Et Sédimentaires: Processus Hydrodynamiques Morpho de L'environnement Des Barres D'avant-Côte Du Littoral Du Du Lion
Et Sédimentaires: Processus Hydrodynamiques Morpho de L'environnement Des Barres D'avant-Côte Du Littoral Du Du Lion
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Hyd rody nami c and mo rph osed ime nlO log ica l processe s 10 the
offshore-bar cnvironmc nt , Gu lf of Lions
Coastal erosioll processes arc abundantly rcfcrred 10 in the litera tu re throughout
the world. Quantitative assessment and modell ing are more s parsc ly documented ,
The existing conceptual rnodels (Bruun, Dean .. ,) cannot bc used wÎthout care,
163
J.-P. BARUSSEAU et al.
Factors such a!> the origin of the material in\'ol ved in the profile equilibriul1l, or
the rate of sea Icyel ri!!oe arc also imponant in panially coruroll ing the shoreline
cvolution . In the Gulf of Lions (Mediterranean Sea), the linear and crescentic
o ffshore bars conslÎlute another factor whieh prcyents the use of simplc modcls
such as the power function y= ax b.
A relevant p:lr:lmeter to improve our unde rstanding seems to be the shape o f the
profile recorded normollly tu the shore and the dcfinition o f ils inte r:lnnual
Ouctuations. This project works out a number of regular surveys. in time and
spaee, from peTmanently loca ted landmarks. E:lch landmark constitute s an
obse rvatory and the meas urements report ed here : bathymetry, topography,
scdimentology and eoastal oceanography. were gathered at the Saint-Cyprien one
(Pyrénées-Oricrnalc!> ).
Morphologieal cvolution ha.~ been ohscn'ed since June 1988 on a monthly hasis.
The most unstable pan of the profile is the region o f the offshore bars which
rapidly registcrs thc variations of the marine cl imiJte . The inner bar is located in
relation to the position of the breaker zone. Location changes of the outer bar arc
controlled by the evolution of the WiJVC rcgimc as weil as by the edge wavcs
c haracte r iz ed from t hc wave record s. Sedimcntary movem e nt s were
demon sHated. in an a longshore and an o ffshore-on shore directio n. by the
[Link]Ïon of sand ripple migration upon the outer bar crest and avalanching in
the interbar trough. where they were observe<!, during a peritxl o f mooer:lle wave
aetivity from the southeast sectOT.
- - - - - ,64
BARRES D'AVANT-COTE DU GOLFE DU LION
.
•
engraissement (Quéle nncc, 1984). La simplicité de cette
modéli s ation fait s on intérêt. tempéré to utefoi s par
l'i mposs ibil ité de l' a ppli que r aux côtes à barre( s )
sédimentai re(s). On peut cependant penser que le profil
défi ni par la fonction puissance est sous-jacent et jouc le
rôle d'une onde poneuse vis-à-vis des singularités que
SOnt les barres d'avant-côte. L'analyse des implications
reste à faire .
Il exisle donc des modèles mai s il s ne couvrent pas la
totalité du ehamp ouve rt par la di versité des situations
,. réelles. Le problème est en grande partie imputabl e à
l'absence de longues séries de mesures fiables et précises
caracté ri sa nt le s c hangemen ts de forme du profi l
transversal du domaine littoral. C'était déjà une conclusion
Ag i, du sém inai re rel:uif aux variat ions séculai res du niveau
no moyen des men; (Cazenave et Minster, comm. orale). Dans
le même ordre d' idées, Mehta el Cushmun (1989) écrivent:
«There is a eonspicuous lack of field measuremems ... to
calibratc and verify these model s. Required arc concurrent
time series .. .» (p. 61 ).
Le présent article expose les résultats d'une survei llance
régulière de secteurs sensibles du golfe du Lion, conçue
pour répondre à l'exigence d'une acqui sition de données
de bonne qualité, maintenue sur un intervalle de temps
Fi gure 1 pluriannuel.
Situation gtn~ra le de~ ~ile~ étudi és dans je, golfe du Lion. Les numéros
PI ... N indÎqU(:nt la posi tÎon dc~ pmfil~ de la figure 2.
IACafian of srudi,.J Sif,.S in ,h,. Gulf of [Link]. 1'1 ••. 1'4 a,.,. ,.,.fuft'J IY ,,,,. PRÉSENTATION DES SITES D ' ÉTU D E ET D U
pmfll,.s sh_'n inflx" '" 2. PROTOCOLE EX PÉRIM ENTAL
sujet d' exploration, compl iqué par le fai t que J'on doit La problématique des côtes à barres
raisonner en foncti on d'évolutions pluriannuelles, encore
mal discernées, du climat océanogmphique. Le littoral du golfe du Lion (fig . 1) présente une à troi s
Le modè le de Bruun ( 1962) associe, dans cet esprit, un barres fe stonnées ou recti lignes ( Baru sseau et Saint-
retrait de la ligne de ri vage à toute élévation du niveau Guily, 198 1). JI s'agit d'une côte à caractère dissipati f
marin . Le rai sonnement. appuyé s ur une hypothè se dominant, cc dont rend compte le paramètre E, défini par
d'équilibre jusqu'à la li mite de dispersion des sédi ments Guza et Inman ( 1975), Guza et Bowen ( 1977) e t Battjes
sableux, établ it que le recul est proponionnel au taux de ( 1975),
montée et inversement proportionnel à 1:1 pente moyenne. E = (n Hb)/(Lotg2B)
La ré sultant e o bse rvée exprime le bi lan entre un Hb : hauteur des brisants: Lo: longueur d'onde de la houle
e ngmissement généml. provoquant une élévation des fonds au large : tg I.! : pente de ]' avant-plage.
sur une épaisseur égale à la montée du niveau marin, et
une érosion , locali sée au rivage, qui fournit le matérie l Seules des valeurs inférieures à 20 signalent des plages
nécessaire à eette remi se en équilibre du profil. La règle de réflectives; elles sont ici généralement de l'ordre de 122 à
Bruun représente un cas simple d'évolution de la zone 246. L'extrême sud de la côte sahleuse, entre Argelès elles
lillorale. Les critiques, notamment exprimées par Dean promont oires roc heux pyré née ns qui la lim itent, rai t
( 1977), portent sur le fait que le rivage n'est pas le seul toutefoi s exception :Ivec des valeurs aussi basses que 12.
pourvoyeur en matérie l frai s, L'avant-côte, notamme nt, L'a bsence de barre cla irement diffé re ne iée e n est la
peut aussi contribuer à cette alimentation (Barusscau . conséquence (fig. 2).
1973). En outre, la valeur du laux de remontée induit des Dans de telles conditions, on enregistre habituellement de
évolutions réglées par la plus ou moins grande vitesse du façon régulière, outre la présence de barres linéilires,
mouve ment. Des co nstruc tions liltorale s pe uvent , e n parallè les au ri vage, des bri s:lnt s plo ngea nt s c t des
panicu lier, s'édifier lorsque le taux est sufliS:lmment lent oscillations nlllrquées d'i nfragmvité (Short, 1975 : Wright
(Barusseau ('laI ., 1987) el al.. 1979).
165
J .• P. BARUSSEAU et al.
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166
BARRES D'AVANT-COTE DU GOLFE DU LION
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- o bt cni r des mes ures de très bo nn e qua lit é dan s
l'ensemble des di sciplines mises en cause: océanographie
physique côtière. sédimentologic et morphologie:
- opé rer a vec rég ul arité pe ndant des pé riodes
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pluriannuelles.
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Ces conditions onl conduit à choisir trois sites (fi g. 1):
Saint-Cyprien, Marscilhm ct Sète. Le premier correspond à
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une avant-côte constituée par un matériel sédimentaire peu .;~,
évolué où s' obscrvent des barres fes tonnées . Les deux
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semble moins mcnacée. .' :'.1
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Dans chaque site. la référence lopométrique est constituée
par un ensemble de repères (bornes) permanents formant
deux bases: la base large . matériali sée par des bornes 11 Figure 4
pas kilométrique ct la base serrée. disposée en position
Plan du disposi tir de mc:sure!. C : position de5 profils: E : épis; c :
centrale et représentée par une dizaine de bornes (huit à COUrdniographc:! ; c h : couranlogrnphe-houtov"phe : p : perche ~ houle.
Saint-Cyprien. onze 11 Sète et Marsei llan) séparées de 50 m
environ . Les deux bases forment ainsi un observatoire sur Mnp nf /111' 'I!fnsuring J""iCi' I/Ka/iun. C: 1f/("nI;nl1 nf th/" projit/"t: E:
gmp,es; c: rf/Trt'III rt'Cuffl/"r; ch: curr/"III mrtl Il'flI' /,, ('('corda: p: ,..",.t'
lequel il est possible de revenir régulièrcment. guuge,
Le pos;t;onnemelll
carottages - ont toujours été réalisés en plongée de façon à
La matérialisation des bornes pennet la misc en place d' un pe rm ettre une descrip tion du fo nd ( inte ns it é de la
di s posit if ass urant une grand e préc is ion de bioturbation : fi gures sédimentaires: degré d' hétérogénéité
posit ionnement. On a cho isi un Geodimeter 140. Cet sédimcntologique).
appareil permet des mesures d' angle en site et en azimut à Les mesures d'océanograph ie physique ont été réalisées
5. IO· oS grade près ct des mesures de di stance 11 ± 1 cm s ur le se ul observat oire de Saint-Cy prien (fig. 4). Le
jusqu'à envi mn 1 400 m. En outre. il résoud les relations matériel est ce lu i de l'I NRS-Océanolog ie à Rimous ki
trigonométriques du triangle et arriche donc au ssi la (Québec), et comprend:
dénivelée à ± 1 cm.
- quatre courantographes 54 lnterocean. dont un S4 DW
L' appareil est utili sé aussi bien pour la topographie du houlographe-marégraphe ;
cordon dunaire et de la panie émergée de la plage qu 'en
- cinq perches 11 houle:
bathymétrie pour laquelle il fournit la distance au repère.
La co te du ni veau marin es t dé fini e, au cours de la - trois jauges nucléaires à transmission.
première opération, par repérage de l' altitude du sommet
d u talu s de co lli sio n. à la base du j et de ri ve, Les U I fréquence
opérations de bath ymétrie sonl assurées à l' aide d' un Les levés topobathymétriques ont été réal isés avec une
sondeur Fuso monté sur un Zodiac, La précision nominale fréquen ce me ns uell e e n fonc tion des co nd it io ns
est ± 5 cm, la précision réel1e dépend des conditions de météoro log iqu es. Les mes ures sédim ento log iqu es
Iller (belle à peu agitée) ct peut s'abai sscr il ± 15 cm. La re pré.~ent e nt le résultaI d'un échantillonnage biannuel. Les
synchronisation des 10pS sc fait par radio VHF. observations ont débuté en j uin 1988 à Saint Cyprien et en
Les prélèvements sédimemologiques sont positionnés de la mai 1989 po ur les de ux o bse r va to ires de Sè te el
mê me fa ço n. en fo ncti o n de la mo rph o log ie. On Marseillan. Une seule opérdtion d'acquisition intensive de
échantillonne systématiquement les creux des fosses de données océanographiques liuorales a été exécutée en
lév igat ion ct les crê tes de barres ain s i que ce rtaine s février et mars 1989, en fin de cycle hi vernal. à Saint -
profondeu rs synoptiques (0- 10 m). Cy pr ien. Les résultat s pré se nt és dan s cc qui suit se
rapponent. en conséquence. à ce dernier observatoire.
UI lIature des opérat;OIu
167
J.- P. BARUSSEAU et al.
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•
1000 o
Figure ~
A: cane (intervalle: 0.25 ml: B : bloc-diagralllnle vu du Sud : C: bloc-diagrammc "u du NonI: 1) : bJoc-dlagranunc vu de r~l. Toutes les valeurs sont
en mètres.
Marpha/agkul m"p 01 Ih~ Sain/·C)'pri~1I "~{I'5ht>~ :flII~ il l f ",bl'14/If)' 1989. A: IIWp (COn/fJ/jr Im~n'U/: 0.25 III): H: J-O 5k~teh Imm Ih~ South: C: 3-D
.rk~lchlrom Ih~
North: 0 : 3-D . Aelch/rom 1/" EfUl. DIIl/ll/r"5 (JIul d.."tlr.r III mnrr:.'.
5A) et de blocs-diagrammes fi guratifs de différents points barre externe cl celle de la barre interne (fig . 7). On note
de vue (fi g. 5B. C et D). Les deux barres présentes sont aussi l' innuence d'un fort facteur «localisation du profi l»
festonnées. qui sc matériali se par le regroupement des points figu ratifs
Du large vers la côte, le profi l montre d'abord une pente de chaque profiL
régulière - le glacis d'avant-côte - assez peu changeante au La dislance de la crête de barre au rivage en fonction de la
cours du temps . A l'approc he de la ba rre ex terne, le pente basale montre une opposition elllre le système internc
gradient se modifie rapidement. La profondeur de cc point et le système externe (fig. 8) , La position de la barre
d'articulation entre le glacis ct le système des barres varie interne, écartée du rivage quand la pente diminue. est donc
dan s le tem ps ct l'e space. La di stri bution de s penles détemlinée plus par la profondeur que par la distance. Au
moyennes au niveau des barres d' avant-côte (pente basale contraire. la corrélation est inversée pour la barre externe et
mesurée enlre les creux des fosses de lévigation) mOntre la logique explicative n'est donc pas la même.
une plus grande hétérogénéité (fig. 6).
Parmi les o bservation s qu e permet la s ur ve ill ance
Sur le glacis, la pente croît pendant la période estivale ct le topobathymétrique mensuelle des observatoires, les carles-
début de l'automne, clic dimi nue entre la fin de l'automne différences font apparaître. aux errc ur~ de mesure près (±
ct rtlÎver. Il est clair que cette di sposition accompagne les 15 cm ). le s var iation s pos iti ve s o u négati ves de la
tran sferts de matériel sableux du large ve rs la côte e n topographie sédimentaire. Dans ces condition .... "cul s des
régime e~tival ct automnal et. au contraire. la reslitulion- changemenls supérieurs à 30 cm peuvent être détectés (fig.
refuge du sédiment littoral ve rs le glac is au CO UT!. de 9). La cartc figurée montre les changements inlervenus
l'hi ver. entre fév rier et mars 1989. La di sposition gé nérale des
La variation au cours du temps des pentes moye nnc ~ ~ou s modificatio n ~ respecte les orientations parallèles ~ la côte
le système des barres d'a vant -côte est bea ucoup plus qui structurent l' é pandage sédimentaire. Le ~c h é rna est
confuse. Il ...emble exister toutefois. pour toute la période principale ment bidimensionnel. Toutefois. en particu lier
étudiée. une corrélation inverse entre la pente basale de la sur la barre externe. une rythmici té longitudinale appar.tÎt
'68
BARRES D'AVANT-COTE DU GOLFE DU LION
aerr. interne
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slopt ('*'J.
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mais il ex iste une grande disparité li chaque niveau (- 10 a '• .I 0
figure 7
Rc lül ion enl re les pentes basalcs des d.::u x systèmes de barre s •.ra vant-
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H,d,"i"" /whU"" [Link]'/ S/Uf1eS uf Ihe 1""". ",ul /1141er offJhof"r oo'.f. O,8.~0,-'0~.<5--"~.;;0--""..,5- -'2".;;0- --,J
2.5
x-<[Link]$: sluJ/t' o/Ihlt uUler 1",, : )"-axls: s/opt of th" i" "er b/lr. PENTE ( l I DE LA BARRE EXTERNE
169
J.·P. BAAUSSEAU et al,
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PENTE BARRE INTI:.HtŒ O. l l'E NTE BARR E DIER/lE (l I
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170
BARRES D'AVANT-COTE DU GOLFE DU LION
Tabl eau 1
[Link] S[CONDAIRES
N' Temps de passage Hauteur (cm) Nombn! Temps de passage Hauteur (cm) Nombre
1 h 10' 4.2
3 12 h 30' '.6 2 6 h 10' 4.4 40
6 h 20' 3.6
,4 18 h 10'
Il h 50'
2.2
6 6
8 h 20'
3 h 00'
2,2
4.4
63
30
Oh 40' 2
2 h 30' 4
1 h JO' 4.4
Oh 40' 3.'
6 15 h 00' 7 , 2 h 20'
1 h 50'
2.8
1.4 31
1 h 30' 1.8
1 h 5U' 4.'
1 h 50' 4.6
Oh 50' 3.6
7 Il h 30' 6.6 8 1 h 50' '.8 24
Oh 30' L'
1 h 30' 3.6
2 hOO' 3.0
1 h 20' 2.4
3 h 30' 2.'
Oh 40' 1.8
Oh 50' 1.8
8 JO h 20' 4.4 9 1 h40' 1.6 20
2 h 30' 3
2 h 15' 1.4
3 hOO' 2.6
1 hOO' 2.4
9 6 h 10' 4.2 4 Hh 50' 32 12
2 h 10' J.2
Oh 45' 3.0
2 h 20' 4.2
10 6 h 10' 3.4 Oh"" 1.2 20
Les jauges nucléaires employées au cours de l'opé[Link] (<<avalanch ing»), peu après le déclenchement du cou p de
d':lcquisition de données océanograph iques de février- mer, suivie d'une sédimentation plus lente ct plus durable
mars 1989 on t permi s de mes urer les dépl acements (sédi me nt ation grain à grain résu llant du dé pôt de
sédi mentaires accompagnant les changements du régime particules mises en suspension).
météorologique. Ces déplacements se manifestent par le Ces observm ions raltachcnt le caractère plus évolué du
passage d'ondulations dont le profil dépend de la direction maté ri el des fos ses de lév igation à l'act ion des fortes
el de la vitesse de migration de l'objet sédiment:lire. Il hou les sur les fonds moins imponants de la crête de barre
existe plu s ieurs type s d'ondulation s (principa les, externe, lieu de dép laceme nt de rides et de rem ise en
seco ndai res ct rési duelles) don t le s caractè res so nt suspension, donc de triage.
indiqués dans le tableau 1. JI s' agit d' un enregistrement
couvrant ci nq jours de mesures du 18 au 22 m:lrs 1989.
Caractères océanographiques
Les j:luges :lyant été mi ses en place sur la barre externe
(fig. 4), elles ont mesuré les modifications liées à un coup
de mer du 20 au 22 mars (vents de SE à ESE, soumant à Les résultats obtenu s au cours d' une ex périence de 38
70- 120 km.h- l à Cap Béart). L'amplitude des oscillations jours (fi g. 4) concernent les vnriations de cOle du ni veau
principales correspond aux rides observées e n plongée d'cau, 1:1 houle el les courants moyens ct induits.
dans cette zone. Ces ondulations sont surtout locali sées sur En mison du régime microtidal (de 4 à 26 cm) à fortes
la crête de b<lrre Uauge H). Par cont re, sur la pente côté irrégularités de la période semi -diume ( 10 h à 14 h 50), la
terre G;luge Cl, on n'observe pas, dans le mê me temps, de cote du plan d'eau est réglée surtout par les variat ions
figure s sédimentaires mai s une évolutio n très brut<l1c barométriques CI l'effet de fri ct ion du vent. Ce dernier
171
J.·P. BAAUSSEAU et al.
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
20fév. 28 IN
10m .s· ' ""1
Fig ure 12
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semble prépondérant: l' é lévation du ni vcau peut alo rs
aueindre + 1 mlNGF par tempête, tandi s que les vents de
terre (tramo n tane) e nge ndrent un aba issc ment de 0 ,5
r~'V~t~!
voit que l'élévation du ni vea u n'est pas du tout en phase
., avec les variations de pression. Il existe non seulement un
." décalage mai s une inversion car, globalement, aux forte s
•• pressions correspondent les plus hauts ni vea ux,
···L-~oc~~------""------~----c.~,-~~---' Les houles enregistrées pendant le temps de l'expérience
23, 02 27 ,02
sc camctérisent par de ux régimes, en liaison avec le type
de ve nt dominant. Le régime de vag ues engendré par la
1nllnonlane pré sente un large s pectre d 'é nergie li é à
l' étalement des périodes mcsurées. Au contraire, le spectre
d 'énergie des vag ues issues des ve nts de Sud·Est est étroit
C et concentré autour du pic de la hauteur significati ve, La
.-
bande s pectrale des conditions intermédiaires se situe en
10 10
... . . .,
1
~ __ _.L. .. •j. Il ex iste, à côté des houles, des pics d 'énergi e de basse
,
1000
j
. '" . 1-
.. ~ .
i-
.
-- ; --1
f-- fréquence (cntre 0 ,0 1 ct 0,03 Hz) qui appart iennent aux
ondes d'i nfragravité.
.r~ ..,
'H 1 -
.L. _.. , .-_ .. +- La di stributi o n énergé tique des o scillation s m ises e n
, -- -1- -: ..
-l-.-_+i __.. . év idence présence des valeurs maximales au bord de la
t
~
, __ _ . __ . _. .L. ....L..
j .. , ..... , --~ .. -i-- - .- .--T"-'
plage et au sommet de la barre interne par temps de SE_ La
réponse énergétique au niveau de la fosse de lévigalion
interne et du revers externe de la barre interne est alors 30
•• .. T- - +-- - : - à 50 % moins importante . Par ve nt de tem:, la répartition
M' normale à la côte montre que global ement l' énerg ie est
23 . 02 27 . 0 2
deux à troi s fo is moi ndre que par régime de ve nt marin
(fig , 13).
Figure 11
Le di s positif de mesure employé ne comporta 111 pas de
Variations LIu ni\'eau marin a~»ociées au~ penurba tions L1c Sud-Es1. houlographes sur la barre exleme (sauf un :Jpp:Jrcil au large
A : "ilesse~ et dircel ion~ du ,"cm : Il : n"ll"tualion~ LIu n Î\ ~au marin
( régre~.~ ion de lroi ~i~me nrdrc LIes me.<urcs LIe niveau) : C : variation
de la crête), seuls les ('oumms om été anal ysés au niveau du
de la press io n al lll os phé rique (r~gre«ion de lroj~i~me ordre de. fond s ur un profil nor ma l à la côte (fi g. 14 ). le
lIle~ures d~ pn:~~io n a\lllo~phér ique ), ('ourantng raphc C4 a ya nt été e n avarie dès le dé bul de
S"C le ....1 chtmge.r d"" m li SE !lait. A: will</ di ....'û/JlIs IJ/rJ ,·t'I<N:Illt'S;
l' opérati on. Les flu ctua ti ons enreg istrées. ex primées en
R: SM-Il"'''/ J1'U' /"lllio,,, (Ihir.! off/a regreuhm jilteillo .<ra-/l'"t'I co mposante N ou S. W ou E (VN . VS . VO, VE), ~on t
1II('''S"",,,,('IIIS): C: [Link]'lri<' WJrI/IIi()lJ.f (I!tinl Of/lfr ft'grt'sJio" jilœrl rcponées dans le tableau 2. Le maxi mum uueim (0,75 m,S'I)
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172
BARRES D'AVANT-COTE DU GOLFE DU LION
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au 31/3
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0.50
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0.25
(J.085
0.15
0,085
0.30
[Link]
0,65
173
J.-P. BARUSSEAU et al.
L'évolution morphologique du profïl résulte de tra nsfen s Pa r mi le s hypothè ses concern ant la formation et
sédimentaires au s~i bien longitud inau", que norma ux par révolution d es barre s d 'a\la nt- cô te , deu", modèle s
rappon au ri \lage. Ces tra nsferts ont été mis en é\lidence pri ncipaux sont habituellement mi s en avant: le modèle de
dans celle étude. King et Will iams dit «du point de brisance» ct le modèle
de Bowen, faisant appel aux ondes de bord.
Les mesures faite s à l'aide des jauges nucléaires montrent
que la forme des barres d'avant-côte se rnodifïe par le jeu Les résultats de Saint-Cyprien sont cont rastés. En effct. la
du déplaccmcnt de rides dont on a noté trois échelles de barre interne, la plus proche du lilloral. semble clairement
dimension ct de temps de passage s ur les crètes de barre, appartcnir au premier type, pounant contc.~té par aillcurs
Pa r contre, s ur la pentc in tcrnc ( front de barre), le s (Aagaard, 1988 ), On a vu (fig. 8) que la distancc de la
changeme n ts résultent d'un proccs s us plu.~ rapide barre 11 la côte est en relation in ve rse avcc la pente donc
(<<a\lalanching») pcndant le ma",Îmu m du coup dc mer. corrélée à la profonde ur. En outre, la di stribu t iun
sui \Ii d'une sédimentation grain à grain. énergétique de la houlc montre un maxi mum s ur la crête
de la barre interne.
L'orientation de ces dép lacement s fa it apparaître de s
composantes longitudinales et trans\lersales bien marquées Il n'en est plu s de mê mc po ur la barre ex te rne po ur
par la ré partition de s sédime nts . Lc matériel de hlquelle la distance dépend directement de la pente, Selon
l'observatoirc dc Saint-Cyprien est, en effet. un sédiment Bowen (1980), la distance s'écrit :
relativement frais mai s cependant déjà bien trié, xn = (g 19B zn (rl)/4n 2
L'ang ulo sité permet toutefois de caractéri ser l'état de dans laquelle l'indice n se réfère au mode de ronde de
déséqui libre de ta struc ture granulométriquc. Il y a défïcit bord (c'est-à-dire au nombre de lieux dc vitesse nulle ou
dc maté riel aux de ux e",t rémi tés dc la di stribution qui zero-crossings: Caner el"/" 1973) : le code (r) prend les
enrcgistre, par conséquent. l'empreinte de mécani smcs \laleurs (1) ou (2) selon que l' 011 a affaire à un \lcntre ou 11
nornHl1ifs orientés vers un umenu isement générn l ct un un noeud. ct les valeurs de I.n(r) son! données par Bowell
rétrécissement de ta largeur du spectre dimensionncl. Ces (1980); tgB est la peille ct n la pulsation : bUT.
modificat ions sont principalement matérialisées par la
Ce second modèle met do nc en jeu les ondes de bord : or
confrontation des résultats de profil 11 profil. Elle s
on a vu que ce type Je facteur pouvait être allclldu s ur une
tradu isent donc des gradients longitudi naux.
côte à caract èrc di ss ipatif. commc la côte de Sa int-
Cependant les indic:.ttions de transferts normaux au littoral Cypricn. Deux arguments m ilitent égalemcnt en faveur de
nc sont pas rares. Ils sont démonlré.~ : leur présence ici d'abord la mi se en é\l idence de pics
1) par la persistance des singularités que représentent les J'énergie basse fréquence dans les e n re gi~t remen t s (fig.
embouchurcs sur tout le profil situé par leur trave rs: 12), ensu ite l'écartcment des dépocentres observés dans
tes canes-différences (fïg, 9).
2) par le fait quc la décroissance granulomélrique vers le
large répercute en profondeur les différences ini tiales sans Il existe en e ffet, selon Bowe n ct Inman (197 1), une
les atténutr : relation entre la longucur d'onde des fe stons et la longucur
3) par un fon facteur «appartcnance 11 un profïl donnb ), d'onde de ronde de bord générat rice dont Ursell (1952) a
déterminé l'équation:
qui regroupe les points de chaque profil (fïg , 7) :
1-"(' = (g/21t) 1'.:2 sin (2n + 1)3
4) par l'existence, dans les zones de fons transits latéra ux,
d'hétérogé néités dans le triage qui répliq uent les dis parités avec T~ la période de l'onde de bord. Il son nomb re modal
du matériel sur la plage et I"avant-plage: el B la pente.
5) par la présence, quel que soi t le régime de houle, de En rai son de la circulation lillorale engendrée (courants en
com posantes de cou ralllS normales aux isobathes, ct aux direction de l:.t plage a ux ventres de l'onde de bord ct
lignes de relicfs (fïg. 14); courants d'arrachement aux noeuds), la lo ngueur d'onde
6) par I"approfondissernent du point d'articulation (où la de chaque fe ston serait ta moi lié de Le. On peut donc tirer:
base du fC \lcrs de la barre externe se raceorde à la pente du Te = 141ûJg sin (2n + I)Bpn
glacis d'a\lant-côte) au droit dcs zones côtières en érosion. Dans ces conditiom. cn utili sant les valeurs dc pcntes
Les mudifi cations morphologiques qui rés ultent de ces mesurées sur les profïl s, l' espacement des dépocentres ( 120
mou\lement s sé dimentaire s ne so nt tout e foi s pa s ct 16001) corrcspond ft des périodes de du rée comprise
su ffi ~a mm e nt documentées e ncore pour qu'on pui sse entre 57 et 79 secondes, du mêmc ordre de grandeur que les
espérer franchir I"étapc de la modélisation. On remarquera \lale ur.' ob:-,cr\!ées sur les diagrammes d'énergie,
174
BARRES D'AVANT-COTE DU GOLFE DU LION
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