La formulation des éléments finis pour une poutre en 2D repose sur la théorie
d’Euler-Bernoulli ou celle de Timoshenko, selon les hypothèses adoptées. Voici
une description détaillée de la formulation pour un élément fini type poutre en
2D basé sur la théorie d’Euler-Bernoulli :
1. Hypothèses :
• La poutre est soumise à des efforts dans son plan (2D).
• La déformation est due à la flexion, avec des rotations planes autour de
l'axe neutre.
• La section transversale reste plane et perpendiculaire à l'axe neutre après
déformation.
• Les déformations dues aux cisaillements transversaux sont négligées.
2. Degré de liberté :
Chaque nœud de l'élément poutre en 2D possède :
• Une translation verticale (v),
• Une rotation (θz ) autour de l’axe perpendiculaire au plan de la poutre
(axe z).
Cela donne 2 degrés de liberté par nœud.
3. Interpolation des déplacements :
Pour un élément fini à deux nœuds, les déplacements sont interpolés par des
fonctions de forme polynomiales. Les déplacements verticaux et les rotations
sont représentés par une relation comme :
v(x) = N1 (x)v1 + N2 (x)v2 + N3 (x)θz1 + N4 (x)θz2
dv(x)
θ(x) =
dx
où Ni (x) sont les fonctions de forme associées.
1
4. Matrice de rigidité :
La matrice de rigidité locale d’un élément poutre en 2D est obtenue en minimisant
l’énergie potentielle totale, ce qui donne l’intégrale suivante :
Z L
Ke = B T EIB dx
0
• B est la matrice de déformation, qui relie les déformations à l’interpolation
des déplacements.
• E est le module d’élasticité du matériau.
• I est le moment d’inertie de la section transversale.
• L est la longueur de l’élément.
Pour un élément poutre 2D, la matrice de rigidité typique est :
12 6L −12 6L
EI 6L 4L2 −6L 2L2
Ke = 3
L −12 −6L 12 −6L
6L 2L2 −6L 4L2
5. Matrice de masse :
Pour une analyse dynamique, la matrice de masse est nécessaire. On peut utiliser
une approche lumped mass (matrice condensée) ou une approche consistent
mass (matrice cohérente). Pour une matrice cohérente, elle s’écrit :
Z L
Me = ρA N T N dx
0
• A est la surface de la section transversale.
• ρ est la densité du matériau.
6. Vecteur de chargement :
Le vecteur des forces nodales équivalentes est calculé en fonction des charges
appliquées (charges réparties ou ponctuelles). Par exemple, pour une charge
répartie q(x) :
Z L
Fe = N T q(x) dx
0
2
7. Assemblage global :
Une fois les matrices locales (Ke , Me , Fe ) obtenues pour chaque élément, elles
sont assemblées dans le système global en tenant compte de la connectivité entre
les nœuds.
8. Résolution :
Le système d’équations global peut alors être résolu pour obtenir les déplacements
(v, θz ) :
[K]{u} = {F }
où {u} est le vecteur des déplacements nodaux et {F } le vecteur des forces
globales.
Ce modèle peut être enrichi en considérant des effets comme les déformations
dues au cisaillement (théorie de Timoshenko), des non-linéarités matérielles ou
géométriques, ou encore des conditions aux limites spécifiques.