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Permutations et Groupes Symétriques

Le chapitre 17 traite des groupes symétriques, en définissant les permutations et leurs propriétés. Il aborde la décomposition des permutations en cycles et transpositions, ainsi que la structure du groupe symétrique S_n. Des théorèmes et propositions illustrent la non-commutativité de ces groupes et les relations entre cycles et transpositions.

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Permutations et Groupes Symétriques

Le chapitre 17 traite des groupes symétriques, en définissant les permutations et leurs propriétés. Il aborde la décomposition des permutations en cycles et transpositions, ainsi que la structure du groupe symétrique S_n. Des théorèmes et propositions illustrent la non-commutativité de ces groupes et les relations entre cycles et transpositions.

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Chapitre 17

G ROUPE SYMÉTRIQUE
Mohamed TARQI

Table des matières


1 Structure de groupe 1
1.1 Définitions et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Permutations particulières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.1 Les transpositions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2.2 Les cycles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

2 Décomposition d’une permutation 3


2.1 Décomposition en produit de cycles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Décomposition en produit de transpositions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

3 Signature d’une permutation. Groupe alterné 5


3.1 Signature d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.2 Groupe alterné . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

•••••••••••

1 Structure de groupe
1.1 Définitions et propriétés
Définition 1.1 Soit E un ensemble fini. On appelle permutation de E une bijection de E . On note S (E ) l’ensemble des
permutations de E . Si E = [[1, n]], on note S n l’ensemble des permutations de [[1, n]].

En général, une permutation est notée σ, %,..., id désigne la permutation identique. La composée σ ◦ % sera notée
tout simplement σ%.

Exemple :
µ ¶
1 2 3 4 5 6
1. Sur [[1, 6]], σ = représente la permutation σ définie par :
3 5 1 2 4 6

σ(1) = 3, σ(2) = 5, σ(3) = 1, σ(4) = 2, σ(5) = 4, σ(6) = 6.


µ ¶
−1 1 2 3 4 5 6 −1
σ , sa bijection réciproque, est définie par : σ = .
3 4 1 5 2 6
µ ¶ µ ¶ µ ¶
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6
2. La composition de σ = et ρ = et la permutation ρσ = .
3 5 1 2 4 6 5 1 4 3 6 2 4 6 5 1 3 2

Proposition 1.1 L’ensemble des permutations d’un ensemble fini est fini, en particulier card S n = n!.

Démonstration : Voir chapitre "ensembles finis et dénombrement". u


t

Théorème et définition 1.1 L’ensemble des permutations de [[1, n]], muni de la loi de composition des appli-
cations est un groupe. On l’appelle groupe symétrique.

1
C HAPITRE 17 G ROUPE SYMÉTRIQUE

µ ¶
a b c x ... y
Remarque : Le groupe (S n , ◦) est non commutatif pour n ≥ 3, par exemple , pour σ = et % =
b c a x ... y
µ ¶
a b c x ... y
on a : σ% 6= %σ.
b a c x ... y

Définition 1.2 On appelle support de la permutation σ d’un ensemble E l’ensemble { x ∈ E /σ( x) 6= x}. On le note suppσ.

Remarque : Si σ et % sont à supports disjoints, alors σ% = %σ. En effet, si x ∉ suppσ, σ( x) ∈ supp% et donc %σ( x) = σ( x)
et σ%( x) = σ( x), donc %σ = σ%.

1.2 Permutations particulières


1.2.1 Les transpositions
Définition 1.3 On appelle transposition τ i j de i et j la permutation définie par :
τ i j ( i ) = j, τ i j ( j) = i et τ i j ( k) = k, ∀k 6= i et k 6= j.

Elle permute uniquement les deux termes i et j.

Remarques :
1. Une permutation σ est une transposition si, et seulement si, son support se réduit à deux éléments.
2. Pour toute transposition τ i, j , τ−i,1j = τ i, j .

1.2.2 Les cycles


Définition 1.4 On dit que σ ∈ S n (n ≥ 2) est un cycle de longueur l s’il existe a1 , a2 ,..., a l distincts de [[1, n]] tels que :
1. σ(a1 ) = a2 , σ(a2 ) = a3 ,..., σ(a l −1 = a l , σ(a l ) = a1
2. Pour tout élément b ∈ [[1, n]]\{a1 , a2 ,..., a l }, σ(b) = b
En général, on pose σ = (a1 , a2 ,..., a l ). Un cycle de longueur n est appelé une permutation circulaire.

Exemples :
µ ¶
1 2 3 4 5 6
1. σ = est le cycle (1, 3, 6, 5).
3 2 6 4 1 5
µ ¶
1 2 3 4 5 6
2. σ = est le cycle (1, 6, 5, 3, 4, 2) ; c’est une permutation circulaire.
6 1 4 2 3 5

Remarques :
1. Le support d’un cycle (a1 , a2 ,..., a l ) est {a1 , a2 ,..., a l }.
2. Si σ = (a1 , a2 ,..., a l ) alors σ−1 = (a l , a l −1 ,..., a1 ).
3. Si σ est un cycle de longueur l alors σl = id .

Définition 1.5 Soit σ une permutation de S n et k un élément de ∈ [[1, n]]. On appelle orbite de k l’ensemble {σ p (k)/ p ∈ N}.
On le note O (k).

Remarque : L’ensemble des orbites forme une partition de ∈ [[1, n]] : ∈ [[1, n]] = O ( k ).
S
k∈[[1,n]]

µ ¶
1 2 3 4 5 6
Exemple : Pour σ = il y a trois orbites : {1, 3, 6}, {2} et {4, 5}.
3 2 6 5 4 1

Proposition 1.2 Les orbites d’une permutation sont de la forme { i, σ( i ),..., σ p ( i )}, formé des éléments dis-
tincts, avec σ p+1 ( i ) déjà trouvé dans l’orbite.

Cours de Mathématiques MP 2/6 Rédigé par: M.Tarqi


C HAPITRE 17 G ROUPE SYMÉTRIQUE

Démonstration : On a nécessairement σ p+ i ( i ) = i , en effet, si σ p+1 ( i ) = σk ( i ) avec k > 0, alors, en composant par


σ−k , on aurait σ p+1−k ( i ) = i , ce qui contredit la définition de p. D’autre part, les autres permutations de puissances
n supérieures à p appartiennent à l’orbite, il suffit de considérer la division de n par p, n = pq + r, 0 ≤ r < p, pour
voir que σn ( i ) = σr ( i ) est déjà dans l’orbite. u
t

2 Décomposition d’une permutation


2.1 Décomposition en produit de cycles
Théorème 2.1 Toute permutation de S n (n ≥ 2) se décompose en produit de cycles à supports deux à deux
disjoints. Cette décomposition est unique à l’ordre prés des facteurs.

Démonstration : Soit σ ∈ S n \{ id }, alors il existe un élément de {1, 2,..., n}, noté a1 tel que σ(a1 ) 6= a1 . Soit E = {α ∈ N
/ σα (a1 ) ∈ {a1 , σ(a),..., σα−1 (a1 )}}, c’est une partie de N non vide ( n ∈ N ). Considérons donc q = inf E .
On a σ q (a1 ) ∈ {a1 ,..., σ q−1 (a1 )} alors σ q (a1 ) = a1 , en effet, si σ q (a1 ) = σk (a1 ) avec (0 < k < q), alors σ q−k (a1 ) = a1 ceci
contredit le choix de q.
Posons S = suppσ\suppc1 où c1 = (a1 , σ(a),..., σ q−1 (a1 )) et soit σ1 la permutation définie par :
½
σ( x) si x ∈ S
σ1 ( x ) =
x si x ∉ S
Alors σ = c1 σ1 , en effet, on a :
• si k ∉ suppσ = S ∪ suppc1 = supps ∪ suppc, alors c1 σ1 (k) = c1 (k) = σ(k) puisque suppσ1 ∩ suppc1 = ;.
• si k ∈ suppc1 il existe (0 ≤ r ≤ q − 1) tel que k = σr (a1 ) et donc :

c 1 σ1 ( k ) = c 1 σ1 σ r ( a 1 )
= c1 σr ( a1 )
= σr+1 ( a1)
= σ( σ k ( a 1 )
= σ( k )

• si k ∈ suppσ1 , c1 σ1 (k) = σ1 c1 (k) = s(k) = σ(k) par construction.


D’où : σ = c1 σ1 , par récurrence sur le cardinal de suppσ, on montre que σ1 est le produit des cycles deux à deux
disjointes. u
t

Remarque : Soit σ = c1 c2 ...c p une permutation décomposée en un produit de cycles à supports disjoints. Pour
tout entier m, on a :
σm = c1m c2m ...c m
p.

Exemple d’application : Considérons la permutation :


¡1 2 3 4 5 6 7¢
σ= 2461735 = (124)(36)(57)

Alors on peut écrire :


¡1 2 3 4 5 6 7¢
σ2006 = (124)2006 (36)2006 (57)2006 = (124)3×668+2 = (124)2 = (142) = 2431567

2.2 Décomposition en produit de transpositions


Proposition 2.1 Les transpositions engendrent le groupe symétrique S n .

Démonstration : Il suffit de prouver que tout cycle se décompose en transposition, cela découle de l’égalité :
(a1 , a2 ,..., a l ) = (a1 , a2 )(a2 , a3 )...(a l −1 , a l ).
u
t

Proposition 2.2 Les transpositions τ i,i+1 (1 ≤ i ≤ n − 1) engendrent le groupe symétrique S n .

Cours de Mathématiques MP 3/6 Rédigé par: M.Tarqi


C HAPITRE 17 G ROUPE SYMÉTRIQUE

Démonstration : Toute permutation étant le produit de transposition, il suffit donc de prouver que toute trans-
position est produit de transpositions de type τ i,i+1 .
En effet, Soit τ = τ p,q une transposition de S n , ( p < q).
On pose :
γ = τ p,p+1 ◦ τ p+1,p+2 ...τ q−2,q−1 ◦ τ q−1,q ◦ τ q−1,q−2 ...τ p+2,p+1 ◦ τ p+1,p

on a :
γ( p) = q, γ( q) = p et γ( k) = k si k ∉ { p, q}

d’où

τ = γ.

Remarque : Il y a (n − 1) générateurs de ce type.

Proposition 2.3 Le groupe S n est engendré par la transposition τ = (1, 2) et le cycle c = (1, 2,..., n).

Démonstration : Montrons d’abord que si σ ∈ S n , c = (a1 , a2 ,...a r ) un cycle, alors

σ cσ−1 = (σ( a1 ), σ( a2 ),..., σ( a r )).

En effet, posons γ = (σ(a1 ),..., σ(a r )), F = {σ(a i ), i = 1,..., r} et E = F ∪ F c = {1, 2,..., n}.
1 er cas : k ∈ F, k = σ(a i ) pour un certain 1 ≤ i ≤ r.
on a :
½
σ( a i+1 ) si 1 ≤ i < r
γ( k) = γ(σ( a i )) =
σ( a1 ) si i = r

et
½
σ( a i+1 ) si 1 ≤ i ≤ r
σ c σ− 1 ( k ) = σ c ( a i ) =
σ( a1 ) si i = r

d’où σ cσ−1 = γ
2 e cas : k ∉ F

k = σ(α), α ∉ {a1 , a2 ,..., a r }

γσ(α) = σ(α) = k

σ cσ−1 ( k) = σ c(α) = σ(α) = k

d’où :
σ c σ− 1 = γ
Montrons maintenant que S n est engendré par τ = (1, 2) et c = (1, 2,..., n), il suffit de vérifier que pour tout 1 ≤ i ≤
n − 1, ( i, i + 1) est une expression de τ et σ

(1, 2) = τ1 c0

cτ c−1 = ( c(1), c(2)) = (2, 3)

c i τ c− i = ( c i (1), c i (2)) = ( i + 1, i + 2), i ≤ n − 2

donc si σ ∈ S n , σ = c i −1 τ c 1 − i . u
Q Q
( i, i + 1) = t
fini fini

Remarque : (τ, c) est le minimum de générateurs de S n , on dit que S n est un groupe dicyclique, les groupes diédraux sont
aussi des groupes dicycliques.

Cours de Mathématiques MP 4/6 Rédigé par: M.Tarqi


C HAPITRE 17 G ROUPE SYMÉTRIQUE

3 Signature d’une permutation. Groupe alterné


3.1 Signature d’une permutation
Théorème et définition 3.1 Soit σ ∈ S n une permutation de S n , il y a égalité entre les quatre quantités sui-
vantes :
1. (−1)T où T est le nombre de transpositions dans une décomposition de σ en un produit de transpo-
sitions.
2. (−1)n−D où D est le nombre d’orbite de σ.
3. (−1) I où I est le nombre d’inversions de σ, c’est-à-dire le nombre de couples ( i, j) avec i < j et σ( i ) >
σ( j ) .
Q σ( i)−σ( j )
4. i− j .
i< j

Cette quantité commune s’appelle signature de la permutation σ, on la note ε(σ).

σ( i)−σ( j )
Remarque : La quantité (4) s’écrit aussi :
Q
i− j
i6= j

Démonstration : Montrons que (1) = (2). Notons ε(σ) la quantité (2). On remarque que, pour toute permutation σ
et toute transposition τ, ε(στ) = −ε(τ). En effet, si τ = τ i j , nous avons deux cas à envisager :
1. i et j sont dans le même orbite de σ { i, σ( i ),..., σ p ( i )}, σk ( i ) = j et σ p+1 ( i ) = i. L’orbite de i par στ est l’ensemble
formé par les éléments suivants : i , στ( i ) = σ( j) = i , (στ)2 ( i ) = στσk+1 ( i ) = σk+2 ( i ) sauf si k + 2 = p + 1....(στ)r ( i ) =
σk+r ( i ) tant que k + r < p + 1...(στ) p−k+1 ( i ) = (στ)(στ) p−k ( i ) = σ p+1 = i .
L’orbite de j contient donc les nombres σr ( i ) avec 1 ≤ r ≤ k. L’orbite initiale est donc scindée en 2. Les autres
orbites sont invariantes par τ. Il y a une orbite de plus. Donc ε(στ) = −ε(τ).
2. i et j sont dans deux orbites différentes de σ. L’orbite de i par σ est { i, σ( i ),..., σ p ( i )} et celle de j est { j, σ( j),..., σk ( j)},
σk ( i ) = j.
L’orbite de i par στ est l’ensemble formé par les éléments suivants : i , στ( i ) = σ( j) = i , (στ)2 ( i ) = στσ( j) = σ2 ( j)
sauf si k = 1....(στ)r ( i ) = σr ( j) sauf si k = r − 1...(στ)k ( i ) = (στ)σk−1 ( j) = σk ( j), (στ)k+1 ( i ) = (στ)σk ( j) = σk+1 ( j) = j,
(στ)k+2 ( i ) = (στ)( j) = σ( i )... (στ)k+1+r ( i ) = σr ( i )...(στ)k+1+ p ( i ) = σ p ( i )
L’orbite de i par στ est constituée de la réunion de deux orbites de i et de j par σ. Les autres orbites sont
invariantes par τ. Il y a donc une orbite de moins. Donc ε(σ) change de signe.
Montrons que (4) = (3). La quantité (3) = (4), en effet, le numérateur et le dénominateur comporte tous les produits
i − j, au signe près, du fait de la bijectivité de σ. En valeur absolue, cette quantité égale à 1, son signe est donnée
par le nombre de couple ( i, j) tel que i < j et σ( i ) > σ( j), c’est-à-dire le nombre d’inversions de σ.
Q σ( i)−σ( j )
Montrons enfin que (1) = (3). Posons ε0 (σ) = i− j , on a :
i6= j

Y σσ0 ( i ) − σσ0 ( j)
ε0 (σσ0 ) =
i6= j i− j
Y σσ0 ( i ) − σσ0 ( j) Y σ0 ( i ) − σ0 ( j)
= 0 0
i6= j σ ( i ) − σ ( j) i6= j i− j
Y σ( I ) − σ( J ) Y σ0 ( i ) − σ0 ( j )
=
i6= j I−J i6= j i− j
= ε 0 ( σ) ε 0 ( σ0 )

en posant I = σ0 ( i ) et J = σ0 ( j).
Enfin, pour une transposition, ε0 (τ) = −1, en effet, si τ = ( i, j) alors il y a 2( j − i ) − 1 inversions, donc par récurrence
sur le nombre de transpositions qui constitue une permutation σ, ε0 (σ) est égale à la formule (1).
Ainsi toutes les formules sont donc égales. u
t

Cours de Mathématiques MP 5/6 Rédigé par: M.Tarqi


C HAPITRE 17 G ROUPE SYMÉTRIQUE

Exemples :
1. L’application σ de [1, n] de [|1, n|] définie par x 7−→ n + 1 − x admet pour inversions tous les couples ( i, j) tels
2 n(n−1)
que ( i < j). Donc ε(σ) = (−1){n = (−1) 2 .
2. ε(a1 , a2 ,..., a l ) = ε[(a1 , a2 )(a2 , a3 )...(a l −1 , a l )] = (−1)l −1 .
µ ¶
1 2 3 4 5 6 7 8 9
3. Si σ = , alors σ = (1345)(279)(6810) = (13)(34)(45)(27)(79)(68) et donc ε(σ) =
3 7 4 5 1 8 9 6 2
10−6
(−1) = 1.

3.2 Groupe alterné


Théorème et définition 3.2 L’application σ 7−→ ε(σ) est un morphisme du groupe (S n , ◦) sur le groupe ({−1, 1}, ×).
Son noyau ( l’ensemble des permutations paires ) est un sous-groupe de S n . On l’appelle le groupe alterné
d’indice n, et il est noté An .

Démonstration : D’après le paragraphe précédent, la formule (1) permet de voir que ε(σσ0 ) = ε(σ)ε(σ0). ε est
donc un morphisme du groupe (S n , ◦) dans le groupe ({−1, 1}, ×). L’image réciproque de 1 par ε est l’ensemble des
permutations paires est un groupe, sous-groupe de groupe symétrique. u
t

Remarque : Il y a autant de permutations paires que des permutations impaires, en effet, fixons τ une permu-
tation impaire ( par exemple une transposition ), alors la transformation σ 7−→ τσ est une bijection de S n qui
transforme une permutation paire en une permutation impaire. En particulier card An = n2! .

Proposition 3.1 Le groupe alterné An est engendré par les 3-cycles.

Démonstration : • Si n = 2 alors S2 = { id, (1, 2)} et A 2 = { id }.


• Si n = 3 alors A 3 = { id, (1, 2, 3), (1, 3, 2)}.
• Soit n ≥ 4 et σ ∈ A n , σ = τ1 τ2 ...τr , les τ i sont des transpositions.
r
Y
ε ( σ) = 1 =⇒ ε (τ i ) = 1
i =1
r
(−1) = (−1)r = 1
Y
=⇒
i =1
=⇒ r = 2s

donc σ = τ1 τ2 ...τ2s−1 τ2s . σ étant un produit de doubles transpositions, donc il suffit de vérifier que chaque double
transposition est un produit de 3-cycles.
Or les deux sortes de doubles transpositions sont ( i, j)( j, k) et ( i, j)(k, l ). On a ( i, j)( j, k) = ( i, j, k) et ( i, j)(k, l ) =
( i, j)( j, k)( j, k)(k, l ) = ( i, j, k)( j, k, l ). D’où le résultat.
u
t

• • • • • • • • ••

Cours de Mathématiques MP 6/6 Rédigé par: M.Tarqi

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