Teisson: Le Long Des Cotes Du Senegal Caracteristiques Physiques
Teisson: Le Long Des Cotes Du Senegal Caracteristiques Physiques
TEISSON
LE,PHENOMENE D/UPWELLING
LE LONG DES COTES DU SENEGAl
CARACTERISTIQUES PHYSIQUES
ET MODELISATION
par C. TEISSON
RES UME
milieu du plateau.
depend on bottom topography. Along the north coast, where the con-
On the south coast, where the shelf is broad with gentle slope,
INTRODUCTION
PHYSIQUES MOYENNES
l'upwelling
fication
côte
••
1 . 6 . Or1g1ne d es masses d ' "upwe 11~"
eaux .
ees. V1tesse . 1e ca-
vert1ca
zone euphotique
~.2.2. Discussion
CONCLUSION
4
CI ,. 1
30'
30'
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(, st-LOUIS, •
O·.près Il clrte
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Météorologie 1
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Dynamique Broutage
des couches
superficielles
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de l'océan El
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Vitesse IQI
Cf.)
Pelotes fécales
verticale~
, Benthos 1
Circulation 1
1
~
à moyenne 1
échelle 1
1
Topographie 1
du fond 1
~ Tension du vent
Tv Transport d'Ekman
~ Upwelling
Fig. 2 b.- Schéma d'upwelling (d'après BAKUN 1977)
/
Fin novembre à
Cap Vert 14° 45N 5.5 mois
mi-mai
Fin décembre à
Cap Roxo 12° N 2.5 mois
m1-mars
~'8'
(Campagne Alexander 1
von Humboldt) -1
~
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16°
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50 km 20 la 50 km
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100 m
Température oxygène
Pif) m (ml/l)
CC)
50 km 2() 50 km
25.11
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35.5 60
28.4
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100 m
Salini té Sigma - t
(%0) 150 m
28.8
Ra km 50 10 80 km 50 10
4
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4n
60
80
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Température Oxygène
(mi/l )
150m 2
50 km
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20 25.8
40
60
35,_"--_-
Salinité Sigma - t
150m
Insolation Evaporation
Front thermohalin
~ t 1 t
J?- ~ ~
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Bassin de concentration
120 mètres
Circulation thermohaline
Circulation
d' upwe 11 ing
DE DAKAR A FREETOWN _
d'après la carte 5979
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DE DAKAR A FREETOWN_
d'après ia C8~ 5979
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. Fig.- 7 : Isothermes de surface
du 21 au 2S février 1970
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Iii (d'après la campagne L.A. 70 03)
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Rn 80
100 100
Phosphate~
Température Nitrates (t'atg!O ( \' atg!l)
(OC>
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100
100
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C
200
~no
Température 1\1itrates
(OC) Phosphates
patg/l)
( yatg/1)
Fig. 9 - Qépartition de la température et des sels nutritifs au Cap Hoxo le ?3 février 1973.
\.4. LARGEUR DE LA ZONE D'UPWELLING
La largeur de la zone d'upwelling est un paramètre important puisqu'elle
permet de préciser l'extension vers le large de la zone enrichie. Il
est par contre malaisé d'en donner une définition précise: elle peut
être limitée par un isotherme arbitrairement choisi; elle est plus
facile à visualiser lorsqu'un front borde la zone d'upwelling vers
le large. En fait l'influence de l'upwelling peut se faire sentir
très au large. La fig .10 d'après WOOSTER et al (1976) représente l'écart
mensuel entre les températures au large du Cap Vert et les températures
du milieu de l'océan à la même latitude de juin à novembre, le
gradient zonal de température est faible, les températures de surface
varient de moins d'un degré par rapport à celles du milieu de l'océan.
Mais la saison d'upwelling est très prononcée: de janvier à mai, les
eaux sont 4.5 ,oC plus froides que celles du milieu de l'océan, jusqu'à
plus de 100 km du rivage. A 600 km au large, on note encore un
déficit de 2.5 Oc par rapport au milieu de l'océan.
L'enrichissement du au strict upwelling côtier est beaucoup plus res-
treint dans l'espace. Un paramètre ~réquemment utilisé pour caractériser
la limite entre proéessus côtier - tel l'upwelling - et processus du
large, est,le rayon de d~forrnation barocline de Rossby : il représente
la distance à l'intérieur de laquelle les processus côtiers jouent un
rôle et different des processus du large. On l'obtient en étudiant la
réponse d'un océan à deux couches à un vent constant:
R = ! x (gh ~) 1/2
f ~
avec
,
parametre d e Cor10
·1·1 S :3710-
. 5 s - 1 au n1veau
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u Senega 1
6
9 accélération de la pesanteur
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,,r' " Fig.- 12: Isothermes de surface le
,
1 5 et 6 mai 1977
(d'après la croisière CAP 77 03).
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\
\
I()
2()
30
40
Sn
60
70m t
(
Cela correspondrait à un pur courant de surface d'Ekman, lié à l'orienta-
tion de la côte et à la direction des alizés (TEISSON / 1982). La meilleure
série de mesures reste celle étudiée par TOMCZAK (1970) à partir des
donnéesdu ~teor recueillies devant Saint-Louis pendant 3 jours en mars
1933 (fig.13 ) sur les fonds de 100 m. On note un courant de surface
confiné dans les vingt prem1ers mètres et portant au S~d, et un contre.
courant dirigé vers le Nord occupant les couches profondes. Ce contre -
courant vers les pôles (alors que les vents soufflent vers le Sud) est
un aspect caractéristique de la circulation d'upwelling : il a été
observé dans plusieurs autres régions d'upwelling et serait lié à l'allure
du plateau continental; limité au niveau du talus dans le cas d'un
plateau large en pente douce, il envahirait le plateau si ce dernier est
étroit et abrupt.
o Vent o Vent
o
Courant 0 Sud
Q Sud G Sud
--
Courant
100
200
Plateau large
Plateau étroit
,)
,1
\. ,1
V'I \ l
Isothermes de surface.
50
1no
a) Composante b) Composante
nord-sud (cm/s). nord-sud (tm/s)
...........
::::::::i~::::·.::::::·
~
ISOm ••••••••••••••• •••••
.:. :.:.:.:.:.:.:.:.:..
.
22
100
c) rnmn01':ante
Est-Ouest ~t
isothermes.
* SCOR HORKING GROUP 36 : Report of second meeting Kiel, FRG, 24-28 juin
1974 CUEA NEWSLETTERS (1975).
0Vent
R = 20 km <:) Vent
front
la
Côte Côte
Nord Sud
Côte nord :
couche de --::_:o::::--=..o:::::::-~"'~~-=J
surface océanique
Vitesse verticale:
L'estimation de la vitesse verticale est extrêmement délicate : vu la
faiblesse de sa valeur vis à vis des courants horizontaux, il est
très difficle d'en obtenir une mesure directe. Les méthodes indi-
rectes n~ fournissent qu'un ordre de grandeur et les résultats sont
à utiliser avec beaucoup de précaution. Par exemple l'étude des
migrations des isothermes en régime transitoire montre que du 6 au 13
janvier 1982, ('isotherme 18°C est monté de 35 m le long de la radial~
(fig. \~). On peut donc proposer une vitesse verticale de remontée
T
18 a)
17
16 Station Station
cotière du
15 large
14
13
S
35.00 35.50
18 h)
17 Station
cotière
16 Station
du
15 large
14
13
35.00 35.50
Fig. 17.- Diagramme T-8 sur la radiale de Sangomar (a) et Mboro (b)
en février 1969.
-.;v
20 km 1') 10 5
21
20 10
19 20
18 30
40
6 janvier 1982
50 m
20 km 15 10 5 0
10
20
30
40
13 janvier 1982
50
de 3S/7, ,,>o,t:S mètres par jour/qui n'est qu'une valeur moyenne: il est
probable que la remontée ne s'est pas effectuée de manière uniforme
pendant la semaine. mais s'est plutôt concentrée sur une période de
2 ou 3 jours. associée à un forcing des vents. avec des vitesses
verticales beaucoup plus conséquentes.
1a vitesse verticale peut également être estimée à partir du transport
d'Ekman,qui représente le flux de remontée d'eaux profondes perpen-
diculaires à la côte. La valeur moyenne en période d'upwelling est de
000 kg/s par mètre de côte (TEISSON/t982).
d'épaisseur D x ;
S
W =
JR
S étant le transport d'Ekman, R le rayon ~e déformation barocline
de Rossby, f la densité de l'eau de mer. Si la pycnocline se trouvait
au départ à une profondeur H (épaisseur de la couche mélangée de
surface),elle atteint la surface à la côte en
H
T -W-
Avec R 20 km, S = 1 000 kg/~ par mètre de côte, H 60 m, on trouve
Temps de résidence:
R
front
.......
u s 2.5. à 5 cm/s
fD
En supposant que la largeur de l'upwelling est de l'ordre du rayon
de déformation barocline de Rossby/R = 20 km, le transport en surface
durera R/U/soit 4 à 9 jours. Nous ne disposons pas de données concrètes
sur la durée de la descente le long du front. Des valeurs de 6 à 12
jours ont été avancées par certains auteurs. Nous aboutissons donc à
une estimation du cycle total de 17 à 36 jours, soit une valeur moyenne
de 25 jours. Le demi-cycle dans la zone euphotique, qui est un concept
très utilisé, serait de l'ordre de 12 jours. Le temps de génération du
phytoplancton étant de 3 à 4 jours, la biomasse phytoplanctonique pourra
être multipliée par 8 à 16 durant le demi-cycle dans la zone euphotique.
Mais le zooplancton, dont le temps de génération est de 2 à 3 semaines/
aura. du mal à se développer sur un seul cycle.
~
- - - - - . ;... Tension du vpnt"
..; ~ Transport d' Ekman
______~ Upwelling-Downwelling
Le modèle de Hagen (1974) repose sur le fait que la pente des iso-
pycnes au voisinage d'une côte est un indicateur des mouvements v~~ticaux
des maSSéS d'eaux. (Ceci n'est vrai qu'en supposant une absence de métan~e à
travers les isopycnes et l'invariance du champ de densité le long de la côte).
...,.."....,,..;,.........,..,~..,.::;.....,J/
C~tte couche d'eau est séparée des eaux plus profondes, riches en
sels nutritifs, froides, par de forts gradients verticaux des paramètres
la ?ynocline est très marquée. On observe ensuite 4 phases bien distinctes
- -- -- --- \.
---"'"
J
'il 200 m
- 4é-
2.- ?r.ase ; L'accumulation d'eau au large (marquée par une anomalie positive
de la ~auteur dynamique Ln) provoque une plongée de la pycnocline (convergence).
Au contraire. la pycnocline s'élève près de la côte (divergence), et s'affai-
blit (instabilité due aux ondes internes). Le niveau de la mer répond e~ se~s
inverse. C'est de l'eau de la couche mélangée qui arrive en surface; elle
est légérernent plus froide, mais toujours très pauvre en sels nutritifs. C'est
une période de transition.
6 D;
1
- - - - - -
- - - -
- -- -- --- --.
3.- Phase: L'élévation de la pycnocltne prés de la cote attetnt de telles 45
proportions que 'e5 iso~ycnes crévent la surface de la mer dans la r~gion
- ~
- -
-")
-")
~ --? ..........)
~
~
~
tI
<C--
2.1.2., EVOLUTION SAISONNIERE DE L'UPWELLING SENEGALAIS
La val id ité du modèle de HAGEN a déj à été vérifiée pour les côtes
sénégalaises (TEISSON/1981) : le schéma de circulation s'accorde bien
avec les structures hydrologiques observées ponctuellement lors des
radiales du Cap Vert prolongées (0-300 km des côtes). Nous limitant
maintenant à la radiale du Cap Vert (0-70 km des côtes), nous avons étudié.
l'évolution des structures en saison froide en faisant référence au
modèle de Hagen. Nous ne nous intérèsserons qu'à la répartition de la
température en notant que, la salinité variant très peu en saison froide,
l'allure des isothermes et isopycnes, thermocline et pycnocline, est
pratiquement confondue.
A partir de la situation classique en période d'hivernage (fig. )
nous distinguerons plusieurs typ~~ de masse d'eaux
- eaux chaudes de surface, de 0 à 30 m : 25-28°C,
- eaux plus froides de la couche mélangée (sommet de la thermocline
30-60 m) : 21-25~
E D ç i3 A EDe A
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21 - 22 janvier 1971
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lit:! - 19 février 1971 25 - 27
16
ZR - 30 13 - 15
{.
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-21(
~
1
(
28
2.2.1. Formulation
En supposant que le transport global transversal est nul sur une verticale
(équation de continuité), l'équation intégrée par rapport à z des moments
sur oy conduit à :
d = Cl / f f paramètre de Coriolis
Les équations qui gouvernent le champ de vitesse u, v, w. et la distri-
bution de densité dans la région intérieure. au delà des couches limites
de surface et de fond, s'écrivent, avec les hypothèses précédentes.
-.}-.)
.A dP
--
JI\. ~ ."C
()~
v - ~
~ -H.
dP
ôîs -Sô (3)
")IJ ... ~w = 0
"O"C. "1s
~ = ê) f.(l) w
") t.. ")'b
Nous ne nous int~rèssons qui à la distribution de densité - A partir de la
dernière équation, en exprimant w en fonction de v, puis de v, on obtient :
d~ d Jo (2)) d.l,.,.
- ?r Il. ---'
'd\:: ~1s g J~Ô~
v- )
v = V (1 _ e - n)
-")
e. (4)
2.2.2. Discussion
~"2~ C)il:.
1 le
2 3
Cette perturbation est positive en tout point quelque soit le temps. Nous
retrouvons là un résultat classique de l'upwelling, l'élévation des
isopycnes due à une contrainte de vent. La perturbation est maximale
h
pour \. = 1, soi t t 1([""" en un point donné.
(6)
1.0 =-
JI
qu'une saillie, une poussée vers le haut existe au niveau des isopycnes
cette "proturbérance" est marquée par une crête à '1. =2 pour
h S ci 'c/2
~ - ~ dt U::: ~ 0 + ~ ~ ~ <:~
'i)1)C.
o
(2) Considérons maintenant une topographie de fond telle que la pente
soit égale à une constante dans les petits fonds et à une constante
bien plus importante par grandes profondeurs. Ces deux régions sont
reliées par une région intermédiaire, le rebord du plateau continental,
où ~v./'b'k croit rapidement. Si dans cette région, i l existe un point ou
o~ "",_t
Q
n
~
'il 'Je /1.
1 ('ë)q, )-l
';) rc.
est supérieur à 2, alors en ce point
est négatif quelque soit le temps t d'après l'équation (5 )
Ainsi, dès le début de l'upwelling, une saillie des isopycnes se
développera dans la région du rebord du plateau et se maintiendra
jusqu'à ce que, dépasse 2 dans cette région, soit durant pratiquement
la totalité de l'upwelling. Cette crête des isopycnes existe indé-
pendamment de la crête formée dans les eaux peu profondes lorsque no 2
~ ~o -< ~
-----------.----------- -----------+--------
<]==
2.2.3. Application du modèle à la radiale du Cap Vert
Nous allons examiner la distribution théorique des isopycnes en
réponse à un vent de 5 mis soufflant parallèlement à la côte à
partir du temps t = O. Le seul paramètre qui reste à spécifier est le
paramètre d
JANOWITZ et PIETRAFESA ont montré à partir de considérations sur
l'écoulement turbulent dans la couche de fond, que d pouvait être
approximé par
d I x (O. 3Y/ ~ ) 1/2
i06 n.
2
En posant de manière classique ~ = ~air Cd W , nous obtenons d
sous la forme :
d x (0.3 Cd gair )1/2 W
206 ~ '"
-3
où Cd est le "drag coefficient" 1.3. 10 et W la vitesse du vent.
-5 -1
Le paramètre de Coriolis 6 vaut 3.7. 10 ~ au niveau du Sénégal
Pour un vent moyen de 5 rn/s, nous aurons donc
d=4.5.m
D'après la description du chapitre l, la ligne de sonde des 20 mètres
représente la limite des processus de mélanges cotiers. Nous
n'appliquerons le modèle que dans les fonds supérieurs à ho 20 m.
Nous nous intéresserons tout d'abord à la zone du milieu du plateau
continental, dont la pente moyenne sera supposée constante, égale
3
à 2 10- . D'après l'équation (6), la pente des isopycnes est du
signe de 2- '1. avec 'l =6 dt/h.
Avec le début des vents favorables, les isopycnes remontent lorsqu'on
se dirige vers la côte (t)o< 2 ; ~ r1~?~ 0). Lorsque 'ld = gdt ,
~d = 3.6 km/jour
.i 'b~ I~'l:.
Ainsi 2.8 jours après que le vent ait commencé à souffler, une
crête des isopycnes apparaitra sur les fonds de 20 m et se déplacera
vers le large à la vitesse de 3.6 km/jour.
x(km) 0 24 36 41 46 48 50 52.5
,H ra u
/ ~,t , , 1. 26 2.33 2.49 4.05 0.97
Pour les fonds compris entre 75 et 150 m H)2. La théorie nous indique
/
qu'il y aura un renflement, une crète des isopycnes au-dessus de
cette zone qui correspond au rebord du plateau continental. Le même
calcul montre qu'il existe également une zone où H/2 au large de
Saint-Louis, comprise entre 100 et 150 m, et à Sangomar entre 75 et
125 m. Au large de Cayar et Mboro, nous n'avons pas trouvé de région
H> 2. La mise en application de cette théorie doit tenir compte de
l'hypothèse principale de départ: à t = 0, le vent se met à souffler
Il faut donc séparer la saison froide en diverses périodes les pé-
riodes de relaxation, marquées par des vents faibles ou contraires qui
correspondent aux situations de repos ; et les périodes de vents forts
favorables à l'upwelling, où nous pourrons appliquer le modèle précé-
dent. Ce "découpage" de la saison froide a été réalisé à l'aide du
calcul de l'indice d'upwelling journalier, à partir du transport
d'Ekman S = ~ / ~ qui dépend du carré de la vi tesse du vent (TEISSaN
1982). Nous avons ainsi isolé les périodes de relaxation (indice
faible) des périodes d'intensification (indice élevé, supérieur à
0.95), pour la saison 1968-1969 (fig.23 ) et tenté d'interpréter les
structures observées sur la radiale du Cap Vert (fig.20).
60km 40 20 0
o 't-".....-r'r-----..........,.
100
200
300
400 aint-Louis
SOV1'a_....... ........
100km 80 60 40 20 0
Cap Sangomar
"tanuel
Il décembre 1968
Après une période de relaxation fin novembre début décembre, les alizés
ont repris depuis le 6 décembre. On observe une crète des isothermes au
dessus des fonds de 30 m. Les vents soufflant depuis 5 jours, la crète
prévue par la théorie devrait se trouver sur les fonds de 35 m (7.2.x5).
La crète observée est donc bien prédite par la théorie. Si les vents
continuent de souffler, elle se déplacera vers le large. Au large, le
renflement des isothermes sous la station D correspond à la région
H> 2 du rebord du plateau.
la janvier 1969
Après: une période de relaxation début janvier, les alizés ont repris
depuis une journée. A la côte les isothermes sont horizontaux; le
renflement des isothermes sur les fonds de 70-100 m peut être la
réponse à la phase d'upwelling qui démarre, alors que les eaux côtières
sont toujours au repos. Ainsi, le début d'une phase d'upwelling se
traduirait par une remontée des eaux froides au niveau du rebord du
plateau continental (temps de réponse de l'ordre d'une journée) les
eaux cotières ne commenceraient à se refroidir que bien plus tard,
surtout en début de saison froide, puisque des écarts de 4 jours ont
été observés entre le début d'une phase de vents favorables et le
début du refroidissement à la station côtière de Thiaroye)en novembre
1968 (TEISSON 1982)
21 février 1969
L'indice d'upwelling nous indique une phase d'upwelling du 8 au 13 février
une phase de relaxation du 14 au 19, puis une reprise à partir du 20.
Comme nous l'avions noté, en 2.1.2, la coupe T-z a l'allure d'un
upwelling complètement développé : les vents qui n'ont repris que
depuis deux jours ont suffi à effacer toute trace de la période de
relaxation qui a duré 6 jours. Le front, mis en place et alimenté par
l'upwelling précédent, du 8 au 13 février, a traversé sans s'affaiblir
cette période de relaxation : nous avons là un exemple de la persistance,
de la très lente dissipation des zones frontales ainsi que de la
"prédisposition" des masses d'eaux à la moindre phase de vents soutenus,
lorsque l'upwelling est déjà développé. Notons sans l'expliquer, l'absencE
de crète dans les isothermes, preuve qu'un modèle conceptuel ne peut tout
prendre en compte.
13 mars 1969
Du 21 février au 13 mars, les alizés ont soufflé très épisodiquement
ils n'ont véritablement été présents que du 2 au 4, puis le 9 et II mars.
Le front s'est légèrement rapproché de la côte. On observe une crète
marquée sur les fonds de 80-100 m, sans doute la réponse à la journée
d'alizés du II mars, 2 jours plus tôt.
28 avril 1969
Après II jours de relaxation, les alizés ont repris le 25 avril. Durant
cette longue période de vents faibles, les eaux de surface ont subi
un important réchauffement et le front se retrouve à la côte. On
note que les effets du nouvel upwelling qui a démarré depuis trois
jours se fait sentir sur les fonds de 60 m et non pas à la côte :
ils se traduisent par une crète des isothermes dans la région du rebord
du plateau continental.
20 mai 1969 :
Les alizés qui avaient cessé de souffler depuis le 6 mai, ont fait
leur réapparition le 19. Durant quinze jours de vent faibles ou contraire~
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CONCLUSION
Nous nous sommes strictement limités dans ce document à l'étude des pro-
cessus physiquesqui gouvernent l'écosystème d'upwelling (cf. fig.2). La
connaissance de l'upwelling sénégalais est loin d'être achevée puisque
les aspects biologiques n'ont pas été abordés. Nous n'avons eu outre pas
considéré les phénomènes à grande échelle ou à très petite échelle. Le
lecteur trouvera des informations sur les interactions océan-atmosphére
(connexions entre les anomalies de la circulation atmosphérique observées
dans l'Atlantique Nord et les réponses de type El Nino dans le Golfe de
Guinée et l'Atlantique Oriental, variations interannuelles de l'upwelling)
dans les articles de HISARD (1980) et MERLE (1980). L'étude des micros-
tructures (turbulence, éparpillement du plancton, processus de mélange) a
été trai téej entre autres) par SHARP (I980) , OWEN (I980) , KULLENBERG (I 977) .
Il nous a semblé qu'une première approche de l'upwelling sénégalais devait
se limiter à l'étude à moyenne échelle qui permet de comprendre les grandes
lignes du phénomène, les variations à grande ou à petite échelle venant se
superposer par la suite aux caractèristiques moyennes. C'est dans cet esprit
que l'aspect de l'environnement en période d'upwelling a été décrit dans la
première partie ~ nous avons tenté de déterminer le plus concrètlemeilt
possible les différents paramètres explicatifs du milieu, tels qu'ils
avaient été définis dans l'introduction (largeur de la zone d'upwelling,
origine des masses d'eaux ..... )
Les structures hydrologiques et la circulation sont apparues très différentes
au nord et au sud de la Presqu'tle du Cap Vert. Cette hétérogénéité spatiale
de l'upwelling est due à la topographie du fond. Sur un plateau continental
étroit, abrupt, comme sur la cÔte nord, l'upwelling est strictement cÔtier,
dans une bande d'une vingtaine de kilomètres de large. Sur un plateau
large et en pente douce, avec une rupture de pente au niveau du talus,
comme sur la cÔte sud. l'upwelling principal apparait sur le rebord du
plateau et une seconde cellule d'upwelling se forme au dessus du milieu
du plateau. Si la pente du plateau est très faible comme c'est le cas à
partir de Mbour, les processus thermohalins - évaporation, réchauffement -
deviennent prépondérants sur les petits fonds et la circulation d'upwelling
n'atteint plus la cÔte.
La mauvaise orientation de la cÔte entre la Presqu'tle du Cap Vert et Kayar
rend cette région peu propice au développement d'un upwelling stable: cette
région joue le rôle de barrière hydrologique entre les conditions de milieu
de la cÔte nord et de la côte sud.
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BIBLIOGRAPHIE
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