π /2
∫
Intégrales du genre :
I n, m = ( ln ( cos(θ ) ) )m θ n dθ
0
On part de l'intégrale suivante, qu'il est aisé de transformer en une intégrale
hypergéométrique d'Euler, ce qui conduit à une fonction hypergéométrique de Gauss :
π /2
∫
i
( cos(θ ) )β e− i α θ dθ = F ( a , b ; c ; x) avec β ≠ α
0 β +1 2 1
α +β
avec : a =1 ; b = +1 ; c = β + 2 ; x = 2 avec c ≠ b+1
2
2 F1 ( a , b ; c ; x ) est la fonction hypergéométrique de Gauss.
Du fait que a = 1 la fonction hypergéométrique peut être réduite à une fonction de plus bas
niveau, la fonction Beta incomplète. Mais il est aussi simple de conserver la notation
hypergéométrique car le background disponible est très important.
De façon purement formelle, les dérivées partielles successives relativement à α et β
conduisent au résultat recherché :
π /2
∫ ( cos(θ ) )β ( ln ( cos(θ ) ) )
m − iα θ
e θ n dθ =
0
π /2
∂ n+ m
∫
1
= ( cos(θ ) )β e− i α θ dθ
(−i ) n (∂α )n (∂β ) m 0
∂ n+m 1
= (i ) n +1
n m
(∂α ) (∂β ) β + 1
2 F1 ( 1,
α +β
2
+1 ; β + 2 ; 2 )
et avec α = β = 0 :
π
∂ n+m
F ( 1,
α +β
+1 ; β + 2 ; 2 )
∫ 2 1
2 m n +1
( ln ( cos(θ ) ) ) n
θ dθ = (i ) 2
0 (∂α )n (∂β )m β +1
α →0
{β → 0
En raison de présence du facteur in+1 on voit que les valeurs des dérivées relativement à α et
pour α → 0 et β → 0 ( avec α ≠ β ) sont successivement réelles ou imaginaires pures, ceci
en partant d'une fonction hypergéométrique particulière 2 F1 ( a , b ; c ;2) qui est complexe.
La séparation entre parties réelle et complexe est donnée par :
α +β
2 F1 (1 , +1; β + 2 ;2)
2
= Re (α , β ) + i Im (α , β )
β +1
Re (α , β ) =
π
(
cos 2 ( β − α ) ) α −β
2 F1 ( 2 ,−β ;
α −β
2
+ 1;1)
−
2 F1 (1, − β ; α +2 β +1;
1
2
)
2β α −β α −β
Im (α , β ) =
π
(
sin 2 ( β − α ) ) α −β
2 F1 ( 2 ,−β ;
α −β
2
+ 1;1)
[ β ≠α ]
2β α −β
Notons bien que la condition α≠β ne présente aucun inconvénient, puisque les dérivations
partielles sont effectuées successivement et que, finalement, on fait tendre successivement α
vers 0 , puis β vers 0 (ou inversement) pour calculer la limite : ce n'est pas pareil que si l'on
posait α=β=χ et χ tendant vers 0, ce qui serait faux. (ne pas confondre avec le cas n=m qui
est tout aussi valide que n≠m)
α −β α −β α +β 1
Les fonctions 2 F1 ( 2 ,−β ; 2
+ 1;1) et 2 F1 (1, − β ; 2
+1;
2
) peuvent
s'exprimer sous forme de série infinies. Toutefois, lorsque l'argument est égal à 1, ce qui est
le cas de la première, son expression se réduit à un seul terme :
α −β
α −β α −β Γ( 2
+ 1) Γ( β + 1)
2 F1 ( 2
,−β ; 2
+ 1;1) = α +β
Γ( 2
+ 1)
ce qui n'est pas le cas de la seconde dont l'argument est ½ :
∞ α +β
Γ(k − β ) Γ(
∑ Γ(− β ) Γ(k +
α +β 1 + 1) 1
2
2 F1 (1, − β ; +1; ) = α +β
2 2
k =0
+ 1) 2k
2
On entrevoit içi l'origine des difficultés qui sont rencontrées selon la parité de (n+1),
donc selon le nombre nécessaire de dérivations relativement à a :
α −β α −β
2 F1 ( 2 ,−β ; 2
+ 1;1) ne comporte qu'un seul terme,
α +β 1
alors que 2 F1 (1, − β ; + 1 ; ) en comporte un nombre infini.
2 2
Ainsi, selon que l'un ou l'autre entre dans les calculs ultérieurs, on abouti soit à une formule
avec un nombre fini de fonctions, donc une expression relativement simple, soit avec un
nombre infini de fonctions, donc une expression beaucoup plus compliquée.
Lorsque n est pair, les dérivations sont effectuées à partir d'une fonction relativement
simple, c'est-à-dire à partir de Im (α , β ) , qui n'est pas une série infinie :
π
∫ ( ln ( cos(θ ) ) )m θ ndθ =
2
0
= (i )n +1
∂ n+m
2 ( 2
)
− i sin π ( β − α ) Γ( α − β + 1) Γ( β + 1)
n m β α +β
(∂α ) (∂β ) 2 (β − α ) Γ( 2 + 1)
α →0 {β → 0
∂ n+m π Γ( β + 1)
= (i )n [ n pair ]
m β +1
+ 1) α → 0
n α +β β −α
(∂α ) (∂β ) 2 Γ ( + 1) Γ (
2 2 {β → 0
n pair :
π
∂ n+ m π Γ( β + 1)
∫
m
2
( ln ( cos(θ ) ) ) θ ndθ = (i)n
0 (∂α )n (∂β ) m 2 β +1 Γ( α + β + 1)Γ( β −α + 1) α → 0
2 2 {β → 0
π Γ(ν )
Remarque : on reconnaît l'expression connue (−1) N ν +α +1 ν −α +1
avec les notations n = 2N et β = ν -1 2 ν Γ( 2
)Γ ( 2
)
Les dérivations successives sont relativement aisées, sachant que
d d d (1)
Γ ( x ) = Γ ( x ) ψ( x ) ; ψ( x) = ψ(1) ( x) ; ψ ( x) = ψ(2) ( x) etc...
dx dx dx
il s'agit des fonction polygamma.
En voici quelques exemples :
π Γ( β + 1) π
Soit : f(α , β ) = α +β β −α
→ f (0,0) =
2β +1 Γ( 2
+ 1)Γ( 2
+ 1) 2
∂ 1 ∂
∂α 2
( α +β β −α
f(α , β ) = f (α , β ) −ψ( 2 + 1) + ψ( 2 + 1) ) →
∂α
f(α , β )
(0,0)
=0
∂2 1 2
∂α 2
f (α , β ) = f (α , β )
4
(
− ψ (
α +β
2
+ 1) + ψ (
β −α
2
+ 1) + )
1
( α +β β −α
+ f(α , β ) − ψ(1) ( 2 + 1) − ψ(1) ( 2 + 1)
4
)
∂2 π ψ(1) (1) π π2
→ 2 f(α , β ) =− =−
∂ α (0,0) 2 2 4 6
etc…
Et de même pour les dérivations relativement à β :
∂ 1
∂β 2
(
α +β β −α
f (α , β ) = f (α , β ) − ψ( 2 + 1) − ψ( 2 + 1) )
∂ π
→ f (α , β ) = − ψ(1)
∂β (0,0) 2
∂2 1 2
∂β 2
f (α , β ) = f (α , β )
4
− ψ( (
α +β
2
+ 1) − ψ(
β −α
2
+ 1) + )
1
( α +β β −α
+ f (α , β ) − ψ(1) ( 2 + 1) − ψ(1) ( 2 + 1)
4
)
∂2 π π
→ 2 f (α , β ) = ψ(1) + ψ(1) (1)
∂β (0,0) 2 4
Et ainsi de suite, y compris pour les dérivées mixtes relatives à α et β…
On obtiendra ainsi le résultat sous forme d'une somme d'un nombre fini de termes
comportant des fonction polygamma avec l'argument égal à 1.
Avec la relation existant entre ces fonctions et la fonction zêta de Riemann :
ψ( j ) (1) = (−1) j +1 j ! ζ ( j + 1) [ j entier > 0 ]
on comprend comment retrouver les formules connues et qui comportent des valeurs
particulières de la fonction zêta.
Lorsque n est impair, les formules deviennent beaucoup plus compliquées.
π
∂ n+m
∫
m
2
0
( ln ( cos(θ ) ) ) n
θ dθ = (i ) n +1
(∂α )n (∂β )m
(
G(α , β ) − H (α , β ) ){αβ →→ 00
G =
(
cos π ( β − α )
2 ) α −β
2 F1 ( 2 ,−β ;
α −β
2
+ 1;1)
(α , β )
2β α −β
α +β
F1 (1 , − β ; 2 +1;
1
)
H =
2 2
(α , β ) α −β
Le terme G(α,β ) pourrait se traiter de la même façon que ce qui a été fait précédemment.
Les formules correspondantes auraient un nombre fini de termes s'explicitant avec les
valeurs particulières des polygamma ou des zêta, comme on l'a vu.
Par contre, le terme H(α,β ) va générer une série infinie dont le terme général sera une
combinaison de polygamma, ou de zêta.
∞ α +β ∞
Γ(k − β ) Γ( + 1)
H (α , β ) = ∑ (α − β ) Γ(−β ) Γ(k +
k =0
2
α +β
2
+ 1)
= ∑h
k =0
α ,β
α +β
Γ(k − β ) Γ( 2
+ 1)
avec hα , β = α +β
(α − β ) Γ(− β ) Γ(k + 2
+ 1)
∞
∂
∂α
H (α , β ) = ∑
k =0
hα , β −
1
α −β
α +β α +β
+ ψ(k − β ) − ψ(− β ) − ψ(k + 2 + 1) + ψ( 2 + 1)
et ainsi de suite pour les dérivées suivantes
Il apparaît donc de multiples complications : non seulement on a une série infinie (au lieu
d'un nombre fini de termes), mais de plus, on a un nombre infini de valeurs de polygamma
(j)
(ou de zêta) tels que ψ (k ) avec 0<j≤n+m et 0<k<∞ ( au lieu des valeurs très simples :
ψ( j ) (1) ou ζ ( j + 1) avec 0 < j ≤ n + m du cas n pair )
On comprend ainsi pourquoi, dans le cas n impair, bien qu'il soit en principe possible
d'expliciter les formules avec des séries infinies de polygamma (ou de zêta), la réduction de
ces formules compliquées à des expression qualifiées de "simples" soit certainement très
difficile, voire même impossible sans définir de nouvelles fonctions spéciales bien adaptées à
ce genre de problèmes.