SÉQUENCE 4
PARTIE 1
La caractérisation de la mobilité horizontale
Après avoir revu les notions de mouvements des plaques lithosphériques, nous verrons comment
quantifier le déplacement des plaques grâce à différents indices.
I. Activité 1 – Prérequis sur les notions de plaques lithosphériques
L’activité tectonique (sismique et volcanique) permet de délimiter les frontières des plaques
lithosphériques.
Les plaques lithosphériques sont des fragments rigides et peu déformables de la surface de la Terre
d’une centaine de kilomètres d’épaisseur, qui se déplacent en surface sur l’asthénosphère ductile. Elles
sont constituées de la croûte et du manteau supérieur lithosphérique (délimitée par la LVZ du manteau
supérieur asthénosphérique).
La position et la forme des continents ont changé au cours des temps géologiques, du fait des mouvements
des plaques. Ces mouvements des plaques lithosphériques constituent la tectonique des plaques.
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La lithosphère est découpée en plaques, qui ne correspondent pas forcément à la limite des continents,
et qui se déplacent les unes par rapport aux autres.
Problématique : Quelles sont les caractéristiques des frontières des plaques lithosphériques ?
II. Activité 2 – Identification des limites des plaques et de leur nature
La lithosphère terrestre est découpée en plaques animées de mouvements. La distinction de l’ensemble
des indices géologiques (pétrographiques, sismiques, …) et les mesures actuelles permettent d’identifier
des zones de convergence et des zones de divergence aux caractéristiques géologiques différentes.
Les zones de divergence sont caractérisées par des reliefs sous-marins de 2 500 m de hauteur en
moyenne, appelés dorsales, et parcourent l’ensemble des océans. Les dorsales sont coupées par de
nombreuses failles transformantes, présentent une activité sismique importante et un flux géothermique
élevé, témoin d’un excès de chaleur en leur axe. Elles sont constituées de roches de la lithosphère
océanique, les basaltes et gabbros pour la croûte et péridotite pour le manteau lithosphérique, et
délimitent deux plaques océaniques.
Les zones de convergence (plaques qui se rapprochent) sont le lieu d’une activité sismique importante et
délimitent soit:
ne plaque océanique d’un côté et une plaque continentale ou océanique de l’autre. Elle est alors
• u
caractérisée par une fosse océanique profonde, des foyers sismiques de profondeurs différentes,
des volcans alignés parallèlement à la fosse et des roches magmatiques (andésites, rhyolites,
granodiorites). C’est une zone de subduction.
eux plaques continentales. Elle est alors caractérisée par de hauts reliefs (comme les Alpes),
• d
un flux géothermique faible et des roches magmatiques (comme le granite) et sédimentaires et
métamorphisées (gneiss). On les appelle des zones de collision.
La lithosphère est découpée en plaques, qui se déplacent les unes par rapport aux autres dans des
mouvements de convergence ou de divergence.
Problématique : Comment quantifier les déplacements des plaques grâce à la géodésie spatiale ?
III. Activité 3 – Déplacement des plaques et indices géodésiques
Des satellites Américains puis
européens, chinois, russes, ont été
envoyés en orbite autour de la Terre. Ils
envoient des signaux électromagnétiques
ou laser vers des récepteurs positionnés
à la surface de la Terre. Les satellites
permettent de repérer la position
(latitude et longitude) exacte (au mm
près) des récepteurs à chaque instant.
Ainsi suivant les positions des récepteurs
au cours du temps, on peut reconstituer
le trajet du récepteur et donc du lieu de
la plaque sur laquelle il se trouve, ainsi
que sa vitesse de déplacement. On a
ainsi pu créer un modèle sur lequel on
représente les 25 plaques rigides et les
déplacements indiqués par les données
géodésiques actuelles des satellites.
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La lithosphère est découpée en plaques, délimitées par des zones actives (activité sismique et volcanique
importante). Les plaques en elles-mêmes sont des zones calmes mais peuvent parfois être le lieu d’une
remontée de matière chaude à l’origine de magma.
Problématique : Comment quantifier les déplacements des plaques grâce à l’étude des données
géologiques océaniques d’origine volcanique ou sédimentaire ?
IV. Activité 4 – Déplacement des plaques et indices volcaniques
et sédimentaires
Certains alignements volcaniques, situés en domaine océanique ou continental, sont placés à des
endroits ne correspondant pas à des frontières de plaques. C’est le cas des volcans de l’archipel d’Hawaï.
Ces volcans correspondent à des volcans de type points chauds.
Un point chaud est une zone de remontée du manteau profond à l’origine d’une activité volcanique. Les
volcans sont alignés et seul un volcan est actif (celui situé sous le point chaud) les autres sont éteints
ce qui montre que la plaque s’est déplacée car le point chaud lui est fixe. La datation de chaque volcan
permet de retracer le mouvement et la vitesse de la plaque.
De 1968 à 1980, le programme JOIDES permet de dater les sédiments et le plancher basaltique de la
croûte océanique. Dès lors, on remarque que :
• P
lus on s’éloigne de la dorsale, plus les sédiments sont épais et plus les couches en contact avec le
fond océanique sont vieilles.
• Cette répartition des sédiments est symétrique de part et d’autre de la dorsale.
En connaissant l’âge des sédiments, on peut calculer la vitesse d’ouverture d’un océan.
Schéma du fonctionnement d’un point chaud
En plus des données géodésiques, sédimentaires et volcaniques, d’autres données permettent de
quantifier le déplacement des plaques.
Problématique : Comment quantifier le déplacement des plaques à partir de l’étude des anomalies
magnétiques du fond des océans ?
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V. Activité 5 – ECE: Déplacement des plaques et indices
paléomagnétiques
ECE DEPLACEMENT DES PLAQUES ET INDICES PALEOMAGNETIQUES
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Etape A : Proposer une stratégie et mettre en œuvre un protocole pour résoudre une situation problème
(durée recommandée : 40 minutes)
Proposer une stratégie de résolution réaliste, à partir des ressources, du matériel et du protocole
d’utilisation proposés.
Présenter et argumenter votre stratégie.
Préciser le matériel dont vous aurez besoin pour mettre en œuvre votre stratégie.
Mettre en œuvre votre protocole pour obtenir des résultats exploitables.
Etape B : Communiquer et exploiter les résultats pour répondre au problème
(durée recommandée : 20 min)
Sous la forme de votre choix, présenter et traiter les données brutes pour qu’elles apportent les
informations nécessaires à la résolution du problème.
Exploiter les résultats pour résoudre la situation problème.
CORRECTION ECE DEPLACEMENT DES PLAQUES ET INDICES PALEOMAGNETIQUES
ETAPE 1 : PROPOSER UNE STRATEGIE ET METTRE EN ŒUVRE UN PROTOCOLE POUR RESOUDRE
UNE SITUATION PROBLEME
A – Concevoir une stratégie pour résoudre une situation problème
Indiquer ce que l’on s’attend Si la dorsale de l’océan Pacifique Sud est une dorsale lente alors sa
à obtenir : Hypothèse(s) vitesse d’expansion sera de l’ordre de 1 à 2 cm par an et si c’est une
Conséquence vérifiable. dorsale rapide alors sa vitesse d’expansion sera de l’ordre de 9 à 14
cm par an.
Principe de l’expérience Pour le vérifier, nous allons calculer la vitesse d’expansion de
(but de la manipulation) la dorsale à l’aide des enregistrements de l’intensité du champ
magnétique fossilisé dans les basaltes de part et d’autre de l’axe de la
dorsale, obtenus à l’aide du logiciel google Earth.
Protocole expérimental avec Pour cela, nous allons afficher dans google Earth l’intensité du
une stratégie rigoureuse et champ magnétique enregistré dans les basaltes, de part et d’autre
réalisable en laboratoire. de la dorsale. Nous allons ensuite utiliser l’outil « Règle » de Google
Earth pour mesurer la distance entre l’axe de la dorsale et le lieu de
l’inversion de l’anomalie magnétique datée d’il y a 10 millions d’années
par ex. Nous utiliserons enfin la formule v = d/t afin de calculer la
vitesse et conclure.
Matériel choisi parmi celui Pour cela, on a besoin :
proposé ou connu. – Logiciel Google Earth
– Fichiers « [Link] » pour afficher la carte des anomalies
magnétiques et « Magnétisme et paléomagné[Link] » afin
d’afficher l’âge des anomalies magnétiques.
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B – Mettre en œuvre un protocole de résolution pour obtenir des résultats exploitables
1. Respect des consignes du protocole. Gestion de l’outil : Utiliser Google Earth :
2. Travail soigné et propre : gestion correcte – Affichage de la carte des anomalies magnétiques
du poste de travail. dans Google Earth
3. Maîtrise du matériel. – Affichage de l’âge des anomalies magnétiques
Aide mineure : conseil pour débloquer. – Utilisation de la fonction « Règle » afin de
mesurer la distance entre deux points
Aides majeures :
→ utilisation du document de secours ;
→ les règles de sécurité ne sont pas
respectées.
ETAPE 2 : COMMUNIQUER ET EXPLOITER LES RESULTATS POUR REPONDRE AU PROBLEME
A – Présenter les résultats pour les communiquer
1. Choix pertinent du mode de Obtention de résultats exploitables :
communication (informations traduites
• Afficher la carte et les âges en parallèle.
dans le sens du problème à traiter :
facilite la comparaison ou la lecture de • Titres
l’ensemble des résultats…). • Détail des calculs
2. Respect des règles inhérentes au mode • La mesure de la distance est exacte.
de communication choisi.
• Le calcul de la vitesse est exact.
3. Exactitude et exhaustivité des résultats.
(Texte explicitant les résultats
présentés (rendant les résultats Calcul de la vitesse :
compréhensibles). Pour la dorsale Sud-Pacifique : on obtient une distance
d’environ 455 km en 10 millions d’années, d’où 4,55 cm/an.
Ce chiffre est à multiplier par 2 car le fonctionnement de la
dorsale est symétrique : environ 9 cm/an.
B – Exploiter les résultats obtenus pour répondre à la problématique
1. Exploiter l’ensemble des résultats = je vois : On observe que la vitesse d’expansion de la dorsale
Interpréter CHACUN des résultats obtenus Sud-Pacifique est de 9 cm par an.
puis les mettre en relation entre eux.
Or on sait que si la dorsale de l’océan Pacifique Sud
2. Intégrer des notions (issues des ressources est une dorsale lente alors sa vitesse d’expansion
et/ou des connaissances) = je sais : sera de l’ordre de 1 à 2 cm par an et si c’est une
Mettre en relation les résultats avec la théorie dorsale rapide alors sa vitesse d’expansion sera de
et faire preuve d’un esprit critique. l’ordre de 9 à 14 cm par an.
3. Construire une réponse au problème posé, On en déduit que la dorsale Sud-Pacifique est une
explicative et cohérente intégrant les dorsale rapide.
résultats = je conclus.
Le champ magnétique terrestre peut être comparé à un aimant bipolaire au centre de la terre. Il s’est
inversé au cours du temps, prenant parfois le même sens qu’actuellement (anomalie positive) et parfois
le sens inverse (anomalie négative).
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Les basaltes formés au niveau des dorsales contiennent des minéraux ferromagnétiques qui enregistrent
l’orientation du champ magnétique du moment lors de leur cristallisation. Ainsi ils fossilisent le champ
magnétique terrestre ancien: on parle de paléomagnétisme.
L’établissement d’une échelle magnéto-stratigraphique avec la datation des inversions magnétiques
terrestres permet aujourd’hui de dater des roches et des formations géologiques.
On peut observer que de part et d’autre de l’axe d’une dorsale, les anomalies négatives et positives sont
des bandes alternées, parallèles et symétriques. Connaissant la distance d’une bande d’anomalies à la
dorsale et son âge grâce à l’échelle magnéto-stratigraphique, il est possible de calculer la vitesse de
déplacement des plaques océaniques.
L’enregistrement du champ magnétique du fond des océans
Bilan de la partie
La lithosphère est découpée en plaques dont les frontières sont de types différents
L’activité tectonique (sismique et volcanique) permet de délimiter les frontières des plaques
lithosphériques.
Les plaques lithosphériques sont des fragments rigides et peu déformables de la surface de la Terre
d’une centaine de kilomètres d’épaisseur, qui se déplacent en surface sur l’asthénosphère ductile. Elles
sont constituées de la croûte et du manteau supérieur lithosphérique.
On peut distinguer plusieurs types de frontières différentes en fonction du mouvement relatif des plaques
en contact:
Les zones de divergence sont caractérisées par les dorsales, coupées par de nombreuses failles
transformantes, et présentant une activité sismique importante ainsi qu’un flux géothermique élevé,
témoin d’un excès de chaleur en leur axe. Elles sont constituées de roches de la lithosphère océanique,
les basaltes et gabbros pour la croûte et péridotite pour le manteau lithosphérique, et délimitent deux
plaques océaniques.
Les zones de convergence sont le lieu d’une activité sismique importante et délimitent soit:
• u
ne plaque océanique d’un côté et une plaque continentale ou océanique de l’autre. Elle est alors
caractérisée par une fosse océanique profonde, des foyers sismiques de profondeurs différentes,
des volcans alignés parallèlement à la fosse et des roches magmatiques (andésites, rhyolites,
granodiorites). C’est une zone de subduction.
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• d
eux plaques continentales. Elle est alors caractérisée par de hauts reliefs (comme les Alpes),
un flux géothermique faible et des roches magmatiques (comme le granite) et sédimentaires et
métamorphisées (gneiss). On les appelle des zones de collision.
Le déplacement des plaques est quantifiable grâce à différentes méthodes:
Indices geodesiques:
des satellites permettent de repérer la position (latitude et longitude) exacte (au mm près) de récepteurs
à chaque instant. Ainsi suivant les positions des récepteurs au cours du temps, on peut reconstituer
le trajet du récepteur et donc du lieu de la plaque sur laquelle il se trouve, ainsi que sa vitesse de
déplacement.
Indices volcaniques:
des volcans intraplaques correspondent à des volcans de type points chauds (zone de remontée du manteau
profond à l’origine d’une activité volcanique). Les volcans sont alignés et seul un volcan est actif (celui situé
sous le point chaud) les autres sont éteints ce qui montre que la plaque s’est déplacée car le point chaud lui
est fixe. La datation de chaque volcan permet de retracer le mouvement et la vitesse de la plaque.
Indices sedimentaires:
de 1968 à 1980, le programme JOIDES permet de dater les sédiments et le plancher basaltique de la
croûte océanique. En connaissant l’âge des sédiments, on peut calculer la vitesse d’ouverture d’un océan.
Indices paleomagnetiques:
les basaltes formés au niveau des dorsales contiennent des minéraux ferromagnétiques qui enregistrent
l’orientation du champ magnétique du moment lors de leur cristallisation. On peut observer que de
part et d’autre de l’axe d’une dorsale, les anomalies négatives et positives sont des bandes alternées,
parallèles et symétriques. Connaissant la distance d’une bande d’anomalies à la dorsale et son âge grâce
à l’échelle magnéto-stratigraphique, il est possible de calculer la vitesse de déplacement des plaques
océaniques.
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