06pluv07 Annexes 3
06pluv07 Annexes 3
Rapport d’annexes
Laëtitia Citeau
Effectué à Destinataire
INRA, Unité de Science du sol Agence de l’eau Seine-Normandie
RD 10, 78026 Versailles Cedex Direction des collectivités
Avec la collaboration de
CEREVE, 6 à 8, avenue Blaise Pascal, Cité Descartes, 77455 Marne-la-Vallée
URGC HU, INSA de Lyon, Bât. J.C.A. Coulomb, 69621 Villeurbanne Cedex
LCPC, Division Eau et Environnement, Route de Bouaye, BP 4129, 44341 Bouguenais
Marché n°: 0598034
0598134
0598234
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine Normandie, 2008
LISTE DES ANNEXES
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine Normandie, 2008
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine Normandie, 2008
Annexe 1
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine Normandie, 2008
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine Normandie, 2008
Transferts sol-eau des ETM
Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Amrhein et al., 1993 Impact des sels de déverglaçage Sols de bords de route Colonnes de sol CMA n’a pas d’impact sur la mobilisation
NaCl et CMA sur la mobilisation Limoneux percolations avec solutions à 0.1 des ETM contrairement à NaCl
sous forme colloïdale des ETM Très calcaire (60 g/kg CaCO3) M NaCl ou 0.1 M CMA puis Pour une salinité élevée, les ETM sont
(Cu, Pb, Ni, Cr) Très organique (60 g/kg Corg) avec eau déionisée peu mobilisés
Vitesse d’infiltration : 4.8 mm/h Pour une faible salinité, les ETM sont
T°C = 5 °C fortement mobilisés, en particulier Cu
Filtration à 0.45 µm et Corrélation entre Cu et matière organique
ultrafiltration à 1000 Da colloidal
Amrhein et al., 1992 Effet des sels de déverglaçage Sols de bords de routes Colonnes de sol En présence de CMA : augmentation du
NaCl et CMA sur la mobilisation 6 sols étudiés aux propriétés Percolations avec solutions à pH du sol et précipitation de carbonates
des ETM (Pb,Cd) et sur les physico-chimiques différentes 0.01 et 0.1 M NaCl ou CMA puis En présence de NaCl : dispersion des
propriétés physico-chimiques des avec eau déionisée argiles du sol, colmatage, mobilisation de
sols T°C = 6°C la matière organique et des métaux
Amrhein et al., 1990 Effet des sels de déverglaçage Sols de bords de routes Colonnes de sol Mobilisation de Cu, Ni, Cr, Pb et Fe liée à
NaCl et CMA sur la mobilisation 4 sols étudiés aux propriétés Percolations avec solutions 0.01 la mobilisation de la matière organique.
des ETM (Pb, Cu, Cr, Ni, Cu) et physico-chimiques différentes et 0.1 M NaCl ou CMA puis Mobilisation de la matière organique
de la matière organique avec eau déionisée favorisée en présence de Na+ échangeable
et d’une faible force ionique
Barbosa et al., 1999 Evaluer la capacité de rétention 3 sols aux caractéristiques très Adsorption en batch au pH du sol Prépondérance du pH sur l’adsorption de
des sols sous-jacents les bassins variées (pH, texture, MO, CEC, (I = 10-3 M) et tests de désorption Zn, Cu et Pb par les trois sols.
d’infiltration vis-à-vis de Zn, Cu CaCO3) en batch à différents pH (2, 4, 6) Le sol qui a la plus faible capacité
et Pb d’adsorption, retient le plus fortement les
ETM à pH 2.
Basta et al., 1992 Influence du pH du sol sur 12 sols étudiés sous différentes Adsorption en batch Pour des faibles concentrations, les ETM
l’adsorption des ETM (Zn, Cd, cultures, avec ou sans fertilisants Expérimentations au pH du sol, sont adsorbés par le sol indépendamment
Pb, Cu, Ni) par des sols sous azotés avec des quantités variables du pH alors que pour des concentrations
différents systèmes de culture sols limono-argileux d’ETM élevées, l’adsorption des ETM par les sols
pH : 4.75-6.83 Expérimentations à pH variable est fortement liée au pH.
OC : 2.3-3.6 % et quantité d’ETM apportée fixe Pb et Cu sont adsorbés à pH élevé sous
CEC : 31.8-41.4 meq/100g forme hydrolysée
BS : 73-92 % Zn, Cd et Ni sont adsorbées par les sols
grâce à des réactions d’échange d’ions.
Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Bruemmer et al., Revue bibliographique sur les
1986 méthodes de détermination de la
spéciation des ETM associés aux
constituants du sol et ceux
présents dans la solution du sol
Charlatchka et al., Etude de l’influence des Horizon de labour d’un sol Expérimentations sur des blocs Une augmentation de la mobilisation des
1995 conditions réductrices sur la argilo-limoneux contaminé en de sol non remanié de lessivage ETM est observée pendant les phases
mobilité des ETM (Zn, Cd, Pb) ETM par des industries et de saturation en eau. Au bout réductrices
dans les sols métallurgiques d’un an, analyse du sol à Dissolution des oxydes de Mn et Fe et
pH : 8.0 différentes profondeurs et diminution du pH en conditions
OC : 18.3 g/kg extractions séquentielles sur les réductrices
CaCO3 : 5 g/kg différents échantillons de sol Adsorption de Pb et Cd par les carbonates
Expérimentations en batch à pour pH > 6.2
différents pH
Christensen et al., Etudier la sorption par différents 13 sols de caractéristiques expérimentations en batch : étude Cd présent sous forme de complexes
1989 sols de Cd présents dans des physico-chimiques très de la spéciation de Cd en stables dans les lessivats n’est pas adsorbé
lessivats d’ordures ménagères, de différentes solution après contact avec des par les différents sols étudiés.
boues de station d’épuration, et quantités de plus en plus
de résidus d’incinérateur importantes de sols
Expérimentation en colonne :
Etude de la spéciation de Cd
après lessivage sur colonne de
sol
Citeau et al., 2003 Etudier le rôle des colloïdes dans sols contaminés par les Collecte des eaux gravitaires par Pb est majoritairement sous forme
la mobilisation des ETM (Zn, retombées atmosphériques des lysimètres sans tension à 30 colloïdale (en moyenne 70-77 %) dans les
Cd, Cu, Pb) dans des sols provenant des activités cm de profondeur luvisols et les associations colloïdes-Pb
contaminés métallurgiques Séparation formes dissoutes et semblent stables
3 sols qui diffèrent par leur type formes colloïdales par Zn et Cd sont majoritairement sous forme
(luvisol, podzosol) et par leur ultracentrifugation dissoute comme ions libres ou complexes
mode d’occupation (culture, Stabilité des complexes labiles.
forêt, pelouse métallicole) métalliques en solution par des
résines échangeuses d’ions
Davis et al., 1978 Déterminer les propriétés de Oxyhydroxydes de fer amorphes Détermination de la surface Adsorption spécifique des ETM sous
surface nécessaires à la synthétisés spécifique, de la charge de forme hydrolysée (MOH+) par les sites de
modélisation de l’adsorption des surface et de la composition surface des oxyhydroxydes de fer
ETM (Pb, Cu, , Cd, Ag) par les Adsorption en batch de solutions
oxyhydroxydes de fer diluées d’ETM
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Denaix et al., 2001 Rôle des colloïdes dans le 1 sol contaminé par des Collecte des eaux gravitaires par Concentrations élevées en ETM dans les
transfert des ETM (Zn, Pb, Cd) industries métallurgiques des lysimètres sans tension eaux gravitaires (Zn > 10 000, Cd > 65 et
dans les sols sol limoneux Analyses des eaux de nappe Pb > 40 µg/L à 34 cm de profondeur) et
pH = 5.6 en surface à 6.5 en Suivi sur 1 an sont divisées par 3 pour Zn et Cd et par 8
profondeur (70 cm) Séparation dissous/colloïdal par pour Pb à 65 cm de profondeur.
OM = 27.7 à 7.7 g/kg ultracentrifugation Zn et Cd sont essentiellement sous forme
CEC = 13 meq/100 g Analyses des colloïdes par MET dissoute tandis Pb est en partie sous forme
colloïdale (environ 50 %)
Du et al., 1997 Etudier l’adsorption de Cu à la suspensions d’illite expérimentations en batch Formation de complexes de surface
surface des illites et modéliser les titrages potentiométriques ≡SOCu+, ≡SOCuOH, ≡SOCu2(OH)2+
réactions de complexation calcul de la distribution des Lorsque le pH augmente et la
espèces de Cu par le programme concentration en Cu, formation de
SOLGASWATER précipité de surface : ≡SOCu2(OH)3
Etude de la spéciation de Cu
adsorbé à la surface des illites
par infra-rouge
Durin et al , 2005 Etudier l’influence des colloïdes Sédiments sablo-limoneux Colonnes de sédiments Les ETM (Pb, Cr, Cu et Zn) sont
dans la mobilisation des ETM à pH = 8 Percolation avec une solution de mobilisés lors de la varaition de force
partir d’un sédiement de bassin OC : 84 g/kg 8.10-2 M NaCl puis avec du 10-4 ionique de la solution éluante.
d’infiltration d’eaux de Carbonates : 0.5 % M NaCl Concomitance entre les ETM, la matière
ruissellement péri-urbaines Vitesse d’infiltration = 3 organique colloïdaler et Al. Le Cd a un
soumis à une variation de mm/min - Filtration et comportement similaire au Mn.
salinité. ultrafiltration entre 3µet 5000 Da
Färm, 2002 Evaluer l’efficacité de différents Substrats testés : silicate de Expérimentations en colonne L’efficacité des substrats dans la rétention
substrats pour dépolluer les eaux calcium (opoka), zéolites, tourbe Conditions non saturées en eau des ETM diminue avec l’augmentation du
de ruissellement pluvial Différentes combinaisons de ces Variations des volume des volume des apports
3 substrats ont été aussi testées apports : de 0.3 à 24 m3 /m2/h Le mélange zéolites/opoka est le plus
Percolations réalisées avec efficace pour la rétention des ETM et
solutions contaminées limitation du colmatage
artificiellement (Zn, Cd, Cu, Cr)
pH = 6.5-7.0
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Fotovat et al., 1998 Etudier l’influence des cations sols avec des caractéristiques expérimentations en batch Dans les sols acides, les concentrations en
majeurs et de la force ionique sur physico-chimiques très différentes variations de la force ionique solution de Zn et Cd augmentent lorsque
la mobilisation des ETM (Cd, et des concentrations en les concentrations en cations majeurs
Cu, Zn) présents dans des sols cations majeurs (Ca, Mg, Na) augmentent. Cependant, l’influence des
alcalins et acides cations majeurs sur la mobilisation de Zn
et Cd diminue selon l’ordre suivant : Ca >
Mg > Na.
Dans les sols alcalins, la matière
organique dissoute contrôle la
mobilisation de Zn et Cu à travers la
formation de complexes organo-minéraux
Gong et al., 1997 Etudier le devenir des ETM (Cd, 2 échantillons provenant de Expérimentations en colonne Le pH est tamponné par la dissolution des
Cr, Cu, Mo, Pb, Zn) dans 2 sols l’horizon A organo-minéral et de de sol oxyhydroxydes de Fe et d’Al à pH < 4. A
avec des propriétés physico- l’horizon B minéral d’un même sol Solution de percolation = pH > 4, le pH est tamponné par échange
chimiques différentes Sol sablo-limoneux, pH = 4.3, CEC effluent traité d’une station d’ions avec les bases échangeables.
= 1.2 meq/100 g d’épuration dopé avec des Pb est retenu par les sols par précipitation
ETM et par échange cationique. Cu est
Une eau de pluie synthétique immobilisé par adsorption spécifique. Cr
(pH = 4.36 a été aussi précipite sous forme d’hydroxydes
utilisée) pour simuler le Lorsque le pouvoir tampon des sols est
lessivage par une eau épuisé, les ETMs sont mobilisés.
naturelle
Grolimund et al., Evaluer l’importance du sol limoneux Expérimentations en colonne Colonne de sol entièrement contaminée
1996 transport de Pb sous forme pH : 4.1 de sol : une colonne de sol en Pb : 7 % de la quantité totale de Pb du
colloïdale carbone organique : 6 g/kg entièrement contaminée en Pb sol est transférée hors de la colonne,
CEC : 70 µmol/g et une colonne de sol au 2/3 essentiellement sous forme colloïdale.
contaminée colonne de sol aux 2/3 contaminée : 3 %
solution contenant PbCl2, de la quantité totale de Pb migre hors de
NaCl, CaCl2 avec un pH de la colonne, indiquant qu’une partie des
5,5 associations colloïdes-Pb sont stables.
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines – Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Hooda et al., 1998 Comparaison de la capacité de 12 sols cultivés ont été Expériences de sorption en Les analyses de corrélation et de
sorption de différents sols vis-à- échantillonnés en Angleterre et 5 batch des ETM par des régression montrent les sols argileux, de
vis des ETM (Cd et Pb) pour sols cultivés en Inde échantillons de sols prélevés pH neutre ou alcalin ou possédant une
identifier les paramètres des sols Différents types de sol dans la couche de surface 0- quantité importante de CaCO3 (> 10 %) et
contrôlant leur distribution entre 30 cm de MO retiennent Cd et Pb.
phases solides et liquide et pour Expériences en présence de L’application de boues de station
étudier l’impact des boues de boues incubés pendant 2 d’épuration sur les sols conduit à une
STEP sur la sorption semaines augmentation de la rétention de Cd et Pb.
Cependant, la dégradation des boues
conduit à terme à une remobilisation des
ETM
Kaplan et al., 1996 Etudier l’effet du pH et de la 13 sols aux caractéristiques physico- expérimentation sur des Une faible force ionique (< 2 mmol/L) et
force ionique sur la libération de
chimiques très différentes lysimètres contenant les sols un pH > 6 favorisent la mobilisation des
colloïdes dans la solution du sol (de surface 3 m × 3 m et de colloïdes dans les sols.
1.4 m de profondeur)
gamme de pH étudiée (4.3-
6.9)
gamme de force ionique (0.4
– 2.8 mmol/L)
Martinez et al., 2000 Etude de la mobilisation des 7 sols aux propriétés physico- Ajout d’ETM dans les Dans les sols non-calcaires, le
ETM (Pb, Zn, Cu) en fonction du chimiques très différentes (sol échantillons de sols et mis à comportement des ETM est similaire vis-
pH pour différents types de sols calcaire à sol acide) réagir pendant 40 jours à-vis des variations de pH.
Expérience en batch de la Chaque ETM possède une valeur de pH
mobilisation des ETM à en dessous de laquelle, leur mobilisation
différents pH augmente fortement (Pb = 5.2, Zn = 6.2 et
Cu = 5.5) sauf pour le sol calcaire. Pour
ce sol, le pH de mobilisation des ETM est
plus élevé de 0.6 unité.
Miller et al., 1986 Mesurer la perte de sol et 15 horizons de surface de sols Blocs de sol (0.36 × 0.20 m) Colmatage des sols sodiques très
l’infiltration sous une pluie agricoles aux propriétés physico- placés sous un simulateur de dispersés
simulée chimiques différentes (texture, pluie (11.25 cm/h) La dispersibilité des sols est liée la teneur
conductivité hydraulique) en argile et en limon.
faible teneur en matière organique
(< 2 %), pH allant de 5.1 à 6.9
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Muris et al., 2004 Etudier la capacité des bactéries Sable de la Loire (99 % de silice)
Expériences en batch pour Grande affinité de Zn pour les bactéries
à adsorber Zn et à faciliter leur déterminer la capacité La déstabilisation du biofilm bactérien
transfert dans les sols d’adsorption de Pseudomonas entraîne une mobilisation de Zn en
putida vis-à-vis de Zn. solution mais n’entraîne pas de transfert
Expériences en colonnes pour de Zn hors de la colonne
étudier le transfert de Zn
facilité par les bactéries suite
à la déstabilisation d’un
biofilm bactérien par
diminution de la force ionique
Petruzzelli et al., Etudier l’effet de la force ionique Trois sols étudiés aux Expérimentations en batch L’augmentation de la force ionique
1985 sur l’adsorption de Cd et Cu par caractéristiques très différentes étude de l’adsorption des diminue l’adsorption des métaux par les
les sols métaux en présence de sols du fait de la compétition des ions
différentes forces ioniques Ca2+ pour les sites d’adsorption
(CaCl2)
Plassard et al., 2000 Evaluer la capacité de rétention Dépôt fluvio-glaciaire Expérimentation en colonnes Cd est l’élément le moins retenu par le
d’un dépôt fluvio-glaciaire vis-à- pH : 8.2 non saturées sol. De plus, Cd est moins retenu lors des
vis des ETM (Cd, Pb, Zn) OM : 1.75 % Solution de percolation : expérimentations en colonne que dans les
Carbonates : 22.7 % solution métallique expériences en batch
CEC : 2.75 meq/100 g Extractions séquentielles sur Dans les expériences en colonne,
le sol de la colonne l’équilibre thermodynamique n’est pas
Expériences d’adsorption en atteint pour Cd
batch, puis extractions Pb et Zn réagissent plus rapidement que
séquentielles Cd avec le sol.
Richards et al., 1998 Déterminer la distribution et la Sol limono-argileux, bien drainé Collection des eaux Les concentrations en ETM (Zn, Cd, Ni)
mobilité des ETM (Cd, Cr, Cu, Verger gravitaires par des lysimètres dans les eaux gravitaires dépassent les
Ni, Zn, Pb) apportés par des Boues apportées il y a 20 ans sans tension installés à 45 cm normes d’eau potable (USA).
boues de station d’épuration dans pH : de 5.07 à 7.64 de profondeur Flux d’ETM par an : 0.026 % Cd, 0.008
un sol OM : de 12.3 % en surface à 2.72 % Analyses des échantillons de % Cr, 0.042 % Cu, 0.40 % Ni, 0.003 %
à 150 cm sol jusqu’à 150 cm de Pb, 0.041 % Zn.
profondeur Teneurs plus élevées en ETM sur les
parois des fissures que dans le sol total
indiquant le transfert des ETM par les
chemins d’écoulement préférentiel.
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Séta et al., 1997 Déterminer la stabilité et le 2 sols aux conductivités Expériences de stabilité des La composition minéralogique des colloïdes a une
transfert potentiel des colloïdes hydrauliques et en teneurs en colloïdes à différents pH influence importante sur leur transfert selon la
dispersibles à l’eau sous carbone organique différentes Expérimentations en colonne de séquence suivante : smectite > mélange d’argiles >
différentes conditions physico- pH : 6.2 et 6.7 sol non remanié avec kaolinite
chimiques et les propriétés des CEC : 63.4 et 81.8 cmol/kg introduction de 6 suspensions La quantité de bases échangeables du sol ainsi que le
colloïdes et des sols qui OC : 8 et 84 g/kg colloïdales différentes extraites pH influencent significativement le transport
influencent la stabilité des de différents sols colloïdal.
colloïdes A vitesse de percolation La présence de macroporosités et charge de surface
constante faible favorisent le transport colloïdal
Voegelin et al., 2003 Etudier la mobilisation des ETM Echantillons de surface (0-5 ou 0-30 Expérimentations en colonne de Mobilisation de Zn et Cd par des réactions
(Zn, Cd, Pb, Cu) en réponse à un cm) provenant de 4 sols : 2 sous sols homogénéisées de la d’échange d’ions en présence de Ca pour les sols
échange d’ions ou à une culture, 1 sous forêt et 1 sous prairie mobilisation des ETM en légèrement acides tandis que pour les sols à pH
acidification du sol pour pH : 5.1-6.9 réponse à une augmentation de neutre, adsorption spécifique de Zn et Cd.
plusieurs sols contaminés CEC : 5.6-46.1 meq/100g la concentration en Ca et à une Forte rétention de Pb et Cu par les constituants des
OC : 14.4-82.3 g/kg diminution du pH sols.
Argile : 68-372 g/kg Extractions en batch simples
CaCO3 : <5-66 g/kg avec des sels de différentes
concentrations
Extractions séquentielles
Zhu et al., 1993 Etudier l’effet de l’acétate de expérimentations en batch : La décomposition microbienne de l’AMC conduit à
magnésium et de calcium (AMC) étude de l’effet de la une augmentation du pH, à une précipitation de
ainsi que de NaCl sur le devenir décomposition de l’AMC sur la CaCO3 et à une immobilisation de Cd par
de Pb et Cd dans les sols de concentration de Pb et Cd coprécipitation avec CaCO3 ou par précipitation de
bords de route dissous en solution en l’absence CdCO3.
de sol et étude de la spéciation la percolation de solutions contenant des
des éléments majeurs et traces concentrations élevées en sels de déverglaçage (100
en présence d’AMC et NaCl en mmol/L) conduit initialement à une mobilisation
présence de sol importante des métaux.
Expérimentations en colonne de La mobilisation de Pb est fortement liée à la
sol : étude de la mobilité de Pb solubilisation de la matière organique.
et Cl lors de la percolation avec
de l’eau et des solutions de
NaCl et AMC (10 et 100
mmol/L)
CMA = Calcium Magnesium Acetate
OC = Organic carbon
BS = pourcentage de saturation en base
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Transfert sol-eau et processus de dégradation des micropolluants organiques
Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Beck et al., 1996 Synthèse bibliographique portant
sur la forme, la quantité et le
temps de résidence des fractions
résistantes des micropolluants
organiques (chlorobenzènes,
HAP, PCB, PCDD/Fs) présents
dans les boues de station
d’épuration
Benoît et al., 1999 Impact de la nature de la matière Sol limoneux Incubations de 90 jours La minéralisation du 2,4-D est beaucoup
organique sur les processus de pH : 6.7 Le 2,4-D et ses sous-produitsplus importante que celle de ses sous-
rétention et de dégradation du OC : 18 g/kg de dégradation sont produits de dégradation
2,4-D, 2,4-DCP et 2,4-CP dans Apports de matière organique : bois, préalablement sorbés sur les La sorption des micropolluants sur les
les sols paille fraîche, paille compostée, différents matériaux matières organiques conduit à une
lignine et acides humiques organiques et ensuite augmentation de la vitesse de
incorporé à un échantillon deminéralisation des micropolluants et en
sol avant d’être incubés particulier lorsqu’ils sont adsorbés sur les
matériaux non humifiés
Borja et al., 2005 Synthèse bibliographique portant Les microorganismes dégradent par voie
sur la biodégradation des PCBs anaérobique et aérobique les PCBs.
Le nombre d’atome de Chlore est le
facteur qui va contrôler la vitesse de
dégradation. De plus, la température, le
pH et la présence d’autres substrats vont
influencer la composition et la croissance
des microorganismes.
Brusseau et al., 1991 Identifier les mécanismes à 3 sols sableux, OC < 0.39 % Expérimentations en colonnes La diffusion des micropolluants
l’origine de la sorption de divers 1 sol limoneux, OC = 3.41 de sol organiques à l’intérieur de la matière
micropolluants organiques Vitesse de percolation : 85 organique du sol est responsable de la
(BTEX, HAP, cm/h - Solution de phase d’adsorption lente
chlorobenzènes…) percolation : 0.01M CaCl2
De Jonge et al., 1998 Rôle des colloïdes dans le Sol sablo-limoneux Expérimentations en colonne 10 % des pesticides sont adsorbées sur
transfert des pesticides Carbone organique : 1.5 % de sol non remanié des colloïdes > 0.24 µm.
(prochloraz) dans les sols et CEC : 0.157 Molc/kg Vitesse de percolation : 10 Une faible force ionique et un pH élevé
influence du pH et de la force mm/h favorisent la libération de colloïdes.
ionique sur la libération de Force ionique : 0.01 M CaCl2 La présence de chemins d’écoulement
colloïdes dans la solution du sol et eau de pluie préférentiels favorise également le
pH = 6.0, 7.82 et 11 transport sous forme colloïdale des
pesticides.
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Flury, 1996 Etude bibliographique des études Une centaine d’études a été Transfert des pesticides par les chemins
de terrain portant sur le devenir analysée d’écoulement préférentiels dans les sols
des pesticides dans les sols de texture fine
Importance du laps de temps s’écoulant
entre l’application du pesticide et la 1ère
pluie : la quantité de pesticides transférée
au-delà de la zone racinaire diminue
lorsque ce laps de temps augmente
Les pratiques culturales tels que le labour
favorisent la formation de chemins
d’écoulement préférentiel
Graham et al., 1992 Etudier la distribution des résidus 2 sols argilo-limoneux Observation de la structure du Les fissures constituent des voies de
d’herbicides (2,4-D, trifluarin, pH : 8.0 et 6.7 en surface à 8.4 pour sol sur un profil de 1.5 m de transfert rapides des pesticides en solution
atrazine) en fonction de la les 2 sols à 140 cm profondeur et 4 m de long et/ou sous forme colloïdale.
structure du sol CaCO3 : de 3.5 en surface à 24.6 % Analyses physico-chimiques Les pratiques culturales telles que le
à 108 cm pour le sol basique à différents endroits du profil labour et l’irrigation semblent favoriser le
OC : < 1.5 % pour les deux sols transfert en profondeur des pesticides à
CEC : > 20 meq/100 g travers ces fissures.
Han et al., 1994 Effet de l’humidité du sol sur la Sol sablo-limoneux Expérimentations en La dégradation du 2,4-D a été maximale
dégradation du 2,4-D par les pH : 4.8 microcosmes pour un potentiel hydrique de - 0.1 MPa
microorganismes 30 à 60 jours d’incubations ce qui correspond à la capacité au champ
du sol
Holman et al., 1999 Etude de la minéralisation des Sol contaminé en gazole Colonnes de sols remplies Les processus abiotiques interviennent
HAP (naphtalène, phénanthrène, Sol limono-sableux avec échantillons prélevés à très peu dans la dégradation des HAPs
anthracène) sous l’influence de pH : 7.9 2.5-3 m de profondeur Le naphtalène, plus soluble que les autres
des variations saisonnières de CEC : 11.1 meq/100g Succession de conditions HAPs, est minéralisé beaucoup plus
teneur en eau et en oxygène du OC : 0.2 % aérobies et anaérobies rapidement
sol L’infiltration de l’eau provoque un
renouvellement de l’oxygène dans le sol
qui augmentent la minéralisation des
HAPs
Les conditions anaérobies, en été, conduit
à une très faible minéralisation des HAP
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Normandie, 2008
Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Johnson et al., 1995 Déterminer l’influence de 2 types 3 types de sédiments : Expérimentations en colonne La matière organique dissoute facilite le
de substances humiques sur la quartz Solutions de percolation : pH transfert des HAP ainsi que leur
mobilisation et le transfert des sédiments de rivière : 50 % quartz et = 6, force ionique faible (de 0 désorption à partir du sédiments
HAP (anthracène et 30-40 % feldspaths à 10-4 mol/L), avec ou sans
benzo(a)anthracène) dans des matière organique dissoute
sédiments de faible teneur en
carbone organique
Kögel-Knaber et al., Etude de la mobilité des HAPs Sols sableux Expériences de désorption en La présence de DOM dans la solution du
1998 (anthracène, pyrène, batch des HAPs en présence sol peut conduire à une mobilisation des
benzo(a)pyrène, benzo(e)pyrène) de DOM de différentes HAPs
dans les sols en présence de origines La mobilisation des HAPs en présence de
matière organique dissoute Expériences en colonne de sol DOM peut également être limitée par la
(DOM). Synthèse de plusieurs avec présence de DOM sorption des complexes DOM-HAP par le
études naturelle sol et sorption des HAP par la DOM
associée au sol
Landry et al., 2004 Comparaison de la mobilité de Trois sols calcaires aux propriétés Expérimentations en colonne Forte mobilisation du diuron et du
deux pesticides (diuron et physico-chimiques différentes de sol non remanié DCPMU, sous produit de la dégradation
oryzalin) dans trois sols (texture, carbone organique) du diuron dans les sols ayant une faible
Sols végétalisés ou non étudier teneur organique et possédant des
l’influence de la structure du sol chemins d’écoulement préférentiels (sol
végétalisé) ou à texture grossière
Lartigues et al., 1995 Déterminer les facteurs qui Les expérimentations ont été Les concentrations en Pour les pesticides organophosphorés, les
prédominent dans les processus réalisées dans différents types pesticides utilisées vont 0.5 à temps de ½ vie vont de quelques heures à
dégradation d’un mélange de 16 d’eau : eau ultrapure, eau de rivière 2.0 µg/L. 100 jours.
pesticides organophosphorés et non filtrée et filtrée, eau de mer La dégradation est suivie Une augmentation de la température ou
organoazotés dans l’eau pendant 6 mois du pH conduit généralement à une
L’influence de la température dégradation plus rapide.
et de la lumière a été étudiée Les triazines sont les plus stables
Lennartz, 1999 Quantifier la variabilité spatiale Sol sablo-limoneux 99 colonnes de sol non La faible teneur en carbone organique des
de la mobilité de deux pesticides Carbone organique : 0.16 à 2.24 % remanié échantillonnées dans sols conduit à la prépondérance des
(isoproturon et terbutylazine) pH : (5.6 à 7.6) la région propriétés physiques des sols (chemins
dans les sols Percolations réalisées avec de d’écoulement préférentiel) sur la mobilité
l’eau de pluie des pesticides
6 semaines de percolations en
conditions non-saturées
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Auteur Objectif sol Conditions expérimentales Résultats et observations
Mamy et al., 2005 Comparer l’adsorption du 3 sols (échantillons prélevés dans la Expériences d’adsorption en Le glyphosate est l’herbicide le plus
glyphosate à celle du trifluarin, couches 0-10 cm) aux propriétés batch avec un rapport fortement adsorbé par les sols.
metazachlor, metamitron et du physico-chimiques très contrastées sol/solution de 1/5 L’adsorption du glyphosate qui est
sulcotrione dans les mêmes sols ionisable, augmente lorsque le pH
et dans les mêmes conditions diminue. Le phosphate est en compétition
expérimentales avec le glyphosate pour les mêmes sites.
La présence de Cu dans le sol favorise
l’adsorption du glyphosate.
Pignatello et al., 1996 Revue bibliographique des
études portant sur les
mécanismes de rétention des
micropolluants organiques dans
les sols et en particulier sur les
réactions de cinétique lente
Renaud et al., 2004 Etudier les processus impliqués 4 sols étudiés aux caractéristiques Cases lysimétriques contenant Les concentrations en pesticides dans les
dans le devenir des pesticides physico-chimiques très contrastées les sols non remaniés eaux gravitaires ont été les plus élevées
(isoproturon, chlorotoluron, Irrigation des cases : 24 mm pour le sol contenant le plus d’argile (54.9
triasulfuron) dans les sols d’eau pendant 8 h %) indiquant un transfert par les chemins
Collecte des eaux gravitaires d’écoulement préférentiels
Les pesticides possédant le Koc le plus
élevé sont les moins mobilisés
Weigand et al., 2002 Etudier la mobilisation, le Horizon organo-minéral (A) d’un Expérimentations en colonne Les processus de sorption et de
transport et la biodégradation de podzosol de sol mobilisation de l’anthracène par le sol
l’anthracène dans les sols 96 % sable Solution de percolation : sont sensibles à la vitesse d’écoulement
pH : 3.5 solution synthétique de l’eau
contenant des nutriments pour La dégradation incomplète de
les microorganismes (pH 6.9) l’anthracène liée au faible temps de
résidence imposé par les conditions
d’écoulement de l’eau entraîne la
production de composés beaucoup plus
mobiles
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Caractéristiques des eaux de ruissellement
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Auteur Objectif Surface drainée Conditions expérimentales Résultats et observations
Xanthopoulos et al., Déterminer le système de Toitures, chaussées Bilans sur la quantité de Les réseaux de collecte des eaux de ruissellement de
1992 réseaux (séparatifs ou unitaires) micropolluants transportés demain doivent :
adapté pour la collecte des eaux par les eaux de ruissellement - séparer les eaux de ruissellement en fonction du type
de ruissellement en fonction de en fonction de leur origine et du niveau de pollution
leur origine Bilans réalisés à partir de - permettre la réintroduction des eaux de ruissellement,
concentrations moyennes après dépollution, dans l’environnement (rivières,
analysées dans des eaux de nappes) au plus près de la source
ruissellement provenant de - conduire à la décentralisation du traitement des eaux
différentes études de ruissellement
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Fonctionnement des systèmes d’infiltration
Auteur Objectif Ouvrage Sol Type d’apports Conditions Résultats et observations
expérimentales
Appleyard, (1993) Impact des bassins 3 bassins Sol sableux avec un Eaux de Suivi sur site des eaux L’infiltration des eaux entraîne une
d’infiltration sur la qualité d’infiltration peu d’argile et de ruissellement de de nappe pour deux diminution de la salinité et une
des eaux de nappe dans la calcaire zones évènements pluvieux augmentation de l’oxygène dissous
région de Perth, en résidentielles, en avril et en dans la nappe
Australie faiblement novembre Pas de migration des
industrialisée ou micropolluants (ETM, pesticides,
d’une autoroute bactéries, phtalates…)
Barbosa (2000) Etablir une méthode pour la 1 Bassin de Sol sableux Eaux de Analyses des eaux de Contamination de la nappe par les
Thèse conception des bassins décantation + pH 4.2 ruissellement ruissellement sur 10 hydrocarbures, Zn et Pb
d’infiltration sous climat bassin OM = 1.4 % d’autoroute en évènements pluvieux
semi-aride d’infiltration CEC : 10.44 milieu rural Analyses du profil de
2 ans de service Vinf = 0.16 m/h teneur en ETM dans le
Eh : -70 à 164 mV sol jusqu’à 30 cm
nappe 1 à 2 m Analyses des eaux de
nappe
Barraud et al. Impact des systèmes 2 puits Nappe à 40 cm Eaux de Analyses des eaux de Forte accumulation d’ETM et
(1999) d’infiltration des eaux de d’infiltration de ruissellement de ruissellement et des hydrocarbures dans les premiers
ruissellement sur la 2 ans et 30 ans route (7000 eaux de nappe cm du sol
contamination en Zn, Pb, de véhicules/jour) Analyses du sol Migration du front de pollution 1
Cd du sol et de la nappe fonctionnement, m autour du puits le plus vieux
3 m de Augmentation de la concentration
profondeur en micropolluants dans la nappe
quand nappe haute
Béchet et al., 2005 Déterminer la fraction Bassin Sol sableux Eaux de Collecte des eaux de Cd et Pb sont principalement
d’ETM (Zn, Cd, Pb, Cu, Ni, d’infiltration Sédiment : ruissellement ruissellement, des associés aux fractions supérieures
Cr) associés aux colloïdes En service Sablo-limoneux d’une route à eaux à la surface du à 0.45 µm
dans les solutions de sol depuis 13 ans pH : 8 grande circulation bassin et des eaux 30 à 50 % de Zn et Cu, sont
soumis à l’infiltration des Pas de OC : 84 g/kg (75000 véhicules/j) interstitielles à 40 cm présents dans la fraction < 5 kDa
eaux de ruissellement et dispositif de Carbonate : 0.5 % de profondeur
évolution de cette spéciation prétraitement 7 épisodes pluviaux
de l’entrée du bassin à Surface : 780 étudiés
l’infiltration dans le sol m2
Hauteur : 1.5 m
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Auteur Objectif Ouvrage Sol Type d’apports Conditions Résultats et observations
expérimentales
Bedell et al., 2004 Etudier les paramètres Bassin Sédiment fluvio- Eaux de Echantillonnage du sol Dans les premiers cm du sol :
biologiques d’un sol de d’infiltration glaciaire ruissellement dans les couches 0-5 teneur élevée en limons, en matière
bassin d’infiltration restauré Couche de sol d’une zone cm et 5-20 cm organique et en ETM
Nappe à 13 m étudié 0-20 cm industrielle Analyses des Bactéries 100 fois plus nombreuses
paramètres du sol (pH, que dans la couche 5-20 cm
ETM, matière Activité des bactéries et tolérance
organique) et des au Zn plus élevée dans la couche
paramètres 0-5 cm
biologiques (nombre
activité et tolérance au
Zn) à différentes
saisons
Bouwer et al. Evaluer l’importance de la 4 bassins Sable grossier + Eaux usées traitées Périodicité de mise en 30 à 70 % des composés volatiles
(1984) volatilisation, de la d’infiltration en graviers + pierres par traitement eau et assèchement : sont volatilisés
biodégradation et de la parallèle OM = 0.4 % dans primaire de la ville 15 jours 50 à 99 % des hydrocarbures
sorption par les phases Temps de les couches de de Phoenix Analyse des eaux de aliphatiques et aromatiques non-
solides sur le devenir des résidence dans le surface nappes à 18 et 30 m halogénés sont éliminés durant la
micropolluants organiques bassin : 8 h Nappe entre 3 et 13 percolation dans le sol.
(BTEX, pesticides, HAP, m Les hydrocarbures halogénés sont
phtalates….) dans les sols moins efficacement éliminés
soumis à l’infiltration La majorité des micropolluants
organiques analysés sont détectés
dans la nappe
Deschesne et al., Déterminer la distribution 1 bassin Sédiment Eaux de 10 points La teneur en micropolluant
2004 spatiale de la pollution (Zn, d’infiltration fluvioglaciaire ruissellement d’un d’échantillonage du diminue rapidement avec la
Cd, Pb, Cu, Cr, Ni, Hg, 6 fonctionnant sableux et très parking de poids sol et pour chaque profondeur. Les ETM sont
HAPs)dans un sol de bassin depuis 14 ans calcaire lourds point, 4 profondeurs localisés dans les 30 premiers cm
d’infiltration et établir Ks = 10-4 à 10-2 d’échantillonnage excepté Zn qui est mobile.
l’impact des eaux Nappe à 4 m (surface, 30-40 cm, 3 points sont suffisants pour
d’infiltration sur la qualité 60-70 cm, 100-110 estimer la masse de micropolluants
de la nappe cm) piégés par le bassin avec 26 %
d’erreur. Ces points sont le point
d’arrivée d’eau, l point bas et 1
point choisi au milieu du bassin.
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Auteur Objectif Ouvrage Sol Type d’apports Conditions Résultats et observations
expérimentales
Fisher et al., 2003 Impact de l’infiltration des 16 bassins Non renseigné Eaux de Collecte des eaux deLe benzène et le toluène ainsi que
eaux de ruissellement sur la d’infiltration ruissellement de nappe à 3 m en- certains pesticides comme le
qualité des eaux de nappe situé dans la zones dessous du niveau demétolachlor, le prométon et
(pesticides, composés région de résidentielles, ou la nappe l’atrazine sont les composés les
organiques volatiles) Glassboro commerciales 2 à 3 échantillonnages
plus fréquemment détectés dans les
à différentes saisons
eaux de nappe (> 30 % des eaux
(été et hiver) analysées)
Les composés organiques volatiles
sont moins fréquemment détectés
en été qu’en hiver
Hütter et al., 1998 Etudier la qualité des sols système non renseigné eaux de analyses des Après 31 mois, seule la
soumis à l’infiltration des d’infiltration nappe à 15 m de ruissellement échantillons de sols à concentration en Zn augmente
eaux de ruissellement après comprenant 3 profondeur provenant d’une différentes significativement dans les sols des
12, 18 et 31 mois de tranchées surface située dans profondeurs (0-5, 5- 3 premières tranchées.
fonctionnement du système d’infiltration une zone 10, 10-20 et 20-30 cm) Le pH diminue de 8.2 à 7.0-7.6
enherbées, 2 résidentielle de après 12, 18 et 31 dans les premiers cm (0-5 cm) des
bassins de 1030 m2 mois de sols des tranchées.
rétention et 1 fonctionnement du
tranchée système d’infiltration
remplie de
roches
balsaltiques
Mason et al., 1999 Etude du comportement des 1 bassin Une couche de Eaux de Collecte des eaux Une infiltration rapide des eaux de
ETM (Cd, Cu, Zn, Cr, Pb) d’infiltration surface (5-15 cm) ruissellement de gravitaires par des ruissellement dans le sol entraîne
durant l’infiltration des eaux constitué de matière toitures lysimètres dans un transfert des ETM en
de ruissellement de toitures organique mélangée d’immeubles. tension à 0.4, 1 et 1.6 profondeur, en particulier, Cu, Cd
dans les sols avec des graviers Toitures m de profondeur et Cr.
Le sol sous-jacent recouvertes de Echantillonnage du sol
(2.9 m d’épaisseur) graviers, avec ou jusqu’à 1.5 m de
est composé de sable sans couche profondeur après 4 et
(20 à 50 %) et d’humus et toiture 16 mois de
d’argile plastiques fonctionnement
Collecte des eaux de
ruissellement
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Auteur Objectif Ouvrage Sol Type d’apports Conditions Résultats et observations
expérimentales
Mikkelsen et al., Etudier le devenir des Une tranchée Dépôt de sédiments La tranchée Etude de terrain Les teneurs en micropolluants sont
1997 micropolluants (Cr, Co, Ni, d’infiltration en (sablo-limoneux + d’infiltration : eaux Analyse des les plus élevées dans les 30
Cu, Zn, Cd, Pb, HAPs, service depuis matière organiques) de ruissellement micropolluants dans premiers cm qui comprend la
composés halogénés) dans 45 ans en surface et d’une chaussée les sols jusqu’à 1.5 m couche de sédiments
des sols soumis à Un puits : graviers pour le sol (37000 véhicule/J) de profondeur
l’infiltration des eaux de infiltration à 3 sous-jacent Puits Extraction des ETM
ruissellement (Suisse) m de d’infiltration : eaux échangeables avec
profondeur, en de ruissellement CaCl2 0.01 M
service d’une chaussée
(2300 véhicules)
Mikkelsen et al., Etudier le devenir des site A : bassin dépôts calcaires site A : eaux de analyses des Contamination en HAP du sol du
1996 micropolluants (Cr, Co, Ni, d’infiltration ruissellement échantillons de sols site A jusqu’à plus de 1 m de
Cu, Zn, Cd, Pb, HAP, site B : puits d’une autoroute en jusqu’à 2 m de profondeur (environ 80 mg/kg)
composés halogénés) dans d’infiltration zone rurale (37 000 profondeur pour le site tandis que la concentration en
deux systèmes d’infiltration sites en veh/j) A et 7 m de métaux diminue rapidement dans
fonctionnement site B : route en profondeur pour le site le premier m du sol.
12 à 45 ans milieu urbain B
(2300 veh/j) estimations de
concentration en
solution par extration
en l’eau en batch
Norrstrom et al., Etudier le devenir des Bassin Sols sablo-limoneux Eaux de Analyse des sols à 0.5 L’augmentation de la teneur en
1998 micropolluants (Zn, Cd, Cu, d’infiltration en bordure de route ruissellement et 2.5 m de la micropolluants avec la profondeur
Pb, HAPs) dans les sols à et limoneux dans le d’une autoroute autoroute et du sol jusqu’à 40 cm
0.5 et 2.5 m de l’autoroute bassin d’infiltration (40000 à 50000 sous-jacent le bassin Présence des micropolluants dans
et dans le sol sous-jacent un véhicules/j) d’infiltration jusqu’à les eaux de nappe, la concentration
bassin d’infiltration (Suède) 40 cm de profondeur en Pb > à la norme de potabilité
Analyse des eaux de Pb et Zn liés à la fraction
nappe à 4.5 m réductible (oxydes de fer), Cu
Extractions associé à la MO
séquentielles Une part importante en ETM peut
être mobilisée en présence de
concentration élevée en NaCl qui
favorise la dispersion de colloïdes
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Phytoremédiation
Auteur Objectif Sol Espèces végétales Conditions Résultats et observations
étudiées expérimentales
Aprill et Sims, 1990 Etude de l’impact des systèmes Sol sablo- Andropogon gerardi Expérimentations en Augmentation de la disparition des
racinaires d’herbacées de limoneux colonne HAPs dans le sol végétalisé
Sorghastrum nutans
prairie sur l’élimination de 4 Sol tamisé en surface (15 Ordre de disparition
Panicum virgatum
HAPs (bezo(a) anthracene, cm) mélangé avec du benzo(a)anthracene > chrysene >
Elymus canadensis
chrysene, benzo(a)pyrene et fumier et non tamisé en benzo(a)pyrene >
Schizachyrium scoparius
dibenzo(a,h)anthracene) profondeur dibenzo(a,h)anthracene
Bouteloua curtipendula
présents dans le sol 126 jours d’incubation Deux mécanismes en jeu :
Agropyron smithii
arrosage hebdomadaire biodégradation et humification
Bouteloua gracilis
pour simuler 1000 mm de
pluie par an
Barrett et al., 1998 Evaluer la capacité des terre- Non renseigné Bermuda grass + Suivi in situ Forme la mieux adaptée pour le
pleins centraux végétalisés des Illinois bundleflower + Analyses des eaux de traitement des eaux de ruissellement :
autoroutes pour dépolluer les Meadow dropseed + ruissellement avant et forme en V plutôt que trapézoïdale,
eaux de ruissellement par Little bluestern + après passage sur le terre- pente < 12 %, bonne couverture de la
filtration/infiltration Ou Prairie Buffalo grass + plein central tout au long végétation
Bare ground de l’événement pluvieux Réduction annuelle de la pollution : 85
% pour les MES, 31-52 % pour Pb,
79-93 % pour Zn.
Bandes filtrantes à utiliser comme
système de prétraitement
Binet et al., 2000 Evaluer la capacité de la Lolium perenne L. Expérimentations en pot Le nombre de bactéries dans le sol est
rhizosphère du reygras à Comparaison entre plus élevé en présence de plantes
minéraliser les HAPs expérimentations avec et Le nombre de bactéries spécifiques à
sans plantes la dégradation des HAP n’est pas plus
élevée dans les sols fraîchement
contaminés mais il est plus élevé dans
les sols contaminés depuis 6 mois.
Corgié et al., 2003 Etude de l’influence des 60 % terreau Lolium perenne L. Expérimentations en pots Un gradient de bactéries est observé
racines de ray-gras sur les 30 % sable Les bactéries spécifiques avec un plus grand nombre de
populations microbiennes et la 10 % aux HAP, les bactéries bactéries spécifiques et de bactéries
biodégradation du vermiculite hétérotrophes et la hétérotrophes près des racines. 86 %
phénanthrène dégradation du du phénanthrène est dégradé à une
phénanthrène sont distance de 0 et 3 mm des racines
quantifiées à différentes tandis qu’à 6-9 mm, la proportion
distances des racines dégradée diminue à 36 %.
après 4 semaines.
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Auteur Objectif Sol Espèces végétales Conditions Résultats et observations
étudiées expérimentales
Davis et al., 2002 Revue bibliographique ayant
pour objectif d’établir l’impact
des plantes sur la
phytoremédiation des sols
contaminés en micropolluants
organiques
Kirk et al., 2005 Etudier l’influence de deux Sol contaminé Lolium perenne L. (ray- Expérimentations en pots Les deux plantes entraînent une
types de plantes sur les en grass) sous serre augmentation du nombre de bactéries
populations microbiennes hydrocarbures Medicago sativa L. Echantillonnage du sol à dans la rhizosphère, en particulier le
(luzerne) intervalle régulier pendant nombre de bactéries dégradant
7 semaines spécifiquement les hydrocarbures.
Le ray-grass et le mélange ray-grass /
luzerne provoque le plus grand
changement sur les populations
microbiennes
Pagter et al., 2005 Evaluer l’influence des humus Phragmite australis Expériences en pot sous Le déficit en eau conduit à une
variations des conditions serre diminution de la taille des feuilles
hydriques sur le Comparaison de la mais n’altère pas le fonctionnement
fonctionnement physiologique croissance des plantes en physiologique de la plante
de Phragmites australis conditions saturées en eau
et sous des conditions
variées de stress hydrique
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Auteur Objectif Sol Espèces végétales Conditions Résultats et observations
étudiées expérimentales
Peverly et al., 1995 Etudier le rôle de Phragmites 3 types de Phragmites australis Lits d’infiltration avec Accumulation de Zn, Cd, Cu, Pb dans
australis dans la dépollution substrats testés apports d’eaux usées les racines
des eaux usées et son graviers de Conditions anaérobiques Présence de plaques d’oxyhydroxydes
fonctionnement physiologique différentes (Eh : -200 à –250 mV) de Fe à la surface des racines qui
granulométrie(4 Temps de résidence de contribuent à la rétention des ETM par
et 0.5 cm), l’eau : 15 jours les racines
mélange pH des eaux : 7.2 Les graviers de 4 cm constituent le
sable/graviers substrat le mieux adapté à la
croissance de P. australis mais pas
pour la dépollution
Stottmeister et al., Revue bibliographique portant
2003 sur les caractéristiques
physiologiques des plantes
utilisées dans les zones
humides et les
microorganismes associés à
leur rhizosphère
Tanner et al., 1996 Comparaison de la Graviers Schoenoplectus validus Expérimentations dans P. australis, G. maxima et Z. latifolia
performance de 8 espèces Porosité : 39 % Phragmites australis des bacs de 0.238 m2 et sont les espèces les plus performantes
végétales utilisées dans Glyceria maxima 0.8 m de profondeur et les mieux adaptées dans le
l’aménagement de zones Baumea articulata 4 mois de croissance traitement des eaux usées tandis que B.
humides pour traiter les eaux Bolboschoenus fluviatilis Saturation en eau des bacs fluviatilis et J. effusus sont les moins
usées Cyperus involucratus performants ou moins adaptées.
Juncus effusus
Zizania latifolia
Walsh et al., 1997 Evaluer la capacité de deux Construction d’une noue
systèmes végétalisés, noues et pour tester différents
bandes filtrantes, à traiter les dimensionnements de
eaux de ruissellement l’ouvrage
d’autoroutes Deux bandes filtrantes ont
été équipés pour réaliser
un suivi : 34 évènements
pluvieux analysés
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Auteur Objectif Sol Espèces végétales Conditions Résultats et observations
étudiées expérimentales
Wong et al., 1999 Conseils sur la conception et la 76 ouvrages ont été
gestion des zones humides étudiés : zones humides et
aménagées étangs en Australie
études en laboratoire et
suivi sur le terrain
Ye et al., 1998 Impact sur la croissance des Substrats : Expérimentations en pot Sur substrats non contaminés, pas de
Phragmites australis
Phragmites et sur leur sédiments Eau faiblement cationisée différence sur la croissance et
absorption des ETM (Zn, Cd, d’une zone En conditions l’absorption en ETM des plantes entre
Pb, Cu, Ni) des conditions de humide, d’assèchement : arrosage substrats saturés en eau et secs
mise en eau et d’assèchement cendres 1 fois/jour, Eh = 66-458 Sur substrat contaminé, absorption des
et trois types de substrats non volantes, sol mV, pH = 6.1-8.1 ETM favorisé en conditions saturées
contaminés ou fortement d’une mine de En condition de mise en
contaminés Zn/Pb eau : hauteur d’eau au-
Mélangés avec dessus du substrat = 1.5
25 % sable + cm, Eh = (- 43) – (-203)
25 % compost mV, pH = 6.8-7.2
Yoshitomi et al., Etudier l’impact des exudats 1 sol argilo- Zea mays Expériences en colonne Une augmentation de la minéralisation
(2001) organiques produits par les limoneux non de sol homogénéisé du pyrène est observée en présence
racines de maïs sur la contaminé et 1 Comparaison de la d’exudats racinaires de maïs. Cette
minéralisation du pyrène sol limoneux minéralisation du pyrène augmentation semble être le résultat de
contaminé en entre sol dans lequel est la modification de la composition de la
hydrocarbures apporté des exudats communauté microbienne du sol.
organiques produit par les
racines de maïs et sol
planté de maïs
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Annexe 2
Principales propriétés physico-chimiques de micropolluants
organiques
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine Normandie, 2008
Principales propriétés physico-chimiques de micropolluants organiques
d’après (Jury et al. 1984); (Flury 1996) ; (Beck et al., 1996)(Mamy and Barriuso 2005)
composé Poids pKa KH (Pa.m3/mol) Solubilité Log Kow Log KOC T1/2 (jours)
moléculaire (mg/L)
(g/mol)
2.4-D 221 5,6.10-4 900 1.52 1.3 15
diuron 5,47.10-3 37 2.79 2.68 90
linuron 2.60 60
mecoprop 1.3 21
Glyphosate 169.1 <2, 2.6, 5.6, 10.6 1,2.104 - 4.1 2.82 – 3.81
31
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines – Laeticia Citeau, 2006 – Rapport définitif Agence de l’Eau Seine
Normandie, 2008
Annexe 3 : Rapports d’avancement
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 33
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 34
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Rapport d’avancement n°1 (13 /07 /2005)
Processus de sorption-mobilisation des éléments traces métalliques (ETM) dans les sols
Introduction
Les bassins d’infiltration des eaux de ruissellement pluviales sont des ouvrages utilisés entre
autre, pour retenir les micropolluants présents dans les eaux de ruissellement pluviales
urbaines. On observe ainsi au cours du temps une accumulation progressive des
micropolluants dans la couche de matériaux placés au fond de ces bassins (graviers, sables…)
ou dans les sols sous-jacents et en particulier, des éléments traces métalliques (ETM) qui sont
non dégradables dans les sols. Par conséquent, la gestion de ces bassins nécessite une
compréhension des processus physiques et chimiques gouvernant le comportement des ETM
dans ces matériaux ou dans les sols sous-jacents sur une échelle de temps de plusieurs
décennies. Des informations sur à la fois le devenir à court-terme des ETM (immédiatement
après leur infiltration dans le bassin) et sur leurs interactions à moyen et long-terme avec les
matériaux ou les constituants du sol sont nécessaires pour évaluer le risque que cette
contamination peut représenter pour les nappes sous-jacentes. Aujourd’hui, il est
communément admis que la prévision de l’impact d’une contamination sur les sols nécessite
non seulement la détermination de la teneur totale en ETM dans le sol mais également
l’estimation de leur fraction remobilisable à partir d’études de sorption-désorption des ETM.
Le comportement chimique des ETM dans les sols est contrôlé par de nombreux processus
qui sont la libération des ETM à partir des matériaux source de contamination, l’échange
cationique et l’adsorption spécifique à la surface des constituants du sol ainsi que la
coprécipitation ou la précipitation de minéraux secondaires. L’objectif de la recherche
bibliographique est de faire un état des connaissances sur l’importance relative de ces
différents processus en fonction de la composition du sol et des facteurs susceptibles
d’influencer ces processus.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 35
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
alimentaires (Colandini, 1999). Ni et Cr sont également présents mais à des concentrations
plus faibles. Ces métaux sont issus en grande partie de la circulation automobile. En effet, ces
ETM proviennent principalement des gaz d’échappement (Pb), de l’usure des pneus (Zn) et de
la garniture des freins (Cu, Zn, Pb, Ni, Cr) mais également de l’usure du revêtement routier
(Cr) et de la corrosion des barrières de sécurité (Zn) (Legret, 2001).
Zn Cu Cd Pb Cr Ni
5000 1000 5 50 50 50
Tableau 1 : Concentrations maximales admissibles en ETM dans les eaux potables. Valeurs
exprimées en µg/L
En ce qui concerne les teneurs en ETM dans les sols, en France, seule la norme Afnor (NF U
44-041) donnent des valeurs limites en ETM dans les sols. En fait, cette norme a pour but de
fixer des règles relatives à l’épandage de boues de stations de traitement des eaux usées
urbaines sur les sols à vocation agricole. Elle précise notamment des teneurs totales
maximales en ETM dans les boues de stations d’épuration et dans les sols susceptibles de les
accueillir (tableau 2). Cette norme s’est inspirée en fait des propositions faites par Godin en
1984 qui définissait trois types d’usages pour les sols et adoptait 4 concentrations de
références (Baize, 1997) (tableau 2).
Zn Cu Cd Pb Cr Ni
Godin (1984)
Seuil d’anomalie 300 100 2 100 150 50
Seuil d’investigation 600 200 4 200 300 100
Seuil de traitement 1500 500 10 500 750 250
Seuil d’urgence 3000 1000 20 1000 1500 500
Norme Afnor 300 100 2 100 150 50
Tableau 2 : Norme et références en teneurs totales des ETM dans les sols exprimées en mg/kg
(Baize, 1997)
Cependant, une des critiques faite à la norme Afnor U 44-041 est que la plupart des seuils
fixés par cette norme sont placés trop haut pour signaler des anomalies. De plus, elle ne tient
pas compte des véritables propriétés de mobilité et de biodisponibilité des ETM dans les sols.
Comme solution alternative aux teneurs totales considérées seules, dans certains pays les
normes prennent en compte d’autres caractéristiques du sol tels que la teneur en argile et la
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 36
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
teneur en carbone organique (Pays-Bas) ou encore le type d’utilisation du sol actuel ou futur
(Grande-Bretagne).
Propriétés de rétention des constituants du sol vis-à-vis des ETM : Importance des
charges de surface
La rétention des ETM dans les sols va dépendre de la nature et de la quantité de charges de
surface présentes à la surface des constituants du sol (Bolan et al. 1999). En fonction des
liaisons engagées par les phases solides, on distingue deux types de complexes formés avec
les ETM, les complexes spécifiques et non-spécifiques, également appelés complexes de
sphère interne et complexes de sphère externe. Les complexes de sphère externe sont de
nature purement électrostatique ; à la fois le ligand et le métal retiennent leurs sphères
d’hydratation. Les cations alcalins et alcalino-terreux tendent à favoriser ce type d’interaction
ionique dans lequel le cation est maintenu dans une forme échangeable. Les complexes de
sphère interne résultent de la formation d’une liaison covalente ou de coordination entre le
ligand et l’ion métallique, avec une rupture totale ou partielle de la sphère d’hydratation du
métal. Les métaux de transition tendent à favoriser ce type d’interaction. Le type de liaison
mise en jeu dans la rétention des ETM par les constituants du sol dépendra donc d’une part de
la nature et de la quantité de charges de surface disponibles et d’autre part des propriétés
physico-chimiques des ETM présents dans les sols.
Pour les argiles, la charge de surface est composée d’une part de charges permanentes
dues à des substitutions isomorphiques dans les feuillets. Ces substitutions confèrent à
l’ensemble du feuillet argileux une charge négative et créent des sites d’échange avec les
cations de la solution. Les charges permanentes des argiles peuvent ainsi retenir les ETM par
des forces électrostatiques non-spécifiques et, en l’absence de conditions qui pourraient
favoriser l’hydrolyse des ETM (pH neutre à basique), on observe un échange ionique entre les
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 37
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
ETM et les sites d’échanges des charges permanentes (Majone et al., 1996). Ces réactions
d’échanges sont rapides et réversibles, en particulier en présence de cations compétiteurs
divalents tels que Ca2+ et Mg2+. En revanche, les réactions d’échange cationique ne dépendent
pas du pH. D’autre part, les argiles possèdent également des charges variables ayant pour
origine la présence de groupements hydroxyles en bordure des feuillets d’argiles, de type
silanol (-SiOH) et aluminol (-AlOH). Ces groupements ont un caractère amphotère et
dépendent donc du pH du milieu. Ils sont capables de réagir de manière spécifique avec les
ETM. Ces réactions d’adsorption spécifiques peuvent se faire à partir des produits
d’hydrolyse des ETM à pH neutre ou basique, en particulier pour Pb et Cu (Du et al., 1997).
La contribution des charges permanentes et des charges variables dans la charge totale de
surface des argiles dépend du type d’argile. Ainsi pour les argiles de type 2 : 1 (illites,
smectites, vermiculites) les charges permanentes sont beaucoup plus élevées que pour les
argiles de type 1 :1 (kaolinite) dont la charge permanente est pratiquement nulle (Sposito,
1989).
Les oxyhydroxydes de Fe, Al et Mn possèdent des groupes fonctionnels hydroxyles. Ce
sont des groupes amphotères qui subissent des réactions de protonation ou de déprotonation
pour produire des charges positives ou négatives en fonction du pH et du point de charge
nulle (PCN), ce dernier variant entre 7 et 9.3 selon le type d’oxyde (Buffle, 1988). Ces
groupes fonctionnels sont impliqués le plus souvent dans des réactions spécifiques
d’adsorption des ETM. Cependant, les ETM peuvent être également absorbés de manière non-
spécifique à la surface des oxydes à travers des réactions d’échange d’ions ainsi que
coprécipités ou précipités comme des oxydes individuels (Martinez et McBride, 1998).
L’adsorption spécifique des ETM à la surface des oxyhydroxides a été observée dans de
nombreuses études (Davis et Leckie, 1978 ; Benjamin et Leckie, 1981 ; Bruemmer et al.,
1988). Cependant, elle diffère en affinité en fonction de la première constante d’hydrolyse des
métaux. En effet, on observe le plus souvent la séquence d’affinité croissante d’adsorption
suivante : Cd (-10.1) < Zn (-9.0) < Cu (-7.7) < Pb (-7.6). Ainsi, cette séquence suit l’ordre
croissant des constantes d’hydrolyse des ETM (log K donné entre parenthèse). Par exemple,
Davis et Leckie (1978) ont montré que l’adsorption de Cu par les groupes fonctionnels
hydroxyles des oxydes de Fe coïncidait avec l’hydrolyse de Cu et que CuOH- était l’espèce
prédominante à la surface des oxydes.
Les carbonates doivent leur réactivité vis-à-vis des ETM à l’hydratation de la surface du
minéral qui conduit à la formation de groupements hydroxyles (-CaOH, -CO3H). Leur
dissociation peut entraîner une adsorption des ETM à la surface des carbonates.
La matière organique des sols est constituée principalement de substances humiques
(acides fulviques et humiques) issues de la dégradation des végétaux. Dans une moindre
mesure, les biomolécules (polysaccharides, composés peptidiques, acides gras) sont
également présentes dans les sols et sont, pour la plus grande part, d’origine microbienne,
mais dont certaines sont héritées des végétaux, en particulier des exudats racinaires
(Duchaufour, 1997). Les biomolécules, suivant leur taille et leur degré d’agrégation, peuvent
être intégrées aux composés humiques. La charge des substances humiques qui a pour origine
la dissociation des groupements fonctionnels, est toujours négative (à pH > 3) mais d’intensité
variable suivant le pH du milieu. Ces groupements fonctionnels sont impliqués dans la
rétention des ETM dans les sols, le plus souvent à travers des réactions de complexation,
formant ainsi des complexes stables avec les ETM par des liaisons de coordination ou
covalentes. Cependant, les substances humiques peuvent également former des complexes de
sphère externe avec les ETM par attraction électrostatique et formation d’une liaison
hydrogène entre l’ion métallique hydraté et un groupe hydroxyle. De nombreux travaux ont
montré que la sélectivité et la force de liaison des ETM avec les substances humiques
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 38
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
dépendent de la quantité de métal complexée. Par exemple, différentes études ont montré que
la force de liaison des ETM par les groupes fonctionnels diminuait lorsque la concentration en
métal complexé augmentait (Stevenson et al., 1993 ; Logan et al., 1997). Lorsque la teneur en
métal est faible, les liaisons covalentes sont préférentiellement formées alors qu’à des
concentrations plus élevées, les liaisons deviennent de plus en plus ioniques (Ross, 1994).
L’affinité des ETM pour les substances humiques suit dans la plupart des travaux, l’ordre
décroissant suivant : Cu > Pb > Zn > Cd (Stevenson, 1977).
Formes et spéciation chimique en phase solide des ETM dans les sols
Comme nous l’avons vu précédemment, la capacité de rétention élevée des différents
constituants du sol vis-à-vis des ETM a été démontrée par plusieurs travaux. Cependant, la
majorité des travaux concernent des expériences réalisées avec un seul constituant. De plus,
ces travaux se sont portés le plus souvent sur des composés modèles, synthétiques et en
particulier sur des oxyhydroxydes de fer (par exemple Benjamin et Leckie, 1981 ; van
riemsdijk et al., 1987 ; Dyer et al., 2004). Or, dans le sol, il existe différentes phases solides
qui sont en interactions les unes avec les autres (par exemple associations organo-minérales)
et qui vont être en compétition pour fixer les ETM. Par conséquent, ce type d’expérimentation
ne permet pas de déterminer l’importance relative des constituants du sol dans le devenir des
ETM dans des sols hétérogènes. En effet, leur composition et leur distribution varient d’un
type de sol à un autre ainsi que pour un sol donné, le long du profil de sol, conduisant ainsi à
une hétérogénéité spatiale des propriétés du sol. Pour déterminer les principales phases
solides piégeuses des ETM, certains auteurs ont étudié en batch la capacité de rétention d’un
mélange de constituants du sol vis-à-vis des ETM (Ledin et al. 1999; Pantsar-Kallio et al.
2001); d’autres ont réalisé des extractions chimiques telles que les extractions séquentielles
sur des échantillons de sol contaminés. Il ressort de ces études qu’en fonction du métal
considéré, les phases solides impliquées dans leur rétention et/ou les forces de liaison mises
en jeu peuvent être différentes
Ainsi, différents auteurs montrent que les principales phases piégeuses de Zn et Cd sont les
oxyhydroxydes de fer et la matière organique (Dudka et Chlopeka, 1990 ; Ledin et al., 1999).
Cependant, Zn et Cd ainsi que Ni semblent être en partie retenus par des réactions d’échange
d’ions, formes facilement mobilisables sous des variations des conditions physico-chimiques
du sol (Basta and Tabatabai 1992). Par ailleurs, Ledin et al (1999) ont montré que
l’accumulation de Zn et Cd par les microorganismes a été similaire à l’adsorption de ces
éléments par la goethite et la matière organique. En revanche, il a été montré que dans les sols
calcaires, les carbonates peuvent être une phase prépondérante dans la rétention de Zn et Cd
via des réactions d’adsorption spécifique ou de précipitation (Hooda et Alloway, 1998 ;
(Martinez and Motto 2000). Par exemple, (Hooda and Alloway 1998) ont montré par
l’analyse en régressions multiples de la capacité de sorption vis-à-vis de Cd de différents sols,
que la teneur en carbonates ainsi que la teneur en matière organique du sol et le pH pouvaient
expliquer jusqu’à 85 % de l’adsorption de Cd par les sols.
En ce qui concerne Cu, la nature des phases solides qui prédominent dans la rétention de ce
métal dépend de la teneur en carbone organique du sol. En effet, Gong et Donahoe (1997) ont
montré que lorsque la teneur en carbone organique est faible, Cu est adsorbé principalement
par les oxyhydroxydes. En revanche, à teneur en carbone organique élevée, la matière
organique et les argiles sont les phases qui contrôlent la rétention de Cu. Il apparaît que Cu est
adsorbé de manière spécifique à la surface de ces constituants plutôt que par échange d’ions,
en particulier avec la matière organique (Madrid et Diaz-Barrientos, 1998).
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 39
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Pb est adsorbé beaucoup plus fortement que Zn, Cd et Ni par les constituants du sol (Basta
et tabatabai, 1992a,b ;Voegelin et al., 2003). Pb est préférentiellement adsorbé par les
oxyhydroxydes de Fe . Cependant, Naidu et al. (1994) montrent que l’adsorption par les
argiles semble être prépondérante dans la rétention de Pb par rapport aux autres phases
solides. Les réactions impliquant la matière organique des sols peut jouer également un rôle
prédominant dans l’adsorption de Pb par les sols. Dans les sols calcaires, la précipitation de
Pb sous forme carbonatée pourrait être importante.
Par ailleurs, en fonction de la nature des argiles présentes dans le sol, on peut également
observer des affinités différentes vis-à-vis des ETM. Par exemple, (Helios Rybicka et al.
1995) montrent à travers l’étude de l’adsorption de Cd, Cu, Pb, Zn and Ni par un mélange de
différentes argiles tels que des illites et des smectites (beidellite et montmorillonite) que d’une
part, les quantités adsorbées par les argiles ont été les plus élevées pour Pb et Cu. D’autre
part, la capacité de sorption des smectites était 3 fois plus élevée que celle des illites du fait
probablement de leur surface spécifique importante et de leur capacité d’échange élevée.
Dans le cas du chrome, la capacité de rétention des constituants du sol dépend de l’état
d’oxydation du Chrome (Cr(III)/Cr(VI)). L’espèce cationique Cr(III) est adsorbée ou précipité
à la surface des oxyhydroxydes de Fe (Gong and Donahoe 1997). Cr(III) est également
adsorbés préférentiellement par les carbonates. En revanche, 95 % du chrome hexavalent
(CrO42-) en solution est adsorbé ou réduit par la matière organique ainsi que par les
oxyhydroxydes de Fe ((Dudka and Chlopeka 1990) ; Pantsar-Kallio et al., 2001).
Facteurs impliqués dans les processus de rétention/mobilisation des ETM dans les sols
Plusieurs approches sont communément utilisés pour estimer la fraction d’ETM
mobilisable en fonction des variations des conditions physico-chimiques : l’extraction en
batch avec des solutions de sels (NH4NO3 ou CaCl2) et les expériences de lessivage sur
colonne. Ces dernières fournissent une information sur la mobilisation des ETM et leur
transfert dans le sol et sont utiles pour tester les traitements possibles de remédiation ou de
stabilisation ainsi que pour estimer la rétention des ETM et les cinétiques de désorption ou
pour étudier des processus tels que le transport sous forme colloïdale des ETM à l’échelle du
laboratoire. En revanche, les études in situ qui permettent d’estimer l’importance de la
mobilisation des ETM en solution sur le terrain, par la collecte des eaux de nappe et des eaux
circulant dans les sols (au moyen de lysimètres ou de bougies poreuses), sont encore
relativement rares. Ce type d’étude permet pourtant d’évaluer l’influence de la globalité des
paramètres intrinsèques et extrinsèque aux sols dans les processus de rétention/mobilisation
des ETM dans les sols.
pH
Dans la plupart des cas, le pH semble être le facteur prédominant qui va contrôler les
processus de rétention/mobilisation des ETM dans les sols. En effet, la rétention des ETM par
les constituants du sol est favorisée avec une augmentation du pH. Ceci est dû d’une part à
l’augmentation de la densité de charge négative à la surface des constituants du sol tels que la
matière organique et les oxyhydroxydes. D’autre part, cette augmentation de la rétention peut
être liée à la formation des premiers produits d’hydrolyse des ETM (MOH+) à pH neutre ou
basique, qui sont préférentiellement adsorbés à la surface des constituants du sol par rapport
aux formes libres (M2+). C’est le cas notamment de Pb et Cu dont une grande part de
l’adsorption par les constituants du sol se fait de manière spécifique par l’intermédiaire des
composés hydrolysés PbOH+ et CuOH+ (Basta and Tabatabai 1992).
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 40
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Inversement, l’acidification des sols va favoriser la mobilisation des ETM en solution à
travers la compétition des protons pour les sites d’adsorption et la dissociation des groupes
fonctionnels de la matière organique (Bolan et al, 1999). L’acidification des sols peut avoir
lieu du fait des précipitations atmosphériques acides mais aussi suite à l’oxydation de
composés sulfurés, à la décomposition de la matière organique ou encore au lessivage des
bases cationiques. Martinez et Motto (2000) ont étudié en batch la solubilité de Cu, Zn et Pb
en fonction du pH sur différents types de sols possédant des caractéristiques physico-
chimiques très variées. Ils ont montré que pour tous les sols excepté le sol calcaire, chaque
métal possède une valeur de pH en dessous de laquelle leur solubilité augmente fortement.
Cette valeur de pH était de 5.2 pour Pb, 6.2 pour Zn et 5.5 pour Cu. Pour le sol calcaire, cette
valeur de pH est plus élevée que pour les autres sols. Elle était de 6 pour Pb, 6.2 pour Cu et
6.8 pour Zn.
Basta et Tabatabai (1992) ont montré également que l’influence du pH sur les processus de
rétention/ mobilisation des ETM dans les sols dépendait aussi de la concentration en métal en
solution. Pour des faibles concentrations, l’adsorption des ETM se fait indépendamment du
pH. En revanche, pour des concentrations élevées en ETM, l’adsorption des ETM par les sols
est fortement dépendante du pH.
Dans le cas du chrome, la précipitation sous forme d’hydroxyde insoluble Cr(OH)3 est
l’espèce dominante at pH 6-10.5 tandis qu’à pH < 6, la forme dominante de Cr(III) est
CrOH2+, qui peut être adsorbée par les surfaces chargées négativement.
Cependant, du fait du pouvoir tampon du sol, les variations de pH de la solution de
lessivage peuvent avoir un impact limité ou retardé sur la mobilisation des ETM. Par
exemple, Gong et Donahoe ont montré par des expériences de lessivage sur colonne de sols
non calcaires qu’à pH > 4.2, le pH était tamponné par échange cationique avec Ca, Mg alors
qu’à pH 4 il est tamponné par la dissolution des oxydes d’Al et à pH 3 par la dissolution des
oxyhydroxydes de Fe. L’effet de ce pouvoir tampon du sol va dépendre de la quantité
d’agents tampon disponibles dans le sol. Dans le cas des sols calcaires, une acidification du
sol va entraîner une dissolution des carbonates qui va consommer les protons et donc limiter
la mobilisation des ETM en solution (Voegelin et al. 2003)
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 41
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
En revanche, les conditions oxydantes dans le cas de sol bien drainés et aérés, peuvent
entraîner une augmentation de l’acidité due à la formation d’acide sulfurique à partir de
l’oxydation des sulfures et peuvent favoriser ainsi la mobilisation en solution des ions
métalliques. Cependant, sous conditions oxydantes, on peut également avoir la précipitation
d’oxyhydroxydes de Fe et Mn, augmentant ainsi la capacité de rétention des sols vis-à-vis des
ETM (Mandal et al., 1992 ; Haynes et Swift, 1991).
Dans le cas du chrome, qui est un élément sensible aux variations de conditions redox,
Mattuck et Nikolaidis (1996) ont montré que sous des conditions réductrices dans des
sédiments prélevés dans une zone humide contaminé en chrome, Cr(VI) (la forme la plus
toxique) est réduit entièrement sous forme Cr(III) qui précipite sous forme d’hydroxyde peu
soluble.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 42
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
composés organiques en solution permettent aux métaux de faible (Cd, Zn) et de forte affinité
(Pb, Cu) pour les composés organiques de migrer à travers des colonnes de sol non-perturbées
(qui préserve les chemins d’écoulement préférentiels) avec la même vitesse alors qu’un
élément comme Pb est généralement considéré comme étant peu mobile. Par ailleurs, (Kaschl
et al. 2002) ont montré que la migration de Cu, Ni et Zn dans des colonnes de sol résultait
principalement de la présence de composés organiques dans la solution du sol après ajout de
compost, en particulier sur le sol sableux. De plus, à pH élevé, la matière organique devient
plus soluble et donc favorise la mobilisation des ETM, même pour des sols calcaires. En
revanche, le lessivage des ETM a été le plus faible pour le sol limoneux du fait probablement
de l’abondance des sites d’adsorption à la surface des minéraux argiles pour les molécules
organiques. La complexation de Cu par les composés organiques solubles a été mise en
évidence par de nombreuses études, en particulier suite à l’épandage et à la minéralisation des
boues de station d’épuration dans les sols (Burton et al., 2003 ; Dudley et al., 1986).
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 43
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Conclusion
Il ressort de l’examen de la littérature que différents comportements ont été observés en
fonction du métal étudié. Ainsi, Zn, Cd et Ni semblent se comporter de la même manière dans
les sols. Une part parfois importante de ces métaux est adsorbée à travers des réactions
d’échange d’ions par les constituants du sol. Ils présentent donc un risque important de
mobilisation en solution en fonction de la composition physico-chimique de la solution du sol
(pH et force ionique). Cependant, ces réactions d’échange d’ions semblent être
prépondérantes seulement dans les sols dont le pH est inférieur à 6. Dans les sols calcaires, à
pH alcalin, ces métaux semblent être adsorbés de manière spécifique, du fait notamment de
leur hydrolyse à pH > 6.
Cu est adsorbé généralement de manière spécifique à la matière organique du sol. Cependant,
lorsque la teneur en carbone organique dans le sol est faible, les oxyhydroxydes sont les
phases qui prédominent dans la rétention de Cu. Cet élément du fait de sa forte affinité pour la
matière organique, peut être mobilisé en solution suite à une augmentation de la concentration
en ligands organiques en solution, qui peut résulter de l’apport d’amendements organiques
(liquides ou solides) ou encore de la biodégradation de la matière organique du sol.
Pb est l’élément le plus fortement retenu par les différents constituants du sol. C’est pourquoi
il est généralement considéré comme étant peu mobile dans les sols. Cependant, plusieurs
études ont montré ou suggéré que Pb pouvait être de manière importante mobilisé sous forme
colloïdale et migré en profondeur, en particulier à travers les chemins d’écoulement
préférentiel.
Le comportement du chrome dans les sols dépend de son état d’oxydation. Ainsi, Cr(III)
précipite dans les sols sous forme d’hydroxyde insoluble Cr(OH)3 ou coprécipite avec les
oxyhydroxydes de Fe dès pH 6 tandis que la mobilisation de Cr(VI) est généralement limité
par réduction en Cr(III) en présence de matière organique et d’oxyhydroxydes de Fe. Par
conséquent, le chrome va être très sensible aux conditions d’oxydo-réduction du sol.
Il ressort de la plupart des études que le pH est le facteur prédominant qui contrôle les
processus de rétention/mobilisation des ETM dans les sols. Cependant, du fait du pouvoir
tampon élevé du sol, les variations de pH qui peuvent avoir lieu devraient être tamponnées par
le sol. En revanche, l’évolution à long terme du sol sous l’action de l’infiltration répétée
d’eaux de ruissellement, peut avoir un impact sur le pH du sol. Cependant, il existe peu
d’études qui se sont intéressés au fonctionnement à long terme de sols contaminés et des
modifications de leurs propriétés physico-chimiques qui peuvent avoir lieu sous infiltration
d’eau.
Ainsi, les sols possédant une texture argileuse avec des argiles à charge permanente
(smectites) et un pH neutre à alcalin ou avec des quantités importantes (> ou = 10 %) de
carbonates et de matière organique favoriseraient la rétention des ETM.
Programme d’avancement
Le prochain rapport d’avancement (20 août) aura pour objet la phytoremédiation et la
phytostabilisation des sols contaminés par les ETM. Je m’intéresserai également à l’utilisation
de différents matériaux (cendres, zéolites…) qui sont utilisés pour stabiliser les sols
contaminés. Ce rapport portera également sur les processus de dégradation et de
rétention/mobilisation des micropolluants organiques dans les sols.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 44
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Bibliographie
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 48
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Rapport d’avancement n°2 (19/08/05)
Processus d’absorption des éléments traces métalliques (ETM) par les plantes -
Processus de transformation et de dégradation des micropolluants organiques dans les
sols.
La plante idéale pour être utilisée en phytoextraction devrait avoir les caractéristiques
suivantes (Salt et al. 1998; Garbisu and Alkorta 2001):
- être tolérante à des concentrations élevées en métaux ;
- accumuler des quantités élevées de métaux dans les parties récoltables ;
- avoir une vitesse de croissance rapide ;
- être capable de produire une biomasse importante sur le terrain ;
- avoir un système racinaire développé.
Ces différents paramètres vont conditionner l’efficacité de la phytoextraction. Deux stratégies
existent grâce auxquelles des taux d’extraction élevés ont pu être obtenus: (i) l’utilisation de
plantes naturellement hyperaccumulatrices et (ii) l’utilisation d’espèces végétales
normalement non-accumulatrices, à forte biomasse, en appliquant différents produits
chimiques qui augmentent leur capacité à absorber les métaux.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 49
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
La phytoextraction par les plantes hyperaccumulatrices
Les plantes utilisent généralement deux types de stratégies qui leur permettent de tolérer des
concentrations élevées dans le sol : (i) l’exclusion par laquelle l’absorption et/ou le transfert
des racines vers les parties aériennes sont restreints, et (ii) l’accumulation par laquelle les
métaux sont accumulés et détoxifiés dans les parties aériennes. L’exclusion est de loin la
stratégie la plus utilisée chez les espèces végétales tolérantes.
Les plantes hyperaccumulatrices sont généralement caractérisées par un rapport concentration
en métal racines/parties aériennes inférieur à 1 alors que les plantes non-accumulatrices ont
généralement des concentrations en métaux plus élevées dans les racines que dans les parties
aériennes (Baker et al. 1994). Les valeurs seuils de métaux accumulés dans les parties
aériennes, à partir desquelles on considère que les plantes sont naturellement
hyperaccumulatrices et à partir desquelles la phytoextraction devient rentable
économiquement sont de 1000 µg.g-1 de matière sèche pour Cu et Pb tandis que ce seuil est de
10 000 µg.g-1 pour Zn et 100 µg.g-1 pour Cd (McGrath et al. 2001). Ainsi, par exemple,
Thlaspi caerulescens et Arabidopsis halleri qui sont des plantes hyperaccumulatrices en Zn
peuvent accumuler jusqu’à 30 000 µg Zn g-1 de matière sèche dans les parties aériennes sans
montrer de signes de phytotoxicité (Brown et al. 1995). A titre de comparaison, la
concentration en métaux dans les plantes hyperaccumulatrices est environ 10 à 100 fois
supérieures à celles présentes dans la plupart des plantes se développant sur des sols
contaminés (McGrath et al. 2002). Ainsi, un transfert hautement efficace des métaux des
racines vers les parties aériennes est une des caractéristiques clé associée à toutes les plantes
hyperaccumulatrices.
L’hyperaccumulation des métaux est un phénomène rare chez les plantes terrestres
supérieures. Actuellement seules 400 espèces ont été identifiées comme étant des plantes
hyperaccumulatrices, représentant moins de 0.2 % des angiospermes. Environ les deux-tiers
des hyperaccumulatrices identifiées sont des accumulatrices de Ni
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 50
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Par ailleurs, il existe peu d’informations sur le rôle des exudats racinaires organiques sur les
processus d’absorption des métaux par les plantes. En effet, on sait que certaines plantes
supérieures ont développé des stratégies d’acquisition des éléments essentiels (P, Fe, etc…)
présents sous des formes peu disponibles dans le sol. Par exemple, les graminées libèrent des
composés complexants comme les phytosidérophores afin de pallier à une carence en fer
(McGrath et al. 2002). Cependant, (Zhao et al. 2001) ont montré en comparant la capacité de
mobilisation des métaux par les exudats racinaires produits par deux espèces
hyperaccumulatrices de Thlaspi caerulescens et par deux plantes non-accumulatrices
(Triticum aestivum et Brassica napus) que les exudats racinaires des plantes
hyperaccumulatrices n’augmentent pas la mobilisation de Zn et Cd en solution. Ces résultats
indiquent donc que les exudats racinaires organiques ne semblent pas impliqués dans les
mécanismes d’hyperaccumulation.
En revanche, il semble que la croissance des racines des espèces hyperaccumulatrices
répondent positivement à la présence des métaux. Par exemple, (Schwartz et al. 1999) ont
montré en ajoutant ZnO à une partie du sol en pot (la moitié) que Thlaspi caerulescens
consacrait 70 % de sa biomasse racinaire et de sa longueur racinaire dans la partie contaminée
du sol tandis que l’espèce non-accumulatrice Thlaspi arvense tendait à restreindre la
croissance de ses racines. De même, les associations mycorrhiziennes permettent d’augmenter
la surface des racines qui explore le sol afin d’augmenter l’absorption des nutriments comme
P et Zn, en particulier sous des conditions limitantes. Dans les sols contaminés en métaux,
cependant, les associations mycorhiziennes et en particulier celles impliquant les
ectomycorhizes, entraînent souvent une diminution de l’accumulation des métaux dans les
parties aériennes des plantes et une augmentation de la tolérance de la plante vis-à-vis des
métaux (Khan et al. 2000). Cependant, la diminution ou au contraire l’augmentation du
transfert des éléments traces métalliques du sol vers la plante du fait de la présence de
mycorhizes dépend des espèces fongiques et des plantes accumulatrices impliquées, du stade
de développement des différents partenaires ainsi que de la disponibilité des éléments
(Deneux-Mustin et al. 2003).
L’activité microbienne peut également modifier la mobilité des éléments traces métalliques
par des effets directs de mobilisation ou d’immobilisation (adsorption, accumulation, etc…)
ou de façon indirecte par l’altération des phases porteuses, la minéralisation de la matière
organique ou en agissant sur les plantes. En fait, la mobilisation des éléments par les bactéries
a été attribuée à leur capacité à modifier les conditions physico-chimiques locales par
production de composés acides et/ou complexants qui peuvent maintenir les éléments ou
altérer les phases porteuses des éléments traces métalliques (Khan 2005). Cependant, mis à
part pour quelques éléments comme Cd, Ni ou Pb, peu d’études concernent l’influence des
micro-organismes sur le comportement et le devenir des éléments traces métalliques dans la
rhizosphère des plantes. De plus, les travaux concernant la mobilisation ou le transfert des
éléments de la rhizosphère à la plante ne font, en général, aucune distinction entre le rôle des
micro-organismes et celui des racines des plantes auxquelles ils sont associés.
En conséquence, l’hypothèse que l’hyperaccumulation des métaux par certaines espèces
végétales résulte de leur capacité à accéder et utiliser les métaux présents dans les fractions les
moins solubles du sol qui ne sont pas disponibles par les espèces non-accumulatrices semble
être peu probable. En revanche, il apparaît que les espèces hyperaccumulatrices soient
capables de développer leur système racinaire afin d’accéder à une plus grande quantité de
métaux dans le sol. Cette capacité semble contribuer à leur propriété d’accumulation.
Cependant, le facteur limitant de l’extraction des métaux par les plantes hyperaccumulatrices
va être l’aptitude du sol à renouveler le pool de métaux disponibles (présents en solution ou
facilement échangeables) étant donné la vitesse élevée d’absorption de ces plantes. C’est
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 51
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
d’ailleurs la principale raison pour laquelle le Pb qui est fortement retenu par les constituants
du sol, est relativement peu extrait par les plantes hyperaccumulatrices (McGrath et al. 2002).
Une fois en solution, les éléments traces métalliques sont transférés vers les racines de la
plante. Pour cela, il existe deux mécanismes majeurs : la diffusion et le flux de masse. La
diffusion résulte du prélèvement des éléments par les racines qui va induire un
appauvrissement de la solution du sol à l’interface sol-racine créant ainsi un gradient de
concentration. Le flux de masse est le transport d’éléments par le déplacement de la solution
du sol vers la surface des racines. Ce flux est lié à l’évapotranspiration de la plante. Une fois
absorbé, le métal peut être stocké dans les racines ou transféré vers les parties aériennes
(feuilles, tiges…).
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 52
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Teneur en métal initial Zinc Cadmium
(µg.g-1)
100 000 1625 11 606
20 000 325 2320
10 000 163 1160
2000 33 231
1500 24 174
1000 16 116
500 8.1 59
200 3.3 23
100 1.6 12
20 0.33 2.3
10 0.17 1.2
2 0.04 0.23
Tableau 1: nombre total de récoltes annuelles requises pour extraire la moitié de la quantité de
métaux présente dans le sol en utilisant l’espèce hyperaccumulatrice Thlaspi caerulescens
avec une biomasse de 5.2 t/ha et contenant 1.16 % de zinc et 0.16 % de cadmium en matière
sèche. Le sol est supposé avoir une densité de 1.3 et avoir une profondeur racinaire de 15 cm
d’après (Robinson et al. 1998).
Les auteurs en conclurent que la période d’extraction ne doit pas dépasser 10 ans car cette
technique deviendrait alors trop chère. Par conséquent, l’utilisation de plantes
hyperaccumulatrices pour décontaminer les sols devient intéressante pour des sols faiblement
à modérément contaminés en métaux, en particulier pour l’extraction de Cd pour lequel on
observe généralement des faibles niveaux de contamination.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 53
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
par la plante en maintenant un pH légèrement acide dans le sol en utilisant des fertilisants
contenant de l’ammonium ou d’autres acidifiants du sol.
Phytoremediation par des plantes implantées dans des zones humiques
La phytoremediation dans des zones humides est généralement réalisée par phytostabilisation
où les plantes sont utilisées pour immobiliser les métaux et les stocker dans les racines ou
dans les sols. A priori, les plantes des zones humides ne sont pas des hyperaccumulatrices.
(Ye et al, 1998) montrent que même si l’absorption des ETM par les plantes de type
Phragmites australis est largement déterminée par la quantité d’ETM présents dans la
solution du sol, elle dépend également de la quantité de racines produite. En effet, ces auteurs
montrent qu’en conditions anaérobies, Phragmites australis absorbe plus d’ETM qu’en
conditions aérobies car en conditions anaérobies, ces plantes développent plus de racines
adventives. Par ailleurs, les débris végétaux en cours de décomposition constituent des phases
adsorbantes qui contribuent à l’accumulation des ETM dans les premiers cm du sol (Weis et
Weis 2004).
Phragmites australis est une des espèces les plus largement distribuées sur terre et les plus
largement utilisées dans les zones humides qui servent à traiter les eaux usées. Ces plantes
accumulent plus de Zn, Pb, Cu et Cd dans les tissus du système racinaire que dans les
rhizomes et les parties aériennes (Peverly et al. 1995). L’accumulation des métaux dans les
racines pourrait être due à la présence de plaques d’oxydes de fer à la surface des racines qui
piègent les métaux, notamment Pb et Cu. Typha latifolia est une autre espèce végétale utilisée
dans la phytoremédiation des eaux contaminées en métaux. Comme P. australis, cette espèce
végétale accumule de grande quantité de métaux (Zn, Pb et Cd) dans ses racines (Ye et al.
1997).
(Cheng et al. 2002) ont testé pour dépolluer des eaux contaminées artificiellement en ETM
(0.009 mg/l pour Cd, 1.04 mg/l pour Cu, 0.0103 mg/l pour Pb et 4.25 mg/l pour Zn), des
unités de traitements constituées de deux petites parcelles d’une surface de 1 m2 chacune.
Dans la première parcelle a été implanté Cyperus alternifolius et dans la deuxième, Villarsia
exaltata. Le sol de ces unités de traitement est constitué de graviers et de sables. Durant les 5
mois de fonctionnement, en apportant 40 litres d’eau 6 fois par jour, les auteurs montrent que
les concentrations en ETM dans les eaux de drainage de la première parcelle sont inférieures
aux limites de détection. L’analyse des végétaux de cette parcelle montre que C. alternifolius
a extrait 32 % de Cu apportée par les eaux et 5.1, 6.6 et 14.6 % de Zn, Cd et Pb,
respectivement. La quantité restante a été adsorbée par le sol, en particulier dans les 5
premiers cm, excepté pour Pb qui est distribué uniformément dans le profil de sol jusqu’à 55
cm de profondeur.
Conclusion
D’après les études réalisées en laboratoire, en solution hydroponique ou en pot, les plantes
naturellement hyperaccumulatrices sont capables d’extraire une grande quantité de métaux.
Cependant sur le terrain, dans les sols contaminés, le rendement d’extraction est plus faible
car seule une fraction de métaux est sous forme disponible pour la plante. Par conséquent,
l’efficacité des plantes hyperaccumulatrices pour extraire les métaux du sol va dépendre de la
capacité du sol à renouveler le pool de métaux disponibles pour la plante. Ainsi, il semble que
l’utilisation de plantes hyperaccumulatrices est intéressante uniquement pour des métaux qui
sont majoritairement sous forme disponible dans la plupart des sols (en solution ou sous
forme échangeable) comme Zn, Cd et Ni. En revanche, pour des métaux tels que Pb et Cu qui
sont généralement fortement liés aux constituants, les rendements d’extraction obtenus sur le
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 54
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
terrain sont faibles. Par ailleurs, il ressort des différentes études que la phytoextraction en
utilisant des plantes hyperaccumulatrices est intéressante pour des sols faiblement ou
modérément contaminés pour lesquels la période de remédiation ne doit pas dépasser 10 ans.
Pour augmenter les rendements extraction, en particulier en ce qui concerne Pb, de nombreux
auteurs ont étudié la possibilité d’utiliser des plantes à forte biomasse telles que la moutarde
indienne, le maïs ou le tournesol en couplant avec l’application au sol de chelatants comme
l’EDTA pour augmenter le pool de métaux disponibles dans le sol. Cependant, cette méthode
présente des risques de transfert en profondeur des métaux complexés par l’EDTA du fait de
la persistance et de la grande solubilité de l’EDTA dans les sols.
L’utilisation de plantes adaptées aux zones humides pour décontaminer les eaux de
ruissellement pluviales car on obtient par cette méthode une élimination de près de 100 % des
métaux présents dans les eaux. Cependant, on observe également un enrichissement en
métaux du sol et des sédiments du fait de la décomposition des plantes. Ceci pose donc le
problème de leur devenir à long terme dans les sols.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 55
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
substitution en position ortho et qui sont fortement substitués en position méta et para,
semblent être les plus toxiques. Les PCBs ont été utilisés dans les encres d’imprimerie et dans
les peintures. Ils ont été très utilisés également comme isolants dans les transformateurs
électriques fluides en raison de leur stabilité thermique élevée. L’arrêt de leur production
industrielle est pratiquement effective depuis 1977. En France, un décret du 2 février 1987
interdit le rejet de PCB dans les sols et les eaux.
– Les chlorobenzènes (CBs) constituent une famille de 12 composés possédant un seul
noyau aromatique sur lequel 1 à 6 atomes d’hydrogène sont substitués par des atomes de
chlore. Ils ont un coefficient de partage octanol/eau élevé. Par conséquent, ils sont fortement
liés à la matière organique dans les sols. Ceci, couplé à une électronégativité élevée du fait de
la présence des atomes de chlore, font qu’ils sont extrêmement stables dans les sols. Les
dichlorobenzenes, 1,2,4-trichlorobenzène et l’hexachlorobenzène ont été classés comme
polluants prioritaire par l’union européenne.
– Les hydrocarbures aromatiques polycicliques (HAPs) deux ou plus de noyaux
benzéniques fusionnés. Ces composés deviennent généralement plus lipophiles, moins
solubles dans l’eau et moins volatiles lorsque le poids moléculaire augmente. Les HAPs sont
formés par la combustion incomplète (500 à 700°C) des matériaux organiques comme le
charbon, l’huile ou le gaz. Beaucoup de HAPs ont été inclus dans la liste des composés
polluants prioritaires de l’union européenne à cause de leur action cancérigène et/ou mutagène
connue ou suspectée comme le benzo(a)pyrene.
– Les composés organiques volatiles (COV) sont des composés présentant une pression
de vapeur très élevée. Ils sont présents dans les combustibles et dans les fumées, mais les
principales sources de pollution sont liées à des activités industrielles (dégraissage des pièces
métalliques, fabrication d’adhésifs…). Les hydrocarbures aliphatiques halogénés de faible
poids moléculaire, utilisés comme solvants, en particulier le 1,1,1-trichloroéthane, le
tétrachloroéthylène et le trichloroéthylène sont des polluants particulièrement répandus. Les
composés aromatiques volatils tels que le benzène, le toluène, les éthylbenzènes et les xylènes
(BTEX) sont des constituants caractéristiques des pollutions par des combustibles dérivés du
pétrole.
Le choix des micropolluants à étudier a été réalisé principalement en s’appuyant sur l’arrêté
du 30 juin 2005 relatif au programme national d’action contre la pollution des milieux
aquatiques par certaines substances dangereuses. Les composés retenus pour notre étude sont
ceux qui ont été quantifiés dans 10 % ou plus des stations analysées en 2002 en France et qui
présentent un danger pour les milieux aquatiques. Ces composés ont été reportés dans le
tableau 2 et leur norme de qualité dans les milieux aquatiques dans le tableau 3.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 56
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Nom de la substance Norme (µg/L) Limite de
de qualité détermination dans les
dans les eaux sols (mg/kg)**
Anthracène 0.1 0.01
2-4D 0.0001*
1,4-dichlorobenzène 20
dichlorprop 0.5*
ethylbenzène 20
linuron 0.5*
MCPA 42*
mecoprop 150*
naphtalène 2.4 0.04
3,4-benzopyrène 0.05 0.02
3,4-benzofluoranthène 0.05 0.03
PCB (comprend les PCT) 0.001 0.1
toluène 74
1,1,1-trichloroéthane 26
xylènes 10
bentazone 190
* valeurs provisoires
** d’après (Terytze et al. 1995)
Tableau 3 : Normes de qualité par substances dans les milieux aquatiques d’après l’arrêté du
20 avril 2005
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 57
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
insolubles et appartiennent à la fraction de micropolluants liés au sol (ou résidus liés). Par
exemple, (Richnow et al. 1998) ont montré qu’une partie des métabolites résultant de la
biodégradation de l’anthracène formaient des résidus liés avec la matière organique du sol et
que ces résidus liés étaient ensuite non disponibles à la dégradation par les microorganismes.
Réactions biologiques : Les microorganismes participent à la biodégradation en produisant
des enzymes qui vont modifier le micropolluant organique en composés plus simples. La
biodégradation peut se faire sous deux formes : la minéralisation et le cométabolisme. Dans le
cas d’une minéralisation, des microorganismes compétents utilisent le micropolluant
organique comme une source de carbone et d’énergie ce qui a pour résultat de dégrader
complètement le polluant organique en molécules minérales de type CO2, CO, H2O, NH3,
H2S, Cl-… Le cométabolisme requiert quant à lui, une seconde substance comme source de
carbone et d’énergie pour les microorganismes et le polluant-cible est transformé en même
temps. Si les produits de cométabolisme sont soumis à une nouvelle dégradation, ils peuvent
être minéralisés, sinon la dégradation est incomplète. Ceci peut avoir pour résultat la
formation et l’accumulation de métabolites dans le sol qui peuvent être plus toxiques que la
molécule initiale et qui requièrent donc la présence d’un consortium de microorganismes qui
utilisent la nouvelle substance comme source de nutriments.
Exemple de mécanismes de dégradation
D’après (Scheunert 1993), la déchloration des pesticides organochlorés c’est-à-dire le clivage
de la liaison C-Cl est une étape très importante de la dégradation de cette classe de pesticides.
La déchloration est réalisée soit par des mécanismes d’oxydation, de réduction ou
d’hydrolyse ; ou encore par conjugaison suivie de l’élimination de la molécule conjuguée ou
une partie de celle-ci. Dans tous les cas, la déchloration amorce la dégradation de nombreux
pesticides persistants par séparation du substituant le plus stable de la molécule. Cependant, la
dégradation des composés chlorés est quelquefois meilleure en conditions anaérobiques qu’en
conditions aérobiques. La raison est que la première étape de déchloration par réduction est
favorisée en conditions anaérobiques (Borja et al. 2005).
Conditions requises pour qu’il y ait dégradation biologique des micropolluants organiques
- Présence dans le sol des microorganismes dégradants : la présence et le nombre des
microorganismes dégradants dépend de la nature du substrat organique et de sa complexité.
– Accessibilité du substrat organique-microorganismes : La distribution spatiale des
matières organiques et des microorganismes étant hétérogène dans la matrice du sol, la vitesse
et l’étendue de l’utilisation des substrats par les microorganismes vont donc dépendre des
localisations respectives et des moyens de transfert dans le sol des différents acteurs de la
biodégradation, à savoir :
les seuls moyens pour les microorganismes de se déplacer sont la diffusion
lorsqu’ils sont dans la solution du sol (phénomène très lent), le transport par l’intermédiaire
de particules ou d’autres organismes et la colonisation (résultat de la croissance cellulaire).
les enzymes par diffusion
les substrats organiques
– Disponibilité du substrat carboné : La dégradation est inférieure lorsque les substrats
sont associés aux constituants du sol.
– Concentration en substrat organique : En général une faible concentration en
micropolluant organique peut être insuffisante pour la production d’enzymes ou pour soutenir
la croissance des microorganismes compétents. D’un autre côté, une concentration très élevée
peut rendre le composé toxique aux microorganismes (Borja et al. 2005).
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 58
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
– Conditions locales favorables : La biodégradation est également fonction des
conditions locales et notamment de la teneur en eau, en oxygène ou en nutriments. L’eau joue
un rôle sur la biomasse, l’activité et le turnover des microorganismes. Les microorganismes
ont généralement une croissance optimum à une valeur d’humidité donnée. (Han and New
1994) ont observé que lorsque l’humidité du sol est en-dessous de cette valeur optimum
(valeur optimum à la capacité au champ = - 0.1 Mpa), il y a une augmentation du temps de
latence de la croissance et de l’activité microbienne, une diminution de la vitesse de
croissance et de la taille des microorganismes. D’autre part, la présence d’oxygène dans le sol
est en partie conditionnée par le régime hydrique des sols puisque l’eau va contrôler sa
diffusion (mode essentiel de renouvellement de l’oxygène du sol). Ainsi, (Holman et al. 1999)
ont montré que durant l’infiltration des eaux de pluie dans les sols, l’activité des
microorganismes est stimulée du fait du transfert de l’oxygène vers les microorganismes par
l’infiltration de l’eau. Ceci a eu pour conséquence d’augmenter les vitesses de minéralisation
du naphtalène, du phénanthrène et de l’anthracène. La présence de nutriments est également
indispensable et la dégradation des substrats carbonés nécessite notamment de l’azote.
La majorité des bactéries sont adsorbées sur les particules du sol et notamment sur les argiles
ou les matières organiques. Très peu se trouvent dans la solution du sol. Ainsi, les bactéries et
les champignons sont fortement exposés aux conditions du milieu (aération, humidité, taille
des pores, pH, disponibilité des nutriments…) et leur survie et leur croissance sont largement
influencées par les variations de ces conditions. Or l’existence de conditions plus favorables
autour des bactéries adsorbées serait la principale raison pour laquelle les bactéries ont
tendance à s’adsorber sur les particules du sol. Par exemple, différentes études ont mis en
évidence l’importance de la CEC et du pouvoir tampon des argiles sur la dynamique des
populations microbiennes en maintenant le pH à une valeur favorable pour la croissance
microbienne.
Jusqu’à 40 % du carbone fixé durant la photosynthèse peut être libéré dans la rhizosphère
sous forme d’exudats racinaires organiques. Ces exudats peuvent alors servir de substrats
facilement disponibles pour les microorganismes du sol. Les racines des plantes peuvent
également fournir simplement des surfaces pour le développement de biofilms microbiens ou
elles peuvent altérer les conditions physico-chimiques du sol (potentiel redox, humidité ou
aération) pour favoriser la dégradation. (Yoshitomi and Shann 2001) ont montré que
l’addition d’exudats produits par les racines de maïs stimulait la minéralisation du pyrène
dans des sols nus. Cette augmentation dans la minéralisation du pyrène n’apparaît pas
cependant être le résultat d’une augmentation du nombre de microorganismes mais plutôt
d’un changement dans la structure et/ou la fonction de la communauté microbienne.
La teneur en matière organique du sol et sa nature telle que son degré d’humification peut
avoir différents effets la biodégradation des polluants organiques. Par exemple, (Benoit et al.
1999) ont montré que la minéralisation du 2,4-D augmentait lorsqu’ils apportaient de la
matière organique au sol. Ceci semble être lié au fait que la présence d’une quantité élevée de
matière organique stimule l’activité des microorganismes. Ils ont également observé que le
2,4-D se désorbait plus facilement à partir de sorbents polaires et acides comme les acides
humiques qu’à partir de sorbents à caractère plus aromatique ou hydrophobes comme la
lignine et la paille compostée. Ceci se traduisait par une plus grande dégradation du 2,4-D
dans le sol après adsorption sur des acides humiques. Cependant, (Bogan and Sullivan 2003)
ont montré aussi que l’extraction de la matière organique soluble du sol, en laissant l’humine
augmentait la vitesse et la quantité de pyrène et de phénanthrène adsorbés dans le sol.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 59
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Cinétiques de dégradation biologique
La cinétique de la biodégradation dépend du mode de dégradation (métabolisme ou
cométabolisme). Pour les produits dégradés par métabolisme, la dégradation n’est pas
immédiate après l’apport du micropolluant organique dans le sol et se caractérise par une
phase latence plus ou moins longue. Pour les produits dégradés par cométabolisme, cette
phase de latence est peu marquée voire inexistante. Cette phase de latence pourrait
correspondre au temps nécessaire à la croissance de microorganismes dégradants initialement
présents dans mais en trop faible quantité. La durée de cette phase de latence varie de
quelques jours à quelques semaines en fonction des sols, du nombre d’apports préalables des
micropolluants organiques avec une tendance à la baisse lorsque le nombre d’apports
augmente ainsi que de la concentration en micropolluants organiques.
Les polluants les plus persistants dans les sols sont les PCB avec une durée de demi-vie
(DT50) moyenne autour de 4 ans, les biphényls ayant jusqu’à 3 atomes de chlore se dégradant
relativement vite, tandis que ceux qui en ont 5 ou plus sont extrêmement persistants. Les DT50
des HAPs dans les sols peuvent aller de quelques mois jusqu’à plus de 5 ans. Les polluants
aliphatiques halogénés (COV et solvants organiques) présentent en général des DT50
inférieurs à 1 mois. Pour les pesticides, les DT50 vont de quelques jours jusqu’à quelques
mois pour les produits les plus persistants.
Conclusion
La dégradation des micropolluants organiques se fait principalement par voie biologique.
Pour des composés chlorés et en particulier ceux possédant plus de 3 atomes de chlore, la
dégradation est fortement limitée du fait que la déchloration par les microorganismes
demande beaucoup d’énergie. De même, les composés à haut poids moléculaire sont plus
difficilement dégradables.
Du fait de l’importance des microorganismes dans la dégradation des micropolluants
organiques, les conditions qui vont influencer leur croissance et leur activité vont être des
paramètres clé pour contrôler l’efficacité de la dégradation. En particulier, l’humidité et la
température font partie des paramètres abiotiques les plus importants contrôlant l’activité des
microorganismes ce qui pose la question de l’effet de l’alternance dessication/réhumectation
qui peuvent avoir lieu dans les bassins d’infiltration sur l’activité de ces microorganismes. De
même, la teneur et la nature de la matière organique du sol semblent être des paramètres
important à prendre en compte dans la dégradation des micropolluants organiques. En effet,
l’apport de matières organiques humifiées semble stimuler l’activité des microorganismes.
Programme d’avancement
Le prochain rapport d’avancement (20 septembre) aura pour objet les processus de
rétention/mobilisation des micropolluants organiques dans les sols et la phytoremédiation des
sols contaminés par les micropolluants organiques.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 60
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
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Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 62
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Rapport d’avancement n°3 (21/09/05)
Processus de rétention et mobilisation des micropolluants organiques dans les sols -
Processus d’accumulation, de transformation et de dégradation des micropolluants
organiques par les plantes
I.1. Mécanismes des interactions entre les micropolluants organiques et les constituants du
sol.
Une des premières théories qui s’est développée repose sur le principe que le comportement
des micropolluants organiques non-ioniques dans les sols peut être défini par un coefficient de
partage entre une phase aqueuse hydrophile et une phase organique hydrophobe. Ainsi, pour
prévoir le comportement de ces substances, certains auteurs utilisent leurs propriétés
moléculaires telles que la solubilité dans l’eau et le coefficient de partage octanol/eau. Cette
théorie s’appuie sur le fait que parmi les caractéristiques du sol, la teneur en matière
organique est le paramètre le mieux corrélé avec les coefficients d’adsorption (Kd) du
micropolluant (Calvet et al. 1980; Gerritse et al. 1996; Cheah U.-B. 1997). Ce type de relation
justifie alors la normalisation des coefficients d’adsorption d’une même molécule sur des sols
ayant des teneurs en matière organique différentes.
Néanmoins, de nombreuses études montrent que la sorption des micropolluants organiques
par la matrice du sol n’est pas linéaire en fonction de la concentration en micropolluants
adsorbés mais qu’elle correspond plutôt à un processus biphasique, avec une phase initiale
d’adsorption très rapide, suivie d’une phase de sorption beaucoup plus lente (Mamy and
Barriuso 2005). Ces observations suggèrent donc que le comportement des micropolluants
organiques ne peut pas dans certains cas être expliqué par une simple relation de partage du
micropolluant entre une phase aqueuse et une phase organique hydrophobe.
Ce processus d’adsorption à long terme est attribué à des phénomènes de diffusion des
micropolluants. En effet, pour atteindre tous les sites d’adsorption, les contaminants doivent
passer des eaux gravitaires (mobiles) au film liquide peu mobile situé à la surface des
particules du sol (diffusion à l’intérieur du film), puis dans la microporosité des particules du
sol (diffusion intraparticulaire) et dans les phases solides perméables telles que la matière
organique du sol (diffusion intramatricielle). Certaines études montrent que les phénomènes
de diffusion à l’intérieur des phases organiques et dans les microposités des particules du sol
sont probablement les deux mécanismes qui contrôlent la phase lente de sorption de certains
micropolluants organiques dans les sols (Pignatello and Xing 1996). En particulier, (Brusseau
et al. 1991) ont montré que la diffusion à l’intérieur de la matière organique du sol était
principalement responsable de la sorption de nombreuses molécules organiques hydrophobes
telles que le benzène, le toluène, l’anthracène, le naphtalène ou encore le chlorobenzène dans
les sols sableux. Ces phénomènes de diffusion et notamment à l’intérieur de la matière
organique du sol peuvent contribuer à la formation de résidus liés non extractibles dont la
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 63
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
quantité augmente avec le temps de rétention (Celis et al. 2005). La phase lente de sorption
des micropolluants organiques peut être également due à la formation entre ces
micropolluants et la matière organique de liaisons covalentes (chimisorption) en couplant une
première étape d’oxydation, catalysée par des enzymes ou les surfaces minérales et ensuite,
une phase d’incorporation dans les polymères humiques (Luthy et al. 1997; Benoit et al.
1999). Cependant, la formation de liaisons covalentes avec la matière organique du sol ne
semble pas être la réaction contrôlant la sorption et la persistence des micropolluants dans les
sols (Beck et al. 1996). Cependant, pour des substances organiques qui ont tendance à ioniser
ou qui contiennent des groupes fonctionnels polaires, la chimisorption peut être un processus
important.
I.2. Facteurs contrôlant le transfert des micropolluants organiques dans les sols
I.2.1. Impact de l’écoulement de l’eau dans les sols sur le transport des micropolluants
L’importance avec laquelle les micropolluants organiques vont migrer en profondeur dans les
sols dépend non seulement des processus de rétention mais également des variations des flux
d’eau dans les sols. Ces variations sont liés d’une part à la structure physique du sol (texture,
variabilité spatiale, état hydrique). Par exemple, (Lennartz 1999) a montré que pour des sols
dont la teneur en carbone organique est comprise entre 0.16 et 2.24 %, les propriétés
physiques du sol contrôlant l’écoulement de l’eau, comme la texture avaient plus d’influence
sur la mobilité de l’isoproturon et le tertbuthylazine, que la teneur en matière organique du
sol. Lorsque la texture du sol est fine, la vitesse d’écoulement de l’eau est faible et le temps de
résidence des micropolluants organiques augmente ce qui favorise leur dégradation (Weigand
et al. 2002; Celis et al. 2005). En revanche, (Weigand et al. 2002) ont montré que lorsque la
vitesse d’écoulement de l’eau est élevée, la dégradation de l’anthracène est incomplète,
conduisant à la formation de composés très mobiles tels que l’acide 3-hydroxyl-2-naphatoïc et
le 9,10-anthraquinone.
Par ailleurs, la libération et le transport de particules colloïdales dans la solution du sol par
l’écoulement de l’eau peut constituer une voie de transfert des micropolluants organiques. Le
transport colloïdal est favorisé lorsqu’il existe dans les sols des chemins d’écoulement
préférentiels (macropores, fissures) créés par exemple par les vers de terre, les racines des
plantes ou encore des cycles de dessication/réhumectation. Ainsi, (Landry et al. 2004) ont
observé que la mobilité du diuron ainsi que celle de ses sous-produits de dégradation (DCPU
et DCPMU) est plus grande dans un sol calcaire végétalisé (18,8 % du diuron appliqué
retrouvé dans l’effluent en sortie de colonne) où la présence des écoulements préférentiels est
favorisée par la présence des racines. En revanche, dans les autres sols étudiés, le diuron a été
moins mobilisé, 3.2 % pour le rendosol riche en matière organique et 11.8 % pour le sol
calcaire non végétalisé. D’autre part, dans les sols à texture fine, même si leur perméabilité est
faible, la formation de fissures lors de l’assèchement des sols peut fournir des chemins
d’écoulements préférentiels pour les micropolluants ainsi que favoriser leur transfert sous
forme colloïdale par entraînement des particules détachées des parois des fissures par le flux
d’eau. Ainsi, (Graham et al. 1992) ont observé la présence d’herbicides (2,4-D, trifluarin,
atrazine) sur les parois de fissures formées dans des sols argileux. Ces résultats montrent que
la présence de fissures dans les sols favorise le transfert en profondeur des herbicides. De
plus, ce transfert en profondeur était beaucoup plus important dans des sols cultivés du fait
des pratiques agricoles (labour, irrigation).
Les caractéristiques des pluies (intensité, durée, saison) auront également un impact sur les
vitesses d’écoulement de l’eau dans les sols et donc sur les processus
d’adsorption/mobilisation des micropolluants. Par exemple, en hiver où le volume de
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 64
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
précipitations excède l’évapotranspiration, le lessivage des micropolluants risque de
prédominer tandis qu’en été, où l’évapotranspiration est plus importante que les précipitations
et où les températures sont élevées, leur dégradation sera favorisée (Beck et al. 1993).
Cependant, (Neurath et al. 2004) montrent que la présence de l’atrazine dans l’effluent en
sortie de la colonne de sol (longueur : 10 cm) dépendrait du laps de temps s’écoulant entre
l’application du pesticide sur le sol et la pluie plutôt que de l’intensité de l’événement
pluvieux. Toutefois, ils observent également que la distribution du pesticide dans la colonne
de sol dépend de la vitesse d’écoulement de l’eau et du temps de résidence. Ainsi, pour des
vitesses d’écoulement élevées, l’atrazine est transféré vers le bas de la colonne tandis qu’il est
plus fortement retenu en haut de la colonne de sol lorsque le temps de résidence entre
l’application du pesticide et l’infiltration de l’eau augmente.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 65
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
1-10 % de la quantité d’acénaphtène et de phénanthrène appliquée en entrée de colonne tandis
que pour le pyrène et les autres HAP de poids moléculaire plus élevé, la quantité dans
l’effluent ne dépassait pas 0.02 % de la quantité appliquée en entrée de colonne. Cette faible
mobilisation est due principalement à leur forte affinité pour la matière organique du sol.
I.4. Conclusion
D’une manière générale, pour les micropolluants très hydrophobes tels que les HAP de haut
poids moléculaire, les PCB, certains pesticides, les réactions de sorption et de désorption sont
contrôlées par la matière organique. Ainsi, dans les sols ayant une teneur non négligeable en
matière organique, ces micropolluants seront immobilisés dans le sol. Cependant, en présence
de matière organique dissoute dans la solution du sol, il peut y avoir un risque de mobilisation
en solution des micropolluants. Par ailleurs, les propriétés physiques du sol telles que la
texture, la présence ou non de chemins d’écoulement préférentiels qui contrôlent la vitesse
d’écoulement de l’eau dans les sols peuvent également influencer le comportement des
micropolluants dans les sols. Lorsque la vitesse d’écoulement de l’eau est faible comme dans
les sols à texture fine, le temps de résidence des micropolluants est plus long ce qui favorise la
dégradation des micropolluants mais également les phénomènes de diffusion des
micropolluants dans la matière organique ou dans les microporosités des particules du sol. En
revanche, en régime dynamique, dans les sols de texture sableuse par exemple, ou à travers
les chemins d’écoulement préférentiel, le transfert des micropolluants en profondeur est
favorisé car les réactions avec les constituants n’ont pas le temps de s’établir ou du fait de la
libération et du transport sous forme colloïdale des micropolluants dans la solution du sol. Par
conséquent, la présence de matière organique dans les sols que ce soit sous forme dissoute ou
associée aux constituants du sol ainsi que les propriétés hydrauliques du sol sont des
paramètres qui ont un rôle important dans les processus de rétention/mobilisation des
micropolluants organiques dans les sols.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 66
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
tétrachloroethène a fait l’objet de nombreuses études tandis les études concernant la
dégradation par les plantes des PCBs, HAPs et pesticides sont beaucoup plus rares.
On distingue en fonction des processus impliqués deux approches dans le cadre de la
phytoremédiation des sols contaminés par des micropolluants organiques : la
phytodécontamination et la phytostabilisation (Cunningham et al. 1996). La
phytodécontamination permet de réduire la teneur en contaminants du sol à un niveau
acceptable via l’action des plantes, de leur microflore associée et/ou des techniques
agronomiques. Les techniques conduisant à la décontamination des sols sont la
phytoextraction, la phytovolatilisation, la phytodégradation et la rhizodégradation. La
phytostabilisation, quant à elle, conduit par différents processus à la stabilisation et/ou la
séquestration des contaminants. Ces processus sont (i) la rétention par le sol des
micropolluants du fait d’une augmentation de la teneur en matière organique du sol,
conséquence de la présence des plantes, (ii) la lignification qui est une séquestration des
contaminants par les lignines présentes dans les parois des cellules racinaires et (iii)
l’humification qui correspond à l’association des contaminants avec l’humus du sol par les
enzymes produites par les plantes et les microorganismes. Dans cette partie portant sur les
techniques de phytoremédiation des sols contaminés par des micropolluants organiques, seuls
les techniques de phytodécontamination seront discutées. En revanche, les processus
impliqués dans la phytostabilisation sont les mêmes que ceux discutés dans la première partie
du rapport d’avancement concernant les processus de rétention/mobilisation des
micropolluants organiques dans les sols.
II.1.2. Phytovolatilisation
La phytovolatilisation est une autre forme de phytotransformation, dans laquelle les
micropolluants organiques ou leurs sous-produits de dégradation sont libérés dans
l’atmosphère par la transpiration de la plante. Certains de ces micropolluants qui sont
récalcitrant dans le sol réagissent rapidement avec les radicaux hydroxylés présents dans
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 67
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
l’atmosphère, formés lors du cycle photochimique. Cependant, peu de contaminants sont
suffisamment solubles dans l’eau, non toxiques pour les plantes et assez volatiles pour être
volatilisés dans l’atmosphère par évapotranspiration. Ce processus a été observé pour des
contaminants comme les PCBs.
II.1.3. Rhizodégradation
La dégradation des micropolluants organiques est réalisée par des processus abiotiques et
biotiques comprenant l’oxydation chimique, la bioaccumulation et la transformation
microbienne. D’après plusieurs études, l’activité microbienne est principalement responsable
de la dégradation des micropolluants organiques dans les sols. Par exemple, dans les zones
humides aménagées, la transformation et la minéralisation des nutriments et des
micropolluants organiques sont principalement réalisées par les microorganismes et non par
les plantes (Stottmeister et al. 2003)
De récentes études, ont montré que l’activité microbienne peut être stimulée dans la
rhizosphère des plantes par la présence de substrats biodégradables secrétés par les racines des
plantes. Beaucoup de molécules libérées par les plantes ressemblent chimiquement aux
contaminants et peuvent être utilisées comme co-substrats. Par exemple, (Fletcher and Hedge
1995) ont montré que les substances phénoliques libérées par les plantes stimulaient la
croissance des bactéries dégradant les PCB. Ces substances phénoliques pouvaient être
sécrétées en grande quantité par les racines de mûrier et en particulier lors de la nécrose des
racines à la fin du cycle de croissance de la plante (Hedge and Fletcher 1996). De même,
(Corgié et al. 2003) montrent que la biodégradation du phénanthrène est favorisée dans la
rhizosphère du reygras (Lolium perenne). En effet, les exudats racinaires de ces plantes sont
utilisés par des microorganismes hétérotrophes comme source de carbone et d’énergie pour
dégrader le phénanthrène. (Singer et al. 2003) observent au bout de 9 semaines une disparition
de 61 % des PCB dans des sols sur lesquels ont été plantés Brassica nigra tandis que seuls 43
% des PCB ont été éliminés dans les sols nus. Les auteurs montrent que cette augmentation de
la disparition des PCBs est due à un enrichissement du sol en microorganismes et à une
augmentation de la diffusion de l’oxygène dans le sol du fait de la présence de Brassica nigra.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 68
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
présents, les micropolluants seront dégradés plus ou moins efficacement (Davis et al. 2002).
Cette spécificité pose le problème des sols contaminés par différents types de micropolluants.
Cependant, il existe peu d’études sur la capacité des plantes à dégrader plusieurs
micropolluants à la fois. La toxicité des micropolluants organiques vis-à-vis des plantes ou
des microorganismes associés peut également affecter l’efficacité de la phytoremédiation. Par
exemple, les herbicides sont par définition toxiques pour les plantes, même à faible
concentration.
II.3. Conclusion
Par rapport au nombre d’études concernant la phytoremédiation des sols contaminés par les
métaux lourds, celles qui se sont intéressées à l’utilisation des plantes pour l’accumulation, la
volatilisation ou la dégradation des micropolluants organiques sont relativement peu
nombreuses. Il ressort des différentes études que pour les composés relativement peu solubles
et peu volatils comme les HAPs et les PCBs, l’action des plantes se fera principalement par la
stimulation de l’activité des microorganismes dans la rhizosphère. Par conséquent, un des
facteurs qui peut être limitant pour cette stimulation concernera la quantité d’exudats
racinaires produits dans la rhizosphère nécessaire à la dégradation des micropolluants. D’autre
part, les conditions du milieu telles que les cycles de mise en eau/assèchement qui existent
dans les bassins d’infiltration vont constituer un critère important dans le choix des espèces
végétales à utiliser dans le cadre d’une décontamination du milieu. Cependant, peu d’études
ont été réalisées pour déterminer quelles plantes seront adaptées pour un type de milieu et/ou
pour dégrader un contaminant en particulier (par les plantes elles-mêmes ou par les
microorganismes associés). A quelques exceptions près, il semble que la plupart des études
prennent simplement certaines plantes et les appliquent à différentes situations en espérant
obtenir des effets bénéfiques pour la dégradation des micropolluants. Par conséquent, des
études supplémentaires de longue durée, sur site, sont nécessaires pour évaluer l’efficacité des
plantes dans la remédiation des milieux contaminés. Néanmoins, il ressort de la plupart des
études que la végétation a un effet positif par la stimulation de la dégradation des
micropolluants mais également par la stabilisation de ces micropolluants dans les sols en
limitant par exemple le transfert de l’eau en profondeur et donc le transfert des
micropolluants.
Programme d’avancement
Le prochain rapport d’avancement (20 octobre) aura pour objet les recherches
bibliographiques portant sur les conséquences des multipollutions sur le devenir des
micropolluants minéraux et organiques dans les sols. Il portera également sur l’élaboration
d’une grille d’évaluation des risques de transfert des micropolluants dans les sols en fonction
des propriétés physico-chimiques des sols et des propriétés des micropolluants.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 69
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Bibliographie
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 70
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
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– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 72
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Rapport d’avancement n°4 (21/10/05)
Impacts des pollutions multiples sur le comportement des micropolluants dans les sols
I. Impact des pollutions multiples sur le comportement des micropolluants dans les sols
Les sols sont rarement contaminés par une seule substance. En particulier, dans les eaux de
ruissellement urbaines, différents types de micropolluants sont présents, aussi bien minéraux
(Zn, Cd, Cu, Pb, Cr…) qu’organiques (HAP, PCB, pesticides…). Leur présence simultanée
dans les sols après infiltration des eaux de ruissellement pose la question de la nature des
interactions entre ces micropolluants et des impacts sur leur devenir dans les sols.
I.1. Effet des pollutions multiples sur l’activité microbienne dans les sols
La présence de pollutions multiples dans un sol peut avoir des impacts négatifs sur l’activité
microbienne. En particulier, la présence de métaux dans le sol peut être à l’origine d’une
diminution de l’activité enzymatique des bactéries. Celle-ci peut alors entraîner une réduction
de la dégradation des micropolluants organiques. Cette faible activité enzymatique dans les
sols contaminés par les métaux peut être due à une faible production d’enzymes par les
bactéries ou à une inhibition de l’activité enzymatique par les métaux par masquage des
groupes actifs, par dénaturation des protéines enzymatiques ou encore par encore changement
de la conformation des enzymes. Néanmoins, plusieurs études ont montré que la diminution
de la synthèse des enzymes liée à la réduction de la croissance des bactéries était le principal
responsable de la faible activité enzymatique des sols contaminés en métaux lourds (Baath
1989). Toutefois, des phénomènes de tolérance et d’adaptation des microorganismes aux
métaux lourds ont été fréquemment observés. Par exemple, (Sokhn et al. 2001) suggère que la
dégradation du phénanthrène qui a lieu pour des teneurs élevées en Cu (700 et 7000 ppm)
dans le sol, indique la présence de bactéries résistantes et/ou tolérantes au cuivre. Cependant,
cette même étude montre également que malgré la présence de bactéries résistantes au cuivre,
la dégradation du phénanthrène dans ces sols fortement contaminés donne lieu à une
minéralisation incomplète du phénanthrène et à une accumulation de métabolites
potentiellement toxiques dans les sols.
D’une manière générale, la toxicité des métaux vis-à-vis des microorganismes diminue selon
l’ordre suivant : Cd > Cu > Ni > Zn > Pb. Il a été montré que dans la litière d’un sol sous
forêt, les processus microbiologiques les plus sensibles comme par exemple les processus
impliqués dans la transformation de l’azote, peuvent être affectés à des niveaux de pollution
qui sont inférieurs aux valeurs limites en métaux dans le sol fixées par l’Union européenne
(Dahlin et al. 1997). En revanche, (Chander et al. 1995) n’ont observé aucune diminution de
la biomasse microbienne pour des teneurs en métaux dans le sol égales aux valeurs limites
fixées par l’UE. D’autre part, les résultats obtenus par (Dahlin et al. 1997) sur les effets de
l’application au sol de boues de stations d’épuration contenant des métaux sur l’activité des
microorganismes, ont montré qu’il n’existait pas de seuil distinct au-delà duquel on observait
une toxicité des métaux mais plutôt un effet progressif. Par conséquent, la fixation d’un seuil
de toxicité pour les sols est loin d’être simple. Ceci est dû principalement à l’influence de
nombreux facteurs abiotiques tels que le pH, la nature des constituants du sol…. qui vont
contrôler la spéciation du métal dans le sol et donc la toxicité de ce métal vis-à-vis des
microorganismes. Par exemple, dans le cas du glyphosate, la teneur en métaux dans le sol n’a
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 73
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
pas d’impact sur la vitesse de dégradation de cet herbicide, du fait probablement du
comportement complexant de ce composé vis-à-vis des métaux (Kools et al. 2005).
I.2. Effet des pollutions multiples sur les processus de rétention/mobilisation des
micropolluants dans les sols
L’effet de la présence simultanée de différents micropolluants sur leur devenir dans les sols a
été surtout étudié avec le glyphosate en présence de différents métaux car le glyphosate a trois
types de groupes fonctionnels (amine, carboxylate et phosphonate) qui peuvent former des
liaisons de coordination très stables avec les ions métalliques pour donner des complexes
bidentés et tridentés. (Zhou et al. 2004) montrent que la présence de glyphosate dans deux
sols aux caractéristiques contrastées entraîne une diminution de la quantité de Cd adsorbée
par ces deux sols. Cette diminution a été également observée par (Yu and Zhou 2003) en ce
qui concerne la quantité adsorbée de Cu par différents sols en présence de l’herbicide
methamidophos. En revanche, la quantité de Cu adsorbée par des complexes naturels métal-
acides fulviques augmente en présence de glyphosate mais ceci est dû à la libération des sites
d’adsorption des acides fulviques par la formation de complexes stables Fe- ou Al-glyphosate
(Maqueda et al. 1998).
Par ailleurs, la présence de métaux semble favoriser l’adsorption du glyphosate par les
constituants des sols (Morillo et al. 2000; Maqueda et al. 2002). Ceci peut être lié à la
formation de complexes très stables métal-glyphosate qui semblent avoir une plus grande
capacité à être adsorbés que les molécules de glyphosate seules, ou encore à la formation d’un
pont métallique entre les sites de surface des constituants du sol et les groupes fonctionnels de
la molécule de glyphosate. De même, (Saison et al. 2004) montrent que l’adsorption du
phénanthrène par différents sols est favorisée en présence de tous les métaux testés (Cd, Cu,
Pb et Zn).
I.3. Conclusion
Il existe très peu d’études qui se sont intéressées aux impacts des pollutions multiples sur le
comportement des micropolluants dans les sols. Par conséquent, étant donné le faible nombre
de micropolluants (surtout glyphosate, phénanthrène et métaux) et de sols étudiés, il est très
difficile à l’heure actuelle de généraliser les phénomènes observés à d’autres sites et d’autres
micropolluants et d’évaluer leur importance. Cependant, en présence de certains métaux
comme Cd et Cu, on observe une diminution de l’activité microbienne qui peut avoir des
répercussions sur la dégradation des micropolluants organiques. Toutefois, la définition d’un
seuil de toxicité pour ces métaux semble difficile à réaliser étant donné la multiplicité des
facteurs autres que biologiques entrant en jeu. Par ailleurs, la présence simultanée de
micropolluants aux propriétés différentes dans les sols peut avoir un impact sur leur devenir
en augmentant ou en diminuant la quantité adsorbée par les constituants du sol en fonction du
micropolluant impliqué.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 74
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
par temps de pluie, les techniques d’infiltration apparaissent de plus en plus comme des
techniques alternatives au tout au réseau. Cependant, de nombreuses questions se posent
concernant le devenir des polluants dans ces systèmes et leurs impacts potentiels sur la qualité
des eaux de nappe car même si le comportement hydraulique des sols après infiltration
répétée des eaux de ruissellement a été bien étudié, leur comportement vis-à-vis des
micropolluants, notamment à long terme reste encore à élucider.
Par conséquent, l’objectif général de cette étude consiste à hiérarchiser les paramètres
physiques, chimiques et biologiques qui vont favoriser ou limiter la rétention et/ou la
dégradation des micropolluants dans les sols sous-jacents les bassins d’infiltration. La
première partie de cette étude a permis après analyse de la bibliographie concernant les
transferts sol-eau-plante des micropolluants minéraux et organiques, de dégager les
paramètres physico-chimiques du sol ayant une grande influence sur le devenir des
micropolluants dans les sols ainsi que d’identifier les plantes pouvant avoir un rôle épuratoire
des sols. La deuxième partie de cette étude a pour but de rechercher les paramètres autres que
les paramètres physico-chimiques du sol pouvant avoir un impact sur le comportement des
micropolluants dans les sols sous-jacents les dispositifs d’infiltration tels que les
caractéristiques physico-chimiques des eaux de ruissellement et le fonctionnement hydrique
des sols.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 75
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
des eaux de ruissellement d’un événement pluvieux à un autre et d’un site à l’autre,
l’estimation de grandeurs moyennes (avec un minimum et un maximum) ne pourra se faire
qu’à partir de suivis sur un nombre important d’évènements pluvieux de la qualité des eaux de
ruissellement. De plus, on s’intéressera essentiellement aux études françaises étant donné la
spécificité des eaux de ruissellement d’origine pluviale en fonction des pays.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 76
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
micropolluants. Dans ce cas, on s’attachera donc à identifier les espèces végétales capables de
se développer dans les bassins d’infiltration et qui ont des capacités épuratoires. Pour cela, on
s’aidera des recherches bibliographiques réalisées dans la première partie de l’étude sur les
plantes suceptibles d’extraire, dégrader ou stabiliser les micropolluants et sur des retours
d’expérience de systèmes d’infiltration végétalisés existants. Par ailleurs, l’apport au fond du
bassin d’une couche de matériaux type sable, matières organiques (compost, tourbe…) ou
autres, permettrait de confiner les micropolluants dans cette couche et pourrait donc faciliter
l’entretien du bassin en limitant le volume de « sol » contaminé à excaver.
Programme d’avancement
Le prochain rapport d’avancement (20 Novembre) aura pour objet les recherches
bibliographiques portant sur les caractéristiques des eaux de ruissellement en fonction de leur
origine et leur impact sur les sols sous-jacents les bassins d’infiltration.
Bibliographie
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– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 78
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Rapport d’avancement n°5 (25/11/05)
Caractéristiques des eaux de ruissellement pouvant avoir un impact sur le
comportement des micropolluants dans les sols.
I. Introduction
Le choix des techniques d’infiltration pour la gestion des eaux de ruissellement d’origine
pluviale va dépendre en partie de la nature et de la quantité de substances polluantes présentes
dans ces eaux. Les caractéristiques physico-chimiques des eaux de ruissellement sont très
variables. Bien que les causes de cette variabilité ne soient pas encore complètement
comprises, l'importance de la typologie du bassin versant (occupation du sol, morphologie…)
et de l’événement pluvieux lui-même (intensité, durée de temps sec) a été démontrée. Or, le
devenir des micropolluants dans les sols après infiltration dépendra de quantité de
contaminants infiltrés et de la spéciation des micropolluants dans les eaux de ruissellement.
Dans ce contexte, l’objectif de cette partie de l’étude est i) de connaître les ordres de
grandeurs des différentes caractéristiques physico-chimiques des eaux de ruissellement en
fonction de leur origine et leur amplitude de variations, ii) d’étudier les modèles prédictifs de
la charge en micropolluants et iii) de préciser la spéciation des micropolluants dans les eaux
de ruissellement.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 79
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
(Quek and Förster 1993) et (Gromaire et al 2001) avec celles d’autres études. Par ailleurs, les
données reportées dans le tableau 1 montrent que les chaussées avec enrobés drainants
permettent de réduire de 90 % en moyenne la concentration en MES des eaux de
ruissellement de chaussées (Pagotto 1999). La DCO est très variable en fonction de l’origine
des eaux de ruissellement. Elle peut être très élevée dans les eaux de chaussées et est
généralement plus faible dans les eaux de ruissellement provenant de zones résidentielles. Les
concentrations en cations majeurs qui peuvent entraîner le passage en solution des métaux par
échange d’ions sont très variables en fonction de l’origine des eaux de ruissellement. C’est le
cas également des ions chlorures qui peuvent mobiliser les métaux par complexation. Dans les
eaux de toitures, les concentrations sont très faibles et varient peu, alors que les
concentrations dans les eaux de chaussées subissent de grandes variations et peuvent être très
élevées. L’utilisation de sels de déverglaçage en hiver peut expliquer ces fortes variations qui
pourraient conduire à une mobilisation massive de micropolluants.
Les concentrations en métaux dans les eaux de toitures sont très élevées et extrêmement
variables d’une toiture à l’autre. Par son caractère acide, la pluie solubilise les matériaux
constitutifs des toitures. Ainsi, les concentrations en métaux dans les eaux de ruissellement de
toiture semblent essentiellement reliées aux matériaux constitutifs du toit (y compris des
matériaux minoritaires au sein de la couverture) et de la descente de gouttière. (Gromaire et
al. 2001) ont montré que dans le bassin versant du Marais, environ 40 ha au centre de Paris,
jusqu’à 80 % de Cd, Zn et Pb présents dans les eaux de ruissellement provient des toitures.
Pour ce même bassin versant, (Morales 2005) a constaté que quel que soit le matériau
principal de couverture (tuile, ardoise, tôle galvanisée, fibrociment), Zn, Cu et Pb sont
relargués dans les eaux de ruissellement car ces métaux sont également employés dans la
confection de pièces permettant le bon écoulement de l’eau ou assurant l’étanchéité de la
toiture.
Dans les eaux de ruissellement de chaussée ou provenant de petits bassins versants occupés
principalement par des zones résidentielles, les concentrations sont 5 à 10 fois plus faibles et
les médianes ou moyennes plus homogènes. Les concentrations en Ni et Cr sont rarement
mesurées et sont généralement faibles. Les concentrations en métaux dans les eaux de
ruissellement provenant de zones résidentielles sont les plus faibles. Dans les eaux de
ruissellement de chaussées, les principales sources de métaux sont l’usure des garnitures de
freins (Cu, Ni, Cr), l’échappement (Pb) et l’usure des pneumatiques (Zn, Cd). L’infrastructure
routière semble peu contribuer aux apports métalliques mis à part la corrosion des glissières
de sécurité pour Zn (Pagotto 1999). Depuis l’interdiction à partir du 1er janvier 2000 de la
commercialisation en France de l’essence plombée, on observe une forte diminution de la
concentration en Pb dans les eaux de ruissellement pluvial. L’utilisation d’enrobés drainants
sur les chaussées permet de réduire à plus de 50 % la concentration en métaux.
Les concentrations en micropolluants organiques et notamment en pesticides sont beaucoup
moins fréquemment analysées que les concentrations en métaux. Les données reportées dans
le tableau 3 montrent que les concentrations en hydrocarbures et en HAP sont souvent très
faibles et inférieures aux valeurs limites impératives pour les eaux douces superficielles
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 80
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Référence Lieu mode d'occupation nbre d'évènements statistiques pH MES (mg/L) Conductivité (µS/cm) DCO (mg/L) BOD5 (mg/L)
Gromaire et al. (2001) France, Le Marais toitures 20 max médiane (1er -9ème dec) 17 (6-74) 27 (12-73) 4 (2-13)
Garnaud (1999) France, Le Marais toitures zinc 19 médiane 6,5
toitures ardoise 16 médiane 6,2
toitures tuiles 20 médiane 6,5
Quek et Förster (1993) Allemagne toitures zinc 2 moyenne 6,65 78,5
toitures tuiles 2 moyenne 5,05 46,5
Gromaire et al. (2001) France, Le Marais chaussées classiques 24 médiane (min-max) 97 (53-276) 135 (74-391) 31 (15-71)
Garnaud (1999) France, Le Marais chaussées classiques 13 max médianes 3 à 6 sites 6,6 - 7
Pagotto (1999) France, A11 chaussées classiques 49 max médiane (min-max) 7,4 (6,3-7,9) 47 (16-267) 280 (60-17620) < 80 (< 30-507)
enrobés drainants 55 max médiane (min-max) 7,5 (6,7-8,1) 6,9 (2,0-63,1) 281 (89,6-21600) < 53 (< 30-471)
Legret France, A11 enrobés drainants une année médiane (min-max) 7 (6,4-7,6) 8,3 (6-35) 194 (68-893)
Grange et Rollin (1994) France, A10 chaussées classiques 10 moyenne (min-max) 60,6 (13-109,5) 64 (37,5-109) 5,8 (3-11)
enrobés drainants 10 moyenne (min-max) 57,4 (26-113) 59 (39-118) 7,8 (7-16)
Xanthopoulos et Hahn (1992) Allemagne chaussées classiques non renseigné moyenne 564 49
Ruban (2004) France, st Joseph résidentiel (88 ha) une année médiane (min-max) 7,15 (6,8-7,8) 67,5 (28-312) 144 (94-1589) 33 (8,53-74)
Colandini (1999) France, Rezé résidentiel (4.6 ha) 26 moyenne (min-max) 7,2 (6,2-8,1) 33,9 (5,0-86,1) < 28 (< 20-43)
a
Daligault et Meaudre (1998) France, Brunoy résidentiel (2,7 ha) 27 max moyenne (min-max) 7 (6,9-8,2) 158,3 (11-458) 99 (50-244) 68 (18-299) 10 (3-29)
b
France, Vigneux résidentiel (105 ha) 29 max moyenne (min-max) 7,5 (6,8-8) 199 (25-964) 189 (107-402) 121 (26-561) 17 (4-168)
Daligault et Ranchet (2001) France, Verneuil résidentiel classique (1,3 ha) 13 moyenne 77 46 6
résidentiel avec SR et
France, Verneuil enrobés drainants (1,97 ha) 13 moyenne 10 17 3
résidentiel avec SR et
France, Verneuil enrobés classiques (2,24 ha) 13 moyenne 19 23 3
a) 55% d'équipements scolaires et sportifs - 36% d'habitat collectif b) 76 % d'habitat individuel et collectif - 11 % de zones industrielles et commerciales
Référence Lieu mode d'occupation nbre d'évènements statistiques Ca2+ (mg/L) Mg2+ (mg/L) Na+ (mg/L) Cl- (mg/L)
Gromaire et al. (2001) France, Le Marais toitures 20 max médiane (1er -9ème dec)
Garnaud (1999) France, Le Marais toitures zinc 19 médiane 4,2 0,5 1,15 1,35
toitures ardoise 16 médiane 5,72 0,5 2 1,7
toitures tuiles 20 médiane 7,33 0,38 0,99 1,14
Quek et Förster (1993) Allemagne toitures zinc 2 moyenne 4,56
toitures tuiles 2 moyenne 6,7
Gromaire et al. (2001) France, Le Marais chaussées classiques 24 max médiane (min-max) 560 (327-1661) 0.5 (0.2-1.0) 138 (98-268) 63 (37-103)
Pagotto (1999) France, A11 chaussées classiques 49 médiane (min-max) 254 (104-1544) 0.74 (0.21-4.20) 43 (14-188) 33 (11-145)
enrobés drainants 55 médiane (min-max) 98 (42-1096) 0.21 (0.04-2.40) 8.6 (2.02-60.8) < 17.5 (< 2.0-150.1)
Legret (2000) France, A11 enrobés drainants une année médiane (min-max) 194 (131-614) 0.11 (0.04-0.42) 10.45 (4.8-19.6) 16.15 (6.9-46) < 0.615 (< 0.5-1.2)
Grange et Rollin (1994) France, A10 chaussées classiques 10 moyenne (min-max) 189 (120-430) <0,1 (<0,1-<0,1) <1,8 (<1-6,1) 15,6 (5,4-53,4)
enrobés drainants 10 moyenne (min-max) 63 (30-170) <0,1 (<0,1-0,21) <1,1 (<1-2) 6 (4-12,3)
Xanthopoulos et Hahn (1992) Allemagne chaussées classiques non renseigné moyenne 603 6,4 311 108
Ruban (2004) France, St Joseph résidentiel (88 ha) une année médiane (min-max) 167 (90-489) 0.2 (0.1-2.1) 10.5 (5.3-86.7) 14.25 (4.7-112.7) 2.75 (0.7-14.1) 4.5 (2.8-19.6)
Colandini (1999) France, Rezé résidentiel (4.6 ha) 26 moyenne (min-max) 158 (110-229) 1.3 (0.3-3.2) 19.8 (6.0-63.1) 9.6 (4.5-44.1)
a
Daligault et Meaudre (1998) France, Brunoy périurbain mixte (2,7 ha) 27 max moyenne (min-max) 607 (210-2900) 0,9 (0,43-1,15) 52 (2-210) 23 (7-59) (0,8-3,5) (1,9-3,9)
b
France, Vigneux périurbain mixte (105 ha) 29 max moyenne (min-max) 145,7 (30-640) 0,96 (0,12-3,24) 69 (4-404) 24 (6-52) 2,23 (1,54-8,70)
Daligault et Ranchet (2001) France, Verneuil résidentiel classique (1,3 ha) 13 moyenne 60 26
résidentiel avec SR et
France, Verneuil enrobés drainants (1,97 ha) 13 moyenne 29 5
résidentiel avec SR et
France, Verneuil enrobés classiques (2,24 ha) 13 moyenne 24 5
Lara-Cazenave (1994) France, région Bordelaise résidentiel (170 ha) 7 moyenne (min-max) 71 (41-97) 0.65 (0.24-1.12) 4.4 (3.2-6.2) 8.8 (4.2-15.1)
a) 55% d'équipements scolaires et sportifs - 36% d'habitat collectif b) 76 % d'habitat individuel et collectif - 11 % de zones industrielles et commerciales
Tableau 2 : Concentrations totales en métaux dans des eaux de ruissellement pluviales de différentes origines
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines – Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine 82
Normandie.
Référence Lieu mode d'occupation nbre d'évènements statistiques Hc (mg/L) HAP (µg/L) diuron (µg/L) glyphosate (µg/L) AMPA (µg/L) Aminotriazole (µg/L)
Ollivon et al (2002) France, Paris retombées atmosphériques une année moyenne (min-max) 0,356 (0,05 - 0,99)
Gasperi (2006) France, Le Marais toitures 8 médiane (1er-9ème dec) 0,6 (0,4-1,3)
Gromaire (1998) France, Le Marais toitures 20 médiane (1er-9ème dec) 0.69 (0.22-2.05)
Gasperi (2006) France, Le Marais lavage de chaussées 12 médiane (1er-9ème dec) 1,4 (0,8-2,4)
Gromaire et al. (2001) France, Le Marais chaussées classiques 24 médiane (1er-9ème dec) 0.87 (0.32-4.69)
Pagotto (1999) France, A11 chaussées classiques 49 médiane (min-max) 0.85 (0.14-4.2) < 0.074 (< 0.01-0.47)
enrobés drainants 55 médiane (min-max) <0.05 (<0.01-0.62)
Legret France, A11 enrobés drainants une année médiane (min-max) 0.06 (0.02-0.24) 0.092 (0.045-0.093)
Xanthopoulos et Hahn (1992) Allemagne chaussées non renseigné moyenne 5,5 2-15
Crabtree et al. (2005) UK chaussées moyenne (max) 0.05 (2.02) 0.72 (17.50)
Ruban (2004) France, St Joseph résidentiel (88 ha) une année médiane (min-max) 0.03 (0.01-0.1) 0.072 (0.004-0.87) < 1.03 (<0.05-13.15) < 1.52 (<0.1-4.72) < 0.37 (< 0.1-0.87)
a
Daligault et Meaudre (1998) France, Brunoy résidentiel (2,7 ha) 27 max moyenne (min-max) 1,2 (0,1-4,9)
b
France, Vigneux résidentiel (105 ha) 29 max moyenne (min-max) 3,3 (0,1-16,7)
Daligault et Ranchet (2001) France, Verneuil résidentiel classique (1,3 ha) 13 moyenne 2
résidentiel avec SR et enrobés
France, Verneuil drainants (1,97 ha) 13 moyenne 0,6
résidentiel avec SR et enrobés
France, Verneuil classiques (2,24 ha) 13 moyenne 1
Laigre (2005) France, cours d'eau du Morbras médiane 1,75 1,59 0,41
a) 55% d'équipements scolaires et sportifs - 36% d'habitat collectif b) 76 % d'habitat individuel et collectif - 11 % de zones industrielles et commerciales
Tableau 3 : Concentrations totales en micropolluants organiques dans les eaux de ruissellement pluviales de différentes origines (en normal gras
HAP Σ16 USEPA, en normal HAP Σ14 USEPA correspondant à Σ16 USEPA moins naphthalène et acénaphtylène, en italique HAP Σ6)
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines – Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine 83
Normandie.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines – Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine 84
Normandie.
utilisées ou destinées à la production d’eau pour la consommation humaine (respectivement
50-1000 µg/L et 0.2-1 µg/L – décret n° 2001-1220 du 20 décembre 2001). En revanche, pour
les pesticides comme le diuron, le glyphosate et son produit de dégradation l’AMPA ainsi que
l’aminotriazole, les concentrations sont pour certains évènements pluvieux supérieures aux
valeurs limites impératives pour la production d’eau potable (0.1-2 µg/L - décret n° 2001-
1220). Le mode d'utilisation des pesticides en milieu urbain à une grande importance sur leur
exportation à l'aval du bassin versant. Ainsi, (Blanchoud et al. 2004) ont observé que le 2,4-D
et le 2,4-MCPA ont un plus faible coefficient de transfert (0.3-2.1 %) dans un bassin versant
périurbain que le diuron dont le coefficient de transfert peut atteindre 50 % lorsqu’un
événement pluvieux a lieu juste après son application. Cette différence est due au fait que le
2,4-D et le 2,4-MCPA sont deux herbicides utilisés sur les gazons où ils sont adsorbés par la
matière organique et peuvent être infiltrés dans le sol tandis que le diuron est généralement
appliqué sur des surfaces imperméables telles que les voiries.
1
Vérifvier les équations, bizarres
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 85
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
DA = surface drainée (ha)
IMP = surface imperméabilisée (%)
CI = zone commerciale et industrielle (%)
Ces équations ne permettent d’expliquer que 33 à 57 % de la charge en polluants. En
développant les équations prédictives à partir des données triées par groupes de sites de même
mode d’occupation (résidentiel urbain, résidentiel périurbain, commercial/industriel, mode
d’occupation mixte), les auteurs obtiennent une meilleure estimation des concentrations (en
mg/l) dans les eaux de ruissellement :
log (Pb) = 32.58 – 17.06 log (RES+1) (r2 = 0.26)
zone résidentielle périurbaine (≤ 40 ha)
log (Pb) = - 3.11 + 0.9 log (LAS+1) + 1.439 log (CI+1) + 1.52 log (OP+1) (r2 = 0.40)
zone résidentielle périurbaine (> 40 ha)
log (Pb) = -1.553 + 0.635 log (RES+1) (r2 = 0.40)
zone commerciale et industrielle
log (Pb) = 0.775 + 0.499 log (INT) – 2.930 log (CI+1) (r2 = 0.63)
zone d’occupation mixte
Avec RES = zone résidentielle (%)
LAS = nombre de jours depuis le dernier événement > 25 mm
OP = espace public et ouvert (%)
- (Tasker and Driver 1988) : Dans cette étude, les données utilisées pour développer
des équations prédictives des charges en polluants (Cu, Pb et Zn) sont issues de la base de
données réalisées aux USA à partir de différents suivis de la qualité des eaux de ruissellement
dans différentes villes des Etats-Unis (projet NURP). Etant donné la variabilité du nombre
d’évènements pluvieux pris en compte, les auteurs ont tout d’abord défini pour chaque site et
chaque micropolluant, par des équations de régression linéaire, une charge moyenne en métal
par événement pluvieux en fonction de la hauteur et de la durée moyenne des évènements
pluvieux. Puis, à partir de ces charges moyennes déterminées pour chaque site d’étude, ont été
développées des équations prédictives de la charge annuelle en métaux (en pound) pour
l’ensemble des sites.
Charge en Pb = 10 [-1.9679 + 1.9037 (DA)1/2 + 0.007 (IA) + 0.0128 (MAR) ] * 1.365 (r2 = 0.46)
Charge en Zn = 10 [ -1.6302 + 2.0392 (DA)1/2 + 0.0072 (IA) ] * 1.322 (r2 = 0.59)
Charge en Cu = 10 [ -1.4824 + 1.8281 (DA)1/2 – 0.0141 (MJT) ] * 1.403 (r2 = 0.41)
Avec DA = surface de bassin versant (square miles)
IA = surface imperméabilisée (en % de l’aire de drainage)
MAR = la hauteur moyenne de pluie par an (inches)
MJT = température minimum de janvier (°F)
- (Pagotto and Legret 1998) : Les données utilisées dans cette étude sont celles issues
d’un suivi sur deux ans de la qualité des eaux de ruissellement provenant de l’autoroute A11.
Les équations suivantes ont pu être établies par les auteurs :
charge en Pb = 0.05 Ve
charge en Cd = 0.0035 Ve + 0.0535 Dmaxe
charge en Cu = 0.022 Ve + 0.002 Dp
avec Ve = volume d’eau écoulé (m3/ha)
Dp = durée de l’événement (min)
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 86
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Dmaxe = débit maximal mesuré dans le canal d'évacuation (L/s)
Les variables prédictives utilisées diffèrent généralement d'une étude à une autre, et même
pour une même étude. Ces différences sont en grande partie liées aux choix des auteurs, mais
elles prennent plus de sens lorsqu'elles sont établies pour une étude donnée après un
traitement homogène des données. Au-delà des hasards de la statistique, il est probable que
des mécanismes différents soient à l'œuvre dans des bassins versants de typologie différente.
Brezonik and Stadelmann (2002) en particulier ont montré qu’ils obtiennent de meilleures
estimations après avoir regroupé les données en fonction du mode d’occupation des sites.
Cependant, toutes ces équations ont rarement été appliquées à des sites autres que ceux qui
ont servis à l’établissement des équations. Toutefois, Flint (2004) a testé l’équation établie par
Hewitt and Rashed (1992) pour estimer la charge en Pb dans les eaux de ruissellement
provenant d’une autoroute qui est la suivante :
Pb = 0.201 Q + 0.74 ADP – 21.9
Avec Q = volume d’eau ruisselé (m3)
ADP = la durée de temps sec (h)
Cet auteur montre que l’équation surestime pour presque tous les évènements pluvieux testés
(17) la charge en Pb dans les eaux de ruissellement de chaussée. Ce type de relations
empiriques semble avoir un rôle prédictif limité et constitue plutôt une étape préalable
permettant de hiérarchiser sur un site ou un ensemble de sites donnés un certain nombre de
paramètres explicatifs définis par avance.
L’évolution des outils cartographiques permet d’envisager l’estimation d’un flux annuel de
micropolluants émis au sein d’un bassin versant à partir d’une description fine de l’occupation
du sol et de ses usages, d’une estimation des sources de polluants par type d’occupation du sol
et par type d’usage. Sewsys développé dans le cadre du programme de recherche européen
DayWater entre dans cette catégorie d’outils.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 87
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Alors que ces modèles s'appuient sur une bonne connaissance des caractéristiques physiques
du réseau pour simuler les débits, l’acquisition de données expérimentales suffisamment
fiables et nombreuses reste indispensable pour caler raisonnablement les sous-modèles de
qualité d'eau. Les tests réalisés par (Kanso 2004) sur 6 voiries du Marais à Paris, pour quatre
configurations de modélisation de l’accumulation des particules en temps sec et de leur
érosion en temps de pluie ont revélé une hétérogénéité des paramétrisations en fonction des
chaussées.
Le pouvoir prédictif de ces modèles est mis en défaut. Les difficultés rencontrées ont trois
origines principales (Kanso et al, 2005) : des données rares, des objectifs multiples, une
connaissance limitée des processus.
IV. Spéciation des micropolluants dans les eaux de ruissellement d’origine pluviale
Le devenir des micropolluants dans les sols dépend en partie des formes sous lesquelles ils
sont apportés au sol. En effet, la connaissance de la spéciation des micropolluants présents
dans les eaux de ruissellement est importante pour évaluer le risque de transfert suite à
l’infiltration dans le sol.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 90
– Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Références origine métal échangeable Acido- réductible oxydable résiduelle
soluble
(Pagotto 1999) poussières de Zn 2.0 13.0 13.0 33.0 39.0
chaussées Cd 37.7 36.1 12.9 4.0 9.3
Pb 1.6 48.9 25.2 10.9 13.4
Cu 1.3 4.0 4.4 60.8 29.6
Tableau 4 : Répartition des métaux dans les différentes fractions définies par les schémas d’extraction séquentielle.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines – Laeticia Citeau, 2006 – Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine 91
Normandie.
stables et peu labiles, tandis que la labilité de Zn dépend de la teneur en MES, et donc
probablement de la présence de colloïdes. Dans l’étude de (Flores-Rodriguez et al. 1994) qui
a établi la spéciation des métaux présents dans des eaux de différentes origines (réseaux
séparatifs et unitaires), Pb est également majoritairement sous forme de complexes stables
tandis que Zn et Cd sont principalement sous des formes libres et labiles. (Harrison and
Wilson 1985) ont observe dans les eaux de ruissellement de chaussées que dans les fractions
< 1 µm, Pb est sous forme de complexes stables tandis que Cd et Cu en partie sous forme de
complexes labiles.
V. Conclusion
Les données sur la qualité des eaux de ruissellement obtenues par différentes études montrent
qu’il existe des caractéristiques physico-chimiques communes en fonction du mode
d’occupation. Ainsi, pour les eaux de toitures, les concentrations en métaux peuvent être très
élevées et très variables dans les centres urbains en fonction des matériaux constitutifs des
toitures. Le pH légèrement acide de ces eaux et la faiblesse des teneurs en MES conduit à une
plus grande proportion de métaux sous forme dissoute.
Les eaux de chaussées sont caractérisées par des concentrations moyennes en micropolluants
plus faibles et peu variables d’une chaussée à l’autre. En revanche, les concentrations en
cations majeurs (Ca2+, Mg2+, Na+…), en ions chlorures et les teneurs en MES sont très
variables. Des concentrations en cations majeurs et en ions chlorures très élevées ont été
retrouvées dans les eaux de ruissellement lors de l’application sur les chaussées de sels de
déverglaçage. Ces concentrations élevées pourraient conduire à une mobilisation importante
par échange d’ions ou par complexation des métaux après infiltration dans les sols. La
quantité de MES peut également être très élevée. Cependant, les chaussées avec enrobés
drainants permettent de réduire considérablement la quantité de MES et par la même occasion
la concentration en métaux.
Les eaux de ruissellement provenant des zones résidentielles contiennent généralement des
faibles concentrations en métaux, en cations majeurs et en ions chlorures. Pour les eaux de
chaussées et provenant des zones résidentielles, le pH proche de la neutralité et la quantité
assez élevée de MES favorise l’adsorption des métaux sur les particules.
Différents modèles prédictifs de la qualité des eaux de ruissellement ont été développés. Les
modèles les plus simples, basés sur des régressions, peuvent être adaptés dans le cas de petits
bassins versants dont le mode d’occupation est homogène. Cependant, ces modèles ont très
rarement (voire jamais dans la plupart des cas) été validés pour des sites différents de ceux qui
ont servi au calibrage des modèles. Leur valeur prédictive a été remise en cause.
Les études sur la spéciation des métaux présents dans les eaux de ruissellement ou dans les
sédiments déposés au fond des bassins de décantation montrent que Cd est facilement
remobilisable par échange d’ions ou par acidification tandis que Cu est fortement associée à la
matière organique particulaire ou dissoute. Pb et Zn sont associés à différentes fractions dont
la répartition varie en fonction de l’origine des eaux de ruissellement ou des sédiments. Une
partie de ces métaux pourrait être remobilisé sous des changements importants de conditions
physico-chimiques (pH, potentiel d’oxydo-réduction). Cependant, Pb semble être sous des
formes plus stables que Zn.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 92
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Bibliographie
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urbanised catchments." Chemosphere 55(6): 905-913.
Brezonik, P. L. and T. H. Stadelmann (2002). "Analysis and predictive models of stormwater
runoff volumes, loads, and pollutant concentrations from watersheds in the Twin
Cities metropolitan area, Minnesota, USA." Water Research 36(7): 1743-1757.
Colandini, V. (1999). Effets des structures réservoirs à revêtement poreux sur les eaux
pluviales : qualité des eaux et devenir des métaux lourds, LCPC.
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Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Rapport d’avancement n°6 (20/12/05)
Fonctionnement des systèmes d’infiltration et caractérisation de la pollution dans les
sols sous-jacents ces ouvrages.
I. Introduction
Le recours aux techniques d’infiltration des eaux de ruissellement est en plein essor car elles
permettent de diminuer les débits et/ou les volumes d’eaux pluviales tout en favorisant la
recharge des nappes. Ces techniques présentent également un intérêt épuratoire en utilisant le
sol comme piége pour les micropolluants. Cependant, l’infiltration répétée des eaux de
ruissellement contenant des micropolluants, même à de très faibles concentrations, conduit au
bout d’un certain nombre d’années de fonctionnement de l’ouvrage à une accumulation
importante de micropolluants dans les couches superficielles du sol. Par conséquent, cette
accumulation pose la question du devenir de ces micropolluants dans les sols et du risque de
contamination des nappes sous-jacentes. Pour répondre à cette question, nous nous sommes
intéressés plus particulièrement aux retours d’expériences sur des dispositifs d’infiltrations
existants afin de déterminer d’une part les risques de transfert des micropolluants vers les
nappes et d’autre part d’étudier les méthodes au niveau de la conception et de la gestion de
ces systèmes permettant de limiter ce risque de contamination des nappes sous-jacentes.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 95
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Interface
Couche colmatée cm
Couches de sol m
Figure 1 : Représentation des couches différenciées des sols d’infiltration (Martinelli 1999)
La zone qui constitue l’interface entre l’atmosphère, les apports d’eaux et le sol sous-jacent,
est une zone très active en terme de transformation des composés, notamment de
photodégradation. Elle peut également être une zone de prolifération bactérienne et algale
lorsque les conditions sont favorables. L’accumulation des sédiments à la surface du sol
conduit à la formation d’une couche colmatée dont l’épaisseur croît au cours du temps. Elle
peut atteindre 30 cm pour les bassins les plus anciens (plus de 30 ans) et soumis à des
effluents fortement chargés. De perméabilité plus faible que les couches inférieures, c’est elle
qui détermine le plus souvent la capacité d’infiltration de l’ouvrage. C’est également une
couche très active biologiquement. Ainsi, (Bedell et al. 2004) ont observé un plus grand
nombre de bactéries ainsi qu’une activité enzymatique plus élevée dans les 5 premiers cm du
sol sous-jacent un bassin d’infiltration. La présence des bactéries est à mettre en relation avec
la forte teneur en matière organique dans cette couche colmatée du fait de l’accumulation de
MES. Cette accumulation conduit également à l’augmentation de la teneur en argile. Par
conséquent, la présence d’une teneur élevée en matière organique et en argile conduit à une
valeur de CEC élevée dans cette couche. La couche sous-jacente à la couche colmatée subit
des modifications moins importantes avec le temps. On observe également dans cette couche
une augmentation de la teneur en argile et de la teneur en matière organique mais à un niveau
moindre que dans la couche colmatée. La présence d’un géotextile à quelques dizaines de cm
de profondeur peut également conduire à une accumulation de MES au voisinage du
géotextile (Gautier 1998). Les géotextiles peuvent également entraîner une modification des
écoulements de l’eau par une homogénéisation de ces écoulements (Lassabatere 2002). En-
dessous du géotextile, le sol peut parfois présenter des variations de certains paramètres
(teneurs en argile et en matière organique, CEC) mais de faible ampleur au vu de la rétention
des particules déjà effectuée dans les couches supérieures. Au-delà du mètre, les paramètres
du sol varient pratiquement pas à l’échelle du vieillissement d’un ouvrage.
Des différences significatives de fonctionnement hydraulique des ouvrages d’infiltration ont
été observées en réponse aux variations de l’environnement biologique. La prolifération
d’algues qui peut avoir lieu au printemps ou en été lorsque les conditions sont favorables peut
entraîner une augmentation du pH des eaux d’infiltration. Cette augmentation de pH peut
provoquer la précipitation de certains composés comme les carbonates et/ou les
oxyhydroxydes qui peuvent servir alors de « ciment » entre les particules de limons
constituant le dépôt en surface et diminuer ainsi la capacité d’infiltration du sol (Schuh 1990).
Cependant, l’assèchement des bassins d’infiltration permet de limiter ce colmatage
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 96
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
« biologique » bien que cela ne permettent pas de retrouver la capacité d’infiltration initiale
du bassin.
III. Devenir des micropolluants dans les sols des ouvrages d’infiltration
III.1. Localisation des micropolluants dans les sols sous-jacents les ouvrages d’infiltration
D’après la majorité des études qui se sont intéressés à la localisation des micropolluants dans
les sols sous-jacents les ouvrages d’infiltration, les micropolluants sont principalement
retenus dans les couches supérieures du sol. Ils peuvent être retenus à la surface ou dans le sol
par différents mécanismes. La décantation des micropolluants associés aux MES constitue
une première phase d’immobilisation des micropolluants à la surface des sols. Ce dépôt formé
par décantation des particules ainsi que le sol sous-jacent servent dans le même temps de filtre
mécanique aux MES, retenant par la même occasion les micropolluants qui y sont associés.
Par ailleurs, la présence de fortes teneurs en matière organique et en argile dans les couches
superficielles du sol du fait de la décantation et de la filtration des MES, favorise la rétention
physico-chimique des micropolluants par échange d’ions, adsorption ou complexation par ces
phases. De plus, la diminution de la perméabilité avec le temps entraîne une augmentation des
temps de contact entre les micropolluants en solution et la matrice, favorisant également leur
rétention.
Par exemple, (Hütter et al. 1998) ont prélevé des échantillons de sol situés sous trois tranchées
d’infiltration, au point d’entrée de l’eau, à différentes profondeurs (0-5, 5-10, 10-20 et 20-30
cm) après 12, 18 et 31 mois de fonctionnement. Ces tranchées d’infiltration reçoivent des
eaux de toitures. Les analyses de ces échantillons montrent que l’accumulation du zinc se fait
dans les 5 premiers cm du sol et aucune migration de cet élément n’a été observée. En
revanche, ces auteurs observent une diminution du pH de 8.2 à 7.0-7.6 au bout de 2 ans et
demi de fonctionnement dans les 5 premiers cm du sol, indiquant un épuisement du pouvoir
tampon du sol. De la même manière, (Mikkelsen et al. 1997) montrent que les micropolluants
(métaux, HAP et organo-halogénés) sont essentiellement concentrés dans les 30 premiers cm
d’un sol sous-jacent un bassin d’infiltration en fonctionnement depuis 35 ans. La surface du
sol est enherbée et le sol sous-jacent est constitué principalement de graviers, surmontant un
ancien horizon de labour riche en matière organique. En-dessous de 30 cm de profondeur, qui
correspond à l’épaisseur du dépôt de sédiments, les teneurs en micropolluants diminuent
fortement, puis elles augmentent à nouveau à 80 cm de profondeur, au niveau de l’ancien
horizon de labour. En dessous de 80 cm de profondeur, les concentrations sont à nouveau très
faibles. (Dechesne 2002) a étudié également la localisation de la pollution dans les sols sous-
jacents six bassins d’infiltration d’âges différents, jusqu’à 1 m de profondeur. L’ensemble des
sites étudiés présente un sous-sol calcaire d’origine fluvio-glaciaire, composé de galets,
graviers et sables. Les micropolluants peuvent être présents à des concentrations parfois très
élevées jusqu’à 80 cm de profondeur (au-dessus des normes hollandaises d’intervention pour
le zinc). Cependant, pour la plupart des bassins, le front de pollution se situe dans les 50
premiers cm du sol. A priori, il n’y a pas de relation directe entre l’âge de l’ouvrage et la
localisation du front de pollution. Cependant, il semble qu’il y ait une tendance à une
migration du front de pollution pour les bassins les plus anciens (> 20 ans) pour lesquels la
pollution peut être perceptible jusqu’à 1 m de profondeur. Par ailleurs, il a été montré que les
points les plus sollicités pour l’infiltration qui sont les points d’entrée de l’eau et les points
bas du bassin, présentent des teneurs en micropolluants largement supérieures aux teneurs
mesurées dans les autres zones du bassin (Dechesne et al. 2004).
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 97
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
III.2. Mobilisation et transfert des micropolluants dans les sols sous jacents les ouvrages
d’infiltration
Pour évaluer la mobilisation et le transfert des micropolluants dans les sols sous-jacent les
bassins d’infiltration, des analyses de la solution du sol ainsi que des eaux de nappe ont été
réalisées dans certaines études. Ainsi, (Appleyard 1993) a évalué l’impact de trois bassins
d’infiltration sur la qualité des eaux de nappe au cours de deux événements pluvieux, l’un
ayant lieu début avril, l’autre début novembre. Pour ces deux évènements pluvieux, les
concentrations en métaux, pesticides et composés phénoliques ont été inférieures aux normes
australiennes de potabilité. (Nightingale 1987) a suivi pendant trois ans la qualité des eaux de
nappe située en dessous de cinq bassins d’infiltration ainsi que les eaux percolant à travers les
sols. Le bassin le plus ancien fonctionne depuis 25 ans et le mode d’occupation de la surface
drainée est majoritairement résidentielle pour tous les bassins étudiés. Les résultats montrent
qu’il n’y a aucune contamination des eaux de nappe et des solutions de sol par les
micropolluants analysées (métaux, pesticides, composés phénoliques et composés organiques
semi-volatiles). (Datry et al. 2003) ont analysé les solutions percolant à travers le sol d’un
bassin d’infiltration ayant fonctionné pendant 30 ans et fortement contaminé en métaux lourds
et en micropolluants organiques. Ces micropolluants ont rarement été détectés dans les
solutions de sol. En revanche, (Fischer et al. 2003) ont détecté certains micropolluants
organiques dans les eaux de nappe situées en-dessous de 16 bassins d’infiltration, recevant
des eaux de ruissellement de différentes origines (zones résidentielles, commerciales,
industrielles). Ainsi, dans plus de 40 % des eaux de nappe analysées en hiver, certains
herbicides utilisés en bordure des routes comme le métolachlor et le prométon ont été détectés
à des concentrations pouvant être comprises entre 0.1 et 1 µg/L. Des composés comme le
chloroforme, le MTBE et le toluène ont été également fréquemment retrouvés dans les eaux
de nappe, à des concentrations pouvant atteindre 1 µg/L. Cependant, la fréquence de détection
des composés organiques volatiles est beaucoup plus faible en été où les températures plus
élevées favorisent la volatilisation de ces composés dans les bassins. (Barraud et al. 1999) ont
également observé une augmentation importante de la concentration en Zn et Pb dans les eaux
de nappe située en dessous d’un puits d’infiltration. Cependant, la présence de ces métaux
dans la nappe coïncide avec une augmentation très importante de la concentration en métaux
lourds dans les eaux de ruissellement et une épaisseur de la zone non saturée de 40 cm en
période de hautes eaux, ce qui semblerait favoriser le passage des micropolluants dans les
eaux de nappe. C’est pourquoi une hauteur minimum de 1 m est généralement conseillée entre
le fond de l’ouvrage et le niveau le plus haut de la nappe.
La vitesse d’infiltration des eaux de ruissellement qui conditionne le temps de contact entre
les micropolluants et la matrice du sol semble jouer un rôle important sur le devenir de ces
micropolluants dans les sols sous-jacents les ouvrages d’infiltration. Par exemple, (Mason et
al. 1999) ont montré qu’une infiltration rapide des eaux de ruissellement provenant de toitures
dans un fossé d’infiltration (conductivité hydraulique K = 1,2.10-3 m/s) dont le sol sous-jacent
est fortement carbonaté (contenant 30 à 60 % de carbonates), conduit à un temps de contact
insuffisant entre les eaux d’infiltration et les horizons de surface du sol, entraînant la
migration de Cu, Cd, Cr, Zn et Pb jusqu’à 1,6 m de profondeur au moins. De même,
(Dechesne 2002) ont observé des teneurs très élevées en métaux et en particulier en plomb et
en Zn (respectivement 256 et 364 mg/kg) à 80 cm de profondeur dans le sol sous-jacent un
bassin d’infiltration. Parmi les bassins étudiés par l’auteur, ce bassin a la particularité d’avoir
une vitesse d’infiltration très élevée devant le point d’entrée de l’eau. Par conséquent, les eaux
de ruissellement sont infiltrées très rapidement sur une petite zone du bassin. La présence de
chemins d’écoulement préférentiels dans le sol peut également être un paramètre qui réduit le
temps de contact entre les micropolluants et la phase solide. Par exemple, (Plassard et al.
2000) montre que la quantité de zinc et surtout de cadmium qui n’est pas fixé en mode
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 98
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
dynamique par des colonnes contenant un sol calcaire (respectivement 7 % et 13 % de la
quantité appliquée initialement) est plus importante qu’en batch (< 2%). Cette différence de
comportement est attribuée par les auteurs à la présence de chemins d’écoulement
préférentiels et à la macroporosité du sol dans les colonnes qui n’est pas pris en compte par
les expériences en batch.
La présence de ligands organiques dans les eaux d’infiltration peut également favoriser la
mobilisation des métaux lourds en solution. Par exemple, (Mason et al. 1999) ont étudié les
solutions de sol collectées à différentes profondeurs dans les sols sous-jacents un fossé
d’infiltration des eaux de ruissellement de toitures. Les résultats de l’étude montrent que Cu et
dans une moindre mesure Cd sont très mobiles et que leur mobilité semblerait liée à leur
complexation par des ligands organiques solubles présents dans les eaux de ruissellement. En
revanche, Zn et Pb sont dans un premier temps retenu par le sol, puis au bout de quelques
mois, ils sont remobilisés et migrent vers les horizons profonds de la zone non-saturée du sol.
L’utilisation des sels de déverglaçage peut également conduire à une mobilisation massive des
métaux lourds présents dans les sols sous-jacents les ouvrages d’infiltration. Cette
mobilisation peut être due soit à la présence de cations comme Ca2+ qui entrent en
compétition avec les métaux lourds, en particulier avec Zn et Cd pour les sites d’échange
d’ions, soit à la présence d’ions chlorure dans la solution qui peuvent complexer les métaux.
Ainsi, (Bauske and Goetz 1993) ont montré, en suivant pendant deux ans la qualité des
solutions percolant dans des sols de bords de route, à 30 et 80 cm de profondeur, que
l’augmentation des concentrations en Ca, Na et Cl en hiver et au printemps due à l’utilisation
de sels de déverglaçage entraîne une mobilisation importante de Zn et Cd en solution, la
concentration en solution de ces deux métaux étant 20 fois plus élevée. En revanche, la
présence de sels dans les eaux d’infiltration n’a eu aucun effet sur Pb. (Amrhein and Strong
1990) ont également observé en colonne de sol, une mobilisation accrue de Zn et Cd en
présence de NaCl 100 mmol/L mais également de Cr, Pb, Cu et Ni. Les auteurs ont montré
que la mobilisation de Pb est fortement corrélée avec la solubilisation de la matière organique
qui a lieu lorsque il y a une concentration élevée de Na échangeable, un pH élevé et une faible
concentration en électrolyte. Ces mêmes auteurs préconisent l’emploi d’acétate de calcium et
de magnésium car la décomposition microbienne de l’acétate a pour effet d’augmenter le pH
et de diminuer la solubilité des métaux par coprécipitation avec les oxyhydroxydes et les
carbonates. Par ailleurs, les ions Ca et Mg ont un effet bénéfique sur la structure du sol,
maintenant la stabilité des agrégats tandis que Na a tendance à déstabiliser les agrégats du sol.
En revanche, (Delmas and Legret 2001) ont montré par des expériences en batch avec un sol
contaminé en domaine routier que la mobilisation de Zn et Pb est très faible (< 2 %) même en
présence d’une concentration élevée en NaCl (1 mol/L). Toutefois, vu les teneurs élevées dans
les sols, les concentrations mobilisées sont loin d’être négligeables même pour une force
ionique de 0.1 mol/L qui correspond aux concentrations maximales rencontrées dans les eaux
de ruissellement en période hivernale (29 µg/L pour Pb et 300 µg/L pour Zn). Par ailleurs,
(Ammann et al. 2003) ont montré que l’addition de strontium dans les eaux d’infiltration
pouvait également entraîner une remobilisation des métaux Cu, Cd, Cr et Pb initialement
retenus dans un sol d’un bassin d’infiltration. Cette remobilisation s’accompagne également
par une mobilisation du calcium ce qui indiquerait l’importance des phénomènes d’échanges
d’ions dans la mobilisation des métaux.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 99
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
systèmes d’infiltration. Tout d’abord, le pH étant un paramètre qui contrôle les réactions
ayant lieu dans les sols, le pouvoir tampon du sol doit être élevé pour maintenir le pH du sol
entre 6.0 et 8.0 dans l’horizon de surface du sol, favorisant ainsi la rétention à long terme des
micropolluants. (Hütter et al. 1998) préconisent l’incorporation d’un sol riche en carbonates
ou l’emploi du chaulage pour maintenir la capacité tampon du sol.
Par ailleurs, la présence de matière organique dans le sol d’infiltration permet de favoriser la
rétention des micropolluants (organiques et minéraux). D’autre part, elle favorise le
développement des microorganismes qui vont transformer et dégrader les micropolluants
organiques (Pitt et al. 1999). C’est pourquoi l’office cantonal suisse de la protection des eaux
et de la gestion des déchets (OPED) préconise l’infiltration des eaux pluviales à travers une
couche d’humus (OPED 1999). Cependant, en fonction du type de matières organiques
présente dans le sol, sous l’action des microorganismes ou des variations physico-chimiques,
on peut observer un relargage dans la solution du sol de ligands organiques qui sont
susceptibles de mobiliser les micropolluants par complexation. Par exemple, (Clark and Pitt
1999) ont testé différents types de matières organiques (tourbe, compost, charbon actif)
mélangés avec du sable pour traiter les eaux de ruissellement. Ils montrent que ces différents
types de matières organiques sont très efficaces pour fixer les micropolluants. En revanche, la
présence de tourbe ou de compost, qui sont des matières organiques partiellement dégradées,
augmente considérablement la concentration en composés organiques dissous dans l’effluent.
De plus, lors des périodes de séchage, des fissures et des macroporosités se créent dans le cas
de la tourbe.
Plusieurs études préconisent la végétalisation de la surface des sols pour améliorer les
performances des systèmes d’infiltration. Les végétaux peuvent avoir plusieurs rôles dans les
ouvrages d’infiltration. Ils peuvent être utilisés comme dispositifs de prétraitement avant
infiltration dans le sol pour filtrer les MES présents dans les eaux de ruissellement pluvial
ainsi que les micropolluants associés (bandes enherbées). (Walsh et al. 1997) ont utilisé ce
type de dispositif pour traiter les eaux de ruissellement provenant des autoroutes. Ces auteurs
montrent que l’efficacité de ces dispositifs dépend de la saison, l’efficacité étant plus grande
en période de croissance des plantes. L’efficacité varie également avec la vitesse
d’écoulement de l’eau ; plus elle est faible, meilleure est la filtration. Enfin, la largeur des
bandes enherbées semblent également jouer un rôle sur la filtration des MES, la proportion de
MES filtrés n’étant pas proportionnelle à la largeur des bandes enherbées. Les végétaux et en
particulier les racines des végétaux permettent aussi de stabiliser la structure du sol par
l’apport de matières organiques sécrétées par les racines. Elles permettent également
d’augmenter la perméabilité du sol par la création de macroporosité (Metropolitan-council
2001). Cependant, il peut y avoir un risque de formation de chemins d’écoulement
préférentiels en fonction de l’architecture des racines. Les végétaux peuvent également jouer
un rôle dans l’élimination des micropolluants. Ils peuvent les absorber directement ou les
adsorber à la surface des racines. Ils peuvent également favoriser la dégradation des
micropolluants organiques en secrétant les composés organiques nécessaires à la croissance et
à l’activité des microorganismes (Alderete and Scharff 2005).
Les géotextiles sont de plus en plus employés dans les ouvrages d’infiltration comme barrière
physique et physico-chimique au transfert des micropolluants. (Lassabatere 2002) a étudié sur
des colonnes de sol, l’effet des géotextiles sur le transfert de trois métaux (Zn, Pb et Cd) dans
un sol carbonaté. Les résultats des expérimentations montrent que le géotextile thermolié,
placé à l’état sec dans la colonne, permet d’homogénéiser l’écoulement de l’eau et donc
d’augmenter la surface de contact entre les micropolluants et la matrice du sol, augmentant
ainsi la rétention des micropolluants. Par conséquent, les géotextiles peuvent être utilisés dans
les ouvrages d’infiltration à condition de bien choisir le type de géotextiles et les conditions
d’installation.
Transfert eaux-sols-plantes de micropolluants : état des connaissances et application aux eaux de ruissellement urbaines 100
Laëtitia Citeau, 2006 - Rapport pour l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
V. Conclusion
D’après les retours d’expérience sur les dispositifs d’infiltration existants, dans la majorité des
cas, la pollution reste localisée dans les 50 premiers du sol. Cependant, il existe des situations
pour lesquelles, une migration des micropolluants a été observée ponctuellement au-delà de 1
m de profondeur voire jusque dans les nappes. Ce transfert des micropolluants semble d’une
part principalement lié à une vitesse d’infiltration des eaux dans les sols trop élevée pour que
le temps de contact entre les micropolluants et la matrice du sol soit suffisant. D’autre part, la
présence de ligands organiques ou de sels de déverglaçage de type NaCl dans les eaux
d’infiltration peut favoriser la mobilisation des micropolluants.
Pour améliorer les performances des systèmes d’infiltration et limiter les risques de transfert
des micropolluants vers les nappes, différentes recommandations peuvent être faites au niveau
des propriétés physico-chimiques des sols d’infiltration (teneur en matière organique, en
carbonates, texture…) et au niveau de la conception et la maintenance des ouvrages
(chaulage, végétalisation, dispositif de prétraitement….). Cependant, ces critères ne semblent
pas être pris en compte dans le choix des sites et des techniques d’infiltration.
Les méthodes multi-critères d’aide à la décision actuellement proposées (et utilisées) pour les
choix des techniques de réduction à la source du ruissellement pluvial pourraient inclure des
critères caractérisant le sol, ce qui permettrait d'y faire apparaître l'efficicacité de rétention de
la pollution par l'ouvrage, alors que ce facteur de décision est généralement absent.
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