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Appel à articles sur influenceurs et médias

La revue MEI lance un appel à propositions d'articles pour son numéro #56 sur le thème des influenceurs et de la communication, avec une date limite pour les résumés fixée au 1er décembre 2022. Les articles doivent explorer les implications du marketing d'influence sur les pratiques médiatiques et les représentations sociales, en abordant des thématiques variées telles que la dépublicitarisation, les normes corporelles et les pratiques de réception. La publication est prévue pour début 2024, après une évaluation en double aveugle des articles soumis.

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Appel à articles sur influenceurs et médias

La revue MEI lance un appel à propositions d'articles pour son numéro #56 sur le thème des influenceurs et de la communication, avec une date limite pour les résumés fixée au 1er décembre 2022. Les articles doivent explorer les implications du marketing d'influence sur les pratiques médiatiques et les représentations sociales, en abordant des thématiques variées telles que la dépublicitarisation, les normes corporelles et les pratiques de réception. La publication est prévue pour début 2024, après une évaluation en double aveugle des articles soumis.

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Appel à proposition d’articles

Revue MEI – Médiation et Information


Numéro #56 - Parution début 2024

Influenceur-ses et communication

Coordination
Sébastien Appiotti, GRIPIC / CELSA - Sorbonne Université
Lucile Coquelin, CEMTI, Université Vincennes-Saint-Denis
Marine Malet, CARISM, Université Paris-Panthéon-Assas

Date limite de réception des résumés : 1er décembre 2022 (300 à 500 mots)

« Choisir de scruter ce que la publicité fait aux médias, dans leur forme et dans leur contenu ;
c’est penser ensemble la création médiatique et le financement de l’entreprise ; c’est tisser délibérément
ce qui est souvent analysé distinctement, à savoir les faits de culture et les questions économiques »
(Patrin-Leclère, 2014 : 41).

Face à l’évolution des réseaux sociaux numériques, les pratiques de marketing d’influence et de «
publicitarisation » (Patrin-Leclère, 2014) s'immiscent de plus en plus au sein des contenus, en particulier
audiovisuels et photographiques. Placements de produits, partenariats et jeux d’influence sont devenus
de véritables enjeux financiers et stratégiques pour les créateur-ices de contenus comme pour les
acteur-ices professionnel-les de la communication marchande. Ils se glissent dans les interfaces sous
forme de publications aux formats et aux temporalités variés.

Le marketing dit « d’influence » s’inscrit par ailleurs dans un continuum de pratiques publicitaires déjà
rodées par l’industrie télévisuelle et médiatique. Les placements de produits sur les réseaux sociaux
numériques ne sont pas sans rappeler la présence des marques au cinéma (Le Nozach, 2013) ou dans les
magazines. Ils reprennent des formes « d’hyperritualisation » (Goffman, 1977) des corps et promeuvent
un « idéal-social » (Goffman, 1977), s’inscrivant alors dans des « horizons d’attente » (Jauss, 1994 : 55)
constitués de normes sociales et d’habitudes. Ces pratiques modélisent également des « lectures
préférentielles » (Hall, 1972) d’un-e « lecteur-modèle » (Eco, 1985) qui cadrent, dans une certaine
mesure, la production des contenus et des pratiques de « décodage » plurielles de lecteur-ices (Hall,
1972).
Les placements de produits des influenceur-ses en circulation sur les réseaux sociaux numériques sont
conventionnalisés et participent à la production et reproduction d’une « version du monde » (Goffman,
1977) hégémonique, cadrée par l’industrie publicitaire et les valeurs encodées dans les « architextes »
(Jeanneret, Souchier, 1999) des réseaux sociaux numériques. D’autres versions du monde, plus à la
marge, sont à contrario mises au banc ou complètement évacuées par un processus de déshistorisation
rappelant la fonction du mythe (Barthes, 1957). Pour autant, on peut malgré tout observer le
développement et la promotion de pratiques contre-hégémoniques (citons par exemple le mouvement
du bodypositive ou encore les influenceur-ses refusant les placements de produits comme le youtubeur
Durendal).

S’intéresser aux placements de produits et plus généralement au marketing d’influence nous conduit à
interroger la figure de l’influenceur-se. Dans sa recommandation « Communication publicitaire digitale
1
», l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) définit l’influenceur-se comme un «
individu exprimant un point de vue ou donnant des conseils, dans un domaine spécifique et selon un
style ou un traitement qui lui sont propres et que son audience identifie ».

Aujourd’hui, l’influenceur-se n’est plus seul-e intermédiaire entre les marques qu’il-elle représente et son
audience : le marché de l’influence se révèle être en forte croissance, tant en volume que dans
l’apparition et la structuration d’un milieu professionnel (agences, annonceurs, plateformes
d’intermédiation). De la micro à la macro-influence, les contours de la professionnalisation tendent à se
dessiner et se consolider, faisant émerger divers sens, mécanismes et pratiques. On observe également
une porosité des frontières entre divers mondes professionnels, tandis que les pratiques
professionnelles du sponsoring ont tendance à affermir la valeur sociale et la crédibilité de l’influenceur-se
(Meyer, Legal, Durand, 2019)

À titre d’exemple, les candidat-es de télé-réalité sont parmi les personnalités les plus suivies en France
sur les réseaux sociaux numériques et sont dans leur grande majorité en contrat avec des agences
d’influence marketing2 gérant la médiation entre les marques et ses représentant-es. La plateforme
Youtube a également vu se développer des leaders de l’influence fitness tels que Tibo InShape ou Sissy
Mua dont les contenus participent à la promotion de compléments alimentaires ou de programmes de
sport - touchant ainsi à des questions de santé publique sensibles3. Les influenceur-ses, pour beaucoup «
certifié-es » personnalités publiques par les plateformes, proposent donc aux internautes des contenus
en apparence dépublicitarisés (Marti, 2014), insérés dans le quotidien (Marty, 2021), sous forme de

1
ARPP, Recommandation publicitaire digitale, URL :
https://www.arpp.org/actualite/communication-influenceurs-marques/
2
Au cœur de l’actualité médiatique de la rentrée 2022, l’affaire « Booba-Berdah » est sous la lumière des projecteurs de la
presse d’information comme Mediapart ou Complément d’enquête (France 2). Se positionnant comme un lanceur d’alerte, le
rappeur Booba est en conflit ouvert avec Magali Berdah et son agence d’influenceur-ses : Shauna Events. Défrayant souvent
la chronique pour des placements de produits issus du dropshipping ou « frauduleux », (signalés tout au long de l’année
2021-2022 notamment par Sam Zirah dans son émission Youtube AJA), Magali Berdah dénonce de son côté l’appel à la
haine et le cyberharcèlement qu’opérerait le rappeur en ligne (https://youtu.be/YQ9y1mkmQko).
3
Durant l’été 2022, Tibo InShape s’est vu reprocher d’avoir déclaré dans une vidéo de motivation la phrase « rien à foutre
de ta dépression » afin d’encourager les internautes à pratiquer la musculation. Cette polémique a mis en lumière certains
mythes en circulation sur le traitement médiatique de la santé mentale en ligne et la nécessité d’informer davantage à ce sujet.
Cette dernière thématique est en effet de plus en plus abordée par les influenceur-ses fitness sur Youtube. Par exemple,
Antoine Fombonne dévoilait à ses abonné-es souffrir d’un burn-out (https://youtu.be/5gTGkrr4I9o) résultant en partie de
son mode de vie d’influenceur et de la surexposition médiatique. Il explique notamment avoir réalisé une « détox numérique
» et avoir coupé Instagram plusieurs semaines pour retrouver une meilleure santé mentale
(https://youtu.be/eZeJ225aWGo).
placements de produits rémunérés par des marques, tout en se faisant les vecteurs de normes et
représentations sociales hégémoniques.

Si l’omniprésence de ce marketing d’influence et de leur représentant-es sur les plateformes numériques


est grandissant, la notion « d’influenceur-se » demeure peu étudiée et questionnée en Sciences de
l’Information et de la Communication, tout en étant au carrefour de plusieurs champs d’études :
approches critiques des médiations marchandes (Marti, 2019), définition et évolution des formes
publicitaires et médiatiques (Berthelot-Guiet, Marti, Patrin-Leclère, 2014 ; Aubrun, Marti,
Patrin-Leclère, 2021), travaux sur les amateur-ices et les communautés de fans (Jenkins, 2006 ; Flichy,
2010 ; Bourdaa, 2013), réflexions sur le storytelling des marques (Marty, 2021) et les professionnel-les de
la communication (Peirot, Roginsky, 2019 ; Desmoulins, Alloing, Mohli, 2018 ; Grignon, 2020). De
quelle manière le marketing d’influence contribue à reconfigurer les pratiques en ligne et les
représentations en circulation sur les réseaux sociaux numériques ? Qu’est-ce qui caractérise les formes
de publicitarisation des contenus circulant en ligne ?

En interrogeant les liens entre influenceur-ses, pratiques numériques et représentations sociales, les
propositions attendues pourront s’inscrire, de manière non limitative, dans les thématiques
suivantes :
- Stratégies de (dé)publicitarisation et pratiques professionnelles des influenceur-ses :
écriture et partage de soi ; intimité ; médiations marchandes ; coopération avec des
professionnel-les de l’influence ; acquisition, conversion et fidélisation de communautés ;
métriques.
- Dispositifs, temporalités et monstration de la réalité : scénarisation, sérialisation et
fictionnalisation des contenus ; intericonicité ; discontinuités narratives et interprétatives ;
publics et temporalités.
- Normes corporelles et reconfigurations des représentations de la société : normes de
genre ; normes de race ; norme de classe ; normes de santé ; représentations des corps
normaux/normés et/ou marginaux/subversifs ; idéaux-types corporels (beauté, musclé, genré,
blanchité, valide, sain), politique des corps ; inclusivité ; approches intersectionnelles.
- Pratiques de réception des publics d’influenceur-ses : jeunes et influence (youth studies),
cultural studies ; buzz, polémiques (Maëva Ghennam, 2021 ; Booba vs. Magali Berdah, 2022, etc.)
et visibilité ; dramaturgie des problèmes publics ; éthique ; sociologie des publics.

Calendrier prévisionnel et consignes aux auteur-ices

Les propositions devront être envoyées aux coordinateur-ices du numéro


[email protected], [email protected] et [email protected]

Les propositions devront comporter :


• un titre ;
• un résumé de 300 à 500 mots ;
• 5 mots-clés ;
• les informations sur læ ou les auteur-ices : nom, affiliation institutionnelle, fonction, adresse
professionnelle, numéro de téléphone et courriel, courte bio-bibliographie (5 à 10 lignes).
Les propositions d’article sont à envoyer au plus tard le 1er décembre 2022. À partir des évaluations
du Comité de lecture, la direction du numéro de MEI sélectionnera les propositions et en informera les
auteur-ices le 15 décembre 2022.

Les articles complets sont d’un format de 20 000 à 25 000 signes (espaces, notes et bibliographie
incluses) et devront être remis aux coordinateur-ices du numéro, au plus tard le 15 mars 2023. Il est
demandé aux auteur-ices de bien vouloir respecter les consignes éditoriales de la
revue : https://mei-info.com/wp-content/uploads/2019/02/MEI-Consignes-aux-auteurs1.pdf.

Les articles complets seront évalués en double aveugle. Les retours aux auteur-ices se feront au plus
tard le 15 mai 2023. Pour les articles retenus, les articles corrigés devront être remis au plus tard le 15
juillet 2021.

La publication du numéro est prévue pour le début de l’année 2024.

Bibliographie
Aubrun, F., Marti, C. & Patrin-Leclère, V. (2021). Questionner les concepts Pub*. Communication &
management, 18, 5-10. https://doi.org/10.3917/comma.182.0005

Barthes, R. (1957). Mythologies, Paris : Seuil

Berthelot-Guiet, K., Marti, C., Patrin-Leclère, V. (2014). La fin de la publicité ? Tours et contours de la
dépublicitarisation, Lormont : Le Bord de l’eau

Bourdaa, M. (2013). “Le transmedia storytelling”. Terminal, n° 112,


https://doi.org/10.4000/terminal.447

Cardon, D., Delaunay-Téterel, H. (2006). “La production de soi comme technique relationnelle. Un
essai de typologie des blogs par leurs publics”, Réseaux volume 4, no 138, pp.15-71

Charest, F., Alcantara, C., Lavigne, A., Moumouni, C. (2017). E-réputation et influenceurs dans les médias
sociaux. Nouveaux enjeux pour les organisations. Québec : Presses Universitaires du Québec.

Desmoulins, L., Alloing, C. et Mohli, V. (2018). L’influence n’est-elle que donnée(s) ? Médiations et
négociations dans les agences de communication « influenceurs ». Communication & Organisation, volume
2, n°54, pp. 29-40, https://www.cairn.info/revue-communication-et-organisation-2018-2-page-29.htm.
Eco, U. (1985). Lector in fabula ou La coopération interprétative dans les textes narratifs. Paris : Grasset

Flichy, P. (2010). Le Sacre de l’amateur. Paris : Seuil

Goffman, E. (1977). « La ritualisation de la féminité », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 14,
pp.34-50, https://www.persee.fr/doc/arss_0335- 5322_1977_num_14_1_2553

Hall, S. ([1972] 1994), « Codage/décodage » Réseaux, volume 12, n°68, pp. 27-39

Jauss, H-R. ([1978] ; 1994) Pour une esthétique de la réception, Gallimard

Jeanneret, Y., Souchier, E. (1999). Pour une poétique de l’écrit d’écran, Xoana, n°6, pp. 97-107.
Jenkins H., (2006). Convergence culture : where old and new media collide. New York, États-Unis : New York
University Press

Le Nozach, D. (2013). Les produits et les marques au cinéma. Paris : L’Harmattan

Marti, C. (2019). Les médiations culturelles des marques : une quête d’autorité. Londres, Grande-Bretagne :
ISTE éditions

Marty, S. « “Swipe up” et “codes promo” : quand les influenceurs donnent vie à un storyliving dédié aux
marques ». Communication & management, n°18, Vol.1,
https://www.cairn.info/revue-communication-et-management-2021-1-page-47.htm

Meyer, T., Legal, J-B., François Durand, F. (2019). « Le sponsoring comme signal de la valeur sociale
des influenceurs dans les médias sociaux : effet d’un avertissement sur l’adhésion à la persuasion ».
4ème colloque de psychologie sociale de la communication : De la communication interpersonnelle aux
interactions virtuelles, Metz, France. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03295844/

Peirot N., Roginsky, S. (2019). “Mesurer la communication ? Ce que les outils de mesure font à la
professionnalisation de la communication”, Communication et professionnalisation, n°9,
https://doi.org/10.14428/rcompro.vi9.54983

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