☰ Doctrine Malikite
Page
Ghusl
Quand le Ghusl (grande ablution) devient obligatoire et
quand il est recommandé
La façon la plus parfaite de faire Ghusl
Les obligations et les sunna du Ghusl
Remarques importantes
Quand le Ghusl (grande ablution) devient
obligatoire et quand il est recommandé
Laver le corps tout entier est nécessaire(obligatoire)
dans les cas suivants : écoulement séminal(que cela soit
en éveil(à cause du plaisir normal) ou en
sommeil(pollution nocturne) et non à cause d'une
maladie ou du froid ou de l'effet de l'immersion dans de
l'eau chaude...), relations sexuelles, cessation des règles,
cessation des lochies après une naissance.
L'émission du sperme à cause d'une maladie ou du froid
ou de l'effet de l'immersion dans de l'eau chaude
invalidera seulement la petite ablution.
Quelques situations où il est recommandé de faire
ghusl : pour la prière du vendredi(juste avant d’aller à la
mosquée), pour la prière de l'Aïd (les deux fêtes),quand
une personne se convertit à l'Islam (l’avis le plus connu
dans l’école malikite est que ce Ghusl est obligatoire dans
ce cas :voir Mawâhib al-jalîl tome I page 45) ...
Si ghusl est nécessaire, vous devez le faire avant la
prochaine prière obligatoire. Si c'est impossible, alors
purifiez-vous avec Tayammum pour la prière jusqu'à ce
que vous puissiez faire ghusl.
Quand faut-il refaire ses petites ou grandes
ablutions ? (Ibn abî Zayd Al-qirâwânî)
L’ablution (la petite) est obligatoire à la suite de la sortie,
par l’une des deux issues, d’urine, de féces (Ghâit) ou de
vent (rîh’’), ou de la sortie par la verge, de liquide
prostatique (madhy) ou de liquide post-urinaire (wady).
Le madhy est un liquide blanc et subtil émis lors de la
jouissance avec érection pendant les caresses amoureuses
ou au souvenir de ces caresses(il faudra procéder au
lavage complet de la verge du madhy). Quant au wady,
c’est un liquide blanc et épais émis immédiatement après
la miction. Son émission entraîne la même obligation que
l’urine.
Quand au maniyy (sperme), c’est le liquide jaillissant qui
sort au moment de la jouissance majeure dans le coït.
Son odeur rappelle celle du pollen du palmier mâle. Le
liquide (sexuel) émis par la femme est un liquide subtil et
jaune dont l’émission nécessite la purification de tout le
corps par lavage, comme à la suite des menstrues (hayd).
Quand au sang menstruiforme (Istihâda), il entraîne
seulement l’obligation de l’ablution. Pour la femme
atteinte de pertes de ce genre et pour l’homme atteint
d’incontinence d’urine, l’ablution est recommandée avant
chaque prière.
L’ablution(la petite) est encore obligatoire à la suite
d’obnubilation de la raison par un sommeil profond, à la
suite d’un évanouissement ou de l’ivresse ou d’un excès
de démence. Elle est encore rendue obligatoire par
l’attouchement ou le contact corporel ou le baiser si ces
gestes sont faits en vue de la jouissance (ou dans
l’intention du désir), ou pour l’homme quand il s’est
touché la verge. Si la femme touche ses propres parties
sexuelles, il y a divergence sur le point de savoir si cela
entraîne l’obligation de l’ablution (l’opinion prévalente
est que cela n’entraîne pas l’obligation de l’ablution pour
elle).
La purification par lavage (ghusl ou la grande ablution)
est obligatoire, comme nous l’avons dit, à la suite de
l’émission de sperme avec jouissance et ce pendant le
sommeil ou à l’état de veille, tant par l’homme que par la
femme. Elle est encore obligatoire lors de la cessation de
l’écoulement du sang des menstrues ou des lochies (nifâs)
ou par suite de l’intromission (de la totalité) du gland
dans les parties sexuelles ou érotogènes même sans
éjaculation.
La façon la plus parfaite de faire Ghusl
La façon la plus parfaite de faire Ghusl :
Se mettre dans un endroit propre (ceci est
mandûb).Laver les deux mains et enlever les souillures.
Emettre l'intention[1] (de se débarasser de la grande
impureté ou pour pouvoir accomplir les actes
cultuels(empéchés par la grande impureté) ou
d'accomplir l’obligation du lavage rituel), puis dire : «
bismillah » et laver les parties intimes (laver ainsi le sexe
en premier pour ne plus le toucher après (ou pendant) les
petites ablutions). Puis faire les petites ablutions
normalement (on peut retarder le lavage des pieds
jusqu’à la fin du Ghusl). Ensuite laver la tête trois fois,
faire bien attention aussi pour que l'eau pénètre bien à la
racine des cheveux(en frottant) puis laver les oreilles puis
la barbe en faisant bien pénétrer l’eau à son intérieure (à
la racine et la peau en frottant), puis laver le cou, les
épaules puis les aisselles puis le nombril (en utilisant son
doigt pour atteindre son creux) puis le dos... Ensuite
laver le côté droit du corps puis le côté gauche, puis la
jambe droite et la jambe gauche...(Commencer de
préférence donc par les parties supérieures droites du
corps.)
Chaque partie du corps doit être frictionnée avec de
l'eau(y compris les parties cachées comme l'aisselle, le
nombril, sous les deux genoux, l’entrejambe…) en y
passant bien la main (les mains) ou un instrument (corde
ou serviette ou autre semblable).
Notez que la femme n'est pas obligée de défaire ses
cheveux (s'ils sont tressés ) en faisant le ghusl, en raison
du hadith d'Umm Salama (radyallahu 'anha) rapporté
dans le Sahîh Muslim dans lequel elle avait demandé au
Prophète : « ô messager d'Allah, je suis une femme avec
beaucoup de tresses. Dois-je les défaire en faisant le
ghusl, en raison de l'impureté sexuelle (Janaba) et des
menstrues ?» Il (sallallahu 'alayhi wa sallam) a répondu :
« non. Il t'est suffisant de verser trois poignées d'eau sur
ta tête[*] [et frictionner]… » Ceci dans le cas où les
tresses n’empêchent pas l’eau de pénétrer à l’intérieur (à
la peau), sinon(dans le cas contraire) il faudra les
défaire…[**]
On verra plus loin la distinction entre les obligations et
les sunnas du Ghusl.
[*]Extrait du Hadîth rapporté par Muslim (1/259) kitâb
al-hayd : bâb hukm dafâir al-mughtasila: Hadîth:58/330.
[**]Hâshiyat At-tâlib Belhaj 'alâ Mayyâra tome I
page:124. Et voir aussi Al-Fiqh 'alâ al-madhâhib al-arba'a
d'Al-Jazîrî tome I page 104.
Notes:
[1]L’intention (an-niyya) est un acte du cœur qui
différencie et distingue l’habitude ou l’acte de la vie
courante (‘âda), du culte (‘ibâda). L'intention
accompagne le début du Ghusl.
Les obligations et les sunna du Ghusl
Ibn ’âshir dit à propos du Ghusl:
78 Les wâjibs (obligations) du ghusl sont : (1)
l’intention (au début), | (2) exécuter les diverses parties
du bain rituel (ghusl) sans discontinuité (avec
enchaînement: (al-fawru)), (3) passer (sa main ou un
instrument) sur toute la surface du corps, et (4) frotter
entre les poils (et cheveux) (pour que l'eau ateigne la
peau).
79 Les parties cachées (du corps) comme (sous les) deux
genoux, | l'aisselle, l’entrejambe,le nombril... : doivent
être aussi lavées en y passant la main ou un instrument
(corde ou serviette ou autre semblable).
80 Atteins ce qui est difficile en employant une serviette |
ou quelque chose de semblable, comme une corde – ou
demande à quelqu'un -(parmi ceux pour qui il est licite de
voir (et toucher) les endroits concernés(entre le nombril
et le genoux s'il s'agit de ses membres) : comme ton
épouse…) -(de te frotter). Sinon si les endroits concernés
ne sont pas entre le nombril et le genoux et que cette
nudité est couverte, il pourra demander à quiconque de
frotter avec l'instrument (comme son frère)...
Sunnah (choses recommandées ou traditions
prophètiques) du Bain de Purification (ou du
bain rituel ou de la grande ablution (ghusl))
81 Ses sunnahs sont (1) rincer la bouche, (2) laver les
deux mains | au début, (3) inhaler l'eau dans le nez puis
l’expulser en expirant, et (4) mouiller (légèrement) [le
mash] les trous (l’intérieur) des deux oreilles ; quant aux
parties extérieures (apparentes) des oreilles : elles
doivent être obligatoirement lavées sur leurs deux faces
en tant qu’obligation.
82 Ses mandûbs (les choses préférables) sont (1) débuter
par laver les impuretés, | (2) (commencer par dire)
Bismillah, (3) laver la tête trois fois, de même
83 (4) laver les membres de l'ablution d’abord, (5) utiliser
un minimum d’eau,| et (6) commencer par les parties
supérieures droites du corps –
84 Commencer par laver les parties intimes (sexe), puis
s’abstenir | de toucher le sexe avec l'intérieur ou le côté
des paumes –
85 ou des doigts. Si on le touche, | refaire l'ablution
(petite ablution) qui a été effectuée.
(Actes qui rendent nécessaire le Bain de
Purification)
86 Les actes qui l'obligent sont (1) la menstruation, (2) le
saignement postnatal, (3) l'éjaculation avec jouissance, |
et (4) la disparition de la tête du pénis dans un trou
corporel inférieur (relation sexuelle).
87 Les deux premiers actes rendent les rapports vaginaux
illicites jusqu'au | bain et les deux derniers empêchent
(de réciter) le Coran en arabe.
88 Tous (les quatre) empêchent de rester dans la
mosquée. Les dispositions en cas d’oubli dans le Ghusl
sont semblables à celles de l’oubli dans la petite ablution
sauf une : si la personne oublie de laver une partie de son
corps et qu’il s’en rappelle tout de suite après : il lavera
seulement cette partie sans (re)faire la suite (ni refaire le
Ghusl).[2]
Il en est de même si on se rappelle de l’oubli après un
long moment.
Mais s’il ne s’en rappelle qu’après sa prière, il lave la
partie oubliée et refait cette prière.
Note:
[2]Ibn Masoud rapporte qu’un homme est venu
intérroger le Prophète (paix et salut sur lui) sur celui qui
fait le bain rituel en oubliant une partie (par erreur) ce
qu’il doit faire ? Le prophète répondit alors : « il lave cet
endroit (oublié) puis fais sa prière » (Majma’ az-zawâid
d’al-Haythamî (1/278) et il a dit que les transmetteurs de
ce hadîth sont dignes de confiance).
Remarques importantes
Remarques importantes :
On ne peut pas toucher le Livre du Coran(en arabe) ni le
lire si on est en état d’impureté majeure (Junub)[*] sauf
pour la femme qui a ses règles ou celle qui a les lochies :
elle peut lire le Coran mais elle ne doit pas le toucher:
sauf pour la science (l’enseignement) ou l’appentissage
comme celle qui apprend aux enfants :celle ci peut
toucher le Livre du Coran (en arabe) en plus de sa lecture.
On ne peut pas rester à la mosquée si on est en état
d’impureté majeure, de menstrues ou de lochies, jusqu’à
ce qu’on fasse le bain rituel (Ghusl).
[*]Sauf s'il s'agit de lire un verset pour se protéger ou
pour l'argumentation d'un statut légal.
Notez également que la femme n'est pas obligée de
défaire ses cheveux (s'ils sont tressés ) en faisant le ghusl,
en raison du hadith d'Umm Salama (radyallahu 'anha)
rapporté dans le Sahîh Muslim dans lequel elle avait
demandé au Prophète : « ô messager d'Allah, je suis une
femme avec beaucoup de tresses. Dois-je les défaire en
faisant le ghusl, en raison de l'impureté sexuelle (Janaba)
et des menstrues ?» Il (sallallahu 'alayhi wa sallam) a
répondu : « non. Il t'est suffisant de verser trois poignées
d'eau sur ta tête[**] [et frictionner]… » Ceci dans le cas
où les tresses n’empêchent pas l’eau de pénétrer à
l’intérieur (à la peau), sinon(dans le cas contraire) il
faudra les défaire…[***]
[**]Extrait du Hadîth rapporté par Muslim (1/259) kitâb
al-hayd : bâb hukm dafâir al-mughtasila: Hadîth:58/330.
[***]Hâshiyat At-tâlib Belhaj 'alâ Mayyâra tome I
page:124. Et voir aussi Al-Fiqh 'alâ al-madhâhib al-arba'a
d'Al-Jazîrî tome I page 104.
Dans la même rubrique :