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Introduction à la spectroscopie UV-Visible

La spectroscopie UV-Visible permet d'analyser qualitativement et quantitativement les liaisons au sein d'un échantillon, en mesurant l'absorption de rayonnements électromagnétiques. Elle utilise un spectrophotomètre pour déterminer les longueurs d'onde absorbées, reliant les transitions énergétiques aux structures électroniques des molécules. Cette méthode est non destructive et largement utilisée en chimie et biochimie pour des applications telles que le dosage des ions nitrates et l'analyse de la pureté de l'ADN.

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Introduction à la spectroscopie UV-Visible

La spectroscopie UV-Visible permet d'analyser qualitativement et quantitativement les liaisons au sein d'un échantillon, en mesurant l'absorption de rayonnements électromagnétiques. Elle utilise un spectrophotomètre pour déterminer les longueurs d'onde absorbées, reliant les transitions énergétiques aux structures électroniques des molécules. Cette méthode est non destructive et largement utilisée en chimie et biochimie pour des applications telles que le dosage des ions nitrates et l'analyse de la pureté de l'ADN.

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Introduction à la spectroscopie UV-Visible

La spectroscopie UV-Visible permet d’accéder qualitativement à des


renseignements quant à la nature des liaisons présentes au sein de
l’échantillon mais également de déterminer quantitativement la concentration
d’espèces absorbant dans ce domaine spectral. Non destructive et rapide, cette
spectroscopie est largement répandue en travaux pratiques de chimie ainsi qu'en
analyse chimique ou biochimique.

1. Présentation
La nature de l’atome fait l’objet depuis des siècles de nombreuses tentatives de
modélisation. A partir du XXème siècle, cette quête de l’infiniment petit a été marquée par
la course effrénée entre les équipes de théoriciens qui, cherchant à unifier les différentes
interactions fondamentales, prédisent l’existence de nombreuses particules élémentaires,
et celles des expérimentateurs qui construisent des dispositifs complexes afin de prouver
leur présence. La dernière particule élémentaire, le boson de Higgs, a ainsi été observée
très récemment par le CERN, mettant un terme à des mois de suspense et validant la
théorie unifiée des interactions fondamentales.

2. Principe de la spectroscopie UV -
Visible
L’interaction électromagnétique est l’une des interactions concernées par ce modèle
unifié. Elle rend compte de l’interaction entre une onde électromagnétique et une
particule chargée. L’interaction matière-rayonnement en est une illustration parfaite. A
l’échelle atomique, la matière n’étant pas continue mais constituée d’assemblage de
particules élémentaires, l’énergie ne l’est pas non plus et ne peut prendre que des valeurs
discrètes. L’énergie totale d’un édifice atomique peut se mettre sous la forme de la
somme suivante :
E = Eél + Evib + Erot + Etrans

Eél représente l’énergie électronique, Evib l’énergie vibrationnelle, Erot l’énergie


rotationnelle et Etrans l’énergie de translation du système.

Les trois premières sont de nature quantique, et par conséquent quantifiées, alors que le
terme Etrans correspond à un mouvement macroscopique du centre de gravité de l’édifice.
Ce dernier n’est donc pas quantifié et peut prendre ses valeurs dans un continuum
d’énergie.

L’interaction électromagnétique caractérise l’aptitude d’un édifice atomique à voir son


énergie modifiée par l’action d’un rayonnement électromagnétique. Soit un système
atomique pouvant être caractérisé par deux niveaux énergétiques quantifiés E 1 et E2 (avec
arbitrairement E1 E2). Si le rayonnement électromagnétique permet de passer du niveau
E1 au niveau E2, le système doit acquérir de l’énergie. On parle alors d’absorption. A
contrario, le passage du niveau E2 au niveau E1 conduit à une libération d’énergie, il
s’agit d’émission. L’absorption ou l’émission d’énergie se fait alors sous forme d’onde
électromagnétique, dont l’énergie dépend fortement de l’ordre de grandeur de la
différence d’énergie entre les deux états, notée ΔE, et donc intrinsèquement de la nature
des niveaux concernés.

Figure 1 - Lien entre l'absorption ou l'émission d'un rayonnement électronique et les niveaux d'énergie
atomiques
Dans le tableau ci-dessous sont rassemblés différents ordres de grandeur concernant les
transitions énergétiques et le domaine des rayonnements électromagnétiques concernés.
Les ordres de grandeurs des transitions énergétiques présentées dans le tableau précédent
illustrent le fait que les niveaux rotationnels sont des sous-structures des niveaux
vibrationnels, eux-mêmes sous-divisions des niveaux électroniques. Cette structuration
complexe des niveaux énergétiques permet donc un très grand nombre de transitions sous
l’effet d’un rayonnement électromagnétique.

La fréquence ν du rayonnement émis ou absorbé et l’écart énergétique ΔE entre les


niveaux initiaux et finaux sont reliés par la relation de Planck-Einstein : ΔE = ℎν, avec h
la constante de Planck (h = 6,63.10-34 J.s).

Or, dans le vide, fréquence ν et longueur d’onde λ sont liées par la célérité de la lumière
c : ν = c/λ. On en déduit alors la relation entre ΔE et λ : ΔE = ℎc/λ. On ne s’intéressera ici
qu’aux transitions énergétiques absorbant ou émettant dans l’UV - Visible, c'est-à-dire
mettant en jeu des transitions entre niveaux électroniques (mais modifiant évidemment
les sous-structures vibrationnelles et rotationnelles). Ces niveaux électroniques
correspondant à différentes configurations électroniques, le mécanisme d’absorption sera
ainsi dû à l’excitation d’électrons de valence et l’émission à leur désexcitation.

D’un point de vue expérimental, la longueur d’onde (ou la fréquence) d’un rayonnement
électromagnétique absorbé est donc caractéristique de la différence d’énergie entre deux
niveaux électroniques. La spectroscopie d’absorption, conduisant expérimentalement à la
détermination des longueurs d’ondes absorbées, permet ainsi d’obtenir les écarts ΔE entre
niveau électroniques et par conséquent des renseignements sur la structure électronique
de l’édifice. On ne s’intéressera par la suite qu’à la spectroscopie d’absorption.

3. Appareillage et fonctionnement
La détermination des longueurs d’onde des rayonnements électromagnétiques absorbés se
fait grâce à l’utilisation d’un spectrophotomètre. L’appareil le plus utilisé en lycée est le
spectrophotomètre mono-faisceau, dont le schéma de principe est présenté ci-dessous :

Figure 2 - Principe de fonctionnement d'un spectromètre UV-visible


Une source polychromatique (émettant dans l’UV ou le visible) est placée devant un
prisme. Ce système dispersif va décomposer le rayonnement polychromatique émis par la
source. En orientant correctement le système diaphragme-échantillon-photodétecteur, la
solution contenue dans la cuve sera irradiée avec un rayonnement quasi
monochromatique. Le diaphragme, une simple fente fine, permet d’éclairer l’échantillon
avec un faisceau de faible largeur, donc de bonne qualité monochromatique, le
photodétecteur mesurant quant à lui l’intensité du rayonnement transmis après traversée
de la solution échantillon, notée It,λ.

D’un point de vue pratique, l’échantillon est constitué de l’édifice à étudié, dissous dans
un solvant et contenu dans une cuve. Il faut donc que solvant et cuve n’interfèrent pas
dans les données mesurées. Ainsi on les choisira transparents dans le domaine choisi.
Dans le commerce, il existe différentes cuves adaptées aux différents domaines spectraux
rencontrés (plastique pour le visible, quartz de plus ou moins bonne qualité pour l’UV).
Pour ce qui est du solvant, son influence est neutralisée en réalisant un blanc, c'est-à-dire
en mesurant l’intensité du rayonnement transmis après traversée de la cuve ne contenant
que du solvant. Les échantillons doivent être transparents afin d’éviter tout phénomène de
diffusion : ne pourront être analysées que les solutions limpides dans des cuves propres.

Expérimentalement, l’appareil extrait comme donnée brute l’intensité I t,λ, obtenue après
traversée de la solution. Celle-ci étant dépendante de la source, on préfère calculer deux
grandeurs dérivées : l’absorbance A et la transmittance T.

Figure 3 - Schéma illustrant la notion de transmittance


Auteur(s)/Autrice(s) : Antoine Eloi

La transmittance T est définie par : T = It,λ / I0,λ. On l’exprime en pourcentage.


L’absorbance A se calcule par : A = log(I0,λ / It,λ) = - logT. C’est une grandeur positive.

4. Etude spectrophotométrique en UV-


Visible
Dans une étude spectrophotométrique UV-Visible, il est d’usage de tracer le graphe de
l’absorbance A en fonction de la longueur d’onde λ.
Par exemple, le spectre de la (1E,4E)-1,5-di-2-thiénylpenta-1,4-dièn-3-one (D2TDO) est
représenté ci-dessous (25°C, acétonitrile) :

Figure 4 - Spectre UV-visible de la (1E,4E)-1,5-di-2-thiénylpenta-1,4-dièn-3-one (D2TDO) réalisé à 25 °C en


solvant acétonitrile
On remarque le spectre est constitué de bandes larges, et non de pics. De nombreuses
transitions énergétiquement proches sont donc réalisées. Or si les transitions
électroniques sont bien responsables de ces absorptions, les sous-structures
vibrationnelles et rotationnelles, au sein d’un même niveau électronique, peuvent
conduire à des transitions énergétiquement du même ordre de grandeur, partant et
aboutissant aux même niveaux électroniques mais mettant en jeu des niveaux
vibrationnels et rotationnels différents. Différents rayonnements électromagnétiques de
longueurs d’ondes légèrement différentes conduisent alors à différentes transitions
énergétiquement très proches et ainsi à des bandes d’absorption.
L’analyse d’un tel spectre mène à la détermination de la longueur d’onde du maximum
d’absorption λmax. Dans l’exemple précédent, celle-ci est de 360 nm. Cependant, la donnée
d’une telle longueur d’onde ne renseigne pas sur l’intensité de l’absorbance. Une donnée
intensive et quantitative est nécessaire. Celle-ci est fournie par la loi de Beer-Lambert :
pour une solution contenant une unique solution absorbante, A = ε.l.c, avec l la largeur de
la cuve contenant l’échantillon (donc la longueur du chemin optique), c la concentration
molaire de l’échantillon et ε le coefficient d’extinction molaire (exprimé usuellement en
mol-1.L.cm-1 si l est exprimée en cm). Cette loi est valable pour les solutions transparentes,
peu concentrées et dans ces conditions elle est également additive. Ainsi, la relation de
linéarité est valide tant que l’absorbance garde des valeurs faibles (typiquement A
inférieure à 1,5-2).
La relation de Beer-Lambert donne donc accès au coefficient d’extinction molaire ε qui
caractérise l’absorption de l’édifice dans les conditions de l’expérience. Ainsi, il dépend
de la température, de l’édifice et du solvant dans lequel est enregistré le spectre. En se
plaçant à la longueur d’onde du maximum d’absorption, les coefficient ε max peut être
calculé. La donnée de ces deux grandeurs (λmax ; εmax) est caractéristique de l’absorption
d’un édifice dans des conditions expérimentales données, mais ne dépend pas de
l’appareil utilisé.

5. Analyse de l'absorption
L’absorption provient d’une transition énergétique entre deux niveaux électroniques dont
la nature joue fortement sur les deux grandeurs λ max et εmax. Dans le cas de molécules
organiques les niveaux électroniques concernés par des transitions dans l’UV-Visible
correspondent grossièrement aux orbitales de valence de l’édifice et leur énergie est
dépendante de leur nature (σ, π) et de leur caractère (liante, antiliante, non liante).
Schématiquement, l’ordre relatif des niveaux électroniques est le suivant :
Figure 5 - Ordre relatif des niveaux électroniques dans une molécule
De nombreuses transitions sont donc possibles mais seules celles de plus faibles énergies
conduisent à une absorption dans l’UV-Visible. La nature σ ou π des niveaux impliqués
reflètent la nature du groupe fonctionnel présent dans l’édifice. Certaines fonctions
organiques provoqueront donc une absorption, ce sont des chromophores.
L’enregistrement d’un spectre UV-Visible peut donc, à l’instar de la spectroscopie
Infrarouge, conduire à l’identification des fonctions présentes dans une molécule
organique. Les ordres de grandeurs de nombreux chromophores caractéristiques sont
tabulés :
La présence de liaisons multiples et de doublets non liants permet en général une bonne
absorption dans l’UV-Visible. De plus, la conjugaison du système π conduit à un
resserrement des niveaux π et π* et par conséquent une augmentation du λ max. Il s’agit de
l’effet bathochrome. Si les alcènes absorbent de façon caractéristique dans l’UV, les
polyènes voient leur λmax augmenter avec le nombre de liaisons π conjuguées pour finir par
atteindre le domaine du visible pour les grandes molécules conjuguées. Ainsi, le β-
carotène, contenant 11 liaisons C=C conjuguées, a son maximum d’absorption vers
450 nm.
Figure 6 - Structure du béta-carotène

Figure 7 - Cercle chromatique


Une solution de β-carotène absorbant dans le bleu, elle ne laisse passer que les radiations
peu absorbées et apparait alors de sa couleur complémentaire, l’orange. Le cercle
chromatique permet de la retrouver facilement.

Dans le cas des complexes des métaux de transitions, les transitions électroniques sont
réalisées entre orbitales d, dont la dégénérescence a été levée par les ligands. Il s’agit
alors de transitions d-d, en général peu intenses et qui conduisent souvent à des
absorptions dans le visible. C’est le cas par exemple des complexes hexaaqua des
métaux : [Cu(H2O)6]2+ (bleu), [Ni(H2O)6]2+ (vert)…

6. Conclusion
La spectroscopie UV-Visible permet ainsi d’accéder qualitativement à des
renseignements quant à la nature des liaisons présentes au sein de l’échantillon (via
l’ordre de grandeur de λmax et εmax) mais également de déterminer quantitativement la
concentration d’espèces absorbant dans ce domaine spectral (via la loi de Beer-Lambert).
Non destructive et rapide, cette spectroscopie est largement répandue en travaux
pratiques de chimie (après construction d’une droite d’étalonnage et report d’une mesure
expérimentale) ainsi qu'en analyse chimique ou biochimique. On peut citer par exemple
le dosage des ions nitrates dans les eaux de piscine (après adjonction d’un additif formant
un complexe coloré) ou la détermination de la pureté de l’ADN et de certaines protéines
après leur extraction.

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