Espace Sobolev 1
Espace Sobolev 1
Dans cette dénition la dérivée partielle Dα est entendue au sens des distributions.
On vérie sans diculté que l'espace de Sobolev W k,p (Ω) est, comme son nom
l'indique, un espace fonctionnel. Munissons alors celui-ci de la norme suivante :
LEMME
La fonction ∥∥W k,p (Ω) : W k,p (Ω) → R dénie par
X
∥u∥W k,p (Ω) := ∥Dα u∥Lp (Ω)
0≤|α|≤k
Exemples
1) Pour 1 ≤ p < ∞ on a
(Z m
! )1/p
p
X ∂u
∥u∥1,p = |u|p + dx
Ω i=1
∂xi
(Z m m
! )1/p
p p
p
X ∂u X ∂ 2u
∥u∥2,p = |u| + + dx
Ω i=1
∂xi i,j=1
∂xi ∂xj
2) La fonction de Heavside H(x) est dans Lp (−1, 1) pour tout p ∈ [1, ∞]. mais
elle n 'est pas dans W 1,p (−1, 1) car sa dérivée est la distribution de Dirac qui
1
n est même pas une fonction .
De même la fonction f (x) = |x| est dans W 1,p (−1, 1) puisque sa dérivée peut
être représentée dans Lp (−1, 1) par la fonction
(
′ −1 x < 0
f (x) =
1 x>0
Mais f n'est pas un élément de W 2,p (−1, 1) puisque sa dérivée seconde est égale
à (2δ)
3) On considère la fonction
m
!α/2
X
f (x) := |x|α = x2i
i=1
m
!α/2−2 m
!α/2−1
∂ 2f X X
(x) = α(α − 2)xi xj x2i +α x2i δij
∂xi ∂xj i=1 i=1
Alors, pour tout multi-indice α d'ordre inférieur ou égal à k, la suite {Dα un }n∈N
est de Cauchy dans Lp (Ω).
Rappelons alors que l'espace Lp (Ω) est complet et de ce fait, il existe des fonctions
u et uα pour tout multi-indice α, 0 ≤ |α| ≤ k , telles que un , Dα un convergent vers
u, respectivement vers uα dans Lp (Ω) et ceci pour tout multi-indice. De plus, vu que
2
Lp (Ω) ⊂ L1loc (Ω), chacune des fonctions un détermine une distribution Tun ∈ D(Ω)∗ .
Ainsi, pour toute fonction ϕ ∈ D(Ω), on a
Z
|Tun (ϕ) − Tu (ϕ)| ≤ un (x) − u(x)∥ϕ(x) | dx ≤ ∥ϕ Lp′ (Ω) un − u∥Lp (Ω)
Ω
grâce à l'inégalité de Hölder (103), où p′ est l'exposant conjugué à p. Ainsi, Tun (ϕ) →
Tu (ϕ) pour toute fonction ϕ ∈ D(Ω) lorsque n → ∞. Par un même raisonnement,
TDα un (ϕ) → Tuα (ϕ) pour toute fonction ϕ ∈ D(Ω) et tout multi-indice α d'ordre compris
entre 0 et k. Il en découle
Tuα (ϕ) = lim TDα un (ϕ) = lim (−1)|α| Tun (Dα ϕ) = (−1)|α| Tu (Dα ϕ) = Dα (Tu ) (ϕ)
n→∞ n→∞
pour toute fonction ϕ ∈ D(Ω). Ainsi, uα = Dα u au sens des distributions pour tout
multi-indice α vériant 0 ≤ |α| ≤ k.
Finalement, vu que limn→∞ ∥un − u∥W k,p (Ω) = 0 l'espace fonctionnel W k,p (Ω) est
complet.
Proposition
Soit 1 ≤ p < ∞ alors D(Rn ) est dense dans W k,p (Rn )
Preuve :
Soit ρ ∈ C ∞ (R+ ) déni par
ρ(t) = 1 si 0 ≤ t ≤ 1, ρ(t) = 0 si t ≥ 2
0 ≤ ρ(t) ≤ 1,
Soit u ∈ W (R ). On pose u (x) = u(x)ρ |x|
k,p n (R)
R
. Alors
→ 0 as R → ∞
3
Cette expression tend vers 0 quand R → ∞, puisque u ∈ W k,p (Rn ),et puisque ∂ β u ∈
p
On a u(R)
k ∈ D(Rn ) et uk → u(R) quand k → ∞
(R)
En eet, soit u ∈ W k,p (Rn ) et soit ε > 0. On xe R assez grand tel que u(R) − u W k,p (Rn )
<
ε
2
.
Puis, on choisit k assez grand tel que u(R)
k −u
(R)
< 2ε .
W k,p (Rn )
D'où (R)
uk − u <ε
W k,p (Rn )
Si p < ∞, alors D(Ω) est dense dans Lp (Ω). Ceci est en général faux pour les
espaces W k,p (Ω). On a le résultat suivant :
Lemme
Soient Ω un ouvert borné, k ≥ 1 et 1 ≤ p ≤ ∞. Alors D(Ω) n'est pas dense dans
W (Ω).
k,p
Denition
On note par W0k,p (Ω) l'adhérence de D(Ω) dans W k,p (Ω)
LEMME
Soient u ∈ W0k,p (Ω). Posons
si
u(x) x∈Ω
u
e=
0 si x ∈ Ωc
4
DÉFINITION ET PROPRIÉTÉS
Pour Ω, k et p xés, on pose
1) N = 1 le nombre de multi-indice α satisfaisant 0 ≤ |α| ≤ k
X
0≤|α|≤k
On remarque sans diculté que pour toute fonction u ∈ W k,p (Ω), on a ∥P u∥LpN (Ω) =
∥u∥W k,p (Ω) . Autrement dit, P est un isomorphisme isométrique de W k,p (Ω) dans
W ⊂ LPN (Ω)
4) On peut de plus montrer que :
i) ∀1 ≤ p < ∞, Lp (Ω) est séparable
ii) ∀1 < p < ∞, Lp (Ω) est réexif
iii) Le produit d'espaces vectoriels séparable, respectivement réexif, est encore
un espace séparable, resp. réexif. Qu peul donc conclure que W k,p (Ω) =
P −1 (W ) possède les mêmes propriétés.
Avant de donner une caractérisation de l'espace dual de l'espace de Sobolev W k,p (Ω),
rappelons deux principaux résultats d'analyse fonctionnelle bien connus.
THÉORÈME(Hahn-Banach)
Soient (E, ∥∥) un espace normé sur le corps K, T : D(T ) ⊂ E → K une application
linéaire et bornée. Alors il existe un élément Tb ∈ E ∗ tel que
Tb(u) = T (u), ∀u ∈ D(T ) et
∥Tb∥∗ = sup{|T (u)| : u ∈ D(T ) et ∥u∥ = 1}
5
COROLLAIRE
Soit 1 ≤ p < ∞. Pour tout opérateur T ∈ (LPN (Ω)) , il existe un unique v ∈ LN (Ω)
p ∗ p ′
telle que pour toute fonction u ∈ LpN (Ω) T (u) = ni=1 ⟨ui , vi ⟩ et ∥v∥Lp′ (Ω) = ∥T ∥∗
N
THÉORÈME ∗
Soit 1 ≤ p < ∞. Pour tout opérateur T ∈ W k,p (Ω) , il existe un élément
v ∈ LpN (Ω) telle que pour tout u ∈ W k,p (Ω)
′
n
et
X
T (u) = ⟨Dα u, vα ⟩ min ∥v∥Lp′ (Ω) = ∥T ∥∗
N
1≤α≤k
où le minimum (atteint) est pris sur tout les v ∈ LpN (Ω) pour qui vérie la condition
′
précédente.
DÉMONSTRATION
Dénissons
T ∗ :W
P u 7−→ R
T ∗ (P u) = T (u)
Vu que P est un isomorphisme isométrique, T ∗ ∈ W ∗ et ∥T ∗ ∥∗ = ∥T ∥∗ . Par le théorème
de Hahn-Banach, il existe une extension Te de T ∗ déni sur tout LpN (Ω), et par le corollaire
précédant, il existe un élément v ∈ LpN (Ω) tel que si u = (uα̃ )0≤|α|≤k ∈ LpN (Ω) alors
′
X
Te(u) = ⟨uα , vα ⟩
0≤α≤k
muni de la norme
P ′
1/p′
∥u∥W −m,p′ = inf p
|α|≤m ∥fα ∥Lp′ , pour p′ < +∞
pour p′ = +∞
∥u∥
W −m,∞ = inf sup|α|≤m ∥fα ∥L∞ ,
6
où inf est pris sur toute la famille (fα )α telle que u =
X
∂ α fα
|α|≤m
Ces espaces jouent un role très important dans la théorie de dualité des espaces W0m,p (Ω).
Plus précisement
Théorème
1) Pour tout m ≥ 1 et p ∈ [1, +∞], l'espace W −m,p (Ω) est un espace de Banach.
′
si et seulement si
et Fu ∈ L2 RN , 1 + |ξ|2 dξ
s
Fu ∈ L2loc RN
Z
s
∥u∥2H s = |Fu(ξ)|2 1 + |ξ|2 dξ
est un espace de Banach (et même un espace de Hilbert comme on le verra dans la suite).
Le seul point à vérierest la complétude. Par dénition de la norme, si (un ) est une suite
de Cauchy de H s RN , la suite (Fun ) est une suite de Cauchy dans L2 RN , (1 + |ξ|2 )s dξ ,
et il existe donc û ∈ L2 RN , (1 + |ξ|2 )s dξ tel que
dans H s RN
L2 RN , (1 + |ξ|2 ) dξ .
s
Propriété
-Pour tout s ∈ N, l'espace H s RN est l'espace des fonctions de L2 RN dont
toutes les dérivées au sens des distributions jusque'à l'ordre s sont dans L2
X
∥u∥2H s ∼ ∥∂ α u∥2L2
|α|≤s
7
- Pour tout s ∈ R, S RN est dense dans H s RN
Démonstration
- Comme la transformée de Fourier est, à constante près, une isométrie de L2 RN ,
on a
ξ α Fu ∈ L2 RN si et seulement si ∂ α u ∈ L2 RN
|α|≤s |α|≤s
- Pour tout u ∈ H s RN , (1 + |ξ|2 )s/2 Fu est dans L2 R et peut donc être ap-
N
par transformation de Fourier et par multiplication par les fonctions à croissance lente,
on en déduit que u peut être approché par une suite de fonctions de S R N
DÉFINITION
Solt s un nombre réel. On pose
s n
n
n 2
2s 2
o
n
H (R ) = u ∈ S (R ) : 1 + |ξ| û ∈ L (R )
H s (Rn ) est appelé l'espace de Sobolev d'ordre s. Pour tout couple (u, v) ∈ H s (Rn ) ×
H s (Rn ), on pose
Z
s
(u | v), = 1 + |ξ|2 u̇(ξ)v̄(ξ)dξ , ∥u∥2 = (u | u)s
Remargue
On observera que pour tout s ≥ 0, on a H s (Rn ) ⊂ L2 (Ωn ).
Par contre, pour s < 0, les éléments de H s (Rn ) sont en général des distributions (tem-
pérées).
Proposition
1) L'espace de Sobolev H s (Rn ) est un espace de Hilbert pour le produit scalaire
déni ci-dessous.
2) Si s ≤ t, on a H t (Rn ) ⊂ H s (Rn ) et l'injection canonique est continue (et
mème de norme 1).
H t (Rn ) − H s (Rn ) , ∥u∥s ≤ ∥u∥t
8
3) Pour tout α ∈ Nn , Dα est un opérateur continu de H s dans H s−|α|
Démonstration
-L'espace L2 Rn , (1 + |ξ|2 )s dξ est un espace de Hilbert. Par dénition la transfor-
Proposition
Si m est un entier naturel, l'espace de Sobolev H m (Rn ) est égal à l'ensemble des
fonctions u de L2 (Rn , dx) telles que pour tout α ∈ Nn vériant |α| ≤ m, la dérivée Dα u
est aussi dans L2 (Rn , dx)
H m (Rn ) = u ∈ L2 (Rn ) : ∀α ∈ (Nn ) , |α| ≤ m, Dα u ∈ L2 (Rn , dx)
(∗),
Il est égal aussi à l'ensemble des fonctions u de L2 (Rn , dx) telles que pour tout
α ∈ Nn vériant |α| = m, la dérivée Dα u est aussi dans L2 (Rn )
et à la norme 21
X
|u|m = ∥u∥20 + ∥Dα u∥20
|a|=m
Déonstration Posons
9
A = u ∈ L2 (Rn , dx) : ∀α, |α| ≤ m, Dα u ∈ L2 (Rn , dx)
Nous savons que u ∈ L2 (Rn , dx) si et seulement si û ∈ L2 (Rn , dx) et d'autre part
F (Dα u) = (iξ)α û.
Alors u ∈ A si et seulement si û ∈ L2 (Rn , dx) et pour tout α tel que |α| ≤ m, ξ α û ∈
L2 (Rn , dx) .
m
Supposons que (1 + |ξ|2 ) 2 fˆ ∈ L2 (Rn ) . Si (ξi )ni=1 sont des nombres ≥ 0 et |α| ≤ m, on
a l'inégalité :
m2
(∗) ξ1α1 ξ2α2 . . . ξnαn ≤ |ξ1 |2 + |ξ2 |2 + . . . + |ξn |2
Cette inégalité découle de l'inégalité :
(∗∗) aλ1 1 aλ2 2 . . . aλnn ≤ a1 + a2 + . . . + an
où (ai )ni=1 et (λi )ni=1 sont des nombres positifs avec la somme des λ1 égale à 1 . Pour
prouver (∗), il sut de remarquer que si aj est le plus grand des (ai ), alors le membre
de gauche de (∗) est majoré par aȷ lui-même majoré par le membre de droite de (*). Par
suite, pour tout ξ ∈ Rn , on a
m m
|ξ1 |α1 |ξ2 |α2 . . . |ξn |αn ≤ |ξ1 |2 + |ξ2 |2 + . . . + |ξn |2 ≤ 1 + |ξ|2
2 2
Alors on obtient, puisque le nombre des multi-indices a tel que |α| ≤ m est ni, la
majoration qui montre bien qu'on a une injection continue de H m dans A.
Montrons que B s'injecte continuement dans H m . Nous supposons que u est une fonction
de L2 (Rn , dx) telle Dα u pour |α| = m est aussi dans L2 (Rn , dx) ou encore que (iξ)α û ∈
L2 (Rn , dx) . On fait appel à l'inégalité
10
est aussi intégrable. Comme
3
1 + |ξ|2 |f⃗|2 ≤ C(n, s) 1 + |ξ1 |2s + |ξ2 |2s + . . . + |ξn |2s |fˆ|2
L'injection continue de B dans H m est établie. Comme l'injection de A dans B est tri-
vialement continue, la proposition est démontrée.
Corollaire
Soit s un nombre réel ≥ 0 et posons s = [s] + σ avec 0 ≤ σ < 1 . Alors
H s (Rn ) = u ∈ H [s] : (∀α ∈ (Nn )) (|α| = [s] ⇒ Dα u ∈ H σ )
Démonstration
Puisque s ≥ 0, f est dans L2 (Rn , dx), on a
2s [s]2 σ2
1 + |ξ|2 fˆ ∈ L2 (Rn , dx) ⇐⇒ 1 + |ξ|2 1 + |ξ|2 fˆ ∈ L2 (Rn , dx)
Or il sut de faire appel encore aux inégalités inégalités précédentes pour conclure, d'où
le corollaire.
Proposition
S (Rn ) ,→ H s (Rn )
dans le sens où l'injection est continue, d'image dense.
Démonstration
Comme la transformée de Fourier est un isomorphisme de S sur S , alors par
dénition de H s (Rn ), il sut de montrer que S est dense dans L2 Rn , (1 + |ξ|2 )s dξ
et que l'injection est continue.
Soient φ une fonction de D (Rn ) telle que 0 ≤ φ ≤ 1, φ(x) ≡ 1 dans la boule ∥x∥ ≤ 1 et
(φn ) la suite de fonctions de D (Rn ) données par
ξ
φn (ξ) = φ , n≥1
n
11
un (ξ) = u(ξ) et on a toujours |un (ξ) ≤ u(ξ). Considérons maintenant une approxima-
tion de l'unité (φϵ ) où φϵ ∈ D(Rn ) alors un ⋆ φϵ est un élément de D(Rn ) et converge
vers un dans L2 (Rn , dξ) lorsque ϵ tend vers 0 . Mais cette convergence a lieu aussi
dans L2 Rn , (1 + |ξ|2 )s dξ puisque on intègre sur un compact (le support de toutes les
fonctions un ∗ φc est contenu dans un voisinage d'ordre ϵ du support de un , n xé).
L'injection de S dans L2 Rn , (1 + |ξ|2 )s dξ est en outre continue. En eet, on a
l'inégalité :
Z Z
2 2 3 2 −n
1 + |ξ|2
|φ̇| (ξ) 1 + |ξ| dξ ≤ C (Nm (φ)) dξ
Rn πn
où m = s + n, n est la dimension de Rn et
m2
Nm (φ) = sup 1 + |ξ|2 |φ̇(ξ)|
ξ
Proposition
Le dual de l'espace de Sobolev H s (Rn ) est identié á l'espace de Sobolev H −s (Rn )
( à partir de l'identication de L2 (Rn , dx) à son propre dual).
Démonstration
-Montrons d'abord que le dual de H s (Rn ) est un sous espace de distributions. Soit
L une forme linéaire continue sur H s (Rn ). Comme l'injection de S dans H s (Rn ) est
continue, la restriction de L à S qu'on peut noter Loi est continue dans S donc elle
dénit un élément de S ′ . L'application : L 7→ Loi est-elle injective ? cela revient à dire
que L est parfaitement déterminée par sa restriction à S . Supposons que Loi = L′ oi,
alors pour tout φ ∈ S , on a L(φ) = L′ (φ). Alors si u ∈ H s (Rn ), il existe d'après la
proposition une suite (φn ) d'éléments de S qui convergent vers u. Alors comme L et L′
sont continues, on a
Alors considérons une forme linéaire M sur L2 Rn , (1 + |ξ|2 )s dξ . Observons que l'ap-
plication s
2 −2
f 7→ 1 + |ξ| f
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est un isomorphisme Φ de L2 (Rn , dξ) sur L2 Rn , (1 + |ξ|2 )s dξ . Alors on peut
associer à M une forme linéaire continue L sur L2 (Rn , dξ) en posant L(g) = M (Φ(g)).
Alors notre identication nous donne l'existence d'une fonction f ∈ L2 (Rn , dξ)
Z
2 n
∀g ∈ L (R , dξ) , M (Φ(g)) = g(ξ)f (ξ)dξ
et comme Φ−1 est immédiat, on voit qu'il revient au même de dire que
Z
2 n 2 s
2s
h(ξ) 1 + |ξ|2
∀h ∈ L R , 1 + |ξ| dξ , M (h) = f (ξ)dξ
s
ce qui revient à associer
à M la fonction (1 + |ξ| ) f où f est dans L (R , dξ) qui est
2 2 2 n
Proposition
Soit φ une fonction indéniment dérivable à décroissance rapide. La multiplication
par φ est un opérateur continu de l'espace de Sobolev H s (Rn ) dans lui-même.
Alors Z Z
v(η)
cu = φ̂ ∗ û =
φ φ̂(ξ − η)u̇(η)dη = φ̂(ξ − η) s dη
(1 + |η|2 ) 2
D'où 2s
1 + |ξ|2
Z
2
2s
1 + |ξ| φ
cu(ξ) = φ̂(ξ − η)v(η) dη
1 + |η|2
Comme(*)
2s s 2s 2s
1 + |ξ|2 ≤ 2 2 1 + |η|2 1 + |ξ − η|2
on en déduit
Z
2
2s 2s
1 + |ξ| |φu(ξ)|
ˆ ≤ |φ̂(ξ − η)| 1 + |ξ − η|2 v̂(η)dη
13
de la norme de la fonction qui est intégrable par la norme de v dans L2 (Rn , dx). Ce qui
donne s s
1 + | · |2 2
φ
cu ≤ 1 + |.|2 2
φ̂ ∥v̂∥L2 (Rn ,dx)
L2 (Rn ,dx) L1 (Rn ,dx)
Ceci donne
∥φu∥s ≤ C∥u∥s
et la proposition est démontrée.
Théorème
Soient t et s deux nombres réels tels que s < t, φ une fonction indéniment dérivable
à décroissance rapide. La multiplication par φ est un opérateur continu de l'espace de
Sobolev H t (Rn ) dans H s (Rn ) et compact, autrement dit de toute suite (un ) bornée dans
H t on peut extraire une sous-suite (unk ) telle que la suite (φunk ) converge dans H s
Démonstration
Soit une suite (un ) bornée dans H t (Rn ). Comme c'est un espace de Hilbert, on
peut extraire une sous-suite qui converge faiblement dans H t (Rn ). Notons encore cette
sous-suite par (un ) et par v sa limite faible. Quitte à la remplacer par la suite (un − v)
on peut supposer que v = 0. On a donc, pour tout u ∈ H −t (Rn ) , (u | un )t tend vers 0 .
Montrons que φun tend vers 0 dans H s (Rn ) . On a
Z
s
∥φun ∥2s = 1 + |ξ|2 ˆ n (ξ)|2 dξ
|φu
Z Z
2 s 2 s
1 + |ξ|2 ˆ n (ξ)|2 dξ
= 1 + |ξ| |φu
ˆ n (ξ)| dξ + |φu
|ξ|≤R |ξ|≥R
Z Z
s 2 s−t
t
1 + |ξ|2 |φu
ˆ n (ξ)|2 dξ + 1 + R 1 + |ξ|2 |φu
ˆ n (ξ)|2 dξ
≤
|ξ|≤R
Comme s − t < 0, on peut choisir R assez grand pour que le second terme de
l'inégalité soit aussi petit que l'on veut. En eet l'intégrale est bornée puisque la suite
(un ) étant contenue dans un borné de H t , et la multiplication par φ étant continue de
H t (Rn ) dans H s (Rn ), la suite (φun ) est bornée dans H s (Rn ) donc dans H t (Rn ). Il
sut donc de montrer que le premier terme de l'inégalité tend vers 0 lorsque n tend vers
l'inni. On peut écrire ce terme sous la forme
Z
s
1 + |ξ|2 |ψn (ξ)|2 dξ
|ξ|≤R
14
On a que pour tout ξ, ψn (ξ) tend vers 0 puisque un tend vers 0 faiblement. D'autre part,
on a .
|ψn (ξ)| ≤ ∥un ∥s φe−i<.,ξ> −s
D'une part la suite (∥un ∥s ) est bornée et d'autre part comme la transformée de
Fourier de la fonction φe−i⟨,ξ⟩ est la translatée de la transformée de Fourier de φ, on a
Z
2 −s
φe−i<.ξ> −s = 1 + |η|2 |φ̂(ξ + η)|2 dη
Théorème(d'injection de Sobolev)
Soit s un nombre réel et k un entier naturel tel que s > k + n2 .Alors l'espace de
Sobolev H s (Rn ) est contenu dans l'espace (∗ ) C0k (Rn ) formé des fonctions de classe C k
dont toutes les dérivées tendent vers 0 à l'inni et l'injection canonique est continue si
on munit C0k de la norme
∥u∥ = sup |Dα u(x)|
|α|≤k,x∈Rn
2s |ξ||α|
ξ α fˆ(ξ) ≤ |ξ||α| |fˆ(ξ)| = 1 + |ξ|2 |fˆ(ξ)| s
(1 + |ξ|2 ) 2
Alors puisque f ∈ H s (Rn ) et d'autre part 2s − 2|α| > n, les fonctions
2s |ξ||α|
ξ 7→ 1 + |ξ|2 |fˆ(ξ)| , ξ 7→ s
(1 + |ξ|2 ) 2
sont de carré intégrable, donc leur produit est une fonction intégrable ce qui prouve bien
que la transformée de Fourier de Dα f , qui est égale à (iξ)α fˆ, est bien intégrable. Alors
la transformée réciproque de cette fonction qui est donc Dα f est une fonction continue
qui tend vers 0 à l'inni, ce qui achève la preuve du théorème.
Proposition
Soit s un nombre réel tel que n2 < s < n2 + 1. Alors les fonctions appartenant à l'es-
pace de Sobolev H s (Rn ) sont hitlériennes d'ordre s− n2 c'est-à-dire que toute fonctionnf ∈
H s (Rn ) vérie : (∃C > 0), (∀x ∈ Rn ) (∀h ∈ Rn ) , |f (x + h) − f (x)| ≤ C∥h∥s− 2
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