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SUPPORT - RESUME DU COURS Obligations

Le vade-mecum de l'étudiant en Droit des obligations est un guide destiné aux étudiants de 2ème graduat en Droit à l'Université Nationale Pédagogique, offrant un condensé des enseignements et des pratiques nécessaires pour réussir dans ce domaine. L'enseignement se base sur la nécessité d'une autonomie juridique congolaise, tout en intégrant des innovations juridiques étrangères compatibles avec la culture locale. Ce document inclut également des références bibliographiques et des ressources en ligne pour approfondir les connaissances des étudiants.

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SUPPORT - RESUME DU COURS Obligations

Le vade-mecum de l'étudiant en Droit des obligations est un guide destiné aux étudiants de 2ème graduat en Droit à l'Université Nationale Pédagogique, offrant un condensé des enseignements et des pratiques nécessaires pour réussir dans ce domaine. L'enseignement se base sur la nécessité d'une autonomie juridique congolaise, tout en intégrant des innovations juridiques étrangères compatibles avec la culture locale. Ce document inclut également des références bibliographiques et des ressources en ligne pour approfondir les connaissances des étudiants.

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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO


MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET UNIVERSITAIRE
Université Nationale Pédagogique

Faculté de Droit

VADE MECUM DE L’ETUDIANT EN DROIT DES OBLIGATIONS

Résumé du cours & séminaires – Exercices pratiques préparatoires aux évaluations

Professeur NDJATE OMANYONDO N’KOY


Docteur en Droit (Université René Descartes – Paris V)
Diplômé en Criminalistique (Université René Descartes – Paris V)
Conseiller juridique de la Fondation Olangi-Wosho
Ancien de l’Unilu et de l’Unikin
Ancien du Petit Séminaire Onema-Ototo et de l’Institut Maadini-Gécamines

Ont collaboré :
▪ CT Vanessa KABAMBA
▪ Assistante Furaha BAHATI

Année académique 2020-2021

Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
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« Le manque de science n’est bon pour personne »


(Proverbes 19 :2)

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MISE AU POINT GENERALE

Un « vade-mecum » n’est rien d’autre qu’un guide, une feuille de route, un condensé
de ce qu’il faut savoir pour réussir, atteindre ou mériter son statut, sa mission son objectif.
Ce vade-mecum est un résumé contenant l’essentiel du cours, de mon enseignement du
Droit des obligations. Il s’agit donc d’un guide devant servir de support de cours pour mes
étudiants de 2ème graduat en Droit, réalisées et mises à leur disposition à titre transitoire,
dans l’attente de l’ouvrage magistral en voie de publication.
Cet enseignement est fondé sur deux principes : la quête de « l’audace juridique
congolaise » et l’appropriation des innovations juridiques étrangères compatibles avec « le
penser juridique congolais ». L’enseignement de droit en République démocratique du Congo
renferme d’énormes pièges qui maintiennent le juriste congolais et son système dans un
statut d’éternel consommateur doublé d’un complexe d’éternelle soumission aux systèmes
étrangers souvent en décalage flagrant avec les réalités culturelles locales. Nous avons le
devoir de travailler au désamarrage du système juridique congolais de ces locomotives
étrangers afin de lui redonner son identité propre et sa réelle autonomie préalable à tout
rapprochement avec d’autres familles juridiques dans une relation d’égale à égale.
Partant de la vérité universellement aujourd’hui reconnue qui est que la
colonisation fut un crime contre l’humanité, une catastrophe civilisationnelle, tout ce qui
a contribué à son enracinement, sa réussite devrait constituer un mal à éradiquer. Que dire
alors du système juridique colonial qui fut la colonne vertébrale de cette entreprise
inhumaine ? Comment dès lors expliquer et comprendre le zèle déployé pour maintenir
une loi comme ce décret du 30 juillet 1888 sans s’interroger sur son message subliminal,
son apport dans la consolidation du système colonial honni, le contexte de sa promulgation
et ses effets actuels sur la gestion des liens obligataires ?
Pour préparer ce cours, nous avons passé en revue les travaux de nos illustres
prédécesseurs congolais, principalement ceux de notre Maître, le Professeur KALONGO
MBIKAYI, d’heureuse mémoire. Les travaux de nos ainés et collègues Professeurs PINDI
MBESA, LUTUMBA wa LUTUMBA et Marie-Thérese KENGE NGUMBA ont permis
de comprendre et mesurer les efforts entrepris pour impulser des réformes dans ce secteur.
Il est important ici de préciser notre choix de dépasser les deux conceptions
omniprésentes en droit des obligations, à savoir la conception objective dite classique et la
conception subjective dite moderne en instituant notre approche prospectiviste non
seulement sous l’angle d’une nouvelle conception de droit à découvrir mais aussi et surtout

Prof. NDJATE, Vade-mecum de l’étudiant en Droit des obligations, Support G2-G3 Faculté de Droit, UPN, Kinshasa 2021
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en ce qu’elle constitue le fondement même de notre école de recherche. Une chaire ayant
pour vocation l’organisation des recherches et des études approfondies sur l’application
des sciences juridiques aux hautes stratégies d’une part et, d’autre part, celle de hautes
stratégies aux sciences juridiques.
Le droit comparé offre à cet enseignement la richesse doctrinale trouvée sous
d’autres cieux notamment dans la famille romano-germanique dont l’emprise sur le
système congolais s’observe encore d’une manière troublante.
Sans prétendre à l’exhaustivité des ouvrages recommandables pour la meilleure
maitrise de droit des obligations, l’étudiant trouvera ci-dessous, une indication
bibliographique pour étendre ses connaissances, comprendre le « penser juridique » des
peuples étrangers en matière des obligations et consolider les acquis de l’enseignement
dispensé. On y trouvera des données extrêmement riches, variées et souvent
complémentaires quand elles ne sont pas en déphasage total avec nos réalités juridiques.

I. Le regard congolais
1. BOKINA BOKOLOMBE, L’influence du modèle juridique français en Afrique : cas de
la réception du code civil en République démocratique du Congo, L’Harmattan, Paris
2016.
2. Boniface KABANDA TANDA, Droit processuel en RD CONGO, L’Harmattan,
Paris 2015
3. KALAMBAY LUPUNGU, Droit civil, PUZ, Kinshasa 1990
4. KALONGO MBIKAYI, Code civil et commercial congolais, CRDJ, Kinshasa 1997
5. KATUALA KABA-KASHAKA, Code civil zaïrois annoté, Des contrats et des
obligations conventionnelles, vol.1, Ed. Batena Ntambua, Kinshasa 1995.
6. Marie-Thérèse KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI, Droit civil : les obligations
(Notes de cours), L’Harmattan, Paris 1997
7. Marie-Thérèse KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI (Sous la direction), La
réforme du droit des obligations en RD Congo, Mélanges à la mémoire du Doyen
Bonaventure Olivier KALONGO MBIKAYI, L’Harmattan, Paris 2020.
8. Isidore NDAYWEL E NZIEM, Histoire générale du Congo, Boeck, Bruxelles 1997
9. Alphonse NDJATE OMANYONDO, Gendarmerie et Reconstruction d’un Etat de
droit au Congo-Kinshasa, L’Harmattan, Paris 2007.

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II. Textes fondamentaux sur le droit des obligations


1. La Constitution de la RD Congo (telle que modifiée à ce jour)
2. Le décret du 30 juillet 1888 tel que modifié à ce jour (Voir code Larcier 2017)
3. Codes et lois du Congo belge (Piron et Devos), Tome1, Bruxelles 1960

III. Les doctrinaires étrangers recommandés


1. A. BENABENT, Droit des obligations, LGDJ, coll. Précis Domat, 18e éd., 2019.
2. A. SERIAUX, Manuel de droit des obligations, Puf, coll. Droit fondamental, 3e éd.,
2018.
3. B. FAGES, Droit des obligations, LGDJ, coll. Manuels, 9e éd., 2019.
4. Baptiste Bonnet, Pascale Deumier (Sous la direction de), De l’intérêt de la summa
divisio droit public-droit privé ? Actes, Dalloz, Paris 2011, 289 pages.
5. Ch. LARROUMET, S. BROS, Traité de droit civil, Les obligations, le contrat, t. 3, 9e
éd., 2018.
6. D. HOUTCIEFF, Droit des contrats, Bruylant, coll. Paradigmes, 4e éd., 2018.
7. M. FABRE-MAGNAN, Droit des obligations, Contrat et engagement unilatéral, t. 1,
Puf, coll. Thémis, 5e éd., 2019.
8. Paolo Alvazzi Del Frate, Sylvain Bloquet, Arnaud Vergne, La summa divisio droit
public/droit privé dans l’histoire des systèmes juridiques en Europe (XIXè-XXIè
siècles),Tome 58, Institut Universitaire Varenne, 1re édition, Paris 2018, 302pages.
9. Ph. MALINVAUD, M. MEKKI, J.-B. SEUBE, Droit des obligations, LexisNexis,
coll. Manuels, 15e éd., 2019.
10. R. CABRILLAC, Droit des obligations, Dalloz, coll. Cours, 13e éd., 2018
11. Stéphanie PORCHY-SIMON, Droit civil 2ème année les obligations 2020 (cours et
travaux dirigés), Dalloz, Paris 2019.

IV. Sites d’intérêt documentaire


1. www.droitcongolais.info
2. www.leganet.cd
3. www.ohada.com
4. www.lirenligne.net (culture générale)

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V. Bibliothèque en ligne (consultation gratuite)


1. www.lagbd.org (Grande bibliothèque juridique en ligne créée par l’ordre des
Avocats de Paris)
2. www.cursus.edu

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MODULE I.
LES PRELIMINAIRES

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PREMIER BLOC DE CONNAISSANCES :


LES PRE-REQUIS

Ce cours de Droit civil des obligations s’articule autour des thématiques classées par
module. Chaque module se compose des blocs de connaissance. Chaque bloc de
connaissance comprend des thèmes exploités à travers des chapitres qui se déclinent à
travers des leçons.
A la fin de chaque module, les étudiants ont droit à un résumé récapitulatif suivi
d’une évaluation d’acquisition des connaissances. Chaque fin de module est sanctionnée
par un travail pratique servant de levier de validation. L’étudiant ayant validé tous les
modules avec plus de 70% peut être dispensé d’interrogation, le cas échéant pour les plus
méritants, d’examen final. L’objectif visé est de privilégier l’assimilation des connaissances
par la pratique. Cela exige de la part de l’enseignant l’obligation de s’assurer constamment,
et à chaque étape, de l’assiduité des étudiants, de la bonne compréhension, de la parfaite
réception et une excellente assimilation des matières enseignées. Cette méthode permet
également d’encourager la participation effective et active des étudiants aux travaux
pratiques en les familiarisant progressivement aux techniques et méthodes juridiques
d’analyse, rédaction, commentaire d’arrêts, résolution des cas ou encore de consultation
juridique.
L’enseignement du droit congolais, à l’instar du système juridique congolais lui-
même, est l’otage d’un passé pesant, trouble et troublant. Un passé, en apparence, innocent
mais qui renferme le germe de ses multiples contradictions à la base de son inefficacité car
inadapté et inadaptable aux réalités de la société congolaise. Toutes les disciplines
juridiques enseignées sont touchées. Qu’il s’agisse du droit civil, pénal ou administratif. Il
s’agit d’une crise à la fois qualitative et quantitative observable notamment à travers le
décalage entre la norme et son acceptation au sein de la société.
Nous ne cesserons jamais de le marteler, la deuxième année d’études juridiques
constitue une étape charnière dans la formation du juriste. En réalité c’est la première
année de confrontation réelle avec les matières fondamentales. A ce niveau, l’étudiant n’est
plus un entonnoir où l’on déverse des matières sans broncher ni une oie sauvage à gaver.
L’esprit critique doit être mis en rude épreuve et la participation active au cours devient un

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critère d’évaluation. Il en va ainsi de la capacité de l’étudiant à prendre note, à les


synthétiser pour en faire un support personnel à confronter, le cas échéant, à la
bibliographie indiquée ou, éventuellement, au support de cours du professeur.
L’attention des étudiants est attirée sur la nécessité voire l’obligation, dans le monde
contemporain, de maitriser l’outil informatique. La recherche sur internet remplace
progressivement les fréquentations des bibliothèques. La plupart d’ouvrages voir de
publications deviennent numérisés. Certaines maisons d’édition accompagnent désormais
leurs ouvrages publiés par des versions numériques. L’enseignant dans ce contexte devient
l’autorité validatrice des informations ou des savoirs glanés. Ce cours se fixe des objectifs
novateurs incluant notamment la nécessaire réhabilitation terminologique ainsi que la
découverte des fondamentaux négligés du droit originel congolais, source première de
toute légitimité normative.
Le droit des obligations est la base même des études du droit privé, du droit en général
et est souvent considéré comme le droit commun du droit commun. Théorique et pratique,
élégant et rigoureux, sophistiqué et fondé sur des principes élémentaires, technique et
reposant sur des analyses extra juridiques importantes, sociales, économiques, morales, le
droit des obligations est une matière centrale dans la formation d’un juriste. Il forme la
matière première du droit des contrats et du droit de la responsabilité mais propose aussi
un régime, des règles qui se présentent comme l’outil de base des relations personnelles
patrimoniales.
Ce droit est donc indispensable pour comprendre l’ensemble des questions qui
fondent la vie économique, dans ce qu’elle a de plus simple : l’acquisition banale d’un bien
de consommation courante, les conséquences d’une chute en descendant d’un bus ou d’un
escalator d’un hôtel, ou dans ce qu’elle a de plus sophistiquée. Nous verrons, en le
développant, que ce que nous appelons « droit des obligations » correspond alors à trois
logiques :
- le contrat : échange de volontés producteur d’effets juridiques, dont des obligations
- la responsabilité : qui, partant du constat d’un dommage causé par un fait générateur,
proposera une indemnisation sous forme d’une obligation de réparation, et enfin,
- l’univers juridique de l’obligation à travers son régime, ses modalités, sa circulation
essentiellement. A ce stade nous observerons trois fonctions principales distinctes : la
gestion des échanges volontaires entre patrimoines, la gestion des tragédies et des larmes

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pour la responsabilité, la gestion des mécanismes financiers et de garantie pour le régime


des obligations.
L’étude du droit des obligations suppose certains prérequis dont la parfaite maitrise
des notions élémentaires du droit découvertes notamment dans les enseignements
introductifs reçus en première année. Il s’agit principalement :
▪ de la notion même du droit
▪ de ses sources
▪ de ses ramifications (divisions)
▪ du processus de déclinaison ou de protection de ses droits
▪ de l’architecture organisationnelle de structures et compétence judiciaires
Un étudiant de deuxième graduat en droit est un athlète de haut niveau qui a franchi
l’étape de qualification à compétir dans son domaine de prédilection. Il est censé disposer
déjà d’un esprit critique, d’une quête permanente de l’objectivité, de la droiture et de
l’équité.
Pour consolider ses acquis et mieux aborder l’enseignement du droit des
obligations, j’attire l’attention de l’étudiant sur l’importance de la maitrise des règles
méthodologiques en droit. Chaque science a ses méthodes, le droit en général, et celui des
obligations en particulier, a les siennes.
En guise de rappel, un survol panoramique des prérequis généraux et
méthodologiques, pour préparer l’étudiant à mieux traiter les cas en présence, occupe une
place de choix dans cette partie introductive.

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THEME I.
RAPPEL DES PRE-REQUIS GENERAUX

L’étude des obligations requiert l’acquisition préalable des notions élémentaires de


droit notamment la découverte de la double dimension de la notion même du droit qui se
décline d’un côté en droit objectif et de l’autre en droit subjectif. La dimension objective
définit les règles servant à encadrer la vie en commun des hommes et la dimension
subjective permet de reconnaitre aux individus des droits, ce qu’on appelle aussi des
prérogatives. Il s’agit d’un ensemble de règles qui sont formulées de manière générale et
impersonnelle sans référence à un individu particulier. Le phénomène juridique à l’état pur
est en cause ainsi que l’essence de la raison d’être du droit.

I. L’ESSENTIEL SUR LE DROIT OBJECTIF

Le droit objectif désigne donc un corps de règles destinées à organiser la vie en


société et définit les règles servant à cadrer la vie en commun des hommes et qui sont
sanctionnées par l'autorité publique. Il regroupe les règles régissant les rapports entre les
individus dans une société en particulier et qui sont sanctionnées par l’autorité publique.
Au sein de cette ramification juridique que l’on va trouver les deux groupes
marquant la grande division de droit (summa divisio): d’une part les règles droit privé et de
l’autre celles relevant du droit public. La division fondamentale de l’ensemble du droit
objectif. Il s’agit de la distinction entre le droit public et le droit privé. Toute loi, article de
code, toute norme juridique et toute institution appartiendrait donc soit à l’hémisphère
public, soit à l’hémisphère privé du monde juridique. La summa divisio marque ainsi la
frontière suprême entre ce qui relève du droit privé et du droit public.

A. LE DROIT PRIVE

Le droit privé :
Ensemble des règles qui régissent les rapports entre particuliers.

Dans cet ensemble vont se retrouver toutes les règles qui obéissent aux mêmes
principes : les rapports entre particuliers, l'autonomie de la volonté, le droit commercial, le

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droit de la famille, le droit des contrats... Le droit privé pose donc des règles qui sont
applicables par principe à l’ensemble des relations juridiques de sorte à les encadrer, sauf
si des exceptions spécifiques sont prévues.
Lorsqu'un litige survient à propos de ces règles, il est tranché par un juge de l'ordre
judiciaire. L’autonomie de la volonté constitue le principe distinctif qui va le caractériser.
Ce principe veut qu'un individu qui exprime librement sa volonté soit capable de créer des
obligations et donc du droit. L'existence de cette autonomie se justifie par ce que l'on nomme
"les droits naturels", suivant lesquels l'homme est libre à l'état de nature.

B. LE DROIT PUBLIC
Le droit public organise et structure des rapports spécifiques, il encadre les relations
entre les gouvernants et les gouvernés. Sa définition est propre à chaque société voire à
chaque Etat. L’objet du droit public demeure la défense et la sauvegarde de l’intérêt public
ou intérêt général. Il fait prévaloir l’intérêt collectif sur les intérêts privés.
Ce droit intéresse en premier lieu les personnes publiques mais son champ
d’application s’étend aussi aux personnes privées chargées d’une mission de service public.
Son but est de rendre l'action publique efficace. Ses règles visent ainsi à permettre aux
personnes et institutions chargées de l'action publique d'accomplir leur objectif de service
d'intérêt général.

II. L’ESSENTIEL SUR LES DROITS SUBJECTIFS

Les droits subjectifs, à la différence du droit objectif, désignent les prérogatives dont peuvent se
prévaloir les individus et qu'ils peuvent exercer sous la protection de l'État.

Ils sont classés généralement en deux groupes : les droits patrimoniaux et les droits
extra-patrimoniaux. Les droits patrimoniaux sont des droits pécuniaires, évaluables,
convertibles en argent tandis que les droits extrapatrimoniaux ne sont pas convertibles en
valeur pécuniaire. Les obligations étant pécuniairement évaluables et convertibles,
constituent des droits patrimoniaux.

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DROIT

DROITS SUBJECTIFS
DROITS OBJECTIFS

DROIT PRIVE DROIT PUBLIC

DROITS PATRIMONIAUX DROITS EXTRAPATRIMONIAUX


D.const
D. civil PATRIMOPATRIMONIA
D.écon UX
D.com
D.envir Droits réels :
D.soc Les obligations Droits
D.adm personnels

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THEME II.
RAPPEL DES PRE-REQUIS METHODOLOGIQUES

Matière fondamentale pour la compréhension de l’ensemble du droit civil et même


au-delà, le droit des obligations est avant tout un domaine basé sur le strict respect des
règles procédurales. Ce qui exige des étudiants une parfaite maitrise des principes clés des
méthodes de recherche en sciences sociales en générale et en sciences juridiques en
particulier. La participation active doublée d’une attention soutenue aux travaux pratiques
s’avère plus qu’un réflexe de survie.
L’étudiant de 2ème graduat est censé connaitre les règles de la rédaction d’une
dissertation juridique. Il est supposé maitriser également les règles de la construction ou de
la déconstruction d’un raisonnement juridique. Le droit fascine et nourrit beaucoup de
fantasme qui se soldent malheureusement souvent par des déceptions, des abandons ou
tout simplement de reconversion tardive.

Que faire alors pour réussir ses études en droit ?


Quels sont les prérequis méthodologiques indispensables ?

Trois éléments essentiels devraient retenir l’attention d’un étudiant en droit : la


langue d’enseignement, la matière enseignée et les exercices spécifiques au domaine
juridique à savoir la dissertation juridique, le commentaire d’arrêt et la consultation
juridique (étude des cas pratiques).

A. LA LANGUE D’EXPRESSION ET D’ACQUISITION DES CONNAISSANCES


JURIDIQUES.

La science juridique se distingue par son vocabulaire, son style rédactionnel et son
expression, d’où l’impérieuse nécessité de maitriser la langue choisie tant dans l’expression
que dans l’acquisition des connaissances. La langue française (malheureusement ou
heureusement) est encore incontournable en République démocratique du Congo et sa
maitrise par les étudiants en droit est non seulement indispensable mais aussi imposée pour
la garantie de réussite de leur formation de juriste.

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Les langues locales ne sont pas proscrites dans les prétoires. Leur maitrise devrait
être également s’inscrire comme facteur indispensable à la formation du juriste congolais.

B. LA MATIERE ENSEIGNEE

L’obligation, au centre de la matière enseignée, peut être entendue de plusieurs


manières alternatives, par les juristes ou les non-juristes : certains considèreront qu’ils sont
soumis à des obligations religieuses, sociales, financières, morales, politiques,
internationales, envers l’état, les autres ou soi-même. Ce faisant, ils confondront obligation
et devoir (devoir envers la patrie par exemple), et donc, effet obligatoire et effet normatif,
ou obligation et engagement (engagement moral, engagement d’honneur) et, donc effet
obligatoire et effet de la volonté.
Pour le juriste, le terme « obligation » est aussi employé à de multiples égards. Ainsi
parle-t-on des obligations des époux nées du mariage, de l’obligation de respecter le Code de
la route et d’ailleurs le Code pénal en général, de l’obligation de déclarer ses impôts, etc. Le
terme n’est donc pas réservé au droit des obligations.
Cependant, l’ensemble de ces « obligations » ne correspond pas à la notion
d’obligation au sens où l’envisage le droit des obligations, elles correspondent à un tissu de
devoirs, d’exigences qui fondent la vie sociale. Le droit des obligations, en effet, utilise le
terme obligation dans un sens très étroit.

L’obligation est définie comme un lien de droit (vinculum juris), un rapport juridique abstrait, entre
deux personnes, ou plus exactement entre les patrimoines de deux personnes, par lequel une personne,
appelée débiteur, doit fournir à une autre personne, appelée créancier, une certaine prestation ou une
abstention.

La réussite d’un étudiant dans ce cours passe surtout par son assiduité et sa
participation active afin de s’imprégner des enseignements dispensés complétés par
l’ouverture d’esprit qu’apporte la participation aux travaux pratiques (TP). Cette assiduité
se traduira aussi à travers la recherche personnelle que l’étudiant est appelé à effectuer afin
de se documenter, enrichir son bagage intellectuel et compléter les cours magistraux.
L’assistance assidue aux cours permet aux étudiants en droit de se familiariser avec le «
parler juridique » qui exige le recours à un langage soutenu, concis et précis.

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Elle ouvre les portes de l’appropriation par les étudiants de ce que le professeur Kalongo
Mbikayi appelait « la mécanique d’un discours logique et ordonné».
La participation aux cours magistraux permet aux étudiants de saisir les parties
essentielles des leçons, les notions fondamentales et rapprocher la matière de sa
compréhension, la théorie de la pratique.

Conseils pratiques pour le cours de droit des obligations :


- La prise de notes ne doit pas absorber toute votre l'attention.
- Il n'est pas nécessaire de tout noter mais de tout comprendre
- Suivre avec concentration et intellectuellement l'exposé du professeur pour sélectionner, en fonction
de ses indications ce qui doit être noté.
- Penser à lire la dernière leçon du cours prévu pour le lendemain
- Ne pas attendre la dernière minute pour réviser ses notes de cours.
- Pour le reste, l'étudiant peut compléter les questions traitées, directement, en travaillant à l'aide d'un
manuel ou en exploitant intelligemment l'outil informatique.

C. LES DIFFERENTS EXERCICES JURIDIQUES ET LEUR METHODE D’APPROCHE


D’une manière générale, les travaux pratiques visent un seul objectif : la mise en
application des connaissances acquises dans le cours. L’enseignant s’assure ainsi du degré
de compréhension de ses leçons et l’étudiant s’évalue, se jauge et se repositionne. Ce sont
des exercices faits pour évaluer les étudiants par la vérification de leurs connaissances en
rapport avec les théories apprises. On y acquiert ainsi la dextérité et le praxis, la
méthodologie nécessaire pour résoudre les problèmes juridiques auxquels on sera un jour
confronté dans sa vie professionnelle.
Il est utile de rappeler l’essentiel des règles générales de la méthodologie à respecter pour :
▪ la note de synthèse d’un texte doctrinal, document ou disposition juridique
▪ la dissertation juridique
▪ la consultation juridique
▪ le commentaire d’arrêt

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1. REDACTION D’UNE NOTE DE SYNTHÈSE

La note de synthèse consiste à produire un compte rendu précis, concis et objectif


d’un ensemble documentaire plus ou moins volumineux. La rédaction d’une note de
synthèse est un exercice incontournable de l'examen mais aussi des concours d’accès à la
fonction publique. La note de synthèse est aussi une pratique professionnelle très répandue
dans les entreprises et la haute fonction publique.

a) Phase préparatoire
Il est indiqué de commencer par l’analyse rapide de l’intitulé du dossier.
Lire le sujet, détacher la page de garde et écrire sur une feuille de brouillon les éléments
d’analyse utiles (ce qui vient à l’ esprit, les problématique qu’on imagine…la matière que
ça concerne).
Ensuite observer la page de garde : Regarder le type de documents et essayer de les
classer par :
▪ Type de docs : doctrine, jurisprudence, docs sources, articles de presse, débats
parlementaires, communiqués du ministère ou du greffier, compte rendu de débat,
extraits de rapport de la Cour de cassation, du Conseil d'Etat, docs issus de revues
professionnelles.
▪ Date : commencer par lire les plus récents.
▪ chambre pour les jurisprudences : tout dépend du sujet.
b) Lecture des documents dans l’ordre établi :
Si le sujet vous est totalement étranger, lire d’abord les articles de presse pour se
mette dans le bain. Résumer en quelques lignes chaque documents et avoir une lecture
sélective.
c) La phase d’élaboration du plan :
Reprendre la feuille avec toutes les grandes idées et réfléchir à un plan possible :
Trois modèles de notes de synthèse :
- Dossiers d’évolution : état du droit antérieur ; il en résulte des critiques, faiblesses ; en
réponse aux critiques, il y a l’avènement d’un état nouveau.
- Dossiers de coordination ou de combinaison : cas d’influence de 2 éléments l’un sur l’autre :
l’élément le plus grand/petit prend il en considération l’élément le plus petit/grand ? si non
quelles en sont les raisons factuelles et juridiques et celles qui conduisent à malgré tout

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souhaiter cette prise en considération et quelles solutions préconisées (modifications


nécessaires) ? et si oui les raisons de la prise en considération ( pourquoi cette intégration
n’avait pas lieu avant et quelles sont les nouvelles raisons qui ont abouti à cette prise en
considération, en quoi la prise en considération de chaque élément l’un sur l’autre a-t-il
modifié l’autre).
- Dossier de notions juridiques : en l’absence d’évolution ; il faut regarder les contours de la
notion c’est à dire ce que la notion est, et ce qu’elle n’est pas, les éléments par lesquels à
une notion précise/imprécise correspond un régime imprécis/précis.

2. COMMENTAIRE DE TEXTE JURIDIQUE

L'objectif du commentaire d’un texte juridique est d’analyser le texte c'est à dire.
expliquer le sens général du texte, "expliciter son esprit" et surtout, qualifier les idées
principales du texte pour enfin les critiquer. Dans ce type d'exercice, il est demandé à
l'étudiant, d'une part de démontrer avoir bien compris le texte, et d'autre part d'exposer ses
connaissances à ce propos et les principaux aspects aborder par le texte. Durant l'examen,
il peut être demandé au candidat de commenter, des textes tels qu'un article de la
constitution, une loi, un article de presse, l'extrait d'un ouvrage, ou encore l'expression d'un
homme politique.
Analyser le texte c'est étudier son contenu, ce principe apparaît peut-être simple,
absurde mais il est important de ne pas l'oublier. Avant de commencer le commentaire, il
faut tout d'abord commencer par poser les problèmes soulevés par le texte, pour ensuite
arriver à les regrouper en deux grands thèmes qui doivent constituer les deux parties du
plan.
A la différence de l'introduction précédant la dissertation, celle du commentaire doit
comporter quelques principes spécifiques :
-- situer la personnalité de l'auteur ;
-- préciser les circonstances dans lesquelles le texte a été écrit ;
-- situer l'apport, et le contenu du texte dans le cadre du droit constitutionnel ;
-- déboucher à la fin de l'introduction sur l'annonce du plan.
Comme dans chaque devoir l'introduction est une étape très importante, elle donne
la première impression au correcteur, (il est fortement conseillé à l'étudiant de faire en sorte
que la première impression soit bonne).

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Si la durée de l'épreuve ne permet pas généralement d'établir un brouillon du devoir, il est


conseillé de réaliser un plan très détaillé. La reproduction, même formulées autrement des
phrases contenues dans le texte doit être évitée, ce qui est demandé c'est un commentaire
personnel du texte.

3. METHODE POUR LA REDACTION DE LA DISSERTATION

a) L’introduction
Celle-ci est capitale car elle donne au correcteur la première impression, celle-ci doit
être absolument parfaite. La première phrase doit être aussi claire que possible en la lisant
le correcteur doit comprendre, que le sujet a été parfaitement ciblé et compris. Dans cette
partie du devoir il s'agit d'éveiller l'intérêt du lecteur.
La seconde partie doit permettre de dégager l'intérêt du sujet, par rapport à
l'actualité, ou à un problème plus vaste. Il est important d'une part de rédiger le devoir en
partant du principe que le correcteur ne maîtrise pas la question, tout en faisant attention
d'autre part à ne pas le considérer comme une personne complètement inculte. Toujours
dans cette partie du devoir il est important de définir les termes évoquées dans l'intitulé du
sujet. Le sujet doit être ciblé dans l’espace.
La fin de l'introduction doit logiquement se terminer par l'annonce d'un plan. Il est
très préférable, et très conseillé de toujours présenter le plan en deux parties.

b) Rédaction
Il est important avant de commencer une partie d'annoncer le plan des deux sous
parties qui seront développées, celle-ci doit figurer juste en dessous du titre. Une transition
entre les deux grandes parties doit de même être effectue. Le non-respect de la ponctuation,
de l'orthographe, et de la grammaire est généralement très sanctionné par les correcteurs.
Il est vital que l'écriture soit lisible et soignée. Lors de la correction des examens, les
correcteurs se retrouvent avec des centaines de copies à corriger, le manque de temps les
incite à une correction rapide de chaque copie. Autant dire qu'un devoir mal présenté, mal
rédigé, et mal écrit est vite expédié. Dans la rédaction d'un devoir de droit constitutionnel,
il est important de faire preuve d'esprit critique, mais il est nécessaire que celle-ci soit
accompagnée d'une argumentation lucide, tout comme il est important de ne jamais

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prendre part pour telle ou telle doctrine, il faut les développer, les comparer, mais ne jamais
aller au-delà.

c) Conclusion
Il ne s'agit pas de résumer le devoir, mais de rattacher le sujet à une problématique
plus générale, ou de faire en sorte que le devoir aboutisse à un débat, sur la question.

4. METHODE POUR UNE FICHE OU COMMENTAIRE D'ARRET

Une fiche d'arrêt peut s’effectuer en cinq rubriques distinctes :


1) Les faits
Citer les faits utiles et dans l'ordre chronologique de leur déroulement.
2) La procédure
▪ Dire quelle est la procédure juridique employée en l'espèce :
▪ Qui agit ?
▪ Pour demander quoi et devant quelle juridiction?
Relever :
▪ Demandeur(s) et défendeur(s) en première instance (si possible).
▪ Juridiction concernée, et décision des premiers juges (si possible).
▪ Partie(s) qui interjette(nt) appel (si possible ).
▪ Décision de la cour d'appel.
▪ Demandeur(s) au pourvoi, et contenu du moyen.
3) Les problèmes de droit
▪ Relever tous les problèmes de droit
▪ Il est recommandé de présenter ces différents problèmes de droit soulevés par les
parties sous la forme interrogative.
▪ Présenter les argumentations des parties
▪ La solution de la juridiction : copie pure ou simple, ou alors résumer avec vos mots
de l'attendu principal.
▪ Portée jurisprudentielle et doctrinale de la solution.
Dans un commentaire de texte, il est important de rendre compte de l’argumentaire
du texte, et surtout de ne pas faire une dissertation.

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Ex : c'est la plupart du temps un article de la constitution, articles écrits par des hommes
politiques. Toujours des personnes ayant pris position.
Le commentaire doit toujours partir du texte, à la différence de la dissertation.
- Concernant un commentaire de texte :
Il faudra trouver la problématique. Chaque assertion doit être argumentée.
- La différence entre le commentaire et la dissertation :
La méthodologie de la dissertation peut se rapprocher de celle du commentaire car
ici aussi l'objectif est de dégager la problématique du sujet et d’y répondre. Mais l'étudiant
ne va pas porter son attention un texte mais sur chaque mot du sujet.
- Concernant le commentaire d'arrêt : le commentaire d'arrêt c'est l'analyse et la portée
d'une décision de justice qui vient interpréter un texte, un principe général de droit… En
revanche, le commentaire d'article est l'analyse et la portée d'une disposition légale.
Le commentaire est part du texte, mais l'intérêt de cet exercice est qu'il tient à la valeur
qu’il ajoute au texte : il permet de préciser le sens d'un texte, d'approfondir la
compréhension de ce texte, de percevoir les avancées ou la nouveauté du texte, ou au
contraire d'en déceler les insuffisances.
Ce rappel méthodologique confirme l’impératif d’une remise à niveau permanente
des étudiants voire de l’enseignant pour demeurer constamment à jour de l’évolution
normative, jurisprudentielle ou doctrinale. S’ajoute également l’impératif qualitatif au
niveau de la formation en droit des obligations. C’est ainsi que tel que nous l’avons conçu,
chaque module de notre enseignement à un objectif à atteindre.

A la fin de ce module préliminaire, l’étudiant en G2 Droit devra être capable de :


1) Définir, user et utiliser dans son langage courant les termes ou expressions suivants en les illustrant
par des exemples ou des cas concrets et en s’appuyant sur des références textuelles des dispositions
légales en vigueur :
• le droit
• les différentes subdivisions du droit dont la summa divisio
• sources de droit
• acte juridique
• fait juridique
• quasi-contrat
• obligation

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• obligation naturelle
• clause ou condition potestative (condition d’exécution dépendant de la seule volonté du
débiteur)
• obligation de résultat
• obligation de moyens

2) Commenter un arrêt en suivant la méthodologie apprise par :


• L’identification :
➢ des faits
➢ de la position des juges du fond
➢ des moyens du jugement, de l’appel ou du pourvoi (s’ils sont reproduits)
➢ de la réponse de la juridiction

• La reformulation du problème juridique posé.


➢ Reposer la problématique avec ses mots
➢ Cibler la difficulté juridique

• L’analyse de la réponse de la juridiction d’appel


➢ Est-ce une décision d’infirmation ou de confirmation, rejet ou cassation ?
➢ Quel type de cassation ?
➢ Quel sens peut-on donner à cette cassation ?
➢ Arrêt de principe ou arrêt d’espèce ?
• Situer la réponse de la Cour : par rapport au passé (jurisprudence, loi, doctrine) et par
rapport au futur
• Apprécier la réponse de la Cour : est-elle juridiquement justifiée ? peut-elle être
expliquée par des arguments extra-juridiques ? aura-t-elle un impact sur des
questions voisines ?
• Elaborer un plan de commentaire : il se déduit en principe de la solution donnée par la
Cour.

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DEUXIEME BLOC DE CONNAISSANCES :


LA NOTION D’OBLIGATION

Chapitre 1.
La notion d’obligation

Première leçon :
Généralités

Que renferme cette notion d’obligation pour les profanes et les juristes ? Quel rapport à établir entre
cette notion et la notion du patrimoine ?
L’obligation, au centre de la matière étudiée, peut être entendue de plusieurs
manières alternatives, par les juristes ou les non-juristes : certains considèreront qu’ils sont
soumis à des obligations religieuses, sociales, financières, morales, politiques,
internationales, envers l’état, les autres ou soi-même. Ce faisant, ils confondront obligation
et devoir (devoir envers la patrie par exemple), et donc, effet obligatoire et effet normatif,
ou obligation et engagement (engagement moral, engagement d’honneur) et, donc effet
obligatoire et effet de la volonté.
Pour le juriste, le terme « obligation » est aussi employé à de multiples égards. Ainsi
parle-t-on des obligations des époux nées du mariage, de l’obligation de respecter le Code
de la route et d’ailleurs le Code pénal en général, de l’obligation de déclarer ses impôts,
etc. Le terme n’est donc pas réservé qu’au droit des obligations. Cependant, l’ensemble de
ces « obligations » ne correspond pas à la notion d’obligation au sens où l’envisage le droit
des obligations, elles correspondent à un tissu de devoirs, d’exigences qui fondent la vie
sociale. Le droit des obligations, en effet, utilise le terme obligation dans un sens très étroit.
Pris sous un sens général, il désigne tout devoir auquel un individu est astreint en vertu de
règles morales, familiales, professionnelles ou encore sociales.

Exemple : Obligation de rouler à droite, de s’arrêter au feu rouge…

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Cependant, même si ces devoirs s’appuient sur la règle morale ou sur des
prescriptions légales ou réglementaires, il ne s’agit pas encore d’obligation au sens juridique
du terme, parce qu’il n’existe pas de créancier à cette obligation. Il n’existe donc pas de
lien de droit entre deux personnes.
L’obligation, en droit, renvoie en revanche à l’idée d’un lien de droit entre deux personnes
en vertu duquel l’une d’elles, le créancier, peut exiger de l’autre, le débiteur, une prestation
précisément prédéterminée. Il s’agit d’un lien de droit entre deux ou plusieurs personnes
en vertu duquel l'une, le créancier, peut exiger de l'autre, le débiteur, une prestation ou une
abstention.
En tant que lien de droit, l’obligation peut donc être l’objet d’une sanction étatique, le lien
n’étant plus seulement moral comme dans le cas des obligations naturelles.
Par exemple : Dans le contrat de vente, l’obligation du débiteur (l’acheteur) est de
verser un prix au créancier (le vendeur). Toute obligation comporte ainsi ce double aspect,
négatif (la dette qui pèse sur le débiteur) et actif (la créance qui bénéficie au créancier).

A RETENIR :
L’obligation est un lien de droit (vinculum juris), un rapport juridique abstrait, entre deux
personnes, ou plus exactement entre les patrimoines de deux personnes, par lequel une personne,
appelée débiteur, doit fournir à une autre personne, appelée créancier, une certaine prestation ou une
abstention.
À la différence du simple devoir, l’obligation est un élément du patrimoine du créancier comme
du débiteur.

La polysémie constatée dans la définition d’une obligation se retrouve également


dans le cadre de la notion du patrimoine. On peut ainsi entendre dire d’une personne
distinguée au sein de la société qu’elle est un patrimoine national. Le patrimoine désigne
dans ce cas un bien précieux, une référence pour la communauté. Le patrimoine est défini
soit comme un contenu ou soit comme un contenant.
A RETENIR :
En droit, le patrimoine désigne l’ensemble des droits, devoirs ainsi que les biens et les obligations d’une
personne incluant ses actifs et ses passifs. Il s’agit d’une universalité de droit détenue par une personne
et comprenant un actif et un passif.

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L’actif d’un patrimoine est composé de biens et de créances tandis que dans le passif
se trouveront logées ses dettes. Il s’en suit donc que l’obligation est un élément du
patrimoine. Elle peut figurer soit dans l’actif du patrimoine en tant que créance ou au passif
comme une dette à payer.

Deuxième leçon :
Les caractères de l’obligation

TROIS CARACTERES A RETENIR :


▪ Un caractère obligatoire :
Elle s’impose comme une loi aux parties contractantes (art.33.C.civ)
▪ Un caractère personnel :
L’obligation met en rapport deux personnes désignées.
▪ Un caractère patrimonial :
Un droit qui a valeur pécuniaire, c.-à-d. qu’il peut être converti ou évalué en argent.
➢ Un caractère transmissible : Une atténuation du caractère personnel car elle peut
être cédée. Exemple : cas de cession de créance.
▪ On parle de la transmission active si c’est réalisé par le créancier
▪ On évoque la transmission passive du côté du débiteur. Cas de
transmission des dettes aux héritiers.
▪ Obligation comme pouvoir de contrainte né du lien conventionnel ou non
conventionnel).
▪ La notion d’obligation naturelle : c’est un devoir moral, une obligation morale,
absence de contrainte.
▪ Les effets de l’obligation naturelle
➢ L’exécution volontaire de l’obligation naturelle empêche la répétition de ce qui a
été versé (Répétition veut dire restitution)
➢ L’obligation naturelle peut être transformée en obligation civile

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Troisième leçon :
La classification des obligations

Plusieurs critères permettent de classer les obligations et la doctrine n’est pas unanime à ce
sujet. Ce qui importe c’est de savoir distinguer les différentes obligations et surtout de
retenir l’intérêt de ces différentes distinctions.
L’étudiant doit donc découvrir et retenir :
1. La distinction entre les obligations de donner, de faire ou de ne pas faire (art.1 C. civ).
a. L’obligation de donner (art.35) :
L'obligation de donner est indissociable du transfert d’un droit réel, d’une chose quel que
soit son statut : propriété, usufruit voir son simple usage. Le débiteur transfère au créancier
un droit réel dont il est titulaire.
➢ Donner un corps certain ou choses non fongibles
➢ Donner signifie transférer la propriété d’un bien
➢ Donner des choses de genre ou fongibles
b. Les obligations de faire ou de ne pas faire (art.40 et suivants)
L'obligation de faire implique, dans le chef d’une partie, l’exécution d’une prestation tandis
que l’obligation de ne pas faire quelque chose consiste en une abstention. Le débiteur
s'engage à ne pas accomplir un acte précis qui peut porter préjudice à l’autre partie appelée
créancier.
Si l'obligation est de ne pas faire, celui qui y contrevient doit les dommages-intérêts par le
seul fait de la contravention (Art. 43).

L’intérêt de la distinction entre les 3 types d’obligations


- Seules les obligations de donner sont susceptibles d’une exécution forcée.
- Les obligations de faire et de ne pas faire se résolvent en dommages-intérêts (art. 43 C. civ.)

2. La distinction entre les obligations en nature et les obligations pécuniaires


a. Les obligations pécuniaires
L'obligation pécuniaire se définit comme une obligation impliquant le transfert d’une
certaine somme d’argent.
➢ Son régime d’exécution forcée : la saisie des biens du débiteur

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➢ Les obligations pécuniaires sont sensibles aux variations de la monnaie, le principe


du nominalisme monétaire.
➢ La dette de valeur : elle se situe entre l’obligation pécuniaire et l’obligation en nature
b. Les obligations en nature
▪ Ce sont toutes les obligations non pécuniaires. Il en est ainsi de toutes les obligations
de faire ou de ne pas faire, et les obligations de donner portant sur un corps certain
ou une chose de genre.
➢ L’exécution forcée est possible pour les obligations de donner seulement
3. La distinction des obligations de moyens et obligations de résultat
L'obligation de résultat suppose que le débiteur détienne la pleine maîtrise de l'exécution
de la prestation à réaliser. L’obligation de moyens se fonde sur la mise en œuvre de tous
les moyens afin de réaliser la prestation due.
➢ Si le résultat est promis, on parle d’obligation de résultat
➢ Il y a obligation de moyens lorsque le débiteur s’engage simplement à faire son
possible pour y parvenir
➢ La source de la responsabilité dans l’obligation de résultat est l’inexécution
➢ La source de la responsabilité dans l’obligation de moyens est la faute.

L’intérêt de la distinction
- L’obligation de résultat : pour engager la responsabilité du débiteur, il suffit de constater que
le débiteur ne s’est pas exécuté.
- L’obligation de moyens : le créancier doit prouver que le débiteur a commis une faute.

4. La distinction entre l’obligation conditionnelle et l’obligation casuelle


▪ L'obligation est conditionnelle lorsqu'on la fait dépendre d'un événement futur et
incertain, soit en la suspendant jusqu’à ce que l'événement arrive, soit en la résiliant,
selon que l'événement arrivera ou n'arrivera pas (Art. 66.C.civ.). Exemple : Contrat
de viager, contrat d’assurance vie.
▪ L’obligation casuelle est celle qui dépend du hasard et qui n'est nullement au pouvoir
du créancier ni du débiteur (Art. 67).

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REVISION DU MODULE PRELIMINAIRE


(Exercices)

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I. EVALUATION DES ACQUISITIONS DES NOTIONS FONDAMENTALES

A. En vous servant d’un tableau à 4 colonnes (voir modèle ci-dessous), veuillez donner une
définition succincte, la base légale (le cas échéant) et un exemple pour chaque terme ou
expression suivants :

1. Acte juridique
Une manifestation de volonté générant des effets de droit notamment des obligations.
2. Fait juridique :
Un fait juridique désigne un événement ou tout simplement un agissement auquel la loi
attache les effets de droit notamment l’obligation de réparer.
3. Obligation
Un lien juridique créant des droits ou des devoirs né d’un acte juridique ou d’un fait direct ou
indirect de l’homme.
4. Obligation naturelle
L'obligation naturelle est d'abord l'acte par lequel une personne s'engage envers une autre aux
termes d'un contrat destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations. Elle est
naturelle en ce qu'elle repose sur l'engagement moral de la personne qui s'oblige.
5. Contrat
Le contrat est un engagement (ou une convention) qui crée des obligations entre deux ou
plusieurs personnes.
6. Contrat unilatéral
C’est un contrat qui ne fait naître des obligations qu'à la charge d'une seule des parties
contractantes.
7. Contrat synallagmatique
Un contrat synallagmatique est un contrat qui crée des obligations réciproques et
interdépendantes à la charge des deux parties.
8. Contrat à titre onéreux
Un contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune des parties à donner ou à faire
quelque chose.

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9. Contrat à titre gratuit


Un contrat est à titre gratuit lorsque l'une des parties procure à l'autre un avantage sans
attendre ni recevoir de contrepartie.
10. Contrat consensuel
Un contrat est consensuel lorsqu’il est formé par le seul échange des consentements quel qu'en
soit le mode d'expression.
11. Contrat solennel
Un contrat solennel est celui qui, en plus de l'échange des consentements, requiert
l'accomplissement d'un formalisme de solennité afin d'être valide.
12. Contrat réel
Un contrat qui exige pour sa formation non seulement un accord de volontés mais également
la remise d'une chose.
13. Contrat à exécution instantanée
Le contrat à exécution instantanée est celui dont l’exécution se réalise directement en une seule
prestation.
14. Contrat à exécution successive
Un contrat est à exécution successive lorsque l'accomplissement des prestations s'échelonne
dans le temps.
15. Contrat de gré à gré
Le contrat de gré à gré est celui dont les stipulations sont négociables entre les parties.
16. Contrat d’adhésion
Un contrat dont les conditions générales, soustraites à la négociation, sont déterminées à
l'avance par l'une des parties.
17. Contrat cadre
Un contrat cadre est un accord par lequel les parties conviennent des caractéristiques générales
de leurs relations contractuelles futures.
18. Contrat d’application
Un contrat d'application est un contrat qui précise les modalités d'exécution d’un contrat
cadre.
19. Quasi-contrat
Le quasi-contrat est un fait purement volontaire dont il résulte un engagement de celui qui en
profite sans y avoir droit, et parfois un engagement de son auteur envers autrui. Il s’agit d’un
fait unilatéral et non d’un quelconque échange de consentement.

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TERME OU EXPRESSION DEFINITION BASE LEGALE EXEMPLE


1
2

2) Expliquez le contexte historique du décret du 30 juillet 1888

II. EVALUATION DES APTITUDES A LA METHODOLOGIE JURIDIQUE

I. CONSULTATION JURIDIQUE

Monsieur et Madame Nza-Mbiwanyi ont une épargne d’environ 200 millions de


francs congolais et envisagent l’acquisition d’une ferme agro-pastorale à Lovilo. Ils ont
décidé de ne recourir à aucun emprunt ni prêt bancaire mais d’acheter avec leurs
économies. Ils ressaisissent l’Agence Lonabuka déjà sollicitée pour la vente de leur terrain
de Maluku afin de leur trouver un acheteur. Cette fois-ci, lors de leur entretien, le gérant
de l’agence Lonabuka a fait valoir aux Nza-Mbiwanyi deux avantages : d’une part, une
récente législation leur permettant de défiscaliser le bien – c’est-à-dire de diminuer le
montant de leurs impôts par déduction – à hauteur du tiers du prix d’achat ; d’autre part,
de payer le montant du prix de vente en deux fois : 100 millions de francs congolais au
moment de la conclusion de l’acte, puis le solde qui sera déterminé deux ans plus tard, au
regard de l’évolution du marché immobilier local, dont le montant ne saurait être supérieur
à 100 millions, ni inférieur à 50 millions de francs congolais.
Les Nza-Mbiwanyi sont séduits, satisfaits et repartent avec de la documentation
dont une brochure de l’agence, expliquant de manière détaillée la défiscalisation proposée,
qui leur permettra, tout en investissant, de réduire leurs impôts.
Ils donnent leur accord pour verser à l’agence Lonabuka, une commission de deux
millions, payable en quatre fois ; puis ils signent l’acte de vente, dans les termes ci-dessus,
quant au règlement du prix ; une clause stipule : « quels que soient les évènements ultérieurs, les
vendeurs ne porteront aucune responsabilité ni ne devront d’indemnité aux acheteurs ».
Un an et demi après la vente et alors qu’ils ont commencé de procéder aux
déductions liées à la défiscalisation, les Nza-Mbiwanyi reçoivent une lettre de
l’administration fiscale, qui aboutit quelques mois plus tard à un redressement : ils n’y ont
en fait pas droit, n’entrant pas dans le champ d’application des textes qui l’autorisent.

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Vérification alors effectuée dans l’acte de vente, la brochure que l’agence leur avait
remise s’y trouve annexé : le contrat qui lui-même ne comporte aucune mention relative à
la défiscalisation qu’ils escomptaient. Les Nza-Mbiwanyi vous chargent d’une
consultation sur :
1. Les forces et les faiblesses de leur dossier.
2. Leur désir à la fois de bloquer le paiement du reliquat du prix de vente et de se faire
rembourser les sommes déjà versées, en anéantissant ce contrat, par tous moyens
que vous trouverez.
3. Ils entendent également résister à Lonabuka, à laquelle ils n’ont pas encore réglé
toutes les sommes qu’ils lui doivent et qui vient de les assigner en paiement devant
le tribunal de grande instance de Lovilo.
4. Leur volonté également de mettre en jeu sa responsabilité délictuelle.

II. QUESTIONS A CHOIX MULTIPLE (Plusieurs bonnes réponses possibles)

1. Le droit :
❑ a. organise la vie en société au nom de valeurs sociales
❑ b. est composé de règles morales

❑ c. est un ensemble de règles de conduite


❑ d. entraîne l’application de sanctions, s’il n’est pas respecté

2. Le droit et la morale :
❑ a. sont deux notions très différentes

❑ b. ont des origines différentes


❑ c. s’opposent

❑ d. se recoupent

3. Le droit objectif :
❑ a. est constitué de l’ensemble des règles qui gouvernent les rapports entre les
personnes ou avec la puissance publique
❑ b. est toujours employé au singulier
❑ c. s’oppose aux droits subjectifs

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❑ d. est synonyme de droit positif

4. La règle de droit :
❑ a. a un caractère personnel

❑ b. s’applique aux personnes


❑ c. s’applique aux situations juridiques

❑ d. sanctionne systématiquement

5. Le droit public :
❑ a. concerne les relations des pouvoirs publics entre eux
❑ b. régit les rapports entre personnes publiques
❑c. régit les rapports dans lesquels les personnes publiques sont intéressées
❑d. concernent les règles applicables à l’État

6. Le droit constitutionnel :
❑a. détermine les règles applicables aux pouvoirs des organes de l’État
❑b. détermine les règles relatives à la forme de l’État

❑c. fait uniquement référence à la Constitution de 1958

❑d. détermine les règles relatives aux élections des organes de l’État

7. Le droit pénal :
❑a. détermine les sanctions applicables aux différentes infractions

❑b. fait la liste des infractions


❑c. fixent les règles de réparation des dommages

❑d. est immuable

8. Le droit privé :
❑a. concerne la famille
❑b. régit les rapports des particuliers entre eux
❑c. ne concernent que les personnes physiques

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❑d. s’oppose au droit public

9. Le droit privé :
❑a. a pour finalité de protéger l’intérêt général

❑b. est impératif


❑c. relève des juridictions de l’ordre judiciaire

❑d. s’oppose au droit administratif

10. Le droit commercial :


❑a. concerne les relations entre commerçants
❑b. concerne les activités des entreprises industrielles et commerciales

❑c. est une branche du droit du droit privé


❑d. est une branche du droit public

11. Le mariage d’un Congolais et d’une Gabonaise :


❑a. concerne le droit privé

❑b. concerne le droit international public


❑c. concerne le droit international privé

❑d. est régi par le droit communautaire

12. Le droit civil :


❑a. concerne les relations de famille

❑b. concerne les règles relatives aux personnes et aux biens


❑c. concerne les règles relatives aux obligations entre les personnes privées

❑d. est une branche du droit privé

13. La règle de droit :


❑a. s’applique à toutes les personnes qui sont dans la même situation
❑b. s’applique à une situation
❑c. s’applique aux personnes

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❑d. n’est pas toujours sanctionnée

14. La règle de droit :


❑a. est toujours sanctionnée

❑b. nécessite des poursuites pour être sanctionnée


❑c. est sanctionnée par les personnes

❑d. est sanctionnée s’il y a un recours par un représentant de l’État

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MODULE II.
LES GENERATEURS D’OBLIGATIONS

Deux blocs de connaissances pour ce module afin de mieux présenter ces différentes sources
d’obligations. En effet, une obligation est générée soit par une démarche conventionnelle qui produit
des effets juridiques (I), soit par un fait non voulu mais auquel la loi va attacher les effets juridiques
(II).

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PREMIER BLOC DE CONNAISSANCES :


LE GENERATEUR CONVENTIONNEL D’OBLIGATIONS

THEME I
LES LIMINAIRES

Premier chapitre :
Eclairage sur les sources conventionnelles d’obligations

Première leçon :
L’acte juridique

I.1. Définition d’un acte juridique1 ?


La notion d’acte juridique désigne à la fois le negotium (la volonté de réaliser une
opération juridique produisant des effets de droit) et l’instrumentum (l’écrit qui constate et
formalise l’acte juridique). Notons que l’instrumentum est un élément de preuve. Il permet
de prouver l’acte juridique. Il n’est toutefois pas obligatoire d’établir un écrit pour tous les
actes juridiques. Seuls les actes solennels nécessitent l’établissement d’un écrit (art.199
C.civ).

I.2. La distinction d’un acte juridique et d’un fait juridique


➢ Le fait juridique est un fait que la loi prend en considération pour y attacher un effet
de droit. Les faits sont soit volontaires (intentionnels) ou involontaires (indépendants
de la volonté de leur auteur).
➢ L’acte juridique est une opération produite en vue d’obtenir une modification dans
l’ordre juridique

1
A Consulter avec intérêt sur ce point : KALONGO MBIKAYI, Code civil et commercial congolais, CRDJ, Kinshasa
1997

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I.3. Les catégories d’actes juridiques


a. L’acte juridique unilatéral
➢ L’acte juridique unilatéral est la manifestation de volonté d’une seule personne par
laquelle elle détermine des effets de droit.
➢ L’acte unilatéral est un acte réceptice. Ce terme réceptice qualifie tout acte juridique
unilatéral dont la finalité exclusive est d’être notifié à l’intéressé ou, à tout le moins,
d’être porté à sa connaissance, forme atténuée de la réception. L’unique fonction
de l’acte réceptice est de constituer pour son auteur expéditeur une notification
(savoir l’action de porter à la connaissance d’un intéressé, par voie de signification,
que ce soit par la poste ou autrement, un fait ou un acte qui le concerne
individuellement), l’unique fonction du destinataire étant d’être un récepteur.
Exemples :
Cas de l’acte du bailleur avisant son locataire de son éviction. Cas également de
l’acte du mandant notifiant au mandataire un avis de révocation de mandat. On
peut citer également la lettre de mise en demeure du créancier envers son débiteur.

▪ L’acte unilatéral doit être distingué du contrat unilatéral, qui est un accord de volonté
entre plusieurs personnes qui fait naître des obligations à l’égard d’une seule d’entre
elles. Il ne faut pas confondre le contrat unilatéral et l’acte juridique unilatéral.
Dans l'acte juridique unilatéral, une seule personne engage sa propre volonté, alors
que dans le contrat unilatéral, l'accord de l'autre partie est nécessaire. Ainsi, dans le
contrat de donation, l'accord du donataire (celui qui reçoit le don) est requis.
▪ Les effets juridiques des actes unilatéraux
• L’acte unilatéral peut produire des effets juridiques
• L’acte juridique unilatéral est créateur d’obligations dans certaines limites :
➢ Il peut permettre à un tiers d’acquérir un droit
➢ Il ne peut rendre autrui débiteur
▪ Le régime juridique de l’acte unilatéral
➢ Le régime des contrats est transposé aux actes juridiques unilatéraux à
l’exclusion des règles qui supposent l’existence de deux ou plusieurs
personnes.
➢ Le régime juridique des actes unilatéraux n’est pas uniforme

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b. Les actes juridiques collectifs


▪ Un acte juridique collectif, à la différence de l’acte juridique unilatéral, est la
manifestation de volontés de plusieurs personnes qui sont toutes tendues vers le
même buts (= actes unilatéraux collectifs)
▪ La manifestation de volontés qui consiste en un accord de volontés soit entre deux
collectivités, soit entre une collectivité et un individu (= contrats collectifs)

Deuxième leçon :
Notion du contrat

II.1. Définition du contrat

L’article 1 er du Code civil III dispose : « Le contrat est une convention par laquelle une
ou plusieurs personnes s’obligent, envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire
quelque chose ». De cette définition légale, on retient que :
▪ Le contrat est un accord de volonté (convention) entre deux ou plusieurs personnes,
ou plus précisément entre un ou plusieurs créanciers et un ou plusieurs débiteurs
ayant pour effet de faire naître une ou plusieurs obligations (Obligations
contractuelles) ou bien créant un droit réel.
▪ Un contrat est aussi appelé convention même si les deux termes ne se confondent
pas dans tous les domaines juridiques. Le contrat crée des obligations entre les
parties et produit donc nécessairement des effets juridiques entre les parties.

A RETENIR :
- Notre définition du contrat : Un contrat est un accord de volontés entre deux ou
plusieurs personnes, appelées parties au contrat, ayant pour finalité l’exécution ou la non-
exécution d’une prestation.
- Une obligation est un lien de droit entre deux personnes, qui permet à l'une d'entre elles,
appelée le créancier, d'exiger de l'autre, appelée le débiteur, d'exécuter une prestation
(faire, ne pas faire, ou donner quelque chose).
- Donner quelque chose doit être compris dans le sens « transférer la propriété d'un bien ».

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À quoi sert un contrat ?


▪ Etant un accord de volontés, le contrat permet à toute personne d'établir des liens avec
d'autres personnes (contrat de location entre un bailleur et son locataire) ou de gérer
son patrimoine (contrat de vente, par exemple).
▪ Le contrat est un instrument fondamental pour l'organisation de la vie sociale, car
les parties qui s'engagent dans un contrat sont soumises aux règles qu'elles ont fixées
par consentement mutuel. C'est un principe essentiel énoncé par le Code civil
(art.33) : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ».
D’où l’adage latin « Pacta sunt servanda » qui pose l’impératif contractuel du respect
de la parole donnée. Les pactes doivent être respectés.

a. Le contrat et l’acte juridique


▪ Le contrat est un acte juridique par sa finalité. Il s’agit d’un accord entre deux ou
plusieurs personnes.
▪ Le contrat est un acte juridique par son but car, il réalise une conciliation entre des
intérêts contradictoires et des effets de droit.

b. Le contrat et la convention.
▪ Le terme convention recouvre plusieurs notions juridiques différentes, tant en droit
privé qu’en droit public. En droit privé, la convention est un accord de volontés
destinée à produire des effets de droit.
▪ La convention qui crée des obligations, est le contrat.
▪ La convention peut en outre modifier, transmettre (convention réelle) ou éteindre
(convention libératoire) des obligations existantes sans avoir pour objet d’en créer
des nouvelles. Dans ces derniers cas la convention ne serait pas un contrat.
▪ La convention est ainsi une catégorie juridique plus large que le contrat. Tous les
contrats sont nécessairement des conventions, certaines conventions ne sont pas des
contrats.
▪ Dans le langage juridique courant et jusque dans le Code civil, les mots contrat et
convention sont utilisés comme synonymes. Mais le terme contrat renvoie plus à
l’instrumentum, c’est-à-dire le support sur lequel on rédige le contrat, et le terme
convention renvoie au negotium, c’est-à-dire, ce sur quoi porte le contrat, son objet.

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▪ Le contrat est donc un sous-groupe de la convention qui est une notion plus large.
C’est une convention qui comporte une ou des obligations de faire, ne pas faire de
donner et ajoutons "ou ne pas donner" qui ne figure pas dans le Code.
▪ Au sein des actes juridiques on trouve les conventions. Au sein des conventions on
trouve les contrats.
▪ Il s’en suit que tous les contrats sont des conventions puisque tous les contrats créent
nécessairement des obligations.

Schématiquement cette distinction se présente comme suit :

ACTES JURIDIQUES

CONVENTIONS

CONTRATS

Il est aisé de comprendre dès lors pourquoi ces deux notions sont utilisées comme
des synonymes dans le cadre uniquement d’un contrat.

II.2. La classification des contrats

Il y a foisonnement de critères de classification des contrats. Tous se valent et se


justifient par la recherche doctrinal de guider les praticiens à trouver le régime juridique
adapté à chaque catégorie. En effet, tout travail de classification renvoie à la catégorisation
des contrats selon les critères retenus. Le plus important et ce qui est à retenir est l’intérêt
de la distinction entre les différents types de contrat.

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a. La distinction contrat synallagmatique et le contrat unilatéral


➢ La distinction

▪ Le contrat est synallagmatique ou bilatéral lorsque les contractants s’obligent


réciproquement les uns envers les autres (art. 2 C. civ.). Le contrat synallagmatique
ou bilatéral est donc celui qui fait naître des obligations réciproques à la charge de
chacune des parties. Exemples : le contrat de transport, le contrat de vente.
▪ Il est unilatéral lorsqu’une ou plusieurs personnes sont obligées envers une ou
plusieurs autres, sans que de la part de ces dernières il y ait d’engagement (art. 3 C.
civ.). Le contrat unilatéral se définit ainsi comme celui qui ne crée des obligations
qu’à la charge de l’une des parties. Exemple : La donation, contrat de bienfaisance,
Envoie d’argent à un ami…

L’intérêt de la distinction
Sur le plan de la preuve
- L’article 207 C.civ. III stipule :
« Les actes sous seing privé qui contiennent des conventions synallagmatiques ne
sont valables qu’autant qu’ils ont été faits en autant d’originaux qu’il ya de parties ayant un intérêt distinct. Il
suffit d’un original pour toutes les personnes ayant le même intérêt.
Chaque original doit contenir la mention du nombre des originaux qui en ont été faits.
Néanmoins, le défaut de mention que les originaux ont été faits doubles, triples… ne peut être opposé par celui
qui a exécuté de sa part la convention portée dans l’acte. »
- A cause de la pluralité d’obligations réciproques dans le contrat synallagmatique, l’écrit probatoire
sous seing privé doit être rédigé en autant d’originaux qu’il y a de parties alors que dans le contrat
unilatéral, un seul écrit suffit.
Sur le fond :
- Dans le contrat synallagmatique les obligations des parties sont interdépendantes et se servent mutuellement
de cause.
- Il découle de l'interdépendance des obligations nées du contrat synallagmatique des conséquences inconnues
du régime du contrat unilatéral. Il en est ainsi de la possibilité de soulever l’exception d’inexécution propre aux
contrats synallagmatiques pour contrer la mise en branle de la clause résolutoire. C’est l’exceptio non adimpleti
contractus.
S’agissant de l’exceptio non adimpleti contractus, il convient de noter qu’il s’agit d’ un moyen de
défense de l'une des parties qui consiste à ne pas exécuter son obligation tant que l'autre contractant n'a pas
effectué sa prestation.

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b. La distinction entre le contrat commutatif et le contrat aléatoire


➢ La distinction
▪ Le contrat est commutatif lorsque chacune des parties s’engage à donner ou à faire
une chose qui est regardée comme l’équivalent de ce qu’on lui donne ou de ce qu’on
fait pour elle. Le contrat est commutatif lorsque la prestation due par chacune des
parties est certaine, déterminée à l’avance et considérée comme équivalente à celle
que doit fournir l’autre partie. (art. 4 al. 1 C. civ.). Exemple : Contrat de vente
▪ Le contrat est aléatoire lorsque la prestation de l’une des parties est incertaine, soit
▪ dans son principe, soit dans son montant. (art.4 al. 2 C. civ.). Exemple : Contrat de
viager, contrat d’assurance.

➢ L’intérêt de la distinction
▪ Pas de rescision pour le contrat aléatoire mais la possibilité d’obtenir une réduction pour cause
de lésion.
▪ Le contrat aléatoire n’est pas rescindable pour lésion. Néanmoins, l’aléa n’exclut pas le
pouvoir judiciaire de réduction.

c. La distinction entre le contrat à titre gratuit et le contrat à titre onéreux


➢ La distinction
▪ Le contrat de bienfaisance, appelé également contrat à titre gratuit, est celui dans
lequel l’une des parties procure à l’autre un engagement purement gratuit (art. 5 C.
civ.III). Exemple : faire un don, un legs
▪ Le contrat à titre onéreux est celui qui assujettit chacune des parties à donner ou à
faire quelque chose (art. 6 C. civ.III).

L’intérêt de la distinction
- Les règles de formation sont en général plus strictes pour les contrats à titre gratuit
- Celui qui est engagé à titre onéreux est tenu plus fermement que celui qui est engagé à titre gratuit.

d. La distinction entre le contrat nommé et le contrat innommé


▪ Le contrat nommé fait l’objet d’une réglementation particulière

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▪ Les contrats innommés sont ceux que la loi n’a pas explicitement prévus et
réglementés (art.7 C.civ.III).

L’intérêt de la distinction
- A l’instar des contrats à titre gratuit, il y a lieu de constater que les règles de formation sont en général
plus strictes pour les contrats nommés que pour les contrats innommés.
- Les contrats innomés sont des contrats sui generis, qui ne se réfèrent à aucun contrat nommé, ils sont
créés de toutes pièces. Le contrat innommé est donc celui qui est non désigné par un texte mais le fruit
de la pratique. c'est ainsi que l'on peut citer le contrat d'affacturage, le leasing, le contrat de
déménagement, d'hôtellerie, likelemba (tontine)...
- Le contrat nommé est celui qui est explicitement régi par la loi (ou le règlement) et dont le régime
juridique est réglementé par elle de manière supplétive, voire impérative.

5. La distinction contrat consensuel, le contrat solennel et le contrat réel


➢ Le contenu de la distinction
▪ Le contrat consensuel se forme par le seul échange des consentements.
▪ Les contrats solennel et réel ne peuvent se former par le simple échange des
consentements.
▪ Le contrat solennel doit respecter certaines formalités pour être valables.
▪ Le contrat réel ne se forme que par la remise de la chose qu’ils ont pour objet.

L’intérêt de la distinction
- L’absence de formalité ou de remise de la chose, lorsqu’elle est exigée, entraîne la nullité du contrat.
Ceci tranche avec la situation du contrat consensuel.

e. La distinction entre contrat à exécution instantanée et le contrat à exécution successive


➢ La distinction
▪ Le contrat à exécution instantanée fait naître des obligations qui s’exécutent en un
trait de temps. Exemple : le contrat de vente
▪ Le contrat à exécution successive suppose des exécutions successives qui
s’échelonnent dans le temps. Exemples : le contrat d’assurance, le contrat de bail.
▪ Le contrat à durée déterminée : Il s’agit d’un contrat à terme. La date d’échéance et
du terme est connu à l’avance. Exemple : contrat du travail temporaire.

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▪ Le contrat à durée indéterminée ne prévoit aucune date d’échéance.

L’intérêt de la distinction
- Dans les contrats instantanés, les effets de la résolution et de l’annulation sont rétroactifs.
- Dans les contrats successifs la rétroactivité n’est pas possible.

f. La distinction entre le contrat de gré à gré et le contrat d’adhésion


▪ Le contrat de gré à gré est celui qui découle d’une libre discussion et négociation
entre les parties.
▪ Le contrat d’adhésion, par contre est celui dont les stipulations se trouvent fixées à
l’avance par l’une des parties mais qui ne peuvent être discutées par l’autre partie.

g. La distinction entre le contrat individuel et le contrat collectif

▪ Le contrat individuel ne comprend que deux signataires même si ses effets peuvent
s’étendre sur les tiers non-signataires. C'est généralement le cas lors de souscription
d’une assurance auto ou habitation : seul le propriétaire est signataire même si
d'autres personnes peuvent être couvertes (les conducteurs secondaires d'une
voiture, par exemple).
▪ Le contrat collectif est passé entre une personne et un groupe de personnes,
généralement une entreprise. Les clauses du contrat concernent tout ou partie des
membres de l'entreprise. Les signataires sont aussi nombreux que le nombre de
personnes qui y adhèrent. Ils produisent leurs effets sur les membres du groupement
non-signataires.

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Deuxième chapitre :
Eclairage sur les sources non-conventionnelles d’obligations

Première leçon :
Le quasi-contrat

Art. 247. - Les quasi-contrats sont les faits purement volontaires de l'homme, dont il résulte
un engagement quelconque envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque de deux
parties.
➢ Le quasi-contrat est ainsi défini comme étant un fait unilatéral purement
volontaire dont il résulte un engagement de celui qui en profite sans y avoir
droit, et parfois un engagement de son auteur envers autrui
➢ Il ne s’agit donc pas d’un contrat avec échange de consentements.
➢ Le quasi-contrat est une source d’obligations qui trouve son fondement dans
l’équité. Celui qui bénéficie d’un avantage injustifié doit le restituer ou
dédommager celui qui en est à l’origine. C’est son caractère moral. Il serait en
effet immoral que quelqu’un conserve un paiement ou un avantage injustifié.
➢ Trois quasi-contrats à retenir : la gestion d’affaire, l’enrichissement injustifié ou
sans cause et le paiement de l’indu. Toutes ces notions seront développées
ultérieurement.
➢ Le quasi-contrat est un fait juridique dont la preuve est libre et dont les actions
sont soumises à la prescription quinquennale de droit commun.

Deuxième leçon :
Le délit et le quasi-délit
Un quasi-délit est un lien obligataire découlant d’un dommage qu'une personne cause sans
fondement juridique mais involontairement au détriment d'autrui et qui l'oblige à en
réparer les conséquences. L’imprudence ou la négligence en constitue la source
contrairement à un délit qui implique une intention dolosive.

258.– Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute
duquel il est arrivé à le réparer.

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259.– Chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non seulement par son fait, mais encore par
sa négligence ou par son imprudence.
260.– On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par son propre fait, mais encore
de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa
garde.
Il s’en suit que :
➢ Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par
leurs enfants habitant avec eux.
➢ Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et
préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés. Les instituteurs et les
artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu’ils
sont sous leur surveillance.
➢ La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et
artisans ne prouvent qu’ils n’ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette
responsabilité.
➢ Le propriétaire d’un animal, ou celui qui s’en sert, pendant qu’il est à son usage, est
responsable du dommage que l’animal a causé soit que l’animal fût sous sa garde,
soit qu’il fût égaré ou échappé.
➢ Le propriétaire d’un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine
lorsqu’elle est arrivée par une suite du défaut d’entretien ou par le vice de sa
construction.
Toutes ces notions feront l’objet d’un développement dans la partie consacrée à l’étude de
la responsabilité civile. Avant d’y arriver, l’univers contractuel mérite un regard
approfondi.

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THEME II.
L’UNIVERS CONTRACTUEL

CHAPITRE I
LA FORMATION DU CONTRAT

Première leçon :
L’autonomie de la volonté

I.1. Le contenu de la théorie de l’autonomie de la volonté

1. Le principe de l’autonomie de la volonté : « Pacta sunt servanda ».


▪ Les conséquences juridiques de la théorie de l’autonomie de la volonté.
➢ La primauté du contrat comme source d’engagement.
➢ La source principale des obligations ne peut résider que dans l’accord de
volonté. Les autres sources d’engagement ne peuvent être qu’exceptionnelles.
▪ Les règles techniques de l’engagement contractuel
Au niveau des règles de formation, il découle de cette théorie d’autonomie de la volonté :
➢ L’intégrité du consentement (le consentement doit s’extérioriser clairement et
librement)
➢ La liberté de déterminer le contenu du contrat (sous réserve du respect de l’ordre
public et des bonnes mœurs).

2. La critique de la théorie de l’autonomie de la volonté


Sur le terrain des principes :
▪ Si la volonté peut créer un engagement c’est parce que la loi le permet
▪ On n’est engagé par sa volonté que dans la mesure où cet engagement
est juste et socialement utile

Sur le terrain des réalités économiques :


▪ La loi du plus fort met en mal le principe de l’autonomie de la
volonté. C’est ce que Lacordaire résume par « Entre le fort et le faible,
c’est la volonté qui asservit et la loi qui libère ».

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I.2. Les effets du contrat


➢ L’effet obligatoire du contrat : C’est la force obligatoire du contrat. Une fois conclu, le
contrat doit être respecté (art. 33 C. civ.)
➢ L’effet relatif du contrat : En principe, le contrat n’engage que les parties. Les tiers ne
sont concernés que dans les cas prévus par la loi.
« Art. 63. - Les conventions n'ont d'effet qu'entre les parties contractantes; elles ne nuisent
point au tiers, et elles ne lui profitent que dans le cas prévu par l'article 21.
Art. 64. - Néanmoins, les créanciers peuvent exercer tous les droits et actions de leur
débiteur, à l'exception de ceux qui sont exclusivement attachés à la personne. » (Fondement
de l’action oblique)
« Art. 65. - Ils peuvent aussi en leur nom personnel attaquer les actes faits par leur débiteur en
fraude de leurs droits. » (Fondement de l’action paulienne)

Quelques atténuations portant atteinte à la liberté contractuelle


- Les atteintes à la liberté de contracter ou de ne pas contracter : le phénomène des contrats forcés
tel le contrat de métayage.
Bon à savoir : Le métayage est un contrat de bail rural par lequel un bien rural est donné
à bail à un preneur, qui s'engage à l’exploiter à condition d'en partager les produits avec le
bailleur. Il faut donc qu'il y ait une terre rurale, un propriétaire et un exploitant potentiel.
On les appelle bailleur et métayer.
- Les atteintes à la liberté de fixer le contenu du contrat : Atteintes introduites avec le phénomène
des contrats prêts à l’emploi tel le contrat d’adhésion.
- Les atteintes au principe du consensualisme par la multiplication des contrats solennels ou la
multiplication de formalités.
- Les atteintes au principe de l’effet relatif des contrats : Cas de lois réglementant les conventions
collectives de travail
- Les atteintes à la force obligatoire des conventions : la loi peut parfois porter
atteinte à la force obligatoire des contrats. Interdiction des démarchages à domicile, de
vente sur la voie publique…possibilité de rétractation.

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Deuxième leçon :
Les conditions de formation et de validité du contrat
(Art.8 c.civ3)

Les conventions doivent être « légalement formées », comme le stipulent les


dispositions de l’art.33 c.civ.III pour « tenir lieu de loi à ceux qui les ont faites » et pour
remplir ainsi leur fonction de génératrices d’obligations. Cela nous renvoie
automatiquement aux conditions posées par la loi, à défaut de quoi le contrat ne serait non
seulement pas valide mais également sanctionné par la nullité.
Les conditions de validité du contrat exigées par la loi sont énoncées à l’article 8 du Code
civil qui prévoit que « sont nécessaires à la validité d’un contrat :
▪ Le consentement
▪ L’objet
▪ La capacité à conclure
▪ La cause licite
A retenir :
- La validité d’un contrat est soumise à la satisfaction préalable de quatre conditions légalement posées,
à savoir :
- Le consentement des parties: Il se vérifie en se posant la question de savoir si les parties ont
effectivement voulu contracter l’une avec l’autre.
- La capacité des parties: Cette condition va conduire à la vérification de l’âge des contractants et de
leur situation de dépendance ou non afin de déterminer s’ils sont frappés d’une incapacité. Etaient-ils
mineurs ou faisaient l’objet d’une mesure de protection ?
- Un contenu licite et certain: Cela amène à la vérification de l’objet de leur engagement par rapport
à la loi et aux bonnes mœurs. Est-ce autorisé ?
- La poursuite d’un but conforme à l’ordre public: La question à ce nveau porte sur la cause du
contrat. Pour quel but les parties ont-elles voulu contracter ? Cela suppose de vérifier l’existence d’une
contrepartie à l’engagement des parties.

II.1. Les conditions de formation du contrat


A. Point de départ de tout contrat : L’existence du consentement

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Le consentement doit se manifester de part et d’autre de la chaine contractuelle, car


le contrat se forme par la rencontre de l’offre et de l’acceptation.

1. L’offre ou la pollicitation
L’offre de contracter, ou la pollicitation, est un acte unilatéral de volonté par lequel
une personne, le pollicitant, fait connaître, d’une part, son intention ferme de contracter
avec une autre personne (le destinataire) et, d’autre part, les termes essentiels du contrat
proposé. L’offre est, en d’autres termes, une proposition à conclure un contrat. L’offre et
l’acceptation sont deux manifestations unilatérales de volonté.
Selon Frédérique Cohet2 « les volontés des parties, qui forment le consentement
indispensable à la conclusion d’un contrat, doivent non seulement s’exprimer, mais également se
rencontrer suivant l’équation fondamentale selon laquelle : contrat = offre + acceptation. »
Contracter, c’est avant tout vouloir et manifester sa volonté en conséquence. Le contrat est
formé par la rencontre d’une offre et d’une acceptation par lesquelles les parties manifestent
leur volonté de s’engager. Plus précisément, cette rencontre des volontés s’opère,
schématiquement, selon le processus suivant : On a dans un premier temps, une personne,
le pollicitant, qui émet une offre de contracter. En second lieu, l’offre fait l’objet d’une
acceptation par le destinataire.
L’offre émane d’une personne qui fait connaître son intention (à une ou plusieurs
autres) de conclure un contrat dans des conditions déterminées.

a) L’offre de contracter et les notions voisines


L’offre doit être distinguée de plusieurs notions avec lesquelles il convient de ne pas la
confondre :
1) L’offre de contracter et les pourparlers contractuels ou l’invitation à entrer en pourparlers
L’invitation à entrer en pourparlers ne fixe pas les éléments essentiels du contrat, de
sorte que si elle est acceptée, le contrat ne saurait être formé. L’offre de contracter prévoit
quant à elles tous les éléments nécessaires à la rencontre des volontés.
En cas d’acceptation, le contrat est conclu, sans que le pollicitant puisse négocier.
▪ Période allant de la prise de contact jusqu’à la conclusion du contrat

2
Cohet, Frédérique. « Chapitre 2. L’offre et l’acceptation », Le contrat. sous la direction de Cohet Frédérique.
Presses universitaires de Grenoble, 2020, pp. 35-52.

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▪ Dans certains cas, pendant cette période, la rupture peut être fautive et engager la
responsabilité de l’auteur comme tranché par la jurisprudence française3.
A noter qu’il peut y avoir :
▪ Possibilité de la responsabilité délictuelle
▪ La perte de chance de tirer profit du contrat mais que cela ne donne pas droit à des
dommages-intérêts

2) L’offre de contracter et le pacte de préférence


▪ Le pacte de préférence est l’acte par lequel une personne s’engage, si elle décide de
contracter, à le faire avec telle ou telle personne déterminée
▪ Le destinataire bénéficiaire de ce pacte peut demander et obtenir la nullité du
contrat ou la substitution de l’acquéreur sous condition.

3) L’offre de contracter et la promesse unilatérale de contrat


La promesse unilatérale de contrat est un avant-contrat, en ce sens qu’elle est le produit
d’un accord de volontés. L’offre de contracter ne s’apparente pas à un avant-contrat, dans
la mesure où, par définition, elle n’a pas été acceptée.
▪ La promesse unilatérale de contrat est un contrat même si elle n’est pas le contrat
définitif.
▪ Possibilité d’indemnité d’immobilisation
▪ La promesse unilatérale de contrat obéit à toutes les conditions générales des
contrats et doit contenir les éléments essentiels du contrat.

4) L’offre de contracter et la promesse unilatérale de contrat


L’engagement unilatéral de volonté oblige son auteur à exécuter la prestation promise
L’offre de contracter n’engage à rien son auteur tant qu’elle n’a pas été acceptée, le principe
étant qu’elle peut être librement révoquée.
Le promettant est tenu de maintenir son offre pendant le délai prévu quand il y en a un.
Le bénéficiaire n’est pas engagé avant la levée de l’option
Les parties peuvent prévoir que le défaut d’exécution par le promettant de son engagement
de vendre se résoudra en nature par la constatation judiciaire.

3
Paris, 25ème ch. B, 10 mars 2000

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Quid de la promesse synallagmatique de contrat ?


▪ Le principe : La promesse de contracter vaut contrat lorsqu’il y a consentement réciproque
des deux parties sur l’objet du contrat et sa valeur.
▪ Ce principe concerne les contrats consensuels mais pas les contrats réels ou
solennels car les parties peuvent marquer leur volonté de solenniser le contrat en
subordonnant son existence à l’accomplissement d’une formalité particulière.

b. Les caractères de l’offre


▪ L’offre doit être précise
➢ L’offre doit caractériser les éléments essentiels du contrat.
▪ L’offre doit être ferme
➢ L’offre doit manifester l’intention de son auteur de s’engager
➢ L’offre n’est pas ferme si elle est assortie de réserves
➢ L’offre peut être destinée à une personne déterminée, à plusieurs personnes, en privé
(particulier) ou au public et dans ce cas, priorité au premier acceptant.
➢ L’offre doit être extériorisée par écrit, parole, attitude, etc.
➢ L’offre peut être tacite ou expresse
➢ L’offre doit être non équivoque
➢ Les exceptions à l’exclusion des réserves ou des conditions dans l’offre : contrats
conclus intuitu personae, usages commerciaux, les contrats des secteurs comme la banque ou
les assurances
Les contrats intuitu personae sont des contrats conclus en considération de la
personne du cocontractant. Tel peut être le cas, par exemple, du contrat de bail, du contrat
de travail ou encore du contrat de prêt, dans lesquels la personne du cocontractant est
déterminante pour le consentement du pollicitant
Ainsi, les contrats conclus intuitu personae sont-ils toujours assortis d’une réserve
tacite : la personne du destinataire de l’offre. Il en résulte que, l’acceptation ne suffira pas
à former le contrat, sa conclusion étant subordonnée à l’agrément du pollicitant.
En principe, il est difficile de trouver des hypothèses où les contrats conclus intuitu personae
font l’objet d’une véritable offre.
Le principe d’exclusion des réserves est également tempéré dans l’hypothèse où la
réserve concerne un événement extérieur à la volonté du pollicitant.
Illustration :

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▪ L’offre de vente de marchandises peut être conditionnée au non-épuisement des


stocks.
▪ L’offre de prêt peut être conditionnée à l’obtention, par le destinataire, d’une
garantie du prêt

c. L’offrant peut-il retirer son offre ?


▪ Deux cas méritent notre attention : l’offre assortie d’un délai butoir et l’offre sans
délai fixé.
▪ L’offre comporte un délai
➢ L’offrant doit la maintenir pendant ce délai
➢ Lorsque le délai est implicite ou n’est pas du tout fixé, le pollicitant doit maintenir
son offre pendant un délai raisonnable.
➢ Tout retrait de l’offre avant l’écoulement du délai prévu engage la responsabilité
contractuelle du pollicitant.
➢ La loi peut dans certains cas, dans le but de protéger le consommateur, imposer le
respect d’un délai déterminé.

d. La caducité de l’offre
L’offre peut devenir caduque par l’expiration de son délai, la limite de quantité, en cas
d’incapacité ou de décès de l’offrant
➢ Le décès ou l’incapacité de l’offrant ne fait pas en principe obstacle à son
acceptation

e. Le pollicitant peut-il choisir son cocontractant


➢ En principe, l’auteur de l’offre peut librement choisir son cocontractant.
➢ L’exclusion d’un cocontractant ne doit pas avoir pour effet de contrevenir à l’ordre
public et aux bonnes mœurs notamment aux lois relatives à la discrimination.

2. L’acceptation
1. La manifestation de l’acceptation
▪ L’acceptation expresse
➢ Le consentement peut être oral
➢ Le consentement peut être gestuel
➢ Le consentement peut se manifester par des signes

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➢ Le consentement peut être écrit

▪ L’acceptation tacite
➢ Elle peut résulter du simple comportement
➢ Elle peut résulter du commencement d’exécution du contrat
➢ La loi impose parfois une manifestation de volonté expresse (ex : en cas de contrat
de cautionnement).

▪ Le manifestation par le silence


➢ Le principe est que le silence ne vaut pas acceptation. En droit, qui ne dit mot ne
consent pas.

▪ Les exceptions :
➢ Les exceptions prévues par la loi : ex : la tacite reconduction des baux écrits
➢ Les exceptions admises par la jurisprudence
➢ Les relations d’affaires antérieures au contrat en cause
➢ Les usages commerciaux
- Cas de l’offre est faite dans l’intérêt exclusif du destinataire
- Cas où la convention des parties le prévoit expressément
- Certaines situations permettent de donner au silence la signification d’une
acceptation.

3. La particularité des contrats entre absents


1. La détermination de la date et du lieu de formation du contrat entre absents
▪ La date : 4 intérêts à la fixation de la date
➢ A partir de la date de la conclusion du contrat définitif, les parties ne peuvent plus
se rétracter.
➢ C’est à partir de la même date de formation du contrat que commencent à se
produire les effets de ce contrat.
➢ C’est à la date de formation du contrat que l’on se place pour déterminer la loi
applicable au contrat.
➢ La date de formation du contrat constitue le point de départ du délai pour intenter
l’action en nullité de ce contrat
▪ Le lieu

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➢ L’intérêt du lieu de formation du contrat concerne les contrats internationaux.


➢ La loi applicable au contrat pour ce qui concerne les conditions de forme est
celle du lieu où le contrat a été conclu ; « Le lieu régit l’acte »
2. Les solutions
a. Les solutions du droit comparé (tirées du système français ): 2 solutions contradictoires
➢ Art. 932 C. civ. relatif à la donation : ce n’est pas l’acceptation mais la notification
de la donation au donateur qui donne naissance au contrat
➢ Art. 1985 al. 2 C. civ. relatif au mandat : l’acceptation de l’offre pouvant être tacite,
le contrat est formé au jour où le mandataire a accompli le premier acte d’exécution,
même si le mandat l’ignore. C’est le système de l’émission qui l’emporte
b. Les solutions doctrinales
▪ Première conception (théorie objectiviste) : le contrat se forme au moment et au lieu où
intervient l’acceptation. Il existe deux variantes :
➢ Le système de la déclaration : le destinataire notifie son acceptation par une
déclaration.
➢ Théorie de l’émission : la date , le lieu et le moment où l’acceptant expédie son
acceptation.
▪ Deuxième conception (théorie subjectiviste) : le contrat se forme au moment et au lieu
où l’offrant reçoit et prend connaissance de l’acceptation. Il existe deux variantes :
➢ Théorie de la réception
➢ Théorie de l’information : la réception
c. Les solutions de la jurisprudence
➢ La jurisprudence s’est prononcée pour la théorie de l’émission en l’absence de
manifestation de volonté contraire des parties.
➢ Le droit international privilégie la théorie de la réception en matière de vente
internationale de marchandises (art. 18-2° Conv. Vienne)

II.2. Conditions de validité du contrat


Art. 8. - Quatre conditions sont essentielles pour la validité d'une convention:
. le consentement de la partie qui s'oblige;

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. sa capacité de contracter;
. un objet certain qui forme la matière de l'engagement;
. une cause licite dans l'obligation.
➢ Ces quatre conditions sont donc impérativement requises pour qu’un contrat soit
valide. Il s’agit des conditions de fond cumulatives, le cas échéant aux conditions
de forme prévues dans pour la validité de certains contrats spécifiques.

1. Conditions de fond
A. Un consentement exempt des vices
▪ Les vices du consentement (article 9 C.civ)
Trois vices de consentement sont prévus par la loi : l’erreur, le dol et la violence. A
cela s’ajoute la lésion qui touche non pas le consentement mais l’objet du contrat mais dont
la finalité est de vicié le contrat par le déséquilibre introduite.

1. L’erreur (art.10 C. civ.)


Art. 10. - L'erreur n'est une cause de nullité de la convention que lorsqu'elle tombe sur la
substance même de la chose qui en est l'objet.
Elle n'est point une cause de nullité, lorsqu'elle ne tombe que sur la personne avec laquelle on a
l'intention de contracter, à moins que la considération de cette personne ne soit la cause principale de
la convention.
A. Les différents types d’erreurs
1. Les erreurs prises en considération
a. Les erreurs sur l’objet
▪ L’erreur sur la substance ou les qualités substantielles (art.10 al. 1 C.civ.)
Deux conceptions s’affrontent. La doctrine est partagée.
▪ Selon la conception objective : la substance réside dans la matière même de l’objet
du contrat.
Ex : « Achat de d’une montre plaquée au lieu d’une véritable montre en or.
▪ Pour la conception subjective, la substance réside dans la qualité de la chose qui a
été principalement envisagée par les parties au contrat.
▪ Signalons à titre d’information, la position de la jurisprudence française qui penche
la conception subjective. En effet, il a été jugé que « l’erreur doit être considérée comme

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portant sur la substance de la chose lorsqu’elle est telle nature que, sans elle, l’une des parties
n’aurait pas contracté4 »
▪ D’une manière générale, il convient de retenir que la jurisprudence retient la
méthode d’appréciation in concreto.
▪ La jurisprudence ne distingue pas selon que l’erreur porte sur la prestation reçue,
fournie ou sur la chose achetée.
▪ La jurisprudence ne distingue pas si l’erreur sur la substance est de fait ou de droit
b. L’erreur sur la personne
L’erreur sur la personne n’est cause de nullité que :
▪ dans les contrats intuitu personae (art.10 al. 2 C. civ.) ;
▪ dans les contrats à titre gratuit car le bénéficiaire de l’intention libérale est forcément
une personne déterminée ;
▪ dans certains contrats onéreux (ex : mandat rémunérés, contrat de travail, contrat
d’entreprise, etc.
▪ L’erreur sur la personne n’est pas une erreur sur l’identité physique ou civile du
cocontractant ou sur ses qualités substantielles. Ainsi une demande d’annulation
du mariage par une épouse dont le mari avait été un kuluna déporté à Kanyama-
Kasese durant sa jeunesse n’est pas plausible. L’erreur ne sera pas retenue.
c. L’erreur en dehors du Code civil
▪ L’erreur sur la nature du contrat
▪ L’erreur sur l’objet du contrat

2. Les erreurs indifférentes


a. L’erreur portant sur une qualité non substantielle (ex : couleur d’une voiture d’occasion)
b. L’erreur sur la personne dans les contrats non intuitu personae
c. L’erreur sur la valeur (ex : l’objet est estimé plus cher que sa valeur réelle sans qu’il y ait
eu erreur sur les qualités de cet objet)
d. L’erreur sur les motifs étrangers à la chose objet du contrat : en l’absence de stipulation
expresse, l’erreur sur un motif du contrat extérieur à l’objet de celui-ci

B. Les conditions d’annulation pour erreur


1. Les caractères de l’erreur cause de nullité

4
Civ. 28 janvier 1913

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a. L’erreur ne doit pas être grossière, inexcusable


Le cas :
Vous voulez acheter une voiture d’occasion. Lors de l’inspection d’avant la conclusion du contrat, vous
voyez bien que le véhicule manque des phares. Le klaxon ne fonctionne pas. Après la conclusion du
contrat, vous évoquez l’erreur portant sur ces éléments défaillants pour annuler le contrat. Cette erreur
est tellement grossière qu’elle ne pourra pas être retenue pour annuler le contrat.
➢ L'erreur doit être excusable sinon l'erreur cesse d'être une cause de nullité.
➢ Une erreur est inexcusable lorsqu'elle est grossière, c'est à dire lorsqu'il s'agit d'une
erreur que l'on pouvait éviter, on ne pouvait que s’en rendre compte avant de
conclure le contrat.
b. L’erreur doit porter sur un élément connu de l’autre partie : l’erreur doit être commune
c. L’erreur de droit est prise en compte uniquement si elle constitue une erreur sur la
substance.

2. La preuve de l’erreur
a. L’erreur doit être prouvée
➢ L’erreur se prouve par tous moyens
➢ La victime doit prouver (par tous moyens) que l’erreur était déterminante
b. L’erreur s’apprécie au moment de la conclusion du contrat
➢ L’aléa chasse l’erreur : il n’y a pas erreur s’il y a acceptation d’un aléa.
➢ Il y a erreur lorsque l’aléa n’a pas été inséré dans le contrat

3. La sanction de l’erreur
a. L’erreur-obstacle
▪ Elle est d’une gravité telle qu’elle empêche la rencontre des volontés nécessaire à la
formation du contrat.
▪ L’erreur obstacle chasse l’erreur inexcusable.
b. L’erreur ordinaire
▪ La nullité sanctionnant l’erreur vice du consentement est une nullité relative (le
délai de prescription est de 10 ans).
▪ En principe le contrat est totalement annulé ; mais il peut arriver qu’une seule clause
du contrat soit annulée.
▪ La victime de l’erreur peut obtenir, en plus de la nullité, des dommages-intérêts du
fait de la nullité du contrat.

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A noter cependant :
Art. 591. - Les transactions ont, entre les parties, l'autorité de la chose jugée en dernier
ressort.
Elles ne peuvent être attaquées pour cause d'erreur de droit, ni pour cause de lésion.
Art. 592. - Néanmoins une transaction peut être rescindée, lorsqu’il y a erreur dans la
personne, ou sur l'objet de la contestation.
Elle peut l'être dans tous les cas où il y a dol ou violence

2. Le dol (art.16 C. civ.)


Art. 16. - Le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les manœuvres pratiquées
par l'une des parties sont telles qu'il est évident que, sans ces manœuvres, l'autre partie
n'aurait pas contracté.
Art 17. -Il ne se présume pas et doit être prouvé.

A. Les éléments constitutifs du dol


1) L’élément matériel du dol
a. Les manœuvres dolosives
▪ On appelle dol toute manœuvre, surprise, fraude, finesse, feinte et toute autre
mauvaise voie pour tromper quelqu’un.
▪ Exemple : Trafiquer le compteur de l’électricité, substituer l’emballage d’un produit,
la contrefaçon
b. Le mensonge
▪ De simples mensonges peuvent suffire à caractériser le dol.
▪ Distinction entre le dolus bonus (pas de nullité) et le dolus malus (cause de nullité).
c. La réticence dolosive
▪ Le dol peut être constitué par le silence d’une partie dissimulant au
▪ cocontractant un fait qui, s’il avait été connu de lui, l’aurait empêché de
▪ contracter ».
▪ La réticence doit comporter un élément matériel. Il s’agit de l’omission d’une
information substantielle.

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▪ Le devoir de renseignement est admis par la jurisprudence chaque fois que l’une des
parties possède une information nécessaire à l’autre partie alors que celle-ci se
trouve dans l’impossibilité ou la quasi-impossibilité de se la procurer.
▪ Aucune obligation d’information ne pèse sur l’acquéreur.
▪ Dans tous les cas, les juges du fond doivent caractériser la réticence dolosive
▪ La réticence dolosive n’est constituée qu’en présence des éléments constitutifs du
dol (l’intention de l’auteur et l’erreur de la victime)

2) L’élément intentionnel du dol


a. L’intention de tromper
b. La faute intentionnelle ne nécessite pas la volonté de créer un préjudice à l’autre
partie

B. Les conditions d’annulation pour dol


1. Les caractères du dol
a. Le dol doit avoir été déterminant
▪ Sans le dol la partie victime n’aurait pas contracté.
▪ Pour que le dol soit déterminant, l’erreur engendrée doit elle-même avoir été
déterminante pour contracter.
▪ Distinction dol principal qui porte sur les qualités substantielles de la chose et dol
incident qui n’empêche pas le contrat d’aboutir. C’est un dol sans lequel le contrat
aurait été néanmoins conclu.
b. Le dol doit émaner du cocontractant
▪ Le dol qui émane d’un tiers permet d’obtenir des dommages-intérêts mais pas la
nullité.
▪ La nullité peut être admise lorsque le cocontractant est complice du tiers ou le
représentant du cocontractant.
▪ Dans les contrats unilatéraux, il est admis que le dol provienne d’un tiers.
2. La preuve du dol
▪ Le dol ne se présume pas et doit être prouvé »
▪ La preuve du dol se fait par tous moyens (car c’est un fait juridique)

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▪ La Cour de cassation exerce son contrôle sur le caractère légal des moyens employés
pour prouver le dol5.
3. Les conséquences juridiques du dol
a. La nullité relative du contrat
▪ L’action en nullité se prescrit par l’écoulement d’un délai de 10 ans à compter de la
découverte du dol ou de l’erreur.
▪ Chacune des parties récupère ses prestations.
b. Le dol permet à la victime d’obtenir des dommages-intérêts lorsqu’elle subit un préjudice
à cause de l’annulation du contrat.
▪ Il s’agit d’une responsabilité délictuelle fondée sur l’art. 258 C. civ.
▪ Une simple négligence est suffisante (ex : violation d’une obligation d’information)
c. la victime du dol peut également demander réparation du préjudice sur le
fondement de la responsabilité contractuelle sans demander la nullité du contrat.

3.3. La violence
Art 13. - La violence est une cause de nullité du contrat non seulement lorsqu'elle a été
exercée sur la partie contractante, mais encore lorsqu'elle l'a été sur son époux ou sur son
épouse, sur ses descendants ou ses ascendants.

A. Les éléments constitutifs de la violence cause de nullité


1. Les formes de la violence
a. La violence peut être dirigée contre son intégrité physique (violence physique).
b. La violence envers le patrimoine : Dans ce cas, la contrainte devient économique et « se
rattache à la violence et non à la lésion6 ».
▪ Les conditions de la contrainte économique7.
➢ Existence d’une dépendance économique.
➢ Exploitation abusive de cette situation de dépendance économique.
➢ L’abus de faiblesse est sanctionné comme une forme de violence
2. Le caractère imminent de la violence
➢ La crainte doit exister au moment de l’acceptation du contrat.
➢ Le contrat ne peut être annulé si la menace est trop lointaine.

5
Jurisprudence française : Com. 1er avril 1952
6
Jurisprudence française : Civ. 1ère, 30 mai 2000
7
Lire avec intérêt l’arrêt Civ. 1ère, 3 avril 2002 (Jurisprudence française )

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3. Le caractère déterminant de la violence


▪ La violence doit constituer une menace d’un mal considérable
▪ Cette crainte doit être actuelle au moment de la formation du contrat
▪ Le caractère déterminant de la violence s’apprécie in concreto
➢ Les menaces peuvent viser le cocontractant
➢ Les menaces peuvent viser un tiers, tel un proche du cocontractant
➢ La violence s’apprécie au jour de la conclusion du contrat
4. Le caractère illégitime de la violence
▪ L’illégitimité peut s’analyser du point de vue des moyens de contrainte utilisés (cas
de coups, diffamations, etc.).
▪ L’illégitimité peut être lié au but poursuivi : la menace d’exercer une voie de droit
régulière peut devenir illégitime si elle est utilisée dans le but d’obtenir plus que ce
qui est dû.
5. L’auteur de la violence :
▪ L’auteur peut être le cocontractant ou un tiers
6. La victime de la violence
▪ Le cocontractant : la violence ou la menace est dirigée directement contre une partie
au contrat.
▪ Un membre de sa famille : peu importe le de degré de parenté, sera apprécié le lien
affectif pouvant peser sur l’irrésistible option de le sauver du danger par la
conclusion imposée du contrat.

B. La sanction de la violence
1. La nullité relative
▪ La nullité peut être partielle
▪ Le délai de prescription est de 10 ans à compter du moment où la violence a cessé.
2. Les D.I. (Dommages et intérêts) : A la nullité peut s’ajouter une condamnation à des
dommages-intérêts.

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2. L’objet du contrat
A. L’existence de l’objet
1) La réalité de l’objet
▪ Le contrat portant sur une chose qui n’existe pas au moment de la conclusion du
contrat est nul.
▪ Le contrat sera nul si dès l’origine il y a impossibilité de produire la chose.
▪ Le contrat est valable si la chose a péri depuis sa formation.
2) La prestation objet de l’obligation
▪ La prestation objet du contrat doit être possible.
▪ Si la prestation est impossible le contrat est nul.
➢ L’impossibilité doit être absolue.
➢ L’impossibilité doit exister pour tous et pas seulement pour le débiteur.
▪ La nullité doit exister au moment de la conclusion du contrat.
▪ Si la nullité survient après la conclusion du contrat, elle est sanctionnée par la
résolution (pour inexécution).

B. La détermination de l’objet
1) Les principes généraux
▪ L’objet doit être déterminé ou tout du moins déterminable (art. 1129 c. civ.)
▪ S’il s’agit d’un corps certain, la détermination (= identification de l’objet) doit être
suffisamment précise.
▪ S’il s’agit d’une chose de genre
➢ Il n’est pas nécessaire que l’objet soit déterminé
➢ Il doit être déterminable au moins quant à son espèce et sa quantité (ou quotité)
➢ La qualité n’est pas précisée
2) La détermination du prix
▪ Si l’objet est déterminable, il est indispensable que les éléments qui permettent de
déterminer le prix soient suffisamment précis (ex : la référence au prix local du
marché est insuffisante).
▪ Le prix a donné lieu à des difficultés particulières
➢ Dans les contrats de fourniture exclusive : la C. cass. Permet désormais que le prix
prévu dans le contrat-cadre soit simplement déterminable et pas forcément
déterminé (Ass. plén. 1er décembre 1995).

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➢ Dans certaines législations, l’indétermination du prix n’est pas permise (ex : contrat
de travail, bail d’immeuble, contrat d’assurance, etc.).
➢ Le prix de la vente doit être déterminé et désigné par les parties.

C. La valeur de l’objet : la lésion

1. Définition de la lésion

Art. 131 bis. (Décret du 26 août 1959, art. 2).


« Sans préjudice de l'application des dispositions protectrices des incapables ou relatives à la validité
des conventions, si, par une opération de crédit, d'un contrat de prêt ou de tout autre contrat indiquant
une remise de valeur mobilière, quelle que soit la forme apparente du contrat, le créancier abusant des
besoins, des faiblesses, des passions ou de l'ignorance du débiteur, s'est fait promettre pour lui-même
ou pour autrui un intérêt ou d'autres avantages excédant manifestement l'intérêt normal, le juge peut,
sur la demande du débiteur, réduire ses obligations à l'intérêt normal. La réduction s'applique aux
paiements effectués par le débiteur, à condition que la demande soit intentée dans les trois ans à dater
du jour du paiement. »

▪ Au sens strict : Il s’agit d’un déséquilibre entre les prestations de chacune des parties
dans un contrat synallagmatique, existant au moment de la formation du contrat
Exemple : lésion dans la vente
➢ La lésion peut se constater au détriment de l’acheteur : le prix est alors supérieur à
la valeur de la chose vendue.
➢ Au détriment de l’acheteur : le prix est sous-estimé car il apparait inférieur à la
valeur de la chose vendue.
▪ Dans un sens plus large : la lésion peut exister même en dehors des contrats
synallagmatiques.
➢ Il s’agit d’un défaut d’équivalence entre l’avantage retiré d’un contrat et le sacrifice
consenti.
Ex : Le taux d’intérêt trop élevé dans un contrat de prêt, contrat unilatéral á titre
onéreux
Si dans les systèmes belge et français, la lésion est sanctionnée par la rescision (nullité), au
Congo la sanction prévue est la réduction. Et même dans ces systèmes :

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➢ Il s’agit d’un texte restrictif.


➢ La lésion n’est une cause de nullité que dans certains contrats.

2. Le domaine de la lésion
a. Le domaine de la lésion dans certains contrats
▪ La lésion est à analyser de manière très restrictive. Le principe reste que la lésion ne
vicie pas les conventions légalement formées.
▪ La lésion n’est sanctionnée que dans certains cas ou à l’égard de certaines personnes
(les non professionnels, les incapables).
▪ A titre d’illustration, en France, lors du partage successoral (art. 889 C. civ.) : la
lésion retenue est celle d’un quart au détriment de l’un des héritiers.

3. La sanction de la lésion
a. Les conditions
▪ La lésion est sanctionnée indépendamment de tout vice du consentement car la
lésion est un vice objectif.
▪ Pas de lésion dans les contrats aléatoires. L’aléa chasse la lésion
▪ La lésion s’apprécie au moment de la formation du contrat
b. Les modalités de la sanction
▪ En principe, la sanction de la lésion n’est pas la rescision comme en droit belge ou
français mais la réduction.
▪ Son délai de prescription est de 3 ans à compter du jour du paiement. Il est de 2 ans
dans le système français.
▪ En général, la loi fixe le montant à partir duquel la lésion est prise en compte. Au
Congo, la loi parle de l’intérêt normal comme base d’appréciation du montant à
réduire.
▪ Plus exceptionnellement, la loi laisse le droit aux tribunaux d’apprécier le montant
de la lésion.

C. L’objet doit être dans le commerce, il doit être licite (art. 28 C. civ.)
La licéité de l’objet suppose que l’objet du contrat soit dans le commerce d’une part,
et d’autre part, l’absence des clauses abusives.
Quelques cas :
1. La cession de clientèle

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▪ La cession des clientèles commerciales est licite


▪ La cession des clientèles civiles est licite sous condition notamment celle de garantir
la liberté du choix de la clientèle cédée. Exemple : la cession de clientèle médicale
dans les pays où les patients doivent choisir leurs médecins traitants.

2. Les clauses abusives


a. Définition
▪ Un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat, au
profit du professionnel et au détriment du non professionnel ou du consommateur

b. Domaine d’application
▪ La législation relative aux clauses abusives s’applique à toutes les formes et supports
de contrats (ex : factures, bons de garanties, bon de commande, etc.).
c. La sanction de la clause abusive
▪ Les titulaires de l’action
➢ Le professionnel, le non professionnel ou le consommateur victime de la clause
abusive8.
➢ Les associations de consommateurs : elles peuvent agir par voie d’action ou par
voie d’intervention.
➢ L’appréciation du caractère abusif doit se faire en fonction de toutes circonstances
qui entourent la conclusion du contrat.
▪ La nature de la sanction
➢ La clause abusive est réputée non écrite
➢ Le reste du contrat subsiste dès lors qu’il le peut sans l’existence des clauses
sanctionnées.

3. La cause (art. 8 C. civ.)


A. Définition
Deux conceptions doctrinales s’affrontent : la conception objective et la conception
subjective.
1. La conception objective de la cause

8
La jurisprudence française a écarté du champs d’application la législation sur les clauses abusives en ce qui
concerne les contrats de fourniture de biens et services qui ont un rapport direct avec l’activité professionnelle
exercée par le cocontractant (Civ. 1ère, 24 janvier 1995).

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▪ Selon cette conception appelée aussi conception classique :


▪ La cause peut s’entendre de l’espoir pour chacune des parties d’obtenir la contre-
prestation promise par l’autre partie (Cas dans les contrats synallagmatiques).
➢ Exemple : Dans le contrat de vente, le vendeur s’engage à transférer la
propriété parce que l’acheteur s’engage à payer le prix et inversement
▪ Dans les contrats unilatéraux réels, la cause est la remise matérielle de la chose lors
de la formation du contrat. Exemple : le contrat de prêt.
▪ La cause, c’est aussi l’intention libérale que l’on trouve dans les contrats de
bienfaisance. Exemple : dans la donation, le donateur a la volonté de gratifier le
donataire
2. La conception subjective de la cause
Elle est dite plus moderne que la conception objective. Selon les doctrinaires qui la
soutiennent :
➢ La cause d’un contrat est à rechercher dans le motif impulsif et déterminant qui
conduit chacune des parties à contracter.
➢ Il n’est pas nécessaire que cette cause soit commune aux parties. La nécessité d’une
cause commune a été abandonnée par la jurisprudence française9.

B. Le régime juridique de la cause


1. La nécessité de la cause (art. 30 C. civ.)
Art. 30. - L'obligation sans cause, ou sur une fausse cause, ou si une cause illicite, ne peut
avoir aucun effet.
a. Cas d’absence de cause
▪ L’absence de cause se rencontre surtout dans les contrats synallagmatiques.
L’inexistence ou l’impossibilité de l’objet pour l’une des parties est une absence de cause à
son obligation pour l’autre partie.
▪ Il y a lieu d’invoquer également l’absence de cause dans un contrat synallagmatique
lorsque la contre-prestation attendue ne présente aucune utilité.
➢ Exemple : la chose a disparu, péri ou devenue obsolète, périmée, inutilisable ou
inutile au moment de la conclusion du contrat.

9
Civ. 1ère, 7 octobre 1998

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▪ L’existence de la cause doit être appréciée de manière spécifique lorsque le contrat


s’inscrit dans le cadre d’une opération économique constituant un ensemble
contractuel indivisible
b. Cas de la fausse cause
La fausse cause est une absence de cause sur laquelle vient se greffer un vice du
consentement. La fausse cause peut être partiellement fausse.
Ex : l’erreur (art. 30 C. civ.)
c. La cause simulée
Les parties donnent à leurs obligations une cause apparente qui n’est pas la véritable cause.
Il n’y a pas de nullité de l’obligation.

2. La preuve de la cause (art. 32 C. civ.)


▪ La cause est censée exister même lorsqu’elle n’est pas exprimée dans le contrat
▪ Celle des deux parties qui prétend qu’elle n’existe pas devra le démontrer.
▪ La preuve de la cause ou de l’absence de cause se fait par tous moyens.
▪ La cause s’apprécie au jour de la formation du contrat.

3. La sanction de la cause
Selon que la cause litigieuse privera ou non l’acte d’un de ses éléments essentiels et
déterminants, la sanction sera soit la nullité absolue ou la nullité relative. C’est d’ailleurs
la position de la jurisprudence française10.
4. La moralité et la licéité de la cause (art. 31 et 33 C. civ.)
a. Les applications de la cause illicite ou immorale
▪ Applications dans les contrats à titre onéreux
➢ Immoralité de la cause de l’obligation (= l’illicéité de la contrepartie)
✓ Une chose ou un droit qui n’est pas dans le commerce
✓ Le jeu
✓ Les maisons de tolérance
✓ Les prestations directement contraires aux bonnes mœurs (cela peut être soit
immoral, soit illicite).
➢ Immoralité de la cause du contrat

10
La jurisprudence a pu opter pour la nullité absolue (Civ. 1ère, 10 février 1993)et pour la nullité relative (Civ.
3ème, 29 mars 2006)

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✓ Dans ce cas, l’intention des parties est considérée comme immorale par le Juge.
✓ L’annulation ne peut cependant être encourue que lorsqu’il s’agit du motif
déterminant des parties afin de limiter le contrôle du juge.
▪ Applications dans les contrats à titre gratuit
➢ C’est la cause subjective qui doit être analysée
➢ Les libéralités entre concubins étaient jadis jugées immorales. Les libéralités entre
concubins ne sont plus jugées immorales.

b. La sanction de la cause illicite ou immorale


➢ La conception objective ou classique prône la nullité absolue.
➢ Le droit positif a opté pour la nullité relative.
➢ La preuve de l’immoralité ou de l’illicéité de la cause se fait par tous moyens
4. La capacité
Art. 23. - Toute personne peut contracter, si elle n'en est pas déclarée incapable par la loi.
Art. 24. - L'état et la capacité des personnes, ainsi que leurs rapports de famille, sont régis par les lois
de la nation à laquelle elles appartiennent.

II.2. Les conditions de forme : le consensualisme


1. Les formalités nécessaires à la validité du contrat
A. Les contrats solennels
1. Cas d’exigence d’un acte authentique
Exemples :
• donation
• subrogation consentie par le débiteur
• contrat de mariage
• convention constitutive d’hypothèque
2. Cas d’exigence d’un simple écrit
Exemple :
• Le contrat de promotion immobilière relatif à un immeuble à usage d’habitation ou
à usage professionnel.
• Contrat de vente de fonds de commerce.
3. La sanction de l’absence de formalisme
Trois cas de figure :

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➢ La loi prévoit parfois que le contrat écrit ou la mention particulière est prévue à
peine de nullité.
➢ La loi peut prévoir une sanction particulière.
➢ Dans certains cas la loi ne prévoit aucune sanction : la jurisprudence a alors
tendance à prononcer la nullité absolue.

B. Les contrats réels


1. Les contrats réels exigent pour être valablement formé la remise de la chose objet du
contrat en plus du consentement.
2. Le contrat de prêt consenti par un professionnel du crédit est un contrat consensuel. La
remise de la chose constitue le premier acte d’exécution du contrat.

II. 2. Les formalités étrangères à la validité du contrat


A. Les formalités à but probatoire
La loi peut prévoir la production d’écrit pour constater un acte juridique lorsque la somme
en jeu excède un certain montant (1000 dollars au Congo, 1500€ en France).
D’autres formalités peuvent être exigées comme la possibilité de recourir à un support
électronique pour prouver le contrat.

B. Les formalités de publicité


➢ Si cette formalité de publicité n’est pas respectée, le contrat reste valable mais est
inopposable aux tiers.
➢ Exemple : publicité en cas de changement de régime matrimonial.

C. Les autres formalités


➢ Des formalités d’habilitation
➢ Des formalités d’ordre fiscal
➢ Des formalités d’enregistrement

II.3. La sanction des conditions de formation du contrat


Art 18. - La convention contractée par erreur, violence ou dol, n'est point nulle de plein droit;
elle donne seulement lieu à une action en nullité ou en rescision, de la manière expliquée à la
section VII du chapitre V du présent titre.

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Art. 196. - Dans tous les cas où l'action en nullité ou en rescision d'une convention n'est pas
limitée à un moindre temps par une loi particulière, cette action dure dix ans.
Ce temps ne court, dans le cas de violence, que du jour où elle a cessé; dans le cas d'erreur ou de dol,
du jour où ils ont été découverts.

1. La notion de nullité
La nullité est une voie d’anéantissement d’un engagement vicié. Elle est généralement
définie comme une sanction frappant toute convention n’ayant pas respecté une condition
essentielle de validité prévue par la loi.
Cette sanction n’est pas à confondre avec les autres notions voisines liées souvent à par
l’inexécution des engagements respectifs des parties au contrat.

A. La distinction entre la nullité et les autres sanctions affectant le contrat

1) Nullité et résolution
a. La notion
La résolution, en particulier la résolution judiciaire, est une sanction propre à l’inexécution
d’un contrat synallagmatique.
Art. 81.C.civ - La condition résolutoire est celle qui, lorsqu'elle s'accomplit, opère la révocation de
l'obligation, et qui remet les choses au même état que si l'obligation n'avait pas existé.
Elle ne suspend point l'exécution de l'obligation; elle oblige seulement le créancier à restituer ce qu'il a
reçu dans le cas où l'événement prévu par la condition arrive.
b. La distinction
➢ La résolution se distingue de la nullité dans ses conditions et ses effets
➢ La résolution a pour condition l’inexécution du contrat.
➢ La nullité trouve son origine dans l’irrespect de l’une des conditions mais pas dans
ses effets.
c. Les effets de la nullité et de la résolution sont les mêmes :
➢ Le contrat est anéanti rétroactivement sauf dans les contrat à exécution successive
où la résolution se transforme en résiliation.
Art. 82. - La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour
le cas où l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement.

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Dans ce cas, le contrat n'est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle l'engagement n'a
point été exécuté, a le choix, ou de forcer l'autre à l'exécution de la convention lorsqu'elle est possible,
ou d'en demander la résolution avec dommages et intérêts.
La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai selon les
circonstances.

2) Nullité et inopposabilité
a. La notion d’inopposabilité
➢ L’inopposabilité est une sanction qui se rapporte à une irrégularité qui ne touche
pas à l’exécution du contrat
b. La distinction
➢ L’inopposabilité ne fait pas disparaître le contrat à l’égard de tous : le contrat est
maintenu entre les parties mais les tiers sont autorisés à le méconnaître
3) Nullité et caducité
a. La notion de la caducité
➢ Il y a caducité lorsque cette condition essentielle existait au moment de la formation
du contrat mais a disparu ensuite.
➢ La nullité et la caducité sanctionnent le défaut d’une condition essentielle de la
formation du contrat.
➢ La cause de nullité existe déjà lors de la formation du contrat
b. Sanction :
Lorsqu’il y a caducité, le contrat disparaît à l’égard de tous mais seulement pour l’avenir.
Exemple :
• Un legs d’immeuble si celui-ci existe au moment du testament et si l’immeuble périt,
le testament devient caduc.
• L’annulation d’une vente peut provoquer la caducité d’un prêt.

B. La distinction entre nullité relative, nullité absolue et l’inexistence du contrat


1) Le principe de la distinction
a. Selon la conception classique ou objective
➢ La nullité est relative lorsque l’irrégularité ne présente aucune gravité particulière.
C’est le cas d’un vice du consentement.
➢ Par contre, lorsqu’un élément essentiel de l’acte juridique fait défaut, le contrat est

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mort-né. La sanction est la nullité absolue.


➢ L’inexistence est conçue pour les vices plus graves, le contrat est censé n’avoir
jamais existé. C’est le cas lorsque l’une des conditions essentielles de validité du
contrat fait défaut. Ex : Le vente d’un chacal noir inexistant.

b. Dans la conception moderne dite subjective


➢ La nullité est relative si la règle non respectée vise à la protection des intérêts
particuliers de l’une ou l’autre des parties (ex : vice du consentement).
➢ La nullité absolue intervient en cas de non-respect de règles visant la protection de
l’intérêt général. L’illicéité de l’objet ou l’immoralité de la cause ou encore la
violation d’une règle d’ordre public tombent sous le coup de la nullité absolue.
2) Les conséquences de la distinction
a. La nécessité d’agir en justice / Conséquences de l’action en nullité
Selon la doctrine classique :
➢ La nullité absolue entraîne l’annulation automatique du contrat avec
éventuellement les indemnités en cas de préjudice causé par cette annulation.
➢ Toutefois, si la nullité est relative, le rôle du juge sera limité à l’annulation pure et
simple du contrat.
Selon la doctrine moderne :
➢ En tout état de cause, il n’y a pas de nullité automatique. Le juge doit apprécier la
portée des faits résolutoires.
b. Le droit d’invoquer la nullité / Qui peut invoquer la nullité ?
➢ En cas de nullité relative : seule la personne protégée peut agir.
➢ En cas de nullité absolue : toute personne intéressée et qui a qualité peut invoquer
la nullité.
c. La prescription en matière de nullité / La disparition du droit d’invoquer la nullité
➢ Le délai pour agir en nullité est de 10 ans pour la nullité relative (Art.196 C.civ).
➢ Pour la nullité absolue, l’article 647 pose le principe de 30 ans. Toutefois, la loi peut
réduire ce délai pour certaines actions dans des domaines spécifiques. C’est ainsi
qu’en matière immobilière, ce délai est ramené à 15 ans.

2. Les conditions de l’annulation


A. Qui peut invoquer la nullité ? / Le droit d’invoquer la nullité
1) Le droit d’invoquer la nullité relative

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a. Seule la personne protégée peut invoquer la nullité


b. D’autres personnes peuvent éventuellement fair valoir la nullité
➢ Le représentant légal du mineur ou du majeur protégé.
➢ Les ayants cause universels du de cujus.
➢ Les créanciers chirographaires peuvent invoquer la nullité au nom de leur débiteur
(par le biais de l’action oblique).
➢ Les ayants cause à titre particulier

2) Le droit d’invoquer la nullité absolue


a. Toute personne intéressée peut invoquer la nullité absolue
➢ cas des parties au contrat, les personnes qui les assistent, les représentent, et les
ayants cause universels
➢ Les ayants cause à titre particulier
➢ Les créanciers chirographaires
➢ Les tiers justifiant d’un intérêt légitime à agir
b. Les tiers absolus ne peuvent pas invoquer la nullité absolue
c. Le ministère public ne peut agir que de manière exceptionnelle
d. Le juge peut soulever d’office la nullité absolue comme la nullité relative

B. L’absence de consolidation de l’acte nul


1) La confirmation
a. Le domaine de la confirmation : elle est limitée aux hypothèses de nullité relative
b. Les conditions de la confirmation
▪ Les conditions de fond
➢ La confirmation ne peut avoir lieu qu’en connaissance du vice dont le contrat est
entaché
➢ La confirmation suppose l’intention de réparer le vice
➢ L’acte confirmatif doit être exempt de vice
➢ Dans certains cas le vice doit avoir disparu. Exemple : le vice du consentement doit
avoir disparu.
➢ La disparition du vice n’est pas nécessaire lorsqu’il s’agit d’un vice objet telle la
lésion
▪ Les conditions de forme

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➢ La confirmation expresse (art. 38 al. 1 C. civ.) qui doit comporter un certain nombre
de mentions.
➢ La confirmation tacite (art. 38 al. 2 C. civ.).

c. Les effets de la confirmation


▪ Les effets vis-à-vis des parties au contrat
➢ La confirmation a un effet relatif : elle n’engage que son auteur
➢ La confirmation a un effet rétroactif vis-à-vis de son auteur : tout se passe comme
si le contrat initial était valable depuis l’origine
▪ Les effets vis-à-vis des tiers
➢ La confirmation ne peut pas porter préjudice aux tiers (art. 38 al. 3 in fine C. civ.)
➢ La confirmation est inopposable aux ayants cause à titre particulier

2. La prescription
Base légale :
Art. 196. - Dans tous les cas où l'action en nullité ou en rescision d'une convention n'est pas limitée à
un moindre temps par une loi particulière, cette action dure dix ans.
Ce temps ne court, dans le cas de violence, que du jour où elle a cessé; dans le cas d'erreur ou de dol,
du jour où ils ont été découverts.

a. L’extinction de l’action en nullité


▪ L’action en nullité absolue se prescrit par un délai de 10 ans (art. 196 C. civ.).
▪ Le point de départ du délai est le jour de la formation du contrat. Ce délai peut être
suspendu ou interrompu.
▪ La prescription de certaines nullités est parfois plus courte.
▪ En principe, le point de départ du délai de la prescription relative est le jour de la
conclusion du contrat, mais il peut parfois être repoussé.
➢ Pour la violence, le jour où elle a cessé.
➢ Pour l’erreur et le dol, le jour où ils ont été découverts.
▪ Pour les personnes protégées
➢ Mineurs : à partir de la majorité ou de l’émancipation
➢ Majeurs protégés : à partir du jour où le majeur a eu connaissance de l’acte tout en
étant en état de le refaire valablement.

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➢ Leurs héritiers peuvent agir à compter du décès

b. La survie de l’exception de nullité


➢ L’exception de nullité est perpétuelle à la différence de l’action en nullité
➢ L’exception de nullité produit ses effets rétroactivement

3. Les effets de l’annulation


A. L’effet rétroactif de l’annulation
1) L’effet rétroactif de l’annulation entre les parties
a. Le principe de la restitution des prestations ou principe des restitutions réciproques
➢ Restitution en nature de ce qui a été fourni ou versé de part et d’autre.
➢ La somme initialement perçue doit être restituée.
➢ La restitution en nature doit porter sur la chose principale et sur ses accessoires.
➢ La restitution en nature peut s’accompagner du versement d’indemnités soit par le
créancier, soit par le débiteur.
➢ La restitution est valeur lorsque la restitution en nature est impossible.
b. Les exceptions au principe de la restitution des prestations
▪ L’indignité du demandeur à la répétition
➢ Nul n’est entendu lorsqu’il invoque sa propre turpitude
➢ Le domaine d’application de la règle est incertain
➢ La limitation exceptionnelle de la répétition en faveur des mineurs et majeurs
protégés.
2) L’effet rétroactif de l’annulation à l’égard des tiers
a. Les ayants cause à titre particulier subissent le contrecoup de l’annulation du contrat.
b. La rétroactivité ne s’applique pas aux ayants cause à titre particulier de plein droit.
➢ En matière mobilière, les tiers de bonne foi peuvent invoquer les art. 658 et 659 C.
civ. :
Art. 658. - En fait de meubles, la possession vaut titre. Néanmoins, celui qui a perdu ou auquel
il a été volé une chose peut la revendiquer pendant trois ans, à compter de la perte ou du vol,
contre celui dans les mains duquel il la trouve; sauf à celui-ci son recours contre celui duquel
il la tient.
Art. 659. - Si le possesseur actuel de la chose volée ou perdue l'a achetée dans une foire ou dans
un marché, ou dans une vente publique, ou d 'un marchand vendant des choses pareilles, le

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propriétaire originaire ne peut se la faire rendre qu'en remboursant au possesseur le prix qu'elle
lui a coûté.
➢ En matière immobilière, le tiers acquéreur de bonne foi qui dispose d’un juste titre
est soumis à une prescription acquisitive abrégée de 15 ans au lieu de 30 ans (art.648
C. civ.) :
Art. 648. - Celui qui acquiert de bonne foi et par juste titre un immeuble, en prescrit la
propriété par quinze ans.
Art. 649. - Le titre nul par défaut de forme ne peut servir de base à la prescription de quinze
ans.
Art. 650. - La bonne foi est toujours présumée, et c'est à celui qui allègue la mauvaise foi à la
prouver.
Art. 651. - Il suffit que la bonne foi ait existé au moment de l'acquisition.
▪ Le tiers ne peut se voir réclamer une restitution en nature de la part de son auteur
➢ Les actes d’administration passés avec les tiers de bonne foi subsistent
➢ Le tiers peut invoquer la théorie de l’apparence s’il est de bonne foi et si l’erreur est
commune.
3) L’étendue de l’annulation
▪ L’irrégularité de la clause entraîne la nullité totale du contrat si dans l’esprit des
parties, elle était essentielle, déterminante (= sans laquelle le contrat n’aurait pas été
conclu).
▪ Si cette clause est accessoire et se révèle nulle, le contrat est maintenu pour le reste.
B. L’effet indirect de l’annulation : la responsabilité civile pour annulation
▪ Une responsabilité de nature délictuelle
▪ La victime doit prouver la faute pour obtenir des dommages-intérêts

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CHAPITRE II.
LES EFFETS DU CONTRATS

Première leçon :
Les effets du contrat à l’égard des parties

I.1. La détermination des parties au contrat


1. Le cas du contrat de représentation
➢ C’est le contrat de mandat ; art.526 et s. C. civ.)
Art. 526. - Le mandat ou procuration est un acte par lequel une personne donne à une autre le
pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom.
Le contrat ne se forme que par l'acceptation du mandataire.

1) Les conditions de la représentation


a. Le pouvoir de représentation
▪ Cas de la représentation conventionnelle
➢ La représentation conventionnelle ou le contrat de mandat est un acte par lequel
une personne donne à une autre le pouvoir d’accomplir pour elle et en son nom un
ou plusieurs actes juridiques.
➢ Le mandat nécessite le consentement des deux parties.
➢ C’est également un contrat intuitu personae.
➢ Chacune des parties peut mettre fin au contrat d’une manière unilatérale.
➢ Il peut être révoqué par le mandant :
Art. 545. - Le mandant peut révoquer sa procuration, quand bon lui semble, et contraindre,
s'il y a lieu, le mandataire à lui remettre, soit l'écrit sous seing privé qui la contient, soit la
minute ou l'expédition de la procuration.
➢ La faculté de rupture disparaît en cas de mandat d’intérêt commun.
➢ L’étendue du pouvoir de représentation dépend de ce que les parties ont convenu.
▪ Cas de la représentation judiciaire
➢ Le pouvoir de représentation est conféré par décision de justice.
➢ Le juge dispose d’une certaine marge pour fixer l’étendue des pouvoirs du
représentant.

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▪ La représentation légale
➢ C’est la loi qui désigne le représentant.
➢ La loi fixe l’étendue des pouvoirs du représentant.

b. Les obligations du mandataire

Art. 532. - Le mandataire est tenu d'accomplir te mandat tant qu'il en demeure chargé, et
répond des dommages et intérêts qui pourraient résulter de son inexécution.
Il est tenu de même d'achever la chose commencée au décès du mandant, s'il ya péril en la demeure.
Art. 533. - Le mandataire répond non seulement du dol, mais encore des fautes qu'il commet dans sa
gestion.
Néanmoins, la responsabilité relative aux fautes est appliquée moins rigoureusement à celui dont le
mandat est gratuit qu'à celui qui reçoit un salaire.
Art. 534. - Tout mandataire est tenu de rend recompte de sa gestion et de faire raison au mandant de
tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration, quand même ce qu'il aurait reçu n'eût point été dû au
mandant.
Art. 535. - Le mandataire répond de celui qu'il s'est substitué dans la gestion:
1° quand il n'a pas reçu le pouvoir de se substituer quelqu'un;
2° quand ce pouvoir lui a été conféré sans désignation d'une personne, et que celle dont il a fait choix
était notoirement incapable ou insolvable.
Dans tous les cas, le mandant peut agir directement contre la personne que le mandataire s'est
substituée.
Art. 536. - Quand il y a plusieurs fondés de pouvoir ou mandataires établis par le même acte, il n'y a
de solidarité entre eux qu'autant qu'elle est exprimée.
Art. 537. - Le mandataire doit l'intérêt des sommes qu'il a employées à son usage, à dater de cet
emploi, et de celles dont il est reliquataire, à compter du jour qu'il est mis en demeure.
Art. 538. - Le mandataire qui a donné à la partie avec laquelle il contracte en cette qualité une
suffisante connaissance de ses pouvoirs, n'est tenu d'aucune garantie pour ce qui a été fait au-delà, s'il
ne s'y est personnellement soumis.
➢ Il doit manifester l’intention de représenter et donc d’ agir dans l’intérêt du
représenté.

2) Les effets de la représentation


a. La représentation parfaite

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➢ Les effets du contrats se produisent chez le représenté.


➢ Le représentant n’est pas engagé.
➢ C’est dans la personne du seul représenté que s’apprécie l’aptitude à être partie au
contrat (= capacité).
➢ C’est à la fois dans la personne du représenté et du représentant que doit être vérifiée
l’existence de l’intégrité du consentement.
b. La représentation imparfaite
▪ Lors de la conclusion du contrat, les effets de celui-ci se produisent chez le
commissionnaire/représentant
▪ Le représenté est tiers au contrat
▪ Lorsque le contrat est conclu et que le commettant/représenté déclare le prendre à
son compte, il devient partie à la place du commissionnaire/représentant
c. La mission de représentant est exercée à titre gratuit sauf stipulation dans le contrat
d. Le représentant doit rendre compte de sa mission

2. Le cas du contrat avec soi-même


1. Les hypothèses de contrat avec soi-même
▪ Une seule personne agit en deux qualités différentes
▪ Une seule personne est à la tête de deux patrimoines
2. Le régime du contrat avec soi-même
▪ L’objectif est d’éviter les risques d’abus
▪ Le contrat avec soi-même est en principe valable
▪ Dans les situations de haut risque de fraude, le législateur impose des contrôles ou
autorisations
▪ La loi exige parfois que le contrat soit passé selon une procédure particulière
▪ La loi interdit parfois le contrat avec soi-même

3. Le cas de la simulation ou dissimulation de la volonté des parties


1) La notion de simulation ou la Contre-lettre (art.203)
▪ La simulation désigne un stratagème juridique qui consiste pour les parties à
conclure simultanément deux actes dont les contenus sont différents. Le premier
acte est apparent, soit qu’il a été conclu au vu et au su des tiers, le second est quant
à lui occulte en ce sens qu’il a vocation à demeurer secret.

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▪ La simulation est le fait pour les parties de dissimuler dans un contrat leur volonté
réelle derrière une volonté purement apparente.
▪ L’acte apparent ou ostensible réalise le mensonge.
▪ L’acte secret ou clandestin correspond à la volonté réelle des parties ; c’est la contre
lettre.
2) Les formes de la simulation
▪ La simulation peut porter sur l’existence même de l’acte du contrat : le contrat ostensible
est une pure et simple apparence.
▪ La simulation peut porter sur la nature de l’acte : C’est la technique dite de déguisement.
▪ La simulation peut porter sur l’objet de l’acte du contrat : Ici seuls certains aspects réels
du contrat sont dissimulés.
▪ La simulation peut porter sur les parties à l’acte : on recourt dans ce cas à des personnes
interposées.
3) Le régime de la simulation
A. La simulation licite (art 21 C. civ.)
a. Les effets de la simulation entre les parties
▪ La contre lettre produit des effets entre les parties
➢ Si le contrat est lui-même parfaitement régulier, l’accord secret s’applique car il
correspond à la volonté des parties.
➢ Si l’accord secret est irrégulier, il sera nul pour irrégularité mais pas pour cause de
simulation puisque la simulation est par définition licite.
▪ La technique de la simulation est en elle-même neutre
➢ Elle ne rend pas valable l’acte secret qui, ostensible, aurait été nul.
➢ Elle ne rend pas nul l’acte simulé qui est en lui-même valable.
▪ Pour s’appliquer entre les parties, l’accord secret doit être invoqué et prouvé.
b. Les effets de la simulation à l’égard des tiers
▪ En principe la contre lettre est inopposable aux tiers
▪ Par exception les tiers peuvent se voir opposer la contre lettre.
▪ Ainsi, elle est opposable aux :
➢ tiers de mauvaise foi lorsqu’ils connaissent l’acte secret
➢ ayants cause universels de l’une ou de l’autre des parties parce qu’ils remplacent les
parties sauf lorsqu’ils agissent pour défendre un droit qui leur est propre. Cas des
héritiers réservataires face à une donation déguisée qui impacte leur héritage.

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▪ Les tiers ont le droit de se prévaloir de la contre-lettre.


▪ Si un conflit oppose des tiers sur la contre-lettre, la jurisprudence fait prévaloir les
intérêts de ceux qui invoquent l’acte apparent.
B. La simulation illicite
Deux cas tombent sous le coup de l’illicéité :
▪ La nullité de la seule contre-lettre découlant, par exemple, même de la simple
dissimulation d’une partie du prix dans la vente d’immeubles ou de fonds de
commerce, etc…
▪ La nullité de la contre-lettre et de l’acte apparent. La nullité frappe l'opération toute
entière, ni la contre-lettre ni l'acte apparent ne produiront d'effet. L'article 99, al. 2
du Code civil vise les donations entre époux si elles sont déguisées ou faites à
personne interposée (toute donation, ou déguisée, ou faite à personnes interposées,
sera nulle).

4. Le cas de stipulation pour autrui


Base légale :
Art. 19. - On ne peut, en général, s'engager ni stipuler en son propre nom que pour soi-même.
Art. 21. - On peut pareillement stipuler au profit d'un tiers lorsque telle est la condition d'une
stipulation que l'on fait pour soi-même ou d'une donation que l'on fait à un autre. Celui qui a fait
cette stipulation ne peut plus la révoquer si le tiers a déclaré vouloir en profiter.
Art. 22. - On est censé avoir stipulé pour soi et pour ses héritiers et ayants-cause, à moins que le
contraire ne soit exprimé ou ne résulte de la nature de la convention.

a. Les conditions de la stipulation pour autrui


▪ Les conditions relatives à l’accord entre le stipulant et le promettant : Il existe
deux conditions (art.21 C. civ.) :
➢ Si elle est la condition d’une stipulation que l’on fait pour soi-même. Exemple : cas
de vente dont une partie du prix est versée au vendeur et une partie du prix à un tiers.
➢ Si elle est la condition d’une donation que l’on fait à un autre. Exemple : une donation
avec charge.
▪ A noter que la jurisprudence a élargi les conditions de la stipulation :
➢ Elle a admis la stipulation dans des contrats qui ne rentrent pas dans les hypothèses
de l’art. 21 C. civ. ; Cas du contrat d’assurance vie au profit d’un tiers.

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➢ Désormais la validité de la stipulation est conditionnée seulement par le fait qu’elle


soit greffée sur un contrat principal contenant un engagement quelconque du
stipulant envers le promettant, dès lors que le stipulant a un intérêt au moins moral
à la stipulation au profit d’un tiers.
▪ Les conditions relatives à la personne du tiers bénéficiaire.
Stipulation pour autrui au profit d’une personne indéterminée : elle est valable même si le
bénéficiaire n’est pas nommément désigné au moment où la stipulations est faite.
Stipulation pour autrui au profit d’une personne future : il faut que le tiers bénéficiaire soit
conçu (sauf en cas d’assurance décès au profit des enfants à naître.

b. Les effets de la stipulation pour autrui


▪ Les rapports entre le stipulant et le promettant :
➢ Le contrat doit être exécuté conformément au droit commun.
▪ Les rapports le stipulant et le bénéficiaire
▪ Le stipulant peut révoquer la stipulation pour autrui avant acceptation par le
bénéficiaire (art. 21 C. civ.)
➢ La révocation après acceptation n’est pas permise
➢ La révocation ne remet pas en cause le contrat entre le stipulant et le promettant :
la stipulation disparaît et le stipulant reçoit la créance née de la stipulation dans son
patrimoine.
➢ Seul le bénéficiaire ou ses représentants peuvent révoquer la stipulation pour autrui
mais la jurisprudence a étendu cette possibilité aux héritiers11.
▪ Les rapports promettant/tiers bénéficiaire
Le tiers bénéficiaire devient créancier du promettant dès la conclusion du contrat entre
stipulant et promettant : il ne peut pas devenir débiteur en raison de la stipulation pour
autrui. Le tiers devient créancier avant même d’avoir accepté : atténuation de l’effet relatif
des contrats (art.65 C. civ.)
➢ Le tiers bénéficiaire acquiert un droit direct contre le promettant. Il ne tient pas ce
droit du stipulant.
➢ Les créanciers n’ont pas de droit de gage sur les sommes que le promettant doit au
tiers.

11
Requêtes, 22 juin 1859

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➢ Les héritiers du stipulant ne peuvent pas exiger le rapport à succession des sommes
dues par le promettant, ni leur réduction pour atteindre à la réserve héréditaire
lorsqu’il y a libéralité.
➢ Malgré tout, le droit du tiers reste lié au contrat principal entre stipulant et
promettant.
➢ Le promettant peut refuser d’exécuter sa promesse si le stipulant ne s’exécute pas
lui-même ou si le contrat principal est nul.
➢ Le promettant peut, pour refuser de s’exécuter, invoquer toutes les exceptions qu’il
pourrait invoquer contre le stipulant.
5. Le cas de la promesse de porte-fort
1) La notion de promesse de porte-fort
▪ La promesse de porte-fort consiste, de la part d’une personne, en son propre nom,
à engager autrui. Une personne s’engage à obtenir elle-même l’engagement d’un
tiers. La promesse de porte-fort consiste à s’engager soi-même à ce qu’un tiers
s’engage ; ce dernier restant libre de ratifier ou pas. Il n’y a pas de véritable
dérogation à l’effet relatif du contrat.
➢ L’art. 19 C. civ. interdit la promesse pour autrui
➢ L’art. 20 C. civ. permet néanmoins de se porter fort pour un tiers
▪ La promesse de porte-fort peut être à titre principal ou à titre accessoire quand elle
accompagne un contrat principal qui, lui, nécessite le consentement d’un tiers.
2) Les effets de la promesse de porte-fort
a. Les effets envers le promettant (= le porte-fort)
➢ Le tiers s’engage lui-même : le porte-fort est libéré, il a rempli son obligation.
➢ Le tiers refuse de ratifier le contrat initial : le porte-fort n’a pas accompli son
obligation, il sera responsable envers son cocontractant et devra lui verser des
dommages-intérêts.
b. Les effets envers le tiers
➢ Le tiers refuse de ratifier : le contrat n’est pas formé et le porte-fort peut voir sa
responsabilité contractuelle engagée.
➢ Le tiers héritier du porte-fort devra verser des dommages-intérêts s’il refuse de
ratifier.
➢ Le tiers accepte de ratifier : son consentement rétroagit au jour du contrat passé par
le porte-fort. La promesse de porte-fort est alors une atténuation de la règle posée
par l’art. 63 C. civ.

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➢ La ratification peut être tacite.

F. Le cas de groupes de contrats


Les termes "chaîne de contrats", "groupe de contrats" et "ensembles contractuels"
renvoient tous à une même réalité juridique. Il s’agit de plusieurs contrats qui se succèdent
dans le temps portant sur le même objet ou concourant au même but et entretenant des
liens entre eux.
▪ Un ensemble de contrats regroupe des actes qui concourent à la réalisation d’une
même opération.
▪ Une chaîne de contrats est constituée d’actes qui portent sur un même objet.
Dans une chaîne de contrats translative de propriété (=sous-contrat) : la responsabilité
contractuelle, pour la relation directe, et la responsabilité délictuelle, pour la relation
indirecte, seront retenues.
▪ Hypothèse du travail :
Un contrat de vente intervient entre un acheteur X et le vendeur Y. L’acquéreur X revend
à Z l’objet acheté de Y. Z est donc le sous-acquéreur. Est-ce que Z, le sous-acquéreur, peut
poursuivre Y en cas de vice affectant la chose ?

ACHETEUR X RACHETEUR
VENDEUR Y
(Acquereur)
(SOUS-ACQUEREUR)

REVENDEUR

En principe, l’effet relatif interdit au sous-acquéreur d’agir contre le vendeur initial dans la
mesure où ils ne sont liés par aucun contrat. L’acquéreur fait écran entre ce que l’on appelle
les « contractants extrêmes » lesquels sont des tiers l’un pour l’autre. C’est ainsi qu’une
action du sous-acquéreur contre le vendeur initial ne semble pas envisageable, à plus forte
raison si elle est engagée sur le fondement de la responsabilité contractuelle.
La jurisprudence, notamment française, cependant a pris l’option d’assouplir
considérablement ce principe qui a, depuis lors connu une certaine évolution. La
distinction opérée entre la chaîne homogène des contrats et la chaine hétérogène aboutit
à une approche particulière de la responsabilité contractuelle.

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▪ Une chaîne homogène de contrats translative de propriété : Elle se caractérise par la


succession d’actes de même nature. On peut se trouver en face de plusieurs ventes
successives d’un même objet. La responsabilité du vendeur initial sera
nécessairement contractuelle.
▪ Une chaîne hétérogène de contrats translative de propriété : C’est celle qui est formée de
plusieurs contrats de nature différente. (rapport fabricant, vendeur et acheteur).
A retenir :
Lorsque l'on se trouve face à plusieurs contrats ou une chaîne de contrats, il faut
toujours se demander si la chaîne de contrat est translative de propriété ou non. Cela va
déterminer les règles applicables.
▪ Si la chaîne de contrat est translative de propriété, il y a application de la théorie de
l'accessoire à savoir l'accessoire suit le principal. Deux conséquences peuvent être
tirées.
➢ Les clauses contenue dans le contrat originaire (dans le premier contrat) sont
opposables à n'importe quel contractant de la chaîne (Peu importe le caractère
homogène ou non de la chaîne de contrat.) Si la clause figure dans un autre contrat
que le premier elle est inopposable à l'acquéreur final.
➢ Les actions du premier acheteur ou acquéreur se transmettent aux sous acquéreurs
de la chose objet de la chaîne de contrat.
Les actions contractuelles notamment l'action résolutoire résultant d'un même
défaut de conformité se transmettent avec la chose livrée, de sorte qu'elles peuvent
être exercées par le sous acquéreur à la fois contre le vendeur intermédiaire et contre
le vendeur originaire à l'égard duquel le sous-acquéreur dispose d'une action directe
contractuelle.
▪ Si la chaîne de contrats n'est pas translative de propriété :
➢ Les clauses de cette chaîne ne sont pas transmises aux différents contractants. Le
sous-contractant n'est pas contractuellement lié au maître d'ouvrage.

3.2. Le respect de la parole donnée


A. Le principe de l’irrévocabilité unilatérale du contrat
▪ Ce que le consentement mutuel a fait, seul ce même consentement mutuel peut le
défaire.
▪ Les contrats doivent être exécutés de bonne foi (art. 33 al.3 C. civ.)

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B. L’admission exceptionnelle de la révocation unilatérale du contrat


1) La faculté de rupture unilatérale d’origine conventionnelle
2) La faculté de rupture unilatérale d’origine légale
a. Les contrats à durée indéterminée
▪ Le Code civil français interdit le contrat perpétuel (art. 2780 c. civ.)
▪ Les conditions de la rupture varient, mais deux conditions essentielles :
➢ La faculté de résiliation unilatérale n’est pas discrétionnaire : elle ne peut intervenir
que s’il y a des motifs sérieux.
➢ La faculté de résiliation unilatérale suppose que le contractant soit averti un certain
temps à l’avance de cette rupture (le préavis).
b. Les contrats à durée déterminée
➢ Le contrat de mandat peut prendre fin par la volonté unilatérale de l’une des parties.
➢ Un certain nombre de textes relatifs à la protection des consommateurs ont des
facultés de rétractation ou de repentir qui sont des facultés de renonciation contraire
à l’art. 33 C. civ.
3) La faculté de rupture unilatérale d’origine jurisprudentielle
➢ La gravité du comportement d’une des parties à un contrat peut justifier que l’autre
partie y mette fin de façon unilatérale à ses risques et périls peu importe que le
contrat soit à durée déterminée ou pas.

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Deuxième leçon :
Les effets du contrat à l’égard des tiers

Le mot "tiers", en matière contractuelle, désigne toute personne n’ayant été ni


partie, ni représentée au contrat. Les tiers sont donc toutes les personnes qui n'ont pas pris
part à l'opération contractuelle. Les tiers absolus sont ceux qui sont totalement étrangers
au contrat.

LES TIERS AU CONTRAT :

JUGE

TIERS
LE CONTRAT ENGAGES

▪ ACU :
Ayants-
cause à
TIERS INTERESSES titre
universel
(Existence des liens avec
les parties au contrat)
▪ ACP : Ayants-
cause à titre
particulier
▪ Créanciers
chirographaires
▪ Tiers absolus
(penitus extranei)

II.1. Les effets du contrat à l’égard du juge


Le principe : le contrat tient le juge en état.
A. L’interprétation du contrat
1. La notion d’interprétation
▪ Il s’agit de préciser le sens et la portée du contrat.

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▪ La preuve consiste à démontrer l’existence du contrat c.-à-d. d’un accord de


volontés destiné à produire un effet juridique.
▪ La qualification du contrat lorsqu’est acquise la certitude de l’existence et du
contenu du contrat.
▪ L’interprétation n’intervient qu’en cas de problème entre les parties tandis que la
qualification appartient au seul juge.
2. Les principes d’interprétation
▪ La méthode subjective : Elle consiste à s’interroger sur la réelle volonté des parties.
▪ La méthode objective : étudier le contenu précis du contrat en tenant compte des
exigences sociales.
3. L’interprétation en droit positif : position jurisprudentielle
▪ La jurisprudence s’en tient essentiellement à la méthode subjective. L’art. 54 C. civ.
impose de rechercher quelle a été la volonté des parties :
(Art. 54.) - On doit, dans les conventions, rechercher quelle a été la commune intention des
parties contractantes, plutôt que de s'arrêter au sens littéral des termes.
➢ Art. 55. - Lorsqu'une clause est susceptible de deux sens, on doit plutôt l'entendre dans
celui avec lequel elle peut avoir quelque effet, que dans le sens avec lequel elle n'en
pourrait produire aucun.
➢ Art. 56. - Les termes susceptibles de deux sens doivent être pris dans le sens qui convient
le plus à la matière du contrat.
➢ Art. 57. - Ce qui est ambigu s'interprète par ce qui est d'usage da ns le pays où le
contrat est passé.
➢ Art. 58. - On doit suppléer dans le contrat les clauses qui y sont d'usage, quoiqu'elles
n'y soient pas exprimées.
➢ Art. 59. - Toutes les clauses des conventions s'interprètent les unes par les autres, en
donnant à chacune le sens qui résulte de l'acte entier.
▪ Les tribunaux font souvent état de la commune intention des parties.
▪ Le juge peut modifier une convention claire qui devient défectueuse.
▪ Le juge peut se fonder sur la bonne foi, l’équité ou l’intention présumée des parties.
▪ La jurisprudence a également recours à la notion d’économie du contrat.
▪ La Cour de cassation n’interprète pas les contrats standardisés.

B. La révision du contrat
1. Hypothèse de l’imprévision contractuelle : le contrat n’a rien prévu.

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▪ La révision judiciaire des contrats


➢ Le principe du refus de la révision du contrat
➢ La jurisprudence civile refuse la révision du contrat pour imprévision alors que la
jurisprudence administrative accepte la révision du contrat pour imprévision12.
▪ Les assouplissements au principe de refus du contrat
▪ Le juge dispose d’un pouvoir modérateur lui permettant de supprimer ou modifier
les stipulations contractuelles.
▪ La jurisprudence semble faire preuve d’une plus grande souplesse en matière
d’imprévision lorsque :
➢ l’absence de révision aurait conduit l’autre partie à la ruine.
➢ l’obligation de renégocier au cas où celui-ci devient profondément déséquilibré.
➢ l’obligation de renégocier le contrat sur le fondement de l’obligation d’exécuter le
contrat de bonne foi.
➢ la caducité du contrat sur le fondement de la disparition de la cause.
▪ Révision par l’intervention législative : la loi peut être la base de la révision d’un
contrat.
2. Hypothèse de la prévision contractuelle
➢ Aujourd’hui les parties prévoient fréquemment d’insérer une clause d’indexation
pouvant justifier la modification du contrat.

II.2. Le contrat et les tiers au sens strict


A. Les tiers intéressés : l’opposabilité du contrat aux tiers
Ce sont les tiers liés aux parties. Le principe est l’opposabilité du contrat à leur égard.
1. L’opposabilité aux ayants cause à titre particulier
▪ Pour les contrats ayant un lien avec le droit ou le bien objet de l’acquisition, l’ayant-
cause acquéreur ne peut ignorer le contrat passé par son auteur relativement au bien
qu’il acquiert. Ces contrats lui sont opposables.
▪ Contrat n’ayant aucune relation avec le droit ou le bien objet du contrat :
▪ pas de transmission des contrats.
▪ Contrat ayant pour objet des droits réels : il y a transmission de plein droit des
contrats à l’ayant-cause à titre particulier.
▪ Contrat ayant pour objet des droits personnels.

12
CE, 30 mars 1916, Affaire Gaz de Bordeaux

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P a g e | 91

➢ En cas de transmission de créance : principe de l’intransmissibilité sauf


manifestation de volonté contraire toutefois est admise la cession de créance
accessoire…
➢ En cas de transmission de dette : principe d’intransmissibilité à l’ayant-cause à titre
particulier sauf cas de motivation détournée.
➢ En cas de transmission à la fois de dette et de créance : pas de réponse précise.

2. L’opposabilité aux créanciers chirographaires


➢ Les contrats passés par leur auteur sont inopposables aux créanciers
chirographaires.
➢ Exceptionnellement la loi accorde aux créanciers chirographaires une action directe
contre les débiteurs de leur débiteur.

3. L’opposabilité aux tiers absolus :


▪ Le principe est qu'il n'y a aucun effet à leur égard. Le contrat est un fait social dont
ils devront cependant tenir compte. D’où l’assouplissement à ce principe
d’inopposabilité aux tiers absolus. Il s’en suit le fait qu’ils ne peuvent pas ignorer le
contrat. Sous un autre angle, ces tiers peuvent invoquer le contrat à leurs bénéfices
alors qu'ils y sont étrangers.
▪ Les tiers absolus n'ont aucun lien avec le contrat ou avec les parties. Ils sont
totalement étrangers à l'obligation. Ils sont également appelés penitus extranei.
▪ Penitus extranei (ou penitus extraneus au singulier) désigne donc les personnes
complètement étrangères à un contrat. Le principe de l'effet relatif du contrat
s'applique à eux. On ne peut donc pas leur opposer les effets obligatoires du contrat.

B. Les tiers engagés


▪ Il y a la transmission du contrat aux ayants cause universels ou à titre universel
(sauf stipulation contraire dans les contrats intuitu personae).

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Troisième leçon :
L’exécution défectueuse du contrat

5.1. La responsabilité contractuelle


A. Les conditions de la responsabilité contractuelle
La responsabilité contractuelle repose sur 3 éléments suivants :
▪ Le fait générateur
▪ Le dommage
▪ Le lien de causalité

1) Le fait générateur
Il s’agit de l'inexécution d'une obligation contractuelle. Ce fait générateur de responsabilité
contractuelle est caractérisé par la faute contractuelle. La faute n’est pas toujours exigée
(ex : cas dans l’obligation de résultat)
▪ Toute faute peut permettre d’engager la responsabilité contractuelle
▪ La faute simple ou légère est la moins grave dans l’échelle des fautes
▪ L’existence d’une faute intentionnelle ou dolosive (= dol dans l’exécution du
contrat différente du dol dans la formation du contrat).
▪ La faute lourde qui est une faute d’imprudence grossière n’a pas toujours les mêmes
effets
▪ La faute lourde est parfois exigée pour mettre en œuvre la responsabilité
contractuelle.
▪ La faute lourde est parfois assimilée au dol, c’est-à-dire à la faute intentionnelle.
▪ La faute inexcusable : faute d’une gravité exceptionnelle qui découle d’un acte ou
d’une omission volontaire avec la conscience du danger que devait en avoir son
auteur.

2) Le dommage
Un dommage est un préjudice subi par une personne touchant directement ou
indirectement son intégrité physique, ses biens ou son équilibre moral.
▪ Le dommage peut être matériel, corporel et moral
▪ Le dommage peut être prévisible ou imprévisible

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➢ En cas de dommage prévisible et envisagé même dans le contrat, le débiteur n'est


tenu que des dommages et intérêts qui ont été prévus ou qu'on a pu prévoir lors du
contrat, lorsque ce n'est point par son dol que l'obligation n'est point exécutée (Art.
48).
➢ En cas de dommage imprévisible, l’art. 45 précise que le débiteur est condamné, s'il
y a lieu, au paiement de dommages-intérêts, soit à raison de l'inexécution de
l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution, toutes les fois qu’il ne justifie
pas que l’inexécution provient d'une cause étrangère qui ne peut lui être imputée,
encore qu'il n'y ait aucune mauvaise foi de sa part.
➢ Cas d’exonération de responsabilité : C’est l’art. 46 qui fixe la solution
envisageable : « Il n'y a lieu à aucun dommages-intérêts lorsque, par suite d'une force
majeure ou d'un cas fortuit, le débiteur a été empêché de donner ou de faire ce à quoi il était
obligé, ou a fait ce qui lui était interdit. »
➢ Dans le cas même où l'inexécution de la convention résulte du dol du débiteur, les
dommages et intérêts ne doivent comprendre, à l'égard de la perte éprouvée par le
créancier et du gain dont il a été privé, que ce qui est une suite immédiate et directe
de l'inexécution de la convention. (art. 49 C. civ.).
▪ Dans le contrat à obligation de moyens :
➢ Le créancier doit prouver la faute du débiteur
➢ Le créancier peut s’exonérer en prouvant qu’il n’a pas commis de faute
➢ La faute de la victime est un cas d’exonération au moins partielle de responsabilité
➢ La preuve de l’inexécution pèse sur le créancier victime
▪ Dans le cas de contrat avec obligation de résultat :
➢ Le créancier doit prouver l’absence de résultat
➢ Le débiteur ne peut pas s’exonérer par la seule preuve de son absence de faute. Il
doit démontrer la cause étrangère.
➢ La faute de la victime est un cas d’exonération au moins partielle de responsabilité.
➢ La charge de la preuve pèse sur le débiteur, parce que le créancier n’ayant pas
prouvé la faute, le débiteur peut s’exonérer en démontrant la cause étrangère.
3) Le lien de causalité
▪ Le lien de causalité est le fait de pouvoir relier matériellement la faute et le
dommage subi par la victime. Il doit y avoir un lien qui unit la cause à l'effet.
▪ Dans certains cas, selon la doctrine, le lien de causalité est présumé.
➢ Théorie de l’équivalence des conditions.

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➢ Théorie de la cause proche : on prend la cause la plus proche du dommage.


➢ Théorie de la causalité adéquate : parmi les antécédents nécessaires du dommage,
seuls seront considérés comme causes ceux qui, d’après le cours normal des choses,
étaient de nature à engendrer le dommage.
▪ Dans la pratique, les cours et tribunaux penchent souvent vers la théorie de la
causalité adéquate.
B. La mise en oeuvre de la responsabilité contractuelle
1. La mise en demeure
➢ Obligation d’une mise en demeure pour l’obtention de dommages-intérêts (art.46
C. civ.)
➢ L’obligation de la mise en demeure a été étendue à la responsabilité contractuelle
de manière générale.
▪ Différentes formes de la mise en demeure (art. 39 C. civ.)
➢ Sommation
➢ Lettre missive
▪ Dans certains limités la mise en demeure n’est pas obligatoire. Exemple :
Inexécution d’une obligation de ne pas faire.
2. La réparation
a. La réparation en équivalent
➢ Les obligations de faire et ne pas faire se résolvent en dommages-intérêts (art. 42 C.
civ.)
➢ Les dommages-intérêts constituent une réparation par équivalent : somme d’argent
unique, rente viagère, etc.
b. La réparation en nature
▪ Exemples :
➢ Destruction de ce qui a été fait par contravention à l’engagement des parties (art.43
C. civ.)
➢ La possibilité pour le créancier de faire exécuter lui-même l’obligation aux dépens
du débiteur (art. 44 C. civ.)
➢ L’exécution du contrat en nature (art. 84 C. civ.)
▪ Selon la jurisprudence, l’exécution de principe doit être l’exécution forcée13

13
Com. 22 février 1996

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c. Cas d’exclusion de la responsabilité contractuelle


1. Les stipulations contractuelles
a. Les clauses limitatives ou exclusives de responsabilité
▪ La jurisprudence admet la validité des clauses limitatives de responsabilité.
▪ Des exceptions à la validité des clauses limitatives de responsabilité
➢ En cas de dol ou de faute lourde du débiteur ou de ses préposés
➢ En cas de disposition légale prévoyant l’exclusion
➢ En cas de vente entre un vendeur professionnel et un acheteur non professionnel

b. La clause pénale (art.124)


Art. 124. - La clause pénale est celle par laquelle une personne, pour assurer l'exécution d'une
convention, s'engage à quelque chose en cas d'inexécution.
Art. 125. - La nullité de l'obligation principale entraîne celle de la clause pénale.
La nullité de celle-ci n'entraîne point celle de l'obligation principale.
Art 126. - Le créancier, au lieu de demander la peine stipulée contre le débiteur qui est en
demeure, peut poursuivre l'exécution de l'obligation principale.
Art. 127. - La clause pénale est la compensation des dommages et intérêts que le créancier
souffre de l'inexécution de l'obligation principale.
Il ne peut demander en même temps le principal et la peine, à moins qu'elle n'ait été stipulée
pour le simple retard.
➢ La clause pénale permet aux parties de fixer forfaitairement le montant des
dommages-intérêts en cas d’inexécution de l’obligation prévue par le contrat.
➢ « Le juge peut, même d’office modérer ou augmenter la peine qui avait été
convenue, si elle est manifestement excessive ou dérisoire. Toute stipulation
contraire sera réputée non-écrite » (art. 52 al. 2 C. civ.)

2. L’influence de la cause étrangère


a. La force majeure (art. 47 et 48 C. civ.) :
Evènement imprévisible, irrésistible et extérieur à la volonté de la partie concernée.
(Imprévisibilité, irrésistibilité, extériorité).
b. Le fait de la victime
Le fait de la victime qui revêt les caractères de la force majeure exonère totalement le
défendeur de sa responsabilité.
c. Le fait d’un tiers

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Pour exonérer le débiteur, le fait du tiers doit présenter les caractères de la force majeure.

3.2. La résolution pour inexécution


Art. 81.
La condition résolutoire est celle qui, lorsqu'elle s'accomplit, opère la révocation de l'obligation, et qui
remet les choses au même état que si l'obligation n'avait pas existé. Elle ne suspend point l'exécution
de l'obligation; elle oblige seulement le créancier à restituer ce qu'il a reçu dans le cas où l'événement
prévu par la condition arrive.
Art. 82.
La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour le cas où
l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement.
Dans ce cas, le contrat n'est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle
l'engagement n'a point été exécuté, a le choix, ou de forcer l'autre à l'exécution de la
convention lorsqu'elle est possible, ou d'en demander la résolution avec dommages et
intérêts.
La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai
selon les circonstances.

A. Les conditions de la résolution pour inexécution


1. Le domaine de l’inexécution
➢ La résolution pour inexécution s’applique aux contrats synallagmatiques (art. 82 C.
civ.)
➢ La résolution pour inexécution s’applique aux contrats synallagmatiques imparfaits
et aux contrats unilatéraux à titre onéreux.
➢ La résolution pour inexécution est écartée pour certains contrats synallagmatiques
✓ Cas de certains contrats aléatoires (ex : rente viagère)
2. Quelle sorte d’inexécution faut-il pour qu’il y ait résolution ?
➢ La résolution de l’art. 82 C. civ. est possible même si l’inexécution est due à la force
majeure.
➢ L’inexécution doit être suffisamment importante ; le juge appréciera l’importance
de l’inexécution.
3. Le rôle des parties au contrat
➢ La résolution doit être demandée par le créancier qui peut néanmoins choisir d’agir
en exécution forcée ou en résolution (art. 82 al. 2 c. civ.)

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➢ Le débiteur peut échapper à la résolution en offrant de d’exécuter

4. Le caractère judiciaire de la résolution : elle doit être demandée en justice (art. 82 al.3 C. civ.)
a. Le principe de la résolution judiciaire et ses conséquences
▪ La résolution n’a pas lieu de plein droit : le tribunal dispose d’un pouvoir
d’appréciation.
▪ Le juge peut accorder au débiteur un délai pour s’exécuter.
▪ Le juge peut n’accorder que des dommages-intérêts.
▪ Le juge peut prononcer une résolution partielle.
▪ La résolution judiciaire suppose une assignation préalable devant le tribunal qui
tiendra lieu de mise en demeure préalable.
b. La résolution peut avoir lieu parfois sans l’intervention du juge
▪ Lorsque figure dans le contrat une clause de résolution de celui-ci, l’inexécution
aboutit automatiquement à la résolution : c’est le pacte commissoire.
▪ La loi prévoit parfois elle-même que la résolution aura lieu de plein droit.
Ex : en matière vente de denrées et d’effets mobiliers.
▪ La jurisprudence admet dans certains cas que le créancier de l’obligation inexécutée
puisse rompre le contrat de lui-même avant l’intervention du juge lorsque
l’inexécution est susceptible de lui causer un préjudice irréparable, en particulier
dans les contrats qui supposent une relative confiance.
B. Les effets de la résolution pour inexécution
1. Entre les parties
▪ Les parties doivent restituer les prestations éventuellement fournies
▪ L’anéantissement rétroactif est écarté pour les contrats à exécution successive
▪ Les effets du contrat ne disparaissent qu’à compter de l’inexécution de ses
obligations par le débiteur.
▪ La disparition peut remonter jusqu’à l’origine si de la part de l’une des parties, il n’y
a jamais eu d’exécution.
2. A l’égard des tiers :
Certaines mesures permettent de protéger les tiers en cas de résolution :
▪ Les actes d’administration faits sur la chose sont maintenus
▪ En matière mobilière, le sous-acquéreur de bonne foi est protégé
▪ En matière immobilière, les tiers invoqueront la prescription acquisitive pour éviter
la résolution

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3.3. L’exception d’inexécution (exceptio non adimpleti contractus)


A. Les conditions de l’exception d’inexécution
▪ Son domaine d’application est le contrat synallagmatique
▪ Il doit s’agir d’obligations à exécution simultanée
▪ Une inexécution est indispensable
B. Les effets de l’exception d’inexécution
▪ L’exécution de l’obligation de celui qui invoque ce mécanisme est suspendue
▪ L’exception d’inexécution est opposable aux tiers
▪ Le contrat subsiste : lorsque le créancier à qui l’inexécution était imputable
s’exécute, l’autre doit faire de même.

3.4. La théorie des risques


A. Le droit commun des risques du contrat
▪ En matière contractuelle, la théorie des risques est celle dont l’objet est de
déterminer laquelle des parties au contrat doit supporter les conséquences d’une
impossibilité définitive d’exécution par la suite de force majeure.
Si c’est le débiteur qui est empêché : res perit debitori
Si c’est le créancier : res perit domino
▪ En matière extra-contractuelle (ou délictuelle), la théorie des risques désigne un
mouvement doctrinal introduit par Saleilles et Josserand en droit français à partir
de la moitié du XIXe siècle, en réaction au progrès technique et à la multiplication
des dommages qui y étaient liés (usines, automobiles, chemins de fer,
électroménagers…). Alors que la responsabilité civile extra-contractuelle (ou
délictuelle) était basée sur la notion de faute et de maîtrise individuelle de ses actes,
la théorie des risques se concentre sur le préjudice de la victime et introduit une
responsabilité sans faute (ou faute objective), partant du constat qu’on ne maîtrise
plus nécessairement les dommages que l’on peut causer. Ainsi, la personne qui est
à l’origine d’un risque qui cause à autrui un dommage se doit de le réparer.
▪ Trois types de risques sont classiquement présentés :
➢ Risque-profit : celui qui tire profit d’une activité qui génère un risque se doit
d’en réparer les conséquences dommageables (responsabilité des entreprises

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pour les dommages causés à leurs salariés, mais aussi par les dommages
causés par leurs salariés dans le cadre de leur activité
➢ Risque-créé : notamment par le fait des choses, véritable régime de
responsabilité sans faute déduit de l’art. 260.
➢ Risque lié à une autorité ou un contrôle : responsabilité des personnes données à
garder des parents vis à vis de leurs enfants (émergence d’une responsabilité
sans faute).
▪ Si pendant le bail, la chose louée est détruite par cas fortuit, le bail est résilié de plein
droit : le débiteur et le créancier sont libérés de leurs obligations (art. 22 C.civ.).
▪ Lorsqu’il y a perte fortuite d’une chose qu’un ouvrier avait été chargé de travailler,
cet ouvrier n’a pas le droit à son salaire : les deux parties sont libérées (art. 90 C.civ.).
B. Le cas particulier des contrats translatifs de propriété
▪ Un contrat translatif est un contrat qui transfère la propriété d’une chose ou d’un
autre droit réel sur la chose.
▪ Les contrats translatifs de propriété emportent au surplus transfert des risques liés à
la perte de la chose.

3.5. La suspension du contrat


A. Les cas de suspension du contrat
1. La suspension pour cause d’inexécution non fautive
▪ La loi
▪ La jurisprudence
2. La suspension pour cause d’inexécution fautive

B. Les effets de la suspension du contrat


1. La disparition momentanée des obligations nées du contrat
▪ Dans le contrat synallagmatique, sauf exceptions, la suspension du contrat fait
disparaître les obligations de chacune des parties.
▪ La suspension n’entraîne en principe que la suspension des obligations principales
et non des obligations accessoires.
2. La réapparition des effets du contrat

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▪ Le contrat suspendu reprend tous ses effets à l’issu de la période de suspension. Les
obligations réapparaissent lorsque la cause de suspension a disparu.
▪ La durée totale de contrat n’est en principe pas modifiée.
Exemple : en matière d’assurances, le non-paiement des primes n’allonge pas la
durée du contrat.

DEUXIEME BLOC DE CONNAISSANCES :


LES GENERATEURS NON-CONVENTIONNELS DES OBLIGATIONS

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Art. 246. - Certains engagements se forment sans qu'il intervienne aucune convention, ni de la part de
celui qui s'oblige, ni de la part de celui envers lequel il est obligé.
Les uns résultent de l'autorité seule de la loi; les autres naissent d'un fait personnel à celui qui se trouve
obligé.
Les premiers sont les engagements formés involontairement, tels que ceux entre propriétaires voisins.
Les engagements qui naissent d'un fait personnel à celui qui se trouve obligé résultent ou des quasi-
contrats, ou des délits ou quasi-délits; ils font la matière du présent titre.

THEME I.
LES DELITS ET QUASI-DELITS

Tout se ramène au fait juridique qui désigne une source d’obligations découlant de
toute circonstance ou tout évènement auquel la loi attache des effets juridiques. Il peut
ainsi s’agir d’une action entreprise par un individu ou encore d’une circonstance extérieure
à sa volonté. Dans tous les cas, ce fait va créer une responsabilité non contractuelle dans le
chef de son auteur. Il s’agit de la responsabilité civile.

Chapitre 1. La responsabilité civile

Base légale :
Art. 258. - Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par
la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Art. 259. - Chacun est responsable du dommage qu'il a causé, non seulement par son fait, mais encore
par sa négligence ou par son imprudence.
Art. 260. - On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais
encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a
sous sa garde.
Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par leurs
enfants, habitant avec eux.
Les maîtres et les commettants, du dom mage ca usé par leurs domestiques et préposés dans les
fonctions auxquelles ils les ont employés.

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Les instituteurs et les artisans, du dom mage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu'ils
sont sous leur surveillance.
La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et artisans ne prouvent
qu'ils n'ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité.
Art. 261. - Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage,
est responsable du dommage que l'animal il causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût
égaré ou échappé.
Art. 262. - Le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine lorsqu'elle
est arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction.

Première leçon :
Les éléments constitutifs de la responsabilité civile

I.1. Le dommage réparable

A. Notions
« Art. 258. - Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par
la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Tout fait quelconque, toute lésion de n’importe quel intérêt suffit à constituer le dommage.
Ce dommage préjudiciable peut être matériel, physique ou morale.
1. Le préjudice matériel
▪ Une perte subie (le damnum emergens) : tout appauvrissement occasionné à la
victime.
▪ Un gain manqué (lucrum cessans) : le fait générateur a empêché la victime de réaliser
certains projets.
2. Le préjudice moral
▪ Souffrance morale : dommage moral découlant d’une douleur physique ou morale.
Exemples : atteinte à l’honneur, atteinte à la vie privée, etc. C’est le Pretium doloris
(= prix de la douleur) :
▪ Préjudice d’affection : ex : perte d’un être cher, préjudice esthétique, etc.
▪ Préjudice d’agrément : Il s’agit dans ce cas du préjudice né de l’impossibilité pour la
victime d’exercer une activité affectionnée.

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3. Le préjudice corporel (= préjudice à la fois matériel et moral)

B. Les caractères du dommage réparable


1. L’atteinte à un intérêt légitime
▪ Le dommage ne doit pas forcément avoir porté atteinte à un intérêt légitime
juridiquement protégé. Le caractère légitime de l’intérêt affecté suffit.
▪ Le dommage doit être licite
▪ Cas particulier : préjudice et naissance d’un enfant
2. Le caractère certain du dommage
▪ Le dommage actuel est certain.
▪ Le dommage futur peut donner lieu à réparation dès lors qu’il est certain.
▪ Le dommage éventuel qui n’est pas certain ne peut donner lieu à réparation.
▪ La réparation de la perte de chance
3. Le caractère personnel du dommage
Quid du dommage par ricochet ?
▪ Cas du préjudice que subit une personne du fait d’une atteinte déjà subie par une
autre personne.
➢ Si dommage matériel : pas besoin d’un lien de droit entre la victime principale et la
victime par ricochet.
➢ Si préjudice moral : pas besoin d’un lien de droit entre la victime principale et la
victime par ricochet. Cas du dommage collectif (= dommage qui affecte une
collectivité, c.-à-d. toute une catégorie de personnes.

I.2. Le lien de causalité


A. La définition de la causalité
Le lien de causalité permet la traçabilité du préjudice, de la cause aux effets. Il
permet de remonter sur les traces du préjudice subi, de sa source à ses conséquences sur la
victime. Il est le lien entre le fait générateur et le dommage réparable.

Cas pratique introductif de la leçon :

En perdant le contrôle de sa voiture, le voyou Tshiani heurte violemment la moto


de monsieur l’abbé Nzenza qui, sous l’effet de ce choc, renverse madame Kananga qui

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portait un seau de graviers lequel va se déverser sur madame Shisha, enceinte de 6 mois.
Cette dernière, amenée en urgence à l’hôpital Depere-et-demère mettra un temps
anormalement long avant de recevoir ses premiers soins. Elle va ainsi non seulement
perdre son bébé mais aussi sa propre vie, car pendant son opération chirurgicale, dans le
bloc opératoire, elle attrape le variant pakistanais du coronavirus qui causera sa mort
inopinée.

En droit :
Qui est responsable du décès de la victime et de son bébé ?
➢ Est-ce l’hôpital qui a manqué aux règles d’asepsie qui doivent être observées dans
un bloc opératoire ?
➢ Est-ce le voyou Tshiani, conducteur du véhicule à l’origine de l’accident initial
➢ Est-ce Madame Kananga porteuse du seau des graviers ?

▪ Si l’on raisonne par l’absurde, il est possible de remonter la chaîne de la causalité


indéfiniment. Il apparaît, dans ces conditions, que pour chaque dommage les causes
sont multiples.
▪ Des questions surgissent à ce stade précis :
➢ Faut-il retenir toutes les causes qui ont concouru à la production du dommage ou
doit-on seulement en retenir certaines ?
➢ Doit-on se limiter qu’aux causes juridiques ou étendre la recherche du lien causal
jusqu’aux causes scientifiques ?
Afin d’appréhender le rapport de causalité dont l’appréhension est source de
nombreuses difficultés, la doctrine a élaboré deux théories :
▪ La théorie de la causalité adéquate
▪ La théorie de l’équivalence des conditions

1. Théorie de la causalité adéquate

▪ Présentation de la théorie de la causalité adéquate

➢ Selon la théorie de la causalité adéquate, tous les faits qui ont concouru à la
production du dommage ne sont pas des causes juridiques.

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➢ Tous ne sont pas placés sur un pied d’égalité, dans la mesure où chacun possède un
degré d’implication différent dans la survenance du dommage.
➢ Aussi, seule la cause prépondérante doit être retenue comme fait générateur de
responsabilité.
➢ Il s’agit, en d’autres termes, pour le juge de sélectionner, parmi la multitude de
causes qui se présentent à lui, celle qui a joué un rôle majeur dans la réalisation du
préjudice.
▪ Avantage
➢ En ne retenant comme fait générateur de responsabilité que la cause « adéquate »,
cela permet de dispenser le juge de remonter à l’infini la chaîne de la causalité.
➢ Ainsi, seule les causes proches peuvent être génératrices de responsabilité.

▪ Inconvénient de cette théorie :


➢ La détermination de la « véritable cause du dommage », procède plus de l’arbitraire
que de la raison.
➢ Sur quel critère objectif le juge doit-il s’appuyer pour déterminer quelle cause est
adéquate parmi tous les faits qui ont concouru à la production du dommage?
➢ La théorie est alors susceptible de conduire à une injustice : tantôt en écartant la
responsabilité d’un agent au seul motif qu’il n’a pas joué un rôle prépondérant dans
la réalisation du préjudice, tantôt en retenant la responsabilité de ce même agent au
motif qu’il se situe en amont de la chaîne de causalité.

2. La théorie de l’équivalence des conditions

▪ Exposé de la théorie
➢ Selon la théorie de l’équivalence des conditions, tous les faits qui ont concouru à la
production du dommage doivent être retenus, de manière équivalente, comme les
causes juridiques dudit dommage, sans qu’il y ait lieu de les distinguer, ni de les
hiérarchiser.
➢ Cette théorie repose sur l’idée que si l’un des faits à l’origine de la lésion n’était pas
survenu, le dommage ne se serait pas produit.
➢ Aussi, cela justifie-t-il que tous les faits qui ont été nécessaires à la production du
dommage soient placés sur un pied d’égalité.

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▪ Points forts de cette théorie


➢ La théorie de l’équivalence des conditions est, incontestablement, extrêmement
simple à mettre en œuvre, dans la mesure où il n’est point d’opérer de tri entre toutes
les causes qui ont concouru à la production du dommage
➢ Tous les maillons de la chaîne de responsabilité sont mis sur le même plan.

▪ Faiblesses de cette théorie


➢ L’application de la théorie de l’équivalence des conditions est susceptible de
conduire à retenir des causes très lointaines du dommage dès lors que, sans leur
survenance, le dommage ne se serait pas produit, peu importe leur degré
d’implication.

3. Quid dans la pratique, quelle théorie appliquer ? Quelle théorie la jurisprudence a-t-elle retenu entre
la thèse de l’équivalence des conditions et celle de la causalité adéquate ?
En France, la jurisprudence fait preuve de pragmatisme en matière de causalité, en
ce sens que son choix se portera sur l’une ou l’autre théorie selon le résultat recherché :
➢ Lorsqu’elle souhaitera trouver un responsable à tout prix, il lui faudra retenir une
conception large de la causalité, de sorte que cela la conduira à faire application de
la théorie de l’équivalence des conditions.
➢ En revanche, quand la Cour de cassation souhaitera écarter la responsabilité d’un
agent, elle adoptera une conception plutôt restrictive de la causalité, ce qui la
conduira à recourir à la théorie de la causalité adéquate. Fort logiquement, le juge
ne s’intéressera pas à toutes les causes qui ont concouru à la production du
dommage.
➢ Ainsi, les causes scientifiques lui importeront peu, sauf à ce qu’elles conduisent à
une personne dont la responsabilité est susceptible d’être engagée
➢ D’une part, le juge n’a pas vocation à recenser toutes les causes du dommage. Cette
tâche revient à l’expert.
➢ D’autre part, sa mission se borne à déterminer si le défendeur doit ou non répondre
du dommage. Ainsi, le juge ne s’intéressera qu’aux causes du dommage que l’on
pourrait qualifier de juridiques, soit aux seules causes génératrices de responsabilité.
Bien que cela exclut, de fait, un nombre important de causes – scientifiques – le
problème du lien de causalité n’en est pas moins résolu pour autant. En effet, faut-

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il retenir toutes les causes génératrices de responsabilité ou seulement certaines


d’entre elles ?

B. La preuve de la causalité
1. Le principe
▪ Le lien de causalité doit en principe être prouvé par le demandeur
2. Les présomptions de causalité
Dans certains cas les tribunaux se fondent sur des présomptions de causalité
Exemples :
3. L’exclusion de la causalité : la cause étrangère
▪ La cause étrangère peut consister dans la force majeure, le fait d’un tiers ou la faute
de la victime.
▪ Rappel des caractères de la force majeure :
➢ Imprévisibilité
➢ Irrésistibilité
➢ Extériorité (plus marquée qu’en matière de responsabilité contractuelle)

Deuxième leçon :
La responsabilité du fait personnel

II.1. La nécessité de l’élément objectif


▪ Il faut un certain comportement qualifié de fautif pour engager la responsabilité.
Art. 258. - Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par
la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Art. 259. - Chacun est responsable du dommage qu'il a causé, non seulement par son fait,
mais encore par sa négligence ou par son imprudence.
▪ Il y a donc nécessité de l’élément objectif.
1. Des faits justificatifs
➢ Ordre de la loi
➢ Commandement de l’autorité légitime
➢ Etat de nécessité
➢ Légitime défense

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➢ Consentement de la victime
➢ Faute de la victime
2. L’abandon de l’élément psychologique de la faute
➢ L’élément psychologique ou philosophique ou encore intentionnel n’est pas requis.
Cet élément est de plus en plus abandonné.
II.2. La faute
1. La diversité de la faute et objet de la faute
▪ Le comportement fautif peut être actif ou passif
➢ La faute de commission
➢ La faute d’abstention
▪ La faute dans l’exercice des droits
▪ Les troubles du voisinage
2. La diversité de la faute et la gravité des fautes
▪ En principe, dans le cadre de la responsabilité du fait personnel, la gravité de la
faute importe peu (art. 258 C. civ.)
▪ Par exception, certains types de fautes engendrent des effets particuliers.
➢ La faute inexcusable
➢ La faute intentionnelle
➢ La faute caractérisée

Troisième leçon :
La responsabilité du fait d’autrui

Art. 260. - On est responsable non seulement du dom mage que l'on cause par son propre fait,
mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des
choses que l'on a sous sa garde.

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Le père, et la mère après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par leurs enfants,
habitant avec eux.
Les maîtres et les commettants, du dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les fonctions
auxquelles ils les ont employés.
Les instituteurs et les artisans, du dommage causé par leurs élèves et apprentis pendant le temps qu'ils
sont sous leur surveillance.
La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère, instituteurs et artisans ne prouvent
qu'ils n’ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité.
Art. 261. - Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage,
est responsable du dommage que l'animal il causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit qu'il fût
égaré ou échappé.
Art. 262. - Le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine lorsqu'elle
est arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction.

III.1. La responsabilité du commettant du fait de son préposé (art. 260,al3 C. civ.)


A. Les conditions de la responsabilité du commettant
1. Le lien de préposition
➢ Il doit exister un lien de subordination entre le commettant et le préposé.
➢ La responsabilité du fait d’autrui est exclue lorsque l’activité est exercée à titre
indépendant.
2. Le fait du préposé
➢ Un fait dommageable doit avoir été commis par le préposé.
➢ Il doit exister un lien entre l’acte dommageable commis par le préposé et ses
fonctions.
B. Les effets de la responsabilité du commettant
1. Du point de vue de la victime
➢ La victime dispose d’une action contre le préposé et contre le commettant : ils sont
responsables in solidum.
➢ La victime peut demander la réparation intégrale à l’un ou l’autre, elle peut choisir.
2. Du point de vue du commettant
➢ Un commettant est celui qui confie à un tiers (préposé) la gestion de ses intérêts. Le
commettant ne peut s’exonérer de sa responsabilité en prouvant son absence de
faute.
➢ Le commettant a une action récursoire contre le préposé.

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III.3. La responsabilité des parents du fait de leur enfant (art.260,al2)


A. Les conditions de la responsabilité des parents
1. L’exercice de l’autorité parentale
➢ La responsabilité est la contrepartie de l’autorité parentale
➢ La majorité et l’émancipation font cesser la responsabilité des parents du fait de leur
enfant mineur.
2. Un fait dommageable de la part de l’enfant
▪ L’enfant doit avoir commis un fait dommageable qui ne doit pas nécessairement être fautif.
En effet, il a été jugé que :
➢ Un acte commis par l’enfant, cause directe du dommage suffit à mettre en jeu la
responsabilité de plein droit encourue par le jeu de la responsabilité des parents.
➢ « La responsabilité de plein droit encourue par les père et mère du fait des
dommages causés par leur enfant mineur habitant avec eux n’est pas subordonnée
à l’existence d’une faute de l’enfant ». (Civ. 2ème, 10 mai 2001,Affaire Levert).
▪ Le dommage doit avoir été directement causé par le fait, même non fautif, du mineur.
3. La cohabitation de l’enfant et ses parents : instabilité de la jurisprudence
B. L’exonération des parents
▪ L’art. 260 al. 2 C. civ. pose un principe de responsabilité des parents. Pour
s’exonérer, les parents doivent prouver la force majeure. Les caractères
d’imprévisibilité et d’irrésistibilité de la force majeure doivent s’apprécier à l’égard
du responsable du dommage et non de l’auteur de celui-ci.
▪ Les causes exonératoires sont limitées.
▪ Les parents sont responsables solidairement.

Quatrième leçon :
La responsabilité du fait des choses

IV.1. Le régime général


A. Le domaine de la responsabilité du fait des choses

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1. Quant aux choses


▪ En principe toutes les choses sont concernées par cette responsabilité.
▪ Cas spécifiques où on peut parler des limites :
➢ Les res nullius (= choses sans maître)
➢ Le corps humain, sauf dans des cas très limités admis par la jurisprudence
2. Quant aux personnes

B. Les conditions de la responsabilité


1. Le fait de la chose
▪ Le dommage doit être rattachable au fait d’une chose.
▪ La preuve du fait de la chose incombe à la victime sauf dans certains cas.
▪ Lorsque la chose est en mouvement et est entrée en contact avec la victime, la chose
est présumée être la cause du dommage ; la victime doit seulement prouver
l’intervention de la chose.
▪ Lorsque la chose est en mouvement et n’est pas entrée en contact avec la victime
ou si la chose est inerte, la victime doit prouver l’intervention de la chose et son rôle
actif.
▪ La jurisprudence relative au contact d’une chose inerte avec la victime.
2. La détermination du gardien de la chose
▪ Le régime général
➢ La garde découle d’un simple pouvoir de fait, défini comme un pouvoir d’usage, de
direction et de contrôle de la chose. Le pouvoir de garde ne suppose pas le
discernement chez le gardien.
➢ La détention de la chose est transférée en même temps que la garde. Le propriétaire
de la chose est donc présumé gardien, mais il peut démontrer avoir perdu ou prêté
la chose.
➢ La garde est alternative et non cumulative.
• Il n’y a en principe qu’un seul gardien
• Sauf exception : deux ou plusieurs personnes peuvent être co-gardiens d’une chose
lorsqu’elles sont toutes dans une même situation par rapport à la chose ; elles
peuvent être condamnées in solidum.
▪ Les cas particuliers
➢ Il faut distinguer entre la garde de la structure et la garde du comportement.

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➢ Le transfert de la garde et le transfert de l’information.


C. L’exonération du gardien de la chose
▪ Le gardien ne peut pas s’exonérer en démontrant qu’il n’a pas commis de faute
▪ Le gardien peut s’exonérer en démontrant un cas fortuit, la force majeure ou une
cause étrangère mais aussi la faute de la victime.
▪ La faute de la victime n’exonère totalement que si elle revêt les caractères de la force
majeure.

IV.2. Les régimes spéciaux


A. La responsabilité fondée sur la faute
En cas de communication d’incendie art. 258 al. 1 C. civ.).
B. La responsabilité sans faute
▪ La responsabilité du fait des animaux (art. 261 C. civ.) :
Art. 261. - Le propriétaire d'un animal, ou celui qui s'en sert, pendant qu'il est à son usage,
est responsable du dommage que l'animal a causé, soit que l'animal fût sous sa garde, soit
qu'il fût égaré ou échappé.
▪ La responsabilité du fait de la ruine des bâtiments (art. 262 C. civ.) :
Art. 262. - Le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine
lorsqu'elle est arrivée par une suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction.
▪ La responsabilité du fait des produits défectueux
1. Le domaine d’application
▪ Les personnes concernées :
➢ Les responsables
➢ Le producteur : il se distingue du fabricant. Il s’agit du producteur du produit fini
ou d’une composante de celui-ci.
➢ Les personnes assimilées aux producteurs : celui qui appose sa marque ou tout autre
signe distinctif sur le produit, le vendeur, le loueur professionnel c.-à-d. le
fournisseur, etc.
➢ Les victimes : le consommateur ou l’utilisateur professionnel du produit.
▪ Les produits :
➢ Des biens meubles.
➢ Matière première non transformée, transformée ou intégrée á une autre.
2. Le régime de la responsabilité
▪ Le caractère impératif de la responsabilité des producteurs

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▪ Le fait générateur de responsabilité


➢ Il est constitué par le défaut d’un produit mis en circulation.
➢ Le demandeur doit prouver le lien de causalité entre le défaut du produit et le
dommage.
➢ Une jurisprudence se développe largement à propos du lien de causalité entre la
défectuosité d’un médicament et la maladie développée par le patient.
▪ Le lien de causalité : Il est à établir à tout prix.
▪ Les causes d’exonération
➢ Le défaut du produit n’est pas la cause du dommage
➢ Le produit n’était pas encore en circulation lors du dommage
➢ La faute de la victime a les caractères de la force majeure
➢ Délai de responsabilité : 10 ans à compter de la mise en circulation du produit (art.
86 C. civ.).
➢ Délai de prescription : 3 ans à compter de la connaissance du dommage par la
victime (art.86C. civ.).

Chapitre 2.
Le régime juridique des accidents de la circulation.
(Loi du 05 janvier 1973)

Première leçon :
Champ d’application
Ce régime s’applique à :
I.1. Un véhicule terrestre à moteur
▪ Sont visés le véhicule terrestre à moteur et ses remorques ou semi-remorques.
▪ Sont exclus les véhicules circulant sur des chemins de fer et les tramways circulant
sur des voies qui leur sont propres (Civ. 2ème, 16 juin 2011).
▪ En cas de collision entre une automobile et un train à un passage à niveau.

I.2. Un accident de la circulation


1. Une voie de circulation
▪ Il n’est pas nécessaire que ce soit sur la voie publique.

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▪ L’accident automobile pendant une compétition sportive. Dans le système français,


la jurisprudence exclut l’application du droit commun (loi de 1985) entre
concurrents d’une compétition sportive.
▪ La jurisprudence considère généralement que la loi de 1985 ne s’applique pas
lorsque le dommage est causé par un véhicule occupé à une tâche particulière.
correspondant à une fonction spécifique qui n’a rien à voir avec leur fonction
naturelle de déplacement.
2. Un fait de circulation
▪ L’incendie dans un véhicule en stationnement rentre dans le champ d’application.

I.3. L’implication du véhicule dans l’accident


1. Les accidents simples
▪ Vis-à-vis des occupants du véhicule
➢ Il y a implication dès lors que l’accident survient entre la période qui sépare le
moment où le passager est entré en contact avec le véhicule jusqu’au moment où il
a perdu tout contact avec lui.
➢ Le véhicule est impliqué même si l’accident se produit au moment où la victime est
en train de prendre place dans le véhicule ou d’en descendre.
➢ L’implication peut découler d’un accident survenu à bord ou communiqué au
véhicule alors même qu’il n’y a pas eu de choc avec un obstacle extérieur.

▪ Vis-à-vis des tiers extérieurs au véhicule


➢ Il s’agit des piétons, cyclistes, conducteurs ou passagers d’autres véhicules.
➢ L’implication est difficile à établir en cas de contact avec le véhicule terrestre à
moteur sans mouvement de celui-ci.
➢ La jurisprudence admet que l’implication ne nécessite pas forcément un heurt ou
un choc mais exige que le véhicule ait joué un rôle dans l’accident, c.-à-d. qu’il soit
intervenu « à quelque titre que ce soit » (Civ. 2ème, 18 mars 1998)

2. Les accidents complexes


➢ Les carambolages : évolutions de la jurisprudence
➢ Les chocs successifs atteignant la même victime

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Deuxième leçon :
Le régime d’indemnisation

II.1. Indemnisation de la victime par le conducteur


1. La définition de conducteur
➢ Le conducteur éjecté de son véhicule par l’accident est considéré comme
conducteur.
➢ Le conducteur éjecté de son véhicule juste avant l’accident est considéré comme
non conducteur.
➢ L’automobiliste au volant de sa voiture remorquée par un autre véhicule est
conducteur.
➢ Celui qui n’est pas encore aux commandes de son véhicule, même s’il s’y prépare
ou vient de les quitter est non conducteur ; ex. la personne qui change une roue.
➢ Le conducteur resté aux commandes de son véhicule qui est victime d’un accident
qui l’empêche de piloter est un non conducteur en cas de nouvelle collision.
2. La situation du conducteur
▪ Les conséquences des fautes du conducteur : l’indemnisation de la victime par
ricochet.
▪ Celui qui invoque contre la victime sa qualité de conducteur doit la prouver.
▪ Le traitement de la victime par ricochet reste le reflet de celui de la victime directe:
il n’y a donc pas lieu de s’interroger sur une éventuelle faute de la victime par
ricochet.
▪ La faute de la victime directe est opposable à la victime par ricochet
➢ Si la victime est spécialement protégée, le préjudice de la victime par ricochet sera
réparé en tenant compte de cet événement.
➢ Lorsque plusieurs véhicules sont impliqués dans un accident de la circulation,
chaque conducteur a droit à l’indemnisation des dommages qu’il a subis,
directement ou par ricochet, sauf s’il a commis une faute ayant contribué á la
réalisation de son préjudice.

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II.2. Le débiteur de l’indemnité


1. Premier cas de figure : Collision (implication de plusieurs véhicules)
▪ Les victimes non conducteurs peuvent demander une indemnisation à tous les
conducteurs et gardiens de véhicules impliqués dans l’accident ; ils sont tenus in
solidum.
▪ Les victimes conducteurs peuvent demander chacune l’indemnisation des
dommages aux autres conducteurs.
▪ La répartition définitive est complexe
➢ Celui qui a payé possède un recours contre le autres, fondé sur la subrogation dans
les droits de la victime et sur le droit commun.
➢ La répartition définitive se fera en fonction de l’importance des fautes de chacun
des coauteurs.
➢ Exclusion du recours pour le tout d’un conducteur non fautif contre le conducteur
fautif.
➢ Partage des responsabilités en tenant compte des fautes ou pars viriles si les causes
de l’accident sont inconnues.

2. Deuxième cas de figure : Participation des personnes autres que le conducteur à l’accident.
▪ S’il y a des personnes fautives sur le fondement de la loi de 1973 et sur le fondement
du droit commun ; elles sont tenues in solidum.
▪ Celui qui a indemnisé la victime a un recours contre les autres responsables.
▪ La charge de l’indemnité est répartie en tenant compte de la gravité des fautes
respectives de chacun mais ce principe ne concerne pas la part d’indemnisation mise
à la charge du conducteur malgré la faute de la victime, ceci afin que la loi de 1985
n’ait pas pour conséquence d’augmenter la responsabilité de droit commun.
▪ Le recours d’un coauteur contre un responsable ne doit pas priver, même
incidemment, la victime de son droit à réparation.

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Chapitre 2.
La mise en œuvre de la responsabilité civile

Première leçon :
La réparation du dommage

A. Les principes de la réparation


1. Les modalités de la réparation
▪ La réparation en nature
▪ La réparation par équivalent
▪ Une réparation intégrale

2. Le principe de la réparation intégrale


▪ Que renferme ce principe ? Quel est son contenu du principe ?
➢ Le montant de l’indemnité est indépendant de la gravité de la faute : il dépend du
seul préjudice. Toutefois les juges se montrent souvent plus sévères plus sévères
lorsque la faute est grave que lorsque la faute est légère, spécialement en matière de
préjudice moral.
➢ Les juges tiennent également compte de la faute de chacun en cas de partage de
responsabilité.
➢ Le principe de la réparation intégrale interdit à la victime de minimiser son
dommage.

▪ L’évaluation du préjudice
➢ Concernant la date d’évaluation du préjudice : le préjudice est évalué au jour du
jugement.
➢ L’amélioration du sort de la victime postérieurement au jugement n’amène pas de
diminution de l’indemnité qui lui a été allouée.
➢ Lorsque son état s’aggrave, l’indemnité n’est pas non plus augmentée, mais il est
possible à la victime d’intenter une nouvelle action faisant état d’éléments nouveaux
d’aggravation. En l’absence d’éléments nouveaux, il y aura autorité de la chose
jugée.

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➢ Lorsque l’indemnité est allouée sous forme de rente, la jurisprudence prévoit que
celle-ci peut être indexée.
➢ La loi interdit l’indexation pour les rentes allouées en réparation du préjudice causé
par les automobiles et les deux-roues en cas de décès ou d’invalidité grave, mais une
majoration des rentes est prévue.
➢ L’évolution du préjudice peut avoir été prévue par le jugement qui s’appliquera dans
ce cas.

▪ Le cumul d’indemnités
➢ Les dommages aux biens : il n’est pas possible de cumuler l’indemnité versée par
l’assureur si la victime bénéficie d’une assurance dommage aux biens et l’indemnité
due par le responsable…
➢ Le dommage à la personne : la loi peut prévoir un recours subrogatoire concernant le
paiement de certaines sommes présentant un caractère indemnitaire telles que les
prestations versées par les organes de Sécurité sociale par exemple... C’est le cas de
la loi du 5 juillet 1985 en France sur les accidents de la circulation.

B. Les difficultés de la réparation


1. Les dommages matériels
▪ Les dommages matériels aux biens.
▪ Les dommages résultant de l’inexécution d’une obligation ayant pour objet une
somme d’argent.
➢ Le préjudice est compensé par des intérêts moratoires.
➢ Les intérêts compensatoires viennent compenser le préjudice.
➢ Les intérêts moratoires ont pour objet d’indemniser la victime du retard dans
l’exécution du contrat.

2. Le dommage corporel
▪ Le préjudice corporel est composé de plusieurs éléments notamment la réparation
des frais occasionnés par les soins et les dommages-intérêts compensant l’incapacité
de travail.
➢ Incapacité temporaire totale ou partielle (ITT ou ITP)
➢ Incapacité permanente total ou partielle (IPT ou IPP)

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▪ Les différents dommages subis par la victime doivent être pris en compte.
▪ La notion d’incapacité est désormais remplacée par celle de déficit fonctionnel : on
parle de déficit fonctionnel permanent et de déficit fonctionnel temporaire.
▪ L’état végétatif de la personne qui n’aurait pas conscience de son état ne peut pas
limiter l’indemnisation.
▪ Selon la jurisprudence, la victime peut refuser les soins qui réduiraient ou devraient
faire disparaître le dommage sans que la réparation de son préjudice subisse une
atteinte lorsque les soins sont pénibles ou aléatoires ; dans les autres cas elle commet
une faute peut conduire à réduire l’étendue de la réparation.

Deuxième leçon :
Le procès en responsabilité

A. Les parties à l’action


1. Le défendeur à l’action
▪ En principe, le défendeur à l’action est la personne civilement responsable du
dommage.
▪ La victime peut parfois agir contre plusieurs personnes qui seront coresponsables in
solidum.
▪ L’assureur : c’est le cas le plus fréquent car les victimes disposent contre l’assureur
d’une action directe.
▪ L’expérience française :
Le fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages.
▪ Ce fonds intervient pour les accidents de la circulation piétonniers quand l’auteur
du dommage est inconnu, non assuré ou si l’assureur est insolvable.
▪ Pour l’indemnisation des victimes de dommages corporels résultant d’infractions
pénales.
▪ Pour l’indemnisation des victimes d’une contamination par le sida suite à une
transfusion sanguine.
▪ Pour l’indemnisation des victimes d’actes de terrorisme :
➢ Lorsque le responsable est décédé, la victime peut agir contre ses héritiers ou son
cessionnaire.

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2. Le demandeur à l’action
Le demandeur à l’action en réparation peut être la victime immédiate ou directe, la victime
par ricochet et les tiers (personnes autres que la victime).

▪ La victime immédiate, directe


➢ Les héritiers sont assimilés à la victime directe
➢ Lorsque la victime est un mineur ou un majeur protégé, l’action sera intentée par
son représentant légal.
▪ La victime par ricochet
➢ Les victimes par ricochet sont le plus souvent les proches de la victime immédiate.
La faute de la victime immédiate est opposable à la victime par ricochet.
➢ Les clauses exclusives de responsabilité sont inopposables à la victime par ricochet
car celle-ci agit comme tiers.
➢ La victime par ricochet peut agir en dommages-intérêts en réparation de son
préjudice moral.
▪ Les personnes autres que la victime
Quand la victime a été indemnisée par le tiers payeur, c.-à-d. en pratique
par l’assureur, celui-ci est subrogé dans les droits de la victime. L’action des créanciers de
la victime : ils peuvent exercer l’action oblique

B. L’exercice de l’action en responsabilité civile


1. Les règles propres à l’action en responsabilité civile
▪ Le fondement de l’action : La responsabilité contractuelle et la responsabilité
délictuelle
➢ Principe de non-cumul de ces deux ordres de responsabilité.
➢ Il existe parfois une option, celle du choix entre les différentes hypothèses de
responsabilité délictuelle.

▪ Les règles de procédure


▪ Règles de compétence :
➢ La compétence matérielle est d’attribution. Illustration, en France, le TGI est
compétent à partir de 10 000€ ; TGI toujours compétents pour les dommages causés
par un VTM.

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➢ La compétence territoriale (art. 42 à 46 C. civ.).


▪ Régime de la preuve
Pour le fait juridique, la preuve est libre (art. 48 C. civ.)
▪ La prescription de l’action
➢ 30 ans en matière de responsabilité délictuelle (art. 24 C. civ.) ou de dommage
corporel (art. 26 C. civ.).
2. L’incidence de la responsabilité
▪ Le choix entre la voie pénale et la voie civile
➢ L’existence du choix
➢ La portée du choix
▪ L’influence du criminel sur le civil
➢ L’obligation du juge civil de surseoir à statuer
➢ L’autorité de la chose jugée au criminel sur le civil

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THEME II.
LES ENGAGEMENTS NON-CONVENTIONNELS
(Art. 246)

➢ Certains engagements se forment sans qu'il intervienne aucune convention, ni


de la part de celui qui s'oblige, ni de la part de celui envers lequel il est obligé.
➢ Les uns résultent de l'autorité seule de la loi; les autres naissent d'un fait
personnel à celui qui se trouve obligé.
➢ Les premiers sont les engagements formés involontairement, tels que ceux entre
propriétaires voisins.
➢ Les engagements qui naissent d'un fait personnel à celui qui se trouve obligé
résultent ou des quasi-contrats, ou des délits ou quasi-délits.

Chapitre 1.
Les quasi-contrats
➢ Les quasi-contrats sont les faits purement volontaires de l'homme, dont il résulte un
engagement quelconque envers un tiers, et quelquefois un engagement réciproque
des deux parties ( Art. 247).

Première leçon.
La gestion d’affaires
(art. 248 – 250 C. civ.)
Base légale :
Art. 248. - Lorsque volontairement on gère l'affaire d'autrui, que le propriétaire connaisse la gestion,
soit qu'i1 l'ignore, celui qui gère contracte l'engagement tacite de continuer la gestion qu'il a
commencée et de l'achever jusqu'à ce que le propriétaire soit en état d'y pourvoir lui-même; il doit se
charger également de toutes les dépendances de cette même affaire.
Il se soumet à toutes les obligations qui résulteraient d'un mandat exprès que lui aurait donné le
propriétaire.

I.1. Les conditions de la gestion d’affaires


A. Les protagonistes : le gérant et le géré

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1. Les conditions relatives au gérant d’affaires / Obligation de la manifestation de l’intention de gérer


l’affaire d’autrui.
▪ Le gérant doit avoir eu la volonté d’intervenir dans les affaires d’autrui et pour le
compte d’autrui, c.-à-d. dans l’intérêt du géré, maître de l’affaire.
➢ Celui qui croit agir pour lui-même alors qu’en réalité, il gère pour l’affaire d’autrui,
ne peut bénéficier des règles de la gestion d’affaires.
➢ Celui qui agit parce qu’il y est contraint par contrat ou par la loi ne peut pas se
prévaloir des règles de la gestion d’affaires, ni celui qui agit dans l’intérêt général.
▪ Le Code civil prévoit spécifiquement deux hypothèses dans lesquelles, il y a place
pour la gestion d’affaires :
➢ Dans le régime primaire des relations entre époux.
➢ Dans les rapports entre indivisaires.
▪ La capacité du gérant : Si le gérant est mineur ou un majeur protégé, la gestion
d’affaires ne produit pas d’effet pour lui mais fera naître des obligations à la charge
du géré.
▪ Cette incapacité empêchera de faire naître des obligations à la charge du gérant
2. Les conditions relatives à l’acte de gestion
▪ Peu importe que le maître de l’affaire soit capable ou non.
▪ Il ne peut y avoir gestion d’affaires que lorsque le maître de l’affaire ne manifeste
pas sa volonté au moment de l’acte ; il peut être au courant de la gestion d’affaires.
▪ Le gérant doit s’abstenir si le maître de l’affaire s’oppose à son intervention.
▪ S’il accepte, les règles contractuelles et celles du mandat s’appliquent.
B. Les conditions relatives à l’acte de gestion
1. L’objet de la gestion
a. La gestion d’affaires peut avoir pour objet des actes juridiques aussi bien que des actes matériels.
▪ Acte matériel : ex : réparer soi-même une partie du bâtiment du voisin
▪ Acte juridique :
➢ Gestion avec représentation : le gérant agit au nom et pour le compte du géré
➢ Gestion sans représentation : le gérant agit pour le compte du géré mais en son
propre nom.
b. Le gérant d’affaires ne peut intenter une action en justice dans le cadre de la gestion d’affaires

2. L’utilité de la gestion
a. L’affaire doit avoir été administrée

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➢ Il n’est pas nécessaire que la gestion soit urgente


➢ L’utilité s’apprécie au moment où l’acte intervient
b. La condition d’utilité de la gestion se ramène pour l’essentiel à une condition d’opportunité de la
gestion.

I.2. Les effets de la gestion d’affaires


A. Les effets de la gestion d’affaires dans les rapports entre le gérant et le géré.
1. Les obligations du gérant :
Le gérant d’affaires est tenu des mêmes obligations qu’un mandataire
➢ Devoir de gérer l’affaire en bon père de famille
➢ Obligation de rendre compte de sa gestion.
➢ Il ne répond pas des cas fortuits.
➢ Il est ainsi tenu de continuer la gestion qu’il a commencée jusqu’à son terme à moins
que le géré ou ses héritiers ne la refusent.
➢ Il doit se charger également de toutes les dépendances de l’affaire
2. Les obligations du géré :
➢ En principe le maître de l’affaire est tenu des mêmes obligations que le mandant
➢ Il doit accomplir les obligations que le gérant a contractées en son nom
➢ Il doit ainsi payer au gérant toutes les dépenses utiles et nécessaires qu’il a faites
➢ Il doit l’indemniser les pertes qui ne sont pas dues à ses fautes
➢ Il doit payer les intérêts des avances à compter du jour où il les a consenties et
indépendamment de toute mise en demeure.
➢ Il n’a pas d’obligation de le rémunérer.

B. Les effets de la gestion d’affaires à l’égard des tiers


Le gérant d’affaires est engagé envers les tiers avec lesquels il a traité en son nom personnel.
Le maître de l’affaire est engagé envers le tiers avec lesquels le gérant d’affaires a agi pour
le compte du maître.

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Deuxième leçon :
Le paiement et réception de l’indu
(art.252-257)

Art. 252. - Celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû, s'oblige à le restituer à
celui de qui il l'a indûment reçu.

II.1. Les conditions de la répétition


A. La condition objective : l’absence de dettes
▪ Cas de paiement de l’indu
➢ Le solvens (= celui qui paie) paie une dette qui n’existe pas
➢ Le solvens paie une dette qui n’existe plus
➢ Le solvens paie sa dette à une personne qui n’est pas son créancier
➢ Le solvens paie une dette dont il n’est pas débiteur
➢ Le délai de prescription de l’action en répétition est de 30 ans
B. Les conditions subjectives
▪ Concernant le solvens
➢ Le solvens a droit à la répétition de l’indu dès lors qu’il a payé alors qu’il n’était pas
débiteur.
➢ La répétition de l’indu n’est plus subordonnée à l’existence d’une erreur de la part
du solvens.
➢ La jurisprudence est encore variable sur le point de savoir si la faute du solvens est
un obstacle à l’action en répétition.
➢ Tantôt elle exige une erreur grossière de la part du solvens ainsi qu’un préjudice
anormal pour l’accipiens pour fermer l’action au demandeur.
➢ Dans certains cas, on constate que la même jurisprudence décide que la faute
d’imprudence ou de négligence du solvens ne le prive pas de son recours
contrairement à la faute lourde ou à la faute dolosive.
➢ Enfin, on trouve de décision selon laquelle une simple faute du solvens suffit à le
priver de toute action à condition qu’elle crée un préjudice anormal pour l’accipiens
et que ce dernier soit de bonne foi.
2. Du côté de l’accipiens
▪ L’accipiens est celui qui reçoit le paiement.

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▪ Lorsqu’il est créancier mais qu’il a supprimé son titre, la répétition est exclue.
▪ Il en est ainsi de l’hypothèse où l’accipiens n’a pas d’action contre le véritable
débiteur parce que son action est prescrite ou lorsque l’accipiens a abandonné ses
sûretés : le solvens aura alors une action fondée sur l’enrichissement sans cause.
▪ L’action en répétition de l’indu est exclue pour les obligations naturelles
II.2. Les modalités de la répétition
A. Les modalités de la répétition liées à la situation de l’accipiens

Art. 254. - S'il y a eu mauvaise foi de la part de celui qui a reçu, il est tenu de restituer, tant le capital
que les intérêts ou tes fruits, du jour du payement.
Art. 255. - Si la chose indûment reçue est un immeuble ou un meuble corporel. celui qui l'a reçue
s'oblige à la restituer en nature, si elle existe, ou sa valeur, si elle est périe ou détériorée par sa faute; il
est même garant de sa perte par cas fortuit, s'il l'a reçue de mauvaise foi.
Art. 256. - Si celui qui a reçu de bonne foi a vendu la chose, il ne doit restituer que le prix de la vente.
Art. 257. - Celui auquel la chose est restituée doit tenir compte, même au possesseur de mauvaise foi,
de toutes les dépenses nécessaires et utiles qui ont été faites pour la conservation de la chose.

▪ L’action en répétition de l’indu peut être exercée contre celui qui a reçu le paiement
ou contre celui pour le compte duquel il a été reçu.
▪ L’accipiens de bonne foi est tenu de restituer ce dont il s’est enrichi, c.-à-d. le capital
ou la chose perçu, mais pas les intérêts et les fruits qu’il a perçus ou consommés.
▪ L’accipiens de bonne foi ne répond pas des pertes et détériorations dues à sa faute.
L’accipiens doit toujours être remboursé de ses dépenses même s’il est de mauvaise
foi car il a ainsi augmenté la valeur de la chose.
➢ Les dépenses nécessaires et utiles à la conservation de la chose en totalité.
➢ Les dépenses utiles jusqu’à concurrence de la plus-value qu’elles ont donnée à cette
chose.

B. Les modalités de la répétition liées à la situation du solvens

Art. 253. - Lorsqu'une personne qui, par erreur, se croyait débitrice, a acquitté une dette, elle a le droit
de répétition contre le créancier.
Néanmoins, ce droit cesse dans le cas où le créancier a supprimé son titre par suite du paiement, sauf
le recours de celui qui a payé contre le véritable débiteur.

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Le solvens auquel une chose est restituée doit rendre compte à l’accipiens même de
mauvaise foi de toutes dépenses nécessaires et utiles que celui-ci a faites sur la chose.
Quand le solvens s’est montré imprudent, il peut voir sa responsabilité engagée envers
l’accipiens et le montant de la répétition pourra être diminué

Troisième leçon :
L’enrichissement sans cause

III.1. Les conditions de l’action « in rem verso »


A. Les conditions d’ordre économique
1. L’existence d’un enrichissement et d’un appauvrissement
a. L’enrichissement
➢ L’enrichissement est tout avantage appréciable en argent : accroissement d’actif,
diminution de passif ou perte évitée.
➢ L’action ne peut être intentée si l’enrichissement n’existe pas encore ou a disparu :
l’enrichissement doit subsister au moment où l’action est intentée.
b. L’appauvrissement
➢ L’appauvrissement peut résulter : d’une perte matérielle, d’un service rendu ou d’un
travail fait sans rémunération.
➢ L’appauvrissement ne doit pas trouver son origine dans une faute de l’appauvri.
➢ De plus en plus la jurisprudence semble ajouter une condition : l’absence d’intérêt
personnel de l’appauvri.
2. La corrélation entre appauvrissement et enrichissement
➢ Le même événement doit être à l’origine à la fois de l’appauvrissement et de
l’enrichissement.
➢ L’enrichissement ne doit pas nécessairement être direct : il ne doit pas
nécessairement se réaliser dans les rapports entre l’enrichi et l’appauvri.
➢ L’enrichissement peut être indirect, via le patrimoine d’un intermédiaire.

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B. Les conditions d’ordre juridique


1. L’absence de cause veut dire qu’il ne doit exister aucune raison juridique fondant l’appauvrissement.
2. La subsidiarité de l’action de « in rem verso ».
▪ Le demandeur ne peut intenter une action de in rem verso lorsqu’il a à sa disposition
une autre action naissant d’un contrat, d’un quasi-contrat, d’un délit ou d’un quasi-
délit.
▪ Exception : en cas d’enrichissement indirect, l’appauvri doit agir d’abord contre le
tiers puis contre l’enrichi.
3. Les effets de l’action de in rem verso
▪ L’appauvri peut obtenir une indemnisation de l’enrichi : l’indemnité est fixée à la
moins élevée des deux sommes.
▪ L’appauvrissement s’apprécie au jour où il s’est réalisé.
▪ L’enrichissement s’apprécie au jour de la demande en justice.
▪ En matière de dette alimentaire, le créancier non payé ne peut demander ni plus
que le montant de la dette alimentaire des débiteurs, ni réclamer pour une période
antérieure à la date du jugement constatant la dette alimentaire, en application de
l’adage « Aliments ne s’arréragent pas ».

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REVISION ET EVALUATION DU MODULE II


DU CONTRAT ET DE LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE

I. Evaluation théorique
II. Evaluation pratique
(Voir annexes)

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MODULE III.
REGIME, TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS

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PREMIER BLOC DE CONNAISSANCE :


LE REGIME DES OBLIGATIONS

THEME I. LES MODALITES DES OBLIGATIONS

CHAPITRE I.
LES MODALITES DU RAPPORT D’OBLIGATION
▪ Les modalités du rapport d’obligation lui-même ou modalités stricto sensu

Première leçon :
La condition

Art. 66. - L'obligation est conditionnelle lorsqu'on la fait dépendre d'un événement futur et incertain,
soit en la suspendant jusqu’à ce que l'événement arrive, soit en la résiliant, selon que l'événement
arrivera ou n'arrivera pas.

A. Différents types de condition


Selon les effets produits, les conditions sont multiples et variées.
1. La condition suspensive :
Art. 79. - L'obligation contractée sous une condition suspensive est celle qui dépend, ou d'un événement
futur et incertain, ou d'un événement actuellement arrivé, mais encore inconnu des parties.
Dans le premier cas, l'obligation ne peut être exécutée qu'après l'événement. Dans le second cas,
l'obligation a son effet du jour où elle a été contractée.
Art. 80. - Lorsque l'obligation a été contractée sous une condition suspensive, la chose qui fait la
matière de la convention demeure aux risques du débiteur qui ne s'est obligé de la livrer que dans le
cas de l'événement de la condition.
Si la chose est entièrement périe sans la faute du débiteur, l'obligation est éteinte.
Si la chose s'est détériorée sans la faute du débiteur, le créancier a le choix, ou de résoudre l'obligation,
ou d'exiger la chose dans l'état où elle se trouve, sans diminution du prix.
Si la chose s'est détériorée par la faute du débiteur le créancier a le droit, ou de résoudre l'obligation
ou d'exiger la chose dans l'état où elle se trouve, avec des dommages et intérêts.

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➢ La condition suspensive est celle dont les effets du contrat (c’est-à-dire la naissance
de l’obligation) dépendent d’un événement futur et incertain.

2. La condition résolutoire :
Art. 81. - La condition résolutoire est celle qui, lorsqu'elle s'accomplit, opère la révocation de
l'obligation, et qui remet les choses au même état que si l'obligation n'avait pas existé.
Elle ne suspend point l'exécution de l'obligation; elle oblige seulement le créancier à restituer ce qu'il a
reçu dans le cas où l'événement prévu par la condition arrive.
Art. 82. - La condition résolutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour
le cas où l'une des deux parties ne satisfera point à son engagement.
Dans ce cas, le contrat n'est point résolu de plein droit. La partie envers laquelle l'engagement n'a
point été exécuté, a le choix, ou de forcer l'autre à l'exécution de la convention lorsqu'elle est possible,
ou d'en demander la résolution avec dommages et intérêts.
La résolution doit être demandée en justice, et il peut être accordé au défendeur un délai selon les
circonstances
➢ Les effets du contrat (naissance ou disparition de l’obligation) se produisent mais
disparaissent si la condition se produit.

3. La condition casuelle (art. 69 C. civ.) :


Art. 67. - La condition casuelle est celle qui dépend du hasard et qui n'est nullement au pouvoir du
créancier ni du débiteur.
➢ La naissance ou l’exécution de l’obligation dépend du hasard et n’est nullement au
pouvoir du créancier ni du débiteur.

4. La condition potestative (art. 68 C. civ.) :


Art. 68. - La condition potestative est celle qui fait dépendre l'exécution de la convention d'un
événement qu'il est au pouvoir de l'une ou de l'autre des parties contractantes de faire arriver ou
d'empêcher.
▪ Elle se présente sous deux formes :
➢ La condition purement potestative : elle dépend de la volonté pure et simple d’une
personne ; elle est valable si elle dépend du seul créancier ; elle est nulle si elle
dépend du seul débiteur. La condition simplement potestative quand elle dépend de
la volonté de l’un des intéressés et d’un événement extérieur ; elle est en principe
valable sauf dans les donations.

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➢ La condition peut être mixte : l’événement dépend à la fois de la volonté de l’un des
intéressés et de la volonté d’un tiers.
Art. 69. - La condition mixte est celle qui dépend tout à la fois de la volonté d'une des parties
contractantes et de la volonté d'un tiers.

B. Le régime des conditions


1. Avant réalisation de la condition
▪ Hypothèse où la condition est suspensive
➢ Le contrat existe mais ne produit pas ses effets.
➢ Le créancier peut faire des actes conservatoires.
➢ Le droit du créancier est transmissible entre vifs ou à cause de mort.
▪ Hypothèse où la condition est résolutoire
➢ Tout se passe comme si le contrat était pur et simple.
➢ Le terme ne doit pas être obligatoirement fixé.
➢ La condition n’est censée défaillir que lorsqu’il est certain que l’événement
n’arrivera pas.
2. Après l’arrivée de la condition
▪ Hypothèse d’une condition est résolutoire
➢ Le contrat est censé n’avoir jamais existé.
➢ Lorsqu’il s’agit d’un contrat translatif de propriété, l’acquéreur sous condition
résolutoire doit restituer la chose mais pas les fruits.
➢ Les tiers qui ont acquis un droit de l’acquéreur sous condition voient leur droit
anéanti avec les mêmes limites qu’en cas de nullité (ex : maintien des actes
d’administration).
➢ Le contrat est définitivement consolidé en cas de défaillance de la condition.
▪ Hypothèse où la condition est suspensive
➢ Le contrat est censé produire ses effets depuis le jour de sa formation.
➢ Lorsqu’il s’agit d’un contrat translatif de propriété, le propriétaire est censé l’être
depuis la conclusion du contrat mais il n’a pas droit aux fruits
➢ Les actes accomplis par l’acquéreur sont validés rétroactivement
➢ Les actes accomplis par le cédant sont rétroactivement anéantis (sous réserve des
limites qui sont les mêmes qu’en cas de nullité).
➢ En cas de défaillance de la condition, les actes accomplis par le créancier sont
rétroactivement anéantis.

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Deuxième leçon :
Le terme

A retenir :
➢ Le terme diffère de la condition, en ce qu'il ne suspend point l'engagement, dont il
retarde seulement l'exécution (Art 83).
➢ Ce qui n'est dû qu'à terme ne peut être exigé avant l'échéance du terme: mais ce qui
a été payé d’avance ne peut être répété (Art 84).
➢ Le terme est toujours présumé stipulé en faveur du débiteur, à moins qu'iI ne résulte
de la stipulation, ou des circonstances, qu'il a été aussi convenu en faveur du
créancier (Art 85).

A. Classification de termes
▪ Le terme suspensif : il suspend l’événement d’une obligation exigible jusqu’à un
certain moment.
▪ Le terme extinctif : il fixe le moment où une obligation cesse d’être due.
▪ Le terme incertain : l’arrivée du terme correspond à un événement dont la date est
incertaine.
▪ Le terme certain : une date précise est prévue pour le terme
▪ Le terme conventionnel : il est prévu par les parties
▪ Le terme légal : il est déterminé par la loi
▪ Le terme judiciaire : il est accordé par un tribunal

B. Les effets du terme


1. Le mécanisme du terme
▪ Avant la survenance du terme
➢ La créance existe : le débiteur qui a payé n’a pas droit à répétition.
➢ La créance n’est pas exigible : le créancier ne peut agir en exécution ; la prescription
ne peut commencer à courir (art. 33 C.civ.).
▪ La survenance du terme
➢ La survenance du terme rend la créance exigible.
➢ Le créancier peut agir en exécution forcée après une mise en demeure préalable du
débiteur (art. 39 C. civ.).

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2. La fin du terme
➢ L’échéance du terme : c’est la modalité normale d’extinction du terme.
➢ La renonciation au bénéfice du terme : seul le bénéficiaire peut renoncer au terme.
➢ La déchéance du terme : il s’agit d’une sanction du bénéficiaire.
Le débiteur ne peut plus réclamer le bénéfice du terme lorsqu'il a fait faillite ou
lorsque, par son fait, il a diminué les sûretés qu'il avait données par le contrat à son
créancier (Art 86).

Troisième leçon :
Les obligations alternatives

➢ Le débiteur d'une obligation alternative est libéré par la délivrance de l'une des deux
choses qui étaient comprises dans l'obligation.
➢ Le choix appartient au débiteur s'il n'a pas été expressément accordé au créancier
(Art. 87).
➢ Le débiteur peut se libérer en délivrant l'une des deux choses promises, mais il ne
peut pas forcer le créancier à recevoir une partie de l'une et une partie de l'autre
(Art. 88).
➢ L'obligation est pure et simple quoique contractée d’une manière alternative, si l'une
des deux choses promises ne pouvait être le sujet de l'obligation (Art 89).
➢ L'obligation alternative devient pure et simple, si l'une des choses promises périt et
ne peut plus être livrée même par la faute du débiteur. Le prix de cette chose ne peut
pas être offert à sa place (Art. 90).
➢ Si toutes deux sont péries, et que le débiteur soit en faute à l'égard de l'une d'elles, il
doit payer le prix de celle qui a péri la dernière (Art. 91).
➢ Lorsque, dans les cas prévus par l'article précédent, le choix avait été déféré par la
convention au créancier; ou l'une des choses seulement est périe; et alors, si c'est
sans la faute du débiteur, le créancier doit avoir celle qui reste; si le débiteur est en
faute, le créancier peut demander la chose qui reste, ou le prix de celle qui est périe;
ou les deux choses sont péries; et alors, si le débiteur est en faute à l'égard des deux,
ou même à l'égard de l'une d'elles seulement, le créancier peut demander le prix de
l'une ou de l'autre à son choix (Art. 92).

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➢ Si les deux choses sont péries sans la faute du débiteur et avant qu'il soit en demeure,
l'obligation s'est éteinte (Art. 93).
➢ Les mêmes principes s'appliquent au cas où Il y a plus de deux choses comprises
dans l'obligation alternative (Art. 94).

Chapitre 2.
Les modalités relatives aux sujets des rapports d’obligations

Première leçon :
La pluralité des sujets

La pluralité des sujets face à l’exécution d’une obligation se manifeste à travers deux
hypothèses : cas des obligations conjointes et celui des obligations solidaires.

I.1. Les obligations conjointes : un créancier face à plusieurs débiteurs

Les étudiants de G2 Droit décident que désormais le 03 août, jour anniversaire de leur professeur de
droit des obligations, ils partageront avec lui un repas au restaurant « les Saints Noirs ».
Le jour « J » le buffet pour 400 personnes s’élève à 4000 dollars, soit 10 dollars par personne.
A la fin du repas, très convivial, l’addition arrive et la facture global est effectivement de 400 dollars.
Le paiement de cette facture relève-t-il d’une obligation conjointe ou solidaire ?

1. Le principe
Art. 98. - Il y a solidarité de la part des débiteurs lorsqu'ils sont obligés à une même chose, de manière
que chacun puisse être contraint pour la totalité et que le payement fait par un seul libère les autres
envers le créancier.
Art. 99. - L'obligation peut être solidaire quoique l'un des débiteurs soit obligé différemment de l'autre
au payement de la même chose; par exemple, si l'un n'est obligé que conditionnellement, tandis que
l'engagement de l'autre est pur et simple, ou si l'un a pris un terme qui n'est point accordé à l'autre.
Art. 100. - La solidarité ne se présume point, Il faut qu'elle soit expressément stipulée.
Cette règle ne cesse que dans les cas où la solidarité a lieu de plein droit, en vertu d'une disposition de
la 101.

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Art. 101. - Le créancier d'une obligation contractée solidairement peut s'adresser à celui des débiteurs
qu'il veut choisir, sans que celui-ci puisse lui opposer le bénéfice de division.
Art. 102. - Les poursuites faites contre l'un des débiteurs n’empêchent pas le créancier d'en exercer de
pareilles contre les autres.
Art. 103. - Si la chose due a péri par la faute ou pendant la demeure de l'un ou de plusieurs des
débiteurs solidaires, les autres codébiteurs ne sont point déchargés de l'obligation de payer le prix de la
chose mais ceux-ci ne sont point tenus des dommages et intérêts.
Le créancier peut seulement répéter les dommages et intérêts tant contre les débiteurs par la faute
desquels la chose a péri, que contre ceux qui étaient en demeure.
Art. 104. -les poursuites faites contre l'un des débiteurs solidaires interrompent la prescription à l'égard
de tous.
Art. 105. - la demande d'intérêts formée contre l'un des débiteurs solidaires fait courir les intérêts à
l'égard de tous.
▪ Lorsque l’obligation est conjointe, plusieurs personnes sont tenues d’une même
dette.
▪ A défaut de stipulation particulière telle que la solidarité ou l’application d’autres
stipulations légales ou judiciaires, l’obligation est conjointe en cas de pluralité de
débiteurs ou de créanciers.
▪ L’obligation conjointe permet la division de l’obligation par parts égales entre les
créanciers ou les débiteurs.
2. Les effets
➢ Le créancier peut demander le paiement de sa créance à l’un quelconque de
ses débiteurs. Le débiteur ne peut être poursuivi que pour sa part de dette.
➢ L’interruption de la prescription ou la chose jugée vis-à-vis de l’un des débiteurs ne
s’étend pas aux autres.
➢ La mise en demeure d’un débiteur n’a pas d’effet sur ses codébiteurs et l’obligation
nulle ou éteinte à l’égard de l’un ne l’est pas à l’égard des autres sauf cas où
l’obligation est elle-même en cause.
➢ En fait, il s’agit de la solidarité légale qui peut avoir plusieurs fondements
notamment la communauté d’intérêt entre les débiteurs, la responsabilité commune
des codébiteurs et, plus généralement, l’idée de sanction ou le but de renforcer le
crédit.

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➢ Par exception, cette obligation conjointe peut également trouver sa source dans les
usages. Elle se présume en matière commerciale entre débiteurs tenus d’une même
dette.

I.2. Obligation solidaire (art.95) : Un seul débiteur face à plusieurs créanciers

Art. 95. - L'obligation est solidaire entre plusieurs créanciers lorsque le titre donne expressément à
chacun d'eux le droit de demander le payement du total de la créance, et que le payement fait à l'un
d'eux libère le débiteur, encore que le bénéfice de l'obligation soit partageable et divisible entre les divers
créanciers.
Art. 96. - Il est au choix du débiteur de payer à l'un ou à l'autre des créanciers solidaires, tant qu'il
n'a pas été prévenu par les poursuites de l'un d'eux.
Néanmoins, la remise qui n'est faite que par l'un des créanciers solidaires ne libère le débiteur que pour
la part de ce créancier.
Art. 97. - Tout acte qui interrompt la prescription à l'égard de l'un des créanciers solidaires, profite
aux autres créanciers.
▪ La solidarité active ne peut découler que d’une stipulation expresse (art.95 C.civ.)
▪ Elle ne peut être tacite.
▪ Elle ne peut jamais être présumée.
▪ Elle n’a pas à être forcément prévus par la loi.

1. L’existence de la solidarité
➢ La solidarité doit être stipulée dans le contrat qui fait naître la dette ou elle doit être
prévue par la loi (art. 94 C. civ.).
➢ La solidarité conventionnelle est prévue par l’acte juridique (ex : un contrat, un
testament, etc.). La volonté de solidarité doit être claire et explicite.
➢ Celui qui invoque la solidarité doit apporter la preuve de son existence. En d’autres
termes, de la stipulation contractuelle ou de la disposition légale qui la prévoit.
➢ Elle ne peut trouver sa source que dans une stipulation expresse (art. 97C. civ.). Elle
est rare en pratique.

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2. Les effets de la solidarité


a. La solidarité active
➢ Chacun des créanciers peut demander le paiement intégral de la créance au débiteur
(art.97C. civ.).
➢ Le débiteur qui a payé à l’un des créanciers est libéré à l’égard de tous (art.98 al.1C.
civ.).
➢ Le créancier qui a été payé doit alors rembourser leur part à chacun des autres
créanciers.
➢ Les actes accomplis par un créancier peuvent profiter aux autres mais en aucun cas
leur nuire (art. 99 C. civ.). Ex : mise en demeure, interruption de la prescription,
etc.
➢ La remise faite par l’un des créanciers solidaires ne libère le débiteur que pour la
part de ce créancier (art.98 al. 2 C. civ.). Le même principe est applicable lorsqu’une
transaction, une novation ou une confusion libératoire a lieu entre le débiteur et
l’un seulement des créanciers solidaires (art. 65 al. 3 C. civ.).
b. La solidarité passive
Art. 98. - Il y a solidarité de la part des débiteurs lorsqu'ils sont obligés à une même chose, de manière
que chacun puisse être contraint pour la totalité et que le payement fait par un seul libère les autres
envers le créancier.
▪ Les effets principaux
➢ L’obligation à la dette.
➢ Le créancier peut demander le paiement de la totalité de la dette à l’un quelconque
des codébiteurs mais les codébiteurs ne sont pas tous forcément tenus de la même
manière (art. 98 C. civ.) : il y a unité de la dette.
➢ Le paiement de la dette libère tous les débiteurs
➢ Le paiement partiel les libère partiellement.
➢ Sauf si la dette est indivisible, les héritiers ne sont tenus que pour leur part et non
pour le tout.
▪ Le créancier peut engager une action contre plusieurs débiteurs ou contre un seul
d’entre eux sans même mettre en cause ou avertir les autres.
➢ Un débiteur peut opposer une action qui lui est personnelle (art. 1208 C. civ.) ainsi
que les exceptions relatives à la dette.
➢ Un débiteur ne peut opposer invoquer un bénéfice de division ou de discussion

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➢ Un débiteur peut appeler ses codébiteurs en garantie


La contribution à la dette
➢ La dette est divisée entre les codébiteurs au point de vue de la charge définitive.
➢ Le débiteur qui a payé le tout peut poursuivre chacun de ses codébiteurs pour sa
part.
▪ Les effets secondaires
▪ Chacun des codébiteurs représente les autres vis-à-vis du créancier lorsqu’il y va de
leur intérêt. La jurisprudence considère que la chose jugée à l’égard de l’un des
codébiteurs est opposable aux autres, de même que la tierce opposition ou la
transaction si elle profite aux autres.
▪ Lorsque la prescription est interrompue par le créancier auprès d’un débiteur, elle
est également interrompue à l’égard des autres débiteurs. Si l’un des débiteurs
solidaires est mis en demeure, celle-ci ne vaut pas pour les autres débiteurs. Si une
demande d’intérêts a été formée contre l’un des débiteurs solidaires, elle fait courir
les intérêts à l’égard de tous.

Art. 102. - Les poursuites faites contre l'un des débiteurs n’empêchent pas le créancier d'en exercer de
pareilles contre les autres.
Art. 103. - Si la chose due a péri par la faute ou pendant la demeure de l'un ou de plusieurs
des débiteurs solidaires, les autres codébiteurs ne sont point déchargés.

3. La disparition de la solidarité
➢ Le décès de l’un des codébiteurs solidaires. Sa part de dettes se divise entre ses
cohéritiers.
➢ La remise de solidarité : elle peut être expresse ou tacite, totale ou partielle

I.3. L’obligation in solidum


1. La notion d’obligation in solidum
➢ Cette notion désigne le lien juridique à la charge de plusieurs personnes portant sur
une même dette en l’absence de solidarité.
2. Les effets de l’obligation in solidum
➢ Les effets secondaires de la solidarité ne s’appliquent pas à l’obligation in solidum ;
seuls les effets principaux peuvent être mis en œuvre.
➢ L’obligation in solidum et la solidarité tendent à protéger la victime.

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Deuxième leçon :
Les obligations indivisibles et divisibles

II.1. Définitions
L'obligation est divisible ou indivisible selon qu'elle a pour objet ou une chose qui dans sa
livraison, ou un fait qui dans l'exécution est ou n'est pas susceptible de division, soit
matérielle, soit intellectuelle (Art. 115).
➢ L'obligation est indivisible, quoique la chose ou le fait qui en est l'objet soit divisible
par sa nature, si le rapport sous lequel elle est considérée dans l'obligation ne la rend
pas susceptible d'exécution partielle (Art. 116).
➢ La solidarité stipulée ne donne point à l'obligation le caractère d’indivisibilité (Art.
117).

II.2. Les effets


1. Les effets de l'obligation divisible
a. Le principe
➢ L'obligation qui est susceptible de division doit être exécutée entre le créancier et
le débiteur comme si elle était indivisible.
➢ La divisibilité n'a d'application qu'à l'égard de leurs héritiers, qui ne peuvent
demander la dette ou qui ne sont tenus de la payer, que pour les parts dont ils sont
saisis ou dont ils sont tenus comme représentant le créancier ou le débiteur (Art.
118).
b. Les exceptions à l'égard des héritiers du débiteur :
1) Cas où la dette est hypothécaire;
2) Cas d'un corps certain;
3) Cas la dette alternative de choses au choix du créancier, dont l'une est indivisible;
4) Lorsque l'un des héritiers est chargé seul, par le titre, de l'exécution de l'obligation;
5) Lorsqu'il résulte, soit de la nature de l'engagement, soit de la chose qui en fait l'objet,
soit de la fin qu'on s'est proposée dans le contrat, que l'intention des contractants a
été que la dette ne put s'acquitter partiellement.

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Dans les trois premiers cas, l'héritier qui possède la chose due ou le fonds hypothéqué à la
dette, peut être poursuivi pour le tout sur la chose due ou sur le fonds hypothéqué, sauf le
recours contre ses cohéritiers.
Dans le quatrième cas, l'héritier seul chargé de la dette, et dans le cinquième cas, chaque
héritier peut aussi être poursuivi pour le tout; sauf recours contre ses cohéritiers (Art.119).
▪ Les effets de l'obligation indivisible
Chacun de ceux qui ont contracté conjointement une dette indivisible en est tenu pour le
total, encore que l'obligation n'ait pas été contractée solidairement (Art.120).
Il en est de même à l'égard des héritiers de celui qui a contracté une pareille obligation
(Art.121).
Chaque héritier du créancier peut exiger en totalité l'exécution de l'obligation indivisible.
Il ne peut seul faire la remise de la totalité de la dette; il ne peut recevoir seul le prix au lieu
de la chose. Si l'un des héritiers a seul remis la dette ou reçu le prix de la chose, son
cohéritier ne peut demander la chose indivisible qu'en tenant compte de la portion du
cohéritier qui a fait la remise ou qui a reçu le prix (Art.122).
L'héritier du débiteur, assigné pour la totalité de l'obligation, peut demander un délai pour
mettre en cause ses cohéritiers, à moins que la dette ne soit de nature à ne pouvoir être
acquittée que par l'héritier assigné, qui peut alors être condamné seul, sauf son recours en
indemnité contre ses cohéritiers (Art.123).
➢ L’obligation indivisible est celle qui ne peut être exécutée partiellement.
➢ Lorsque plusieurs contrats sont considérés comme indivisibles, il est porté atteinte
à l’effet relatif des contrats.
➢ Lorsque les deux contrats constituent un ensemble contractuel indivisible, la
résiliation de l’un des contrats entraîne la caducité de l’autre et libère le débiteur des
stipulations que celui-ci contenait.

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DEUXIEME BLOC DE CONNAISSANCE :


TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS

THEME I.
LA TRANSMISSION DES OBLIGATION

Chapitre 1.
La cession du rapport d’obligation

I.1. La cession ou transport de créance


Fondement juridique :
Art. 352. - Dans le transport d'une créance, d'un droit ou d'une action sur un tiers, la
délivrance s'opère entre le cédant et le cessionnaire par la remise du titre.
Art. 353. - Le cessionnaire n'est saisi à l'égard des tiers que par la signification du transport
faite au débiteur.
Néanmoins, le cessionnaire peut être également saisi par l'acceptation du transport faite par
le débiteur dans un acte authentique.
Art. 354. - Si, avant que le cédant ou !e cessionnaire eût signifié le transport au débiteur,
celui-ci avait payé le cédant, il sera valablement libéré.
Art. 355. - la vente ou cession d'une créance comprend les accessoires de la créance, tels que
caution, privilège et hypothèque.
Art. 356. - Celui qui vend une créance ou autre droit incorporel doit en garantir l'existence au
temps du transport, quoiqu'il soit fait sans garantie.
Art. 357. - Il ne répond de la solvabilité du débiteur que lorsqu’il s'y est engagé, et jusqu’à
concurrence seulement du prix qu'il a retiré de sa créance.
Art. 358. - Lorsqu'il a promis la garantie de la solvabilité du débiteur, cette promesse ne
s'entend que de la solvabilité actuelle, et ne s'étend pas au temps à venir, si le cédant ne l'a
expressément stipulé.
Art. 359. - Celui qui vend une hérédité sans en spécifier en détail les objets, n'est tenu de
garantir que sa qualité d'héritier.

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Art. 360. - S'il avait déjà profité des fruits de quelque fonds, ou reçu le montant de quelque
créance appartenant à cette hérédité, ou vendu quelques effets de la succession, il est tenu de
les rembourser à l'acquéreur, s'il ne les a expressément réservés lors de la vente.
Art. 361. - L'acquéreur doit, de son côté, rembourser au vendeur ce que celui-ci a payé pour
les dettes et charges de la succession, et lui faire raison de tout ce dont il était créancier, s'il
n'y a stipulation contraire.
Art. 362. - Celui contre lequel on a cédé un droit litigieux peut s'en faire tenir quitte par le
cession na ire, en lui remboursant le prix réel de la cession, avec les frais et loyaux coûts, et
avec les intérêts à compter du jour où le cessionnaire a payé le prix de la cession à lui faite.
Art. 363. - La chose est censée litigieuse dès qu'il ya procès et contestation sur le fond du
droit.
Art. 364. - La disposition portée en l'article 362 cesse:
1° dans le cas où la cession a été faite à un cohéritier ou copropriétaire du droit cédé;
2° lorsqu'elle a été faite à un créancier en payement de ce qui lui est dû;
3° lorsqu'elle a été faite au possesseur de l'héritage sujet au droit litigieux.

A. La cession de créance de droit commun


1. Les conditions
a. Concernant les parties au contrat
▪ La cession de créance est un contrat consensuel.
▪ Les conditions de la cession de créance sont les conditions de validité des contrats
de droit commun.
▪ Toute créance est susceptible d’être cédée, sauf les créances futures, les pensions
alimentaires, les contributions aux charges du mariage, les pensions civiles et
militaires et une partie des rémunérations du travail
b. Rapport avec les tiers
▪ Le débiteur cédé doit être informé de la cession par signification par exploit
d’huissier ou acceptation du débiteur de la cession dans l’acte authentique qui la
relate ; il existe de nombreux aménagements à ce principe.
▪ Cette mesure de publicité a plusieurs intérêts
▪ Vis-à-vis du débiteur : le débiteur peut s’acquitter de sa dette auprès du cédant tant
que les formalités de publicité ne sont pas accomplies.

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▪ Vis-à-vis des autres cessionnaires : si la créance a été cédée plusieurs fois, c’est celui au
profit duquel la formalité a été faite en premier qui est cessionnaire et non pas celui
à qui la créance a été cédée le premier.
▪ Vis-à-vis des créanciers chirographaires : tant que les formalités légales n’ont pas été
accomplies, les créanciers chirographaires peuvent considérer que la créance est
toujours dans le patrimoine du débiteur et peut être poursuivie.
2. Les effets
▪ Le transfert de la créance et ses accessoires, y compris les actions en responsabilité
▪ contre les tiers, pour son montant nominal, même si le prix payé est différent.
▪ Le cédé peut opposer au cessionnaire les exceptions qu’il pouvait opposer au
cédant. Le débiteur (le cédé) peut invoquer contre le cessionnaire (le contractant)
les exceptions inhérentes à la dette même si elles sont apparues postérieurement à
la notification de la cession.
▪ Le cédant est tenu de l’existence de la créance et des sûretés qui lui sont attachées
mais pas de la solvabilité du débiteur ; les parties peuvent modifier l’étendue de cette
garantie dans leur convention.
B. La cession de tiers négociables
▪ Le cessionnaire de bonne foi ne peut se voir opposer les exceptions que le débiteur
pouvait opposer au cédant.
▪ La garantie du cédant est souvent plus forte qu’en droit commun.

C. La cession Dailly ou l’affacturage


▪ La cession Dailly permet à une entreprise de céder à sa banque ses créances sur ses
clients pour obtenir ou garantir un crédit au moyen d’un bordereau (loi Dailly du 2
janvier 1981). La remise du bordereau à son destinataire entraîne de plein droit le
transfert des créances. Elle ne nécessite pas de notification ou d’acceptation du
débiteur cédé.
▪ Les effets de l’affacturage sont les suivantes :
➢ Le transfert de plein droit des créances entre les parties avec tous leurs accessoires,
sûretés et garanties.
➢ Le débiteur ne peut opposer à la banque les exceptions fondées sur un rapport
personnel avec le cédant.
➢ Le cédant est garant solidaire des créanciers cédés à l’établissement de crédit.

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I.2. La cession de dette


Les dettes sont en principe incessibles : toute cession n’est possible qu’avec l’accord du
créancier.
A. Types de cessions de dettes :
▪ La cession imparfaite
➢ Le créancier a toujours la possibilité de recourir contre le débiteur initial (le cédant).
➢ Exemple : L’acquéreur d’un immeuble doit continuer le bail conclu par son auteur
▪ La cession parfaite
➢ Elle ne peut être que conventionnelle
➢ La dette est transférée au cessionnaire avec tous ses accessoires.

I.3. La cession de contrat


A. Les hypothèses
➢ La cession d’une entreprise ou d’une exploitation, l’obligation pour le cessionnaire
de respecter les contrats de travail en cours.
➢ Des cessions conventionnelles
➢ La cession de contrat est souvent exclue dans les contrats intuitu personae
B. Le régime
Le cessionnaire est tenu du contrat transmis envers le cédé pour la période postérieure au
contrat.
La cession de contrat est subordonnée au consentement du cocontractant cédé.
La seule acceptation par le créancier de la substitution d’un nouveau débiteur au premier,
même si elle n’est assortie d’aucune réserve, n’implique pas, en l’absence de déclaration
expresse, qu’il ait entendu décharger originaire de sa dette.

I.4. La délégation
A. La délégation imparfaite
1. Les conditions
➢ Nécessité de l’engagement du délégué, pour lequel aucune formalité particulière
n’est exigée.
➢ L’acceptation du délégataire.
2. Les effets

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▪ Il y a création d’une obligation nouvelle entre délégué et délégataire.


➢ La délégation crée une nouvelle obligation entre le délégué et le délégataire.
➢ Le délégué ne peut opposer au délégataire des exceptions tirées de ses rapports avec
le délégant sauf si le délégataire est de mauvaise foi ou en cas de stipulation
contrainte des parties.
➢ Le délégué ne peut invoquer les rapports délégant/délégataire sauf lorsqu’il
s’engage expressément à payer ce que doit le délégant.
▪ Il y a la persistance de l’obligation existant entre le délégué et le délégant.
➢ L’obligation qui existait entre le délégué et le délégant ne disparaît pas
➢ Le délégataire conserve toutes les sûretés et actions liées à sa créance et ne peut
opposer au délégataire les exceptions liées à ses rapports avec le délégué ou
découlant du rapport délégué/délégataire.

B. La délégation parfaite
1. Les conditions
Ce sont les mêmes conditions que pour la délégation imparfaite.
Il faut en plus une manifestation expresse du délégataire libérant le délégant de
son obligation.
Art.167.– La délégation par laquelle un débiteur donne au créancier un autre débiteur qui s’oblige
envers le créancier, n’opère point de novation, si le créancier n’a expressément déclaré qu’il entendait
décharger son débiteur qui a fait la délégation.
➢ Le créancier qui a déchargé le débiteur par qui a été faite la délégation n’a point de
recours contre ce débiteur, si le délégué devient insolvable, à moins que l’acte n’en
contienne une réserve expresse, ou que le délégué ne fût déjà en faillite ouverte, ou
tombé en déconfiture au moment de la délégation. (Art.168).
2. Les effets
➢ La délégation parfaite crée une nouvelle obligation : les conséquences sont les
mêmes que pour la délégation imparfaite.
➢ L’engagement du délégant envers le délégataire s’éteint

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THEME II.
EXTINCTION DES OBLIGATIONS

Art. 132. - Les obligations s'éteignent par le paiement, par la novation, par la remise volontaire, par
la compensation, par la confusion, par la perte de la chose, par la nullité ou la rescision, par l'effet de
la condition résolutoire, qui a été expliquée au chapitre précédent, et par la prescription.

Chapitre 1.
Le paiement

Première leçon :
Le paiement volontaire

I.1. Les parties concernées


a. Le solvens
Art. 134.C.civ - Une obligation peut être acquittée par toute personne qui y est intéressée, telle qu'un
coobligé ou une caution.
L'obligation peut même être acquittée par un tiers qui n'y est point intéressé, pourvu que ce tiers agisse
au nom et en l'acquît du débiteur, ou que, s'il agit en son nom propre, il ne soit pas subrogé aux droits
du créancier.
➢ Le solvens est celui qui paie. Il s’agit du débiteur lui-même, de son représentant ou
de toute personne qui a intérêt à l’acquittement de la dette (= mandataire,
codébiteur, caution, etc.).
➢ Le créancier ne peut refuser le paiement fait par un tiers que lorsqu’il s’agit d’une
obligation de faire conclue intuitu personae.
Art. 135. C. civ - L'obligation de faire ne peut être acquittée par un tiers contre le gré du créancier,
lorsque ce dernier a intérêt qu'elle soit remplie par le débiteur lui-même.

b. L’accipiens
Art. 137. C.civ. - Le payement doit être fait au créancier, ou à quelqu’un ayant pouvoir de lui ou qui
soit autorisé par la justice ou par la loi à recevoir pour lui.
Le payement fait à celui qui n'aurait pas pouvoir de recevoir pour le créancier, est valable, si celui-ci
le ratifie, ou s'il en a profité.

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Art. 138. C.civ - Le payement fait de bonne foi à celui qui est en possession de la créance, est valable
encore que le possesseur en soit par la suite évincé.
Art. 139. C.civ - Le payement fait au créancier n'est point valable s'il était incapable de le recevoir, à
moins que le débiteur ne prouve que la chose payée a tourné au profit du créancier.
➢ L’accipiens est celui qui reçoit le paiement.
➢ Il peut s’agir du créancier lui-même ou de son représentant à condition que celui-ci
ait reçu, judiciairement ou conventionnellement le pouvoir d’encaisser ce paiement.

I.2. L’objet du paiement

▪ Le principe

Art. 141.C.civ. - Le créancier ne peut être contraint de recevoir une autre chose que celle qui lui est
due, quoique la valeur de la chose offerte soit égale, ou même plus grande.
Art. 142. C.civ. - Le débiteur ne peut point forcer le créancier à recevoir en partie le payement d'une
dette, même divisible.
Les juges peuvent néanmoins, en considération de la position du débiteur, et en usant de ce pouvoir
avec une grande réserve, accorder des délais modérés pour le payement, et surseoir l'exécution des
poursuites, toutes choses demeurant en état.
Art. 143. C.civ. - Le débiteur d'un corps certain et déterminé est libéré par la remise de la chose en
l'état où elle se trouve lors de la livraison, pourvu que les détériorations qui y sont survenues ne viennent
point de son fait ou de sa faute, ni de celle des personnes dont il est responsable, ou qu'avant ces
détériorations il ne fût pas en demeure.
Art. 144. C.civ. - Si la dette est d'une chose qui ne soit déterminée que par son espèce, le débiteur ne
sera pas tenu, pour être libéré, de la donner de la meilleure espèce; mais il ne pourra l'offrir de la plus
mauvaise.
➢ S’il s’agit d’une chose de genre : le débiteur fournit la chose prévue dans la quantité et
la qualité prévues ; si la qualité n’est pas prévue, c’est la qualité moyenne.
➢ Cas d’un corps certain : « le débiteur d’un corps certain et déterminé est libéré par la
remise de la chose en l’état où elle se trouve lors de la livraison, pourvu que les
détériorations qui y sont survenues ne viennent point de son fait ou de sa faute, ni
de celle des personnes dont il est responsable, ou qu’avant ces détériorations, il ne
fût pas en demeure ». l’acquéreur supporte les risques de la chose.

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➢ « Le débiteur ne peut forcer le créancier à recevoir en partie le paiement


d’une dette, même divisible ». Le créancier est libre de refuser un paiement partiel.

▪ Cas spécifique: Paiement d’une somme d’argent


➢ Le principe est le paiement par espèces en monnaie fiduciaire
➢ Le paiement par chèque est possible, et même obligatoire dans certains cas.
Exemple d’achat de biens et services à partir d’un montant prédéfini par la loi.
➢ Le paiement par monnaie électronique est possible.
➢ Dans tous les cas, le principe du nominalisme monétaire est applicable.

I.3. Les conditions de validité du paiement


Art. 136.C.civ - Pour payer valablement, il faut être propriétaire de la chose donnée en payement
et capable de l'aliéner.
➢ Le solvens doit être propriétaire de la chose donnée en paiement.
➢ Le solvens doit être capable.

I.4. Les circonstances du paiement

Art. 145. - Le payement doit être exécuté dans le leu désigné par la convention, Si le lieu n'y est pas
désigné, le payement, lorsqu'il s'agit d'un corps certain et déterminé, doit être fait dans le lieu où était,
au temps de l'obligation, la chose qui en fait l'objet.
Hors ces deux cas, le payement doit être fait au domicile du débiteur.
Art. 146. - Les frais du payement sont à la charge du débiteur.

A. La date du paiement
▪ Le principe
➢ Le paiement a lieu au terme fixé par les parties.
▪ Des exceptions (art.142 C.civ.)
Les juges peuvent, en considération de la position du débiteur, et en usant de son pouvoir
avec une grande réserve, accorder des délais modérés pour le payement, et surseoir
l'exécution des poursuites, toutes choses demeurant en état.
➢ Délai de grâce judiciaire

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➢ Délai moratoire : mesure collective destinée à suspendre des poursuites ou voies


d’exécution contre une certaine catégorie de débiteurs dans certains cas (mesure
législative ou réglementaire).
➢ Le paiement immédiat s’il n’y a pas de terme fixé

B. Le lieu du paiement
▪ Le principe
Le payement doit être exécuté dans le lieu désigné par la convention, Si le lieu n'y est pas désigné, le
payement, lorsqu'il s'agit d'un corps certain et déterminé, doit être fait dans le lieu où était, au temps
de l'obligation, la chose qui en fait l'objet. Hors ces deux cas, le payement doit être fait au domicile du
débiteur. (Art. 145.C.civ)
➢ La dette est quérable et non portable.
➢ Le paiement est fait au lieu du domicile du débiteur.
▪ Des exceptions
➢ Les parties peuvent convenir d’un autre lieu.
➢ Certaines exceptions sont souvent prévues par le législateur (art. 145al. C. civ.)

I.5. Preuve et effets du paiement

Art. 198. - Les règles qui concernent la preuve littérale, la preuve testimoniale, les
présomptions, l'aveu de la partie et le serment, sont expliquées dans les sections suivantes.

A. Administration de la preuve du paiement


Art. 197.C.civ. - Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver.
Réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le payement ou le fait qui a produit
l'extinction de son obligation.
➢ Le reçu et la quittance (décharge) sont les procédés traditionnellement utilisés.
➢ La preuve du paiement peut se faire par tous moyens.
1. La preuve littérale
2. La preuve testimoniale
3. Les présomptions
4. L’aveu
5. Le serment

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B. Les effets du paiement


1. Les effets du paiement ordinaire
▪ Le principe :
➢ Le paiement libère le débiteur et éteint la dette.
▪ Des atténuations au principe, en cas de plusieurs dettes :
➢ En cas de paiement partiel, la dette la plus faible est éteinte lorsque le paiement est
égal au montant de la plus faible des dettes.
➢ Le paiement s’impute d’abord sur les intérêts, puis sur le capital. Lorsque ni le
débiteur, ni le créancier n’ont fait de choix, l’imputation se fait d’abord sur les dettes
échues (par rapport aux dettes non échues).
➢ Si les dettes sont toutes échues ou toutes non échues, l’imputation se fait sur la dette
que le débiteur avait le plus intérêt à régler.
➢ Si l’intérêt n’est pas possible á déterminer, l’imputation se fait sur la dette la plus
ancienne ou sur les plus anciennes proportionnellement si elles sont d’anciennetés
égales.

2. La subrogation
a. notions
La subrogation consiste à substituer une personne à une autre pour le paiement de la dette.
Elle peut découler d’une convention ou des dispositions légales.
Art. 147.C.civ. - La subrogation dans les droits du créancier au profit d'une tierce personne qui le
paie, est ou conventionnelle ou légale.

▪ La subrogation conventionnelle
Art. 148. C.civ. :
- Cette subrogation est conventionnelle:
1° lorsque le créancier, recevant son payement d'une tierce personne, la subroge dans ses
droits, actions, privilèges ou hypothèques contre le débiteur: cette subrogation doit être
expresse et faite en même temps que le payement;
2° lorsque le débiteur emprunte une somme à l'effet de payer sa dette et de subroger le
prêteur dans les droits du créancier. Il faut, pour que cette subrogation soit valable, que l'acte
d'emprunt et la quittance soient passés devant notaires; que, dans l'acte d'emprunt, il soit
déclaré que la somme a été empruntée pour faire le payement, et que, dans la quittance, il soit

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déclaré que le payement a été fait des deniers fournis à cet effet par le nouveau créancier,
Cette subrogation s'opère sans le concours de la volonté du créancier.
➢ Il s’agit de la subrogation consentie par le créancier.
➢ Elle nécessite un accord entre le solvens et le créancier.
➢ Elle doit être expresse et se faire en même temps que le paiement (il existe des
atténuations à ce principe).
➢ Le paiement doit être le fait d’un tiers.
➢ Ce mécanisme est utilisé par les professionnels sous le nom d’affacturage
➢ La subrogation consentie par le débiteur
➢ La forme notariée est imposée
➢ Il doit être fait mention expresse de l’origine et de la destination des fonds

▪ La subrogation légale
Base : Art.149 C.cv :
Art. 149. - La subrogation a lieu de plein droit:
1 ° au profit de celui qui, étant lui-même créancier, paye un autre créancier qui lui est préférable à
raison de ses privilèges ou hypothèques;
2° au profit de l'acquéreur d'un immeuble, qui emploie le prix de son acquisition au payement des
créanciers auxquels cet héritage était hypothéqué;
3° au profit de celui qui, étant tenu avec d'autres ou pour d'autres au payement de la dette, avait
intérêt de l'acquitter.
Cet art. 149 C. civ. prévoit 3 cas de subrogation de plein droit :
➢ Au profit de celui qui, étant lui-même créancier, paie un autre créancier qui lui est
préférable à raison de ses privilèges ou hypothèques.
➢ Au profit de l’acquéreur d’un immeuble, qui emploie le prix de son acquisition au
paiement des créanciers auxquels cet héritage était hypothéqué.
➢ Au profit de celui qui, étant tenu avec d’autres ou pour d’autres au paiement de la
dette, avait intérêt de l’acquitter
On peut également y ajouter :
• l’héritier bénéficiaire qui a payé de ses deniers les dettes de
succession.
• L’assureur qui est subrogé dans les droits de l’assuré d’un dommage
à sa personne contre le responsable.

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• La Sécurité sociale et le fonds de garantie sont subrogés dans les


droits de la victime d’un accident de la circulation ayant subi un
préjudice corporel qu’elles ont indemnisé.

b. Les effets de la subrogation


➢ La créance est transmise au subrogé avec ses accessoires et les actions qui lui sont
attachées
➢ La subrogation est à la mesure du paiement

Deuxième leçon :
Le paiement forcé

II.1. La mise en œuvre du paiement forcé


A. Les conditions pour un recours au paiement forcé
1. La nécessité d’une mise en demeure préalable
➢ La mise en demeure est un acte par lequel le créancier demande solennellement au
débiteur de s’exécuter.
➢ La mise en demeure est nécessaire sauf dans certains cas prévus soit par les parties
au contrat soit par la loi ou par les usages.
➢ Les parties peuvent en convenir autrement.
➢ La mise en demeure est inutile pour les obligations de ne pas faire.
➢ Elle ne présente pas d’intérêt pour les obligations de faire ou de donner qui peuvent
n’être qu’exécutées que dans un temps déterminé.
➢ Pour certains doctrinaires, elle doit être exclue pour les obligations continues
➢ Elle est inutile lorsque l’exécution de l’obligation est devenue impossible par le fait
du débiteur.
➢ La loi dispense certains créanciers de la mise en demeure
➢ Elle peut se réaliser au moyen d’une lettre missive ou d’une sommation.
➢ Les effets de la mise en demeure sont différents selon le type d’obligation.
➢ Ainsi pour l’obligation de livre une chose : la mise en demeure empêche le transfert
des risques.
➢ Dans le cas d’une obligation de payer une somme d’argent : la mise en demeure
marque le point de départ où courent les intérêts moratoires.

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2. La nécessité d’obtenir un titre exécutoire


➢ La dette doit donc être exigible et le créancier doit disposer d’un titre exécutoire
(ex : un jugement).

B. Les modalités de l’action du créancier contre le débiteur


1. Le droit de gage général
Tous les biens du débiteur garantissent toutes ses dettes.
Le droit de gage général n’est qu’une garantie qui donnera lieu à une saisie.
Il donne à son titulaire un droit personnel et non pas un droit réel.
Il ne lui confère ni droit de préférence, ni droit de suite.
La saisie est exclue pour certains biens : créances à caractère alimentaire, biens mobiliers
nécessaires à la vie et au travail du saisi et de sa famille, objets indispensables aux personnes
handicapées ou destinés aux besoins des malades, biens rendus inaliénables par la volonté
de l’auteur d’une libéralité, etc.

2. Les mesures conservatoires


Tout créancier peut pratiquer une mesure conservatoire pour assurer la sauvegarde de ses
droits. La mesure conservatoire n’est envisageable qu’à trois conditions :
➢ Créance fondée en son principe
➢ Autorisation judiciaire indispensable
➢ Nécessité d’exécuter la mesure conservatoire dans les 3 mois à compter de l’ordre
et une procédure sur le fond pour obtenir un titre exécutoire.
Ces mesures peuvent prendre deux formes :
➢ Saisie conservatoire générale
➢ Sûretés judiciaires
Elles ont un caractère provisoire.

3. Les mesures d’exécution


L’exécution forcée peut être directe ou indirecte.
a. L’exécution forcée directe se réalise dans :
➢ Une obligation de payer une somme d’argent par la saisie et vente forcée des biens du
débiteur.

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➢ Une obligation autre que des sommes d’argent : se résout par le paiement des dommages
et intérêts.
➢ Toute obligation de faire ou de ne pas faire se résout en dommages et intérêts, en cas
d’inexécution de la part du débiteur.

▪ L’exécution forcée indirecte : l’astreinte


L’astreinte consiste à condamner le débiteur à payer une somme d’argent par
jour/semaine/mois de retard dan s’exécution de l’obligation
▪ L’exécution par équivalent
▪ Les procédures collectives et l’ordre de paiement des créanciers
▪ Défaillance d’un débiteur commerçant
▪ Surendettement des ménages

II.2. Les rapports entre le créancier et les tiers


A. Les mesures de conservation et d’exécution
Objectif :
➢ Permettre au créancier d’agir contre le débiteur de son débiteur.
➢ Les mesures conservatoires ouvrent la voie à l’immobilisation des sommes entre les
mains du débiteur du débiteur.
➢ Les mesures d’exécution sont envisageables lorsque la créance est liquide et exigible et
que le créancier possède un titre exécutoire. Le créancier peut alors saisir entre les
mains d’un tiers les créances de son débiteur portant sur une somme d’argent.
Deux mécanismes juridiques sont ainsi mis à la disposition du créancier : l’action oblique
et l’action paulienne.

1. L’action oblique (art.64 C.civ)


L’action oblique est un moyen pour le créancier d’agir contre le débiteur de son débiteur
au nom de celui-ci.
a. Les conditions
➢ La créance doit être exigible et liquide. La créance doit être bien déterminée dans
son montant.
➢ Le débiteur doit avoir refusé ou négligé d’agir.
➢ L’action oblique doit être indispensable à la sauvegarde du droit du créancier.

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➢ Les créanciers peuvent exercer tous les droits et actions de leur débiteur, à
l'exception de ceux qui sont exclusivement attachés à la personne.
➢ Le créancier ne doit pas avoir nécessairement un titre exécutoire car l’action oblique
est une mesure conservatoire.

b. Les effets
➢ Le débiteur du débiteur peut opposer au créancier toutes les exceptions qu’il aurait
pu opposer au débiteur lui-même.
➢ Le créancier ne peut faire valoir des droits qui lui sont propres.
➢ Le jugement n’a pas autorité de la chose jugée vis-à-vis du débiteur ; par conséquent,
ce dernier est souvent mis en cause par le créancier
➢ Le patrimoine du débiteur s’accroît au profit de tous les créanciers : le créancier qui
exerce l’action oblique n’a pas de droit de préférence sur les valeurs recouvrées.

2. L’action paulienne (art.65 C.civ)


Art. 65. – Ils (les créanciers) peuvent aussi en leur nom personnel attaquer les actes faits par leur
débiteur en fraude de leurs droits.
➢ Le créancier attaque en son nom personnel les actes faits par son débiteur en fraude
de ses droits.

3. Les actions directes


Ce sont les actions exercées par le créancier en son nom personnel contre le débiteur de
son débiteur.
➢ L’action directe n’existe que si le législateur l’a prévue.
➢ La jurisprudence a retenu l’action directe dans certaines hypothèses.
➢ Le créancier peut obtenir un paiement direct du débiteur de son débiteur.
➢ Immobilisation de la créance : le débiteur du débiteur ne peut se libérer de sa dette
qu’entre les mains du demandeur.
➢ Le concours des autres créanciers est évité : le créancier demandeur peut se payer
sur la créance alors que les autres créanciers ne le peuvent pas.

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Chapitre 2.
Les autres modes d’extinction des obligations

Première leçon :
La remise de dette

I.1. Définition
La remise de dette est une convention par laquelle le créancier accepte de libérer totalement
ou partiellement le débiteur de sa dette.
➢ Elle s’analyse comme un contrat à titre gratuit : plus exactement comme une
donation indirecte.
➢ Elle obéit au droit commun des contrats.

I.2. Les conditions de validité


a. Les conditions de fond
➢ Les règles relatives à la validité des contrats s’appliquent.
➢ Les règles relatives aux donations s’appliquent.

b. Les conditions de forme


➢ Aucune condition de forme particulière n’est imposée.

c. La preuve de la remise de dette

Base légale :
174.– La remise volontaire du titre original sous signature privée par le créancier au débiteur, fait
preuve de la libération.
175.– La remise volontaire de la minute ou de l’expédition du titre fait présumer la remise de la dette
ou le paiement, sans préjudice de la preuve contraire.
176.– La remise du titre original sous signature privée, ou de la minute du titre, à l’un des débiteurs
solidaires, a le même effet au profit des codébiteurs.
177.– La remise ou décharge conventionnelle
au profit de l’un des codébiteurs solidaires, libère tous les autres, à moins que le créancier n’ait
expressément réservé ses droits contre ces derniers.
➢ Le droit commun de la preuve est applicable

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➢ La preuve peut se faire par tous les moyens. Il est toutefois préférable de prévoir un
écrit à cet effet.

I.3. Les effets de la remise de dette


▪ La remise de dette éteint l’obligation et les sûretés qui accompagnent la dette.
▪ En cas de pluralité de débiteurs des règles particulières s’appliquent.
➢ Pour les dettes solidaires : La remise ou décharge conventionnelle au profit de l’un des
codébiteurs solidaires, libère tous les autres, à moins que le créancier n’ait
expressément réservé ses droits contre ces derniers (Art.177 C.civ).
➢ Pour les dettes conjointes : La remise ou décharge conventionnelle accordée au
débiteur principal libère les cautions ; celle accordée à la caution ne libère pas le
débiteur principal ; celle accordée à l’une des cautions ne libère pas les autres
(Art.179 C.civ).

Deuxième leçon :
La dation en paiement et la compensation

II.1. La dation en paiement


1. définition de la dation en paiement (= acte par lequel le débiteur remet au créancier,
à titre de paiement, une chose qui n’est pas celle qui faisait l’objet de l’obligation)
2. Les conditions de la dation en paiement (= mêmes conditions que pour le paiement)
3. Les effets de la dation en paiement (= extinction de la dette et de ses accessoires)

II.2. La compensation
Art.181. C.civ.– Lorsque deux personnes se trouvent débitrices l’une envers l’autre, il s’opère entre elles
une compensation qui éteint les deux dettes de la manière et dans les cas ci-après exprimés.

1. La compensation légale
182. – la compensation s’opère de plein droit par la seule force de la loi, même à l’insu des débiteurs,
les deux dettes s’éteignent réciproquement à l’instant où elles se trouvent exister à la fois, jusqu’à
concurrence de leurs quotités respectives.

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183. – La compensation n’a lieu qu’entre deux dettes qui ont également pour objet une somme d’argent
ou une certaine quantité de chose fongibles de la même espèce et qui sont également liquides et exigibles.

a. Les conditions de la compensation légale


➢ Les obligations doivent être réciproques
➢ Les obligations doivent être fongibles (= de même espèce)
➢ Les créances doivent être exigibles
➢ Certaines créances sont exclues de la compensation. La compensation n’a pas lieu
au préjudice des droits acquis à un tiers. Ainsi celui qui, étant débiteur, est devenu
créancier depuis la saisie-arrêt faite par un tiers entre ses mains, ne peut, au
préjudice du saisissant, opposer la compensation (art.190 C.civ.) .

b. Les effets de la compensation légale


➢ Extinction réciproque des dettes jusqu’à concurrence de la plus faible
➢ Un effet automatique « de plein droit par la seule force de la loi, même á l’insu des
débiteurs» (art. 182 C. civ.)
➢ Toutefois, elle doit être invoquée par une partie et non être soulevée d’office par le
juge.

2. La compensation conventionnelle
a. Les conditions de la compensation conventionnelle
➢ Elle est l’œuvre des parties au contrat qui conviennent d’utiliser le mécanisme de la
compensation quand bien même que les conditions de la compensation légale ne
sont pas remplies.
b. Les effets de la compensation conventionnelle
➢ La compensation a pour effet l’extinction réciproque des dettes à concurrence de la
plus faible.

3. La compensation judiciaire
a. Les conditions de la compensation judiciaire
➢ Le débiteur demande au juge de prononcer la compensation judiciaire lorsque les
conditions de la compensation légale ne sont pas remplies.
➢ Le juge doit procéder préalablement à la liquidation de la créance si nécessaire.
b. Les effets de la compensation judiciaire

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➢ A l’instar des autres compensations, la compensation judiciaire provoque


l’extinction réciproque des dettes à concurrence de la plus faible.

Troisième leçon :
La confusion et la novation

III.1. La confusion :
1. Définition
Fondement légal :
Art.192.– Lorsque les qualités de créancier et de débiteur se réunissent dans la même personne, il se
fait une confusion de droit qui éteint les deux créances.
Art.193.– La confusion qui s’opère dans la personne du débiteur principal profite à ses cautions.
Celle qui s’opère dans la personne de la caution n’entraîne point l’extinction de l’obligation principale.
Celle qui s’opère dans la personne du créancier ne profite à ses codébiteurs solidaires que pour la portion
dont il était débiteur.
➢ On parle de confusion lorsque les qualités de créancier et de débiteur se réunissent
dans la même personne.
2. Les conditions de la confusion
➢ Les droits du créancier et du débiteur doivent être confondus
➢ La même personne doit être à la fois créancière et débitrice
3. Les effets de la confusion
➢ L’extinction de l’obligation dont l’exécution est devenue impossible.
➢ La disparition des sûretés qui accompagnent la créance.
➢ La confusion n’est pas opposable aux ayants cause à titre particulier qui ont acquis
leurs droits avant la confusion.

III.2. La novation
1. La définition de la novation
La novation est définie comme une convention qui consiste à éteindre une obligation pour
la remplacer par une nouvelle.

Fondement légal : (Les articles 163 à 173 C.civ)

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Art.163.– La novation s’opère de trois manières :


1°. lorsque le débiteur contracte envers son créancier une nouvelle dette qui est substituée à l’ancienne,
laquelle est éteinte ;
2°. lorsqu’un nouveau débiteur est substitué à l’ancien qui est déchargé par le créancier ;
3°. lorsque par l’effet d’un nouvel engagement, un nouveau créancier est substitué à l’ancien, envers
lequel le débiteur se trouve déchargé.
167.– La délégation par laquelle un débiteur donne au créancier un autre débiteur qui s’oblige envers
le créancier, n’opère point de novation, si le créancier n’a expressément déclaré qu’il entendait
décharger son débiteur qui a fait la délégation.

2. Les conditions de la novation


Art.164.– La novation ne peut s’opérer qu’entre personnes capables de contracter.
Art.165.– La novation ne se présume point, il faut que la volonté de l’opérer résulte clairement de
l’acte.
Art.166. – La novation par la substitution d’un nouveau débiteur peut s’opérer sans le concours du
premier débiteur.
➢ Les deux obligations doivent être valables
➢ La nécessité de l’existence d’un élément nouveau (aliquid novi).
➢ Le changement peut concerner les parties, qu’il s’agisse du créancier ou du débiteur.
➢ Le changement peut concerner l’obligation : il peut consister en un changement
d’objet, de cause ou de modalités.
➢ La novation ne se présume pas : l’intention de nover doit résulter clairement de
l’acte.

3. Les effets de la novation


➢ Un effet créateur : elle crée une nouvelle obligation
➢ Un effet extinctif : l’obligation initiale disparaît
➢ La disparition de l’une des obligations est la condition de la naissance de l’autre et
inversement.
➢ Les garanties et exceptions accompagnant l’ancienne obligation disparaissent
également.
➢ L’ancienne obligation peut survivre dans certains de ses éléments si les parties en
conviennent.

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Quatrième leçon :
La prescription extinctive

1. La définition de la prescription extinctive


A titre de rappel, la prescription est un moyen d’acquérir ou de se libérer par un certain
laps de temps et sous les conditions déterminées par la loi (Art. 613).
➢ La prescription extinctive vise la perte d’un droit après l’écoulement d’un certain
temps.

2. Les conditions de la prescription extinctive


a. La durée du délai
Art. 647. - Toutes les actions, tant réelles que personnelles, sont prescrites par trente ans sans que
celui qui allègue cette prescription soit obligé d'en rapporter un titre, ou qu'on puisse lui opposer
l'exception déduite de la mauvaise foi.
▪ Délai de droit commun : 30 ans
▪ Des exceptions :
➢ Celui qui acquiert de bonne foi et par juste titre un immeuble, en prescrit la
propriété par quinze ans (Art. 648).
➢ L’action des maîtres et instituteurs des sciences et art, pour les leçons qu’ils
donnent au mois ; celle des hôteliers et des traiteurs, à raison du logement et
de la nourriture qu’ils fournissent ; celle des ouvriers et gens de travail, pour
le paiement de leurs journées, fournitures et salaires se prescrivent par six
mois (art.652).
➢ L’action des médecins, chirurgiens et apothicaires, pour leurs visites,
opérations et médicaments ; celle des marchands, pour les marchandises
qu’ils vendent aux particuliers non marchands ; celle des maître de pension,
pour le prix de la pension de leurs élèves, et des autres maîtres, pour le prix
de l’apprentissage ; celle des domestiques qui se louent à l’année, pour le
paiement de leur salaire ; se prescrivent par un an (art.653).
➢ Les juges sont déchargés des pièces cinq ans après le jugement des procès
(art.656).
➢ Les arrérages des pensions alimentaires ; les loyers des maisons et le prix de
ferme des biens ruraux ; les intérêts des sommes prêtées, et généralement

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tout ce qui est payable par année, ou à des termes périodiquement plus courts
se prescrivent par cinq ans (art.657).
➢ En fait de meubles, la possession vaut titre. Néanmoins, celui qui a perdu ou
auquel il a été volé une chose peut la revendiquer pendant trois ans, à
compter de la perte ou du vol, contre celui dans les mains duquel il l’a trouvé
sauf à celui-ci son recours contre celui duquel il la tient (art.658).
La durée de ces délais ne peut être modifiée sauf dans les cas prévus par la loi.
b. Le calcul du délai
▪ La prescription se compte par jour
➢ Le premier jour est exclu du calcul.3
➢ Le dernier jour est pris en compte.
▪ Le point de départ est fixé au jour où l’action en justice est ouverte
➢ Le délai peut être suspendu.
➢ Le délai peut être interrompu.

3. Les effets de la prescription extinctive


a. Le juge ne peut la soulever d’office
b. Le débiteur peut y renoncer tacitement ou expressément

REVISION ET EVALUATION DU MODULE III.


REGIME, TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS

I. Questions théoriques
II. Cas pratiques
(Voir annexes)

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TABLE DES MATIERES

MISE AU POINT GENERALE .............................................................................................. 2


I. Le regard congolais .............................................................................................................. 3
II. Textes fondamentaux sur le droit des obligations .................................................................. 4
III. Les doctrinaires étrangers recommandés ............................................................................. 4
IV. Sites d’intérêt documentaire ............................................................................................... 4
V. Bibliothèque en ligne (consultation gratuite) ......................................................................... 5
PREMIER BLOC DE CONNAISSANCES : ........................................................................... 7
LES PRE-REQUIS ................................................................................................................. 7
THEME I. ............................................................................................................................ 10
RAPPEL DES PRE-REQUIS GENERAUX .......................................................................... 10
I. L’ESSENTIEL SUR LE DROIT OBJECTIF ...................................................................... 10
A. LE DROIT PRIVE.............................................................................................................. 10
B. LE DROIT PUBLIC ............................................................................................................ 11
II. L’ESSENTIEL SUR LES DROITS SUBJECTIFS ............................................................. 11

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THEME II. ........................................................................................................................... 13


RAPPEL DES PRE-REQUIS METHODOLOGIQUES ........................................................ 13
A. LA LANGUE D’EXPRESSION ET D’ACQUISITION DES CONNAISSANCES JURIDIQUES. 13
B. LA MATIERE ENSEIGNEE ............................................................................................... 14
C. LES DIFFERENTS EXERCICES JURIDIQUES ET LEUR METHODE D’APPROCHE ........... 15
1. REDACTION D’UNE NOTE DE SYNTHÈSE ....................................................................... 16
a) Phase préparatoire ............................................................................................................. 16
b) Lecture des documents dans l’ordre établi : ................................................................................ 16
c) La phase d’élaboration du plan : .............................................................................................. 16
2. COMMENTAIRE DE TEXTE JURIDIQUE .......................................................................... 17
3. METHODE POUR LA REDACTION DE LA DISSERTATION .............................................. 18
a) L’introduction ................................................................................................................... 18
b) Rédaction .......................................................................................................................... 18
c) Conclusion ........................................................................................................................ 19
4. METHODE POUR UNE FICHE OU COMMENTAIRE D'ARRET .......................................... 19
DEUXIEME BLOC DE CONNAISSANCES :...................................................................... 22
LA NOTION D’OBLIGATION ............................................................................................ 22
Chapitre 1. ............................................................................................................................ 22
La notion d’obligation ........................................................................................................... 22
Première leçon :..................................................................................................................... 22
Généralités ............................................................................................................................ 22
Deuxième leçon :................................................................................................................... 24
Les caractères de l’obligation.................................................................................................. 24
Troisième leçon : ................................................................................................................... 25
La classification des obligations.............................................................................................. 25
REVISION DU MODULE PRELIMINAIRE ....................................................................... 27
(Exercices) ............................................................................................................................ 27
I. EVALUATION DES ACQUISITIONS DES NOTIONS FONDAMENTALES ........................... 28
II. EVALUATION DES APTITUDES A LA METHODOLOGIE JURIDIQUE ............................. 30
I. CONSULTATION JURIDIQUE ........................................................................................... 30
II. QUESTIONS A CHOIX MULTIPLE (Plusieurs bonnes réponses possibles) .................................. 31
MODULE II. ........................................................................................................................ 35
LES GENERATEURS D’OBLIGATIONS ........................................................................... 35
PREMIER BLOC DE CONNAISSANCES : ......................................................................... 36
LE GENERATEUR CONVENTIONNEL D’OBLIGATIONS .............................................. 36
THEME I ............................................................................................................................. 36
LES LIMINAIRES ............................................................................................................... 36

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Premier chapitre : .................................................................................................................. 36


Eclairage sur les sources conventionnelles d’obligations........................................................... 36
Première leçon :..................................................................................................................... 36
L’acte juridique ..................................................................................................................... 36
I.1. Définition d’un acte juridique ? ........................................................................................ 36
I.2. La distinction d’un acte juridique et d’un fait juridique ...................................................... 36
I.3. Les catégories d’actes juridiques ....................................................................................... 37
a. L’acte juridique unilatéral ...................................................................................................... 37
b. Les actes juridiques collectifs .................................................................................................... 38
II.1. Définition du contrat ...................................................................................................... 38
a. Le contrat et l’acte juridique .................................................................................................... 39
b. Le contrat et la convention. ..................................................................................................... 39
II.2. La classification des contrats ........................................................................................... 40
a. La distinction contrat synallagmatique et le contrat unilatéral ....................................................... 41
b. La distinction entre le contrat commutatif et le contrat aléatoire...................................................... 42
c. La distinction entre le contrat à titre gratuit et le contrat à titre onéreux ............................................ 42
d. La distinction entre le contrat nommé et le contrat innommé ......................................................... 42
e. La distinction entre contrat à exécution instantanée et le contrat à exécution successive ........................ 43
f. La distinction entre le contrat de gré à gré et le contrat d’adhésion.................................................... 44
g. La distinction entre le contrat individuel et le contrat collectif ......................................................... 44
Deuxième chapitre :............................................................................................................... 45
Eclairage sur les sources non-conventionnelles d’obligations .................................................... 45
Première leçon :..................................................................................................................... 45
Le quasi-contrat..................................................................................................................... 45
Deuxième leçon :................................................................................................................... 45
Le délit et le quasi-délit .......................................................................................................... 45
THEME II. ........................................................................................................................... 47
L’UNIVERS CONTRACTUEL ............................................................................................ 47
CHAPITRE I ........................................................................................................................ 47
LA FORMATION DU CONTRAT ...................................................................................... 47
Première leçon :..................................................................................................................... 47
L’autonomie de la volonté ..................................................................................................... 47
I.1. Le contenu de la théorie de l’autonomie de la volonté ....................................................... 47
1. Le principe de l’autonomie de la volonté : « Pacta sunt servanda ». .................................................. 47
2. La critique de la théorie de l’autonomie de la volonté .................................................................... 47
I.2. Les effets du contrat ......................................................................................................... 48
Deuxième leçon :................................................................................................................... 49

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Les conditions de formation et de validité du contrat ............................................................... 49


II.1. Les conditions de formation du contrat ........................................................................... 49
A. Point de départ de tout contrat : L’existence du consentement ............................................ 49
1. L’offre ou la pollicitation ........................................................................................................ 50
a) L’offre de contracter et les notions voisines .................................................................................. 50
1) L’offre de contracter et les pourparlers contractuels ou l’invitation à entrer en pourparlers .................... 50
2) L’offre de contracter et le pacte de préférence ............................................................................... 51
3) L’offre de contracter et la promesse unilatérale de contrat............................................................... 51
4) L’offre de contracter et la promesse unilatérale de contrat............................................................... 51
b. Les caractères de l’offre ........................................................................................................... 52
c. L’offrant peut-il retirer son offre ? .............................................................................................. 53
d. La caducité de l’offre .............................................................................................................. 53
e. Le pollicitant peut-il choisir son cocontractant ............................................................................. 53
2. L’acceptation ....................................................................................................................... 53
3. La particularité des contrats entre absents .................................................................................. 54
1. La détermination de la date et du lieu de formation du contrat entre absents ......................... 54
2. Les solutions...................................................................................................................... 55
a. Les solutions du droit comparé (tirées du système français ): 2 solutions contradictoires ........ 55
b. Les solutions doctrinales .................................................................................................... 55
c. Les solutions de la jurisprudence......................................................................................... 55
II.2. Conditions de validité du contrat .................................................................................... 55
1. Conditions de fond ............................................................................................................ 56
A. Un consentement exempt des vices .................................................................................... 56
1. L’erreur (art.10 C. civ.) ...................................................................................................... 56
2. Le dol (art.16 C. civ.) ......................................................................................................... 59
3.3. La violence ..................................................................................................................... 61
2. L’objet du contrat .............................................................................................................. 63
3. La cause (art. 8 C. civ.) ...................................................................................................... 66
4. La capacité ........................................................................................................................ 69
II.2. Les conditions de forme : le consensualisme .................................................................... 69
1. Les formalités nécessaires à la validité du contrat ................................................................ 69
A. Les contrats solennels ............................................................................................................ 69
B. Les contrats réels .................................................................................................................. 70
II. 2. Les formalités étrangères à la validité du contrat ............................................................. 70
A. Les formalités à but probatoire ................................................................................................ 70
B. Les formalités de publicité ...................................................................................................... 70
C. Les autres formalités.............................................................................................................. 70

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II.3. La sanction des conditions de formation du contrat ......................................................... 70


1. La notion de nullité............................................................................................................ 71
A. La distinction entre la nullité et les autres sanctions affectant le contrat ........................................... 71
1) Nullité et résolution ............................................................................................................... 71
a. La notion......................................................................................................................... 71
b. La distinction ................................................................................................................... 71
c. Les effets de la nullité et de la résolution sont les mêmes : ........................................................... 71
2) Nullité et inopposabilité ......................................................................................................... 72
a. La notion d’inopposabilité................................................................................................... 72
b. La distinction ................................................................................................................... 72
3) Nullité et caducité ................................................................................................................. 72
a. La notion de la caducité ......................................................................................................... 72
b. Sanction : ............................................................................................................................ 72
B. La distinction entre nullité relative, nullité absolue et l’inexistence du contrat ................................... 72
1) Le principe de la distinction .................................................................................................... 72
a. Selon la conception classique ou objective ........................................................................... 72
b. Dans la conception moderne dite subjective ........................................................................ 73
2) Les conséquences de la distinction ............................................................................................. 73
a. La nécessité d’agir en justice / Conséquences de l’action en nullité .................................................. 73
b. Le droit d’invoquer la nullité / Qui peut invoquer la nullité ? ........................................................ 73
c. La prescription en matière de nullité / La disparition du droit d’invoquer la nullité ............... 73
2. Les conditions de l’annulation ............................................................................................ 73
A. Qui peut invoquer la nullité ? / Le droit d’invoquer la nullité ........................................................ 73
B. L’absence de consolidation de l’acte nul ..................................................................................... 74
1) La confirmation.................................................................................................................... 74
2. La prescription................................................................................................................... 75
3. Les effets de l’annulation .................................................................................................... 76
CHAPITRE II....................................................................................................................... 78
LES EFFETS DU CONTRATS ............................................................................................ 78
Première leçon :..................................................................................................................... 78
Les effets du contrat à l’égard des parties ................................................................................ 78
I.1. La détermination des parties au contrat ............................................................................ 78
1. Le cas du contrat de représentation ..................................................................................... 78
2. Le cas du contrat avec soi-même ........................................................................................ 80
3. Le cas de la simulation ou dissimulation de la volonté des parties ........................................ 80
1) La notion de simulation ou la Contre-lettre (art.203) .................................................................... 80
2) Les formes de la simulation ..................................................................................................... 81

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3) Le régime de la simulation ...................................................................................................... 81


4. Le cas de stipulation pour autrui ......................................................................................... 82
5. Le cas de la promesse de porte-fort ..................................................................................... 84
Deuxième leçon :................................................................................................................... 88
Les effets du contrat à l’égard des tiers .................................................................................... 88
II.1. Les effets du contrat à l’égard du juge .............................................................................. 88
II.2. Le contrat et les tiers au sens strict ................................................................................... 90
Troisième leçon : ................................................................................................................... 92
L’exécution défectueuse du contrat......................................................................................... 92
5.1. La responsabilité contractuelle ......................................................................................... 92
A. Les conditions de la responsabilité contractuelle .......................................................................... 92
B. La mise en oeuvre de la responsabilité contractuelle ..................................................................... 94
DEUXIEME BLOC DE CONNAISSANCES :.................................................................... 100
LES GENERATEURS NON-CONVENTIONNELS DES OBLIGATIONS ........................ 100
THEME I. .......................................................................................................................... 101
LES DELITS ET QUASI-DELITS ...................................................................................... 101
Chapitre 1. La responsabilité civile ....................................................................................... 101
Première leçon :................................................................................................................... 102
Les éléments constitutifs de la responsabilité civile ................................................................ 102
I.1. Le dommage réparable .................................................................................................. 102
I.2. Le lien de causalité ........................................................................................................ 103
A. La définition de la causalité .................................................................................................. 103
B. La preuve de la causalité ...................................................................................................... 107
Deuxième leçon :................................................................................................................. 107
La responsabilité du fait personnel........................................................................................ 107
II.1. La nécessité de l’élément objectif................................................................................... 107
II.2. La faute ....................................................................................................................... 108
Troisième leçon : ................................................................................................................. 108
La responsabilité du fait d’autrui .......................................................................................... 108
III.1. La responsabilité du commettant du fait de son préposé (art. 260,al3 C. civ.) ................. 109
A. Les conditions de la responsabilité du commettant ..................................................................... 109
1. Le lien de préposition ........................................................................................................... 109
2. Le fait du préposé ................................................................................................................ 109
B. Les effets de la responsabilité du commettant ............................................................................ 109
1. Du point de vue de la victime................................................................................................. 109
2. Du point de vue du commettant ............................................................................................. 109
III.3. La responsabilité des parents du fait de leur enfant (art.260,al2) .................................... 110

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A. Les conditions de la responsabilité des parents .......................................................................... 110


1. L’exercice de l’autorité parentale ............................................................................................ 110
2. Un fait dommageable de la part de l’enfant .............................................................................. 110
3. La cohabitation de l’enfant et ses parents : instabilité de la jurisprudence ............................ 110
B. L’exonération des parents ..................................................................................................... 110
Quatrième leçon : ................................................................................................................ 110
La responsabilité du fait des choses ...................................................................................... 110
IV.1. Le régime général ........................................................................................................ 110
A. Le domaine de la responsabilité du fait des choses ..................................................................... 110
1. Quant aux choses ................................................................................................................ 111
2. Quant aux personnes ....................................................................................................... 111
B. Les conditions de la responsabilité .......................................................................................... 111
1. Le fait de la chose ................................................................................................................ 111
2. La détermination du gardien de la chose .................................................................................. 111
C. L’exonération du gardien de la chose ...................................................................................... 112
IV.2. Les régimes spéciaux ................................................................................................... 112
A. La responsabilité fondée sur la faute ....................................................................................... 112
B. La responsabilité sans faute .................................................................................................. 112
1. Le domaine d’application ..................................................................................................... 112
2. Le régime de la responsabilité ................................................................................................ 112
Chapitre 2. .......................................................................................................................... 113
Le régime juridique des accidents de la circulation. ............................................................... 113
(Loi du 05 janvier 1973) ....................................................................................................... 113
Première leçon :................................................................................................................... 113
Champ d’application ........................................................................................................... 113
I.1. Un véhicule terrestre à moteur........................................................................................ 113
I.2. Un accident de la circulation .......................................................................................... 113
I.3. L’implication du véhicule dans l’accident ....................................................................... 114
1. Les accidents simples............................................................................................................ 114
2. Les accidents complexes ........................................................................................................ 114
Deuxième leçon :................................................................................................................. 115
Le régime d’indemnisation ................................................................................................... 115
II.1. Indemnisation de la victime par le conducteur ............................................................... 115
1. La définition de conducteur ................................................................................................... 115
2. La situation du conducteur ................................................................................................... 115
II.2. Le débiteur de l’indemnité ............................................................................................ 116
1. Premier cas de figure : Collision (implication de plusieurs véhicules) .............................................. 116

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2. Deuxième cas de figure : Participation des personnes autres que le conducteur à l’accident. ................ 116
Chapitre 2. .......................................................................................................................... 117
La mise en œuvre de la responsabilité civile .......................................................................... 117
Première leçon :................................................................................................................... 117
La réparation du dommage .................................................................................................. 117
A. Les principes de la réparation .......................................................................................... 117
1. Les modalités de la réparation ............................................................................................... 117
2. Le principe de la réparation intégrale ...................................................................................... 117
B. Les difficultés de la réparation .......................................................................................... 118
1. Les dommages matériels ....................................................................................................... 118
2. Le dommage corporel ........................................................................................................... 118
Deuxième leçon :................................................................................................................. 119
Le procès en responsabilité ................................................................................................... 119
A. Les parties à l’action ....................................................................................................... 119
1. Le défendeur à l’action ......................................................................................................... 119
2. Le demandeur à l’action ....................................................................................................... 120
B. L’exercice de l’action en responsabilité civile .................................................................... 120
1. Les règles propres à l’action en responsabilité civile ..................................................................... 120
2. L’incidence de la responsabilité .............................................................................................. 121
THEME II. ......................................................................................................................... 122
LES ENGAGEMENTS NON-CONVENTIONNELS ......................................................... 122
Chapitre 1. .......................................................................................................................... 122
Les quasi-contrats ................................................................................................................ 122
Première leçon. ................................................................................................................... 122
La gestion d’affaires ............................................................................................................. 122
I.1. Les conditions de la gestion d’affaires ............................................................................. 122
1. Les conditions relatives au gérant d’affaires / Obligation de la manifestation de l’intention de gérer l’affaire
d’autrui. ............................................................................................................................... 123
2. Les conditions relatives à l’acte de gestion ................................................................................. 123
B. Les conditions relatives à l’acte de gestion ........................................................................ 123
1. L’objet de la gestion ......................................................................................................... 123
a. La gestion d’affaires peut avoir pour objet des actes juridiques aussi bien que des actes matériels. ......... 123
b. Le gérant d’affaires ne peut intenter une action en justice dans le cadre de la gestion d’affaires ............ 123
2. L’utilité de la gestion ........................................................................................................ 123
a. L’affaire doit avoir été administrée.......................................................................................... 123
b. La condition d’utilité de la gestion se ramène pour l’essentiel à une condition d’opportunité de la gestion.
........................................................................................................................................... 124
I.2. Les effets de la gestion d’affaires ..................................................................................... 124

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A. Les effets de la gestion d’affaires dans les rapports entre le gérant et le géré. ....................... 124
1. Les obligations du gérant : .................................................................................................... 124
2. Les obligations du géré : ....................................................................................................... 124
B. Les effets de la gestion d’affaires à l’égard des tiers ............................................................ 124
Deuxième leçon :................................................................................................................. 125
Le paiement et réception de l’indu ........................................................................................ 125
II.1. Les conditions de la répétition....................................................................................... 125
A. La condition objective : l’absence de dettes....................................................................... 125
B. Les conditions subjectives ................................................................................................ 125
II.2. Les modalités de la répétition........................................................................................ 126
A. Les modalités de la répétition liées à la situation de l’accipiens ..................................................... 126
B. Les modalités de la répétition liées à la situation du solvens ......................................................... 126
Troisième leçon : ................................................................................................................. 127
L’enrichissement sans cause ................................................................................................. 127
III.1. Les conditions de l’action « in rem verso » .................................................................... 127
A. Les conditions d’ordre économique ................................................................................. 127
1. L’existence d’un enrichissement et d’un appauvrissement ............................................................ 127
a. L’enrichissement ................................................................................................................. 127
b. L’appauvrissement .............................................................................................................. 127
2. La corrélation entre appauvrissement et enrichissement ............................................................... 127
B. Les conditions d’ordre juridique ....................................................................................... 128
1. L’absence de cause veut dire qu’il ne doit exister aucune raison juridique fondant l’appauvrissement. ... 128
2. La subsidiarité de l’action de « in rem verso ». ........................................................................... 128
3. Les effets de l’action de in rem verso ........................................................................................ 128
REVISION ET EVALUATION DU MODULE II ............................................................... 129
DU CONTRAT ET DE LA RESPONSABILITE CONTRACTUELLE ............................... 129
I. Evaluation théorique ........................................................................................................ 129
II. Evaluation pratique ......................................................................................................... 129
MODULE III...................................................................................................................... 130
REGIME, TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS .............................. 130
PREMIER BLOC DE CONNAISSANCE : ......................................................................... 131
LE REGIME DES OBLIGATIONS .................................................................................... 131
THEME I. LES MODALITES DES OBLIGATIONS.......................................................... 131
CHAPITRE I. ..................................................................................................................... 131
LES MODALITES DU RAPPORT D’OBLIGATION ........................................................ 131
Première leçon :................................................................................................................... 131
La condition........................................................................................................................ 131

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A. Différents types de condition ........................................................................................... 131


B. Le régime des conditions ................................................................................................. 133
1. Avant réalisation de la condition ............................................................................................ 133
2. Après l’arrivée de la condition ................................................................................................ 133
Deuxième leçon :................................................................................................................. 134
Le terme ............................................................................................................................. 134
A. Classification de termes ................................................................................................... 134
B. Les effets du terme........................................................................................................... 134
Troisième leçon : ................................................................................................................. 135
Les obligations alternatives .................................................................................................. 135
Chapitre 2. .......................................................................................................................... 136
Les modalités relatives aux sujets des rapports d’obligations .................................................. 136
Première leçon :................................................................................................................... 136
La pluralité des sujets........................................................................................................... 136
I.1. Les obligations conjointes : un créancier face à plusieurs débiteurs ................................... 136
I.2. Obligation solidaire (art.95) : Un seul débiteur face à plusieurs créanciers......................... 138
I.3. L’obligation in solidum .................................................................................................. 140
1. La notion d’obligation in solidum .......................................................................................... 140
2. Les effets de l’obligation in solidum ......................................................................................... 140
Deuxième leçon :................................................................................................................. 141
Les obligations indivisibles et divisibles ................................................................................ 141
II.1. Définitions ................................................................................................................... 141
II.2. Les effets...................................................................................................................... 141
1. Les effets de l'obligation divisible ...................................................................................... 141
a. Le principe ........................................................................................................................ 141
b. Les exceptions à l'égard des héritiers du débiteur : ...................................................................... 141
DEUXIEME BLOC DE CONNAISSANCE :...................................................................... 143
TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS ............................................... 143
THEME I. .......................................................................................................................... 143
LA TRANSMISSION DES OBLIGATION ........................................................................ 143
Chapitre 1. .......................................................................................................................... 143
La cession du rapport d’obligation ........................................................................................ 143
I.1. La cession ou transport de créance ................................................................................. 143
A. La cession de créance de droit commun ........................................................................... 144
1. Les conditions .................................................................................................................... 144
a. Concernant les parties au contrat ............................................................................................ 144
b. Rapport avec les tiers ........................................................................................................... 144

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2. Les effets ............................................................................................................................ 145


B. La cession de tiers négociables ......................................................................................... 145
C. La cession Dailly ou l’affacturage .................................................................................... 145
I.2. La cession de dette......................................................................................................... 146
I.3. La cession de contrat ..................................................................................................... 146
A. Les hypothèses ................................................................................................................... 146
B. Le régime .......................................................................................................................... 146
I.4. La délégation ................................................................................................................ 146
A. La délégation imparfaite ...................................................................................................... 146
1. Les conditions .................................................................................................................... 146
2. Les effets ............................................................................................................................ 146
B. La délégation parfaite .......................................................................................................... 147
1. Les conditions .................................................................................................................... 147
2. Les effets ............................................................................................................................ 147
THEME II. ......................................................................................................................... 148
EXTINCTION DES OBLIGATIONS ................................................................................. 148
Chapitre 1. .......................................................................................................................... 148
Le paiement ........................................................................................................................ 148
Première leçon :................................................................................................................... 148
Le paiement volontaire ........................................................................................................ 148
I.1. Les parties concernées ................................................................................................... 148
a. Le solvens ....................................................................................................................... 148
b. L’accipiens ...................................................................................................................... 148
I.2. L’objet du paiement ....................................................................................................... 149
I.3. Les conditions de validité du paiement ........................................................................... 150
I.4. Les circonstances du paiement ....................................................................................... 150
A. La date du paiement........................................................................................................ 150
B. Le lieu du paiement ......................................................................................................... 151
I.5. Preuve et effets du paiement ........................................................................................... 151
A. Administration de la preuve du paiement ......................................................................... 151
B. Les effets du paiement ..................................................................................................... 152
1. Les effets du paiement ordinaire ....................................................................................... 152
2. La subrogation................................................................................................................. 152
a. notions .............................................................................................................................. 152
b. Les effets de la subrogation .................................................................................................... 154
Deuxième leçon :................................................................................................................. 154
Le paiement forcé ................................................................................................................ 154

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II.1. La mise en œuvre du paiement forcé ............................................................................. 154


A. Les conditions pour un recours au paiement forcé ............................................................ 154
1. La nécessité d’une mise en demeure préalable ............................................................................ 154
2. La nécessité d’obtenir un titre exécutoire .................................................................................. 155
B. Les modalités de l’action du créancier contre le débiteur ................................................... 155
1. Le droit de gage général ........................................................................................................ 155
2. Les mesures conservatoires .................................................................................................... 155
3. Les mesures d’exécution ........................................................................................................ 155
II.2. Les rapports entre le créancier et les tiers ....................................................................... 156
A. Les mesures de conservation et d’exécution ...................................................................... 156
1. L’action oblique (art.64 C.civ) .......................................................................................... 156
a. Les conditions .................................................................................................................... 156
b. Les effets ............................................................................................................................ 157
2. L’action paulienne (art.65 C.civ)....................................................................................... 157
3. Les actions directes .......................................................................................................... 157
Chapitre 2. .......................................................................................................................... 158
Les autres modes d’extinction des obligations ....................................................................... 158
Première leçon :................................................................................................................... 158
La remise de dette ............................................................................................................... 158
I.1. Définition ..................................................................................................................... 158
I.2. Les conditions de validité ............................................................................................... 158
a. Les conditions de fond .......................................................................................................... 158
b. Les conditions de forme ........................................................................................................ 158
c. La preuve de la remise de dette ............................................................................................... 158
I.3. Les effets de la remise de dette........................................................................................ 159
Deuxième leçon :................................................................................................................. 159
La dation en paiement et la compensation ............................................................................ 159
II.1. La dation en paiement .................................................................................................. 159
II.2. La compensation .......................................................................................................... 159
1. La compensation légale .................................................................................................... 159
a. Les conditions de la compensation légale .................................................................................. 160
b. Les effets de la compensation légale ......................................................................................... 160
2. La compensation conventionnelle ..................................................................................... 160
b. Les effets de la compensation conventionnelle ............................................................................ 160
3. La compensation judiciaire .............................................................................................. 160
a. Les conditions de la compensation judiciaire ............................................................................. 160
b. Les effets de la compensation judiciaire .................................................................................... 160

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Troisième leçon : ................................................................................................................. 161


La confusion et la novation .................................................................................................. 161
III.1. La confusion : ............................................................................................................. 161
1. Définition ........................................................................................................................ 161
2. Les conditions de la confusion .......................................................................................... 161
3. Les effets de la confusion.................................................................................................. 161
III.2. La novation ................................................................................................................ 161
1. La définition de la novation.............................................................................................. 161
2. Les conditions de la novation ........................................................................................... 162
3. Les effets de la novation ................................................................................................... 162
Quatrième leçon : ................................................................................................................ 163
La prescription extinctive ..................................................................................................... 163
2. Les conditions de la prescription extinctive ....................................................................... 163
a. La durée du délai ................................................................................................................ 163
b. Le calcul du délai ................................................................................................................ 164
3. Les effets de la prescription extinctive ............................................................................... 164
a. Le juge ne peut la soulever d’office ................................................................................... 164
b. Le débiteur peut y renoncer tacitement ou expressément .................................................... 164
REVISION ET EVALUATION DU MODULE III. ............................................................ 164
REGIME, TRANSMISSION ET EXTINCTION DES OBLIGATIONS .............................. 164
I. Questions théoriques ........................................................................................................ 164
II. Cas pratiques .................................................................................................................. 164

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