Chapitre 1 – La Conscience
Définition
• La conscience est ce qu’il y a d’essentiel dans l’humain.
• C’est la présence immédiate et constante de soi à soi.
• Le cogito cartésien.
• 1°) La conscience morale : capacité de juger du bien et du mal
• 2°) La conscience psychologique : capacité de se rendre compte de ce
qui se passe en soi et hors de soi.
• immédiate ou réfléchie :
• immédiate (par laquelle nous percevons simplement ce qui se passe en nous et hors de
nous).
• Conscience réfléchie (qui désigne le retour sur soi-même, conscience
de soi)
Plan
I- Nature et fonctions de la conscience:
a- Une relation immédiate à soi et au monde
b- Un pouvoir de réflexion
c- Un pouvoir de décision
d-Un mode d’être problématique
II- La prise de conscience de soi:
a- Le “je” transcendental
b-Un pouvoir de synthèse et de dévoilement
c- La mise à l’epreuve de la conscience par la
pratique.
III- Les limites de la conscience:
a-Marx b- Nietzsche c- Freud
I- Nature et fonctions de la conscience:
a- Une relation immédiate au soi et au monde
- Etre conscient c’est être présent à son savoir
- On distingue conscience naïve qui enregistre
passivement ce qu’elle vit et la conscience au sens
plein qui donne à l’existence toute sa richesse.
- Descartes: Je pense donc je suis ( la premiere
certitude du sujet)
- Pascal : L’homme est le plus faible de la nature mais sa
grandeur est qu’il se connaît misérable, un arbre ne se
connaît pas misérable.
- Les stoïciens fondent la sagesse sur la capacité de
gouverner ce qui depend de nous non du monde
extérieur.
I- b- Un pouvoir de réflexion
- La conscience est un miroir me renvoyant mon
image et celle du monde en me donnant la
possibilité d’en retoucher la figure.
- Elle me permet interpreter le monde, de tirer des
leçons de l’experience et de faire des choix.
I- c- Un pouvoir de décision:
- La conscience fonde nos responsabilités. C’est
savoir peser les choses. Elle est un principe
d’organisation de nos actions.
- Contre le ‘’on ‘’ impersonnel, la conscience fait de
moi le sujet de moi-meme.
I- d-Un mode d’être problématique:
- Le monde de la conscience n’est pas uniforme.
- Il est d’une richesse et diversité d’experiences.
- Selon la Phénoménologie, nous apprehendons la
réalité sur le mode de l’intériorité. Le projet de la
Phenomenologie est de mettre en evidence les
critères d’objectivite.
- La conscience ne saurait tourner à vide ( delire)
II- La prise de conscience de soi:
a- - Descartes: Je suis une chose pensante.
- Thomas Hobbes: comme si je deduisais du fait que
je me promene que je suis une promenade.
- Je ne doute pas de l’unité et de la permanence de
ma propre personne à travers le temps et le
changement.
II- b-Un pouvoir de synthèse et de dévoilement
• Le cogito Kantien:
- la conscience est la force transcendantale du sujet.
- C’est un pouvoir à l’origine de l’acte de penser.
- C’est la condition de toute pensee.
- Le sujet n’est pas une chose pensante, il est un pouvoir qui fait de
mes experiences une seule experience.
c- La mise à l’epreuve de la conscience par la
pratique.
• Pour developper la conscience que j’ai de moi-meme, il faut passer
par l’action et la confrontation avec le monde exterieur.
( le talent du charpentier n’existe que par l’effet produit dans le bois).
Dis- moi ce que tu fais ou plutot fais-le et tu te diras à toi-meme ce
que tu es vraiment.
• Autrui est une condition essentielle pour le developpement de ma
conscience de moi-meme, par la reconnaissance qu’il m’accorde.
III- Les limites de la conscience:
a- L’illusion de la souverainté de la conscience.
• Le Marxisme: Elabore la theorie de l’ideologie pour denoncer les illusions de la conscience.
- Dans une societe, l’ideologie( representations religieuses, morales, politique) de la classe
dominante est partagee par les individus et s’impose à eux à leur insu à travers la publicité,
les journaux…
- Les representations dominantes ne sont decidees par personnes mais determinees par
l’organisation materielle de la societe.
- La Theorie marxiste denonce une alienation de la conscience.
• Nietzsche: Denonce l’illusion de la souverainete de la conscience.
La conscience est une vision partielle et deformante du monde, c’est l’effet obscur de nos
instincts.
Les reussites de l’humanité proviendraient plus d’un instinct aveugle que d’une volonte
consciente. Nous croyons avoir conscience mais elle se reduit à l’image que nou cherchons
dans le regard d’autrui.
• Freud : blessure narcissique, la decouverte de l’inconscient. Nos comportements sont
determinés par nos pulsions. Le moi n’est jamais maitre dans sa propre maison
Conclusion
• Si conscience n’est pas souveraine, cela ne veut pas dire qu’elle est
toujours impuissante.
• L’humilite consiste à repeter avec Socrate: “ tout ce que je sais c’est
que je ne sais rien”.
•
Les animaux ont-ils accès à la conscience ainsi définie ?
1) a. La plupart des animaux n’ont aucun accès à la complexité d’un tel phénomène. Bactéries, crustacés, la plupart
des mammifères.
• b. Cependant, certains animaux ont sans doute accès à un embryon de conscience. De fait, il est difficile de refuser
avec certitude aux animaux les plus évolués certains états mentaux amorçant une conscience d´objet à un degré basique, voire
un embryon de conscience de soi : comment exclure en effet que les grands singes, par exemple, ne se confondent pas avec le
milieu dans lequel ils vivent et où ils prélèvent de quoi satisfaire leurs besoins ? Du moins devons-nous être prudents pour
déterminer à partir de quel moment, dans la chaîne des espèces, surgit le phénomène de la conscience.
• c. Mais alors, ce ne sont plus véritablement des animaux. Est-ce en effet l’homme que l’on doit considérer comme un
animal ou plutôt ces animaux doués d’un embryon de conscience que l’on doit considérer comme quasiment humains ? Ainsi
un singe ayant eu accès à un niveau de conscience suffisant ne serait plus véritablement un animal, mais accèderait à une part
essentielle de l’humanité. Cf. La Planète des singes.
• d.) La conscience reste ainsi un élément essentiel de l’humanité. Mais celle-ci n’est plus considérée comme ayant des
frontières étanches : certains animaux pourraient y accéder, comme des anges ou des extra-terrestres : peut être considéré
comme humain tout ce qui a accès à la conscience, quelle que soient ses caractéristiques physiques (ADN).
• Transition : Cela étant, est-ce bien la conscience qui le phénomène fondamental qui fait accéder à l’humanité ? N’y a-t-
il pas un phénomène plus originaire dont la conscience serait le dérivé ?
Le fondement de la différence entre l’homme et
l’animal : la liberté.
• Ces trois figures de la conscience se fondent sur la liberté conçue comme possibilité d’un décalage entre moi et le
monde tel qu’il est donné, entre moi et moi-même tout aussi bien : -
- liberté d’éclairer le monde selon mes préoccupations (cs d’objet),
- liberté que je prends par rapport à moi et aux définitions trop étroites qu’on donne de moi (cs de soi),
- liberté que présuppose le choix moral : être obligé par la voix de ma conscience ne veut pas dire qu’elle me contraint.