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Monitoring de Protection 17 PG

Ce document présente les procédures opérationnelles standardisées pour le monitoring de protection dans le cadre des opérations de l'UNHCR en Somalie et en RDC. Il définit les objectifs, les fiches de collecte d'information, les formats de rapports, et les lignes directrices pour assurer une documentation efficace des incidents de protection et des violations des droits de l'homme. Le document inclut également des protocoles pour la gestion des informations confidentielles et le partage des données avec des tiers.

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Monitoring de Protection 17 PG

Ce document présente les procédures opérationnelles standardisées pour le monitoring de protection dans le cadre des opérations de l'UNHCR en Somalie et en RDC. Il définit les objectifs, les fiches de collecte d'information, les formats de rapports, et les lignes directrices pour assurer une documentation efficace des incidents de protection et des violations des droits de l'homme. Le document inclut également des protocoles pour la gestion des informations confidentielles et le partage des données avec des tiers.

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Mai 2013

Procédures opérationnelles standardisées

Monitoring de Protection
Mai 2013

Sources Exploitées : Opérations de l’UNHCR en


Somalie et en RDC
Table des matières

I. Définition et objectifs
II. Fiches de collecte d’information
III. Formats des rapports standards
IV. Lignes directrices d’interview de monitoring de protection
V. Standard minimum pour l’interview/reportage
VI. Lignes directrices sur l'utilisation et la gestion des informations
confidentielles
VII. Protocole de partage des informations avec des tiers

Annexes

2/17

The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
I. Définition et objectifs

Le mécanisme de surveillance ou monitoring de protection est un outil de protection


pour :
Assurer que les incidents de protection soient documentés et rapportés ainsi
que, si possible, référés ou aiguillés utilement vers un prestataire de services
pour toute forme d’aide externe.
Former la base d’un système d’alerte précoce pour assurer la mobilisation de
l’assistance externe si la capacité locale ne peut pas faire face à l’événement.
Analyser les tendances/statistiques des incidents pour mieux prioriser et cibler
les activités de protection dans les zones concernées et faire le plaidoyer à
tous les niveaux (local, territorial, provincial, national, international) afin de
prévenir et répondre aux incidents
Sensibiliser les communautés par la collecte des informations et d’interviews
respectifs sur leurs droits, leurs obligations et l’assistance disponible.

Le monitoring de protection inclut des incidents de protection et violations de droits


de l’homme qui sont perpétrés par des civils, des membres de groupes ou forces
armés et agents de l’Etat.

Ce document comprend deux parties : premièrement, le cadre « technique » qui


élabore les définitions des termes utilisés dans les fiches et les règles techniques à
appliquer quant à la compilation des informations collectées. Deuxièmement, il y a
une partie dite « contenu » dans laquelle les standards minimums de protection pour
la collecte des informations sont expliqués.

II. Fiches de collecte d’information

Les définitions/explications pour les différentes informations à collecter par fiches


sont fournies ci-après. Il est crucial que les moniteurs chargés du monitoring
de protection adhèrent strictement à ces explications pour la collecte des
informations afin de garantir la qualité et l’analyse des données collectées par
préfecture et permettre l’analyse statistique des données au niveau national.

Règle générale :
Pour décider si on a un ou plusieurs incidents de protection (i.e. doit remplir une ou
plusieurs fiches) pour ce système de monitoring de protection, un incident de
protection est défini comme une infraction et/ou une violation perpétrée par un ou
plusieurs auteur(s) dans une localité déterminée envers une victime à un temps
précis.

Exemple :

Si trois femmes étaient violées en allant au marché = 3 fiches différentes à remplir.

Si une femme vient vous voir le mardi et encore le mercredi et vous raconte qu’elle a
été battue les deux jours par son mari = 2 fiches différentes à remplir.

Si un homme vous raconte que sa maison a été pillée le dimanche et que des bandits
sont revenus le lendemain pour le battre = 2 fiches différentes à remplir.
3/17

The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
Les termes utilisés dans les fiches, qui ne sont pas évidents ou pourraient
être interprétés/compris différemment, sont définis ci-après.

Fiche de collecte des incidents de protection1

2.1. Nom de la victime


Le nom de la victime est à indiquer avec un code anonyme; néanmoins, si la victime et/ou
le moniteur/chargé de protection pensent que ce n’est pas approprié, ou la situation
sécuritaire ne le permet pas, le moniteur/chargé de protection peut décider ou pas de
mettre le nom de la victime.
2.2. Type de population
IDP Une personne qui est forcée ou contrainte à
fuir ou à quitter son foyer ou son lieu de
résidence habituel, notamment en raison d’un
conflit armé, de situations de violence
généralisée, de violations de droits de l’homme
ou de catastrophes naturelles ou provoquées
par l’homme ou pour en éviter les effets, et qui
n’a pas franchi les frontières internationales
reconnues d’un Etat.
IDP retourné Une personne forcée ou contrainte à fuir ou à
quitter sa localité d'origine ou de résidence
habituelle, vers une autre localité et qui est
retournée dans sa localité d'origine ou de
résidence habituelle de façon définitive.
Rapatrié Est un réfugié qui était en exil et qui est
retourné volontairement dans son pays
d'origine ou de résidence habituelle avec
l’assistance de l’UNHCR.
Rapatrié spontané (ancien réfugié) Est un réfugié qui était en exil et qui est
retourné volontairement dans son pays
d'origine ou de résidence habituelle sans en
informer l’UNHCR.
Réfugié Une personne qui craignant avec raison d’être
persécutée du fait de sa race, de sa religion, de
sa nationalité, de son appartenance à un
certain groupe social ou de ses opinions
politiques, se trouve hors du pays dont elle a la
nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette
crainte, ne veut se réclamer de la protection de
ce pays.
Le terme "réfugié" s'applique également à
toute personne qui, du fait d'une agression,
d'une occupation extérieure, d'une domination
étrangère ou d'événements troublant
gravement l'ordre public dans une partie ou
dans la totalité de son pays d'origine ou du
pays dont elle a la nationalité, est obligée de

1
Cf. Annexe 1 : « Fiche de collecte des incidents de protection ».
4/17

The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
quitter sa résidence habituelle pour chercher
refuge dans un autre endroit à l'extérieur de
son pays d'origine ou du pays dont elle a la
nationalité.
Demandeur d’asile Une personne qui a déposé sa demande de
statut de réfugié et est en attente de recevoir
une réponse sur son statut auprès des
autorités de son pays d'accueil ou de l’UNHCR.
Résident Une personne qui a son foyer/résidence
habituelle dans la zone où l’incident a eu lieu.
Migrant Une personne se trouvant hors du territoire de
l’État dont elle est un ressortissant et qui ne
bénéficie ni du statut de réfugié, ni du statut
de résident permanent ou d’un statut similaire,
ni d’une protection juridique découlant
d’accords diplomatiques.
Transhumant Eleveur très mobile qui se déplace chaque
année entre des lieux de pâturage saisonniers
bien définis et qui peut se livrer à une forme
d'agriculture non sédentaire.
Apatride Une personne qui n'est reconnue par aucun
Etat comme son national en vertu de sa
législation.
Autre Indiquez la catégorie
2.3. Sexe
Sexe Masculin (M) ou Féminin (F)
2.4. Age/Date de naissance

Il est possible que la victime ne connaisse pas la date exacte de sa naissance. Dans ce cas,
il faut mettre ce qui suit : si le jour de naissance n’est pas connu on met toujours « 1 »
pour le jour, [Link]. 1 décembre 1998 ; si le mois n’est pas connu, on met toujours
« janvier », [Link]. 1 janvier 1998; si l’année n’est pas connue on calcule l’année de
naissance par rapport à l’âge indiqué.
2.5. Relation avec le chef de ménage
Décrire la relation de la victime par rapport au chef de ménage : chef de ménage lui-
même, conjoint, fils, fille, autre.
2.6. Besoins spécifiques
Une personne avec un besoin spécifique de protection qui devrait être considéré pour le
suivi et/ou l’analyse des données. Ex. enfants chefs de ménage, personnes âgées sans
soutien familial ou communautaire, personnes handicapées physiques/mentales, etc.
3.3. Lieu de l’incident
Le lieu exact où s’est passé l’incident (si possible localité/village).
3.6. Violations
Assassinat/meurtre Tout acte par lequel une personne met fin à la vie
d’une autre d’une façon intentionnelle.
Agression physique/coups et Tout acte qui porte atteinte à l’intégrité physique
blessures/mutilation d’un autre être humain.
Amputation partielle/totale ou destruction
partielle/totale d’un membre ou d’un organe.
Torture et traitements inhumains Tout acte par lequel une douleur ou des souffrances

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The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
aiguës, physiques ou mentales, sont
intentionnellement infligées à une personne aux fins
notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne
des renseignements ou des aveux, de la punir d'un
acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est
soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire
pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression
sur une tierce personne, ou pour tout autre motif
fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle
soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances
sont infligées par un agent de la fonction publique ou
toute autre personne agissant à titre officiel ou à son
instigation ou avec son consentement exprès ou
tacite. Ce terme ne s'étend pas à la douleur ou aux
souffrances résultant uniquement de sanctions
légitimes, inhérentes à ces sanctions ou occasionnées
par elles.
Viol Toute acte de pénétration sexuelle (c.à.d. introduire
son organe sexuel, une autre partie de son corps ou
un objet dans l’organe sexuel, l’anus, la bouche de la
victime) commise par une personne avec violence,
contrainte ou menace réalisée à l’encontre d’une
personne, c’est-à-dire sans son consentement.
Agression sexuelle (y compris Toute forme de contact sexuel sans consentement ne
tentative de viol) débouchant pas ou ne reposant pas sur un acte de
pénétration.
Exemples : les tentatives de viol, ainsi que les
baisers, les caresses et les attouchements non
désirés aux parties génitales ou aux fesses. Ce type
d’incident n’englobe pas les viols (qui consistent en
un acte de pénétration).
Arrestation arbitraire et/ou Tout acte abusif/illégal par lequel une personne
détention illégale prive une autre de sa liberté de mouvement.
La détention illégale est l’emprisonnement
injustifié ou la séquestration illégale par voie
d’arrestation et la restriction continue des libertés
individuelles par voie de détention.
Enlèvement, y compris tentative Tout acte par lequel une personne s’empare de
d’enlèvement quelqu’un par la force/violence, par la menace.
Recrutement forcé La convocation par force/menace d’une personne de
servir comme soldat dans une armée officielle ou un
groupe armé.
Travail forcé Le terme travail forcé ou obligatoire désignera tout
travail ou service exigé d'un individu sous la menace
d'une peine quelconque et pour lequel ledit individu
ne s'est pas offert de plein gré.
Extorsion/tribut/taxes Prélèvement d’argent à caractère abusif/illégal sans
illégales/barrières illégales que la trésorerie de l’Etat, la collectivité locale ou
l’établissement public administratif rende un service
en contrepartie aux administrés.
Incendie ou destruction de maison Tout acte par lequel une personne met en feu/détruit
6/17

The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
avec intention la maison/l’habitation d’une autre
partiellement ou complètement.
Vol Tout acte par lequel une personne détourne des
biens ou de l’argent souvent en utilisant la violence,
la force, la menace, la coercition ou la ruse.
Pillage Action d’emporter massivement ce qui se trouve dans
un lieu en causant des dommages et/ou en usant de
violence/force.
Séparation de la famille/familiale Tout acte par lequel un membre de la famille
nucléaire (père, mère, enfants) est séparé des autres
membres de la famille.
Mariage forcé Tout acte par lequel une personne est mariée à une
autre personne sans son consentement.
Autres Toujours spécifier quelle autre violation a été
commise (Ex. entrave à l’accès à la santé, etc.)
3.7. Mouvement de population
Déplacement perlé Déplacement forcé progressif de personnes (moins
de 100 ménages).
Déplacement massif Déplacement forcé de personnes de plus de 100
ménages et/ou 500 personnes.
3.8. Témoins, preuves
Pour vérifier les faits, cela peut être des personnes que l’on peut écouter pour s’assurer de
la véracité de l’information que nous avons en notre possession. Il ne s’agit pas de
récolter des preuves, ni d’enquêter comme le fait la police. (Ex : ne pas rapporter une
rumeur, mais s’assurer que l’information que l’on rapporte est réelle).
3.10. Type de protection
Physique Toute protection pour assurer la protection physique
([Link]. système d’alarme, gardiens, etc.)
Légale Toute protection par l’application de la loi exercée par
les autorités de l’Etat.
Psychosociale Intervention qui consiste à évaluer le fonctionnement
social d’une personne, déterminer un plan
d’intervention et en assurer la mise en œuvre ainsi
que soutenir et rétablir le fonctionnement social de la
personne en réciprocité avec son milieu dans le but
de favoriser son développement optimal.
4.1. Auteur(s) présumé(s)2
CPN Agents de police
CGN Gendarmes
CAN FACA
AAL Autorité administrative locale : tous les agents de
l’état centrafricain relevant de l’administration locale,
sous-préfectorale, préfectorale, etc.
INC Auteur non identifié/inconnu
AUS Autres
GCR Coupeurs de route (Zaraguinas)
GCP CPJP
GFC FDPC

2
Cf. Annexe 3 : fiche de codes pour les présumés auteurs d’incidents de protection.
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The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
GSA SELEKA
GUR UFDR
GAI Groupe armé inconnu
GAU Membre d’un groupe d’auto-défense
MAA Membre de la famille proche : c.à.d. mère/père,
enfants
MAE Membre de la famille éloignée: c.à.d. grand-
père/grand-mère, oncle/tante, cousin(e)
MCC Autre membre connu de la communauté
GMO Mbororo
GMA Mbarara
POC Population civile
FIC FOMAC
GLA LRA
4.2. Nombre des auteurs
Inconnu A cocher si la victime ne peut pas déterminer le
nombre des auteurs.
Non applicable A cocher si le type d’incident est tel qu’on ne peut
pas déterminer le nombre des auteurs, [Link]. pour un
mariage forcé, l’auteur pourrait être le père, la mère,
ou le futur mari qui forcent la fille à se marier.
4.3. Nom de l’auteur
Donnée requise pour l’identification de certains auteurs. Toutefois, cette donnée est
optionnelle et dépend du contexte de collecte de cette donnée.
4.6. Age probable de l’auteur
Mineur/Adulte Identifier s’il s’agit d’un mineur ou d’un adulte.
4.7. Relation avec la victime
Membre de la famille proche Seulement les membres de la famille nucléaire, c.à.d.
mère/père, enfants
Partenaire/ex-partenaire Mari, femme, divorcé(e)
5. Les faits
Ici, mettez au moins les faits les plus importants (qui, où, quand, pourquoi ?) sans mettre
les détails confidentiels si cela peut mettre la victime en danger.
6. Actions de suivi recommandées
Décrivez ici brièvement les actions que vous avez recommandé aux/à la victime(s).

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The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
Fiche de référence des cas de protection3

Cette fiche est seulement à remplir si le partenaire fait aussi la gestion du cas en
fournissant des services d’assistance.

2. Agence de référence
Partenaire à qui le cas est référé
3. Cas référé par
Autorité locale Tous les agents de l’Etat relevant de l’administration locale,
sous-préfectorale, préfectorale, etc.
Partenaire Un partenaire de la communauté internationale, [Link]. ONG
nationale/internationale, association locale, ONU, etc.
Client La victime vient voir le moniteur chargé de monitoring
Cas identifié dans le Le moniteur chargé de monitoring reçoit une information d’un
contexte du monitoring tiers et approche la victime lui-même.
4. Pour quel volet le cas a-t-il été référé ?
Cochez tous les volets qui s’appliquent.
5. Date de la référence
Que faire si la date de référence pour différents volets est différente? Prière de remplir une
nouvelle fiche de référence, dans la mesure où le commentaire (8) s’applique à une date
donnée. Ainsi, à chaque date de référence, une fiche de référence s’impose.
7. Cas après référence
Cas en attente de Aucun traitement n’est administré, bien que le cas soit déjà
traitement référé.
Cas en cours Cas traité, mais pas encore finalisé.
Cas nécessitant un Cas nécessitant des informations supplémentaires pour faciliter
complément l’assistance.
d’information
Service non applicable Le service n’est pas applicable pour la victime ou cette dernière
ou déjà reçu par la a déjà reçu le service.
victime
Cas traité Cas clos ; indiquez la raison de la clôture : a) service fourni ; b)
victime refusait/ ne s’est pas présentée ; c) traitement
nécessaire non disponible.
Service offert, mais La victime n’est pas d’accord pour recevoir le service. Ainsi, la
refusé par la victime raison devrait être mentionnée dans le commentaire de la fiche
de référence (cf. point 8)
Service non disponible Service non disponible dans la localité où le cas a été référé

III. Formats rapports standards

Les informations collectées lors du monitoring de protection sont compilées dans


divers rapports.

Le rapport hebdomadaire
Le rapport hebdomadaire est un résumé compilé par le partenaire et basé sur les
incidents de protection collectés par le biais des fiches individuelles, c’est-à-dire
une source primaire.

3
Cf. Annexe 2 : « Fiche de référence des cas de protection».
9/17

The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
Le rapport « flash »
Les rapports « flash » sont les informations transmises par les moniteurs chargés
de monitoring sur les événements graves/importants qui devraient être
communiqués sans délais au partenaire et à l’UNHCR pour des actions appropriées.
Ces rapports peuvent être basés sur des sources primaires ou secondaires.

Le rapport complémentaire
C’est un rapport de protection basé sur des sources secondaires/tiers collectés par
les moniteurs en forme narrative. Ce rapport dit « complémentaire » peut être
utilisé pour informer les réponses/stratégies des autres partenaires du Cluster.

IV. Lignes Directrices d'interview de monitoring de protection4

AVANT les discussions /interviews...

 Expliquez qui vous êtes, quelles sont les informations que vous cherchez
dans le cadre du monitoring de protection et dans quel but. Expliquez ce
que le Cluster Protection peut faire, mais évitez surtout de soulever de
fausses attentes. Ne faites pas de promesses que les agences humanitaires
ne pourraient pas tenir.

 Évitez la duplication. Assurez-vous que vous ne répétez pas la même


entrevue pour un même groupe ou sur un même site, sauf si l’équipe le
juge nécessaire. Être amené à raconter des expériences difficiles peut
conduire à une peine et à un stress émotionnel.

PENDANT les discussions /interviews...

Protéger les victimes et les témoins - La sûreté et la sécurité des personnes


concernées, ainsi que de l’équipe d’évaluation, doivent être une considération
primordiale en tout temps.
Donner des informations et poser des questions sur les violations des droits
humains peuvent exposer des individus et des communautés à des représailles ou
d'autres menaces. S'assurer que les informations pertinentes, y compris les noms
et les informations sur l'origine ethnique, la religion, les noms des groupes armés
et d'autres facteurs de ce type sont codées.

 Assurez-vous que les entrevues se déroulent dans des lieux sûrs et assurez-
vous de la confidentialité si nécessaire (notamment en ce qui concerne les
filles et les femmes sur les questions relatives aux violences basées sur le
genre).

4
Ces lignes directrices ont été élaborées pour le Cluster Protection en RCA en référence aux
outils d’évaluations rapides de l’IASC et dénommés « MultI-cluster Rapid Assessment tool
(MIRA) ». Référence a été faite spécifiquement aux documents suivants :
« Operational guidance for coordinated assessment in humanitarian crises – IASC, Provisional
Version of March 2012 » et « MultI-cluster/sector Rapid Assessment (MIRA) – IASC,
Provisional Version of March 2012.
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The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
 Ne conduisez pas d’entretiens en présence d'acteurs armés, étatiques ou
non étatiques.

 Evitez de pointer les individus dans les grands rassemblements ou lors des
entrevues de groupe.

 Si les circonstances l’exigent, effectuez l’entrevue en privé. Demandez le


consentement du/des groupe(s) avant de prendre des photos ou des vidéos
des personnes.

 Attitude. Gardez à l'esprit que les gens que vous rencontrez ont peut-être
eu des expériences difficiles ou traumatisantes au cours des violences.
Traitez-les avec respect, essayez de comprendre leur situation et montrez
de l'empathie. Évitez de poser des questions insensibles et n’insistez pas si
la personne semble réticente à donner une réponse. Soyez conscient des
différences culturelles ou des sensibilités qui peuvent jouer un rôle.

 Contenu. Soyez clair d'emblée sur les informations dont vous avez besoin.
Éviter de recueillir des informations détaillées que le Cluster Protection ne
pourra pas utiliser.

 Utiliser des entrevues uniformisées (voir questionnaires ci-joints) afin


d'assurer la collecte structurée et systématique des informations. Essayez
de recueillir des données quantitatives et qualitatives.

 Vérifiez l'information. La vérification des informations est essentielle pour


éviter les malentendus, les fausses interprétations ou la manipulation de
l'information. Soyez familier avec la distinction entre des sources
d'information primaires (directes) et secondaires (indirectes). En règle
générale, soyez prudent avec les rumeurs ou témoignages indirects des
événements.

 Prévenir et répondre à la détresse/douleur émotionnelle. Rappeler des


expériences difficiles vécues lors des violences peut ramener des souvenirs
douloureux et entraîner une peine ou un stress émotionnel. Soyez sensible
à la souffrance. Ne pas forcer si des personnes semblent réticentes à
répondre à une question, et les assurer qu'elles/ils peuvent refuser de
répondre sans expliquer pourquoi, et qu'elles/ils peuvent cesser l'entrevue à
tout moment si elles/ils le souhaitent.

 Identifier et répondre aux besoins. L'entrevue peut révéler des besoins de


protection immédiats ou à moyen terme. Soyez au courant des mécanismes
d'intervention des membres du Cluster Protection et de leurs limitations. Cf.
Annexe 5 : « Cartographie des prestataires de services ».

 Preuve. Au cours du monitoring de protection, ne pas collecter les preuves


matérielles, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Rassembler ou
être en possession de preuves peut mettre votre équipe en danger, peut
interférer avec les enquêtes criminelles, etc.

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The UN Refugee Agency L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés
APRÈS les discussions /interviews...

 La manipulation de l'information imprudente peut placer les individus et les


communautés en danger grave. Ne jamais partager ou révéler les noms des
personnes ou d'autres renseignements identifiables sans le consentement
éclairé et soyez prudents lorsque vous utilisez ou divulguer d'autres
informations. Cela s'applique à tous les membres de votre équipe, y
compris aux traducteurs (si applicable), chauffeurs et autres.

 Prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les informations
recueillies sont uniquement partagées avec ceux qui ont besoin d'y avoir
accès, qu'elles ne tombent pas entre les mains de tiers, et qu'elles ne soient
pas divulguées.

 En principe, les fiches remplies seront partagées uniquement avec l’UNHCR


(Cluster Lead) et DRC (Co-lead).

V. Standards minimums pour l’interview/reportage

Les principes suivants font partie des standards minimums de protection à respecter
pendant la mise en œuvre des activités de monitoring de protection élaborés
notamment dans « Standards professionnels pour les activités de protection », CICR
20105 ; « Femmes, filles, garçons et hommes : des besoins différents, des chances
égales », IASC 20086 ; « Principes d’éthique et de sécurité recommandés par l’OMS
pour la recherche, la documentation et le suivi de la violence sexuelle dans les
situations d’urgence » OMS 20077; « La violence sexuelle et sexiste contre les
réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées » UNHCR 20078, « Le Système de
gestion des informations sur la violence basée sur le genre (GBVIMS) »9
([Link]/contact).

Expertise et ne pas nuire

Surtout dans le domaine de violences sexuelles, il est crucial que les intervenants
aient une expertise professionnelle appropriée pour adhérer au principe « ne pas
nuire » lors de leurs interventions.
Les chargés de protection devraient sensibiliser/informer les victimes sur les services
de qualité pour leur assistance (surtout médicale et psychosociale) ; les chargés de
protection devront faire le référencement seulement auprès des services avec une
expertise professionnelle prouvée.

5
[Link]
6
[Link]
7
[Link]
8
[Link]
9
Le GBVIMS est un système de collecte de données individuelles relatives aux violences basées sur le
genre établi par l’UNHCR, l’UNFPA, l’UNICEF, l’OMS et IRC. Les six catégories de violences
basées sur le genre sont : viol ; agression sexuelle ; agression physique ; mariage forcé, déni de
ressources, d’opportunités ou de services ; et, violences psychologiques/émotionnelles.
12/17

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Dans ce cadre, les chargés de protection veilleront non seulement au respect de la
confidentialité (cf. Ci-dessous) mais aussi assureront le respect du choix des
survivants.

Confidentialité

Il faut protéger à tout moment la confidentialité pour les


personnes qui donnent des informations :
Lorsqu’on s’adresse à des groupes, notamment des focus groupes pour recueillir
des informations sur la violence sexuelle, il faut informer les participants de la
nécessité de la confidentialité, et des mesures de sauvegarde qui seront adoptées
pour protéger leur vie privée. Le mieux est de le faire au début de la réunion, et
de nouveau à la fin, et il faudrait à cette occasion que tous les membres du
groupe reconnaissent qu’ils sont responsables de la confidentialité. Il est
important de conduire la discussion de manière à ne pas exposer ni les
participants, ni encourager le partage des données/informations qui pourraient
permettre l’identification des autres personnes. Il faudrait toujours mener la
discussion dans le sens de comprendre les perceptions des communautés par
rapport à un sujet donné. La confidentialité devrait s’appliquer aussi bien à la
nature de la réunion (c’est-à-dire son sujet), qu’aux propos qui y ont été tenus et
aux personnes y participantes.

Consentement

Il faut que quiconque fournit des informations donne son


consentement éclairé avant de participer à la collecte des
données :
Il faut obligatoirement demander le consentement écrit de la personne
interviewée pour partager les informations obtenues pour l’utilisation à des fins
statistiques ou la gestion de données. Si la personne ne sait pas écrire, la
signature peut être faite par l’empreinte du pouce. Il faut s’assurer, si nécessaire,
que le consentement est traduit dans la langue maternelle de la personne
interviewée et que l’interviewée a bien compris le contenu et les conséquences
de son consentement. Un texte exemplaire est inclus dans les fiches de collecte
d’information.

Il est capital qu’au cours du processus de consentement éclairé


des informations soient données sur chacun des points suivants
(qui devraient tous être communiqués aux participants
potentiels) :
 La raison de l’interview ;
 Le(s) sujet(s) à traiter ;
 Le fait que les questions sont personnelles, et éventuellement
perturbantes ;
 Les risques et avantages potentiels que représente la participation à
l’enquête (sans oublier que les interviewés peuvent mal interpréter la
possibilité d’obtenir des avantages personnels s’ils acceptent de
participer à une interview ou a une autre forme de collecte de
données);
 Les précautions prises pour protéger la confidentialité ;

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 Si l’information sera communiquée, dans ce cas, comment et à qui (si
des informations identifiables vont être communiquées à des tiers, il
faut révéler l’identité de ces tiers) ;
 Leur droit de refuser de prendre part à l’interview ou à certaines parties
de l’interview et/ou de refuser de répondre à telle ou telle question
particulière, et aussi leur droit d’émettre des restrictions sur l’utilisation
de l’information qu’ils ont donnée.

Minimiser les interviews

Il faut à tout moment minimiser le nombre d’interviews


conduites avec la victime :
Un prestataire de service devrait seulement faire une interview supplémentaire
au cas oùu les informations indispensables pour l’intervention n’aient pas déjà été
demandées dans une interview précédemment réalisée dans la cadre de la
prestation d’un autre service de prise en charge; le partage des informations
entre des prestataires de service sera fait seulement avec le consentement de la
victime.

Chronologie des interventions

Le moniteur chargé de monitoring veille à ce que la réponse primaire soit


ciblée pour satisfaire des besoins sécuritaires, médicaux et/ou psychosociaux
imminents10 de la victime ; c’est seulement après ces interventions que sont fournis
une éventuelle assistance juridique ou tout autre type d’assistance.

Code de conduite et politique de tolérance zéro aux abus du pouvoir et à


l’exploitation sexuelle

Afin de prévenir l’exploitation et les abus sexuels, des normes minimales sur la
conduite à tenir en la matière existent. Les principaux principes à
respecter sont : 11

1. Traiter les bénéficiaires d’une manière équitable, et avec respect et dignité.


2. Veiller à avoir une conduite professionnelle et privée irréprochable, qui soit
perçue comme telle.
3. Accomplir ses devoirs officiels et conduire ses affaires privées d’une manière
qui évite les conflits d’intérêts, préservant et renforçant ainsi la confiance du
public dans les organisations humanitaires.
4. Préserver et utiliser de manière responsable les informations et les ressources
auxquelles vous avez accès.
5. Empêcher, opposer et combattre toute exploitation ou abus à l’encontre des
bénéficiaires.

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Dans la mesure du possible, l’assistance psychosociale devrait continuer après le départ de la mission
de l’équipe itinérante.
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Cf. par exemple le code de conduite de l’UNHCR.
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6. S’abstenir de toute participation à des activités criminelles ou non éthiques
contraires aux droits de l’homme; ou qui compromettent l’image et les
intérêts de votre organisation ou du Cluster Protection et de ses membres.
7. S’abstenir de toute forme de harcèlement, discrimination, abus physique ou
verbal, intimidation ou favoritisme sur le lieu de travail.

VI. Lignes directrices sur l'utilisation et le stockage des informations


confidentielles

Pour le stockage des informations confidentielles, il y a quelques standards


minimums à observer obligatoirement; ceux-ci sont :

Des copies papier de tout document qui contient des informations


sensibles (surtout des fiches d’incidents de protection) doivent être
enfermées dans un placard dont seuls les Chefs d’antenne ou le point
focal possèdent la clé.

Aucune information confidentielle / documents ne doivent être stockés


dans le lecteur commun du réseau électronique ou tout autre lecteur
électronique public.

Toute base de données sensible sous forme électronique (par ex. feuilles Excel
des cas de VGB, etc.) doivent être protégée par mot de passe. C'est la
responsabilité de Chef d’antenne de s'assurer que le mot de passe est
uniquement partagé avec le point focal et transmis / changé lorsque le staff
responsable quitte l’organisation.

VII. Protocole de partage d’information avec des tiers

Dans son rôle de Chef de file (Lead) du Cluster Protection, l’UNHCR publie des
rapports périodiques du monitoring de protection à l’intention des membres du
Cluster et d’autres acteurs.

Pour le monitoring de protection, il faut distinguer deux documents différents qui


font l’objet d’une publication par l’UNHCR pour le Cluster Protection:
(i) le rapport de monitoring de protection hebdomadaire qui contient des
résumés des incidents dans les différentes préfectures tels que rapportés
par différentes sources, mais pas nécessairement obtenus par le biais
d’une interview individuelle avec la victime ; et,
(ii) (ii) les statistiques mensuelles qui sont basées sur des fiches individuelles
obtenues grâce à l’interview des victimes et saisies dans une base de
données.

L’UNHCR et ses partenaires du cluster adhèrent aux standards internationaux quant


au partage des informations dans les deux rapports de monitoring de protection
notamment « les principes d’éthique et de sécurité recommandés par l’OMS pour la
recherche, la documentation et le suivi de la violence sexuelle dans les situations
d’urgence », le GBV IMS, le principe de la confidentialité et le principe de « ne pas
nuire ».
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L’UNHCR reconnaît que les membres du cluster pourraient avoir des raisons légitimes
d’avoir accès à des informations plus détaillées sur certains incidents de protection,
notamment pour :
Le rapport relatif à la Résolution 1612 du Conseil de Sécurité de l’ONU
Les rapports sur les violations de droits de l’homme
Lors du suivi psychosocial ou juridique d’un cas, etc.

D’où la nécessité de ce protocole de partage d’information.

Dans ce cadre, l’UNHCR ne partagera des informations individuelles qu’avec les


membres du cluster qui auront dûment signé ce protocole de partage des
informations.

Le membre du cluster devra préciser auprès de l’UNHCR les détails


recherchés et les raisons/ actions planifiées/ capacités de réponse.
L’UNHCR contactera ses partenaires pour voir s’il est possible d’obtenir les
détails demandés.
Les partenaires concernés pourront refuser de partager des détails si cela
mettrait en danger soit les chargés de protection, soit le/la victime, soit
des témoins.
Seules les informations absolument nécessaires pour satisfaire la
demande du membre du cluster seront partagées.
Aucune information ne sera partagée si la victime n’a pas donné son
consentement écrit lors de l’interview.
Le membre du cluster ne devra en aucun cas partager ces informations
avec des tiers sans autorisation préalable de l’UNHCR. Pour la gestion/le
traitement/l’usage des informations obtenues, le membre du cluster
confirme sa pleine adhésion aux standards que l’UNHCR applique en
matière de protection, particulièrement le principe « ne pas nuire », le
principe de confidentialité, etc.

En cas de non-respect des principes de partage d’information contenus dans le


protocole, l’UNHCR se réservera la possibilité d’interrompre tout partage
d’informations ultérieur avec le membre du Cluster qui se sera rendu responsable du
non respect.
Avec sa signature, le membre du Cluster reconnaît ces principes et s’engage à les
respecter.

Nom et prénoms, fonction et organisme

________________
Signature, Date

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Liste des Annexes

• Annexe 1 : Fiche de collecte des incidents de protection

• Annexe 2 : Fiche de référence des cas de protection

• Annexe 3 : Fiche codes pour les présumés auteurs d’incidents de protection

• Annexe 4 : Rapport hebdomadaire de monitoring de protection

• Annexe 5 : Cartographie des prestataires de services

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