Note méthodologique :
1-
Les parcs éoliens sont à l’origine d’effets positifs par exemple sur le milieu physique et sur le
milieu humain (création d’emplois directs et indirects, émissions de CO2 évitées).
Les effets négatifs des installations elles-mêmes peuvent être temporaires ou permanents. Par
exemple, la phase de chantier peut induire des dérangements de la faune volante ou terrestre,
une augmentation de la turbidité de l’eau lors des travaux en mer, une perturbation du trafic
routier (lors de l’acheminement des éoliennes).
Le fonctionnement de l’installation peut être à l’origine de collisions ou d’effets barrières lors
des déplacements d’oiseaux ou de chauves-souris, d’émissions sonores, ou encore de
perturbations du fonctionnement des radars.
Dans la plupart des cas, des mesures peuvent être prises pour éviter, réduire voire compenser
les effets négatifs des installations sur les différentes composantes de l’environnement. Ces
mesures sont étudiées et définies aussi précisément que possible dans le cadre de l’étude
d’impact, en fonction des enjeux locaux. Elles peuvent être complétées par des mesures
d’accompagnement.
Vous trouvez en annexe 1 les effets permanentes et les effets positifs d’un parc éolienne.
Figure 1 Les étapes d’un projet éolien terrestre
Le document "EOLIENNES, SONS ET INFRASONS : EFFETS DE L'EOLIEN INDUSTRIEL SUR LA
SANTE DES HOMMES" par Marjolaine Villey-Migraine aborde les impacts acoustiques des
éoliennes sur la santé humaine.
- Introduction au Son
Le son est défini comme un phénomène résultant de la vibration des molécules d'air, perçu de
manière subjective par l'auditeur 2. Il se caractérise par son amplitude, mesurée en décibels
(dB), et sa fréquence, exprimée en Hertz (Hz) 2. Les infrasons, qui sont des vibrations
acoustiques de très basse fréquence, sont inaudibles pour l'homme, tandis que les sons
audibles se situent entre 16 Hz et 20 000 Hz 2.
- Bruit des Éoliennes
Les éoliennes produisent deux types de bruit : le bruit mécanique, qui a été considérablement
réduit grâce à des avancées technologiques, et le bruit aérodynamique, qui est actuellement le
plus significatif et ne peut pas être complètement éliminé 3. Le bruit peut atteindre 120 dB au
niveau de la nacelle, équivalent à celui d'une discothèque, et environ 45 dB à 300 mètres 3. La
propagation du son est influencée par des facteurs tels que la topographie et les conditions
atmosphériques 4.
- Effets sur la Santé
Le bruit des éoliennes peut entraîner divers problèmes de santé, notamment des troubles du
sommeil, du stress, de l'anxiété et des problèmes cardiovasculaires 5. Des études montrent que
même des niveaux de bruit relativement faibles peuvent perturber le sommeil, entraînant des
conséquences sur la santé publique, comme une augmentation des accidents de la route dus à
la somnolence 5.
- Infrasons
Les infrasons, bien que non audibles, se propagent plus loin que les sons audibles et peuvent
avoir des effets néfastes sur la santé, tels que la fatigue, l'insomnie et des troubles
psychologiques 10. Ils se propagent à des vitesses supérieures à celles du vent et peuvent être
détectés jusqu'à 5 à 10 km des éoliennes 10.
Le document " CYCLE DE VIE DES EOLIENNES : TOUT SAUF DU VENT " par Louis VÉDRINE –
Xavier JOURDAIN aborde l’empreinte carbone des éoliennes.
L'évaluation des impacts des éoliennes en France montre plusieurs aspects notables.
Concernant le changement climatique et les émissions de CO₂, les éoliennes françaises
affichent des émissions très faibles, en moyenne 12,7 gCO₂eq/kWh, similaires à
l’hydroélectricité. Ces émissions proviennent majoritairement des phases de fabrication et de
transport, et non de la production d'énergie elle-même, contrairement aux énergies fossiles qui
génèrent des émissions directes lors de leur fonctionnement.
En ce qui concerne les catégories d'impacts, l’acidification des sols est faible, mais la
construction des éoliennes nécessite une surface importante, notamment pour les routes
d'accès et les fondations. Environ 83 % des parcs éoliens sont situés sur des terres agricoles,
contribuant à 1,5 % de l’artificialisation des sols en France entre 2006 et 2012. L’utilisation du
béton pour les fondations à un impact environnemental dû à la fabrication du béton, même si la
filière éolienne ne représente qu'environ 0,5 % de la production nationale de béton. Par ailleurs,
la consommation d'eau pour l'énergie éolienne est très faible comparée à la moyenne mondiale
des autres sources d'énergie.
Sur le plan de l'efficience énergétique, une éolienne produit en moyenne en 12 mois l'énergie
nécessaire à sa fabrication et à son installation. Le facteur de récolte des éoliennes françaises
est de 19, ce qui signifie qu’elles produisent 19 fois l’énergie consommée durant leur cycle de
vie. Ce rendement est supérieur à celui du solaire et de la biomasse, mais inférieur à
l'hydroélectricité.
Enfin, la pression économique sur les matériaux est notable, avec des besoins massifs en fibre
de verre, acier et béton pour soutenir l'expansion mondiale de l'éolien. Par exemple, installer
200 GW par an d'ici 2050 nécessiterait environ 92 millions de tonnes de béton et 24 millions de
tonnes d'acier, représentant respectivement 0,2 % et 1,5 % de la production mondiale annuelle
actuelle.
2-
Un parc éolien terrestre comporte les éléments suivants : un ensemble d’éoliennes et leurs
fondations, une voie d’accès et une piste de desserte inter éoliennes, un réseau de câbles
enterré, un poste de livraison, un poste de transformation situé à l’extérieur ou à l’intérieur de
chaque éolienne et un câble de raccordement au réseau électrique.
En cas de raccordement au réseau haute tension (HTB), un poste de transformation haute
tension (ou poste source) est nécessaire au pied de la ligne haute tension. Ce poste est soit
existant, soit construit par le porteur de projet (poste client).
Le parc éolien peut être accompagné d’éléments connexes, tels qu’un mât de mesures
météorologiques, une aire de stockage de matériaux et d’outils, un local technique, un parking
avec espace d’accueil et d’information, etc
Les parcs éoliens en mer comptent plus d’éoliennes que les parcs terrestres et ce pour amortir
les coûts fixes d’installation et de raccordement plus importants, ainsi que pour des raisons de
surface disponible et de gisement.
Un parc éolien en mer comporte les éléments suivants : un ensemble d’éoliennes et leurs
fondations, un poste de transformation situé en mer ou à terre selon la distance du parc à la
côte et la puissance du parc, un réseau de câbles sous-marins entre les éoliennes (ensouillés
ou déposés selon le type de sol), un réseau de câbles sous-marins vers la terre, prolongé par
des câbles souterrains jusqu’au poste de livraison de l’énergie et un câble de raccordement au
réseau électrique public (partie terrestre).
L’intérêt premier d’une éolienne se justifie par la possibilité qu’elle apporte de récupérer
l’énergie cinétique présente dans le vent et inépuisable. Cette énergie est transformée en
énergie mécanique de rotation qui peut être exploitée principalement de deux manières :
– Soit directement pour entraîner par exemple une pompe de relevage d’eau (figure 1) ;
– Soit pour entraîner une génératrice électrique.
Dans le cas de production d’énergie électrique, on peut distinguer deux types de configuration :
– L’énergie sert à recharger des batteries (typiquement les éoliennes de bateaux, figure 4)
ou est stockée dans des accumulateurs en vue de son utilisation ultérieure ;
– L’énergie est utilisée directement par injection sur un réseau de distribution, ce qui
représente la quasi-totalité de la puissance éolienne installée dans le monde.
Les éoliennes à axe vertical
Nous allons parler des éoliennes à axe vertical, notamment des éoliennes Savonius et des
éoliennes Darrieus. Toutes les éoliennes à axe vertical tournent autour d'un axe qui est
perpendiculaire à la direction du vent. Elles doivent donc, quelle que soit cette direction, être
plutôt dans des vents tourbillonnants, autrement dit dans des zones plutôt urbaines. L’éolienne
Savonius est plutôt une éolienne lente et qui utilise le principe de la traînée différentielle. Quant
à l'éolienne à Darrieus qui est une éolienne rapide, elle fonctionnera sur le principe de l’aile
portante.
L'éolienne de Savonius fonctionne sur le principe de la traînée différentielle : la partie convexe
présente une force de traînée (force s’opposant au mouvement du vent) inférieure à la force de
traînée de la partie concave. Cette différence entre les forces crée un couple qui met en rotation
l’éolienne, figures 4 et 5.
L’espace laissé entre les deux demi-cercles permet de laisser s’insérer un filet d’air afin de
faciliter la rotation de l’éolienne et d’améliorer son rendement. L’espace optimal entre les
godets doit être de 1/6 du diamètre de l’éolienne, figure 6.
Les éoliennes à axe horizontal
Les éoliennes à axe horizontal, comme l'indique leur nom, on un axe parallèle à la direction du
vent. A l'inverse d'une pale d'avion qui voit arriver le vent dans la même direction tout le long du
bord d'attaque, de son profil, dans le cas d'une éolienne, la pale tourne autour d'un axe de
rotation. C'est légèrement plus compliqué pour essayer d'expliquer ce phénomène.
De quoi est composée une éolienne horizontale ?
Une éolienne horizontale se compose de plusieurs éléments :
• Un rotor, constitué d’un moyeu (pièce centrale sur laquelle sont assemblées d’autres
pièces mécaniques qui tournent autour de son axe) et de pales (entre 3 et 6). Les
modèles de rotors avec 3 pales sont les plus répandus car jugés les plus efficaces ;
• Une nacelle, dans laquelle se trouve le générateur. Il permet de fixer le rotor au mât et
de contenir le « cœur » de l’éolienne ;
• Le mât, qui peut faire une hauteur de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres ;
• la base/fondation, qui assure la stabilité de l’éolienne au sol.
Le fonctionnement d’une éolienne horizontale
Le fonctionnement d’une éolienne à axe horizontal est simple et se fait en 3 temps :
1. L’énergie cinétique du vent fait tourner les pâles, qui entraînent le mouvement du rotor
(ce qu’on appelle l’énergie mécanique) ;
2. Relié au rotor, le générateur utilise cette énergie mécanique pour créer une énergie
électrique ;
3. situé à l’intérieur du mât, le transformateur relié à des câbles électriques se charge de
monter la tension du courant électrique pour qu’il soit transportable sur le réseau
électrique. L’énergie électrique peut aussi être transportée via des batteries.
4. les grandes phases de développement d'un projet éolien au regard des études
environnementales amont (cf. SAM Etudes environnementales et SAM du projet 1 sur loi
MOP et acteurs de la construction), recensement de l'ensemble des études amont du
projet (incidence Natura 2000, dossier de défrichement, ICPE, dossier Loi sur l'eau,
dérogation CNPN, ...)
Mener un projet éolien à son terme, de l’identification de secteurs potentiels au démantèlement
du parc en fin de vie, nécessite de nombreuses étapes au cours desquelles l’évaluation
environnementale joue un rôle important.
La prise en compte de l’environnement est constante tout au long de la vie du projet, comme
l’indique la figure 1 (pour un parc éolien terrestre).
Ainsi, le processus de développement des projets, qui nécessite un minimum de trois années
de travail et de démarches, n’est pas un processus linéaire, du moins dans ses premières
phases : le projet se construit au fur et à mesure que les connaissances environnementales
s’affinent et que les solutions de meilleure intégration environnementale sont définies. Pour un
projet terrestre, une demande de permis de construire doit être déposée.
Le permis de construire est délivré par le préfet de département assisté de la direction
départementale des territoires (DDT). Pour un parc éolien en mer, c’est l’Etat qui est propriétaire
du domaine maritime : le parc doit obtenir une concession pour occuper le domaine pendant
une durée déterminée.
Concernant l’évaluation environnementale, le dossier comprend une étude d’impact, une étude
d’incidences au titre de la loi sur l’eau ainsi qu’une évaluation des incidences Natura 2000.
ANNEXES
ANNEXE 1