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Evang Etude 14

Le passage décrit la rencontre de Siméon avec l'enfant Jésus au temple, où il est poussé par l'Esprit Saint pour reconnaître le Messie. Siméon, décrit comme un homme juste et pieux, exprime sa joie d'avoir vu le salut promis par Dieu, qui est destiné à apporter lumière et gloire. Ce moment souligne l'importance de la foi et de l'attente des promesses divines, même face à l'apostasie générale de son temps.

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Evang Etude 14

Le passage décrit la rencontre de Siméon avec l'enfant Jésus au temple, où il est poussé par l'Esprit Saint pour reconnaître le Messie. Siméon, décrit comme un homme juste et pieux, exprime sa joie d'avoir vu le salut promis par Dieu, qui est destiné à apporter lumière et gloire. Ce moment souligne l'importance de la foi et de l'attente des promesses divines, même face à l'apostasie générale de son temps.

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Les quatre Evangiles par D.C.

14. TEMOIGNAGES DE SIMEON ET ANNE


(Lc. 2:25-38)

MATTHIEU, MARC LUC JEAN


2
25. Et voici, il y avait à Jérusalem un homme
appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il
attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint
était sur lui.
26. Il avait été divinement averti par le Saint-
Esprit qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu
Christ le Seigneur.
27. Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et,
comme les parents apportaient le petit enfant
Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait
la loi,
28. il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit :

Cette scène se déroule dans le temple de Jérusalem (v.27), quand Jésus enfant a été
“présenté à l'Eternel”. Mais il a déjà été “circoncis” à Bethléhem (à dix kilomètres de
là) à l'âge de huit jours, tandis que la “présentation” d'un mâle premier-né se faisait un
mois après la naissance (Lév. 12:2-4).
La “présentation” du premier-né avait lieu un mois après la naissance. Le rituel
de purification de Marie a eu lieu après 40 jours, soit environ 10 jours plus tard.
Le jour de la “présentation”, Joseph et Marie devaient donc se tenir dans un lieu
excentré du temple.

• Lc. 2:25 “Siméon … homme juste et pieux … attendait la consolation d'Israël …


l'Esprit Saint était sur lui” :
Le nom “Siméon” (gr. “Sumeon”) signifie : “Qui a été entendu” ou : “Entendant”. Ce
nom convient remarquablement à un homme que Dieu a averti !
Son âge n'est pas précisé, mais sa réaction (v. 29) fait supposer qu'il n'était plus jeune :
“Tu laisses ton serviteur s'en aller en paix”, à moins que Siméon parle de quitter une
fonction sacerdotale (s'il était Lévite, ce qui n'est pas écrit, le service s'achevait à l'âge de
50 ans). La parole de l'Esprit disant “qu'il ne mourrait point avant”, ne donne pas
d'indication probante sur ce point.

a) C'était un “homme juste et pieux” :


La même appréciation a été portée sur les parents de Jean-Baptiste :
Lc. 1:6 “Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière
irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur.”

“Etre juste” signifie ici s'efforcer de rendre aux hommes ce qui leur est dû selon la
seconde Table du Décalogue.
“Etre pieux” signifie ici s'efforcer de rendre à l'Eternel ce qui lui est dû selon la
première Table du Décalogue. Cela impliquait un culte privé ou public, droit et sincère
Contrairement à ce qui est parfois colporté, la Loi de Moïse n'accepte jamais un
culte froid, légaliste. La Loi rejette une lecture morte de la lettre. Elle exige un
engagement total du cœur. Elle exige l'amour parfait pour Dieu et pour autrui.
Les sacrifices expiatoires permettaient aux âmes qui s'examinaient selon les normes
divines, de se réfugier dans la miséricorde divine malgré leurs manquements.

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Les quatre Evangiles par D.C.

b) Cet homme “attendait la consolation d'Israël” :


Joseph d’Arimathée attendait lui aussi le royaume de Dieu (Mc. 15:43).
Tout croyant “attend” et parfois meurt, comme Abraham, sans voir de son vivant
l'accomplissement de la promesse.
Phil. 3:20-21 “Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons
aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, (21) qui transformera le corps de
notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir
qu’il a de s’assujettir toutes choses.”
2 P. 3:13 “Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle
terre, où la justice habitera.”
1 P. 1:10-11 “(10) Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous
était réservée, ont fait de ce salut l’objet de leurs recherches et de leurs
investigations, (11) voulant sonder l’époque et les circonstances marquées par
l’Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d’avance les souffrances de
Christ et la gloire dont elles seraient suivies”.

Les “bergers” prévenus près de Bethléhem de la naissance du Messie sont peut-être


morts avant d'avoir entendu parler de ses premières actions.

Un croyant stabilise son regard (ses pensées) sur les choses invisibles et n o n
mesurables : l'existence de Dieu, les désirs de Dieu, la Vie de résurrection, l'héritage
promis, la présence de l'Esprit de Jésus-Christ, plutôt que sur les choses visibles et
mesurables.
2 Cor. 4:17-18 “(17) Car nos légères afflictions du moment présent produisent
pour nous, au delà de toute mesure, (18) un poids éternel de gloire, parce que nous
regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les
choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.”
Tout dans le monde visible est soutenu par une intelligence invisible,
mais le monde se moque de cette puissance de vie pure.

c) “L'Esprit Saint était sur (gr. “epi”)” Siméon.


Ici, “l'Esprit Saint” désigne un ange de Dieu (et non pas une hypostase de Dieu !).
Marie et Joseph, la mère et le père du Messie, n'ont été avertis “que” par un ange ! Les
bergers ont été avertis par un ange.
Les anges de Dieu sont des esprits (des souffles) et ils sont saints.
2 P. 1:21 “Ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été
apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la
part de Dieu”.

L'exemple de Siméon révèle que déjà sous l'Ancienne Alliance, et même avant, l'Esprit
parlait aux âmes réceptives. C'est le Saint-Esprit qui agit dans les deux Alliances, mais,
depuis la Pentecôte, il peut demeurer dans les enfants de Dieu, faisant d'eux des temples
connectés les uns aux autres et à Jésus-Christ pour former un Corps vivant.

d) “La consolation (le "Paraclesis") d’Israël” était l'une des désignations du Messie :
Es. 40:1,9 “Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. ... - Monte sur une
haute montagne, Sion, pour publier la bonne nouvelle ; élève avec force ta voix,
Jérusalem, pour publier la bonne nouvelle ; élève ta voix, ne crains point, dis aux
villes de Juda : Voici votre Dieu !”

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Les quatre Evangiles par D.C.

Gal. 6:16 “Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur
l’Israël de Dieu !”

Le Messie est donc le Consolateur, celui qui, selon le sens du mot “Paraclet”, vient à la
fois consoler les nécessiteux et défendre leur cause. Jésus attribuera le titre de
“Consolateur” à l'Esprit qui, en son absence, vient en son Nom entourer les élus de sa
sollicitude.

• Lc. 2:26 “il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait point
avant d’avoir vu Christ le Seigneur” :
a) Non seulement Siméon attendait (v.25) “la consolation d’Israël” et il savait, par
une révélation divine, que cette “consolation” n'était rien de moins que “Christ le
Seigneur” ou plutôt : “le Christ, l'Oint du Seigneur, l'Oint de l'Eternel”.
En Israël, les rois, les sacrificateurs, les prophètes étaient “des oints” (“des christs”),
mais celui que Siméon attendait et qui était à quelques pas de lui, était L'OINT (LE
Christ), réunissant en lui toutes les “onctions” (les “chrima”).

b) Siméon a sans doute été “averti” par un songe ou par une vision, mais cela n'est pas
précisé explicitement.
Une vision permettait mieux que ne l'auraient fait quelques mots, de mémoriser
des détails permettant de reconnaître plus tard un enfant dans l'enceinte du
temple.

c) Dieu était donc toujours actif, malgré l’absence, depuis 400 ans, de ministère
prophétique exceptionnel.
Malgré l'apostasie générale qui avait débuté peu après le retour de la captivité
babylonienne), Dieu avait gardé, comme du temps d'Elie, quelques fidèles qui “ne
fléchissaient pas les genoux devant Baal” (1 Rois 19:18).
La Bible cite quelques-unes de ces âmes droites : Siméon, la prophétesse Anne,
Nicodème, Joseph d'Arimathée, la Samaritaine, les apôtres et plusieurs disciples, la
famille de Lazare, les bergers, etc.
Ce n'est pas Caïphe qui a été averti ! Dieu sait à qui ne pas donner ses perles.

Si cet Israélite, au bénéfice des sacrifices d'animaux, a été prévenu, alors même que
Jean-Baptiste n'était encore qu'un petit enfant, de l'imminence (mais pas de la date) de la
venue du Messie, pourquoi des chrétiens, au bénéfice du sacrifice de Golgotha et donc
“qui entendent”, ne seraient-ils pas de même avertis de l'imminence (mais pas de la date)
du retour de Christ ?
A la même époque, des faux prophètes et des exaltés ont proclamé eux aussi
l'imminence de cette venue, car Satan cherche toujours à mélanger sa semence à
celle de l'Esprit.
Au milieu de cette confusion, Siméon devait passer pour un doux rêveur ! Lui
aussi a été testé.

• Lc. 2:27 “il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le
petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi” :
a) Siméon avait été “averti”, mais maintenant il est “poussé”.
Il n'est pas prophète, sinon Luc l'aurait signalé comme il le fait pour Anne (v.36). Mais
l'Esprit peut se manifester occasionnellement en prophétie dans un croyant selon la

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Les quatre Evangiles par D.C.

souveraineté de Dieu (en particulier sous la Nouvelle Alliance, 1 Cor. 14:39).

En cet instant, Siméon était-il conscient de cette action surnaturelle ? Ou bien l'Esprit le
dirigeait-il à son insu par une pulsion intérieure qu'il n'avait pas le temps d'analyser, vers
le parvis du temple où plusieurs jeunes mères se tenaient ?
Il est probable que Siméon était Lévite, mais, même encore en âge d'exercer son
activité, il n'était pas en fonction au moment de l'arrivée de Marie, puisqu'il n'est
“venu” au temple que parce qu'il y était “poussé”.

b) Cet épisode est une démonstration de puissance divine : Dieu a préparé cet homme,
puis a conduit ses pas à la rencontre du nourrisson à l’instant précis et à l'endroit
précis où les parents arrivaient pour présenter l'enfant. Dieu contrôle tout avec précision.

c) Au centre de toute cette scène, il y a “le petit enfant Jésus”. Ses parents sont venus
“pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi”, c'est-à-dire le présenter à l'Eternel
en tant que premier-né mâle (cf. étude précédente).

La gloire de Dieu était à la fois exposée et cachée dans son temple de pierres et dans un
Temple de chair !
C'était le début de l'accomplissement de la promesse faite par l'Eternel aux rescapés de
Babylone attristés par le peu d'apparence du temple qu'ils viennent de rebâtir :
Aggée 2:7-9 “(7) J’ébranlerai toutes les nations ; les trésors de toutes les nations
viendront, et je remplirai de gloire cette maison, dit l’Eternel des armées. (8)
L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Eternel des armées (9) La gloire de cette
dernière maison sera plus grande que celle de la première”.
• “L'enfant Jésus” est lui aussi un temple de peu d'apparence, mais la Nuée
va le remplir.
• En Jésus il y a toute la Justice (“l'argent”) et toute la Gloire (“l'or”) du
Trône.

• Lc. 2:28 “il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit…” :
a) Siméon ne prend pas l'enfant, il le “reçoit”, ce qui semble être un geste sacerdotal.
Que Siméon soit en activité ou non, les Lévites sacrificateurs présents l'ont laissé faire.
L’Esprit Saint qui l'avait “averti” puis “poussé”, l'a dirigé avec précision vers le groupe
formé par Marie, Joseph et l'enfant. Il revoit peut-être devant lui la scène qui lui avait été
montrée en vision ou en songe.

b) Joseph n’a pas le temps de raconter à Siméon ce qui s'était passé autour de la
naissance de Jésus, car l’Esprit poursuit son travail. Non seulement l'Esprit a poussé
Siméon à quitter, à l'instant voulu, le lieu où il se tenait, puis a conduit ses pas au bon
endroit, puis a dirigé son regard dans la bonne direction, puis lui a permis de reconnaître
en ce nourrisson le “salut” (v.30) qu'il attendait, mais en outre il lui fait proclamer à
haute voix un message étonnant (v. 30 à 35).

c) Siméon ne peut s'empêcher de “bénir Dieu”. On ne peut pas imaginer l'émotion


violente qui a envahi Siméon en cet instant :
• Elle était préparée par une révélation initiale méditée par une âme passionnée
malgré son âge,
• Elle est électrisée par une confirmation nécessairement bouleversante.

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Les quatre Evangiles par D.C.

MATTHIEU, MARC LUC JEAN


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29. Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur
s’en aller en paix, selon ta parole.
30. Car mes yeux ont vu ton salut,
31. salut que tu as préparé devant tous les peuples,
32. lumière pour éclairer les nations, et gloire
d’Israël, ton peuple.
33. Son père et sa mère étaient dans l’admiration
des choses qu’on disait de lui.
34. Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère :
Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et
le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir
un signe qui provoquera la contradiction,
35. et à toi-même une épée te transpercera l’âme,
afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient
dévoilées.

• Lc. 2:29 “maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta
parole” :
Siméon envisage désormais le futur, y compris la mort, avec une pleine lucidité et
cependant sans peur et sans regret, et avec une pleine satisfaction.
Comme Job (Jb. 19:25), Siméon sait, avec une certitude accrue, que son Rédempteur
est vivant et lui est favorable.
• Les chrétiens nés de l'Esprit et donc nés d'une révélation, devraient avoir la
même assurance.
• L'homme naturel se réjouit des plaisirs dont il peut profiter à sa guise avant de
mourir, et l'idée de sa mort l'afflige, et le pousse à se gaver dans un ultime sursaut de
convoitise. A l'inverse, l'homme régénéré se réjouit à la pensée de rencontrer après
sa mort celui qu'il n'a jamais vu et qui est la Vie et la Beauté, et les plaisirs de la
terre sans Dieu ont perdu leur attrait.
• L'espérance de Siméon va pouvoir se nourrir de “la parole” révélée conforme
aux Ecritures, et confirmée en cet instant.

• Lc. 2:30 “car mes yeux ont vu ton salut” :


a) Siméon a “vu” le salut divin dans un nourrisson, ce qui signifiait que ce dernier était
le Sauveur. A l'inverse, les pharisiens ne verront rien, même en présence des miracles,
et malgré les indications de Jean-Baptiste ! Pire encore, ils verront dans les miracles
l'action de Béelzébul. Même le futur apôtre Philippe et ses compagnons mettront du
temps avant de “voir” :
Jn. 14:8-9 “(8) Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous
suffit. (9) Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas
connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu: Montre-nous le
Père ?”
Pour “voir” le “salut” dans un bébé impuissant, il fallait que l'œil intérieur
de Siméon puisse “voir” l'Eternel. Sa vie en a été bouleversée pour toujours.

b) Selon Siméon, “voir le salut”, alors que celui-ci commence tout juste à se manifester
sous une forme insignifiante, c'était plus important que n'importe quoi d'autre sur terre.
Cette aspiration pure n’est pas le choix de la majorité des hommes.

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Les quatre Evangiles par D.C.

Le patriarche Israël âgé a ressenti une même émotion spirituelle en revoyant Joseph.
Cette émotion dépassait sa joie paternelle de revoir un fils qu'il croyait mort.
Gen. 46:30 “Israël dit à Joseph (une préfiguration de Jésus, et le détenteur du
droit d'aînesse) : Que je meure maintenant, puisque j’ai vu ton visage et que tu vis
encore !”

c) Siméon a “vu” : il a reçu et accepté une révélation sans laquelle il n’y a pas de
communication de Vie. Il n’y a de paix que pour celui qui a vu “le salut” sous une
forme décidée par Dieu.
Ps. 119:166 “J’espère en ton salut, ô Eternel ! Et je pratique tes
commandements.”
Jn. 12:21 “... Seigneur, nous voudrions voir Jésus.”
Tite 2:11-14 “(11) La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été
manifestée. (12) Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises
mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété,
(13) en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire du
grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, (14) qui s’est donné lui-même pour
nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui
appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres.”

d) Le “salut” biblique peut être analysé sous de nombreux angles : sa nécessité, sa


source, son processus, ses conséquences, etc. C'est une chose d'en parler, c'est autre chose
d'en hériter.

Le “salut” est la délivrance d'un danger et la mise en lieu sûr.


C'est l'affranchissement de la dictature du Mal et de la Mort, et le transfert définitif dans
la sphère du Bien et de la Vie.

Selon la révélation biblique, l'homme ne peut se sauver lui-même, et a besoin d'un


Sauveur. Quand Siméon déclare avoir vu “le salut”, il témoigne avoir vu le Sauveur.
Le “salut” biblique arrache l'homme à la souillure, au rejet irrévocable par Dieu. C'est
plus qu'un simple pardon qui ne peut transformer l'âme. C'est plus qu'une restauration
de ce qui a été perdu par Adam. C'est une métamorphose, un changement de nature, une
transplantation dans les attributs du Souffle de Dieu.
• Non seulement le fils prodigue a retrouvé les bras de son père, mais il a reçu des
vêtements d'honneur qu'il n'avait jamais portés jusqu'alors.
• L'esclavage de la déchéance et de la corruption, fait place à une dépendance de
filiation.
• La culpabilité et la condamnation font place à la pureté et à la félicité.
• Le “salut” ne fait pas seulement sortir d'une prison (celle d'Egypte, celle de
Babylone, celle de la souillure d'Eden), mais il fait aussi entrer dans le Palais du
Roi (la Terre Promise, Jérusalem, la Montagne céleste de Sion).

e) La Bible emploie un vocabulaire spécifique et varié pour exposer ces réalités.


• La rédemption est le transfert de l'âme, moyennant un prix (la mort de Jésus-
Christ), qui enlève le droit de domination du Mal sur l'âme et le corps de l'homme,
et place ces derniers sous la souveraineté du Bien absolu.
• La justification rend l'homme juste aux yeux de Dieu, c'est-à-dire en harmonie
avec les normes de Dieu. Elle délivre de la culpabilité et de la condamnation, et

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Les quatre Evangiles par D.C.

donne le droit de se tenir devant Dieu sans honte (Lc. 7:50; 1 Cor. 1:18 ; 2 Cor.
2:15 ; Eph. 2:5-8 ; 2 Tim. 1:9).
• Le salut s'accompagne sur terre de la sanctification qui est à la fois un état de
mise à part (l'épouse s'est engagée par ses vœux) et une dynamique (l'épouse se
prépare, se nettoie et s'embellit avec les bijoux offerts par l'Epoux, pour honorer
l'Epoux au jour du mariage) (Rom. 6:14 ; 8:2 ; 2 Cor. 3:18 ; Gal. 2:19-20 ; Phil. 1:19
; 2:12-13 ; 2 Thes. 2:13),
• Le salut conduit à un état final de gloire par la position, la beauté, les aptitudes,
les attributs (Rom. 8:18-23 ; 13:11 ; 1 Cor. 15:42-44 ; Héb. 10:36 ; 1 P. 1:5 ; 1 Jean
3:2). Tout vient de l'Epoux.

f) Fondamentalement, le “salut” est une manifestation de l'Amour, de la Sagesse et de


la Puissance de Dieu. Le “salut” est inscrit dans le Plan de Dieu, de même que la chute
qui l'a rendu nécessaire pour tout homme, et de même que les épreuves qui précèdent la
gloire finale des enfants de Dieu pré-connus dès avant la fondation du monde.

Le “salut” est invariablement offert par grâce (c'est un don de Dieu), par le moyen de la
foi, c'est-à-dire par l'adhésion à la manifestation du Verbe divin confirmé,
indépendamment de toute œuvre méritoire (Rom. 3:27-28; 4:1-8; 6:23; Eph. 2:8-10; Tite
3:5-8).

• Lc. 2:31-32a “… salut préparé devant tous les peuples … lumière pour éclairer les
nations” :
a) Il était impossible qu'un Israélite puisse annoncer un tel salut universel sans être
inspiré par l’Esprit prophétique.

b) Dès la chute d'Adam, cet universalisme du salut est annoncé, puisque c'est toute
l'humanité qui est au bénéfice, si elle le veut, du manteau de peau ensanglantée (celle
d'un être vivant innocent mis à mort) pourvu par l'Eternel pour couvrir et protéger Adam
et Eve (Gen. 3:21). L’AT a répété cet enseignement par des faits préfiguratifs et des
paroles prophétiques
Parmi ces faits préfigurant de l'universalisme du plan de Dieu, citons :
La variété des peuples potentiellement présents dans l'arche de Noé.
La prophétie de Noé annonçant que Japhet demeurerait dans les tentes de Sem
(Gen. 9:27).
Joseph, type du Christ, épousant une Egyptienne.
Boaz épousant Ruth la Moabite, etc.

Mais le rôle que devait jouer Israël dans le plan de Dieu pour atteindre cet objectif ne
pouvait pas être compris avant l'heure. Israël a oscillé entre un prosélytisme par les
armes (par exemple lors de la conversion forcée de l'Idumée), et l'indifférence
méprisante.
Le prosélytisme au temps de Jésus se limitait à ramener à Moïse les Juifs séduits
par l'hellénisme et Rome dans les pays de la diaspora. Les païens attirés par les
prophètes d'Israël, même s'ils étaient accueillis avec bienveillance, étaient
considérés comme des croyants de seconde zone (surtout s'ils ne se faisaient pas
circoncire).
Les églises chrétiennes n'ont pas toujours fait mieux.

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Les quatre Evangiles par D.C.

c) Les paroles de Siméon rappellent la promesse universaliste faite à Abraham et


devant s'accomplir par sa postérité. C'est cet enfant emmailloté qui est la postérité, la
semence promise autrefois à Eve :
Gen. 22:18 “Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce
que tu (Abraham) as obéi à ma voix.”

La mention de la “lumière qui éclaire les Nations” est une référence à diverses paroles
d'Esaïe :
Ps. 98:2-3 “(2) L’Eternel a manifesté son salut, il a révélé sa justice aux yeux des
nations. (3) Il s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël,
toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu.”
Es. 42:6-7 “(6) Moi, l’Eternel, je t’ai appelé pour le salut, et je te prendrai par la
main, je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, pour être
la lumière des nations, (7) pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de
prison le captif, et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.” (= Act.
13:47)
Es. 49:6-7 “(6) Et l’Eternel dit : C’est peu que tu sois mon serviteur pour relever
les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël : je t’établis pour être la
lumière des nations, pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre. (7)
Ainsi parle l’Eternel, le rédempteur, le Saint d’Israël, à celui qu’on méprise, qui est
en horreur au peuple, à l’esclave des puissants : des rois le verront, et ils se
lèveront, des princes, et ils se prosterneront, à cause de l’Eternel, qui est fidèle, du
Saint d’Israël, qui t’a choisi.”

d) Les prophètes de l'AT ont annoncé la même nouvelle :


Mic. 4:1-2 “(1) Il arrivera, dans la suite des temps, que la montagne de la maison
de l’Eternel sera fondée sur le sommet des montagnes, qu’elle s’élèvera par-dessus
les collines, et que les peuples y afflueront. (2) Des nations s’y rendront en foule, et
diront : Venez, et montons à la montagne de l’Eternel, à la maison du Dieu de
Jacob, afin qu’il nous enseigne ses voies, et que nous marchions dans ses sentiers.
Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l’Eternel.”

Les apôtres ont été plus lents que Siméon à admettre cette universalité du salut : cf. les
hésitations de Pierre (Act. 10), et les reproches adressés à Pierre par les circoncis (Act.
11:2-3).
Luc, compagnon de Paul (le champion de cet universalisme), a dû éprouver de la joie à
relever ce témoignage ancien de Siméon.

e) Les enseignements et l'œuvre de Jésus-Christ ont été “la Lumière” dont la puissance
a fait fuir les ténèbres couvrant les Nations :
Jn. 8:12 “Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans
les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.”
Act. 26:17-18 “(17) Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens,
vers qui je t’envoie, (18) afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des
ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par
la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés.”
Ac. 28:28 “Sachez donc que le salut de Dieu a été envoyé aux païens, et qu’ils
l’écouteront.”
Rom. 1:16 “Car je n’ai point honte de l’Evangile : c’est une puissance de Dieu

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Les quatre Evangiles par D.C.

pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec.”

• Lc. 2:32b “… et gloire d’Israël, ton peuple” :


a) Le salut vient des Juifs (Jn. 4:22). Le Sauveur vient de Noé, de Sem, d'Abraham et
enfin d'Israël.
Ps. 98:2-3 “(2) L’Eternel a manifesté son salut, il a révélé sa justice aux yeux des
nations. (3) Il s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël,
toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu.”
Es. 9:1 “Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière ; sur
ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort une lumière resplendit.”
Mat. 15-16 “(15) Le peuple de Zabulon et de Nephtali, de la contrée voisine de la
mer, du pays au-delà du Jourdain, et de la vallée des Gentils, (16) ce peuple, assis
dans les ténèbres, a vu une grande lumière ; et sur ceux qui étaient assis dans la
région et l’ombre de la mort la lumière s’est levée.” (cf. Es. 8:23 à 9:1).
Es. 52:9-10 “(9) Eclatez ensemble en cris de joie, ruines de Jérusalem ! Car
l’Eternel console son peuple, il rachète Jérusalem. (10) L’Eternel découvre le bras
de sa sainteté, aux yeux de toutes les nations ; et toutes les extrémités de la terre
verront le salut de notre Dieu.”
Es. 60:3 “Des nations marchent à ta (Jérusalem) lumière, et des rois à la clarté de
tes rayons.”

b) La “gloire d'Israël”, c'est :


• l'Eternel lui-même, sa Présence et ses manifestations,
• d'avoir été choisi comme prémices de l'humanité sauvée,
• d'avoir été choisi pour exercer un ministère d'enfantement du Messie pour la
délivrance des autres peuples.

C'est l'Eternel qui est le “salut”. Siméon a vu cela sous le voile de la chair d'un enfant
qui ne sait pas encore parler. Pour Siméon, cet enfant est déjà une Voix.

c) Si le Verbe sauveur est la “gloire d'Israël”, il est donc la “gloire”, l'honneur, la fierté
de la Montagne vivante de Sion formée de toutes les pierres vivantes qui reçoivent le
Verbe. Il est la “gloire” de l'Epouse, de la Jérusalem céleste décrite en allégories dans
l'Apocalypse.
Es. 60:18-19 “On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de ravage
et de ruine dans ton territoire ; tu donneras à tes murs le nom de salut, et à tes
portes celui de gloire. - Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le
jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Eternel sera ta lumière à
toujours, ton Dieu sera ta gloire”.
Soph. 3:15 “... Le roi d’Israël, l’Eternel, est au milieu de toi ; tu n’as plus de
malheur à éprouver”.

• Lc. 2:33 “son père et sa mère étaient dans l'admiration” :


Le témoignage rendu par Siméon remplit les deux parents d'un étonnement émerveillé
qui ravive le souvenir des témoignages antérieurs : celui rendu par Gabriel à Marie, celui
rendu sous onction par Elisabeth enceinte de Jean, celui rendu par Marie (dans sa
réponse ointe à Elisabeth), celui rendu par Gabriel à Zacharie dans le temple, celui émis
par Zacharie lors de la circoncision de Jean, celui reçu en songe par Joseph; celui rendu
par les bergers.

9
Les quatre Evangiles par D.C.

Bientôt vont s'ajouter le témoignage d'Anne, puis celui des notables pieux (les
“mages”) venus d'Orient.
Cela fait au total dix témoignages avant même que Jésus soit sevré. Ils ont été
prononcés par neuf bouches différentes (“neuf” est le chiffre de la gestation, celui
d'une nouvelle ère).

• Lc. 2:34 “Siméon les bénit, et dit à Marie, sa mère …” :


Siméon s'interrompt pour “bénir” l'enfant et ses parents. Cela donne force à l'hypothèse
selon laquelle Siméon était Lévite, et qu'en cet instant il a procédé au rituel de l'élévation,
exigée par la Loi, relative à la présentation du “premier-né”.

C'est alors qu'une nouvelle prophétie est énoncée en deux parties : l'une qui implique
Israël (v.34), l'autre qui implique Marie personnellement (v.35). Si une parole concernant
Joseph a été prononcée, elle n'est pas rapportée.

• Lc. 2:34 “… voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de
plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction” :
a) “Israël” (= "prince de Dieu" ou "vainqueur de Dieu") est le nom de gloire qui a
remplacé celui de Jacob (= "trompeur"). C'est celui d'un peuple détenteur de la promesse
faite à Abraham, qui fait suite à celle énoncée dans le Jardin d'Eden. A un tel nom sont
attachées des responsabilités à la hauteur de l'honneur reçu,

b) En Israël cet enfant va provoquer un séisme spirituel autour de sa personne. C'est


dire que son ministère sera de portée nationale : tous ceux (“plusieurs”) qui se réclament
de l'Eternel seront concernés.
Mt. 20:16 “Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les
derniers.”

Les paroles très concises de Siméon laissent néanmoins clairement entendre qu'il y aura
parmi le peuple se réclamant de l'Eternel et de Moïse, des surprises. C'est ce que les récits
des Evangiles confirment.
• Il y aura “chute” pour des religieux qui refuseront par orgueil ou convoitise la
Parole confirmée manifestée en leur heure.
• Il y aura “relèvement” pour tous les infirmes de l'âme qui se jugeront eux-
mêmes à la lumière de cette même Parole de l'heure.

c) Cet avertissement est encore en vigueur pour tous ceux qui se réclament des
Evangiles et du nom de Jésus.
Le même Rocher détaché de la Montagne du Trône deviendra un refuge pour les uns,
mais écrasera les autres (cf. Dan. 2:34).
Es. 8:13-15 “(13) C’est l’Eternel des armées que vous devez sanctifier, c’est lui
que vous devez craindre et redouter. (14) Et il sera un sanctuaire, mais aussi une
pierre d’achoppement, un rocher de scandale pour les deux maisons d’Israël, un
filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. (15) Plusieurs trébucheront; ils
tomberont et se briseront, ils seront enlacés et pris.”
Es. 28:16 “C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, j’ai mis pour
fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix,
solidement posée ; celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir.”

10
Les quatre Evangiles par D.C.

Ps. 118:22 “La pierre qu’on rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale
de l’angle.” (cf. 1 P. 2:7).
Mat. 21:44 “Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle
tombera sera écrasé.” (cf. Es. 8:15 précité ; Dan. 2:34).
Rom. 9:31-33 “(31) Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est pas parvenu à
cette loi. (32) Pourquoi ? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme
provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d’achoppement, (33)
selon qu’il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher
de scandale, et celui qui croit en lui ne sera point confus.”
1 Cor. 1:23 “Nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour
les païens.”
1 P. 2:7-8 “(7) La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la
principale de l’angle, et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale ; (8)
ils s’y heurtent pour n’avoir pas cru à la parole, et c’est à cela qu’ils sont
destinés.” (cf. Ps. 118:22).

d) La personne, le ministère et l'enseignement de Jésus seront un “signe” et un


“signal” venus de Dieu.
Un “signal” a pour but d'attirer l'attention et de devenir un point de ralliement comme
le fait sur un champ de bataille une bannière qui ne peut être confondue avec un chiffon.
Un “signe”, inséparable du signal, a une signification, il est un message pour la
libération du pays malade. Cet “enfant-signe” indiquera le Remède aux malades et sera
lui-même le Remède. Il offrira la Vie aux morts et sera la Vie, il montrera le Chemin aux
égarés et sera le Chemin.

e) Ce “signe”, est la manifestation de l'Esprit de Christ déjà à l'œuvre du temps de Moïse


et qui suivait les Hébreux,
Il déclenche toujours une guerre (la “contradiction”). Le dragon est toujours tapi près
de la Femme (l'Assemblée de ceux qui reçoivent la semence, aussi bien dans l'AT que
dans le NT).
A chaque fois que cette Femme enfante de l'Esprit porteur de la Parole-Semence, le
Dragon veut toujours dévorer l'enfant né de la révélation, les héritiers. Le Serpent ancien
était tapi près d'Eve. Il sait qu'il doit être écrasé sous les pieds de l'Héritier, et sous les
pieds de ceux qui hériteront (Rom. 16:20).
Abel était haï par Caïn. Jacob était haï par Esaü, David par Saül, Moïse par
Balaam, Elie par Jézabel, Luther par Rome, les anabaptistes ont été haïs par les
luthériens, Servet a été haï par les calvinistes, etc.

f) Le monde des ténèbres détecte immédiatement ce “signe” de Lumière, et il mobilise


ses esclaves humains. Il y a alors “conflit, contradiction”.
Quelques semaines après les paroles de Siméon, Hérode sera l'esclave qui fera
massacrer des enfants à Bethléhem.
Plus tard, il trouvera d'autres esclaves pour semer l'ivraie (il a su utiliser Koré,
Balaam, Delila, Sédécias fils de Kenaana, Caïphe, etc.).

g) Dieu dictera à Jésus la manière d'agir, la manière de parler de telle sorte que les
élus connus d'avance seront attirés, et que les rebelles, connus d'avance eux aussi,
s'éloignent d'eux-mêmes. C'est ainsi que Dieu fait apparaître ce qui échappe au regard,
“les pensées” les plus insondables qui sont le vrai moteur des âmes (“des cœurs”) :

11
Les quatre Evangiles par D.C.

Jn. 3:19 “Le jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les
hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient
mauvaises.”
Mt. 13:10-12 “(10) Les disciples s'approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur
parles-tu en paraboles ? (11) Jésus leur répondit : Parce qu'il vous a été donné de
connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné.
(12) Car on donnera à celui qui a (l'amour de la vérité), et il sera dans
l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.”
Qui avait vu le serpent caché en Caïphe, et le lumignon caché dans la
Samaritaine ?
Les paroles de Jésus attireront irrésistiblement les uns, et scandaliseront les
autres.

h) A cause de cette “contradiction” (de cette opposition) permise et prévue par Dieu, la
promesse est toujours accompagnée d’une mise à l’épreuve.
Jn. 1:11 “Elle (la Lumière) est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas
reçue.”
Jean 3:20 “Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dévoilées.”
Act. 28:22 “... cette secte rencontre partout de l’opposition.”
Héb. 12:3 “Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle
opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme
découragée”.
1 Jn. 2:19 “Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ;
car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé
afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres.”

• Lc. 2:35 “à toi-même une épée te transpercera l’âme” :


a) Ces mots sont une parenthèse soudaine dans le discours de Siméon. Cette terrible
prédiction adressée abruptement à Marie (= “Amertume”), s'inscrit dans le cadre de la
“contradiction”, de la guerre qui va faire rage. Marie, à la fois mère et disciple, sera, dès
cet instant, à cause de son témoignage exceptionnel, un enjeu majeur de cette guerre.
Elle sera tentée de protéger maladroitement son fils contre les calomnies du
voisinage.
Elle discernera les nuages annonciateurs de l'orage.
Elle connaîtra à Golgotha le désespoir atroce d'une mère ne pouvant secourir son
fils subissant sous ses yeux l'un des supplices les plus cruels imaginés par les
hommes (Jn. 19:25).

b) Comment Marie pouvait-elle concilier les promesses de l’ange Gabriel (Luc 1:30
“tu as trouvé grâce devant Dieu”), celles d'Elisabeth (Lc. 1:42 “tu es bénie entre les
femmes”) avec cet avertissement de Siméon ?
1 P. 1:11 “... l’Esprit de Christ qui était en eux (les prophètes), et qui attestait
d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies”.

• Lc. 2:35 “... afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées” :
Ces mots sont reliés par un lien de causalité (“afin que”) au verset 34 :“Voici, cet enfant
est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe
qui provoquera la contradiction.”

12
Les quatre Evangiles par D.C.

La prédication de l'Evangile, comme toute manifestation du Verbe de Dieu, est un


révélateur des “pensées” profondes de l'âme, celles qui révèlent la nature exacte de
l'individu.
La prédication de l'Evangile est un instrument divin de tri de ceux à qui il est adressé.
Les hommes seront jugés par leur réaction aux paroles de Jésus.
Elle débusque les laideurs maquillées et délivre les beautés défigurées.

Le discours inspiré de Siméon résume tout le plan du salut en Jésus-Christ.

MATTHIEU, MARC LUC JEAN


2
36. Il y avait une prophétesse, Anne, fille de
Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée
en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari
depuis sa virginité.
37. Restée veuve, et âgée de quatre-vingt quatre
ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait
Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière.
38. Etant survenue, elle aussi, à cette même heure,
elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux
qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

• Lc. 2:36 “… Anne fille de Phanuel, de la tribu d’Aser …” :


a) Le nom “Anne” (gr. "Anna") signifie “Grâce, faveur”.
Le nom “Phanuel” est une autre forme de l'hébreu “Pénuel” (“Face de Dieu”).
La “tribu d’Aser” (=“Heureux”.) est issue du huitième fils de Jacob, le second de Zilpa
(servante de Léa). Jacob, puis Moïse, ont prophétisé sur cette tribu (Gen. 49:20, Deut.
33:24-25).
C’était l’une des dix tribus du royaume schismatique du Nord, mais tous n’étaient pas
partis en captivité, et beaucoup en étaient revenus.

b) Cette femme savait quelle était sa tribu. Paul savait de même qu’il était Benjamite,
Rom. 11:1). Les exilés revenus de Babylone devaient savoir et prouver à quelle tribu ils
appartenaient.
Il est de même important pour un chrétien de savoir qu'il est né de l'Esprit de Christ, que
son Sang est en eux, et d'en avoir la preuve malgré les faux-pas..

• Lc. 2:36 “une prophétesse …” :


a) Dans l’AT Myriam (Ex. 15:20-21 ; Nb. 12:2 ; Mich. 6:4), Débora (Jug. 4:4), Houlda
(2 R. 22:11-20) étaient elles aussi “prophétesses”. Le NT cite les 4 filles de l’évangéliste
Philippe (Act. 21:9). Pierre a rappelé une promesse de Joël :
Joël 2:28 “Après cela, je répandrai mon esprit sur toute chair ; vos fils et vos
filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes, et vos jeunes gens auront des
visions.” (cf. Act. 2:18).

b) Un “prophète” de Dieu est celui ou celle qui parle de la part de Dieu, quand Dieu le
lui dit. Quand il est sous cette Onction, il est un point de contact entre la sphère naturelle
des hommes et la sphère divine.
Une parole venant de Dieu vaut plus que tous les trésors pour celui qui la reçoit comme
telle. Dans la Bible, l'une des expressions les plus extraordinaires est : “Dieu dit à untel
…”.

13
Les quatre Evangiles par D.C.

En hébreu un “prophète” est appelé “nabi”, c'est-à-dire “celui qui annonce” les vérités
(pas nécessairement des prédictions) que Dieu lui communique et qu'il doit faire
connaître :
Amos 3:7 “Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à
ses serviteurs les prophètes.”

Très souvent, le message des prophètes d'Israël comprenait deux volets : une promesse de
délivrance et de gloire pour les cœurs droits, mais un avertissement et une menace contre
les rebelles : c'était le cas pour Siméon, et ce sera le cas pour Jean-Baptiste et Jésus.

c) Si ce titre fonctionnel est accordé à Anne, c'est que tous témoignaient de la


manifestation répétée et testée de cette onction divine en elle.
Les prophéties bibliques répondent à des besoins reconnus comme tels par Dieu, et non
pour satisfaire leur curiosité.

Cette communication peut se faire par une vision (à l'état de veille), par un songe
(durant le sommeil), par une voix externe audible, par une voix intérieure. Le
“prophète” ou la “prophétesse” sait reconnaître sans erreur la source du message.
Le phénomène des visions est si caractéristique des prophètes, que ces derniers
étaient appelés des “voyants” dans l'AT (1 Sam. 9:9, 2 R. 17:13) comme ce fut le
cas pour Samuel, Gad, Hanani (2 Sam. 9:18, 2 Sam. 24:11, 2 Chr. 16:7).

d) Le ministère de prophète (ne pas confondre avec les divers dons occasionnels de
prophétie) est reconnu par l'Assemblée quand des faits ont permis de vérifier la nature de
sa source et l'absence d'erreur. C'est alors l'un des cinq ministères d'autorité énumérés par
Paul :
Eph. 4:11-12 “(11) Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme
prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
(12) pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de
l'édification du corps de Christ, …”

Les dons de prophétie font partie des neuf dons manifestés épisodiquement cités par
Paul :
1 Cor. 12:7-10 “(7) Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour
l'utilité commune. (8) En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ;
à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; (9) à un autre, la
foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; (10)
à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le
discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre,
l'interprétation des langues.”
Le ministère ne doit pas être confondu avec l’expression ponctuelle d’une
parole prophétique (comme dans le cas de Siméon).
Quand le don est manifesté épisodiquement, ce qui est énoncé doit à chaque
fois être contrôlé (1 Cor. 14:29).

e) Aucune Ecriture n'accrédite l'idée que le ministère de “prophète” ou de


“prophétesse” a disparu avec la Nouvelle Alliance. La rareté de ce ministère a pu faire
croire le contraire. Il faut noter que, dans une assemblée chrétienne locale (la cellule de
base du Corps), seul un “prophète” mâle partage l'autorité visible avec les autres

14
Les quatre Evangiles par D.C.

anciens de l'église, même quand il n'exerce pas son don.

Une “prophétesse”, même très confirmée, joue certes un rôle extrêmement précieux
dans l'Assemblée et bien au-delà, mais elle ne peut exercer l'autorité du collège des
anciens. Cependant, ses prophéties, dont peut dépendre le sort d'un individu ou d'un
peuple, sont à respecter comme inspirées par Dieu.
Paul a rappelé avec vigueur ces limitations, et avec des justifications qui sont
indépendantes des modes et des humeurs.
1 Tim. 2:11è13 “(11) Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une
entière soumission. (12) Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre
de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. (13) Car Adam
a été formé le premier, Eve ensuite ; (15) et ce n’est pas Adam qui a été séduit,
c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. (16) Elle sera
néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi,
dans la charité, et dans la sainteté.”

f) Voir note annexe sur le cas de Débora, une héroïne de l'AT, à la fois juge et
prophétesse dans l'Assemblée d'Israël.

• Lc. 2:36-37a “elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu 7 ans avec son mari
depuis sa virginité … restée veuve, et âgée de 84 ans” :
a) Luc a jugé utile de consigner ces détails sur l'état civil de cette femme (son grand âge
et son état de veuvage). Il n'est pas précisé si elle avait eu des enfants ou non.
Selon certains, le texte signifie qu'elle était veuve “depuis” l'âge de 84 ans, et elle avait
donc 91 ans lors de cette scène.
Sinon, même en considérant qu'elle ait été mariée à l'âge de 12 ans (l'âge minimum
pour le mariage), qu'elle ait vécu avec son mari pendant 7 ans, et après un veuvage
de 84 ans, elle avait 103 ans au minimum quand elle est venue vers l'enfant Jésus.

b) Ces versets sont marqués par le chiffre “7” :


Cette femme a été mariée “7” ans avant de perdre son époux.
“84” est un multiple de “7” (84 = 7 x 12).
Le nombre “84” présente une autre particularité : il est le total des “7” premiers
nombres triangulaires :
84 = 1 + (1 + 2) + (1 + 2 + 3) + (1 + 2 + 3 + 4) + (1 + 2 + 3 + 4 + 5) + etc. = 1 + 3
+ 6 + 10 + 15 + 21.
Le chiffre “7” a une valeur temporelle et indique la durée d'un cycle complet. Israël,
à la fin du cycle, est sur le point de perdre son Epoux à l'heure où il lui annonce la
“délivrance de Jérusalem” (v.38).

• Lc. 2:37b “elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne
et dans la prière” :
a) Après des informations détaillées sur l'état civil d'Anne, Luc décrit sa stature
spirituelle.
Anne est la preuve que la qualité de la vie spirituelle ne s'atténue pas nécessairement
avec l'âge.
Son état physique ne lui permettait peut-être plus de courir pour servir, mais, même si
elle devait rester souvent assise, Dieu l'aimait et pouvait l'utiliser et l'honorer dans un
ministère précieux.

15
Les quatre Evangiles par D.C.

Son âge et son passé sans doute douloureux, la protégeaient des convoitises du monde,
de l'orgueil de la vie.
Elle savait comment utiliser le temps dont elle disposait, même celui des insomnies,
pour “servir Dieu”.

b) Luc semble vouloir souligner la solitude sociale de cette femme. Pourquoi ne s'est
–elle pas remariée ? Ne l'a-t-elle pas pu, ou pas voulu ? Quoi qu'il en soit, cette femme
avait appris, sans doute progressivement, à trouver son bonheur au service exclusif du
Seigneur.
1 P. 4:7 “La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sages et sobres, pour
vaquer à la prière.”
1 Cor. 7:32-33 “(32) Or, je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui
n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au
Seigneur ; (33) et celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, des moyens
de plaire à sa femme.”

c) Ni Luc, ni la Bible, ne cherchent à encourager un ascétisme artificiel qui a fait


beaucoup de dégâts dans les églises, et qui est l'une des marques de toutes les religions
proposant un cheminement par des œuvres ou une ascèse méritoires.
Col. 2:20-23 “(21) Si vous êtes morts avec Christ aux rudiments du monde,
pourquoi, comme si vous viviez dans le monde, vous impose-t-on ces préceptes :
(21) Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas ! (22) préceptes qui tous
deviennent pernicieux par l'abus, et qui ne sont fondés que sur les ordonnances et
les doctrines des hommes ? (23) Ils ont, à la vérité, une apparence de sagesse, en
ce qu'ils indiquent un culte volontaire, de l'humilité, et le mépris du corps, mais ils
sont sans aucun mérite et contribuent à la satisfaction de la chair.”

En réalité, ce que Luc veut souligner, conformément à toute l'Ecriture, c'est que cette
femme avait laissé se développer en elle une passion exclusive, sainte, en esprit et en
vérité, selon les Ecritures, pour l'Eternel.
Cette femme ne faisait aucun effort mercenaire quand elle priait et jeûnait : elle ne
cherchait pas à gagner les faveurs de Dieu par des sacrifices et des exploits.

Ce qui touchait Dieu, c'était ce qui était dans le cœur de cette femme : un don d'amour
qui faisait paraître pâles et sans intérêt les autres choses de la vie ! Elle était de la même
famille spirituelle que celle qui donnait en offrande son nécessaire vital. Elle connaissait
l'Eternel, et l'Eternel lui parlait.
Luc invite donc ici, en passant, à méditer l'exemple de cette femme de l'Ancienne
Alliance, sur ce que peuvent être la prière et le jeûne que Dieu agrée sous la Nouvelle
Alliance.

d) Anne était une femme totalement libre, qui s'était donnée à Dieu ! L'amour trouve
son plaisir à se donner. Cela lui permettait de servir les hommes par les prophéties que
Dieu lui accordait. Plusieurs habitants de la ville venaient sans doute lui confier leurs
problèmes pour qu'elle les présente à Dieu. Servir ainsi son prochain, c'est servir Dieu.
Beaucoup d'autres femmes (et hommes) en Israël avaient traversé les mêmes tribulations
que cette femme, mais le fruit avait été différent, ou était resté vert.
1 Tim. 5:5“Celle qui est véritablement veuve, et qui est demeurée dans
l’isolement, met son espérance en Dieu et persévère nuit et jour dans les

16
Les quatre Evangiles par D.C.

supplications et les prières.”

Anne ne “ne quittait pas le temple”. Elle croyait, selon les Ecritures, selon la prière
prononcée par Salomon lors de la dédicace du temple, que l'Esprit de Dieu avait choisi ce
lieu pour y demeurer et recevoir les requêtes.
Cette vieille femme presque centenaire, était une bougie frêle mais vivante dans ce
temple immense sur le point d'être détruit. Caïphe ne voyait pas que des anges entouraient
cette veuve. Dieu honore ceux qui trouvent plaisir à demeurer là où résident le Verbe et la
Shékinah.
Lc. 10:42 “Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne
lui sera point ôtée.”

e) Ce qui importait pour Dieu, ce n'était pas le nombre d'heures passées au temple,
mais la raison pour laquelle Anne venait. Dieu ne chronomètre pas, il radiographie.
Ps. 134:1“Voici, bénissez l’Eternel, vous tous, serviteurs de l’Eternel, qui vous
tenez dans la maison de l’Eternel pendant les nuits !”
Ps. 26:8 “Eternel ! J’aime le séjour de ta maison, le lieu où ta gloire habite”.
Ps. 27:4 “Je demande à l’Eternel une chose, que je désire ardemment : je
voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Eternel, pour contempler la
magnificence de l’Eternel et pour admirer son temple”.
Ps. 84:11 “Mieux vaut un jour dans tes parvis que mille ailleurs; je préfère me
tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu, plutôt que d’habiter sous les tentes de
la méchanceté”.

f) Anne “servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière” :


Luc exprime ainsi que l'épanchement d'amour de cette femme, pou Dieu et pour ses
concitoyens, était permanent et intense.
La raison de vivre de cette femme était de penser à Dieu et à sa volonté, et d'intercéder
pour autrui.
Elle avait sans doute conscience de l'état spirituel de sa nation, et c'était là une autre
raison de prier et de jeûner. C'est à cause de cette implication intérieure douloureuse que
l'Esprit la conduit vers le Sauveur.

g) Il n'y avait pas de paroles creuses ou rituelles, mais des soupirs, des pleurs et des rires,
dans les longues prières de cette femme.
Quand Jésus ordonne de ne pas multiplier de vaines paroles en priant (Mt. 6:7), il
s'élève contre le bavardage religieux, contre les formes qui n'ont pas leur source dans
l'amour pour Dieu et pour les autres.
Jac. 4:1-4 “(1) D'où viennent les luttes, et d'ou viennent les querelles parmi vous?
N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? (2) Vous
convoitez, et vous ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne
pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas,
parce que vous ne demandez pas. (3) Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce
que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. (4) Adultères que
vous êtes ! Ne savez-vous pas que l'amour du monde est inimitié contre Dieu ?
Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu.”
Lc. 18:1,7-8 “(1) Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu'il faut
toujours prier, et ne point se relâcher. - … - (7) Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses
élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard ? (8) Je vous le dis, il

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Les quatre Evangiles par D.C.

leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il
la foi sur la terre ?”
Col. 2:6-7 “(6) Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus Christ,
marchez en lui, (7) étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d'après
les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces.”
Rom. 12:12 “… Persévérez dans la prière.”
1 Tim. 2:1-4 “(1) J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des
supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, (2) pour
les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie
paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. (3) Cela est bon et agréable
devant Dieu notre Sauveur, (4) qui veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité.”
Eph. 6:18-20 “(18) Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de
supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les
saints. (19) Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de
faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile, (20) pour lequel je
suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assurance comme je dois
en parler.”
Col. 4:2 “Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. (3) Priez en
même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte
que je puisse annoncer le mystère de Christ, pour lequel je suis dans les chaînes,
(4) et le faire connaître comme je dois en parler.”
1 Thes. 5:17 “Priez sans cesse. (18) Rendez grâces en toutes choses, car c’est à
votre égard la volonté de Dieu en Jésus Christ.”

h) Le “jeûne” du croyant signifie que son âme éprouve une telle préoccupation pour le
Royaume de Dieu, qu'elle oublie de se préoccuper de son corps et des autres choses de la
vie. Le “jeûne” est une surdité aux murmures et aux cris de la chair. Comme la prière, il
contribue à amincir la croûte qui nous sépare de la sphère de l'Esprit.
Un peintre accaparé par son tableau oubliera de manger. Un financier alarmé par la
chute de la Bourse perdra l'appétit. Les dynamiques de l'Esprit sont bien plus
profondes.
Toute pensée, parole ou action qui afflige Dieu épaissit à nouveau la croûte.

Anne, bien qu'engluée dans son corps vieillissant avec ses limitations, s'était
rapprochée de la frontière qui séparait le monde visible du monde invisible. Plus
encore, elle y demeurait. L'Esprit a pu l'utiliser.
2 Cor. 4:16 “… Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre
homme intérieur se renouvelle de jour en jour.”

• Lc. 2:38 “étant survenue, elle aussi, à cette même heure …” :


Anne est, comme Siméon, conduite par l’Esprit au bon endroit et à l’instant voulu.
A cette heure de prière, il devait y avoir une foule importante.
Anne a perdu toute utilité sociale aux yeux de beaucoup de ses contemporains, mais en
fait elle rend service à tous les élus qui scruteront l'Evangile !

• Lc. 2:38 “… elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la
délivrance de Jérusalem” :
a) Anne, sous l'impact de l'Esprit Saint et de la révélation, déborde d'une émotion

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Les quatre Evangiles par D.C.

soudaine, irrésistible, puissante, comme Siméon quelques instants auparavant, comme


plus tard les 120 disciples dans la Chambre haute.
Peu lui importe de passer pour une folle. Elle ne peut s'empêcher de partager avec les
autres ce qui lui a été montré.

b) Anne ne s'est pas précipitée chez Caïphe. Elle a été dirigée en priorité vers ceux qui
“attendaient”.
2 Tim. 4:6-8 “(6) Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon
départ approche. (7) J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé
la foi. (8) Désormais la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, le juste
juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous
ceux qui auront aimé son avènement.”
Ap. 22:17 “Et l'Esprit et l'épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise :
Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie,
gratuitement.”
Ap. 22:20 “Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens,
Seigneur Jésus !”

c) Anne annonce à son tour l'Evangile. Cette femme fait œuvre de missionnaire. Mais,
pour la même raison que son don prophétique ne lui permet d'exercer une autorité parmi
les anciens, son action inspirée ne s'inscrit pas dans le cadre des ministères d'autorité
“d'évangéliste” ou “d'apôtre” énumérés par Paul.
• La Bible ne dit pas qu'une femme n'est pas capable d'exercer une telle autorité,
mais que Dieu ne l'y autorise pas. Jésus n'a pas empêché la Samaritaine d'aller
témoigner aux habitants de Sychar, mais n'a pas fait d'elle une évangéliste.
• Les ministères visibles et parfois spectaculaires de certains hommes, ne préjugent
en rien de la position des croyants dans l'éternité. De nombreuses femmes ont une
connaissance des Ecritures et de Jésus-Christ, une piété, bien supérieures à celles de
certains ministères masculins. Elles sont inconnues, mais brilleront plus que des
religieux célèbres.

d) Les paroles d’Anne ne sont pas rapportées avec précision : elles véhiculaient sans
doute les mêmes pensées que celles exprimées par Siméon. Ainsi était rendu un double
témoignage, dans le temple lui-même.
Elle “louait” Dieu, ce qui est un signe accompagnant souvent la présence du Saint-
Esprit. Le Saint-Esprit conduit toujours à Jésus/Parole, et l’âge de la personne n’est pas
un obstacle.

e) “Jérusalem”, la capitale, représente ici le pays d'Israël selon l'Esprit tout entier et
son peuple.
C'est la “Jérusalem céleste” qui est en vue, le peuple qui forme la montagne invisible
de Sion dont chaque pierre fait partie d'un peuple appelé à exercer la sacrificature royale
dans la clarté de la Shékinah.

En cet instant l’espoir du monde reposait dans un nourrisson sans puissance et sans
costume d'apparat. Anne a tout vu.

f) Siméon attendait la “consolation d'Israël” (v.25) car Israël avait besoin d'être
“consolée”.

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Les quatre Evangiles par D.C.

Anne annonce la “délivrance (gr. “lutrosin” = “Rédemption, rachat” ; cf. note Lc.
1:68) de Jérusalem” car Jérusalem avait besoin d'être “délivrée”
Jésus-Christ sera la Consolation et la Libération, le Salut.
• Il consolera ceux qui sont affligés par les conquêtes des ennemis visibles et
invisibles des âmes.
• Il consolera les élus en accomplissant les promesses pour l'heure, garantissant
ainsi l'accomplissement des promesses ultimes.
• Il délivrera les âmes des élus en soumettant la puissance de la souillure et en
ôtant la condamnation.
• Il délivrera en débusquant les ténèbres de l'apostasie, de la vaine religiosité, du
mensonge.

Mais une grande partie du peuple attendait une délivrance politique, et une partie du
clergé attendait d'avoir les pleins pouvoirs.
L'Eglise attend également sa “consolation” et sa “délivrance”.

Note : DEBORA, “juge” et “prophétesse” en Israël

Le rôle capital de Débora relaté dans le livre des Juges, lorsqu'Israël a pu être libéré
surnaturellement du roi cananite Jabin et de son général Sisera, est souvent mis en avant
pour justifier l'introduction de femmes pasteurs ou docteurs dans les églises.

Sans traiter ici le thème des “ministères féminins”, les remarques suivantes peuvent être
faites :

1) Dans le Livre des Juges, être “juge” ne signifiait pas présider un tribunal national ou
régional. Samson était “juge” mais n'a jamais eu un rôle de magistrat : il était un guerrier
solitaire (cf. aussi Schamgar, un autre “juge”).

2) Débora n'a pas été élevée à la position de “juge” pour introduire des qualités
féminines dans un cénacle gouverné par les seuls hommes, ni pour remédier à un
déséquilibre spirituel qui en résulterait dans l'Assemblée. Jésus-Christ aurait-il été
inconscient de ce déséquilibre quand il n'a nommé que des hommes comme apôtres ?
• Un chrétien authentique et mâle est l'image, du Christ-Epoux. Il y a donc en lui,
comme en Adam au moment de sa création, comme en Christ, la dimension double
mâle et femelle (l'Eglise est comme sortie de la blessure ouverte à son flanc).
• Ce rôle de représentation dévolu au mâle se retrouve dans tout le culte de
l'Assemblée, ou dans le culte d'une famille chrétienne.
• En dehors de l'activité sacerdotale du groupe, l'homme et la femme peuvent mettre
en œuvre leur différence et leur complémentarité; selon les principes de conduite
applicables pareillement à tous.
• Rien n'empêche alors une femme d'être chef d'Etat ou chef d'entreprise, ou policier
… ou, comme Jaël, d'enfoncer un pieu dans la tête de Sisera. Tout est alors affaire
de circonstances.

3) Débora n'avait pas l'autorité politique suprême sur les tribus d'Israël, car ces dernières
formaient l'Assemblée de l'Eternel. A ce titre, le sacerdoce était réservé aux mâles, et
parfois aux seuls Lévites. Débora, pas plus que Samuel, ne pouvait prétendre, dans

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Les quatre Evangiles par D.C.

l'Assemblée, à la royauté ou à une fonction apparentée, car l'Eternel ne voulait pas de roi
dans l'Assemblée, contrairement à ce qui se passait chez les autres peuples. Samson n'était
même pas sacrificateur.
Ce n'est d'ailleurs pas Débora qui, de sa propre autorité, a choisi Barak.

4) Dans le Livre des Juges, le peuple se rassemblait autour d'un “juge” quand celui-ci
était choisi par l'Eternel comme chef de guerre (cf. Gédéon) contre un ennemi. Mais le
peuple venait vers Débora pour “être jugé” (Jg. 4:5), non par elle, mais par le conseil
surnaturel de Dieu exprimé par sa bouche. Tous les “juges” n'avaient pas ce don, car ils
n'étaient pas tous prophètes. Samuel avait ce don. Ce don permettait de résoudre des
problèmes personnels et des conflits que les chefs de famille et de clans n'avaient pu
résoudre.
Ceux qui venaient le faisaient volontairement, selon leurs besoins, et non par
obéissance à un décret émis par Débora.

5) Barak a été réprimandé parce qu'il a déshonoré, par son incrédulité, le rôle de chef
de guerre que Dieu lui confiait. Il a voulu être accompagné par Débora qu'il considérait
comme un porte-bonheur. Débora a suivi Barak par obéissance à ce chef désigné par
Dieu (mais elle lui a dit ce que Dieu en pensait).

6) Contrairement au juge Samuel, Débora n'a jamais célébré un sacrifice, car elle
aurait alors empiété sur une activité sacerdotale réservée aux mâles en préfiguration du
rôle du Sacrificateur Premier-né, un Agneau mâle.
Débora accepterait-elle de “présider” la Cène chrétienne, sous prétexte que tout croyant
appartient à une sacrificature royale ?
Elisabeth a porté l'Esprit d'Elie et Marie a porté la Parole faite chair. Cela ne leur a
conféré aucune autorité apostolique.
6) Dans l'assemblée, nul ne doit empêcher la femme qui est sous onction prophétique de
parler. Mais elle reste soumise aux autres onctions et aux ministères masculins, sous peine
d'être une usurpatrice. Dans l'assemblée, l'homme, même s'il n'est pas sous l'onction,
détient l'autorité, et supporte la responsabilité qui va avec. Mais lui aussi est soumis aux
onctions prophétiques des autres.

7) Les ministères de guérison de Woodworth Etter (1844-1924) et de Kathryn


Kuhlman (1907-1976) étaient appuyés par des paroles de connaissance et un don de
discernement qui appartiennent à l'éventail prophétique. Mais elles prenaient soin
d'exercer leur mandat divin en dehors d'une assemblée locale, et n'ont pas prétendu être
des pasteurs ou des docteurs.
Une chrétienne isolée en milieu païen peut faire une œuvre d'évangéliste approuvée
par Dieu sans se prévaloir de ses précieuses aptitudes pour exercer l'autorité dans une
assemblée constituée.
Rien n'empêche une chrétienne, si elle pense être appelée à cela, d'exposer les vérités
doctrinales à la radio, dans des séminaires, dans des livres, dès lors qu'elle le fait en son
nom propre et sans briguer une autorité dans l'assemblée qu'elle fréquente. Le même
principe s'applique à une sœur qui reçoit délégation pour s'occuper des enfants, ou pour
soutenir spirituellement des croyants isolés.

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