Evang Etude 14
Evang Etude 14
Cette scène se déroule dans le temple de Jérusalem (v.27), quand Jésus enfant a été
“présenté à l'Eternel”. Mais il a déjà été “circoncis” à Bethléhem (à dix kilomètres de
là) à l'âge de huit jours, tandis que la “présentation” d'un mâle premier-né se faisait un
mois après la naissance (Lév. 12:2-4).
La “présentation” du premier-né avait lieu un mois après la naissance. Le rituel
de purification de Marie a eu lieu après 40 jours, soit environ 10 jours plus tard.
Le jour de la “présentation”, Joseph et Marie devaient donc se tenir dans un lieu
excentré du temple.
“Etre juste” signifie ici s'efforcer de rendre aux hommes ce qui leur est dû selon la
seconde Table du Décalogue.
“Etre pieux” signifie ici s'efforcer de rendre à l'Eternel ce qui lui est dû selon la
première Table du Décalogue. Cela impliquait un culte privé ou public, droit et sincère
Contrairement à ce qui est parfois colporté, la Loi de Moïse n'accepte jamais un
culte froid, légaliste. La Loi rejette une lecture morte de la lettre. Elle exige un
engagement total du cœur. Elle exige l'amour parfait pour Dieu et pour autrui.
Les sacrifices expiatoires permettaient aux âmes qui s'examinaient selon les normes
divines, de se réfugier dans la miséricorde divine malgré leurs manquements.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Un croyant stabilise son regard (ses pensées) sur les choses invisibles et n o n
mesurables : l'existence de Dieu, les désirs de Dieu, la Vie de résurrection, l'héritage
promis, la présence de l'Esprit de Jésus-Christ, plutôt que sur les choses visibles et
mesurables.
2 Cor. 4:17-18 “(17) Car nos légères afflictions du moment présent produisent
pour nous, au delà de toute mesure, (18) un poids éternel de gloire, parce que nous
regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les
choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.”
Tout dans le monde visible est soutenu par une intelligence invisible,
mais le monde se moque de cette puissance de vie pure.
L'exemple de Siméon révèle que déjà sous l'Ancienne Alliance, et même avant, l'Esprit
parlait aux âmes réceptives. C'est le Saint-Esprit qui agit dans les deux Alliances, mais,
depuis la Pentecôte, il peut demeurer dans les enfants de Dieu, faisant d'eux des temples
connectés les uns aux autres et à Jésus-Christ pour former un Corps vivant.
d) “La consolation (le "Paraclesis") d’Israël” était l'une des désignations du Messie :
Es. 40:1,9 “Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. ... - Monte sur une
haute montagne, Sion, pour publier la bonne nouvelle ; élève avec force ta voix,
Jérusalem, pour publier la bonne nouvelle ; élève ta voix, ne crains point, dis aux
villes de Juda : Voici votre Dieu !”
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Les quatre Evangiles par D.C.
Gal. 6:16 “Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur
l’Israël de Dieu !”
Le Messie est donc le Consolateur, celui qui, selon le sens du mot “Paraclet”, vient à la
fois consoler les nécessiteux et défendre leur cause. Jésus attribuera le titre de
“Consolateur” à l'Esprit qui, en son absence, vient en son Nom entourer les élus de sa
sollicitude.
• Lc. 2:26 “il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu’il ne mourrait point
avant d’avoir vu Christ le Seigneur” :
a) Non seulement Siméon attendait (v.25) “la consolation d’Israël” et il savait, par
une révélation divine, que cette “consolation” n'était rien de moins que “Christ le
Seigneur” ou plutôt : “le Christ, l'Oint du Seigneur, l'Oint de l'Eternel”.
En Israël, les rois, les sacrificateurs, les prophètes étaient “des oints” (“des christs”),
mais celui que Siméon attendait et qui était à quelques pas de lui, était L'OINT (LE
Christ), réunissant en lui toutes les “onctions” (les “chrima”).
b) Siméon a sans doute été “averti” par un songe ou par une vision, mais cela n'est pas
précisé explicitement.
Une vision permettait mieux que ne l'auraient fait quelques mots, de mémoriser
des détails permettant de reconnaître plus tard un enfant dans l'enceinte du
temple.
c) Dieu était donc toujours actif, malgré l’absence, depuis 400 ans, de ministère
prophétique exceptionnel.
Malgré l'apostasie générale qui avait débuté peu après le retour de la captivité
babylonienne), Dieu avait gardé, comme du temps d'Elie, quelques fidèles qui “ne
fléchissaient pas les genoux devant Baal” (1 Rois 19:18).
La Bible cite quelques-unes de ces âmes droites : Siméon, la prophétesse Anne,
Nicodème, Joseph d'Arimathée, la Samaritaine, les apôtres et plusieurs disciples, la
famille de Lazare, les bergers, etc.
Ce n'est pas Caïphe qui a été averti ! Dieu sait à qui ne pas donner ses perles.
Si cet Israélite, au bénéfice des sacrifices d'animaux, a été prévenu, alors même que
Jean-Baptiste n'était encore qu'un petit enfant, de l'imminence (mais pas de la date) de la
venue du Messie, pourquoi des chrétiens, au bénéfice du sacrifice de Golgotha et donc
“qui entendent”, ne seraient-ils pas de même avertis de l'imminence (mais pas de la date)
du retour de Christ ?
A la même époque, des faux prophètes et des exaltés ont proclamé eux aussi
l'imminence de cette venue, car Satan cherche toujours à mélanger sa semence à
celle de l'Esprit.
Au milieu de cette confusion, Siméon devait passer pour un doux rêveur ! Lui
aussi a été testé.
• Lc. 2:27 “il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient le
petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi” :
a) Siméon avait été “averti”, mais maintenant il est “poussé”.
Il n'est pas prophète, sinon Luc l'aurait signalé comme il le fait pour Anne (v.36). Mais
l'Esprit peut se manifester occasionnellement en prophétie dans un croyant selon la
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Les quatre Evangiles par D.C.
En cet instant, Siméon était-il conscient de cette action surnaturelle ? Ou bien l'Esprit le
dirigeait-il à son insu par une pulsion intérieure qu'il n'avait pas le temps d'analyser, vers
le parvis du temple où plusieurs jeunes mères se tenaient ?
Il est probable que Siméon était Lévite, mais, même encore en âge d'exercer son
activité, il n'était pas en fonction au moment de l'arrivée de Marie, puisqu'il n'est
“venu” au temple que parce qu'il y était “poussé”.
b) Cet épisode est une démonstration de puissance divine : Dieu a préparé cet homme,
puis a conduit ses pas à la rencontre du nourrisson à l’instant précis et à l'endroit
précis où les parents arrivaient pour présenter l'enfant. Dieu contrôle tout avec précision.
c) Au centre de toute cette scène, il y a “le petit enfant Jésus”. Ses parents sont venus
“pour accomplir à son égard ce qu’ordonnait la loi”, c'est-à-dire le présenter à l'Eternel
en tant que premier-né mâle (cf. étude précédente).
La gloire de Dieu était à la fois exposée et cachée dans son temple de pierres et dans un
Temple de chair !
C'était le début de l'accomplissement de la promesse faite par l'Eternel aux rescapés de
Babylone attristés par le peu d'apparence du temple qu'ils viennent de rebâtir :
Aggée 2:7-9 “(7) J’ébranlerai toutes les nations ; les trésors de toutes les nations
viendront, et je remplirai de gloire cette maison, dit l’Eternel des armées. (8)
L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Eternel des armées (9) La gloire de cette
dernière maison sera plus grande que celle de la première”.
• “L'enfant Jésus” est lui aussi un temple de peu d'apparence, mais la Nuée
va le remplir.
• En Jésus il y a toute la Justice (“l'argent”) et toute la Gloire (“l'or”) du
Trône.
• Lc. 2:28 “il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit…” :
a) Siméon ne prend pas l'enfant, il le “reçoit”, ce qui semble être un geste sacerdotal.
Que Siméon soit en activité ou non, les Lévites sacrificateurs présents l'ont laissé faire.
L’Esprit Saint qui l'avait “averti” puis “poussé”, l'a dirigé avec précision vers le groupe
formé par Marie, Joseph et l'enfant. Il revoit peut-être devant lui la scène qui lui avait été
montrée en vision ou en songe.
b) Joseph n’a pas le temps de raconter à Siméon ce qui s'était passé autour de la
naissance de Jésus, car l’Esprit poursuit son travail. Non seulement l'Esprit a poussé
Siméon à quitter, à l'instant voulu, le lieu où il se tenait, puis a conduit ses pas au bon
endroit, puis a dirigé son regard dans la bonne direction, puis lui a permis de reconnaître
en ce nourrisson le “salut” (v.30) qu'il attendait, mais en outre il lui fait proclamer à
haute voix un message étonnant (v. 30 à 35).
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Les quatre Evangiles par D.C.
• Lc. 2:29 “maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta
parole” :
Siméon envisage désormais le futur, y compris la mort, avec une pleine lucidité et
cependant sans peur et sans regret, et avec une pleine satisfaction.
Comme Job (Jb. 19:25), Siméon sait, avec une certitude accrue, que son Rédempteur
est vivant et lui est favorable.
• Les chrétiens nés de l'Esprit et donc nés d'une révélation, devraient avoir la
même assurance.
• L'homme naturel se réjouit des plaisirs dont il peut profiter à sa guise avant de
mourir, et l'idée de sa mort l'afflige, et le pousse à se gaver dans un ultime sursaut de
convoitise. A l'inverse, l'homme régénéré se réjouit à la pensée de rencontrer après
sa mort celui qu'il n'a jamais vu et qui est la Vie et la Beauté, et les plaisirs de la
terre sans Dieu ont perdu leur attrait.
• L'espérance de Siméon va pouvoir se nourrir de “la parole” révélée conforme
aux Ecritures, et confirmée en cet instant.
b) Selon Siméon, “voir le salut”, alors que celui-ci commence tout juste à se manifester
sous une forme insignifiante, c'était plus important que n'importe quoi d'autre sur terre.
Cette aspiration pure n’est pas le choix de la majorité des hommes.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Le patriarche Israël âgé a ressenti une même émotion spirituelle en revoyant Joseph.
Cette émotion dépassait sa joie paternelle de revoir un fils qu'il croyait mort.
Gen. 46:30 “Israël dit à Joseph (une préfiguration de Jésus, et le détenteur du
droit d'aînesse) : Que je meure maintenant, puisque j’ai vu ton visage et que tu vis
encore !”
c) Siméon a “vu” : il a reçu et accepté une révélation sans laquelle il n’y a pas de
communication de Vie. Il n’y a de paix que pour celui qui a vu “le salut” sous une
forme décidée par Dieu.
Ps. 119:166 “J’espère en ton salut, ô Eternel ! Et je pratique tes
commandements.”
Jn. 12:21 “... Seigneur, nous voudrions voir Jésus.”
Tite 2:11-14 “(11) La grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, a été
manifestée. (12) Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises
mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété,
(13) en attendant la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire du
grand Dieu et de notre Sauveur Jésus-Christ, (14) qui s’est donné lui-même pour
nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui
appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres.”
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Les quatre Evangiles par D.C.
donne le droit de se tenir devant Dieu sans honte (Lc. 7:50; 1 Cor. 1:18 ; 2 Cor.
2:15 ; Eph. 2:5-8 ; 2 Tim. 1:9).
• Le salut s'accompagne sur terre de la sanctification qui est à la fois un état de
mise à part (l'épouse s'est engagée par ses vœux) et une dynamique (l'épouse se
prépare, se nettoie et s'embellit avec les bijoux offerts par l'Epoux, pour honorer
l'Epoux au jour du mariage) (Rom. 6:14 ; 8:2 ; 2 Cor. 3:18 ; Gal. 2:19-20 ; Phil. 1:19
; 2:12-13 ; 2 Thes. 2:13),
• Le salut conduit à un état final de gloire par la position, la beauté, les aptitudes,
les attributs (Rom. 8:18-23 ; 13:11 ; 1 Cor. 15:42-44 ; Héb. 10:36 ; 1 P. 1:5 ; 1 Jean
3:2). Tout vient de l'Epoux.
Le “salut” est invariablement offert par grâce (c'est un don de Dieu), par le moyen de la
foi, c'est-à-dire par l'adhésion à la manifestation du Verbe divin confirmé,
indépendamment de toute œuvre méritoire (Rom. 3:27-28; 4:1-8; 6:23; Eph. 2:8-10; Tite
3:5-8).
• Lc. 2:31-32a “… salut préparé devant tous les peuples … lumière pour éclairer les
nations” :
a) Il était impossible qu'un Israélite puisse annoncer un tel salut universel sans être
inspiré par l’Esprit prophétique.
b) Dès la chute d'Adam, cet universalisme du salut est annoncé, puisque c'est toute
l'humanité qui est au bénéfice, si elle le veut, du manteau de peau ensanglantée (celle
d'un être vivant innocent mis à mort) pourvu par l'Eternel pour couvrir et protéger Adam
et Eve (Gen. 3:21). L’AT a répété cet enseignement par des faits préfiguratifs et des
paroles prophétiques
Parmi ces faits préfigurant de l'universalisme du plan de Dieu, citons :
La variété des peuples potentiellement présents dans l'arche de Noé.
La prophétie de Noé annonçant que Japhet demeurerait dans les tentes de Sem
(Gen. 9:27).
Joseph, type du Christ, épousant une Egyptienne.
Boaz épousant Ruth la Moabite, etc.
Mais le rôle que devait jouer Israël dans le plan de Dieu pour atteindre cet objectif ne
pouvait pas être compris avant l'heure. Israël a oscillé entre un prosélytisme par les
armes (par exemple lors de la conversion forcée de l'Idumée), et l'indifférence
méprisante.
Le prosélytisme au temps de Jésus se limitait à ramener à Moïse les Juifs séduits
par l'hellénisme et Rome dans les pays de la diaspora. Les païens attirés par les
prophètes d'Israël, même s'ils étaient accueillis avec bienveillance, étaient
considérés comme des croyants de seconde zone (surtout s'ils ne se faisaient pas
circoncire).
Les églises chrétiennes n'ont pas toujours fait mieux.
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Les quatre Evangiles par D.C.
La mention de la “lumière qui éclaire les Nations” est une référence à diverses paroles
d'Esaïe :
Ps. 98:2-3 “(2) L’Eternel a manifesté son salut, il a révélé sa justice aux yeux des
nations. (3) Il s’est souvenu de sa bonté et de sa fidélité envers la maison d’Israël,
toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu.”
Es. 42:6-7 “(6) Moi, l’Eternel, je t’ai appelé pour le salut, et je te prendrai par la
main, je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, pour être
la lumière des nations, (7) pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir de
prison le captif, et de leur cachot ceux qui habitent dans les ténèbres.” (= Act.
13:47)
Es. 49:6-7 “(6) Et l’Eternel dit : C’est peu que tu sois mon serviteur pour relever
les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël : je t’établis pour être la
lumière des nations, pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre. (7)
Ainsi parle l’Eternel, le rédempteur, le Saint d’Israël, à celui qu’on méprise, qui est
en horreur au peuple, à l’esclave des puissants : des rois le verront, et ils se
lèveront, des princes, et ils se prosterneront, à cause de l’Eternel, qui est fidèle, du
Saint d’Israël, qui t’a choisi.”
Les apôtres ont été plus lents que Siméon à admettre cette universalité du salut : cf. les
hésitations de Pierre (Act. 10), et les reproches adressés à Pierre par les circoncis (Act.
11:2-3).
Luc, compagnon de Paul (le champion de cet universalisme), a dû éprouver de la joie à
relever ce témoignage ancien de Siméon.
e) Les enseignements et l'œuvre de Jésus-Christ ont été “la Lumière” dont la puissance
a fait fuir les ténèbres couvrant les Nations :
Jn. 8:12 “Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans
les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.”
Act. 26:17-18 “(17) Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens,
vers qui je t’envoie, (18) afin que tu leur ouvres les yeux, pour qu’ils passent des
ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu, pour qu’ils reçoivent, par
la foi en moi, le pardon des péchés et l’héritage avec les sanctifiés.”
Ac. 28:28 “Sachez donc que le salut de Dieu a été envoyé aux païens, et qu’ils
l’écouteront.”
Rom. 1:16 “Car je n’ai point honte de l’Evangile : c’est une puissance de Dieu
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Les quatre Evangiles par D.C.
C'est l'Eternel qui est le “salut”. Siméon a vu cela sous le voile de la chair d'un enfant
qui ne sait pas encore parler. Pour Siméon, cet enfant est déjà une Voix.
c) Si le Verbe sauveur est la “gloire d'Israël”, il est donc la “gloire”, l'honneur, la fierté
de la Montagne vivante de Sion formée de toutes les pierres vivantes qui reçoivent le
Verbe. Il est la “gloire” de l'Epouse, de la Jérusalem céleste décrite en allégories dans
l'Apocalypse.
Es. 60:18-19 “On n’entendra plus parler de violence dans ton pays, ni de ravage
et de ruine dans ton territoire ; tu donneras à tes murs le nom de salut, et à tes
portes celui de gloire. - Ce ne sera plus le soleil qui te servira de lumière pendant le
jour, ni la lune qui t’éclairera de sa lueur ; mais l’Eternel sera ta lumière à
toujours, ton Dieu sera ta gloire”.
Soph. 3:15 “... Le roi d’Israël, l’Eternel, est au milieu de toi ; tu n’as plus de
malheur à éprouver”.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Bientôt vont s'ajouter le témoignage d'Anne, puis celui des notables pieux (les
“mages”) venus d'Orient.
Cela fait au total dix témoignages avant même que Jésus soit sevré. Ils ont été
prononcés par neuf bouches différentes (“neuf” est le chiffre de la gestation, celui
d'une nouvelle ère).
C'est alors qu'une nouvelle prophétie est énoncée en deux parties : l'une qui implique
Israël (v.34), l'autre qui implique Marie personnellement (v.35). Si une parole concernant
Joseph a été prononcée, elle n'est pas rapportée.
• Lc. 2:34 “… voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de
plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la contradiction” :
a) “Israël” (= "prince de Dieu" ou "vainqueur de Dieu") est le nom de gloire qui a
remplacé celui de Jacob (= "trompeur"). C'est celui d'un peuple détenteur de la promesse
faite à Abraham, qui fait suite à celle énoncée dans le Jardin d'Eden. A un tel nom sont
attachées des responsabilités à la hauteur de l'honneur reçu,
Les paroles très concises de Siméon laissent néanmoins clairement entendre qu'il y aura
parmi le peuple se réclamant de l'Eternel et de Moïse, des surprises. C'est ce que les récits
des Evangiles confirment.
• Il y aura “chute” pour des religieux qui refuseront par orgueil ou convoitise la
Parole confirmée manifestée en leur heure.
• Il y aura “relèvement” pour tous les infirmes de l'âme qui se jugeront eux-
mêmes à la lumière de cette même Parole de l'heure.
c) Cet avertissement est encore en vigueur pour tous ceux qui se réclament des
Evangiles et du nom de Jésus.
Le même Rocher détaché de la Montagne du Trône deviendra un refuge pour les uns,
mais écrasera les autres (cf. Dan. 2:34).
Es. 8:13-15 “(13) C’est l’Eternel des armées que vous devez sanctifier, c’est lui
que vous devez craindre et redouter. (14) Et il sera un sanctuaire, mais aussi une
pierre d’achoppement, un rocher de scandale pour les deux maisons d’Israël, un
filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. (15) Plusieurs trébucheront; ils
tomberont et se briseront, ils seront enlacés et pris.”
Es. 28:16 “C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l’Eternel : Voici, j’ai mis pour
fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix,
solidement posée ; celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir.”
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Les quatre Evangiles par D.C.
Ps. 118:22 “La pierre qu’on rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale
de l’angle.” (cf. 1 P. 2:7).
Mat. 21:44 “Celui qui tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle
tombera sera écrasé.” (cf. Es. 8:15 précité ; Dan. 2:34).
Rom. 9:31-33 “(31) Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est pas parvenu à
cette loi. (32) Pourquoi ? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme
provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d’achoppement, (33)
selon qu’il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher
de scandale, et celui qui croit en lui ne sera point confus.”
1 Cor. 1:23 “Nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour
les païens.”
1 P. 2:7-8 “(7) La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la
principale de l’angle, et une pierre d’achoppement et un rocher de scandale ; (8)
ils s’y heurtent pour n’avoir pas cru à la parole, et c’est à cela qu’ils sont
destinés.” (cf. Ps. 118:22).
g) Dieu dictera à Jésus la manière d'agir, la manière de parler de telle sorte que les
élus connus d'avance seront attirés, et que les rebelles, connus d'avance eux aussi,
s'éloignent d'eux-mêmes. C'est ainsi que Dieu fait apparaître ce qui échappe au regard,
“les pensées” les plus insondables qui sont le vrai moteur des âmes (“des cœurs”) :
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Les quatre Evangiles par D.C.
Jn. 3:19 “Le jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les
hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient
mauvaises.”
Mt. 13:10-12 “(10) Les disciples s'approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur
parles-tu en paraboles ? (11) Jésus leur répondit : Parce qu'il vous a été donné de
connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné.
(12) Car on donnera à celui qui a (l'amour de la vérité), et il sera dans
l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a.”
Qui avait vu le serpent caché en Caïphe, et le lumignon caché dans la
Samaritaine ?
Les paroles de Jésus attireront irrésistiblement les uns, et scandaliseront les
autres.
h) A cause de cette “contradiction” (de cette opposition) permise et prévue par Dieu, la
promesse est toujours accompagnée d’une mise à l’épreuve.
Jn. 1:11 “Elle (la Lumière) est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas
reçue.”
Jean 3:20 “Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dévoilées.”
Act. 28:22 “... cette secte rencontre partout de l’opposition.”
Héb. 12:3 “Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle
opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme
découragée”.
1 Jn. 2:19 “Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ;
car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé
afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres.”
b) Comment Marie pouvait-elle concilier les promesses de l’ange Gabriel (Luc 1:30
“tu as trouvé grâce devant Dieu”), celles d'Elisabeth (Lc. 1:42 “tu es bénie entre les
femmes”) avec cet avertissement de Siméon ?
1 P. 1:11 “... l’Esprit de Christ qui était en eux (les prophètes), et qui attestait
d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies”.
• Lc. 2:35 “... afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées” :
Ces mots sont reliés par un lien de causalité (“afin que”) au verset 34 :“Voici, cet enfant
est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe
qui provoquera la contradiction.”
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Les quatre Evangiles par D.C.
b) Cette femme savait quelle était sa tribu. Paul savait de même qu’il était Benjamite,
Rom. 11:1). Les exilés revenus de Babylone devaient savoir et prouver à quelle tribu ils
appartenaient.
Il est de même important pour un chrétien de savoir qu'il est né de l'Esprit de Christ, que
son Sang est en eux, et d'en avoir la preuve malgré les faux-pas..
b) Un “prophète” de Dieu est celui ou celle qui parle de la part de Dieu, quand Dieu le
lui dit. Quand il est sous cette Onction, il est un point de contact entre la sphère naturelle
des hommes et la sphère divine.
Une parole venant de Dieu vaut plus que tous les trésors pour celui qui la reçoit comme
telle. Dans la Bible, l'une des expressions les plus extraordinaires est : “Dieu dit à untel
…”.
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Les quatre Evangiles par D.C.
En hébreu un “prophète” est appelé “nabi”, c'est-à-dire “celui qui annonce” les vérités
(pas nécessairement des prédictions) que Dieu lui communique et qu'il doit faire
connaître :
Amos 3:7 “Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à
ses serviteurs les prophètes.”
Très souvent, le message des prophètes d'Israël comprenait deux volets : une promesse de
délivrance et de gloire pour les cœurs droits, mais un avertissement et une menace contre
les rebelles : c'était le cas pour Siméon, et ce sera le cas pour Jean-Baptiste et Jésus.
Cette communication peut se faire par une vision (à l'état de veille), par un songe
(durant le sommeil), par une voix externe audible, par une voix intérieure. Le
“prophète” ou la “prophétesse” sait reconnaître sans erreur la source du message.
Le phénomène des visions est si caractéristique des prophètes, que ces derniers
étaient appelés des “voyants” dans l'AT (1 Sam. 9:9, 2 R. 17:13) comme ce fut le
cas pour Samuel, Gad, Hanani (2 Sam. 9:18, 2 Sam. 24:11, 2 Chr. 16:7).
d) Le ministère de prophète (ne pas confondre avec les divers dons occasionnels de
prophétie) est reconnu par l'Assemblée quand des faits ont permis de vérifier la nature de
sa source et l'absence d'erreur. C'est alors l'un des cinq ministères d'autorité énumérés par
Paul :
Eph. 4:11-12 “(11) Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme
prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs,
(12) pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de
l'édification du corps de Christ, …”
Les dons de prophétie font partie des neuf dons manifestés épisodiquement cités par
Paul :
1 Cor. 12:7-10 “(7) Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour
l'utilité commune. (8) En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ;
à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; (9) à un autre, la
foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; (10)
à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le
discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre,
l'interprétation des langues.”
Le ministère ne doit pas être confondu avec l’expression ponctuelle d’une
parole prophétique (comme dans le cas de Siméon).
Quand le don est manifesté épisodiquement, ce qui est énoncé doit à chaque
fois être contrôlé (1 Cor. 14:29).
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Les quatre Evangiles par D.C.
Une “prophétesse”, même très confirmée, joue certes un rôle extrêmement précieux
dans l'Assemblée et bien au-delà, mais elle ne peut exercer l'autorité du collège des
anciens. Cependant, ses prophéties, dont peut dépendre le sort d'un individu ou d'un
peuple, sont à respecter comme inspirées par Dieu.
Paul a rappelé avec vigueur ces limitations, et avec des justifications qui sont
indépendantes des modes et des humeurs.
1 Tim. 2:11è13 “(11) Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une
entière soumission. (12) Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre
de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. (13) Car Adam
a été formé le premier, Eve ensuite ; (15) et ce n’est pas Adam qui a été séduit,
c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. (16) Elle sera
néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi,
dans la charité, et dans la sainteté.”
f) Voir note annexe sur le cas de Débora, une héroïne de l'AT, à la fois juge et
prophétesse dans l'Assemblée d'Israël.
• Lc. 2:36-37a “elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu 7 ans avec son mari
depuis sa virginité … restée veuve, et âgée de 84 ans” :
a) Luc a jugé utile de consigner ces détails sur l'état civil de cette femme (son grand âge
et son état de veuvage). Il n'est pas précisé si elle avait eu des enfants ou non.
Selon certains, le texte signifie qu'elle était veuve “depuis” l'âge de 84 ans, et elle avait
donc 91 ans lors de cette scène.
Sinon, même en considérant qu'elle ait été mariée à l'âge de 12 ans (l'âge minimum
pour le mariage), qu'elle ait vécu avec son mari pendant 7 ans, et après un veuvage
de 84 ans, elle avait 103 ans au minimum quand elle est venue vers l'enfant Jésus.
• Lc. 2:37b “elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne
et dans la prière” :
a) Après des informations détaillées sur l'état civil d'Anne, Luc décrit sa stature
spirituelle.
Anne est la preuve que la qualité de la vie spirituelle ne s'atténue pas nécessairement
avec l'âge.
Son état physique ne lui permettait peut-être plus de courir pour servir, mais, même si
elle devait rester souvent assise, Dieu l'aimait et pouvait l'utiliser et l'honorer dans un
ministère précieux.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Son âge et son passé sans doute douloureux, la protégeaient des convoitises du monde,
de l'orgueil de la vie.
Elle savait comment utiliser le temps dont elle disposait, même celui des insomnies,
pour “servir Dieu”.
b) Luc semble vouloir souligner la solitude sociale de cette femme. Pourquoi ne s'est
–elle pas remariée ? Ne l'a-t-elle pas pu, ou pas voulu ? Quoi qu'il en soit, cette femme
avait appris, sans doute progressivement, à trouver son bonheur au service exclusif du
Seigneur.
1 P. 4:7 “La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sages et sobres, pour
vaquer à la prière.”
1 Cor. 7:32-33 “(32) Or, je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui
n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de plaire au
Seigneur ; (33) et celui qui est marié s’inquiète des choses du monde, des moyens
de plaire à sa femme.”
En réalité, ce que Luc veut souligner, conformément à toute l'Ecriture, c'est que cette
femme avait laissé se développer en elle une passion exclusive, sainte, en esprit et en
vérité, selon les Ecritures, pour l'Eternel.
Cette femme ne faisait aucun effort mercenaire quand elle priait et jeûnait : elle ne
cherchait pas à gagner les faveurs de Dieu par des sacrifices et des exploits.
Ce qui touchait Dieu, c'était ce qui était dans le cœur de cette femme : un don d'amour
qui faisait paraître pâles et sans intérêt les autres choses de la vie ! Elle était de la même
famille spirituelle que celle qui donnait en offrande son nécessaire vital. Elle connaissait
l'Eternel, et l'Eternel lui parlait.
Luc invite donc ici, en passant, à méditer l'exemple de cette femme de l'Ancienne
Alliance, sur ce que peuvent être la prière et le jeûne que Dieu agrée sous la Nouvelle
Alliance.
d) Anne était une femme totalement libre, qui s'était donnée à Dieu ! L'amour trouve
son plaisir à se donner. Cela lui permettait de servir les hommes par les prophéties que
Dieu lui accordait. Plusieurs habitants de la ville venaient sans doute lui confier leurs
problèmes pour qu'elle les présente à Dieu. Servir ainsi son prochain, c'est servir Dieu.
Beaucoup d'autres femmes (et hommes) en Israël avaient traversé les mêmes tribulations
que cette femme, mais le fruit avait été différent, ou était resté vert.
1 Tim. 5:5“Celle qui est véritablement veuve, et qui est demeurée dans
l’isolement, met son espérance en Dieu et persévère nuit et jour dans les
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Les quatre Evangiles par D.C.
Anne ne “ne quittait pas le temple”. Elle croyait, selon les Ecritures, selon la prière
prononcée par Salomon lors de la dédicace du temple, que l'Esprit de Dieu avait choisi ce
lieu pour y demeurer et recevoir les requêtes.
Cette vieille femme presque centenaire, était une bougie frêle mais vivante dans ce
temple immense sur le point d'être détruit. Caïphe ne voyait pas que des anges entouraient
cette veuve. Dieu honore ceux qui trouvent plaisir à demeurer là où résident le Verbe et la
Shékinah.
Lc. 10:42 “Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne
lui sera point ôtée.”
e) Ce qui importait pour Dieu, ce n'était pas le nombre d'heures passées au temple,
mais la raison pour laquelle Anne venait. Dieu ne chronomètre pas, il radiographie.
Ps. 134:1“Voici, bénissez l’Eternel, vous tous, serviteurs de l’Eternel, qui vous
tenez dans la maison de l’Eternel pendant les nuits !”
Ps. 26:8 “Eternel ! J’aime le séjour de ta maison, le lieu où ta gloire habite”.
Ps. 27:4 “Je demande à l’Eternel une chose, que je désire ardemment : je
voudrais habiter toute ma vie dans la maison de l’Eternel, pour contempler la
magnificence de l’Eternel et pour admirer son temple”.
Ps. 84:11 “Mieux vaut un jour dans tes parvis que mille ailleurs; je préfère me
tenir sur le seuil de la maison de mon Dieu, plutôt que d’habiter sous les tentes de
la méchanceté”.
g) Il n'y avait pas de paroles creuses ou rituelles, mais des soupirs, des pleurs et des rires,
dans les longues prières de cette femme.
Quand Jésus ordonne de ne pas multiplier de vaines paroles en priant (Mt. 6:7), il
s'élève contre le bavardage religieux, contre les formes qui n'ont pas leur source dans
l'amour pour Dieu et pour les autres.
Jac. 4:1-4 “(1) D'où viennent les luttes, et d'ou viennent les querelles parmi vous?
N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? (2) Vous
convoitez, et vous ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et envieux, et vous ne
pouvez pas obtenir; vous avez des querelles et des luttes, et vous ne possédez pas,
parce que vous ne demandez pas. (3) Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce
que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions. (4) Adultères que
vous êtes ! Ne savez-vous pas que l'amour du monde est inimitié contre Dieu ?
Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu.”
Lc. 18:1,7-8 “(1) Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu'il faut
toujours prier, et ne point se relâcher. - … - (7) Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses
élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard ? (8) Je vous le dis, il
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Les quatre Evangiles par D.C.
leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il
la foi sur la terre ?”
Col. 2:6-7 “(6) Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus Christ,
marchez en lui, (7) étant enracinés et fondés en lui, et affermis par la foi, d'après
les instructions qui vous ont été données, et abondez en actions de grâces.”
Rom. 12:12 “… Persévérez dans la prière.”
1 Tim. 2:1-4 “(1) J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des
supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, (2) pour
les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie
paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. (3) Cela est bon et agréable
devant Dieu notre Sauveur, (4) qui veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité.”
Eph. 6:18-20 “(18) Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de
supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les
saints. (19) Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de
faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile, (20) pour lequel je
suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assurance comme je dois
en parler.”
Col. 4:2 “Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. (3) Priez en
même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte
que je puisse annoncer le mystère de Christ, pour lequel je suis dans les chaînes,
(4) et le faire connaître comme je dois en parler.”
1 Thes. 5:17 “Priez sans cesse. (18) Rendez grâces en toutes choses, car c’est à
votre égard la volonté de Dieu en Jésus Christ.”
h) Le “jeûne” du croyant signifie que son âme éprouve une telle préoccupation pour le
Royaume de Dieu, qu'elle oublie de se préoccuper de son corps et des autres choses de la
vie. Le “jeûne” est une surdité aux murmures et aux cris de la chair. Comme la prière, il
contribue à amincir la croûte qui nous sépare de la sphère de l'Esprit.
Un peintre accaparé par son tableau oubliera de manger. Un financier alarmé par la
chute de la Bourse perdra l'appétit. Les dynamiques de l'Esprit sont bien plus
profondes.
Toute pensée, parole ou action qui afflige Dieu épaissit à nouveau la croûte.
Anne, bien qu'engluée dans son corps vieillissant avec ses limitations, s'était
rapprochée de la frontière qui séparait le monde visible du monde invisible. Plus
encore, elle y demeurait. L'Esprit a pu l'utiliser.
2 Cor. 4:16 “… Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre
homme intérieur se renouvelle de jour en jour.”
• Lc. 2:38 “… elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la
délivrance de Jérusalem” :
a) Anne, sous l'impact de l'Esprit Saint et de la révélation, déborde d'une émotion
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Les quatre Evangiles par D.C.
b) Anne ne s'est pas précipitée chez Caïphe. Elle a été dirigée en priorité vers ceux qui
“attendaient”.
2 Tim. 4:6-8 “(6) Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon
départ approche. (7) J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé
la foi. (8) Désormais la couronne de justice m'est réservée ; le Seigneur, le juste
juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous
ceux qui auront aimé son avènement.”
Ap. 22:17 “Et l'Esprit et l'épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise :
Viens. Et que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie,
gratuitement.”
Ap. 22:20 “Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens,
Seigneur Jésus !”
c) Anne annonce à son tour l'Evangile. Cette femme fait œuvre de missionnaire. Mais,
pour la même raison que son don prophétique ne lui permet d'exercer une autorité parmi
les anciens, son action inspirée ne s'inscrit pas dans le cadre des ministères d'autorité
“d'évangéliste” ou “d'apôtre” énumérés par Paul.
• La Bible ne dit pas qu'une femme n'est pas capable d'exercer une telle autorité,
mais que Dieu ne l'y autorise pas. Jésus n'a pas empêché la Samaritaine d'aller
témoigner aux habitants de Sychar, mais n'a pas fait d'elle une évangéliste.
• Les ministères visibles et parfois spectaculaires de certains hommes, ne préjugent
en rien de la position des croyants dans l'éternité. De nombreuses femmes ont une
connaissance des Ecritures et de Jésus-Christ, une piété, bien supérieures à celles de
certains ministères masculins. Elles sont inconnues, mais brilleront plus que des
religieux célèbres.
d) Les paroles d’Anne ne sont pas rapportées avec précision : elles véhiculaient sans
doute les mêmes pensées que celles exprimées par Siméon. Ainsi était rendu un double
témoignage, dans le temple lui-même.
Elle “louait” Dieu, ce qui est un signe accompagnant souvent la présence du Saint-
Esprit. Le Saint-Esprit conduit toujours à Jésus/Parole, et l’âge de la personne n’est pas
un obstacle.
e) “Jérusalem”, la capitale, représente ici le pays d'Israël selon l'Esprit tout entier et
son peuple.
C'est la “Jérusalem céleste” qui est en vue, le peuple qui forme la montagne invisible
de Sion dont chaque pierre fait partie d'un peuple appelé à exercer la sacrificature royale
dans la clarté de la Shékinah.
En cet instant l’espoir du monde reposait dans un nourrisson sans puissance et sans
costume d'apparat. Anne a tout vu.
f) Siméon attendait la “consolation d'Israël” (v.25) car Israël avait besoin d'être
“consolée”.
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Les quatre Evangiles par D.C.
Anne annonce la “délivrance (gr. “lutrosin” = “Rédemption, rachat” ; cf. note Lc.
1:68) de Jérusalem” car Jérusalem avait besoin d'être “délivrée”
Jésus-Christ sera la Consolation et la Libération, le Salut.
• Il consolera ceux qui sont affligés par les conquêtes des ennemis visibles et
invisibles des âmes.
• Il consolera les élus en accomplissant les promesses pour l'heure, garantissant
ainsi l'accomplissement des promesses ultimes.
• Il délivrera les âmes des élus en soumettant la puissance de la souillure et en
ôtant la condamnation.
• Il délivrera en débusquant les ténèbres de l'apostasie, de la vaine religiosité, du
mensonge.
Mais une grande partie du peuple attendait une délivrance politique, et une partie du
clergé attendait d'avoir les pleins pouvoirs.
L'Eglise attend également sa “consolation” et sa “délivrance”.
Le rôle capital de Débora relaté dans le livre des Juges, lorsqu'Israël a pu être libéré
surnaturellement du roi cananite Jabin et de son général Sisera, est souvent mis en avant
pour justifier l'introduction de femmes pasteurs ou docteurs dans les églises.
Sans traiter ici le thème des “ministères féminins”, les remarques suivantes peuvent être
faites :
1) Dans le Livre des Juges, être “juge” ne signifiait pas présider un tribunal national ou
régional. Samson était “juge” mais n'a jamais eu un rôle de magistrat : il était un guerrier
solitaire (cf. aussi Schamgar, un autre “juge”).
2) Débora n'a pas été élevée à la position de “juge” pour introduire des qualités
féminines dans un cénacle gouverné par les seuls hommes, ni pour remédier à un
déséquilibre spirituel qui en résulterait dans l'Assemblée. Jésus-Christ aurait-il été
inconscient de ce déséquilibre quand il n'a nommé que des hommes comme apôtres ?
• Un chrétien authentique et mâle est l'image, du Christ-Epoux. Il y a donc en lui,
comme en Adam au moment de sa création, comme en Christ, la dimension double
mâle et femelle (l'Eglise est comme sortie de la blessure ouverte à son flanc).
• Ce rôle de représentation dévolu au mâle se retrouve dans tout le culte de
l'Assemblée, ou dans le culte d'une famille chrétienne.
• En dehors de l'activité sacerdotale du groupe, l'homme et la femme peuvent mettre
en œuvre leur différence et leur complémentarité; selon les principes de conduite
applicables pareillement à tous.
• Rien n'empêche alors une femme d'être chef d'Etat ou chef d'entreprise, ou policier
… ou, comme Jaël, d'enfoncer un pieu dans la tête de Sisera. Tout est alors affaire
de circonstances.
3) Débora n'avait pas l'autorité politique suprême sur les tribus d'Israël, car ces dernières
formaient l'Assemblée de l'Eternel. A ce titre, le sacerdoce était réservé aux mâles, et
parfois aux seuls Lévites. Débora, pas plus que Samuel, ne pouvait prétendre, dans
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Les quatre Evangiles par D.C.
l'Assemblée, à la royauté ou à une fonction apparentée, car l'Eternel ne voulait pas de roi
dans l'Assemblée, contrairement à ce qui se passait chez les autres peuples. Samson n'était
même pas sacrificateur.
Ce n'est d'ailleurs pas Débora qui, de sa propre autorité, a choisi Barak.
4) Dans le Livre des Juges, le peuple se rassemblait autour d'un “juge” quand celui-ci
était choisi par l'Eternel comme chef de guerre (cf. Gédéon) contre un ennemi. Mais le
peuple venait vers Débora pour “être jugé” (Jg. 4:5), non par elle, mais par le conseil
surnaturel de Dieu exprimé par sa bouche. Tous les “juges” n'avaient pas ce don, car ils
n'étaient pas tous prophètes. Samuel avait ce don. Ce don permettait de résoudre des
problèmes personnels et des conflits que les chefs de famille et de clans n'avaient pu
résoudre.
Ceux qui venaient le faisaient volontairement, selon leurs besoins, et non par
obéissance à un décret émis par Débora.
5) Barak a été réprimandé parce qu'il a déshonoré, par son incrédulité, le rôle de chef
de guerre que Dieu lui confiait. Il a voulu être accompagné par Débora qu'il considérait
comme un porte-bonheur. Débora a suivi Barak par obéissance à ce chef désigné par
Dieu (mais elle lui a dit ce que Dieu en pensait).
6) Contrairement au juge Samuel, Débora n'a jamais célébré un sacrifice, car elle
aurait alors empiété sur une activité sacerdotale réservée aux mâles en préfiguration du
rôle du Sacrificateur Premier-né, un Agneau mâle.
Débora accepterait-elle de “présider” la Cène chrétienne, sous prétexte que tout croyant
appartient à une sacrificature royale ?
Elisabeth a porté l'Esprit d'Elie et Marie a porté la Parole faite chair. Cela ne leur a
conféré aucune autorité apostolique.
6) Dans l'assemblée, nul ne doit empêcher la femme qui est sous onction prophétique de
parler. Mais elle reste soumise aux autres onctions et aux ministères masculins, sous peine
d'être une usurpatrice. Dans l'assemblée, l'homme, même s'il n'est pas sous l'onction,
détient l'autorité, et supporte la responsabilité qui va avec. Mais lui aussi est soumis aux
onctions prophétiques des autres.
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