Classification Des Navires
Classification Des Navires
© Dunod, 2024
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
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ISBN 978-2-10-086184-2
Préfaces VIII
Sitographie X
Domaine 1
Description – Construction
1.1 La classification des navires 2
1 Les navires de commerce 2
2 Les navires de servitude 6
3 Les navires de pêche 8
4 Les navires de service public et de service de l’État en mer 9
5 Les navires militaires 11
6 Les navires de plaisance 12
1.2 Les éléments constitutifs d’un navire et les différents matériaux 14
1 Approche structurelle : coque et structure d’ensemble d’un navire 14
2 L’assemblage des éléments d’une coque en bois 17
3 L’assemblage des éléments d’une coque en acier ou en aluminium 20
4 Coque en matériaux composites 23
5 Les superstructures 25
6 Les contraintes subies par la coque du navire : la résistance des matériaux 26
7 Le cycle de vie et le démantèlement d’un navire 29
1.3 Les espaces et leurs fonctions 30
1 Naviguer 30
2 Transporter 32
3 Travailler 33
4 Vivre 34
5 Produire 35
1.4 Les modes de propulsion d’un navire 36
1 Les différents types de motorisation 37
2 Les principaux carburants 41
3 Les principaux éléments constitutifs d’un moteur thermique 43
4 Le principe de fonctionnement d’un moteur Diesel (diesel engine) 48
III
Domaine 2
Flottabilité – Stabilité – Sécurité du flotteur
2.1 La flottabilité des navires 76
1 Les conditions de flottabilité d’un navire 76
2 La réserve de flottabilité d’un navire, marques de franc-bord 82
3 La flottabilité appliquée à la plongée 89
4 La flottabilité appliquée au sous-marin 91
2.2 La stabilité du navire 92
1 Une approche expérimentale de la stabilité 92
2 Les mouvements du navire 94
3 La stabilité transversale du navire 94
4 Notion de métacentre 98
5 Les facteurs influençant la stabilité 98
6 Les dispositifs de stabilisation 101
2.3 La sécurité du flotteur 102
1 La voie d’eau 102
2 L’incendie 106
3 L’équipement individuel de lutte contre un incendie 110
IV
Domaine 4
Navigation – Réglementation – Sécurité
4.1 Les paramètres et les instruments de la navigation maritime 192
1 La planification de la navigation 192
2 Les informations nautiques et météorologiques 193
3 Se repérer à la surface de la Terre, les coordonnées géographiques 194
4 La carte marine : principe et utilisation 195
5 Les vitesses dans le monde maritime 200
6 Le compas magnétique, la déclinaison, la déviation 201
7 Les éléments de navigation côtière 204
4.2 Les marques de balisage 211
1 Les éléments caractéristiques d’une balise 211
2 Les marques latérales (lateral markers) de la région A 212
3 Les marques de zones 214
4 Les marques cardinales (cardinal marks) 215
5 Le balisage des plages 217
6 Les balises sur une carte marine 219
4.3 Les règles anticollisions 220
1 L’abordage 220
2 Les principales règles du RIPAM 221
4.4 Les communications de sécurité en mer 223
1 Assurer la veille active sur un navire 223
2 La détresse 224
3 Les différents moyens visuels et sonores pour lancer une alerte 224
4 La communication de détresse 226
5 La procédure de demande des secours 231
6 Porter assistance à un navire : devoir du capitaine en cas de MAYDAY 232
4.5 Le matériel de sécurité 233
1 La convention SOLAS 233
2 Le matériel de sécurité à bord 233
3 Le matériel de sécurité du navire (matériel collectif) 235
4 Le matériel de sécurité des personnes (matériel individuel) 237
VI
Domaine 5
Les espaces maritimes, le milieu marin et leurs
enjeux associés
5.1 Les enjeux géopolitiques 246
1 Un peu d’histoire 246
2 Montego Bay et les zones économiques exclusives 246
3 La Marine nationale française 247
4 Le biomimétisme au service des constructions navales et militaires 248
5 Les tensions géopolitiques actuelles 249
5.2 Les enjeux économiques 252
1 Introduction 252
2 La ZEE de la France et la pêche 252
3 Les flux maritimes dans la mondialisation 253
4 Les énergies marines renouvelables 254
5 La pêche et l’aquaculture 255
6 Les pavillons de complaisance 256
7 Les secteurs d’activité des métiers du maritime 258
8 La biotechnologie marine (biotechnologie bleue) 258
9 La Chine, une puissance maritime émergente 259
5.3 Les enjeux socio-culturels du développement du secteur maritime 260
1 Les grandes courses nautiques 260
2 La représentation de la mer dans la peinture, le cinéma et la littérature 262
5.4 Les enjeux environnementaux 264
1 L’exploitation et la gestion des ressources halieutiques 264
2 Les conséquences des activités économiques sur les littoraux et les eaux côtières 265
3 Les conséquences du réchauffement climatique 267
4 L’impact sur la biodiversité de l’acidification des océans 268
5 L’ONU et les ONG au secours de la biodiversité 268
6 La protection des aires marines 269
Index 271
Crédits iconographiques 277
VII
« Le xxie siècle sera maritime » : c’est par ces mots que le président de la République a conclu
son discours aux Assises de la mer en décembre 2019 insistant ainsi sur la place centrale de la
mer dans le monde actuel, mais aussi sur les atouts de la France dans ce domaine tant à l’échelle
européenne qu’à l’échelle mondiale. La mer couvre 70 % de la surface de notre globe et constitue
un secteur essentiel de l’économie mondiale. Elle regorge de ressources indispensables à notre
planète et à la vie des femmes et des hommes. Si nous en prenons soin, elle pourra nous appor-
ter des solutions durables pour l’avenir et répondre aux défis alimentaires et énergétiques, aux
besoins du transport et du commerce, aux équilibres climatiques et géopolitiques.
La France possède 12 840 kilomètres de littoral (Métropole et DROM-COM), elle est présente sur
trois océans (Atlantique, Pacifique et Indien) et sa zone économique exclusive maritime repré-
sente 11 millions de kilomètres carrés, ce qui en fait la deuxième puissance maritime mondiale
derrière les États-Unis. Les métiers de la mer et du nautisme représentent aujourd’hui un enjeu
majeur, par leur poids économique mais aussi par leur place centrale dans l’économie bleue. Le
secteur maritime est un secteur professionnel dynamique qui emploie plus de 450 000 salariés. Ces
passionnés de la mer exercent dans différents domaines, qui offrent chacun une grande variété de
missions : commerce, plaisance professionnelle, pêche, culture marine, etc. Les futurs diplômés du
secteur maritime prendront part à des transformations majeures de leur secteur, comme la décar-
bonation des navires ou bien l’adaptation aux conséquences du changement climatique en mer
et sur le littoral. En tant que deuxième puissance maritime mondiale, nous ne relèverons ces défis
qu’en renforçant auprès des jeunes la connaissance des métiers et formations maritimes et leur
attractivité. Car hélas, les métiers en lien avec la mer mais aussi les filières de formation associées
sont fréquemment ignorés ou méconnus du grand public, et notamment des élèves et de leurs
parents. Ces métiers sont aussi souvent associés à de forts préjugés et stéréotypes (origine sociale,
genre, etc.). Il s’agit alors de lutter contre les inégalités sociales et scolaires, toutes les formes d’au-
tocensure vers ces métiers et les filières de formation qui sont accessibles à partir d’un CAP jusqu’à
bac+10. Diffuser, initier et renforcer la culture maritime auprès des élèves en collège et lycées tel
est l’enjeu du Brevet d’Initiation à la Mer (BIMer).
Pour diffuser et renforcer la connaissance de la mer et du secteur maritime auprès de tous les
élèves de collège, de lycée et développer les partenariats entre l’Éducation nationale, la Marine
nationale et les Affaires maritimes, un diplôme national d’initiation à la culture maritime et aux
métiers de la mer, le BIMer1 porté par le ministère de l’Éducation nationale a été créé en 2020.
Le BIMer est fortement inspiré du brevet d’initiation à l’aéronautique (BIA) créé il y a plus de 50
ans. Le BIMer est au monde maritime ce que le BIA est au monde aéronautique et spatial. L’ob-
jectif du BIMer est de permettre aux élèves de collège et de lycée dans les voies professionnelles,
technologiques et générales d’acquérir des notions transversales sur le milieu maritime tout en
1. Le BIMer a été officialisé par le décret n° 2020-1158 du 21 septembre 2020 après l’avis du Conseil supérieur de
l’éducation du 9 juillet 2020. Il a été complété par l’arrêté du 21 septembre 2020 relatif au Brevet d’initiation à la mer
et par l’arrêté du 21 septembre 2020 relatif au Certificat d’aptitude à l’enseignement d’initiation à la mer (CAEIMer).
BOEN n° 37 du 1er octobre 2020.
VIII
IX
Peu coutumier de l’exercice qui consiste à rédiger une préface, j’ai toutefois accédé à cette
requête tant les synergies mises en œuvre dans la réalisation de cet ouvrage comme dans le
déploiement du BIMer en Occitanie me semblent remarquables. L’équipage d’auteurs est certes
constitué d’un panel d’enseignants référents de disciplines diverses – sciences, histoire géo-
graphie, navigation, voile, plongée subaquatique – mais il est avant tout composé de grands
passionnés du monde de la mer. Ces collègues sont parvenus à mettre en forme un support
pleinement adapté aux attentes des formateurs au BIMer qui traduit tout autant les attendus
que l’esprit de cette formation.
Ce programme formalisé est l’aboutissement d’une volonté commencée par des collaborateurs
de l’Éducation nationale et de l’enseignement professionnel maritime. Il est le fruit d’une belle
rencontre entre des femmes et des hommes évoluant dans des univers sensiblement différents
mais tous désireux de s’impliquer dans le déploiement du BIMer.
Au bénéfice du soutien actif de Madame la rectrice de la région académique d’Occitanie et de
Monsieur le directeur interrégional de la mer Méditerranée, l’engouement pour cette forma-
tion s’avère exponentiel et dépasse largement le cadre des frontières de notre région. En tant
que chef d’établissement d’un lycée professionnel maritime qui rayonne sur l’ensemble de l’arc
méditerranéen continental, je suis particulièrement satisfait que le déploiement du BIMer favo-
rise une bien meilleure compréhension des matières liées à l’environnement marin auprès des
prescripteurs que sont les formateurs et, in fine, auprès de très nombreux collégiens.
Mieux connaître ces métiers, c’est s’intéresser aux formations qui permettent d’y accéder et
alimenter progressivement le réservoir des professionnels d’un secteur en forte tension malgré
toute la noblesse de leurs activités. Outre les initiateurs du projet et les auteurs de cet ouvrage,
j’adresse mes plus sincères remerciements à tous les candidats au Certificat d’Aptitude à l’En-
seignement d’Initiation à la Mer (CAEIMer) tant leur intérêt puis leur contribution à porter au
plus grand nombre une véritable ouverture au monde maritime servent de véritables enjeux
d’avenir.
Sylvain Pelegrin
Directeur du lycée professionnel maritime, du CFA et du pôle de formation
Paul Bousquet à Sète
Sitographie
[Link] : [Link] [Link] : [Link] Site
national du BIMer : [Link]
la-mer-bimer. CanalBIMer, la chaîne Youtube de l’académie de Montpellier : [Link]
[Link]/playlist list=PLciYMfFOTAZYZmHvnFOopuSAh-XC-REGL
Description –
Construction
Entraînez-vous
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Le navire (ship) est un engin flottant, construit et équipé pour la navigation maritime de com-
merce, de pêche ou de plaisance. Il est destiné à la navigation au-delà de la limite où cessent de
s’appliquer les règlements techniques de sécurité de navigation intérieure et où commencent
à s’appliquer les règlements de navigation maritime (RIPAM). Les synonymes de « navire »
sont : « bateau » (boat), « bâtiment » et « vaisseau » (vessel).
Il existe toutes sortes de navires, que l’on peut classer selon leur usage, leur taille, leur mode de
propulsion principale. On distingue principalement six catégories de navires : les navires de com-
merce (passagers, marchandises), de servitude, de pêche, de service public, militaires et de plai-
sance.
Le saviez-vous ?
Conçu pour des traversées en haute mer, telles que la traversée de l’océan Atlantique, un paquebot de
ligne est un navire qui transporte uniquement des passagers depuis un port de partance, comme Le Havre
vers un port de destination, comme New York. Tué par l’essor des transports aériens, ce type de navire a
quasiment totalement disparu. Le dernier paquebot de ligne sous pavillon français, le paquebot France de
la Compagnie générale transatlantique, a cessé d’être un moyen de déplacement transatlantique en 1974.
Le saviez-vous ?
La Manche est traversée chaque jour par environ 500 navires. Le détroit de Malacca voit passer plus de
83 000 navires chaque année. Le canal de Panama est emprunté par plus de 14 000 navires annuellement.
Plus de 100 navires traversent le canal de Suez quotidiennement. Chaque année, plus de 48 000 navires
naviguent dans le détroit du Bosphore, soit environ 132 par jour.
Le détroit d’Ormuz est un passage crucial par lequel transite environ 30 % de la consommation totale de
pétrole dans le monde.
Le saviez-vous ?
La capacité d’un porte-conteneurs est exprimée en EVP : équivalent vingt pieds (twenty-foot equivalent
unit, TEU). C’est une unité approximative de mesure des terminaux et navires porte-conteneurs basée
sur la longueur d’un conteneur de 20 pieds. Le CMA-CGM transporte jusqu’à 16 020 EVP, il mesure
396 m de long et 54 m de large, sa vitesse est de 24 nœuds. Le plus grand porte-conteneurs MSC Güsün
avec ses 400 m de longueur et 62 m de largeur, a une capacité de 23 756 EVP.
Ce gaz est déchargé dans des unités portuaires spécialisées, les ports méthaniers. Ils sont équi-
pés d’une installation de stockage cryogénique du gaz. Lorsque la livraison est effectuée, le gaz
conserve son état liquide et il est transporté par des camions-citernes aux différents points de
réception. Il peut aussi être regazéifié et odorisé, afin d’être envoyé dans le réseau de distribution
du gaz, géré par GRDF. La France dispose de quatre terminaux méthaniers : les terminaux de
Montoir en Bretagne, à Fos Tonkin et Fos Cavaou et le terminal de Dunkerque.
Les chimiquiers (chemical tanker)
La dangerosité des produits chimiques transportés pose d’une part des problèmes de construc-
tion à cause de leur corrosivité et d’autre part des problèmes d’exploitation compte tenu de leur
inflammabilité, de leur toxicité ou de leurs réactions au contact de l’air ambiant, de la chaleur ou
de l’humidité. Ces navires sont donc fractionnés en une multitude de citernes en acier inoxydable.
❶ ❷ ❸
❹ ❺ ❻
❶ ❷
Ces navires regroupent les vedettes à moteur, les yachts de grande plaisance et les voiliers mono
et multicoques (catamarans).
Un navire est constitué d’un assemblage de pièces, chacune portant le nom qui lui a été attribué
à l’époque de la construction en bois. Un navire doit être étanche pour rester en appui sur la
surface de l’eau. Il est exposé aux risques de la mer et affecté à une expédition maritime, c’est-à-
dire capable de transporter des personnes ou des marchandises depuis un port de partance vers
un port de destination. Le choix des matériaux sera adapté en conséquence. Autrement dit,
un navire est un engin flottant, sa coque est une membrane étanche soutenue par une arma-
ture constituée de raidisseurs. Un chantier naval est une zone spécialement aménagée pour
la construction, la réparation, l’entretien et la déconstruction ou démantèlement de navires.
Par exemple, la construction d’un grand paquebot nécessite la participation de plus de 3 200
professionnels qualifiés et génère environ 10 millions d’heures de travail, de la conception à
la livraison, pour un assemblage de 500 000 à 1 million de composants élémentaires. Dans ce
module on s’intéresse à la structure d’une coque de navire et aux matériaux qui la constituent.
1 A
pproche structurelle : coque et structure d’ensemble
d’un navire
Définition
La coque du navire (hull) est le constituant premier
d’un navire. En effet, elle forme le flotteur, c’est-à-
dire l’élément assurant la flottabilité et l’étanchéité.
Il existe plusieurs types de coque suivant l’usage du
navire. Le volume de la partie immergée de la coque
s’appelle la « carène ».
Entrepont supérieur
3. Entrepont Faux-pont
Cloison étanche
Cloison étanche
Pont inférieur Entrepont inférieur
Pont inférieur
2. Cale Cale
Plafond de ballast
Plafond de ballast Double-fond
1. Double-fond Bordé de fond
Bordé de fond
Remarque : le pont supérieur peut être nommé pont de cloisonnement pour un navire à pas-
sagers ou encore pont de franc-bord pour un navire de charge.