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Guide 2

Le document définit plusieurs concepts clés en psychiatrie, tels que le psychiatre, les troubles mentaux, et les comportements normaux et anormaux. Il décrit également les processus d'examen clinique, incluant l'anamnèse et l'observation psychiatrique, ainsi que les éléments du syndrome psychiatrique. Enfin, il aborde des notions comme la névrose, la psychose et les psychotropes, tout en soulignant l'importance de l'histoire du patient pour le diagnostic.

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Guide 2

Le document définit plusieurs concepts clés en psychiatrie, tels que le psychiatre, les troubles mentaux, et les comportements normaux et anormaux. Il décrit également les processus d'examen clinique, incluant l'anamnèse et l'observation psychiatrique, ainsi que les éléments du syndrome psychiatrique. Enfin, il aborde des notions comme la névrose, la psychose et les psychotropes, tout en soulignant l'importance de l'histoire du patient pour le diagnostic.

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1

II. DEFINITION DES CONCEPTS

1. Psychiatre

C’est la spécialité médicale consacrée à l’étude, au diagnostic, au traitement et à la


prévention des troubles mentaux (maladies mentales).

2. Trouble mental

C’est un trouble altérant la pensée, les sentiments, ou le comportement, et


entrainant une souffrance et/ou des difficultés d’intégration sociale.

N.B. : L’appellation « troubles mentaux » est préférable au terme de « maladies mentales »,


dans la mesure où l’étiopathogénie de ces troubles reste encore incertaine, et fait l’objet de
recherches et les théories, selon la littérature récente.

3. Comportement normal

C’est un comportement qui est normal c’est-à-dire qui s’observe le plus


régulièrement et respectant les normes d’une société à laquelle on appartient.

4. Comportement anormal

C’est un comportement qui est anormal c’est-à-dire qui ne respecte pas les normes
de la société à laquelle on appartient et à une époque donnée.

5. Etre en bonne santé mentale

La santé mentale n’est qu’un aspect de la santé en général. Un individu est en


bonne santé mentale lorsqu’il est apte à :

 Etablir des relations satisfaisantes avec son prochain (entourage) ;


 Participer de façon constructive aux modifications du milieu ;
 Résoudre d’une manière équilibrée ses propres conflits en puissance ;
 Développer sa personnalité en investissant ses pulsions libidinales dans des
réalisations sociales, intellectuelles et artistiques (c’est la sublimation).

6. Neurologue

C’est un médecin spécialisé en Neurologie.


2

 Psychiatre : c’est un médecin spécialisé en psychiatrie.


 Neuropsychiatre : c’est un médecin spécialisé en Neuropsychiatrie.
 Pédopsychiatre : c’est un médecin spécialisé en Pédopsychiatre (discipline de la
médecine qui s’occupe des troubles mentaux chez l’enfant).
 Neuro-pédiatre : c’est un médecin spécialisé en Neuro-pédiatrie (discipline de la
médecine consacrée à l’étude, au diagnostic, au traitement de la pathologie neuro-
infantile).

7. Névrose

Ce concept désigne les maladies (troubles) de la personnalité à l’origine


desquelles les facteurs psychologiques jouent un rôle majeur et qui ont en commun certains
caractères : elles n’altèrent pas le système de réalité, ce qui les différencie des psychoses ;
elles s’expriment par des symptômes reconnus par le patient comme pathologiques et
motivant une demande d’aide médicale.

Les symptômes de névroses traduisent un mode de défense contre l’angoisse liée à


des conflits inconscients et réalisent une sorte de compromis (signification symbolique de
symptômes) tendant à neutraliser cette angoisse.

8. Psychose

Ce concept désigne des affections mentales caractérisées par la perte du contact


du sujet avec le réel et l’altération foncière du lien interhumain. Les psychoses constituent des
atteintes plus graves de la personnalité que les névroses car, contrairement aux névrosés qui
restent conscients de leurs difficultés personnelles, les psychotiques ignorent leurs troubles.
Les psychotiques s’isolent du monde extérieur frustrant. Ils présentent des phénomènes
délirants qui caractérisent les psychoses.

9. Psychotropes

Les psychotropes sont des substances chimiques agissant sur le système nerveux
central en y modifiant certains paramètres biochimiques et physiologiques. Ils induisent des
modifications des perceptions, de l’humeur et de la conscience.

III. EXAMEN CLINIQUE EN PSYCHIATRIE

En psychiatrie, l’image clinique du moment ne suffit pas pour aboutir au


diagnostic, l’histoire du malade ainsi que celle de sa maladie doivent aussi être prise en
3

compte. L’examen clinique psychiatrique est aussi appelé observation psychiatrique ou


entretien psychiatrique. L’observation ou entretien psychiatrique a une double polarité, à la
fois diagnostique et thérapeutique.

L’investigation clinique en psychiatrie comprend deux parties :


 Anamnèse ou interrogatoire ;
 Observation psychiatrique.

Le dossier médical est un document médicolégal qui contient toutes les informations sur le
séjour du malade dans une formation médicale. L’examen neuropsychiatrique, est une relation
interpersonnelle basée sur l’entretien avec non seulement le malade, mais aussi avec son entourage.
Cet entretien devra être libre et non directif du moins en un 1 er temps et basée sur une écoute
bienveillante, attentive et patiente.
1. ANAMNESE

C’est un entretien qui vise à recueillir auprès du patient lui-même les informations
en rapport avec sa maladie. Le plus souvent ces informations sont obtenues auprès de son
entourage (les accompagnants), on parle alors de l’hétéro-anamnèse. Les différentes étapes de
l’anamnèse sont :

a) Identification du patient (nom, post-nom, prénom, surnom, âge, sexe, adresse, religion,
tribu).
Les éléments de l’identification du patient peuvent constituer un des facteurs
étiologiques pour la compréhension psychopathologique de certains troubles mentaux.
b) Plaintes principales ou motifs de consultation
La demande d’aide du patient ou de son entourage est exprimée sous forme des
plaintes (ou symptômes) telles que ressenties ou vécues par le patient ou son
entourage. Il faut toujours laisser le patient ou son entourage s’exprimer librement en
utilisant leurs propres formulations, qu’il faudrait aussi transcrire fidèlement dans la
rubrique « motifs de consultation » du dossier médical.
c) Antécédents
 Antécédents personnels : notion de trouble psychiatrique similaire (date de la
survenue, lieu de traitement, adaptation inter critique oui ou non, préciser le tableau
clinique par la description de l’entourage si c’était un état d’excitation psychomotrice
ou d’inhibition psychomotrice) ;
 Antécédents médico-chirurgicaux personnels ;
4

 Biographie du patient : Lieu et date de naissance, mode d’accouchement, fratrie, DPM


(Développement psychomoteur), scolarité, Etat civil, profession, habitudes de
consommation ( alcool, tabac, cannabis… Préciser la motivation et la quantité prise
journalièrement tout en précisant la période de début de la consommation, ethnie et
province d’origine, religion, caractère pré-morbide : affectivités de base (colère,
tristesse, peur, joie, hypersensibilité), sociabilité (introversion, extraversion), relations
interpersonnelles, niveau d’activité physique (normoactivité, hypoactivité,
hyperactivité), réaction face à une nouvelle situation (timidité, retrait), impulsivité.
 Antécédents collatéraux : notion de trouble psychiatrique chez les frères et sœurs du
patient ;
 Antécédents familiaux : concerne l’époux ou épouse (de la patiente ou du patient), les
enfants du patient ;
 Antécédents héréditaires : en rapport avec les parents ou les grands parents.
d) Histoire de l’affection actuelle : date de début, mode de début de trouble, traitement
reçu, évolution clinique.
e) Complément d’anamnèse
En procédant de la tête aux pieds, système par système à la recherche des informations
complémentaires afin d’avoir plus de précision sur les plaintes exprimées par le
patient ou son entourage.

2. OBSERVATION PSYCHIATRIQUE

A. Présentation (les troubles de la présentation)


 Biotype :
o Bréviligne/ Pycnique
o Longiligne/leptosome
o Athlétique
 Tenue :
o Négligée, débraillée, sale : schizo
o Excentriques /extravagante : hystérie, manie, schizo
o Surchargée : schizo, manie
o Insuffisante, dénudée : démence, Syndrome confusionnel.
 Mimique est mobile (donc normale)
5

o Hypermimie ou mimique exagérée (euphorie maniaque, terreur du syndrome


confuso-onirique, théâtralisme dans l'hystérie).
o Hypomimie (diminution) et Amimie (Absence) de mimique : on les observe au
cours des dépressions (il y a alors une mimique douloureuse figée), des
schizophrénies, du syndrome confusionnel et des démences.
o Dysmimie ou paramimie : expressions du visage qui sont en désaccord avec les
contenus psychoaffectifs de l’expression verbale, qu'on observe dans la
schizophrénie.
o Échomimie : le sujet reproduit en miroir les mimiques de l'examinateur (retard
mental, simulation, hystérie, schizophrénie).
 Le contact est bon : laborieux (difficile), impossible, familier, réticent, facile.
 L’activité gestuelle : adaptée, accrue, diminuée ou NC
 Le langage. On doit apprécier :
1. La dynamique (Ex : Logorrhée)
2. Le contenu (Ex : propos incohérent)
 Un laconisme : parcimonie verbale
 Une mussitation : mutisme incomplet avec habituellement des
mots ou des phrases incompréhensibles dépression
 Un mutisme : silence volontaire simulateur, maniaque dans le
cadre de l’activité de jeux.
 Une verbigération (déviation) automatique syntaxique sans lien
associatif sémantique, incompréhensible. schizo, confusion,
déments.
 Cris et vociférations : dans les états d’agitation : manie, délire
onirique (alcooliques), accès de colère, confusion, opposition
des délirants, démence.
 Palilalie /Echolalie : déments parkinsoniens –schizo
 Agrammatisme : style télégraphique ou monosyllabiques :
schizo
 Aphonie : impossibilité à parler à voix haute avec conservation
de la capacité de parler à voix basse /chuchotée : hystérie.
 Bégaiement : incapacité transitoire à émettre certains sons, à
enchaîner différents mouvements articulatoires.
6

 Soliloquie : se parler à soi-même : schizo


 Paralogisme : détournement de sens des mots existant dans le
lexique courant
 Néologisme : création de nouveaux mots n’existant pas dans le
lexique courant.
 Lapsus : faute commise inconsciemment en parlant (linguae), en
écrivant (calami).
B. Eléments du syndrome psychiatrique
 Humeur : c’est la disposition affective de base donnant un éprouvé agréable ou
désagréable oscillant entre les deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur. Si
l’humeur est normale, on parle alors d’euthymie. Les troubles de l’humeur sont :
 Perplexe : confusion mentale ;
 Triste : dépression
 Anxieuse : trouble anxieux, troubles névrotiques
 Euphorique : manie
 Irritable : états hypomaniaques et dysthymiques
 Versatile (labilité affective) : manie
 Caustique : manie
 Anesthésie affective et Ambivalence affective : schizo
 Hyperémotivité : réaction psychologique, état de stress aigu et de stress post
traumatique.
 Psychomotricité : est stable ou instable
 Agitation : exagération de la motricité sans coordination ni intention.
 Impulsion : besoin impérieux d’accomplir soudainement un geste ou un acte à
caractère brutal, dangereux ou incongru dont l’exécution échappe au contrôle
de la volonté. Elle peut être dirigée contre les choses (fugues, kleptomanie,
pyromanie) ou contre les personnes (agression, homicide).
 Stupeur : état de suspension de toute activité motrice et langagière.
 Catalepsie : prise en masse du sujet avec tendance à fixer les attitudes.
 Cataplexie : perte brutale, mais de courte durée du tonus musculaire sans perte
de conscience et due à une émotion très vive.
 Tics : mouvements involontaires, brusques et soudains, rapides et répétés sans
utilité
7

 Syndrome de tension nerveuse : tics, bégaiement, brusquerie des mouvements,


spasme sur un fond d’angoisse ou d’exaspération : hypermotricité/anxiété
 Tasikinésie : le fait qu’une personne ne puisse pas tenir en place.
 Parakinésies : mouvements anormaux, répétitifs, stéréotypés, qui parasitent
l'activité motrice normale à laquelle ils se superposent : schizophrénie, retard
mental.
 Akathisie : le fait qu’une personne soit incapable de rester tranquillement
assise ou couchée (il bouge des jambes /pieds) : schizo ou effets secondaires
des neuroleptiques.
 Dystonies : troubles du tonus musculaire qui perturbent le mouvement
volontaire ou la posture. Elles sont parfois spectaculaires et peuvent être
douloureuses. Elles peuvent être la conséquence de la prise d’un traitement
neuroleptique.
 Intellect (sphère noétique) : MAJOREE
 Mémoire : cfr neurologie
 Orientation : cfr neurologie
 Efficacité et Efficience : cfr neurologie
 Attention : Hypoprosexie/Aprosexie, hyperprosexie
 Jugement : Le rationalisme morbide (explication non logique sur un fait). La
fausseté du jugement : jugement reposant sur des postulats inexacts, des prémisses
fausses.
 Les Troubles formels de la Pensée :
 Tachypsychie : accélération du cours de la pensée : manie, intoxications
aux psychostimulants
 Bradypsychie : ralentissement : dépression, syndrome confusionnel
 Barrage : interruption brutale du discours du sujet au cours d'une phrase. Le
discours reprend au bout de quelques instants sur le même sujet ou sur un
autre : schizophrénie.
 Fading mental c'est un équivalent à minima du barrage : la pensée s'englue
(se perd) pendant quelques instants.
 Prolixité circumlocutoire : difficulté à orienter la pensée vers un but précis
avec retour au sujet initial après de multiples détails.
 Pensée tangentielle : perte du fil du discours, le patient suit des idées qui lui
viennent de stimulations externes ou internes (il devient hypertone).
8

 Rumination mentale : préoccupation mentale incessante et gênante.


 Fuite des idées : la pensée change constamment de but.
 Réponses à côté des questions : réponses inappropriées à des questions
même élémentaires.
 Pensée incohérente : la pensée et le langage n’ont plus de cohésion, ils
apparaissent disloqués.
 Délire (Raisonnement) : Croyances fausses et inébranlables, mais qui constituent pour
le sujet une vérité générale à laquelle il adhère avec une conviction absolue et qui
gouvernent (dictent) tous ses comportements et attitudes. Pour ce faire, il faudra en
déterminer le thème, sa systématisation, ses mécanismes générateurs et la réaction
suscitée.
Thèmes :
1. Persécution ou de préjudice : il est convaincu et affirme être la cible de l’animosité
d’autrui, objet de menace, de complots, d’injures ; on lui en veut (à ses biens, à sa santé, à sa
vie même).
2. Mégalomanie (grandeur) : une survalorisation délirante de soi. Le malade est convaincu et
affirme qu’il est plein de talents, de richesse, d’aptitudes, de forces. Il se dit prodigieusement
doué de puissance, maitre du monde. Parfois il se prend pour Dieu ou pour son envoyé.
Parfois il se dit descendant d’un personnage illustre ou un grand inventeur ou doté d’une
grande puissance mystique.
3. Culpabilité : le malade est convaincu et affirme qu’il a commis toutes sortes de péchés ou
de fautes voire de manquements.
4. Ruine : il a la conviction d’être ruiné.
5. Influence : le sujet se croit soumis à des forces extérieures qui orientent ou forcent sa
pensée, conditionnent son jugement, commande ses actes.
6. De référence : le malade est convaincu que tout ce qui se fait ou se dit autour de lui le
concerne.
7. Mystique et ésotérique : délire en rapport avec les Ecritures saintes, la parole divine, une
mission ésotérique et divine à accomplir, des forces obscures, du Mal ou du Bien.
8. Auto-accusation : ce thème délirant traduit un jugement très défavorable que tient le sujet
sur lui-même, Se trouve en général associés une auto dévalorisation, un sentiment de ruine et
de culpabilité : mélancolie délirante.
9. Erotique : le délire à tonalité érotique est souvent un délire mégalomaniaque centré sur la
puissance sexuelle du patient. (Mari de nuit…)
9

10. Négation d’organes : conviction délirante de mort d’un organe voire du corps tout entier :
syndrome de Cotard.
11. Grossesse : elle dit qu’elle est enceinte alors qu’elle ne l’est pas.
12. Fantastique et cosmique : discours visionnaire avec fantasmagorie souvent dramatique
voire salvatrice (proche du thème mystique), conviction d’une relation avec une vie extra-
terrestre. (Paraphrénies).
13. Revendication : Le délire repose sur la conviction d’un préjudice subi. Le patient est en
règle générale, actif, il se livre à de nombreuses démarches administratives et souvent
judiciaires.
14. Hypochondriaque : conviction inébranlable et déréelle d’être menacé dans sa santé, d’être
atteint d’une maladie incurable ou d’une infirmité ± permanente.
15. Erotomaniaque : conviction délirante d’être aimé d’une personne, généralement illustre.
16. Jalousie : le délirant jaloux a la conviction erronée que l’être qu’il aime, lui en préfère un
ou une autre. Il fonde cette conviction sur les plus petits indices.
17. Transformation corporelle : le malade a l’impression que son corps change.
Systématisation :
Délire floue ou mal systématisé ; fortement systématisé.
Mécanismes du délire :
A. Les hallucinations : perceptions sans objets ou des expériences perceptives prises pour
réelles en l’absence du stimulus extérieur correspondant. On distingue deux types :
a. Les hallucinations sensorielles ou vraies hallucinations : elles viennent de l’extérieur et sont
perçues par le sujet.
- Les hallucinations visuelles : images
- Les hallucinations auditives (acoustiques) : sons, bruit, voix extérieures
- Les hallucinations gustatives : perception de goûts sans objet
- Les hallucinations olfactives : perception d’odeur sans objet
- Les hallucinations cénesthésiques : Les hallucinations de la sphère corporelle (tactile,
algésique, motrice)
b. Les hallucinations psychiques ou pseudo-hallucinations : elles viennent de l’intérieur du
sujet lui-même et sont perçues comme voix intérieures, dévinement de la pensée, écho de la
pensée, vol de la pensée.
B. Les illusions : ce sont des perceptions déformées d’un être ou d’un objet réel.
C. L’intuition : une invention spontanée de l’esprit alimentant un délire.
10

D. L’imagination : c’est une production moins spontanée et plus active de l’esprit que
l’intuition, alimentant un délire.
E. L’interprétation : jugement faux porté sur une perception exacte, alimentant un délire.
Réaction : Auto et hétéroagressivité.
3. SYMPTOMES SOMATIQUES

Faire l’inventaire des symptômes somatiques qui accompagnent souvent les


troubles mentaux.

4. COMMENT RESUMER LE CAS

- C’est le résumé de l’examen clinique ;


- Le résumé du cas ou de l’examen clinique doit comprendre l’âge du patient, son sexe,
les motifs de consultation, les antécédents contributifs, les différents syndromes, les
hypothèses diagnostiques et la prise en charge thérapeutique.

5. DIAGNOSTICS

5.1. Diagnostic syndromique

5.2. Diagnostic étiopathogénique

5.3. Diagnotic personologique

5.3. Diagnostic nosologique

IV. PATHOLOGIES PSYCHIATRIQUES COURANTES

1. Les 7 grands syndromes psychiatriques


Il s’agit de 7 syndromes ou ensemble de symptômes accessibles aux psychotropes :
1.1. Symptômes dépressifs ;
1.2. Symptômes maniaques ;
1.3. Variations pathologiques de l’humeur ;
1.4. Agitation ;
1.5. Délire ;
1.6. Anxiété ;
1.7. Insomnie.
2. Les troubles délirants aigus (délires aigus) :
2.1. Trouble psychotique bref ;
11

2.2. Trouble schizophréniforme ;


2.3. Bouffée délirante : c’est l’équivalent francophone de deux premiers troubles
psychotiques.
3. Les troubles délirants chroniques (délires chroniques) :
3.1. Troubles schizophréniques :
3.1.1. Syndrome dissociatif ;
3.1.2. Syndrome délirant ;
3.1.3. Syndrome catatonique ;
3.1.4. Hébéphrénie ;
3.1.5. Héboïdophrénie.
3.2. Troubles délirants chroniques non schizophréniques :
3.2.1. Délire paranoïaque (psychose paranoïaque) ;
3.2.2. La paraphrénie ;
3.2.3. Psychose hallucinatoire chronique.
4. Les troubles anxieux (troubles névrotiques) :
4.1. Symptômes de névroses :
4.1.1. Les anomalies de l’activité sexuelle ;
4.1.2. Les troubles de sommeil ;
4.1.3. L’angoisse (anxiété) ;
4.1.4. Les troubles des conduites alimentaires ;
4.1.5. L’agressivité.
4.2. Les troubles anxieux :
4.2.1. Trouble panique ;
4.2.2. Crise d’angoisse aigue ou attaque de panique ;
4.2.3. Trouble phobique ;
4.2.4. Etat de stress aigu ;
4.2.5. Etat de stress post-traumatique ;
4.2.6. Trouble anxiété généralisée ;
4.2.7. Trouble obsessionnel compulsif ;
4.2.8. Trouble anxieux dû à une affection médicale générale ;
4.2.9. Troubles anxieux induits par une substance.
5. Les troubles de l’humeur :
5.1. Episode maniaque ;
5.2. Etat dépressif ;
12

5.3. Etat mixte ;


5.4. Trouble bipolaire.
6. Troubles psychiatriques dans le contexte de puerpéralité :
6.1. Pendant la grossesse (manifestations névrotiques, dépressives) ;
6.2. Dans le post-partum :
6.2.1. Trouble dépressif ;
6.2.2. Psychose du post-partum.
7. Alcoolisme et toxicomanie :
7.1. Concepts à connaître : sevrage, manque, dépendance, drogue licite, drogue illicite,
stupéfiant ;
7.2. Etat d’ivresse aigue ;
7.3. Ethylisme chronique.
8. Les états déficitaires :
8.1. Retard mental (débilité) ;
8.2. Démences.

V. LES PRINCIPAUX SYNDROMES PSYCHIATRIQUES

1. Syndrome dépressif ;
2. Syndrome maniaque ;
3. Syndrome dissociatif ;
4. Syndrome délirant ;
5. Syndrome catatonique ;
6. Syndrome confusionnel ;
7. Syndrome de korsakoff ;
8. Syndrome de répétition ;
9. Syndrome de sevrage ;
10. Syndrome de référence ;
11. Syndrome d’influence ;
12. Syndrome névrotique
13. Syndrome démentiel ;
14. Syndrome de conversion ;
15. Syndrome pseudonévrotique ;
16. Syndrome de tension nerveuse ;
17. Syndrome de Klein Levin ;
13

18. Syndrome de Pickwik.

PRESENTATION DES DIFFERENTS SYNDROMES PSYCHIATRIQUE

1) Syndrome de Korsakoff
Association de l’amnésie antérograde, fabulation, fausses reconnaissances, troubles de
l’orientation temporo-spatiale et polynévrite. Il est une manifestation de l’éthylisme
chronique.
2) Syndrome de sevrage (à un abus médicamenteux)
Cfr. antalgiques ! AAS, caféine, codéine, morphisme, ergotamine.
 Caractérisé par exacerbation des céphalées, nausées, insomnie, anxiété, vertiges…
Ce symptôme dure 2 – 10 jours en moyenne.
3) Syndrome de répétition ou de reviviscence du traumatisme
Caractérisé par : cauchemars, souvenirs répétitifs envahissants, impressions de revivre
l’évènement (flas-back), associés à une réaction affective importante du sujet
(angoisse, palpitations…). Donc l’évènement est constamment revécu (par des images
brèves, des souvenirs envahissants, cauchemars récurrents…).
4) Syndrome maniaque
Euphorie expansive, optimisme exagéré, versatilité de l’humeur, causticité,
hyperesthénie affective (augmentation de la sensibilité et de la réactivité affective aux
évènements), hypersyntonie (concordance empathique exagérée du sujet avec son
entourage), dysphorie (importance, irritabilité, intolérance, colère).
- Hyperactivité motrice : activité de jeu.
- Hyperactivité productive (aprosexie).
- Tachypsychie.
- Signes somatiques : grande résistance à la fatigue et au froid, amaigrissement,
insomnie, signes neurovégétatifs (fébricule, tachycardie, hypertension artérielle,
hypersudation, hypersialorrhée, aménorrhée).

5) Syndrome dépressif
Caractérisé par : malaise morbide. Elle s’accompagne parfois de sentiments
d’indifférence ou d’anémie si affective, d’anhédonie, de monotonie affective.
o Un ralentissement psychomoteur : réduction et lenteur des mouvements, hypomimie.
o Idées de mort, idées suicidaires, pensées négatives, idées d’auto dévalorisation,
d’indignité, de culpabilité).
14

o Des troubles des conduites : conduites suicidaires, hyposociabilité avec parfois


isolement, négligence corporelle et vestimentaire.
o Troubles somatiques
- Insomnie le plus souvent (une insomnie de fin de nuit).
- Parfois hypersomnie (sommeil nocturne excessif, somnolence diurne).
- Anorexie, baisse de libido, impuissance, frigidité.
6) Syndrome dissociatif
Il est le trouble capital de la schizophrénie, celui qui a donné son nom à cette
affection. Il traduit un processus de dislocation, de désintégration touchant
pratiquement tous les secteurs de la vie psychique.
Il est caractérisé par :
- Humeur : Emoussement affectif, ambivalence affective, indifférence affective,
anesthésie affective.
- Psychomotricité (comportement) : Comportements grossièrement désorganisé.
Catatonie (stupeur, négativisme, la catalepsie, la cataplexie, hyperkinésie),
stéréotypies gestuelles, maniérismes, gestes indécis et maladroits, échopraxie,
échomimie.
- Sphère noïétique : Mutisme, incohérence des idées, phénomène de barrage,
fading mental (ralentissement, stagnation de la pensée), phénomène de
sonorisation de la pensée, écho de la pensée, pensées imposées, volées,
divulguées ; coq-à-l’âne, incohérence verbale, néologisme, paralogisme,
réponses à côté des questions, agrammatisme. Dépersonnalisation,
accompagnée parfois de déréalisation.

7) Syndrome délirant
C’est un syndrome qui est caractérisé par la prédominance des troubles au niveau de la
sphère, noétique particulièrement par le délire dans toute sa structure (thème,
systématisation, mécanisme, réaction).
Ex. : Le délire paranoïde (dans la schizophrénie), est un délire vague, flou, mal
systématisé, peu sthénique avec des réactions le plus souvent auto agressives, sans
15

thèmes, ni mécanismes spécifiques, bien que les idées de persécution, de référence et


des hallucinations auditives souvent très fréquentes + dysfonctionnement
socioprofessionnel.
Ex.2 : Le délire paranoïaque : c’est un délire qui survient sur un fond de personnalité
paranoïaque (méfiance, psychorigidité, hypertrophie du moi, susceptibilité, fausseté de
jugement, l’agressivité).
C’est un système délirant durable, inébranlable, allant de pair avec la conservation de
la clarté et de l’ordre dans la pensée, le vouloir, et l’action. Il est systématisé.
L’interprétation est son mécanisme essentiel et elle s’accompagne généralement de
violentes réactions hétéroagressives.
 C’est un délire à caractère plausible, logique, vraisemblable, dont le mécanisme est
interprétatif.
Ex.3 : Le délire paraphréruque est un délire rare, fantastique, beaucoup moins
d’hallucination, imaginatif, plus riche et plus luxurant.
8) Syndrome de Cotard
Il est caractérisé par un délire, qui survient souvent chez un sujet âgé, fait de :
- Une négation d’organe (au plutôt de la fonction d’un organe : « mes intestins ne
fonctionnent plus »).
- Un thème d’immoralité.
9) Syndrome catatonique
C’est un syndrome caractérisé par :
- Négativisme, oppositionisme.
- Catalepsie (absence de mouvement spontané, maintien des attitudes imposées).
- Hyperkinésies (impulsions verbales et/ou gestuelles, décharges motrices
clastiques).

QUELQUES DEFINITIONS

1. Clinophilie : confinement au lit.


2. Apragmatisme : perte de la capacité de planification et d’action.
3. Aboulie : perte d’initiative, absence d’envie.
4. Anhédonie : perte de la sensation de plaisir.
5. Conduites d’évitement : tout stimulus évoquant le traumatisme est évité.
6. Emoussement affectif : c’est une réduction d’intérêt pour les activités habituelles.
16

7. Débriefing : c’est une technique de psychothérapie permettant à un groupe de


victimes, animé par un thérapeute, d’évoquer l’évènement et les émotions vécues. Ce
débriefing a lieu 24 à 72 heures après le traumatisme.
8. Compulsion : c’est un acte répétitif à but anxiolytique, visant à « conjurer » les
obsessions, que le patient se sent contraint de réaliser, même s’il reconnait son
caractère absurde. Cet acte est souvent extrêmement rituel.
9. Ludisme : tendance aux jeux de moto, aux devinettes, aux charades, tout étant à
amusement.
10. Labilité émotionnelle : l’humeur est versatile, sujette à des variations brusques, le
patient parait passer du rire aux larmes sans raison apparente.
11. Liste non exhaustive des thèmes délirant
1) Persécution : conviction délirante d’être persécuté, surveillé, menacé, allant de la
simple méfiance inadaptée, aux idées envahissantes de complots, de conspirations,
de jalousie.
Ex. : Schizophrénie (délire paranoïde), le délire paranoïaque.
2) Mysticisme : convictions remarquables par leur caractère mystique, religieux,
messianique (par ex. : se prendre pour la Sainte Vierge).
3) Fantastique : conviction s’apparentant aux thèmes de la science – fiction. Assez
typique du délire paraphrénique.
4) Mégalomanie : délire de grandeur, fréquent dans les manies délirantes.
5) Ruine : c’est une conviction d’être ruiné, abandonné, fréquent dans les mélancolies
délirantes.
12. Liste de mécanismes de délire :
1) Intuition et imagination : idées délirantes « ressenties » (intuition) ou « sues »
(imagination sans qu’un support logique vienne étayer leur véracité dans le
discours.
13. La systématisation d’un délire : c’est le degré de cohérence interne du délire. Un
délire systématisé est généralement reproductible au cours des entretiens, et obéit à
une certaine logique.
14. Barrages : suspension brutale du discours (quelques secondes ou minutes), traduisant
une rupture de la pensée. Reprise spontanée du discours sur un thème identique ou
différent.
15. Fading : extinction impressive du flux des paroles ou des idées, suivie après un temps
d’une reprise du discours.
17

VI. LES PRINCIPAUX PSYCHOTROPES

1. ANXIOLYTIQUES ET HYPNOTIQUES

1.1. Anxiolytiques
1) Benzodiazépines ;
2) Antihistamimiques (hydroxyzine – ATARAX®)
3) Les carbamates (méprobamate – Equanil ®)
4) Les agonistes SHT1A (Buspirone – Buspar)
5) Les β bloquants (Propandol – AVLOCARDYL®
1.2. Hypnotiques
- Zopiclone (IMOVANE®)
- ZOLPIDEM (STILNOX ®)

2. ANTIDEPRESSEURS

2.1. Antidépresseurs tricycliques (ADT) ;


2.2. Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ;
2.3. Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la ND (IRSNa) ;
2.4. Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO).

Ex.1. ADT :

- Clomipramine (Anafranil ®)
- Imipramine (Tofranil®)
- Amitryptilhine (Laroxyl®)

Ex.2. ISRS :

- Fluoxéline (Prozac®)
- Paroxétine (Deroxat®)
- Escitalopram (Séroplex®)
- Sertraline (Zoloft®)

Ex.3. IRSNa : - Venlafaxine (Effexor®)


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3. THYMOREGULATEURS

3.1. LITHIUM (Teralithe®, 250g, 400g Lp)


3.2. Anti-épileptiques :
- Valproate de sodium (Dépakine)
- Carbamazique (Tégrétol)
- Lamotrigine (LAMICTAL)
3.3. Certains neuroleptiques:
- Olanzapine (Zyprexa ®)
- Aripiprazole (Abilify®)
- Risperidone (Rispondal®)

4. NEUROLEPTIQUES

4.1. Classiques : Haldol, Largactil.


4.2. Atypiques : Amisulpiride, Olanzapine, Risperidone…
19

Examen clinique en neurologique

1. Identité
 Noms, Prénom
 Age
 Sexe
 Profession ou occupation
 Origine
 Adresse, Résidences

2. Motif de consultation ou d'hospitalisation


 Le motif recueil le (s) symptôme (s) ou la (les) plainte (s) majeurs qui a (ont)
amené le patient à consulter.

3. Antécédents
 Héréditaires : cas similaires chez les ascendants
 Collatéraux : cas similaires auprès des frères et sœurs du patient
 Familiaux : cas similaires dans la famille restreinte : mari, femme et enfants
 Personnels : médicaux, chirurgicaux, gynéco-obstétricaux, mode de vie (alcool,
tabac) ; préciser une notion des crises convulsives, des céphalées et de traumatisme
crânioencéphalique.
 Si enfant, préciser le déroulement de la grossesse, les circonstances de
l’accouchement, le développement psychomoteur, le calendrier vaccinal, préciser
une éventuelle maladie d’enfance.

4. Histoire de la maladie
 Date de début des symptômes ;
 Modalités de début : progressive, brutale ;
 Traitement suivi ou pas ;
 Evolution dans le temps.

5. Complément d’anamnèse
20

 Préciser les plaintes présentées par le patient ;


 Explorer système par système en vue de déceler d’autres troubles associés.

Note :

 En neurologie, et comme dans beaucoup d'autres spécialités, l'interrogatoire est


l'élément clé du diagnostic, à condition qu'il soit bien mené. Dans certaines
pathologies neurologiques où l'examen neurologique proprement dit est normal, il sera
encore plus décisif pour le diagnostic (épilepsie, céphalées, myasthénie …).
 Au début de l'interrogatoire, laisser d'abord le patient rapporter ses plaintes librement
avec ses propres termes, puis dans un second temps essayer d'obtenir des précisions
sur les plaintes rapportées.
 Le mode d'installation des symptômes, et le profil évolutif de chaque symptôme
constituent un élément capital pour la suite (aggravation rapide, aggravation lentement
progressive, évolution par poussées suivies de rémissions, installation soudaine
d'emblée maximale puis amélioration...).

Etapes de l’examen neurologique

 Etude des fonctions supérieures


 Examen de la tête et du cou : explorer les paires des nerfs crâniens, rechercher les
signes méningés.
 Examen de la motricité
 Examen de la sensibilité
 Exploration de l’équilibre et de la coordination des mouvements
 Examen du système nerveux périphérique
 Examen du système nerveux autonome
 Examen de la colonne vertébrale

Avenues étiologiques

 Héréditaire
 Congénitale et malformative
 Infectieuse, inflammatoire, immunoallergique
 Tumorale
 Vasculaire
21

 Traumatique
 Dégénérative
 Métabolique et toxique
 Idiopathique et essentielle

Enoncé du diagnostic en neurologie

 Diagnostic syndromique
 Diagnostic topographique
 Diagnostic étiologique
 Diagnostic nosologique

6. Etude des fonctions supérieures


6.1. Etat de conscience ou de vigilance
6.1.1. Le coma : Perte des fonctions de relation (conscience, motilité, sensibilité) avec
conservation de la vie végétative.
Stades :
 Coma vigile : Etat d’obnubilation avec lenteur de réponse, difficulté
d’exécuter les ordres avec certain degré d’agitation.
 Coma léger : Perte de conscience, de la motilité et de la sensibilité avec
persistance de défense aux stimuli nociceptives.
 Coma profond ou carus : Perte de conscience, de la motilité, de la
sensibilité, du tonus musculaire avec abolition des réflexes ostéotendineux,
du réflexe cornéen. Il y a apparition des mouvements pendulaires des yeux,
la perte du deuxième temps de la déglutition, les troubles de la fréquence
des rythmes cardiaques et respiratoire ainsi que l’hyperthermie.

L’échelle du coma selon Glasgow (Glasgow coma scale)

 Échelle de référence
 Evalue les comportements spontanés et en réponse à des stimulations visuelles,
verbales et motrices.
 Décrit par Jennett et Teasdale en 1974
 Reproductible d'un examinateur à l'autre.
22

 Utilisée même par des examinateurs non médecins quelle que soit leurs
expériences, tels que les secouristes ou les infirmiers.
 Trois paramètres à tester [Ouverture des yeux (Y), Réponse verbale (V), Réponse
motrice (M)]. Seule la bonne réponse est côtée.
 Le score est côté de 3 à 15. Y (4), V (5), M (6)
 Score normal=15, obnubilation=>7-14, coma= ≤7-3
 Elle est parfois couplée à l’échelle de Liège qui évalue les réflexes du tronc
cérébral.

6.1.2. La confusion mentale : Désorientation temporo-spatiale, troubles de mémoire, du


jugement, du raisonnement ; perplexité anxieuse avec onirisme.
23

6.1.3. L’hypersomnie : Besoin incoercible de sommeil au cours de la journée après un


sommeil nocturne de durée et qualité appréciable. Exemple dans la
Trypanosomiase Humaine Africaine (THA).

6.2. Les fonctions symboliques


6.2.1. Les troubles praxiques

La praxie est un geste intentionnel, coordonné, permettant la réalisation d’une


activité motrice dont le but est défini. L’apraxie est un trouble acquis du comportement
gestuel intentionnel, consécutif à une déficience de la programmation de l’activité motrice
volontaire et qui n’est dû ni à une paralysie, ni à une incoordination motrice. Les centres
praxiques sont situés dans le lobe pariétal de l’hémisphère dominant, au niveau du pli courbe
et du gyrus supramarginal.

6.2.1.1. Apraxie idéo-motrice

Le trouble de l’activité gestuelle affecte la réalisation des gestes simples, le


malade étant incapable d’exécuter sur commande par exemple un salut militaire, se lasser les
chaussures, boutonner ou déboutonner la chemise. Parfois, le geste est ébauché mais avec
retard ou erreurs.
6.2.1.2. Apraxie idéatoire
Le trouble de l’activité gestuelle se manifeste dans l’exécution des actes
complexes et porte sur la succession coordonnée des différents gestes élémentaires qui les
constituent. Le malade fait correctement les gestes élémentaires, mais il est par exemple
incapable d’allumer une bougie.
6.2.1.3. Apraxie constructive
Il s’agit d’une difficulté d’exécution dans le domaine visuo-spatial, avec difficulté
à réunir des unités unidimensionnelles pour former des figures a 2 ou 3 dimensions.
6.2.1.4. Apraxies spécialisées
L’apraxie de l’habillage se caractérise par l’impossibilité pour le patient d’enfiler
ses vêtements, de les boutonner, de nouer une cravate, etc….
L’apraxie de la marche se manifeste par une incapacité à disposer correctement
les membres inferieurs pour marcher.
24

L’apraxie bucco-faciale : le sujet ne peut volontairement effectuer des


mouvements de la bouche et de la langue (gonfler les joues, grimacer, déglutir), alors qu’il
peut les faire spontanément.

Etiologies des troubles praxiques :


- les accidents vasculaires cérébraux
- les traumatismes crâniens
- les tumeurs cérébrales
- Les causes infectieuses
- Les atrophies cérébrales
- L’hydrocéphalie (apraxie de la marche)

6.2.2. Les troubles gnosiques

L’agnosie est un trouble de la reconnaissance des objets, qui n’est pas lié à un
déficit sensitif ou sensoriel, et qui survient en l’absence d’affaiblissement intellectuel
important. La reconnaissance des objets est un acte psychique complexe, réalisé au cours
d’une synthèse entre les impressions sensitivo-sensorielles, venus du monde extérieur, et les
souvenirs antérieurement acquis par l’individu. Les aires corticales associatives y jouent un
rôle déterminant.
6.2.2.1. Agnosies visuelles
 Agnosie des objets et des images ou cécité psychique : Le sujet ne
reconnait pas l’objet par la vue.
 Agnosie des couleurs : Le sujet ne peut indiquer la couleur de l’objet
qu’on lui montre et ne peut designer sur une image la couleur qu’on lui
nomme
 Agnosie des visages ou prosopagnosie : Il s’agit d’un trouble de
l’identification des visages connus, de son entourage ou de célébrités.
 Agnosie des symboles graphiques : Elle affecte la reconnaissance des
lettres ou des chiffres.

6.2.2.2. Agnosies auditives


25

 Agnosie des bruits ou surdité psychique : Le malade, malgré une acuité


auditive suffisante, ne peut identifier les bruits (roulement d’une
voiture, bruits de clefs…). Elle est due à une atteinte temporale
bilatérale.
 Agnosie musicale ou amusie : Elle traduit le déficit de la perception
musicale et peut affecter les sons, les rythmes ou la mélodie. Elle serait
surtout le fait des lésions de l’hémisphère mineur, mais l’hémisphère
dominant a un rôle prédominant chez les professionnels pour la
reconnaissance des mélodies.
 Agnosie des mots ou surdité verbale pure : Elle se caractérise par
l’incompréhension du langage parlé.
6.2.2.3. Agnosies tactiles ou astéréognosies
Il s’agit d’un trouble de la reconnaissance des objets par le toucher.
6.2.2.4. Agnosies spatiales
L’agnosie spatiale unilatérale se manifeste par une négligence des objets ou des
personnes se trouvant dans l’espace gauche chez le droitier.
6.2.2.5. Asomatognosie
Il s’agit généralement d’une hémiasomatognosie, allant de la méconnaissance
totale à la simple négligence de l’hémicorps.
Etiologies des troubles gnosiques :
- les AVC
- les traumatismes crâniens
- les tumeurs cérébrales
- les infections
- les atrophies cérébrales, comme la maladie d’Alzheimer

6.2.3. Les troubles aphasiques

L’aphasie est un trouble de l’expression et de la compréhension du langage. Elle


survient en dehors d’un état démentiel, d’une atteinte sensorielle ou d’un dysfonctionnement
de la musculature pharyngolaryngée. Il faut distinguer l’aphasie de la dysarthrie, dont il existe
3 types : paralytique, cérébelleuse et extrapyramidale.
L’élaboration du langage se fait au niveau du cortex cérébral dans des zones
spécifiques de l’hémisphère gauche, qui se situent autour de la scissure de Sylvius.
26

La zone du langage comprend deux portions reliées entre elles par le faisceau arqué :
- une partie antérieure ou frontale (région de Broca), constituée par le pied de la 3 ème
circonvolution frontale et qui représente le pôle expressif ou moteur du langage
- une partie postérieure ou temporo-pariétale (région de Wernicke), comprenant les deux
premières circonvolutions temporales, ainsi que le gyrus supra-marginalis et le pli courbe et
qui représente le pôle réceptif ou sensoriel du langage.

6.2.3.1. Aphasies consécutives à un trouble de l’expression du langage (aphasies


motrices)
 Aphasie de Broca

Il s’agit d’une aphasie non fluente, dominée par une grande réduction du langage.
L’atteinte du langage spontané est majeure avec une fluence verbale effondrée (manque du
mot important), le sujet restant muet ou émettant quelques sons mal articulés ou des
stéréotypies. Les troubles arthriques peuvent être importants ; l’expression écrite est réduite. Il
existe, de façon quasi-constante, une hémiplégie ou une hémiparésie droite a prédominance
brachio-faciale, avec troubles sensitifs de même topographie si la lésion est étendue. Les
lésions siègent au niveau de l’hémisphère dominant, sur le pied de F3 (Frontal ascendante).
 Aphasie globale
Elle comprend à la fois des troubles majeurs de l’articulation verbale, une
agraphie et des troubles sévères de la compréhension orale et écrite. Une hémiplégie
sensitivo-motrice avec hémianopsie latérale homonyme droites est associée. Les lésions
intéressent les zones de Broca et de Wernicke à gauche.
6.2.3.2. Aphasies consécutives à un trouble de la compréhension du langage
 Aphasie de Wernicke
Elle est une aphasie sans trouble de l’articulation verbale. Il s’agit d’une aphasie
fluente : le langage spontané est rapide, abondant, sans diminution de la fluence verbale, avec
parfois logorrhée. Le sujet s’exprime, mais ce qu’il dit n’a aucune signification, le discours est
incohérent. Il existe de nombreuses paraphasies phonémiques et sémantiques, et des
néologismes, aboutissant parfois à une jargonaphasie. La compréhension orale est très
perturbée, rendant la communication impossible. Il existe souvent une hémianopsie latérale
homonyme droite. Il n’y a généralement pas d’hémiplégie. Les lésions intéressent l’aire de
Wernicke.
27

Etiologies des aphasies :


- Accidents vasculaires cérébraux ischémiques ou hémorragiques
- Traumatismes
- Tumeurs cérébrales
- Causes infectieuses, en particulier les abcès du cerveau
- Causes dégénératives (maladie d’Alzheimer, maladie de Pick, atrophies corticales focales)

6.3. Etude des fonctions cognitives ou intellectuelles globales : MAJOREE


6.3.1. Les troubles de la mémoire

La mémoire est la faculté qui permet l’acquisition d’informations, leur


conservation et leur utilisation ultérieure sous forme de souvenirs (reconnaissance, évocation).
Sur le plan anatomique, plusieurs zones participent à la mémoire :
 La formation hippocampique, située dans le plancher de la corne
temporale du ventricule latéral, au niveau de la 5ème circonvolution
temporale.
 Le circuit de Papez, hippocampo-mammillo-thalamo-cingulo-
tahlamique.
 Les aires corticales
Sur le plan biochimique, l’acétylcholine intervient dans l’acquisition des
souvenirs, le glutamate intervient dans la consolidation des souvenirs au cours de la mémoire
à long terme.
L’activité mnésique comporte :
 La mémoire à court terme ou mémoire immédiate, qui permet de garder
une information pendant un temps très court (moins de 1 à 2 minutes).
L’information restituée est constituée de 6 à 7 éléments (empan
mnésique).
 La mémoire à long terme concerne le rappel des souvenirs au-delà de 2
à 3 minutes après leur acquisition
Troubles observés :
 Amnésies
L’amnésie antérograde concerne les événements qui se sont produits après le
début du processus pathologique, rendant impossible tout nouvel apprentissage. Le sujet
28

présente un oubli à mesure, il est incapable d’évoquer les faits qui se sont passés dans les
jours précédents, la même journée voire les minutes précédentes.
L’amnésie rétrograde touche les événements qui précèdent l’épisode pathologique
de quelques jours à plusieurs mois. Elle s’associe généralement à une amnésie antérograde.
L’amnésie lacunaire constitue un trou de mémoire qui peut persister après une
amnésie antérograde ou rétrograde.
 Paramnésies
Ce sont des productions imaginaires pouvant concerner des personnes, des objets
ou des situations avec impressions de déjà vu ou déjà vécu. On les appelle aussi fausses
reconnaissances.
 Ecmnésies
Les souvenirs anciens viennent faire irruption dans le présent.
 Fabulations (confabulations)
Ce sont des productions purement imaginaires, souvent pauvres et proches de la
réalité quotidienne, parfois caractérisées par le développement de thèmes fantastiques ou de
grandeur.
 Hypermnésies
La « libération mnésique » est une réactualisation d’événements antérieurement
vécus, réalisant parfois une « vision panoramique de l’existence ».
Exploration de la mémoire
L’interrogatoire permet de préciser l’histoire personnelle du patient (souvenirs
autobiographiques), l’histoire de la maladie, les événements historiques anciens et les
événements actuels (nom des dirigeants politiques, d’artistes, événements nationaux et
internationaux).
On étudie la mémoire à court terme en demandant au sujet de répéter des chiffres
(empan numérique) ou des mots (empan verbal).
L’exploration de la mémoire à long terme va faire appel à l’apprentissage de listes
de mots, d’histoires, que l’on demandera au sujet de restituer, ou à la restitution et
reconnaissance de dessins et de figures. On utilisera pour cela des tests neuropsychologiques.
29

MINI MENTAL STATE EXAMINATION (M.M.S.E)


Date :………………………………………. Nom du Patient :
Evalué(e) par : …………………………….
……………………………………………………………………………….
Age : …………….Sexe :
Niveau socio-culturel
Dg : ………………………..
……………………………………………………………………..
30

Formes cliniques et topographiques


 Amnésies korsakoviennes (= axiales ou diencéphaliques)
L’amnésie antérograde est sévère et s’associe à des fabulations et fausses
reconnaissances, avec une lacune rétrograde concernant plusieurs mois, voire années et une
anosognosie. Elles sont la conséquence de lésions bilatérales du circuit de Papez.
 Amnésies hippocampiques
L’amnésie antérograde est massive mais les souvenirs anciens sont relativement
préservés. Il n’y a ni fabulations, ni fausses reconnaissances.
 Amnésies sélectives
Elles sont la conséquence de lésions corticales focales et leur sémiologie est
fonction de la localisation lésionnelle, comme par exemple un déficit de la mémoire verbale
dans les lésions temporales gauches.
Etiologies
- les démences, en particulier dégénératives de type Alzheimer (amnésie hippocampique)
- les tumeurs cérébrales
- les infarctus cérébraux et les traumatismes crâniens
- l’encéphalite herpétique
- les encéphalopathies carentielles, en particulier due à l’intoxication alcoolique chronique,
cause la plus fréquente du syndrome de Korsakoff en Occident.

6.3.2. Les troubles de l’orientation


 Désorientation temporelle
 Désorientation spatiale
 Désorientation temporo-spatiale
 Désorientation allopsychique : difficulté à identifier les autres
 Désorientation autopsychique : difficulté à s’identifier (nom, âge, adresse)
6.3.3. Les autres (Attention, Jugement, raisonnement, efficacité, efficience) : cfr
psychiatrie

7. Recherche des signes méningés (Raideur méningée)


Secondaire à une contracture des muscles paravertébraux en rapport avec la
douleur provoquée par une irritation des méninges. Peut conduire à une attitude particulière
31

du patient « en chien de fusil » : couché sur le côté, dos tourné à la lumière, tête en
hyperextension vers l’arrière, membres semi-fléchis.

7.1. Raideur de nuque


La flexion de la tête par l’examinateur entraîne une résistance invincible et
douloureuse de la nuque. Les manœuvres de rotation et de latéralité de la tête sont conservées
mais augmentent la céphalée.
7.2. Signe de Brudzinski
La flexion involontaire des membres inférieurs (cuisses sur le bassin et jambes sur
les cuisses) à la flexion forcée antérieure de la nuque.
7.3. Signe de Kernig
Impossibilité de s’asseoir sans fléchir les genoux et résistance douloureuse à
l’extension complète du membre inférieur lorsque la cuisse est fléchie.

8. Examen des paires des nerfs crâniens


Il existe 12 paires de nerfs crâniens qui n’ont pas tous la même signification.
 Le nerf olfactif (I)
 Le nerf optique (II)
I et II sont des prolongements télencéphaliques.
Les 10 autres nerfs crâniens :
 L’oculomoteur (III)
 Le pathétique (IV)
 Le trijumeau (V)
 Le nerf abducens (VI)
 Le nerf facial (VII)
 Le nerf vestibulo-cochléaire (VIII)
 Le nerf glosso-pharyngien (IX)
 Le nerf pneumogastrique(X)
 Le nerf spinal (XI)
 Le nerf grand hypoglosse (XII)
Ce sont des nerfs périphériques dont l’émergence apparente du système nerveux central se
situe au niveau du tronc cérébral.
On distingue trois types de nerfs crâniens : sensoriels, moteurs et mixtes.
 Les nerfs sensoriels : olfactif, optique, auditif.
32

 Les nerfs moteurs : oculomoteur, pathétique, abducens, spinal et grand hypoglosse.


 Les nerfs mixtes : trijumeau, facial, glossopharyngien et pneumogastrique.

LE NERF OLFACTIF
 L’appareil récepteur est situé dans la muqueuse pituitaire (tache olfactive).
 Les fibres nerveuses partent de la muqueuse pituitaire et gagnent le bulbe olfactif
 Le bulbe olfactif pair et symétrique, est une expansion de l’hémisphère cérébral. Il
constitue l’extrémité antérieure renflée du pédicule olfactif, et constitue le premier
relais synaptique des cellules sensorielles.
 Les bandelettes olfactives : interne, externe et intermédiaire.
 Les terminaisons corticales sont complexes.
 L’exploration qualitative : plus simple, peut être faite au lit du malade, mais reste
imprécise. Elle consiste à faire sentir au sujet, dont les yeux sont fermés, des
substances odorantes connues (café, orange, savon …), en lui demandant de les
reconnaître. On examine successivement chaque narine.
 L’exploration quantitative : = olfactométrie, apporte des renseignements plus précis.
33

Atteintes de l’olfaction
 Diminution de l’odorat : hyposmie, peut aller jusqu’à une perte totale de l’odorat
=anosmie. La perte de l’olfaction est souvent ressentie comme une perte du goût, qui
peut donc constituer le motif de consultation.
 Exagération de la perception olfactive est plus rare : hyperosmie.
 Hallucinations olfactives : surviennent isolément ou à titre d’aura précédant une crise
généralisée. Ce sont des perceptions olfactives sans objet, habituellement
désagréables. Elles traduisent une décharge du cortex frontal postérieur à sa face
orbitaire.
 Perversion de l’odorat=parosmie : il s’agit d’une perception qui ne correspond pas à
la stimulation. Le sujet confond les odeurs, percevant par exemple une odeur fétide
alors qu’on lui présente un parfum.
ETIOLOGIES :
 Affections des voies aériennes supérieures : coryza aigu, rhinites allergiques.
 Traumatismes notamment une fracture de la base du crâne intéressant la lame criblée
de l’ethmoïde, ou parfois un traumatisme plus à distance responsable d’un
arrachement du nerf olfactif.
 Compression des voies olfactives par les lésions osseuses, ou tumorales notamment
une tumeur du lobe frontal, la plus fréquente de ces tumeurs est le méningiome
olfactif, ou des tumeurs du sphénoïde ou de la région hypophysaire.
 Certaines affections : les méningites (purulentes, tuberculeuses, carcinomateuses), les
toxiques (alcool, morphine, plomb), diabète, carences en vitamine B12
 Anosmies congénitales : traduisent en général une agénésie des lobes olfactifs.
 Affections psychiatriques : les hallucinations olfactives constituent une manifestation
fréquente de la psychose hallucinatoire chronique.

LES VOIES OPTIQUES


Les voies optiques assurent la transmission des influx visuels de la rétine
jusqu’aux centres de perception du lobe occipital.
L’examen des voies visuelles passe par l’étude de l’acuité visuelle et du champ
visuel
34

1- Acuité visuelle
Elle peut être appréciée au lit du malade, ou de façon plus précise par des échelles
visuelles placées à 5 m.
 Amblyopie : diminution de l’acuité visuelle pouvant aller au maximum à une
amaurose (cécité).
 Dyschromatopsie : baisse de l’acuité visuelle affectant la vision des couleurs.
2- Etude du champ visuel
Elle sera pratiquée séparément pour chaque œil, en demandant au patient de fixer
un point donné. Elle peut être faite au lit du malade. L’étude campimétrique permet une
analyse plus précise du champ visuel, en utilisant différents appareils dont celui de Goldmann.
 L’amaurose monoculaire avec abolition du réflexe photomoteur traduit une lésion
homolatérale du nerf optique.
 Les scotomes sont des lacunes du champ visuel.
 Les hémianopsies sont des pertes de la vision dans une moitié du champ visuel.
 Cécité corticale : en cas d’atteinte bilatérale du cortex occipital, la perte de la vision
est totale, cependant les réflexes pupillaires sont conservés et le fond d’oeil est normal.
3- Examen du fond d’œil
Il permet l’étude de la papille, et permet de montrer des anomalies liées à une
atteinte du nerf optique telles qu’un œdème papillaire ou une atrophie optique

ETIOLOGIES
- Atteinte du nerf optique : affections inflammatoires (sclérose en plaques), causes toxiques
et carentielles (alcool, tabac, déficit en vit B12…), causes métaboliques (diabète), affections
35

vasculaires (athérome, Horton), tumeurs (gliome du nerf optique), syndrome d’hypertension


intracrânienne.
- Atteinte du chiasma optique : adénomes hypophysaires et tumeurs suprasellaires
(craniopharyngiome, méningiome, gliome du chiasma)
- Atteinte des bandelettes optiques : tumeurs, thrombose de la choroïdienne antérieure ou
anévrysme de la carotide interne
- Atteinte des radiations optiques : s’intègre en fait dans les lésions du lobe pariétal et
temporal notamment les infarctus cérébraux et les tumeurs
- Atteinte du cortex occipital : infarctus, hémorragies, traumatismes et tumeurs.

LES NERFS OCULOMOTEURS


Les mouvements oculaires sont possibles grâce à l’action de six muscles, innervés
par trois nerfs :
 Les muscles droit interne, droit supérieur, droit inférieur, petit oblique et le releveur de
la paupière supérieure qui sont innervés par le III, qui assure également l’innervation
parasympathique de la musculature intrinsèque (constricteur de l’iris).
 Le muscle grand oblique, innervé par le IV.
 Le muscle droit externe innervé par le VI
Paralysie du III
 Diplopie verticale : qui peut être corrigée spontanément quand le ptosis est total. Elle
se traduit par un décalage vertical des deux images qui s’accentue lors des
mouvements de la verticalité.
 Strabisme divergent : l’œil est dévié en dehors et parfois bloqué en abduction en
raison de l’action prévalente du muscle droit externe.
 Paralysie des tous les muscles oculomoteurs sauf le droit externe et le grand oblique,
avec impossibilité des mouvements de verticalité, et du regard en dedans.
 Ptosis= chute de la paupière supérieure.
 Paralysie de la motilité oculaire intrinsèque : mydriase paralytique avec abolition du
réflexe photomoteur.
Paralysie du IV
 Diplopie verticale qui s’accentue lorsque le sujet regarde vers le bas et vers le côté
sain.
 Attitude vicieuse de la tête qui lutte contre la diplopie, la tête est fléchie vers l’épaule
saine.
36

Paralysie du VI
 Strabisme convergent : avec adduction de l’œil atteint en raison de l’action prévalente
du droit interne.
 Diplopie horizontale : qui s’accentue lorsque le sujet regarde du côté atteint. Une
attitude vicieuse est fréquente, le sujet tourne la tête du côté sain pour soulager le droit
externe paralysé.
 Déficience de l’abduction oculaire homolatérale.

Paralysie complète du III droit


Ptosis, mydriase et strabisme divergent de l’oeil droit
Paralysie de la rotation interne et de l’abaissement de l’oeil droit
37

LE NERF TRIJUMEAU

C’est un nerf mixte dont le rôle essentiel est d’assurer la sensibilité de la face
et la mastication.

Signes sensitifs

1. Névralgie essentielle du trijumeau


 Douleur aiguë en éclair ou en décharge électrique, qui se localise en un point précis de
l’hémiface, et irradie suivant le territoire d’une ou deux branches du trijumeau.
 Douleur favorisée souvent par le simple effleurement ou le contact d’un point ou
d’une zone précise appelée « zone gâchette ». Elle peut être aussi déclenchée par la
parole et la mastication.
 Douleur évolue classiquement par accès, qui vont se répéter plusieurs fois par jours,
parfois par salves.
 Pendant la phase réfractaire, souvent de courte durée, l’examen de la sensibilité faciale
est normal.
2. Névralgie symptomatique : les douleurs sont plus continues et plus sourdes, parfois
associées à une sensation de causalgie avec impression continue de chaleur ou de
brûlures. Il existe une zone d’hypo-anesthésie faciale, avec une anesthésie de la cornée
et perte du réflexe cornéen.
3. Troubles sensitifs objectifs : Anesthésie (ou hypoesthésie), anesthésie des 2/3
antérieurs de l’hémi langue (à l’exclusion de la sensibilité gustative), anesthésie
cornéenne.
38

Signes moteurs
 Atteintes unilatérales. La mastication est possible, mais sans contraction des muscles
temporaux et massétérins du côté atteint. A l’ouverture maximum de la bouche on
observe une déviation du menton vers le côté paralysé.
 Paralysies bilatérales, la mastication est impossible. L’amyotrophie de la région
temporale et massétérine est bilatérale.

LE NERF FACIAL
Le nerf facial est un nerf mixte, essentiellement moteur, mais possédant aussi des
fonctions sensitivo-sensorielle et sécrétoire.
Paralysie faciale périphérique :
Elle réalise une paralysie totale, intéressant le facial supérieur et inférieur.
Signes moteurs
 Au repos : le visage est asymétrique, et les traits sont déviés du côté sain. Du côté
atteint, le visage est atone et la joue est flasque. La commissure labiale est abaissée, le
sillon nasogénien et les rides du front sont effacées, et la fente palpébrale est élargie.
 Lors de la mimique : l’asymétrie et les déviations s’accentuent. La déviation de la
bouche vers le côté sain est plus nette. L’occlusion des paupières ne peut pas être faite
du côté atteint, et on voit l’œil se porter en haut et en dehors : c’est le signe de «
Charles Bell ». Le malade ne peut pas gonfler les joues, ni souffler, ni siffler
correctement et sa parole est perturbée. La mastication et la déglutition sont gênées.
Troubles sensitifs : L’hypoesthésie dans la zone de Ramsay-Hunt.
Troubles sensoriels : hyperacousie douloureuse, agueusie des 2/3 antérieurs de la langue.
Troubles sécrétoires : Les secrétions lacrymales et salivaires sont diminuées du côté atteint.
Complications :
 Les syncinésies = contraction involontaire d’un groupe musculaire à l’occasion d’une
contraction volontaire ou réflexe d’un autre groupe musculaire.
 Le syndrome des larmes de crocodile qui se manifeste par un larmoiement unilatéral
abondant, survenant de façon paroxystique au cours de la mastication.
 Les spasmes post-paralytiques se manifestent par des contractions involontaires
intermittentes des muscles faciaux.
39

Paralysie faciale centrale :


 Elle prédomine sur le facial inférieur. L’occlusion palpébrale est en effet possible,
mais incomplète réalisant le signe « des cils de Souques ».
 La paralysie du facial inférieur est dissociée, elle concerne la motilité volontaire alors
que les motilités automatique et réflexe sont conservées.

LE NERF COCHLEOVESTIBULAIRE
Le nerf cochléaire est le nerf de l’audition. Le nerf vestibulaire est impliqué dans
le contrôle de l’équilibre.
L’acuité auditive est étudiée par la voix chuchotée, le frottement du pouce contre
l’index, et les vibrations émises par un diapason (épreuve de Weber et épreuve de Rinné).
L’atteinte cochléaire se manifeste par une surdité ou une hypoacousie.
L’atteinte du vestibulaire se manifeste par des vertiges rotatoires associés à des
nausées et vomissements, les troubles de la marche, le signe de Romberg labyrinthique
(latéropulsion), le nystagmus et les syndromes vestibulaires.
40

Syndrome vestibulaire périphérique : complet et harmonieux


- Complet car l’ensemble des perturbations qui traduisent une atteinte
vestibulaire sont présentes : des vertiges rotatoires intenses, un nystagmus
horizontal, des troubles de la statique et de la marche et une déviation des
index.
- Harmonieux car tous les déplacements se font dans une même direction et
habituellement vers le labyrinthe lésé (secousse lente du nystagmus, déviation
lors de la marche et la déviation des index)
Il s’y associe fréquemment une atteinte cochléaire avec des acouphènes et une baisse de
l’audition.
Syndrome vestibulaire central :
- Incomplet : il ne comporte pas l’ensemble des perturbations traduisant
l’atteinte vestibulaire (les vertiges sont flous : sensations vertigineuses).
- Dysharmonieux car les différentes secousses lentes du nystagmus ne se font
pas dans la même direction, et l’ataxie est multidirectionnelle.
Les troubles auditifs sont absents, en revanche, des signes témoignant d’une atteinte des
autres structures du tronc cérébral sont fréquents : atteinte des noyaux des nerfs crâniens,
signes cérébelleux et pyramidaux.

LE NERF GLOSSO-PHARYNGIEN
Triple fonction :
- motrice : innerve le muscle stylo-pharyngien, les muscles des piliers antérieur et postérieur
du voile, et le constricteur supérieur du pharynx (phase essentielle de la déglutition).
- sensitive : sensibilité générale du 1/3 postérieur de la langue et du pharynx.
- sensorielle : sensibilité gustative du 1/3 postérieur de la langue.
- végétative : innerve la parotide (nerf de Jacobson), d’où son rôle dans la sécrétion salivaire.
Signes moteurs
 Dysphagie non douloureuse aux solides.
 Troubles de déglutition sont fréquents, responsables de quinte et reflux des liquides
par le nez (si atteinte bilatérale).
 Disparition du timbre de la voix.
A l’examen :
* le voile du palais est abaissé du côté de la paralysie en raison de l’atteinte des deux piliers.
41

* Le signe du rideau dû à la paralysie du constricteur supérieur du pharynx. Quand on


demande au malade de prononcer les lettres a ou é, la paroi postérieure du pharynx se déplace
en masse vers le côté sain comme un rideau qui se ferme.
* le réflexe nauséeux est aboli du côté paralysé.
Signes sensitivo-sensoriels
 Névralgie nerf glosso-pharyngien (rare) : crises douloureuses provoquées
essentiellement par les mouvements de déglutition, sous la forme d’un éclair, siégeant
au niveau de la base de la langue et l’angle de la mâchoire irradiant volontiers vers
l’amygdale et le fond du conduit auditif.
 Hypoesthésie ou une anesthésie unilatérale du 1/3 postérieure de la langue, des faces
latérales et postérieures du pharynx.
 Agueusie unilatérale du 1/3 postérieur de la langue est rarement rapportée par les
patients.

LE NERF PNEUMOGASTRIQUE
Ses fonctions sont complexes.
Signes moteurs :
 Paralysie vélo-palatine
Atteintes unilatérales : troubles modérés de la déglutition, les liquides ayant tendance à refluer
par le nez, la voix est nasonnée.
A l’examen, les signes sont nets : la luette est attirée du côté sain, l’hémi-voile paralysé est
surélevé vers le côté sain. Le réflexe vélo-palatin est aboli du côté paralysé.
Atteintes bilatérales : l’atteinte est sévère, les liquides refluent par le nez. La voie est sourde,
nasonnée, la malade a des difficultés à prononcer les lettres labiales.
 Paralysie laryngée : dysphonie avec voix bitonale quand l’atteinte est unilatérale,
aphonie quand l’atteinte est bilatérale. L’examen laryngoscopique va mettre en
évidence la paralysie d’une ou des deux cordes vocales.
Signes sensitifs :
 Hypo ou une anesthésie du voile du palais, d’une partie la plus basse du pharynx et du
larynx.
Signes végétatifs : Accélération du pouls avec instabilité lors des changements de position,
gêne respiratoire, diarrhée et dilatation oeso-gastro-intestinale.

LE NERF SPINAL
42

Atteinte du nerf spinal externe


Se traduit par une paralysie du SCM et du trapèze.
Atteinte de la branche interne
La sémiologie est identique à l’atteinte du pneumogastrique dans son contingent vago-spinal
avec atteinte vélopalatine et laryngée.

LE NERF GRAND HYPOGLOSSE


Il est responsable de l’innervation motrice de la langue.
 Paralysie unilatérale : n’entraîne pas de gêne importante mais on note une
hémilangue homolatérale paralysée qui se traduit par une déviation dont le sens varie
selon que la langue est au repos ou projetée en avant.
- au repos : la langue repose sur le plancher de la bouche et la déviation se fait vers le côté
sain.
- à la protraction : on observe une déviation de la langue vers le côté paralysé.
La langue est asymétrique en raison d’une atrophie de l’hémilangue paralysée avec
rapidement un aspect ridé et flétri, plus mince, siège de nombreuses fasciculations.
 Paralysie bilatérale : provoque une gêne très importante avec motilité abolie. La
mastication et déglutition sont gravement perturbées, et la phonation est très gênée.

Paralysie de l’hémilangue gauche Paralysie bilatérale de la langue


Déviation de la langue du côté Amyotrophie des deux bords de la
paralysé à la protraction langue
Amyotrophie de l’hémilangue

9. Examen de la motricité
43

9.1. Marche
1- Marche normale.
2- Marche dandinante : déficit proximal, racines des membres et ceintures pelvienne.
3- Marche spastique : pyramidale caractérisée par le fauchage.
4- Marche avec steppage : déficit de la sciatique poplitée externe.
5- Marche talonnante : atteinte de la sensibilité profonde.
6- Marche ébrieuse : syndrome cérébelleux, élargissement polygone de sustentation.
7- Marche en zig-zag : syndrome vestibulaire, déviation de la ligne droite.
8- Marche parkinsonienne : à petits pas.
Marche stable, possible sur une ligne droite, les pas sont de taille
égale, le demi-tour ne provoque pas d'instabilité

9.2. Trophicité musculaire

La trophicité musculaire est appréciée par l'inspection et les mensurations


comparatives.

 Atrophie musculaire : ou amyotrophie dont il faut préciser la topographie. Elle


caractérise les affections du système nerveux périphériques ou musculaires.
 Hypertrophie musculaire : qui peut être diffuse ou localisée, comme par exemple
l’hypertrophie des mollets qui se voit dans certaines myopathies de l’enfant.
 Contractions musculaires spontanées : les fasciculations sont des trémulations qui
correspondent à des contractions de faisceaux musculaires visibles sous la peau. Elles
se voient dans les atteintes du système nerveux périphérique en particulier radiculaires
ou de la corne antérieure.
La palpation des muscles apprécie leur consistance : ferme, flasque ou rigide

9.3. Force musculaire globale


44

 Membre supérieur : Barré.

Le patient doit garder les bras tendus pendant quelques secondes et l'examinateur
observe une éventuelle chute progressive du membre supérieur ou un éventuel
creusement d'une main, signes qui témoigneraient d'un déficit moteur.

Chute progressive du côté droit témoignant d'un déficit moteur du membre supérieur
droit.

 Membre inférieur : Barré, Mingazzini

Manœuvre de Mingazzini explorant la force des muscles fléchisseurs de cuisse. Le patient


doit garder les cuisses fléchies à 90° sur le bassin pendant quelques secondes.
45

Manœuvre de Barré explorant la force des muscles fléchisseurs de cuisse.

Manœuvre de Barré montrant une chute du membre inférieur droit (déficit des muscles
fléchisseurs de cuisse).

9.4. Force musculaire segmentaire


Evaluée selon l’échelle suivante cotée de 0 à 5 :
 0 = Absence de contraction volontaire
 1 = Contraction faible (visible ou palpable) sans déplacement perceptible
 2 = Déplacement possible si l’action de la pesanteur est éliminée
 3 = Déplacement possible contre la pesanteur du segment mobilisé
 4 = Possibilité de vaincre une résistance supérieure à la pesanteur mais la force
réalisée reste déficitaire
 5 = force musculaire normale.
46

On demande au sujet de faire une extension de son genou en maintenant le membre inférieur
tendu et l'examinateur essaye de contrarier cette force en essayant de fléchir le genou,
normalement l'examinateur ne peut pas fléchir le genou (force normale).

On demande au sujet de faire une flexion de son genou et l'examinateur essaye de contrarier
cette force en essayant de tendre le genou, normalement l'examinateur ne peut pas tendre le
genou (force normale).

On demande au sujet de faire une flexion de sa hanche et l'examinateur essaye de contrarier


cette force en essayant de tendre la hanche, normalement l'examinateur ne peut pas (force
normale).
47

On demande au sujet de faire une dorsiflexion du pied et l'examinateur essaye de contrarier


cette force, normalement l'examinateur ne peut pas vaincre cette force (force normale).

On demande au sujet de faire une extension plantaire et l'examinateur essaye de contrarier


cette force, normalement l'examinateur ne peut pas vaincre cette force (force normale).

Ici l’examinateur teste l’abduction de la cuisse.


48

Ici l’examinateur teste l’adduction de la cuisse.

Ici l’examinateur teste la force de la pince pouce index.

Ici l’examinateur teste l’extension du poignet.


49

Ici l’examinateur teste la flexion du poignet.

Ici l’examinateur teste la flexion du coude.

Ici l’examinateur teste l'extension du coude.


50

Ici l’examinateur teste l'abduction du bras.


9.5. Tonus musculaire
 Le balancement des bras lors de la marche et l'attitude lors de la station debout sont
influencés par le tonus.
 Au repos le tonus est apprécié en mobilisant passivement les membres et en appréciant
la résistance à des mobilisations d'amplitudes variés et de rapidité variée.
 L'examen doit être comparatif (entre la droite et la gauche, entre le proximal et distal,
entre fléchisseurs et extenseurs).

Hypotonie
 Elle se manifeste par une absence de toute résistance à la mobilisation passive du
muscle : le muscle est flasque, son extensibilité est accentuée.
 L’hypotonie peut se voir dans les situations suivantes
- Atteinte du système nerveux périphérique : tronculaire ou radiculaire
- Atteinte médullaire : du 2ème motoneurone de la corne antérieure, en cas de lésion
brutale ou aiguë (d’origine traumatique par exemple) à la phase de choc spinal.
- Atteinte cérébelleuse
- Atteinte cérébrale : en cas de lésion brutale ou aiguë de la voie pyramidale (d’origine
vasculaire par exemple).
- Certaines atteintes extrapyramidales comme la chorée.

Hypertonie
 Elle se manifeste par une augmentation de la résistance du muscle à son allongement
passif.
 On distingue 2 types d’hypertonies :
51

- Hypertonie spastique ou hypertonie pyramidale : prédomine sur les muscles


fléchisseurs aux membres supérieurs et extenseurs aux membres inférieurs. Elle
n’apparaît que sous un certain angle d’étirement, elle augmente au fur et à mesure que
l’on fléchit ou que l’on étend le membre ; ce dernier reprend sa position de départ dès
que l’examinateur cesse le mouvement passif et libère le membre. Parfois la résistance
augmente au début du mouvement passif puis, à un certain angle, elle cède
brusquement réalisant le phénomène de la « lame de canif ».
- Hypertonie extrapyramidale ou rigidité : Elle se manifeste par une résistance
continue et homogène à l’allongement du muscle, lorsqu’on imprime des mouvements
passifs à un membre : c’est la rigidité en « tuyau de plomb » (hypertonie plastique).
Elle est au mieux perçus au niveau des poignets et des coudes et cède souvent par à-
coups réalisant le phénomène de la « roue dentée ». Elle s’accentue au cours du
mouvement du membre controlatéral : c’est le signe de Froment.

9.6. Réflexes ostéotendineux


 Membre supérieur :
- Réflexe bicipital (C5)
- Réflexe stylo- radial (C6)
- Réflexe tricipital (C7)
- Réflexe cubito-pronateur (C8)

Etude du réflexe bicipital droit


52

Etude du réflexe tricipital gauche

Etude du réflexe stylo-radial droit

Etude du réflexe cubito-pronateur droit

 Membre inférieur :
o Réflexe rotulien (racine L3-L4).
o Réflexes Achilléen (racine S1).
53

Etude du réflexe rotulien droit

9.7. Réflexes cutanés

Les réflexes cutanéo-muqueux :

 R. cutanéo-abdominaux :
o Supérieur (D6-D8)
o Moyen (D8-D10)
o Inférieur (D10-D12)
 R. crémastérien : son niveau segmentaire est L1 – L2
 R. massétérin : son niveau segmentaire est la protubérance
 R. muqueux :
o R. cornéen : voie afférente trijumeau (V), voie efférente est le facial (VII)
o R. du voile du palais et le réflexe nauséeux : les voies nerveuses empruntés
sont la IXème et la Xème paires crâniennes
o R. photomoteur : voie afférente est le nerf optique, voie efférente est le nerf III

Le réflexe cutané plantaire :

On stimule la peau en contournant progressivement le bord externe du talon puis le bord


externe du pied pour finir à la base des orteils.

- Normalement on obtient la flexion des orteils

- Dans les atteintes neurogènes périphériques aucune réponse n'est obtenue


54

- Au cours du syndrome pyramidal : extension lente et majestueuse du gros orteil (signe de


Babinski) associé le plus souvent à l’abduction des orteils (en éventail).

- Au membre supérieur on a tenté à attribuer une valeur analogue au signe de Hoffmann.


Seule sa présence unilatérale mérite d'être retenue.

9.8. Réflexes archaïques


 Grasping reflexe
 Réflexe de succion
 Réflexe d’aimantation
 Chéiromentonier
9.9. Mouvements anormaux
 Tics
 Fasciculations
 Trémulations
 Mouvements choréiques
 Mouvements athétosiques
 Convulsions

10. Examen de la sensibilité

Les troubles subjectifs de la sensibilité sont ressentis et rapportés par le patient à


l’interrogatoire (fourmillement, paresthésie, douleurs, engourdissement …), alors que les
anomalies objectives sont observées et retrouvées au cours de l'examen clinique. Ces troubles
sensitifs objectifs comportent également une certaine subjectivité, car c’est le patient qui
répond, qui décrit et qui évalue ses différentes sensations au moment de l’examen.

Sensibilité cutanée

 Sensibilité tactile : le tact s'explore à l'aide d'un coton effleurant la peau. Le sujet doit
dire s’il sent la stimulation ou pas et si elle est différente entre le côté droit et le côté
gauche, ou entre la région proximale ou la région distale d’un membre etc.
 Sensibilité thermique : elle est explorée à l'aide des tubes chauds et froids.
55

 Sensibilité douloureuse : elle est étudiée à l'aide d'une piqûre d'épingle. Le sujet doit
dire s’il sent la stimulation ou pas et si elle est différente entre le côté droit et le côté
gauche, ou entre la région proximale ou la région distale d’un membre etc.…

Sensibilité proprioceptive

 Sensibilité positionnelle segmentaire, en demandant au malade de voir et d’indiquer le


sens du déplacement passif que l’on fait subir à son gros orteil ou à son index pour
bien voir que le patient a compris ce que l’on attend de lui, puis on fera la même chose
les yeux fermés ; si le patient fait quelques erreurs, c’est qu’il a des troubles de la
sensibilité proprioceptive.
 La pallesthésie ou sensibilité vibratoire est l'étude de la perception des vibrations du
diapason appliqué sur des surfaces osseuses. Bien sûr, il faudra toujours être
comparatif (droite/gauche, MS/MI, distal/proximal)
 L'ataxie proprioceptive se recherche en demandant au sujet de se tenir debout, de
marcher avant et pendant l'occlusion des yeux qui aggrave toujours les troubles
proprioceptifs ; il en est de même des gestes plus finalisés (mettre l'index sur le nez, le
talon sur le genou).
 La stéréognosie se recherche en demandant au malade d’identifier par la palpation et
sans l’aide de la vue les objets que l’on a déposés dans sa main. En cas de trouble on
parlera d’astéréognosie (lésions cérébrales pariétales controlatérales).

11. Equilibre et coordination des mouvements


On demande au patient de se tenir debout les pieds joints, ce qui peut être difficile
ou impossible à réaliser en cas de troubles de l’équilibre, où le malade est obligé de garder les
jambes écartées.
On recherche le signe de Romberg en demandant au patient de fermer les yeux
en étant debout pieds joints. Le signe de Romberg est considéré positif s’il y’a une tendance à
la chute. Identifier les Romberg cérébelleux, vestibulaire et lemniscal.
La coordination des mouvements est explorée grâce à l’exécution des
mouvements alternatifs :
 Epreuve des marionnettes : Adiadococinésie
 Epreuve doigt-nez : Dysmétrie, dyschronométrie, hypermétrie
 Epreuve talon-genou : Hypermétrie
56

12. Exploration du système nerveux périphérique


 Signe de Valleix
 Signe de Lasègue
13. Exploration du système nerveux autonome
1. Thermorégulation : hyperthermie, hypersudation.
2. Vasomotricité : perturbation du rythme cardiaque, de la fréquence cardiaque, de la
tension artérielle.
3. Troubles trophiques : escarres, maux perforants, décalcification, arthropathies,
fractures spontanées.
4. Troubles sphinctériens : incontinence, gâtisme (régression psychologique)
5. Troubles des fonctions génitales : troubles de l’érection et de l’éjaculation, frigidité
14. Examen de la colonne vertébrale : cfr cours d’orthopédie

Quelques syndromes neurologiques


Syndrome pyramidal
Symptômes
 Faiblesse motrice
 Claudication motrice intermittente
 Sensations de contractures et/ou de raideur
 Troubles de la phonation et de la déglutition
Signes cliniques
 Déficit moteur à prédominance brachio-faciale ou crurale ou proportionnelle
 Hypertonie pyramidale ou spastique
 Hypo ou aréflexie ostéotendineuse (si lésion aiguë)
 Hyperéflexie ostéo- tendineuse (si lésion progressive ou après phase aiguë)
 Le signe de Babinski

Syndrome parkinsonien
Symptômes
 Tremblement
 Troubles de la marche
 La lenteur des gestes

Signes cliniques : triade tremblement-akinésie-rigidité


57

 Tremblement de repos lent, réalisant des mouvements d'émiettement aux membres


supérieurs, disparaissant lors du maintien d'une attitude ou de mouvements
volontaires, sauf lorsqu'il est très intense. Il est accru par l'émotion ou la concentration
intellectuelle. Il peut siéger aux membres inférieurs, intéresser les lèvres ou le menton,
mais pas l'ensemble de la tête. Et enfin, il peut être unilatéral.
 Akinésie : Marche à petits pas avec difficulté de l’initier, Faciès figé.
 Rigidité (= hypertonie extra-pyramidale) : Elle est plastique avec phénomène de roue
dentée. La rigidité prédomine sur les fléchisseurs, d'où l'attitude générale des
parkinsoniens, le tronc fléchi en avant et les membres en demi flexion.
 Autres : dysarthrie parkinsonienne avec bradyphémie ou tachyphémie, micrographie
des lettres en fin de ligne, hypersialorrhée (hypersalivation), hypercrinie sébacée
(donnant un aspect luisant de la peau du visage).

Syndrome confusionnel et démentiel

Confusion Démence
Installation Aiguë Progressive
Fluctuation Caractéristique Absente
Evolution Réversible Irréversible
Lésions cérébrales Absentes Présentes

Syndrome cérébelleux
Symptômes
 Troubles de la marche et de l'équilibre. Chutes parfois
 Maladresse dans les mouvements rapides
 Dysarthrie
Signes
 Troubles de l'équilibre et de la marche : Ataxie cérébelleuse
 Troubles de l'exécution du mouvement volontaire rapide : Hypermétrie, Asynergie,
tremblement d'action ou intentionnel.
 Hypotonie
 Troubles de la parole et de l'écriture : Dysarthrie cérébelleuse (la parole est
typiquement scandée et explosive), Lors de l'écriture, les lettres sont démesurées
inégales et espacées.
58

 Nystagmus

Syndrome neurogène périphérique


Symptômes
 Faiblesse à la marche
 Troubles sensitifs divers
Signes
 Déficit moteur à prédominance distale
 Amyotrophie, absente au début de l'atteinte
 Fasciculations
 Abolition ou diminution des réflexes ostéotendineux
 Déficit sensitif
 Troubles trophiques et signes végétatifs

Syndrome myogène (myopathique)


Symptômes
 Faiblesse musculaire
 Douleurs musculaires (myalgies) et crampes (avec contraction en boule d'un muscle)
Signes
 Déficit moteur Proximal et bilatéral
 Modifications du volume musculaire : Amyotrophie, Hypertrophie (rare).
 Anomalies de la contraction ou de la décontraction musculaire : Abolition du réflexe
(ou contraction) idiomusculaire.
 Rétractions tendineuses

Syndrome de compression médullaire

1. Syndrome rachidien :

 Raideur et contractures paravertébrales

 Signe de la sonnette : Douleur à la pression des épineuses

2. Syndrome lésionnel = syndrome neurogène périphérique : atteinte localisatrice

Atteinte des racines/SG, au niveau de la lésion compressive


59

 Douleurs neurogènes radiculaires = dermatome lésionnel

 Abolition des ROT +++

 Déficit sensitivo-moteur en bandes

 Déficit moteur hypotonique

 Amyotrophie à terme (axonopathie)

3. Syndrome sous-lésionnel (= médullaire) : atteinte des voies verticales

Déficit clinique de type central, au point de la lésion compressive et tout ce qui est en

aval :

 Atteinte du faisceau pyramidal = syndrome pyramidal

 ROT vifs / polycinétiques / diffus

 Réflexe cutanéo-plantaire = signe de Babinski

 Rigidité spastique (« en coup de canif »)

 Déficit moteur (tétraplégie, paraplégie)

 Atteinte de la voie lemniscale = syndrome cordonal postérieur : en cas de

compression postérieure +++ / niveau sensitif

 Déficit de la sensibilité discriminative / signe de Lhermitte

 Déficit de la sensibilité profonde (proprioceptive / pallesthésie)

 Atteinte de la voie extra-lemniscale (spino-thalamique) : compression

antérieure → Déficit sensibilité thermoalgique et grossière

 Atteinte du SNA / végétative : Centres sympathiques = dorso-lombaire /

parasympathique = sacré

 Troubles sphinctériens : TR ++ : incontinence / dysurie (asynergie-

hyperactivité) / RAU

 Troubles du transit : constipation / diarrhée

 Troubles sexuels : dysfonction érectile


60

Syndrome méningé
Symptômes
 Céphalées
 Vomissements
 Fièvre
 Photophobie, sonophobie
Signes
 Raideur de nuque
 Signe de Brudzinski
 Signe de Kernig

Syndrome encéphalitique
 Troubles de la conscience de degré variable (de la simple somnolence au coma
profond);
 Syndrome confusionnel et des troubles comportementaux ;
 Signes de focalisation : déficit moteur (mono- ou hémiplégie), paralysie d’un ou
plusieurs nerfs crâniens, aphasie, mouvements anormaux (tremblement, myoclonies) ;
 Crises épileptiques partielles (simples ou complexes) et généralisées, pouvant aller
jusqu’à l’état de mal ;
 Troubles neurovégétatifs : irrégularité du pouls, de la pression artérielle et de la
température, en faveur d’une souffrance du tronc cérébral.

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