SUPPORT DE COURS DE LA NEUVIEME SEMAINE
3. Les successeurs de Soundjata Keita
La succession au trône, fondée sur le principe de succession collatérale (de frère en frère) ne
fut pas respectée après le mort de Soundjata Keita. Son fils aîné Mansa Yérelenkon ou Mansa
Wulen prit le pouvoir. Il organisa l’empire en privilégiant l’intérêt de sa population. La
cohésion de l’armée fut préservée et les généraux ont multiplié les conquêtes. C’est sans doute
sous son règne que les Maninka s’emparèrent du Tékrour et en firent des colonies de
peuplement. Son pèlerinage à la Mecque attira l’attention des pays arabes sur le Mali.
Après lui a suivi Wali, fils de Soundjata. Le troisième nommé Khalifa était aussi le fils de
Soundjata. Sa gestion catastrophique de l’empire a conduit à son assassinat. Ce fut le tour de
Manding Boukari. Il va régner sous le nom Aboubakar 1er. Après son règne, il y eut des luttes
pour la succession au trône. Un général et homme de confiance de Soundjata Keita du nom de
Sakoura1 sauva de justesse la situation. Il s’était attaché à respecter la tradition et les
institutions établies. Il reprit les conquêtes, soumit les tribus touareg et réaffirma l’autorité du
Mali sur la vallée du Niger. Il se rendit à la Mecque et fut assassiné sur le chemin du retour.
Son corps ramené au Mali reçut les honneurs royaux.
Après lui se sont succédé au trône les souverains légitimes dont Aboubakar II vers 1303 qui
se rendit célèbre par une tentative d’exploration de l’océan Atlantique. Mansa Moussa I ou
Kankou Moussa prit le pouvoir (1307-1332). Il effectua avec pompe un pèlerinage à la
Mecque en 1324.
4. De la glorieuse époque de Kankan Moussa au déclin de l’empire
Ce fut une époque réputée par son pèlerinage à la Mecque. Kandou Moussa (1307-1332) était
le fils d’une femme dénommée Kankou et du Manssa Aboubakar II. Son nom signifie le
« Moussa de Kankou ». Beau, accueillant et généreux, il était aimé par toutes les classes. Il
était par ailleurs, un homme très pieux doté de grandes qualités de cœur. Les traditions
racontent qu’il faisait l’aumône tous les jours à Niani et affranchissait un esclave chaque jour.
Sous lui, le prestige du Mali franchit les limites du Soudan. A son apogée, l’empire du Mali
s’étendait de l’Ouest à l’Est. De l’Atlantique jusqu’au-delà de la ville de Gao (actuel Mali), du
Sud au Nord du Fouta Djalon (Guinée Conakry) jusqu’au Sud de l’Algérie. Son règne dura
vingt-cinq ans et fut marqué par la paix et un grand pèlerinage entreprit avec l’aide du général
Saran Majan.
Cette préparation, avait revêtu deux aspects : aspect matériel et sécuritaire. Au niveau matériel
tout l’empire s’était mis à contribution en particulier les grandes villes marchandes. Au niveau
sécuritaire la préparation du pèlerinage est confiée au général Saran Majan. Ceci en raison du
souvenir de l’incident survenu lors du retour de Sakoura. Le voyage lui-même s’était
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Il est dénommé l’usurpateur du fait de son origine servile.
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accompli en compagnie d’une nombreuse suite composée d’épouses, de concubines, de
princes, de clercs, de gardes et esclaves.
Le voyage de Kankan Moussa a eu des conséquences politiques, économiques et culturelles.
Au plan politique : le Mali est reconnu sur la scène internationale et figure désormais sur les
cartes géographiques du monde. Il y a eu échange d’ambassadeurs et de cadeaux, achat de
maisons et de terrains à la Mecque et au Caire.
Sur le plan économique : l’empire est visité par de nombreux marchands étrangers, ce qui
provoqua le développement des villes. Le coût de l’or aurait chuté pendant plusieurs mois au
Caire et l’once d’or serait passé de 25 à 22 dinars selon certains auteurs et de 25 à 20 selon
d’autres et ceci en raison des dépenses effectuées par l’empereur et sa suite dans cette ville.
Au niveau culturel : on note la création des écoles coraniques, l’achat de nombreux livres de
théologie et de droit, la construction des mosquées comme celles de Djenné, de Gao et de
Tombouctou, la construction d’un palais royal mais surtout de la grande salle d’audience de
Niani par l’architecte arabe Abou Issak dit Es Saheli originaire de Grenade.
Après Kankan Moussa en 1332, les successeurs de Kankan Moussa eurent de la peine à
maintenir longtemps un ensemble aussi vaste. Après Maghan (1332-1336) vint Mansa
Souleymane (1341-1360), puis Mari Djata ou Soundjata II (1360-1374), suivit de Moussa II
(1374-1387) sans autorité. Dès le XVe siècle, l’empire avait laissé une partie de sa puissance
au Songhaï. Avant Sonni Ali et les troupes songhaï, c’est les Touareg et les Berbères qui ont
porté les premiers coups à l’empire du Mali. Plusieurs raisons expliquent le déclin : la perte
du commerce transsaharien qui a fait glisser le centre d’intérêt vers l’Ouest de l’empire, la
présence des Portugais sur la côte et la menace peuhle.
5. Le gouvernement et l’armée dans l’empire du Mali
Le Mansa était le chef suprême. Il nommait un lieutenant qui avait la direction des affaires. Il
était entouré d’un conseil au sein duquel les décisions étaient prises.
Dans les provinces, le Mansa était représenté par les gouverneurs (farin ou farba). Le
Bambouk, le Diara et le Djenné étaient les pricipales provinces. A Koumbi, Mema, les rois
locaux conservèrent le titre de Mansa. Legouverneur percevait l’impôt en nature (grain,
betail). L’empereur avait un droit exclusif sur les mines d’or.
Le Mansa disposait d’une armée de 100 000 hommes, dont une cavalerie de 10 000 hommes.
Dans chaque province, une garnison assurait l’ordre et la sécurité. Les soldats étaient armés
de lances, de flèches et de sabres. Cette armée importante était nourrie grâce aux impôts
prélevés dans les provinces.
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Conclusion
Après le XIVe siècle, dominé par la remarquable figure du Mansa Kankou Moussa, le Mali a
connu une longue période de déclin graduel. Les XVe et XVIe siècles ont été marqués par un
glissement progressif du centre d’intérêt de l’empire vers l’Ouest.
Avant Sonni Ali et les troupes songhaï, ce sont d’abord les Touareg et les Berbères qui ont
porté les premiers coups à l’empire du Mali.
Le vieil empire, attaqué à l’est et à l’ouest, avait laissé sa place au Songhaï, un Etat puissant
au XVe siècle qui réussit à unifier une grande partie du Soudan occidental permettant ainsi
l’épanouissement d’une brillante civilisation en gestation depuis des siècles.
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