I.
Introduction :
Contexte : Le béton courant est un élément fondamental du génie civil, on
le retrouve partout, des fondations des bâtiments aux ponts et aux routes.
Son importance réside dans sa polyvalence, sa résistance à la compression
et son coût relativement abordable. Il permet de réaliser des structures
solides et durables, à condition de bien le concevoir et de le mettre en
œuvre.
Cependant, la durabilité et la performance des bétons courants sont des
enjeux majeurs. On doit prendre en compte plusieurs facteurs : la
résistance au gel-dégel, la résistance aux chlorures (importants pour les
ouvrages en bord de mer), la résistance à la carbonatation (qui affecte la
résistance à long terme), et la fissuration. Une mauvaise qualité des
matériaux, un malaxage incorrect ou une mise en œuvre défectueuse
peuvent compromettre sérieusement la durabilité de l’ouvrage.
L’utilisation de ciments moins impactants sur l’environnement,
l’incorporation d’adjuvants pour améliorer les propriétés du béton, et un
contrôle rigoureux de la qualité des matériaux et de la mise en œuvre sont
autant de pistes pour améliorer la durabilité et la performance des bétons
courants.
Problématique :
L’étude du comportement physico-mécanique et thermo-mécanique du
béton est d’une importance capitale pour plusieurs raisons. Elle permet
de comprendre et de prédire son comportement sous différentes
sollicitations, ce qui est crucial pour la conception, la construction et la
durabilité des structures en béton.
En termes physico-mécaniques, cette étude nous éclaire sur la résistance
à la compression, à la traction, à la flexion, ainsi que sur la déformabilité
du béton. Ces données sont essentielles pour garantir la sécurité et la
stabilité des ouvrages. On peut ainsi optimiser les proportions des
composants du béton (ciment, granulats, eau) pour atteindre les
performances souhaitées.
L’aspect thermo-mécanique est tout aussi important, notamment pour
les structures soumises à des variations de température importantes.
Comprendre comment le béton réagit à la chaleur et au froid, et comment
ces variations induisent des contraintes thermiques, permet d’éviter les
fissures, les déformations excessives et, par conséquent, les problèmes
structurels. C’est particulièrement pertinent pour les ouvrages exposés
aux conditions climatiques extrêmes ou pour les structures massives où
les gradients de température peuvent être significatifs.
En résumé, une bonne compréhension du comportement physico-
mécanique et thermo-mécanique du béton est indispensable pour
concevoir des structures sûres, durables et performantes.
Hypothèses :
En effet, comprendre le comportement du béton nécessite d’étudier les
liens entre ses propriétés physico-mécaniques (résistance, déformabilité,
etc.) et son comportement sous l’influence de la température (aspect
thermomécanique).
Plusieurs hypothèses tentent de relier ces aspects :
* **Hypothèse de la dilatation thermique différentielle :** Les différents
constituants du béton (ciment, agrégats) ont des coefficients de dilatation
thermique différents. Des variations de température engendrent des
contraintes internes, pouvant mener à la fissuration, notamment en cas de
gradients thermiques importants. C’est une hypothèse fondamentale pour
comprendre le comportement du béton en situation d’incendie, par
exemple.
* **Hypothèse de l’influence de la température sur la microstructure :**
La température affecte la cinétique d’hydratation du ciment, donc la
formation et la croissance des produits d’hydratation. Cela influence
directement les propriétés physico-mécaniques du béton, sa résistance et
sa porosité notamment. Des températures élevées peuvent accélérer
l’hydratation initialement, mais aussi dégrader les propriétés à long terme.
* **Hypothèse de l’endommagement progressif :** Les contraintes
thermiques et mécaniques combinées peuvent engendrer un
endommagement progressif du béton, conduisant à une réduction de sa
résistance et de sa durabilité. Ce processus est souvent modélisé par des
lois de comportement non-linéaires qui prennent en compte l’évolution de
la microstructure endommagée.
* **Hypothèse de la dépendance de la résistance à la température :** La
résistance du béton diminue généralement avec l’augmentation de la
température. Cette relation n’est pas linéaire et dépend de nombreux
facteurs, comme la composition du béton et la vitesse de chauffage.
Il est important de noter que ces hypothèses sont souvent simplifiées et
que le comportement réel du béton est complexe et dépend de nombreux
paramètres. La recherche actuelle vise à développer des modèles plus
précis et plus complets qui intègrent ces interactions de manière plus
réaliste.
Méthodologie :
**Méthodes expérimentales :**
* **Essais de compression, traction et flexion :** Ce sont des essais
classiques pour déterminer la résistance du béton à différentes
sollicitations. On peut y ajouter des variations de température pour
étudier le comportement thermo-mécanique.
* **Essais de fluage et de retrait :** Ces essais permettent d’évaluer la
déformation du béton sous charge constante (fluage) et sans charge
(retrait), influencés par l’humidité et la température.
* **Essais de fatigue :** Ces essais simulent des chargements cycliques
pour déterminer la résistance à la fatigue du béton. L’influence de la
température peut également être étudiée.
* **Essais de perméabilité :** Mesurent la capacité du béton à laisser
passer l’eau et les autres fluides, un facteur important pour sa durabilité et
son comportement sous l’effet du gel-dégel.
* **Analyse thermique différentielle (ATD) et analyse
thermogravimétrique (ATG) :** Ces techniques permettent d’étudier les
transformations physiques et chimiques du béton en fonction de la
température.
* **Microscopie (optique, électronique) :** Permet d’observer la
microstructure du béton et d’analyser l’influence des différents
constituants sur son comportement.
**Méthodes analytiques :**
* **Modélisation numérique par éléments finis (MEF) :** Permet de
simuler le comportement du béton sous différentes sollicitations en
utilisant des lois de comportement constitutives. On peut intégrer des
aspects thermo-mécaniques dans ces modèles.
* **Modèles de comportement du béton (endommagement, plasticité) :**
Ces modèles mathématiques décrivent le comportement non-linéaire du
béton, tenant compte de phénomènes comme la fissuration et le fluage.
* **Analyse statistique des données expérimentales :** Permet de traiter
et d’interpréter les résultats expérimentaux, d’identifier les paramètres les
plus influents et de valider les modèles analytiques.
II. Matériels et méthodes utilisées :
Matériaux :
Description des bétons courants, Un béton courant, utilisé pour des
applications générales comme les fondations ou les dalles de bâtiments
résidentiels, est généralement composé de quatre éléments principaux :
* **Ciment:** Le liant hydraulique qui, en présence d'eau, réagit et durcit
en liant les agrégats. On utilise souvent du ciment Portland CEM I 42,5 R
ou CEM II/A-LL 42,5 R, mais d'autres types de ciment peuvent être
employés selon les besoins.
* **Sable:** Un agrégat fin, généralement du sable de rivière ou de
carrière, qui remplit les espaces entre les graviers et contribue à la
compacité du béton. Sa granulométrie est définie par des normes (ex: NF
EN 933).
* **Gravier:** Un agrégat grossier, composé de pierres concassées ou de
galets, qui assure la résistance mécanique du béton. Sa granulométrie est
également normalisée (ex: NF EN 933).
* **Eau:** Nécessaire à l'hydratation du ciment et à la prise du béton.
La quantité d'eau est un facteur crucial influençant la résistance et la
durabilité du béton.
Les proportions de ces éléments sont exprimées en général par le
rapport eau/ciment (E/C), qui est un paramètre clé déterminant les
propriétés du béton. Un rapport E/C plus faible conduit généralement à un
béton plus résistant mais plus difficile à mettre en œuvre. La résistance
caractéristique à la compression (Rck) d'un béton courant est souvent de
l'ordre de 25 à 30 MPa.
Il est important de noter que cette description est simplifiée. Un béton
courant peut également contenir des adjuvants (plastifiants,
superplastifiants, accélérateurs de prise, etc.) pour améliorer ses
propriétés de mise en œuvre ou de performance. Les normes de référence
pour caractériser ce type de béton incluent les normes européennes (EN
206) et les normes françaises (NF EN 206). Ces normes précisent les
exigences relatives à la composition, aux propriétés et aux méthodes
d'essai.
Normes de référence :
Ciment : Pour caractériser le ciment Portland, plusieurs normes de
référence sont utilisées, et elles varient légèrement selon le pays et
l’organisme de normalisation. En général, on se réfère à des normes qui
couvrent des aspects comme la composition chimique, les propriétés
physiques et les performances mécaniques.
Par exemple, en Europe, les normes EN 197 et les normes associées
(comme les EN 196 pour les méthodes d’essai) sont très importantes. Aux
États-Unis, on utilise les normes ASTM (American Society for Testing and
Materials), et d’autres pays ont leurs propres normes nationales.
Ces normes définissent les différents types de ciment Portland (CEM I,
CEM II, etc.), spécifient les exigences minimales pour chaque type en
termes de résistance à la compression, de prise, de consistance, etc., et
décrivent les méthodes d’essai à suivre pour vérifier la conformité.
Pour obtenir des informations plus précises, il faudrait savoir dans quel
pays ou région vous vous situez.
Granulats : La caractérisation des granulats fait appel à plusieurs normes,
et celles utilisées dépendent précisément de l’application envisagée
(béton, enrobés, etc.) et du pays. Il n’y a pas une seule norme universelle.
En France, par exemple, les normes principales proviennent de l’AFNOR
(Association Française de Normalisation) et concernent des aspects
comme la granulométrie, la résistance, la forme des grains, etc. On
retrouve souvent des références aux normes NF EN 933 (série de normes
concernant les granulats pour béton et mortier), NF P 18-555 (pour les
granulats routiers), et d’autres normes plus spécifiques selon les besoins.