Td n◦ 12 d’Analyse fonctionnelle
Problèmes variationnels
Séance du 25 Mai 2013
Exercice 1. Préliminaires
Soit u ∈ H 1 (Ω).
1. Soit f : R → R une fonction C 1 telle que f (0) = 0 et f 0 soit bornée. Montrer que
f (u) ∈ H 1 (Ω) et que ∇f (u) = f 0 (u)∇u.
2. Montrer que u+ = max{u, 0} ∈ H 1 et que ∇u+ = 1u>0 ∇u.
Exercice 2. Régularité elliptique
Soit Ω un domaine de Rd . Soit f ∈ L2 (Ω) et u ∈ H01 (Ω) solution faible de
−∆u + u = f.
1. On se place dans le cas Ω = Rd . Pour h ∈ Rd et v ∈ H 1 on pose
τh v − v
Dh v = .
h
En prenant comme fonction test D−h (Dh u) montrer que
kDh ∇ukL2 ≤ Ckf kL2 .
2. En déduire que ∇u ∈ H 1 et
kukH 2 ≤ Ckf kL2 .
3. Etendre ce résultat au cas où Ω = R+ × Rd−1 .
Remarque : En prenant des cartes locales, on peut montrer que ce résultat est aussi vrai
pour Ω ouvert régulier borné. De plus, si f ∈ H m (Ω), alors
kukH m+2 ≤ Ckf kH 2 .
Exercice 3. Première valeur propre du laplacien
Soit Ω un ouvert connexe borné de Rd . Étant donné f ∈ L2 (Ω), il existe un unique
u ∈ H01 (Ω) tel que −∆u = f . On note (−∆)−1 (f ) = u.
1. Montrer qu’il existe donc une suite croissante λn → ∞ et une base hilbertienne de
L2 (Ω), notée (en )n∈N∗ ⊂ H01 (Ω) telle que
−∆en = λn en .
2. Montrer que en ∈ C ∞ .
Cécile Huneau 1 DMA 2012/2013
√
3. Montrer que λ1 = inf u∈H01 ,kuk 2 =1 k∇ukL2 est la constante optimale dans l’inégalité
L
de Poincaré, et que cet optimum est réalisé uniquement sur l’espace propre Eλ1 associé à
λ1 .
4. Si f ∈ Eλ1 , montrer que |f | ∈ Eλ1 . En déduire que |f | est sous-harmonique.
5. Montrer que si g ∈ C ∞ est sous-harmonique alors pour tous x et r tels que B(x, r) ⊂
Ω Z
1
g(y)dy ≤ g(x).
|B(0, r)| B(x,r)
Indication : On pourra calculer B(x,r) (|y|2 − r2 )∆f dy.
R
6. En déduire que Eλ1 est de dimension 1 (engendré par e1 ).
7. En déduire e1 ne change pas de signe, et que si Ω = B(0, 1) (d ≥ 2), e1 est à symétrie
sphérique.
Exercice 4. Problème de Yamabe
Le problème de Yamabe consiste à se demander, pour une variété compacte de dimen-
sion n ≥ 3 munie d’une métrique g, si il existe une métrique conforme à g, c’est à dire
4
qui s’écrit g 0 = Ωg, de courbure scalaire constante λ. En posant Ω = u n−2 , u doit alors
satisfaire l’équation
n+2
−∆u + h(x)u = λu n−2 .
Pour obtenir une solution u, on va chercher à minimiser la fonctionelle
Z
I(u) = |∇u|2 + hu2 ,
M
dans l’espace Hq = {u ∈ H 1 , |u|q = 1} (voir l’exercice 4 du TD 10).
R
On admet que sur une variété compacte M , on a l’injection continue H 1 ⊂ Lq pour
q ≤ 2∗ , avec 2∗ = n−22n
, et que cette injection est compacte pour q < 2∗ . On suppose h
régulière telle que h ≥ a > 0.
1. Montrer que pour q < 2∗ , il existe un unique minimiseur de I dans Hq .
Dans toute la suite, on suppose q = 2∗ . On note µ le minimum de I sur Hq .
2. Soit un une suite minimisante. Montrer qu’il existe u0 ∈ H 1 telle que un * u0 dans
H 1 et Lq , et un −→ u0 dans L2 (à extraction près).
3. Montrer que | |u0 |q − |un |q − |u0 − un |q | −→ 0 quand n −→ ∞.
R
4. Montrer que |∇(un − u0 )|2 −→ µ − I(u0 ) quand n −→ ∞.
R
5. En déduire qu’il existe une constante C, dépendant seulement de la dimension, telle
que
Z 2 Z
q 2
q
1 − u0 ≤ Cµ(1 − ( uq0 ) q ).
1
6. En déduire le théorème suivant (du à Trudinger et Aubin) : si µ < C, alors le
problème de minimisation admet une solution.
Cécile Huneau 2 DMA 2012/2013