UFR de musique et musicologie (Paris Sorbonne) Semestre 2 cours 5
Commentaire (S4)
Messe des défunts /Requiem
Textes spécifiques mis en musique pour les messes de requiem
Il y a 9 sections : Introït (qui commence par Requiem aeternam et donne le nom à la
messe des défunts), Kyrie, Graduel, Trait, Séquence (Dies Irae), Offertoire, Sanctus
et Benedictus, Agnus Dei, Communion (Lux Aeterna).
Voici les textes principaux (le Kyrie est le même que dans les autres messes) :
Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.
Te decet hymnus Deus, in Sion, et tibi reddetur votum in Jerusalem.
Exaudi orationem meam; ad te omnis caro veniet.
Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis.
"Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine.
Dieu, il convient de chanter tes louanges en Sion ; et de t'offrir des sacrifices à
Jérusalem.
Exauce ma prière, toute chair ira à toi.
Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine".
Traduction littérale
Dies iræ, dies illa, Jour de colère, ce jour-là
Solvet sæclum in favílla, Il réduira le monde en cendres,
Teste David cum Sibýlla ! David l’atteste, et la Sibylle.
Quantus tremor est futúrus, Quelle terreur à venir,
quando judex est ventúrus, quand le juge apparaîtra
cuncta stricte discussúrus ! pour tout strictement examiner !
Tuba mirum spargens sonum La trompette répand étonnamment ses sons,
per sepúlcra regiónum, parmi les sépulcres de tous pays,
coget omnes ante thronum. rassemblant tous les hommes devant le trône.
Mors stupébit et Natúra, La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
cum resúrget creatúra, quand ressuscitera la créature,
judicánti responsúra. pour être jugée d’après ses réponses.
Liber scriptus proferétur, Un livre écrit sera produit,
in quo totum continétur, dans lequel tout sera contenu ;
unde Mundus judicétur. d’après quoi le Monde sera jugé.
Judex ergo cum sedébit, Quand le Juge donc tiendra séance,
quidquid latet apparébit, tout ce qui est caché apparaîtra,
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et rien d’impuni ne restera.
Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
nihil inúltum remanébit. Quel protecteur demanderai-je,
Quid sum miser tunc quand à peine le juste sera en sûreté ?
dictúrus ? Roi de terrible majesté,
Quem patrónum rogatúrus, qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
cum vix justus sit secúrus ? sauvez-moi, source de piété.
Rex treméndæ majestátis, Souvenez-vous, Jésus si doux,
qui salvándos salvas gratis, que je suis la cause de votre route ;
salva me, fons pietátis. ne me perdez pas en ce jour.
Recordáre, Jesu pie, En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
quod sum causa tuæ viæ ; me rachetant par la Croix, la Passion,
ne me perdas illa die. que tant de travaux ne soient pas vains.
Quærens me, sedísti lassus, Juste Juge de votre vengeance,
redemísti crucem passus, faites-moi don de la rémission
tantus labor non sit cassus. avant le jour du jugement.
Juste Judex ultiónis, Je gémis comme un coupable,
donum fac remissiónis la faute rougit mon visage,
ante diem ratiónis. au suppliant, pardonnez Seigneur.
Ingemísco, tamquam reus, Vous qui avez absous Marie(-Madeleine),
culpa rubet vultus meus, et, au bon larron, exaucé les vœux,
supplicánti parce Deus. à moi aussi vous rendez l’espoir.
Qui Maríam absolvísti, Mes prières ne sont pas dignes (d’être
et latrónem exaudísti, exaucées),
mihi quoque spem dedísti. mais vous, si bon, faites par votre bonté
Preces meæ non sunt dignæ, que jamais je ne brûle dans le feu.
sed tu bonus fac benígne, Entre les brebis placez-moi,
ne perénni cremer igne. que des boucs je sois séparé,
Inter oves locum præsta, en me plaçant à votre droite.
et ab hædis me sequéstra,' Confondus, les maudits,
státuens in parte dextra. aux flammes âcres assignés,
Confutátis maledíctis, appelez-moi avec les bénis.
flammis ácribus addíctis, Je prie suppliant et incliné,
voca me cum benedíctis. le cœur contrit comme de la cendre,
Oro supplex et acclínis, prenez soin de ma fin.
cor contrítum quasi cinis, Jour de larmes que ce jour-là,
gere curam mei finis. où ressuscitera, de la poussière,
Lacrymósa dies illa, pour le jugement, l’homme coupable.
qua resúrget ex favílla À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.
judicándus homo reus. Doux Jésus Seigneur,
Huic ergo parce, Deus. donnez-leur le repos. Amen.
Pie Jesu Dómine,
dona eis réquiem. Amen.
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La séquence latine est formée de 18 strophes de 3 versets. Le texte et la
musique, en mode dorien mixte, sont attribués au franciscain Tommaso
da Celano (vers1190-1260), disciple de saint-François d’Assise.
Ce thème musical est depuis très souvent utilisé, dès le XIVe siècle.
- aux XVIIe et XVIIIe, des exemples : Messe pour les trépassés de
Marc-Antoine Charpentier, grand motet Dies Irae de Lully, grand
motet Dies Irae de De Lalande, Messe des morts de Gossec
- au XIXe dans des Requiem (par exemple celui de Dvorak) mais
aussi dans la Symphonie fantastique de Berlioz, la Danse macabre
de Saint-Saëns, et de très nombreuses autres pièces
- au XXe dans nombre de compositions et de musiques de films,
rarement dans des Messes des défunts mais pour évoquer la mort.
L’Agnus Dei est modifié par rapport au texte habituel de la messe.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona eis requiem,
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona eis requiem,
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona eis requiem sempiternam.
"Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne leur le repos.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne leur le repos.
Agneau de Dieu, qui enlèves les péchés du monde, donne leur le repos éternel."
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