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Compemplation

Le document présente une étude approfondie des 'Contemplations' de Victor Hugo, en abordant sa biographie, sa bibliographie, ainsi que la genèse et la structure de l'œuvre. Il analyse également les thèmes principaux et secondaires, ainsi que le style d'écriture de l'auteur, soulignant l'importance de l'expérience personnelle de Hugo dans ses écrits. En fin de compte, l'œuvre est décrite comme une réflexion sur la vie, la souffrance et la condition humaine, marquée par la perte tragique de sa fille Léopoldine.

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IA.

PIKINE
INSPECTION DE L’EDUCATION ET DE LA
FORMATION DE KEUR MASSAAR

COURS PRIVES NATANGUE

LES CONTEMPLATIONS
DE VICTOR HUGO

PLAN EXPOSANTS
INTRODUCTION AHMADOU B. BERETE
I. VIE ET L’OEUVRE DE L’AUTEUR BINTA DIAGNE
1. BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR NGONE FALL
2. BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR SAMBA BABOU
II. PRESENTATION DE L’ŒUVRE

1. GENESE DE L’ŒUVRE

2. STRUCTURE OU COMPOSITION DE
L’ŒUVRE

III. ETUDE THEMATIQUE

1. THEMES PRINCIPAUX

2. THEMES SECONDAIRES

IV. STYLE D’ECRITURE DE L’ŒUVRE

CONCLUSION

INTRODUCTION Année Scolaire 2021 -2022


Par l’ampleur de son destin, la durée de sa carrière , la richesse de son inspiration, la
puissance de l’expression de son œuvre ( poésie lyrique, dramatique, épique, roman, théâtre,
essaie), Hugo apparait comme un géant de la littérature française du 19ème siècle. Dans son
art et dans ses idées, il se fait le guide et l’interprète éloquent des mouvements d’opinion.
Persuadé que le poète remplit une mission, il a pris une part active aux grands débats
politiques de son temps. La singularité de l’homme se mesure aussi par une poésie lyrique
dans un contexte marqué par « le mal du siècle » où le poète subit la mélancolie, et les
vicissitudes de la vie. D’ailleurs, Hugo partagera les tragédies de son existence et fustigera les
turpitudes de son époque dans Les Contemplations dont on se propose d’étudier la vie et
l’œuvre de l’auteur, la structure et la quintessence et les thèmes les plus prégnants.

I. VIE ET L’OEUVRE DE L’AUTEUR

1. BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

Né le 26 Février 1802 à Besançon, Hugo est la figure de proue du mouvement romantique. Il


est un écrivain dramaturge, poète, romancier, homme politique, éminent intellectuel français
du XIXème siècle. Il est aussi considéré comme l’un des plus importants écrivains
romantiques qui est passé de succès dans ses écrits et dans tous les genres. Toutefois, Hugo a
connu une vie très mouvementée partagée entre l’amour, la souffrance, le désespoir, l’illusion,
le combat et l’espoir. En effet, 1830 marque la fin d’une certaine forme de bonheur chez
Hugo. Du mariage de Hugo avec Adèle Foucher, en 1822, sont nés cinq enfants, Léopold,
Léopoldine, Charles, François-Victor et Adèle. Mais l’amour d’Adèle Foucher pour Sainte-
Beuve, avoué dès 1830, et celui de Hugo pour Juliette Drouet, jeune actrice, opèrent une
rupture intime. En 1843, Hugo subit la plus grande épreuve de sa vie avec la mort accidentelle
de sa fille adulée Léopoldine. La République proclamée en février 1848, accroit la solitude du
poète, en butte à la méfiance de la droite, dont il s’éloigne, comme de la gauche, dont il se
rapproche progressivement. Le coup d’Etat par lequel Louis -Napoléon Bonaparte anéantit , le
2 décembre 1851 , la République instaurée trois ans plus tôt, entraine l’exil politique. Hugo,
rallié aux républicains, est frappé par un décret de proscription et quitte la France pour la
Belgique, puis pour Jersey. Même si les critiques littéraires ont toujours reproché à Hugo de
ne parler que de lui-même dans ses œuvres, il faut quand même reconnaitre qu’il est
également proche du peuple. D’ailleurs, son engagement le pousse à s’opposer à Napoléon à
travers les Châtiments. C’est son engagement qui le conduira en exil entre 1851 et 1870.
Après un exaltant combat pour la justice et la liberté, Hugo tire sa révérence le 22 Mai 1885 .
Des funérailles nationales sont organisées le 31 mai 1885 à la mémoire de cette figure
emblématique accédée à jamais au Panthéon des immortels.

2. BIBLIOGRAPHIE DE L’AUTEUR

Victor Hugo occupe une place importante dans l’histoire de la littérature au XIXème siècle
français dans des genres et des domaines d’une diversité remarquable. En effet, il est poète
lyrique avec des œuvres telles que Odes et Ballades (1826), les feuilles d’automne (1832) ou
les Contemplations (1856). Mais, il est aussi un poète engagé contre le régime dictatorial de
Napoléon III (Les Châtiments-1853-) et un poète épique avec le Légende des siècles (1859 et
1877). Il est aussi un romancier du peuple qui connut un grand succès avec des romans
comme Notre Dame de Paris (1831) et les Misérables (1862). Au théâtre, il expose sa théorie
du drame romantique dans sa préface de Cromwell en 1827 et illustré principalement avec
Hernani Ruy Blas en 1830 et en 1838. D’ailleurs, il a fortement contribué au renouvellement
de la poésie et du théâtre. D’abord, sur le plan poétique, il va assouplir le rythme de
l’alexandrin classique. Ensuite sur le plan théâtral, il remet en cause la règle des trois unités,
plaide une nouvelle pratique qui intègre les éléments du tragique et du comique qu’on appelle
drame romantique.
Son travail comporte également plusieurs discours politiques dont celui lié à la lutte contre la
peine de mort à la chambre des Pairs, à l’Assemblée législative, des récits de voyage (Le
Rhin, 1842 ou choses vues, œuvre posthume, 1887 et 1890) et une abondante correspondance.

II. PRESENTATION DE L’ŒUVRE

1. GENESE DE L’ŒUVRE

Des Châtiments (1853), Victor Hugo regarde le monde extérieur. Dans le livre des
Contemplations(1856), il tient ses yeux et son esprit attachés sur lui-même. Quelques jours,
quelques mois au plus, d’inspiration fougueuse avaient produit les Châtiments. Quant aux
Contemplations, ils traduisent les joies ou les douleurs de « vingt-cinq années », autant dire de
toute une existence. Ce sont là, pour employer l’expression même de Hugo, les « Mémoires
d’une âme ». Toute la destinée humaine est dans ce livre. Il s’ouvre par la contemplation de
l’enfance. Aux enchantements éphémères de la passions succèdent les efforts virils et le
combat non sans angoisse du devoir. Ce n’est pas seulement l’intérêt de son art qui passionne
cet esprit virile ; il contemple aussi avec émotion et décrit d’une plume tragique avec
d’inoubliables traits les misères de tous les pauvres. Lui-même, il a sa large part de misère et
de deuil. Sa fille meurt. Le poète, qui s’était longtemps attardé à contempler le ciel, se tourne
vers la terre et s’acharne à pénétrer le secret du tombeau. Il s’agit ainsi dans les
Contemplations, l’expression de la douleur paternelle, tour à tour aigue ou apaisée. La mort de
sa fille Léopoldine, conditionne, en réalité, l’origine et la structure de son livre et sa
séparation en deux parties.

2. STRUCTURE OU COMPOSITION DE L’ŒUVRE

Il y a dans Les Contemplations plusieurs livres qui obéissent à une logique chronologique.
Deux parties (à l’origine, deux tomes séparés), « Autrefois » et « Aujourd’hui », délimitées
dans le temps par des dates : (1830-1843) pour la première partie et (1843-1855) pour la
seconde partie. Ce recueil poétique est composé de six livres : trois dans « Autrefois » et trois
dans « Aujourd’hui ».
« Autrefois », tome premier dans lequel « la joie, cette fleur rapide de la jeunesse, s’effeuille
page à page » fonctionne comme une image inversée d’ « Aujourd’hui ». Les trois livres qui
le composent, « Aurore », « L’âme en fleur » et « les luttes et les rêves », évoquent le
souvenir des jours heureux – adolescence, jeunesse, maturité- mais manifestent aussi
l’invisible harmonie de la vie et de la mort. La poésie bucolique de « l’âme en fleur »,
s’éclaire à la lumière du livre VI : la nature joyeuse et sereine- « les bois, les nids, les fleurs,
les loups » qui soupirent d’amour- est, en effet, pleine d’âmes. « L’âme en fleur » désigne
donc la jeunesse, au sens autobiographique, mais aussi l’âme dans la fleur, la fleur qui est une
âme ». De même, « l’Aurore » désigne l’entrée dans la vie, mais aussi dans l’éternité. Les
deux premiers livres « d’Autrefois » peuvent donc être lus comme une « marche » vers
l’infini. Le dernier livre « Les luttes et les rêves » évoquent des thèmes dramatiques et
critiquent le règnent du mal, la peine de mort et constituent une méditation sur l’énigme de
l’univers.
En 1843 s’achève « Autrefois » et commence « Aujourd’hui ». Cette partie est composée
également de trois livres : « Pauca meae » qui marque le deuil, « en marche » qui souligne
l’exil du poète et « Au bord de l’infini » qui symbolise la vision de la mort de Victor Hugo.
En fait, le premier livre fait référence à la mort de la fille ainée de Hugo, Léopoldine, noyée
dans la Seine le 4 septembre 1843 à Villequier à l’âge de dix-neuf ans. Ce deuil est un exil
intérieur que l’exil politique accroit. « Pauca meae » qui signifie donc « quelques vers » ou
plutôt « peu de vers pour ma fille » indique le malheur du poète au bord de l’abime, la misère
morale du père en deuil. Toutefois, Hugo va redorer son blason de poète engagé dans le «
livre de l’exil » où il se montre solidaire au peuple auquel il s’adresse. Ainsi , l’image
allégorique du « peuple océan jetant l’écume populace » que développe « Melancholia » vient
du poème « Au peuple ». L’univers hugolien se présentera comme un « temple » dans le
troisième livre (« Au bord de l’infini ») où le poète parle de la lutte entre les lumières et les
ténèbres et se proclame guide de l’humanité. .

III. ETUDE THEMATIQUE

Les Contemplations représente 25 années de la vie du poète. C’est « l’existence humaine


sortant de l’énigme du berceau et aboutissant à l’énigme du cercueil. C’est un esprit qui
marche laissant derrière lui la jeunesse, l’amour, l’illusion, le combat, le désespoir, et qui
s’arrête éperdu au bord de l’infini… » pour contempler sa vie passée. « Cela commence par
un sourire, continu par un sanglot et finit par un bruit du clairon de l’abîme… Une destinée
est écrite là jour à jour. »
Mais l’on ne saisit pas toute l’importance du recueil si l’on néglige de considérer son
architecture, telle que voulue par le poète. En effet, le recueil est divisé en deux parties
distinctes, « Autrefois » et « Aujourd’hui », qui correspondent aux dates de composition
générale. La véritable signification de ce découpage binaire est d’ordre personnel : sur la ligne
de partage se situe le drame de la mort par noyade de la fille de Hugo, Léopoldine, en 1843,
qui lui inspire un célèbre poème commémoratif quatre ans plus tard : « À Villequier ». À elle
seule, cette division suffit à donner à l’ensemble du recueil toute sa dimension pathétique.

« Autrefois » : écrit entre 1830 et 1843. « Aujourd’hui » : écrit entre 1843 et 1856
Livre 1 : Aurore Livre 4 : Pauca meae
Livre 2 : L’âme en fleur Livre 5 : En marche
Livre 3 : Les luttes et les rêves Livre 6 : Au bord de l’infini

Le recueil se termine par un poème final dédié à Léopoldine

Parmi les thèmes de la partie « Autrefois » on peut citer le bonheur, l’enfance, la jeunesse
l’amour, la Nature, les relations humaines… Dans la partie « Aujourd’hui », le poète
développera le thème de la souffrance, de la mort, du deuil, de la révolte… A ces thèmes on
peut aussi ajouter le rôle de la poésie et la fonction du poète.
Le ton dominant des Contemplations est le lyrisme personnel qui permet au poète
d’extérioriser ses sentiments, sentiments qui reflètent en réalité la condition humaine (« Ah !
Insensé qui crois que je ne suis pas toi ». Les contemplations dévoile la vie d’un homme en
même temps que la vie des autres car « la destinée des hommes est une ».
En 1856 Hugo publie dans un même recueil 158 poèmes répartis en 6 livres qui résument près
de 26 ans de sa vie répartie entre Autrefois (1831-1843 : ses souvenirs passés) et Aujourd’hui
(1843-1856 : ses angoisses existentielles).
a. Autrefois (1831-1843)
Dans cette rubrique Hugo rassemble les trois premiers livres : Aurore, L’âme en fleur et Les
luttes et les rêves.
Ø Aurore est composé de 29 poèmes où le poète évoque ses souvenirs de jeunesse : ses
amours d’adolescent, notamment avec Lise (Hugo confesse dans « Lise » : « J’avais douze
ans ; elle en avait bien seize (…)./ Elle m’aimait, je l’aimais. Nous étions/ Deux purs enfants,
deux parfums, deux rayons (…)), ses années d’écoliers (A propos d’Horace), ses premiers
combats littéraires («Réponse à un acte d’accusation »), son romantisme et son goût pour la
nature (Cf. VERE NOVO = au retour du printemps, « la vie aux champs ») C’est un livre,
pour l’essentiel, où Hugo fait une introspection en mettant l’accent sur l’écriture à la première
personne.
Ø L’âme en fleur est un livre de 28 poèmes qui peut être considéré comme une épopée de
l’amour. Le poète y évoque essentiellement sa relation avec Juliette Drouet, plus précisément
les circonstances de leur première rencontre, leur randonnée idyllique dans la nature. Il
éternise ces moments exceptionnels de joie dans certains poèmes comme « hier au soir » et «
mon bras pressait sa taille frêle ». C’est aussi pour lui l’occasion d’évoquer leurs querelles
sentimentales et leurs réconciliations. Ce livre est donc inspiré par Juliette Drouet et
correspond comme le premier à la dimension lyrique des Contemplations.
Ø Les luttes et les rêves sont consacrés à la dimension socio-politique des Contemplations.
30 poèmes y dénoncent la misère sociale, l’iniquité et l’injustice (MELANCHOLIA). Sans
ambages, le poète prend le parti des prolétaires, des pauvres, dit sa désapprobation contre la
guerre, le despotisme du pouvoir politique, ainsi que la peine de mort. Le long poème, «
Magnitudo Parvi », qui l’achève montre l’image d’un poète contemplateur découvrant les
astres en compagnie de son enfant, comme pour présager de son désastre causé par la mort de
Léopoldine à qui est dédié le livre suivant, pauca Meae.
a. Aujourd’hui (1843-1856)
Ø Pauca Meae est sans doute le livre le plus remarquable des Contemplations. C’est une
poésie de la douleur, la souffrance, où la mort de Léopoldine, qui y occupe une place
importante, met le poète dans tous ses états, parfois même à la limite du blasphème. Les 17
poèmes qui le composent célèbrent essentiellement la mémoire de Léopoldine et de son mari
Charles Vacquerie noyés dans la Seine à Villequier. C’est une méditation métaphysique sur la
mort, le destin, la fatalité, bref c’est le deuil et le tombeau qui séparent les convictions
d’Autrefois et les incertitudes d’Aujourd’hui de Hugo. Ce dernier y dénonce le destin injuste
(« trois ans après »), l’acceptation de la volonté de Dieu (« A Villequier »), l’inconsolation («
Demain dès l’aube… »). A partir de ce livre Victor Hugo se met En marche jusqu’ Au bord de
l’infini, c’est-à-dire sa quête métaphysique.
Ø Dans En marche, le poète se réconcilie avec lui-même et avec Dieu. Depuis son exil à
Guernesey, il reprend goût à la vie et à l’écriture, domine ses sentiments d’angoisse. Il trouve
dans la méditation une nouvelle source d’inspiration, gage de quiétude pour lui. Hugo sort de
son mutisme de plusieurs années, causé par le deuil de sa fille, et se refait une nouvelle
jeunesse en reprenant les thèmes d’Autrefois : ses amitiés, ses enfants, ses amours, la nature,
ses souvenirs d’enfance. Comme le titre l’indique, il reprend le chemin de l’existence
quotidienne et médite sur la condition humaine qui le mène jusqu’ Au bord de l’infini.
Ø Au bord de l’infini est un livre de 26 poèmes où Hugo retrouve Dieu sous tous ses noms
(Jehova, Allah, Jésus…). C’est le moment d’une intense méditation où le poète après
plusieurs années de souffrance et d’incertitude causées par l’exil, ne trouve que dans la prière
le seul moyen de retrouver la quiétude de l’âme et une solution à la condition humaine. Par le
biais de la prosopopée il dialogue avec l’invisible par l’intermédiaire des Spectres, Fantômes,
des Anges et des Esprits (« Le pont »). Le poète y réaffirme sa foi, sa parole prophétique et
ses espérances (« Cadaver ») qui triomphent sur ses angoisses exprimées, par exemple, dans «
Pleurs de la nuit ». Enfin Hugo achève ses contemplations comme il les avait débutées dans
l’œil contemplateur d’un poète serein malgré sa tristesse, ses meurtrissures et ses
déchirements.
1. THEMES PRINCIPAUX

a) La mort et la souffrance

Dans la Préface des Contemplations, « l’auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui
». Aussi déclare-t-il : « La vie, en filtrant goutte à goutte à travers les événements et les
souffrances, l’a déposé dans mon cœur ». En fait, le livre « d’aujourd’hui » commence par
une si grande douleur qu’il ne faudrait pas être bien un grand poète pour agir sur les âmes en
chantant le malheur réel que Hugo a chanté. Ainsi, après l’accident et la mort tragique de sa
fille, Léopoldine à Villequier, Hugo exhale sa souffrance et étale ses réminiscences sur
l’amour et le bonheur qu’il a profondément partagés avec cet être cher. Dans les
Contemplations, le poète s’interroge sur les vicissitudes de l’existence, la fuite du temps et les
inquiétudes de l’homme devant la mort. Il souligne alors la fugacité du bonheur de l’homme
et la cruauté du destin. Aussi exprime-t-il toute sa peine et son désarroi devant le souvenir de
sa fille adulée dans le poème « oh je fus comme fou dans le premier moment » : « je voulais
me briser le front sur le pavé. Puis, je me révoltais, et par moments, terrible. Et je n’y croyais
pas, et je m’écriais ! Non Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom ». Toutefois,
Hugo trouve des beautés inaccoutumées de sentiment et d’expression dans la résignation du
croyant: « Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ; je vous porte apaisé, les
morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire » (« Villequier », Les Contemplations).

b) La justice et la liberté

Exilé, Hugo s’isole dans l’art et s’acharne de mettre la poésie au service de la justice et la
liberté. En fait, il est préoccupé d’agir jusque dans le rêve et soucieux d’être utile même sur
les hauteurs de la spéculation. Pour l’auteur des Contemplations, le poète doit s’acharner à
dénoncer toutes les menaces à la démocratie, à la justice et à la liberté... Victor Hugo se
proclame la « voix » des misérables, des victimes d’un sort misérable et injuste comme ces
pauvres enfants qui sont « jetés dans l’impasse dès leur naissance » dans « mélancholia ».Il
invective les capitalistes véreux qui déshumanisent l’homme et versent dans l’exploitation et
l’arbitraire. Dans « la source », il condamne les persécutions, les atteintes aux droits humains,
la peine de mort, la tyrannie et la guerre : « Insensés ! À quoi bon cette guerre âpre et rude, ce
duel, ce talion ? Je vis en paix, moi, l’aigle en cette solitude avec lui, le lion ». Hugo apparait
ainsi comme un révolutionnaire, un libérateur, un prêtre de l’amour, une voix des sans voix, le
consolateur des affligés, le chantre de l’espoir et l’apôtre de la paix.

2. THEMES SECONDAIRES

a) L’amour et le désespoir

Dans Les contemplations, Hugo évoque l’amour sensuel qui suggère surtout les premiers
temps de son union avec Juliette Drouet. Cet amour qui est très souvent érotique est aussi une
occasion pour le poète de chanter le bonheur et la joie qu’il ressent. Il s’agit d’un amour
enchanteur qui a fortement marqué la vie sentimentale de Hugo. Dans la plupart des poèmes,
le lyrisme amoureux se mêle à l’évocation de la nature. La nature se révèle comme un cadre
idéal et un espace privilégié pour cette union secrète et complice avec la femme aimée.
Par ailleurs, le désespoir des Contemplations est caractérisé par un futur fermé. C’est
notamment la disparition de sa fille qui engendre le désespoir chez Hugo. Par exemple, il
indique : « Où je criai : L’enfant que j’avais tout à l’heure, Quoi donc ! Je ne l’ai plus ! » («À
Villequier»). Plusieurs autres poèmes font allusion à la disparition de sa fille, ainsi qu’à celle
des autres êtres chers et au sentiment de désespoir qui s’en suit comme l’attestent ces poèmes:
«Trois ans après», «Oh ! Je fus comme fou. . . », «Veni, Vidi, Vixi», «À Villequier», «Claire
P.», «Claire», «En frappant à une porte», «À celle qui est restée en France».

b) La fraternité et le pardon

Victor Hugo est un poète dont l’engagement tend à réorganiser la société sur des bases solides
et des valeurs fondamentalement humanistes et universelles. En fait, sa poésie est une bouée
de sauvetage pour un monde où l’intolérance, la haine et le mal sont répandus comme une
trainée de poudre. Dans le « mendiant », Hugo veut conscientiser et exhorter les hommes à la
pitié, la solidarité, la charité, la générosité et l’élévation spirituelle et morale. Dans « ce que
dit la bouche d’ombre », Hugo martèle ses vérités et en appelle à la prise de conscience, à la
responsabilité et au refus de toute compromission, tout défaitisme ou fatalisme : « libre, il sait
où le bien cesse, où le mal commence. Il a ses actes pour juges ». L’auteur des
Contemplations entend sonner les clairons qui renverseront les murailles de l’oppression et de
la haine pour cultiver l’amour et la fraternité chez les hommes. Il exprime cette forte
conviction en ces termes : « Aimez-vous ! Aimez-vous ! Car c’est la chaleur ardente ! », (« Ce
que dit la bouche d’ombre » dans Les Contemplations). Le poète s’assimile à un prophète ou
un mage qui fait des prophéties rassurantes et annonce l’échec final des puissances criminelles
et l’avènement de l’universel pardon.

IV. STYLE D’ECRITURE DE L’ŒUVRE

Quant au ton et au style de Hugo, sa langue et sa poésie se caractérisent par leur simplicité.
Les mêmes rimes reviennent d’un poème à un autre. Hugo rejette le pathos ; il a ainsi recours
à un double pour parler de ses propres souffrances, donnant ainsi l’impression de parler d’un
autre. Il évite d’exagérer son lyrisme personnel comme l’attestent ces vers : « Je ne regarderai
ni l’or du soir qui tombe/ Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur ». C’est une façon
pour le poète de rejeter un sentimentalisme facile. Hugo a ainsi compris la plus belle des
prérogatives du poète est d’émouvoir son lecteur.
La poésie de Hugo est d’un genre inattendu, qui s’adresse à l’oreille, qui éblouit les yeux.
Etranger aux travaux de la philosophie, il s’adresse à la famille et trouve dans cette donnée
austère et sainte, pleine de joies et d’angoisses, l’occasion d’émouvoir ou d’enchanter les
cœurs « délicats » et de contenter les intelligences les plus « sévères ».
Plus d’une fois, l’importance du rythme et de la rime s’efface devant l’importance de la
pensée. C’est un monde nouveau où les mots obéissent au lieu de commander, monde de
rêveries, de souvenirs, d’espérances, de regrets, un livre qui rappelle la belle parole de
Térence : « Je suis homme, et rien d’humain ne m’est étranger ».
Ce recueil de poèmes coïncide avec la période de maturité du poète. Celui-ci y maîtrise
parfaitement son art poétique, tant sur le plan formel que thématique. En effet, Victor
Hugo alterne les poèmes courts (« Demain dès l’aube... ») et les poèmes
longs comme « les Mages » ou « Ce que dit la bouche d’ombre », qui se déploient sur
vingt pages chacun ; il est aussi à l’aise dans le maniement du vers alexandrin que dans
des vers plus courts, comme l’octosyllabe ou l’heptasyllabe (« Je respire où tu palpites
»), et dans les divers types de poèmes.
Le vers célèbre « Car le Mot c’est le Verbe, et le Verbe c’est Dieu » pourrait servir
d’épigraphe à l’œuvre, constamment tendue vers un lyrisme hyperbolique qui incarne
la conception absolue que le poète se fait de son art. C’est aussi dans ce recueil que se
trouve le fameux « Réponse à un acte d’accusation », qui atteste du vent
révolutionnaire que Hugo a fait souffler sur la poésie classique, en la libérant des
multiples contraintes qui l’enserraient et qui constituaient une entrave pour
l’inspiration et la liberté de l’écrivain : « Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire
».
Dans Les Contemplations la place de la césure n’est plus fixe. Le poète laisse souvent
de côté le sonnet pour adopter la forme libre (« Le romantisme n’est …que le
libéralisme en littérature »). Cette liberté se retrouvera aussi dans le rythme et c’est
Hugo lui-même qui déclarera : « J’ai disloqué ce grand niais d’alexandrin / En
inaugurant le trimètre romantique.

CONCLUSION

Même si sa poésie est empreinte de l’épanchement lyrique, Victor Hugo se signale également
par une verve satirique qui l’amène à se pencher sur les grands maux de l’humanité. Il espère
qu’on peut combattre la misère, relever moralement et intellectuellement les hommes,
réconcilier les classes sociales et les peuples, préserver l’équité et la démocratie. Si l’auteur
des Contemplations est resté très populaire, c’est parce qu’il a traduit les espoirs et les valeurs
qui font vivre. Hugo ouvre le temps vers le futur dans le rythme prosaïque de son vers , dans
sa « poétique du continu, le continu du temps ». Hugo travaille pour l’avenir dans le clair-
obscur de son exil.

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