0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
53 vues69 pages

Poly Ana 4 V2

Ce document est un polycopié de cours sur l'analyse harmonique et les équations aux dérivées partielles, destiné aux étudiants en mathématiques et en ingénierie. Il couvre les séries de Fourier, la transformée de Fourier, la transformée de Laplace et les équations aux dérivées partielles, en fournissant des définitions, des propriétés et des méthodes de résolution. Chaque chapitre est accompagné d'exercices pour aider à assimiler les concepts présentés.

Transféré par

Boukeloua Mohamed
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
53 vues69 pages

Poly Ana 4 V2

Ce document est un polycopié de cours sur l'analyse harmonique et les équations aux dérivées partielles, destiné aux étudiants en mathématiques et en ingénierie. Il couvre les séries de Fourier, la transformée de Fourier, la transformée de Laplace et les équations aux dérivées partielles, en fournissant des définitions, des propriétés et des méthodes de résolution. Chaque chapitre est accompagné d'exercices pour aider à assimiler les concepts présentés.

Transféré par

Boukeloua Mohamed
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEURE ET DE LA RECHERCHE


SCIENTIFIQUE

POLYCOPIÉ DE COURS

ANALYSE HARMONIQUE ET EDP

Mohamed BOUKELOUA
École Nationale Polytechnique de Constantine

Année 2018/2019
Table des matières

Introduction 3
1 Séries de Fourier 4
1.1 Dénitions générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Fonction périodique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Série trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Coecients de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Fonctions développables en série de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3 Egalité de Parseval . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Problème de Sturm-Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

2 Transformée de Fourier 23
2.1 Intégrales généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Intégrale de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.3 Transformée de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.4 Opérations sur les transformées de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.5 Cosinus et Sinus-transformées de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.6 Récapitulatif des propriétés de la transformée de Fourier . . . . . . . . . . . 32
2.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

3 Transformée de Laplace 36
3.1 Dénitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2 Opérations sur la transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3 Transformée de Laplace inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4 Transformées de Laplace de quelques fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . 42
3.5 Récapitulatif des propriétés de la transformée de Laplace . . . . . . . . . . . 43
3.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

1
4 Equations aux dérivées partielles 46
4.1 Dénitions générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4.2 Méthode des caractéristiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.3 Classication des EDP du second ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.4 Exemples d'EDP usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.4.1 Equation des ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.4.2 Equation de la chaleur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
4.4.3 Equation de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.5 Résolution de quelques EDP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66

2
Introduction

Dans le présent cours, nous étudions quelques éléments d'analyse harmonique et quelques
procédures de résolution des équations aux dérivées partielles, conformément aux programmes
de mathématiques des classes préparatoires aux écoles d'ingénieurs, des troncs communs des
sciences et technologie et des sciences de la matière, de même qu'aux programmes de licence
en mathématiques. Nous commençons, dans le premier chapitre, par l'étude des séries de
Fourier qui constituent un outil essentiel dans l'analyse des phénomènes périodiques, qui ont
une présence fréquente dans la nature. Nous présentons avec rigueur les conditions qui per-
mettent de développer une fonction périodique en série de Fourier et nous traitons quelques
applications de ces séries comme le calcul de la somme de certaines séries numériques et
l'égalité de Perseval. Nous regardons également une généralisation des séries de Fourier pour
un système quelconque de fonctions orthogonales et l'application à l'étude du problème de
Sturm-Liouville. Dans le deuxième chapitre, nous nous intéressons à la transformation de
Fourier qui représente une extension, pour les fonctions non périodiques, du développement
en série de Fourier. Cette transformation a de vastes applications dans les diérents domaines
comme le traitement de signal, le traitement d'images, la mécanique quantique, la mécanique
des uides, la médecine, etc. Nous commençons par un rappel sur les intégrales généralisées,
ensuite nous passons à la transformée de Fourier et ses diérentes propriétés comme la linéa-
rité, l'eet de la translation, le produit de convolution, etc. Nous étudions également dans le
troisième chapitre, la transformée de Laplace qui a des propriétés et des applications assez
similaires à celles de la transformée de Fourier. Quant au dernier chapitre, il est consacré
aux équations aux dérivées partielles. Après quelques dénitions générales, nous présentons
trois types d'équations assez célèbres en physique, à savoir l'équation des ondes, l'équation
de la chaleur et l'équation de Laplace. Ensuite, nous exposons les méthodes principales de
résolution de ces équations qui sont la méthode de changement de variable, la méthode de sé-
paration des variables et l'utilisation de la transformée de Fourier. Chaque chapitre est suivi
d'exercices d'application que nous conseillons de traiter an de mieux assimiler les notions
développées dans le cours.

3
Chapitre 1

Séries de Fourier

1.1 Dénitions générales


1.1.1 Fonction périodique
Une fonction f : R −→ C est dite périodique s'il existe un nombre réel T > 0 tel que

∀x ∈ R, f (x + T ) = f (x).

On dit que f est de période T (ou T −périodique) si T est le plus petit des nombres positifs
qui vérient cette relation.
L'étude d'une fonction T −périodique 
f peut toujours se ramener à l'étude d'une fonction
T x 2π
2π−périodique g donnée par g(x) = f x =f , où ω = s'appelle la pulsation.
2π ω T

1.1.2 Série trigonométrique


Soient (an )n∈N et (bn )n∈N∗ deux suites de nombres complexes, on appelle série trigonométrique
toute série de fonctions de la forme
+∞
a0 X
S(x) = + (an cos(nωx) + bn sin(nωx)) , ω > 0.
2 n=1

Remarque :
La série S(x) peut aussi s'écrire
+∞
X +∞
X
inωx −inωx
cn einωx ,

S(x) = c0 + cn e + c−n e =
n=1 n=−∞

4
avec  a0
 c0 =
2



 an − ibn
cn = ,n≥1
 2
 a + ibn
 c−n = n , n ≥ 1.


2
Les coecients (an )n∈N et (bn )n∈N∗ s'appellent les coecients trigonométriques de la série et
les (cn )n∈Z s'appellent les coecients exponentiels.
De plus, nous avons 
 a0 = 2c0

an = cn + c−n , n ≥ 1.
bn = i(cn − c−n ), n ≥ 1.

1.1.3 Coecients de Fourier


Soit f : R −→ C une fonction T −périodique et Riemann intégrable sur [0, T ]. On appelle
coecients de Fourier de f , les nombres complexes

 2 RT 2 R α+T
 an (f ) = f (x) cos(nωx) dx = f (x) cos(nωx) dx, ∀n ∈ N, ∀α ∈ R (par périodicité)


T 0 T α
 bn (f ) = 2 T f (x) sin(nωx) dx = 2 α+T f (x) sin(nωx) dx, ∀n ∈ N∗ , ∀α ∈ R,

 R R

0
T T α

où ω =
T
et la série trigonométrique
+∞
a0 (f ) X
+ (an (f ) cos(nωx) + bn (f ) sin(nωx))
2 n=1

s'appelle la série de Fourier de f .


Remarque :
Les coecients de Fourier exponentiels de f sont dénis comme suit :


 a0 (f )

 c0 (f ) =



 2

an (f ) − ibn (f )
cn (f ) = ,n≥1


 2


 c−n (f ) = an (f ) + ibn (f ) , n ≥ 1.



2

5
Le calcul donne
Z T Z α+T
1 −inωx 1
cn (f ) = f (x)e dx = f (x)e−inωx dx, ∀n ∈ Z, ∀α ∈ R.
T 0 T α

Cas particuliers
 Si f est à valeurs réelles, les coecients an (f ) et bn (f ) sont réels, tandis que cn (f ) et
c−n (f ) sont des nombres complexes conjugués.
 Si f est paire alors bn (f ) = 0, ∀n ∈ N∗ .
 Si f est impaire alors an (f ) = 0, ∀n ∈ N.
Exemple :
Soit f une fonction 2π−périodique dénie par
(
x si 0 ≤ x < π
f (x) =
0 si π ≤ x < 2π .

1. Tracer le graphe de f sur l'intervalle [−3π, 3π].


2. Calculer les coecients de Fourier trigonométriques de f .
3. Calculer les coecients de Fourier exponentiels.
Solution :
1. Graphe de f .

6
2. Les coecients trigonométriques de f .
Z 2π
2
a0 (f ) = f (x) dx
2π 0
Z π Z 2π 
1
= x dx + 0 dx
π 0 π
 π
1 x2
=
π 2 0
π
=
2
et pour n ∈ N , nous avons

Z 2π
2 2π
an (f ) = f (x) cos(nωx) dx, avec ω = =1
2π 0 2π
Z π
1
= x cos(nx) dx
π 0

1 π
 Z 
1 x sin(nx)
= − sin(nx) dx (intégration par partie)
π n 0 n 0
1
= 2 [cos(nx)]π0

1
= 2 ((−1)n − 1),


 0 si n = 2k , k ≥ 1
= 2
 − si n = 2k + 1, k ≥ 0.
π(2k + 1)2
Par ailleurs, pour tout n ≥ 1 on a
1 2π
Z
bn (f ) = f (x) sin(nx) dx
π 0
1 π
Z
= x sin(nx) dx
π 0

1 π
 Z 
1 x cos(nx)
= − + cos(nx) dx
π n 0 n 0
1 π(−1)n+1
 
1 π
= + 2 [sin(nx)]0
π n n
(−1)n+1
=
n

 1
 − si n = 2k , k ≥ 1


= 2k
 1
si n = 2k + 1, k ≥ 0.



2k + 1

7
Remarque :  π
Pour tout n ∈ Z on a cos(nπ) = (−1)n , sin(nπ) = 0, cos (2n + 1) =0
2
 π 
et sin (2n + 1) = (−1)n .
2
3. Les coecients exponentiels.
a0 (f ) π an (f ) − ibn (f )
c0 (f ) = = , et pour n ∈ N∗ nous avons cn (f ) = , donc
2 4 2
  
1
0−i× −



 2k i
, k ≥ 1.

 c2k (f ) = =


2 4k

 2 i
− −


π(2k + 1) 2 2k + 1 −2 − π(2k + 1)i


 c2k+1 (f ) = = , k ≥ 0.



2 2π(2k + 1)2

De plus, puisque f est à valeurs réelles on a : c−n (f ) = cn (f ) donc



i


 c−2k (f ) = − , k ≥ 1.


4k
 −2 + π(2k + 1)i
, k ≥ 0.

 c−(2k+1) (f ) =


2π(2k + 1)2

1.2 Fonctions développables en série de Fourier


Nous nous intéressons à trouver des conditions sous lesquelles une fonction périodique f
est développable en série de Fourier i.e. f s'écrit comme la somme de sa série de Fourier.

Dénition 1. (Fonction de classe C 1 par morceaux)


Soit [a, b] un intervalle compact de R, une fonction f : [a, b] −→ R est dite de classe C 1 par
morceaux s'il existe un nombre ni de points a = x0 < x1 < x2 < ... < xn = b tels que :
i) f est de classe C 1 sur chaque intervalle ]xk , xk+1 [.
ii) La fonction f et sa dérivée f 0 admettent une limite à droite et à gauche en chaque
point xk (en x0 (resp. xn ) il y a une limite à droite (resp. à gauche) seulement).
 Si f est dénie sur R, on dit que f est de classe C 1 par morceaux si sa restriction à
tout intervalle compact est de classe C 1 par morceaux.
 Si une fonction f : R −→ R est T −périodique et de classe C 1 par morceaux sur [0, T ]
alors elle est de classe C 1 par morceaux sur R.

8
Notation :
Soit x0 ∈ R, on note f (x+ 0 ) = limx−→x> f (x) la limite à droite de f en x0 et f (x−
0) =
0
limx−→x
< f (x) la limite à gauche de f en x0 .
0
f (x+ ) + f (x− )
La fonction f ∗ (x) = s'appelle la régularisée de f .
2
Théorème 1. (Théorème de Dirichlet)
Soit f une fonction T −périodique et de classe C 1 par morceaux sur R, la série de Fourier de
f converge simplement sur R vers la régularisée f ∗ de f , i.e. pour tout x ∈ R
+∞
f (x+ ) + f (x− )
 
a0 (f ) X 2π
+ (an (f ) cos(nωx) + bn (f ) sin(nωx)) = f ∗ (x) = , ω= .
2 n=1
2 T

Démonstration.
Voir [7], Théorème 5.6. page 314.

Le théorème suivant donne une condition de convergence normale.

Théorème 2. Soit f une fonction T −périodique et de classe C 1 par morceaux sur R. Si f


est continue sur R, alors la série de Fourier de f converge normalement sur R avec pour
somme la fonction f .
Démonstration.
Voir [7], Théorème 5.8. page 315.

Exemple :
Soit f une fonction 2π−périodique dénie par
(
−1 si −π < x < 0
f (x) =
1 si 0 ≤ x ≤ π .

1. Montrer que la série de Fourier associée à f converge simplement sur R.


2. Calculer les coecients de Fourier trigonométriques de f .
3. Etudier la convergence normale de la série de Fourier associée à f .

9
Solution :

1. On applique le théorème de Dirichlet.


f étant 2π−périodique, il reste à montrer qu'elle est de classe C 1 par morceaux sur R.
Pour cela, il sut grâce à la périodicité de montrer que f est de classe C 1 par morceaux
sur [−π, π].
Nous avons : f est de classe C 1 sur ] − π, 0[ ]0, π[, car elle est constante sur ces deux
S

intervalles. De plus limx−→−π> f (x) = −1, limx−→0 < f (x) = −1, limx−→0 > f (x) = 1 et
limx−→π
< f (x) = 1 existent, et
pour x ∈]0, π[, f 0 (x) = 0 donc limx−→0> f 0 (x) = 0 et limx−→π < f 0 (x) = 0 existent et pour
x ∈] − π, 0[, f 0 (x) = 0 donc limx−→−π
> f 0 (x) = limx−→0
< f 0 (x) = 0 existent.
Donc f est de classe C 1 par morceaux sur [−π, π], et donc sur R. Nous déduisons que
la série de Fourier associée à f converge simplement sur R (Théorème de Dirichlet).
2. Nous remarquons que f est impaire sur ]−π, 0[ ]0, π[ et comme elle est 2π−périodique,
S

nous déduisons qu'elle est impaire sur R \ {kπ, k ∈ Z}, donc an (f ) = 0, ∀n ∈ N.

10
De plus, nous avons pour n ∈ N∗
Z π  
2 2π
bn (f ) = f (x) sin(nωx) dx, ω= =1
2π −π 2π
1 π
Z
= f (x) sin(nx) dx
π −π
2 π
Z
= f (x) sin(nx) dx carf (x) sin(nx) est paire
π 0
Z π
2
= sin(nx) dx
π 0
 π
2 cos(nx)
= −
π n 0
2 n
= (1 − (−1) )


si n = 2k , k ≥ 1

 0

= 4

 si n = 2k + 1, k ≥ 0.
π(2k + 1)

Donc
+∞
4X 1 f (x+ ) + f (x− )
sin((2k + 1)x) = f ∗ (x) = , ∀x ∈ R.
π k=0 2k + 1 2
Si x ∈]mπ, (m + 1)π[, m ∈ Z alors f est continue donc la somme de la série est f (x).
f (x+ ) + f (x− ) 1−1
Si x = mπ , m ∈ Z alors f n'est pas continue en x et = = 0 qui
2 2
est la somme de la série.
3. f n'est pas continue, donc on ne peut pas déduire la convergence normale directement.
1
Posons un (x) = sin((2n + 1)x). Nous avons
2n + 1
1 1 1
sup |un (x)| = sup |sin((2n + 1)x)| = ∼
x∈R 2n + 1 x∈R 2n + 1 2n

n≥0 supx∈R |un (x)| est divergente. Donc n≥0 un (x) ne converge pas normalement
P P

sur R.

Remarque :
Le produit de deux fonctions paires (ou impaires) est une fonction paire, et le produit d'une
fonction paire et une fonction impaire et une fonction impaire.

11
1.3 Egalité de Parseval
Théorème 3. Pour toute fonction f T −périodique et continue par morceaux sur R, on a la
formule
+∞ Z T
X 2 1
|cn (f )| = |f (x)|2 dx
n=−∞
T 0

qui s'écrit aussi


+∞ Z T
1 1X 1
|a0 (f )|2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2 = |f (x)|2 dx.

4 2 n=1 T 0

Démonstration.
Voir [7], Théorème 4.6. page 310.

Exemple :
Soit f une fonction 2π−périodique, impaire et telle que
 π
 x si 0 ≤ x <
f (x) = 2
 π − x si π ≤ x ≤ π .
2
1. Montrer que f est développable en série de Fourier.
2. Calculer les coecients de Fourier trigonométriques de f .
1 1
3. Calculer n≥0 et .
P P
n≥1
(2n + 1)4 n4
Solution :

12
1. f est 2π−périodique, on va montrer  qu'elle
  est declasse C 1 par morceaux sur [0, 2π].
i π h S π 3π S 3π
f est de classe C 1 sur 0, , , 2π et elle est continue sur [0, 2π] donc
2 2 2 2
π 3π
les limites de f aux points 0, , et 2π existent. De plus
i πh 2 2
pour x ∈ 0, , f 0 (x) = 1 donc limx−→0 > f 0 (x) = limx−→< π f (x) = 1 existent
0
 2  2
π 3π
pour x ∈ , , f 0 (x) = −1 donc limx−→ > π f (x) = lim < 3π f (x) = −1 existent
0
x−→ 2
0

 2 2  2


pour x ∈ , 2π , f 0 (x) = 1 donc limx−→ 0
> 3π f (x) = lim <
x−→2π
f 0 (x) = 1 existent.
2 2

Donc f est de classe C 1 par morceaux sur [0, 2π] et comme elle est 2π−périodique,
nous déduisons qu'elle est de classe C 1 par morceaux sur R. Donc f est développable
en série de Fourier d'après le théorème de Dirichlet.
2. Puisque f est impaire, nous avons an (f ) = 0, ∀n ∈ N.
Par ailleurs, soit n ∈ N∗ , on a
Z π
2
bn (f ) = f (x) sin(nx) dx
2π −π
1 π
Z
= f (x) sin(nx) dx
π −π
2 π
Z
= f (x) sin(nx) dx (par parité)
π 0
"Z π Z π #
2 2
= x sin(nx) dx + (π − x) sin(nx) dx
π 0 π
2
"  π2 Z π π #
1 π

(π − x) cos(nx)
Z
2 x cos(nx) 1 2
= − + cos(nx) dx + − − cos(nx) dx .
π n 0 n 0 n π n π2
2

Donc
 
2 1  π k
 1 π 1 π k
 1 π
b2k (f ) = − (−1) + 2 [sin(2kx)]0 +
2
(−1) − 2 [sin(2kx)] π
π 2k 2 4k 2k 2 4k 2

= 0, k ≥ 1

et
 
2 1 π 1 π
b2k+1 (f ) = [sin((2k + 1)x)]0 −
2
[sin((2k + 1)x)] π
π (2k + 1)2 (2k + 1)2 2

4(−1)k
= , k ≥ 0.
π(2k + 1)2

13
3. D'après la formule de Parseval, nous avons
Z π
1X 1
(bn (f ))2 = (f (x))2 dx
2 n≥1 2π −π

donc l'imparité de f permet d'écrire


Z π
1X 16 1
2 4
= (f (x))2 dx
2 k≥0 π (2k + 1) π 0
π
!
Z Z π
1 2
= x2 dx + (π − x)2 dx
π 0 π
2
2
π
=
12
donc
X 1 2π 4 π4
= = .
k≥0
(2k + 1)4 16 × 12 96
De plus, nous avons
X 1 X 1 X 1
= +
n≥1
n4 k≥1
(2k)4 k≥0 (2k + 1)4
1 X 1 X 1
= +
16 n≥1 n4 k≥0 (2k + 1)4

π4 π4
 X
1 1 X 1 X 1
⇒ 1− = = ⇒ = .
16 n≥1
n4 k≥0
(2k + 1)4 96 n≥1
n4 90

1.4 Problème de Sturm-Liouville


Dénition 2. (Produit scalaire)
Soit E un espace vectoriel réel, on appelle produit scalaire sur E toute forme bilinéaire sy-
métrique dénie positive, c'est à dire toute application <, >: E × E −→ R qui vérie les
propriétés suivantes :
• <, > bilinéaire :
∀α, β ∈ R, ∀u, v, w ∈ E , < αu + βv, w >= α < u, w > +β < v, w > et
< u, αv + βw >= α < u, v > +β < u, w >.
• <, > symétrique :
∀u, v ∈ E , < u, v >=< v, u >.
• <, > dénie :
∀u ∈ E , < u, u >= 0 ⇐⇒ u = 0.

14
• <, > positive :
∀u ∈ E , < u, u > est positif.

A partir du produit scalaire <, > on peut dénir une norme sur E par kuk = < u, u >,
∀u ∈ E .
Deux vecteurs u, v ∈ E sont dits orthogonaux si < u, v >= 0.
Exemples :
- Le produit scalaire canonique de Rn :
Il est déni pour tous u = (u1 , ..., un ), v = (v1 , ..., vn ) ∈ Rn par
n
X
< u, v >= uk vk
k=1
pPn
et il induit la norme euclidienne kuk = k=1 uk .
2

- Soit E l'espace vectoriel réel E = {f : [a, b] −→ R/f est continue et de classe C 1 par morceaux}
et soit r(x) une fonction défnie sur [a, b] continue et positive. L'application
Z b
< f, g >= f (x)g(x)r(x) dx, f, g ∈ E
a

est un produit scalaire sur E , r(x) s'appelle la fonction poids.


Pour f ∈ E , la norme de f est donnée par
Z b  21
p 2
kf k = < f, f > = f (x)r(x) dx .
a

Dénition 3. Une famille {fn , n ∈ N} d'éléments de E est dite une base de E si les fn sont
linéairement indépendantes et engendrent E i.e.
X
∀f ∈ E, ∃(cn )n∈N ⊂ R/f (x) = cn fn (x).
n≥0

La base {fn , n ∈ N} est dite orthogonale si les fn sont orthogonales i.e. pour tous n, m ∈ N,
n 6= m on a : < fn , fm >= 0 et elle est dite orthonormale si les (fn ) sont orthogonales et
pour tout n ∈ N, kfn k = 1.
Exemple :
Considérons l'espace E de l'exemple précédent pour [a, b] = [0, T ] avec le produit scalaire
Z T
< f, g >= f (x)g(x) dx, ∀f, g ∈ E (r(x) = 1).
0

La famille de fonctions {1, cos(nωx), sin(nωx), n ∈ N∗ } (ω = 2π


T
) est une base orthogonale
de E .

15
En eet, cette famille engendre l'espace E d'après le théorème de Dirichlet. De plus, on peut
voir qu'elle est orthogonale en vériant que pour tous n, m ∈ N∗ (n 6= m) nous avons
Z T Z T
1 × cos(nωx) dx = 1 × sin(nωx) dx = 0,
0 0
Z T
cos(nωx) cos(mωx) dx = 0,
0
Z T
sin(nωx) sin(mωx) dx = 0
0
Z T
et sin(nωx) cos(mωx) = 0.
0
Pour vérier cela, on utilise les relations
1
cos(a) cos(b) = (cos(a + b) + cos(a − b)) ,
2
1
sin(a) sin(b) = (cos(a − b) − cos(a + b)) ,
2
1
sin(a) cos(b) = (sin(a + b) + sin(a − b)) .
2
Remarque :
Une famille orthogonale est toujours linéairement indépendante.

Dénition 4. (Série de Fourier généralisée)


Soit {fn , n ∈ N} une famille orthogonale d'éléments de E relativement au produit scalaire
Z b
< f, g >= f (x)g(x)r(x) dx
a

et soit (cn )n∈N une suite de nombres réels, la série n∈N cn fn (x) est appelée une série or-
P

thogonale ou série de Fourier généralisée. Les coecients (cn ) s'appellent les coecients de
Fourier.
Dénition 5. (Problème de Sturm-Liouville)
Soient p, q et r des fonctions continues sur [a, b] et λ ∈ R un paramètre. Un problème de
Sturm-Liouville est un problème de la forme

(p(x)y 0 (x))0 + (λr(x) − q(x)) y(x) = 0






 α1 y(a) + α2 y 0 (a) = 0


 β1 y(b) + β2 y 0 (b) = 0,

16
α1 , α2 , β1 , β2 ∈ R avec α1 et α2 ne s'annulent pas ensemble et β1 et β2 ne s'annulent pas
ensemble.
Ce problème est dit régulier si p(x) > 0 et r(x) > 0 pour tout x ∈ [a, b].
Remarque :
Une équation diérentielle de la forme

A(x)y 00 + B(x)y 0 + C(x)y = 0, (1.1)

avec A(x) > 0 peut être mise sous la forme d'une équation de Sturm-Liouville.
En eet
B(x) 0 C(x)
(1.1) ⇐⇒ y 00 + y + y = 0. (1.2)
A(x) A(x)
R 
B(x)
Posons p(x) = exp A(x)
dx , on a p0 (x) = B(x)
A(x)
p(x), donc

0 B(x) 0
(p(x)y 0 (x)) = p(x)y 00 (x) + p0 (x)y 0 (x) = p(x)y 00 (x) + p(x) y (x).
A(x)

En multipliant (1.2) par p(x) on obtient

B(x) 0 C(x)
p(x)y 00 + p(x) y + p(x) y=0
A(x) A(x)

0 C(x)
⇐⇒ (p(x)y 0 ) + p(x) y=0
A(x)
qui est une équation de Sturm-Liouville.

Dénition 6.
Les valeurs de λ pour lesquelles un problème de Sturm-Liouville admet des solutions non
triviales (i.e. non identiquement nulles) s'appellent les valeurs propres du problème et les
solutions correspondantes (non triviales) s'appellent les fonctions propres.
Exemple :
Considérons le problème de Sturm-Liouville suivant

00
 y (x) + λy(x) = 0 .....................................................(∗)

y(0) = 0
y (π) = 0,

 0

x ∈ [0, π], λ ∈ R.
Déterminer les valeurs propres et les fonctions propres de ce problème.

17
Solution :
C'est un problème de Sturm-Liouville avec p(x) = r(x) = 1 et q(x) = 0. L'équation (∗)
est une équation diérentielle linéaire d'ordre 2 à coecients constants, dont l'équation
caractéristique est
α2 + λ = 0 ⇐⇒ α2 = −λ. (1.3)
- Si λ < 0 : on pose λ = −µ2 avec µ 6= 0
donc (1.3) ⇐⇒ α2 = µ2 , les racines de cette équation sont α1 = µ et α2 = −µ, donc la
solution générale de l'équation (∗) est donnée par

y(x) = Aeµx + Be−µx , A, B ∈ R



 y(0) = A + B = 0 ⇒ B = −A


µ6=0
 y 0 (π) = µAeµπ − µBe−µπ = 0 =⇒ A (eµπ + e−µπ ) = 0 ⇒ A = 0 ⇒ B = 0

⇒ y(x) = 0 solution triviale, donc il n'existe pas de valeurs propres strictement négatives.
- Si λ = 0 :
On a (1.3) ⇒ α = 0 racine double, donc la solution générale de (∗) est y(x) = Aeαx +Bxeαx =
A + Bx, donc 
 y(0) = A = 0

 y 0 (π) = B = 0

⇒ y(x) = 0 solution triviale, donc λ = 0 n'est pas une valeur propre.


- Si λ > 0 : On pose λ = µ2 , µ 6= 0
donc (1.3) ⇒ α2 = −µ2 , les racines de cette équation sont α1 = iµ et α2 = −iµ, donc la
solution générale de l'équation (∗) est donnée par

y(x) = A cos(µx) + B sin(µx), A, B ∈ R



 y(0) = A = 0


µ6=0
 y 0 (π) = −µA sin(µπ) + µB cos(µπ) = 0 =⇒ B cos(µπ) = 0 ⇒ B = 0 ∨ cos(µπ) = 0

π
si B = 0 ⇒ y(x) = 0 solution triviale, donc cos(µπ) = 0 ⇒ µπ = (2n + 1) , n ∈ N
2
2n + 1 (2n + 1)2
⇒µ= ⇒λ= .
2 4
Les valeurs propres du problème sont donc

(2n + 1)2
λn = ,n ∈ N
4
18
et les fonctions propres correspondantes sont
 
2n + 1
yn (x) = sin x , n ∈ N.
2

Le théorème suivant montre que la famille des fonctions propres du problème de Sturm-
Liouville constitue une base orthogonale de l'espace

E = {f : [a, b] −→ R/f est continue et de classe C 1 par morceaux}

muni du produit scalaire Z b


< f, g >= f (x)g(x)r(x) dx.
a

Théorème 4. Soit yn (x) la famille des fonctions propres du problème de Sturm-Liouville,


nous avons {yn (x), n ∈ N} est une base orthogonale de E . En particulier pour tout f ∈ E ,
on a f (x) = n∈N cn yn (x), où
P
< f, yn >
cn = .
kyn k2
Démonstration.
Voir [1], Théorème 2.29. page 84.

Exemple :
Développer la fonction f (x) = x dénie sur [0, π] en série de fonctions propres du problème
de Sturm-Liouville suivant 
00
 y (x) + λy(x) = 0

y(0) = 0
y (π) = 0,

 0

x ∈ [0, π].
Solution :
Nous avons vu que les fonctions propres de ce problème sont données par
 
2n + 1
yn (x) = sin x , n ∈ N.
2

19
< f, yn >
On a f (x) = n∈N cn yn (x), avec cn = .
P
kyn k2
Z π
< f, yn > = f (x)yn (x)r(x) dx
0
Z π  
2n + 1
= x sin x dx (r(x) = 1)
0 2
  π Z π  
2x 2n + 1 2 2n + 1
= − cos x + cos x dx
2n + 1 2 0 2n + 1 0 2
  π
4 2n + 1
= sin x
(2n + 1)2 2 0
n
4 × (−1)
= .
(2n + 1)2
De plus, on a
Z π
2
kyn k = yn2 (x) dx
Z0 π  
2 2n + 1
= sin x dx
0 2
Z π
1 − cos((2n + 1)x)
= dx
2
0 π
x sin((2n + 1)x)
= −
2 2(2n + 1) 0
π
=
2
4 × (−1)n 2 8 × (−1)n
⇒ cn = × = ,
(2n + 1)2 π π(2n + 1)2
donc
8 X (−1)n
 
2n + 1
f (x) = sin x , ∀x ∈]0, π[.
π n∈N (2n + 1)2 2

1.5 Exercices
Exercice 1 :
Soit f est une fonction 2π−périodique, dénie sur [−π, π[ par f (x) = x.
1. Tracer le graphe de f sur l'intervalle [−3π, 3π].
2. Calculer les coecients de Fourier de f .
3. Etudier la convergence simple et normale de la série de Fourier de f .

20
4. Mêmes questions pour les fonctions suivantes.
(a) La fonction 2π−périodique g , dénie sur [−π, π] par g(x) = x2 .
(
x si x ∈] − π, 0]
(b) La fonction 2π−périodique h, dénie sur ]−π, π] par h(x) =
2x si x ∈]0, π].
(c) La fonction périodique k , de période T = 4, dénie sur [−2, 2[ par
si x ∈ [−2, −1[


 0
 1 + x si x ∈ [−1, 0[

k(x) =


 1 − x si x ∈ [0, 1[
si x ∈ [1, 2[

0
(tracer le graphe de k sur [−5, 5]).
Exercice 2 :
Soit f est une fonction 2π−périodique, dénie sur [−π, π] par f (x) = |x|.
1. Montrer que la série de Fourier associée à f converge normalement sur R.
2. Calculer les coecients de Fourier trigonométriques et exponentiels de f .
3. En déduire les sommes suivantes.
+∞ +∞ +∞
X 1 X 1 X (−1)n
, et .
n=0
(2n + 1)2 n=1
n2 n=1
n2

Exercice 3 :
Soit f est une fonction 2π−périodique et impaire, dénie sur [0, π] par f (x) = x(π − x).
1. Développer f en série de Fourier et justier la convergence simple de la série.
2. En déduire les sommes suivantes.
+∞ +∞ +∞
X (−1)n X 1 X 1
, et .
n=0
(2n + 1)3 n=0
(2n + 1)6 n=1
n6

Exercice 4 :
Soit L > 0, développer la fonction f (x) = x dans l'intervalle ]0, L[
1. en une série de cosinus.
2. en une série de sinus.

21
Exercice 5 :
1. Déterminer les valeurs propres et les fonctions propres du problème de Sturm-Liouville
suivant. 

y 00 + λy = 0








 y 0 (0) = 0



  
 3π
= 0,

 y

2
 

avec x ∈ 0, et λ ∈ R.
2
  

2. Développer la fonction f (x) = x dénie sur 0, , en une série de Fourier géné-
2
ralisée dans la base des fonctions propres de ce problème.

22
Chapitre 2

Transformée de Fourier

2.1 Intégrales généralisées


Soient I un intervalle quelconque de R et f : I −→ R une fonction.
Dénition 7.
On dit que f est localement intégrable sur I si elle est Riemann intégrable sur tout intervalle
compact inclus dans I .
Remarque :
Si f est continue sur I alors elle est localement intégrable sur I .
Dénition 8.
Supposons que I =]a, b] avec a ∈ R, b ∈ R et a < b et que f est localement intégrable sur I .
Si limα→a αb f (x) dx existe, on dit que l'intégrale de f sur I existe (ou bien converge) et on
R

note Z Z b
f (x) dx = lim f (x) dx.
I α→a α
f (x) dx s'appelle une intégrale généralisée.
R
I

Si I = [a, b[ ou I =]a, b[, on dénit l'intégrale généralisée I f (x) dx de la même façon.


R

Exemple : (Règle de Riemann)


Soit α ∈ R.
R +∞
1. 1 xdxα converge si et seulement si α > 1.
1
En eet, la fonction f (x) = α est localement intégrable sur [1, +∞[ car elle est
x
continue, de plus
Z +∞ Z +∞  −α+1 +∞
dx x
α
= −α
x dx = , si α 6= 1.
1 x 1 −α + 1 1

23
- Si α > 1 :
Z +∞  +∞
dx 1 1
α
= α−1
= l'intégrale converge.
1 x (1 − α)x 1 α−1

- Si α < 1 :  1−α +∞


Z +∞
dx x
α
= = +∞ l'intégrale diverge.
1 x 1−α 1
- Si α = 1 : Z +∞
dx
= [ln(x)]+∞
1 = +∞ l'intégrale diverge.
1 x
2. De la même façon, on peut montrer que
Z 1
dx
α
converge si et seulement si α < 1.
0 x

Dénition 9.
Soit f : I −→ R une fonction localement intégrable. On dit que f est absolument intégrable
sur I si l'intégrale I |f (x)| dx converge.
R

Si f est absolument intégrable sur I , alors elle est intégrable et on a


Z Z
f (x) dx ≤ |f (x)| dx.
I I

2.2 Intégrale de Fourier


Théorème 5. Soit f une fonction de classe C 1 par morceaux et absolument intégrable sur
R. Nous avons pour tout t ∈ R
+∞ +∞
f (t+ ) + f (t− )
Z Z 
1
f (x) cos(s(x − t)) dx ds = f ∗ (t) = .
2π −∞ −∞ 2

Cette intégrale s'appelle l'intégrale de Fourier de la fonction f .


Démonstration.
Voir [3], Théorème 7.3. page 169.

Remarque :
L'intégrale de Fourier de f est égale à f (t) en tout point de continuité de f .
R +∞
Remarquons que la fonction ϕ(s) = −∞ f (x) sin(s(x − t)) dx est impaire donc pour tout
Rα R +∞ Rα
α > 0 −α ϕ(s) ds = 0 ⇒ −∞ ϕ(s) ds = limα→+∞ −α ϕ(s) ds = 0, cette intégrale converge

24
en valeur principale de Cauchy vers 0, car on a pris la limite de l'intégrale sur un intervalle
symétrique [−α, α]. Donc l'intégrale de Fourier peut s'écrire
Z +∞ Z +∞  Z +∞ Z +∞ 
1 1 −is(x−t)
f (x) (cos(s(x − t)) − i sin(s(x − t))) dx ds = f (x)e dx ds
2π −∞ −∞ 2π −∞ −∞

qui est la forme complexe de l'intégrale de Fourier.


Nous déduisons alors que
Z +∞  Z +∞ 
1 1 −isx
√ √ f (x)e dx eist ds = f ∗ (t), ∀t ∈ R.
2π −∞ 2π −∞
(L'intégrale converge en valeur principale de Cauchy).

2.3 Transformée de Fourier


Dénition 10.
Soit f une fonction absolument intégrable sur R, la transformée de Fourier de f est dénie
par Z +∞
1
F(f )(s) = fb(s) = √ f (x)e−isx dx, ∀s ∈ R.
2π −∞

Si fb est elle même absolument intégrable, la transformée de Fourier inverse de fb est dénie
par Z +∞
  1
F −1 b
f (t) = √ fb(s)eist ds.
2π −∞
Nous avons pour toute fonction f absolument intégrable et de classe C 1 par morceaux sur R
 
F−1 (F(f )) (t) = F−1 fb (t) = f ∗ (t)

et en tout point de continuité de f on a

F−1 (F(f )) (t) = f (t).

Exemple :
Calculer les transformées
( de Fourier des fonctions suivantes.
1 si |t| ≤ a
1. f (t) = (a > 0).
0 sinon,
(
e−αt si t ≥ 0
2. g(t) = (α > 0).
0 sinon,

25
Solution :
(
1 si |t| ≤ a
1. f (t) =
0 sinon.
Nous avons
Z +∞
1
f (s) = √
b f (t)e−ist dt
2π −∞
Z a
1
=√ e−ist dt
2π −a
1 1  −ist a
=√ × e −a
, si s 6= 0
2π −is
1 −1  −ias
− eias

=√ × e
2π is

2 eias − e−ias
=√ ×
πs 2i

2
= √ sin(as), s 6= 0
πs
Si s = 0 Z a √
1 2a
fb(0) = √ dt = √ .
2π −a π
Donc  √
2
√ sin(as), s 6= 0



fb(s) = √πs
2a
√ , s = 0.



π
(
e−αt si t ≥ 0
2. g(t) =
0 sinon.
Z +∞
1
gb(s) = √ g(t)e−ist dt
2π −∞
Z +∞
1
=√ e−(α+is)t dt
2π 0
 −(α+is)t +∞
1 e
=√ −
2π α + is 0
or
lim e−(α+is)t = lim e−αt eist = lim e−αt = 0 ⇒ lim e−(α+is)t = 0
t→+∞ t→+∞ t→+∞ t→+∞
1 1 1 α − is
⇒ gb(s) = √ × =√ × 2 .
2π α + is 2π α + s2

26
Théorème 6. Soit f une fonction absolument intégrable sur R, la transformée de Fourier
fb de f est bornée et uniformément continue sur R et lims→−∞ fb(s) = lims→+∞ fb(s) = 0.

Démonstration.
Voir [5], Théorème IV.2.7. page 336.

Dérivée de la transformée de Fourier


Théorème 7. Soit f une fonction absolument intégrable sur R et telle que la fonction tf (t)
est absolument intégrable. Alors la fonction F(f ) est dérivable sur R et

(F(f ))0 (s) = −iF (tf (t)) (s), ∀s ∈ R.

Démonstration.
Voir [3], Théorème 6.8. page 154.

Transformée de Fourier de la dérivée


Théorème 8. Soit f une fonction de classe C 1 sur R, de transformée de Fourier F(f ) et telle
que limt→+∞ f (t) = limt→−∞ f (t) = 0. Alors f 0 admet une transformée de Fourier donnée
par
F (f 0 ) (s) = is × F(f )(s), ∀s ∈ R.

Démonstration.
Voir [3], Théorème 6.7. page 153.

2.4 Opérations sur les transformées de Fourier


La proposition suivante regroupe quelques propriétés de la transformée de Fourier.

Proposition 1. Soient f et g deux fonctions absolument intégrables sur R et α, β ∈ R. Nous


avons
1. Linéarité :
F (αf + βg) = αF(f ) + βF(g).

2. Translation dans le domaine temporel :

∀s ∈ R, F (f (t − α)) (s) = e−iαs fb(s), où fb = F(f ).

27
3. Translation dans le domaine fréquentiel :

∀s ∈ R, F eiαt f (t) (s) = fb(s − a).




4. Homothétie :
1 b s 
∀s ∈ R, F (f (αt)) (s) = f (pour α 6= 0).
|α| α
Démonstration.
Voir [3], Théorèmes 6.1, 6.3, 6.4 et 6.5 pages 149151.

Produit de convolution
Dénition 11.
Le produit de convolution de deux fonctions f et g, noté par f ∗ g, est déni par
Z +∞
(f ∗ g)(t) = f (x)g(t − x) dx
−∞

pourvu que l'intégrale existe.


Le théorème suivant concerne la transformée de Fourier d'un produit de convolution de deux
fonctions.

Théorème 9. Soient f et g deux fonctions bornées, continues par morceaux et absolument


intégrables sur R. Alors f ∗ g est absolument intégrable et

F(f ∗ g) = 2π F(f ) × F(g).

Démonstration.
Voir [3], Théorème 6.13 page 160.

Exemple :
Considérons
( les deux fonctions :
1 si |x| ≤ a
f (x) = (a > 0).
0 sinon,
(
e−αx si x ≥ 0
et g(x) = (α > 0).
0 sinon,
1. Calculer f ∗ g .
2. Calculer F(f ∗ g).

28
Solution :
1. Nous avons pour tout t ∈ R
Z +∞
(f ∗ g) (t) = f (x)g(t − x) dx
−∞
(
1 si x ∈ [−a, a]
f (x) =
0 sinon,

(
e−α(t−x) si t − x ≥ 0
g(t − x) =
0 sinon
(
e−α(t−x) si x ≤ t
=
0 sinon.

Donc lorsque x ∈ / [−a, a], f (x) = 0 et lorsque x ∈]−∞,


/ t], g(t−x) = 0. Donc l'intégrale
R +∞
f (x)g(t − x) dx devient une intégrale sur [−a, a] ] − ∞, t]. On doit déterminer
T
−∞
cette intersection suivant la valeur de t.
Cas 1 : Si t < −a

[−a, a] ] − ∞, t] = Φ =⇒ (f ∗ g) (t) = 0.
T

Cas 2 : Si t ∈ [−a, a]

29
] − ∞, t] = [−a, t], donc
T
[−a, a]
Z t
(f ∗ g) (t) = f (x)g(t − x) dx
−a
Z t
= 1 × e−α(t−x) dx
−a
 αx t
−αt e
=e
α −a
e−αt αt
e − e−αa .

=
α
Cas 3 : Si t > a

] − ∞, t] = [−a, a], donc


T
[−a, a]
Z a
(f ∗ g) (t) = f (x)g(t − x) dx
Z−aa
= 1 × e−α(t−x) dx
−a
 αx a
−αt e
=e
α −a
−αt
e
eαa − e−αa .

=
α
Donc 

si t < −a



 0



 −αt
(f ∗ g) (t) = e
(eαt − e−αa ) si t ∈ [−a, a]


 α

−αt

 e

(eαa − e−αa ) si t > a.


α
2. On a vu que  √
2
 √ sin(as), s 6= 0


fb(s) = √πs
2a
 √ ,

 s=0
π

30
et
1 α − is
gb(s) = √ × 2 .
2π α + s2
Donc

F (f ∗ g) (s) = 2π fb(s) × gb(s)
 √
2 α − is
 √ sin(as) × 2 , s 6= 0


= √πs α +√s2
2a α − is 2a
 √ × 2 √ , s = 0.

 =
π α + s2 α π

Egalité de Parseval
Théorème 10. Soient f, g : R −→ C deux fonctions de classe C 1 par morceaux, absolument
intégrables et de carrés intégrables sur R (i.e. −∞ |f (t)|2 dt et −∞ |g(t)|2 dt existent). Nous
R +∞ R +∞

avons Z +∞ Z +∞
f (t)g(t) dt = fb(s)b
g (s) ds
−∞ −∞

et en particulier Z +∞ Z +∞ 2
2
|f (t)| dt = fb(s) ds.
−∞ −∞

Démonstration.
Voir [3], pages 178179.

2.5 Cosinus et Sinus-transformées de Fourier


Soit f : R −→ C une fonction paire et absolument intégrable sur R, nous avons
Z +∞ Z +∞ Z +∞ 
1 −isx 1
f (s) = √
b f (x)e dx = √ f (x) cos(sx) dx − i f (x) sin(sx) dx
2π −∞ 2π −∞ −∞

et comme la fonction f (x) cos(sx) est paire et la fonction f (x) sin(sx) est impaire, on a
R +∞ R +∞ R +∞
−∞
f (x) cos(sx) dx = 2 0
f (x) cos(sx) dx et −∞
f (x) sin(sx) dx = 0, on déduit alors
que  Z +∞ 
1
fb(s) = 2 √ f (x) cos(sx) dx . (2.1)
2π 0
R +∞
La quantité √12π 0 f (x) cos(sx) dx s'appelle la Cosinus-transformée de Fourier de f et on
la note fbC , donc fb(s) = 2fbC (s).

31
Remarque :
Si f est une fonction réelle paire alors fb est aussi une fonction réelle paire.
- Si f est une fonction dénie sur ]0, +∞[ seulement, on peut dénir sa cosinus-transformée
de Fourier par Z +∞
1
fC (s) = √
b f (x) cos(sx) dx.
2π 0
(
fe(t) = f (t) si t > 0
Si on prolonge f en une fonction fe : R −→ C qui soit paire, en posant
f (t) = f (−t) si t < 0
e

(fe(0) quelconque), alors fe(s) = 2fbC (s).


b

- Soit f : R −→ C une fonction impaire et absolument intégrable sur R, on peut montrer


comme dans (2.1) que
 Z +∞ 
1
fb(s) = −2i √ f (x) sin(sx) dx ,
2π 0
R +∞
la quantité √12π 0 f (x) sin(sx) dx s'appelle la Sinus-transformée de Fourier de f et est
notée fbS , donc fb(s) = −2ifbS (s).
Remarque :
Si f est une fonction réelle impaire alors fb est une fonction imaginaire pure impaire.
- Si f est une fonction dénie sur ]0, +∞[ seulement, on peut dénir sa sinus-transformée de
Fourier par Z +∞
1
fS (s) = √
b f (x) sin(sx) dx.
2π 0
(
fe(t) = f (t) si t > 0
Si on prolonge f en une fonction impaire fe par et fe(0) = 0,
f (t) = −f (−t) si t < 0
e

alors fe(s) = −2ifbS (s).


b

2.6 Récapitulatif des propriétés de la transformée de Fou-


rier
Le tableau suivant résume quelques propriétés de la transformée de Fourier. Soient f et
g deux fonctions dénies de R dans C et a, b ∈ R.

32
La fonction Sa transformée de Conditions d'application
Fourier

Linéarité af (t) + bg(t) afb(s) + b gb(s) f et g absolument intégrables.

Translation dans le f (t − a) e−ias fb(s) f absolument intégrable.


domaine temporel

Translation dans le eiat f (t) fb(s − a) f absolument intégrable.


domaine fréquentiel

1 b s 
Homothétie f (at) (a 6= 0) f f absolument intégrable.
|a| a

Dérivation dans le f 0 (t) isfb(s) f de classe C 1 , absolument intégrable


domaine temporel et telle que lim|t|→+∞ f (t) = 0.
 0
Dérivation dans le tf (t) i fb(s) Les fonctions f (t) et tf (t) sont
domaine fréquentiel absolument intégrables.

Produit de convolu- (f ∗ g)(t) 2π fb(s)b
g (s) f et g sont bornées, continues par
tion morceaux et absolument intégrables.

1
Produit f (t)g(t) √ (fb ∗ gb)(s) Les fonctions f , g , f g , fb et gb sont

absolument intégrables.
Rt 1 b
Intégration dans le −∞
f (x) dx f (s), s 6= 0 f continue et absolument intégrable
is R +∞
domaine temporel et −∞ f (x) dx = 0.

Conjugaison f (t) fb(−s) f absolument intégrable.

Parité f paire fb paire f absolument intégrable.


f impaire fb impaire
f réelle paire fb réelle paire
f réelle impaire fb imaginaire pure
impaire

33
2.7 Exercices
Exercice 1 :
Dans chacun des cas suivants, tracer le graphe de la fonction f et calculer sa transformée de
Fourier. 

 |t| si −1 ≤ t ≤ 1


1. f (t) =

 0 sinon.




−1 si −a/2 ≤ t < 0







2. f (t) = 1 si 0 ≤ t ≤ a/2





sinon

 0

(a > 0).


si −π/2 ≤ t ≤ π/2

 cos(t)

3. f (t) =

 0 sinon.

Exercice 2 :
1. Calculer la transformée de Fourier de la fonction f (t) = e−a|t| , t ∈ R (a > 0).
1
2. En déduire la transformée de Fourier de la fonction g(t) = 2 , t ∈ R.
a + t2
3. Calculer Z +∞
cos(t)
dt.
0 a2 + t2
4. Soit y(t) une solution absolument intégrable de l'équation diérentielle −y 00 +y = e−2|t| .
Déterminer y(t) en utilisant la transformée de Fourier.
Exercice 3 :
2 R +∞ √
Soit f (t) = e−t une fonction dénie sur R. Nous rappelons que −∞
f (t) dt = π.
 0
1. Montrer que fb vérie fb(s) = − 2s fb(s).

2. En déduire fb(s).
3. Calculer f ∗ f de deux manières diérentes.

34
Exercice 4 :  
 
si t ∈ [−1, 1] si t ∈ [−1, 1]
 
 1
  1 − |t|

Soient f (t) = et g(t) = deux fonctions
 
 0 sinon  0 sinon

 

dénies sur R.
1. Calculer les transformées de Fourier de f et g .
2. En déduire les intégrales suivantes.
Z +∞ +∞
sin2 (s) sin4 (s)
Z
ds et ds.
0 s2 0 s4

35
Chapitre 3

Transformée de Laplace

3.1 Dénitions et exemples


Dénition 12. Soit f : R+ −→ C une fonction, la transformée de Laplace de f est la
fonction dénie sur C par
Z +∞
L(f )(s) = F (s) = f (t)e−st dt, s ∈ C (3.1)
0

pourvu que l'intégrale existe.


La proposition suivante permet de caractériser, pour une fonction f , l'ensemble d'éléments
s pour lesquels l'intégrale (3.1) converge absolument.

Proposition 2. Soit f : R+ −→ C une fonction.


1. Si l'intégrale (3.1) converge absolument pour une certaine valeur σ0 ∈ R, alors elle
converge absolument pour tout s ∈ C tel que Re(s) ≥ σ0 .
2. Si l'intégrale ne converge pas absolument pour une valeur σ1 ∈ R, alors l'intégrale ne
converge pas absolument pour tout s ∈ C tel que Re(s) ≤ σ1 .
Démonstration.
Voir [3], Théorème 12.1 page 270.

De cette proposition, on peut déduire le théorème suivant.

Théorème 11. Pour toute fonction f : R+ −→ C il existe un élément σa (f ) ∈ R, tel que


l'intégrale (3.1) converge absolument pour tout s ∈ C avec Re(s) > σa (f ) et elle ne converge
pas absolument pour tout s ∈ C avec Re(s) < σa (f ).

36
Démonstration.
Voir [3], Théorème 12.2 page 271.

Le réel σa (f ) s'appelle l'abscisse d'absolue convergence de la transformée de Laplace de f .


Notons D(f ) = {s ∈ C/ l'intégrale (3.1) converge absolument} le domaine d'absolue conver-
gence de la transformée de Laplace de f , on a σa (f ) = inf {Re(s)/s ∈ D(f )}. De plus d'après
le théorème 11, D(f ) a l'une des formes suivantes : C, Φ, {s ∈ C/Re(s) > σa (f )} ou
{s ∈ C/Re(s) ≥ σa (f )}. σa (f ) = −∞ veut dire que D(f ) = C et σa (f ) = +∞ veut dire que
D(f ) = Φ.
Exemples :
1. f (t) = 1, t ≥ 0.
On a σa (f ) = 0, D(f ) = {s ∈ C/Re(s) > 0} et
Z +∞
1
L(f )(s) = e−st dt = , ∀s ∈ D(f ).
0 s

2. g(t) = eat , t ≥ 0 (a ∈ R).


On a σa (g) = a, D(g) = {s ∈ C/Re(s) > a} et
Z +∞
1
L(g)(s) = e(a−s)t dt = , ∀s ∈ D(g).
0 s−a
2
3. h(t) = et , t ≥ 0.
R +∞
On a σa (h) = +∞ (D(h) = Φ) car 0 |h(t)e−st | dt = +∞, ∀s ∈ C.
4. k(t) = t, t ≥ 0.
En posant s = σ + iω , σ, ω ∈ R, on obtient pour σ 6= 0
Z +∞ Z +∞
−st
te dt = te−σt dt
0 0
+∞
1 +∞ −σt
 Z
t −σt
= − e + e dt
σ 0 σ 0

cette intégrale converge donc pour Re(s) = σ > 0.


Donc σa (k) = 0, D(k) = {s ∈ C/Re(s) > 0} et
Z +∞
L(k)(s) = te−st dt
0
+∞
1 +∞ −st
 Z
t −st
= − e + e dt
s 0 s 0
1
= 2 , ∀s ∈ D(k).
s
37
Nous allons donner une condition susante pour qu'une fonction f ait une transformée de
Laplace. Pour cela, nous avons besoin de la dénition suivante.

Dénition 13. (Fonction d'ordre exponentiel)


Une fonction f : R+ −→ C est dite d'ordre exponentiel s'il existe des constantes α ∈ R et
M > 0 tels que |f (t)| ≤ M eαt pour tout t ≥ 0.

Par exemple toute fonction bornée f est d'ordre exponentiel. En eet, puisque f est bornée,
il existe M > 0 tel que |f (t)| ≤ M , donc f est d'ordre exponentiel avec α = 0.

Théorème 12. Soit f une fonction d'ordre exponentiel comme dans la dénition 13, alors
l'intégrale (3.1) converge absolument pour tout s ∈ C tel que Re(s) > α. En particulier, nous
avons σa (f ) ≤ α.
Démonstration.
Voir [3], Théorème 12.3 page 272.

Les théorèmes suivants donnent quelques propriétés concernant le comportement asympto-


tique de la transformée de Laplace

Théorème 13. Soit f une fonction continue par morceaux de transformée de Laplace F (s),
nous avons
lim F (s) = 0,
s→∞

où la limite lorsque s tend vers l'inni doit être prise de sorte que Re(s) tende également
vers l'inni.
Démonstration.
Voir [3], Théorème 13.2 page 291.

Théorème 14.
Soit f une fonction de classe C 1 par morceaux et de transformée de Laplace F (s), nous avons
1. Théorème de la valeur initiale :

lim sF (s) = f (0+ ),


s→∞

où la limite lorsque s tend vers l'inni doit être prise de sorte que Re(s) tende également
vers l'inni.

38
2. Théorème de la valeur nale :
Si limt→+∞ f (t) existe alors
lim sF (s) = lim f (t),
s→0 t→+∞

où la limite lorsque s tend vers 0 doit être prise de sorte que Re(s) tende également
vers 0.
Démonstration.
Voir [3], Théorèmes 13.3 et 13.4 pages 292293.

3.2 Opérations sur la transformée de Laplace


D'après la dénition de la transformée de Laplace, nous avons

L(f (t))(σ + iω) = 2πF(H(t)f (t)e−σt ), (H(t) étant la fonction de Heaviside dénie par
H(t) = 1 si t ≥ 0 et 0 sinon), pourvu que les intégrales intervenant dans les deux trans-
formations existent. Il est donc naturel que la transformée de Laplace vérie des propriétés
similaires à celle de la transformée de Fourier. La proposition suivante regroupe quelques-unes
de ces propriétés.

Proposition 3. Soient f, g : R+ −→ C deux fonctions ayant respectivement les transformées


de Laplace F et G, nous avons
1. Linéarité :
∀α, β ∈ C, L (αf + βg) = αF + βG,
sur le demi-plan où F et G existent.
2. Translation dans le domaine temporel :
∀b > 0, ∀s ∈ C/Re(s) > σa (f ), L (H(t − b)f (t − b)) (s) = e−bs F (s).

3. Translation dans le domaine ”s” :


∀b ∈ C, ∀s ∈ C/Re(s) > σa (f ) + Re(b), L ebt f (t) (s) = F (s − b).


4. Homothétie :
1 s
∀b > 0, ∀s ∈ C/Re(s) > bσa (f ), L (f (bt)) (s) = F .
b b
Démonstration.
Voir [3], Théorèmes 12.4, 12.5 et 12.6 pages 277278.

39
Dérivation dans le domaine temporel
Théorème 15. Soit f une fonction dérivable sur R+ . Dans le demi-plan où L(f ) et L(f 0 )
existent, on a
L(f 0 )(s) = sL(f )(s) − f (0).
Démonstration.
Voir [3], Théorème 12.7 page 281.

Soit f une fonction deux fois dérivable sur R+ , en appliquant ce théorème deux fois sur un
demi-plan où toutes les transformées de Laplace existent, on obtient

L(f 00 )(s) = sL(f 0 )(s) − f (0) = s2 L(f )(s) − sf (0) − f 0 (0).

Plus généralement, soit f une fonction n fois dérivable sur R+ . Sur un demi-plan où toutes les
transformées de Laplace existent, nous avons la règle de dérivation dans le domaine temporel
suivante :

L(f (n) )(s) = sn L(f )(s) − sn−1 f (0) − sn−2 f 0 (0) − ... − sf (n−2) (0) − f (n−1) (0).

Exemple :
Calculer la transformée de Laplace de la fonction f dénie sur R+ par f (t) = t2 .
On a f 0 (t) = 2t et
1 2
L(f 0 )(s) = sL(f )(s) − f (0) = sL(f )(s) ⇒ L(f )(s) = L(f 0 )(s) = L(t)(s).
s s
Or, on a déjà vu que L(t)(s) = 1
s2
pour s ∈ C tel que Re(s) > 0. Donc
2
L(f )(s) = , ∀s ∈ C/Re(s) > 0.
s3

Dérivation dans le domaine ”s”


Théorème 16. Soit f une fonction admettant F comme transformée de Laplace, pour tout
s ∈ C tel que Re(s) > σa (f ) on a

F 0 (s) = −L(tf (t))(s).

Démonstration.
Voir [3], Théorème 12.8 page 282.

Pour une fonction n fois dérivable f , on peut appliquer successivement ce théorème et obtenir
la règle suivante dite la règle de multiplication par tn

L(tn f (t))(s) = (−1)n F (n) (s), ∀s ∈ C/Re(s) > σa (f ).

40
Produit de convolution
Pour deux fonctions f et g dénies sur R+ , le produit de convolution est déni par
Z t
(f ∗ g)(t) = f (x)g(t − x) dx.
0
Théorème 17. Soient f et g deux fonctions de classe C 1 par morceaux sur R+ . Supposons
que L(f ) et L(g) sont absolument convergentes dans un demi-plan D = {s ∈ C/Re(s) > ρ}.
Alors L(f ∗ g) existe sur D et
L(f ∗ g)(s) = L(f )(s)L(g)(s).
Démonstration.
Voir [3], Théorème 13.1 page 289.

Exempe :
Soient f et g deux fonctions dénies sur R+ par f (t) = eat et g(t) = t.
On a déjà vu que L(f )(s) = s−11
(pour Re(s) > 1) et que L(g)(s) = s12 (pour Re(s) > 0),
donc L(f ∗ g)(s) existe pour Re(s) > 1 et
1
L(f ∗ g)(s) = L(f )(s)L(g)(s) = 2 .
s (s − 1)
On peut eectivement vérier par le calcul que f ∗ g(t) = et − t − 1 et que
1 1 1 1
L(f ∗ g)(s) = − 2− = 2 .
s−1 s s s (s − 1)

3.3 Transformée de Laplace inverse


Le théorème suivant montre comment une fonction f (t) dénie sur le domaine temporel
peut être déduite de sa transformée de Laplace F (s).
Théorème 18. (Théorème fondamental de la transformée de Laplace)
Soit f (t) une fonction de classe C 1 par morceaux sur R+ et d'ordre exponentiel α ∈ R, et
soit F (s) la transformée de Laplace de f (t). Nous avons pour t ≥ 0 et s = σ + iω avec σ > α
A
f (t+ ) + f (t− )
Z
1
lim F (s)est dω = f ∗ (t) = .
A→+∞ 2π −A 2
Démonstration.
Voir [3], Théorème 13.7 page 303.

Ce théorème s'appelle aussi le théorème d'inversion et la fonction f (t) s'appelle la transfor-


mée de Laplace inverse de F (s).

41
Exemple :
1
Déterminer la transformée de Laplace inverse f (t) de la fonction F (s) = .
+ 3s + 2 s2
On a s2 + 3s + 2 = (s + 1)(s + 2) et la décomposition de F (s) en éléments simples donne
1 1
F (s) = − .
s+1 s+2
Donc    
−1 −1 1 −1 1
f (t) = L (F (s))(t) = L (t) − L (t)
s+1 s+2
1
et comme L(eat )(s) = (la fonction eat étant dénie pour t ≥ 0), on déduit que pour
s−a
t≥0
f (t) = e−t − e−2t .

3.4 Transformées de Laplace de quelques fonctions usuelles


Le tableau suivant donne les transformées de Laplace de quelques fonctions usuelles, il
peut être également utilisé dans le calcul de la transformée de Laplace inverse. Dans chaque
cas la fonction f (t) est dénie sur R+ .
f (t) F (s) = L(f (t))(s) Demi-plan de convergence
1
1 Re(s) > 0
s
e−as
H(t − a), a > 0 Re(s) > 0
s
1
eat , a ∈ C Re(s) > Re(a)
s−a
n!
tn , n ∈ N Re(s) > 0
sn+1
Γ(a + 1)
ta , a ∈] − 1, +∞[ Re(s) > 0
sa+1
a cos(b) + s sin(b)
sin(at + b), a, b ∈ R Re(s) > 0
s 2 + a2
s cos(b) − a sin(b)
cos(at + b), a, b ∈ R Re(s) > 0
s 2 + a2
a
sh(at), a ∈ R Re(s) > a
s − a2
2
s
ch(at), a ∈ R Re(s) > a
s − a2
2
Remarque :
R +∞
La fonction gamma est dénie sur ]0, +∞[ par Γ(a) = 0
xa−1 e−x dx, et pour n ∈ N on a
Γ(n + 1) = n!.

42
3.5 Récapitulatif des propriétés de la transformée de La-
place
Le tableau suivant résume quelques propriétés de la transformée de Laplace. Soient f et
g deux fonctions de transformées de Laplace respectives F et G.

La fonction Sa transformée de Laplace Conditions d'application

Linéarité αf (t) + βg(t), αF (s) + βG(s), pour


α, β ∈ C Re(s) > max(σa (f ), σa (g))

Translation dans le H(t − b)f (t − b), e−bs F (s),


domaine temporel b>0 pour Re(s) > σa (f )

Translation dans le ebt f (t), b ∈ C F (s − b), pour


domaine ”s” Re(s) > σa (f ) + Re(b)
1 s
Homothétie f (bt), b > 0 F ,
b b
pour Re(s) > bσa (f )

Dérivation dans le f (n) (t) sn F (s) − sn−1 f (0) − ... − f est n fois dérivable et
domaine temporel f (n−1) (0) toutes ses dérivées ad-
mettent des transformées
de Laplace.

Dérivation dans le tn f (t) (−1)n F (n) (s),


domaine ”s” pour Re(s) > σa (f )

Produit de convolu- (f ∗ g)(t) = F (s)G(s) f et g sont de classe C 1 par


Rt
tion 0
f (x)g(t − x) dx morceaux sur R+ .
Rt F (s)
Intégration dans le 0
f (x) dx , f est continue sur R+ .
s
domaine temporel pour Re(s) > 0

Conjugaison f (t) F (s),


pour Re(s) > σa (f )

43
3.6 Exercices
Exercice 1 :
Dans chaque cas, déterminer la transformée de Laplace de la fonction f dénie sur R+ .
1. f (t) = 10t2 − 5t + 8i − 3.
2. f (t) = sin(4t).
3. f (t) = t + 1 − cos(t).
4. f (t) = e2t + e−3t .
5. f (t) = sin2 (t).
6. f (t) = sin(t − 2).
7. f (t) = 3t .
8. f (t) = (t2 − 3t + 2) sh(3t).
Exercice 2 :
Tracer le graphe des fonctions suivantes et déterminer, pour chacune, la transformée de
Laplace et l'abscisse de sa convergence absolue.
1. f (t) = 1 − H(t − b), t ∈ R+ (b ≥ 0).
2. g(t) = cos(t)(1 − H(t − 2π)), t ∈ R+ .
Exercice 3 :
Soit f une fonction dénie sur R+ par f (t) = cos(t).
1. Calculer f ∗ f .
2. Calculer L(f ∗ f ) en utilisant deux méthodes diérentes.
Exercice 4 :
Déterminer la transformée de Laplace inverse des fonctions suivantes.
1
1. F (s) = 3 .
s
2
2. F (s) = .
s−3
4s
3. F (s) = 2 .
s +4
1
4. F (s) = 2 .
s −4
e−2s
5. F (s) = 2 .
s
se−3s
6. F (s) = 2 .
s +1

44
s−2
7. F (s) = .
s2 − 4s + 8
1
8. F (s) = 2 2 .
s (s − 1)
Exercice 5 :
En utilisant la transformée de Laplace, résoudre les problèmes de Cauchy suivants.
1. y 00 (t) − y 0 (t) − 2y(t) = 0, y(0) = 1, y 0 (0) = 0.
2. y 00 (t) + 3y 0 (t) + 2y(t) = t, y(0) = y 0 (0) = 0.

45
Chapitre 4

Equations aux dérivées partielles

4.1 Dénitions générales


Dénition 14.
Une équation aux dérivées partielles (EDP) est une équation faisant intervenir une fonction
inconnue u(t, x1 , x2 , . . . , xn ) : R+ × Rn −→ R, ses variables spatiales et temporelles ainsi que
ses dérivées partielles par rapport à ces variables
∂u ∂ 2 u ∂ n+1 u
 
∂u ∂u
F u, t, x1 , x2 , . . . , xn , , ,..., , ,..., , . . . = 0. (4.1)
∂t ∂x1 ∂xn ∂t∂x1 ∂t∂x1 . . . ∂xn
On appelle solution de cette équation sur une partie Ω ⊆ R+ ×Rn , toute fonction u(t, x1 , . . . , xn )
qui vérie l'équation pour tout (t, x1 , . . . , xn ) ∈ Ω.
L'ordre d'une EDP est le plus grand ordre de dérivation qui apparaît dans l'équation.
Exemple :
∂u ∂u
x2 (x, y) − xy 3 (x, y) + u(x, y) = ex est une EDP d'ordre 1.
∂x ∂y
2 2
∂ u ∂ u ∂u
x2 2 (x, y) + y (x, y) + (x, y) + u(x, y) = 0 est une EDP d'ordre 2.
∂x ∂x∂y ∂x

EDP linéaire
L'EDP (4.1) est dite linéaire si l'application F est linéaire par rapport à u et à toutes ses
dérivées partielles.
Par exemple l'EDP linéaire du second ordre et à deux variables indépendantes x et y a la
forme générale suivante.
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u ∂u ∂u
a(x, y) 2
+ b(x, y) + c(x, y) 2
+ d(x, y) + e(x, y) + g(x, y)u = h(x, y). (4.2)
∂x ∂x∂y ∂y ∂x ∂y

46
Une EDP est dite homogène quand elle ne contient que des termes faisant intervenir u et
ses dérivées partielles. Par exemple dans le cas linéaire, l'EDP (4.2) est homogène lorsque
h(x, y) = 0. Dans le cas contraire, elle est dite non homogène.
La solution générale d'une EDP linéaire non homogène est la somme d'une solution particu-
lière de l'EDP non homogène et de la solution générale de l'EDP homogène.

4.2 Méthode des caractéristiques


Soient Ω un ouvert de R2 et a et b deux fonctions dénies de Ω dans R. Considérons les
EDP linéaires homogènes d'ordre un de la forme

∂u ∂u
a(x, y) (x, y) + b(x, y) (x, y) = 0. (4.3)
∂x ∂y

La méthode des caractéristiques permet de résoudre ce type d'équations. A l'équation (4.3),


on associe l'équation diérentielle ordinaire

dx dy
= ,
a(x, y) b(x, y)

les solutions de cette équation dénissent les courbes caractéristiques de l'EDP (4.3) qui
sont de la forme ϕ(x, y) = c (c constante) et la solution générale de (4.3) est donnée par
u(x, y) = f (ϕ(x, y)), où f est une fonction dérivable quelconque.
Exemple :
Résoudre le problème suivant. 
 ∂u ∂u
 y −x =0


∂x ∂y

 u(x, 0) = ex2 .

47
Solution :
On utilise la méthode des caractéristiques :

dx dy
=
y −x
⇒ −x dx = y dy
Z Z
⇒ − x dx = y dy
1 1
⇒ − x2 + c = y 2 , c constante
2 2
1 2 1 2
⇒ x + y =c
2 2
2 2
⇒ x + y = K (K = 2c).

Les courbes caractéristiques sont donc des cercles centrés à l'origine.

La solution générale est donnée par u(x, y) = f (x2 + y 2 ), où f est une fonction dérivable
quelconque.
2
Il reste à déterminer la fonction f en utilisant la condition u(x, 0) = ex
2 2 +y 2
u(x, 0) = f (x2 ) = ex ⇒ f (t) = et ⇒ u(x, y) = ex

est la solution de notre problème.

48
4.3 Classication des EDP du second ordre
Soient Ω un ouvert de R2 et a, b et c des fonctions dénies de Ω dans R. On s'intéresse
aux EDP quasi-linéaires d'ordre deux de la forme

∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
 
∂u ∂u
a(x, y) 2 + 2b(x, y) + c(x, y) 2 + g x, y, u, , = 0, (4.4)
∂x ∂x∂y ∂y ∂x ∂y

où g est une fonction réelle.


Posons ∆(x, y) = b2 (x, y) − a(x, y)c(x, y).
 Si ∆(x, y) > 0 l'équation (4.4) est dite hyperbolique.
 Si ∆(x, y) < 0 elle est dite elliptique.
 Si ∆(x, y) = 0 elle est dite parabolique.
On appelle changement de variable tout C 1 −diéomorphisme déni sur Ω. Le théorème
suivant montre que par un changement de variable, l'équation (4.4) peut se ramener à une
forme canonique.

Théorème 19. Il existe un changement de variable (α, β) = ϕ(x, y) par lequel l'équation
(4.4) se ramène à une des formes canoniques suivantes :

∂ 2u ∂ 2u
 
∂u ∂u
− + g1 α, β, u, , = 0 (type hyperbolique)
∂α2 ∂β 2 ∂α ∂β
∂ 2u ∂ 2u
 
∂u ∂u
+ + g2 α, β, u, , = 0 (type elliptique)
∂α2 ∂β 2 ∂α ∂β
∂ 2u
 
∂u ∂u
+ g3 α, β, u, , = 0 (type parabolique).
∂β 2 ∂α ∂β

(g1 , g2 et g3 sont des fonctions réelles).


Démonstration.
Voir [6], Théorèmes 3.5,3.6 et 3.7 pages 4244.

Exemple :
Considérons l'équation

∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u ∂u
− 2 sin(x) − cos2
(x) − cos(x) = 0. (4.5)
∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂y

Nous avons a(x, y) = 1, b(x, y) = − sin(x) et c(x, y) = − cos2 (x, y). Donc

∆(x, y) = b2 (x, y) − a(x, y)c(x, y) = sin2 (x) + cos2 (x) = 1 > 0.

49
Donc cette équation est hyperbolique. On va ramener cette équation à la forme canonique,
pour cela on utilise le changement de variable (ξ, η) donné par les équations des caractéris-
tiques suivantes :



 ∂ξ  √  ∂ξ
 a + b+ ∆ =0


∂x ∂y

 ∂η  √  ∂η
 a + b− ∆ =0


∂x ∂y

∂ξ ∂ξ


+ (− sin(x) + 1) =0



⇒ ∂x ∂y

 ∂η ∂η
+ (− sin(x) − 1) =0


∂x ∂y



 dx dy
=


1 − sin(x) + 1


 dx dy
=


1 − sin(x) − 1



 (− sin(x) + 1) dx = dy



 (− sin(x) − 1) dx = dy


 R R
 (− sin(x) + 1) dx = dy




 R R
 (− sin(x) − 1) dx = dy



 cos(x) + x = y + c1


⇒ c1 et c2 sont des constantes.


 cos(x) − x = y + c2



 x − y + cos(x) = c1




 x + y − cos(x) = −c2 = c02 .

50
Donc le changement de variable est donné par


 ξ = x − y + cos(x)


 η = x + y − cos(x).

∂u ∂u ∂ξ ∂u ∂η
Donc = × + × .
∂x ∂ξ ∂x ∂η ∂x
 
∂ξ ∂ξ
 

= 1 − sin(x) = −1

 

 
∂x ∂y
 ∂η = 1 + sin(x) ∂η

 

=1
 

∂x ∂y

∂u ∂u ∂u
⇒ = (1 − sin(x)) + (1 + sin(x))
∂x ∂ξ ∂η

∂ 2u
 
∂ ∂u
⇒ 2
=
∂x ∂x ∂x
   
∂u ∂ ∂u ∂u ∂ ∂u
= − cos(x) + (1 − sin(x)) + cos(x) + (1 + sin(x))
∂ξ ∂x ∂ξ ∂η ∂x ∂η
 2
∂ 2 u ∂η

∂u ∂ u ∂ξ
= − cos(x) + (1 − sin(x)) +
∂ξ ∂ξ 2 ∂x ∂ξ∂η ∂x
 2
∂ u ∂ξ ∂ 2 u ∂η

∂u
+ cos(x) + (1 + sin(x)) +
∂η ∂ξ∂η ∂x ∂η 2 ∂x
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
= (1 − sin(x))2 2 + 2 cos2 (x) + (1 + sin(x))2 2
∂ξ ∂ξ∂η ∂η
∂u ∂u
− cos(x) + cos(x) .
∂ξ ∂η

∂ 2u
 
∂ ∂u
=
∂x∂y ∂y ∂x
   
∂ ∂u ∂ ∂u
= (1 − sin(x)) + (1 + sin(x))
∂y ∂ξ ∂y ∂η
 2 2
 2
∂ u ∂ξ ∂ 2 u ∂η
 
∂ u ∂ξ ∂ u ∂η
= (1 − sin(x)) + + (1 + sin(x)) +
∂ξ 2 ∂y ∂ξ∂η ∂y ∂ξ∂η ∂y ∂η 2 ∂y
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
= (sin(x) − 1) 2 − 2 sin(x) + (1 + sin(x)) 2 .
∂ξ ∂ξ∂η ∂η

51
∂u ∂u ∂ξ ∂u ∂η ∂u ∂u
= × + × =− + .
∂y ∂ξ ∂y ∂η ∂y ∂ξ ∂η

∂ 2u
 
∂ ∂u
=
∂y 2 ∂y ∂y
∂ 2 u ∂ξ ∂ 2 u ∂η ∂ 2 u ∂ξ ∂ 2 u ∂η
=− 2 − + +
∂ξ ∂y ∂ξ∂η ∂y ∂ξ∂η ∂y ∂η 2 ∂y
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
= 2 −2 + 2.
∂ξ ∂ξ∂η ∂η
En remplaçant ses dérivées dans (4.5), on obtient
∂ 2u ∂ 2u 2 ∂ 2u ∂u ∂ 2u
− 2 sin(x) − cos (x) − cos(x) = 4 =0
∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂y ∂ξ∂η
∂ 2u
⇒ = 0 qui est la 2ème forme canonique de l'équation (4.5).
∂ξ∂η
Pour ramener l'équation à la 1ère forme canonique, on utilise le changement de variable
suivant : 

 α=ξ+η


 β = ξ − η.


 
∂α ∂α

 

=1 =1

 

 
∂ξ ∂η

 ∂β 
 ∂β
=1 = −1

 

∂ξ ∂η
 

∂u ∂u ∂α ∂u ∂β ∂u ∂u
= × + × = +
∂ξ ∂α ∂ξ ∂β ∂ξ ∂α ∂β
donc
∂ 2u
 
∂ ∂u
=
∂ξ∂η ∂η ∂ξ
   
∂ ∂u ∂ ∂u
= +
∂η ∂α ∂η ∂β
2 2
∂ u ∂α ∂ u ∂β ∂ 2 u ∂α ∂ 2 u ∂β
= + + +
∂α2 ∂η ∂α∂β ∂η ∂α∂β ∂η ∂β 2 ∂η
∂ 2u ∂ 2u
= −
∂α2 ∂β 2
=0

52
qui est la 1ère forme canonique de l'équation (4.5).
Remarque :
Dans le cas d'une équation elliptique (∆(x, y) < 0), les équations des caractéristiques sont


 ∂ξ √  ∂ξ
 a + b + i −∆ =0


∂x ∂y

 ∂η √  ∂η
 a + b − i −∆ = 0.


∂x ∂y
Dans ce cas ξ et η sont des complexes conjugués, et le changement de variable

 ξ+η
 α= = Re(ξ)


2
 β = ξ − η = Im(ξ)



2i
(α et β sont des réels) permet d'obtenir la forme canonique de l'équation elliptique.
Pour l'équation parabolique (∆(x, y) = 0), il existe une seule équation des caractéristiques :
∂ξ ∂ξ
a +b = 0,
∂x ∂y
la résolution de cette équation donne ξ et pour η , on choisit n'importe quelle fonction linéai-
rement indépendante de ξ .

4.4 Exemples d'EDP usuelles


4.4.1 Equation des ondes
∂ 2u 2
2∂ u
=c ,
∂t2 ∂x2
c'est une équation de type hyperbolique qu'on peut rencontrer dans l'étude des vibrations
transversales d'une corde, des vibrations longitudinales d'une tige, des vibrations de torsion
d'un arbre, des oscillations des gaz, ...

4.4.2 Equation de la chaleur


∂u ∂ 2u
= a2 2 ,
∂t ∂x
53
c'est une équation de type parabolique qu'on peut rencontrer dans l'étude des problèmes
posés par les processus de diusion de la chaleur, de ltration de liquide ou de gaz dans un
milieu poreux, de certains problèmes de la théorie des probabilités, ...

4.4.3 Equation de Laplace


∂ 2u ∂ 2u
∆u = + = 0,
∂x2 ∂y 2
c'est une équation de type elliptique qu'ont peut rencontrer dans l'étude des problèmes posés
par les champs électriques et magnétiques, l'état stationnaire de chaleur, l'hydrodynamique,
la diusion, ...

4.5 Résolution de quelques EDP


Les méthodes les plus employées pour résoudre les EDP du second ordre sont :
 La méthode de changement de variable.
 La méthode de séparation des variables.
 L'utilisation de la transformée de Fourier.
Nous allons illustrer ces méthodes par des exemples.
Exemple 1 : (Equation des ondes)
Considérons le problème de Cauchy suivant :

 ∂ 2u
 2
2∂ u

 (x, t) = c (x, t), x ∈ R, t > 0 .................(1)



 ∂t2 ∂x2

 u(x, 0) = Φ0 (x), x ∈ R ...........................(2)




 ∂u (x, 0) = Ψ0 (x),

x ∈ R ...........................(3)


∂t
avec c > 0 (c représente la célérité de l'onde), Φ0 une fonction de classe C 2 (R) et Ψ0 une
fonction de classe C 1 (R).
C'est un problème de Cauchy car les conditions ne portent que sur une partie du bord du
domaine sur lequel on connaît la valeur de la fonction u et de ses dérivées de degré inférieur
à l'ordre de l'équation.
Pour résoudre ce problème, on va ramener l'équation (1) à la forme canonique :
∂ 2u ∂ 2u
(1) ⇐⇒ −c2 (x, t) + (x, t) = 0
∂x2 ∂t2
54


a(x, t) = −c2







 b(x, t) = 0





 c(x, t) = 1

∆(x, t) = b2 (x, t) − a(x, t)c(x, t) = c2 > 0


l'équation est donc de type hyperbolique.
Les équations des caractéristiques sont

 ∂ξ √ ∂ξ
 a + (b + ∆) =0


∂x ∂t

 a ∂η + (b − ∆) ∂η = 0



∂x ∂t

 ∂ξ ∂ξ
 −c2 +c =0


⇒ ∂x ∂t
 −c2 ∂η − c ∂η = 0



∂x ∂t

 ∂ξ ∂ξ
 −c + =0


⇒ ∂x ∂t
 −c ∂η − ∂η = 0



∂x ∂t

 dx dt
=



−c 1
 dx = dt



−c −1


 dx = −c dt





 dx = c dt


 R R
dx = −c dt





 R R
dx = c dt

55


 x = −ct + c1




 x = ct + c2 ,

c1 et c2 sont des constantes




 x + ct = c1




 x − ct = c2 .

On utilise donc le changement de variable :





 ξ = x + ct


 η = x − ct.

 
 ∂ξ  ∂ξ
=1 =c

 

 
∂x ∂t
 ∂η = 1  ∂η = −c.

 

 
∂x ∂t
Donc
∂u ∂u ∂ξ ∂u ∂η ∂u ∂u
= + =c −c .
∂t ∂ξ ∂t ∂η ∂t ∂ξ ∂η
∂ 2u
   
∂ ∂u ∂ ∂u
=c −c
∂t2 ∂t ∂ξ ∂t ∂η
2 2
∂ u ∂ξ ∂ u ∂η ∂ 2 u ∂ξ ∂ 2 u ∂η
=c 2 +c −c −c 2
∂ξ ∂t ∂ξ∂η ∂t ∂ξ∂η ∂t ∂η ∂t
2 2 2
∂ u ∂ u ∂ u
= c2 2 − 2c2 + c2 2 .
∂ξ ∂ξ∂η ∂η
∂u ∂u ∂ξ ∂u ∂η ∂u ∂u
= + = + .
∂x ∂ξ ∂x ∂η ∂x ∂ξ ∂η
∂ 2u
   
∂ ∂u ∂ ∂u
= +
∂x2 ∂x ∂ξ ∂x ∂η
2 2
∂ u ∂ξ ∂ u ∂η ∂ 2 u ∂ξ ∂ 2 u ∂η
= 2 + + +
∂ξ ∂x ∂ξ∂η ∂x ∂ξ∂η ∂x ∂η 2 ∂x
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2u
= 2 +2 + 2.
∂ξ ∂ξ∂η ∂η

56
En remplaçant dans (1), on obtient
∂ 2u 2∂ u
2
=c
∂t2 ∂x2
∂ 2u
⇒ −4c2 (ξ, η) = 0
∂ξ∂η
∂ 2u
⇒ (ξ, η) = 0, car c 6= 0
∂ξ∂η
 
∂ ∂u
⇒ (ξ, η) = 0
∂η ∂ξ
∂u
⇒ (ξ, η) = f (ξ)
∂ξ
Z
⇒ u(ξ, η) = f (ξ) dξ + G(η)

⇒ u(ξ, η) = F (ξ) + G(η),

où F et G sont deux fonctions arbitraires deux fois dérivables.


Donc u(x, t) = F (x + ct) + G(x − ct) est la solution générale de l'équation (1).
Pour déterminer les fonctions F et G, on utilise les conditions initiales (2) et (3).
(2) : u(x, 0) = Φ0 (x) ⇔ F (x) + G(x) = Φ0 (x)
∂u
et (3) : (x, 0) = Ψ0 (x), or
∂t
∂u
(x, t) = cF 0 (x + ct) − cG0 (x − ct)
∂t
∂u
⇒ (x, 0) = cF 0 (x) − cG0 (x) = Ψ0 (x)
∂t
1
⇒ F 0 (x) − G0 (x) = Ψ0 (x)
c
1
⇒ F 0 (α) − G0 (α) = Ψ0 (α), ∀α ∈ R
Z x c
1 x
Z
0 0
⇒ (F (α) − G (α)) dα = Ψ0 (α) dα
0 c
Z x 0
1
⇒ F (x) − G(x) − K = Ψ0 (α) dα (K = F (0) − G(0) constante)
c 0
1 x
Z
⇒ F (x) − G(x) = Ψ0 (α) dα + K.
c 0
Donc 

 F (x) + G(x) = Φ0 (x)


 F (x) − G(x) = 1 x Ψ0 (α) dα + K .

 R
c 0

57
En prenant la somme de ces deux équations divisée par 2, on obtient

1 x
Z
Φ0 (x) K
F (x) = + Ψ0 (α) dα +
2 2c 0 2
et en prenant la diérence divisée par 2, on obtient

1 x
Z
Φ0 (x) K
G(x) = − Ψ0 (α) dα − .
2 2c 0 2
Donc

u(x, t) = F (x + ct) + G(x − ct)


1 x+ct Φ0 (x − ct) 1 x−ct
Z Z
Φ0 (x + ct)
= + Ψ0 (α) dα + − Ψ0 (α) dα
2 2c 0 2 2c 0
1 x+ct
Z
1
= (Φ0 (x + ct) + Φ0 (x − ct)) + Ψ0 (α) dα
2 2c x−ct

c'est la formule de D'Alembert pour le problème (1)(3).


Exemple 2 : (Equation des ondes)
Considérons le problème suivant qui modélise le mouvement vibratoire d'une corde.

 ∂ 2u 2
2∂ u
(x, t), (x, t) ∈ [0, L] × [0, T ] ......................(1)


 2
(x, t) = c 2



 ∂t ∂x

∂u
u(x, 0) = Φ0 (x), (x, 0) = Ψ0 (x), x ∈ [0, L] ........................................(2)


 ∂t



 u(0, t) = 0, u(L, t) = 0, t ∈ [0, T ] .........................................(3)

avec L > 0 et T > 0 (L représente la longueur de la corde), Φ0 une fonction de classe


C 2 ([0, L]) et Ψ0 une fonction de classe C 1 ([0, L]).
Les conditions (2) sont des conditions initiales et les conditions (3) sont des conditions aux
limites qui signient que la corde est xée sur ses deux extrémités.
On va utiliser la méthode de séparation des variables qui consiste à chercher la solution sous
la forme u(x, t) = X(x)Z(t)

∂u ∂ 2u ∂u ∂ 2u
⇒ 0
(x, t) = X(x)Z (t), 2
00
(x, t) = X(x)Z (t), (x, t) = X (x)Z(t) et
0
2
(x, t) = X 00 (x)Z(t).
∂t ∂t ∂x ∂x
En remplaçant dans (1), on obtient

Z 00 (t) X 00 (x)
X(x)Z 00 (t) = c2 X 00 (x)Z(t) ⇒ = , ∀(x, t) ∈ [0, L] × [0, T ]
c2 Z(t) X(x)

58
le membre gauche ne dépend que de t et le membre droit ne dépend que de x, donc les deux
membres sont forcément constants :
Z 00 (t) X 00 (x)
= = λ, ( λ constante)
c2 Z(t) X(x)


 X 00 (x) = λX(x)




 Z 00 (t) = λc2 Z(t).

De plus, la condition (3) donne u(0, t) = X(0)Z(t) = 0 ⇒ X(0) = 0, car si Z(t) = 0 ⇒


u(x, t) = 0 solution triviale
et u(L, t) = X(L)Z(t) = 0 ⇒ X(L) = 0.
Donc X(x) est solution du problème :


X 00 (x) − λX(x) = 0







 X(0) = 0





 X(L) = 0

qui est un problème de Sturm-Liouville.


L'équation caractéristique est α2 − λ = 0 ⇔ α2 = λ.........(∗).
Si λ > 0 : On pose λ = µ2 , µ 6= 0.
Dans ce cas (∗) ⇒ α2 = µ2 , il y a deux racines réelles α1 = µ et α2 = −µ.
La solution générale est
X(x) = Aeµx + Be−µx , A, B ∈ R.
Donc

X(0) = A + B = 0 ⇒ B = −A
⇒ X(x) = A eµx − e−µx


⇒ X(L) = A eµL − e−µL = 0




si eµL − e−µL = 0 ⇔ eµL = e−µL ⇔ µL = −µL ⇔ 2µL = 0 contradiction car µ 6= 0 et L 6= 0,


on déduit alors que A = 0 ⇒ B = 0 ⇒ X(x) = 0 ⇒ u(x, t) = 0 solution triviale.
Si λ = 0 :
On a (∗) ⇒ α2 = 0 ⇒ α = 0 racine double.
La solution générale est X(x) = Aeαx + Bxeαx = A + Bx, A, B ∈ R.

59
Donc X(0) = A = 0 et X(L) = A + BL = BL = 0 ⇒ B = 0 (car L 6= 0) ⇒ X(x) = 0 ⇒
u(x, t) = 0 solution triviale.
Si λ < 0 : On pose λ = −µ2 , µ 6= 0.
Dans ce cas (∗) ⇒ α2 = −µ2 , il y a deux racines complexes α1 = iµ et α2 = −iµ.
La solution générale est

X(x) = A cos(µx) + B sin(µx), A, B ∈ R.

Donc

X(0) = A = 0
⇒ X(x) = B sin(µx)
⇒ X(L) = B sin(µL) = 0
⇒ sin(µL) = 0, car B = 0 conduit à une solution triviale
⇒ µL = nπ, n ∈ N∗

⇒µ= , n ∈ N∗
L  nπ 
⇒ X(x) = B sin x , n ∈ N∗ .
L
Cherchons maintenant la fonction Z(t).
 nπ 2
On a Z 00 (t) = λc2 Z(t) ⇔ Z 00 (t) − λc2 Z(t) = 0, avec λ = − .
L
En procédant comme pour X(x) on obtient
 cnπ   cnπ 
Z(t) = C cos t + D sin t , n ∈ N∗ , C, D ∈ R.
L L
Donc pour chaque valeur de n nous avons une solution un (x, t) donnée par
 nπ    cnπ   cnπ 
un (x, t) = sin x Cn cos t + Dn sin t , n ∈ N∗ .
L L L
Pour tout n ∈ N∗ , un (x, t) est une solution de l'équation (1) qui vérie la condition (3), et
comme l'équation (1) est linéaire et homogène et la condition (3) est homogène, on déduit
que la somme
X
u(x, t) = un (x, t)
n∈N∗

est aussi une solution de (1) qui vérie la condition (3), pourvu que cette série converge et
qu'on puisse la dériver deux fois terme à terme par rapport à x et t.
∂u
Vérions maintenant la condition non homogène (2) : u(x, 0) = Φ0 (x) et (x, 0) = Ψ0 (x).
∂t
X X  nπ 
u(x, 0) = Φ0 (x) ⇒ un (x, 0) = Φ0 (x) ⇒ Cn sin x = Φ0 (x)
n∈N∗ ∗
n∈N
L

60
si la fonction Φ0 (x) est développable en série de Fourier (série de sinus) dans l'intervalle
[0, L], alors les coecients Cn sont donnés par
Z L  
2  nπ  2π π
Cn = Φ0 (x) sin x dx ω= = ⇒ τ = 2L (la période)
2L −L L τ L
et ceci en prolongeant Φ0 en une fonction impaire sur [−L, L], le prolongement doit être
impair car la série du développement de Φ0 ne contient que des sinus. Donc

2 L
Z  nπ 
Cn = Φ0 (x) sin x dx.
L 0 L
De plus, nous avons
∂u X  nπ  h cnπ  cnπ  cnπ  cnπ i
(x, t) = sin x −Cn sin t + Dn cos t
∂t n∈N∗
L L L L L
∂u X cnπ  nπ 
⇒ (x, 0) = Dn sin x = Ψ0 (x).
∂t n∈N∗
L L

En procédant comme pour Φ0 (x) on obtient

2 L
Z
cnπ  nπ 
Dn = Ψ0 (x) sin x dx
L L 0 L
Z L
2  nπ 
⇒ Dn = Ψ0 (x) sin x dx.
cnπ 0 L
La solution du problème (1)(3) est donc donnée par
X  cnπ   cnπ   nπ 
u(x, t) = Cn cos t + Dn sin t sin x ,

n∈N
L L L

avec Z L
2  nπ 
Cn = Φ0 (x) sin x dx
L 0 L
et Z L
2  nπ 
Dn = Ψ0 (x) sin x dx.
cnπ 0 L
Exemple 3 : (Equation de la chaleur)
On s'intéresse au problème :

 ∂u ∂ 2u
(x, t) = a2 2 (x, t), x ∈ R, t > 0 .........................................(1)



∂t ∂x

x ∈ R ...................................................(2)

 u(x, 0) = Φ0 (x),

61
avec a > 0 et Φ0 est une fonction de classe C 2 (R).
On suppose que pour tout t xé, la fonction u et toutes ses dérivées admettent des transfor-
mées de Fourier
 en espace  (i.e.   Fx la transformée de Fourier partielle en x, on
en x). Notons
2
∂u ∂ u
a (1) ⇒ Fx (x, t) = a2 Fx (x, t) .
∂t ∂x2
Or
  Z +∞
∂u 1 ∂u
Fx (x, t) (s) = √ (x, t)e−isx dx
∂t 2π −∞ ∂t
 Z +∞ 
d 1 −isx
= √ u(x, t)e dx
dt 2π −∞
dbu(s, t)
=
dt
(sous certaines conditions on peut faire sortir la dérivée ∂t

de l'intégrale).
De plus, nous avons
 2   
∂ u ∂u
Fx (x, t) = isF x (s)
∂x2 ∂x
= i2 s2 Fx (u(x, t)) (s)
= −s2 u
b(s, t)

db
u(s, t)
⇒ = −a2 s2 u
b(s, t)
dt
et la condition (2) implique que (en supposant que Φ0 admet une transformée de Fourier)

Fx (u(x, 0)) = Fx (Φ0 (x)) ⇒ u


b(s, 0) = Φ
b 0 (s).

Donc u
b est solution du problème

 dbu(s, t)
= −a2 s2 ub(s, t)



dt

b 0 (s).

 u

b(s, 0) = Φ

62
db
u(s, t)
= −a2 s2 u
b(s, t)
dt
dbu(s, t)
⇒ = −a2 s2 dt
u
b(s, t)
Z Z
dbu(s, t)
⇒ = − a2 s2 dt
u
b(s, t)
u(s, t)| = −a2 s2 t + c(s)
⇒ ln |b
2 s2 t
u(s, t)| = ec(s) e−a
⇒ |b
2 s2 t
b(s, t) = K(s)e−a , K(s) = ±ec(s)

⇒u

donc
u b 0 (s) ⇒ u
b(s, 0) = K(s) = Φ b 0 (s)e−a2 s2 t
b(s, t) = Φ

⇒ u(x, t) = Fx−1 (b
u(s, t)) (x, t)
 22 
= Fx−1 e−a s t Φb 0 (s) (x, t)
1  22  
= √ Fx−1 e−a s t ∗ Fx−1 Φ b 0 (s) (x, t)

1 −1  −a2 s2 t 
= √ Fx e ∗ Φ0 (x)

or
Z +∞

−a2 s2 t
 1 2 2
Fx−1 e (x, t) = √ e−a s t eisx ds
2π −∞
Z +∞
1 2 2
=√ e−a z t e−izx dz ( changement de variable z = −s)
2π −∞
 22
= Fx e−a z t (x, t)

et on peut montrer que


 22 1 x2
Fx e−a z t (x, t) = √ e− 4a2 t (voir l'exercice 3 du chapitre 2)
a 2t
 22 1 x2
⇒ Fx e−a s t (x, t) = √ e− 4a2 t
−1
a 2t
  Z +∞
1 2
− x2 1 y2
⇒ u(x, t) = √ e 4a t ∗ Φ0 (x) = √ e− 4a2 t Φ0 (x − y) dy.
2a πt 2a πt −∞
Remarque :
1 x2
La fonction √ e− 4a2 t s'appelle le noyau de la chaleur.
2a πt

63
Exemple 4 : (Equation de Laplace dans un rectangle)
Dans le plan Oxy , on considère le rectangle Ω = {(x, y) ∈ R2 /0 < x < L, 0 < y < H}, (L >
0, H > 0). Soit f (x) une fonction donnée sur le côté ]0, L[×{H} du rectangle Ω.
Nous nous intéressons au problème suivant :

 ∂ 2u ∂ 2u
(x, y) = 0, (x, y) ∈ Ω ...........................(1)


 ∆u(x, y) = (x, y) +



 ∂x2 ∂y 2

 u(0, y) = u(L, y) = 0, 0 < y < H ..........................(2)





 u(x, 0) = 0, u(x, H) = f (x), 0 < x < L ...........................(3)

Remarquons que les conditions (2) et (3) imposent la valeur de la fonction cherchée u(x, y)
sur le bord du domaine Ω, on les appelle des conditions de Dirichlet.
On va utiliser la méthode de séparation des variables, donc on cherche la solution sous la
forme u(x, y) = X(x)Y (y), donc

∂u ∂ 2u ∂ 2u
(x, y) = X 0 (x)Y (y), (x, y) = X 00
(x)Y (y) et = X(x)Y 00 (y)
∂x ∂x2 ∂y 2
X 00 (x) Y 00 (y)
⇒ X 00 (x)Y (y) + X(x)Y 00 (y) = 0 ⇒ =− = λ (λ constante)
X(x) Y (y)


 X 00 (x) = λX(x)




 Y 00 (y) = −λY (y)

la condition (2) donne

u(0, y) = X(0)Y (y) = 0 ⇒ X(0) = 0, sinon on obtient une solution triviale

et
u(L, y) = X(L)Y (y) = 0 ⇒ X(L) = 0.
Donc X(x) est solution du problème de Sturm-Liouville suivant


X 00 (x) − λX(x) = 0







 X(0) = 0




 X(L) = 0.

64
On peut vérier que si λ ≥ 0, alors X(x) = 0 ce qui donne une solution triviale, donc il faut
que λ soit strictement négatif. En posant λ = −µ2 (µ 6= 0), on peut vérier que
 nπ   nπ 

X(x) = B sin x , n ∈ N , B ∈ R, µ = .
L L
De plus, on a
Y 00 (y) = −λY (y) ⇒ Y 00 (y) + λY (y) = 0.
L'équation caractéristique est α2 + λ = 0 ⇒ α2 = −λ = µ2 , il y a deux racines réelles α1 = µ
et α2 = −µ
nπ nπ
⇒ Y (y) = Ceµy + De−µy = Ce L y + De− L y , C, D ∈ R.
De plus, la condition (3) implique que u(x, 0) = X(x)Y (0) = 0 ⇒ Y (0) = 0 sinon on obtient
une solution triviale, mais Y (0) = C + D = 0 ⇒ D = −C , donc
nπ nπ 
 nπ   nπ 
Y (y) = C e L y − e− L y = 2C sh y = C 0 sh y , C 0 constante.
L L
Donc pour chaque valeur de n, nous avons une solution un (x, y) donnée par
 nπ   nπ 
un (x, y) = Cn sin x sh y , Cn constante.
L L
Pour tout n ∈ N∗ , un (x, y) est une solution de l'équation linéaire homogène (1), qui vérie
les conditions homogènes (2) et u(x, 0) = 0, donc la somme
X
u(x, y) = un (x, y)
n∈N∗

est aussi une solution de (1) qui vérie les mêmes conditions homogènes, pourvu que cette
série converge et qu'on puisse la dériver deux fois terme à terme par rapport à x et y .
Reste à vérier la condition non homogène u(x, H) = f (x)
X  nπ   nπ 
⇒ Cn sin x sh H = f (x)
n∈N∗
L L
X  nπ    nπ 
⇒ Cn0 sin x = f (x) Cn0 = Cn sh H .
n∈N ∗
L L
Si f est développable en série de Fourier impaire dans l'intervalle [0, L], alors les coecients
Cn0 sont donnés par
Z L
2 L
Z  
2  nπ   nπ  2π π
0
Cn = f (x) sin x dx = f (x) sin x dx ω= = ⇒ τ = 2L (la période)
2L −L L L 0 L τ L
L
Cn0
Z
2  nπ 
⇒ Cn = = f (x) sin x dx
sh nπ L sh nπ
 
L
H L
H 0 L
et la solution du problème (1)(3) est donnée par
X  nπ   nπ 
u(x, y) = Cn sin x sh y .
n∈N∗
L L

65
4.6 Exercices
Exercice 1 :
Résoudre les problèmes suivants.
∂u ∂u
1. − xy = 0, u(0, y) = y 2 .
∂x ∂y
∂u ∂u
2. y 3 + cos(x) = 0, u(0, y) = y 2 .
∂x ∂y
1 ∂u 1 ∂u
3. − = 0, u(x, 0) = cos(x).
x ∂x 2xy ∂y
∂u ∂u
4. x2 + y2 = 0, limx→+∞ u(x, y) = ey .
∂x ∂y
Exercice 2 :
1. Déterminer le type des équations suivantes et les ramener à la forme canonique. Pour
les équations hyperboliques passer directement à la première forme canonique.
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2 u ∂u
a) 3 2 + 2 − 2− = 0.
∂x ∂x∂y ∂y ∂x
∂ 2u ∂ 2u ∂ 2 u ∂u
b) + + + = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂x
∂ 2u ∂ 2u 2
2∂ u ∂u
c) − 2x + x − 2 = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2 ∂y
2. Trouver la solution générale des équations suivantes.
∂ 2u ∂ 2 u ∂u
a) x 2 − x3 2 − = 0, (x, y) ∈ R∗ × R.
∂x ∂y ∂x
2
2∂ u ∂ 2u 2
2∂ u
b) x + 2xy +y = 0.
∂x2 ∂x∂y ∂y 2
∂ 2u ∂ 2u
3. Déterminer le type de l'équation de Tricomi suivante : + x = 0.
∂x2 ∂y 2
Exercice 3 :
Résoudre le problème de Cauchy pour l'équation des ondes suivant.

 ∂ 2u 2
2 ∂ u
(x, t), x ∈ R, t > 0


 2
(x, t) = α 2



 ∂t ∂x

 u(x, 0) = sin(x), x∈R




 ∂u (x, 0) = cos(x),

x ∈ R,


∂t
avec α > 0.

66
Exercice 4 :
En utilisant la méthode de séparation des variables, résoudre le problème de l'équation de
la chaleur suivant.

2

 ∂u 2 ∂ u

 (x, t) = a 2
(x, t), x ∈]0, L[, t > 0
∂t ∂x





∂u ∂u


(0, t) = (L, t) = 0,



∂x ∂x
 
 U si 0 < x < L/2

 

 




 u(x, 0) =
 
si L/2 ≤ x < L,
 

  0

avec a > 0, L > 0 et U 6= 0 sont des constantes.


Exercice 5 :
En utilisant la transformée de Fourier partielle en x, résoudre le problème suivant.

 ∂ 2u 2
2 ∂ u
(x, t), x ∈ R, t > 0


 (x, t) = c



 ∂t2 ∂x2

 u(x, 0) = Φ0 (x), x∈R




 ∂u (x, 0) = Ψ0 (x),

x ∈ R,


∂t

avec c > 0, Φ0 une fonction de classe C 2 (R) et Ψ0 une fonction de classe C 1 (R).

67
Bibliographie

[1] Al-Gwaiz M. A. (2008). Sturm-Liouville theory and its applications. Springer-Verlag,


London.

[2] Bédard R. (2007). Équations aux dérivées partielles. Polycopié de cours, Université du
Québec, Montréal.

[3] Beerends R. J., ter Morsche H. G., van den Berg J. C. et van de Vrie E. M. (2003).
Fourier and Laplace Transforms. Cambridge University Press.
[4] Candelpergher B. (2009). Calcul intégral. Cassini, Paris.
[5] Colmez P. (2011). Éléments d'analyse et d'algèbre. Éditions de l'école polytechnique.
[6] David C. et Gosselet P. (2015). Équations aux dérivées partielles. Cours et exercices
corrigés 2ème édition. Dunod, Paris.
[7] El Amrani M. (2011). Suites et séries numériques, Suites et séries de fonctions. Ellipses,
Paris.

[8] Liret F. (2006). Maths en pratique. DUNOD. Paris.


[9] Piskounov N. (1970). Calcul diérentiel et intégral Tome 2. Editions MIR. Moscou.
[10] Ramis J.-P. et Warusfel A. (2007). Mathématiques tout-en-un pour la Licence. Niveau
L2. DUNOD. Paris.

68

Vous aimerez peut-être aussi