0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
79 vues7 pages

Cours Ganaral Olympe de Gouges - 7vy4nfc2kle

Le document traite de la lutte des femmes pendant la Révolution française, mettant en lumière leur engagement et leurs revendications pour l'égalité des droits, notamment à travers la figure d'Olympe de Gouges. Elle est présentée comme une pionnière du féminisme, ayant écrit la 'Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne' en 1791, tout en dénonçant les injustices et en appelant à l'égalité. Malgré son engagement, elle est finalement condamnée à mort pour ses idées progressistes, illustrant ainsi les défis auxquels les femmes faisaient face à cette époque.

Transféré par

mariaasln46
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
79 vues7 pages

Cours Ganaral Olympe de Gouges - 7vy4nfc2kle

Le document traite de la lutte des femmes pendant la Révolution française, mettant en lumière leur engagement et leurs revendications pour l'égalité des droits, notamment à travers la figure d'Olympe de Gouges. Elle est présentée comme une pionnière du féminisme, ayant écrit la 'Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne' en 1791, tout en dénonçant les injustices et en appelant à l'égalité. Malgré son engagement, elle est finalement condamnée à mort pour ses idées progressistes, illustrant ainsi les défis auxquels les femmes faisaient face à cette époque.

Transféré par

mariaasln46
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Cours Général Olympe de Gouges

Contexte : les femmes pendant la Révolution

Au XVIIIème siècle, sont relancées les luttes des femmes contre les inégalités
que leur impose le pouvoir, entre les mains des hommes, aussi bien sous la plume
des plus lettrées, telle Émilie du Châtelet, qu’avec l’appui des écrivains qui débattent
de la condition féminine et écrivent sur ce thème. Il est alors logique que, quand
éclate la Révolution de 1789, les femmes y participent activement.
Quelques cahiers de doléances ont laissé la parole aux femmes, mais les
revendications restent encore limitées, par exemple concernant les droits à payer par
les veuves ou le traitement des filles-mères. Cependant, dès les premières journées
révolutionnaires de 1789, elles sont présentes, comme Pauline Léon qui participe à
la prise de la Bastille ; ce sont elles aussi qui, en octobre 1789, se rendent à
Versailles et exigent, dans l’assemblée, le retour de la famille royale à Paris. Un
autre geste marquant, pour soutenir les armées révolutionnaires en lutte, a été ce «
don patriotique » qui a conduit plusieurs femmes riches à offrir leurs bijoux.
Cependant, elles trouvent difficilement une place active dans les assemblées qui
légifèrent, où celles que l’on nomme péjorativement « les tricoteuses » sont
cantonnées dans les tribunes, ce qui ne les empêche pas de manifester
bruyamment.

Les femmes fondent alors des clubs patriotiques, sur le modèle de ceux des
hommes : elles y lisent et commentent les lois, rédigent des brochures réclamant des
droits, qu’elles diffusent activement. Elles cherchent à se faire écouter des
assemblées, telle Pauline Léon qui, en mars 1792, lit une pétition en faveur du droit
pour les femmes de former une garde nationale féminine ou, en juin 1793, prend la
tête d’une délégation de femmes demandant à être admises à la Convention. Mais la
constitution alors élaborée n’est soumise qu’au suffrage « universel »… masculin, et,
le 30 octobre 1793, les clubs féminins sont interdits… Ainsi, très vite les femmes
sont renvoyées à leur infériorité traditionnelle.

Biographie d'Olympe de Gouges

C’est dans ce contexte historique que nous pouvons mesurer la place prise par
Olympe de Gouges (1748-1793).

Une femme libérée


Déclarée sous le nom de Marie Gouze, fille d’un maître-boucher, la rumeur, à
Montauban où elle a passé sa jeunesse, la disait fille illégitime de son parrain, le
marquis Lefranc de Pompignan, poète. Sa mère, fille d’un avocat, lui permit de
recevoir une éducation assez soignée.
Son mariage, en 1765, à dix-sept ans, à un homme de trente ans de plus qu’elle,
important client de la boucherie paternelle, a tout du mariage forcé, et quand, un an
plus tard, après la naissance d’un fils, son mari meurt, elle affirme sa liberté en
décidant de monter à Paris. Deuxième acte de liberté, elle ne garde pas le nom de
son époux, usage pour une veuve, mais prend le nom d’Olympe de Gouges. Elle
trouve un riche protecteur, avec lequel elle a une liaison jusqu’à la Révolution, ce
qui lui permet de fréquenter les salons mondains, de mener une vie luxueuse, et
elle se lance dans une carrière littéraire. Mais elle refuse le mariage car la loi
interdit à une femme de publier sans le consentement de son époux.
Une femme engagée
Elle s’intéresse d’abord au théâtre, allant jusqu’à monter une petite troupe – dans
laquelle son fils est acteur – qui se produit à Paris et dans les environs. Ses
premières pièces traduisent déjà son engagement, contre
l’esclavage dans Zamore et Mirza ou l’Esclavage des Noirs (1784), une utopie
humaniste qui lui vaut la menace d’une lettre de cachet pour l’envoyer à la Bastille, et
ne sera jouée qu’en 1788, Le Mariage inattendu de Chérubin (1786) et Le Couvent
ou les vœux forcés (1790), en faveur de l’égalité des sexes et de la liberté des
femmes.
Mais, très vite son engagement prend un tour plus politique, avec deux écrits, en
1788, Lettre au Peuple ou projet d’une caisse patriotique, par une citoyenne,
et Remarques patriotiques par l’auteur de la Lettre au Peuple : elle y énonce un
programme de réformes sociales. Pendant la révolution, son engagement se
confirme par de nombreuses brochures adressées aux assemblées législatives, aux
Clubs patriotiques, et, surtout, par sa Déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne, en 1791. Mais, quand elle propose à la Convention de plaider, aux côtés
de Malesherbes, pour la défense de Louis XVI qu’elle accuse en tant que roi mais
pas en tant qu’homme, le rejet est catégorique : comment une femme pourrait-elle
tenir ce rôle ?
C’est son opposition à la Terreur, dont elle dénonce les « criminelles
extravagances » dans un manifeste Les Trois Urnes ou le Salut de la patrie, par un
voyageur aérien, qu’elle affiche elle-même le 20 juillet 1793, ce qui lui vaut d’être
arrêtée le jour même. Elle y propose trois choix politiques : une république une et
indivisible, une république fédéraliste et, audace inacceptable, le retour à une
monarchie constitutionnelle. Le 6 août le tribunal révolutionnaire l’inculpe, elle est
emprisonnée, puis condamnée à la guillotine lors de son jugement le 2 novembre.
Elle monte à l’échafaud dès le lendemain, deuxième femme à être exécutée après la
reine.
Voici en quels termes celui qui est alors procureur de Paris, avant d’être lui-même
guillotiné en 1794, Pierre-Gaspard Chaumette, commente son action face aux
"républicaines" :
« [une] virago, la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première
institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut
politiquer et commit des crimes… Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le
fer vengeur des lois. Et vous voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne
serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la
nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées,
c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

Problématique

Cette observation du contexte de l’écriture de la Déclaration des droits de la femme


et de la citoyenne, explique le choix de la problématique adoptée pour l’étudier
œuvre :

Comment cette œuvre illustre-t-elle le combat en faveur des droits de la femme


?
Cette problématique va nous conduire à trois questionnements :

 S’il y a « combat », cela implique l’existence d’adversaires, soutenant une


thèse adverse : quels sont-ils ? quelle est cette thèse ? sur quels arguments
repose-t-elle.
 Ce combat vise un objectif : quels sont ces « droits de la femme » qu’il veut
conquérir ? Sur quels domaines portent-ils ?
 L’adverbe interrogatif « Comment » fait porter l’intérêt sur l’écriture même du
texte : sa structure, sa tonalités, les procédés de style adoptés…

L'œuvre d'Olympe de Gouges

LE TITRE : un double modèle

Le modèle anglais

L’expression « Déclaration des droits » est la traduction de l’anglais « Bill of rights


». C’est en 1689 qu’à la suite de la révolution qui renverse le roi catholique Jacques
II au profit de sa nièce Marie Stuart, protestante, épouse du prince Guillaume
d’Orange, ceux-ci s’engagent à défendre une « déclaration des droits »
qui transforme la monarchie absolue en monarchie parlementaire. Son titre
complet est significatif des nouveaux droits du peuple : « Acte déclarant les droits
et les libertés du sujet et mettant en place la succession de la couronne ».
En France, de nombreux philosophes des Lumières ont loué la liberté d’expression
ainsi de règle en Angleterre, comme Voltaire dans ses Lettres
philosophiques (1764) : La nation anglaise est la seule de la terre qui soit parvenue à
régler le pouvoir des rois en leur résistant, et qui, d’efforts en efforts, ait enfin établi
ce gouvernement sage où le prince, tout puissant pour faire du bien, a les mains
liées pour faire le mal, où les seigneurs sont grands sans insolence et sans vassaux
et où le peuple partage le gouvernement sans confusion. La Chambre des Pairs et
celle des Communes sont les arbitres de la nation, le Roi est le sur−arbitre […].

Le modèle français

C’est sur ce modèle que, quand la réunion des États généraux à Versailles se
déclare Assemblée nationale le 17 juin 1789, avant d'abolir les trois ordres sociaux,
puis de s’instituer Assemblée constituante, celle-ci déclare, le 4 août, que la
Constitution sera précédée d’une « Déclaration des droits » pour en poser les
principes fondamentaux. Le 5 octobre, Louis XVI est contraint d’accepter les dix-
sept articles de cette Déclaration ainsi que les dix-neuf articles de la Constitution
déjà rédigés, texte promulgué le 3 novembre par une « Lettre Patente ».
C’est le modèle de cette Déclaration que suit Olympe de Gouges, qui exprime ainsi
la volonté des femmes, dès les débuts de la Révolution, d’avoir des
représentantes à l’Assemblée nationale.
Lettres patentes de Louis XVI promulguant le texte de la déclaration des droits de
l'homme et du citoyen, l'abolition des privilèges féodaux, etc 1789
C’est aussi ce que réclame le pamphlet de Madame de Cambis, dont le titre affirme
sa protestation contre « Le sort actuel des femmes », volonté soutenue aussi par un
article du philosophe Condorcet « Sur l’admission des femmes au droit de cité »,
publié le 3 juillet 1790. Mais, une semaine déjà après la prise de La Bastille, le
député Sieyès, leur a dénié ce droit : « « Les femmes, du moins dans l’état actuel,
les enfants, les étrangers, ceux encore qui ne contribueraient en rien à soutenir
l’établissement public, ne doivent point influer activement sur la chose publique. » Il
est donc affirmé tout à fait clairement que les femmes font partie des citoyens
passifs, et ne peuvent donc voter au sein des assemblées. C'est bien là ce qui
révolte Olympe de Gouges.

LA STRUCTURE

L’œuvre porte en son centre, comme son modèle, dix-sept articles, précédés
d’une courte introduction, intitulée « Préambule », qui remplace le titre du modèle
masculin, « Déclaration des droits de l’homme en société ».

Mais nous notons trois éléments particulièrement originaux :

 une adresse « À la reine », en forme de dédicace où elle déclare vouloir


ainsi lui « faire hommage de cette singulière production ».
 sous le titre « Les droits de la femme », trois paragraphes interpellent
violemment celui qui fait figure d’adversaire : « Homme, es-tu capable d’être
juste ? »
 un « Postambule », qui formule plus clairement un appel à la « Femme »,
soutenu par une argumentation personnelle et directe.

L’image saisissante qui conclut le « Postambule », « Le mariage est le tombeau de la


confiance et de l'amour. », conduit à un ultime ajout intitulé "Forme du Contrat
social de l’Homme et de la Femme", où Olympe de Gouges propose une nouvelle
« formule » de rédaction de ce qu’elle nomme « l’acte conjugal ».

L'objectif de la dédicace

Adresser une dédicace, au roi ou à tout noble protecteur, est un acte fréquent sous
l’ancien régime, le plus souvent une façon pour un écrivain de plaider en faveur de
son œuvre.
Mais le but d’Olympe de Gouges est, plus que de solliciter un appui personnel,
d’amener à reine à user de son pouvoir pour se ranger aux côtés des femmes
en lutte : « Il n’appartient qu’à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de
donner du poids à l’essor des Droits de la Femme, et d’en accélérer les succès. »
Cet appel est insistant dans toute la seconde partie du texte, jusqu’aux injonctions
finales : « Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce sexe malheureux, et
vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume, et le tiers au moins de l’autre. /
Voilà, Madame, voilà par quels exploits vous devez vous signaler et employer votre
crédit. »
Un autoportrait

Cette dédicace nous offre aussi une image d’Olympe de Gouges, qui insiste sur
sa liberté. Déjà elle marque sa différence avec les dédicataires ordinaires, « je
n’emploierai point l’adulation des Courtisans pour vous faire hommage de cette
singulière production » ; cependant elle conserve tout de même, dans ses formules
finales, l’expression de son « plus profond respect » face à celle qui reste encore la
souveraine, mais qu'elle appelle « Madame », et non pas "Majesté".
D’ailleurs, de même qu’elle jugeait que Louis XVI roi était condamnable en tant que
roi mais non en tant qu’homme, la considérant en tant que « mère et épouse », elle
rappelle à la reine le soutien qu’elle-même a pu lui apporter : « Lorsque tout
l’Empire vous accusait et vous rendait responsable de ses calamités, moi seule,
dans un temps de trouble et d’orage, j’ai eu la force de prendre votre défense. »
Mais, parallèlement, elle affirme ses opinions en l’avertissant des risques
courus si elle s’élevait contre le peuple : « L’intrigue, la cabale, les projets
sanguinaires précipiteraient votre chute, si l’on pouvait vous soupçonner capable de
semblables desseins. » Son adhésion à la révolution, qui libère des « tyrans »,
et son patriotisme ressortent par son enthousiasme à la fin de la dédicace : «
Croyez-moi, Madame, notre vie est bien peu de chose, surtout pour une Reine,
quand cette vie n’est pas embellie par l’amour des peuples, et par les charmes
éternels de la bienfaisance. », « tout bon Citoyen sacrifie sa gloire, ses intérêts,
quand il n’a pour objet que ceux de son pays. »

POUR CONCLURE

Fin du « Postambule » offre un double intérêt :

 D’une part, il montre que, pour Olympe de Gouges, la situation de la femme,


privée de liberté et de droits par les hommes, est semblable à celle des
esclaves dans les colonies. Or, pour les unes comme pour les autres, les
révolutionnaires tardent à corriger cette injustice.
 D’autre part, il inscrit cette écrivaine dans les combats de ce "siècle des
Lumières", notamment celui en faveur de l’abolition de l’esclavage, en
recourant, comme les philosophes, à une argumentation qui s’appuie à la fois
sur la raison, universellement partagée, et sur l’idée de « nature ».
Rappelons cependant qu’elle fait figure, parmi les révolutionnaires, de « modérée »,
puisqu’elle ne réclame pas la fin de la monarchie. C’est d’ailleurs son manifeste, Les
Trois Urnes, affiché le 20 juillet 1793, dans lequel elle propose « le retour à une
monarchie constitutionnelle », qui lui vaudra sa condamnation à la guillotine.

Un combat contre des adversaires

Olympe de Gouges généralise son adversaire dans son introduction, sous-titrée «


Les droits de la femme », en l’interpellant, « Homme, es-tu capable d’être juste ? »
Mais, derrière ce terme, se cachent des adversaires précis.
Comme c’est dans le cadre de la famille et du mariage que se manifeste
l’oppression de la femme, les premiers coupables sont le père, qui, après lui avoir
refusé une réelle instruction, marie souvent sa fille contre sa volonté, mais surtout «
son mari, son chef, son seigneur et son maître », pour reprendre l’énumération
d’Arnolphe dans L’École des femmes qui traduit l'absolu pouvoir de l'époux sur sa
femme. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’à la fin du « Postambule », elle passe du
combat des femmes à celui des esclaves, car tous deux sont, à ses yeux, asservis
de la même façon.
Quand elle recherche les causes de cette situation, héritage des temps les
plus reculés, elle pose une deuxième catégorie d’adversaires, tous ceux qui
s’appuient sur la religion pour cautionner l’infériorité de la femme, descendante
d’Ève, dotée de si nombreux défauts, comme, d’ailleurs, celle des esclaves « de
couleur noire ». Finalement, c’est toute la société qui, à partir de cette conception,
rejette les femmes dont la vie n’est pas conforme à la « vertu » chrétienne, telles ces
filles-mères, séduites puis abandonnées, ou, tout simplement, celles qui sont nées
dans des familles pauvres, sans ressources pour survivre.
Ce constat implique un troisième adversaire, le législateur, puisque c’est lui
qui a produit des textes de lois déniant à la femme les droits qu’il accorde à
l’homme, notamment en matière politique, juridique, financière et en leur refusant le
divorce. Elle accuse donc avec force les représentants du peuple à l’Assemblée
d’être « en contradiction avec leurs principes ».
Enfin, coupable aussi – et sans doute est-ce là le pire ! – la femme elle-
même à laquelle elle crie : « Femme, réveille-toi ». Elle reproche aux femmes de
rester passives face aux injustices subies : « Femmes, quand cesserez-vous
d'être aveugles ? » Certes, elles ont des excuses et tout un paragraphe montre
comment les femmes ont pu exercer un pouvoir souterrain sous l’Ancien Régime : «
La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi,
la ruse leur a rendu ». Mais il n’est plus temps, à ses yeux, d’agir ainsi ; elles doivent
à présent affirmer ouvertement leur puissance et leurs droits.

Les droits revendiqués

Les articles de sa Déclaration, en reprenant ceux de la Déclaration de 1789,


réclament le respect des trois principes fondateurs de la Révolution : liberté,
égalité, fraternité.
 Ils doivent d’abord être appliqués dans le domaine politique, comme
l’indique le titre de l'œuvre qui introduit « la citoyenne », en accordant aux
femmes le droit de participer, comme tout homme, aux assemblées qui
font la loi, « le droit de monter à la tribune ».
 Puis, ils doivent s’exercer dans l’ensemble de la société, en lui ouvrant des
charges dans « l’Administration publique », donc le droit de travailler, de
participer au développement économique du pays. Mais, pour cela, la
femme doit avoir le droit à une solide instruction, égale à celle des
hommes.
 Ce sont aussi des droits économiques et financiers, la participation à
l’impôt et à son contrôle, mais aussi la gestion de sa propre fortune, y compris
en cas de divorce.

Les formes et les procédés du combat

Les analyses nous ont permis de constater qu’Olympe de Gouges met en œuvre
toutes les stratégies oratoires propres à rendre son argumentation efficace.
Pour convaincre
Elle veille à opposer, aux arguments des adversaires, ses propres arguments,
construits avec rigueur et logique, exposés en faisant appel à la « raison »,
comme l’ont fait les écrivains des Lumières. Elle joue ainsi sur les oppositions, par
exemple entre la conception traditionnelle des femmes et ses propres souhaits ; elle
pose les causes de ce qu’elle dénonce, pour en dépeindre les conséquences. Elle
imagine les obstacles, avec des hypothèses, pour expliquer ensuite comment les
surmonter.
Cette volonté de convaincre se mesure tout particulièrement aux ajouts qu’elle
introduit dans les articles de sa Déclaration par rapport au texte « masculin ».
Pour persuader
Elle joue sur une double tonalité, liée à son implication personnelle.

Nous reconnaissons la tonalité pathétique quand elle peint la situation des


femmes, comparée à celle des esclaves. Nous percevons alors sa sensibilité,
toute son émotion à travers le lexique qui met en valeur leur sort, en insistant sur «
l'effroyable tableau de ce qu’[elles ont] été dans la société ».
Mais les textes s’inscrivent encore davantage dans la tonalité polémique, qui
traduit toute son indignation. Le blâme ressort de la violence lexicale, avec de
nombreuses hyperboles soutenues par des images, comparaisons et métaphores
péjoratives. Si les articles sont des affirmations ou des négations, plus neutres, le «
Préambule » comme le « Postambule », et même la « Dédicace » interpellent très
souvent, à la fois les adversaires mais plus largement tous les lecteurs, par des
interrogations rhétoriques, par les injonctions qu’elle leur lance. Et son élan de
colère se marque dans le rythme même des phrases, avec l’emploi de chiasmes,
d’anaphores, d’énumérations ou de longues périodes enflammées.

Vous aimerez peut-être aussi