République Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Université des Sciences et de la Technologie d’Oran « Mohamed Boudiaf »
Université des Sciences et de la Technologie d’Oran
« Mohamed Boudiaf »
Faculté de Chimie Département de Génie des Matériaux
Domaine : Sciences et Technologie
Filière : Génie des Procédés
Spécialité : Master 2 en Génie des Procédés Des Matériaux
Exposé
Plan d'organisation de secours lors d'un
incendie ou explosion (centrale nucléaire)
Préparé par : L’enseignante :
OUNANE Benyagoub Mme. SELADJI
Année universitaire : 2024/2025
Introduction
Tout écart par rapport à l’exploitation normale d’une centrale nucléaire nécessitant l’intervention d’un
système de sécurité est considéré comme une défaillance selon l’ordonnance sur l’énergie nucléaire.
L’échelle INES, logarithmique et composée de 7 niveaux, classe les incidents de 1 à 3 comme défaillances,
et de 4 à 7 comme accidents, selon la quantité de substances radioactives libérées. Un accident nucléaire
comporte trois phases : préliminaire (jusqu’à la fuite de radioactivité), nuage (diffusion dans l’atmosphère)
et sol (contamination radioactive persistante).
La fission de l’uranium libère de l’énergie et génère une radioactivité ionisante, potentiellement dangereuse
pour la santé. EDF, en tant qu’industriel, applique des mesures de sécurité rigoureuses dès la conception des
centrales et adapte constamment ces précautions en fonction des avancées scientifiques et des retours
d’expérience. Bien que le risque d’accident soit faible, EDF et les pouvoirs publics ont mis en place une
organisation stricte pour gérer les situations d’urgence.
Malgré leur fiabilité, les centrales nucléaires présentent des risques nécessitant une vigilance constante. En
cas d’incendie ou d’explosion, une gestion rapide et coordonnée est essentielle pour limiter les impacts
humains, environnementaux et matériels. Ce plan d’organisation de secours détaille les mesures préventives
et les stratégies de réponse pour ces situations critiques
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Exemples d’événements :
Les exemples concrets aident à mieux comprendre la nature d’un type d’événement. Ils illustrent la manière
dont ilsurvient, son déroulement et ses conséquences.
Mars 2011 Fukushima (Japon) Accident après une catastrophe naturelle ;
Un séisme de magnitude 9,0 suivi d’un tsunami dévaste la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Les
réacteurs 1 à 3 subissent une fusion du cœur,
entraînant la libération massive de matières
radioactives. Classé au niveau 7 de l'échelle INES,
l’accident force l’évacuation de 150 000 habitants,
dont certains ne peuvent jamais revenir malgré des
efforts de décontamination coûteux (26 milliards de
francs jusqu’en 2017). Bien qu’aucune irradiation
grave immédiate ne soit signalée, environ 2000 décès
à long terme liés à l’évacuation sont recensés.
Avril 1986 Tchernobyl (Ukraine) Catastrophe nucléaire lors de tests;
Le 26 avril 1986, des erreurs de conception et de test entraînent une fusion du cœur et une explosion dans le
réacteur 4 de Tchernobyl, classée au niveau 7 de
l’échelle INES. De grandes quantités de matières
radioactives se dispersent, atteignant des centaines de
kilomètres. L’accident provoque 30 morts immédiates,
200 cas d’irradiation aiguë et la contamination de
centaines de milliers de personnes. Des évacuations
massives sont nécessaires, et les effets
environnementaux et sanitaires se prolongent sur le
long terme.
Quels sont les risques effectifs des centrales nucléaires :
Toutes les dispositions techniques sont prises pour éviter un accident dans une centrale. La façon dont
fonctionnent les centrales françaises interdit l’emballement de la réaction de fission et l’explosion du
réacteur nucléaire.
Par contre, le circuit d’eau du réacteur peut se rompre et, malgré l’enceinte de confinement, l’eau légèrement
chargée en éléments radioactifs pourrait alors se répandre dans l’atmosphère (sous forme de vapeur) ou dans
les rivières alentour. Dans les cas les plus graves, le combustible pourrait fondre et libérer dans
l’environnement des produits très radioactifs.
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Une panne électrique peut survenir et entraîner la paralysie d'un réacteur et de ses systèmes de sécurité. Les
circuits électriques sont donc multiples et indépendants. Les séismes, les attentats ou les chutes d’avions
sont des événements peu probables qui sont pris en compte dans la conception de la centrale et pendant son
exploitation.
Il faut noter qu’en France, il n’y a jamais eu d’accident grave sur les centrales nucléaires ayant des
conséquences radiologiques sur les populations environnantes. De gros efforts sont faits par l’exploitant
(EDF) pour améliorer constamment la sûreté et la fiabilité des réacteurs. Mais il ne faut pas oublier que le
risque zéro n’existe pas.
Les enjeux d’un plan d’organisation de secours (POS)
Un POS vise à structurer et à coordonner les actions nécessaires en cas de situation d’urgence majeure,
notamment dans des installations sensibles comme des centrales nucléaires, des sites industriels à haut
risque, ou des infrastructures critiques.
1. Protection des vies humaines
Prévention et anticipation
Évaluation des risques : Identifier et analyser les scénarios
possibles d’accidents pour établir des plans d’action adaptés.
Mesures de prévention : Mettre en place des systèmes d’alerte et
des équipements de sécurité comme des détecteurs, alarmes et abris
sécurisés.
Réponse en temps réel
Évacuation rapide et contrôlée : Élaborer des plans précis avec des
itinéraires prédéfinis, des points de rassemblement sécurisés et des
moyens de transport disponibles.
Secours médical : Assurer la disponibilité de ressources
médicales (hôpitaux, équipes médicales, unités de soins mobiles)
pour traiter rapidement les blessés.
Formation du personnel et de la population : Organiser des
sessions de sensibilisation et des exercices réguliers pour
préparer les intervenants et les citoyens à réagir efficacement.
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Gestion des situations post-urgence
Prise en charge psychologique : Mettre en place un soutien pour les personnes affectées (victimes,
familles, intervenants) afin de limiter les traumatismes à long terme.
2. Limitation des dommages matériels
Protection des installations critiques
Redondance des systèmes : Installer des systèmes de secours pour éviter les pannes totales (groupes
électrogènes, systèmes de refroidissement alternatifs).
Enclenchement automatique des sécurités : Utiliser des mécanismes automatiques pour isoler les
zones touchées et prévenir l’aggravation des dégâts.
Réparation et remise en service
Évaluation rapide des dégâts : Utiliser des drones, capteurs ou inspections manuelles pour évaluer
rapidement les infrastructures touchées.
Plans de continuité des opérations : Prévoir des solutions pour maintenir une activité minimale
pendant la réparation des dommages.
3. Protection de l’environnement
Réduction des impacts immédiats
Barrières physiques : Installer des digues, systèmes
de confinement ou autres protections pour contenir les
substances dangereuses.
Surveillance en temps réel : Utiliser des capteurs
pour détecter et mesurer la propagation des polluants
dans l’air, l’eau ou le sol.
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Plan de dépollution
Décontamination rapide : Employer des techniques comme la
filtration, l’extraction des polluants ou l’incinération sécurisée des
déchets.
Coordination interdisciplinaire : Mobiliser des experts en
environnement, chimie et biologie pour évaluer et minimiser les
effets à long terme.
4. Communication et coordination
Communication interne
Centralisation de la coordination : Établir un
poste de commandement unique pour centraliser
les décisions.
Outils de gestion de crise : Utiliser des logiciels
spécialisés pour suivre en temps réel l’évolution de
la situation et coordonner les ressources.
Communication externe
Transparence avec le public : Fournir des mises à jour régulières pour éviter la panique et
maintenir la confiance de la population.
Partenariats stratégiques : Collaborer avec les autorités locales, les services d’urgence, et les
experts internationaux pour optimiser la réponse.
5. Maintien de la confiance publique
Audits réguliers : Réaliser des évaluations périodiques de l’efficacité du plan et publier les résultats.
Renforcement de la résilience communautaire : Impliquer les communautés locales dans la
préparation et les exercices pour favoriser leur adhésion et leur confiance.
Gestion post-crise : Communiquer sur les leçons apprises et les mesures prises pour éviter qu’un
incident similaire ne se reproduise.
6. Innovations et technologies
Drones et robots : Employer des technologies pour intervenir dans des zones dangereuses sans exposer
le personnel humain.
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Systèmes de simulation : Organiser des exercices virtuels basés sur des scénarios réalistes pour tester et
améliorer le POS.
Composantes essentielles d’un plan d’organisation de secours :
Identification des risques
Une évaluation précise des dangers potentiels constitue la base d’une prévention efficace.
Étude des scénarios d’incendie et d’explosion
Fuite ou accumulation de gaz inflammables : Surveillance renforcée des zones où des gaz
combustibles sont utilisés ou stockés.
Court-circuit électrique : Contrôle régulier des systèmes
critiques pour prévenir les surcharges électriques.
Incendies dans les zones sensibles : Prévoir des systèmes
de détection et d’extinction spécifiques dans les lieux de
stockage de matériaux dangereux (radioactifs ou
inflammables).
Cartographie des zones sensibles
Identifier les zones à haut risque comme les salles de contrôle, turbines, réacteurs, et circuits de
refroidissement.
Localiser les accès prioritaires pour les équipes de secours internes et externes.
Organisation des secours internes
Formation du personnel
Formation régulière aux procédures d’urgence et aux gestes de premiers secours.
Sensibilisation à l’utilisation des équipements de lutte contre le feu et des combinaisons de
protection.
Simulations d’incidents pour renforcer la réactivité.
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Disponibilité des équipements
Extincteurs adaptés (poudre, CO2, mousse) dans les zones stratégiques.
Systèmes automatiques d’extinction (sprinklers, dispositifs à gaz inerte) dans les zones critiques.
Combinaisons de protection chimique, respirateurs isolants, et outils spécialisés pour les
intervenants.
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Protocoles d’intervention
Mise en place d’une chaîne de commandement claire pour coordonner les réponses.
Procédures pour l’arrêt sécurisé des systèmes (arrêt d’urgence des réacteurs, confinement des
substances dangereuses).
Définition de zones de rassemblement et d’itinéraires d’évacuation sécurisés pour les équipes
internes et le personnel.
Coordination avec les secours externes
Collaboration avec les services locaux
Échanges réguliers avec les pompiers, forces de l’ordre, équipes médicales et autorités locales pour
garantir une compréhension mutuelle des risques spécifiques au site.
Transmission des informations techniques nécessaires (plans, substances présentes, points d’accès).
Planification des évacuations
Identification des zones prioritaires pour l’évacuation selon la proximité du danger.
Préparation des moyens logistiques : bus, véhicules d’urgence et zones d’accueil pour les populations
déplacées.
Simulation et préparation
Exercices réguliers impliquant les équipes internes et externes pour tester les protocoles.
Analyse des retours d’expérience pour ajuster les dispositifs en continu.
Communication de crise
Systèmes d’alerte rapide
Installation d’alarmes sonores et visuelles dans toutes les zones de la centrale.
Mise en place de systèmes à distance pour avertir rapidement les populations environnantes via
SMS, sirènes ou applications dédiées.
Gestion de l’information publique
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Désignation d’un porte-parole unique chargé de diffuser des informations claires et transparentes
pour éviter la panique.
Publication de bulletins réguliers pour tenir informées les populations et les médias.
Relations avec les autorités
Information en temps réel des agences réglementaires et des gouvernements locaux pour solliciter
leur soutien.
Collaboration avec des experts en gestion de crise pour anticiper les conséquences à moyen et long
terme.
Cas pratique : Une centrale située en zone urbaine Dans une centrale nucléaire implantée près
d’une grande agglomération, les principaux risques identifiés sont :
Incendies dans les circuits électriques.
Explosions liées à des réservoirs de gaz industriels.
Un exercice réalisé avec les pompiers locaux a révélé plusieurs points à améliorer :
1. Renforcer la signalisation des sorties d’urgence.
2. Intensifier la formation des équipes internes à l’utilisation des systèmes automatiques d’extinction.
3. Réduire les délais d’intervention grâce à une meilleure coordination entre les secours internes et
externes.
Conclusion
Un plan d’organisation de secours bien conçu est essentiel pour protéger les vies humaines, limiter les
dégâts matériels et préserver l’environnement dans des installations sensibles comme une centrale nucléaire.
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