SUPPORT - RESUME DU COURS Obligations
SUPPORT - RESUME DU COURS Obligations
Faculté de Droit
Ont collaboré :
▪ CT Vanessa KABAMBA
▪ Assistante Furaha BAHATI
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |1
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |2
Un « vade-mecum » n’est rien d’autre qu’un guide, une feuille de route, un condensé
de ce qu’il faut savoir pour réussir, atteindre ou mériter son statut, sa mission son objectif.
Ce vade-mecum est un résumé contenant l’essentiel du cours, de mon enseignement du
Droit des obligations. Il s’agit donc d’un guide devant servir de support de cours pour mes
étudiants de 2ème graduat en Droit, réalisées et mises à leur disposition à titre transitoire,
dans l’attente de l’ouvrage magistral en voie de publication.
Cet enseignement est fondé sur deux principes : la quête de « l’audace juridique
congolaise » et l’appropriation des innovations juridiques étrangères compatibles avec « le
penser juridique congolais ». L’enseignement de droit en République démocratique du Congo
renferme d’énormes pièges qui maintiennent le juriste congolais et son système dans un
statut d’éternel consommateur doublé d’un complexe d’éternelle soumission aux systèmes
étrangers souvent en décalage flagrant avec les réalités culturelles locales. Nous avons le
devoir de travailler au désamarrage du système juridique congolais de ces locomotives
étrangers afin de lui redonner son identité propre et sa réelle autonomie préalable à tout
rapprochement avec d’autres familles juridiques dans une relation d’égale à égale.
Partant de la vérité universellement aujourd’hui reconnue qui est que la
colonisation fut un crime contre l’humanité, une catastrophe civilisationnelle, tout ce qui
a contribué à son enracinement, sa réussite devrait constituer un mal à éradiquer. Que dire
alors du système juridique colonial qui fut la colonne vertébrale de cette entreprise
inhumaine ? Comment dès lors expliquer et comprendre le zèle déployé pour maintenir
une loi comme ce décret du 30 juillet 1888 sans s’interroger sur son message subliminal,
son apport dans la consolidation du système colonial honni, le contexte de sa promulgation
et ses effets actuels sur la gestion des liens obligataires ?
Pour préparer ce cours, nous avons passé en revue les travaux de nos illustres
prédécesseurs congolais, principalement ceux de notre Maître, le Professeur KALONGO
MBIKAYI, d’heureuse mémoire. Les travaux de nos ainés et collègues Professeurs PINDI
MBESA, LUTUMBA wa LUTUMBA et Marie-Thérese KENGE NGUMBA ont permis
de comprendre et mesurer les efforts entrepris pour impulser des réformes dans ce secteur.
Il est important ici de préciser notre choix de dépasser les deux conceptions
omniprésentes en droit des obligations, à savoir la conception objective dite classique et la
conception subjective dite moderne en instituant notre approche prospectiviste non
seulement sous l’angle d’une nouvelle conception de droit à découvrir mais aussi et surtout
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |3
en ce qu’elle constitue le fondement même de notre école de recherche. Une chaire ayant
pour vocation l’organisation des recherches et des études approfondies sur l’application
des sciences juridiques aux hautes stratégies d’une part et, d’autre part, celle de hautes
stratégies aux sciences juridiques.
Le droit comparé offre à cet enseignement la richesse doctrinale trouvée sous
d’autres cieux notamment dans la famille romano-germanique dont l’emprise sur le
système congolais s’observe encore d’une manière troublante.
Sans prétendre à l’exhaustivité des ouvrages recommandables pour la meilleure
maitrise de droit des obligations, l’étudiant trouvera ci-dessous, une indication
bibliographique pour étendre ses connaissances, comprendre le « penser juridique » des
peuples étrangers en matière des obligations et consolider les acquis de l’enseignement
dispensé. On y trouvera des données extrêmement riches, variées et souvent
complémentaires quand elles ne sont pas en déphasage total avec nos réalités juridiques.
I. Le regard congolais
1. BOKINA BOKOLOMBE, L’influence du modèle juridique français en Afrique : cas de
la réception du code civil en République démocratique du Congo, L’Harmattan, Paris
2016.
2. Boniface KABANDA TANDA, Droit processuel en RD CONGO, L’Harmattan,
Paris 2015
3. KALAMBAY LUPUNGU, Droit civil, PUZ, Kinshasa 1990
4. KALONGO MBIKAYI, Code civil et commercial congolais, CRDJ, Kinshasa 1997
5. KATUALA KABA-KASHAKA, Code civil zaïrois annoté, Des contrats et des
obligations conventionnelles, vol.1, Ed. Batena Ntambua, Kinshasa 1995.
6. Marie-Thérèse KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI, Droit civil : les obligations
(Notes de cours), L’Harmattan, Paris 1997
7. Marie-Thérèse KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI (Sous la direction), La
réforme du droit des obligations en RD Congo, Mélanges à la mémoire du Doyen
Bonaventure Olivier KALONGO MBIKAYI, L’Harmattan, Paris 2020.
8. Isidore NDAYWEL E NZIEM, Histoire générale du Congo, Boeck, Bruxelles 1997
9. Alphonse NDJATE OMANYONDO, Gendarmerie et Reconstruction d’un Etat de
droit au Congo-Kinshasa, L’Harmattan, Paris 2007.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |4
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |5
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |6
MODULE I.
LES PRELIMINAIRES
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |7
Ce cours de Droit civil des obligations s’articule autour des thématiques classées par
module. Chaque module se compose des blocs de connaissance. Chaque bloc de
connaissance comprend des thèmes exploités à travers des chapitres qui se déclinent à
travers des leçons.
A la fin de chaque module, les étudiants ont droit à un résumé récapitulatif suivi
d’une évaluation d’acquisition des connaissances. Chaque fin de module est sanctionnée
par un travail pratique servant de levier de validation. L’étudiant ayant validé tous les
modules avec plus de 70% peut être dispensé d’interrogation, le cas échéant pour les plus
méritants, d’examen final. L’objectif visé est de privilégier l’assimilation des connaissances
par la pratique. Cela exige de la part de l’enseignant l’obligation de s’assurer constamment,
et à chaque étape, de l’assiduité des étudiants, de la bonne compréhension, de la parfaite
réception et une excellente assimilation des matières enseignées. Cette méthode permet
également d’encourager la participation effective et active des étudiants aux travaux
pratiques en les familiarisant progressivement aux techniques et méthodes juridiques
d’analyse, rédaction, commentaire d’arrêts, résolution des cas ou encore de consultation
juridique.
L’enseignement du droit congolais, à l’instar du système juridique congolais lui-
même, est l’otage d’un passé pesant, trouble et troublant. Un passé, en apparence, innocent
mais qui renferme le germe de ses multiples contradictions à la base de son inefficacité car
inadapté et inadaptable aux réalités de la société congolaise. Toutes les disciplines
juridiques enseignées sont touchées. Qu’il s’agisse du droit civil, pénal ou administratif. Il
s’agit d’une crise à la fois qualitative et quantitative observable notamment à travers le
décalage entre la norme et son acceptation au sein de la société.
Nous ne cesserons jamais de le marteler, la deuxième année d’études juridiques
constitue une étape charnière dans la formation du juriste. En réalité c’est la première
année de confrontation réelle avec les matières fondamentales. A ce niveau, l’étudiant n’est
plus un entonnoir où l’on déverse des matières sans broncher ni une oie sauvage à gaver.
L’esprit critique doit être mis en rude épreuve et la participation active au cours devient un
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |8
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
Page |9
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 10
THEME I.
RAPPEL DES PRE-REQUIS GENERAUX
A. LE DROIT PRIVE
Le droit privé :
Ensemble des règles qui régissent les rapports entre particuliers.
Dans cet ensemble vont se retrouver toutes les règles qui obéissent aux mêmes
principes : les rapports entre particuliers, l'autonomie de la volonté, le droit commercial, le
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 11
droit de la famille, le droit des contrats... Le droit privé pose donc des règles qui sont
applicables par principe à l’ensemble des relations juridiques de sorte à les encadrer, sauf
si des exceptions spécifiques sont prévues.
Lorsqu'un litige survient à propos de ces règles, il est tranché par un juge de l'ordre
judiciaire. L’autonomie de la volonté constitue le principe distinctif qui va le caractériser.
Ce principe veut qu'un individu qui exprime librement sa volonté soit capable de créer des
obligations et donc du droit. L'existence de cette autonomie se justifie par ce que l'on nomme
"les droits naturels", suivant lesquels l'homme est libre à l'état de nature.
B. LE DROIT PUBLIC
Le droit public organise et structure des rapports spécifiques, il encadre les relations
entre les gouvernants et les gouvernés. Sa définition est propre à chaque société voire à
chaque Etat. L’objet du droit public demeure la défense et la sauvegarde de l’intérêt public
ou intérêt général. Il fait prévaloir l’intérêt collectif sur les intérêts privés.
Ce droit intéresse en premier lieu les personnes publiques mais son champ
d’application s’étend aussi aux personnes privées chargées d’une mission de service public.
Son but est de rendre l'action publique efficace. Ses règles visent ainsi à permettre aux
personnes et institutions chargées de l'action publique d'accomplir leur objectif de service
d'intérêt général.
Les droits subjectifs, à la différence du droit objectif, désignent les prérogatives dont peuvent se
prévaloir les individus et qu'ils peuvent exercer sous la protection de l'État.
Ils sont classés généralement en deux groupes : les droits patrimoniaux et les droits
extra-patrimoniaux. Les droits patrimoniaux sont des droits pécuniaires, évaluables,
convertibles en argent tandis que les droits extrapatrimoniaux ne sont pas convertibles en
valeur pécuniaire. Les obligations étant pécuniairement évaluables et convertibles,
constituent des droits patrimoniaux.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 12
DROIT
DROITS SUBJECTIFS
DROITS OBJECTIFS
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 13
THEME II.
RAPPEL DES PRE-REQUIS METHODOLOGIQUES
La science juridique se distingue par son vocabulaire, son style rédactionnel et son
expression, d’où l’impérieuse nécessité de maitriser la langue choisie tant dans l’expression
que dans l’acquisition des connaissances. La langue française (malheureusement ou
heureusement) est encore incontournable en République démocratique du Congo et sa
maitrise par les étudiants en droit est non seulement indispensable mais aussi imposée pour
la garantie de réussite de leur formation de juriste.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 14
Les langues locales ne sont pas proscrites dans les prétoires. Leur maitrise devrait
être également s’inscrire comme facteur indispensable à la formation du juriste congolais.
B. LA MATIERE ENSEIGNEE
L’obligation est définie comme un lien de droit (vinculum juris), un rapport juridique abstrait, entre
deux personnes, ou plus exactement entre les patrimoines de deux personnes, par lequel une personne,
appelée débiteur, doit fournir à une autre personne, appelée créancier, une certaine prestation ou une
abstention.
La réussite d’un étudiant dans ce cours passe surtout par son assiduité et sa
participation active afin de s’imprégner des enseignements dispensés complétés par
l’ouverture d’esprit qu’apporte la participation aux travaux pratiques (TP). Cette assiduité
se traduira aussi à travers la recherche personnelle que l’étudiant est appelé à effectuer afin
de se documenter, enrichir son bagage intellectuel et compléter les cours magistraux.
L’assistance assidue aux cours permet aux étudiants en droit de se familiariser avec le «
parler juridique » qui exige le recours à un langage soutenu, concis et précis.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 15
Elle ouvre les portes de l’appropriation par les étudiants de ce que le professeur Kalongo
Mbikayi appelait « la mécanique d’un discours logique et ordonné».
La participation aux cours magistraux permet aux étudiants de saisir les parties
essentielles des leçons, les notions fondamentales et rapprocher la matière de sa
compréhension, la théorie de la pratique.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 16
a) Phase préparatoire
Il est indiqué de commencer par l’analyse rapide de l’intitulé du dossier.
Lire le sujet, détacher la page de garde et écrire sur une feuille de brouillon les éléments
d’analyse utiles (ce qui vient à l’ esprit, les problématique qu’on imagine…la matière que
ça concerne).
Ensuite observer la page de garde : Regarder le type de documents et essayer de les
classer par :
▪ Type de docs : doctrine, jurisprudence, docs sources, articles de presse, débats
parlementaires, communiqués du ministère ou du greffier, compte rendu de débat,
extraits de rapport de la Cour de cassation, du Conseil d'Etat, docs issus de revues
professionnelles.
▪ Date : commencer par lire les plus récents.
▪ chambre pour les jurisprudences : tout dépend du sujet.
b) Lecture des documents dans l’ordre établi :
Si le sujet vous est totalement étranger, lire d’abord les articles de presse pour se
mette dans le bain. Résumer en quelques lignes chaque documents et avoir une lecture
sélective.
c) La phase d’élaboration du plan :
Reprendre la feuille avec toutes les grandes idées et réfléchir à un plan possible :
Trois modèles de notes de synthèse :
- Dossiers d’évolution : état du droit antérieur ; il en résulte des critiques, faiblesses ; en
réponse aux critiques, il y a l’avènement d’un état nouveau.
- Dossiers de coordination ou de combinaison : cas d’influence de 2 éléments l’un sur l’autre :
l’élément le plus grand/petit prend il en considération l’élément le plus petit/grand ? si non
quelles en sont les raisons factuelles et juridiques et celles qui conduisent à malgré tout
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 17
L'objectif du commentaire d’un texte juridique est d’analyser le texte c'est à dire.
expliquer le sens général du texte, "expliciter son esprit" et surtout, qualifier les idées
principales du texte pour enfin les critiquer. Dans ce type d'exercice, il est demandé à
l'étudiant, d'une part de démontrer avoir bien compris le texte, et d'autre part d'exposer ses
connaissances à ce propos et les principaux aspects aborder par le texte. Durant l'examen,
il peut être demandé au candidat de commenter, des textes tels qu'un article de la
constitution, une loi, un article de presse, l'extrait d'un ouvrage, ou encore l'expression d'un
homme politique.
Analyser le texte c'est étudier son contenu, ce principe apparaît peut-être simple,
absurde mais il est important de ne pas l'oublier. Avant de commencer le commentaire, il
faut tout d'abord commencer par poser les problèmes soulevés par le texte, pour ensuite
arriver à les regrouper en deux grands thèmes qui doivent constituer les deux parties du
plan.
A la différence de l'introduction précédant la dissertation, celle du commentaire doit
comporter quelques principes spécifiques :
-- situer la personnalité de l'auteur ;
-- préciser les circonstances dans lesquelles le texte a été écrit ;
-- situer l'apport, et le contenu du texte dans le cadre du droit constitutionnel ;
-- déboucher à la fin de l'introduction sur l'annonce du plan.
Comme dans chaque devoir l'introduction est une étape très importante, elle donne
la première impression au correcteur, (il est fortement conseillé à l'étudiant de faire en sorte
que la première impression soit bonne).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 18
a) L’introduction
Celle-ci est capitale car elle donne au correcteur la première impression, celle-ci doit
être absolument parfaite. La première phrase doit être aussi claire que possible en la lisant
le correcteur doit comprendre, que le sujet a été parfaitement ciblé et compris. Dans cette
partie du devoir il s'agit d'éveiller l'intérêt du lecteur.
La seconde partie doit permettre de dégager l'intérêt du sujet, par rapport à
l'actualité, ou à un problème plus vaste. Il est important d'une part de rédiger le devoir en
partant du principe que le correcteur ne maîtrise pas la question, tout en faisant attention
d'autre part à ne pas le considérer comme une personne complètement inculte. Toujours
dans cette partie du devoir il est important de définir les termes évoquées dans l'intitulé du
sujet. Le sujet doit être ciblé dans l’espace.
La fin de l'introduction doit logiquement se terminer par l'annonce d'un plan. Il est
très préférable, et très conseillé de toujours présenter le plan en deux parties.
b) Rédaction
Il est important avant de commencer une partie d'annoncer le plan des deux sous
parties qui seront développées, celle-ci doit figurer juste en dessous du titre. Une transition
entre les deux grandes parties doit de même être effectue. Le non-respect de la ponctuation,
de l'orthographe, et de la grammaire est généralement très sanctionné par les correcteurs.
Il est vital que l'écriture soit lisible et soignée. Lors de la correction des examens, les
correcteurs se retrouvent avec des centaines de copies à corriger, le manque de temps les
incite à une correction rapide de chaque copie. Autant dire qu'un devoir mal présenté, mal
rédigé, et mal écrit est vite expédié. Dans la rédaction d'un devoir de droit constitutionnel,
il est important de faire preuve d'esprit critique, mais il est nécessaire que celle-ci soit
accompagnée d'une argumentation lucide, tout comme il est important de ne jamais
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 19
prendre part pour telle ou telle doctrine, il faut les développer, les comparer, mais ne jamais
aller au-delà.
c) Conclusion
Il ne s'agit pas de résumer le devoir, mais de rattacher le sujet à une problématique
plus générale, ou de faire en sorte que le devoir aboutisse à un débat, sur la question.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 20
Ex : c'est la plupart du temps un article de la constitution, articles écrits par des hommes
politiques. Toujours des personnes ayant pris position.
Le commentaire doit toujours partir du texte, à la différence de la dissertation.
- Concernant un commentaire de texte :
Il faudra trouver la problématique. Chaque assertion doit être argumentée.
- La différence entre le commentaire et la dissertation :
La méthodologie de la dissertation peut se rapprocher de celle du commentaire car
ici aussi l'objectif est de dégager la problématique du sujet et d’y répondre. Mais l'étudiant
ne va pas porter son attention un texte mais sur chaque mot du sujet.
- Concernant le commentaire d'arrêt : le commentaire d'arrêt c'est l'analyse et la portée
d'une décision de justice qui vient interpréter un texte, un principe général de droit… En
revanche, le commentaire d'article est l'analyse et la portée d'une disposition légale.
Le commentaire est part du texte, mais l'intérêt de cet exercice est qu'il tient à la valeur
qu’il ajoute au texte : il permet de préciser le sens d'un texte, d'approfondir la
compréhension de ce texte, de percevoir les avancées ou la nouveauté du texte, ou au
contraire d'en déceler les insuffisances.
Ce rappel méthodologique confirme l’impératif d’une remise à niveau permanente
des étudiants voire de l’enseignant pour demeurer constamment à jour de l’évolution
normative, jurisprudentielle ou doctrinale. S’ajoute également l’impératif qualitatif au
niveau de la formation en droit des obligations. C’est ainsi que tel que nous l’avons conçu,
chaque module de notre enseignement à un objectif à atteindre.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 21
• obligation naturelle
• clause ou condition potestative (condition d’exécution dépendant de la seule volonté du
débiteur)
• obligation de résultat
• obligation de moyens
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 22
Chapitre 1.
La notion d’obligation
Première leçon :
Généralités
Que renferme cette notion d’obligation pour les profanes et les juristes ? Quel rapport à établir entre
cette notion et la notion du patrimoine ?
L’obligation, au centre de la matière étudiée, peut être entendue de plusieurs
manières alternatives, par les juristes ou les non-juristes : certains considèreront qu’ils sont
soumis à des obligations religieuses, sociales, financières, morales, politiques,
internationales, envers l’état, les autres ou soi-même. Ce faisant, ils confondront obligation
et devoir (devoir envers la patrie par exemple), et donc, effet obligatoire et effet normatif,
ou obligation et engagement (engagement moral, engagement d’honneur) et, donc effet
obligatoire et effet de la volonté.
Pour le juriste, le terme « obligation » est aussi employé à de multiples égards. Ainsi
parle-t-on des obligations des époux nées du mariage, de l’obligation de respecter le Code
de la route et d’ailleurs le Code pénal en général, de l’obligation de déclarer ses impôts,
etc. Le terme n’est donc pas réservé qu’au droit des obligations. Cependant, l’ensemble de
ces « obligations » ne correspond pas à la notion d’obligation au sens où l’envisage le droit
des obligations, elles correspondent à un tissu de devoirs, d’exigences qui fondent la vie
sociale. Le droit des obligations, en effet, utilise le terme obligation dans un sens très étroit.
Pris sous un sens général, il désigne tout devoir auquel un individu est astreint en vertu de
règles morales, familiales, professionnelles ou encore sociales.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 23
Cependant, même si ces devoirs s’appuient sur la règle morale ou sur des
prescriptions légales ou réglementaires, il ne s’agit pas encore d’obligation au sens juridique
du terme, parce qu’il n’existe pas de créancier à cette obligation. Il n’existe donc pas de
lien de droit entre deux personnes.
L’obligation, en droit, renvoie en revanche à l’idée d’un lien de droit entre deux personnes
en vertu duquel l’une d’elles, le créancier, peut exiger de l’autre, le débiteur, une prestation
précisément prédéterminée. Il s’agit d’un lien de droit entre deux ou plusieurs personnes
en vertu duquel l'une, le créancier, peut exiger de l'autre, le débiteur, une prestation ou une
abstention.
En tant que lien de droit, l’obligation peut donc être l’objet d’une sanction étatique, le lien
n’étant plus seulement moral comme dans le cas des obligations naturelles.
Par exemple : Dans le contrat de vente, l’obligation du débiteur (l’acheteur) est de
verser un prix au créancier (le vendeur). Toute obligation comporte ainsi ce double aspect,
négatif (la dette qui pèse sur le débiteur) et actif (la créance qui bénéficie au créancier).
A RETENIR :
L’obligation est un lien de droit (vinculum juris), un rapport juridique abstrait, entre deux
personnes, ou plus exactement entre les patrimoines de deux personnes, par lequel une personne,
appelée débiteur, doit fournir à une autre personne, appelée créancier, une certaine prestation ou une
abstention.
À la différence du simple devoir, l’obligation est un élément du patrimoine du créancier comme
du débiteur.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 24
L’actif d’un patrimoine est composé de biens et de créances tandis que dans le passif
se trouveront logées ses dettes. Il s’en suit donc que l’obligation est un élément du
patrimoine. Elle peut figurer soit dans l’actif du patrimoine en tant que créance ou au passif
comme une dette à payer.
Deuxième leçon :
Les caractères de l’obligation
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 25
Troisième leçon :
La classification des obligations
Plusieurs critères permettent de classer les obligations et la doctrine n’est pas unanime à ce
sujet. Ce qui importe c’est de savoir distinguer les différentes obligations et surtout de
retenir l’intérêt de ces différentes distinctions.
L’étudiant doit donc découvrir et retenir :
1. La distinction entre les obligations de donner, de faire ou de ne pas faire (art.1 C. civ).
a. L’obligation de donner (art.35) :
L'obligation de donner est indissociable du transfert d’un droit réel, d’une chose quel que
soit son statut : propriété, usufruit voir son simple usage. Le débiteur transfère au créancier
un droit réel dont il est titulaire.
➢ Donner un corps certain ou choses non fongibles
➢ Donner signifie transférer la propriété d’un bien
➢ Donner des choses de genre ou fongibles
b. Les obligations de faire ou de ne pas faire (art.40 et suivants)
L'obligation de faire implique, dans le chef d’une partie, l’exécution d’une prestation tandis
que l’obligation de ne pas faire quelque chose consiste en une abstention. Le débiteur
s'engage à ne pas accomplir un acte précis qui peut porter préjudice à l’autre partie appelée
créancier.
Si l'obligation est de ne pas faire, celui qui y contrevient doit les dommages-intérêts par le
seul fait de la contravention (Art. 43).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 26
L’intérêt de la distinction
- L’obligation de résultat : pour engager la responsabilité du débiteur, il suffit de constater que
le débiteur ne s’est pas exécuté.
- L’obligation de moyens : le créancier doit prouver que le débiteur a commis une faute.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 27
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 28
A. En vous servant d’un tableau à 4 colonnes (voir modèle ci-dessous), veuillez donner une
définition succincte, la base légale (le cas échéant) et un exemple pour chaque terme ou
expression suivants :
1. Acte juridique
Une manifestation de volonté générant des effets de droit notamment des obligations.
2. Fait juridique :
Un fait juridique désigne un événement ou tout simplement un agissement auquel la loi
attache les effets de droit notamment l’obligation de réparer.
3. Obligation
Un lien juridique créant des droits ou des devoirs né d’un acte juridique ou d’un fait direct ou
indirect de l’homme.
4. Obligation naturelle
L'obligation naturelle est d'abord l'acte par lequel une personne s'engage envers une autre aux
termes d'un contrat destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations. Elle est
naturelle en ce qu'elle repose sur l'engagement moral de la personne qui s'oblige.
5. Contrat
Le contrat est un engagement (ou une convention) qui crée des obligations entre deux ou
plusieurs personnes.
6. Contrat unilatéral
C’est un contrat qui ne fait naître des obligations qu'à la charge d'une seule des parties
contractantes.
7. Contrat synallagmatique
Un contrat synallagmatique est un contrat qui crée des obligations réciproques et
interdépendantes à la charge des deux parties.
8. Contrat à titre onéreux
Un contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune des parties à donner ou à faire
quelque chose.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 29
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 30
I. CONSULTATION JURIDIQUE
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 31
Vérification alors effectuée dans l’acte de vente, la brochure que l’agence leur avait
remise s’y trouve annexé : le contrat qui lui-même ne comporte aucune mention relative à
la défiscalisation qu’ils escomptaient. Les Nza-Mbiwanyi vous chargent d’une
consultation sur :
1. Les forces et les faiblesses de leur dossier.
2. Leur désir à la fois de bloquer le paiement du reliquat du prix de vente et de se faire
rembourser les sommes déjà versées, en anéantissant ce contrat, par tous moyens
que vous trouverez.
3. Ils entendent également résister à Lonabuka, à laquelle ils n’ont pas encore réglé
toutes les sommes qu’ils lui doivent et qui vient de les assigner en paiement devant
le tribunal de grande instance de Lovilo.
4. Leur volonté également de mettre en jeu sa responsabilité délictuelle.
1. Le droit :
❑ a. organise la vie en société au nom de valeurs sociales
❑ b. est composé de règles morales
2. Le droit et la morale :
❑ a. sont deux notions très différentes
❑ d. se recoupent
3. Le droit objectif :
❑ a. est constitué de l’ensemble des règles qui gouvernent les rapports entre les
personnes ou avec la puissance publique
❑ b. est toujours employé au singulier
❑ c. s’oppose aux droits subjectifs
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 32
4. La règle de droit :
❑ a. a un caractère personnel
❑ d. sanctionne systématiquement
5. Le droit public :
❑ a. concerne les relations des pouvoirs publics entre eux
❑ b. régit les rapports entre personnes publiques
❑c. régit les rapports dans lesquels les personnes publiques sont intéressées
❑d. concernent les règles applicables à l’État
6. Le droit constitutionnel :
❑a. détermine les règles applicables aux pouvoirs des organes de l’État
❑b. détermine les règles relatives à la forme de l’État
❑d. détermine les règles relatives aux élections des organes de l’État
7. Le droit pénal :
❑a. détermine les sanctions applicables aux différentes infractions
8. Le droit privé :
❑a. concerne la famille
❑b. régit les rapports des particuliers entre eux
❑c. ne concernent que les personnes physiques
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 33
9. Le droit privé :
❑a. a pour finalité de protéger l’intérêt général
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 34
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 35
MODULE II.
LES GENERATEURS D’OBLIGATIONS
Deux blocs de connaissances pour ce module afin de mieux présenter ces différentes sources
d’obligations. En effet, une obligation est générée soit par une démarche conventionnelle qui produit
des effets juridiques (I), soit par un fait non voulu mais auquel la loi va attacher les effets juridiques
(II).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 36
THEME I
LES LIMINAIRES
Premier chapitre :
Eclairage sur les sources conventionnelles d’obligations
Première leçon :
L’acte juridique
1
A Consulter avec intérêt sur ce point : KALONGO MBIKAYI, Code civil et commercial congolais, CRDJ, Kinshasa
1997
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 37
▪ L’acte unilatéral doit être distingué du contrat unilatéral, qui est un accord de volonté
entre plusieurs personnes qui fait naître des obligations à l’égard d’une seule d’entre
elles. Il ne faut pas confondre le contrat unilatéral et l’acte juridique unilatéral.
Dans l'acte juridique unilatéral, une seule personne engage sa propre volonté, alors
que dans le contrat unilatéral, l'accord de l'autre partie est nécessaire. Ainsi, dans le
contrat de donation, l'accord du donataire (celui qui reçoit le don) est requis.
▪ Les effets juridiques des actes unilatéraux
• L’acte unilatéral peut produire des effets juridiques
• L’acte juridique unilatéral est créateur d’obligations dans certaines limites :
➢ Il peut permettre à un tiers d’acquérir un droit
➢ Il ne peut rendre autrui débiteur
▪ Le régime juridique de l’acte unilatéral
➢ Le régime des contrats est transposé aux actes juridiques unilatéraux à
l’exclusion des règles qui supposent l’existence de deux ou plusieurs
personnes.
➢ Le régime juridique des actes unilatéraux n’est pas uniforme
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 38
Deuxième leçon :
Notion du contrat
L’article 1 er du Code civil III dispose : « Le contrat est une convention par laquelle une
ou plusieurs personnes s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire
quelque chose ». De cette définition légale, on retient que :
▪ Le contrat est un accord de volonté (convention) entre deux ou plusieurs personnes,
ou plus précisément entre un ou plusieurs créanciers et un ou plusieurs débiteurs
ayant pour effet de faire naître une ou plusieurs obligations (Obligations
contractuelles) ou bien créant un droit réel.
▪ Un contrat est aussi appelé convention même si les deux termes ne se confondent
pas dans tous les domaines juridiques. Le contrat crée des obligations entre les
parties et produit donc nécessairement des effets juridiques entre les parties.
A RETENIR :
- Notre définition du contrat : Un contrat est un accord de volontés entre deux ou
plusieurs personnes, appelées parties au contrat, ayant pour finalité l’exécution ou la non-
exécution d’une prestation.
- Une obligation est un lien de droit entre deux personnes, qui permet à l'une d'entre elles,
appelée le créancier, d'exiger de l'autre, appelée le débiteur, d'exécuter une prestation
(faire, ne pas faire, ou donner quelque chose).
- Donner quelque chose doit être compris dans le sens « transférer la propriété d'un bien ».
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 39
b. Le contrat et la convention.
▪ Le terme convention recouvre plusieurs notions juridiques différentes, tant en droit
privé qu’en droit public. En droit privé, la convention est un accord de volontés
destinée à produire des effets de droit.
▪ La convention qui crée des obligations, est le contrat.
▪ La convention peut en outre modifier, transmettre (convention réelle) ou éteindre
(convention libératoire) des obligations existantes sans avoir pour objet d’en créer
des nouvelles. Dans ces derniers cas la convention ne serait pas un contrat.
▪ La convention est ainsi une catégorie juridique plus large que le contrat. Tous les
contrats sont nécessairement des conventions, certaines conventions ne sont pas des
contrats.
▪ Dans le langage juridique courant et jusque dans le Code civil, les mots contrat et
convention sont utilisés comme synonymes. Mais le terme contrat renvoie plus à
l’instrumentum, c’est-à-dire le support sur lequel on rédige le contrat, et le terme
convention renvoie au negotium, c’est-à-dire, ce sur quoi porte le contrat, son objet.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 40
▪ Le contrat est donc un sous-groupe de la convention qui est une notion plus large.
C’est une convention qui comporte une ou des obligations de faire, ne pas faire de
donner et ajoutons "ou ne pas donner" qui ne figure pas dans le Code.
▪ Au sein des actes juridiques on trouve les conventions. Au sein des conventions on
trouve les contrats.
▪ Il s’en suit que tous les contrats sont des conventions puisque tous les contrats créent
nécessairement des obligations.
ACTES JURIDIQUES
CONVENTIONS
CONTRATS
Il est aisé de comprendre dès lors pourquoi ces deux notions sont utilisées comme
des synonymes dans le cadre uniquement d’un contrat.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 41
L’intérêt de la distinction
Sur le plan de la preuve
- L’article 207 C.civ. III stipule :
« Les actes sous seing privé qui contiennent des conventions synallagmatiques ne
sont valables qu’autant qu’ils ont été faits en autant d’originaux qu’il ya de parties ayant un intérêt distinct. Il
suffit d’un original pour toutes les personnes ayant le même intérêt.
Chaque original doit contenir la mention du nombre des originaux qui en ont été faits.
Néanmoins, le défaut de mention que les originaux ont été faits doubles, triples… ne peut être opposé par celui
qui a exécuté de sa part la convention portée dans l’acte. »
- A cause de la pluralité d’obligations réciproques dans le contrat synallagmatique, l’écrit probatoire
sous seing privé doit être rédigé en autant d’originaux qu’il y a de parties alors que dans le contrat
unilatéral, un seul écrit suffit.
Sur le fond :
- Dans le contrat synallagmatique les obligations des parties sont interdépendantes et se servent mutuellement
de cause.
- Il découle de l'interdépendance des obligations nées du contrat synallagmatique des conséquences inconnues
du régime du contrat unilatéral. Il en est ainsi de la possibilité de soulever l’exception d’inexécution propre aux
contrats synallagmatiques pour contrer la mise en branle de la clause résolutoire. C’est l’exceptio non adimpleti
contractus.
S’agissant de l’exceptio non adimpleti contractus, il convient de noter qu’il s’agit d’ un moyen de
défense de l'une des parties qui consiste à ne pas exécuter son obligation tant que l'autre contractant n'a pas
effectué sa prestation.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 42
➢ L’intérêt de la distinction
▪ Pas de rescision pour le contrat aléatoire mais la possibilité d’obtenir une réduction pour cause
de lésion.
▪ Le contrat aléatoire n’est pas rescindable pour lésion. Néanmoins, l’aléa n’exclut pas le
pouvoir judiciaire de réduction.
L’intérêt de la distinction
- Les règles de formation sont en général plus strictes pour les contrats à titre gratuit
- Celui qui est engagé à titre onéreux est tenu plus fermement que celui qui est engagé à titre gratuit.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 43
▪ Les contrats innommés sont ceux que la loi n’a pas explicitement prévus et
réglementés (art.7 C.civ.III).
L’intérêt de la distinction
- A l’instar des contrats à titre gratuit, il y a lieu de constater que les règles de formation sont en général
plus strictes pour les contrats nommés que pour les contrats innommés.
- Les contrats innomés sont des contrats sui generis, qui ne se réfèrent à aucun contrat nommé, ils sont
créés de toutes pièces. Le contrat innommé est donc celui qui est non désigné par un texte mais le fruit
de la pratique. c'est ainsi que l'on peut citer le contrat d'affacturage, le leasing, le contrat de
déménagement, d'hôtellerie, likelemba (tontine)...
- Le contrat nommé est celui qui est explicitement régi par la loi (ou le règlement) et dont le régime
juridique est réglementé par elle de manière supplétive, voire impérative.
L’intérêt de la distinction
- L’absence de formalité ou de remise de la chose, lorsqu’elle est exigée, entraîne la nullité du contrat.
Ceci tranche avec la situation du contrat consensuel.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 44
L’intérêt de la distinction
- Dans les contrats instantanés, les effets de la résolution et de l’annulation sont rétroactifs.
- Dans les contrats successifs la rétroactivité n’est pas possible.
▪ Le contrat individuel ne comprend que deux signataires même si ses effets peuvent
s’étendre sur les tiers non-signataires. C'est généralement le cas lors de souscription
d’une assurance auto ou habitation : seul le propriétaire est signataire même si
d'autres personnes peuvent être couvertes (les conducteurs secondaires d'une
voiture, par exemple).
▪ Le contrat collectif est passé entre une personne et un groupe de personnes,
généralement une entreprise. Les clauses du contrat concernent tout ou partie des
membres de l'entreprise. Les signataires sont aussi nombreux que le nombre de
personnes qui y adhèrent. Ils produisent leurs effets sur les membres du groupement
non-signataires.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 45
Deuxième chapitre :
Eclairage sur les sources non-conventionnelles d’obligations
Première leçon :
Le quasi-contrat
Art. 247. - Les quasi-contrats sont les faits purement volontaires de l'homme, dont il résulte
un engagement quelconque envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque de deux
parties.
➢ Le quasi-contrat est ainsi défini comme étant un fait unilatéral purement
volontaire dont il résulte un engagement de celui qui en profite sans y avoir
droit, et parfois un engagement de son auteur envers autrui
➢ Il ne s’agit donc pas d’un contrat avec échange de consentements.
➢ Le quasi-contrat est une source d’obligations qui trouve son fondement dans
l’équité. Celui qui bénéficie d’un avantage injustifié doit le restituer ou
dédommager celui qui en est à l’origine. C’est son caractère moral. Il serait en
effet immoral que quelqu’un conserve un paiement ou un avantage injustifié.
➢ Trois quasi-contrats à retenir : la gestion d’affaire, l’enrichissement injustifié ou
sans cause et le paiement de l’indu. Toutes ces notions seront développées
ultérieurement.
➢ Le quasi-contrat est un fait juridique dont la preuve est libre et dont les actions
sont soumises à la prescription quinquennale de droit commun.
Deuxième leçon :
Le délit et le quasi-délit
Un quasi-délit est un lien obligataire découlant d’un dommage qu'une personne cause sans
fondement juridique mais involontairement au détriment d'autrui et qui l'oblige à en
réparer les conséquences. L’imprudence ou la négligence en constitue la source
contrairement à un délit qui implique une intention dolosive.
258.– Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute
duquel il est arrivé à le réparer.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 46
259.– Chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non seulement par son fait, mais encore par
sa négligence ou par son imprudence.
260.– On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore
de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa
garde.
Il s’en suit que :
➢ Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par
leurs enfants habitant avec eux.
➢ Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et
préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés. Les instituteurs et les
artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu’ils
sont sous leur surveillance.
➢ La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et
artisans ne prouvent qu’ils n’ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette
responsabilité.
➢ Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est
responsable du dommage que l’animal a causé soit que l’animal fût sous sa garde,
soit qu’il fût égaré ou échappé.
➢ Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine
lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa
construction.
Toutes ces notions feront l’objet d’un développement dans la partie consacrée à l’étude de
la responsabilité civile. Avant d’y arriver, l’univers contractuel mérite un regard
approfondi.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 47
THEME II.
L’UNIVERS CONTRACTUEL
CHAPITRE I
LA FORMATION DU CONTRAT
Première leçon :
L’autonomie de la volonté
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 48
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 49
Deuxième leçon :
Les conditions de formation et de validité du contrat
(Art.8 c.civ3)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 50
1. L’offre ou la pollicitation
L’offre de contracter, ou la pollicitation, est un acte unilatéral de volonté par lequel
une personne, le pollicitant, fait connaître, d’une part, son intention ferme de contracter
avec une autre personne (le destinataire) et, d’autre part, les termes essentiels du contrat
proposé. L’offre est, en d’autres termes, une proposition à conclure un contrat. L’offre et
l’acceptation sont deux manifestations unilatérales de volonté.
Selon Frédérique Cohet2 « les volontés des parties, qui forment le consentement
indispensable à la conclusion d’un contrat, doivent non seulement s’exprimer, mais également se
rencontrer suivant l’équation fondamentale selon laquelle : contrat = offre + acceptation. »
Contracter, c’est avant tout vouloir et manifester sa volonté en conséquence. Le contrat est
formé par la rencontre d’une offre et d’une acceptation par lesquelles les parties manifestent
leur volonté de s’engager. Plus précisément, cette rencontre des volontés s’opère,
schématiquement, selon le processus suivant : On a dans un premier temps, une personne,
le pollicitant, qui émet une offre de contracter. En second lieu, l’offre fait l’objet d’une
acceptation par le destinataire.
L’offre émane d’une personne qui fait connaître son intention (à une ou plusieurs
autres) de conclure un contrat dans des conditions déterminées.
2
Cohet, Frédérique. « Chapitre 2. L’offre et l’acceptation », Le contrat. sous la direction de Cohet Frédérique.
Presses universitaires de Grenoble, 2020, pp. 35-52.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 51
▪ Dans certains cas, pendant cette période, la rupture peut être fautive et engager la
responsabilité de l’auteur comme tranché par la jurisprudence française3.
A noter qu’il peut y avoir :
▪ Possibilité de la responsabilité délictuelle
▪ La perte de chance de tirer profit du contrat mais que cela ne donne pas droit à des
dommages-intérêts
3
Paris, 25ème ch. B, 10 mars 2000
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 52
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 53
d. La caducité de l’offre
L’offre peut devenir caduque par l’expiration de son délai, la limite de quantité, en cas
d’incapacité ou de décès de l’offrant
➢ Le décès ou l’incapacité de l’offrant ne fait pas en principe obstacle à son
acceptation
2. L’acceptation
1. La manifestation de l’acceptation
▪ L’acceptation expresse
➢ Le consentement peut être oral
➢ Le consentement peut être gestuel
➢ Le consentement peut se manifester par des signes
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 54
▪ L’acceptation tacite
➢ Elle peut résulter du simple comportement
➢ Elle peut résulter du commencement d’exécution du contrat
➢ La loi impose parfois une manifestation de volonté expresse (ex : en cas de contrat
de cautionnement).
▪ Les exceptions :
➢ Les exceptions prévues par la loi : ex : la tacite reconduction des baux écrits
➢ Les exceptions admises par la jurisprudence
➢ Les relations d’affaires antérieures au contrat en cause
➢ Les usages commerciaux
- Cas de l’offre est faite dans l’intérêt exclusif du destinataire
- Cas où la convention des parties le prévoit expressément
- Certaines situations permettent de donner au silence la signification d’une
acceptation.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 55
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 56
. sa capacité de contracter;
. un objet certain qui forme la matière de l'engagement;
. une cause licite dans l'obligation.
➢ Ces quatre conditions sont donc impérativement requises pour qu’un contrat soit
valide. Il s’agit des conditions de fond cumulatives, le cas échéant aux conditions
de forme prévues dans pour la validité de certains contrats spécifiques.
1. Conditions de fond
A. Un consentement exempt des vices
▪ Les vices du consentement (article 9 C.civ)
Trois vices de consentement sont prévus par la loi : l’erreur, le dol et la violence. A
cela s’ajoute la lésion qui touche non pas le consentement mais l’objet du contrat mais dont
la finalité est de vicié le contrat par le déséquilibre introduite.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 57
portant sur la substance de la chose lorsqu’elle est telle nature que, sans elle, l’une des parties
n’aurait pas contracté4 »
▪ D’une manière générale, il convient de retenir que la jurisprudence retient la
méthode d’appréciation in concreto.
▪ La jurisprudence ne distingue pas selon que l’erreur porte sur la prestation reçue,
fournie ou sur la chose achetée.
▪ La jurisprudence ne distingue pas si l’erreur sur la substance est de fait ou de droit
b. L’erreur sur la personne
L’erreur sur la personne n’est cause de nullité que :
▪ dans les contrats intuitu personae (art.10 al. 2 C. civ.) ;
▪ dans les contrats à titre gratuit car le bénéficiaire de l’intention libérale est forcément
une personne déterminée ;
▪ dans certains contrats onéreux (ex : mandat rémunérés, contrat de travail, contrat
d’entreprise, etc.
▪ L’erreur sur la personne n’est pas une erreur sur l’identité physique ou civile du
cocontractant ou sur ses qualités substantielles. Ainsi une demande d’annulation
du mariage par une épouse dont le mari avait été un kuluna déporté à Kanyama-
Kasese durant sa jeunesse n’est pas plausible. L’erreur ne sera pas retenue.
c. L’erreur en dehors du Code civil
▪ L’erreur sur la nature du contrat
▪ L’erreur sur l’objet du contrat
4
Civ. 28 janvier 1913
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 58
2. La preuve de l’erreur
a. L’erreur doit être prouvée
➢ L’erreur se prouve par tous moyens
➢ La victime doit prouver (par tous moyens) que l’erreur était déterminante
b. L’erreur s’apprécie au moment de la conclusion du contrat
➢ L’aléa chasse l’erreur : il n’y a pas erreur s’il y a acceptation d’un aléa.
➢ Il y a erreur lorsque l’aléa n’a pas été inséré dans le contrat
3. La sanction de l’erreur
a. L’erreur-obstacle
▪ Elle est d’une gravité telle qu’elle empêche la rencontre des volontés nécessaire à la
formation du contrat.
▪ L’erreur obstacle chasse l’erreur inexcusable.
b. L’erreur ordinaire
▪ La nullité sanctionnant l’erreur vice du consentement est une nullité relative (le
délai de prescription est de 10 ans).
▪ En principe le contrat est totalement annulé ; mais il peut arriver qu’une seule clause
du contrat soit annulée.
▪ La victime de l’erreur peut obtenir, en plus de la nullité, des dommages-intérêts du
fait de la nullité du contrat.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 59
A noter cependant :
Art. 591. - Les transactions ont, entre les parties, l'autorité de la chose jugée en dernier
ressort.
Elles ne peuvent être attaquées pour cause d'erreur de droit, ni pour cause de lésion.
Art. 592. - Néanmoins une transaction peut être rescindée, lorsqu’il y a erreur dans la
personne, ou sur l'objet de la contestation.
Elle peut l'être dans tous les cas où il y a dol ou violence
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 60
▪ Le devoir de renseignement est admis par la jurisprudence chaque fois que l’une des
parties possède une information nécessaire à l’autre partie alors que celle-ci se
trouve dans l’impossibilité ou la quasi-impossibilité de se la procurer.
▪ Aucune obligation d’information ne pèse sur l’acquéreur.
▪ Dans tous les cas, les juges du fond doivent caractériser la réticence dolosive
▪ La réticence dolosive n’est constituée qu’en présence des éléments constitutifs du
dol (l’intention de l’auteur et l’erreur de la victime)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 61
▪ La Cour de cassation exerce son contrôle sur le caractère légal des moyens employés
pour prouver le dol5.
3. Les conséquences juridiques du dol
a. La nullité relative du contrat
▪ L’action en nullité se prescrit par l’écoulement d’un délai de 10 ans à compter de la
découverte du dol ou de l’erreur.
▪ Chacune des parties récupère ses prestations.
b. Le dol permet à la victime d’obtenir des dommages-intérêts lorsqu’elle subit un préjudice
à cause de l’annulation du contrat.
▪ Il s’agit d’une responsabilité délictuelle fondée sur l’art. 258 C. civ.
▪ Une simple négligence est suffisante (ex : violation d’une obligation d’information)
c. la victime du dol peut également demander réparation du préjudice sur le
fondement de la responsabilité contractuelle sans demander la nullité du contrat.
3.3. La violence
Art 13. - La violence est une cause de nullité du contrat non seulement lorsqu'elle a été
exercée sur la partie contractante, mais encore lorsqu'elle l'a été sur son époux ou sur son
épouse, sur ses descendants ou ses ascendants.
5
Jurisprudence française : Com. 1er avril 1952
6
Jurisprudence française : Civ. 1ère, 30 mai 2000
7
Lire avec intérêt l’arrêt Civ. 1ère, 3 avril 2002 (Jurisprudence française )
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 62
B. La sanction de la violence
1. La nullité relative
▪ La nullité peut être partielle
▪ Le délai de prescription est de 10 ans à compter du moment où la violence a cessé.
2. Les D.I. (Dommages et intérêts) : A la nullité peut s’ajouter une condamnation à des
dommages-intérêts.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 63
2. L’objet du contrat
A. L’existence de l’objet
1) La réalité de l’objet
▪ Le contrat portant sur une chose qui n’existe pas au moment de la conclusion du
contrat est nul.
▪ Le contrat sera nul si dès l’origine il y a impossibilité de produire la chose.
▪ Le contrat est valable si la chose a péri depuis sa formation.
2) La prestation objet de l’obligation
▪ La prestation objet du contrat doit être possible.
▪ Si la prestation est impossible le contrat est nul.
➢ L’impossibilité doit être absolue.
➢ L’impossibilité doit exister pour tous et pas seulement pour le débiteur.
▪ La nullité doit exister au moment de la conclusion du contrat.
▪ Si la nullité survient après la conclusion du contrat, elle est sanctionnée par la
résolution (pour inexécution).
B. La détermination de l’objet
1) Les principes généraux
▪ L’objet doit être déterminé ou tout du moins déterminable (art. 1129 c. civ.)
▪ S’il s’agit d’un corps certain, la détermination (= identification de l’objet) doit être
suffisamment précise.
▪ S’il s’agit d’une chose de genre
➢ Il n’est pas nécessaire que l’objet soit déterminé
➢ Il doit être déterminable au moins quant à son espèce et sa quantité (ou quotité)
➢ La qualité n’est pas précisée
2) La détermination du prix
▪ Si l’objet est déterminable, il est indispensable que les éléments qui permettent de
déterminer le prix soient suffisamment précis (ex : la référence au prix local du
marché est insuffisante).
▪ Le prix a donné lieu à des difficultés particulières
➢ Dans les contrats de fourniture exclusive : la C. cass. Permet désormais que le prix
prévu dans le contrat-cadre soit simplement déterminable et pas forcément
déterminé (Ass. plén. 1er décembre 1995).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 64
➢ Dans certaines législations, l’indétermination du prix n’est pas permise (ex : contrat
de travail, bail d’immeuble, contrat d’assurance, etc.).
➢ Le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties.
1. Définition de la lésion
▪ Au sens strict : Il s’agit d’un déséquilibre entre les prestations de chacune des parties
dans un contrat synallagmatique, existant au moment de la formation du contrat
Exemple : lésion dans la vente
➢ La lésion peut se constater au détriment de l’acheteur : le prix est alors supérieur à
la valeur de la chose vendue.
➢ Au détriment de l’acheteur : le prix est sous-estimé car il apparait inférieur à la
valeur de la chose vendue.
▪ Dans un sens plus large : la lésion peut exister même en dehors des contrats
synallagmatiques.
➢ Il s’agit d’un défaut d’équivalence entre l’avantage retiré d’un contrat et le sacrifice
consenti.
Ex : Le taux d’intérêt trop élevé dans un contrat de prêt, contrat unilatéral á titre
onéreux
Si dans les systèmes belge et français, la lésion est sanctionnée par la rescision (nullité), au
Congo la sanction prévue est la réduction. Et même dans ces systèmes :
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 65
2. Le domaine de la lésion
a. Le domaine de la lésion dans certains contrats
▪ La lésion est à analyser de manière très restrictive. Le principe reste que la lésion ne
vicie pas les conventions légalement formées.
▪ La lésion n’est sanctionnée que dans certains cas ou à l’égard de certaines personnes
(les non professionnels, les incapables).
▪ A titre d’illustration, en France, lors du partage successoral (art. 889 C. civ.) : la
lésion retenue est celle d’un quart au détriment de l’un des héritiers.
3. La sanction de la lésion
a. Les conditions
▪ La lésion est sanctionnée indépendamment de tout vice du consentement car la
lésion est un vice objectif.
▪ Pas de lésion dans les contrats aléatoires. L’aléa chasse la lésion
▪ La lésion s’apprécie au moment de la formation du contrat
b. Les modalités de la sanction
▪ En principe, la sanction de la lésion n’est pas la rescision comme en droit belge ou
français mais la réduction.
▪ Son délai de prescription est de 3 ans à compter du jour du paiement. Il est de 2 ans
dans le système français.
▪ En général, la loi fixe le montant à partir duquel la lésion est prise en compte. Au
Congo, la loi parle de l’intérêt normal comme base d’appréciation du montant à
réduire.
▪ Plus exceptionnellement, la loi laisse le droit aux tribunaux d’apprécier le montant
de la lésion.
C. L’objet doit être dans le commerce, il doit être licite (art. 28 C. civ.)
La licéité de l’objet suppose que l’objet du contrat soit dans le commerce d’une part,
et d’autre part, l’absence des clauses abusives.
Quelques cas :
1. La cession de clientèle
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 66
b. Domaine d’application
▪ La législation relative aux clauses abusives s’applique à toutes les formes et supports
de contrats (ex : factures, bons de garanties, bon de commande, etc.).
c. La sanction de la clause abusive
▪ Les titulaires de l’action
➢ Le professionnel, le non professionnel ou le consommateur victime de la clause
abusive8.
➢ Les associations de consommateurs : elles peuvent agir par voie d’action ou par
voie d’intervention.
➢ L’appréciation du caractère abusif doit se faire en fonction de toutes circonstances
qui entourent la conclusion du contrat.
▪ La nature de la sanction
➢ La clause abusive est réputée non écrite
➢ Le reste du contrat subsiste dès lors qu’il le peut sans l’existence des clauses
sanctionnées.
8
La jurisprudence française a écarté du champs d’application la législation sur les clauses abusives en ce qui
concerne les contrats de fourniture de biens et services qui ont un rapport direct avec l’activité professionnelle
exercée par le cocontractant (Civ. 1ère, 24 janvier 1995).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 67
9
Civ. 1ère, 7 octobre 1998
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 68
3. La sanction de la cause
Selon que la cause litigieuse privera ou non l’acte d’un de ses éléments essentiels et
déterminants, la sanction sera soit la nullité absolue ou la nullité relative. C’est d’ailleurs
la position de la jurisprudence française10.
4. La moralité et la licéité de la cause (art. 31 et 33 C. civ.)
a. Les applications de la cause illicite ou immorale
▪ Applications dans les contrats à titre onéreux
➢ Immoralité de la cause de l’obligation (= l’illicéité de la contrepartie)
✓ Une chose ou un droit qui n’est pas dans le commerce
✓ Le jeu
✓ Les maisons de tolérance
✓ Les prestations directement contraires aux bonnes mœurs (cela peut être soit
immoral, soit illicite).
➢ Immoralité de la cause du contrat
10
La jurisprudence a pu opter pour la nullité absolue (Civ. 1ère, 10 février 1993)et pour la nullité relative (Civ.
3ème, 29 mars 2006)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 69
✓ Dans ce cas, l’intention des parties est considérée comme immorale par le Juge.
✓ L’annulation ne peut cependant être encourue que lorsqu’il s’agit du motif
déterminant des parties afin de limiter le contrôle du juge.
▪ Applications dans les contrats à titre gratuit
➢ C’est la cause subjective qui doit être analysée
➢ Les libéralités entre concubins étaient jadis jugées immorales. Les libéralités entre
concubins ne sont plus jugées immorales.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 70
➢ La loi prévoit parfois que le contrat écrit ou la mention particulière est prévue à
peine de nullité.
➢ La loi peut prévoir une sanction particulière.
➢ Dans certains cas la loi ne prévoit aucune sanction : la jurisprudence a alors
tendance à prononcer la nullité absolue.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 71
Art. 196. - Dans tous les cas où l'action en nullité ou en rescision d'une convention n'est pas
limitée à un moindre temps par une loi particulière, cette action dure dix ans.
Ce temps ne court, dans le cas de violence, que du jour où elle a cessé; dans le cas d'erreur ou de dol,
du jour où ils ont été découverts.
1. La notion de nullité
La nullité est une voie d’anéantissement d’un engagement vicié. Elle est généralement
définie comme une sanction frappant toute convention n’ayant pas respecté une condition
essentielle de validité prévue par la loi.
Cette sanction n’est pas à confondre avec les autres notions voisines liées souvent à par
l’inexécution des engagements respectifs des parties au contrat.
1) Nullité et résolution
a. La notion
La résolution, en particulier la résolution judiciaire, est une sanction propre à l’inexécution
d’un contrat synallagmatique.
Art. 81.C.civ - La condition résolutoire est celle qui, lorsqu'elle s'accomplit, opère la révocation de
l'obligation, et qui remet les choses au même état que si l'obligation n'avait pas existé.
Elle ne suspend point l'exécution de l'obligation; elle oblige seulement le créancier à restituer ce qu'il a
reçu dans le cas où l'événement prévu par la condition arrive.
b. La distinction
➢ La résolution se distingue de la nullité dans ses conditions et ses effets
➢ La résolution a pour condition l’inexécution du contrat.
➢ La nullité trouve son origine dans l’irrespect de l’une des conditions mais pas dans
ses effets.
c. Les effets de la nullité et de la résolution sont les mêmes :
➢ Le contrat est anéanti rétroactivement sauf dans les contrat à exécution successive
où la résolution se transforme en résiliation.
Art. 82. - La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour
le cas où l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 72
Dans ce cas, le contrat n'est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle l'engagement n'a
point été exécuté, a le choix, ou de forcer l'autre à l'exécution de la convention lorsqu'elle est possible,
ou d'en demander la résolution avec dommages et intérêts.
La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai selon les
circonstances.
2) Nullité et inopposabilité
a. La notion d’inopposabilité
➢ L’inopposabilité est une sanction qui se rapporte à une irrégularité qui ne touche
pas à l’exécution du contrat
b. La distinction
➢ L’inopposabilité ne fait pas disparaître le contrat à l’égard de tous : le contrat est
maintenu entre les parties mais les tiers sont autorisés à le méconnaître
3) Nullité et caducité
a. La notion de la caducité
➢ Il y a caducité lorsque cette condition essentielle existait au moment de la formation
du contrat mais a disparu ensuite.
➢ La nullité et la caducité sanctionnent le défaut d’une condition essentielle de la
formation du contrat.
➢ La cause de nullité existe déjà lors de la formation du contrat
b. Sanction :
Lorsqu’il y a caducité, le contrat disparaît à l’égard de tous mais seulement pour l’avenir.
Exemple :
• Un legs d’immeuble si celui-ci existe au moment du testament et si l’immeuble périt,
le testament devient caduc.
• L’annulation d’une vente peut provoquer la caducité d’un prêt.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 73
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 74
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 75
➢ La confirmation expresse (art. 38 al. 1 C. civ.) qui doit comporter un certain nombre
de mentions.
➢ La confirmation tacite (art. 38 al. 2 C. civ.).
2. La prescription
Base légale :
Art. 196. - Dans tous les cas où l'action en nullité ou en rescision d'une convention n'est pas limitée à
un moindre temps par une loi particulière, cette action dure dix ans.
Ce temps ne court, dans le cas de violence, que du jour où elle a cessé; dans le cas d'erreur ou de dol,
du jour où ils ont été découverts.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 76
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 77
propriétaire originaire ne peut se la faire rendre qu'en remboursant au possesseur le prix qu'elle
lui a coûté.
➢ En matière immobilière, le tiers acquéreur de bonne foi qui dispose d’un juste titre
est soumis à une prescription acquisitive abrégée de 15 ans au lieu de 30 ans (art.648
C. civ.) :
Art. 648. - Celui qui acquiert de bonne foi et par juste titre un immeuble, en prescrit la
propriété par quinze ans.
Art. 649. - Le titre nul par défaut de forme ne peut servir de base à la prescription de quinze
ans.
Art. 650. - La bonne foi est toujours présumée, et c'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la
prouver.
Art. 651. - Il suffit que la bonne foi ait existé au moment de l'acquisition.
▪ Le tiers ne peut se voir réclamer une restitution en nature de la part de son auteur
➢ Les actes d’administration passés avec les tiers de bonne foi subsistent
➢ Le tiers peut invoquer la théorie de l’apparence s’il est de bonne foi et si l’erreur est
commune.
3) L’étendue de l’annulation
▪ L’irrégularité de la clause entraîne la nullité totale du contrat si dans l’esprit des
parties, elle était essentielle, déterminante (= sans laquelle le contrat n’aurait pas été
conclu).
▪ Si cette clause est accessoire et se révèle nulle, le contrat est maintenu pour le reste.
B. L’effet indirect de l’annulation : la responsabilité civile pour annulation
▪ Une responsabilité de nature délictuelle
▪ La victime doit prouver la faute pour obtenir des dommages-intérêts
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 78
CHAPITRE II.
LES EFFETS DU CONTRATS
Première leçon :
Les effets du contrat à l’égard des parties
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 79
▪ La représentation légale
➢ C’est la loi qui désigne le représentant.
➢ La loi fixe l’étendue des pouvoirs du représentant.
Art. 532. - Le mandataire est tenu d'accomplir te mandat tant qu'il en demeure chargé, et
répond des dommages et intérêts qui pourraient résulter de son inexécution.
Il est tenu de même d'achever la chose commencée au décès du mandant, s'il ya péril en la demeure.
Art. 533. - Le mandataire répond non seulement du dol, mais encore des fautes qu'il commet dans sa
gestion.
Néanmoins, la responsabilité relative aux fautes est appliquée moins rigoureusement à celui dont le
mandat est gratuit qu'à celui qui reçoit un salaire.
Art. 534. - Tout mandataire est tenu de rend recompte de sa gestion et de faire raison au mandant de
tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration, quand même ce qu'il aurait reçu n'eût point été dû au
mandant.
Art. 535. - Le mandataire répond de celui qu'il s'est substitué dans la gestion:
1° quand il n'a pas reçu le pouvoir de se substituer quelqu'un;
2° quand ce pouvoir lui a été conféré sans désignation d'une personne, et que celle dont il a fait choix
était notoirement incapable ou insolvable.
Dans tous les cas, le mandant peut agir directement contre la personne que le mandataire s'est
substituée.
Art. 536. - Quand il y a plusieurs fondés de pouvoir ou mandataires établis par le même acte, il n'y a
de solidarité entre eux qu'autant qu'elle est exprimée.
Art. 537. - Le mandataire doit l'intérêt des sommes qu'il a employées à son usage, à dater de cet
emploi, et de celles dont il est reliquataire, à compter du jour qu'il est mis en demeure.
Art. 538. - Le mandataire qui a donné à la partie avec laquelle il contracte en cette qualité une
suffisante connaissance de ses pouvoirs, n'est tenu d'aucune garantie pour ce qui a été fait au-delà, s'il
ne s'y est personnellement soumis.
➢ Il doit manifester l’intention de représenter et donc d’ agir dans l’intérêt du
représenté.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 80
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 81
▪ La simulation est le fait pour les parties de dissimuler dans un contrat leur volonté
réelle derrière une volonté purement apparente.
▪ L’acte apparent ou ostensible réalise le mensonge.
▪ L’acte secret ou clandestin correspond à la volonté réelle des parties ; c’est la contre
lettre.
2) Les formes de la simulation
▪ La simulation peut porter sur l’existence même de l’acte du contrat : le contrat ostensible
est une pure et simple apparence.
▪ La simulation peut porter sur la nature de l’acte : C’est la technique dite de déguisement.
▪ La simulation peut porter sur l’objet de l’acte du contrat : Ici seuls certains aspects réels
du contrat sont dissimulés.
▪ La simulation peut porter sur les parties à l’acte : on recourt dans ce cas à des personnes
interposées.
3) Le régime de la simulation
A. La simulation licite (art 21 C. civ.)
a. Les effets de la simulation entre les parties
▪ La contre lettre produit des effets entre les parties
➢ Si le contrat est lui-même parfaitement régulier, l’accord secret s’applique car il
correspond à la volonté des parties.
➢ Si l’accord secret est irrégulier, il sera nul pour irrégularité mais pas pour cause de
simulation puisque la simulation est par définition licite.
▪ La technique de la simulation est en elle-même neutre
➢ Elle ne rend pas valable l’acte secret qui, ostensible, aurait été nul.
➢ Elle ne rend pas nul l’acte simulé qui est en lui-même valable.
▪ Pour s’appliquer entre les parties, l’accord secret doit être invoqué et prouvé.
b. Les effets de la simulation à l’égard des tiers
▪ En principe la contre lettre est inopposable aux tiers
▪ Par exception les tiers peuvent se voir opposer la contre lettre.
▪ Ainsi, elle est opposable aux :
➢ tiers de mauvaise foi lorsqu’ils connaissent l’acte secret
➢ ayants cause universels de l’une ou de l’autre des parties parce qu’ils remplacent les
parties sauf lorsqu’ils agissent pour défendre un droit qui leur est propre. Cas des
héritiers réservataires face à une donation déguisée qui impacte leur héritage.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 82
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 83
11
Requêtes, 22 juin 1859
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 84
➢ Les héritiers du stipulant ne peuvent pas exiger le rapport à succession des sommes
dues par le promettant, ni leur réduction pour atteindre à la réserve héréditaire
lorsqu’il y a libéralité.
➢ Malgré tout, le droit du tiers reste lié au contrat principal entre stipulant et
promettant.
➢ Le promettant peut refuser d’exécuter sa promesse si le stipulant ne s’exécute pas
lui-même ou si le contrat principal est nul.
➢ Le promettant peut, pour refuser de s’exécuter, invoquer toutes les exceptions qu’il
pourrait invoquer contre le stipulant.
5. Le cas de la promesse de porte-fort
1) La notion de promesse de porte-fort
▪ La promesse de porte-fort consiste, de la part d’une personne, en son propre nom,
à engager autrui. Une personne s’engage à obtenir elle-même l’engagement d’un
tiers. La promesse de porte-fort consiste à s’engager soi-même à ce qu’un tiers
s’engage ; ce dernier restant libre de ratifier ou pas. Il n’y a pas de véritable
dérogation à l’effet relatif du contrat.
➢ L’art. 19 C. civ. interdit la promesse pour autrui
➢ L’art. 20 C. civ. permet néanmoins de se porter fort pour un tiers
▪ La promesse de porte-fort peut être à titre principal ou à titre accessoire quand elle
accompagne un contrat principal qui, lui, nécessite le consentement d’un tiers.
2) Les effets de la promesse de porte-fort
a. Les effets envers le promettant (= le porte-fort)
➢ Le tiers s’engage lui-même : le porte-fort est libéré, il a rempli son obligation.
➢ Le tiers refuse de ratifier le contrat initial : le porte-fort n’a pas accompli son
obligation, il sera responsable envers son cocontractant et devra lui verser des
dommages-intérêts.
b. Les effets envers le tiers
➢ Le tiers refuse de ratifier : le contrat n’est pas formé et le porte-fort peut voir sa
responsabilité contractuelle engagée.
➢ Le tiers héritier du porte-fort devra verser des dommages-intérêts s’il refuse de
ratifier.
➢ Le tiers accepte de ratifier : son consentement rétroagit au jour du contrat passé par
le porte-fort. La promesse de porte-fort est alors une atténuation de la règle posée
par l’art. 63 C. civ.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 85
ACHETEUR X RACHETEUR
VENDEUR Y
(Acquereur)
(SOUS-ACQUEREUR)
REVENDEUR
En principe, l’effet relatif interdit au sous-acquéreur d’agir contre le vendeur initial dans la
mesure où ils ne sont liés par aucun contrat. L’acquéreur fait écran entre ce que l’on appelle
les « contractants extrêmes » lesquels sont des tiers l’un pour l’autre. C’est ainsi qu’une
action du sous-acquéreur contre le vendeur initial ne semble pas envisageable, à plus forte
raison si elle est engagée sur le fondement de la responsabilité contractuelle.
La jurisprudence, notamment française, cependant a pris l’option d’assouplir
considérablement ce principe qui a, depuis lors connu une certaine évolution. La
distinction opérée entre la chaîne homogène des contrats et la chaine hétérogène aboutit
à une approche particulière de la responsabilité contractuelle.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 86
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 87
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 88
Deuxième leçon :
Les effets du contrat à l’égard des tiers
JUGE
TIERS
LE CONTRAT ENGAGES
▪ ACU :
Ayants-
cause à
TIERS INTERESSES titre
universel
(Existence des liens avec
les parties au contrat)
▪ ACP : Ayants-
cause à titre
particulier
▪ Créanciers
chirographaires
▪ Tiers absolus
(penitus extranei)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 89
B. La révision du contrat
1. Hypothèse de l’imprévision contractuelle : le contrat n’a rien prévu.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 90
12
CE, 30 mars 1916, Affaire Gaz de Bordeaux
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 91
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 92
Troisième leçon :
L’exécution défectueuse du contrat
1) Le fait générateur
Il s’agit de l'inexécution d'une obligation contractuelle. Ce fait générateur de responsabilité
contractuelle est caractérisé par la faute contractuelle. La faute n’est pas toujours exigée
(ex : cas dans l’obligation de résultat)
▪ Toute faute peut permettre d’engager la responsabilité contractuelle
▪ La faute simple ou légère est la moins grave dans l’échelle des fautes
▪ L’existence d’une faute intentionnelle ou dolosive (= dol dans l’exécution du
contrat différente du dol dans la formation du contrat).
▪ La faute lourde qui est une faute d’imprudence grossière n’a pas toujours les mêmes
effets
▪ La faute lourde est parfois exigée pour mettre en œuvre la responsabilité
contractuelle.
▪ La faute lourde est parfois assimilée au dol, c’est-à-dire à la faute intentionnelle.
▪ La faute inexcusable : faute d’une gravité exceptionnelle qui découle d’un acte ou
d’une omission volontaire avec la conscience du danger que devait en avoir son
auteur.
2) Le dommage
Un dommage est un préjudice subi par une personne touchant directement ou
indirectement son intégrité physique, ses biens ou son équilibre moral.
▪ Le dommage peut être matériel, corporel et moral
▪ Le dommage peut être prévisible ou imprévisible
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 93
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 94
13
Com. 22 février 1996
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 95
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 96
Pour exonérer le débiteur, le fait du tiers doit présenter les caractères de la force majeure.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 97
4. Le caractère judiciaire de la résolution : elle doit être demandée en justice (art. 82 al.3 C. civ.)
a. Le principe de la résolution judiciaire et ses conséquences
▪ La résolution n’a pas lieu de plein droit : le tribunal dispose d’un pouvoir
d’appréciation.
▪ Le juge peut accorder au débiteur un délai pour s’exécuter.
▪ Le juge peut n’accorder que des dommages-intérêts.
▪ Le juge peut prononcer une résolution partielle.
▪ La résolution judiciaire suppose une assignation préalable devant le tribunal qui
tiendra lieu de mise en demeure préalable.
b. La résolution peut avoir lieu parfois sans l’intervention du juge
▪ Lorsque figure dans le contrat une clause de résolution de celui-ci, l’inexécution
aboutit automatiquement à la résolution : c’est le pacte commissoire.
▪ La loi prévoit parfois elle-même que la résolution aura lieu de plein droit.
Ex : en matière vente de denrées et d’effets mobiliers.
▪ La jurisprudence admet dans certains cas que le créancier de l’obligation inexécutée
puisse rompre le contrat de lui-même avant l’intervention du juge lorsque
l’inexécution est susceptible de lui causer un préjudice irréparable, en particulier
dans les contrats qui supposent une relative confiance.
B. Les effets de la résolution pour inexécution
1. Entre les parties
▪ Les parties doivent restituer les prestations éventuellement fournies
▪ L’anéantissement rétroactif est écarté pour les contrats à exécution successive
▪ Les effets du contrat ne disparaissent qu’à compter de l’inexécution de ses
obligations par le débiteur.
▪ La disparition peut remonter jusqu’à l’origine si de la part de l’une des parties, il n’y
a jamais eu d’exécution.
2. A l’égard des tiers :
Certaines mesures permettent de protéger les tiers en cas de résolution :
▪ Les actes d’administration faits sur la chose sont maintenus
▪ En matière mobilière, le sous-acquéreur de bonne foi est protégé
▪ En matière immobilière, les tiers invoqueront la prescription acquisitive pour éviter
la résolution
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 98
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 99
pour les dommages causés à leurs salariés, mais aussi par les dommages
causés par leurs salariés dans le cadre de leur activité
➢ Risque-créé : notamment par le fait des choses, véritable régime de
responsabilité sans faute déduit de l’art. 260.
➢ Risque lié à une autorité ou un contrôle : responsabilité des personnes données à
garder des parents vis à vis de leurs enfants (émergence d’une responsabilité
sans faute).
▪ Si pendant le bail, la chose louée est détruite par cas fortuit, le bail est résilié de plein
droit : le débiteur et le créancier sont libérés de leurs obligations (art. 22 C.civ.).
▪ Lorsqu’il y a perte fortuite d’une chose qu’un ouvrier avait été chargé de travailler,
cet ouvrier n’a pas le droit à son salaire : les deux parties sont libérées (art. 90 C.civ.).
B. Le cas particulier des contrats translatifs de propriété
▪ Un contrat translatif est un contrat qui transfère la propriété d’une chose ou d’un
autre droit réel sur la chose.
▪ Les contrats translatifs de propriété emportent au surplus transfert des risques liés à
la perte de la chose.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 100
▪ Le contrat suspendu reprend tous ses effets à l’issu de la période de suspension. Les
obligations réapparaissent lorsque la cause de suspension a disparu.
▪ La durée totale de contrat n’est en principe pas modifiée.
Exemple : en matière d’assurances, le non-paiement des primes n’allonge pas la
durée du contrat.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 101
Art. 246. - Certains engagements se forment sans qu'il intervienne aucune convention, ni de la part de
celui qui s'oblige, ni de la part de celui envers lequel il est obligé.
Les uns résultent de l'autorité seule de la loi; les autres naissent d'un fait personnel à celui qui se trouve
obligé.
Les premiers sont les engagements formés involontairement, tels que ceux entre propriétaires voisins.
Les engagements qui naissent d'un fait personnel à celui qui se trouve obligé résultent ou des quasi-
contrats, ou des délits ou quasi-délits; ils font la matière du présent titre.
THEME I.
LES DELITS ET QUASI-DELITS
Tout se ramène au fait juridique qui désigne une source d’obligations découlant de
toute circonstance ou tout évènement auquel la loi attache des effets juridiques. Il peut
ainsi s’agir d’une action entreprise par un individu ou encore d’une circonstance extérieure
à sa volonté. Dans tous les cas, ce fait va créer une responsabilité non contractuelle dans le
chef de son auteur. Il s’agit de la responsabilité civile.
Base légale :
Art. 258. - Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par
la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Art. 259. - Chacun est responsable du dommage qu'il a causé, non seulement par son fait, mais encore
par sa négligence ou par son imprudence.
Art. 260. - On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais
encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a
sous sa garde.
Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par leurs
enfants, habitant avec eux.
Les maîtres et les commettants, du dom mage ca usé par leurs domestiques et préposés dans les
fonctions auxquelles ils les ont employés.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 102
Les instituteurs et les artisans, du dom mage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu'ils
sont sous leur surveillance.
La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et artisans ne prouvent
qu'ils n'ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité.
Art. 261. - Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage,
est responsable du dommage que l'animal il causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût
égaré ou échappé.
Art. 262. - Le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine lorsqu'elle
est arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction.
Première leçon :
Les éléments constitutifs de la responsabilité civile
A. Notions
« Art. 258. - Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par
la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Tout fait quelconque, toute lésion de n’importe quel intérêt suffit à constituer le dommage.
Ce dommage préjudiciable peut être matériel, physique ou morale.
1. Le préjudice matériel
▪ Une perte subie (le damnum emergens) : tout appauvrissement occasionné à la
victime.
▪ Un gain manqué (lucrum cessans) : le fait générateur a empêché la victime de réaliser
certains projets.
2. Le préjudice moral
▪ Souffrance morale : dommage moral découlant d’une douleur physique ou morale.
Exemples : atteinte à l’honneur, atteinte à la vie privée, etc. C’est le Pretium doloris
(= prix de la douleur) :
▪ Préjudice d’affection : ex : perte d’un être cher, préjudice esthétique, etc.
▪ Préjudice d’agrément : Il s’agit dans ce cas du préjudice né de l’impossibilité pour la
victime d’exercer une activité affectionnée.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 103
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 104
portait un seau de graviers lequel va se déverser sur madame Shisha, enceinte de 6 mois.
Cette dernière, amenée en urgence à l’hôpital Depere-et-demère mettra un temps
anormalement long avant de recevoir ses premiers soins. Elle va ainsi non seulement
perdre son bébé mais aussi sa propre vie, car pendant son opération chirurgicale, dans le
bloc opératoire, elle attrape le variant pakistanais du coronavirus qui causera sa mort
inopinée.
En droit :
Qui est responsable du décès de la victime et de son bébé ?
➢ Est-ce l’hôpital qui a manqué aux règles d’asepsie qui doivent être observées dans
un bloc opératoire ?
➢ Est-ce le voyou Tshiani, conducteur du véhicule à l’origine de l’accident initial
➢ Est-ce Madame Kananga porteuse du seau des graviers ?
➢ Selon la théorie de la causalité adéquate, tous les faits qui ont concouru à la
production du dommage ne sont pas des causes juridiques.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 105
➢ Tous ne sont pas placés sur un pied d’égalité, dans la mesure où chacun possède un
degré d’implication différent dans la survenance du dommage.
➢ Aussi, seule la cause prépondérante doit être retenue comme fait générateur de
responsabilité.
➢ Il s’agit, en d’autres termes, pour le juge de sélectionner, parmi la multitude de
causes qui se présentent à lui, celle qui a joué un rôle majeur dans la réalisation du
préjudice.
▪ Avantage
➢ En ne retenant comme fait générateur de responsabilité que la cause « adéquate »,
cela permet de dispenser le juge de remonter à l’infini la chaîne de la causalité.
➢ Ainsi, seule les causes proches peuvent être génératrices de responsabilité.
▪ Exposé de la théorie
➢ Selon la théorie de l’équivalence des conditions, tous les faits qui ont concouru à la
production du dommage doivent être retenus, de manière équivalente, comme les
causes juridiques dudit dommage, sans qu’il y ait lieu de les distinguer, ni de les
hiérarchiser.
➢ Cette théorie repose sur l’idée que si l’un des faits à l’origine de la lésion n’était pas
survenu, le dommage ne se serait pas produit.
➢ Aussi, cela justifie-t-il que tous les faits qui ont été nécessaires à la production du
dommage soient placés sur un pied d’égalité.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 106
3. Quid dans la pratique, quelle théorie appliquer ? Quelle théorie la jurisprudence a-t-elle retenu entre
la thèse de l’équivalence des conditions et celle de la causalité adéquate ?
En France, la jurisprudence fait preuve de pragmatisme en matière de causalité, en
ce sens que son choix se portera sur l’une ou l’autre théorie selon le résultat recherché :
➢ Lorsqu’elle souhaitera trouver un responsable à tout prix, il lui faudra retenir une
conception large de la causalité, de sorte que cela la conduira à faire application de
la théorie de l’équivalence des conditions.
➢ En revanche, quand la Cour de cassation souhaitera écarter la responsabilité d’un
agent, elle adoptera une conception plutôt restrictive de la causalité, ce qui la
conduira à recourir à la théorie de la causalité adéquate. Fort logiquement, le juge
ne s’intéressera pas à toutes les causes qui ont concouru à la production du
dommage.
➢ Ainsi, les causes scientifiques lui importeront peu, sauf à ce qu’elles conduisent à
une personne dont la responsabilité est susceptible d’être engagée
➢ D’une part, le juge n’a pas vocation à recenser toutes les causes du dommage. Cette
tâche revient à l’expert.
➢ D’autre part, sa mission se borne à déterminer si le défendeur doit ou non répondre
du dommage. Ainsi, le juge ne s’intéressera qu’aux causes du dommage que l’on
pourrait qualifier de juridiques, soit aux seules causes génératrices de responsabilité.
Bien que cela exclut, de fait, un nombre important de causes – scientifiques – le
problème du lien de causalité n’en est pas moins résolu pour autant. En effet, faut-
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 107
B. La preuve de la causalité
1. Le principe
▪ Le lien de causalité doit en principe être prouvé par le demandeur
2. Les présomptions de causalité
Dans certains cas les tribunaux se fondent sur des présomptions de causalité
Exemples :
3. L’exclusion de la causalité : la cause étrangère
▪ La cause étrangère peut consister dans la force majeure, le fait d’un tiers ou la faute
de la victime.
▪ Rappel des caractères de la force majeure :
➢ Imprévisibilité
➢ Irrésistibilité
➢ Extériorité (plus marquée qu’en matière de responsabilité contractuelle)
Deuxième leçon :
La responsabilité du fait personnel
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 108
➢ Consentement de la victime
➢ Faute de la victime
2. L’abandon de l’élément psychologique de la faute
➢ L’élément psychologique ou philosophique ou encore intentionnel n’est pas requis.
Cet élément est de plus en plus abandonné.
II.2. La faute
1. La diversité de la faute et objet de la faute
▪ Le comportement fautif peut être actif ou passif
➢ La faute de commission
➢ La faute d’abstention
▪ La faute dans l’exercice des droits
▪ Les troubles du voisinage
2. La diversité de la faute et la gravité des fautes
▪ En principe, dans le cadre de la responsabilité du fait personnel, la gravité de la
faute importe peu (art. 258 C. civ.)
▪ Par exception, certains types de fautes engendrent des effets particuliers.
➢ La faute inexcusable
➢ La faute intentionnelle
➢ La faute caractérisée
Troisième leçon :
La responsabilité du fait d’autrui
Art. 260. - On est responsable non seulement du dom mage que l'on cause par son propre fait,
mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des
choses que l'on a sous sa garde.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 109
Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par leurs enfants,
habitant avec eux.
Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les fonctions
auxquelles ils les ont employés.
Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu'ils
sont sous leur surveillance.
La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et artisans ne prouvent
qu'ils n’ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité.
Art. 261. - Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage,
est responsable du dommage que l'animal il causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût
égaré ou échappé.
Art. 262. - Le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine lorsqu'elle
est arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 110
Quatrième leçon :
La responsabilité du fait des choses
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 111
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 112
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 113
Chapitre 2.
Le régime juridique des accidents de la circulation.
(Loi du 05 janvier 1973)
Première leçon :
Champ d’application
Ce régime s’applique à :
I.1. Un véhicule terrestre à moteur
▪ Sont visés le véhicule terrestre à moteur et ses remorques ou semi-remorques.
▪ Sont exclus les véhicules circulant sur des chemins de fer et les tramways circulant
sur des voies qui leur sont propres (Civ. 2ème, 16 juin 2011).
▪ En cas de collision entre une automobile et un train à un passage à niveau.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 114
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 115
Deuxième leçon :
Le régime d’indemnisation
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 116
2. Deuxième cas de figure : Participation des personnes autres que le conducteur à l’accident.
▪ S’il y a des personnes fautives sur le fondement de la loi de 1973 et sur le fondement
du droit commun ; elles sont tenues in solidum.
▪ Celui qui a indemnisé la victime a un recours contre les autres responsables.
▪ La charge de l’indemnité est répartie en tenant compte de la gravité des fautes
respectives de chacun mais ce principe ne concerne pas la part d’indemnisation mise
à la charge du conducteur malgré la faute de la victime, ceci afin que la loi de 1985
n’ait pas pour conséquence d’augmenter la responsabilité de droit commun.
▪ Le recours d’un coauteur contre un responsable ne doit pas priver, même
incidemment, la victime de son droit à réparation.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 117
Chapitre 2.
La mise en œuvre de la responsabilité civile
Première leçon :
La réparation du dommage
▪ L’évaluation du préjudice
➢ Concernant la date d’évaluation du préjudice : le préjudice est évalué au jour du
jugement.
➢ L’amélioration du sort de la victime postérieurement au jugement n’amène pas de
diminution de l’indemnité qui lui a été allouée.
➢ Lorsque son état s’aggrave, l’indemnité n’est pas non plus augmentée, mais il est
possible à la victime d’intenter une nouvelle action faisant état d’éléments nouveaux
d’aggravation. En l’absence d’éléments nouveaux, il y aura autorité de la chose
jugée.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 118
➢ Lorsque l’indemnité est allouée sous forme de rente, la jurisprudence prévoit que
celle-ci peut être indexée.
➢ La loi interdit l’indexation pour les rentes allouées en réparation du préjudice causé
par les automobiles et les deux-roues en cas de décès ou d’invalidité grave, mais une
majoration des rentes est prévue.
➢ L’évolution du préjudice peut avoir été prévue par le jugement qui s’appliquera dans
ce cas.
▪ Le cumul d’indemnités
➢ Les dommages aux biens : il n’est pas possible de cumuler l’indemnité versée par
l’assureur si la victime bénéficie d’une assurance dommage aux biens et l’indemnité
due par le responsable…
➢ Le dommage à la personne : la loi peut prévoir un recours subrogatoire concernant le
paiement de certaines sommes présentant un caractère indemnitaire telles que les
prestations versées par les organes de Sécurité sociale par exemple... C’est le cas de
la loi du 5 juillet 1985 en France sur les accidents de la circulation.
2. Le dommage corporel
▪ Le préjudice corporel est composé de plusieurs éléments notamment la réparation
des frais occasionnés par les soins et les dommages-intérêts compensant l’incapacité
de travail.
➢ Incapacité temporaire totale ou partielle (ITT ou ITP)
➢ Incapacité permanente total ou partielle (IPT ou IPP)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 119
▪ Les différents dommages subis par la victime doivent être pris en compte.
▪ La notion d’incapacité est désormais remplacée par celle de déficit fonctionnel : on
parle de déficit fonctionnel permanent et de déficit fonctionnel temporaire.
▪ L’état végétatif de la personne qui n’aurait pas conscience de son état ne peut pas
limiter l’indemnisation.
▪ Selon la jurisprudence, la victime peut refuser les soins qui réduiraient ou devraient
faire disparaître le dommage sans que la réparation de son préjudice subisse une
atteinte lorsque les soins sont pénibles ou aléatoires ; dans les autres cas elle commet
une faute peut conduire à réduire l’étendue de la réparation.
Deuxième leçon :
Le procès en responsabilité
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 120
2. Le demandeur à l’action
Le demandeur à l’action en réparation peut être la victime immédiate ou directe, la victime
par ricochet et les tiers (personnes autres que la victime).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 121
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 122
THEME II.
LES ENGAGEMENTS NON-CONVENTIONNELS
(Art. 246)
Chapitre 1.
Les quasi-contrats
➢ Les quasi-contrats sont les faits purement volontaires de l'homme, dont il résulte un
engagement quelconque envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque
des deux parties ( Art. 247).
Première leçon.
La gestion d’affaires
(art. 248 – 250 C. civ.)
Base légale :
Art. 248. - Lorsque volontairement on gère l'affaire d'autrui, que le propriétaire connaisse la gestion,
soit qu'i1 l'ignore, celui qui gère contracte l'engagement tacite de continuer la gestion qu'il a
commencée et de l'achever jusqu'à ce que le propriétaire soit en état d'y pourvoir lui-même; il doit se
charger également de toutes les dépendances de cette même affaire.
Il se soumet à toutes les obligations qui résulteraient d'un mandat exprès que lui aurait donné le
propriétaire.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 123
2. L’utilité de la gestion
a. L’affaire doit avoir été administrée
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 124
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 125
Deuxième leçon :
Le paiement et réception de l’indu
(art.252-257)
Art. 252. - Celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû, s'oblige à le restituer à
celui de qui il l'a indûment reçu.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 126
▪ Lorsqu’il est créancier mais qu’il a supprimé son titre, la répétition est exclue.
▪ Il en est ainsi de l’hypothèse où l’accipiens n’a pas d’action contre le véritable
débiteur parce que son action est prescrite ou lorsque l’accipiens a abandonné ses
sûretés : le solvens aura alors une action fondée sur l’enrichissement sans cause.
▪ L’action en répétition de l’indu est exclue pour les obligations naturelles
II.2. Les modalités de la répétition
A. Les modalités de la répétition liées à la situation de l’accipiens
Art. 254. - S'il y a eu mauvaise foi de la part de celui qui a reçu, il est tenu de restituer, tant le capital
que les intérêts ou tes fruits, du jour du payement.
Art. 255. - Si la chose indûment reçue est un immeuble ou un meuble corporel. celui qui l'a reçue
s'oblige à la restituer en nature, si elle existe, ou sa valeur, si elle est périe ou détériorée par sa faute; il
est même garant de sa perte par cas fortuit, s'il l'a reçue de mauvaise foi.
Art. 256. - Si celui qui a reçu de bonne foi a vendu la chose, il ne doit restituer que le prix de la vente.
Art. 257. - Celui auquel la chose est restituée doit tenir compte, même au possesseur de mauvaise foi,
de toutes les dépenses nécessaires et utiles qui ont été faites pour la conservation de la chose.
▪ L’action en répétition de l’indu peut être exercée contre celui qui a reçu le paiement
ou contre celui pour le compte duquel il a été reçu.
▪ L’accipiens de bonne foi est tenu de restituer ce dont il s’est enrichi, c.-à-d. le capital
ou la chose perçu, mais pas les intérêts et les fruits qu’il a perçus ou consommés.
▪ L’accipiens de bonne foi ne répond pas des pertes et détériorations dues à sa faute.
L’accipiens doit toujours être remboursé de ses dépenses même s’il est de mauvaise
foi car il a ainsi augmenté la valeur de la chose.
➢ Les dépenses nécessaires et utiles à la conservation de la chose en totalité.
➢ Les dépenses utiles jusqu’à concurrence de la plus-value qu’elles ont donnée à cette
chose.
Art. 253. - Lorsqu'une personne qui, par erreur, se croyait débitrice, a acquitté une dette, elle a le droit
de répétition contre le créancier.
Néanmoins, ce droit cesse dans le cas où le créancier a supprimé son titre par suite du paiement, sauf
le recours de celui qui a payé contre le véritable débiteur.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 127
Le solvens auquel une chose est restituée doit rendre compte à l’accipiens même de
mauvaise foi de toutes dépenses nécessaires et utiles que celui-ci a faites sur la chose.
Quand le solvens s’est montré imprudent, il peut voir sa responsabilité engagée envers
l’accipiens et le montant de la répétition pourra être diminué
Troisième leçon :
L’enrichissement sans cause
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 128
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 129
I. Evaluation théorique
II. Evaluation pratique
(Voir annexes)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 130
MODULE III.
REGIME, TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 131
CHAPITRE I.
LES MODALITES DU RAPPORT D’OBLIGATION
▪ Les modalités du rapport d’obligation lui-même ou modalités stricto sensu
Première leçon :
La condition
Art. 66. - L'obligation est conditionnelle lorsqu'on la fait dépendre d'un événement futur et incertain,
soit en la suspendant jusqu’à ce que l'événement arrive, soit en la résiliant, selon que l'événement
arrivera ou n'arrivera pas.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 132
➢ La condition suspensive est celle dont les effets du contrat (c’est-à-dire la naissance
de l’obligation) dépendent d’un événement futur et incertain.
2. La condition résolutoire :
Art. 81. - La condition résolutoire est celle qui, lorsqu'elle s'accomplit, opère la révocation de
l'obligation, et qui remet les choses au même état que si l'obligation n'avait pas existé.
Elle ne suspend point l'exécution de l'obligation; elle oblige seulement le créancier à restituer ce qu'il a
reçu dans le cas où l'événement prévu par la condition arrive.
Art. 82. - La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour
le cas où l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement.
Dans ce cas, le contrat n'est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle l'engagement n'a
point été exécuté, a le choix, ou de forcer l'autre à l'exécution de la convention lorsqu'elle est possible,
ou d'en demander la résolution avec dommages et intérêts.
La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai selon les
circonstances
➢ Les effets du contrat (naissance ou disparition de l’obligation) se produisent mais
disparaissent si la condition se produit.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 133
➢ La condition peut être mixte : l’événement dépend à la fois de la volonté de l’un des
intéressés et de la volonté d’un tiers.
Art. 69. - La condition mixte est celle qui dépend tout à la fois de la volonté d'une des parties
contractantes et de la volonté d'un tiers.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 134
Deuxième leçon :
Le terme
A retenir :
➢ Le terme diffère de la condition, en ce qu'il ne suspend point l'engagement, dont il
retarde seulement l'exécution (Art 83).
➢ Ce qui n'est dû qu'à terme ne peut être exigé avant l'échéance du terme: mais ce qui
a été payé d’avance ne peut être répété (Art 84).
➢ Le terme est toujours présumé stipulé en faveur du débiteur, à moins qu'iI ne résulte
de la stipulation, ou des circonstances, qu'il a été aussi convenu en faveur du
créancier (Art 85).
A. Classification de termes
▪ Le terme suspensif : il suspend l’événement d’une obligation exigible jusqu’à un
certain moment.
▪ Le terme extinctif : il fixe le moment où une obligation cesse d’être due.
▪ Le terme incertain : l’arrivée du terme correspond à un événement dont la date est
incertaine.
▪ Le terme certain : une date précise est prévue pour le terme
▪ Le terme conventionnel : il est prévu par les parties
▪ Le terme légal : il est déterminé par la loi
▪ Le terme judiciaire : il est accordé par un tribunal
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 135
2. La fin du terme
➢ L’échéance du terme : c’est la modalité normale d’extinction du terme.
➢ La renonciation au bénéfice du terme : seul le bénéficiaire peut renoncer au terme.
➢ La déchéance du terme : il s’agit d’une sanction du bénéficiaire.
Le débiteur ne peut plus réclamer le bénéfice du terme lorsqu'il a fait faillite ou
lorsque, par son fait, il a diminué les sûretés qu'il avait données par le contrat à son
créancier (Art 86).
Troisième leçon :
Les obligations alternatives
➢ Le débiteur d'une obligation alternative est libéré par la délivrance de l'une des deux
choses qui étaient comprises dans l'obligation.
➢ Le choix appartient au débiteur s'il n'a pas été expressément accordé au créancier
(Art. 87).
➢ Le débiteur peut se libérer en délivrant l'une des deux choses promises, mais il ne
peut pas forcer le créancier à recevoir une partie de l'une et une partie de l'autre
(Art. 88).
➢ L'obligation est pure et simple quoique contractée d’une manière alternative, si l'une
des deux choses promises ne pouvait être le sujet de l'obligation (Art 89).
➢ L'obligation alternative devient pure et simple, si l'une des choses promises périt et
ne peut plus être livrée même par la faute du débiteur. Le prix de cette chose ne peut
pas être offert à sa place (Art. 90).
➢ Si toutes deux sont péries, et que le débiteur soit en faute à l'égard de l'une d'elles, il
doit payer le prix de celle qui a péri la dernière (Art. 91).
➢ Lorsque, dans les cas prévus par l'article précédent, le choix avait été déféré par la
convention au créancier; ou l'une des choses seulement est périe; et alors, si c'est
sans la faute du débiteur, le créancier doit avoir celle qui reste; si le débiteur est en
faute, le créancier peut demander la chose qui reste, ou le prix de celle qui est périe;
ou les deux choses sont péries; et alors, si le débiteur est en faute à l'égard des deux,
ou même à l'égard de l'une d'elles seulement, le créancier peut demander le prix de
l'une ou de l'autre à son choix (Art. 92).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 136
➢ Si les deux choses sont péries sans la faute du débiteur et avant qu'il soit en demeure,
l'obligation s'est éteinte (Art. 93).
➢ Les mêmes principes s'appliquent au cas où Il y a plus de deux choses comprises
dans l'obligation alternative (Art. 94).
Chapitre 2.
Les modalités relatives aux sujets des rapports d’obligations
Première leçon :
La pluralité des sujets
La pluralité des sujets face à l’exécution d’une obligation se manifeste à travers deux
hypothèses : cas des obligations conjointes et celui des obligations solidaires.
Les étudiants de G2 Droit décident que désormais le 03 août, jour anniversaire de leur professeur de
droit des obligations, ils partageront avec lui un repas au restaurant « les Saints Noirs ».
Le jour « J » le buffet pour 400 personnes s’élève à 4000 dollars, soit 10 dollars par personne.
A la fin du repas, très convivial, l’addition arrive et la facture global est effectivement de 400 dollars.
Le paiement de cette facture relève-t-il d’une obligation conjointe ou solidaire ?
1. Le principe
Art. 98. - Il y a solidarité de la part des débiteurs lorsqu'ils sont obligés à une même chose, de manière
que chacun puisse être contraint pour la totalité et que le payement fait par un seul libère les autres
envers le créancier.
Art. 99. - L'obligation peut être solidaire quoique l'un des débiteurs soit obligé différemment de l'autre
au payement de la même chose; par exemple, si l'un n'est obligé que conditionnellement, tandis que
l'engagement de l'autre est pur et simple, ou si l'un a pris un terme qui n'est point accordé à l'autre.
Art. 100. - La solidarité ne se présume point, Il faut qu'elle soit expressément stipulée.
Cette règle ne cesse que dans les cas où la solidarité a lieu de plein droit, en vertu d'une disposition de
la 101.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 137
Art. 101. - Le créancier d'une obligation contractée solidairement peut s'adresser à celui des débiteurs
qu'il veut choisir, sans que celui-ci puisse lui opposer le bénéfice de division.
Art. 102. - Les poursuites faites contre l'un des débiteurs n’empêchent pas le créancier d'en exercer de
pareilles contre les autres.
Art. 103. - Si la chose due a péri par la faute ou pendant la demeure de l'un ou de plusieurs des
débiteurs solidaires, les autres codébiteurs ne sont point déchargés de l'obligation de payer le prix de la
chose mais ceux-ci ne sont point tenus des dommages et intérêts.
Le créancier peut seulement répéter les dommages et intérêts tant contre les débiteurs par la faute
desquels la chose a péri, que contre ceux qui étaient en demeure.
Art. 104. -les poursuites faites contre l'un des débiteurs solidaires interrompent la prescription à l'égard
de tous.
Art. 105. - la demande d'intérêts formée contre l'un des débiteurs solidaires fait courir les intérêts à
l'égard de tous.
▪ Lorsque l’obligation est conjointe, plusieurs personnes sont tenues d’une même
dette.
▪ A défaut de stipulation particulière telle que la solidarité ou l’application d’autres
stipulations légales ou judiciaires, l’obligation est conjointe en cas de pluralité de
débiteurs ou de créanciers.
▪ L’obligation conjointe permet la division de l’obligation par parts égales entre les
créanciers ou les débiteurs.
2. Les effets
➢ Le créancier peut demander le paiement de sa créance à l’un quelconque de
ses débiteurs. Le débiteur ne peut être poursuivi que pour sa part de dette.
➢ L’interruption de la prescription ou la chose jugée vis-à-vis de l’un des débiteurs ne
s’étend pas aux autres.
➢ La mise en demeure d’un débiteur n’a pas d’effet sur ses codébiteurs et l’obligation
nulle ou éteinte à l’égard de l’un ne l’est pas à l’égard des autres sauf cas où
l’obligation est elle-même en cause.
➢ En fait, il s’agit de la solidarité légale qui peut avoir plusieurs fondements
notamment la communauté d’intérêt entre les débiteurs, la responsabilité commune
des codébiteurs et, plus généralement, l’idée de sanction ou le but de renforcer le
crédit.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 138
➢ Par exception, cette obligation conjointe peut également trouver sa source dans les
usages. Elle se présume en matière commerciale entre débiteurs tenus d’une même
dette.
Art. 95. - L'obligation est solidaire entre plusieurs créanciers lorsque le titre donne expressément à
chacun d'eux le droit de demander le payement du total de la créance, et que le payement fait à l'un
d'eux libère le débiteur, encore que le bénéfice de l'obligation soit partageable et divisible entre les divers
créanciers.
Art. 96. - Il est au choix du débiteur de payer à l'un ou à l'autre des créanciers solidaires, tant qu'il
n'a pas été prévenu par les poursuites de l'un d'eux.
Néanmoins, la remise qui n'est faite que par l'un des créanciers solidaires ne libère le débiteur que pour
la part de ce créancier.
Art. 97. - Tout acte qui interrompt la prescription à l'égard de l'un des créanciers solidaires, profite
aux autres créanciers.
▪ La solidarité active ne peut découler que d’une stipulation expresse (art.95 C.civ.)
▪ Elle ne peut être tacite.
▪ Elle ne peut jamais être présumée.
▪ Elle n’a pas à être forcément prévus par la loi.
1. L’existence de la solidarité
➢ La solidarité doit être stipulée dans le contrat qui fait naître la dette ou elle doit être
prévue par la loi (art. 94 C. civ.).
➢ La solidarité conventionnelle est prévue par l’acte juridique (ex : un contrat, un
testament, etc.). La volonté de solidarité doit être claire et explicite.
➢ Celui qui invoque la solidarité doit apporter la preuve de son existence. En d’autres
termes, de la stipulation contractuelle ou de la disposition légale qui la prévoit.
➢ Elle ne peut trouver sa source que dans une stipulation expresse (art. 97C. civ.). Elle
est rare en pratique.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 139
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 140
Art. 102. - Les poursuites faites contre l'un des débiteurs n’empêchent pas le créancier d'en exercer de
pareilles contre les autres.
Art. 103. - Si la chose due a péri par la faute ou pendant la demeure de l'un ou de plusieurs
des débiteurs solidaires, les autres codébiteurs ne sont point déchargés.
3. La disparition de la solidarité
➢ Le décès de l’un des codébiteurs solidaires. Sa part de dettes se divise entre ses
cohéritiers.
➢ La remise de solidarité : elle peut être expresse ou tacite, totale ou partielle
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 141
Deuxième leçon :
Les obligations indivisibles et divisibles
II.1. Définitions
L'obligation est divisible ou indivisible selon qu'elle a pour objet ou une chose qui dans sa
livraison, ou un fait qui dans l'exécution est ou n'est pas susceptible de division, soit
matérielle, soit intellectuelle (Art. 115).
➢ L'obligation est indivisible, quoique la chose ou le fait qui en est l'objet soit divisible
par sa nature, si le rapport sous lequel elle est considérée dans l'obligation ne la rend
pas susceptible d'exécution partielle (Art. 116).
➢ La solidarité stipulée ne donne point à l'obligation le caractère d’indivisibilité (Art.
117).
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 142
Dans les trois premiers cas, l'héritier qui possède la chose due ou le fonds hypothéqué à la
dette, peut être poursuivi pour le tout sur la chose due ou sur le fonds hypothéqué, sauf le
recours contre ses cohéritiers.
Dans le quatrième cas, l'héritier seul chargé de la dette, et dans le cinquième cas, chaque
héritier peut aussi être poursuivi pour le tout; sauf recours contre ses cohéritiers (Art.119).
▪ Les effets de l'obligation indivisible
Chacun de ceux qui ont contracté conjointement une dette indivisible en est tenu pour le
total, encore que l'obligation n'ait pas été contractée solidairement (Art.120).
Il en est de même à l'égard des héritiers de celui qui a contracté une pareille obligation
(Art.121).
Chaque héritier du créancier peut exiger en totalité l'exécution de l'obligation indivisible.
Il ne peut seul faire la remise de la totalité de la dette; il ne peut recevoir seul le prix au lieu
de la chose. Si l'un des héritiers a seul remis la dette ou reçu le prix de la chose, son
cohéritier ne peut demander la chose indivisible qu'en tenant compte de la portion du
cohéritier qui a fait la remise ou qui a reçu le prix (Art.122).
L'héritier du débiteur, assigné pour la totalité de l'obligation, peut demander un délai pour
mettre en cause ses cohéritiers, à moins que la dette ne soit de nature à ne pouvoir être
acquittée que par l'héritier assigné, qui peut alors être condamné seul, sauf son recours en
indemnité contre ses cohéritiers (Art.123).
➢ L’obligation indivisible est celle qui ne peut être exécutée partiellement.
➢ Lorsque plusieurs contrats sont considérés comme indivisibles, il est porté atteinte
à l’effet relatif des contrats.
➢ Lorsque les deux contrats constituent un ensemble contractuel indivisible, la
résiliation de l’un des contrats entraîne la caducité de l’autre et libère le débiteur des
stipulations que celui-ci contenait.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 143
THEME I.
LA TRANSMISSION DES OBLIGATION
Chapitre 1.
La cession du rapport d’obligation
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 144
Art. 360. - S'il avait déjà profité des fruits de quelque fonds, ou reçu le montant de quelque
créance appartenant à cette hérédité, ou vendu quelques effets de la succession, il est tenu de
les rembourser à l'acquéreur, s'il ne les a expressément réservés lors de la vente.
Art. 361. - L'acquéreur doit, de son côté, rembourser au vendeur ce que celui-ci a payé pour
les dettes et charges de la succession, et lui faire raison de tout ce dont il était créancier, s'il
n'y a stipulation contraire.
Art. 362. - Celui contre lequel on a cédé un droit litigieux peut s'en faire tenir quitte par le
cession na ire, en lui remboursant le prix réel de la cession, avec les frais et loyaux coûts, et
avec les intérêts à compter du jour où le cessionnaire a payé le prix de la cession à lui faite.
Art. 363. - La chose est censée litigieuse dès qu'il ya procès et contestation sur le fond du
droit.
Art. 364. - La disposition portée en l'article 362 cesse:
1° dans le cas où la cession a été faite à un cohéritier ou copropriétaire du droit cédé;
2° lorsqu'elle a été faite à un créancier en payement de ce qui lui est dû;
3° lorsqu'elle a été faite au possesseur de l'héritage sujet au droit litigieux.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 145
▪ Vis-à-vis des autres cessionnaires : si la créance a été cédée plusieurs fois, c’est celui au
profit duquel la formalité a été faite en premier qui est cessionnaire et non pas celui
à qui la créance a été cédée le premier.
▪ Vis-à-vis des créanciers chirographaires : tant que les formalités légales n’ont pas été
accomplies, les créanciers chirographaires peuvent considérer que la créance est
toujours dans le patrimoine du débiteur et peut être poursuivie.
2. Les effets
▪ Le transfert de la créance et ses accessoires, y compris les actions en responsabilité
▪ contre les tiers, pour son montant nominal, même si le prix payé est différent.
▪ Le cédé peut opposer au cessionnaire les exceptions qu’il pouvait opposer au
cédant. Le débiteur (le cédé) peut invoquer contre le cessionnaire (le contractant)
les exceptions inhérentes à la dette même si elles sont apparues postérieurement à
la notification de la cession.
▪ Le cédant est tenu de l’existence de la créance et des sûretés qui lui sont attachées
mais pas de la solvabilité du débiteur ; les parties peuvent modifier l’étendue de cette
garantie dans leur convention.
B. La cession de tiers négociables
▪ Le cessionnaire de bonne foi ne peut se voir opposer les exceptions que le débiteur
pouvait opposer au cédant.
▪ La garantie du cédant est souvent plus forte qu’en droit commun.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 146
I.4. La délégation
A. La délégation imparfaite
1. Les conditions
➢ Nécessité de l’engagement du délégué, pour lequel aucune formalité particulière
n’est exigée.
➢ L’acceptation du délégataire.
2. Les effets
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 147
B. La délégation parfaite
1. Les conditions
Ce sont les mêmes conditions que pour la délégation imparfaite.
Il faut en plus une manifestation expresse du délégataire libérant le délégant de
son obligation.
Art.167.– La délégation par laquelle un débiteur donne au créancier un autre débiteur qui s’oblige
envers le créancier, n’opère point de novation, si le créancier n’a expressément déclaré qu’il entendait
décharger son débiteur qui a fait la délégation.
➢ Le créancier qui a déchargé le débiteur par qui a été faite la délégation n’a point de
recours contre ce débiteur, si le délégué devient insolvable, à moins que l’acte n’en
contienne une réserve expresse, ou que le délégué ne fût déjà en faillite ouverte, ou
tombé en déconfiture au moment de la délégation. (Art.168).
2. Les effets
➢ La délégation parfaite crée une nouvelle obligation : les conséquences sont les
mêmes que pour la délégation imparfaite.
➢ L’engagement du délégant envers le délégataire s’éteint
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 148
THEME II.
EXTINCTION DES OBLIGATIONS
Art. 132. - Les obligations s'éteignent par le paiement, par la novation, par la remise volontaire, par
la compensation, par la confusion, par la perte de la chose, par la nullité ou la rescision, par l'effet de
la condition résolutoire, qui a été expliquée au chapitre précédent, et par la prescription.
Chapitre 1.
Le paiement
Première leçon :
Le paiement volontaire
b. L’accipiens
Art. 137. C.civ. - Le payement doit être fait au créancier, ou à quelqu’un ayant pouvoir de lui ou qui
soit autorisé par la justice ou par la loi à recevoir pour lui.
Le payement fait à celui qui n'aurait pas pouvoir de recevoir pour le créancier, est valable, si celui-ci
le ratifie, ou s'il en a profité.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 149
Art. 138. C.civ - Le payement fait de bonne foi à celui qui est en possession de la créance, est valable
encore que le possesseur en soit par la suite évincé.
Art. 139. C.civ - Le payement fait au créancier n'est point valable s'il était incapable de le recevoir, à
moins que le débiteur ne prouve que la chose payée a tourné au profit du créancier.
➢ L’accipiens est celui qui reçoit le paiement.
➢ Il peut s’agir du créancier lui-même ou de son représentant à condition que celui-ci
ait reçu, judiciairement ou conventionnellement le pouvoir d’encaisser ce paiement.
▪ Le principe
Art. 141.C.civ. - Le créancier ne peut être contraint de recevoir une autre chose que celle qui lui est
due, quoique la valeur de la chose offerte soit égale, ou même plus grande.
Art. 142. C.civ. - Le débiteur ne peut point forcer le créancier à recevoir en partie le payement d'une
dette, même divisible.
Les juges peuvent néanmoins, en considération de la position du débiteur, et en usant de ce pouvoir
avec une grande réserve, accorder des délais modérés pour le payement, et surseoir l'exécution des
poursuites, toutes choses demeurant en état.
Art. 143. C.civ. - Le débiteur d'un corps certain et déterminé est libéré par la remise de la chose en
l'état où elle se trouve lors de la livraison, pourvu que les détériorations qui y sont survenues ne viennent
point de son fait ou de sa faute, ni de celle des personnes dont il est responsable, ou qu'avant ces
détériorations il ne fût pas en demeure.
Art. 144. C.civ. - Si la dette est d'une chose qui ne soit déterminée que par son espèce, le débiteur ne
sera pas tenu, pour être libéré, de la donner de la meilleure espèce; mais il ne pourra l'offrir de la plus
mauvaise.
➢ S’il s’agit d’une chose de genre : le débiteur fournit la chose prévue dans la quantité et
la qualité prévues ; si la qualité n’est pas prévue, c’est la qualité moyenne.
➢ Cas d’un corps certain : « le débiteur d’un corps certain et déterminé est libéré par la
remise de la chose en l’état où elle se trouve lors de la livraison, pourvu que les
détériorations qui y sont survenues ne viennent point de son fait ou de sa faute, ni
de celle des personnes dont il est responsable, ou qu’avant ces détériorations, il ne
fût pas en demeure ». l’acquéreur supporte les risques de la chose.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 150
Art. 145. - Le payement doit être exécuté dans le leu désigné par la convention, Si le lieu n'y est pas
désigné, le payement, lorsqu'il s'agit d'un corps certain et déterminé, doit être fait dans le lieu où était,
au temps de l'obligation, la chose qui en fait l'objet.
Hors ces deux cas, le payement doit être fait au domicile du débiteur.
Art. 146. - Les frais du payement sont à la charge du débiteur.
A. La date du paiement
▪ Le principe
➢ Le paiement a lieu au terme fixé par les parties.
▪ Des exceptions (art.142 C.civ.)
Les juges peuvent, en considération de la position du débiteur, et en usant de son pouvoir
avec une grande réserve, accorder des délais modérés pour le payement, et surseoir
l'exécution des poursuites, toutes choses demeurant en état.
➢ Délai de grâce judiciaire
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 151
B. Le lieu du paiement
▪ Le principe
Le payement doit être exécuté dans le lieu désigné par la convention, Si le lieu n'y est pas désigné, le
payement, lorsqu'il s'agit d'un corps certain et déterminé, doit être fait dans le lieu où était, au temps
de l'obligation, la chose qui en fait l'objet. Hors ces deux cas, le payement doit être fait au domicile du
débiteur. (Art. 145.C.civ)
➢ La dette est quérable et non portable.
➢ Le paiement est fait au lieu du domicile du débiteur.
▪ Des exceptions
➢ Les parties peuvent convenir d’un autre lieu.
➢ Certaines exceptions sont souvent prévues par le législateur (art. 145al. C. civ.)
Art. 198. - Les règles qui concernent la preuve littérale, la preuve testimoniale, les
présomptions, l'aveu de la partie et le serment, sont expliquées dans les sections suivantes.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 152
2. La subrogation
a. notions
La subrogation consiste à substituer une personne à une autre pour le paiement de la dette.
Elle peut découler d’une convention ou des dispositions légales.
Art. 147.C.civ. - La subrogation dans les droits du créancier au profit d'une tierce personne qui le
paie, est ou conventionnelle ou légale.
▪ La subrogation conventionnelle
Art. 148. C.civ. :
- Cette subrogation est conventionnelle:
1° lorsque le créancier, recevant son payement d'une tierce personne, la subroge dans ses
droits, actions, privilèges ou hypothèques contre le débiteur: cette subrogation doit être
expresse et faite en même temps que le payement;
2° lorsque le débiteur emprunte une somme à l'effet de payer sa dette et de subroger le
prêteur dans les droits du créancier. Il faut, pour que cette subrogation soit valable, que l'acte
d'emprunt et la quittance soient passés devant notaires; que, dans l'acte d'emprunt, il soit
déclaré que la somme a été empruntée pour faire le payement, et que, dans la quittance, il soit
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 153
déclaré que le payement a été fait des deniers fournis à cet effet par le nouveau créancier,
Cette subrogation s'opère sans le concours de la volonté du créancier.
➢ Il s’agit de la subrogation consentie par le créancier.
➢ Elle nécessite un accord entre le solvens et le créancier.
➢ Elle doit être expresse et se faire en même temps que le paiement (il existe des
atténuations à ce principe).
➢ Le paiement doit être le fait d’un tiers.
➢ Ce mécanisme est utilisé par les professionnels sous le nom d’affacturage
➢ La subrogation consentie par le débiteur
➢ La forme notariée est imposée
➢ Il doit être fait mention expresse de l’origine et de la destination des fonds
▪ La subrogation légale
Base : Art.149 C.cv :
Art. 149. - La subrogation a lieu de plein droit:
1 ° au profit de celui qui, étant lui-même créancier, paye un autre créancier qui lui est préférable à
raison de ses privilèges ou hypothèques;
2° au profit de l'acquéreur d'un immeuble, qui emploie le prix de son acquisition au payement des
créanciers auxquels cet héritage était hypothéqué;
3° au profit de celui qui, étant tenu avec d'autres ou pour d'autres au payement de la dette, avait
intérêt de l'acquitter.
Cet art. 149 C. civ. prévoit 3 cas de subrogation de plein droit :
➢ Au profit de celui qui, étant lui-même créancier, paie un autre créancier qui lui est
préférable à raison de ses privilèges ou hypothèques.
➢ Au profit de l’acquéreur d’un immeuble, qui emploie le prix de son acquisition au
paiement des créanciers auxquels cet héritage était hypothéqué.
➢ Au profit de celui qui, étant tenu avec d’autres ou pour d’autres au paiement de la
dette, avait intérêt de l’acquitter
On peut également y ajouter :
• l’héritier bénéficiaire qui a payé de ses deniers les dettes de
succession.
• L’assureur qui est subrogé dans les droits de l’assuré d’un dommage
à sa personne contre le responsable.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 154
Deuxième leçon :
Le paiement forcé
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 155
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 156
➢ Une obligation autre que des sommes d’argent : se résout par le paiement des dommages
et intérêts.
➢ Toute obligation de faire ou de ne pas faire se résout en dommages et intérêts, en cas
d’inexécution de la part du débiteur.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 157
➢ Les créanciers peuvent exercer tous les droits et actions de leur débiteur, à
l'exception de ceux qui sont exclusivement attachés à la personne.
➢ Le créancier ne doit pas avoir nécessairement un titre exécutoire car l’action oblique
est une mesure conservatoire.
b. Les effets
➢ Le débiteur du débiteur peut opposer au créancier toutes les exceptions qu’il aurait
pu opposer au débiteur lui-même.
➢ Le créancier ne peut faire valoir des droits qui lui sont propres.
➢ Le jugement n’a pas autorité de la chose jugée vis-à-vis du débiteur ; par conséquent,
ce dernier est souvent mis en cause par le créancier
➢ Le patrimoine du débiteur s’accroît au profit de tous les créanciers : le créancier qui
exerce l’action oblique n’a pas de droit de préférence sur les valeurs recouvrées.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 158
Chapitre 2.
Les autres modes d’extinction des obligations
Première leçon :
La remise de dette
I.1. Définition
La remise de dette est une convention par laquelle le créancier accepte de libérer totalement
ou partiellement le débiteur de sa dette.
➢ Elle s’analyse comme un contrat à titre gratuit : plus exactement comme une
donation indirecte.
➢ Elle obéit au droit commun des contrats.
Base légale :
174.– La remise volontaire du titre original sous signature privée par le créancier au débiteur, fait
preuve de la libération.
175.– La remise volontaire de la minute ou de l’expédition du titre fait présumer la remise de la dette
ou le paiement, sans préjudice de la preuve contraire.
176.– La remise du titre original sous signature privée, ou de la minute du titre, à l’un des débiteurs
solidaires, a le même effet au profit des codébiteurs.
177.– La remise ou décharge conventionnelle
au profit de l’un des codébiteurs solidaires, libère tous les autres, à moins que le créancier n’ait
expressément réservé ses droits contre ces derniers.
➢ Le droit commun de la preuve est applicable
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 159
➢ La preuve peut se faire par tous les moyens. Il est toutefois préférable de prévoir un
écrit à cet effet.
Deuxième leçon :
La dation en paiement et la compensation
II.2. La compensation
Art.181. C.civ.– Lorsque deux personnes se trouvent débitrices l’une envers l’autre, il s’opère entre elles
une compensation qui éteint les deux dettes de la manière et dans les cas ci-après exprimés.
1. La compensation légale
182. – la compensation s’opère de plein droit par la seule force de la loi, même à l’insu des débiteurs,
les deux dettes s’éteignent réciproquement à l’instant où elles se trouvent exister à la fois, jusqu’à
concurrence de leurs quotités respectives.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 160
183. – La compensation n’a lieu qu’entre deux dettes qui ont également pour objet une somme d’argent
ou une certaine quantité de chose fongibles de la même espèce et qui sont également liquides et exigibles.
2. La compensation conventionnelle
a. Les conditions de la compensation conventionnelle
➢ Elle est l’œuvre des parties au contrat qui conviennent d’utiliser le mécanisme de la
compensation quand bien même que les conditions de la compensation légale ne
sont pas remplies.
b. Les effets de la compensation conventionnelle
➢ La compensation a pour effet l’extinction réciproque des dettes à concurrence de la
plus faible.
3. La compensation judiciaire
a. Les conditions de la compensation judiciaire
➢ Le débiteur demande au juge de prononcer la compensation judiciaire lorsque les
conditions de la compensation légale ne sont pas remplies.
➢ Le juge doit procéder préalablement à la liquidation de la créance si nécessaire.
b. Les effets de la compensation judiciaire
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 161
Troisième leçon :
La confusion et la novation
III.1. La confusion :
1. Définition
Fondement légal :
Art.192.– Lorsque les qualités de créancier et de débiteur se réunissent dans la même personne, il se
fait une confusion de droit qui éteint les deux créances.
Art.193.– La confusion qui s’opère dans la personne du débiteur principal profite à ses cautions.
Celle qui s’opère dans la personne de la caution n’entraîne point l’extinction de l’obligation principale.
Celle qui s’opère dans la personne du créancier ne profite à ses codébiteurs solidaires que pour la portion
dont il était débiteur.
➢ On parle de confusion lorsque les qualités de créancier et de débiteur se réunissent
dans la même personne.
2. Les conditions de la confusion
➢ Les droits du créancier et du débiteur doivent être confondus
➢ La même personne doit être à la fois créancière et débitrice
3. Les effets de la confusion
➢ L’extinction de l’obligation dont l’exécution est devenue impossible.
➢ La disparition des sûretés qui accompagnent la créance.
➢ La confusion n’est pas opposable aux ayants cause à titre particulier qui ont acquis
leurs droits avant la confusion.
III.2. La novation
1. La définition de la novation
La novation est définie comme une convention qui consiste à éteindre une obligation pour
la remplacer par une nouvelle.
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 162
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 163
Quatrième leçon :
La prescription extinctive
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 164
tout ce qui est payable par année, ou à des termes périodiquement plus courts
se prescrivent par cinq ans (art.657).
➢ En fait de meubles, la possession vaut titre. Néanmoins, celui qui a perdu ou
auquel il a été volé une chose peut la revendiquer pendant trois ans, à
compter de la perte ou du vol, contre celui dans les mains duquel il l’a trouvé
sauf à celui-ci son recours contre celui duquel il la tient (art.658).
La durée de ces délais ne peut être modifiée sauf dans les cas prévus par la loi.
b. Le calcul du délai
▪ La prescription se compte par jour
➢ Le premier jour est exclu du calcul.3
➢ Le dernier jour est pris en compte.
▪ Le point de départ est fixé au jour où l’action en justice est ouverte
➢ Le délai peut être suspendu.
➢ Le délai peut être interrompu.
I. Questions théoriques
II. Cas pratiques
(Voir annexes)
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 165
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 166
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 167
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 168
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 169
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 170
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 171
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 172
2. Deuxième cas de figure : Participation des personnes autres que le conducteur à l’accident. ................ 116
Chapitre 2. .......................................................................................................................... 117
La mise en œuvre de la responsabilité civile .......................................................................... 117
Première leçon :................................................................................................................... 117
La réparation du dommage .................................................................................................. 117
A. Les principes de la réparation .......................................................................................... 117
1. Les modalités de la réparation ............................................................................................... 117
2. Le principe de la réparation intégrale ...................................................................................... 117
B. Les difficultés de la réparation .......................................................................................... 118
1. Les dommages matériels ....................................................................................................... 118
2. Le dommage corporel ........................................................................................................... 118
Deuxième leçon :................................................................................................................. 119
Le procès en responsabilité ................................................................................................... 119
A. Les parties à l’action ....................................................................................................... 119
1. Le défendeur à l’action ......................................................................................................... 119
2. Le demandeur à l’action ....................................................................................................... 120
B. L’exercice de l’action en responsabilité civile .................................................................... 120
1. Les règles propres à l’action en responsabilité civile ..................................................................... 120
2. L’incidence de la responsabilité .............................................................................................. 121
THEME II. ......................................................................................................................... 122
LES ENGAGEMENTS NON-CONVENTIONNELS ......................................................... 122
Chapitre 1. .......................................................................................................................... 122
Les quasi-contrats ................................................................................................................ 122
Première leçon. ................................................................................................................... 122
La gestion d’affaires ............................................................................................................. 122
I.1. Les conditions de la gestion d’affaires ............................................................................. 122
1. Les conditions relatives au gérant d’affaires / Obligation de la manifestation de l’intention de gérer l’affaire
d’autrui. ............................................................................................................................... 123
2. Les conditions relatives à l’acte de gestion ................................................................................. 123
B. Les conditions relatives à l’acte de gestion ........................................................................ 123
1. L’objet de la gestion ......................................................................................................... 123
a. La gestion d’affaires peut avoir pour objet des actes juridiques aussi bien que des actes matériels. ......... 123
b. Le gérant d’affaires ne peut intenter une action en justice dans le cadre de la gestion d’affaires ............ 123
2. L’utilité de la gestion ........................................................................................................ 123
a. L’affaire doit avoir été administrée.......................................................................................... 123
b. La condition d’utilité de la gestion se ramène pour l’essentiel à une condition d’opportunité de la gestion.
........................................................................................................................................... 124
I.2. Les effets de la gestion d’affaires ..................................................................................... 124
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 173
A. Les effets de la gestion d’affaires dans les rapports entre le gérant et le géré. ....................... 124
1. Les obligations du gérant : .................................................................................................... 124
2. Les obligations du géré : ....................................................................................................... 124
B. Les effets de la gestion d’affaires à l’égard des tiers ............................................................ 124
Deuxième leçon :................................................................................................................. 125
Le paiement et réception de l’indu ........................................................................................ 125
II.1. Les conditions de la répétition....................................................................................... 125
A. La condition objective : l’absence de dettes....................................................................... 125
B. Les conditions subjectives ................................................................................................ 125
II.2. Les modalités de la répétition........................................................................................ 126
A. Les modalités de la répétition liées à la situation de l’accipiens ..................................................... 126
B. Les modalités de la répétition liées à la situation du solvens ......................................................... 126
Troisième leçon : ................................................................................................................. 127
L’enrichissement sans cause ................................................................................................. 127
III.1. Les conditions de l’action « in rem verso » .................................................................... 127
A. Les conditions d’ordre économique ................................................................................. 127
1. L’existence d’un enrichissement et d’un appauvrissement ............................................................ 127
a. L’enrichissement ................................................................................................................. 127
b. L’appauvrissement .............................................................................................................. 127
2. La corrélation entre appauvrissement et enrichissement ............................................................... 127
B. Les conditions d’ordre juridique ....................................................................................... 128
1. L’absence de cause veut dire qu’il ne doit exister aucune raison juridique fondant l’appauvrissement. ... 128
2. La subsidiarité de l’action de « in rem verso ». ........................................................................... 128
3. Les effets de l’action de in rem verso ........................................................................................ 128
REVISION ET EVALUATION DU MODULE II ............................................................... 129
DU CONTRAT ET DE LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE ............................... 129
I. Evaluation théorique ........................................................................................................ 129
II. Evaluation pratique ......................................................................................................... 129
MODULE III...................................................................................................................... 130
REGIME, TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS .............................. 130
PREMIER BLOC DE CONNAISSANCE : ......................................................................... 131
LE REGIME DES OBLIGATIONS .................................................................................... 131
THEME I. LES MODALITES DES OBLIGATIONS.......................................................... 131
CHAPITRE I. ..................................................................................................................... 131
LES MODALITES DU RAPPORT D’OBLIGATION ........................................................ 131
Première leçon :................................................................................................................... 131
La condition........................................................................................................................ 131
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 174
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 175
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 176
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
P a g e | 177
Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021