i
DÉDICACE
À mes parents NGOMA NTULA Hilaire et TSIMBA LELO Euphrasie, ainsi qu'à mon
très cher oncle Donatien BUKHULU BU TSASA.
LELO NGOMA RAYMOND
ii
IN MEMORIAM
Une pensée pieuse à mon grand père tant aimé KHONDE THAMBA Alexandre, à très
chère grand-mère Rosalie MAYEYE ainsi que mon grand-père dont je porte le nom
Raymond LELO-di-MBULA.
LELO NGOMA RAYMOND
iii
REMERCIEMENTS
Pour ne pas paraître indifférent à cette obligation morale, il est impérieux pour
notre part d'adresser nos sincères remerciements à toutes celles et à tous ceux qui,
de quelque manière que ce soit, nous ont permis par leur aide de réaliser cette uvre
scientifique.
De prime abord, nos remerciements s'adressent au professeur PHOTO
MACREAM RAOUL ainsi qu'à l'assistant Noël qui nous ont servi de guide tout au long
de cette recherche.
Ensuite à tous mes amis de lutte Albin KADI TSASA, Rovane BUBU TSOLUKA,
Délice LETUMU KALOMBO et tant d'autres.
Enfin à tous les aînés qui, dans une certaine mesure, leur aide nous a été d'une
grande nécessité pour concourir à cette fin.
LELO NGOMA RAYMOND
1
INTRODUCTION
Dans tous les pays, l’activité bancaire est une profession réglementée.
L’exercice des opérations de banques à titre de profession habituelle est soumis au
respect des normes qui, non seulement, définissent les conditions à respecter, mais
aussi fixent les règles qui permettent d’assurer le contrôle desdites opérations. Ceci
s’explique par le rôle aussi important que jouent les banques dans le monde, tous
secteurs confondus.
Définie comme tout établissement privé ou public qui facilite les payements
des particuliers et des entreprises, avance et reçoit des fonds, et gère des moyens de
paiement1, une banque privée remplit essentiellement trois missions2 pour intervenir
tant dans la vie sociale des personnes que des affaires. Ces missions sont : -la
réception et la collecte des fonds du public, -les opérations de crédit et celles de
paiement et, -la gestion des moyens de paiement. Pour les remplir sans faille, elle a
obligatoirement besoin d’importants revenus qui dépassent très souvent les
capacités contributives de ses bailleurs ou actionnaires. Les dépôts qu’effectuent les
clients par la suite sont un complément important qui permet à une banque privée de
tenir tant soit peu ses activités. D’une part, d’importantes sommes mises à la
disposition de banques sous forme de dépôts et, d’autre part, la place qu’occupent
les activités bancaires dans la vie des affaires nécessitent une surveillance tout à
fait particulière des établissements de crédit.
I. PROBLEMATIQUE
L’activité financière est un concept sous-jacent à la finance. Elle est
l’ensemble des activités qui sont reliées aux affaires d’argent et de placement
d’argent, notamment les activités d’investissement, de financement, les activités
boursières, les activités bancaires et les activités de crédit. En effet, à en croire cette
approche, l’activité financière regorge en son sein plusieurs activités, autour de la
manipulation de la monnaie. Pour ce qui nous concerne, nous accorderons une
attention très particulière à l’activité d’épargne, plus précisément aux placements
bancaires.
Consécutivement, l’épargne est la partie de l’argent qui n’est pas consommée
et qui est mise de côté. Les principales formes3 de l’épargne existent au nombre de
deux :
1. L’épargne « Liquide » : ce type d’épargne permet de disposer de son argent
immédiatement. Ce sont des ressources disponibles et utilisées au quotidien. Il
s’agit par exemple du compte courant, d’un livret jeune ou d’un livret A.
1
ALEXANDRE et Hervé (dir.) , Banque et intermédiation financière, inédit,2009, p98
2
Juslain NSAMBANA BONKAKO, « le contrôle bancaire au regard des enjeux actuels des activités
des banques privées en RDC-Entre la protection des clients, l’encouragement et la promotion des
banques et la sécurité de l’Etat », in librairie africaine d’études juridiques, disponible sur [Link]-
[Link]
3
[Link]//[Link], Consulté le 27 juillet 2023 à 10h22
2
2. L’épargne « financière » : celle-ci permet de faire fructifier son capital et de
bénéficier à cet effet de plus-values. Il s’agit d’un investissement rémunérateur.
L’épargne financière peut être constituée des sommes d’argent placées à la banque,
des produits financiers d’investissement immobilier, lesquels peuvent être financés
par le particulier lui-même mais aussi par le biais de son entreprise.
Les placements financiers permettent d’une part de sécuriser ces derniers en
ce qu’ils leur procurent le gain, et d’autre part dans une certaine mesure, de
promouvoir les investissements privés, socle du développement socio-économique
moderne. La première comme la seconde hypothèse met en avant-plan l’intérêt de la
personne ayant placé ces finances et de la nation toute entière. Cela étant, l’on peut à
l’ il nu constater que les placements financiers sont rémunérateurs, et par
conséquent comportent des risques. Qu’il s’agisse du placement à court, moyen et
long terme. Mais précisons que, de par sa durée, le placement à long terme comporte
plus de risques. Plus précisément les placements bancaires sont réputés pour être
sous risques car ils sont plus rémunérateurs. Ce sont ainsi les placements les plus
sûrs ; il en existe plusieurs dont les plus courants sont : le livret A, le livret jeune, le
compte courant rémunéré, l’épargne logement.
La sécurité juridique relative à l’épargne devrait avoir pour mission prioritaire
de mesurer et de contrôler les risques qu’une institution financière peut connaître,
pendant un certain délai, à la suite d’une brusque interruption de tout ou partie de
ses ressources. En fait, les aboutissements ont, à travers le temps, démontré que les
établissements financiers sont confrontés aux multiples risques dans leurs activités.
Lesquels risques entraînent par moment l’institution financière à la faillite, la
plongeant dans une situation où elle n’est plus en mesure de s’exécuter vis-à-vis de
ses créanciers; ce qui entraine les pertes des sous importants causant préjudice en
même temps à l’institution et à tous ceux qui détiennent des capitaux auprès d’elle.
Le cours de liquidité ou la faillite des institutions financières est occasionné(é)
dans la plupart de cas par l’octroi de crédit massif, le financement de projets, sans
pour autant que les institutions se rendent compte de l’état de leur actif,
effectivement d’un montant au moins égal au capital minimum, le passif dont il est
tenu envers les tiers, mais aussi du non-respect des normes prudentielles4.
En outre, la législation congolaise n’organise vraiment pas les garanties
financières, moyens de couverture appropriés pour les opérations de financement
entre établissements financiers. Les sûretés classiques prévues par l’acte uniforme
du Droit OHADA comportent un formalisme rigoureux dans leur constitution et leur
réalisation, de sorte qu’elles peuvent être sources d’instabilité dans la transmission
des risques de défaillance. Mais au-delà de ce qui précède, la BCC en ce qui concerne
le contrôle les établissements de crédit, pose néanmoins les différentes règles de
gestion financière, notamment : l’organisation des activités, la protection de la
clientèle, la surveillance prudentielle des intermédiaires, et la régulation globale des
marchés de capitaux. Mais cela ne suffit pas pour régir toutes les institutions et
opérations financières.
4
Neau-Leduc, droit bancaire, paris, Dalloz, 2003, p27
3
Il est vrai que ces prévisions légales et réglementaires visent la sécurité du
public épargnant, et par ricochet les abonnés des institutions financières. Cependant,
cela n’a pas empêché que bien d’institutions financières tombent en faillite, à travers
le pays.
Depuis la nuit des temps, on n’a pas cessé de constater le cours de liquidité de
plusieurs établissements financiers. Face à une telle situation, ce sont les abonnés,
clients et membres qui en pâtissent.
D’où, pour nous, la préoccupation de réfléchir quelques instants sur les pistes
de solution en Droit, de la sécurité des abonnés, préjudiciés assez souvent par les
faillites des institutions financières ; pour en dégager les avantages et inconvénients
liés à l’épargne. Et éventuellement étudier l’efficacité et l’effectivité de mécanismes
de protection prévus tant par la BCC, autorité de tutelle du secteur ; que par les
autres institutions. Au finish proposer quelques mesures de protection de l’épargne.
II. HYPOTHESE
Il est connu de tous que toute activité financière comporte un certain nombre
de risques. Qu’à cela ne tienne, aucune société ne peut y déroger, car l’organisation
de la vie, sans tempérament requiert la disponibilité de fonds.
D’ailleurs, les imprévus, de quelque nature que ce soit, ne manquent jamais.
Pour être toujours à même de faire face à ceux-ci, il est utile d’épargner une quote-
part de ces revenus quotidiens.
Certes, la confiance est bonne, mais ne suffit pas pour la tenue et la bonne
marche du secteur bancaire dont la gestion nécessite irréversiblement la rigueur.
Etant donné que le secteur comporte plusieurs risques, l’Etat doit intervenir, en
plaçant les garde-fous pour sécuriser les clients. La faillite est un état dans lequel
tout établissement d’épargne peut se retrouver, et par conséquent mettre
l’établissement dans l’incapacité d’exécuter ses obligations à l’égard de ses clients.
Encore faut-il que les mécanismes de redressement interviennent pour aider
l’établissement à se stabiliser de manière immédiate et effective. Ce qui n’est pas
toujours le cas, et même si les mécanismes allant dans ce sens étaient déjà amorcés,
les processus longs et complexes qui leur sont entachés constituent un handicap
majeur, et pendant ce temps, les membres sont victimes en subissant un préjudice
moratoire5.
Les risques du crédit, du retrait des sommes colossales par les clients phares
et d’autres sont assez souvent évoqués, comme étant à la base de la faillite des
institutions financières6. Celles-ci doivent développer des sûretés efficaces pour être
à même de faire face à ces entraves.
Dans une certaine mesure, il y a lieu de recourir aux garanties civiles de
règlement des dettes comme l’arme dont dispose les établissements financiers pour
écarter tout risque d’insolvabilité, mais ne peuvent pas toujours suffire pour garantir
la solvabilité, c’est pour cette raison que les mesures prudentielles édictées par la
5
YVONNE LAMBERT-FAIVRE, droit des assurances, paris, Dalloz, 1992, p. 74
6
[Link] LUMPUNGU, Cours de droit civil : régime des suretés, Inédit, 2014, p. 123.
4
BCC sont nécessaires, complétées par les clauses conventionnelles ainsi que par
certaines normes à portée universelle comme les actes uniformes. Pour garantir leur
solvabilité à tout moment, les mêmes institutions financières devraient également
souscrire à une assurance pour tout risque éventuel. Cela pourra sécuriser non
seulement la clientèle mais aussi l’institution financière elle-même.
III. L’INTERET DU SUJET
Les transactions financières constituent un enjeu incontournable dans le
développement socio-économique d’une nation. Quoi de plus normale pour un pays
en voie de développement comme la RDC que de baser son émergence beaucoup
plus sur le secteur boursier. Les transactions financières, et plus précisément
l’épargne joue un rôle important dans l’économie d’une nation, elle permet aux
institutions financières d’octroyer le crédit à ses abonnés et de financer certains
projets7.
Cette étude trouve son intérêt dans le fait que d’une part les opérateurs
économiques travaillent concomitamment avec ces institutions, et d’autre part
beaucoup de paisibles citoyens ont eu à épargner l’argent, et au finish ne l’ont plus
recouvré. L’épargne permet aussi de réaliser les projets à long terme, d’investir dans
un autre domaine outre son activité principale. Elle est une source de la multiplication
de capitaux8. D’où, laisser l’organisation et le déroulement de cette activité sans
mécanismes légaux et règlementaires adéquats d’encadrement, serait tout
simplement enfreindre le décollage économique du pays.
IV. METHODES ET TECHNIQUES
Sortir indemne d’une telle démarche amorcée qui nous incombe, nécessite
d’office une méthodologie assez efficace nous permettant d’être à même de relever
ce défi en face. En effet, les méthodes juridiques qui privilégient la critique, la
référence d’interprétation de la loi, de la jurisprudence et de la doctrine nous sera
bien utile pour arriver au bout de cette étude. Il s’agit de la méthode inductive et de la
méthode exégétique.
- La méthode inductive : selon le professeur TELEMONO MATTHEU, elle consiste de
la part du chercheur à réaliser une généralisation des faits à partir de sa propre
expérience, d’un tiers témoignage sans se préoccuper de l’examen véritable des faits,
à partir d’un seul fait.
- La méthode exégétique : consiste en une référence aux textes pour étayer sa
démarche, nous aura conduit aux textes juridiques, aux fins de nous rendre compte
de la question de la procédure des voies de recouvrement des placements bancaires.
Les méthodes sus évoquées au point précédent se sont assistés par la technique
documentaire qui consistera à la récolte des procédures en cas de l’inexécution des
établissements financiers.
7
SOUSI-ROUBI BLANCHE, lexique de la banque et des marchés financiers, paris, Dalloz, 2001, p21
8
[Link] consulté le 18/09/2023 à 11h43
5
V. DELIMITATION DE L’ETUDE
Non seulement pour éviter une uvre qui risque de ne pas avoir de fin, mais
aussi pour des raisons de concision et de contextualisation, notre travail sera
effectué sur une certaine mesure d’espace et de temps. S’agissant du temps, nous
allons investiguer dans la période allant de la proclamation de l’indépendance de la
RDC jusqu’ à ce jour ; et pour ce qui est de l’espace, notre champ d’enquête
demeurera la République Démocratique du Congo.
Néanmoins, il sied de signaler que nous ne manquerons pas de temps à autre
d’outrepasser la délimitation que nous nous sommes fixé, à chaque fois l’intérêt
supérieur de la recherche l’exigera.
VI. L’ANNONCE DU PLAN
Ce travail est essentiellement composé de deux chapitres. Le premier portera
sur les généralités sur l’épargne, le second quant à lui se cantonnera sur la sécurité
juridique de l’épargne.
6
CHAPITRE PREMIER : GÉNÉRALITÉS SUR L'ÉPARGNE EN RDC
Ce chapitre est subdivisé en deux sections, dont la première présente le cadre
conceptuel de l’épargne, notamment sa définition et sa typologie.
La seconde section quant à elle, nous permettra de présenter de manière
concise l’historique de l’épargne (son évolution), les enjeux et perspectives.
SECTION I : NOTIONS DE L'ÉPARGNE
§1. DÉFINITIONS ET DIFFÉRENTES APPROCHES DE L'ÉPARGNE
§1.1. DÉFINITIONS DE L'ÉPARGNE
§1.1. A. Définition légale
La loi n°11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à l'activité de
la micro finance en République démocratique du Congo définit l'épargne en son
article 5 alinéa 6 en ces termes : les fonds recueillis par l’Institution de Micro finance
auprès du public sous forme de dépôts, avec le droit d’en disposer dans le cadre de
ses activités et la charge de les restituer à la demande du déposant, selon les termes
convenus9. Cette définition de l'épargne ne prend en compte que l'épargne des
capitaux sans toutefois toucher d'autres types d'épargnes et ce, pour la simple raison
que la disposition qui la définit ainsi ne régule que sur l'activité des capitaux. Il s’agit
donc ici de l’épargne dans un établissement de crédit, plus particulièrement dans une
institution de micro finance.
§1.1. B. Définitions doctrinales
- Épargner signifie garder quelque chose de valeur pour une utilisation future.
Cette phrase simple décrit deux éléments clés de toute activité de l'épargne à
savoir :
• discipline et sacrifice : garder une chose de valeur pour une utilisation future au lieu
de la consommer immédiatement. Partant de cette définition qui, pourtant simpliste
mais globalisante, on arrive à définir l'épargne de la plus brève de manière : «
l'épargne, c'est la planification de l'avenir. » Avec l'épargne, il s'agit d'avenir,
d'anticiper et de se préparer aux risques et urgences possibles(une mauvaise récolte,
la maladie ou la mort), de se préparer pour les évènements et dépenses à
venir(paiement des frais scolaires, un mariage, la vieillesse ou des funérailles) ou
encore de démarrer une activité ou de renforcer une activité existante10.
- L'épargne correspond à la partie du revenu qui n'est pas consommée. Au
niveau d'une économie dans son ensemble, l'épargne peut être le fait des
ménages, mais aussi des entreprises ou des administrations publiques11.
C'est une action volontaire en vue de réaliser des projets futurs. Ces
9
Article 5.6 de la loi n° 11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à
l'activité de la micro finance en République démocratique du Congo, in JORDC
10
JI-YEUNNE RIM et JOHN ROUSE, illustrations Rustam Vania manuel de référence de l’épargne
collective, éd Jonathan Cook, FAO 2003, p8
11
Augustin Basani Ngabu, la problématique de la constitution d’épargne par les enseignants
mécanisés du SECOPE antenne kpandroma, in Submitted, 2002, p3
7
différentes considérations démontrent que la définition de l'épargne peut
encore sous-entendre plusieurs ramifications de sorte qu'il peut s'agir de
l'épargne d'une personne physique ou morale de droit privé (l'épargne
individuelle) ou d'une personne de droit public (l'épargne nationale). C'est donc
un acte de renonciation à une satisfaction immédiate au profit d'une
satisfaction future, d'une consommation future.
- Une autre définition proposée par RAMANOELINA stipule que l'épargne est ce
qui reste du revenu après avoir enlevé la consommation. Dans une économie
sans monnaie, elle désigne ce qui, dans le résultat des activités productives,
est soustrait de la consommation.
Le solde du compte d'utilisation du revenu est appelé épargne. Tous les secteurs
institutionnels ont un compte d'utilisation du revenu et à ce titre dégagent, ou
peuvent dégager l'épargne. Il ne faut cependant pas confondre épargne et taux
d'épargne et il convient de préciser les liens entre épargne et autofinancement.
Dans sa définition la plus simple, l'épargne se définit comme la part du revenu
non consacrée à la consommation immédiate. Le taux d'épargne sera alors
déterminé par le rapport entre épargne et revenu. On dira encore propension
marginale à épargner. En effet, si l'autofinancement peut être réalisé à partir de
l'épargne disponible, pour autant, ne pose pas vraiment un problème de définition,
par contre dans son approche économique existent différentes définitions de
l'épargne, selon son affectation et sa fonction.
La littérature économique propose plusieurs définitions :
- Mise en revenu : Epargne est synonyme d'économie de thésaurisation. C'est le
sens original du mot anglais saving qui vient de sauver, c'est-à-dire mettre en
sécurité (conserver ou préserver pour un usage futur). On dit encore que
l'épargne est une consommation différée. C'est un acte de prévoyance, mais
alors il faut admettre que la croûte de pain conservée par le mendiant est une
épargne.
- Construction d'un capital, d'un patrimoine, d'une fortune : Épargne est
synonyme d'accumulation des richesses. C'est ce que Christian Rist appelle
l'épargne créatrice par opposition à l'épargne réservée précédente. On dit
qu'un homme épargne lorsqu'il voit les biens et services qu'il achète produire
une richesse d'où, il attend tirer des moyens de jouissance dans l'avenir. Alors
que la dépense ou la consommation est l'obtention immédiate de la
jouissance.
- Renoncement à la consommation ou abstinence : conception qui découle de
la précédente, et qui sert à justifier l'intérêt versé aux épargnants capitalistes
pour les sacrifices qu'ils consentent.
- Excès du revenu sur la dépense de consommation (JM Keynes) ; l'épargne est
un résidu, un phénomène passif et non pas un acte volontaire d'abstinence. Le
Keynésianisme invite à poser la rupture de continuité entre l'épargne et
l'investissement.
8
- En extension sont considérées comme de l'épargne, les affectations
monétaires suivantes : thésaurisation monétaire ou réelle, placement, prêt,
investissement direct. Le placement et le prêt sont de l'épargne mise à la
disposition d'autrui, l'investissement direct étant l'utilisation directe de
l'épargne par l'épargnant.
9
§.1.2. LA CATEGORISATION DE L’EPARGNE SELON LES APPROCHES
CONCEPTUELLES
Nous allons analyser deux catégories d'approches. D'une part l'approche
fonctionnelle, et de l'autre, l'approche théorique de l'épargne.
§.1.2. A. SELON L'APPROCHE FONCTIONNELLE12 DE L'ÉPARGNE
A.1. Epargne brute et Epargne nette
Ce qui est vrai pour l'investissement est vrai pour l'épargne. L'épargne brute
est égale à l'épargne nette plus les amortissements du capital fixe.
A.2. Epargne volontaire et Epargne forcée
L'épargne volontaire est la conséquence d'un comportement, celui de
volontairement moins consommer. L'épargne forcée est une réduction de la
consommation imposée aux consommateurs. Cela peut être le fait de l'impôt. Cela
peut être la conséquence, à revenu égal, de l'augmentation des prix, etc. pour
certains, l'inflation est une épargne forcée monétaire, l'autofinancement est une
épargne forcée sociétaire etc.
A.3. Epargne Oisive et épargne active
L'épargne active, c'est l'épargne créatrice de richesse, par exemple celle
affectée à l'investissement. Elle s'oppose à l'épargne oisive, appelée encore épargne
stérile, épargne inactive, ou épargne de thésaurisation.
A.4. Epargne individuelle et Epargne Collective.
L'épargne individuelle est la part du revenu non consommé immédiatement
par un individu. L'épargne collective est la partie du revenu national destinée et
nécessaire aux investissements. Elle comprend la somme agrégée des épargnes
individuelles, réduite de la thésaurisation et de l'épargne financière.
A.5. Epargne de précaution et épargne financière
L'épargne de précaution est une épargne liquide, placée à court terme en vue
d'un éventuel problème, tel que le chômage, telle que la maladie, le payement des
frais académiques, etc. L'épargne financière est celle placée à long terme, dans le
but de participer à un processus d'accumulation patrimonial.
Signalons que la distinction entre l'épargne privée et l'épargne publique n'est
pas de nature juridique. Selon l'Espagnol [Link], l'épargne monétaire
correspond aux revenus monétaires non dépensés en consommation courante.
L'épargne publique doit être précisée comme l'équivalent d'un excédent budgétaire
dans les finances de l'Etat. L'épargne réelle est la quantité des biens matériels non
consommés. L'épargne en travail est le résultat de l'accroissement de la productivité
dû au progrès technique.
12
Ahmed Silem, Lexique d’économie, Paris, 10ème édition, Dalloz, 2008, p121
10
§.1.2. B. SELON L’APPROCHE THÉORIQUE13 DE L'ÉPARGNE
On distingue habituellement l'approche classique et néoclassique d'une part et
d'autre part l'approche Keynésienne.
Dans l'approche classique, l'épargne est considérée comme la renonciation à
une consommation présente. Cette renonciation a un prix, le taux d'intérêt. C'est
pourquoi chez ces auteurs, l'épargne est fonction du taux d'intérêt. Chez Keynes,
l'épargne est une fonction croissante du revenu, et il définit ainsi une fonction
d'épargne.
Pour investir plus en capital, qu'il soit physique ou humain, il faut consommer
moins et épargner plus. C'est dans ce sens que l'épargne se définit généralement
comme la partie non consommée du revenu. Cette définition typiquement
keynésienne se fonde sur le fait que les agents effectuent d'abord leurs plans de
consommation avant de prévoir ce qui sera épargné. Pour les classiques, l'épargne
est la repartie du revenu préalablement retirée avant que les agents n'effectuent leurs
plans de consommation.
En réalité, la définition de chaque courant de pensée renvoie au contexte
économique dans lequel il évoluait. Raisonnant dans une situation de récession et de
sous-emploi généralisé, il est normal pour les keynésiens de disposer que la décision
de consommer précédait celle d'épargner car, c'est la meilleure manière de relancer
l'économie, la demande créant sa propre offre. En d’autres termes, l'État, via les
grands travaux, crée des emplois et par là distribue les revenus; les bénéficiaires de
ces derniers doivent privilégier la consommation pour permettre aux entreprises de
se débarrasser de leurs stocks invendus, de renter à flots et de dégager des
capacités de financement susceptible de relancer l'économie et de la faire
progressivement sortir de la récession et du sous-emploi.
C'est ainsi que mettre au premier plan l'épargne reviendrait à installer
l'économie dans la récession de sous-emplois. Se basant sur une situation de plein
emploi et d'expansion, les classiques ne pouvaient que mettre un accent prioritaire
sur l'épargne, en effet, selon eux, c'est l'offre qui crée sa propre demande.
De ce fait, l'épargne est primordiale pour financer l'investissement et permet le
maintien de l'offre, car le contraire, en d'autres termes, privilégiant la consommation
équivaudrait simplement, à priver l'offre de possibilités de sa régénération constituée
par l'épargne et l'investissement et par là, la condamner à une chute laquelle fera
basculer l'économie dans la situation de sous-emploi et de récession.
Les définitions Keynésienne et classique mettent l'accent sur l'épargne
financière. En réalité peut aussi apparaître sous forme immobilière ou mobilière dont
l'objectif principal n'est pas de constituer un patrimoine de rapport. La relation Y-C-G
indique l'épargne intérieure laquelle se définit comme l'épargne mobilisée par les
résidents nationaux et étrangers. L'épargne nationale quant à elle, se réfère à
l'épargne mobilisée par les nationaux, résidents et non-résidents. L'épargne publique,
13
MUHINDO KAYITENGA, relation investissement-épargne privée en RDC, mémoire, Université de
GOMA, Année Académique 2010-2011, p24
11
c'est l'excédent des recettes courantes de l'État sur ses dépenses ordinaires. Quant à
l'épargne privée, elle est égale au revenu des ménages et des entreprises moins les
taxes et leurs consommations.
Si la croissance économique dépend de l'évolution du taux d'épargne ou de la
propension moyenne à épargner, son caractère fort et durable est fonction du
comportement de la propension marginale à épargner. Trois autres auteurs vont être
amenés à définir une fonction d'épargne comme ils avaient défini une fonction de
consommation : Duesenberry, Modigliani et Friedman.
B.1. La fonction d'épargne chez Keynes
Elle se déduit de la fonction de consommation. Les fonctions de consommation
et de l'épargne définies ci-dessus suggèrent que la somme des proportions
marginales à consommer et à épargner soit unique mais ne permettent pas de savoir
laquelle est supérieure à l'autre. Toutefois, dans une économie viable, la Pmc est
nécessairement supérieure à la Pms. Le revenu est destiné essentiellement à la
consommation et non à l'épargne.14
- Co correspond à la désépargne nécessaire, en l'absence de revenu, pour
financer la consommation incompressible. Pour tout revenu supérieur à y,
l'épargne sera positive, par contre jusqu'à y, le revenu dégagé ne permet pas la
constitution de l'épargne.
En conséquence, chez Keynes, l'épargne est bien fonction du revenu mais tout
revenu ne dégage pas de l'épargne. Il faut atteindre un revenu minimum y, pour que
l'on puisse se constituer de l'épargne.
B.2. L'analyse de Duesenbery
Pour Duesenbery, l'épargne est le solde de la consommation par rapport au
revenu. Aussi, ce sont les mouvements de la consommation qui expliquent la
constitution de l'épargne.
On distinguera deux périodes, celle où il y a récession, dans ce cas la
consommation n'évolue pas de façon proportionnelle au revenu. Le ralentissement
du revenu disponible entraîne sur la consommation un mouvement non proportionnel.
Ce qui veut dire que les ménages vont défendre leur niveau de consommation en
réduisant leur épargne.
Avec la reprise, mouvement inverse, la consommation va évoluer moins vite
que le revenu des consommateurs, permettant aux ménages de reconstituer leur
épargne que lorsque le revenu atteint le niveau le plus élevé connu dans le passé.
En conclusion, la constitution de l'épargne est dépendante du niveau atteint
par le revenu soit que lorsque le revenu atteint le niveau le plus élevé connu dans le
passé, mais aussi de l'environnement économique dans lequel on évolue, récession
ou reprise15.'
14
MOHINDO KAYITENGA, [Link]., p25
15
Idem
12
B.3. L'analyse de Modigliani
La théorie de Modigliani est celle d'une consommation constante par rapport
au revenu des ménages, durant une durée de vie divisée en trois périodes : la non
activité, l'activité et la retraite.
Durant la non-activité, la consommation est rendue possible par l'épargne
antérieure des parents, que l'on retrouve sous forme d'héritage ou d'avance sur
héritage. Durant l'activité, la logique est celle d'un revenu disponible des ménages
excédant leurs besoins de consommation. Ce qui permet de dégager une épargne,
qu'on va retrouver dans l'accumulation d'une richesse immobilière, ou mobilière.
Durant la retraite, pour maintenir son niveau de consommation, on va utiliser
l'épargne constituée au cours de la période précédente, et pour cela on va
désépargner. En fin de cycle tout doit être dépensé.
L'épargne a permis la constitution d'un patrimoine uniquement destiné à
compenser la baisse de revenu durant la période de non activité, permettant ainsi le
financement, par désépargne, de la consommation.16
B.4. L'analyse de Friedman
Comme chez Modigliani, Friedman défend le principe que le comportement
d'épargnants de ménages est fonction de leur revenu anticipé sur une longue
période. Le raisonnement se place dans un cadre inter temporel. Friedman se
démarque de Modigliani en disant que l'épargne constituée par les ménages peut
permettre de soutenir la consommation mais aussi aider à la constitution d'un
patrimoine destiné à leurs descendants.
B.5. La fin des idées reçues
Au cours des vingt dernières années, on a assisté à un double mouvement,
concernant tout d'abord le comportement des ménages en retraite et ensuite, la
structure de l'épargne.17
B.5.1. La fin de l'évolution en cloche de l'épargne
Par évolution en cloche, on entend le schéma classique selon lequel l'épargne
est positive en période d'activité, mais négative durant la retraite.
Fait nouveau durablement constaté, tout au long de leur retraite, les ménages
continuent à épargner et, c'est quel que soit l'âge. Plus encore, leur taux d'épargne
augmente, mettant à mal le schéma classique. Sans doute par la volonté de se
constituer une épargne de précaution, destinée à eux-mêmes, mais aussi à leurs
descendants. À eux-mêmes, dans le but de pouvoir à tout moment faire face à une
dépense soudaine et imprévue, que la stagnation du pouvoir d'achat des retraites ne
garantit plus nécessairement. À leurs descendants, enfants et petits-enfants, que la
précarité du marché du travail, en particulier celui des jeunes, contribue à appauvrir.
L'épargne ainsi constituée vient alors à point nommé pour améliorer leur niveau de
vie.
16
MOHINDO KAYITENGA, [Link]., p26
17
Idem
13
B.5.2. Transformation de la structure de l'épargne
Hier l'épargne était souvent constituée d'investissements immobiliers, qui
avaient le double avantage de constituer une épargne de précaution, mais aussi une
épargne de revenue. Durant les deux dernières décennies, sur l'ensemble de la
population on a assisté à une lente mais régulière désaffection pour l'épargne
immobilière, au profit d'autres produits d'épargne longue, comme les placements
d'assurance vie, l'épargne financière prenant le pas sur l'épargne immobilière.
Le problème posé par le financement des caisses de retraite n'est bien sûr pas
étranger à cette situation, de même que les prélèvements obligatoires importants
conduisent à rechercher des placements avantageux en termes de fiscalité.
Enfin, en période difficile, l'épargne financière a toujours l'avantage d'une
liquidation quasi immédiate, ce qui n'est pas le cas de l'épargne immobilière.
§.2. : TYPOLOGIE DE L'EPARGNE
Selon les catégories d'agents économiques qui épargnent, on distingue
l'épargne des ménages, l'épargne des entreprises et l'épargne publique. Suivant la
forme dont l'épargne est constituée, on distingue l'épargne financière et l'épargne
non financière.
§.2.1. TYPOLOGIE EN FONCTION DES ÉPARGNANTS
§.2.1. A. L'ÉPARGNE DES MÉNAGES
L'épargne des ménages correspond à la part de leurs revenus qui n'est pas
destinée à la consommation immédiate. Cette épargne peut être placée auprès d'une
institution financière ou thésaurisée c'est-à-dire conservée par l'épargnant et non
réintroduit dans le circuit économique qui directement ou indirectement l'avait
générée.
A.1 IMPORTANCE DE L'EPARGNE POUR LES MENAGES
Dans le milieu rural comme urbain en RDC, les ménages peuvent épargner
pour motif de précaution.
Dans ce cas, même avec un faible revenu disponible et en l'absence
d'instruments d'épargne attractive, les ménages pauvres sont forcés d'épargner une
part substantielle de leur revenu.18
L'épargne des ménages comprend notamment des biens matériels et un peu
d'épargne financière placée dans le secteur financier informel. Les ménages
épargnent aussi pour acheter des biens immobiliers afin de se loger, de se protéger
contre certaines éventualités. Ils épargnent également pour leurs vieux jours, comme
l’illustre la théorie du cycle de vie19 qui stipule que les ménages épargnent durant leur
vie active afin d'accumuler un patrimoine qu'ils consommeront durant leur retraite en
pratiquant cette fois-là une désépargne c'est-à-dire la transformation de l'épargne en
18
CNUCED, Le développement économique en Afrique, Genève, UN, 2007, p10.
19
Yves capul et Olivier Garnier, Dictionnaire économique et des sciences sociales, Paris, édition
Herisses, 1997, p181
14
consommation. Les ménages épargnent également pour obtenir des ressources
sous forme d'intérêt.
A.2. LES OBSTACLES LIÉS A L'ÉPARGNE DES MÉNAGES
Les obstacles dressés à l'égard de l'épargne sont nombreux, nous pouvons citer :
- La faiblesse des revenus des ménages. Si le revenu est faible, il y aura de
moins à moins l'épargne car celle-ci dépend essentiellement du revenu ;
- La faiblesse de taux d'intérêt limite l'épargne financière parce que les gens
épargnent pour bénéficier de l'intérêt ;
- Le problème de confiance vis-à-vis des banques fait perdre de sommes
importantes aux épargnants, décourage également les épargnants.20
20
MANSESA KIAKUMBA, Problématique de l’épargne dans le Bas-Congo : Cas de ménages de
Mbanza-Ngungu, mémoire, Université kongo, faculté d’économie, année académique 2010, p16
15
§.2.1. B. L'ÉPARGNE DES ENTREPRISES
L'épargne brute des entreprises correspond à leur capacité d'autofinancement,
c'est-à-dire à leur bénéfice net après l'impôt à laquelle s'ajoute l'amortissement
(sommes mises de côté pour reconstituer le capital technique).21
Cette épargne dépend de l'évolution de leur rentabilité. La plupart des pays en
développement sont caractérisés par un dualisme économique, notamment par la
coexistence des secteurs formel et informel.22
Seulement un petit nombre d'entreprises dans ces pays évoluent dans le
secteur formel de l'économie, tandis qu'un grand nombre d'entreprises évoluent dans
le secteur informel. Les entreprises du secteur informel comptent beaucoup sur leurs
bénéfices non distribués pour financer non seulement leur fonds de roulement, mais
aussi leurs nouveaux investissements car l'accès aux services financiers adéquats
s'avère difficile.23
§.2.1. C. L'ÉPARGNE PUBLIQUE
C'est l'épargne constituée par l'État, c'est-à-dire par le gouvernement et par les
entités décentralisées. L'épargne publique est égale à la différence entre les recettes
et les dépenses courantes de l'État. Ainsi, lorsque ses recettes sont supérieures à
ses dépenses, c'est-à-dire en cas d'excédent budgétaire. Dans les cas contraires où il
y a un déficit budgétaire, l'État désépargne ou encore emprunte l'épargne privée. Celle
-ci est égale à la somme de l'épargne des ménages et de l'épargne des entreprises.
L'épargne privée plus l'épargne publique constitue l'épargne nationale. En d'autres
termes, celle-ci est égale à l'épargne des ménages, plus l'épargne des entreprises,
plus l'épargne publique24.
§.2.2. TYPOLOGIE SELON LA FORME
§.2.2. A : L'ÉPARGNE FINANCIERE
On distingue l'épargne financière de l'épargne non financière. L'épargne
financière c'est une épargne placée auprès d'une institution financière. Celle-ci peut
être une institution formelle (une banque par exemple), informelle (cas des tontines)
ou une institution semi formelle (institution de micro finance).
A.1. LE SYSTÈME FINANCIER FORMEL
L'épargne détenue dans le secteur financier formel ne représente
généralement qu'une faible proportion des actifs des ménages. Les banques sont le
principal type d'établissements financiers du secteur formel engagées dans la
mobilisation de l'épargne en Afrique.25
21
Yves Capul et Olivier Garnier, [Link]., p178,
22
JP Nyembo, notes de cours de Droit financier, 3ème année de graduat, faculté de Droit, Université de
Kinshasa, Année Académique 2022-2023
23
CNUCED, [Link]., p16
24
Zacharie NTUMBA MUSUKA, Notes du cours des finances publiques, 2ème année de graduat, faculté
de Droit, Université de Kinshasa, Année Académique 2021-2022
25
CNUCED, [Link]., p13
16
Ces banques sont généralement concentrées dans les grandes
26
agglomérations et il y a peu d'agences dans les zones rurales.
Toutefois l'éloignement physique de ces banques n'est pas le seul facteur qui
limite la croissance de l'épargne financière de ce secteur. Le seuil minimum élevé
fixé pour les dépôts, les temps nécessaires pour effectuer les opérations et la
lourdeur de l'administration découragent également les épargnants dans ce secteur.
D'une manière générale, l'épargne est constituée des dépôts faits auprès d'une
institution financière. On distingue les dépôts à vue de dépôts à terme. Ce ne sont
que les dépôts à terme qui sont considérés comme épargne auprès des institutions
financières.
- LE DEPOT A VUE
Il est caractérisé par la disponibilité à tout moment des montants déposés. Un
compte à vue est avant tout une créance qui est couramment acceptée comme
moyen de paiement. Ici, le paiement s'effectue par chèque ou par virement27.
- LE DEPOT A TERME
On distingue généralement deux types de dépôts à terme :
a) La dépôt à terme fixe
Le compte à terme fixe est généralement ouvert aux personnes tant morales
que physiques ayant au préalable un autre compte au sein de l'institution financière.
Le retrait de fonds de ce compte ne peut se faire qu'à une échéance fixe de 3 ou 6
mois par exemple. Au moment de la constitution du dépôt, un taux d'intérêt est fixé
et restera invariable jusqu'à l'échéance fixée.
b) Le dépôt à préavis
Ce dépôt est fait dans un compte pour lequel le retrait de fonds ne peut
intervenir que lorsque son titulaire informe l'institution financière de son intention
quelques jours avant. Le délai de préavis est à convenir entre les parties.
A.2. LE SYSTÈME FINANCIER INFORMEL
Le concept de finance informelle renvoie à des pratiques d'épargne et de
crédit qui ne sont pas obligées de respecter un cadre ou un schéma fixé.28
Le secteur financier informel offre un large éventail d'instruments d'épargne
qui va de la simple collecte des dépôts jusqu'à d'importants groupements ou clubs
d'épargne autogérés. On retrouve dans ce secteur le phénomène « gardes fonds » et
les tontines.
-LES GARDES-FONDS
26
CNUCED, [Link]., p21
27
P. Nginamau, Mobilisation de l’épargne par les coopératives : Cas de CAMEC, TFC, FASEG,
Université Kongo, p16
28
M. LELARD, de la finance informelle à la micro finance, Paris, éd. Des archives contemporaines,
2005, p7
17
Les habitants d'un quartier peuvent se décider de mettre leur argent en sécurité
auprès d'une personne en qui ils ont confiance. Cette personne s'engage à restituer
ces versements à une date convenue au préalable ou encore à la demande de
l'épargnant. Elle ne verse pas d'intérêt sur ces dépôts, et elle n'est pas rémunérée
pour le service de sécurité qu'elle rend.
- LES TONTINIERS OU BANQUIERS AMBULANTS
Les habitants d'un village ou d'un quartier peuvent aussi utiliser les services
d'une personne de confiance pour garder leur épargne. Les versements sont cette
fois-ci identiques, effectués d'une façon régulière et ils sont remboursés en totalité à
une date connue d'avance. Le collecteur de l'épargne remet souvent à chacun de ses
clients une carte établie à son nom, précisant son adresse et contenant autant de
cases que de versements prévus. A chaque versement, il signe.
A l'échéance, normalement si toutes les cases sont remplies, les tontiniers
remboursent à ses clients les versements effectués diminués d'une case qu'il garde
pour lui et qui est la rémunération du service de sécurité qu'il a rendu à chacun. Ce
secteur est dynamique, varié et bien adapté aux besoins des populations en termes
de services financiers.
A.3. LA MICRO-FINANCE
Le secteur de micro finance était spécialisé dans la fourniture des services
financiers aux ménages et aux petites entreprises qui n'ont pas accès aux services
du secteur formel. Ayant connues un progrès fulgurant au cours ces dernières
décennies, les institutions de micro finance sont actuellement comptées parmi les
établissements de crédit du secteur formel en RDC, approuvés par la BCC qui est la
régulatrice des marchés des capitaux. C’est même la raison d’être du cadre légal à
savoir : la loi n°11/020 du 15 Septembre 2011 fixant les règles relatives à l’activité de
la micro finance en République démocratique du Congo. La micro finance a
notamment pour rôle de réduire la pauvreté.29
§.2.2. B. L'ÉPARGNE NON FINANCIÈRE.
L’épargne non financière fait référence à la constitution d’un patrimoine
matériel : pierres précieuses, immobilier, terrain, uvres d’art… On peut ainsi parler de
placement dans l’immobilier ou de placements alternatifs.
Avec l’épargne non financière, les particuliers peuvent faire fructifier leur
argent autrement que par l’intermédiaire des institutions financières : achat puis
location de biens immobiliers, immobilier d’entreprise, achat de parcelles de forêt,
placement dans le domaine viticole, etc.
SECTION II : LA REPRÉSENTATION DU SECTEUR FINANCIER, ENJEUX ET
PERSPECTIVES.
L’étude générale sur le secteur financier en RDC nécessite une analyse sur
29
M. LELART, La micro finance : Situation et enjeux, Brazzaville, in revue congolaise de gestion, n°11-
12, 2006, p37.
18
l’impact des réformes initiées ces dernières années, afin de cibler celles à poursuivre
pour mieux contribuer au financement de l’économie.
Qu’il s’agisse des banques ou des assurances, le secteur financier congolais a
connu une décennie de forte croissance et de changements majeurs du cadre
réglementaire et de supervision. Malgré ce développement rapide et régulier, le
secteur financier est limité et ne répond pas aux besoins de services financiers de
l’économie. Aujourd’hui, les perspectives laissent envisager une accélération de cette
croissance. La problématique posée aux régulateurs est plus que jamais de
poursuivre l’adaptation continue du cadre réglementaire et, au besoin le réadapter,
afin de motiver l'assainissement et le développement dudit secteur.
Cette section se subdivise en deux paragraphes, le premier s’attèle sur
l'évolution historique du secteur financier en RDC avec ses relations à travers le
monde, le second quant à lui se focalise sur les risques et avantages du secteur
financier.
§.1. L'ÉVOLUTION ET MODERNISATION DU SECTEUR FINANCIER EN RDC AU
COURS DE CES DERNIÈRES DÉCENNIES.
L’étude sur l'évolution du secteur financier en RDC nous aide non seulement à
apporter une analyse sur l’impact des réformes initiées ces dernières années, mais
aussi d'identifier les réformes à poursuivre pour mieux contribuer au financement de
l’économie.
Qu’il s’agisse des banques ou des assurances, le secteur financier congolais a
connu une décennie de forte croissance et de changements majeurs du cadre
réglementaire et de supervision. Malgré ce développement rapide et régulier, le
secteur financier est limité et ne répond pas aux besoins de services financiers de
l’économie. Aujourd’hui, les perspectives laissent envisager une accélération de cette
croissance. La problématique posée aux régulateurs est plus que jamais de
poursuivre l’adaptation continue du cadre réglementaire, afin de continuer à mener
de front l'assainissement et le développement du secteur.
§.1.1. LES DIFFERENTES REFORMES AU COURS DE CETTE DERNIERE DECENNIE
La RDC offre ainsi une expérience vivante de transformation d’un secteur
financier, plongé pendant des décennies dans une certaine léthargie et confronté
brutalement à la modernité.
Pour être franc, il faut reconnaitre que la finance congolaise avait déjà entamé
son processus de modernisation30 sous l’ère du Président KABILA, avec l’adhésion à
l’OHADA (2010), la loi sur le crédit-bail (2015), un nouveau code de la mutualité
(2017), la libéralisation du secteur des assurances, avec la création d’un nouveau
cadre réglementaire et la mise en place de l’Autorité de régulation et de contrôle des
assurances (ARCA) (2018), la réforme de la Banque Centrale (loi organique de 2018),
la modernisation du système national de paiement (2018).
30
Géraldine MERMOUX et Guillaume GILKES, le secteur financier en RDC : La révolution s’accélère?,
FINACTU, décembre 2019, p4.
19
Sans être nécessairement exhaustif, on peut citer les grandes étapes de cette
31
vague de reformes prises au cours cette dernière décennie :
-La RDC a rejoint en 2010 l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du
Droit des Affaires (OHADA), les entreprises publiques se sont adaptées à ce nouveau
cadre en devenant sociétés commerciales et établissements publics, même si elles
dominent toujours l’économie et que beaucoup sont encore en difficultés financières;
-La loi sur le crédit-bail : loi n°15 /003 du 12 février 2015 ;
-La libéralisation du secteur des assurances en 2018 avec création d’un
nouveau cadre réglementaire et la mise en place de l’Autorité de Régulation et de
contrôle des Assurances (ARCA), qui a publié début 2019 la liste des premières
entreprises agrées, ainsi qu’un nouveau code de mutualité en 2017 ;
-La création d’un marché des titres publics par la signature du décret et les
textes de sa mise en application, notamment le décret n°18/025 du 11 juin 2018
fixant les modalités d’émission et de remboursement des bons et obligations du
Trésor ;
-La réforme de la Banque Centrale par le vote de la loi organique en 2018 qui
confère à l’institut d’émission plus de marge de man uvre dans l’accomplissement
de sa mission de régulation du secteur financier ;
-La modernisation du système national de payement, notamment par la loi
n°18/019 du 9 juillet 2018 relative aux systèmes de paiement et règlement-titres ;
Ainsi qu’un nombre d’instructions de 2018 relatives à l’activité de change manuel, aux
normes prudentielles, aux IFM, etc. ;
-Du côté de la protection sociale la RDC a rejoint en 2009 la conférence
interafricaine de Prévoyance sociale (CIPRES). Le secteur privé dispose d’une
nouvelle caisse depuis 2018 qui élargit le périmètre de ses assurés et qui étend le
nombre de ses prestations tandis que dans le même temps, pour le secteur public,
un régime de retraite des fonctionnaires a été mis en place.
§.1.2. L'ÉVOLUTION D'INSTITUTIONS FINANCIÈRES
Du côté de l'offre financière32, un dynamisme bouillonnant est à l’ uvre, dont
témoigne l’évolution du nombre d’institutions financières présentes sur le territoire
congolais, qui est passé de 39 en 1997 à 233 en 2017. Ce secteur affiche désormais
– à l’exception de l’assurance, où subsistait une situation de monopole jusqu’à 2019
– une offre abondante, avec en 2017 (derniers chiffres complets) : 17 banques
commerciales, 1 banque de développement, 1 caisse d’épargne, 97 institutions de
micro finance et coopératives, 1 compagnie d’assurance, et 1 institution de
protection sociale (INSS devenue CNSS pour le régime du secteur privé, rejointe en
2017 par la CNSSAP pour le régime du secteur public). On dénombre également 72
sociétés de messageries financières, 16 sociétés financières de transfert des fonds
dont 4 par mobile et 12 couplées aux banques, et 27 bureaux de change. Les
31
Géraldine MERMOUX et Guillaume GILKES, [Link]., p4.
32
Idem, p6
20
banques commerciales dominent le secteur avec environ 89% du total des actifs du
secteur financier.
§.2. RISQUES, AVANTAGES, ENJEUX ET PERSPECTIVES D'AVENIR DU SECTEUR
FINANCIER EN RDC.
Ce paragraphe sera abordé laconiquement en deux petits points, alors que le
premier point traite des défis du secteur financier, avec comme préoccupation
majeure La priorité : sortir le secteur financier du cercle vicieux de l'élitisme et en
faire un acteur de l'inclusion financière ». Le second point quant à lui esquisse sur
les perspectives d'avenir du secteur financier, avec comme question centrale : « Quel
avenir pour le secteur financier en RDC ? »
21
§.2.1. LES DÉFIS DU SECTEUR FINANCIER EN RDC
Pourtant, malgré cette évolution en nombre, le secteur financier peine toujours
à réaliser son potentiel et à apporter une réelle contribution au développement socio-
économique du pays. En effet, les actifs bancaires représentent 16% du PIB, et les
crédits bancaires 6% du PIB en 2018 face à une moyenne de 28% des crédits/PIB en
Afrique subsaharienne…
Sortir le secteur bancaire du cercle vicieux de l’élitisme et en faire un acteur de
l’inclusion financière est une priorité.
Ceux qui veulent voir le verre à moitié plein remarqueront que le secteur
bancaire a connu une forte croissance entre 2010 et 2018 : le total des actifs a été
multiplié par 3 sur la période (USD 6 879 millions à fin 2018), les crédits par 4 (USD 4
660 millions) et les dépôts par 3 (USD 2 882 millions).
Malgré ces efforts, les sceptiques feront remarquer que les dépôts bancaires
en RDC ne dépassent pas 10% du PIB quand le Cameroun est à 20%, la Côte d’Ivoire à
29%, et le Kenya à 36%. Les crédits représentent également la part la plus faible du
PIB (7%) parmi les autres pays d’Afrique, quand le Cameroun atteint 16%, la Côte
d’Ivoire 23%, et le Kenya 30%.
Derrière ces chiffres se cache le paradoxe de la finance congolaise, qui est
engagé dans un cercle vicieux dans lequel les banques, pour survivre à une
pénétration très faible, pratiquent une politique de prix élevés, qui freine le
développement de la bancarisation : le pays affiche à la fois des niveaux de prix
élevés et un niveau d’inclusion financière très faible (le taux de bancarisation peine à
évoluer et stagne autour de 6%).33
Malgré l’augmentation du nombre d’agences bancaires dans le pays au cours des
dernières années, la RDC possède l’un des réseaux bancaires les plus limités du
continent avec moins d’une agence bancaire pour 100.000 habitants, soit près de 3
fois moins d’agences bancaires par habitant qu’en Tanzanie, 16 fois moins qu’en
Angola et … 70 fois moins qu’en Belgique ou en France.34
Ce réseau de distribution insuffisant est lié au fait d’infrastructures limitées :
dans la plupart des provinces, les infrastructures de transport sont dans un état
vétuste, seule Kinshasa se démarque avec un taux de routes revêtues supérieur à
90%, contre 20% pour le Nord Kivu et le Bas-Congo, les 2 autres provinces ayant le
meilleur état des routes. Concernant les infrastructures électriques, seule Kinshasa
se démarque avec un taux d’électrification de 44%, contre 17% en moyenne dans le
pays pour l’accès à l’électricité35.
En effet, la présence des banques est conditionnée par l’état des
infrastructures (routières, en électricité, de communication,…) ce qui explique la faible
présence des banques commerciales dans certaines régions du pays, et leur
concentration à Kinshasa (61% du nombre total d’agences et guichets bancaires en
33
Géraldine MERMOUX et Guillaume GILKES, [Link]., p11
34
Idem, p22
35
Géraldine MERMOUX et Guillaume GILKES, [Link]., p24
22
36
RDC), au Katanga (14%) et au Bas Congo (11%). En conséquence, les dépôts et les
crédits sont fortement concentrés dans la province de Kinshasa (plus de 70%).
§2.2. LES PERSPECTIVES D'AVENIR DU SECTEUR FINANCIER EN RDC.
§.2.2.A. Quel avenir pour le secteur bancaire ?
Le régime actuel pourra compter sur le bénéfice des efforts d’assainissement
pris ces dernières années : déductibilité des provisions pour créances douteuses des
banques (2017), modernisation de la réglementation sur les fonds propres
(instructions de la Banque Centrale en 2017) et relèvement du capital minimum à
l’équivalent en CDF d’USD 10 millions à USD 30 millions au 31 décembre 2018 et à US
D 50 millions au 31 décembre 2020. Le contexte de dépréciation de la monnaie CDF
risque de peser sur les banques puisque le capital minimum réglementaire est
exprimé selon son équivalent en USD.37
Derrière la bonne santé consolidée du secteur bancaire, qui dépasse en
moyenne les exigences minimales fixées par la Banque Centrale, se cachent
quelques situations désespérées (Fi Bank dissoute en 2017, BIAC toujours sous
tutelle de la Banque Centrale du Congo, Byblos Bank RDC, devenue Solidaire Banque,
inactive) qu’il est temps de résoudre définitivement, pour laisser au secteur bancaire
le soin de regagner la confiance des consommateurs.38
§.2.2.B. Un secteur des assurances désormais ouvert : comment soutenir son
développement en même temps que la mise en place des structures de contrôle ?
Le secteur des assurances congolais offre une particularité tout à fait
exceptionnelle, avec une situation de monopole public (la SONAS, créée en 1966) qui
n’a plus d’équivalent dans presqu’aucun autre pays du monde en 2019. Sans surprise,
la SONAS est dans une situation financière tout à fait préoccupante, et son activité
est très limitée par rapport aux besoins d’intermédiation des risques des acteurs
économiques en RDC : en 2017, les primes SONAS se sont élevées à CDF 95,6
milliards (USD 60,9 millions), soit une pénétration totalement atrophiée de 0,16% du
PIB et une densité de USD 0,75 / habitant qui place la RDC dans les pays les moins
assurés du monde.39
En 2019, à l’issue d’un long processus de réflexion commencé quelques
années auparavant, que FINACTU a eu le privilège d’accompagner, la SONAS a perdu
son monopole sur le secteur des assurances. Dans le cadre d’une libéralisation
assumée, l’ARCA a agréé en 2019 4 nouveaux assureurs (Activa Assurance RDC, SFA
Congo, Rawsur SA et Rawsur Life SA) et 4 sociétés de courtage. D’autres acteurs
importants vont très bientôt entrer sur le marché. Dans ce contexte de libéralisation
enfin effective, la mise en place de l’ARCA est une très bonne nouvelle, mais ses
moyens doivent vite être augmentés pour maitriser le développement du secteur.40
36
Idem
37
Ibidem, p29
38
Ibidem
39
Ibidem, p30
40
Géraldine MERMOUX et Guillaume GILKES, [Link]., p30
23
Parallèlement, l’ARCA a informé le public en septembre 2019 que la SONAS
est autorisée à fonctionner en attendant que son dossier de demande de
régularisation aboutisse. La SONAS a déposé un dossier de mise en conformité. Il y a
encore des éléments qu’nt. S’ouvre ainsi pour la SONAS une période de transition
pour, soit être liquidée, soit, après un audit complet opérationnel et financier, être
profondément restructurée avec ouverture de son capital à un partenaire technique,
afin d’atteindre ultérieurement les critères d’agrément prévus au code des
assurances.41
§2.2.C. Cadre réglementaire des assurances en RDC
Le nouveau code des assurances est une très bonne loi, mais ce texte reste à
améliorer et à compléter. Promulgué le 17 mars 2015, le nouveau Code des
assurances de la RDC est officiellement entré en vigueur le 17 mars 2016 après une
année de transition.
Ce code comporte de nombreuses dispositions adaptées au contexte
congolais, pour permettre son développement rapide tout en maîtrisant sa stabilité :
norme de rétention locale à 25% ambitieuse sans être irréaliste ; capital social
minimum de CDF 10 milliards (équivalent au 31/12/17 à USD 6,4 millions) un peu
basse au vu du relèvement du capital social des banques en RDC, ou de ceux des
assureurs dans d’autres pays d’Afrique ; ainsi que d’autres mesures techniques de
bonne augure telles que la prise d’effet du contrat subordonné au paiement de la
prime, ou une liste étendue des assurances obligatoires, ou encore l’institution d’un
fonds de garantie automobile, et la réglementation des agents généraux, courtiers et
autres intermédiaires. Enfin, il supprime la TVA pour les activités vie-épargne et
santé.42
Ce code des assurances est une très bonne base, et la plupart des mesures
d’application ont été prises, mais il devra être amélioré et complété sur plusieurs
points, par exemple pour le cadre des activités de micro assurance ou d’assurance
agricole, ou pour le renforcement du cadre réglementaire et de supervision
concernant l’administration provisoire et la liquidation pour une meilleure protection
des assurés.
41
Idem
42
Ibidem, p33
24
CHAP II: L'ENCADREMENT JURIDIQUE DE L'ÉPARGNE EN RDC.
La protection de l’épargne en droit bancaire nécessite un arsenal de normes
prudentielles. La Banque Centrale, dans sa casquette de régulateur du secteur
financier prévoit un nombre important de mécanismes pour pallier à tous les risques
éventuels auxquels les épargnants peuvent être confrontés.
En effet, ce chapitre comporte deux sections dont le premier fait état du cadre
légal et réglementaire du secteur financier en RDC, et la seconde s'intéresse aux
mécanismes spécifiques de gestion prudentielle de l'épargne.
Section I. CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE DU SECTEUR FINANCIER EN RDC.
Tout au long de cette section, nous allons nous attarder sur la démonstration
des garanties tant particulières que spécifiques dont disposent les créanciers des
institutions financières, notamment les banques commerciales. D’ajouter, la
problématique du contrôle bancaire fera aussi objet d’une analyse.
§1. LA PROTECTION DES ÉPARGNANTS PAR LES MÉCANISMES DE DROIT
COMMUN.
§1.1 : LES GARANTIES GÉNÉRALES DU DROIT DE CRÉANCE EN DROIT CONGOLAIS
Le Droit congolais des obligations fait une analyse généralisée sur les
garanties des droits de créance en cas de non-exécution par une de parties au
contrat. Le payement étant le but du rapport d'obligation, le créancier non payé
dispose de certains droits43. Ces droits lui permettent de saisir les biens de son
débiteur insolvable, il y en a qui portent sur sa personne même. En effet, les droits du
créancier non payé sur les biens de son débiteur nous intéressent le plus ici.
Mais il est nécessaire de préciser que les garanties générales ou de droit
commun ne sont vraiment pas de mise dans le règlement de différends portant sur
les créances bancaires, les règles spécifiques et uniques au secteur financier sont
utilisées. Qu’à cela ne tienne, nous allons avant tout passer en revue les mesures
générales d’exécution des obligations et celles de l’OHDA en matière des créances
bancaires. Aussi estimons-nous que la créance bancaire est tout simplement un
quelconque paiement que doit effectuer un établissement de crédit à une personne.
A) Mesures de contrainte sur la personne du débiteur
Dans l'ancien droit, le créancier disposait de plusieurs mesures de contrainte
sur la personne de son débiteur. Il pouvait le faire du tuer, le faire travailler à son
profit, le faire mettre en prison à ses frais (nourriture) pour le forcer à exécuter les
dettes civiles et commerciales. Ces mesures de contrainte ont été supprimées dans
les législations modernes. Il en reste cependant des vestiges en matière pénale.
L’article 16 du code pénal congolais dispose que l'exécution des condamnations aux
restitutions, aux dommages-intérêts et aux frais peut être poursuivie par la voie de la
contrainte par corps. Elle présente l'avantage de ne pas libérer le condamné.
43
KALONGO MBIKAYI, Droit civil des obligations, T1, p414-418.
25
L'exécution forcée après la mise en demeure constitue aussi une mesure de
44
contrainte sur la personne du débiteur .
B) Mesures d'exécution sur les biens du débiteur
Tous les créanciers disposent d'un droit de gage général sur l'ensemble du
patrimoine du débiteur, présent et à venir. La règle est posée par l'article 245 de la loi
n°73/021 du 20 juillet 1973, telle que modifiée et complétée par la loi du 18 juillet
1980 : << Tous les biens du débiteur, présents et à venir, sont le gage commun de ses
créanciers et le prix s'en distribue entre eux par contribution, à moins qu'il n'y ait entre
les créanciers des causes légales de préférence>>. Il existe une différence entre ce
droit de gage et le droit réel de gage-nantissement. Le droit de gage général est en
effet un droit personnel de créance et portant sur l'ensemble du patrimoine.
Le droit de gage-nantissement est un droit réel, une sûreté réelle portant sur
un bien déterminé du débiteur et emportant droit de préférence contrairement au
droit général de gage (où le prix se distribue entre créanciers par contribution) à
moins qu'il n'existe entre eux des causes légitimes de préférence. Conséquemment,
le créancier peut pratiquer la saisie d'un bien de son débiteur, le vendre à ses soins et
se payer sur le prix. La saisie peut être une saisie-exécution, opérée directement sur
les biens du débiteur ou une saisie-arrêt, opérée indirectement sur les biens du
débiteur. Tous les droits peuvent être saisis, sauf ceux qui sont insaisissables. Le
créancier peut aussi procéder à l'exécution forcée ou à l'astreinte.
Au-delà de la saisie et d'autres mesures d'exécution forcée ci-haut évoquées,
le législateur organise également tant des mesures conservatoires que le créancier
non payé peut entreprendre sur le patrimoine de son débiteur pour éviter sa
dilapidation ou sa diminution, notamment l'action oblique ou subrogatoire (Article 64
CCCL3) ainsi que l'action paulienne ou révocatoire (Article 65 CCCL3). Ces mesures
connaissent les atténuations, dans la mesure où elles ne s'appliquent pas pour
certains droits ; c’est le cas des créances alimentaires, droits moraux (l’action de
divorce, en séparation de corps, en nullité de mariage), sans oublier les biens des
sociétés commerciales qui sont sous l’apanage d'un régime juridique particulier.45
§.1.2: LES MESURES CONSERVATOIRES ET/ OU VOIES D'EXÉCUTION A L’ISSUE DU
DROIT OHADA
A. LA Saisie
La saisie est un processus au cours de laquelle un créancier, personne à qui
l’on doit une chose, une prestation ou un service en demande l'exécution par son
débiteur, généralement évaluable en argent. Autrement, la saisie est, selon le cas, une
mesure conservatoire ou une voie d'exécution lorsqu’on est en face d’un créancier de
mauvaise foi.
Les procédures de saisie varient selon le but à atteindre ou la nature du bien à
saisir. Il peut s'agir d'une saisie d'argent dans ses variances, saisie d'un bien et autres
recouvrements.
44
KALONGO MBIKAYI, [Link]., p414.
45
Idem, p415-418.
26
Dans le cadre de notre recherche, notre attention est portée sur la saisie
d’argent ou de tout objet évaluable en argent pouvant servir de moyen de paiement
ou de compensation. En effet, l'avènement du Droit OHADA en RDC a beaucoup
impacté et innové sur les questions de paiement. Selon qu'il existe l'obligation de
payer et de faire, il existe à titre principal deux types de saisies.
L’obligation de payer a pour but l'exécution d'une obligation de payer
une somme due. Cette obligation comporte :
- La saisie-attribution qui consiste à saisir auprès d'une personne
les sommes appartenant au débiteur (par exemple, saisie sur compte
bancaire).
- La saisie-vente, elle entraîne la vente des meubles du débiteur,
même s'ils sont détenus par une autre personne.
- La saisie d'un véhicule, elle consiste à immobilier un véhicule
(voiture, moto) là où il se trouve.
- La saisie immobilière, elle entraîne la vente d'un bien immobilier
(maison, terrain), en cas de créance.
- La saisie conservatoire, Elle empêche temporairement le débiteur
de vendre ou de déplacer les biens saisis.
. La saisie des droits incorporels autres que des sommes d'argent,
comme par exemple les valeurs mobilières ou les licences
d’exploitation (taxis)
. Saisie des récoltes sur pied
. Saisie des biens placés dans un coffre-fort
_ L’obligation de faire a pour but l'exécution d'une obligation de livrer ou
de restituer un bien. Elle comporte en son sein la saisie-appréhension
des meubles, qu'ils soient détenus par le débiteur, et la saisie-
revendication qui rend indispensable tout bien meuble (mobilier, livres,
voiture...) dans l'attente qu'il soit remis au créancier.46
B. Du recouvrement des créances bancaires en droit OHADA
La santé de l'économie des Etats de l'OHADA est néanmoins menacée par
les retards et les défauts de paiement. Le recouvrement des créances bancaires
consiste à la mise en uvre, par le banquier, de divers moyens visant à amener son
débiteur à s'exécuter. En effet, Relativement à l'approche proposée, le mécanisme de
recouvrement des créances bancaires présente une spécificité dans sa mise en
uvre qui se cristallise d'une part à travers les contours de la procédure recouvrement
des créances bancaires non garanties. Cette procédure de recouvrement des
créances bancaires non garanties peut s'effectuer selon une procédure à l'amiable
souvent privilégiée par les banques. Mais aussi par une procédure contentieuse dont
46
Nicolas KABASELE, Notes Cours de Procédure Civile, 3ème année de graduat, Faculté de Droit, Unikin,
Année Académique 2023-2024, Inédit.
27
celle consacrée par l’OHADA, à travers la procédure d'injonction de payer, de délivrer
ou des voies d’exécution. Et celle non consacrée par l’OHADA, l'assignation en
paiement47. D'autre part, la spécificité de la procédure manifeste des difficultés
d’ordres juridiques et pratiques dans l'octroi des crédits.
Ainsi, il est nécessaire de proposer des mesures de renforcement des textes
juridique et des règles communes à la spécificité des créances bancaires non
garanties. Le créancier qui entame la procédure simplifiée de recouvrement des
créances instituée par les Etats de l’OHADA est exposé à des complications
processuelles qui tiennent au risque d’inéligibilité à la procédure, au risque de
prescription de la créance, au risque de contestation abusive, au risque de nullité du
titre injonctif, au risque d’inexécution du titre exécutoire, surtout dans les affaires
transfrontalières et dans les contentieux qui touchent les personnes morales de droit
public. Ces risques rendent la procédure complexe, longue et coûteuse pour les
sociétés commerciales et les institutions financières.48
La procédure ainsi peinte est également inapplicable pour les artisans, les
commerçants et les micro-entreprises qui portent souvent des créances modestes,
mais dont la consolidation, à l’échelle des dix-sept Etats de l’OHADA, peut atteindre
des milliards. Ces difficultés portent à s’interroger sur la manière dont d’autres Etats
ou organisations régionales ont résolu les problèmes qui se posent aujourd’hui aux
Etats de l’OHADA. L’étude explore à cette fin le droit de certains pays européens,
notamment le droit allemand qui, grâce à sa procédure injonctive, arrive à étudier huit
millions de requêtes par an et à accepter 90% des demandes.49
Les règlements du Parlement européen et du Conseil sur la lutte contre les
défauts de paiement constituent aussi un champ d’investigation car, ces instruments
abordent des problèmes qui ont échappé au législateur de l’OHADA, notamment ceux
qui touchent au besoin de déjudiciarisation, de simplification de la procédure et à la
livre-circulation des titres exécutoires dans l’espace l’OHADA. Cette analyse
prospective, doublée des enseignements de la pratique, permet de mettre en
évidence les « Best Practices » et les réformes nécessaires pour faire de la procédure
simplifiée de recouvrement un instrument efficace de lutte contre les retards et les
défauts de paiement dans les Etats de l’OHADA.50
§2. RÉGIME JURIDIQUE PARTICULIER AU SECTEUR FINANCIER EN RDC.
La loi n°22/069 du 27 décembre 2022 relative à l’activité et au contrôle des
établissements de crédit établit deux grandes catégories des activités financières qui
sont soumises à ladite loi en République Démocratique du Congo (RDC). Il s’agit de la
catégorie des établissements de crédit et celle des sociétés financières. Cependant,
elle n’évoque ni ne définit expressément l’activité financière. Celle-ci qui est un
concept sous-jacent à la finance pourrait être définie ici comme un « ensemble des
activités qui sont reliées aux affaires d’argent et de placement d’argent, notamment
47
Amevi De Saba, La protection du créancier dans le Droit uniforme de recouvrement des créances de
l’OHADA , Thèse, Droit, Université Panthéon-Sorbonne-Paris I, 2016.
48
Amevi De Saba, [Link]., p.126
49
Idem
50
Ibidem
28
les activités d’investissement, les activités de financement, les activités boursières,
les activités bancaires et les activités de crédit » Dans cette perspective, les
établissements de crédit et les sociétés financières s’inscrivent parfaitement dans le
51
concept générique des activités financières.
Si ces deux catégories d’activités financières sont gouvernées par la loi sur les
établissements de crédit, celle-ci ne s’applique pas aux entreprises d’assurance et de
réassurance régies par le Code des assurances, aux mutuelles, aux organismes de
retraite, aux sociétés de loterie et aux entreprises de collecte de fonds dans des bus
sociaux qui sont sujettes à l’autorisation préalable des pouvoirs publics, à la Banque
Centrale du Congo, au Trésor Public, aux services financiers de la poste et aux
institutions financières internationales autorisées à effectuer des opérations de
banque en vertu des accords internationaux auxquels la RDC est partie.
§2.1. CADRE LÉGAL
Il est constitué de la présente loi sur l’activité et le contrôle des
établissements de crédit, mais aussi de diverses lois applicables spécifiquement à
chacune des sous-catégories des établissements de crédit et des sociétés
financières.
Dans le cas des établissements de crédit qui sont composés des banques, des
caisses d’épargne, des coopératives d’épargne et de crédit ainsi que des sociétés de
micro finance, le législateur prévoit plusieurs lois sectorielles qui s’appliquent
concomitamment.
C’est le cas par exemple des sociétés de micro finance qui sont régies
spécialement par la loi n°11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à
l’activité de micro finance en RDC. Cela concerne aussi le secteur des coopératives
d’épargne et de crédit qui est gouverné par la loi n°002/2002 du 02 février 2002
portant dispositions applicables aux coopératives d’épargne et de crédit.
S’agissant des sociétés financières qui englobent notamment la société de
crédit-bail, la société d’affacturage, la société de cautionnement, les entreprises de
micro-crédit, les bureaux de change, les émetteurs d’instruments de paiement, les
messageries financières et les institutions financières spécialisées, elles sont
également encadrées par des lois spécifiques. Par exemple, les sociétés de crédit-
bail sont régies singulièrement par la loi n°15/003 du 12 février 2015 relative au
crédit-bail. Alors que les entreprises de micro-crédit sont également soumises aux
dispositions de la loi n°11/020 du 15 septembre 2011 fixant les règles relatives à
l’activité de micro finance en RDC.52
La maîtrise de la nouvelle loi sur les établissements de crédit et les diverses
lois applicables à chacune des sous-catégories s’avère nécessaire afin de réussir
l’installation et l’exercice d’une activité financière en RDC. A noter néanmoins que les
différentes sous-catégories des établissements de crédit et des sociétés financières
51
Daniel Djedi Djongambolo Ohonge, Le cadre légal et règlementaire des activités financières en RDC,
in republique-congo-republique-democratique-congo, juin 2023, p.3
52
Idem
29
ne sont pas toutes régies par des lois spéciales.
De ce fait, l’intervention du législateur congolais dans les différentes sous-
catégories qui ne sont pas encore régies par des lois spécifiques permettra d’enrichir
l’arsenal juridique relatif aux activités financières en RDC.
§.2.2. CADRE RÉGLEMENTAIRE
Ce cadre se compose des instructions de la Banque Centrale du Congo (BCC)
qui règlementent chacune des sous-catégories des établissements de crédit et des
sociétés financières. Ces diverses instructions déterminent les conditions
d’agrément et de fonctionnement des activités financières en RDC. Dans le cas
spécifique des sociétés financières, la nouvelle loi habilite la BCC à fixer, par voie
d’instruction, les règles applicables auxdites sociétés conformément aux
dispositions de l’article 167 de la nouvelle loi sur les établissements de crédit.53
Le point commun entre les établissements de crédit et les sociétés financières
est l’obligation d’obtenir l’agrément de la BCC avant de commencer l’exercice des
activités financières règlementées par la nouvelle loi sur les établissements de crédit.
L’agrément est obtenu par rapport à la catégorie choisie pour l’exercice des activités
financières. Par exemple, dans le cas de la banque, l’agrément lui permet d’effectuer
d’une façon générale, toutes les opérations de banque. Ce qui regroupe la réception
de fonds du public, l’octroi de prêt et la délivrance des moyens de paiement. Alors
que dans le cadre de l’agrément obtenu au titre des sociétés de micro finance, celui-
ci permet d’exercer principalement les opérations de collecte de l’épargne du public
et d’octroi de crédit suivant les techniques propres à la micro finance.
Toutefois, il n’est pas interdit à un établissement de crédit comme la société
de micro finance d’exercer, à titre accessoire, une activité réservée aux sociétés
financières dans les limites fixées par la BCC. Par exemple, la société de micro
finance peut exercer une activité de transfert d’argent ou de messagerie financière
parallèlement à son activité principale de collecte d’épargne et d’octroi de crédit. Ce
qui ne semble pas être le cas pour les sociétés financières d’exercer accessoirement
les activités réservées aux établissements de crédit. Par exemple, l’article 4 alinéa 5
de l’instruction administrative n°006 de la BCC portant règlementation de l’activité
des messageries financières indique que celles-ci doivent faire du transfert des
fonds leur unique activité. La règlementation des sociétés financières par la BCC
permettra de combler le vide législatif laissé dans ce secteur par la nouvelle loi sur
les établissements de crédit.54
§2.3 LA PROTECTION DES CREANCIERS BANCAIRES AU REGARD DES ENJEUX
ACTUELS DES BANQUES COMMERCIALES ET LEUR CONTRÔLE
[Link] activités des banques privées en RD Congo : la réception et la gestion des
Fonds du public, l’accès au crédit et les risques de remboursement, le paiement des
Salaires par les banques, etc.
53
Daniel Djedi Djongambolo Ohonge, [Link]., p.4
54
Idem
30
55
Principalement , toute banque remplit trois missions qui recadrent par
conséquent ses activités, à savoir : la réception des fonds du public, l’octroi de
crédits et les opérations de paiement et de gestion de moyens de paiement56.
A.1. La réception et la garde des fonds du public : nécessité d’ouverture de compte
bancaire
De toutes les activités des banques privées, la réception des fonds du public
est la plus voulue par ces dernières. Elle passe par l’ouverture de compte bancaire,
lequel devra être alimenté par des dépôts de fonds. Il existe, en effet, plusieurs
catégories de comptes qu’une personne peut ouvrir pour permettre à la banque de
recevoir et garder son argent. Dans la pratique courante des banques commerciales
en RD Congo, il existe principalement de compte courant et de compte épargne
(appelé compte Ekonzo par la banque internationale pour l’Afrique au Congo, Biac en
sigle). La grande différence entre ces deux catégories des comptes fréquemment
tenus par les banques privées réside dans leur fonctionnement, c’est-à-dire à la
manière dont les mouvements de fonds (versements et retraits) sont gérés. Dans un
compte courant, le client a en principe la possibilité tant d’effectuer des versements
que de retirer en tout temps. Tandis que dans un compte épargne, tel que le mot
l’indique, il s’agit d’un compte ouvert pour y effectuer des versements afin d’opérer le
retrait à une échéance fixe. Acceptant d’ouvrir un compte épargne, le client consent
implicitement à une interdiction de retirer à tout moment, malgré ses besoins avant
l’échéance préalablement fixée.
Généralement, les taux d’intérêt diffèrent selon la nature de compte ouvert.
Dans un compte courant, le taux est inférieur que celui appliqué dans un compte
épargne. Dans tous les cas, le compte de dépôt sert à enregistrer des encaissements
et des paiements effectués par le banquier pour le compte de son client57. Par
encaissement, il s’agit des versements personnels du client et des virements
effectués pour son compte par une tierce personne; les paiements visent les retraits
personnels du client ou les ordres de payer à une personne X ou encore l’exécution
par la banque d’une injonction de payer issue d’une procédure de recouvrement à
charge du client – titulaire du compte.
A.2. L’octroi de crédit : quelle attitude pour les banques?
Le crédit bancaire n’est rien d’autre que le prêt. De façon élémentaire, celui-ci
désigne une opération par laquelle une personne, disposant de fonds, les « donnent »
à une autre, qui les demande, à charge pour elle de rembourser à une échéance
déterminée, avec intérêt. C’est cela qui permet à plusieurs auteurs de soutenir que
l’opération de crédit est caractérisée par la réunion de deux éléments : le temps et
55
Certaines activités sont exceptionnelles au fonctionnement d’une banque. En RDC, c’est l’article 9
de la loi bancaire qui les énumère ; c’est entre autres : les opérations de change, les opérations sur les
métaux précieux, le placement, l’achat, la gestion, la garde et la vente des valeurs mobiliers et tout
produit financier, les prises de participation dans les limites fixées par la Banque centrale, etc.
56
KUMBU ki NGIMBI, Législation en matière économique, Kinshasa, 2014, p87 ; TCHEUMALIEU,
note14, pp. 99-101 ; Taylor LUBANGA, note8, p.79.
57
Taylor LUBANGA, note8, p55.
31
58
l’argent . En réalité l’octroi de crédit suppose que la banque a la liquidité qu’il faut
pour servir celui qui demande.
L’octroi de crédit exige, de la part de la banque, la grande prudence en
considération des risques inhérents à cette opération. C’est ainsi que à force d’être
prudente, la banque est appelée à se poser des questions suivantes avant de prendre
la décision d’octroyer un crédit à une personne :
●Combien faut-il prêter pour quelle catégorie de demandeur?
●Combien de temps faut-il donner pour recouvrer tel montant?
●Quelles sont des garanties à imposer pour s’assurer du recouvrement du montant
prêté et ses intérêts?
●Quels sont des risques à encourir en prêtant telle somme à tel demandeur?
L’octroi précipité sans une étude responsable de ces questions expose la
banque non seulement aux différentes crises (de liquidité par exemple) mais aussi
aux conflits, parfois difficiles à résoudre. C’est dans ce contexte qu’il n’est pas
étonnant qu’une banque effectue des missions d’évaluation des biens proposés
pour garantir un crédit. L’évaluation permet donc à la banque de peser le risque23
qu’elle prend en octroyant le crédit; elle lui permet d’apprécier si la valeur du (des)
bien(s) gagé(s) ou hypothéqué(s) est supérieure au crédit sollicité, auquel59 cas, la
banque peut alors octroyer. Mais dans l’hypothèse inverse, c’est-à-dire que la valeur
de biens mis en garantie est égale ou inférieure au crédit sollicité, la banque refuse
carrément ou propose l’ajout des nouvelles garanties.
Les opérations de crédit présentent un intérêt majeur pour les entreprises,
grandes, moyennes et petites, soient-elles.
A.3. Les opérations de paiement : regard sur le paiement de salaire par voie
bancaire en RDC
Pour faciliter le paiement de créance entre opérateurs économiques, les
banques interviennent comme intermédiaire financier. Le paiement par voie bancaire
suppose que l’une des parties, ou toutes les deux, dispose d’un compte en banque
qui lui permet soit de matérialiser l’opération. Selon le cas, il s’agira, pour le débiteur
disposant d’un compte en banque d’émettre un chèque en faveur de son créancier ou,
au cas où celui-ci est aussi titulaire d’un compte dans la même banque, d’ordonner à
celle-ci d’opérer un virement pour le compte dudit créancier. Ceci entraîne donc un
double mouvement de fonds : la banque débite le compte du débiteur pour créditer
(alimenter) celui du créancier.
Dans des relations professionnelles entre travailleur et employeur, l’obligation
de paiement de salaire constitue l’un des éléments caractéristiques du contrat de
travail. La question qui s’ouvre à ce niveau est de savoir s’il est légal pour un
58
Taylor LUBANGA, note8, p29
59
Arnaud de SEVIGNY, et alli, Le risque de crédit, 3ème éd, Paris, pp12-13 ; Maria PSILLAKI, « contrats
incitatifs et appréciation du risque », in Jacques SPINDLER (éd.) : Contrôle des activités bancaires et
risques financiers, Paris, 1998 .
32
employeur de procéder par une banque, dans le cadre de sa mission d’assurer les
60
opérations de paiement, pour payer le salaire aux travailleurs .
Le paiement de salaire par banque, appelé opération de bancarisation de paie,
a gagné le terrain des employés du secteur public plutôt que privé en RDC.
Il semble que la bancarisation de paie des agents de l’Etat a permis de
dégager l’effectif plus ou moins exact de ceux-ci. Conséquemment, le gouvernement
de la RDC a pu rattraper une certaine somme d’argent dont les anciens bénéficiaires,
qualifiés alors des fictifs, ne sont pas connus. Sur le plan de la gouvernance, il est
donc avantageux d’envisager la couvert e tous ure d les secteurs étatiques et
paraétatiques.
Concernant le secteur privé, il y a lieu d’interroger la législation congolaise du
travail pour voir si celle-ci pourrait être la cause de sous-bancarisation dans le
secteur privé. En effet l’article 98 du code du travail dispose : « La rémunération doit
être payée en espèces, sous déduction éventuelle de la contre-valeur des avantages
dus et remis en nature.
Le paiement doit avoir lieu pendant les heures de travail, au temps et au lieu
convenu. Le paiement de la rémunération ne peut avoir lieu dans un débit de
boissons ni dans un magasin de vente, sauf pour les travailleurs employés dans ces
établissements. Il est interdit à l’employeur de restreindre de quelque manière que ce
soit la liberté du travailleur de disposer de sa rémunération à son gré.61»
A la lumière de la disposition précitée, il y a lieu de dire que le législateur
interdit tout autre paiement qu’en argent. En outre, le lieu et le temps peuvent être
convenus entre employeur et travailleur. Ceci suppose qu’il n’est pas illégal de payer
le salaire par la banque dans la mesure où celle-ci ne pourra finalement que payer en
espèce; encore que la banque pourrait être prise comme lieu convenu. Ce qui est
obligatoire, quant au temps en pareille hypothèse, est que l’employeur est tenu
d’alimenter le compte du travailleur au temps convenu ou, à défaut de la convention,
au plus tard dans les six jours qui suivent la période rémunérée62.
En définitive, dans tel ou tel autre secteur, ce qui doit être sauvegardé est que
le paiement de la rémunération (d’un travailleur charges ou d’un agent de l’Etat) par
voie bancaire n’occasionne pas de charges à supporter par le bénéficiaire. Ce dernier
devrait être à mesure de toucher l’intégralité de sa rémunération; les occasionnées
par les opérations bancaires, le coût de transport, spécialement pour ceux qui sont
éloignés de leurs agences de perception, etc. ne devraient pas à notre sens être
versés sur la tête du bénéficiaire.
Au vu de l’importance des activités des banques privées, il est absolument
évident que le contrôle bancaire soit véritablement effectué pour protéger les intérêts
en jeux.
60
Théoriquement, dans le cadre de cette étude, nous envisageons élargir le sens des concepts
« travailleurs » et « employeur ». En effet, par travailleurs, nous visons tous employés y compris les
fonctionnaires et agents de l’Etat ; l’employeur renvoie à tous ceux qui emploient lesdits travailleurs.
61
Art. 98 de la loi numéro 015-2002 du 16 Octobre 2002 portant code du travail.
62
Art 99, al. 2 du code du travail.
33
B.L’efficacité du contrôle bancaire au regard des intérêts en compétition : banques,
pouvoirs publics et clients des banques
Le secteur bancaire est un des secteurs clés dans une économie nationale
croissante quant à son enjeu dans la vie économique et sécuritaire. Il est donc du
devoir du législateur d’ériger des remparts pour assurer le bon fonctionnement et
garantir l’efficacité du système bancaire et mettre en place des mécanismes solides
pour contrôler adéquatement le déroulement des opérations de banque. Le contrôle
bancaire a pour but de réduire la probabilité de la faillite des banques, de veiller à la
gestion prudente des fonds du public, de veiller à l’adéquation entre les crédits et les
fonds propres des banques et de veiller à la transparence ainsi qu’à la conformité à la
loi et aux règlements des opérations de banque, et enfin, de prévenir des éventuels
dangers résultant des activités des banques.
La conduite des activités bancaires est essentiellement réservée aux seuls
établissements de crédit agrées. Dès leur agrément, les établissements de crédit
ainsi que leurs dirigeants sont assujettis à la réglementation qui organise l’activité
bancaire. Cette réglementation organise non seulement les rapports qui doivent
exister entre les établissements assujettis et les autorités compétentes mais
également, elle organise la nature des rapports entre ces entités et leurs clients63.
C’est ainsi que le contrôle envisagé doit intéresser aussi bien les banques,
leurs clients que les pouvoirs publics (l’Etat).
B.1. Intérêt du contrôle bancaire pour les banques : le renforcement du contrôle est-
il favorable aux actionnaires de la banque privée et autres banques?
Les banques privées, bien qu’évoluant dans le contexte du jeu concurrentiel,
sont organisées et se rencontrent dans leurs activités. En effet, dans leur mission
d’assurer les moyens de paiement, certains payements s’opèrent par virement entre
banques. C’est dire qu’une banque privée est sensée être en harmonie avec d’autres
banques. De même la faillite d’une banque, non seulement non voulue par ses
actionnaires, n’est pas toujours accueillie par d’autres banques. Sachant que celle-ci
est le plus souvent la cause de la mauvaise tenue des opérations et la gestion mal
saine des risques qui entourent l’octroi de crédit, le contrôle se trouve être un moyen
de remise sur les rails des organes de gestion courante d’une banque privée.
Pour les actionnaires d’une banque privée, le contrôle bancaire est un moyen
qui leur permet de s’assurer de la bonne gestion de celle-ci. C’est à l’occasion du
contrôle, effectué notamment par les commissaires aux comptes qu’ils ont
mandatés, que les actionnaires arrivent, le cas échéant, à sanctionner les organes de
gestion. Par le contrôle, les actionnaires peuvent se faire des idées sur le futur de la
banque et prendre des résolutions pour éviter une éventuelle faillite bancaire dont les
effets peuvent entamer leurs patrimoines individuels en cas de déficit (c’est-à-dire
que l’actif bancaire est inférieur aux obligations64 auxquelles la banque doit répondre).
63
TCHEUMALIEU, note 14, p. 117.
64
Par obligations, nous faisons allusion aux charges d’une banque privée qui regroupent : les impôts à
payer au trésor public, les dettes obligatoires, le traitement du personnel et, surtout, les dépôts des
clients.
34
Le contrôle présente également un avantage pour les autres banques en ce
que dans le secteur, il existe des opérations interbancaires qui font que certaines
banques puissent avoir des fonds dans d’autres. De même, l’activité bancaire est
assise sur la confiance, pas envers une seule, mais plutôt à l’égard de tout le
système, avec comme conséquence que toutes les banques sont concernées au cas
où l’une d’elles est méfiée par les clients65.
Comme personne morale, une banque privée peut aussi être actionnaire d’une
autre banque privée. Dans cette deuxième hypothèse, l’intérêt de renforcer le contrôle
est évident dans la mesure où, comme actionnaire, les capitaux investis nécessitent
d’être protégés.
B.2. Intérêt du contrôle pour les clients des banques
Dans une étude antérieure consacrée au système bancaire de la RD Congo :
analyse du cadre juridique et des mécanismes de contrôle pour la protection des
clients, nous avions dit que meilleure protection des clients de banques passe aussi
en l’efficacité du contrôle bancaire.
En effet, rien n’est besoin de rappeler que les clients qui effectuent des dépôts
en banque n’ont comme garantie que la crédibilité, je dirais mieux la confiance, vis-à-
vis de la banque. Celle-ci pourtant, à l’hypothèse inverse d’octroi de crédit, est
couverte d’importantes garanties pour prévenir des risques inhérents aux opérations
de crédit.
Afin de protéger les intérêts des clients disposant des comptes en banques, la
Banque centrale du Congo procède par le contrôle des normes prudentielles. Celles-
ci sont l’ensemble des mesures de protection et de sécurité prises par la banque
centrale pour assurer la protection des fonds du public déposés dans différents
établissements de crédit.
Ces mesures de protection et de sécurité portent essentiellement sur :
●Le capital minimum dont doit disposer une banque;
●Les fonds propres d’une banque
●La solvabilité d’une banque
●La division des risques
●La surveillance des positions de change
●La liquidité
●La transformation à moyen et à long terme
●Limitation des participations66
65
Lire également [Link], Basic Principes of Banking Supervision, cité par D. PUTU KIWANDA, Droit
bancaire congolais, Kinshasa, 2015, p243.
66
Juslain NSAMBANA BONKAKO, « Le contrôle bancaire au regard des enjeux actuels des activités
des banques privées en RDC-Entre la protection des clients, l’encouragement et la promotion des
35
Néanmoins, il n’est pas exclu qu’une banque privée, quelle que soit la qualité
du contrôle, connaisse des difficultés de liquidité ou, carrément, de déséquilibre
financier pouvant entrainer sa faillite. En pareille hypothèse, le déposant devrait être
garanti du paiement de son avoir en banque. Ce qui justifie, au-delà du renforcement
du contrôle (qui est une bonne attitude préventive dans la sauvegarde des intérêts
des clients), la mise en place d’un véritable système de garantie de dépôts qui, en
RDC et à l’exemple d’autres Etats du monde, devrait être à notre point de vu la
création d’une institution appelée « Fonds de garantie de dépôt » ou « institution
d’assurance dépôts bancaires ». Cette institution dont nous suggérons la nature
privée, alimentée par des cotisations des banques privées au regard du volume des
dépôts de chacune, aura pour mission de gérer des fonds en vue d’une intervention
en faveur des déposants au cas où une banque en difficulté serait défaillante. Une loi
devrait donc clairement préciser son organisation et son fonctionnement pour
l’intérêt des clients.
B.3. Intérêt du contrôle bancaire pour les pouvoirs publics : la lutte contre le
blanchiment des fonds
Les activités des banques privées en RDC comme à travers le monde sont
exposées à plusieurs risques qui entament parfois gravement les intérêts de l’Etat.
C’est le cas notamment du blanchiment des capitaux.
-Lien entre les banques privées et la lutte contre le blanchiment de capitaux
Par définition67, le blanchiment est l’ensemble des opérations de nature
économique ou financière dont l’objectif est l’insertion dans le circuit légal des
capitaux ou des gains provenant d’activités illicites ou infractionnelles. Cette
définition de la doctrine, plus explicite que celle légale, a l’avantage d’être comprise
plus facilement.
L’article 1er de la loi n° 04/016 du 19 juillet 2004 portant lutte contre le
blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme68 définit le blanchiment en
référence aux actes constitutifs. En effet, dit l’article 1er, au sens de la présente loi,
sont considérés comme constitutifs de l’infraction de blanchiment de capitaux, les
actes ci-dessous commis intentionnellement, à savoir :
1° la conversion, le transfert ou la manipulation des biens dans le but de dissimuler
ou de déguiser l’origine illicite desdits biens ou d’aider toute personne qui est
impliquée dans la commission de l’infraction principale à échapper aux
conséquences juridiques de ses actes;
2° la dissimulation ou le déguisement de la nature, de l’origine, de l’emplacement, de
la disposition, du mouvement ou de la propriété des biens;
3° l’acquisition, la détection ou l’utilisation des biens par une personne qui sait, qui
banques et la sécurité de l’Etat », in KAS African Law Study Library, 2016, p207
67
Cette définition, adoptée par NYABIRUNGU mwene SONGA, est celle donnée par David HOTTE ; lire
NYABIRUNGU mwene SONGA, « le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme », in
Annales de la faculté de Droit, Université de Kinshasa, Kinshasa, juin 2014, p407.
68
Journal officiel de la République Démocratique du Congo, 45ème année, Numéro spécial, 5 Aout
2004.
36
suspecte ou qui aurait dû savoir que lesdits biens constituent un produit d’une
infraction.
Ces actes constitutifs de blanchiment des capitaux passent généralement par
le circuit bancaire pour être finalement servis au financement d’une activité ou d’un
investissement qui sert de canal pour le blanchiment. C’est cela qui a suscité la
motivation pour le législateur d’impliquer les banques dans la problématique de lutte
contre le blanchiment des capitaux. Mais la question qui se pose est celle de savoir
comment les banques peuvent concourir à cette lutte.
-Rôle des banques dans la lutte contre le blanchiment des capitaux : analyse et
critiques
L’activité bancaire est soumise à une série d’obligations contenues dans
divers textes légaux et réglementaires. Parmi ces obligations, certaines sont liées
aux intérêts de l’Etat et d’autres découlent plutôt de la protection des clients
disposant des comptes en banques. Les premières visent notamment le concours
des banques à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme.
La loi sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du
terrorisme impose aux établissements de crédit (banques comprises) les obligations
: de vigilance69, de rupture des relations d’affaires70 et d’information71. Il est fait
obligation aux établissements de crédit de s’assurer de l’identité aussi complète que
possible du client avant d’établir toute relation d’affaires : ouvrir un compte ou livret,
prendre en garde des titres, valeurs ou bons, attribuer un coffre72, etc.
Les clients des banques pouvant être des personnes morales, par identité
complète pour cette catégorie des clients, l’on fait allusion à leur existence juridique
réelle; c’est-à-dire que dans le dossier du client- personne morale, la banque doit
avoir la certitude que la personne morale est régulièrement constituée en RDC ou à
l’étranger. Les éléments tels que le numéro du registre de commerce et du crédit
mobilier, l’identification nationale, le numéro d’impôt, le siège social d’une société
commerciale – cliente de banque, sont obligatoires avant toute relation d’affaires.
Cette obligation de vigilance concerne aussi bien des clients habituels que des
clients occasionnels. En plus du fait que dans tous les cas, l’identité du client doit
rigoureusement être connue, concernant spécialement les clients occasionnels,
lorsque l’opération effectuée.
Section ll : LES MÉCANISMES SPÉCIFIQUES DE GESTION PRUDENTIELLE DE
L'ÉPARGNE
La gestion prudentielle de l'épargne en droit bancaire s'effectue à travers les
mécanismes spécifiques que la Banque Centrale du Congo met en place en vue de
réglementer ce secteur. En RDC, cette gestion prudentielle passe par les missions qui
69
Articles 8 et 9 de la loi précitée sur le blanchement des capitaux et financement du terrorisme.
70
Article 10 de la même loi.
71
Article 11 de la même loi.
72
NYABIRUNGU mwene SONGA, note30, p.419.
37
sont principalement assurées par certaines institutions y afférentes, notamment la
banque centrale du Congo dans sa mission tant préventive que répressive, la
CENAREF, le contrôle fait par les commissaires aux comptes. Cette étude se
préoccupe de l’intérêt de ces différentes missions à l’égard des créanciers des
établissements de crédit. C’est dans cette optique que nous suggérons l’instauration
effective d’une surveillance prudentielle des banques commerciales et l’assurance
contre l’insolvabilité de débiteurs des établissements de crédit.
§1. LA NÉCESSITÉ D'UNE SURVEILLANCE PRUDENTIELLE DES BANQUES
COMMERCIALES
Les activités financières engendrent des risques susceptibles de
compromettre la sécurité du public et la stabilité de l'ensemble du système bancaire.
En vue d'assurer la protection des membres en possession de créances dans les
institutions financières notamment dans les banques commerciales, et de renforcer
la qualité de l'intermédiation financière, il est nécessaire que le contrôle, interne d'une
part et externe d'autre part de ces dernières, doit être renforcée.
§1.1. LE CONTROLE INTERNE
Les établissements bancaires, de par leur rôle en matière de collecte et
d'allocation des capitaux et leur fonction de financeurs de l'économie locale, ont une
responsabilité sociale. Cette responsabilité peut s'exercer de diverses manières, que
l'on peut résumer par trois principaux domaines : favoriser l'investissement
socialement responsable, développer l'économie solidaire et le tiers-secteur et, enfin,
lutter contre l'exclusion bancaire et financière des particuliers et des entreprises73.
Le contrôle interne est obligatoire pour chaque établissement de crédit, cette
obligation a été rendue par l'instruction numéro 17 de la Banque Centrale du Congo
en renforçant considérablement les exigences en matière de contrôle.
Ainsi ce contrôle comprend :
1. un système de contrôle des opérations et des procédures internes ;
2. une organisation comptable et du traitement de l'information ;
3. des systèmes de surveillances et de maitrise de risques ;
4. un système de documentation et de l'information74.
Ainsi le système de contrôle interne permet de mesurer les risques auxquels
l'établissement de crédit est exposé et la rentabilité des opérations et, à cet effet, de
garantir la qualité de l'information comptable et financière. C'est pourquoi les
établissements de crédit doivent organiser leur système de contrôle de façon à se
doter des dispositifs :
Qui assurent un contrôle régulier avec un ensemble de moyens mis en uvre
en permanence au niveau des entités opérationnelles pour garantir la
73
Philippe NEAU-LEDUC, [Link]., p17
74
Art. 2 de l’instruction n°17 relative aux banques, en ce qui concerne les règles prudentielles en
matière de contrôle interne, in J.O. RDC, numéro spécial, 50ème année, du 20 janvier 2009, page 259
38
régularité, la sécurisation et la validation des opérations réalisées ainsi que le
respect des autres diligences liées à la surveillance des risques.
Qui vérifient, selon une périodicité adaptée, la régularité et la conformité des
opérations, le respect des procédures et de l'efficacité du contrôle,
notamment leur adéquation à la nature de l'ensemble des risques.
Ce contrôle ou cet audit interne, pour les banques commerciales, est effectué
sous la responsabilité de l’organe délibérant et du comité d’audit, aussi par un
personnel indépendant intervenant sur pièces ou sur place dans le cadre d’audits
ponctuels75, ils ont la compétence d’éditer tout manuel de procédures
conformément aux normes édictées en la matière par la Banque centrale, car c'est
elle qui chapote le secteur bancaire. En effet, ce dernier procède régulièrement ou
chaque fois qu’il l’estime nécessaire au contrôle sur pièces et sur place de tout
établissement de crédit en vue d'établir si cette banque est saine et si elle respecte
les dispositions légales et réglementaires régissant l'activité et le contrôle des
établissements de crédit.76 Ce contrôle s'effectue sous deux angles :
- Le contrôle sur pièces(1)
- Le contrôle sur place(2).
1. le contrôle sur pièces
Le contrôle sur pièces est le contrôle permanent de la situation financière et
prudentielle d'une Banque effectuée, principalement, sur la base des états et autres
documents périodiques communiqués à la Banque centrale du Congo. Ce contrôle a
pour but principal d'assurer un rôle de prévention et d'alerte en pratiquant une
analyse continue, et réactualisée de la situation financière et la réglementation
bancaire et financière.
Ce contrôle s'applique à :
- l'analyse des documents ou des états périodiques réglementaires77
- aux documents publiés par les établissements de crédit ;
- la connaissance approfondie de l'environnement de l'établissement, de ses clients
et autres contreparties ;
- l'entretien avec les commissaires aux comptes ;
- aux rapports des auditeurs internes ;
Le contrôle sur pièces se caractérise par sa permanence et son rôle préventif
et d'alerte, c'est ainsi que les établissements de crédit ne peuvent accorder, dans les
limites et conditions définies par la Banque centrale, des crédits ou de garanties aux
75
[Link], Consulté le 13 décembre 2023 à 13h32
76
Art. 37 de la loi numéro 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des
établissements de crédit, in J.O RDC, numéro spécial, mai 2002, p37
77
Art. 71 de la loi numéro 002/2022 précitée
39
personnes qui participent à leur direction, administration ou fonctionnement ou de se
porter caution à leur faveur pour un montant global supérieur à 20% de leurs fonds
propres prudentiels78. Les établissements de crédit doivent faire l'objet d'un contrôle
minutieux en raison, d'une part, des risques inhérents à l'activité bancaire et, d'autre
part, de l'énorme complexité que présentent leurs activités. C'est pourquoi un suivi
doit être fait notamment dans le :
- Contrôle de cohérence et de vraisemblance des données comptables ;
- Contrôle et suivi de l'évolution de la conformité aux normes prudentielles de gestion
par chaque banque commerciale ;
- Injonction aux banques;
- Examen des mesures de redressement et suivi de leur réalisation ;
- Analyse financière du système bancaire ;
- Analyse des rapports annuels des commissaires aux comptes ;
- Analyse des rapports annuels sur le contrôle interne ;
- Préparation du programme de vérification sur place et collaboration avec la sous-
direction chargée du contrôle sur place ;
- Suivi de la mise en uvre des rapports sur place ;
2. le contrôle sur place
Le contrôle sur place constitue des vérifications effectuées auprès des
Banques périodiquement. Ces vérifications sont opérées en principe dans le cadre de
programme annuel arrêté par la BCC sur la base, notamment des propositions des
structures faîtières dans les procédures approuvées par la BCC. C'est pourquoi le
conseil d'administration d’une banque doit adresser le rapport annuel à cet effet,
selon le cas, à la Banque ou à la fédération à laquelle elle est affiliée, qui se charge
d'élaborer le rapport annuel sur une base consolidée pour le réseau.
Les états financiers et les rapports annuels des coopératives d'épargne et de
crédit affiliées, élaborés sur une base consolidée, sont communiqués à la Banque
centrale dans un délai de six mois suivant la clôture de l'exercice79.
Les établissements de crédit non affiliés transmettent, dans le même délai,
leurs rapports et états financiers annuels certifiés à la Banque centrale. L'objectif de
ce contrôle est d'assurer la détention des risques et de porter une appréciation sur la
qualité de la situation de l’institution financière où les fonds sont placés. Ainsi dans
les 60 jours qui suivent la fin de l'exercice social, le conseil d'administration fait
préparer, pour approbation par l'assemblée générale, un rapport annuel qui comprend,
en sus des informations sur les activités de l’établissement, les états certifiés et
78
Alinéa 4 de l’article 59 de la loi numéro 002/2002 précitée
79
Art. 65 de la loi numéro 002/2002, [Link].
40
80
établis selon les normes de la comptabilité et des lois en vigueur . Les
investigations menées lors de contrôle sur place permettent notamment :
- De s'assurer de la sincérité des informations contenues dans les états périodiques
et de la fiabilité ainsi que la conformité de processus de l'élaboration
- D'évaluer la qualité du dispositif de contrôle interne
- D'apprécier sur terrain l'environnement, l'organisation et le fonctionnement des
établissements de crédit ainsi que la qualité de leurs gestions et des leurs risques ;
- De procéder à une évaluation de leur situation financière et prudentielle et du
respect de la réglementation bancaire sur base des données recueillies ou corrigées
- Préparation du programme de vérification sur place et collaboration avec la sous-
direction chargée du contrôle sur place ;
§1.2. LE CONTROLE EXTERNE
Le contrôle externe des établissements de crédit est assuré par la BCC. La loi
numéro 005/2002 du 7 mai 2002 relative à la constitution, à l'organisation et au
fonctionnement de la Banque Centrale du Congo81, tout en confiant à cette dernière
une mission spécifique consistant dans le cadre de la mise en uvre de la politique
monétaire, à assurer la stabilité du niveau général du prix, détermine à l'article 6 les
missions classiques des banques centrales.
En République Démocratique du Congo, tout établissement de crédit, avant
d'exercer une activité sur le territoire national, doit obtenir l'autorisation préalable de
la Banque centrale du Congo. Celle-ci apprécie l'aptitude de la banque commerciale
en gestation à réaliser ses objectifs de développement dans les conditions que
requièrent le bon fonctionnement du système bancaire et la sécurité des déposants.
La BCC reconnait à ces jours 19 Banques agrées sur toute l'étendue de la
RDC82, la plupart d'entre elles se situent dans la capitale. En 2007, sans compter les
autres établissements de crédit, la BCC a enregistrée 38 COOPEC dans tout le pays
qui ont été en cours de liquidité83. Dans son analyse faite en juin 2006, Policy
Diagnostic on Access to finance a constaté que dans toutes les institutions
intervenant dans la micro finance qui ont été liquidées dans la ville de Kinshasa, on a
compté 57,000 clients qui étaient en transaction d'affaire avec ces institutions84. Et
durant la période de 2007 à 2010, la BCC a enregistrée une dizaine des COOPEC,
dans la province du Nord-Kivu, sont tombées en cours de liquidité.85
Et donc, très particulièrement, les COOPEC en tant qu’établissements de crédit
doivent faire l'objet d'une surveillance particulière en raison d'une part, des risques
80
Art. 64 de la loi numéro 002/2002 précitée
81
Loi numéro 005/2002 du 07 mai 2OO2, relative à l’organisation et au fonctionnement de la BCC, in
J.O. RDC, numéro spécial, 50ème année, Kinshasa, 20 janvier 2009
82
[Link]//app, Consulté le 13 décembre 2023 à 11h41
83
[Link], consulté le 23 novembre 2023 à 19h34
84
Jennifer Isem, Tiphaine Crenn, Laurent Lhériau, Roger Massamba, Policy diagnostic on Access to
finance in the democratic republic of Congo (DRC), Avril 2007, p10
85
http:www//[Link]/[Link] ?news ID=50, consulté le 23 novembre 2023 à 19h42
41
inhérents à l'activité et d'autre part, de la très grande technicité de la réglementation
bancaire. La loi n°002 - 2002 du 02 février 2002 régit les COOPEC d'une manière
spécifique. Mais cependant, elle présente certaines limites notamment en termes
d'adéquation des normes prudentielles, ainsi que des procédures de liquidation pour
les structures en faillite par rapport aux enjeux de la croissance et de la
professionnalisation de l'activité. En outre, bien qu'il prévoie l'organisation en
réseau86 , il n'est pas intégré des dispositions spécifiques permettant une
planification de la structuration et de la concentration de la multitude des institutions
financières à travers le pays87.
Mais aussi les différentes règles que pose la BCC en ce qui concerne le
contrôle bancaire à savoir : l'organisation des activités88, la protection de la clientèle89,
la surveillance prudentielle des intermédiaires90 et la régulation globale des marchés
de capitaux91 sont loin de suffire pour régir tous les établissements de crédit, car le
problème d'effectivité de leur mise en application se posent, surtout pour les
coopératives d'épargne et de crédit et des institutions de micro finance qui se sont
ajoutées récemment sur la liste d'établissements de crédit92 dont par moment les
Dirigeants sont en même temps bénéficiaires de crédit. D'où la nécessité pour les
établissements de crédit à la souscription d’une assurance-crédit-caution.
La prise en compte par les textes réglementaires de ses dimensions dans le cadre
d'une vision stratégique du secteur et de la supervision en moyen et long terme,
pensons-nous, constitue un enjeu majeur pour la traçabilité de l’épargne au sein des
établissements de crédit.
§ 2. L'ASSURANCE CONTRE L'INSOLVABILITE
La réglementation bancaire exige de toute institution bancaire la disposition
d'un capital minimum et la possibilité de justifier à tout moment que son actif excède
effectivement d'un montant au moins égal au capital minimum le passif dont elle est
tenu envers le tiers. Ceci trouve son fondement dans le fait que le secteur financier
est confronté à plusieurs risques dans ses activités et qui sont susceptibles de
compromettre son taux de liquidité. C'est pourquoi elle doit toujours s'assurer qu'elle
est capable à chaque moment de s'acquitter de ses obligations notamment mettre à
la disposition de ses membres leur argent chaque fois qu'ils les veulent.
86
Art. 88 et 89 de la loi numéro 002/2002 du 02 février précitée
87
JP NYEMBO, notes du cours de droit financier, [Link].
88
Lire les 25 principes fondamentaux établis par le comité de base de 1988 complétés en 1999 pour
une banque efficace
89
Parmi les mesures prises par la BCC, le fond de garantie de dépôts figure. Pour se fonder sur le
plan juridique, il faudra tout simplement lire les articles 25, 29, 74 de la loi bancaire.
90
Pour plus d’explications sur les règles prudentielles, lire Aristide KAHINDO NGURU, du contrôle
prudentiel de l’activité bancaire en droit congolais et les principes fondamentaux pour un contrôle
bancaire efficace, mémoire présenté pour de l’obtention d’un diplôme de Master ‘dégrée en droit des
affaires, Université nationale du Rwanda, 2006-2007.
91
Idem. Une régulation comportant moins de risques passe par la surveillance rigoureuse de
l’équilibre financier qui doit être assurée par une institution habilitée à cette fin.
92
La loi bancaire de 1972 n’énumérait pas les coopératives d’épargne et de crédit parmi les
établissements de crédit pour la simple raison que ces dernières étaient, à cette époque sous la
tutelle du ministre ayant le développement rural dans ses attributions.
42
Mais avant tout abordons quelques risques auxquelles les coopératives
d'épargne et de crédit peuvent se heurter dans leurs activités.
§2.1. APERÇU SUR QUELQUES RISQUES
Ainsi, comme nous l'avons souligné les activités financières engendrent des
risques susceptibles de compromettre la sécurité du public et de l'ensemble du
système bancaire. C'est pourquoi, l’établissement bancaire doit, en vue d'assurer la
protection des déposants et de renforcer la qualité d'intermédiation financière,
prendre toute les mesures nécessaires pour éloigner tout risque inhérent à ses
activités, les risques auxquels sont exposés les établissements de crédit qui,
d’ailleurs sont nombreux mais, limitons-nous seulement au risque de contrepartie(A)
et au risque de prix(B)
A. Le risque de contrepartie
Le risque de contrepartie est un risque majeur auxquels les établissements de
crédit sont confrontés. Il consiste en l'insolvabilité de l'emprunteur (faillite de
l'emprunteur) qui a pour conséquence la perte totale ou partielle des créances des
établissements de crédit et des différents revenus qui s'y attachent. Pour s'en
prévenir, les banques doivent renforcer leur politique de gestion du risque de crédit
en élaborant des politiques de crédit, de procédures d'octroi des crédits93.
En effet, la réglementation prudentielle prévoit que le contrôle interne
comprend un système de contrôle des opérations et des procédures internes, une
organisation comptable et du traitement de l'information, des systèmes de mesure
des risques et des résultats, des systèmes de surveillance et de maitrise des risques
ainsi qu'un système de documentation, d'information. L'ensemble de ces éléments
doit présenter des caractéristiques de rigueur, de fiabilité et d'exhaustivité.
De manière particulière, la réglementation relative au contrôle et à la maîtrise des
risques de crédit impose l'existence des procédures de sélection des crédits et un
examen fin et actualisé des risques de crédit ainsi qu'une mesure de rentabilité des
opérations.
Par ailleurs, elle impose que l'organisation des établissements de crédit soit conçue
de manière à assurer une stricte indépendance entre les unités chargées de
l'engagement des opérations, les unités chargées de leur validation, notamment
comptable, et de leur règlement ainsi que du suivi des diligences liés à la surveillance
des risques.
Cette indépendance peut être assurée par un rattachement hiérarchique
différent de ces unités jusqu'à un niveau suffisamment élevée ou par une
organisation qui garantisse une séparation claire des fonctions ou encore par des
procédures, éventuellement informatiques, conçues dans ce but et dont
l'établissement est en mesure de justifier l'adéquation. En outre le système de
contrôle doit fonctionner de manière indépendante par rapport à l'ensemble des
structures à l'égard desquelles il exerce sa mission (art 7, alinéa 3 de la l'instruction
93
A. NGURU, cours de Droit financier, [Link]., p67
43
n°17)
B. Les risques de prix
Les risques de prix consistent dans les pertes résultant de la variation du prix
d'une grandeur économique. Ces genres de risques sont des deux sortes : le risque
de taux d'intérêt (variation du prix d'argent), d'un côté et le risque de change
(variation de cours d'une monnaie), de l'autre.94
Le risque de taux représente l'éventualité de voir sa rentabilité affectée par
l'évolution de taux, par exemple, lorsque la Banque finance à court ou à long terme un
prêt à un taux fixe, et se trouve face à une hausse importante de taux d'intérêt. Dans
cette hypothèse, il faudra alors des anticipations que forment les demandeurs et les
offreurs de capitaux sur une longue période. Dans ce cadre, les établissements de
crédit congolais dont les crédits étaient libérés en monnaies nationales ont, depuis la
situation d'hyperinflation, opté, pour se couvrir, pour la pratique des crédits indexés,
c'est-à-dire stipulé en Franc Congolais avec une référence au dollar américain (la
formule est souvent : l'équivalent en FC de X dollars américains).
Les sûretés prévues par le Droit commun sont théoriquement efficaces pour
assurer le paiement d'une dette, mais dans la pratique bancaire, ces sûretés sont loin
de s'adapter aux établissements de crédit. La solidarité dans le cautionnement
semble fonctionner mais si on regarde un peu loin, on verra bien qu'elle n'est pas
aussi efficace comme on le croirait car l'un des débiteurs peut faire mauvaise affaire,
ou profiter de la situation et disparaître dans la nature avec l'argent de la
l’établissement de crédit en laissant peser sa dette sur la tête des autres codébiteurs.
D'où la nécessité pour la BCC d'intervenir dans cette matière en obligeant les
établissements de crédit à souscrire à une assurance-crédit-caution.
§2.2. De l'assurance-crédit-caution
Comme toute activité, le crédit présente des risques, d'abord pour le créancier
qui redoute l'insolvabilité du débiteur, mais aussi pour le débiteur dont le
surendettement peut conduire à la faillite ou à la déconfiture. Dès qu'il y a risque,
l'intervention des mécanismes de l'assurance peut être recherchée pour trouver les
garanties adéquates95. Comme l'indique leur appellation double, on distingue deux
modalités dont le mécanisme est assez différent : l'assurance-crédit et l'assurance-
caution.
A. L'assurance-crédit : est l'assurance souscrite par un créancier pour couvrir les
risques d'insolvabilité de son débiteur. Elle peut revêtir deux formes :
- L'assurance insolvabilité : l'insolvabilité du débiteur constitue le risque spécifique
du crédit ; surtout dans les crédits commerciaux, c'est un contrat par lequel créancier
-assuré fait garantir par l'assureur le remboursement de sa créance au cas où se
réalise le risque d'insolvabilité du débiteur, l'insolvabilité doit être dument établi pour
que sa garantie soit due.
94
A. NGURU, cours de Droit financier, [Link]., p68
95
Yvonne Lambert-Faivre, droit des assurances, 8ème édition, Dalloz, Paris, 1992, p420
44
-. L’assurance aval : alors même que l'insolvabilité du débiteur n'est pas établie, par
exemple, par un jugement de liquidation des biens, le non-paiement à l'échéance
constitue un risque de trésorerie pour le créancier, qui est couvert par l'assureur
lorsque celui-ci garantit le paiement à l'échéance dès que le débiteur est défaillant.
Cette assurance paiement à l'échéance est généralement appelée assurance aval,
car lorsque la créance est mobilisée par la création d'un effet de commerce, la
garantie prend alors la forme d'un aval donné par l'assureur. Il faut signaler que
l'assurance-crédit peut être souscrite par le débiteur pour le compte de son créancier
(assurance pour compte) pour couvrir sa propre défaillance, cette modalité est
cependant rare et ambiguë car elle évoque alors l'assurance-crédit-caution
B. L'assurance-caution ou assurance cautionnement : la caution est à l'origine une
garantie civile donnée par le débiteur à son créancier. L'assurance-caution est une
modalité d'assurance par laquelle un débiteur ne pouvait fournir une caution à son
créancier lui substitue une assurance caution en garantie de ses propres
engagements. L ' « assurance-caution» ou « assurance cautionnement » souscrite
par le débiteur lui-même en garantie de la bonne
Exécution de ses propres prestations est notamment utilisée pour les
engagements découlant des contrats de Construction, des contrats de livraison ou
de droits de douanes ou d'impôts à payer.96 La nécessité d'une assurance-crédit-
caution s'explique par le fait que les garanties prévues par le code foncier sont
incompatibles avec les finances compte tenu du fait que les garanties données par
les emprunteurs sont loin de couvrir et de garantir le paiement les dettes octroyées
par l’établissement de crédit, d'où la nécessité de conditionner les activités bancaires
à une souscription préalable d'une assurance-crédit-caution.
Ainsi, l’établissement qui aura souscrit à une assurance-crédit-caution une fois
en cours de liquidité, par l'insolvabilité de certains membres, en vertu de ce contrat,
l'assureur garantira le dommage subi par l’établissement de crédit (assuré-victime)
en restituant les parts sociales et épargnes de ses membres; enfin, pour éviter que
l'assuré-victime ne s'enrichisse pas du fait d'un contrat d'assurance soumis au
principe indemnitaire, et aussi par le jeu de la responsabilité civile; car s'il pouvait
cumuler la garantie de l'assureur et la réparation de l'auteur du dommage, il recevrait
deux indemnisations .
Dès lors, après avoir indemnisé l’institution bancaire, l'assureur-dommage se
réserve un recours contre le tiers responsable du sinistre, qui par sa défaillance,
l’institution bancaire est devenue insolvable. La victime, qu'est l’établissement de
crédit, ne recevra alors qu'une indemnisation et l'assureur se retournera contre le
tiers responsable par une action récursoire97 qui paiera néanmoins sa dette, ce qui
sera équitable.
96
Yvonne Lambert-Faivre, Droit des assurances, 3ème édition, p423
97
Gérard CORNU, vocabulaire juridique, PUF, Paris, 2008, p.28
45
CONCLUSION
Sous l'intitulé « la sécurité juridique de l’épargne en droit congolais : cas du
placement bancaire », ce travail s'est évertué à répondre à la question de savoir quels
mécanismes juridiques devrait-on envisager pour essayer de protéger le fond placé
auprès d’une institution financière contre le cours de liquidité.
Pour répondre à cette question nous avons postulé comme hypothèse que du
fait que les sûretés prévues par les textes en la matière présentent par moment
d'inadéquations avec les activités des finances, il nous a paru logique de proposer
l'adjonction à ces dernières des normes de gestion prudentielle. Mais aussi face au
problème d'effectivité des normes prudentielles qui se posent nous avons proposé la
souscription à une assurance-crédit-caution pour tout placement.
En vue de vérifier ces hypothèses, nous avons subdivisé notre travail en deux
chapitres. Dans le premier chapitre nous avons fait allusion à l’exploitation
thématique. Ainsi, nous avons analysé : Nous avons, de façon succincte, démontré
ce qu’est l’épargne. D’une part, nous l’avons définie légalement et doctrinalement,
nous avons donné ses différentes catégories et fonctions ; et d’autre part, la
représentation du secteur financier, son évolution et sa modernisation.
Au regard des insuffisances dont les garanties civiles de règlements des
dettes ont fait preuve, nous avons été emmené à analyser dans le second chapitre
outre celles-ci, la protection juridique de l’épargnant en droit bancaire congolais.
Les différentes règles que pose la BCC en ce qui concerne le contrôle bancaire
sont loin de suffire pour régir tous les établissements de crédit, car le problème
d'effectivité de leur mise en application se pose, surtout pour les coopératives
d'épargne et de crédit et les IMF qui se sont ajoutées récemment sur la liste
d'établissements de crédit dont par moment les dirigeants sont en même temps
bénéficiaires de crédit.
D'où nous avons proposé, pour palier à ce problème, qu'il serait nécessaire
que la BCC prenne une instruction dans laquelle elle devra conditionner les activités
bancaires à une souscription préalable d'une assurance-crédit-caution. Ceci pour que,
une fois l’établissement de crédit est en cours de liquidité par l'insolvabilité de
certains créanciers, l'assureur, en vertu de ce contrat, garantisse le dommage subi
par l’établissement (assuré-victime) en restituant les parts sociaux et épargnes de
ses clients.
Par ailleurs, le contrôle bancaire dans le système de la RD Congo est
essentiellement de deux types : le contrôle exercé par la banque centrale du Congo et
celui des commissaires aux comptes. Il a été remarqué que le contrôle tel que
réglementé et pratiqué ne permet pas d’assurer efficacement la protection des
épargnants qui ne disposent pas d’action directe envers l’autorité de régulation et de
contrôle (la banque centrale du Congo). De sorte qu’en cas des difficultés bancaires,
les épargnants n’ont pas assez de garanties d’être payés. Nous avons ainsi proposer,
comme sous d’autres cieux, la création d’un Fonds de garantie de dépôts comme
institution pouvant répondre des difficultés avérées d’une banque.
46
Ensuite, elle pourra se retourner contre le tiers responsable du sinistre. Et nous
osons croire qu'une fois ces mesures prises en compte, le risque, pour qu'une
banque soit en cours de liquidité, sera réduit sensiblement...
47
BIBLIOGRAPHIE
I. TEXTES JURIDIQUES
1) La loi n°11/20 du 15 Septembre 2011 fixant les règles relatives à l'activité de la
microfinance en République démocratique du Congo,in JORDC.
2) La loi numéro 015-2002 du 16 Octobre 2002 portant code du travail, in JORDC.
3) La loi n°022/2023 du 04 Octobre 2023 sur la lutte contre le blanchiment des
capitaux et le financement du terrorisme , in JORDC.
4) L'instruction n°17 relative aux banques, en ce concerne les règles prudentielles en
matière de contrôle interne, in [Link], numéro spécial, 2009.
5) La loi numéro 003/2002 du 02 février 2002 relative à l'activité et au contrôle des
établissements de crédit, in [Link].
6) La loi n°005/2002 du 07 mai 2002, relative à l'organisation et au fonctionnement
de la BCC, in [Link]
II. OUVRAGES
1)Ahmed Silem, Lexique d'économie, Paris, 10ème édition, Dalloz, 2008.
2) [Link] LUPUNGU, Droit des assurances, PUZ, KINSHASA, 1990.
3) Géraldine MERMOUX et Guillaume GILKES, Le secteur financier en RDC: La
révolution s'accélère?, FINACTU, 2019.
4) Hervé ALEXANDRE, Banque et intermédiation financière, Paris, éd Économica,
2ème édition, 2013.
5) Juslain NSAMBANA BONKOKA, Le contrôle bancaire au regard des enjeux actuels
des activités des banques privées en RDC et de sécurité, KAS African Law study
Library, 2016.
6) Neau-Leduc, Droit bancaire, Paris, Dalloz,2003.
7) Yvonne LAMBERT-FAIVRE, Droit des assurances, Paris, Dalloz, 1992.
III. COURS ET MÉMOIRES
1) A. Nginamanu, Mobilisation de l'épargne par les coopératives : Cas de COMEC,
TFC, FASEG, Université Kongo.
2) MANSESA KIAKUMBA, Problématique de l'épargne dans le Bas-Congo : Cas de
ménages de Mbanza-Ngungu, mémoire, faculté d'économie, Université Kongo, 2009-
2010.
3) [Link], Notes du cours de Droit financier, 3ème graduat, Droit, Unikin, 2022-
2023.
4)Zacharie NTUMBA MUSUKA, Notes du cours des finances publiques, 2ème
graduat, Droit, Unikin, 2021-2022.
48
4) A. Nginamanu, Mobilisation de l'épargne par les coopératives : Cas de COMEC,
TFC, FASEG, Université Kongo.
IV. ARTICLES ET REVUES
1) CNUCED, Le développement économique en Afrique, GENÈVE, UN, 2007.
2) Daniel Djedi Djongambolo Ohenge, le cadre légal et réglementaire des activités
financières en RDC, in village-justice, 2023
3) NYABIRUNGU mwene SONGA, Le branchement des capitaux et le financement du
terrorisme, in Annales de la faculté de Droit, Université de Kinshasa, Kinshasa, 2014.
4) Taylor LUBANGA, note8, in village-justice.
V. SITES CONSULTÉS
1) [Link]//[Link].
2) [Link].
3) [Link]//app.
4) [Link].
5) [Link]
49
50
TABLE DES MATIÈRES
DÉDICACE i
IN MEMORIAM ii
REMERCIEMENTS iii
INTRODUCTION 1
I. PROBLEMATIQUE 1
II. HYPOTHESE 3
III. L’INTERET DU SUJET 4
IV. METHODES ET TECHNIQUES 4
V. DELIMITATION DE L’ETUDE 4
VI. L’ANNONCE DU PLAN 5
CHAPITRE PREMIER : GÉNÉRALITÉS SUR L'ÉPARGNE EN RDC 6
SECTION I : NOTIONS DE L'ÉPARGNE 6
§1. DÉFINITIONS ET DIFFÉRENTES APPROCHES DE L'ÉPARGNE 6
§1.1. DÉFINITIONS DE L'ÉPARGNE 6
§1.1. A. Définition légale 6
§1.1. B. Définitions doctrinales 6
§.1.2. LA CATEGORISATION DE L’EPARGNE SELON LES APPROCHES CONCEPTUELLES 8
§.1.2. A. SELON L'APPROCHE FONCTIONNELLE DE L'ÉPARGNE 8
A.1. Epargne brute et Epargne nette 8
A.2. Epargne volontaire et Epargne forcée 8
A.3. Epargne Oisive et épargne active 8
A.4. Epargne individuelle et Epargne Collective. 8
A.5. Epargne de précaution et épargne financière 8
§.1.2. B. SELON L’APPROCHE THÉORIQUE DE L'ÉPARGNE 9
B.1. La fonction d'épargne chez Keynes 10
B.2. L'analyse de Duesenbery 10
B.3. L'analyse de Modigliani 10
B.4. L'analyse de Friedman 11
B.5. La fin des idées reçues 11
51
B.5.1. La fin de l'évolution en cloche de l'épargne 11
B.5.2. Transformation de la structure de l'épargne 11
§.2. : TYPOLOGIE DE L'EPARGNE 12
§.2.1. TYPOLOGIE EN FONCTION DES ÉPARGNANTS 12
§.2.1. A. L'ÉPARGNE DES MÉNAGES 12
A.1 IMPORTANCE DE L'EPARGNE POUR LES MENAGES 12
A.2. LES OBSTACLES LIÉS A L'ÉPARGNE DES MÉNAGES 12
§.2.1. B. L'ÉPARGNE DES ENTREPRISES 13
§.2.1. C. L'ÉPARGNE PUBLIQUE 13
§.2.2. TYPOLOGIE SELON LA FORME 13
§.2.2. A : L'ÉPARGNE FINANCIERE 13
A.1. LE SYSTÈME FINANCIER FORMEL 13
A.2. LE SYSTÈME FINANCIER INFORMEL 14
A.3. LA MICRO-FINANCE 15
§.2.2. B. L'ÉPARGNE NON FINANCIÈRE. 15
SECTION II : LA REPRÉSENTATION DU SECTEUR FINANCIER, ENJEUX ET PERSPECTIVES.
15
§.1. L'ÉVOLUTION ET MODERNISATION DU SECTEUR FINANCIER EN RDC AU COURS DE
CES DERNIÈRES DÉCENNIES. 16
§.1.1. LES DIFFERENTES REFORMES AU COURS DE CETTE DERNIERE DECENNIE 16
§.1.2. L'ÉVOLUTION D'INSTITUTIONS FINANCIÈRES 17
§.2. RISQUES, AVANTAGES, ENJEUX ET PERSPECTIVES D'AVENIR DU SECTEUR
FINANCIER EN RDC. 17
§.2.1. LES DÉFIS DU SECTEUR FINANCIER EN RDC 18
§2.2. LES PERSPECTIVES D'AVENIR DU SECTEUR FINANCIER EN RDC. 19
§.2.2.A. Quel avenir pour le secteur bancaire ? 19
§.2.2.B. Un secteur des assurances désormais ouvert : comment soutenir son
développement en même temps que la mise en place des structures de contrôle ? 19
§2.2.C. Cadre réglementaire des assurances en RDC 20
CHAP II: L'ENCADREMENT JURIDIQUE DE L'ÉPARGNE EN RDC. 21
Section I. CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE DU SECTEUR FINANCIER EN RDC. 21
§1. LA PROTECTION DES ÉPARGNANTS PAR LES MÉCANISMES DE DROIT COMMUN.21
§1.1 : LES GARANTIES GÉNÉRALES DU DROIT DE CRÉANCE EN DROIT CONGOLAIS 21
§.1.2: LES MESURES CONSERVATOIRES ET/ OU VOIES D'EXÉCUTION A L’ISSUE DU
52
DROIT OHADA 22
§2. RÉGIME JURIDIQUE PARTICULIER AU SECTEUR FINANCIER EN RDC. 24
§2.1. CADRE LÉGAL 25
§.2.2. CADRE RÉGLEMENTAIRE 25
§2.3 LA PROTECTION DES CREANCIERS BANCAIRES AU REGARD DES ENJEUX
ACTUELS DES BANQUES COMMERCIALES ET LEUR CONTRÔLE 26
[Link] activités des banques privées en RD Congo : la réception et la gestion des Fonds
du public, l’accès au crédit et les risques de remboursement, le paiement des Salaires
par les banques, etc. 26
A.1. La réception et la garde des fonds du public : nécessité d’ouverture de compte
bancaire 26
A.2. L’octroi de crédit : quelle attitude pour les banques? 27
A.3. Les opérations de paiement : regard sur le paiement de salaire par voie bancaire
en RDC 28
B.L’efficacité du contrôle bancaire au regard des intérêts en compétition : banques,
pouvoirs publics et clients des banques 29
B.1. Intérêt du contrôle bancaire pour les banques : le renforcement du contrôle est- il
favorable aux actionnaires de la banque privée et autres banques? 29
B.2. Intérêt du contrôle pour les clients des banques 30
B.3. Intérêt du contrôle bancaire pour les pouvoirs publics : la lutte contre le
blanchiment des fonds 31
Section ll : LES MÉCANISMES SPÉCIFIQUES DE GESTION PRUDENTIELLE DE L'ÉPARGNE
33
§1. LA NÉCESSITÉ D'UNE SURVEILLANCE PRUDENTIELLE DES BANQUES
COMMERCIALES 33
§1.1. LE CONTROLE INTERNE 33
1. le contrôle sur pièces 34
2. le contrôle sur place 35
§1.2. LE CONTROLE EXTERNE 36
§ 2. L'ASSURANCE CONTRE L'INSOLVABILITE 37
§2.1. APERÇU SUR QUELQUES RISQUES 37
A. Le risque de contrepartie 38
B. Les risques de prix 38
§2.2. De l'assurance-crédit-caution 39
CONCLUSION 41
BIBLIOGRAPHIE 43
53
TABLE DES MATIÈRES 45