Séance 4 : le 06/12/2024
Jacques Sternberg, le Credo
● Ce texte est une nouvelle intégrale qui raconte la vie d’un homme fasciné par
la publicité.
● On peut diviser le texte en 3 parties :
→ l.1-l.5 : fasciné par la publicité télévisée mais il est passif. Il ne consomme pas.
→ l.6-20 : prise de conscience. La publicité véhicule des modèles positifs, de réussite.
→ l.21-72 : la consommation effrénée.
Problématique : En quoi ce texte montre-t-il l’influence de la publicité sur le
consommateur ?
Questions de préparation :
1. Qui est le personnage principal ? Comment est-il désigné ? Pourquoi ?
2. Quel est le temps dominant jusqu’à la ligne 20 ? Valeur de ce temps ?
3. Repérez quelques figures de style ?
1°/ Un homme ordinaire, banal
● Le personnage principal est désigné par le pronom « il » : il n’a pas d’identité.
→ ce n’est pas son nom mais son caractère qui est important. Il s’agit de lui donner une
dimension universelle, que chacun puisse se reconnaître en lui.
● Le personnage est fasciné par la publicité télévisée : il la préfère même aux
films. Mais il est « apathique » (l.6) , c’est-à-dire passif : le fait de regarder des
publicités ne lui donne pas envie d’acheter.
● Les adjectifs utilisés pour faire son portrait sont péjoratifs : « fort peu
attirant » (l.13) ; « anonyme, insignifiant, impersonnel » (l.14-15).
→ On ne le remarque pas car il n’a aucun signe particulier.
● Jusqu’à la ligne 20, le temps dominant est l’imparfait car c’est une habitude.
A partir de la ligne 21, le temps dominant est le passé simple car sont
exprimées des actions ponctuelles (=brèves, qui ne se produisent qu’une seule fois).
→ Le changement de temps correspond au changement d’attitude : à partir de la ligne 21,
il se met à consommer.
2°/ Une bête de consommation
● Un jour, il réalise que ce qu’il voit dans la publicité est positif : beauté ;
succès amoureux et de la réussite. Tout le contraire de lui.
→ Il décide d’imiter la publicité pour devenir lui aussi un modèle. Cela prouve surtout qu’il
est naïf.
→ Il se met à consommer de façon excessive : hyperbole l.21 qui illustre bien l’excès avec
lequel le personnage consomme.
● Il consomme ainsi plusieurs produits de marque. On peut relever ces
marques et leurs slogans :
→ Il se rase avec un rasoir « Gilette », « la perfection au masculin » (l.24) ;
→ Il mange du chocolat « Nestlé », « plus fort en chocolat » (l.31) ;
→ Il met un caleçon « Dim », celui du « mâle heureux » (l. 34).
Lorsque le slogan n’est pas cité, le personnage a l’impression de vivre la
publicité :
→ Il rugit lorsqu’il mange du Lion (l.41) ;
→ Il va se raser à un moment inopportun (l. 64) ;
→ Il s’asperge de parfum Savane dans l’espoir d’attirer les femmes (l.26-27).
=> Le personnage manque d’esprit critique car il croit la publicité et il l’imite.
● Grâce à tous ces produits, le personnage a davantage confiance en lui : on le
remarque, il est plus efficace dans son travail ; une fille s’intéresse à lui.
→ En réalité, ce ne sont pas les produits qui l’ont changé mais son état d’esprit : à son
tour, il devient « un miracle des mirages publicitaires » (l.20).
● A la fin, on se rend compte que la publicité n’est qu’une illusion puisque la
rencontre avec la fille n’a pas véritablement abouti. Celle-ci s’enfuit car il n’utilise pas le
bon modèle de rasoir.
→ Elle est aussi naïve que lui à l’endroit de la publicité.
→ La publicité corrompt les rapports humains.
A retenir :
A travers le comportement excessif du personnage, l’auteur dénonce l’influence
des publicités qui poussent le consommateur crédule à acheter toujours plus. La
caricature nous pousse à réfléchir et à faire preuve d’esprit critique à l’égard de la
publicité.