CH 19
CH 19
5 Formules de TAYLOR 13
5.1 Formule de TAYLOR avec reste intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.2 Inégalité de Taylor-Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
6 Procédés d’intégration 14
6.1 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
6.2 Intégration par changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
6.3 Liste des primitives usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1
C HAPITRE 19 I NTÉGRALE SUR UN SEGMENT
11 Intégrales abéliennes q 19
³ ´
11.1 Les primitives des fonctions F x, n ax+ b
cx+ d . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
³ p ´
11.2 Les primitives des fonctions F x, ax2 + bx + c . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
• • • • • • • • ••
Dans ce chapitre, on considère un intervalle I = [a, b] de R, avec a < b.
Remarque : La donnée d’une subdivision de [a, b] elle équivalent à la donnée d’une famille finie d’éléments deux
à deux distincts de [a, b].
Définition 1.2 Soit σ = (a j ) j ∈[[0,n]] une subdivision de [a, b]. On appelle pas ou module de σ le réel :
δ(σ) = sup ( a j − a j −1 ).
j ∈[[1,n]]
Exemple : Soit [a, b] et n ∈ N, la famille σ = (a) j ∈[[0,n]] définie par a j = a + j b−n a pour j ∈ [[0, n]] est une subdivision
de [a, b], son pas est b−n a : On dit la subdivision est régulière.
Proposition 1.1 Soient σ et σ0 deux subdivisions de [a, b]. Alors σ ∪ σ0 et σ ∩ σ0 sont des subdivision de [a, b].
Démonstration :
1. σ ∪ σ0 s’obtient en ordonnant la liste réunissant les points de σ et σ0 .
2. σ ∩ σ0 s’obtient en ordonnant la liste des points communs de σ et σ0 .
u
t
Définition 1.3 Soient σ et σ0 deux subdivisions de [a, b]. On dit que σ0 est plus fine que σ si σ ⊂ σ0 .
Exemples
1. x −→ E ( x) ( partie entière de x) est une fonction continue par morceaux sur tout intervalle [a, b].
2. La fonction définie sur [0, 1] par :
1
x si 0 ≤ x < 3
f ( x) = 2 si x = 3
1
2 1
2 x+1 si 3 ≤ x ≤ 1
Proposition 1.2 Toute fonction f , continue par morceaux sur [a, b], est bornée.
Démonstration : Soit σ = (a j ) j ∈[[0,n]] une subdivision adaptée à f , alors la restriction de f à chaque intervalle
]a j −1 , a j [ est prolongeable par continuité, donc est bornée. u
t
Proposition 1.3 L’ensemble M ([a, b], R), des fonctions continues par morceaux sur [a, b], muni de la’addition, de la multi-
plication et de la multiplication par un scalaire est un sous-algèbre de l’algèbre des fonctions bornées sur [a, b].
Démonstration : L’élément unité c’est la fonction constante égale à 1 et est dans M ([a, b], R).
Soient f et g dans M ([a, b], R), si σ et σ0 les subdivisions associées respectivement à f et à g, alors σ ∪ σ0 est une
subdivision associée à f et g, avec cette subdivision on vérifie que f + g, f g et λ f , avec λ ∈ R, sont continues par
morceaux.
Définition 1.5 Une fonction ϕ est dite en escalier sur [a, b], si elle est constante par morceaux. Plus précisément, il existe
une subdivision σ = (a j ) j ∈[[0,n]] telle que ϕ soit constante sur chacun des intervalles ]a j −1 , a j [, pour tout j ∈ [[1, n]].
On montre facilement le résultat suivant :
Proposition 1.4 L’ensemble E ([a, b], R) des fonctions en escalier sur un intervalle [a, b] à une structure d’algèbre.
Démonstration : Soit ε > 0, comme la fonction f est uniformément continue sur [a, b], implique l’existence de
α > 0 tel que
∀( x, y) ∈ [a, b]2 , | x − y| < α =⇒ | f ( x) − f ( y)| < ε
b−a
Soit n ∈ N∗ tel que n ≤ α et soit la subdivision :
b−a
σn = ( a j )0≤ j ≤n définie par a j = a + n j
Sur chaque intervalle [a j −1 , a j ], pour 1 ≤ j ≤ n, la fonction f continue, donc est bornée et atteint sa borne inférieure
et sa borne supérieure en x j et y j respectivement.
Notons m j = f ( x j ) et M j = f ( y j ), il est clair que M j − m j ≤ ε. Soit ϕn et ψn les deux fonctions en escaliers définies
sur [a, b] par :
∀ j ∈ [1, n], ∀ x ∈ [a j −1 , a j [, ϕ n ( x) = m j , ψn ( x) = M j et ϕ n (b) = ψn (b) = f (b).
Corollaire 1.1 Soit f une fonction continue par morceaux sur [a, b], pour tout réel ε > 0, il existe deux fonctions en escalier
ϕ et ψ en escalier sur [ a, b], telles que :
ϕ ≤ f ≤ ψ et ψ − ϕ ≤ ε
Démonstration : Soit ε > 0 et (a j ) j ∈[[1,n]] une subdivision de [a, b] adaptée à f . Pour j ∈ [[1, n]], la restriction de f
est ]a j −1 , a j [ est continue et admet un prolongement par continuité f j sur [a j −1 , a j ], d’après le dernier théorème, il
existe des fonctions ϕ j et ψ j sur [a j −1 , a j ] telles que sur [a j −1 , a j ],
ϕ j ≤ f j ≤ ψ j et ψ j − ϕ j ≤ ε
Soient maintenant les fonctions en escalier sur [a, b], définies par :
1. pour tout j ∈ [[1, n]] et pour tout x ∈]a j −1 , a j [, ϕ( x) = ϕ j ( x), ψ( x) = ψ j ( x) ;
2. pour tout j ∈ [[0, n]], ϕ(a j ) = ψ j (a j ) = f (a j ).
Ces fonctions vérifient sur [a, b], ϕ ≤ f ≤ ψ et ψ − ϕ ≤ ε. u
t
Corollaire 1.2 Soit f une fonction continue par morceaux sur [a, b]. Alors pour tout ε > 0 il existe une fonction θ, en escalier
sur [a, b], telle que | f − θ| ≤ ε.
Démonstration : On sait qu’il existe deux fonctions en escaliers ϕ et ψ tels que ϕ ≤ f ≤ ψ et ψ − ϕ ≤ 2ε. Donc il
ϕ+ψ
suffit de prendre θ = 2 . u
t
où M i la valeur de ϕ sur ]a i , a i+1 [ ne dépend que de ϕ, et non de la subdivision σ considérée. En effet, soit σ et σ0
deux subdivisions de [a, b].
1. Supposons σ0 plus fine que σ, donc σ0 = σ ∪ S où S une partie finie de [a, b], donc il suffit de vérifier la
propriété dans le cas où σ0 = σ ∪ { c}. Supposons a p−1 < c < a p , donc :
pX
−1 n
S ( ϕ , σ0 )
X
= ( a i − a i −1 ) M i + ( c − a p −1 ) M p + ( a p − c ) M p + ( a i − a i −1 ) M i
i =1 i = p +1
n
X
= ( a i − a i −1 ) M i
i =1
= S ( ϕ , σ)
2. Cas général : Si σ et σ0 sont deux subdivisions adaptées à ϕ, alors σ ∪ σ0 est une subdivisions plus fine que σ
et σ0 et qui associée à ϕ, donc le premier cas :
S ( ϕ , σ) = S ( ϕ , σ ∪ σ0 ) = S ( ϕ , σ0 ) .
Théorème et définition 2.1 Soit ϕ une fonction en escalier sur [a, b] et σ = (a0 , a1 ,..., a n ) une subdivision de [a, b]. La
somme
nX
−1
M i ( a i +1 − a i )
i =0
où M i la valeur de ϕ sur ]a i , a i+1 [ ne dépendRque de ϕ, et non de la subdivision S considérée. Cette somme s’appelle intégrale
de ϕ sur l’intervalle [a, b] et se note I ab (ϕ), [a,b] ϕ ou tout simplement I (ϕ).
Démonstration : Nous savons en effet qu’il existe une subdivision σ de [a, b] compatible à la fois avec ϕ et ψ, et
donc avec αϕ + βψ. Soient M i et N i les valeurs de ϕ et de ψ sur les intervalles ]a i−1 , a i [. Alors
i=X
n −1
I (αϕ + βψ) = (α M i + β N i )( c i+1 − c i )
i =0
i=X
n −1 i=X
n −1
= α M i ( c i +1 − c i ) + β N i ( c i +1 − c i )
i =0 i =0
= α I (ϕ) + β I (ψ)
i=P
n −1
Démonstration : En effet, si ϕ ≥ 0, alors ∀ i , M i ≥ 0 et par conséquent la somme : M i ( c i+1 − c i ) est positive,
i =0
donc I (ϕ) ≥ 0.
Si ϕ ≤ ψ, alors ψ − ϕ ≥ 0 et d’après ce qui précède I (ψ − ϕ) ≥ 0 et par linéarité I (ψ) − I (φ) ≥ 0 ou encore I (ψ) ≥ I (φ) u
t
Remarque : Si ϕ en escalier, bornée sur [a, b] telles que : m ≤ ϕ ≤ M , alors m(b − a) ≤ I (ϕ) ≤ M (b − a).
Le nombre 1 I (ϕ) s’appelle valeur moyenne de ϕ sur l’intervalle [a, b]. Ainsi la valeur moyenne de ϕ appartient à l’intervalle
b−a
[m, M ].
Théorème 2.1 Soit ϕ une fonction en escalier [a, b], alors | I ab (ϕ)| ≤ I ab (|ϕ|).
Proposition 2.4 Les deux ensembles E + ( f ) et E − ( f ) sont respectivement minoré et majoré, et sup E − ( f ) = inf E + ( f ).
Démonstration : f étant continue par morceaux, elle donc bornée. Si M et m sont respectivement un majorant et un mino-
rant de f sur I , alors les deux fonctions constantes m et M encadrent f ; donc E − ( f ) et E + ( f ) sont non
R vides.
Pour tout ϕ ∈ E ( I, R) tel que ϕ ≤ f , on a I ϕ ≤ (b − a) M , et pour tout ψ ∈ E ( I, R) tel que ψ ≥ f , on a I ϕ ≥ (b − a)m. Donc E − ( f )
R
est une partie non vide, majorée de R, elle admet donc une borne supérieure et de même E + ( f ) admet une borne inférieure,
puisqu’elle est non vide et minorée de R.
Pour toutes fonctions en escaliers sur [a, b] telles que ϕ ≤ f ≤ ψ, on a : I ϕ ≤ I ψ. Ce qui implique sup E − ( f ) ≤ inf E + ( f ).
R R
Soit maintenant ε > 0, il existe ϕ et ψ deux fonctions en escaliers sur I telles que ϕ ≤ f ≤ ψ et ψ − ϕ ≤ ε. Il en résulte alors
− + et
R R R
I ϕ ≤ sup E ( f ) ≤ inf E ( f ) ≤ I ψ I (ψ − ϕ) ≤ ( b − a)ε
d’où inf E + ( f ) − sup E − ( f ) ≤ (b − a)ε. On a donc inf E + ( f ) − sup E − ( f ) ≤ 0, et en conclusion : inf E + ( f ) − inf E − ( f ) = 0. u
t
Définition 2.1 Avec les notations précédentes, la borne commune des ensembles E − ( f ) et E + ( f ) est appelée intégrale de f sur I et on la
note :
R R
If ou I f ( x) dx.
Remarque
R : Soit f une fonction continue par morceaux sur I , alors elle est bornée sur [a, b] telle que : m ≤ f ≤ M , d’où
m(b − a) ≤ I f ≤ M (b − a).
Le nombre 1 R f s’appelle valeur moyenne de ϕ sur l’intervalle [a, b]. Ainsi la valeur moyenne de f appartient à l’intervalle
b−a I
[m, M ].
Démonstration : Soit ε > 0, f étant continue par morceaux sur I , donc il existe θ en escalier sur I telle que | f − θ| ≤ ε, on a
θ − ε ≤ f ≤ ϑ + ε, ce qui prouve : Z Z Z
(θ − ε) ≤ f≤ (θ + ε)
I I I
et donc : ¯Z Z ¯
¯ ¯
¯ f − θ¯ ≤ (b − a)ε.
I I
¯ ¯
Soient f et g deux fonctions continues par morceaux sur I , ainsi λ et µ deux scalaires, il existe alors, d’après la première partie,
ϕ et ψ deux fonctions en escaliers sur I telles que
¯Z Z ¯
¯ ¯
| f − ϕ| ≤ ε, ¯¯ f − ϕ¯¯ ≤ (b − a)ε
I I
et ¯Z Z ¯
¯ ¯
| g − ψ| ≤ ε, ¯ g − ψ¯¯ ≤ (b − a)ε.
¯
I I
Posons h = λ f + µ g et θ = λϕ + µψ, on a :
|h − θ| ≤ |λ|| f − ϕ| + |λ|| g − ψ|
≤ (|λ| + |µ|)ε
et par suite :
¯Z Z ¯
¯ ¯
¯ h − θ¯ ≤ (b − a)(|λ| + |µ|)ε
I I
¯ ¯
La linéarité de l’intégrale sur E ([a, b], R) permet aussi d’écrire :
Z Z Z
S= (λϕ + µψ) = λ ϕ+µ ψ
I I I
ce qui donne : ¯ Z Z ¯
¯ ¯
¯λ f + µ g − S ¯ ≤ (b − a)(|λ| + |µ|)ε
I I
¯ ¯
et donc :
¯Z Z Z ¯
¯ ¯
δ = ¯ h − λ f − µ g¯
I I I
¯ ¯
¯Z Z Z ¯
¯ ¯
= ¯ h − S + S + λ f − µ g¯
I I I
¯ ¯
¯Z ¯ ¯ Z Z ¯
¯ ¯ ¯ ¯
≤ ¯ h − S ¯ + ¯S − λ f − µ g ¯
I I I
¯ ¯ ¯ ¯
≤ 2(b − a)(|λ| + |µ|)ε
Proposition 2.6 Soit c ∈]a, b[ et f une fonction continue par morceaux sur [a, b], alors
Z Z Z
f= f+ f.
[a,b] [a,c] [ c,b]
est donc plus grand que la borne supérieure de ce dernier, ce qui donne :
Z Z Z
f≤ f+ f.
[a,b] [a,c] [ c,b]
Remarque : Soit une fonction f continue par morceaux sur [a, b] et n ∈ N, {a0 , a1 ,..., a n } une subdivision de [a, b], alors :
Z nX
−1 Z
f= f.
[a,b] k=0 [a k ,a k+1 ]
Démonstration : SoitR f une fonction en escalier et positive sur [a, b], la fonction nulle est en escalier sur [a, b] et elle minore
f , donc 0 ∈ E − ( f ), donc R
I f ≥ 0.
Si f ≤ g alors g − f ≥ 0 et I ( g − f ) = I g − I f ≥ 0.
R R
u
t
Proposition 2.8 Si f et g sont des fonctions réelles continues par morceaux sur I = [a, b], alors ¯ I f g¯ ≤ sup | f | I | g|.
¯R ¯ R
I
Remarque : Pour toute fonction continue par morceaux sur I = [a, b], on a :
¯Z ¯
¯ ¯
¯ f ¯ ≤ sup | f |(b − a).
I
¯ ¯
I
Théorème 2.2 Soient f et g deux fonctions continues par morceaux sur un segment [a, b], (a < b). Alors, on a :
µZ b ¶2 µZb ¶ µZb ¶
fg ≤ f2 g2 .
a a a
µZ b ¶2 µZb ¶ µZb ¶
fg − f2 g 2 ≤ 0.
a a a
2. Supposons ab f 2 = 0.
R
³R ´ ³R ´
Si a f g > 0, alors lim 2 ab f g λ + ab g2 = −∞, contradiction. De même si ab f g < 0, alors lim 2 ab f g λ + ab g2 =
Rb R R R
λ−→+∞ λ−→−∞
−∞, contradiction. Donc ab f g = 0 et l’inégalité est vraie.
R
u
t
Définition 2.2 Soit f une fonction définie sur I . On dit que f est continue par morceaux sur I lorsque sa restriction à tout segment [a, b]
inclus dans I est continue par morceaux sur [a, b].
R x0
Démonstration : Posons F ( x0 ) = a f ( t)dt, pour tout h 6= 0, on a :
Z x0 + h Z x0 + h
1
( F ( x0 + h ) − F ( x0 ) − h f ( x0 ) = f ( t)dt − f ( x0 )dt
h x0 x0
1 x0 + h
Z
= [ f ( t) − f ( x0 )]dt
h x
et par suite ¯ ¯
¯1 ¯
¯ (F ( x0 + h) − F ( x0 ) − h f ( x0 ))¯ ≤ sup | f ( t) − f ( x0 )|
¯h ¯
t∈[ x0 ,x0 + h]
La continuité de f en x0 entraîne lim sup | f ( t) − f ( x0 )| = 0 ce qui implique
h−→0 t∈[ x0 ,x0 + h]
1
lim (F ( x0 + h) − F ( x0 )) = f ( x0 ),
h→0+ h
Corollaire 3.1 Soit I un intervalle de R. Toute fonction réelle f continue sur I admet au moins une primitive sur I .
Remarques :
1. Pour une fonction continue sur I ,Rla fonction x −→ ax f ( t)dt est l’unique primitive de f s’annulant en a. (a ∈ I ). Les autres
R
Exemple : La fonction logarithme est l’unique primitive de x −→ 1x sur ]0, +∞[ s’annulant en 1 : pour tout réel x strictement
Rx d t
positif, ln x = 1 t .
3.1.1 Positivité
Théorème 3.2 Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b].
Rb
1. Si f est positive sur [a, b], alors a f ( x) dx ≥ 0.
Rb
2. Si f est positive sur [a, b] et si a f ( x) dx = 0, alors f est nulle sur [a, b].
Démonstration :
1. Si F est une primitive de f sur [a, b], alors F 0 = f . f étant positive sur [a, b], F est croissante sur [a, b] et donc F (b) − F (a) ≥ 0
Rb
soit a f ( x) dx ≥ 0.
2. La condition ab f ( x)dx = 0 signifie F (b) − F (a) = 0, or f est positive sur [a, b], donc F est croissante et :
R
Puisque F (a) = F (b), F est constante sur [a, b]. Il en résulte que sa dérivée f est nulle sur [a, b]
u
t
Remarque : Dans les cas où les fonctions f et g sont continues, l’inégalité de C AUCHY-S CHWARZ est une égalité si, et
seulement si, f et g sont liées. En effet :
1. Supposons { f , g} est lié. Si f = 0, la conclusion est évidente.
Si f 6= 0, alors il existe α ∈ R tel que g = α f , et on a donc :
µZ ¶2 µZb ¶ µZb ¶
fg = f2 g2
a a
Proposition 3.1 Soit f une fonction continue et positive définie sur un intervalle [a, b] (a < b). Soit D f la partie du plan P définie par
: { M ( x, y) ∈ P / a ≤ x ≤ b et 0 ≤ y ≤ f ( x)}. On admet que l’aire de D f , notée A (D f ), est égale à ab f ( x)dx.
R
Proposition 3.2 Pour tout (ε > 0), il existe η > 0 tel que, quelle que soit la subdivision σ et la famille ( c k )k∈[[1,n]] associée, si la pas de σ
est inférieur à η, on a :
¯ Zb ¯
¯ ¯
¯R (σ, ( c ) ) − f ¯¯ ≤ ε.
f i i ∈[[1 ,n ]]
a
¯
Rb
On écrit : lim|σ|→0 R f (σ, ( c i ) i∈[[1,n]] ) = a f.
1. Riemann Georg Friedrich Bernard (1826-1866), mathématicien allemand dont l’ouvre est colossale
Cas particuliers : Soit f une fonction continue sur l’intervalle [a, b]. On pose :
b−a b−a b−a
x0 = a, x1 = a + ,..., x i = a + i ,..., x n = a + n = b.
n n n
on a :
x0 = a < x1 < x2 < ... < x n = b
Considérons les deux suites (s n )n≥1 et (S n )n≥1 définies par :
i=P
n −1 i= n
1
(∀n ≥ 1), s n = n f (a + i b − a 1 P f (a + i b − a )
n ) et S n = n n
i =0 i =1
Théorème 3.3 Les deux suites (s n )n≥1 et (S n )n≥1 sont convergentes et lim s n = lim S n = 1 Rb f ( x) dx
n→+∞ n→+∞ b−a a
Exemples
i=
Pn 1
1. Cherchons lim
n→+∞ i=1 n+ i
iX
=n 1 1 iX
=n 1
(∀n ≥ 1), =
i =1 n + i n i =1 1 + i
n
1 iX
=n i 1
= f (1 + ) avec f ( x) =
n i =1 n 1+x
d’où :
iX
=n 1 1 iX
=n i
lim = lim f (1 + )
i =1 n + i n i =1 n
n→+∞ n →+∞
Z1
dx
=
0 1+x
= ln 2
i=P
n −1
1
2. Cherchons lim n n2 + i2
n→+∞ i =0
iX
=n 1 1 i=X
n −1 1
(∀n ≥ 1), n =
i =1 n2 + i 2 n i=0 1 + ( i )2
n
1 i=X
n −1 i 1
= f( ) avec f ( x) =
n i =0 n 1 + x2
d’où :
i=X
n −1 1 1 i=X n −1 i
lim n = lim f( )
n→+∞
i =0 n2 + i 2 n→+∞ n
i =0 n
Z1
dx
=
0 1 + x2
1
= π
4
Définition 4.2 Soit f une fonction définie sur un intervalle I de R. On dit que f continue par morceaux sur I lorsque sa restriction à
chaque intervalle [a, b] de I est continue par morceaux.
Soit a k−1 et a k deux points de la subdivision σ = (a k )k∈[[1,n]] tel que a k−1 < a k :
– f est continue sur ]a k−1 , a k [ si, et seulement si, u et v le sont.
– f admet une limite à droite en a k−1 ( resp. à gauche de a k ) si, et seulement si, u et v ont une limite en a k−1 ( resp. à gauche
en a k ).
D’où la caractérisation :
Proposition 4.1 f = u + iv est continue par morceaux sur [a, b] si, et seulement si, u et v sont continues par morceaux sur [a, b].
Proposition 4.2 L’ensemble M ( I, C) des fonctions continues par morceaux sur I à une structure de C-algèbre.
Rb Rb Rb Rb Rb Rb
Remarque : Re( a f ) = a Re( f ), Im( a f ) = a Im( f ) et ( a f)= a f.
Proposition 4.3 Soit f une fonction par morceaux sur [a, b], alors :
¯Z ¯ Z
¯ ¯
¯ f ¯¯ ≤ | f |.
[a,b] [a,b]
¯
C’est-à-dire
"µZ ¶2 µZ ¶2 # 12 Z
1
u + v ≤ ( u2 + v 2 ) 2
[a,b] [a,b] [a,b]
Démonstration : Posons I = [a, b]. Si I f = 0, le résultat est vraie, sinon il existe θ ∈ R telle que :
R
Z ¯Z ¯
f = e iθ ¯¯ f ¯¯
¯ ¯
I I
donc ¯Z ¯ Z
¯ ( t)dt¯ = e − iθ f ( t)dt
¯ ¯
f I
¯ ¯
¯Z ¯ Z Z
¯ ( t)dt¯ = Re( e iθ f ( t)dt) = Re( e − iθ f ( t))dt
¯ ¯
f I I
¯ ¯
U : x −→ a u( t)dt et V : x −→ ax u( t)
Rx R
Corollaire 4.1 Pour toute fonction complexe continue sur I et toute couple (a, b) d’éléments de I , on a :
Zb
f ( t)dt = h(b) − h(a)
a
Exemple :
Rπ it 1 it π 1 iπ
0 e dt = [ i e ]0 = i ( e − 1)2 i.
5 Formules de TAYLOR
5.1 Formule de TAYLOR avec reste intégral
Proposition 5.1 Soit f une fonction de classe C n+1 sur I , on a :
n ( b − a) k Zb
(b − t)n ( n+1)
f ( k ) (a) +
X
f ( b) = f ( t)dt.
k =0 k! a n!
2. Supposons le résultat est à l’ordre n − 1 et montons le pour n. Soit f de classe C n+1 sur I . Par hypothèse on peut écrire :
−1 ( b − a ) k
nX Zb
( b − t ) n −1 ( n )
f ( b) = f ( k ) (a) + f ( t)dt.
k =0 k! a (n − 1)!
2
Exemple : Montrons que : ∀ x ∈ [−π, π], cos x ≥ 1 − x2 .
La formule de Taylor avec reste intégral, à l’ordre 2 s’écrit :
x2 ( x − t)2
Zx
cos x = 1 − + sin tdt
2 0 2
Comme la fonction sinus est positive sur [0, π] et négative sur [−π, 0], on a :
( x − t)2
Zx
∀ x ∈ [−π, π], sin tdt ≥ 0
0 2
(1 − t)n ¯¯ ( n+1)
Z1 ¯
≤ |(b − a)|n+1 ¯f (a + (b − a) t)dt¯ dt
¯
0 n!
(1 − t)n
Z1
≤ |(b − a)|n+1 M dt
0 n!
" #1
(1 − t)n+1
= M | b − a | n +1 −
(n + 1)!
0
| b − a | n +1
= M .
(n + 1)!
u
t
Exemples :
x3 ¯ x4
¯ ¯
1. ∀ x ∈ R, ¯sin x − x + (4)
6 ¯ ≤ 24 . (∀ x ∈ R, | sin ( x)| = | sin( x)| ≤ 1).
¯
n k
2. Établissons la relation bien connue : ∀ x ∈ R, e x = limn→+∞
P x . La fonction ex p est classe C ∞ sur R, donc l’inégalité de
k!
k =0
Taylor-Lagrange à l’ordre n, implique pour tout x ∈ R :
¯ ¯
n k | x | n +1
¯ x X x
¯ ¯
( k)
¯e − exp (0)¯ ≤ M
¯
k =0 k ! (n + 1)!
¯ ¯
n+1
le réel M ne dépend pas de n, c’est la borne supérieure de t −→ exp( n+1) t sur la segment [0, x]. et comme limn→+∞ M (|nx|+1)! =
0, alors
n xk
e x = lim
X
.
k =0 k !
n→+∞
6 Procédés d’intégration
6.1 Intégration par parties
Proposition 6.1 Soient u et v deux fonctions dérivables et à dérivées continues sur [a, b], alors :
Zb Zb
u0 ( x)v( x)dx = [u( x)v( x)] xx= b
=a − u( x)v0 ( x)dx
a a
d’où : Zb Zb
u0 ( x)v( x)dx = [u( x)v( x)] xx= b
=a − u( xv0 ( x))dx.
a a
u
t
Exemples :
R π2 π Rπ
1. 2 2
0 t cos tdt = [ t sin t]0 − 0 sin tdt
π
=π 2 − [− cos t]0
2
π
= 2 −1
Rx 2 2 x
Rx
2. 0 t sin tdt = [ t (− cos t)]0 − 0 2 t(− cos t) dt
= x2 cos x + 2 0x t cos tdt
R
Zb
f (ϕ( x))ϕ0 ( x)dx = [F ◦ ϕ( x)]ab
a
= F (ϕ(b)) − F (ϕ(a))
= F (β) − F (α)
Zβ
= f ( t)dt.
α
u
t
Applications :
1. Soit f une fonction numérique continue et T -périodique, a un nombre réel. On a :
Ra + T
f ( t)dt = 0a f ( t)dt
R
T
2. Soit f une fonction paire (resp. impaire ) définie sur R et a ∈ R. On a :
Ra Ra Ra
−a f ( t) dt = 2 0 f ( t) dt (resp. −a f ( t) dt = 0)
Exemples :
R π2 4
1. Calcul de I = 0 (sin x + 1)sin 2 xdx
R π2
I = 0 (sin4 x + 1)sin 2 xdx
Rπ
= 02 (sin4 x + 1)2 sin x cos xdx
Rπ
= 2 02 (sin5 x + sin x)cos xdx
On pose t = sin x
π
donc dt = cos xdx et si x = 0 alors t = 0 et si x = 2 alors t = 1, d’où :
R π2
I = 2 0 ( t5 + t)dt
6 2
= 2[ t6 + t2 ]10
= 43
2. Cherchons la primitive de x −→ (1+1x)px sur R∗+ qui s’annule en 1.
Rx 1p
Notons F cette primitive, donc ∀ x > 0, F ( x) = 1 (1+ t) t dt
p dpt
On pose u = t, donc du = = 2dut
2 t
donc :
F ( x) = 1x 1 p dt
R
(1+ t) t
p
R x 2 udu
= 1 2
(1+ u ) u
p
x
= 2[arctan u]1
p
= 2 arctan x − π
2
e α x (α 6= 0) 1 αx
αe R
sin x − cos x R
cos x sin x R
sh x ch x R
ch x sh x R
th x ln ch x R
coth x ln | sh x| R∗
tan x − ln | cos x| R\{ π
2 + nπ/n ∈ Z}
cot x ln | sin x| R\{ nπ/n ∈ Z}
1 2
2 = 1 − th x th x R
ch x
1 = cot2 x − 1 − cot x R∗
sh2 x
1 = 1 + tan2 x tan x R\{ π
cos2 x 2 + nπ/n ∈ Z}
1 = 1 + cot2 x − cot x R\{ nπ/n ∈ Z}
sin2 x
xα (α ∈ R\Z) xα+1 R+
α +1 ∗
1
x ln | x| R∗
1
arctan x R
1+ x 2 ¯ ¯
1 1 ln ¯ 1+ x ¯ R\{−1, 1}
1− x 2 ³2 p1− x ´
¯ ¯
p 1 ln x + 1 + x2 R
1+ x 2
p 1 arcsin x ] − 1, 1[
1− x 2 ¯ p ¯
p 1 ln ¯ x + x2 − 1¯ ] − ∞, −1[∪]1, +∞[
¯ ¯
x 1 −1
Cas particulier : Pour tout nombre a ( réel ou complexe ) non nul, on a sur tout R :
1 ax
Z
e ax dx = e + cte
a
D’où, en posant a = α + iβ, et en séparant les parties réelle et imaginaire :
α cos β x + β sin β x α x
Z
e α cos β xdx = e + cte
α2 + β2
et
α sin β x − β cos β x α x
Z
e α sin β xdx = e + cte.
α2 + β2
et on est ramené à chercher une primitive des éléments simples de seconde espèce et dans ce cas, on a, d’une
manière générale :
Pour tout m, p, α et β (β 6= 0) de R,
mx + p m p + mα x−α
Z
dx = ln[ x − α)2 + β2 ] + arctan + cte
( x − α)2 + β2 2 β β
En particulier, pour tout nombre réel m 6= 0, on a sur R :
dx 1 x
Z
= arctan + cte.
x2 + m2 m m
ax + b a 2( x − p)dx dx
Z Z Z
= + ( b + a p)
[( x − p)2 + q2 ]n 2 [( x − p)2 + q2 ]n [( x − p)2 + p2 ]n
R du
La première intégrale est de la forme un , la seconde se calcule à l’aide de changement de changement de variable x − p = q tan t.
Exemple : Calcul de I = 1− x
R
dx.
( x2 + x+1)
Posons u = x + x + 1 ; du = (2 x + 1)dx ; 1−2x = 21 2−22 x = 12 3−(1+
2 2 x)
, donc on a :
u u u2
3 dx 1 du 11
Z Z
I= − =J+ .
2 u2 2 u2 2u
avec J = 3R dx
2 ( x2 + x+1)2 .
³ ´2
Écrivons u = x + 12 + 43 et faisons la changement de variable défini par : x + 21 = 34 tan t, donc
³ ´
x +1
t = arctan 2p , et u = 3
3 4 cos2 t
et par conséquent
Zp
3 3 dt 16 cos2 t 4 2t 1
Z
J= =p cos2 tdt = p + p sin2 t + C
2 2 cos2 t 9 3 3 3
p
2 tan t 3(2 x+1)
La relation sin 2 t = implique sin2 t = et par conséquent :
1+tan2 t 2( x2 + x+1)
2 2x + 1 x+1
I = p arctan p + + C.
3 3 x2 + x + 1
à !
Exemple : d x = R 2d t 1 R 2d t 2
= 1+−
R
= tan 2x
+ cte
1+sin x 1+ t 2 1+ 2 t 2 (1+ t)2
1+ t
sin5 x
¶
−1 1
Z Zµ
I= dx = + 2 t − t3 dt = − ln | cos x| + cos2 x − cos4 x + cte
cos x t 4
2. Si l’expression F (sin x, cos x)dx est invariante par la transformation x −→ π − x, dans ce cas on utilise le changement de
variable t = sin x. R 2 cos x
Exemple : Pour calculer l’intégrale J = 3− cos2 x dx, on utilise le changement x = sin x, d’où :
2 cos x cos dt
Z Z Z
J= dx = dx = = ln | t| + cte = ln | tan x| + cte
3 − cos2 x 1 + sin2 x 1 + t2
3. Si l’expression F (sin x, cos x)dx est invariante par la transformation x −→ x + π, dans ce cas on utilise le changement de
variable t = tan x. R 3 3
Exemple : Pour calculer l’intégrale K = cos5 x dx, on observe que cos5 x dx est invariant par la transformation x −→ x + π,
sin x sin x
donc on utilise le changement x = tan x, d’où :
2t 1 + t2 2 dt
sh x = , ch x = , dx = .
1 − t2 1 − t2 1 − t2
l’intégrale proposée s’écrit sous la forme : Ã !
2t 1 + t2
2 dt
Z
R , .
1 − t2 1 − t2 1 − t2
Exemples :
R dx R dt
1. sh x
= t = ln | t| + cte = ln | th 2x | + cte
R d x R 2d t ¡ x¢
2. ch x= 2 = 2 arctan t + cte = 2 arctan th 2 + cte
1+ t
Remarque : On peut utiliser le changement de variable t = e x qui ramène lui aussi à une fraction rationnelle. Dans ce cas on
a:
t2 − 1 t2 + 1 t2 − 1 dt
sh x = , ch x = , th x = , dx = .
2t 2t t2 + 1 t
11 Intégrales abéliennes
q p
Ce sont les intégrales de type ∈ F ( x, y)dx où F est une fraction rationnelle et où y = n ax+ b ou y = ax2 + bx + c.
cx+ d
³ q ´
11.1 Les primitives des fonctions F x, n ax+b
cx+d
On effectue le changement de variable : s
n ax + b
y=
cx + d
donc
b − d yn
x = c yn −a et dx = adn− bc2 m y m−1 d y.
( c y −a)
R q a+ x d x
Exemple : Calcul de I = a− x x . (a > 0)
y2 −1
q
Effectuons la changement de variable y = aa+ x
− x ou x = a 2 , donc I devient : y +1
p p
4 y2 d y
r
2d y 2d y a+x | a + x − a − x|
Z Z Z
= + = 2 arctan + ln p p + cte.
( y2 + 1)( y2 − 1) y2 + 1 y2 − 1 a−x a+x+ a−x
³ p ´
11.2 Les primitives des fonctions F x, ax + bx + c
2