Mesure Produit MSPRO
Mesure Produit MSPRO
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Contents
1 PRODUIT D’ESPACES MESURABLES 3
2 MESURE PRODUIT 4
4 THÉORÈME DE FUBINI 7
4.1 théorème de Fubini-Tonelli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.2 théorème de [Link] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
4.3 Discussions sur les théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
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1 PRODUIT D’ESPACES MESURABLES
Etant donné deux espaces mesurables, on veut définir une tribu sur le produit cartésien de ces espaces.
Soient (X1 ,M1 ) et (X2 ,M2 ) deux espaces mesurables. On munit le produit X1 × X2 de la tribu produit M1 ⊗ M2
définie par :
M1 ⊗ M2 = σ (A1 × A2 | A1 ∈ M1 , A2 ∈ M2 )
A1 × A2 , A1 ∈ M1 , A2 ∈ M2 est appelé un rectangle mesurable, et l’ensemble des rectangles mesurables n’est pas
une tribu en général.
Montrons quelques propriétés de la tribu produit :
1) La tribu M1 ⊗ M2 est la plus petite tribu sur X1 × X2 qui rende mesurable les deux projections canoniques
π1 : X1 × X2 → X1 et π2 : X1 × X2 → X2 .
En effet, si M est une tribu sur X1 × X2 qui rend π1 et π2 mesurables, alors
∀A1 ∈ M1 , ∀A2 ∈ M2 , π1−1 (A1 ) = A1 × X2 ∈ M, π2−1 (A2 ) = X1 × A2 ∈ M.
Donc A1 × A2 = (A1 × X2 ) ∩ (X1 × A2 ) ∈ M , donc M1 ⊗ M2 ⊂ M .
2) Soit (X, M ) un autre espace mesurable, et soit f = (f1 , f2 ) une application de X dans X1 × X2 . Alors f : (X, M ) →
(X1 × X2 , M1 ⊗ M2 ) est mesurable si et seulement si fi : (X, M ) → (Xi , Mi ) est mesurable pour i = 1, 2.
En effet, si f est mesurable, alors f1 = π1 ◦f et f2 = π2 ◦f le sont aussi comme composition de fonctions mesurables.
Inversement, si f1 et f2 sont mesurables, alors pour tout A1 ∈ M1 , A2 ∈ M2 , on a
f −1 (A1 × A2 ) = f1−1 (A1 ) ∩ f2−1 (A2 ) ∈ M,
donc f est mesurable.
On étend facilement la définition de la tribu produit pour un nombre fini d’espaces mesurables (X1 , M1 ), . . . , (Xn , Mn )
en posant
M1 ⊗ M2 ⊗ · · · ⊗ Mn = σ (A1 × A2 × · · · × An | Ai ∈ Mi , ∀i ∈ {1, 2, . . . , n}) ,
et on a la propriété d’"associativité" suivante :
Rappel : Soient (X1 , T1 ), (X2 , T2 ) deux espaces topologiques. On munit X1 × X2 de la topologie produit T1 ⊗ T2
engendrée par les rectangles ouverts U1 × U2 , avec U1 ∈ T1 et U2 ∈ T2 . Les éléments de T1 ⊗ T2 sont donc les unions de
rectangles ouverts. La topologie T1 ⊗ T2 est la topologie la moins fine sur X1 × X2 qui rende continues les projections
canoniques π1 et π2 . On veut maintenant comparer les tribus produit des tribus de Borel sur des espaces topologiques.
Pour cela, on a la proposition suivante :
Propsition 1. Soient X1 et X2 deux espaces topologiques, munis de leur tribu borélienne. Alors
i. B(X1 × X2 ) ⊃ B(X1 ) ⊗ B(X2 ).
ii. Si X1 et X2 sont des espaces métriques séparables, alors on a :
B(X1 × X2 ) = B(X1 ) ⊗ B(X2 ).
Proof. i. On munit X1 × X2 de la topologie produit. Alors les projections π1 et π2 sont continues, donc mesurables
pour les tribus boréliennes. Par la propriété 1) des tribus produit, on a
B(X1 × X2 ) ⊃ B(X1 ) ⊗ B(X2 ).
ii. On suppose que X1 et X2 sont des espaces métriques séparables. Alors, X1 et X2 contiennent des bases
dénombrables d’ouverts U = {Un }n∈N et V = {Vm }m∈N (par exemple, si on prend une suite (xk )k∈N dense
dans X1 , on peut prendre pour U l’ensemble des boules ouvertes de rayon rationnel centrées sur l’un des xk ).
Il s’ensuit que la famille W = {Un × Vm | n, m ∈ N} est une base dénombrable de X1 × X2 (en effet, si
O ⊂ X1 × X2 est ouvert, et si z = (x, y) ∈ O, alors il existe (O1 , O2 ) ∈ X1 × X2 un couple d’ouverts avec
z ∈ O1 × O2 tel que O1 × O2 ⊂ O). Ainsi, chaque ouvert de X1 × X2 appartient à la tribu B(X1 ) ⊗ B(X2 ) et
on a B(X1 × X2 ) ⊂ B(X1 ) ⊗ B(X2 ). Le a) permet de conclure. v
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Introduisons les notations suivantes. Si (X, M ) et (Y, N ) sont deux espaces mesurables quelconques et si E ⊂ X ×Y ,
on note :
Ex = {y ∈ Y | (x, y) ∈ E} pour x ∈ X,
Ey = {x ∈ X | (x, y) ∈ E} pour y ∈ Y.
Et si f : X × Y → Z (espace quelconque), on définit :
ii. Si f : X × Y → Z (espace mesurable quelconque) est mesurable pour la tribu produit M ⊗ N , alors
∀x ∈ X, fx : Y → Z est mesurable,
∀y ∈ Y, fy : X → Z est mesurable.
Par ailleurs, on vérifie aisément que Nx est une tribu. Ainsi, Nx = M ⊗ N . On fait de même pour y ∈ Y .
ii. Soit f : X × Y → Z mesurable pour la tribu produit M ⊗ N . Alors si E ⊂ Z est mesurable, on a pour tout
x∈X :
fx−1 (E) = {y ∈ Y | f (x, y) ∈ E} = {y ∈ Y | (x, y) ∈ f −1 (E)} = (f −1 (E))x ∈ M ⊗ N.
Par conséquent, fx est mesurable pour tout x ∈ X. On fait de même avec y ∈ Y .
2 MESURE PRODUIT
On veut maintenant construire une mesure sur l’espace produit X × Y , où X et Y sont des espaces mesurés.
Définition 1. On dit qu’un espace mesuré (X, M, µ) est σ-fini s’il existe une suite croissante de parties mesurables
En telle que [
X= En et µ(En ) < ∞ pour tout n ∈ N.
n∈N
Théorème 2.1. Soient (X, M, µ) et (Y, N, ν) deux espaces mesurés σ-finis. Alors :
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S S
Proof. i. Unicité. Par hypothèse, il existe {An }n∈N et {Bn }n∈N telles que X = n∈N An , Y = n∈N BnSet pour
tout n ∈ N, An ∈ M , Bn ∈ N , An ⊂ An+1 , Bn ⊂ Bn+1 , µ(An ) < ∞ et ν(Bn ) < ∞. Alors, X × Y = n∈N En
avec En = An × Bn pour tout n ∈ N.
Soient m1 , m2 deux mesures sur (X × Y, M ⊗ N ) qui vérifient (1.1). Alors,
• m1 et m2 coïncident sur la famille des rectangles mesurables, qui est stable par intersection finie et engendre
la tribu M ⊗ N .
• m1 (En ) = µ(An )ν(Bn ) = m2 (En ) < ∞ pour tout n ∈ N.
Par le lemme des classes monotones, on a m1 = m2 . Cet argument montre que toute mesure m vérifiant (1.1)
est σ-finie.
ii. Existence. L’idée est de définir m par la formule
Z
m(E) = ν(Ex ) dµx pour E ∈ M ⊗ N (1.2)
X
Alors,
• M contient les rectangles mesurables : si E = A × B, A ∈ M , B ∈ N , on a ν(Ex ) = 1A (x)ν(B). De plus,
la classe des rectangles mesurables est stable par intersections finies.
• On vérifie aisément que M est une classe monotone :
– X × Y ∈ M car ν((X × Y )x ) = 1X (x)ν(Y ) = ν(Y ).
– Si E, F ∈ M et E ⊂ F , on a :
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Reste à vérifier que m est bien une mesure. Par construction, m(∅) = 0, et m(A × B) = µ(A)ν(B) pour tout
A ∈ M et B ∈ N . Si {En }n∈N est une famille disjointe de M ⊗ N , les {(En )x }n∈N sont aussi disjoints pour tout
x ∈ X, et on a
! Z
[ X
m En = ν ((En )x ) dµ(x)
n∈N X n∈N
Z !
[
= ν (En )x dµ(x)
X n∈N
XZ
= ν ((En )x ) dµ(x)
n∈N X
X
= m(En )
n∈N
Remarque.
1) Par le même procédé, on peut définir le produit de n mesures σ-finies µ1 , . . . , µn en posant par exemple
µ1 ⊗ · · · ⊗ µn = µ1 ⊗ (µ2 ⊗ (· · · ⊗ µn ))
L’ordre des parenthèses n’a pas d’importance, car la mesure produit est entièrement définie par sa valeur sur les pavés
mesurables :
(µ1 ⊗ · · · ⊗ µn )(A1 × · · · × An ) = µ1 (A1 ) · · · µn (An )
2) Si (X, M, µ) = (Y, N, ν) = (R, B(R), λ), alors X ×Y = R2 , M ⊗N = B(R2 ) et µ⊗ν = λ2 , la mesure de Lebesgue sur
R2 . En effet, la dernière égalité provient du fait que les mesures prennent les mêmes valeurs sur les pavés mesurables.
De même, λd = λ1 ⊗ · · · ⊗ λ1 (d fois). Ainsi, on aurait pu se contenter de montrer l’existence de la mesure de Lebesgue
sur R et généraliser sur Rd avec cette remarque.
3) L’hypothèse de σ-finitude est nécessaire. En effet, soit (X, M ) = (Y, N ) = (R, B(R)), µ = λ la mesure de Lebesgue
et ν la mesure de comptage (non σ-finie). Soit E = {(x, y) ∈ R2 | x = y} ∈ M ⊗ N = B(R2 ). On a ν(Ex ) = 1,
∀x ∈ X et µ(Ey ) = 0, ∀y ∈ Y . Or,
Z Z
∞= ν(Ex )dµ(x) ̸= µ(Ey )dν(y) = 0
X Y
Propriétés :
- Pour toute fonction mesurable f : R → R,
Z Z
f (x) d(µ1 ⋆ µ2 ) = f (x + y) dµ1 (x) dµ2 (y)
R R2
d(µ1 ⋆ µ2 ) = (f ⋆ g) dx.
Autrement dit, le produit de convolution des mesures étend le produit de convolution des fonctions.
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4 THÉORÈME DE FUBINI
4.1 théorème de Fubini-Tonelli
Théorème 4.1 ((Fubini-Tonelli)). Soient (X, M, µ) deux espaces mesurès σ-finis, et soit f : X × Y → [0, +∞] une
fonction M ⊗ N -[Link] :
donc les conclusions de i) et ii) ont été établies au paragraphe précédent, lors de la démonstration du théorème
[mesure produit]. Par linéarité, le résultat reste vrai si f : X × Y → [0, +∞] est une fonction étagée mesurable. Enfin,
si f : X × Y → [0, +∞] est mesurable, il existe une suite croissante (fn )n∈N de fonction étagées positives telles que
fn (x, y) → f (x, y) pour tout x ∈ X et y ∈ Y . Par le théorème de la convergence monotone, on a par exemple :
n→∞
Z Z
f (x, y)dνy = lim fn (x, y)dνy
Y n→∞ Y
donc i) est vrai. Par ailleurs, l’égalité ii) est vraie pour fn , donc pour f par passage à la limite croissante en appliquant
deux fois le théorème de la convergence monotone.
On passe maintenant au cas de fonctions réelles ou complexes.
ii. La fonction x 7→ R Y f (x, y)dνy (définie µ-presque partout)est dans L1 (X, M, µ).
R
La fonction y 7→ X f (x, y)dµx (définie ν-presque partout) est dans L1 (Y, N , ν).
iii. On a les égalités suivantes :
Z Z Z Z Z
f d(µ ⊗ ν) = ( f (x, y)dνy )dµx = ( f (x, y)dµx )dνy
X×Y X Y Y X
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ii. Ecrivons f = f+ − f− ,et définissons
(R R R
Y
f+ (x, y)dνy − Y f− (x, y)dνy si Y |f (x, y)|dνy < ∞
g(x) =
0 sinon
Alors, g est mesurable (par Fubini-Tonelli appliqué à f+ et f− ),et
Z Z Z
|g|dµ ≤ ( |f (x, y)|dνy )dµx < ∞
X X Y
et Z Z Z
f− d(µ ⊗ ν) = f− (x, y)dνy dµx
X×Y X Y
En faisant la défférence de ces intégrales, on trouve le résultat.
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2) On applique donc le théorème de Fubini-Lebesgue, et on a
Z ∞ Z ∞
−y −y ixy
e sin(xy)dy = I e e dy
0
0
1 x
=I =
1 − ix 1 + x2
Donc
Z Z ∞
x 1
f dxdy = × √ dx
X×Y 0 1 + x2 x 1 + x2
Z
a
= 0∞ 3 dx
(1 + x2 ) 2
Z ∞
x=sh(t) 1
= 3 ch(t)dt
0 (1 + sh2 ) 2
Z ∞
1
= 2
dt
0 ch(t)
t=∞
= [th(t)]t=0
= 1
Exemple 4 (REMARQUE!). Il est possible que les intégrales itéré donnent les même valeurs, mais que la fonction
ne soit pas non plus intégrable.
En pratique, il faut donc se souvenir que l’appliquation du théorème de Fubini-Lebesgue est toujours justifiée pour
les fonction mesurables positives et que le cas des fonctions à valeurs dans R ou C, il faut s’assurer que
Z
|f |d(µ ⊗ ν) < ∞
ce que l’on fait le plus souvant en appliquant le théorème de Fubini-Tonelli à propos des fonctions positives.
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On définit f sur R2+ par f (x, y) = y exp(y 2 (1 + x2 )/2). La fonction f est continue donc mesurable, de plus, elle est
positive sur R2+ donc le théorème de Tonelli s’applique. Or, d’une part,
∞
exp(−y 2 (1 + x2 )/2)
Z
1
f (x, y)dy = =
R+ 1 + x2 0 1 + x2
Donc Z Z ! Z
1 π
f (x, y)dy dx = 2
= .
R+ R+ R+ 1+x 2
D’autre part, pour y> 0, à l’aide du changement de variable u = xy
Z Z Z
2 2 2 2 2
f (x, y)dx = e−y /2 e−(xy) /2 ydx = e−y /2 e−u /2
du = Ie−y /2
.
R+ R+ R+
pπ
Le théorème de Tonelli implique I 2 = π/2 et par positivité de l’intégrale I = 2 on obtient le résultat.
Remarque. Dans le calcule, nous avons supposé, pour le changement de variable soit inversible, que y > 0. Il n’est
pas nécessaire de considérer le cas y = 0 puisque
Z Z
f (x, y)dx1R+ (y) = f (x, y)dx1R∗+ (y), p.p..
R+ R+
Si dans l’exemple ci-dessus, on a profité de la positivité de la fonction f pour appliquer le théorème de Tonelli. on
considère ci-dessous un exemple de fonction à intégrer qui n’est pas de signe constant.
Dans ce cas, on commance par étudier l’intégrabilité de la valeur absolue de la fonction Ĺa inégrer en utilisant le
théorème de Tonelli. Une fois l’intégrabilitéassuré, on applique le théorème de Fubini.
Exemple 6. On veut calculer Z
sin(xy) exp {−(x + y)} dxdy.
R2+
On en déduit l’intégrabilité de la fonction de départ. Par le théorème de Fubini, on obtient (c’est un exemple, on peut
bien sûr intervertir le rôle de x et y si le calcule est facile)
Z Z "Z #
sin(xy) exp {−(x + y)} dxdy = sin(xy) exp {−(x + y)} dx dy
R2+ R+ R+
En intégrant par parties deux fois (on intègre l’exponentielle), on montre que
Z
y
J(y) = sin(xy)e−x dx = .
R+ 1 + y2
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Exemple 7. On veut calculer Z
sin(y) exp {−(x + y)} dxdy.
R2+
Z Z Z 1 Z 3 (x+1)
1∆ f (x, y)dxdy = 1[−1,1] (x)1[0, 23 (x+1)] (y)f (x, y)dxdy = x 2 y 2 dydx
R2 R2 −1 0
Ainsi,
1
x5 x4 x2
Z Z
9 27
1∆ f (x, y)dxdy = + 3 + x3 + dx = .
R2 8 −1 5 4 2 10
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