Université Bilingue Année 2024 - 2025
Mathématique Licence L1
Nom : KÉÏTA
Prénom : Cheick Hamala
Tel : 74 41 70 87 / 62 21 43 70
E-mail : k_cheickhamala@[Link]
cheickhamalak9@[Link]
2
Table des matières
1 Logique et Raisonnements Mathématiques 4
1.1 Logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Raisonnements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 TD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2 Limites Continuité et dérivabilité 10
2.1 Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.3 Dérivabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.4 Rolle, accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Primitive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.6 Calculs d’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3 Fonctions usuelles 21
3.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2 Fonctions logarithmes, exponentielles et puissances . . . . . . . . . . . . . . . 21
3
Logique et Raisonnements Mathématiques
1
1.1 Logique
1.1.1 Assertion
Une assertion est une phrase qui est soit vraie, soit fausse, pas les deux à la fois.
Exemple :
(a) Il fait froid.
(b) je suis plus intelligent que toi.
(c) 2 + 3 = 5.
(d) 3 × 8 = 26.
(e) ∀ x ∈ R; x2 > 0
Soient P et Q deux assertions.
Si P est une assertion et Q une autre assertion, nous allons définir de nouvelles assertions
construites à partir de P et de Q.
L’opérateur logique et (∧)
L’assertion "P ∧ Q" est vraie lorsque P et Q sont à la fois vraie. Sinon L’assertion est fausse
dans les autres cas.
Il est possible de resumé ceci en une table de verité :
Table 1.1 – table de verité de P ∧ Q
P Q P ∧Q
V V V
V F F
F V F
F F F
Exemple :
Soit P l’assertion : "Cette carte est un roi" et Q l’assertion : "La même carte est un pique".
L’assertion P ∧ Q est vraie si la carte est un roi de pique.
L’opérateur logique ou (∨)
L’assertion P ∨Q est vraie si l’une (au moins) des deux assertions P ∨Q est vraie. L’assertion
4
P ∨ Q est fausse dans les autres cas.
On reprend ceci dans la table de vérité :
Table 1.2 – table de verité de P ∨ Q
P Q P ∨Q
V V V
V F V
F V V
F F F
Si P est l’assertion : "Cette carte est un as" et Q l’assertion : "Cette carte est cœur" alors
l’assertion P ∨ Q est vraie si la carte est un as ou bien un cœur (en particulier elle est vraie
pour l’as de cœur).
Remarque :
Pour définir les opérateurs "ou", "et" on fait appel à une phrase utilisant les mots ou, et !
Les tables de vérités permettent d’éviter ce problème.
La négation non (⌉) :
Soit P une assertion, on définit la négation de l’assertion P par "nonP " ou encore ⌉P .
L’assertion ⌉P est vraie si P est fausse, et fausse si P est vraie.
Dressons la table de vérité pour la négation de P (nonP )
Table 1.3 – ⌉P
P V F
⌉P F V
L’implication : =⇒
La définition mathématique l’implication (=⇒) est la suivante :
L’assertion ⌉P ∨ Q est noté P =⇒ Q
L’aseertion P =⇒ Q est fausse lorsque P vraie et Q fausse, et vraie dans les autres cas.
Sa table de verité est la suivantes :
Table 1.4 – table de verité de P =⇒ Q
P Q P =⇒ Q
V V V
V F F
F V V
F F V
L’assertion P =⇒ Q se lit P implique Q. Elle se lit souvent aussi "si P est vraie alors Q est
vraie » ou « si P alors Q.
Négation de l’implication
⌉(P =⇒ Q) ⇐⇒ P et ⌉Q
5
Exemple : Repondez par vraie ou faux les assertions suivante tout en justifiant votre re-
ponse.
√
(a) 0 ≤ x ≤ 49 =⇒ x ≤ 7 (cette assertion est vraie, lorqu’on utilise la racine)
(b) x ∈ ] − ∞; −4[=⇒ x2 + 3x − 4 > 0 (c’est une assertion vraie car la limite en −∞ de la
fonction x2 + 3x − 4 donne +∞ et en −4 donne 0)
(c) sin(θ) = 0 =⇒ θ = 2π (Cette assertion est fausse car pour θ = 0 nous avons sin(θ) = 0)
√
(d) 4 + 8 = 6 =⇒ 7 = 7 (cette assertion est fausse, voir la denièr de la table de vérité de
P =⇒ Q)
L’équivalence ⇐⇒
L’équivalence est définie par :
(P ⇐⇒ Q) est l’assertion (P =⇒ Q) et (Q =⇒ P )
On dira P est équivalent à Q ou P équivaut à Q ou P si et seulement si Q. Cette assertion
est vraie lorsque P et Q sont vraies ou lorsque P et Q sont fausses. La table de vérité est :
Table 1.5 – table de verité de P ⇐⇒ Q
P Q P ⇐⇒ Q
V V V
V F F
F V F
F F V
Exercice : Demontrez l’équivalence suivantes :
(⌉P ∨ Q) ⇐⇒ (P =⇒ Q)
en utilisant la table de vérité.
Proposition 1.
1. p ⇐⇒⌉(⌉P )
2. (P ∧ Q) ⇐⇒ (Q ∧ P )
3. (P ∨ Q) ⇐⇒ (Q ∨ P )
4. ⌉(P ∧ Q) ⇐⇒ (⌉P ∨ ⌉Q)
5. ⌉(P ∨ Q) ⇐⇒ (⌉P ∧ ⌉Q)
6. P ∧ (Q ∨ R) ⇐⇒ (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R)
7. P ∨ (Q ∧ R) ⇐⇒ (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R)
8. (P =⇒ Q) ⇐⇒⌉Q =⇒⌉P
Preuve en exercice :
1.1.2 Quantificateur
Le quantificateur ∀ : pour tout ou quelque soit
Une assertion P peut dépendre d’un paramètre x, par exemple : x2 ≥ 1, l’assertion P (x) est
vraie ou fausse selon la valeur de x.
6
L’assertion
∀ x ∈ E P (x)
est une assertion vraie lorsque les assertions P (x) sont vraies pour tous les éléments x de
l’ensemble E.
On lit "Pour tout x appartenant à E, P (x)", sous-entendu "Pour tout x appartenant à
E, P (x) est vraie".
Exemple : Repondez par vraie ou faux les assertions suivantes :
• ∀ x ∈ [1, +∞[; (x2 ≥ 1) est vraie
• ∀ x ∈ R (x2 ≥ 1) faux car pour x = 0 on a 0 ≥ 1 qui n’est pas vraie
• ∀ n ∈ N n(n + 1) est divisible par 2 est vraie
Le quantificateur ∃ : il existe
L’assertion
∃x ∈ E P (x)
est une assertion vraie lorsque l’on peut trouver au moins un x de E pour lequel P (x) est
vraie. On lit «il existe x appartenant à E tel que P (x) (soit vraie).
Exemple : Verifier si les assertions suivantes sont vraie ou fausse.
• ∃ x ∈ R (x(x − 1) < 0)
• ∃ n ∈ N n2 − n > n
• ∃ x ∈ R (x2 = −1)
La négation des quantificateurs
La négation de ∀ x ∈ E P (x) est ∃ x ∈ E ⌉P (x).
Exemple :
La négation de ∀ x ∈ [1, +∞[ (x2 ≥ 1) est l’assertion ∃ x ∈ [1, +∞[. En effet la négation de
x2 ≥ 1 est ⌉(x2 ≥ 1) mais s’écrit plus simplement x2 < 1.
La négation de ∃ x ∈ E P (x) est ∀ x ∈ E ⌉P (x).
Exemples :
• La négation de ∃ z ∈ C (z 2 + z + 1 = 0) est ∀ z ∈ C (z 2 + z + 1 ̸= 0).
• La négation de ”∀ x ∈ R (x + 1 ∈ Z)” est ”∃ x ∈ R (x + 1 ∈ / Z)”.
• Il n’est pas plus difficile d’écrire la négation des phrases complexes.
Pour l’assertion :
∀ x ∈ R ∃ y > 0 , (x + y > 0)
La négation de cette assertion est :
∃x ∈ R, ∀ y>0, (x + y ≤ 0)
Remarques :
L’ordre des quantificateurs ∀ , ∃ est très important. Soit Les deux logiques suivantes :
∀ x ∈ R , ∃ y ∈ R (x + y > 0) et ∃ y ∈ R , ∀ x ∈ R (x + y > 0)
sont différentes. La première est vraie, mais la seconde est fausse.
∀ x ∈ R , ∃ y ∈ R (x + y > 0) se lit "pour tout réel x, il existe un réel y (y peut dépendre
de x) tel que x+y > 0". On peut donc prendre y = |x|+α; α > 0. Alors c’est une assertion vraie.
∃ y ∈ R , ∀ x R (x + y > 0) se lit "il existe un réel y, tel que pour tout réel x x + y > 0"
Cette phrase est fausse, cela ne peut pas être le même y qui convient pour tous les x !
7
1.2 Raisonnements
Il existe plusieurs type de raisonnement classique :
1.2.1 Raisonnement direct
Lorsqu’on veut montrer que l’assertion p =⇒ q est vraie on suppose que l’assertion p vraie
puis on montre alors que l’assertion q est vraie.
Exemple :
1. Montrez que si a et b sont deux entiers naturels alors a + b, an ∗ bn sont des entiers
naturels.
a
2. Montrez que si a ∈ Q et b ∈ Q alors a + b ∈ Q ; b
∈ Q et a ∗ b ∈ Q
1.2.2 Contraposée
Le raisonnement par contraposition est essentiellement basé sur l’équivalence suivante
(voir la proposition 1) :
L’assertion P =⇒ Q est équivalente à ⌉Q =⇒⌉P
Lorsqu’on souhaite montrer l’assertion P =⇒ Q, on montre en fait que si ⌉Q est vraie alors
⌉P est vraie.
1.2.3 Récurrence
Le principe de récurence permet de montrez qu’une relation p(n) est vraie, dépendant de
n, est vraie pour tout n ∈ N. La démonstration par recurence se faite en trois étapes
suivantes :
• Initialisation : Démontrer que p(0) est vraie.
• Hérédité : On suppose p(n) vraie pour tout n > 0 et on démontre que l’assertion p(n + 1)
est vraie.
• Conclusion : On rappelle que par le principe de récurrence P (n) est vraie pour tout n ∈ N.
Exemple :
Montrer que pour tout n ∈ N , 2n > n.
1.3 TD
Exercice 01 :
Ecrire les contracposées des implications suivantes et les démontrer. n est un entier naturel,
x et y sont des réels.
1. n premier =⇒ n = 2 ou n est impair,
2. xy ̸= 0 =⇒ x ̸= 0 et y ̸= 0,
3. x ̸= y =⇒ (x + 1)(y − 1) ̸= (x − 1)(y + 1)
8
Exercice 02 :
Ecrire les réponses aux questions suivantes, portant sur des entiers naturels, sous la forme
d’assertions mathématiques (écrites avec les symboles ”∀”, "et", "ou", ” =⇒ ”, ” ⇐⇒ ”) et
les prouver.
1. Le produit de deux nombres pairs est-il pair ?
2. Le produit de deux nombres impairs est-il impair ?
3. Le produit d’un nombre pair et d’un nombre impair est-il pair ou impair ?
4. Un nombre entier est-il pair si et seulement si son carré est pair ?
Exercie 03 :
Soient les quatre assertions suivantes :
1. ∃ x ∈ R , ∀ y ∈ R , x + y > 0
2. ∀ x ∈ R , ∃ y ∈ R , x + y > 0,
3. ∃ x ∈ R , ∀ y ∈ R , y 2 > x,
4. ∀ ϵ ∈ R∗+ , ∃ α ∈ R∗+ , |x| < α =⇒ |x2 | < ϵ
Les assertions 1, 2, 3 et 4 sont elles vraies ou fausses ? Donner leurs négations.
9
Limites Continuité et dérivabilité
2
2.1 Limites
2.1.1 Définition intuitive
Limite finie en un point a
Soient f : D −→ R une fonction a ∈ R ∪ {± ∞} et l ∈ R ∪ {±∞}.
Dire que f admet l comme limite en a noté
lim f (x) = l ,
x→a
signifie que f (x) est aussi proche de l que l’on veut en prenant x suffisamment proche de a.
À ne pas oublier
a. Il existe deux définitions qui diffèrent lorsque a ∈ D
b. Pour que la notion de limite en a ait du sens, il faut que a soit infiniment proche de D
c. Si a ∈ R : on supposera que :
• soit D contient a,
• soit D est un intervalle dont a est un bord,
• soit D = I\ {a} où I est un intervalle contenant a non-réduit à un point.
Plus généralement, il faut que a soit adhérent à D, notion qui n’est pas au programme.
d. Si a = +∞, il faut que D ne soit pas majoré (en pratique D = [b, +∞[ ou D =]b, +∞[).
e. Si a = −∞, il faut que D ne soit pas minoré (en pratique D =] − ∞, b] ou D =] − ∞, b[).
lim f (x) = l,
x→a
signifie que
∀ ϵ > 0 , ∃ η > 0, ∀ x ∈ D |x − a| ≤ η =⇒ |f (x) − f (a)| ≤ ϵ
2.1.2 Limite +∞ en un point : a ∈ R et l = +∞
lim f (x) = +∞,
x→a
signifie que
∀ M > 0 , ∃ η > 0, ∀ x ∈ D |x − a| ≤ η =⇒ f (x) ≥ M
10
2.1.3 Limite en +∞ : a = +∞
lim f (x) = +∞,
x→a
signifie que
∀ ϵ > 0 , ∃ N ∈ R, ∀ x ∈ D , x ≥ N =⇒ |f (x) − l| ≤ ϵ
2.1.4 Pour les autres cas
•
lim f (x) = l signifie que ∀ ϵ > 0 , ∃ η > 0 , ∀ x ∈ D , |x − a| ≤ η =⇒ |f (x) − l| ≤ ϵ
x→a
•
lim f (x) = +∞ signifie que ∀ M ∈ R , ∃ η > 0 , ∀ x ∈ D , |x − a| ≤ η =⇒ f (x) ≥ M
x→a
•
lim f (x) = −∞ signifie que ∀ M ∈ R , ∃ η > 0 , ∀ x ∈ D , |x − a| ≤ η =⇒ f (x) ≤ M
x→a
•
lim f (x) = l signifie que ∀ ϵ > 0 , ∃ N ∈ R , ∀ x ∈ D , x ≥ N =⇒ |f (x) − l| ≤ ϵ
x→+∞
•
lim f (x) = +∞ signifie que ∀ M ∈ R, ∃ N ∈ R, ∀ x ∈ D, x ≥ N =⇒ f (x) ≥ M
x→+∞
•
lim f (x) = −∞ signifie que ∀ M ∈ R, ∃ N ∈ R, ∀ x ∈ D, x ≥ N =⇒ f (x) ≤ M
x→+∞
•
lim f (x) = +∞ signifie que ∀ M ∈ R, ∃ N ∈ R, ∀ x ∈ D, x ≤ N =⇒ f (x) ≥ M
x→−∞
•
lim f (x) = −∞ signifie que ∀ M ∈ R, ∃ N ∈ R, ∀ x ∈ D, x ≤ N =⇒ f (x) ≤ M
x→−∞
2.1.5 Limites à droite et à gauche en un point
f admet l pour limite à gauche en a si la restriction f|]−∞, a[∩D tend vers l en a, on note alors
lim f (x) := lim f|]−∞, a[∩D =l
x→a− x→a
f admet l pour limite à droite en a si la restriction f|]a, +∞[∩D tend vers l en a, on note alors
lim f (x) := x→a
lim f|]a, +∞[∩D =l
x→a+
Par définition, les limites à droite et à gauche en a ne tiennent pas compte de la valeur de
la fonction en a : l’intervalle est ouvert en a.
Ainsi
lim f (x) = l ⇐⇒ ∀ ϵ > 0 , ∃ η > 0 , ∀ x ∈ D , 0 < a − x < η =⇒ |f (x) − l| ≤ ϵ
x→a−
et
lim f (x) = l ⇐⇒ ∀ ϵ > 0 , ∃ η > 0 , ∀ x ∈ D , 0 < x − a < η =⇒ |f (x) − l| ≤ ϵ
x→a−
11
2.1.6 Proposition 1
Soient f : D −→ R où D =]b, a[∪]a, c[ avec b < a < c et l ∈ R ∪ {±∞}.
Si
lim− f (x) = lim+ f (x) = l alors x→alim f (x) = l
x→a x→a
2.1.7 Proposition 2
Supposons que lim f et lim g existent (finies ou infinies), alors :
∀ x ∈ D; f (x) ≤ g(x) =⇒ lim f (x) ≤ lim g(x)
NB Après passage à la limite, une inégalité stricte peut devenir large :
∀ x ∈ R; ex > −ex mais lim ex = 0 = lim −ex
x→−∞ x→−∞
2.1.8 Théorème 1
∀ x ∈ D; f (x) ≤ g(x) ≤ h(x)
=⇒ lim g = l
lim f = lim h = l ∈ R
Exo d’application
f : ]0, +∞[ −→ R g : R\{0} −→ R
sin x et
x 7−→ x
x 7−→ x sin x1
Calculer la limite suivante :
lim f (x) ; lim g(x)
x→+∞ x→0
2.1.9 Proposition 3
limx→a f (x) = b
=⇒ lim (g ◦ f ) (x) = c
x→a
limx→b g(x) = c
2.1.10 Théorème 2
Soient a, b > 0 alors
eax b ax (ln x)b
lim = +∞ ; lim |x| e =0; lim =0; lim+ xa | ln x|b = 0
x→+∞ xb x→−∞ x→+∞ xa x→0
2.1.11 Limites et valeur absolue
lim f (x) = l ⇐⇒ lim |f (x) − l| = 0
x→a x→a
Si l = 0 alors on a :
lim f (x) = 0 ⇐⇒ x→a
x→a
lim |f (x) − 0| = x→a
lim |f (x)| = 0
Exo d’application Calculer la limite suivante en utilisant la valeur absolue
sin x
lim
x→+∞ x
12
2.1.12 Proposition 4
Soient f, g : D −→ R et a ∈ R ∪ {±∞} si
f est bornée
Alors lim f (x)g(x) = 0
x→a
limx→a g(x) = 0
2.1.13 Limites et asymptotes
Soit f : D −→ R une fonction où D n’est pas majorée (resp. minorée).
lim {f (x) − (ax + b)} = 0 resp. lim {f (x) − (ax + b)} = 0
x→+∞ x→−∞
Remarque : Si
!
f (x) f (x) − (ax + b) b
lim {f (x) − (ax + b)} = 0 Alors = +a+ −−−−→ 0 + a + 0 = a
x→+∞ x x x x→+∞
On en déduit le plan d’étude suivant :
1.
f (x) f (x)
Si lim exixste et est finie alors on pose a := lim .
x→+∞ x x→+∞ x
Sinon, f n’admet pas d’asymptote en +∞.
2.
Si lim {f (x) − ax} existe et est finie alors on pose b := lim {f (x) − ax} .
x→+∞ x→+∞
Sinon f n’admet pas d’asymptote en +∞
3. Alors y = ax + b est asyptote à la courbe représentative de f en +∞
2.2 Continuité
2.2.1 Définition 1
Soit f : D −→ R une fonction, et a ∈ D. On dit que f est continue en a si f admet une limite
en a, c’est à dire si :
lim f (x) = f (a)
x→a
2.2.2 Définition 2
Soit f : D −→ R une fonction, et a ∈ D\D. On dit que f est prolongeable par continuité en
a s’il existe une fonction g : D ∪ {a} −→ R continue en a telle que g|D = f .
D est l’ensemble des points adhérents à D.
Soit D une partie de R, et soit a ∈ R. On dit que a est adhérent à D s’il existe une suite
d’éléements de D qui converge vers a.
2.2.3 Continuité sur un intervalle
Une fonction est continue sur un intervalle I de R, si sa courbe représentative peut se tracer
sans lever le crayon.
Si une fonction f continue sur I si f est continue en tout point de I
13
2.2.4 Proposition
Soit f : D −→ R une fonction, et soit a ∈ D\D. Alors f est prolongeable par continuité en a
si et seulement si f admet une limite (finie) en a.
2.3 Dérivabilité
2.3.1 Dérivabilité en un point a
Soit f : I −→ R une fonction numérique et soit a ∈ I. On dit que la fonction f est dérivable
en a si la limite
f (a + h) − f (a)
lim
h→0 h
existe et est finie. Cette limite s’appelle la dérivée de f est a, on note f ′ (a). La valeur trouver
après le calcul de la limite s’appelle le nombre dérivé de f au point a.
Cette dérivabilitée peut être calculé aussi par la limite suivante :
f (x) − f (a)
lim
x→a x−a
lorsque la limite existe et est finie on pose
f (x) − f (a)
f ′ (a) = lim
x→a x−a
2.3.2 Interprétation géométrique de la dérivée
Lorsque f est dérivable en a, alors la courbe représentative de la fonction f admet une
tangente au point (a, f ′ (a)), de coefficient directeur (ou la pente) f ′ (a).
2.3.3 Equation de la tangente en a
L’équation de la tangente à la courbe représentative de f au point d’abscisse a est :
(Ta ) : y = f ′ (a)(x − a) + f (a)
Lorsqu’on veut déterminer la la tangente en un point A(a, b), la formule à utilisé est la
suivante :
(T ) : y = f ′ (a)(x − a) + b avec f (a) = b
2.3.4 Dérivabilité sur un ensemble
Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R.
La fonction f est dite dérivable sur I si et seulement si pour tout réel a ∈ I, f est dérivable
en a.
La fonction définie sur I qui, à tout réel x ∈ I, associe le nombre dérivé de f en x est
appelée la fonction dérivée de f . Cette fonction est notée f ′ .
2.3.5 Dérivées des fonctions usuelles
Exemple :
Soit g la fonction définie sur R par f (x) = 4x2 − 1.
1. Démontrer que g est dérivable en -2 et justifier que g ′ (−2) = −16.
2. Démontrer que g est dérivable en x ∈ R et justifier que f ′ (x) = 8x.
14
2.3.6 Dérivée d’une fonction constante
Soit f une fonction définie sur R par f : x 7−→ k, k ∈ R. Alors f est dérivable sur R et
∀ x ∈ R, f ′ (x) = 0.
Preuve :
2.3.7 Dérivée d’une fonction affine
Soit f une fonction définie sur R par f : x 7−→ ax + b, (a, b) ∈ R2 . Alors f est dérivable sur
R et ∀ x ∈ R, f ′ (x) = a.
Preuve :
2.3.8 Dérivée d’une fonction carrée
Soit f une fonction définie sur R par f : x 7−→ x2 . Alors f est dérivable sur R et ∀ x ∈
R, f ′ (x) = 2x.
Preuve :
2.3.9 Dérivée d’une fonction cube
Soit f une fonction définie sur R par f : x 7−→ x3 . Alors f est dérivable sur R et ∀ x ∈
R, f ′ (x) = 3x2 .
Preuve :
2.3.10 Dérivée d’une fonction inverse
Soit f une fonction définie sur R∗ par f : x 7−→ 1
x
. Alors f est dérivable sur R et ∀ x ∈
R, f ′ (x) = − x12 .
Preuve :
2.3.11 Dérivée d’une fonction de la forme xn
Soit f une fonction définie sur R par f : x 7−→ xn . Alors f est dérivable sur R et ∀ x ∈
R, f ′ (x) = nxn−1 .
Preuve :
2.3.12 Dérivée d’une fonction racine carrée
√
Soit f une fonction définie sur [0, +∞[ par f : x 7−→ x. Alors f est dérivable sur ]0, +∞[
et ∀ x ∈ ]0, +∞[, f ′ (x) = √1x .
Preuve :
15
2.3.13 Dérivée de la fonction valeur absolue
Soit f la fonction valeur absolue définie sur R par :
x si x ≥ 0
f (x) = |x| =
−x si x < 0
Alors la fonction f est dérivable sur R∗− [ et sur R∗+ et on a :
1 si x ≥ 0
′ ′
f (x) = |x| =
−1 si x < 0
En particulier, la fonction valeur absolue n’est pas dŕivable en 0.
Preuve :
Opération sur les dérivées
2.3.14 Dérivée de ku
Soit u une fonction définie et dérivable sur un intervalle I et k un réel. Alors la fonction
7 → k × u(x) est définie et dérivable sur I et (ku)′ = ku′ .
ku : x −
Preuve :
..
.
2.3.15 Tableau récapitulatif des dérivées des fonctions usuelles
fonction f (x) dérivée f ′ (x) domaine de définition Df
k 0 R
ax + b a R
x2 2x R
x3 3x2 R
xn nxn−1 R
1
− x12 R∗
√x 1
x √
2 x
[0; +∞[
(
1 si x > 0
|x| R
−1 si x < 0
2.3.16 Autres formules de la dérivées
16
Fonction Domaine de dérivabilité Dérivé
Dérivée des fonctions usuelles
ln x R∗+ 1
x
ex R ex
α
R∗ − xα2
√
x
α x R∗+ α
√
2 x
n
ax , n ∈ R R∗+ n · a · xn−1
ax R a
a R 0
Dérivée des fonctions trigonométrique
cos x R − sin x
sin x i
R h
cos x
π π
tan x − 2 + kπ; 2 + kπ 1 + tan2 = cos12 x
1
arccos x ] − 1; 1[ − √1−x 2
arcsin x ] − 1; 1[ √ 1
1−x2
1
arctan x R 1−x2
Opération sur les dérivées
fonction f, g Dérivée
f +g f ′ + g′
f ·g f ′g + g′f
f f ′ ·g−g ′ ·f
g g2
′ ′
g◦f f ×g ◦f
Pn
(g · f )n k (k) (n−k)
k=0 Cn f g
′
(f −1 ) 1
f ′ ◦f −1
2.3.17 Opération sur les dérivées
Opération sur les dérivées (suite)
k·u k · u′
′
1
u
− uu2
un nu′ un−1
√ u′
u √
2 u
eu u′ eu
u′
ln u u
sin u u′ cos u
cos u −u′ sin u
g(ax + b) a · g ′ (ax + b)
2.3.18 Sens de variation d’une fonction f
Soit f une fonction définie et dérivable sur un intervalle I. Pour connaitre les variations
d’une fonction f nous avons besoin du signe de sa dérivée sur un intervalle I de R.
1. Si f est croissante (ou strictement croissante) sur I, alors ∀ x ∈ I, f ′ (x) ≥ 0.
2. Si f est décroissante (ou strictement décroissante) sur I, alors ∀ x ∈ I, f ′ (x) ≤ 0.
3. Si f est constante sur I, alors ∀ x ∈ I, f ′ (x) = 0.
17
2.3.19 Extremum d’une fonction
Extremum local d’une fonction
Soit f une fonction définie et dérivable sur un intervalle I et soit x0 un réel de I qui ne soit
pas une borne de I.
• Dire que f (x0 ) est un maximum local (resp. minimum local) de f signifie qu’il existe un
intervalle ouvert J inclus dans I et contenant x0 tel que pour tout réel x de J, f (x) ≤ f (x0 )
(resp. f (x) ≥ f (x0 )).
• Dire que f (x0 ) est un extremum local de f signifie que f (x0 ) est un maximum local ou un
minimum local de f .
Extremum local et fonction dérivée
Soit f une fonction définie et dérivable sur un intervalle I et soit x0 un réel de I qui ne soit
pas une borne de I. Si f (x0 ) est un extremum local de f , alors f ′ (x0 ) = 0.
2.3.20 Propriété
Soit f une fonction définie et dérivable sur un intervalle I et soit x0 un réel de I qui ne soit
pas une borne de I. Si f ′ s’annule en x0 en changeant de signe, alors f (x0 ) est un extremum
local de f .
2.4 Rolle, accroissements finis
2.4.1 Théorème de Rolle
Première observation : si on trace une courbe dérivable entre deux points du plan, avec
même ordonnée au départ et à l’arrivée, alors il y a toujours un point où la tangente est
horizontale.
Figure 2.1 – Courbe avec une tangente horizontale
Théorème (Rolle) Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[,
telle que f (a) = f (b). Alors il existe c ∈ ]a, b[ tel que f ′ (c) = 0.
18
2.4.2 Théorème des accroissements finis
Question : que devient le théorème de Rolle dans le cas où f (b) ̸= f (a) ?
Réponse : le taux d’accroissement entre a et b est réalisable comme pente d’une tangente
en un certain point.
Figure 2.2 – Courbe avec une tangente horizontale
TD
Exercice 1 (appel)
1. Déterminer les limites suivantes
a.
3 3 2 x2 − 3x + 1 x+2
lim (x − x + 3) ; lim (−x + 4x − 2x + 1) ; lim ; lim
x→1 x→−3 x→0 2x + 3 x→−2 3x2 + 1
b. √
x+1 x2 − 4 3x − 9 x−1
lim 3 ; lim ; lim 2 ; lim
x→−1 x + 1 x→2 x2 − 5x + 6 x→3 x − 5x + 6 x→1 2x2 − 2
c.
√
x−2 x3 − 8 1−x−1 x+3
lim √ ; lim ; lim ; lim
x→2 x+7−3 x→2 3x2 − 12 x→0 x x→−3 x2 + 2x + 1
2. Déterminer la valeurs des limites suivantes :
a.
x+2 3x2 − 6x + 9
lim (−x3 + 3x2 − 7) ; lim (−x2 + 2x − 1) ; lim ; lim
x→−∞ x→+∞ x→+∞ x − 1 x→−∞ 5x2 − x − 3
b.
!
2 2x3 + 6x2 − 1
3 2
lim x+1− ; lim (−x − x + 6x − 2) ; lim
x→±∞ x−3 x→±∞ x→±∞ x2 + 3
c.
! !
5x2 − 4x + 3 −x3 + 3x2 − 6 −x2 − 3x + 2
lim ; lim lim
x→±∞ 6x4 + x3 − 6x2 − 1 x→±∞ 2x2 + 7x − 3 x→±∞ 3x2 − 5x + 3
19
Exercice 2
Soit f : ] − 1, +∞[−→ R la fonction définie par :
x
f (x) = √ √
1+ x2 − 1+x
Déterminer les limites de f , si elle existent, en 0 et en +∞.
Exercice 3
Déterminer les limites suivantes
√ √ √ √
1 + x − 1 + x2 1 + x − 1 + x2
a. lim ; b. lim
x→0 x x→+∞ x2
x ̸= 0
ln(1 + x2 ) ln x sin x
c. lim ; d. lim e. lim
x→0 sin2 x x→1 x−1 x→0 x
x ̸= 0
2.5 Primitive
2.6 Calculs d’intégrale
20
3
Fonctions usuelles
3.1 Rappel
3.1.1 Théorème 1 (Théorème de la bijection)
Soit I un intervalle et soit une application f : I −→ R. On note J = f (I). On suppose que la
fonction f est
1. continue sur I.
2. strictement monotone sur I.
alors la fonction f réalise une bijection de l’intervalle I sur l’intervalle J et sa bijection
réciproque f −1 est une fonction continue et strictement monotone sur J de même sens que
f.
3.1.2 Théroème 2 (Dérivation de la bijection réciproque)
Soit f : I −→ R. On suppose que :
1. f est strictement monotone sur l’intervalle I.
2. f est dérivable sur I.
3. ∀ x ∈ I, f ′ (x) ̸= 0
alors f réalise une bijection de l’intervalle I sur l’intervalle J = f (I) et son application
réciproque, f −1 est dérivable sur J et
′ 1
f −1 =
f ′ ◦ f −1
3.1.3 Théroème 3 (La dérivée d’une fonction est nulle sur un I si et
seulement si cette fonction est constante sur I)
Soit f : I −→ R. On suppose que :
f est dérivable sur un intervalle I.
Alors la fonction f est constante si et seulement si ∀ x ∈ I, f ′ (x) = 0.
3.2 Fonctions logarithmes, exponentielles et puissances
3.2.1 Logarithme népérien
On appelle logarithme népérien et on note ln l’unique primitive s’annulant en 1 de la fonction
définie sur R∗+ =]0; +∞[ : x 7→ x1
21
R∗+
−→ R
ln : Rx 1
x 7−→ 1 t dt
22