Analyse des pratiques professionnelles 2020
Analyse des pratiques professionnelles 2020
Jean Chami
L'Harmattan | « Savoirs »
2020/2 N° 53 | pages 11 à 47
ISSN 1763-4229
ISBN 9782343206202
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Résumé
Cette note de synthèse propose un regard longitudinal sur l’analyse de
pratiques professionnelles durant ces trente dernières années (1990-2020).
Un constat s’impose : le succès incontestable de ces activités dans tous les
domaines et d’autre part un manque d’intelligibilité globale qui fait appa-
raître ce champ comme très éclaté. Cette note se propose de parcourir le
périmètre de ces pratiques, de dégager les principales tendances évolutives
dominantes, leurs ancrages théoriques et d’essayer de dégager une spécifici-
té et une cohésion propres à ce champ. La professionnalisation est repérée
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comme fonction centrale et privilégiée de ces approches. Les concepts de
pratique et d’analyse sont particulièrement interrogés dans leur capacité à
assurer la cohésion de ce champ, ainsi que la notion de dispositif. La spécifi-
cité des analyses de pratiques est aperçue dans leur capacité à problématiser
les expériences par une exposition, une élaboration, une transformation,
une communication à autrui.
Mots clés : analyse, pratique, professionnalisation, dispositif
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Note de synthèse – L'analyse des pratiques professionnelles : quelques repères
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au singulier1 , mais cette intention unifiante peut recouvrir des différences
réelles quant aux modes d’analyse dont la coexistence peut être interrogée.
La « professionnalisation », attachée à l’expression, semble être la notion
la plus consensuelle, encore qu’elle soit parfois évoquée de manière trop
implicite.
L’intention de cette note est de voir comment l’analyse des pratiques
professionnelles aborde ses objets d’une manière qui pourrait spécifier son
champ, ou selon des manières qui pourraient aussi spécifier des intentions
dominantes. Elle voudrait montrer en quoi cet objet apparemment insai-
sissable visé par l’analyse des pratiques professionnelles désigne néanmoins
et malgré tout un objet ou des objets propres, relativement identifiables et si
possible distincts des objets visés par les champs voisins directs : ceux de
l’analyse des activités, de l’analyse du travail, de l’analyse des conduites.
Pour rédiger cette note, nous nous sommes appuyé sur différentes
notes de synthèse qui ont déjà traité directement ou indirectement cette
question et qui ont contribué à poser et à clarifier la problématique : tout
d’abord la note de synthèse de la Revue francaise de pédagogie, n° 138, intitulée
« Les pratiques comme objet d’analyse » (Marcel, Olry, Rothier Bautzer et
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Sonntag, 2002). Sa rigueur méthodologique nous a été très utile pour discer-
ner les niveaux conceptuels et ordonner les approches. Ensuite celle publiée
par la revue Savoirs sur « Analyse de l’activité et formation » et intitulée « Les
théories de l’activité entre travail et formation » (Champy-Remoussenard,
2005). Et plus récemment celle d’A. Mouchet (2016) dans le n° 40 de la
revue Savoirs sur l’analyse de l’activité, ainsi que d’autres contributions sur
l’analyse du travail. Ensuite, plusieurs numéros de la revue Éducation perma-
nente, 146 (2001-1), « Clinique de l’activité et pouvoir d’agir », 153 (2002-4),
« L’accompagnement dans tous ses états », 160 et 161 (2004-3-4), consacrés
tous deux à « L’analyse des pratiques », 214 (2018-1) sur l’« Actualité de l’in-
tervention ». La revue Recherche et Formation a consacré plusieurs numéros à
la question : 11, 27, 39 (2002) : « Analyse des pratiques, approches psychoso-
ciologiques et cliniques », 51 (2006-1) sur « Analyse de pratiques ».
D’autre part, sous l’impulsion initiale de Jacky Beillerot, la publication de
quatorze ouvrages collectifs dans la collection « Savoirs et formation » chez
L’Harmattan de 1996 à 2014 : huit coordonnés par C. Blanchard-Laville et
D. Fablet, trois coordonnés par D. Fablet seul (2004-2012), un coordonné
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par J. Chami et D. Fablet (2011), et un dernier coordonné par J. Chami et
C. Humbert (2014). La revue Cliopsy paraissant depuis 2009 et qui a orga-
nisé cette année-là un colloque sur « L’analyse des pratiques : transmis-
sion, professionnalisation, recherche » (Université Paris Ouest Nanterre La
Défense). Ensuite, la Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, entièrement
consacrée à ce sujet et qui a publié depuis 2013 quinze numéros jusqu’à
aujourd’hui.
Enfin, les différentes biennales de l’Éducation et de la Formation, qui
ont produit de nombreuses contributions à partir de tables rondes réfléchis-
sant sur les savoirs pratiques et les savoirs d’action.
Du fait que nous sommes impliqué personnellement dans ce champ
depuis une trentaine d’années en tant que praticien-chercheur, nous nous
appuierons aussi sur cette expérience, sachant qu’elle nous limite dans l’ap-
préhension globale de la question par notre ancrage historique, nos para-
digmes de référence, nos expériences et nos habitudes méthodologiques.
Néanmoins, nous allons tenter d’appréhender, très incomplètement bien
sûr, l’ensemble du champ et d’adopter autant que faire se peut « la tactique
du nager ou couler »2 .
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vers l’analyse de pratiques pour renforcer les compétences didactiques, les
gestes professionnels des acteurs du dispositif ainsi que la formalisation des
avancées à partir du projet »6 .
Dans le milieu de la santé, le référentiel de formation infirmier a suivi les
préconisations d’analyse de pratiques déjà formulées dans l’arrêté définissant
le diplôme d’État infirmier7 . Les mêmes préconisations venant des ARS
(agences régionales de santé) ont influé plus tardivement dans le domaine
de la santé et se sont multipliées pour aboutir, par exemple, au document de
l’ARS Basse-Normandie définissant « Dispositifs d’aide et de soutien auprès
des équipes en lien avec le PRAPS et visant à accompagner les personnes
en situation de précarité voire de vulnérabilité » (2017). Le texte établit un
3. Le champ du travail social est celui qui a été le plus tôt et le plus profondément concerné
par l’analyse des pratiques professionnelles. Depuis le début des années 1970, il regroupe
les métiers de l’assistance (de l’aide), les métiers éducatifs et les métiers de l’animation.
4. Paradoxalement, les « analyses de pratiques » mettront très longtemps à faire admettre
leur financement au titre de la formation continue par les Opca (Organismes Paritaires
Collecteurs Agréés), au motif que le terme « analyse » ne rentrait pas dans les méthodes
« classiques » de formation.
5. Actes Desco 2002 Analyse de pratiques professionnelles et entrée dans le métier, Versailles, CDRP.
6. Circulaire de rentrée n° 2014-068 du 20 mai 2014.
7. Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’État infirmier.
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gogie au soin, au travail social, etc. Elles vont marquer durablement l’APP
dans un vocabulaire qui va désigner les objets et les finalités d’analyse
(professionnalisation, compétences, expertises, souffrance, soutien, accom-
pagnement) mais aussi les moyens (dispositifs, analyses, méthodes) qui ne
seront pas précisés, mais qui vont porter nommément sur les pratiques. Ces
recommandations prescriptives vont avoir sur l’APP une action paradoxale :
d’un côté un effet de valorisation, de l’autre une charge de contrainte et
d’obligation qui va modifier leur orientation initiale. En effet, ce qui est à leur
source est, et demeure surtout, l’investigation, l’innovation, la recherche, les
expériences de terrain, et non un savoir théorique se légitimant d’un savoir
souverain. Mais la prescription de leur utilisation massive et généralisée peut
les transformer en instrument à usage multiple pour des finalités sociales
qu’il faudra sans cesse élucider.
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permet de distinguer deux modalités de savoir : « Le savoir comme produit
par l’acte de recherche peut être défini comme une nouvelle représentation
pouvant donner lieu à énoncé et à communication, c’est-à-dire distinct de
l’individu qui en est le support, et à l’inverse le savoir comme produit de l’acte
de formation peut être défini comme une nouvelle capacité, mobilisable par
l’acteur qui en est le support et donc non distincte de lui » (Barbier, 1996b,
pp. 40-41). Il va ensuite distinguer les processus d’accompagnement d’une
pratique : les procès de conduite qui repèrent les gestes mentaux, itératifs et
répétitifs, les procès opératoires, « les procès affectifs qui désignent l’ensemble des
phénomènes de type plaisir-déplaisir, satisfaction-souffrance, accompagnant
une pratique et indissociablement l’image de soi individuelle ou collective ».
Ce lien entre phénomènes affectifs et procès de conduite « permet de ne
pas séparer les approches cliniques, les approches techniques, les approches
cognitives » (ibid., pp. 43-44).
Ces deux conceptions (Beillerot et Barbier) dessinaient les prémices de
deux orientations différentes : analyse de pratiques d’un côté et analyse
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l’autonomie d’une psychologie clinique par rapport aux disciplines médi-
cales, mais aussi pour se rapprocher du béhaviorisme et déjouer les fausses
oppositions qui étaient dressées entre celui-ci et la psychanalyse. Pour lui,
« l’analyse de la conduite humaine requiert des méthodes spécifiques, adap-
tées aux propriétés positives et originales de son objet, et pour tout dire à
une complexité en raison de laquelle l’approche expérimentale et l’approche
clinique ne sont pas suffisantes » (Lagache, 1948, p. 289). Ce terme de
conduite lui paraissait plus adéquat pour désigner le matériel psychanalytique :
« Cette formule prétend énoncer ce qui se fait, en le distinguant de ce qui se
dit… Il est beaucoup plus satisfaisant de considérer les expressions comme
des conduites ou plus exactement comme des segments de conduites… l’ob-
jet de l’observation psychanalytique, c’est le comportement de l’analysé par
rapport à cette règle fondamentale (la libre association) » (Lagache, 1948,
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Note de synthèse – L'analyse des pratiques professionnelles : quelques repères
p. 293). Pour lui, la conduite est « quelque chose qui se passe », un objet « en
soi » (ibid., p. 305), la conscience et la communication ne sont que des attri-
buts accidentels. Et dans cette continuité, les acteurs sont davantage vus
comme conduits que comme conducteurs et ce souci de s’appuyer sur l’activité
en elle-même, comme objet premier, sera par la suite un peu perdu de vue par
les approches cliniques qui s’intéresseront aux analyses de pratiques consacrant
l’abandon du terme de « conduite ».
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exercices de terrain considérés comme lieux d’expérimentation des sciences
fondamentales ou exactes. Le chercheur devient praticien, l’acteur, l’ensei-
gnant devient chercheur, le rapport entre pensée et action est profondément
questionné (Barbier, 1996a).
À propos des analyses de pratiques, N. Mosconi (2001) écarte une
conception de la pratique comme application d’une théorie et parle « d’une
production de savoir par le praticien, à partir d’une réflexion sur sa pratique :
c’est cette autoréflexion où la théorie a fonction de médiation qui fonde
l’autonomie du praticien… Le chercheur ne peut pas faire le rapport entre ses
recherches et la pratique – ce que supposerait la notion d’« application » –,
c’est le praticien qui peut faire ce rapport » (Mosconi, 2001, pp. 16-19). De
son côté, A.-N. Henri (2004) sera à l’origine d’un courant pour « penser à
partir de la pratique ». Pour lui, « travailler sur sa pratique, c’est travailler sur
un champ de contradictions » (Henri, 2004, p. 78).
Pour Gaston Pineau, « les sciences de la formation » construisent une
authentique discipline à partir d’une interdisciplinarité et « s’inscrivent dans
un mouvement de transition paradigmatique » où « les acteurs-chercheurs
“hyper-réflexifs” peuvent être des sources et des ressources de production de
savoir appelant une nouvelle division structurelle du travail intellectuel pour
l’invention de nouvelles praxis et de nouvelles poïesis personnelles, sociales
et politiques » (Pineau, 2007, p. 46) « Des méthodologies autoréflexives et
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Savoirs 53 – 2020
interactives éclairent les savoirs “insus” forgés par les “agirs” quotidiens :
analyses des pratiques ou analyses pragmatiques » (ibid., p. 50).
Au niveau de la didactique professionnelle, Gérard Vergnaud postule que
« c’est par l’action que commence la pensée » (Vergnaud, 1996). Dans ce
prolongement, Pierre Pastré (1999) soutient que « l’action est organisée et
intelligible et cette organisation de l’action est à chercher non pas à l’exté-
rieur d’elle-même, dans des connaissances dont les actions ne seraient que
des applications, mais à l’intérieur d’elle-même ». La prise de conscience
de son action fait accéder l’ancien « manœuvre » à la dignité d’un savoir
scientifique et lui donne une place dans un rapport renouvelé avec celui-ci
(Debesse, 1978 ; Liétard, 2007). « La mise en place des façons de faire,
des problèmes et des dispositifs ayant une certaine permanence prend place
dans une nouvelle scientificité » (Feldman, 2006).
Du côté des recherches en sciences sociales, nombre de penseurs ont
profondément modifié les rapports entre théorie et pratique en montrant
l’importance des notions d’intérêt (Habermas) et de problème (Popper) : « Les
problèmes pratiques ont conduit à la réflexion, à la théorisation, et par
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là aux problèmes théoriques… c’est donc toujours le problème qui est le
point de départ » (Popper, 1969, 5e et 6e thèses). Dans son prolongement,
mais utilisant le vocabulaire des conduites, Guy Palmade souligne l’impor-
tance de l’étude des problèmes et de la préparation des décisions (Palmade,
1979). L’étude des problèmes lui permet de penser les buts qui sont à la fois
causes et résultats (solutions) de la conduite. Il ordonne ensuite les buts
dans un système de rapports qui expriment leurs complexités : compatibi-
lité, complémentarité, transitivité, ce qui lui permet de définir une fonction
comme « un but transitif permanent ». Dès 1953, il fait l’hypothèse de l’exis-
tence de concepts trans-spécifiques dans les sciences de l’homme, « c’est-à-dire
de concepts qui peuvent jouer des rôles comparables à différents niveaux
des réalités humaines » (Palmade, 1961, p. 217).
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ment par la professionnalisation et le développement des compétences, et
souvent aussi peuvent viser le changement de la situation organisationnelle
ou institutionnelle. Derrière les objectifs déclarés se dessinent aussi des
intentions variées : pédagogiques, didactiques, d’accompagnement, d’aide, de
soutien, de soin.
Si nous envisageons une distinction par rapport aux paradigmes de réfé-
rence (historico-culturel, psychanalytique, cognitiviste, socio-constructi-
viste, systémique, etc..), il nous est difficile d’examiner les recherches d’un
point de vue systématique, tant par l’ampleur des travaux que par le constat
de mélanges et influences réciproques entre les modèles. Néanmoins, nous
pouvons distinguer pour l’APP des modèles de référence dominants : des
modèles didactiques ou constructivistes, des modèles réflexifs, des modèles
d’inspiration psychanalytique et/ou psychosociologique nombreux. Les
modèles cognitivistes, comportementalistes, de la « cognition située », s’ins-
crivent davantage dans le cadre des analyses de l’activité. Le modèle de la
clinique du travail (Y. Clot) se situe également davantage dans ce cadre,
mais peut aussi être influent dans les recherches en APP, ainsi d’ailleurs que
le courant de la psychodynamique de travail (C. Dejours).
Du point de vue des objets, on peut dire que la majorité des approches
d’APP portent sur les pratiques du ou des sujets, c’est-à-dire sur une tenta-
tive d’objectivation, agie et verbalisée (oralement ou par écrit), avec toutefois
des projets d’observation associés. Les personnes et les groupes concernés
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par ces analyses sont engagés et impliqués, ils ne sont pas pris comme purs
objets. Ils sont visés dans leur complexité, leur rapport au savoir, dans leur insu,
et pour une part importante des recherches, dans leur inconscient12 . D’autre
part, ces sujets sont approchés dans des situations qui contextualisent les
pratiques, ils sont invités à construire du sens par rapport à des significa-
tions reçues ou imposées. Ils sont dans des communications et interactions,
le plus souvent groupales, qui sont aussi souvent objets d’analyse. Et enfin,
ils sont inclus dans des réseaux institutionnels et sociaux, qui eux aussi, dans
des proportions variables, peuvent être associés à l’investigation.
Du point de vue des méthodes, il existe une très grande variété de
méthodes utilisées, soit préférentiellement, soit le plus souvent en associa-
tion : entretiens (d’explicitation, clinique, réflexif, non directif), question-
naires, recueils de discours, jeux de rôles, groupes de parole, analyse plurielle,
observations, groupes Balint, recherche-action, intervention psychosociale.
Plutôt que d’aborder ces aspects d’une façon systématique, nous faisons
le choix de sélectionner une série de concepts majeurs qui nous paraissent
les plus aptes à caractériser les recherches sur les analyses de pratiques,
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concepts organisateurs autour desquels vont s’ordonner et se positionner les
différents auteurs.
12. Il faudrait distinguer les références à l’inconscient freudien et les références au non-conscient
dans l’influence de Schön.
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Beaucoup d’auteurs qui pratiquent l’APP dans une visée de professionna-
lisation cherchent à cerner une conception de l’identité professionnelle qui
soit à la fois sociale, groupale et subjective, si ce n’est en même temps, du
moins sur des plans qui communiquent entre eux. De même, ils cherchent
à saisir cette dynamique de professionnalisation comme à la fois instrumen-
tale, cognitive, affective (Blanchard-Laville et Nadot, 2004). D’autres insis-
teront aussi sur la dimension pulsionnelle, visant à soutenir ou à restaurer
une professionnalité abîmée ou détruite (Gaillard, 2004, 2008), dans son
rapport aux groupes et aux institutions d’appartenance (Gaillard et Pinel,
2011). C’est sans doute cette ambition très large qui en fait la complexité.
Mais l’identité professionnelle, construite et transformée par la profes-
sionnalisation, suppose aussi une personnalité professionnelle qui en serait le
support, une identité personnifiée.
Pour A. Missenard cette personnalité implique nécessairement une
formation initiale et un choix motivé par le goût et non par la contrainte
de la nécessité, voire la survie (Missenard, 1976). Il la décrit comme un
ensemble de systèmes psychiques reliés à la personnalité : – l’ensemble des
motivations, désirs conscients et inconscients, fantasmes sous-jacents à
13. G. Pineau (1985). L’autoformation dans le cours de la vie : entre l’hétéro- et l’écofor-
mation. Éducation permanente, n° 78-79.
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Mais qu’entend-on exactement par analyse ? Comme nous l’avons vu
précédemment, les très nombreuses modalités d’analyse qui s’appliquent
aux pratiques professionnelles s’appuient sur des paradigmes distincts, des
ancrages théoriques caractérisés, s’exercent sur des objets qui sont souvent
communs (la subjectivité, le groupe, la situation) et des méthodes tantôt
spécifiques, tantôt communes à d’autres courants. En outre, ces courants
et méthodes peuvent converger vers des fonctions et finalités communes
(enseigner, former, soigner, accompagner). Si l’on regarde l’ensemble des
travaux se réclamant de l’APP, on remarque que ce sont d’abord quelques
variables qui sont étudiées, et ensuite on y associe d’autres variables pour
appréhender des situations plus complexes. Ainsi, lorsque M. Altet dresse
une rétrospective de sa longue expérience d’APP dans la formation des ensei-
gnants, elle remarque une complexification croissante des modèles utilisés
et des objets visés, qui lui fait adopter progressivement une approche inte-
ractionniste et systémique. Autrement dit, l’usage prolongé des méthodes
d’analyse de pratiques entraîne à des synthèses partielles, à la construction
de dispositifs intégratifs, faisant ici la jonction entre l’approche pédagogique
et l’approche didactique (Altet, 2006). Elle conçoit ainsi la pratique comme
une notion englobante comprenant les actions, l’activité et les actes de l’en-
seignant. Elle est amenée à concevoir un concept d’analyse multiréférenciée.
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Ce courant explore l’émergence d’un nouveau type d’usage de l’analyse du
travail en didactique professionnelle (Tourmen, 2014) en dégageant la fonc-
tion médiatrice des animateurs entre le soi et l’expérience, favorisant la prise
de conscience des dimensions tacites de l’activité.
De nombreux auteurs, débordant ce concept de réflexion, élaborent la
notion de réflexivité, au sens de D. Schön dans la lignée de Dewey. Certains
distinguent, à partir de Schön, « trois niveaux de réflexivité : un premier
niveau dit technique, qui vise avant tout l’efficacité, un deuxième niveau dit
pratique, qui interpelle le choix des moyens et des fins et enfin un troisième
niveau désigné sous l’appellation de réflexion critique qui englobe les deux
niveaux précédents et ouvre sur la prise en compte des critères moraux
et éthiques » (Boutin, 2001, p. 113). L’expression consacrée de réflexion en
action évoque une simultanéité entre la réflexion et l’action et désigne l’état du
praticien accompli, pensant consciemment ce qui est en train de se passer
(réflexion immédiate en cours d’action). Avant d’y aboutir, il faut effec-
tuer un retour plus ou moins rapide sur l’action effectuée, une réflexion a
posteriori. Dans ce courant se situent des auteurs se référant à l’analyse des
pratiques (Faingold, 2004 ; Vermersch, 2004 ; Balas-Chanel, 2014 ; Clerc et
Agogué, 2014)14 et à l’analyse de l’activité (Faingold, 2011).
14. Dans la revue de l’APP, nous avons relevé 9 titres d’articles se référant explicitement à
cette approche entre 2014-2019.
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De son côté, C. Michelot, prolongeant les travaux de Palmade et Dubost,
examine le rapport entre l’analyse des pratiques et la méthode de résolution
de problèmes qui semble opposer d’un côté les dimensions « humaines » et
de l’autre les dimensions « techniques ». Si les problèmes sont en effet rela-
tifs à des buts, ils ont une complexité que n’ont pas les objectifs, assignés de
l’extérieur. Ils ne sont pas purement opératoires (solubles par des opérations)
et expriment une incertitude sur la méthode. Si l’analyse des pratiques est
centrée sur ce qui fait problème à une personne dans sa pratique, on peut
dire qu’il y a une visée explicite d’évolution personnelle dans l’analyse des
pratiques tandis que l’ERP15 a plutôt une visée de transformation des situa-
tions. (Michelot, 2011, p. 17). Deux visées différentes d’analyse peuvent se
croiser : la visée de l’APP est d’abord analytique (pour comprendre) mais
elle peut résoudre les difficultés de manière inespérée. Inversement, l’étude
de problèmes dont la visée est résolutive peut déclencher une dynamique
d’évolution personnelle « par surcroît ». « La pratique se constitue par une
succession de franchissements ou, comme le notait déjà Balint, de crises
surmontées » (ibid., p. 21). L’analyse est ce « regard en plus » qui ouvre la
situation-problème et qui « donne aux praticiens ce caractère de transitivité
qui les spécifie comme professionnels ».
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non spécifiques du champ : verbalisation, narrations, observations, entre-
tiens, jeux de rôle (Moreau, 1990), groupes de parole (Blondeau, 2004),
techniques audio-visuelles, écrits. Mais on peut se demander si l’APP ne
se caractérise pas par une attention spéciale sur les notions de cadre et de
dispositif (Di Rocco, 2007), non seulement appliquées à la recherche mais
à l’action directe sur les acteurs et les situations. Le cadre peut être défini
comme un non-processus, un invariant provisoire, une constante par rapport
aux processus étudiés ou à transformer, un garant de la continuité de l’ana-
lyse. Il permet d’expliciter les orientations de l’intervenant, d’énoncer les
objectifs à atteindre, de préciser les rôles des participants, il fait l’objet d’un
contrat (Humbert, 1998, p. 353). En outre, il peut être utilisé comme un
opérateur désignant une fonction contenante pour les processus intrapsy-
chiques et interpsychiques en référence à Winnicott, Bion, Bleger (Mellier,
2002 ; Blanchard-Laville, 2004).
Quant au terme de dispositif, très abondamment employé dans un sens
courant, il peut aussi désigner une signification spécifique dont l’APP va
16. Ces deux concepts, comme celui de l’analyse, sont utilisés dans leurs sens spécifiques à
la théorie freudienne.
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nous apparaît d’un usage spécifique aux APP (Chami et Humbert, 2014 ;
Levain et Minary, 2010) quand il ne désigne plus seulement une méthode,
une technique instrumentale, mais aussi un appareillage humain qui offre à
des bénéficiaires la possibilité d’un usage pouvant faire l’objet d’une analyse
après coup. Le professionnel se prête lui-même plus ou moins délibérément
et consciemment à l’usage de son public qui en retour en use et en abuse
avant qu’une limite soit trouvée. Cette instrumentalisation (intellectuelle, affec-
tive) des professionnels peut faire l’objet d’une analyse riche et puissante,
portant sur le consentement, la résistance ou le refus. Le dispositif sera d’au-
tant plus important dans les approches d’analyse institutionnelle où, selon
les objectifs, il s’agira de faire jouer les paramètres d’analyse : subjectifs,
groupaux, organisationnels.
17. P. Geffard (2019). À propos de l’usage du terme « dispositif » dans la revue Cliopsy.
Cliopsy, 21, 63-77.
18. Revue de l’analyse de pratiques professionnelles, revue en ligne : [Link]
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mêmes compétences professionnelles que les membres du groupe ? Doit-il
au contraire avoir des compétences distinctes de celles du groupe pour
assurer une distance suffisante, une extériorité, une position tierce ? Son
identité est interrogée dans sa fonction : formateur, consultant, enseignant,
collègue, expert, coach ? Mais aussi dans sa discipline de référence : forma-
teur, psychologue, psychosociologue, sociologue ? Sont aussi abordés les
possibles co-animations (Thiébaud, 2016) et l’intérêt qu’elles peuvent repré-
senter : intérêt d’un couplage professionnel faisant reposer deux fonctions
de l’analyse sur deux personnes différentes, comme deux supports identifi-
catoires.
Mais la réflexion portera aussi sur la nature des groupes. Va-t-on proposer
l’analyse à des groupes construits « hors institution » sur la base de demandes
individuelles, ou au contraire à des groupes « réels » travaillant en équipe
dans une même organisation ? À l’intérieur même des dispositifs de forma-
tion, il y aura une grande différence entre les pratiques communes d’étudiants
d’un même groupe de référence et les pratiques de terrain diversifiées de ces
19. Parmi les quinze numéros de la revue de l’APP, nous relevons 35 titres d’articles por-
tant mention du groupe.
20. Le n° 13 de la revue de l’APP (avril 2018) est entièrement consacré aux dynamiques
d’intelligence collective au sein des groupes d’APP, dynamiques favorisant l’émergence de
l’inédit et de plus-values dépassant les apports individuels.
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Cette question est celle des limites à l’intérieur desquelles une forme
d’APP peut être conduite en institution. Certains courants « institution-
nalistes »21 considèrent que l’institution doit être aussi l’objet de l’APP, car
la professionnalité et l’« implication » professionnelle sont déterminées par
l’institution qui leur donne sens. Au concept d’identité professionnelle se
substitue celui d’implication, exprimant l’aspect actif et agi de l’activité du
professionnel. Le concept d’« analyseur » (qui peut être un objet, un individu,
un événement) cristallise les contradictions et devient objet de l’analyse, son
révélateur. Tous les aspects de la vie quotidienne en institution peuvent être
analysables avec un dispositif approprié (Monceau, 2012) qui peut notam-
ment procéder à des croisements entre des équipes dites « réelles » (pluri-
professionnelles) et des groupes de professions homogènes. Ce type de
recherche-intervention porte sur les objets d’analyse collective (la violence)
visant à traiter le problème comme celui de l’établissement plus que comme
celui des équipes ou des individus. Un autre courant, inspiré de la sociopsy-
chanalyse de G. Mendel tente d’analyser les pratiques à l’aide d’un dispositif
particulier (D.I.)22 qui se distingue des autres dispositifs, dérivés du groupe
Balint, ou autres, par : – la préexistence d’un dispositif précis, pensé avant
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de l’expérience (Jean, 2010, pp. 19-20). Si la focale est celle des savoir-faire
relationnels, l’approche d’inspiration psychanalytique est pertinente ; si la
focale est celle des savoir-faire techniques (pratiques) ou celle de procédures
ou méthodes, d’autres compétences sont requises, mais de toute manière,
la place de l’APP se situe dans le cadre de la formation permanente et du
développement des compétences individuelles. En dehors de cette fonc-
tion essentielle, l’APP éclaire les « zones d’ombre du management » sur la
scène duquel elle ne peut pénétrer (ibid., p. 20). L’intervenant ne peut être
sourd aux défaillances institutionnelles ni à l’isolement des professionnels,
mais l’APP n’est vraiment possible que si l’environnement managérial lui
donne toute sa place, sans lui faire jouer un autre rôle (soigner une institu-
tion malade ou orpheline de son management).
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et Bruno, 2008). Plus récemment, un dispositif universitaire de 3e cycle
s’est créé à Genève pour une formation qualifiante à « l’accompagnement
individuel et collectif : coaching et à l’analyse des pratiques » (Rebetez et
Thiébaud, 2019). La difficulté inhérente à toutes ces formations et super-
visions instituées est de trouver un équilibre entre un modèle de transmis-
sion de savoir de type universitaire ou scolaire, indispensable à la transmis-
sion de savoirs théoriques, et d’autre part les cadres d’expérience propres à
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dans lesquels évoluent les chercheurs et les praticiens. Mais ces orientations
sont aussi influencées par la transformation rapide de la société qui modifie
la structure des institutions et des organisations. L’APP n’est plus seule-
ment un outil au service de la formation et de la professionnalisation, elle
est devenue un enjeu dans les transformations qu’opèrent les organisations,
elles-mêmes entraînées par une société de plus en plus gouvernée par les
impératifs économiques, et par des systèmes de représentation dominants
qui affectent les modalités d’analyse de l’agir.
25. La notion de tiercéité a été introduite par Ch. S. Peirce, Écrits sur le signe, Seuil, 1978.
L’intérêt de ce modèle pragmatique pour l’analyse des pratiques est qu’il ne privilégie pas le
système de signes du langage, mais s’ouvre aux signes corporels. Par ailleurs, ce modèle peut
être adopté par l’approche clinique (A. Green, 2002, La pensée clinique, Odile Jacob, pp. 260-
308) et par les approches de type logique.
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tervention provisoire, pour aider un groupe à s’adapter, à s’accommoder,
à s’ajuster (modèle fonctionnaliste). Le champ des pratiques concerné par
cette problématique va au-delà de celle d’un groupe de formation. Selon
J. Dubost, l’intervention psychosociologique implique plusieurs autres
facteurs : – le fait de prendre comme point de départ les problèmes que se
posent les demandeurs dans une orientation transformatrice, en donnant
priorité aux problèmes sur les méthodes ; – l’analyste est impliqué et présent
au champ considéré, dans un travail de collaboration excluant une pers-
pective instrumentale ; – les sujets de la demande sont visés comme êtres
autonomes (Dubost, 1987, pp. 178-180).
Ce qui le conduit à définir trois « types » idéaux d’intervention, compor-
tant des recouvrements : – des interventions centrées sur l’étude et la résolu-
tion de problèmes d’action, « décisionnelles » ; – celles centrées sur l’élucida-
tion du sens, qualifiées d’« analytiques » ; – celles axées sur la production de
connaissances, qualifiées de « démonstratives » (ibid., p. 182).
Cette conception méthodologique et éthique de l’intervention a influencé
beaucoup de formateurs engagés dans des APP pratiquées en institution,
pour discerner dans quelle mesure ils sont, ou non, dans des démarches de
consultation de régulation ou d’intervention.
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dans le sens du soutien et de l’accompagnement.
B. Ravon met l’accent sur l’invisibilité des processus d’usure au travail et
leur relative inintelligibilité pour les professionnels qui ne peuvent l’identifier
(Ravon, 2009). L’espace de l’APP qui a pour « vocation » d’être un lieu de
transformation d’aptitudes professionnelles tend à devenir un espace théra-
peutique, peut-être au bénéfice des salariés, mais sans doute au bénéfice
de dirigeants qui peuvent attendre de l’analyse de pratiques « un espace
de prévention de l’usure et/ou un espace de repérage et d’affirmation des
compétences », rêvant ainsi de standardiser les « bonnes » pratiques profes-
sionnelles (ibid., p. 63). La professionnalité des sujets serait donc mise à
l’épreuve de deux manières contradictoires : – par une expérience transfor-
matrice donnant compétence à franchir des difficultés ; – par une épreuve
de professionnalité standardisée induisant une soif de reconnaissance, mais
qui n’est plus une ressource pour l’action (ibid., p. 66). Ces épreuves sont des
épreuves d’endurance, de résistance, mais aussi de réflexion : les APP consti-
tuent un équipement professionnel important qui, à côté de cette dérive vers
le « soin », peut constituer un véritable savoir sur les pratiques de conceptua-
lisation des intervenants sociaux.
26. Cf. Cides, perspective pour le développement de l’économie sociale, 2011, http://
[Link].
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Au total, les APP traversées par ces épreuves qui déplacent les finalités
peuvent rester un outil solide pour consolider la professionnalisation, si elles
remplissent certaines conditions : – les APP resteraient dans leur « voca-
tion » si le travail subjectif est réfléchi collectivement et si l’engagement
subjectif dans le travail est mobilisable comme ressource de l’autonomie
professionnelle (Ravon, 2009a-b) ; – s’il existe une possibilité d’« appareil-
lage » pour soutenir une « groupalité professionnelle » et que ces APP soient
des espaces d’« autoréflexivité historisante et identifiante » (Gaillard et Pinel,
2011) ; – si la construction de sens est rendue possible aux professionnels
dans un dialogue avec la culture de l’institution dans toutes ses dimensions :
fonctionnelle, imaginaire, symbolique, culture qui imprime ses significa-
tions aux personnes ; – et si le sujet est considéré comme « situé, réflexif et
délibérant » (Giust-Desprairies, 2011).
27. Cf. A. Ehrenberg (1998). La fatigue d’être soi. Paris : Odile Jacob, et F. Flahaut (2006). Be
Yourself! Au-delà de la conception occidentale de l’individu. Paris : Mille et une nuits.
28. Cf. M. Cautelin (2007). Supervision et identité professionnelle. Liens et évolutions :
quelques points de repères. Communication à la journée d’étude de l’Anas « L’identité pro-
fessionnelle et ses partenaires », Paris.
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Note de synthèse – L'analyse des pratiques professionnelles : quelques repères
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alors que l’action est déjà organisée par des schémas incorporés à la pratique
quotidienne. La nécessité du détour par le langage recule indéfiniment l’at-
teinte de l’objet visé, qui apparaît comme un idéal. L’analyse de la pratique
réflexive demande donc une réflexion sur le langage au-delà de sa fonction
communicationnelle. Cette approche de l’analyse souligne l’activité inter-
prétative, sémiotique, portant sur les signes de l’activité, et constitue aussi une
herméneutique.
D’autre part, l’importance donnée au soutien à la professionnalisation est
la préoccupation du plus grand nombre d’auteurs, ce qui n’a rien d’étonnant
puisque nous avons limité notre investigation aux pratiques professionnelles.
Mais il existe beaucoup de recherches qui, sans être directement centrées sur
la professionnalisation, peuvent rendre compte de la place réelle qu’occupe
la vie professionnelle dans la trajectoire de vie. Il s’agit de recherches qui
utilisent l’écriture comme outil de communication d’une expérience vécue
(Dominicé, 2002 ; Lagausie, 2003). Outre l’intérêt d’un travail sur l’histo-
ricité et la temporalité, ces recherches ouvrent sur la dimension esthétique
de l’existence, sur l’élaboration d’un travail créateur qui donne de l’intelligi-
bilité aux parcours de vie et génère des reprises et des bifurcations dans ces
trajectoires.
Enfin, un certain nombre de travaux récents font porter l’intérêt de l’ana-
lyse des pratiques sur la dimension de l’expérience (analyse expérientielle),
dans son statut initial d’expérience vécue (Cifali et André, 2007), comme
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Savoirs 53 – 2020
construction des sujets (Barbier, 2013), mais aussi dans ses fonctions de
ressource pour les apprentissages (Bishel, Petignat et Thiébaud, 2019 ;
Péaud, 2013) et la professionnalisation (VAE).
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mais, lorsqu’elle l’utilise, elle produit du groupe, de la groupalité, et tisse des
liens à de multiples niveaux : intersubjectifs (communicationnels), cognitifs
(liens de savoirs communs), intrasubjectifs (liens entre émotions et compré-
hension), liens communautaires et professionnels. Cette « fabrication » parti-
culière semble propre aux APP et explique en partie leurs succès.
Ce champ d’APP semble aussi en partie spécifié par l’approche de situa-
tions « critiques » comme objets de prédilection, auxquels ses méthodes,
ses intentions, ses cadres de référence le rendent apte à s’investir : crises
organisationnelles, crises subjectives dans les parcours professionnels et les
parcours de vie, crises épistémiques obligeant à des remaniements dans les
« rapports au savoir ». L’APP aurait-elle vocation à construire de la conti-
nuité et du sens à partir de situations critiques ou chaotiques plongeant
les sujets et les collectifs dans une expérience de la discontinuité et de la
déliaison ? Cet aspect « critique » de l’appel aux APP auxquelles on demande
souvent d’intervenir en dernier recours peut les déplacer de leur ancrage le plus
solide : celui de la formation.
On pourrait supposer que la recherche de cohésion se fasse sur l’acti-
vité d’analyse ou sur la démarche d’accompagnement, toutes deux susceptibles de
porter cette cohésion et cette spécificité. Il existe une tendance à aborder
29. Configuration, définie par J.-M. Barbier comme « arrangement singulier de formes régu-
lières ». Journal The Conversation, 29 novembre 2019.
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ces deux démarches dans une complémentarité et même une perméabilité des
différents espaces d’apprentissage (Rebetez et Thiébaud, 2019).
Néanmoins, l’utilisation du terme « analyse » au singulier apparaît problé-
matique. Il y a trop d’écart de sens entre l’analyse didactique, ou pédago-
gique, par exemple, et l’analyse d’inspiration psychanalytique de type Balint,
ou même l’approche réflexive ; elles impliquent chacune des dispositifs
différents et souvent des processus inverses : construction de savoirs d’un
côté, déconstruction de l’autre.
Or ces écarts mériteraient d’être examinés en profondeur pour voir dans
quelle mesure une compatibilité est possible entre les approches conjointes
lorsqu’elles sont menées de front. La recherche d’une cohésion globale,
au-delà des essais de cohérence formelle, se heurte à une « incohérence » de
fait qui est peut-être inhérente au champ de la pratique elle-même, champ de
contradictions et de paradoxalité non résorbables. Le champ des pratiques
serait l’espace privilégié des problématiques, ouvert à la « problématisation »,
forme majeure d’analyse.
Le glissement du terme d’analyse vers celui d’accompagnement (soin,
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relation d’aide), interroge la nature de l’intelligibilité recherchée. Celle-ci ne
serait plus attendue des modèles classiques de la rationalité (analytique), mais
plutôt de démarches faisant davantage appel à l’expérience, aux émotions,
à l’empathie et à leurs modes d’approche spécifique. En tout cas, il apparaît
que la diversité des recherches entreprises dépend de la variété des expé-
riences qu’il est bien difficile de modéliser.
La tension entre analyser pour savoir et analyser pour agir est loin d’avoir
trouvé son équilibre envisagé initialement.
Si « les savoirs sont des avoirs » (Barbier, 2019, p. 2), le champ prédo-
minant de l’APP qui est celui de la formation, dans la mesure où il peine à
se dégager de la culture de l’enseignement, s’expose à un risque d’excès, de
surabondance : excès de savoirs construits pouvant embarrasser des disposi-
tifs conçus pour élucider des pratiques, en découvrir le sens sous-jacent inédit.
La fonction d’ouverture des « dispositifs » serait spécifique aux analyses de
pratiques si l’on parvenait à se débarrasser de la hantise attachée à la notion
de dispositif comme système de procédures visant une solution définitive
des problèmes. L’expérience des APP montre abondamment la possibilité
de construire des dispositifs pouvant traiter conjointement des problèmes de
connaissance, d’action et d’existence, par des modes d’analyse appropriés
aux situations. Si l’analyse n’est plus exclusivement centrée sur l’explication,
l’argumentation, la technique, l’exécution, mais davantage sur l’explicitation,
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