Prof: M.
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SOMMAIRE
INTRODUCTION
I/ HISTORIQUE
II/ LES DIFFERENT TYPES DE PECHE
1) La pêche industrielle côtière
2) La pêche au chalut
3) La pêche sardinière
4) La pêche thonière et crevettière
5) La pêche artisanale
CONCLUSION
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INTRODUCTION
La pêche en Côte d’Ivoire constitue un secteur sensible de l'économie
nationale. Elle représente 3,1 % du PIB agricole et 0,74 % du PIB total (2001)
mais aussi un solde commercial excédentaire de 30 milliards de franc CFA
résultant de la filière d’exportation de produit à forte valeur ajoutée et
notamment, des conserves. Pour le consommateur ivoirien, et en particulier,
pour les ménages les plus modestes du pays, le poisson reste la première
source de protéines animales en raison de son prix relativement abordable
comparé à celui de la viande. Ainsi, la consommation nationale annuelle varie
entre 250 000 tonnes et 300 000 tonnes tandis que celle des ménages est
estimée à 13,2 kg par habitant et par an. Elle est couverte à 67 % par les
importations traduisant une forte dépendance du secteur vis-à-vis de
l’extérieur. En vue de réduire cette dépendance, et compte tenu des ressources
maritimes nationales limitées, les pouvoirs publics orientent leurs actions vers
le développement de la pêche artisanale et en particulier vers l’aquaculture. Ils
espèrent ainsi générer des revenus dans le milieu rural, y fixer des jeunes,
exploiter le potentiel considérable constitué par les 150 000 ha de lagunes, les
350 000 ha de lacs, les nombreux bas-fonds propices à l’aquaculture et la riche
faune aquatique renfermant plus d’une centaine de familles de poissons de
plusieurs espèces. D'une manière générale, la Côte d’Ivoire développe, une
pêche maritime articulée principalement sur le port de pêche d’Abidjan avec
156 570 tonnes de poisson débarqué et/ou transbordé des chalutiers, des
sardiniers et des thoniers. Le port de San-Pédro avec ses 1 771 tonnes de
capture vient en appoint. Il se pratique également dans le pays, le long des 550
km de côte, une pêche maritime artisanale utilisant un grand nombre de
débarcadères desservant les principaux marchés locaux. La Côte d’Ivoire
connait enfin une pêche lagunaire pratiquée principalement sur la lagune Ebrié
(566 km2), la lagune d'Aby (425 km2) et la lagune de Grand-Lahou (210 km2).
Cette activité de pêche est principalement le fait du groupe des « lagunaires »
« Gold Coastiens », notamment les Fanti ainsi que les Nzima et accessoirement
les Alladian déployant en mer leurs petites pirogues. L’installation des Fanti et
des Nzima en qualité de pêcheurs est signalée dès le début du XIX siècle sur la
e
moitié est du littoral et leurs activités commerciales dans le caoutchouc vers la
fin du siècle. La production lagunaire fournit environ 25 000 tonnes de poissons
et de crustacés.
I/ HISTORIQUE
Les différentes tribus de l’hinterland ivoirien pratiquent depuis de nombreux
siècles, la pêche continentale traditionnelle orientée vers l’autosubsistance. Sur
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le littoral, la pêche artisanale lagunaire ou maritime se révèle également, une
pratique très ancienne et, à tout le moins, antérieure à l'arrivée des
explorateurs Portugais au XV siècle. Particulièrement intenses sur
e
l'embouchure du rio de Laguoa (actuel Bandama en Côte d'Ivoire). les
principaux foyers d’exploitation maritime restent continûment actifs jusqu’à la
fin du XVI siècle à l’avènement de la concurrence des autres nations maritimes
e
européennes puis au XVII siècle, et connaissent une baisse de régime imposée
e
par le développement des échanges et la traite esclavagiste1. Cependant, les
rapports des administrateurs coloniaux du début du XX siècle corroborés par
e
les témoignages d’anciens dans les villages, mentionnent toujours la présence
de pêcheurs ivoiriens le long du littoral et permettent de constater que jusqu'à
la fin des années quarante, seule une pêche dite "indigène" existe en Côte
d'Ivoire2. Cette activité de pêche est principalement le fait du groupe des
"lagunaires" "Gold Coastiens", notamment les Fanti ainsi que les Nzema et
accessoirement les Alladian déployant en mer leurs petites pirogues.
L’installation des Fanti et des Nzema en qualité de pêcheurs est signalée dès le
début du XIX siècle sur la moitié est du littoral et leurs activités commerciales
e
dans le caoutchouc vers de la fin du siècle. Les autorités coloniales, pour leur
part, peinent à drainer sur les marchés qu'ils contrôlent, la production de cette
pêche. Ils en déduisent qu’elle relève du secteur de l'autosubsistance. Pour
autant, le pouvoir colonial considère les pêcheries comme un enjeu
économique. Ainsi, en échos à la création par le Gouverneur Roume, en 1906,
de l’Office de recherche et d’organisation des pêcheries de l’Afrique
Occidentale Française, et dans la droite ligne des missions de recherche
halieutique « Gruvel » et « Monod », les autorités coloniales de Côte d’Ivoire
mettent en place un dispositif institutionnel comprenant des services
administratifs et techniques ainsi que des instituts de recherche animés par des
experts spécialistes du domaine, en particulier des biologistes et techniciens de
pêches. L’administration coloniale diligente des études à des fins statistiques et
commerciales sur la filière, mais encore, organise la connexion du dispositif
institutionnel avec le secteur privé colonial. La pêche industrielle, quant à elle,
débute au milieu du XX siècle peu après l'ouverture du canal de Vridi. Elle se
e
développe assez rapidement puis avec l'adoption des Zones économiques
exclusives (ZEE) et l'épuisement du gisement de la principale espèce, Sardinella
aurita (« sardine »), l'activité de la flottille baisse fortement. Elle se développe
assez rapidement puis avec l'adoption des Zones Economiques Exclusives (ZEE)
et l'épuisement du gisement de la principale espèce, Sardinella aurita
(« sardine »), l'activité de la flottille baisse fortement. Au même moment, et en
partie pour contrebalancer le déficit de production, il est noté une importante
augmentation des importations de poissons pêchés par les flottilles étrangères
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dans des eaux lointaines. En parallèle à cette activité, dès 1955, le pouvoir
colonial initie les premières tentatives d'aquaculture avec la création au sein du
Service des eaux et forêts, d’une Section de pisciculture et l’établissement d’un
centre de recherche en 1958, près de Bouaké. L'administration ivoirienne qui
prend le relai en 1960, érige des cantonnements piscicoles chargés de
l'encadrement des pisciculteurs, des stations étatiques d'alevinage ainsi que
d’autres centres de recherche. Elle met également en œuvre de nombreux
projets de développement aquacole.
II/ LES DIFFERENT TYPES DE PECHE
1) La pêche industrielle côtière
La pêche industrielle côtière comprend en Côte d'Ivoire, la pêche au chalut, la
pêche sardinière, thonière et crevettière.
2) La pêche au chalut
Des chalutiers remorquant des filets de pêche en forme de vaste entonnoir
font leur apparition de 1951 à 1954 à l’est d’Abidjan, jusqu’à Bassam où ils
effectuent des marées sur les fonds de - 15 à - 50m ; et lorsque la pêche se
révèle mauvaise dans le secteur Est, ils prolongent les traits de chaluts à Grand-
Lahou sur les fonds de - 25m. Les secteurs de Fresco et Sassandra sont visités et
exploités à partir de 1955 et deux ans plus tard, les bateaux équipés de
sondeurs, élargissent leur aire d’activité au Ghana et au Libéria. L’extension des
Zones économiques exclusives (ZEE) doublée d’une hausse de coût du
carburant, entraine une diminution de la fréquentation des eaux voisines qui,
d’une manière générale, sont restées des zones peu importantes pour la
production chalutière locale. En tout état de cause, depuis 1990, les chalutiers
ivoiriens exploitent exclusivement le plateau continental ivoirien, dans les
zones de Grand-Bassam, Jacqueville, Fresco, San-Pédro et Tabou ; et pour
l’essentiel, sur la bande des - 25 à - 50 m de profondeur. L’interdiction du
chalutage à l’intérieur du premier mile à compter du 6 décembre 1960 pour
protéger les juvéniles et prévenir les naufrages causés par la barre, sera portée
à une limite de 3 miles en avril 1967. Ainsi, la pêche au chalut exploite sur le
plateau continental, un premier stock de poissons situé entre 10 et 50 m de
profondeur et composé en majorité d’ombrines (Pseudotolithus senegalensis),
de capitaines (Galeoides decadactylus) et de friture (Brachydeuterus auritus) ;
ce stock fournit 75-80 % des prises. Un second stock exploité plus en
profondeur, entre 50 à 120 m est composé de poissons d’eaux froides à
dominance de Sparidés vivant en permanence sous la thermocline. Il est
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cependant déploré, la petite taille des mailles des culs de chaluts utilisés en
Côte d’Ivoire qui ne laissent pas échapper les plus petits poissons. Ceux-ci, en
raison de leur forte capacité de croissance, auraient pu être capturés plus tard
à un poids plus élevé. Encouragés par la faiblesse du plateau continental qui
abrite l'essentiel des ressources, mais aussi par la faible performance de leurs
embarcations qui n'osent affronter les isobathes les plus profonds, les
chalutiers effectuent souvent quelques incursions dans les zones
habituellement réservées à la pêche artisanale. Ceci entraine de fréquents
conflits portant préjudice principalement aux pêcheurs artisans. Une
quarantaine d’espèces de poissons sont capturées. Cependant, 80 % de ces
captures sont constituées par une dizaine d'espèces appartenant à 9 familles
3) La pêche sardinière
Le port de pêche d’Abidjan reste le seul point d’attache des sardiniers en Côte
d'Ivoire. D'une manière générale, les sardiniers sont des embarcations
construites en bois et vieilles de plus de 30 ans. Elles mesurent entre 19 et 28
m de long, avec une puissance motrice variant entre 280 et 500 CV pour un
tonnage compris entre 49 et 113 TJB. Les sardiniers équipés d’un sondeur, d’un
radar et munis de senne coulissante longue de 1 200 à 1 300 m avec une chute
de 50 à 70 m, effectuent leur pêche, sur la côte est, à la frontière du Ghana,
dans un rayon territorial circonscrit à une centaine de milles. Les prises
connaissent une baisse en Côte d'Ivoire et au Ghana mais progressent au large
de la Guinée et du Sénégal avec des unités plus modernes. Les captures sont
conservées à bord, dans des caisses contenant de la glace en paillettes. Les
espèces de poissons couramment capturées par les sardiniers sont au nombre
de 23 et appartiennent à 16 familles différentes. Cependant, seules 6 espèces,
dominées par Sardinella aurita (69,73 %), constituent 97 % des prises.
4) La pêche thonière et crevettière
Dans l'industrie ivoirienne des pêches, la pêche thonière et la pêche crevettière
(qui concerne principalement la crevette rose Lemeus duorarum), sont pour
l’essentiel, destinées à l'exportation. Au demeurant, la pêche thonière occupe
une place particulière en raison de ses prises qui sont réalisées totalement en
dehors des eaux réservées. Par ailleurs, il n’existe plus d’armement crevettier
ou thonier national. Le seul navire de pêche « Azur » a été, en 2000, délocalisé
au Sénégal tandis que la flottille ivoirienne de pêche thonière (SIPAR) a disparu
depuis 1986. En 2001, les captures débarquées ou transbordées à Abidjan sont
évaluées à 110 000 tonnes, loin devant celles du port de Téma au Ghana
(53 000 tonnes) ou encore celles de Dakar au Sénégal, 51 000 tonnes (2000).
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Abidjan, est de ce fait, en 2001, le premier port thonier d'Afrique de l’Ouest
avec des captures réalisées par une quarantaine des senneurs d’origine
ghanéenne, française et espagnole.
5) La pêche artisanale
Les pêches artisanales ivoiriennes regroupent d'une part, des pêches
individuelles pratiquées surtout par les Nanakrou et les Alladian, et d'autre
part, des pêches collectives réalisées par des Fante, des Awran et des
Apolloniens. 85 % des pêcheurs sont Ghanéens. Qu'elles soient individuelles ou
collectives, ces pêches sont réalisées au moyen de pirogues monoxyles.
Traditionnellement, La pêche individuelle -ou par équipe de deux- s'effectue au
moyen de pirogues légères n'excédant pas 6 m de longueur, en utilisant
communément, des lignes et en particulier, des palangres flottantes, des
palangres de fond ou encore des palangres verticales. Elle peut également
s'effectuer avec des éperviers, des casiers et des nasses à crustacés. Les filets
maillants sont utilisés assez rarement par les pêcheurs individuels. En revanche,
ils sont l'apanage des pêcheurs collectifs. De nombreux types de filets maillants
ont été identifiés. Leurs dimensions et leur maillage sont adaptés aux
différentes espèces visées. On distingue des filets maillants dérivant de surface,
ou encore des filets maillants de fond, posés dans une position perpendiculaire
au courant
CONCLUSION
La pêche maritime en Côte-d’Ivoire se pratique sur une ZEE de 200 000 km² et à
partir d’un littoral long de 550 km. Des pêcheurs artisans et industriels marins y
exercent leur activité. Cependant, celle-ci est menacée par des pratiques de
pirateries halieutiques qui détruisent l’écosystème, déstabilisent le socio-
système mis en place par les pêcheurs, et portent parfois atteinte à la vie des
pêcheurs ou des autorités chargées de la surveillance des côtes. Cette situation
est le fait de navires étrangers battant pavillon de complaisance, mais
également de navires de pêche industrielle battant pavillon ivoirien. Des
réactions sporadiques des responsables du secteur halieutique face aux
manquements les plus médiatiques ralentissent pendant un moment les
activités de pêche illégale, non réglementée et non déclarée, mais celles-ci
reprennent de plus belle faute de moyens pour mettre en place une stratégie
cohérente de protection de la ZEE et des ressources biologiques qui s’y
trouvent. Si une solution n’est pas rapidement trouvée à ce fléau, cela pourrait
porter une grave atteinte au développement durable de l’activité de pêche et
avoir de ce fait un impact négatif sur la sécurité alimentaire des Ivoiriens.
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BIBLIOGRAPHIE
Source
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