donc
assez peu précise.

En effet, l'existence de la reconnaissance militaire n'a finalement été reconnue par les États-
Unis et l'Union soviétique, et encore de façon seulement implicite, qu'en 1972 à l'occasion de
la signature des accords de désarmement SALT. Dans le même temps, les deux pays
s'engageaient à ne pas gêner la mise en œuvre de leurs moyens techniques nationaux
respectifs, catégorie dont les satellites représentent la part essentielle ; les satellites militaires
d'observation se trouvaient donc protégés par un accord bilatéral au moment même où le
premier satellite civil, Landsat 1, était mis sur orbite.

La philosophie du programme est alors clairement exposée par les Américains, qui annoncent
qu'il est destiné au bénéfice de l'humanité. De fait, les données Landsat seront longtemps
accessibles à très faible prix, voire gratuitement pour les scientifiques. Cependant, cette
politique de diffusion d'images prises sur n'importe quel territoire portait atteinte au principe
de souveraineté nationale, ainsi qu'un certain nombre d'États l'ont fait dès lors remarquer. Le
développement d'une politique de commercialisation correspond de fait à un tournant décisif.

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Le droit de la télédétection

Le souci des États possédant des systèmes de télédétection de rentabiliser leurs efforts de
recherche les a conduits à rapprocher le régime juridique des activités de télédétection du
régime général du droit commercial. L'ONU a ainsi longuement débattu du «droit de la
télédétection» depuis 1970, pour aboutir finalement, le 4 décembre 1986, à l'adoption des
principes sur la télédétection : l'accès aux données doit être garanti de façon non
discriminatoire à tout acheteur qui en fait la demande, et ce pour un prix qui doit être
raisonnable.

Aujourd'hui, les données des satellites sont commercialisées par des agences nationales ou par
des sociétés de droit privé. Les images des satellites américains Landsat sont vendues par
Eosat, celles des satellites français SPOT par Spot Image. Les Russes tentent de développer
un système semblable pour les données Resurs, Cosmos ou Almaz, mais les revendications de
plusieurs organismes – concepteurs ou réalisateurs des satellites, voire gestionnaires des
données – sur la propriété des images compliquent considérablement le processus.

Les satellites civils d'observation de la Terre sont aujourd'hui développés par un nombre
croissant d’États : États-Unis, Europe, Japon, Inde. Leurs données peuvent a priori être
utilisées par tous du fait de la libre commercialisation des produits.

L'amélioration de la technologie, et donc l'augmentation des capacités de résolution, et l'accès


aux systèmes russes marquent un véritable tournant, mais posent aussi un certain nombre de
questions sur les implications possibles de ces satellites dans la sécurité internationale.

La télédétection commerciale

À partir du moment où un certain nombre de sociétés privées réclament des licences pour la
vente d'images dont la résolution est comprise entre 1 et 3 m, en mettant en avant la nécessité
de faire face à la concurrence, en particulier russe et française, le débat glisse des enjeux de
sécurité aux enjeux économiques.

En dépit de l'enthousiasme des tenants d'une nouvelle libéralisation des conditions


d'acquisition et de vente d'images à haute résolution, faisant miroiter le développement d'un

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important marché, il faut reconnaître que la concurrence envisagée n'est peut-être pas aussi
menaçante.

En effet, les données du satellite Hélios, par exemple, ne sont pas destinées à être largement
diffusées, comme certaines publications américaines voudraient le faire croire. En ce qui
concerne les images russes d'origine militaire, s'il est vrai que leur contrôle est encore
insuffisant, l'expérience prouve que peu d'entre elles circulent et que l'incapacité d'assurer un
suivi régulier de la fourniture d'informations limite considérablement les risques éventuels de
dérapage.

Les termes de la discussion se résument donc finalement à découpler haute résolution spatiale
et actualisation des données civiles, certains responsables de l'administration américaine
proposant même de fournir systématiquement des images vieilles de plusieurs années si leur
précision inquiète. Mais, dans ce cas, la rentabilité d'un projet de ce type semble assez
compromise. Ainsi, la télédétection, servie par des progrès techniques impressionnants, pose
encore la nécessité de trouver un équilibre relatif entre commercialisation de l'espace et
enjeux de sécurité nationale.

Bibliographie

Ouvrages de références sur :


http://www.ensg.eu/IMG/pdf/bibliographie_ref_teledetection.pdf

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