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Le chapitre traite des infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH, et souligne l'importance de la prévention et du traitement. Les prestataires de planification familiale peuvent aider à évaluer les risques et à conseiller sur les méthodes de protection, comme l'utilisation correcte des préservatifs. Il est également mentionné que certaines IST peuvent ne pas présenter de symptômes, rendant le dépistage précoce essentiel pour éviter des complications à long terme.

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Le chapitre traite des infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH, et souligne l'importance de la prévention et du traitement. Les prestataires de planification familiale peuvent aider à évaluer les risques et à conseiller sur les méthodes de protection, comme l'utilisation correcte des préservatifs. Il est également mentionné que certaines IST peuvent ne pas présenter de symptômes, rendant le dépistage précoce essentiel pour éviter des complications à long terme.

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CHAPITRE 21

Infections sexuellement
transmissibles, y
compris le VIH
Points-clés pour les prestataires et les clientes
yy Les personnes avec des infections sexuellement transmissibles
(IST) y compris le VIH, peuvent utiliser efficacement et sans
risques la plupart des méthodes de planification familiale.
yy Les préservatifs masculins et féminins peuvent prévenir les IST
s’ils sont utilisés correctement et régulièrement.
yy Les IST peuvent être réduites par d’autres manières — limiter
le nombre de partenaires, s’abstenir de relations sexuelles et avoir une
relation de fidélité mutuelle avec un partenaire non infecté.
yy Certaines IST n’ont pas de signe ou symptôme chez les femmes.
Si une femme pense que son partenaire peut avoir contracté une IST, elle
devra consulter les services de santé.
yy Certaines IST peuvent être traitées. Le plus rapidement elles sont
traitées, moins elles sont susceptibles de causer des problèmes à long
terme, telles que la stérilité ou les douleurs chroniques.
yy Dans la plupart des cas, les pertes vaginales proviennent
d’infections qui ne sont pas sexuellement transmissibles.

Les prestataires de la planification familiale peuvent aider leurs clients de


diverses manières pour prévenir les IST y compris l’infection par le virus de
l’immunodéficience humaine (VIH). Les responsables de programmes et les 21
prestataires de soins peuvent choisir des approches qui répondent aux besoins
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

des clients, à leur formation et aux ressources disponibles ainsi qu’aux services
d’orientation nécessaires.

Que sont les infections


sexuellement transmissibles ?
Les IST sont causées par des bactéries et des virus qui se propagent par contact
sexuel. Les infections se trouvent dans des liquides organiques, tels que le sperme,
sur la peau des parties génitales et autour, et certaines se trouvent également
dans la bouche, la gorge et le rectum. Certaines IST ne causent aucun symptôme.
D’autres peuvent être une source de gêne ou de douleurs. Si elles ne sont pas
traitées, certaines peuvent provoquer des inflammations pelviennes, la stérilité, des
douleurs pelviennes chroniques et le cancer du col. Le VIH ébranle et supprime

Infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH 275


progressivement les défenses du système immunitaire. Certaines IST augmentent
nettement le risque de contracter l’infection à VIH.
Les IST se propagent dans une communauté — lorsqu’une personne infectée a des
rapports sexuels avec une personne non infectée. Plus une personne a de partenaires
sexuels, plus elle risque de contracter des IST ou de transmettre des IST.

Qui est exposé au risque ?


Un grand nombre de femmes venant consulter les services de planification familiale,
et les femmes dans des relations stables et de fidélité mutuelle, courent peu de risques
de contracter une IST. Par ailleurs, certaines clientes pourraient être exposées au risque
de contracter des IST ou seront déjà infectées actuellement par une IST. Celles qui ont
le plus à gagner d’une discussion sur les risques liés aux IST sont celles qui n’ont pas de
partenaire régulier, les célibataires ou toutes personnes mariées ou non qui posent des
questions ou se montrent préoccupées par les IST ou le VIH, ou encore par le fait que
leur partenaire pourrait avoir d’autres partenaires.
Le risque de contracter une IST y compris le VIH, dépend du comportement d’une
personne, du comportement du partenaire sexuel ou des partenaires sexuels de cette
personne et de la prévalence de ces maladies dans la communauté. S’il connaît les IST
courantes dans cet endroit et s’il est au courant des comportements sexuels communs,
un prestataire de soins de santé pourra mieux aider une cliente à évaluer son propre
risque.
S’ils comprennent le risque qu’ils courent de contracter le VIH et d’autres IST, les gens
pourront mieux se donner les moyens de se protéger ainsi que les autres. Souvent ce
sont les femmes qui sauront le mieux juger du risque qu’elles courent de contracter
une IST, surtout si on leur explique quels sont les comportements et les situations qui
augmentent ce risque.
Comportement sexuel qui peut exposer davantage aux IST :
yy Relations sexuelles avec un partenaire qui a des symptômes d’IST
yy Partenaires sexuels diagnostiqués ou traités récemment pour une IST
yy Rapports sexuels avec plusieurs partenaires — plus on a de partenaires, plus le
risque est élevé
yy Rapports sexuels avec un partenaire qui a des rapports sexuels avec d’autres
personnes et qui n’utilise pas toujours des préservatifs
yy Lorsqu’un grand nombre de personnes dans la communauté sont infectées par des
IST, des rapports sexuels sans préservatifs s’avèreront risqués avec presque chaque
nouveau partenaire
Dans certaines situations, les gens ont tendance à changer souvent de partenaires
sexuels, à avoir un grand nombre de partenaires ou un partenaire qui a d’autres
partenaires, tous ces comportements augmentent le risque de transmission des IST.
Cela concerne notamment des personnes qui :
yy Ont des rapports sexuels en échange d’argent, de cadeaux, de nourriture ou d’autres
faveurs
yy Se déplacent souvent dans d’autres régions pour le travail, par exemple les camionneurs
yy N’ont pas de relations sexuelles stables, par exemple les adolescents et les jeunes
adultes sexuellement actifs
yy Sont les partenaires sexuels de ces personnes
276 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier
Qu’est-ce qui causent les IST ?
Plusieurs types d’organismes causent les IST. Celles causées par des organismes,
telles que les bactéries, peuvent être guéries en général. Les IST causées par des
virus ne peuvent généralement pas être guéries, bien qu’elles puissent être traitées
pour soulager les symptômes.

Transmission Transmission Guéris-


IST Type sexuelle non sexuelle sables
Chancre Bactérie Rapports sexuels par Aucune Oui
voie vaginale, anale et
orale
Chlamydia Bactérie Rapports sexuels par De la mère à Oui
voie vaginale, anale, l’enfant pendant la
rarement des parties grossesse
génitales à la bouche
Gonorrhée Bactérie Rapports sexuels par De la mère à Oui
voie vaginale et anale ou l’enfant pendant
contact entre la bouche l’accouchement
et les parties génitales
Hépatite B Virus Rapports sexuels par Par le sang, Non
voie vaginale et anale ou de la mère à
du pénis à la bouche l’enfant pendant
l’accouchement ou
dans le lait maternel
Herpès Virus Contact génital ou oral De la mère à Non
avec un ulcère, notam- l’enfant pendant
ment aux rapports la grossesse ou
sexuels par voie vaginale l’accouchement
et anale ; également
contact génital dans un
endroit sans ulcère
VIH Virus Rapports sexuels par Dans le sang, Non
voie vaginale et anale de la mère à
l’enfant pendant 21
Très rarement, rapports
la grossesse ou
sexuels par voie buccale
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

l’accouchement ou
dans le lait maternel
Virus du Virus Contact peau à peau De la mère à Non
papillome et contact génital ou l’enfant pendant
humain contact entre la bouche l’accouchement
et les parties génitales
Syphilis Bactérie Contact génital ou oral De la mère à Oui
avec un ulcère y compris l’enfant pendant
rapports sexuels par la grossesse ou
voie vaginale et anale l’accouchement
Trichomo- Parasite Rapports sexuels par De la mère à Oui
nase voie vaginale, anale et l’enfant pendant
buccale l’accouchement

Infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH 277


De plus amples informations sur le VIH et le SIDA
yy Le VIH est le virus qui cause le syndrome de déficience immunitaire acquise
(SIDA). Le VIH détruit progressivement le système immunitaire du corps, le
laissant incapable de lutter contre d’autres maladies.
yy Les gens peuvent vivre pendant de nombreuses années avec le VIH sans avoir de
signe ou symptôme d’infection. Par la suite, ils contracteront le SIDA — maladie
qui se déclare lorsque le système immunitaire d’un corps est détruit et n’est
plus capable de lutter contre certaines infections connues comme infections
opportunistes.
yy On ne peut pas guérir une infection à VIH ou le SIDA, mais par contre le
traitement antirétroviral (TAR) peut ralentir l’évolution de la maladie, améliorer
la santé de ceux qui sont atteints du SIDA et prolonger la vie. Les antirétroviraux
(ARV) réduisent également la transmission de la mère à l’enfant au moment de
l’accouchement et pendant l’allaitement. Les infections opportunistes peuvent
être traitées.
yy Les prestataires de la planification familiale peuvent concourir à la prévention
et au traitement du VIH/SIDA surtout dans les pays ou un grand nombre de
personnes sont infectées par le VIH. Ils peuvent en effet :
–– Donner des conseils sur les manières de réduire le risque d’infection
(Voir Choisir une stratégie de protection double, p. 280).
–– Envoyer les clients vers les services de dépistage et conseils du VIH où ils
pourront être traités si leur centre n’offre pas ce type de soins.

Symptômes des infections sexuellement


transmissibles
Il n’est pas toujours possible de dépister rapidement des IST. Par exemple, l’infection
à la chlamydia et la gonorrhée souvent ne présentent pas de signe ou symptôme
notable chez les femmes. Par ailleurs, il est important de faire un dépistage précoce,
tant pour éviter de transmettre l’infection à d’autres personnes que pour éviter des
conséquences à long terme plus graves pour la santé. Pour un dépistage précoce
des IST, voici les mesures que peut prendre un prestataire de soins :
yy Demander si la cliente ou le partenaire de la cliente a des plaies sur les parties
génitales ou des écoulements anormaux.
yy Observer l’éventuelle présence de signes d’IST lors d’un examen pelvien ou
génital fait pour une autre raison.
yy Savoir conseiller une cliente qui pourrait avoir une IST.
yy Si la cliente présente des signes ou symptômes, diagnostiquer et traiter
rapidement ou les orienter vers les services compétents.
yy Conseiller aux clientes de faire attention à des plaies, ulcérations génitales ou
pertes inhabituelles chez elles-mêmes ou chez leur partenaire sexuel.

278 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier
Signes et symptômes communs qui pourraient signaler une IST :

Symptômes Causes possibles


Ecoulement du pénis — pus, gouttes Le plus souvent : chlamydia, gonorrhée
claires ou jaunâtres, verdâtres
Parfois : trichomonase
Saignement vaginal anormal ou Chlamydia, gonorrhée, inflammations
saignement après les relations sexuelles pelviennes
Brûlures ou douleurs à la miction Chlamydia, gonorrhée, herpès
Douleurs au bas ventre ou douleurs Chlamydia, gonorrhée, inflammation
lors des rapports sexuels pelvienne
Testicules enflés et/ou douloureux Chlamydia, gonorrhée
Démangeaisons dans les parties Souvent : trichomonase
génitales
Parfois : herpès
Ampoules ou plaies sur les plaies Herpès, syphilis, chancre
génitales, à l’anus, dans les endroits
autour ou dans la bouche
Verrues sur les parties génitales, anus Virus du papillome humain
ou dans les endroits autour
Pertes vaginales inhabituelles — Le plus souvent : vaginose bactérienne,
changement par rapport aux pertes candidose (n’est pas une IST, voir
vaginales normales du point de vue Infection vaginale courante que l’on
couleur, consistance, quantité et/ou prend souvent pour des infections
odeur sexuellement transmissibles, ci-après)
Souvent : trichomonase
Parfois : chlamydia, gonorrhée

Infections vaginales courantes que l’on confond souvent avec


les infections sexuellement transmissibles 21
Les infections vaginales les plus courantes ne sont pas sexuellement transmissibles.
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

En fait, elles sont dues à une croissance excessive d’organismes généralement


présents dans le vagin. Les infections courantes de la voie génitale ne sont pas
sexuellement transmissibles, notamment la vaginose bactérienne et la candidose
(également appelée infection à levure ou muguet).
yy Dans la plupart des régions, ces infections sont bien plus courantes que les IST.
Les chercheurs estiment qu’entre 5 % et 25 % des femmes ont une vaginose
bactérienne et entre 5 % et 15 % ont déjà eu une candidose.
yy Les pertes vaginales dues à ces infections peuvent être analogues aux
écoulements causés par certaines IST, telle que la trichomonase. Il est important
de rassurer la cliente et de lui indiquer que ces symptômes ne sont pas ceux
d’une IST, surtout si elle n’a aucun autre symptôme et si elle est exposée à un
faible risque de contracter une IST.

Infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH 279


yy La vaginose bactérienne et la trichomonase peuvent être guéries à l’aide
d’antibiotiques, tel que le métronidazole. La candidose peut être guérie avec
des médicaments anti-champignons comme le fluconazole. Sans traitement, la
vaginose bactérienne peut mener à des complications lors de la grossesse et la
candidose peut être transmise à un nouveau-né lors de l’accouchement.
Le fait de laver les parties génitales externes avec un savon sans parfum et de
l’eau propre et de ne pas utiliser des douches vaginales, des détergents, des
désinfectants ou un nettoyage vaginal ou encore d’agent de sèchement, constitue
de bonnes mesures d’hygiène. Elles peuvent également aider certaines femmes à
éviter les infections vaginales.

Prévention des infections


sexuellement transmissibles
Les principales stratégies de prévention des IST consistent à éviter ou à réduire les
risques d’exposition. Les prestataires de la planification familiale peuvent parler aux
clientes de la manière dont elles peuvent se protéger contre les IST, contre le VIH et
contre la grossesse (protection double).

Choisir une stratégie de protection double


Chaque cliente de la planification familiale doit réfléchir à la manière dont elle
peut prévenir les IST y compris le VIH même si les personnes ne pensent pas être
exposées à un risque. Un prestataire pourra discuter du type de situation qui place
une personne à un risque accru de contracter des IST notamment au VIH (Voir
Qui est exposé au risque ? p. 276), et les clientes pourront réfléchir aux situations
dangereuses qui ont pu se présenter dans leur propre vie. Si de telles situations
existent, elles pourront envisager 5 stratégies de protection double.
Une personne pourra utiliser ces différentes stratégies dans différentes situations.
Un couple pourra utiliser différentes stratégies à différents moments. La meilleure
stratégie est celle qu’une personne est en mesure d’adopter dans la situation dans
laquelle il ou elle se trouve. (Protection double ne signifie pas forcément utiliser
uniquement des préservatifs avec une autre méthode de planification familiale).
Stratégie 1 : utiliser un préservatif masculin ou féminin correctement
lors de chaque rapport sexuel.
yy Une méthode qui aide à protéger contre la grossesse et les IST y
compris le VIH.

Stratégie 2 : utiliser des préservatifs régulièrement et correctement en plus


d’une autre méthode de planification familiale.
yy Confère une protection supplémentaire contre la grossesse
dans le cas ou un préservatif n’est pas utilisé ou s’il n’est pas
utilisé correctement.
yy Pourrait être un bon choix pour des femmes qui veulent être sûres
d’éviter une grossesse mais qui ne peuvent pas toujours compter
sur leur partenaire pour qu’il utilise un préservatif.

280 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier
Stratégie 3 : si les deux partenaires savent qu’ils ne sont pas infectés, utiliser
n’importe quelle méthode de planification familiale pour éviter
une grossesse et rester dans une relation de fidélité mutuelle.
yy Un grand nombre de clients de la planification familiale entrent
dans ce groupe et, par conséquent sont protégés contre les IST
y compris contre le VIH.
yy Dépend de la communication et de la confiance entre les
partenaires.
Voici d’autres stratégies qui ne supposent pas l’utilisation de contraceptif :
Stratégie 4 : s’engager dans une intimité sexuelle sans rapports sexuels
proprement dit et éviter que le sperme et les liquides vaginaux
n’entrent en contact avec les parties génitales de l’autre
personne.
yy Dépend de la communication, de la confiance et du contrôle de soi.
yy Si une personne opte pour cette façon de vivre l’intimité, il est
avisé pourtant d’avoir des préservatifs sous la main au cas où le
couple aurait des rapports sexuels.
Stratégie 5 : remettre à plus tard ou éviter l’activité sexuelle (soit éviter des
rapports sexuels lorsqu’ils présentent un risque, soit s’abstenir
pendant longtemps).
yy Si c’est la stratégie préférée de la personne, il vaut mieux avoir des
préservatifs disponibles au cas où le couple aurait des relations
sexuelles.
yy Cette stratégie est toujours disponible dans le cas où l’on ne
dispose pas d’un préservatif.
Un grand nombre de clientes auront besoin d’aide et de directives pour utiliser
efficacement leur stratégie de double protection. Par exemple, elles auront besoin
de conseils pour préparer le terrain avec leur partenaire et parler de la protection
contre les IST, pour apprendre à utiliser les préservatifs et d’autres méthodes et
pour savoir où obtenir les produits et comment les conserver. Il est bon de leur
offrir ces conseils, si vous êtes en mesure de le faire. Autrement, vous pouvez les
orienter vers quelqu’un qui leur donnera plus de conseils et les aidera à acquérir les 21
compétences nécessaires, par exemple en faisant appel au jeu de rôle pour pratiquer
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

la négociation de l’utilisation des préservatifs.

Prévention des infections sexuellement transmissibles 281


Contraceptifs, pour les clientes
avec des IST, le VIH et le SIDA
Les personnes infectées par des IST, le VIH, le SIDA ou qui suivent un traitement
antirétroviral (TAR) peuvent commencer et continuer à utiliser sans risques la plupart
des méthodes contraceptives. En général, les contraceptifs et les ARV n’interfèrent
pas entre eux. Il existe, cependant, quelques limitations. Voir le tableau ci-dessous.
(De plus, chaque chapitre sur une méthode contraceptive apporte de plus amples
informations pour les clientes vivant avec le VIH et le SIDA y compris pour celles
qui prennent des médicaments antirétroviraux ou ARV).

Aspects spéciaux liés à la planification familiale pour les clientes


avec des IST, le VIH, le SIDA ou le traitement antirétroviral.
Suit un
traitement
A le VIH ou le antirétroviral
Méthode A une IST SIDA (TAR)
Dispositif- Ne pas insérer un Une femme qui Ne pas poser
intra utérin DIU chez une femme a le VIH peut un DIU si la
(DIU au cuivre qui est exposée à un utiliser le DIU. cliente n’est pas
ou hormonaux) risque individuel très Une femme avec bien portante
élevé de contracter la le SIDA ne devrait du point de vue
gonorrhée et l’infection pas utiliser un DIU clinique.
à chlamydia, ou qui à moins qu’elle
a actuellement une soit cliniquement
gonorrhée, chlamydia, bien portante
cervicite purulente ou et suive un
inflammation pelvienne. traitement ARV.
(Une utilisatrice (Une femme qui
courante du DIU qui contracte le SIDA
contracte l’infection à pendant qu’elle
la gonorrhée ou à chla- utilise le DIU peut
mydia ou une MIP peut continuer à utiliser
continuer à utiliser sans sans risques le
risques un DIU pendant DIU).
et après le traitement).
Stérilisation Si la cliente a la Les femmes qui sont infectées par le
féminine gonorrhée, chlamydia, VIH, qui ont le SIDA ou qui suivent
cervicite purulente un traitement antirétroviral, peuvent
ou MIP, remettre la avoir sans risques l’opération de
stérilisation jusqu’au stérilisation. Des arrangements
moment où l’infection spéciaux seront pris pour exécuter la
est traitée et guérie. stérilisation féminine chez une femme
souffrant du SIDA. Remettre l’opéra-
tion si elle a actuellement une maladie
liée au SIDA.

282 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier
Suit un
traitement
A le VIH ou le antirétroviral
Méthode A une IST SIDA (TAR)
Vasectomie Si le client a une Les hommes qui sont infectés par le
infection cutanée VIH, qui ont le SIDA ou qui suivent un
du scrotum, une IST traitement antirétroviral peuvent avoir
active, un bout de une vasectomie sans aucun risque.
pénis enflé et sensible, Des dispositions spéciales seront
ou une douleur ou prises chez un homme qui a le SIDA.
tuméfaction des canaux Remettre à plus tard l’intervention si
ou testicules, remettre l’homme souffre actuellement d’une
à plus tard la stérilisa- maladie opportuniste liée au SIDA.
tion, en attendant que
le problème soit traité
et guéri.
Spermicides Peut utiliser sans Ne devrait pas Ne devrait
(y compris risques les spermicides. utiliser les spermi- pas utiliser de
quand ils sont cides si exposée à spermicides.
utilisés avec un risque élevé de
le diaphragme VIH, infectée par le
ou la cape VIH ou a le SIDA
cervicale)
Contraceptifs Peut utiliser sans Peut utiliser Une femme
oraux risques les méthodes sans risques peut utiliser
combinés, hormonales les méthodes les méthodes
injectables combinées. hormonales hormonales
combinés, combinées. combinées tout
patch en prenant des
combiné, ARV, sauf si son
anneau traitement inclut
vaginal la ritonavir.
combiné
Pilules à Peut utiliser sans Peut utiliser sans Une femme 21
progestatifs- risques les pilules à risques les pilules peut utiliser
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

seuls progestatifs-seuls. à progestatifs- les pilules à


seuls. progestatifs-
seuls tout en
prenant des
ARV, sauf si son
traitement inclut
la ritonavir.
Injectables à Aucune considération spéciale. Peut utiliser sans risques les
progestatifs- injectables à progestatifs-seuls, ou les implants.
seuls et
implants

Contraceptifs, pour les clientes avec des IST, le VIH et le SIDA 283
Cancer du col

Qu’est un cancer du col ?


Le cancer du col provient d’une croissance incontrôlée et non traitée de
cellules anormales sur le col. Une infection sexuellement transmissible, le
virus du papillome humain (VPH) est l’agent étiologique qui provoque la
croissance de ces cellules.
Le VPH se trouve sur la peau des parties génitales, dans le sperme et
également sur les tissus du vagin, du col et de la bouche. Il est principalement
transmis par le contact peau à peau. Les relations sexuelles par voie vaginale,
anale et orale, peuvent propager le VPH. Sur les 50 types de VPH qui peuvent
infecter le col, 6 d’entre eux représentent pratiquement tous les cancers du
col. D’autres types de VPH causent des ulcérations génitales.
D’après les estimations, 50 % à 80 % des femmes sexuellement actives sont
infectées par le VPH au moins une fois pendant leur vie. Dans la plupart des
cas, l’infection du VPH disparaît d’elle-même. Par contre, chez certaines femmes
le VPH persiste et provoque des croissances précancéreuses qui peuvent se
transformer en cancer. En général, moins de 5 % de toutes les femmes avec une
infection persistante du VPH contracteront un cancer du col.
Un cancer du col met généralement 10 à 20 ans à se développer et, par
conséquent, il existe une longue période pour le dépister et traiter les chan-
gements et les croissances précancéreuses avant qu’elles ne se déclarent en
cancer. Tel est effectivement le but du dépistage du cancer du col.

Qui est exposée au plus grand risque ?


Certains facteurs font qu’une femme est plus susceptible d’être infectée
par le VPH. D’autres aident l’infection VPH à progresser plus rapidement en
cancer du col. Une femme qui a l’une de ces caractéristiques aura tout à
gagner d’un dépistage :
yy Qui a commencé à avoir des relations sexuelles avant l’âge de 18 ans
yy Qui a de nombreux partenaires sexuels maintenant ou au fil des ans
yy Qui a un partenaire sexuel qui a ou qui a eu un grand nombre de
partenaires sexuels
yy Qui a eu de nombreux accouchements ; plus une femme a eu
d’accouchements, plus le risque est élevé
yy Qui a un faible système immunitaire (y compris les femmes vivant avec
le VIH/SIDA)
yy Qui fument des cigarettes
yy Qui brûlent du bois à l’extérieur (pour faire la cuisson)
yy Qui a eu d’autres infections sexuellement transmissibles
yy Qui a utilisé des contraceptifs oraux combinés pendant plus de 5 ans

284 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier
Dépistage et traitement
Le dépistage du cancer du col est facile, rapide et n’est généralement pas
douloureux. L’étude des frottis vaginaux consiste à prélever quelques cellules
sur le col puis à les examiner au microscope. Une femme devra se rendre
au centre de santé pour obtenir les résultats ainsi qu’un traitement en cas
d’anomalies.

Avant que les précancers ne se transforment en cancer, les cellules


peuvent être traitées par cryothérapie. Elle détruit les cellules en les
gelant. La chirurgie au laser ou la technique LEEP (technique d’excision
électrochirurgicale à l’anse) détruit les cellules en les brûlant ou en les
pulvérisant à l’aide d’une anse diathermique. La congélation est moins
efficace pour des croissances plus grandes mais LEEP demande l’utilisation
d’énergie électrique et une formation plus poussée. Ni l’un ni l’autre type
de traitement ne demande un séjour hospitalier.

Le traitement du cancer du col suppose une chirurgie ou un traitement


par radiation, parfois avec une chimiothérapie.

De nouvelles approches prometteuses de dépistage et


de prévention
Une autre option que les frottis vaginaux est à l’étude actuellement. Du
vinaigre ou de l’iode de Lugol est passé sur le col pour que les cellules
anormales deviennent visibles. Cela permet un traitement immédiat s’il est
nécessaire.
En 2006, l’Union européenne et l’Administration des Etats-Unis pour
l’alimentation et les médicaments ont approuvé le premier vaccin contre le
cancer du col, le précancer et les verrues génitales. Le vaccin protège contre
l’infection causée par 4 types de VPH qui représentent environ 70 % de tous
les cancers du col et d’après les estimations, 90 % de toutes les verrues
génitales. Il a été approuvé pour utilisation chez des femmes âgées de
9 à 26 ans.
21
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

Cancer du col 285


Questions et réponses sur
les infections sexuellement
transmissibles, dont le VIH
1. Est-ce que le fait d’avoir contracté une autre IST expose une
personne à un risque accru d’infections si elle est exposée au VIH ?
Oui. En particulier les infections qui causent des plaies sur les parties génitales,
par exemple le chancre et la syphilis, augmentent le risque que court une
personne d’être infectée par le VIH si elle est exposée à ce virus. D’autres IST
peuvent également augmenter le risque de contracter l’infection à VIH.
2. Est-ce que l’utilisation du préservatif, uniquement à certains
moments, confère une protection contre les IST y compris le VIH ?
Pour qu’il offre la meilleure protection, un préservatif doit être utilisé lors de
chaque rapport sexuel. Par ailleurs, l’utilisation occasionnelle peut quand même
être protectrice. Par exemple, si une personne a un partenaire régulier et fidèle
et que cette personne a un seul rapport sexuel à l’extérieur de la relation,
l’utilisation du préservatif pour ce simple acte lui confèrera une grande protec-
tion. Pour les personnes qui sont exposées fréquemment aux IST, y compris au
VIH, l’emploi irrégulier du préservatif ne confèrera qu’une protection limitée.
3. Qui court le plus de risque d’être infecté par une IST – les hommes
ou les femmes ?
Si elles sont exposées aux IST, les femmes sont plus susceptibles d’être
infectées que les hommes suite à des facteurs biologiques. Les femmes ont
une zone plus grande d’exposition (le col et le vagin) que les hommes, et de
petites déchirures peuvent survenir sur les tissus vaginaux lors du rapport
sexuel, facilitant ainsi l’entrée de l’infection.
4. Est-ce que le VIH peut être transmis en prenant quelqu’un dans ses
bras ? En lui donnant la main ? Par les piqûres de moustiques ?
Le VIH ne peut pas être transmis par un contact ordinaire, par exemple par un
baiser sur la bouche fermée, en se prenant dans les bras, en se serrant la main,
en partageant la nourriture ou en s’asseyant sur le siège des toilettes. Le virus
ne peut pas survivre longtemps à l’extérieur du corps humain. Les moustiques
ne peuvent pas non plus transmettre le VIH.
5. Y a-t-il du vrai dans les rumeurs qui disent que les préservatifs sont
recouverts du VIH ?
Non, ces rumeurs sont fausses. Certains préservatifs comportent un matériel
humide comme de la poudre, par exemple des spermicides, mais cela sert à les
lubrifier.
6. Est-ce que le fait d’avoir des rapports sexuels avec une vierge vous
guérit d’une IST y compris du VIH ?
Non. En fait, cette pratique risque uniquement d’infecter la personne qui n’a pas
encore eu de rapports sexuels.

286 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier
7. Est-ce que le fait de se laver le pénis ou le vagin après les rapports
sexuels diminue le risque de contracter une IST ?
Une bonne hygiène génitale est importante. Par ailleurs, rien ne nous prouve
que le fait de se laver les parties génitales, prévienne les IST. En fait, les douches
vaginales augmentent le risque de contracter des IST y compris le VIH, ainsi que
l’inflammation pelvienne. Si on a été exposé au VIH, c’est le traitement avec des
médicaments antirétroviraux (prophylaxie post exposition) qui aide à diminuer
la transmission du VIH. En cas d’exposition à un autre IST, un prestataire peut
traiter avec présomption ces IST, c’est-à-dire traiter le client ou la cliente
comme si elle ou il a été infecté(e).
8. Est-ce qu’une grossesse expose une femme à un risque accru de
contracter l’infection à VIH ?
Les faits actuels sont contradictoires. On ne sait pas si la grossesse augmente
les risques d’infection d’une femme si elle est exposée au VIH. Par ailleurs, si
elle contracte l’infection à VIH pendant la grossesse, les risques de transmettre
le VIH à son bébé pendant la grossesse et l’accouchement, seront les plus élevés
puisqu’elle aura un niveau élevé de virus dans son corps. Par conséquent, il
est important que les femmes enceintes se protègent contre le VIH et au-
tres IST, en utilisant des préservatifs, en restant mutuellement fidèles ou en
s’abstenant. Si une femme enceinte pense qu’elle pourrait avoir le VIH, elle
devrait passer un test de dépistage du VIH. Peut-être existe-t-il des ressources
qui l’aideront à prévenir la transmission du VIH à son bébé pendant la grossesse
et l’accouchement.
9. Est-ce que la grossesse est particulièrement risquée pour les femmes
vivant avec le VIH, le SIDA et leurs bébés ?
La grossesse n’aggrave pas l’état de la femme. Le VIH/SIDA pourrait par ailleurs
augmenter certains risques lors de la grossesse et avoir des répercussions sur
la santé du bébé. Les femmes vivant avec le VIH courent un risque élevé d’être
anémiques et de contracter des infections après un accouchement par voie
basse ou une césarienne. Le niveau de risque dépend de facteurs se rapportant
à la santé de la femme lors de la grossesse, à sa nutrition et aux soins médicaux
qu’elle obtient. Par ailleurs, le risque d’avoir ces problèmes de santé augmente
au fur et à mesure qu’évolue l’infection à VIH et qu’elle se transforme en SIDA.
De plus, les femmes vivant avec le VIH/SIDA courent un risque plus élevé
d’avoir une naissance prématurée, des mort-nés et des bébés avec une insuf- 21
fisance pondérale à la naissance.
Infections sexuellement
transmissibles, y compris le VIH

10. Est-ce que l’utilisation de la contraception hormonale augmente le


risque de contracter l’infection à VIH ?
Les meilleures preuves à ce propos sont rassurantes. En effet, des études récen-
tes, parmi les clientes de la planification familiale en Ouganda et au Zimbabwe,
et des femmes dans le cadre d’une étude faite en Afrique du Sud, constatent
que les utilisatrices du DMPA, du NET-EN ou des contraceptifs oraux combi-
nés, n’étaient pas plus susceptibles d’être infectées par le VIH que les femmes
utilisant des méthodes non hormonales. L’utilisation de méthodes hormonales
n’est pas limitée aux femmes exposées à un risque élevé de contracter le VIH
ou d’autres IST.

Questions et réponses sur les infections sexuellement transmissibles, dont le VIH 287
11. Dans quelle mesure les préservatifs aident à protéger contre
l’infection à VIH ?
En moyenne, les préservatifs ont une efficacité de 80 % à 95 % pour protéger
les gens contre l’infection à VIH s’ils sont utilisés correctement lors de chaque
rapport sexuel. Cela signifie que l’emploi du préservatif prévient 80 % à 95 %
des transmissions du VIH qui seraient survenues sans le préservatif. (Cela ne
signifie pas que 5 % à 20 % des utilisateurs du préservatif seront infectés par
le VIH). Par exemple, pour 10 000 femmes non infectées dont les partenaires
ont le VIH, si chaque couple a des rapports sexuels par voie vaginale juste une
fois et n’a aucun facteur de risque supplémentaire de contracter l’infection,
en moyenne :
yy Si toutes les 10 000 n’utilisaient pas de préservatifs, environ 10 femmes
risqueraient probablement de devenir infectées par le VIH;
yy Si toutes les 10 000 utilisaient correctement les préservatifs, une ou deux
femmes risqueraient probablement de devenir infectées par le VIH.
Les risques qu’une personne qui est exposée au VIH contracte l’infection,
peuvent varier grandement. Ces changements dépendent du stade de l’infection
à VIH du partenaire (les stades précoces et tardifs sont plus infectieux),
de l’éventuelle exposition de la personne à d’autres IST (augmente la
susceptibilité), du statut de circoncision de l’homme (les hommes non circoncis
sont plus susceptibles de contracter l’infection à VIH), et de la grossesse (les
femmes qui sont enceintes pourraient être exposées à un risque plus élevé de
contracter l’infection). En moyenne, les femmes ont deux fois plus de risques de
contracter l’infection si elles sont exposées, que les hommes.

288 Planification familiale : un manuel à l’intention des prestataires de services du monde entier

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