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Support de Cours

Ce document est un support de cours sur les contrats, destiné aux élèves des terminales G1 et G2, et élaboré par Kouame Emmanuel pour l'année scolaire 2013-2014. Il définit les contrats, les classifie selon divers critères, et expose les conditions de formation des contrats, notamment le consentement, la capacité, l'objet et la cause. Les différentes catégories de contrats sont expliquées, avec des exemples pour illustrer chaque type.

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Support de Cours

Ce document est un support de cours sur les contrats, destiné aux élèves des terminales G1 et G2, et élaboré par Kouame Emmanuel pour l'année scolaire 2013-2014. Il définit les contrats, les classifie selon divers critères, et expose les conditions de formation des contrats, notamment le consentement, la capacité, l'objet et la cause. Les différentes catégories de contrats sont expliquées, avec des exemples pour illustrer chaque type.

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SUPPORT DE COURS

INSTITUT TECHNIQUE GRACE DIVINE SOUBRE

SUPPORT DE COURS
TERMINALES G1 et G2
Réalisé par : KOUAME EMMANUEL
Année scolaire : 2013-2014

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SUPPORT DE COURS

CHAPITRE INTRODUCTIF
GENERALITES SUR LES CONTRATS

Section 1 : Définition et classification des contrats


Paragraphe 1 : Définition
Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent à donner, à faire
ou à ne pas faire quelque chose. C’est un accord de volontés destiné à créer des obligations.
Paragraphe 2 : La classification des contrats

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SUPPORT DE COURS

Nous pouvons classer les contrats selon plusieurs critères (mode de formation, contenu, temps, par
rapport au code civil... Nous les regrouperons dans un tableau selon des critères et nous ferons aussi
une classification en les opposant deux à deux.
A/ Le tableau de classification
Critères Types Caractéristiques Exemples
Contrat synallagmatique - Crée des
obligations
Obligations Ou bilatéral - Vente
réciproques à la
Crées charge des parties
Contrat unilatéral - Crée des
obligations à la
charge d’une seule - donation
partie
Contrats à titre onéreux - chaque partie retire - prêt à intérêt
un avantage
Avantages
retirés - une partie procure
Contrat à titre gratuit -donation, prêt sans
un avantage sans
intérêt
contrepartie
Contrat consensuel - se forme au seul - vente, CDI
échange des
Mode de
consentements
formation
Contrat formel ou solennel
- se forme par
l’accomplissement - contrat
de formalités d’assurance
Contrat à durée - la date d’expiration - contrat à
déterminée est connue durée
Effet dans le
déterminée( C
temps
DD)

- contrat à
Contrat à durée - la date d’expiration durée
indéterminée n’est pas fixée indéterminée(
CDI)

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SUPPORT DE COURS

Contrat d’adhésion - le contenu est - vente dans les


imposé à la partie la grandes
Condition de
plus faible surfaces
formation
Contrat de gré à gré
- les clauses sont - contrat de
négociées travail

B/ Classification des contrats en les opposant


a- Le contrat consensuel, le contrat formel, le contrat réel
1) Le contrat consensuel
Le contrat consensuel est celui qui se forme par le seul échange des consentements des parties.
L’écrit n’est pas exigé comme une condition de validité. Exemple : la vente de meuble.
2) Le contrat formel ou solennel
C’est un contrat qui doit être établi, formé par écrit. L’écrit est une condition de validité. C'est-à-dire
qu’en plus des consentements, il faut qu’il soit constaté par écrit.
3) Le contrat réel
C’est contrat dont la formation requiert la remise de la chose en plus des consentements.
Exemple : le prêt, le dépôt, le gage
b- Le contrat de gré à gré, le contrat d’adhésion
1- Le contrat de gré à gré
Le contrat de gré à gré est celui dans lequel les clauses sont librement négociées sur le même
pied d’égalité par les parties.
Exemple : la location
2- Le contrat d’adhésion

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SUPPORT DE COURS

Ici, l’une des parties impose les clauses qu’elle a établies à l’autre. C’est un contrat dans lequel
l’une des parties propose à l’autre un acte qu’elle a établit elle-même.
Exemple : contrat d’abonnement d’eau ou d’électricité, le contrat de transport où le prix est imposé…
c- Le contrat unilatéral, le contrat synallagmatique
1- Le contrat unilatéral
C’est un contrat qui crée des obligations à la charge d’une seule des parties.
Exemple : la donation

2- Le contrat synallagmatique ou bilatéral


C’est un contrat qui fait naitre des obligations réciproques à la charge de chacune des parties.
Exemple : le contrat de travail, la vente
d- Le contrat à titre gratuit, le contrat à titre onéreux
1- Le contrat à titre gratuit ou de bienfaisance
C’est un contrat dans lequel l’une des parties procure un avantage à l’autre sans rechercher une
contrepartie.
Exemple : la donation, le prêt sans intérêt
2- Le contrat à titre onéreux
C’est un contrat dans lequel chaque partie recherche, attend un avantage.
Exemple : la vente, le contrat de travail, la location
e- Le contrat commutatif, le contrat aléatoire
1- Le contrat commutatif
C’est un contrat qui laisse entrevoir l’importance des obligations à la conclusion.
Exemple : le contrat de travail, la vente
2- Le contrat aléatoire
Le contrat aléatoire est celui dans lequel l’existence ou la valeur de la charge de l’une des parties
dépend d’un événement futur et incertain. Dans ce contrat l’une des parties ne connait pas la teneur de
ses obligations à la conclusion du contrat.

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SUPPORT DE COURS

Exemple : le contrat de pari, le contrat d’assurance risque


f- Le contrat à exécution instantanée, le contrat à exécution successive
1- Le contrat à exécution instantanée ou à exécution immédiate
C’est un contrat dont les obligations sont susceptibles d’être exécutée en une seule prestation ou
encore celui qui a un objet qui peut être exécuté immédiatement.
Exemple : la vente au comptant

2- Le contrat à exécution successive


C’est un contrat dont les obligations sont susceptibles d’une exécution échelonnée dans le temps.
Exemple : le contrat de travail, le bail
g- Le contrat nommé, le contrat innomé
1- Le contrat nommé
C’est celui qui est qualifié et règlementé par la loi.
Exemple : vente, louage, dépôt
2- Le contrat innomé
C’est un contrat qui ne figure pas au nombre des variétés règlementée par la loi.
Exemple : hôtellerie, déménagement
Quelque soit le contrat retenu, sa formation nécessite le respect de certaines conditions de validité.

Section 2 : Les conditions de formation des contrats


Les conditions sont relatives au fond et à la forme.
Paragraphe 1 : Les conditions de fond
Il s’agit du consentement, de la capacité, de l’objet et de la cause
A/ Le consentement
Le consentement est une manifestation de volonté. C’est également la rencontre des volontés des
personnes qui désirent contracter. Il doit exister et être intègre.
a- L’existence du consentement

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SUPPORT DE COURS

L’existence du consentement suppose la présence d’une offre et d’une acceptation.


1- La pollicitation ou offre
L’offre, encore appelée pollicitation est une proposition ferme et précise faite à autrui en vue de
contracter.
1-1- Les conditions de validité de l’offre
L’offre doit être ferme et précise
La fermeté de l’offre
La personne qui fait l’offre doit manifester une volonté claire, sans équivoque, résolue de conclure.
Cela exclut les réserves pouvant porter sur les éléments essentiels du futur contrat.
L’offre doit être précise
La précision implique une description des éléments du contrat. Il en est ainsi de la vente dans
laquelle l’offrant doit indiquer au moins le prix et la chose qui en sont les éléments essentiels. La chose
et le prix sont suffisants pour déterminer la volonté.
Si le prix est à débattre, il ne s’agira pas de pollicitation mais plutôt d’une invitation à des
pourparlers.
En l’absence de soit du prix, soit de la chose, il y a appel d’offre ou invitation à des pourparlers.
1-2- La durée de l’offre
C’est le lieu de poser le problème de la rétractation de l’offre et sa caducité. Quel est le sort de la
pollicitation entre son émission et son acceptation ?
La révocation de l’offre
L’offrant n’a pas un pouvoir discrétionnaire quant à la rétractation de l’offre. Il ne peut retirer la
pollicitation de façon libre. En effet, il convient de distingue deux cas.

- L’offre est assortie d’un délai

Dans ce cas la pollicitation ne peut pas être retirée avant l’expiration dudit délai. Sinon cela constitue
une faute pouvant conduire au paiement de dommages-intérêts en faveur du bénéficiaire de l’offre.

- La pollicitation n’est pas assortie de délai

Selon la jurisprudence, une telle offre doit être maintenue durant une période raisonnable.
L’appréciation de ce caractère raisonnable est laissée au juge.

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SUPPORT DE COURS

La caducité de l’offre
L’offre devient caduque en cas de l’écoulement du délai, du décès de l’offrant ou de son incapacité
intervenue après l’offre et ce avant l’acceptation.
2- L’acceptation
L’acceptation est l’agrément pur et simple de l’offre par son destinataire. Elle doit respecter des
conditions pour être valable.
2-1- Les conditions de validité de l’acceptation
L’acceptation doit être pure et simple et intervenir à temps.
L’acceptation doit être pure et simple
Cela signifie que l’acceptation doit être conforme à l’offre. L’acceptant doit adhérer à l’offre sans rien
modifier. En cas de modification envisagée par l’acceptant, il n’y aurait plus acceptation mais plutôt
une contreproposition.
L’acceptation doit intervenir au moment opportun
L’acceptation doit intervenir avant la caducité ou la rétractation de l’offre sinon elle est inopérante.
Une fois le bénéficiaire de l’offre l’accepte, le contrat se forme. Mais que se passe-t- il si l’acceptant
garde le silence face à l’offre ? Cela pose le problème de la valeur du silence en la matière.
2-2- La valeur du silence en matière d’acceptation
Le principe
Normalement le silence du destinataire de l’offre ne vaut pas acceptation. Le silence empêche
donc la formation du contrat. Toutefois, il y a des exceptions.
Les exceptions

- En cas de commun accord

Si les parties conviennent que leur silence vaudra acceptation, alors le silence signifie acceptation.

- Selon l’article 1738 du code civil

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SUPPORT DE COURS

Aux termes de ce texte, il y a acceptation par tacite reconduction quand le bailleur ne lui donne
pas congé et qu’il demeure dans les lieux loués à l’expiration du bail. La tacite reconduction est le
renouvellement du contrat entre les parties a l'arrivee du terme du seul fait de la poursuite ou du
maintien des relations contractuelles preexistentes.

- Selon les usages

Quand les usages professionnels le requièrent, le silence vaut acceptation.


b- L’intégrité du consentement
Un consentement intègre est celui qui est sain, sans défaut. C’est un consentement exempt de
vices. Les vices du consentement sont l’erreur, le dol, la violence
1- L’erreur
C’est une mauvaise appréciation de la réalité. Le contractant a pris ce qui est vrai pour faux ou
pour faux ce qui est vrai. Elle constitue un vice si elle porte sur une qualité essentielle de la chose
(valeur, authenticité …), la personne si le contrat est conclu intuitus personae. En cas d’erreur sur la
nature du contrat, il y a erreur obstacle qui empêche même la formation du contrat
Exemple : un élève achète une chaine à 15 000 FCFA croyant qu’il s’agissait d’une chaine en or
massif.
2- Le dol
Le dol est constitué par l’utilisation de moyens frauduleux pour surprendre la volonté de l’autre
partie. C'est-à-dire l’induire en erreur. Ainsi, à la différence de l’erreur où une partie s’est trompée elle-
même, dans le dol, le cocontractant a été trompé. Le dol doit émaner du cocontractant et être
déterminant dans l’acceptation. Il est déterminant quand sans lui la personne n’aurait pas contracté.
3- La violence
La violence est une contrainte physique ou morale exercée sur une personne en vue de
déterminer son consentement. La violence doit entrainer chez la victime la crainte d’exposer sa
personne ou ses biens à un mal considérable et présent, être déterminante et être illégitime. La
violence est dite illégitime si son auteur n’utilise pas une voie de droit.

B / La capacité
La capacité est l’aptitude à avoir des droits, à en jouir et à les exercer. En principe, toute personne
peut contracter si la loi ne l’a pas déclarée incapable.

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SUPPORT DE COURS

Il existe deux types d’incapacité :

- L’incapacité de jouissance est l’inaptitude à avoir des droits. Ainsi le droit de vote est retiré à
toute personne qui est condamnée pour crime ou délit.

- L’incapacité d’exercice est l’inaptitude d’une personne à mettre en œuvre elle-même ses droits.
C’est le cas d’un enfant mineur non émancipé pour qui le père a ouvert un compte à la banque.
Les fonds sont sa propriété, mais il ne peut pas faire lui-même d’opération bancaire sur ledit
compte.
Pour contracter, il convient de ne pas être un mineur non émancipé ou un majeur incapable.
Toutefois la loi prevoit des cas où l’incapable, assisté, peut conclure. Notamment le mineur de 16 ans
peut conclure un contrat de travail avec l’assistance de son représentant légal.
C/ L’objet
Il convient de distinguer l’objet du contrat de l’objet de l’obligation.

- L’objet du contrat est l’opération juridique que les parties ont voulu effectuer. Exemple : une
vente, une location…

- L’objet de l’obligation est la prestation ou la chose que chaque partie s’est obligée à fournir.
Exemple : une somme d’argent, une montre, un portable…
L’objet doit exister et être licite
a- L’existence de l’objet
Cela signifie que l’objet doit être déterminé ou déterminable. En clair l’objet doit exister au moment
de la conclusion du contrat ou simplement qu’il doit existés des indices permettant de le déterminer.
Ainsi, un contrat peut-il porter sur une chose future. Exemple : une récolte à venir, une table à
confectionner…
b- La licéité de l’objet
Lorsque l’objet est illicite le contrat est invalide. L’on dit que l’objet est illicite quand il est prohibé
par la loi ou contraire aux bonnes mœurs. Exemple : la vente de stupéfiant ou d’attributs du corps
humain.
D/ La cause
La cause doit exister et être licite
a- L’existence de la cause

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SUPPORT DE COURS

La cause de l’obligation du débiteur est la raison immédiate et directe qui le pousse à conclure, à
s’engager. Elle se distingue du motif qui est le mobile personnel, la raison lointaine et subjective.
La cause est toujours la même pour chaque type d’acte. Exemple : pour les contrats
synallagmatiques la cause de l’obligation d’une partie est l’obligation de l’autre partie, pour les contrats
à titre gratuit la cause est l’intention libérale.
b- La licéité de la cause
Pour parler de licéité, c’est le motif qui est retenu. C'est-à-dire les mobiles personnels qui poussent
à contracter. Lorsque le motif est illicite et déterminant le contrat est nul.
Exemple : contrat de bail en vue d’exercer le proxénétisme.
Paragraphe 2 : Les conditions de forme
Il existe un principe assorti d’exceptions.
A/ Le principe : le consensualisme
Aucune forme particulière n’est exigée pour la validité des contrats. Cela signifie que le seul
échange des consentements suffit pour former le contrat. Toutefois, des exceptions existent.
B/ Les exceptions
a- La publicité
Certains actes doivent faire l’objet de publicité pour être opposables aux tiers. Exemple : le
transfert de droit réel immobilier
b- L’enregistrement
C’est une formalité fiscale. L’enregistrement est imposé pour certains actes en vue de la
perception d’impôt. Exemple : le testament, vente de fonds de commerce…
c- Les actes solennels
Il s’agit d’actes qui requièrent certaines formes pour leur validité.
Exemple : acte de mariage, donation, reconnaissance d’enfant naturel…
d- La publication
Elle est un mode de publicité requis pour quelques actes pour faire connaitre leur existence à
travers des moyens de communication de masse ou par l’insertion dans un recueil officiel (journal
officiel : constitution de société)

Section 3 : Les effets du contrat


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SUPPORT DE COURS

Le contrat produit des effets à l’égard des parties, des tiers et à l’égard des ayants cause
Paragraphe 1 : Les effets obligatoires à l’égard des parties
Conformément à l’article 1134 du code civil « les conventions légalement formées tiennent lieu de
loi à ceux qui les ont faites ». Autant dire que les contrats s’imposent à ceux qui ont participé à leur
conclusion.
Paragraphe 2 : Les effets relatifs à l’égard des tiers
Les tiers au contrat sont les personnes qui n’ont pas pris part à sa formation. En principe « les
conventions n’ont d’effets qu’entre les parties contractantes ; elles ne nuisent pas aux tiers… ». Car les
tiers n’ont pas décidé de se lier et nul ne peut lier autrui par sa seule volonté. Mais le contrat peut
profiter aux tiers.

- La stipulation pour autrui : dans un contrat d’assurance, l’assuré peut cotiser au profit d’une
autre personne qui n’est pas partie au contrat et sera bénéficiaire

- La promesse de porte-fort : c’est un engagement pris par une personne d’obtenir d’un tiers
l’exécution d’une obligation résultant d’un acte auquel elle n’est pas partie.

- Les contrats collectifs : ce sont des contrats conclus entre deux groupes professionnels.

Exemple : le vendeur d’un bien d’une succession s’engage que le mineur n’attaquera pas la vente
lorsqu’il deviendra majeur.
Paragraphe 3 : Les effets à l’égard des ayants cause
Un ayant cause est une personne qui tient son droit d’une autre personne appelée auteur ou une
personne qui bénéficie d’une prestation du fait de ses liens avec l’assuré (conjoint, enfant…).Le terme
ayant droit est utilisé comme synonyme. Il existe différents degré d’ayant cause.

- L’ayant cause à titre universel est celui qui reçoit une fraction du patrimoine composée de droits
et d’obligations. Les contrats portant sue cette fraction s’imposent à lui.

- L’ayant cause universel est celui qui recueille tout le patrimoine. Il est tenu de l’ensemble des
dettes de son auteur.

- L’ayant cause à titre particulier est une personne qui acquiert de son auteur un ou plusieurs
droits déterminés. Exemple : l’acquéreur d’un bien

Section 4 : L’inexécution du contrat

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SUPPORT DE COURS

La partie qui n’exécute pas ses obligations peut y être contrainte : on parle d’exécution forcée.
On peut également engager sa responsabilité contractuelle, opposer l’exception d’inexécution ou la
résolution s’il s’agit de contrat synallagmatique.
Paragraphe1 : La responsabilité contractuelle
La responsabilité contractuelle est l’obligation de réparer les préjudices résultant de
l’inexécution d’un contrat.
A/ Les conditions pour retenir la responsabilité contractuelle
La responsabilité contractuelle est engagée en cas de faute contractuelle ayant causé
directement un préjudice à l’autre partie.
a- La faute contractuelle
La faute est dite contractuelle lorsqu’elle résulte d’un contrat. Il peut donc s’agir d’une inexécution
totale de l’obligation contractuelle, d’une exécution partielle, d’une exécution tardive ou défectueuse.
b- Le préjudice
Il s’agit du dommage subi par l’autre partie
c- Le lien de causalité entre la faute et le préjudice
Cela signifie que le dommage doit émaner directement de la faute, être la conséquence directe.
Lorsque les conditions sont remplies, cela donne lieu à réparation.

B/ La réparation du préjudice
La partie contractante qui a commis la faute peut être obligée à verser des dommages et intérêts
compensatoire en cas de défaut d’exécution des obligations ou des dommages et intérêts moratoires
en cas de retard dans l’exécution des obligations.
Paragraphe 2 : L’exceptio de non adeplenicontractus : l’exception d’inexécution
Elle consiste pour l’une des parties à ne pas exécuter sa prestation tant que l’autre partie n’aura pas
exécuté la sienne.
Paragraphe 3 : La résolution
Les parties peuvent décider de mettre fin au contrat en cas d’inexécution par l’une des parties de
ses obligations en restituant les prestations déjà reçu
SECTION 5 : LA NULLITE DES CONTRATS

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SUPPORT DE COURS

La nullité est une sanction prononcée par le juge contre les actes qui ne respectent pas les
conditions d validité. La nullité peut être relative ou absolue en fonction de l’imperfection. Lorsque la
nullité est prononcée, l’acte est censé n’avoir jamais existé. Toutefois, pour les actes successifs, la
nullité ne retro agit pas.
Paragraphe 1 : La nullité relative
Elle est éditée en vue de la protection de l’intérêt privé. Elle est prononcée en cas de vice du
consentement ou d’incapacité et est susceptible de confirmation. Elle se prescrit par 5 ans.
Paragraphe 2 : La nullité absolue
Elle est protectrice de l’intérêt général. Elle est requise en cas de :
- Absence de consentement
- Objet inexistant, illicite, indéterminé
- Défaut de forme des actes solennels
Elle se prescrit par 30 ans

CHAPITRE I
LE CONTRAT DE VENTE

Les hommes ont toujours eu des besoins à satisfaire. Mais comment y parvenir ? Autrefois,
étaient échangés sur les marchés des biens contre des biens. Ainsi, la personne qui a par exemple du
manioc et qui veut de la banane se rend au marché avec une certaine quantité de manioc et l’échange
contre de la banane : on parle d’échange ou de troc. Aujourd’hui, une personne physique ou morale
qui veut s’approprier un bien doit se rendre sur le marché avec une somme d’argent en vue d’acquérir
le bien en question qui lui est proposé par un autre agent économique. On parle de vente. Qu’est ce
que la vente ? Comment se forme- t-elle ? Quels sont ses effets ?

Section 1 : La notion

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SUPPORT DE COURS

Nous envisagerons la définition, les caractères et les modalités


Paragraphe 1 : Définition
La vente est, aux termes de l’article 1582 du code civil, une convention par laquelle l’un s’oblige à
livrer une chose, et l’autre à la payer. Elle peut être faite par acte authentique ou sous seing privé.
C’est aussi une convention par laquelle une personne transfère la propriété d’un bien moyennant
une contrepartie monétaire.
Elle est dite commerciale lorsqu’elle est effectuée par un commerçant dans l’exercice de son
activité commerciale pour le besoin de son commerce, entre commerçants ou entre commerçant et
particuliers. La vente commerciale respecte les mêmes conditions de validité que la vente. Mais elle
obéit à des règles particulières
Paragraphe 2 : Les caractères du contrat de vente
La vente est un contrat synallagmatique, commutatif, à titre onéreux, consensuel en principe,
nommé, translatif de propriété

Paragraphe 3 : Distinction de la vente des contrats voisins


A/ Vente et échange
Les deux sont translatifs de propriété. Mais dans la vente, le transfert de propriété se fait contre
le payement d’un prix à la différence de l’échange dans lequel la contrepartie est un autre bien.
B/ Vente et dation en paiement
Dans la dation en paiement, le débiteur transfère la propriété d’une chose différente de celle qui
faisait l’objet de l’obligation au profit du créancier en vue d’exécuter son obligation. Elle éteint donc une
obligation : ce n’est pas un contrat.
C/ Vente et donation
La donation est un contrat dans lequel une personne transfère la propriété d’un bien sans
contrepartie. C’est un contrat à titre gratuit alors que la vente est à titre onéreux.

Section 2 : La formation de la vente


Paragraphe 1 : Les conditions générales

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SUPPORT DE COURS

La vente doit satisfaire aux conditions de formation de tout contrat. Selon l’article 1108 du code
civil, quatre conditions sont essentielles pour la validité des contrats. Mais avant il faut signifier que
selon les termes de l’article 208 de l’acte uniforme portant droit commercial, « le contrat de vente
commerciale peut être écrit ou verbal… »

- Le consentement de la partie qui s’oblige ;


- Sa capacité de contracter ;
- Un objet certain qui forme la matière de l’engagement
- Une cause licite dans l’obligation

A/ Le consentement
Le consentement doit exister, être intègre. Aussi convient-il de noter qu’il peut être affecté de
modalités.
a) L’existence du consentement
Le consentement dans la vente suppose une offre et une acceptation.

1- L’offre ou pollicitation
Elle émane du vendeur en principe ; elle peut être générale et impersonnelle (marchandises
exposées dans une vitrine, envoi de catalogue…) ou à personne déterminée.
La pollicitation doit préciser la nature du bien et le prix.
2- L’acceptation
L’acceptation doit intervenir dans un délai raisonnable. Les délais sont fonction des usages
professionnels et locaux.
En cas d’acceptation dans le délai, le vendeur est obligé de vendre. Toutefois, il pourra refuser
dans les cas suivants :

- En cas d’insolvabilité de l’acheteur

- En cas de commande anormal : commande de détail passée à un grossiste…

- Lorsque la nature des produits exige un acquéreur particulièrement équipé ou qualifié ou


autorisé.

b) L’intégrité du consentement

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SUPPORT DE COURS

La vente n’est valable que si le consentement des parties est intègre, non vicié. En cas de vice
du consentement (erreur, violence, dol), la vente sera frappée d’une nullité relative. En matière de
vente d’immeuble par exemple il existe une autre cause de vice de consentement appelée lésion :
c’est un important défaut d’équivalence entre les prestations au moment de la conclusion de la vente.
c) La rencontre des consentements
Si les parties sont en présence l’une de l’autre, la vente est formée au moment de l’échange des
consentements. Le problème se pose en cas d’accord donné par correspondance ou par téléphone.

1- La vente par correspondance


Ici deux théories s’affrontent :

- Le système de l’expédition

Dans ce système la vente est censée être formée le jour où l’acheteur a expédié la lettre contenant
son acceptation.

- Le système de la réception

Dans ce système la vente est considérée être formée le jour où l’offrant reçoit la lettre de l’acheteur.
La jurisprudence semble consacrer la théorie de l’émission.
2- La vente par téléphone
Le contrat est formé au lieu où se trouve celui qui accepte.
d) Les modalités pouvant affecter le consentement
Les modalités peuvent affecter le contenu du consentement, l’échange des consentements ou son
expression.
1- Les modalités affectant le contenu du consentement
La vente se forme au moment de l’échange des consentements. Mais le problème se pose en cas
de promesse de vente, de vente avec dédit ou avec arrhes et de vente à réméré

- La promesse de vente

La promesse synallagmatique de vente vaut vente s’il y a accord sur la chose et sur le prix.
17
SUPPORT DE COURS

La promesse unilatérale de vente est un contrat dans lequel un promettant consent au


bénéficiaire qui accepte la faculté d’acheter un bien déterminé à un prix fixé. Dans ce cas, il n’y a pas
vente ; le bénéficiaire n’à accepter que l’engagement du promettant. La vente ne sera effective que
quand le bénéficiaire lèvera l’option dans le délai stipulé ou dans un délai raisonnable.

- La promesse unilatérale d’achat (PUA)

C’est un contrat unilatéral par lequel l’acheteur prend l’engagement d’acquérir un bien au cas où
son propriétaire consentirait à le vendre.

- Les ventes avec dédit et avec arrhes

La vente avec dédit est celle dans laquelle les parties introduisent des clauses permettant à l’une
des parties ou aux deux de se dédire en payant une somme d’argent.
Les arrhes sont une somme d’argent que l’acheteur doit verser au moment de la formation de la
vente avec dédit et que celui-ci doit perdre s’il n’exécute pas le contrat. A l’inverse, le vendeur doit
restituer le double de cette somme si l’inexécution lui incombe.
Les arrhes se distinguent de l’acompte. En effet, l’acompte est une fraction du prix que l’acheteur
verse au vendeur. Ce montant ne donne pas la possibilité de dédit

- Les ventes à réméré

Dans une vente à réméré, les parties introduisent une clause permettant au vendeur de reprendre
la chose vendue à certaines conditions. La durée du réméré ne doit pas excéder 5 ans.
2- Les modalités affectant l’expression du consentement
Les consentements recherchés dans la vente sont ceux des vendeur et acheteur. Mais la
représentation existe en matière de vente.

- La vente avec déclaration de commande

Dans cette vente, un acquéreur apparent se réserve la faculté de communiquer, dans un certain
délai après la conclusion du contrat, l’identité du vrai acheteur ; faute de quoi, il aura acheté pour son
propre compte

- La promesse de porte-fort

Elle s’analyse en un engagement par lequel une personne affirme qu’un tiers accomplirait une
prestation (vente). Elle ne lie pas le tiers ; seul le porte-fort est engagé.
18
SUPPORT DE COURS

3- Les modalités affectant l’échange des consentements

- La vente à l’essai

C’est une vente dont la conclusion est soumise à la réussite de l’essai ; c’est-à-dire lorsque la
chose va s’avérer apte à l’usage auquel on la destine.

- La vente à la dégustation

La vente à la dégustation est une vente dans laquelle l’acheteur doit goûter la chose avant la
conclusion du contrat.
Avant la dégustation, il n’y a pas de vente. Mais le vendeur doit mettre à la disposition de
l’acheteur les moyens de déguster la chose. L’acheteur est tenu à la dégustation.
Après la dégustation, l’acheteur garde la liberté de conclure ou de ne pas conclure le contrat. S’il
accepte, alors il y aura formation du contrat.

- La vente sur échantillon

Pour la formation de cette vente, le vendeur doit livrer une chose conforme à l’échantillon. Si la
chose est conforme, l’acquéreur doit l’accepter
B/ La capacité
Tous ceux à qui il est interdit de faire le commerce ne peuvent pas réaliser la vente commerciale.
En effet, en matière commerciale la capacité s’acquiert à 21 ans accomplis. Toutefois le mineur
émancipé ayant 18 ans révolus qui a l’autorisation de ses parents peut faire le commerce.
C/ La cause et l’objet
a) La cause
C’est la raison pour laquelle les parties se sont engagées. Dans la vente commerciale, la cause pour
le vendeur est le prix de la chose et la chose pour l’acquéreur. La cause doit être licite
b) L’objet
Il est constitué :
1) Pour l’acheteur, par la chose achetée
L’objet doit être déterminé ou déterminable et aliénable

- L’objet doit être déterminé ou déterminable

19
SUPPORT DE COURS

La chose doit être indiquée. S’il s’agit d’un corps certain (une maison, une voiture …), la
détermination se fait par désignation ; pour les choses de genre, la détermination se fait en désignant
l’espèce et la quotité (1kg de riz)

- La chose doit être aliénable

La chose objet du contrat doit être dans le commerce et appartenir au vendeur.


2) Pour le vendeur, le prix fixé
Le prix est la somme d’argent que doit payer l’acquéreur. C’est donc la contrepartie monétaire de
la chose. Il doit être déterminé, licite, réel et sérieux

- Le prix doit être fixé au moment de la conclusion du contrat et respecter la législation en


vigueur.

- Le prix doit être sérieux : le prix ne doit pas être dérisoire ; il doit donc refléter la valeur de la
chose

- Le prix doit être réel : le fixé doit être celui qui est payé effectivement. Un prix fictif est dépourvu
du caractère sérieux.
NB : le prix est en principe discuté par les parties. Mais il peut être fixé par les pouvoirs publics ( riz…)
ou par l’acheteur seul (vente aux enchères) ou par le vendeur seul (vente dans les grandes surfaces.
Paragraphe 2 : Les conditions et clauses particulières à la vente commerciale
A / Les conditions particulières à la vente commerciale
Lors d'une vente commerciale, il y a consentement valable s'il y a un accord entre les parties :

Les caractéristiques du bien vendu doivent être


précises. La chose doit exister au moment de la
Sur l’objet conclusion de la vente ou dans le futur.

Le prix doit être déterminé ou déterminable au


moment de la conclusion du contrat. Il doit être
Sur le prix réel et sérieux

Les conditions générales de vente doivent être


définies dans le contrat. Elles doivent être décrites
Sur les conditions de vente et prévoir les délais et modalités de paiement, les
pénalités en cas de retard de règlement, les
rabais, les remises et les ristournes consentis par
le fournisseur.

20
SUPPORT DE COURS

B / Les clauses particulières


Clauses de réserve de Le moment du transfert de propriété peut être retardé
propriété par cette clause.
L'acheteur devient propriétaire qu'au moment du
paiement.

Clauses de transfert de Le vendeur assume les risques jusqu'à la livraison.


garantie
Clause de garantie Clause de garantie supplémentaire renforçant la
conventionnelle garantie légale.
Clause attributive de juridiction Cette clause détermine quel tribunal sera compétent en
cas de litige.
Cette clause a pour but de déterminer à l’avance quelle
sera la sanction pécuniaire applicable au cas où l’une
Clause pénale des parties n’exécuterait pas ses obligations. Malgré sa
dénomination il s'agit d'une sanction civile.

Cette clause prévoit qu'en cas de manquement à une


obligation contractuelle de l'une des parties, le contrat
Clause résolutoire sera résolu (c'est à dire, annulé) de plein droit.

Section 3 : Les effets du contrat de vente

21
SUPPORT DE COURS

La vente légalement formée conduit au transfert de propriété et des risques et impose des
obligations aux parties.
Paragraphe 1 : Le transfert de propriété et des risques
A/ Le transfert de propriété
Il existe un principe assorti d’exceptions
a) Le principe : le transfert solo consensus
Normalement, le transfert de propriété se fait dès l’échange des consentements. C’est ce qui
ressort de l’article 1583 du code civil « la vente est parfaite entre les parties et la propriété est acquise
de droit à l’égard du vendeur dès qu’on est convenu de la chose et du prix ». Le vendeur perd ses
prérogatives de propriétaire dès l’échange des consentements au profit de l’acquéreur.
b) Les exceptions

1- Les ventes portant sur les choses de genre


Dans ces ventes, le transfert de propriété se fait après l’individualisation par pesage, mesurage…
2- Les ventes de choses futures
Le transfert sera effectué quand la chose sera disponible, fabriqué. Cette méthode présente le
danger pour les tiers de ne pas être informés et pour l’acheteur de supporter la perte ou la
détérioration d’une chose dont il n’est pas encore le détenteur.
3- Les ventes avec clauses de réserve de propriété
Ici l’acquéreur ne devient propriétaire qu’après le payement intégral du prix.
B / Le transfert des risques
Le transfert des risques est lié à celui de propriété. Ainsi, là où le transfert de propriété est retardé,
celui des risques l’est également. Toutefois les parties peuvent en décider autrement. C’est dans ce
sens que le code civil dit « la marchandise sorti du magasin du vendeur voyage, s’il n’y a pas de
convention contraire, aux risques et périls du propriétaire ».
Paragraphe 2 : Les obligations des parties
Les parties au contrat de vente font peser sur chacune d’elles des obligations.
A/ Les obligations du vendeur

22
SUPPORT DE COURS

Obligations Contenu
Il doit mettre le bien à la
disposition de l’acheteur B / Les
Obligation de délivrance obligations
soit par sa tradition soit par
la remise des documents de
qui représentent la chose. l’acheteur
L’ac C’est la certitude pour
hete l’acheteur d’utiliser le bien
ur Garantir l’acheteur contre sans être gêné par le
s’obli l’éviction vendeur (garantie du fait
ge à personnel) ou un tiers
paye (garantie du fait des tiers)
r le
Obli
Obligation
stipu de garantie Le vendeur garantit le bien
gati vendu contre les défauts

on qui n’auraient pas été
selo Garantir l’acheteur les vices
de décelé au moment de la
n les cachés
paie vente et qui empêcheraient
mod
men par la suite, une bonne
alité
t du utilisation de la chose.
s et
prix
les
Le vendeur doit livrer une
délai Obligation de garantir la
chose conforme à celle
s de conformité
décrite dans le contrat.
paie
ment Le vendeur doit donner les
prév informations et les conseils
us nécessaires à l’usage de la
Obligation de conseil et d’information chose
Obli L’ac
gati quér
on eur
de s’en
retir gage
eme à
nt pren
dre
poss
essi

23
SUPPORT DE COURS

on
du
bien,
à
venir
cher
cher
la
chos
e.

Section 3 : Les modalités de la vente commerciale

Paragraphe 1 : Les ventes commerciales usuelles


A / La vente au comptant
C’est une vente dans laquelle l’échange des consentements, le transfert de propriété et le paiement
du prix sont concomitants.
B / La vente à crédit
C’est une vente dans laquelle le paiement du prix est repoussé à une date ultérieure appelée
échéance.
La vente à tempérament est une modalité de la vente à crédit dans laquelle le paiement du prix est
effectué à plusieurs échéances déterminées
C / La vente « gare départ »
C’est une vente dans laquelle le vendeur n’est pas tenu d’assurer le chargement de la
marchandise.
D / La vente « franco sur wagon »
Le vendeur est tenu jusqu’au chargement sur wagon de la marchandise.
E / La vente « franco gare destination »
C’est une vente dans laquelle les risques sont supportés par le vendeur jusqu’à l’arrivée des
marchandises à la gare de destination.

24
SUPPORT DE COURS

F / La vente « franco domicile »


Dans cette vente les risques sont assumés par le vendeur jusqu’au moment où les marchandises
sont livrées au domicile de l’acquéreur.
Paragraphe 2 : Les ventes conditionnelles
Le contrat de vente peut être affecté d’une condition
A / La vente sous condition suspensive
C’est un contrat de vente qui ne devient effectif que si l’événement auquel il est lié se réalise.
Exemple : la vente à l’essai (la vente est effective si l’essai est concluant).
B / La vente sous condition résolutoire
C’est une vente dans laquelle la non réalisation de la condition anéantit le contrat. Exemple dans
une vente sur échantillon la vente est soumise à la condition que la chose soit conforme à
l’échantillon ; si la chose n’est pas conforme, le contrat ne sera pas conclu.
Paragraphe 3 : Les ventes maritimes
Il s’agit ici de ventes de marchandises transportées par voie de mer.
A/ La vente C.A.F (coût, assurance, fret)
La responsabilité du vendeur est engagée jusqu’à l’embarquement de la marchandise. Les frais
d’assurance et fret sont à la charge du vendeur.
B/ La vente F.O.B ( free on board)
Tous les frais sont à la charge de l’acheteur. Le vendeur est tenu jusqu’à l’embarquement de la
marchandise. Dans la vente F.A.S (free alongside ship) le vendeur apporte la marchandise « le long du
bateau » sans se charger du chargement.

25
SUPPORT DE COURS

Section 4 : L’inexécution du contrat de vente


L’inexécution du contrat par l’une des parties offre des droits à l’autre partie
Paragraphe 1 : Les droits de l’acheteur
En cas de non livraison, l’acheteur peut :

- Retarder son paiement jusqu'à la livraison


- Demander en justice la résolution (annulation) de la vente
- Demander en justice une livraison forcée.

Paragraphe 2 : Les droits du vendeur impayé


Si l’acheteur ne paie pas, le vendeur peut :

- Demander en justice la résolution (annulation) du contrat


- Exercer son droit de rétention qui consiste à ne pas livrer la chose s’il ne l’a pas encore fait
- Intenter une action en revendication (pour récupérer le bien) dans les délais à condition que la
chose soit encore en possession de l’acheteur et dans l’état où il était au moment de la
conclusion de la vente
- Invoquer la clause résolutoire si elle a été insérée dans le contrat ( annulation du contrat)
- Faire vendre le bien et se faire payer par préférence sur le prix de vente : on dit qu’il a exercé
son privilège de vendeur
- Invoquer la clause de réserve de propriété si elle est prévue au contrat en vue de récupérer le
bien.

CHAPITRE III

26
SUPPORT DE COURS

LE CONTRAT DE TRANSPORT

Dans la société, les hommes sont souvent appelés à se déplacer eux-mêmes ou déplacer des
biens d’un lieu à un autre. Ces exigences les obligent généralement à conclure des contrats. Ce
contrat qui aura pour objectif de déplacer une personne ou un bien d’un endroit à un autre est appelé
contrat de transport.
En effet, le contrat de transport est un contrat par lequel un transporteur professionnel s’oblige,
moyennant un prix, à déplacer d’un lieu à un autre, par un mode déterminé, soit des personnes, soit
des marchandises. C’est un contrat consensuel, à titre onéreux, synallagmatique, commutatif et
généralement d’adhésion.
Il ressort de cette définition qu’il existe deux types de contrat de transport qui se réalisent à travers
plusieurs modes.

Section 1: Le contrat de transport de personne


Paragraphe 1 : Définition
Le contrat de transport de personne es une convention par laquelle un transporteur s’engage à
transporter des voyageurs d’un lieu à un autre, par un moyen déterminé sain et sauf dans les
conditions de sécurité et les délais prévus moyennant une rémunération. Il doit être constaté
par un titre qui peut être un billet, un ticket ou une carte d’abonnement. Lorsqu’il est valablement
formé, ce contrat impose des obligations aux parties.
Paragraphe 2 : Les obligations des parties
A/ Les obligations du transporteur
Le transporteur doit :

- Transporter le voyageur sain et sauf dans le délai prévu dans les conditions de sécurité jusqu’à
destination.
- Respecter l’obligation de sécurité

B/ Les obligations du voyageur


Il doit :

- Payer le prix du transport


- Respecter les règles et les consignes de sécurité (règles de police et les règles du transporteur)

27
SUPPORT DE COURS

- Prévoir les documents nécessaires au voyage.

En cas de faute du transport sa responsabilité peut être engagée.

Paragraphe 3 : La responsabilité du transporteur de personne

La responsabilité du transporteur de personne est présumée en cas de non-exécution de son


obligation. Cette responsabilité commence depuis l’espace aménagé ou lorsque le voyageur pénètre
dans le véhicule. Toutefois, il peut en être exonéré
A/ Cas de rétention de la responsabilité
La responsabilité du transporteur est engagée en cas d’accident ou de retard.
B/ Cas d’exonération
Il s’agit ici de situations dans lesquelles l’on ne retient pas la responsabilité du transporteur de
personne. Le transporteur peut se dégager de sa responsabilité en invoquant :

- La faute du voyageur (victime)


- La faute d’un tiers (personne étrangère)
- La force majeure

Section 2 : Le contrat de transport de marchandises

Il faut envisager la définition, les obligations qui lient les parties et la question de la responsabilité
du transporteur de marchandises
Paragraphe 1 : Définition

28
SUPPORT DE COURS

Le contrat de transport de marchandises est un contrat par lequel un voiturier s’oblige à déplacer
des marchandises d’un endroit à un autre, par un mode déterminé, moyennant une rémunération.
Paragraphe 2 : La formation du contrat
Trois éléments constituent le contrat de transport.
A/ Les éléments constitutifs du contrat de transport de marchandises
a- L’objet
Il s’agit de déplacer des marchandises d’un lieu à un autre.
b- La prise en charge de la marchandise par le transporteur
La marchandise est à la charge du transporteur. Il est libre de choisir son itinéraire tout en
respectant les conditions et les délais prévus par le contrat.
c- La rémunération
Le transporteur doit recevoir le prix du transport
B/ La formation proprement dite
Le contrat de transport obéit aux conditions habituelles de formation des contrats. Mais des
règles lui sont particulières.
a) L’écrit
L’écrit n’est pas une condition de validité du contrat de transport de marchandises. C’est un
élément qui facilite la preuve de l’existence du contrat et son contenu en cas de litige.
Cet écrit porte plusieurs noms selon le mode de transport.

1- Les documents (titres de transport) pour le transport routier ou terrestre (par route)
Ici l’écrit est une lettre de voiture ou un récépissé.
La lettre de voiture est un document qui contient les indications relatives à la marchandise
transportée, au délai, à l’expéditeur, au transporteur et au destinataire alors que le récépissé est un
reçu des marchandises remis au transporteur par l’expéditeur.
2- Les documents (titres de transport) pour le transport ferroviaire (par chemin de fer)

29
SUPPORT DE COURS

L’écrit st une déclaration d’expédition qui comporte des informations sur les marchandises
transportées, les parties au contrat, le délai et le prix à payer. On utilise aussi le récépissé à l’intérieur
et la lettre de voiture à l’extérieur.
3- Les documents (titres de transport) pour le transport fluvial (par fleuve)
L’écrit est une convention d’affrètement ou une lettre de voiture ou un connaissement
4- Les documents (titres de transport) pour le transport aérien (dans l’espace aérien)
On utilise à l’intérieur la lettre de voiture ou le récépissé et la lettre de transport aérien à l’international.
La lettre de transport aérien est rédigée d’après la déclaration d’expédition.
5- Les documents (titres de transport) pour le transport maritime (par mer)
Le document utilisé est la charte partie ou le connaissement.
Le connaissement est un écrit par lequel le capitaine d’un navire reconnaît avoir reçu à son bord
les marchandises qui y sont énumérées. C’est un titre représentatif des marchandises.
La charte-partie est un écrit qui constate un contrat d’affrètement.
c- La remise de la marchandise
La formation effective du contrat de transport de marchandises exige la remise des marchandises
au transporteur. En effet, c’est l’élément matériel qui détermine le consentement des parties.

d- Le contenu du contrat
Le contenu du contrat est librement déterminé par les parties en se conformant aux règles en
vigueur en la matière.
Paragraphe 3 : Les obligations des parties
Il convient de distinguer les obligations du transporteur de celles du destinataire et de l’expéditeur.
Les parties au contrat sont le transporteur et l’expéditeur.
A/ Les obligations du transporteur et sa responsabilité
a- Les obligations
Le transporteur de marchandises est tenu de :

30
SUPPORT DE COURS

- Transporter les marchandises en bon état au lieu déterminé dans les délais
- Assurer la garde et la conservation des marchandises.

L’obligation du transporteur étant une obligation de résultat, sa responsabilité est en principe


engagée si ce résultat n’est pas atteint.
b- La responsabilité du transporteur
1- Les cas de rétention de la responsabilité
Sa responsabilité est retenue en cas de retard, d’avarie ou de perte.
En cas de perte totale ou de retard, sa responsabilité est indiscutable. S’il y a perte partielle ou
avarie, le destinataire doit notifier sa protestation motivée dans un délai de trois jours.
2- Les cas d’exonération
Le transporteur peut se dégager de sa responsabilité en invoquant la faute de l’expéditeur
(marchandises mal emballées ou détériorées avant l’expédition), le vice propre de la chose transportée
(cas où l’état de la marchandise ne lui permettait de supporter les délais normaux de livraison), la force
majeure (événement imprévisible et irrésistible extérieur au transporteur) ou la faute d’un tiers
(personne étrangère au contrat).

B/ Les obligations de l’expéditeur


Il doit :

- Mettre la marchandise à la disposition du transporteur


- Etablir la déclaration d’expédition qui permettra d’élaborer le récépissé
- Payer le prix du transport si l’expédition est faite en port payé
- Joindre tous les documents nécessaires
- Utiliser des emballages appropriés.

C/ Les obligations du destinataire


Il est tenu de :

- Payer le prix si l’expédition est faite en port dû


- Retirer la marchandise au lieu et dans les délais prévus.

31
SUPPORT DE COURS

Paragraphe 4 : Les droits du transporteur impayé


A/ Le droit de rétention
Le transporteur peut retenir la marchandise tant qu’il n’est pas payé.
B/ Le droit de préférence
Il a un privilège sur le prix de vente aux enchères de la marchandise.

Section 3 : Les intermédiaires de transport

Paragraphe 1 : Le commissionnaire de transport


A/ Définition
C’est un intermédiaire qui se charge de passer avec les transporteurs les contrats nécessaires à
l’acheminement d’une marchandise d’un point à un autre.

B/ Les obligations
Il a diverses obligations telles que :

- Se conformer au mandat qui lui a été donné (vendre, faire transporter, acheter…)
- Rendre compte au commettant (être en mesure de prouver qu’il n’a tiré aucun profit personnel
en dehors de sa commission)
- Tenir secret le nom du commettant

C/ La rémunération
Sa rémunération est constituée par la différence entre la somme qu’il reçoit de l’expéditeur et le
prix qu’il doit payer aux transporteurs. En cas de non payement, il dispose du droit de rétention et du
privilège sur les marchandises prises en charge.
D/ La responsabilité
Il est garant :

- De l’arrivée de la marchandise dans les délais fixés

32
SUPPORT DE COURS

- Des avaries et pertes éventuelles


- Des faits des commissionnaires intermédiaires auxquels il adresse la marchandise.

Sauf clause contraire limitant ou supprimant sa responsabilité, il est commissionnaire ducroire


(convention par laquelle le commissionnaire se porte garant vis-à-vis du commettant de l’exécution de
l’opération par les tiers avec qui il traite pour le compte du commettant.)

Paragraphe 2 : Le courtier de transport


A/ Définition
Le courtier de transport est un intermédiaire dont le rôle est de mettre en rapport un expéditeur et
un transporteur en vue de la conclusion d’un contrat de transport. Il ne peut pas cumuler cette fonction
avec celle de courtier de marchandises, d’assurance…
B/ La rémunération
La rémunération est constituée par un pourcentage calculé sur le prix de transport.

CHAPITRE III
LE CONTRAT DE LOCATION ET DE CREDIT BAIL

Nous étudierons la location avant le crédit-bail

Section 1 : Le contrat de location


Nous envisagerons la définition, la formation, les effets de la location avant d’aborder le cas spécial
du bail commercial.
Paragraphe 1 : Définition
Le contrat de location ou de louage est une convention par laquelle une personne appelée bailleur
s’engage à laisser à une autre personne appelée preneur l’usage et la jouissance d’une chose
moyennant le payement d’un loyer pendant une période déterminée.

33
SUPPORT DE COURS

Le bail est dit à usage d’habitation lorsqu’il porte sur les maisons à habiter, les locaux pris par les
personnes publiques pour y installer leurs services, les locaux utilisés par les associations reconnues
d’utilité publique et ceux des syndicats professionnels.
Le contrat de location est un contrat synallagmatique, à titre onéreux, consensuel, réel, individuel
et successif.
En général le terme location est utilisé pour les meubles et celui de bail pour les immeubles. Dans
tous les cas, il s’agit du contrat de louage.
Paragraphe 2 : La formation du contrat de location
La location doit obéir aux conditions générales de formation de tout contrat (consentement, objet,
cause, capacité). En ce qui concerne la forme, il faut dire qu’on peut louer par écrit ou oralement : on
dit qu’il est un contrat consensuel dans la mesure où aucune forme n’est exigée. Aussi, le bailleur est
libre de louer ou ne pas louer son local, de le louer à qui il veut et de déterminer les modalités de
payement. Toutefois, il convient de signaler qu’il existe certaines particularités quant à l’objet, la
capacité et la durée

A/ La capacité
Les parties doivent être majeurs et avoir la capacité d’exercice.
B/ L’objet
L’objet du contrat de location peut être un meuble (chaises, voitures, motos…) ou un immeuble
(terrain, une maison…). Mais il doit s’agir d’une chose dans le commerce.
C/ La durée
La location est un contrat à durée déterminée en principe. Mais les parties peuvent lui conférer un
caractère indéterminé. Dans ce cas l’une des parties peut décider unilatéralement de mettre fin au
contrat en informant l’autre partie.

Paragraphe 3 : Les effets de la location


Le contrat de location crée des obligations à la charge du bailleur et du locataire.
A/ Les obligations du bailleur
a- L’obligation de délivrance
Il doit livrer la chose et ses accessoires en bon état de réparation au locataire.
b- L’obligation d’entretien
34
SUPPORT DE COURS

Pendant la durée du bail le bailleur doit faire toutes les réparations autres que locatives : on
parle généralement de grosses réparations.
Le locataire doit informer le bailleur de la nécessité d’entretien. Aussi, peut-il contraindre le
bailleur en justice aux réparations ou se faire autoriser à exécuter les travaux nécessaires aux frais
de ce dernier.
c- L’obligation de garantie
1- La garantie contre les vices cachés
« Le bailleur est garant de tous les vices et défauts de la chose louée même s’il ne les a pas
connus au moment de la conclusion du bail ». le bailleur est responsable de tous les dommages
qui résultent des vices rédhibitoires sauf cas de faute du locataire.

2- La garantie du fait personnel et du fait des tiers


Le bailleur doit assurer une jouissance et un usage paisible au preneur. Cela signifie que ni lui
ni les tiers ne doivent troubler le locataire dans l’usage et la jouissance de la chose. Ainsi, pendant
le bail, le bailleur ne peut changer la forme de la chose sans le consentement du locataire.
d- L’obligation de maintien dans les lieux loués
Le preneur de bonne foi qui bénéficie d’un titre locatif a un droit au maintien dans les lieux
loués. Toutefois, le bailleur a le droit de reprise. En effet, au motif de se loger lui-même ou ses
parents, de démolir le local en vue d’une reconstruction ou d’une restructuration, le bailleur peut
reprendre le local à la fin du bail.
B / Les obligations du preneur
Il faut distinguer deux époques
a- En cours de bail
Il doit :

- User de la chose en bon père de famille : prendre soin de la chose et faire de la chose l’usage
convenu. Cela signifie qu’il ne doit pas commettre d’abus. Il est donc responsable de toutes
dégradations sauf s’il prouve que celles-ci ne sont pas dues par son fait. Il peut également
introduire chez lui les personnes de son choix à l’exception des aliénés dangereux ou les
personnes atteintes de maladies contagieuses.
- Payer régulièrement le loyer ainsi que les charges locatives (eau, électricité, téléphone…)
- Faire les petites réparations

35
SUPPORT DE COURS

b- A la fin du bail
A la fin du bail ou de la location, le preneur est tenu de restituer la chose dans l’état où il l’a reçu
ou dans un état acceptable. Si un état des lieux a été fait, la chose sera remise telle que le locataire l’a
reçue sauf en cas de défaut liés à la vétusté ou à la force majeure.

Paragraphe 4 : Le cas spécifique du bail commercial


Nous présenterons la définition, la forme, la durée du contrat, les congés, les obligations des
parties, les droits du locataire et le renouvellement
A/ Définition
Selon les termes du traité OHADA, le bail commercial est une convention par laquelle un
immeuble a usage commercial, industriel, artisanal ou professionnel est laissé à la jouissance d’un
locataire commerçant moyennant le payement d’un loyer.
Autrement c’est une convention par laquelle le propriétaire d’un local permet à un locataire d’y
exercer son activité commerciale en contrepartie du payement d’un loyer.
B/ La forme
C’est un contrat consensuel à l’exception du bail portant sur un débit de boisson.
C/ La durée
Généralement, le bail commercial est conclu pour une durée d’au moins neuf (9) ans. Toutefois, les
parties peuvent mettre fin au contrat après une période triennale (3 ans)
D/ Les obligations des parties
a- Les obligations du propriétaire
Il est tenu de :

- Livrer le local en état de servir


- Accorder une jouissance paisible au locataire
- Effectuer les grosses réparations

b- Les obligations du locataire


Le locataire commerçant doit :

36
SUPPORT DE COURS

- Payer le loyer à la date et au lieu convenu


- Respecter la destination prévue
- Jouir des locaux en bon père de famille (faire les petites réparations, assurer le local contre
l’incendie, le vol…)

E/ Les droits du locataire commerçant


a- Pour conserver la clientèle
1) Le droit de maintien dans les lieux loués
A l’expiration du bail, le locataire a droit au renouvellement du bail. Il doit en faire la demande
écrite.
2) Le versement d’indemnité
En cas de refus non fondé du bailleur, il versera au locataire une indemnité d’éviction.
b- Pour facilité la croissance de l’activité
1) Le droit de modifier la destination
Il faut distinguer la déspécialisation partielle de la déspécialisation totale.

- La déspécialisation partielle

Elle consiste dans la création d’une activité connexe. Par exemple une personne menant une
activité de confection d’habits crée un rayon chaussure. Dans ce cas, le bailleur ne peut pas s’y
opposer.

- La déspécialisation totale

En cas de déspécialisation totale (changement d’activité), le locataire doit demander l’autorisation


du bailleur en justifiant sa demande (raison économique, perte de clientèle)
2) Le droit de cession ou de transmission
Les droits du locataire passent à ses héritiers après information faite au bailleur.
3) Le droit au délai de grâce
Le bailleur doit accorder un délai de grâce au locataire commerçant en ce qui concerne le
payement du loyer.
F/ La fin du bail commercial
37
SUPPORT DE COURS

a- Les congés
La partie qui désire donner congé à l’autre doit le notifier dans un délai de six (6) mois avant
l’expiration du contrat en cours. Si le congé n’a pas été notifié dans le délai, le bail se poursuit au-delà
du terme fixé pour une durée déterminée. On parle de tacite reconduction.
b- La procédure de renouvellement
A l’expiration du bail, le locataire commerçant dispose d’un droit au renouvellement. Toutefois, ce
renouvellement ne s’opère pas de plein droit. En effet, le locataire qui souhaite renouveler son contrat
doit le notifier au bailleur dans un délai de 6 mois avant la fin du bail en cours. Ainsi, le bailleur a 3
mois pour répondre, faire connaître son avis. Il deux situations.

- Il donne sa réponse hors délai : il est considéré dans ce cas que le bailleur a accepté le
renouvellement
- Il donne une réponse négative dans le délai. Nous aurons deux cas.
Le refus est sans motif légitime : il doit versera une indemnité d’éviction au locataire
équivalent au préjudice subi. Le montant est déterminé par le juge en tenant compte de la
valeur marchande du fonds, des frais de déménagement, du manque à gagner, des frais
d’achat d’un autre fonds.
Le refus est fondé : en cas de motifs légitimes (défaut de payement, payement irrégulier,
défaut d’entretien, déspécialisation totale sans autorisation…), le bailleur ne versera pas
d’indemnité.

Section 2 : Le crédit-bail

Le crédit-bail est une source de financement pour les entrepreneurs aux moyens inexistants ou
insuffisants.
Paragraphe 1 : Définition
Le contrat de crédit-bail ou leasing est une convention par laquelle un crédit-bailleur acquiert
un bien mobilier ou immobilier sous la demande d’un client en vue de le donner en location à ce
dernier pour une période déterminée en contrepartie du payement d’un loyer.
C’est donc simplement un contrat par lequel un crédit-bailleur achète un bien et le met à la
disposition d’un crédit-preneur moyennant un loyer avec une promesse unilatérale de vente.
Dans ce contrat, le crédit-preneur bénéficie d’une promesse de vente. C’est pourquoi l’on dit
que le crédit-bail est un contrat de location assortie d’une promesse unilatérale de vente.
Il existe deux types de crédit-bail : le crédit-bail mobilier et le crédit-bail immobilier.

38
SUPPORT DE COURS

Paragraphe 2 : Le mécanisme du leasing


Le contrat de crédit-bail se passe entre un propriétaire de biens d’équipement (crédit-bailleur)
et une personne désireuse de prendre ce matériel en crédit-bail (crédit-locataire). Par ce contrat le
preneur dispose d’un droit d’usage du bien en location moyennant le versement d’un loyer. Le
preneur pourra à la fin du contrat soit acquérir le bien au prix indiqué dans le contrat, soit
renouveler le contrat, soit restituer le bien.
Paragraphe 3 : Les caractéristiques du crédit-bail
Le leasing est un contrat :

- Synallagmatique : crée des obligations réciproques : le bailleur met le bien à la disposition du


preneur et le preneur paye le loyer
- A titre onéreux : chaque partie attend un avantage : le preneur a l’usage du bien et le bailleur le
loyer.
- Solennel : l’écrit est exigé.
- Commutatif : les avantages sont connus dès la conclusion
- De gré à gré : les clauses sont en principe discutées
- Successif : son exécution est échelonnée dans le temps

Paragraphe 4 : Les éléments constitutifs du crédit-bail


Il est composé de trois éléments :

- Un contrat de vente entre la société de financement par crédit-bail et le fournisseur du bien


- Un contrat de location entre le crédit-bailleur et le preneur.
- Une promesse de vente faite par le crédit-bailleur en faveur du locataire.

NB : deux contrats composent le crédit-bail : la vente et la location.

Paragraphe 5 : Les obligations des parties

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SUPPORT DE COURS

Nous présenterons les obligations du crédit-bailleur avant celles du preneur.


A/ Les obligations du crédit-bailleur
Il doit :

- Délivrer le bien au crédit-locataire : cette livraison est faite par le fournisseur au lieu et dans les
délais indiqués par le preneur.
- Garantir la chose :il doit assurer une jouissance paisible au locataire. En ce qui concerne la
garantie contre les vices cachés, le crédit-bail s’en dégage le plus souvent en transmettant ses
actions contre le fournisseur au locataire.
B/ Les obligations du crédit-preneur
Il est tenu :

- Réparer et entretenir la chose


- Payer régulièrement le loyer.
- Eviter la sous-location
- Restituer le bien s’il ne lève pas l’option.

En cas de faute en cours de contrat, il devra restituer le bien. S’il ne paye pas le loyer, il sera
condamné à payer les sommes dues, la totalité de loyer à venir TTC majorée de la valeur résiduelle
après la résiliation.
Paragraphe 6 : La fin du crédit- bail
A l’expiration du crédit-bail, trois situations se présentent.
A/ L’acquisition du bien
En raison de la promesse de vente à lui faite par le crédit-bailleur, le crédit-locataire peut acquérir
le bien à sa valeur prédéfinie dans le contrat en principe. Le crédit-bailleur ne peut pas s’opposer à la
volonté du locataire d’acheter le bien. Mais le locataire n’est pas obligé d’acheter.
B/ La remise de la chose
A la fin du contrat, le preneur qui ne désire pas acquérir le bien ou renouveler le contrat doit
restituer la chose en bon état de réparation.

C/ Le renouvellement du contrat
Dans ce cas un nouveau contrat est conclu avec des conditions différentes du contrat initial.

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SUPPORT DE COURS

Paragraphe 7 : La rupture du crédit-bail


Le crédit-bail prend fin à l’arrivée du terme fixé. Mais également, il s’achève en cas de destruction
du bien, de sa disparition, de l’inexécution des obligations par l’une des parties, de commun accord.
Paragraphe 8 : Les avantages et inconvénients du crédit-bail
Les avantages attachés au crédit-bail sont nombreux. Nous pouvons citer.
A/ Les avantages
a) Les avantages pour le crédit-bailleur
- Etre propriétaire du bien jusqu’à la levée de l’option par le preneur
- Bénéficier de l’option d’amortissement accéléré du bien
- Percevoir une redevance en plus du loyer
b) Les avantages pour le preneur
- Possibilité de financement de l’investissement sans fonds
- Absence de garantie lourde comme dans le financement classique
- Rapidité et efficacité dans le traitement des demandes de financement
- Loyer fixé et non indexé sur le taux du marché monétaire
- Eviter « l’effet massu » dû au surendettement
- Préservation de la capacité d’autofinancement de l’entreprise
- Conservation des fonds propres pour financer les besoins d’exploitation

C / Les inconvénients

- Financement réservé aux biens standards (véhicules…)


- Coût fixe pareil quelque soit la taille de l’entreprise
- Possibilité pour le crédit-bailleur de retirer le bien pour tout défaut de paiement
- Coût de résiliation élevé
- Le locataire acquéreur doit amortir le bien

CHAPITRE IV
LES GARANTIES DU CREDIT
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SUPPORT DE COURS

Nous envisagerons le cautionnement et le gage


Paragraphe 1 : Le cautionnement
A/ Définition
Aux termes de l’acte uniforme portant organisation des sûretés, le cautionnement est un contrat
par lequel la caution s’engage envers le créancier qui accepte à exécuter l’obligation du débiteur si
celui-ci n’y satisfait pas lui-même. Cet engagement peut être contracté sans ordre du débiteur et même
à son insu. Il résulte de cette définition que la caution est un débiteur accessoire. Il ne peut être tenu
au-delà des obligations du débiteur principal. Il est le plus souvent conventionnel mais il peut être légal
ou judiciaire. Le cautionnement peut être simple ou solidaire.
B/ La formation du cautionnement
Le cautionnement ne se présume pas. Autant dire qu’il doit être convenu de façon expresse entre
la caution et le créancier. Du reste c’est ce qui résulte de « …s’engage envers le créancier qui
accepte… »
L’écrit constatant le cautionnement doit porter la signature des parties. Dans cet écrit, la caution
doit écrire de sa main la somme garantie en chiffre et en lettre. Si la caution ne sait ni écrire ni lire, il
doit se faire assister de deux témoins qui certifieront dans l’acte que la nature et les effets de l’acte ont
été précisés. Ce contrat lie la caution et le créancier ; le débiteur principal n’est pas partie.
C/ Les effets du contrat de cautionnement
Le cautionnement produit des effets entre la caution et le créancier, la caution et le débiteur principal,
les cofidéjusseurs

a- Les effets entre la caution et le créancier


La caution est tenue sur l’ensemble de son patrimoine à l’égard du créancier. La caution peut
demander au créancier de saisir d’abord le débiteur principal si elle est saisie en premier. On dit qu’elle
a le bénéfice de discussion. La discussion existe en cas de cautionnement simple.

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SUPPORT DE COURS

En cas de plusieurs cautions simples, celle qui est saisie en vue de payer la totalité de la dette a la
possibilité de demander au créancier de saisir chacune pour sa part virile : on dit qu’il y a bénéfice de
division.

Si le cautionnement est solidaire, chacune des cautions est tenue de la totalité de la dette.
L’insolvabilité de l’une des cautions est supportée par les autres. Si le créancier décide de diviser son
action, il ne pourra plus reporter l’insolvabilité de l’une des cautions solidaires sur les autres. Dans le
cautionnement solidaire, il n’a ni bénéfice de discussion ni bénéfice de division.
b- Les effets entre la caution et le débiteur principal
La caution peut se retourner contre le débiteur principal après avoir satisfait le créancier. Mais elle
perd ce privilège dans deux cas :

- Si la caution n’a pas averti le débiteur avant d’effectuer le payement et que ce dernier refait le
payement ou que le débiteur principal avait déjà effectué le paiement

- Si le débiteur disposait de moyens à opposer au créancier

La caution peut poursuivre le débiteur s’il ne fait plus face à son engagement ou quand elle est
poursuivie en payement.
c- Les effets entre les cofidéjusseurs
Les cofidéjusseurs sont les personnes qui se sont portées cautions d’une même dette. Ces
cautions peuvent être simples ou solidaires.
En cas cautionnement simple, chacune des cautions est tenue pour sa part.
Si le cautionnement est solidaire, la caution qui a payé pourra se retourner contre les autres
chacune pour sa part virile.

Paragraphe 2 : Le gage
A/ Définition
Le gage est une convention par laquelle un bien meuble est remis au créancier ou à un tiers
convenu entre les parties pour garantir le payement d’une dette. C’est le nantissement d’une chose
mobilière.
Le nantissement d’une chose immobilière est appelé antichrèse.
B/ La formation

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SUPPORT DE COURS

La formation du gage se fait par la remise d’une chose meuble et la rédaction d’un écrit. Cet écrit
doit mentionner le montant dû, l’espèce, la nature et la quantité des biens donnés en gage. La remise
doit être effective. Ainsi la remise des clés d’une maison contenant les meubles n’est pas la remise de
ceux-ci.
C/ Les effets du gage
a- Les droits du créancier gagiste
1- Le droit de rétention
Ce droit confère la possession de la chose et permet au créancier de refuser de s’en dessaisir tant
qu’il n’est pas payé.
2- Le droit de suite
C’est un droit permettant au créancier gagiste de saisir le bien gagé dans quelque main qu’il se trouve.
3- Le droit de préférence
C’est un droit qui permet au créancier gagiste d’être payé par préférence sur le prix de vente de la
chose gagée.

b- Les obligations du créancier gagiste


Le créancier gagiste est responsable de la perte et de la détérioration de la chose. Il est donc
tenu d’entretenir la chose en bon père de famille et remettre en cas de payement.

c- La réalisation du gage
A la fin du gage l’on peut se retrouver dans les situations suivantes :

- Le débiteur a payé la dette : il reprend la chose gagée

- Le débiteur n’a pas payé : soit le créancier fait vendre la chose pour se faire payer sur le prix,
soit se faire attribuer la chose

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SUPPORT DE COURS

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SUPPORT DE COURS

CHAPITRE I
HISTORIQUE ET SOURCES

SECTION I : HISTORIQUE ET EVOLUTION

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SUPPORT DE COURS

Le droit du travail est l’ensemble des règles applicables aux rapports individuels et collectifs entre
employeurs et employés.
Ce terme est d’utilisation récente. Il a été d’abord question de législation industrielle. Mais cette
appellation s’est avérée étroite dans la mesure où les règles ne régissent pas les seules activités
industrielles. Ainsi est on passé à l’expression droit ouvrier. Là encore, l’expression est aussi étroite
dans la mesure où ce droit ne concerne pas les ouvriers seulement même s’ils ont longtemps joué un
rôle important dans son développement. L’on va donc préférer à ce terme l’appellation droit social. Or
tout le droit est social. C’est pourquoi ce type de rapport s’appelle aujourd’hui droit du travail même si
ce terme n’est pas lui non plus satisfaisant car ne régissant pas tout le travail humain.
Les travailleurs n’avaient pas de droits. En effet, ceux qui travaillaient étaient des esclaves. La
révolution de 1789 n’a rien apporté. Bien au contraire elle a empiré la situation des travailleurs au
profit des patrons qui recherchaient le maximum de bénéfice.
En Afrique et particulièrement en Cote d’Ivoire il faut distinguer deux grandes périodes

- De la colonisation à la deuxième guerre mondiale : il n’y avait aucun droit du travail car
l’esclavage aboli a été remplacé par le travail forcé.
- Après la deuxième guerre mondiale : à partir de cette période, certains textes sont adoptés pour
améliorer la situation des travailleurs. Ainsi sera adoptée la loi du 15 décembre 1952 portant
code du travail des territoires d’outre-mer, abrogée par la loi n°64-290 du 1er aout 1964 portant
code du travail en Côte d’Ivoire qui, est modifiée par la loi n° 95-15 DU 12 janvier 1995.
Ce droit présente certains caractères :

- Le caractère inégalitaire : ce droit exprime l’inégalité entre l’employeur et l’employé. Cela se


traduit par les ordres et les instructions que le travailleur reçoit du chef d’entreprise.
- Le caractère protecteur : ce droit vise la protection du salarié et l’amélioration de ses conditions
de travail et de rémunération.
- Le caractère évolutif ou dynamique : c’est un droit qui s’adapte à la situation technique,
économique et sociale du moment.

SECTION II : LES SOURCES DU DROIT DU TRAVAIL


Les sources désignent les procédés d’élaboration des règles dont l’ensemble forme ce droit.
Pour le droit du travail, il existe des sources internationales et des sources nationales.
Paragraphe 1 : Les sources internationales
Ce sont les traités et les conventions internationales
47
SUPPORT DE COURS

A/ Les traités bilatéraux


Ce sont des accords conclus entre notre pays et un autre (pays étranger) et qui fixent les
conditions applicables dans chaque pays aux travailleurs en provenance de l’autre.
B/ Les conventions internationales
Il s’agit d’accords conclus dans le cadre de l’Organisation Internationale du Travail (O.I.T) e t qui
visent l’unification du droit du travail par l’adoption sur chacune des matières auxquelles elles sont
consacrées de règles communes à tous les Etats signataires. Toutefois, le traité n’est applicable
qu’après la ratification.
Paragraphe 2 : Les sources nationales du doit du travail
A/ La constitution
Le préambule de la constitution ivoirienne affirme l’adhésion du peuple aux droits et libertés tels
que définis par la déclaration universelles des droits de l’homme de 1948. Cela traduit son attachement
aux grands principes qui guident le milieu du travail tels que la non discrimination, la liberté syndicale,
le droit de grève et le libre accès au travail…

B/ La loi
Il s’agit du code du travail n° 95-15 du 1er janvier 1995.
C/ Le règlement
Il est édité par le pouvoir exécutif. Nous avons le décret, l’arrêté.
D. La jurisprudence
Elle désigne l’ensemble des décisions rendues par les juridictions sur une question de droit donné.
En droit du travail, elle est caractérisée par sa multiplicité et son importance pratique.
E/ Le contrat individuel de travail
C’est la loi des parties. Il fixe les obligations des parties, leurs droits, les conditions de travail et la
rémunération.
F/ Le règlement intérieur
Il constitue un complément à la loi du travail. C’est la loi de l’entreprise. Il est rédigé par
l’employeur et précise les règles de discipline, les mesures de sécurité et d’hygiène et l’organisation
technique de l’entreprise. Il doit être soumis au délégué du personnel pour avis et à l’inspecteur du

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SUPPORT DE COURS

travail et des lois sociales pour autorisation. Il est obligatoire dans les entreprises qui emploient plus de
dix travailleurs.
G/ Les conventions collectives
La convention collective un accord relatif aux conditions d’emploi et de travail conclu entre les
représentant d’un ou de plusieurs syndicats ou de groupements professionnels de travailleurs et une
ou plusieurs organisations syndicales d’employeurs ou un ou plusieurs employeurs pris
individuellement. Elle ne doit pas être contraire la loi du travail.

CHAPITRE II
LE CONTRAT INDIVIDUEL DE TRAVAIL

SECTION I : NOTION
Paragraphe 1 : Définition
Le contrat de travail est une convention par laquelle une personne, le salarié met son activité
professionnelle au service d’une autre personne, l’employeur, qui a autorité sur elle et lui verse une
rémunération.
Paragraphe 2 : La formation ou conditions de validité
A/ Le consentement
Il ne doit pas être vicié. En raison du caractère intuitu personae du contrat de travail, l’erreur sur la
personne du travailleur est une cause de nullité à la différence de celle portant sur la personne du
patron car l’intuitu personae ne concerne que le salarié.

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SUPPORT DE COURS

B/ L’objet
Il doit être possible matériellement et juridiquement, licite et moral
C/ La capacité
En principe seuls les majeurs et les mineurs émancipés peuvent conclure un contrat de travail.
Mais en Côte d’Ivoire le mineur de dix huit ans non émancipé peut conclure et signer son contrat lui
seul. La femme mariée peut conclure librement un contrat de travail.
Paragraphe 3 : Les caractères du contrat de travail
C’est un contrat synallagmatique, à titre onéreux, commutatif, successif, nommé, consensuel(CDI)
…En plus de ces caractères, il découle de sa définition trois caractères essentiels.
A/ La prestation de travail
C’est l’activité professionnelle du salarié. Elle est l’obligation principale du travailleur. Il peut s’agir
d’une activité physique, intellectuelle, artistique ou de recherche. Elle est la propriété du patron
lorsqu’elle est accomplie.
B/ Le lien de subordination
C’est l’élément essentiel du contrat de travail. Il permet de le distinguer de certains contrats qui lui
sont proches. Cela signifie que le salarié travaille sous la direction, le contrôle et l’autorité du patron
(subordination juridique) mais aussi que l’employeur procure un salaire, des moyens de subsistance
(subordination économique).
a) Contrat d’entreprise
C’est un contrat par lequel l’entrepreneur s’engage moyennant rémunération à accomplir de
manière indépendante un travail ou un ouvrage au profit du maitre d’ouvrage.
L’indépendance et le libre choix des moyens par l’entrepreneur distinguent le contrat de travail du
contrat d’entreprise.
b) Contrat de mandat
C’est un contrat par lequel un mandant donne le pouvoir à un mandataire pour accomplir un ou
plusieurs actes en son nom et pour son compte.
Dans ce contrat, le mandataire n’est pas subordonné au mandant et le mandat porte seulement
sur les actes juridiques.
c) Contrat de société

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SUPPORT DE COURS

Dans ce contrat les associés ne sont pas subordonnés l’un à l’autre et personne ne procure à
l’autre aucun salaire. Ils partagent entre eux les bénéfices.
C/ Le salaire
Le salaire est le prix que l’employeur paye au salarié pour l travail fourni. Il se compose du salaire
minimum de base et de tous les avantages payés au salarié et qui ne sont pas constitutifs de
remboursement de dépenses mis à sa charge.
Le salaire peut être fixé :
Au temps : heure, journée, quinzaine ou au mois
Au rendement : à la tache ou aux pièces
Au chiffre d’affaire : au prorata du chiffre d’affaire

Section 2 : Les types de contrat de travail


Paragraphe 1 : L’essai
A/ Définition
C’est un précontrat qui permet à l’employeur d’apprécier les aptitudes professionnelles et les
compétences du salarié et permettant au travailleur de vérifier si l’emploi et les conditions d’emploi lui
conviennent. Si l’essai est concluant, le contrat sera définitivement conclu.
B/ La forme de l’engagement à l’essai
En principe l’engagement à l’essai doit être constaté par écrit
C/ La durée de l’essai
Elle varie selon le mode de rémunération ou la catégorie professionnelle du salarié. La convention
collective de 1977 la fixe comme suit :
8 jours pour les employés payés à l’heure ou à la journée
1 mois pour ceux payés au mois
2 mois pour les agents de maitrise, techniciens et assimilés
3 mois pour les ingénieurs, cadres et assimilés
6 mois pour les cadres supérieurs
L’engagement à l’essai peut être renouvelé une seule fois. Si l’employeur utilise les services du
travailleur au delà de la période d’essai, l’engagement est réputé définitif.
D/ La fin de l’essai

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SUPPORT DE COURS

L’essai peut être rompu à tout moment sans préavis, ni indemnités. Selon la convention collective
interprofessionnelle, lorsque le contrat a été renouvelé pour une période supérieur à un (1) mois ou si
le salarié a été déplacé par le fait du patron, la rupture donne droit à une indemnité de préavis égale à
celle de sa catégorie.

Paragraphe 2 : Le contrat de travail à durée déterminée (CDD)


A/ Définition
Le contrat à durée déterminé est un contrat de travail assorti d’un terme précis ou déterminable en
raison de l’activité ou la tache à exécuter (terme imprécis).
Le CDD à terme précis indique soit la date de son achèvement ou la durée précise pour laquelle il
a été conclu.
Le CDD à terme imprécis est celui dans lequel le terme est déterminable en fonction de l’activité ou
de la tache. (Remplacement d’un salarié malade, surcroît de travail, activité inhabituelle de
l’entreprise…)
B/ La forme
C’est un contrat formel c'est-à-dire qu’il doit être passé par «écrit ou constaté par une lettre
d’embauche.
C/ La durée
Les CDD à terme précis ne peuvent avoir une durée excédant deux ans. Leurs différents
renouvellements ne doivent pas dépasser la durée maximale de deux ans aux risques de devenir des
contrats à durée indéterminés.
Les CDD à terme imprécis peuvent être renouvelés sans limitation de nombre et sans perte de
qualité.
D/ La rupture
Le CDD prend fin à l’arrivée du terme fixé sans préavis ni indemnités. Avant le terme, le CDD peut
être rompu par force majeure, commun accord, décès du travailleur ou faute lourde de l’une des
parties.
En cas de rupture irrégulière de la part du patron, celui-ci payera des dommages intérêts dont le
montant équivaut aux salaires et avantages de toute nature correspondant au temps restant à courir.
Paragraphe 4 : Le contrat à temps partiel
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SUPPORT DE COURS

A/ Définition
Le travail à temps partiel est celui effectué de façon régulière et volontaire dont la durée est
inférieure ou égale à 30 heures par semaine ou 120 heures par mois.
B/ La forme
Il doit être stipulé par écrit. Avant son exécution, les horaires de travail et la liste des travailleurs
doivent être transmis à l’inspecteur du travail. Lorsqu’il n’est pas écrit, il est réputé définitif.
C/ La période d’essai
Cette durée peut être inférieure à celle d’un travailleur à plein temps de la même catégorie et jamais
supérieure.
D/ Les heures supplémentaires
Ce sont les heures effectués au-delà des heures normales. Le total des heures normales plus les
heures supplémentaires dans ce contrat doit être inférieur à la durée légale du travail.
NB : Le travailleur à temps partiel ne peut être délégué du personne que s’il travaille effectivement
30 heures par semaine ou 120 heures par mois et ne peut être électeur que s’il travaille 25 heures par
semaine ou 100 heures par mois. Il bénéficie d’une priorité d’embauche en cas d’emploi à plein temps
disponible dans sa catégorie. Il doit être déclaré à la CNPS
Paragraphe 5 : Le contrat à durée indéterminée(CDI)
A/ Définition
C’est un contrat dans lequel aucun terme n’est fixé. Il peut être rompu à tout moment par le salarié
et par l’employeur qui a un motif légitime. C’est un contrat consensuel. Toutefois, l’écrit est conseillé
dans la pratique.
B/ La suspension du CDI
La suspension est l’interruption momentanée de l’exécution du contrat de travail qui pourra à
nouveau reprendre.
Cette suspension peut être due au fait du salarié ou de ‘employeur
a) La suspension due au fait du travailleur
Les causes de suspension sont :

- La maladie et l’accident professionnel

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SUPPORT DE COURS

- La maternité : le congé de maternité dure 14 semaines dont 6 avant la date présumée de


l’accouchement et 8 après l’accouchement. Ce délai peut être prolongé de 3 semaines en cas
de maladie liée à la grossesse ou à l’accouchement.
- La grève : moyen de pression utilisé par les salariés ; c’est une cessation concertée du travail
par les travailleurs. En cas de grève, le salaire de la période de grève n’est pas dû.
- La détention du salarié
- L’appel sous les drapeaux
- La mise à pied
- Les congés pour convenances personnelles (permissions exceptionnelles et mise en
disponibilité). Lorsque le salarié a six mois de travail effectif, il peut en bénéficier. La durée de
la permission exceptionnelle varie selon les cas :
Mariage du travailleur :4 jours ouvrables
Mariage d’un enfant, d’un frère ou d’une sœur : 2 jours ouvrables
Décès du conjoint, d’un enfant, du père ou de la mère : 5 jours ouvrables
Décès d’un frère, d’une sœur, d’une belle mère ou d’un beau père : 2 jours ouvrables
Naissance d’un enfant : 2 jours ouvrables
Baptême d’un enfant ou première communion : 1 jour ouvrable
Déménagement : 1 jour ouvrable
Pour les autres membres de la famille non cités, une permission de 2 jours ouvrable s pourra être
accordée. Toutefois cette absence n’est pas payée.
b) La suspension due au fait de l’employeur
Ce sont :

- La force majeure : événement imprévisible, irrésistible et extérieur à l’employeur ( incendie par


exemple)
- Le chômage technique dû à la fermeture provisoire de l’entreprise ne doit être ni trop long ni
indéterminé quant à la durée.
- Le lock out est une fermeture unilatérale de tout ou partie de l’entreprise pour riposter contre
une grève n’est légitime que s’il est justifié par un impératif de sécurité.

C/ La rupture
C’est la cessation définitive du CDI. Lorsqu’elle émane du salarié, elle porte le nom de démission
et de licenciement quand elle provient de l’employeur. Mais il faut noter que le CDI prend fin en cas de
décès du salarié, d’accord partie ou de départ à la retraite.

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SUPPORT DE COURS

a) La démission
1- Définition
La démission est la rupture du contrat de travail par la seule volonté du travailleur. Elle doit être
claire (sans contrainte) et sans équivoque (sans doute sur la volonté de rompre le contrat)
2- Forme
La démission doit être notifiée par écrit à l’employeur. Elle ne se présume pas et il n’est pas
nécessaire pour le salarié de motivé sa décision car nul n’est condamné à se soumettre indéfiniment à
une autre personne.
3- Les obligations du salarié
Il doit :

- Respecter un délai de préavis


- Continuer d’exécuter consciencieusement et loyalement le travail, sauf si l’employeur l’en
dispense, car le contrat subsiste encore dans tous ses effets.
En cas de rupture brusque le salarié s’expose au paiement de dommage-intérêts en faveur de
l’employeur.
4- Les obligations de l’employeur
Il doit :

- Payer le salaire jusqu’au terme du préavis


- Accorder un temps de liberté de deux jours par semaine ou 3 heures par jour au travailleur en
vue de trouver un nouvel emploi. S’il ne veut pas utiliser ce temps, il en informera le patron en
présence des délégués du personnel et ces heures seront payées à la fin du préavis.
- Remettre un certificat de travail
- Payer l’indemnité de congé payé.

b) Le licenciement
1- Définition
C’est la cessation définitive du contrat de travail décidée par l’employeur. Il est fait obligation au
patron d’avoir un motif légitime pour licencier. Il existe deux types de licenciement : le licenciement
pour motif personnel et le licenciement pour motif économique.

2- Le délai de préavis ou délai congé

55
SUPPORT DE COURS

C’est la période qui doit s’écouler obligatoirement entre l’annonce de la décision de mettre fin au
contrat et sa cessation définitive.
Ce délai permet au salarié d’avoir le temps nécessaire pour la recherche d’un nouvel emploi, de lui
éviter de quitter l’entreprise démuni, d’être brusquement congédié et permet à l’employeur de pourvoir
au remplacement du salarié pour éviter les perturbations dans le service.
La durée d préavis est fonction de l’ancienneté et de la catégorie professionnelle
Catégorie professionnelle Ancienneté Durée du préavis
Travailleurs payés à l’heure, à a journée ou à la 0 à 6 mois 8 jours
6 mois à 1 15 jours
Semaine ou à a quinzaine et classés dans les 5
an 1 mois
Premières catégories 1 an à 6 ans 3 mois
6 ans à 11 4 mois
ans
Au delà de
16 ans
Travailleurs payés au mois et classés dans les 5 Jusqu’à 6 1 mois
premières catégories ans 2 mois
6 ans à 11 3 mois
ans 4 mois
11 ans à 16
ans
Au-delà de
16 ans
Travailleurs classés à la 6eme catégorie et au-delà Jusqu’à 16 3 mois
ans 4mois
Au-delà de
16 ans
Travailleurs de toutes catégories frappés d’une Jusqu’à 6 Délai normal de
incapacité permanente ou partielle de plus de 40% mois préavis
Au-delà de 6 Deux fois le
mois délai normal

3- Les types de licenciement


Il y a le licenciement pour motif personnel et e licenciement pour motif économique
56
SUPPORT DE COURS

3-1- Le licenciement pour motif personnel


Ce licenciement est celui qui est inhérent au salarié. Il doit reposer sur une cause réelle (sur des
faits objectifs) et sérieuse (grave). Il faut distinguer le licenciement pour faute du licenciement sans
faute.

- Le licenciement sans faute : le travailleur peut être licencié alors qu’il n’a pas commis de faute.
Toutefois, la raison invoquée doit être réelle et sérieuse tel que la maladie rendant impossible la
continuation du travail, la détention, incapacité à s’adapter aux techniques nouvelles…
- Le licenciement pour faute : la faute est tout acte volontaire ou involontaire commis en violation
d’une prescription légale ou règlementaire. C’est aussi l’attitude d’une personne qui ne respecte
pas ses engagements contractuels. Lorsque la faute est lourde (vols et détournements,
abandon de poste…), elle ne donne pas lieu au préavis ni aux indemnités de licenciement.
La procédure : le patron doit notifier sa décision par écrit soit par lettre recommandée avec accusé de
réception soit par la remise au salarié de lettre contre reçu.
3-2 : Le licenciement pour motif économique
3-2-1 :Notion
c’est un licenciement opéré en raison d’une suppression ou transformation d’emploi consécutive à
des mutations technologiques, à une reconstruction ou à des difficultés économiques de nature à
compromettre l’activité et l’équilibre financier de l’entreprise. S’il porte sur un seul salarié, l’on parle de
licenciement individuel pour motif économique. S’il porte sur au mois deux travailleurs, il est
qualifié de licenciement collectif pour motif économique.
3-2-2 : Procédure
- l’établissement de l’ordre de licenciement en tenant compte des qualités professionnelles, de
l’ancienneté et des charges familiales
- consultation des délégués du personnel pour avis dans un délai minimum de 8 jours avant la
notification du préavis de licenciement
- soumission du licenciement à l’autorisation préalable de l’inspecteur du travail qui doit faire
connaître sa décision dans un délai de 15 jours.

3-2-3 : Le calcul de l’indemnité de licenciement


Le montant de l’indemnité de licenciement est égal à un certain pourcentage du salaire mensuel
moyen des douze (12) derniers mois d’activité, pour chaque année de présence dans l’entreprise. Les
pourcentages sont :
De la 1ere à la 5eme année d’ancienneté…………………………………..30%
De la 6eme à la 10eme année d’ancienneté……………………………….35%

57
SUPPORT DE COURS

Au-delà de la 10eme année d’ancienneté…………………………………...40%

Exercice
Un salarié licencié abusivement a un salaire global mensuel moyen au cours de l’année qui a
précédée son licenciement de 14 000 frs avec 16 ans d’ancienneté.
TAF : calculez l’indemnité de licenciement

Résolution
Calculons le montant de son indemnité
De la 1ere à la 5eme année…………30%
(140 000 × 30) × 5 = 42 000×5 = 210 000frs
100
De la 6eme à la 10eme année……………35%

(140 000 × 35) × 5 = 49 000×5 = 245 000frs


100
Au-delà de la 10eme année………………..40%

(140 000 × 40) × 5 = 56 000×6 = 336 000frs


100

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SUPPORT DE COURS

Le montant de l’indemnité est :


210 000 + 245 000 + 336 000 = 791 000 frs

Section 3 : Les obligations des parties au contrat de travail


Il faut envisager les obligations de l’employeur et les obligations du salarié
Paragraphe 1 : Les obligations de l’employeur
Il doit :

- Employer le salarié à la tache convenue


- Payer régulièrement le salaire prévu, sur les lieux, aux heures de travail
- Effectuer les versements légaux (CNPS, impôts)
- Traiter le salarié en bon père de famille
- Respecter les règles concernant l’hygiène et la sécurité
- Respecter la procédure de licenciement des délégués du personnel et syndicaux
- Eviter d’infliger des amendes ou des doubles sanctions pour une même faute
- Interdire l’introduction et la distribution des boissons alcoolisées à l’usage des salariés
- Délivrer les documents de fin de contrat

Paragraphe 2 : Les obligations du salarié


Le salarié doit :

- Toute son activité professionnelle à l’entreprise


- Exécuter le travail pour lequel il à été embauché
- Exécuter lui-même le travail convenu
- Prendre soin du matériel de travail en bon père de famille
- Réaliser le travail avec fidélité
- Eviter de se rendre complice des concurrents du patron
- Eviter tout acte susceptible de nuire à son patron
- Respecter la règlementation du travail
- Exécuter consciencieusement et loyalement le travail en évitant toute perte de temps et
gaspillage des matières premières
-

Section 4 : Les droits des parties

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SUPPORT DE COURS

Paragraphe 1 : Les droits du salarié


Il a droit :

- A percevoir le salaire convenu en monnaie ayant cours légal


- A être traiter humainement et de façon égale que les collègues
- A l’application de la règlementation du travail
- A faire intervenir l’inspecteur du travail si nécessaire pour arbitrage ou conciliation
- A accomplir son travail dans les conditions prévues au contrat

Paragraphe 2 : Les droits de l’employeur


Il a trois privilèges principaux

- Le pouvoir de direction : le patron dirige et oriente l’entreprise, il donne des ordres


- Le pouvoir règlementaire : il détermine les règles relatives à l’organisation technique du travail,
la discipline et aux prescriptions qui concernent l’hygiène et la sécurité
- Le pouvoir disciplinaire : il peut infliger des sanctions aux salariés (mise à pied, avertissement,
licenciement)

CHAPITRE III
LA DUREE DU TRAVAIL

SECTION I : LA DUREE LEGALE


Paragraphe 1 : Le travail de jour
Cette durée est de :

- 40 heures par semaine dans le secteur non agricole soit 173,33 heures par mois. Une durée
inférieure peut être stipulée dans le travail à temps partiel
- 48 heures par semaine dans le secteur agricole soit 2400 heures par ans

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SUPPORT DE COURS

Paragraphe 2 : Le travail de nuit


C’est le travail effectué entre 21 heures et 5 heures du matin. Il ne peut excéder 8 heures
consécutives, entrecoupées d’une ou deux pauses de quinze minutes. Au-delà des 8 heures, toutes
les heures effectuées sont des heures supplémentaires. Les enfants de moins de 14 ans ne peuvent
pas travailler entre 17 heures et 8 heures du matin et ceux dont l’âge est compris entre 14 et 18 ne
peuvent être occupés entre 18 heures et 6 heures du matin

Section 2 : Les dérogations à la durée légale


Il y a les dérogations permanentes et celles temporaires
Paragraphe 1 : Les dérogations permanentes
La loi autorise des équivalences de 40 à 44 heures dans le secteur non agricole et de 48 à 52
heures dans le secteur agricole. En ce qui concerne les domestiques et les gardiens, l’équivalence est
de 56 heures par semaine.
Paragraphe 2 : Les dérogations temporaires
A/ La récupération des heures collectivement perdues
Ce sont les heures perdues pour cause de force majeure, pénurie de matières premières,
manque de moyens de transport, intempéries… Les heures perdues pour cause de grève ou de lock
out ne sont pas récupérables.
B/ Le cas des travaux urgents et exceptionnels
Ils permettent de prévenir la perte inévitable de produits, des accidents imminents… ces heures
sont rémunérées en heures normales et en heures supplémentaires.

Paragraphe 3 : Les heures supplémentaires


Les heures supplémentaires doivent être acceptées librement par le salarié et sont rémunérées
comme suit :

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SUPPORT DE COURS

Heures de travail hebdomadaire Majoration


0 à 40 heures Heures normales
De la 41eme à la 46eme heure (6 heures) 15 %
Au-delà de la 46eme heure 50%
Heures de nuit des jours ouvrables 75 %
Heures de jours : dimanche et jours fériés 75 %
Heures de nuit : dimanche et jours fériés 100 %

CHAPITRE IV
LE REPOS DU TRAVAILLEUR

Le repos hebdomadaire du travailleur est fixé à 24 heures consécutives. Ce repos a lieu dimanche.
Mais quelques dérogations peuvent être apportées.

Section 1 : Les dérogations au repos dominical


Paragraphe 1 : Les dérogations de plein droit
En cas d’urgence, l’employeur peut donner le repos par roulement.
Paragraphe 2 : L es dérogations facultatives
Elles sont données aux entreprises qui en font la demande. Celles qui sont temporaires sont
accordées par le ministre du travail et celles occasionnelles sont autorisées par arrêté municipal ou
sous préfectoral.

Section 2 : Les jours fériés


Ce sont les jours de fêtes légales, qu’elles soit civiles ou religieuses.
Paragraphe 1 : Les jours fériés, chômés et payés
Les jours chômés sont les jours pendant lesquels le travail est suspendu. les jours fériés ne sont
pas forcément chômés.

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SUPPORT DE COURS

- Sont fériés chômés et payés même s’ils tombent un dimanche :


07 aout (fête nationale)
1er mai (fête de travail)
- Sont fériés, chômés et payés sauf s’ils tombent un dimanche :
1er janvier
Jeudi de l’ascension
La fête de fin de ramadan
La fête de tabaski
15 aout, fête de l’assomption
1er novembre, fête de toussaint

Paragraphe 2 : Les jours fériés, chômés
Ce sont :

- le lundi de pâques
- le lundi de pentecôte
- les lendemains des fêtes du 07 aout et du 1er mai s’ils tombent un dimanche
chaque fois que la fête nationale tombe un mardi ou un vendredi la veille ou le lendemain est,
selon le cas, considéré comme jour férié, chômé.
Pour les travailleurs payés au mois, ces heures sont compensées heures par heures dans les
jours suivants. Dans le cas contraire, elles sont rémunérées au taux normal en plus de la rémunération
habituelle.
Pour ceux payés à l’heure, elles sont payées avec une majoration de 100%

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SUPPORT DE COURS

CHAPITRE V
LES CONGES PAYES

Les congés payés sont institués pour préserver la santé physique, morale et intellectuelle des
salariés. Ils sont reconnus à tout salarié ou apprenti ayant un an (y compris les périodes d’absence
justifiée : permissions exceptionnelles, congé de maternité, accidents…) de travail effectif dans
l’entreprise.

Section 1 : Les modalités d’octroi du congé


Il faut envisager son organisation et sa durée
Paragraphe 1 : La date de départ en congé
II appartient à l’employeur d’organiser le départ en congé en tenant compte des nécessités du
service et des désirs des salarié si possible. Une fois la date déterminée, elle ne peut être ni anticipée
ni retardée d’une période supérieure à trois mois sauf autorisation de l’inspecteur du travail.
Le congé peut être fractionné à condition que la première partie soit supérieure ou égal à 14 jours.
Toutefois le salarié pourra être rappelé en cas de nécessité.
Paragraphe 2 : La durée du congé
Selon le code du travail, le salarié bénéficie de 2 jours ouvrables de congé par mois. Mais la
convention collective accorde 2,2 jours ouvrables par mois.
Cette durée est majorée de :

- un jour ouvrable supplémentaire après 5 ans d’ancienneté


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SUPPORT DE COURS

- deux jours ouvrables supplémentaires après 10 ans d’ancienneté


- trois jours ouvrables supplémentaires après 15 ans d’ancienneté
- cinq jours ouvrables supplémentaires après 20 ans d’ancienneté
- sept jours ouvrables supplémentaires après 2 5 ans d’ancienneté

La femme bénéficie d’un congé supplémentaire de :

- deux jours par enfant à charge (15 ans)si elles ont moins de 21 ans
- deux jours par enfant à charge à compter du 4eme si elles ont plus de 21 ans

Les salariés ayant la médaille d’honneur du travail ont un jour de pus et ceux logé dans
l’établissement ou à proximité ayant 24 heures de présence par jour ont un congé supplémentaire de
deux semaines. Aux jours ouvrables, il faut ajouter les dimanches et les jours fériés pour déterminer la
durée du congé en jours calendaires.

Section 2 : L’indemnité de congé payé


L’allocation se calcule de deux manières
Paragraphe 1 : Selon le décret n° 98 -39 du 28 janvier 1998
L’indemnité est égale au 1/12 (douzième) de la rémunération du salarié pendant la période de
référence.
Rémunération des 12 derniers mois
Allocation=
12

Paragraphe 2 : Selon la convention collective


Dans ce cas l’allocation est égale au salaire moyen journalier × durée du congé payé de la période
de référence (T)
Or salaire moyen journalier est égale à salaire moyen mensuel divisé par 30 et salaire moyen mensuel
est égale au salaire de période de référence divisé par la durée de la période d’où
Allocation = salaire moyen mensuel × T
30

65
SUPPORT DE COURS

Exercice
Un salarié a travaillé pendant 9 mois. Pendant cette période, il percevait en moyenne 300 000 francs le
mois. Calculez l’indemnité de congé

Résolution
- la durée du congé
9 × 2,2 = 19,8 jours soit 20 jours de congé
- l’indemnité
I= (300 000 / 30) × 20
= 10 000 × 20
= 2 00 000 frs

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SUPPORT DE COURS

CHAPITRE VI
LES ORGANES PROFESSIONNELS

Dans les rapports entre les salariés et leurs patrons, ceux-ci choisissent des représentants

Section 1 : Les syndicats professionnels


Ce sont des groupements organisés de travailleurs (syndicat ouvriers) ou d’employeurs
(syndicat patronal).
Les syndicats régulièrement constitués sont des personnes morales de droit privé. De ce
fait, ils peuvent ester en justice, acquérir des biens, gérer des œuvres à caractère social,
conclure des contrats, décréter la grève dans l’entreprise, prêter…
Ses représentants sont protégés. Ainsi, les représentants ont un crédit d’heures de 15
heures par mois, se déplacent librement dans l’entreprise et bénéficient de la même protection
que les délégués du personnel
Le syndicat peut être dissout volontairement, statutairement ou judiciairement ( à titre de
sanction). Les biens du syndicat dissout sont dévolus conformément aux statuts ou selon les
règles déterminées par l’assemblée générale. Mais les biens ne peuvent pas être repartis entre
les adhérents.

Section 2 : Les délégués du personnel

Le délégué du personnel est un travailleur élu par ses pairs pour présenter leurs suggestions
et leurs revendications à l’employeur. Chaque délégué a un suppléant.
Le nombre de délégués est fonction de l’effectif. L’élection du délégué est obligatoire dans les
entreprises de plus de dix salariés.

Effectif Délégués titulaires Délégués suppléants


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SUPPORT DE COURS

De 11 à 25 travailleurs 1 1
De 26 à 50 2 2
De 51 à 100 3 3
De 101 à 250 5 5
De 251 à 500 7 7
De 501 à 1000 9 9

Au-delà de 1000 salariés, un délégué titulaire et un délégué suppléant en plus par tranche de
500 travailleurs
Les délégués du personnel ont pour mission :
de présenter à l’employeur toutes les réclamations concernant les conditions de travail et la
protection des travailleurs
de communiquer à l’employeur toute suggestion de nature à améliorer l’organisation et le
rendement de l’entreprise
de saisir l’inspecteur du travail des plaintes ou réclamations relatives à l’application des lois du
travail
de veiller à l’application des prescriptions relatives à l’hygiène et la sécurité s’il n’ y a pas de
comité à cet effet.

Ils sont reçus une fois au moins par mois par l’employeur
Le délégué du personnel est protégé. Ainsi, il ne peut pas être muté contre son gré, licencié sans
l’autorisation de l’inspecteur du travail. Sa fonction n’est pas un frein à l’augmentation de sa
rémunération ou de son avancement.
Le délégué pet être révoqué en cours de mandat sur proposition du syndicat qui l’a présenté, à
défaut sur pétition écrite signée de la majorité du collège électoral auquel il appartient et confirmée au
scrutin secret par la majorité de ce collège.

CHAPITRE VII
L’INSPECTION DU TRAVAIL

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SUPPORT DE COURS

C’est un corps de fonctionnaires assermentés chargé de veiller à la bonne application des lois et
règlements du travail. Les inspecteurs sont assistés des contrôleurs du travail et des médecins-
inspecteurs

Section 1 : Attributions
Pouvoirs Domaines d’intervention
Contrôle Veille au respect et à l’application
Du code du travail
Des conventions et accords collectifs
Conseil Informe les employeurs et les salariés sur la législation du travail
Conciliation Elle joue un rôle de conciliation ou d’arbitre en cas de conflits
individuels
Ou collectifs
Autorisations Donner son autorisation en cas de :
administratives
Licenciement de représentant du personnel
Licenciement collectif
Recours aux heures supplémentaires
Avant la mise en application du règlement intérieur

Section 2 : Moyens d’action

Droit de l’inspecteur Modalités d’exercice


Droit d’entrée A toute heure de jour ou de nuit
Pour toute surveillance ou enquête utile
Librement et sans avertissement préalable

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SUPPORT DE COURS

Dans tout établissement assujetti à son contrôle


Droit de visite Droit de circuler librement dans l’entreprise
Droit de se faire accompagner par les délégués du
personnel
Droit d’enquête sur des questions précises
Droit de Communication des déclarations obligatoires
communication En matière d’emploi
En matière de durée du travail
En matière d’hygiène et de sécurité
Communication des registres obligatoires
Registre du personnel
Registre de mise en demeure
Registre des délégués du personnel
Livre de paye et toutes pièces justificatives
Registres et document concernant l’hygiène et la
sécurité
Communication des affiches obligatoires
Règlement intérieur
Horaire de travail
Adresse du médecin du travail
Nom de l’inspecteur du travail

Section 3 : Constatation des infractions


Procès verbal L’inspecteur peut :
Constater par procès verbal les infractions aux dispositions de la
législation du travail
Saisir directement les autorités judiciaires qui doivent les informer
dans es meilleurs délais de la suite réservée au procès verbal
Mise en demeure, L’inspecteur peut mettre le contrevenant en demeure d’appliquer la loi
avertissement, conseil en lui laissant un délai. Il peut aussi donner des avertissements et
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SUPPORT DE COURS

prodiguer des conseils


Urgences Il peut ordonner ou faire ordonner des mesures immédiatement
exécutoires propres à faire cesser un danger imminent pour la santé et
la sécurité des salariés

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