Capteurs Chimiques Et Biochimiques: Nicole Jaffrezic-Renault Claude MARTELET Paul Clechet
Capteurs Chimiques Et Biochimiques: Nicole Jaffrezic-Renault Claude MARTELET Paul Clechet
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CAPTEURS CHIMIQUES ET BIOCHIMIQUES __________________________________________________________________________________________________
peu adaptés à l’analyse sur site. Ils sont enfin affligés de temps de réponse
souvent très longs (préparation des échantillons, étalonnage, durée de l’analyse
proprement dite, sortie des données...). En revanche, avantage capital : la
conception de ces instruments d’analyse permet d’obtenir une analyse complète
du milieu.
■ On peut dire des capteurs chimiques ou biochimiques – auxquels de nom-
breux ouvrages ont été consacrés récemment [1] à [14] – que l’on recherche
pour eux la compacité, les conceptions technologiques simples et un faible coût.
Leur petite taille et leur faible consommation d’énergie permettent leur utilisa-
tion sur site, même quand celui-ci est difficile d’accès. Ils disposent de temps de
réponse aussi brefs que possible, qui les rendent aptes à une utilisation en
temps réel (surveillance, régulation). En revanche, il est clair que pour l’analyse
des mélanges l’utilisation d’un système multicapteur est nécessaire, chacun
d’eux étant le plus sélectif possible à une espèce.
Il est certain que tout cela ne constitue que des considérations très générales
sur ces deux types de systèmes de détection et que certains d’entre eux sont
parfois difficiles à classer dans l’une de ces deux catégories. Les capteurs
chimiques commercialisés sont présentés dans la première partie de ce chapitre,
les capteurs biochimiques commercialisés sont présentés dans la troisième
partie.
Ces dernières années, le domaine des capteurs a connu un renouveau tout à
fait remarquable. Celui-ci est le résultat de trois facteurs principaux qui ont à
la fois vivement animé la recherche dans ce secteur et fortement incité le déve-
loppement de capteurs de type nouveau. Le premier de ces facteurs est le
besoin très vif en capteurs fiables qu’entraîne la croissante sévérité des normes
dans tous les domaines touchant à la chimie et à la biochimie (environnement,
alimentation, pharmacie, sécurité domestique et industrielle, monitoring médi-
cal...). Le second est lié à la généralisation de l’automatisation dans le génie
des procédés qui elle aussi requiert, à l’origine de la chaîne, des sondes de
qualité. Le troisième est l’intrusion récente et en force des méthodes de micro-
fabrication de l’électronique [15] dans la technologie de réalisation des
capteurs [16] [17] [18] . Ce dernier point est sans doute le plus notable car il
donne accès au domaine des fabrications collectives avec les avantages qui lui
sont liés de bas coût (les capteurs jetables deviennent envisageables ), de gain
en fiabilité et d’adaptation aux microcircuits, pour l’instant hybrides mais cer-
tainement bientôt monolithiques. De nombreux procédés de microfabrication
tridimensionnelle (par exemple la technologie LIGA [19] ) sont venus ensuite
compléter les méthodes planaires [20] . Tout cela a naturellement orienté la
conception des capteurs vers la miniaturisation à l’échelle micro / millimétrique
en suivant pour cela deux voies différentes qui sont présentées dans la
seconde partie de ce chapitre :
— celle de la simple diminution en taille de capteurs macroscopiques,
c’est-à-dire de taille centimétrique, ayant déjà fait leur preuve. C’est par
exemple le cas du microcapteur d’humidité développé par la société Coreci ou
celui du microcapteur SnO2 mis au point par la société Microsens. Cette école
est aussi parfaitement illustrée par les travaux de l’Institut de Microtechnologie
de Neuchâtel [21] ;
— celui de la fonctionnalisation de microdispositifs capables de traduire les
modifications chimiques subies par l’élément de reconnaissance, le récepteur,
en un signal qui en dernier ressort est toujours électrique [22] . Les dispositifs
utilisés s’appellent des transducteurs, ce peut être un transistor à effet de
champ (Field Effect Transistor FET), un dispositif piézoélectrique, une fibre
optique....
De tels microcapteurs, associés à des microprocesseurs, deviennent capables
de réagir à une sollicitation chimique en commandant des actionneurs, donc de
devenir « intelligents ».
Deux points particuliers sont encore à relever dans ce panorama sur les
microcapteurs.
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0 RT a Ox
E = E + 2,3 -------- lg ------------- (2) Figure 1 – Schéma d’un capteur rédox
nF a Red
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AgCl + e – ↔ Ag + Cl – (6)
auquel correspond la loi de Nernst :
0 RT 1
E = E + 2,3 -------- lg ----------- (7)
F a –
Cl
Hg2Cl2 + 2e – ↔ 2Hg + 2 Cl – 1 0 0m RT m
(4) φ m1 – φ 1 = ------- ( µ A 1 – µ A ) + -------- ln ( a A 1 / a A 1 ) (10)
zF zF
auquel correspond la relation de Nernst :
La différence de potentiel électrique totale φ 2 – φ 1 entre les deux
0 RT 1 solutions électrolytiques séparées par la membrane est donnée
E = E + 2,3 ------- lg ----------- (5)
2F a 2 – par :
Cl
RT
avec E0 potentiel normal du couple Hg2Cl2 /Hg, φ 2 – φ 1 = -------- ln ( a A1 /a A2 ) + ∆ φ as (11)
zF
a – activité de l’ion Cl –.
Cl
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RT a A1
E = E réf 1 + E j1 – E j2 – E réf 2 + ∆ φ as + -------- ln ----------- (13)
zF a A2
avec E j1 , E j2 potentiels de jonction. Figure 3 – Principe du montage pour la mise en œuvre des mesures
En définitive, on peut écrire : avec une électrode spécifique et l’électrode de référence
qui lui est associée
RT
E = E 01 + -------- lna A1 (14)
zF
La figure 3 représente la structure générale d’une électrode
spécifique ainsi que celle de l’électrode de référence qui lui est
associée pour la mise en œuvre des mesures. La réponse des élec-
trodes spécifiques est donc linéaire en fonction du logarithme de
l’activité [28] de l’ion spécifique A (potentiel déterminant), la pente
de réponse est de 59,16 mV à 25 oC dans une gamme de
concentration dépendant du type d’électrode. La sélectivité de la
membrane vis-à-vis d’un ion interférant B (pouvant interagir avec
la membrane) est quantifiée par un coefficient de sélectivité K AB .
Les coefficients de sélectivité sont définis par l’équation de
Nicolsky :
RT
E = E 02 + --------- ln ( a A1 + K AB a B1 ) (15) Figure 4 – Exemple de courbe intensité-potentiel de réduction
zF
d’une espèce réductible dissoute (surtension entre une électrode
Cette équation a été simplifiée au cas où les ions A et B ont la indicatrice et une électrode de référence)
même charge z et où seul l’ion B est interférent. Les meilleures
sélectivités correspondent aux très faibles valeurs de K AB . La
meilleure électrode spécifique est l’électrode à membrane de verre 1.1.2 Capteurs ampérométriques
pour la détermination du pH (ion H +) qui présente un coefficient de
sélectivité de 10–12 par rapport à la plupart des cations. ■ Principe
La seconde meilleure électrode est l’électrode sélective aux ions L’allure d’une courbe intensité-potentiel de réduction d’une
fluorures à membrane LaF3 monocristalline, elle présente un coef- espèce réductible dissoute, obtenue en appliquant une surtension
ficient de sélectivité de l’ordre de 10 –7 pour la plupart des ions entre une électrode indicatrice (conducteur électronique) et une
excepté OH –. En général, la valeur maximale tolérée du coefficient électrode de référence (§ 1.1.1) est représentée sur la figure 4. Pour
de sélectivité est de 10 – 4, cela signifie qu’un excès de 10 4 de l’ion une surtension suffisamment importante (≈ E A ), on atteint un palier
interférent B entraîne une erreur de 100 % sur la mesure directe de limite de diffusion pour lequel l’intensité est proportionnelle à la
la concentration de l’ion A. La méthode de détermination du coef- concentration de l’espèce réductible [29]. Les techniques d’ampé-
ficient de sélectivité est présentée dans [28]. rométrie, de voltammétrie et de polarographie sont basées sur
Les différents types de membranes pour les électrodes spéci- lamesure de courants limites de diffusion d’espèces électroactives.
fiques sont les suivants : Dans un capteur ampérométrique, on procède à une électrolyse
— membranes cristallines (monocristallines ou polycristallines) ; d’une espèce électroactive entre une électrode indicatrice et une
— membranes non cristallines : électrode de référence, en fixant une surtension E A correspondant
• à matrice rigide : membranes de verre, au palier limite de diffusion pour cette espèce. On détermine la
• à porteur mobile : membranes échangeuses d’ions, liquides hauteur du palier de diffusion, qui est proportionnelle à la
ou solides à l’exclusion des membranes de verre. concentration de l’espèce réduite ou oxydée à l’électrode indica-
trice. Un étalonnage préalable en un point est effectué, dans les
Les caractéristiques de sensibilité, de sélectivité, de domaine mêmes conditions. Les valeurs de courant mesurées sont extrême-
d’utilisation de ces électrodes réalisées à partir de ces différents ment variables : elles dépendent notamment de la quantité
types de membranes sont rassemblées dans [28]. d’espèces électroactives, de la surface de l’électrode indicatrice...
Elles sont généralement comprises entre quelques picoampères et
quelques dizaines de milliampères.
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■ Types de capteurs
Ces capteurs permettent de mesurer des espèces oxydables ou
réductibles en solution, la sélectivité n’est liée qu’à la valeur de E A .
Les principales électrodes indicatrices utilisées sont : l’électrode à
goutte de mercure, les électrodes métalliques inattaquables
(platine, or...), les électrodes en carbone vitreux ou en graphite.
L’électrode à goutte de mercure est constituée d’un capillaire relié
à un réservoir de mercure. La structure des électrodes de platine,
or, carbone vitreux est généralement semblable à celle des élec-
trodes rédox (cf. figure 1).
Certains capteurs ampérométriques permettent de détecter la
teneur en oxygène dans un liquide ou dans un gaz (cf § 1.2.4). Les
électrodes enzymatiques présentées dans le paragraphe 3 sont
également basées sur la détection ampérométrique.
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1 RT p mes
E = – ---- ( µ˜ ″e – µ˜ e′ ) = -------- ln ------------- (21)
F 4F p ref
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Une électrode à ammoniac a été conçue sur le même principe : ■ La gravure est réalisée soit par un procédé chimique humide, soit
le gel renferme alors une solution de chlorure d’ammonium dont par un procédé plasma. Des procédés d’attaque isotropique et
le pH varie en présence d’ammoniac. On peut détecter jusqu’à anisotropique sont connus.
10–6 M d’ammoniac dissous. Ces deux types d’électrodes sont
fabriquées en particulier par la société Orion. ■ La connectique est l’assemblage d’une pièce de silicium avec du
silicium, du verre et des métaux pour la prise de contact électrique.
D’autres électrodes à gaz dissous ont été conçues utilisant soit
l’électrode de verre (SO2 , NOx ), soit une électrode à sulfure (H2S), Un procédé simple pour obtenir un canal en silicium est pré-
soit une électrode à fluorure (HF). senté sur la figure 14. Il est évident que la forme à deux dimen-
sions du tracé du canal est obtenue par le photomasquage, mais
elle n’affecte pas la complexité du procédé. Dès qu’une variation
en profondeur (troisième dimension) ou de matériau (par exemple
1.2.4 Capteurs ampérométriques dépôt d’une couche de métal) est nécessaire, des procédés supplé-
mentaires doivent être ajoutés à la séquence.
Parmi les capteurs ampérométriques permettant la mesure d’un
gaz dissous dans un liquide, l’électrode la plus utilisée est l’élec-
trode à oxygène (électrode de Clark) (figure 13). Elle est constituée
de deux électrodes polarisables : une cathode de platine et une
anode d’argent, recouverte de chlorure d’argent, plongée dans un
gel contenant une solution électrolytique de chlorure de
potassium ; ce système est séparé du milieu à étudier par une fine
membrane perméable à l’oxygène. Un potentiel de 650 mV est
appliqué aux électrodes. L’oxygène diffusant à travers la mem-
brane est réduit à la cathode selon la réaction :
O 2 + 2H + + 2e – → H2O2 (22)
Comme il a été décrit au paragraphe 1.1.2, dans les conditions
de mesure, le courant dû à la réaction électrochimique est direc-
tement proportionnel à la quantité d’oxygène réduit et, par
conséquent, à la teneur en oxygène du milieu étudié. Le courant
mesuré peut être soit affiché directement, soit exprimé en parties
par million d’oxygène gazeux ou millimètres de pression partielle
d’oxygène.
Les principaux fabricants de capteurs de gaz sont rassemblés
dans le tableau 2.
2. Microcapteurs chimiques
2.1 Microtechnologies
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● GasFET
L’expression de la tension de seuil V T en fonction des différentes
caractéristiques des matériaux constituant le composant est la
suivante :
V T = (W S )m – (W S )sc + Q f /C i + Q S /C i – 2ψ b (23)
avec (W S )m énergie de sortie du métal,
(W S )sc énergie de sortie du semiconducteur,
Qf charges fixes dans l’isolant,
Ci capacité de l’isolant,
QS charges en surface du semiconducteur,
ψb différence entre le niveau de Fermi du silicium dopé
et son niveau intrinsèque.
Le capteur de gaz de type GasFET est basé sur la variation du
travail de sortie du métal de grille en contact avec un gaz. C’est le
principe de fonctionnement du capteur d’hydrogène mis au point
par Lundström [7] dont le métal de grille est le palladium. Ce cap-
teur est commercialisé par la société suédoise Sensistor AB en tant
que détecteur de fuites d’hydrogène sur des installations
industrielles.
● ISFET [6]
La figure 18 représente la structure d’un ISFET. La métallisation
du MOSFET est remplacée par une membrane chimiquement sen- Figure 19 – Variation du courant entre source et drain I D
sible, en contact avec la solution à étudier. La tension de seuil V T en fonction de la tension de grille V G pour un ISFET pH
devient dans ce cas une fonction des caractéristiques chimiques de à membrane alumine
la solution :
V T = V T0 + ψ0 (24)
où V T0 ne dépend que des caractéristiques du composant ISFET et La seconde partie du procédé de fabrication concerne les étapes
ψ0 est la différence de potentiel entre la membrane sensible et la situées après que la tranche de silicium ait été découpée en
solution électrolytique. composants individuels ; il s’agit du dépôt de la membrane sensible,
du montage de l’ISFET sur le support, des connexions électriques,
Étant donné l’équilibre qui existe entre l’ion à doser en solution de l’encapsulation du capteur.
et sa forme chimique dans la membrane sensible, ψ 0 est fonction
● Circuit de mesure de l’ISFET
de l’activité de l’ion à doser. La figure 19 présente la variation de
ID dans le cas d’un ISFET pH à membrane alumine. Dans la méthode de mesure la plus utilisée, le courant de drain
est maintenu constant et la tension V G est asservie ; la variation de
■ Techniques mises en œuvre la tension V G est directement égale à celle du potentiel interfacial
● Fabrication de l’ISFET ψ0 . La miniaturisation de l’électrode de référence a fait l’objet de
Le procédé de fabrication des ISFET peut être divisé en deux par- travaux particuliers ; plusieurs solutions ont été proposées : fil
ties. La première concerne la fabrication des composants dans la d’argent-chlorure d’argent, électrode de référence intégrée, mesures
tranche de silicium (typiquement 50 à 75 mm de diamètre) par la différentielles avec un ISFET de référence et une pseudo-référence
technologie microélectronique. Les principales étapes de fabrica- métallique.
tion sont les suivantes : réalisation du caisson d’isolement, implan-
tation des zones de source et de drain, formation de l’oxyde de
grille, prises de contact drain, source, substrat.
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HA ↔ H + + A – (28)
dans lequel soit l’espèce HA, soit l’espèce A – peuvent être détec-
tées optiquement (exemple : l’anion p-nitrophénolate absorbe à
404 nm). Ce type de capteur a en général une dynamique de deux
unités de pH, ce qui limite son application. Il est sensible à
certaines interférences (force ionique) mais a l’avantage de ne pas
nécessiter d’optrode de référence comme pour une détection élec-
trochimique. Un capteur optique de type Severinghaus a été déve-
loppé pour le dosage du CO2 dissous et de nombreux capteurs
enzymatiques utilisant des phénomènes de fluorescence ont été
développés mais ne sont pas encore commercialisés.
Sur la figure 21b, le matériau spécifique constitue la gaine de la
fibre ; il s’agit en général d’un polymère ayant des propriétés
d’absorption spécifique pour le gaz à détecter. Le gaz absorbé modi-
fie l’indice optique du matériau spécifique et la puissance lumineuse
Figure 21 – Principe de deux types de capteurs chimiques transmise par la fibre. Cette configuration se prête bien à l’intégra-
ou biochimiques à fibre optique tion dans un système interférentiel soit par un montage avec fibres,
soit par intégration sur verre ou silicium (interféromètre de
Mach-Zehnder). Ce système différentiel permet de s’affranchir de
température. La sélectivité de détection dépend de la nature des nombreuses interférences dont la température. Le matériau spéci-
matériaux spécifiques, on utilise les mêmes dépôts que pour les fique servant de gaine optique doit être choisi avec certaines pro-
microbalances à quartz. Pour pallier le manque de sélectivité abso- priétés optiques (transparence, indice optique dans une certaine
lue de ce type de capteur, on réalise des réseaux comprenant un gamme) et des propriétés de reconnaissance moléculaire (maté-
grand nombre de ces capteurs, chacun d’eux étant recouvert d’un riaux pour la chromatographie en phase gazeuse). De nombreux
dépôt de matériau différent. Après une détermination des caracté- systèmes sont en cours d’étude en particulier pour la détection des
ristiques de réponse de chaque capteur dans des gaz purs, on peut hydrocarbures, des hydrocarbures halogénés et pour la détection
réaliser l’analyse complète de mélanges de gaz [23]. Aucun capteur de biomolécules de type antigènes.
fondé sur ce principe n’est pour l’instant commercialisé.
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que les contraintes de la fonctionnalisation d’un transducteur par Si un tel couple est choisi pour la conception d’un biocapteur, ce
une biomolécule spécifique sont sévères : sont les caractéristiques de l’interaction ligand-substance reconnue
— adaptation à la biomolécule de reconnaissance ; qui vont conditionner sa réversibilité, sa sélectivité et sa sensibilité.
— adaptation au transducteur ; Suivant la nature de la substance à doser, un ligand sera immobi-
— adaptation au milieu à tester ; lisé sur un transducteur approprié.
— adaptation à un procédé industriel de fabrication.
■ Dans le cas des biocapteurs d’affinité, cette interaction conduit à
Dans ce qui suit, nous ne traiterons que des dispositifs incluant l’équilibre :
une biomolécule de reconnaissance, bien que certains capteurs k1
chimiques dont le principe a été décrit précédemment tels que cap- L+S ↔ LS (29)
teurs pH, O2 , CO2 et quelques électrodes sélectives (Ca 2+, Na +, K +) k–1
puissent être utilisés in vivo et, à ce titre, mériter l’appellation de
[ LS ] k1
biocapteurs. où : K = ------------------- = -------- (30)
Sur ce sujet (électrodes intravasculaires ou tissulaires), voir par [L] [S] k –1
exemple [31]. Des appareils spécifiques adaptés à l’application
avec L ligand, anticorps par exemple, fixé à la surface
clinique sont d’ailleurs commercialisés, ainsi le système GEM-6,
du transducteur,
Mallinckrodt Sensor Systems, permet l’analyse dans un flux san-
guin à partir d’échantillons régulièrement prélevés par des cathé- S substance reconnue, antigène par exemple,
ters placés sur le patient. k 1 et k –1 constantes de vitesse respectives des réactions
directe et inverse.
K représente la constante d’affinité caractéristique de cet équilibre
3.2 Biosélectivité entre la surface fonctionnalisée et l’analyte. Les valeurs de K s’éta-
gent de 10 3 L · mol –1 pour les lectines à 1015 L · mol –1 pour des sys-
Dans la nature, il existe un grand nombre de biomolécules douées tèmes avidinebiotine. Pour un nombre de sites ligands L donné, le
de fonction de reconnaissance ; ce sont d’ailleurs elles qui per- nombre de sites LS et, de ce fait, le signal fourni par le transducteur
mettent la survie d’une espèce en assurant les fonctions vitales d’un devraient être proportionnels à la concentration de l’analyte donc
organisme telles que métaboliser (grâce aux enzymes par exemple), la sensibilité sera d’autant plus grande que la valeur de K sera
se reproduire (grâce aux informations génétiques contenues dans grande. Une difficulté importante vient du fait que dans de nom-
l’ADN), traiter l’information et communiquer (grâce aux neurotrans- breux biocapteurs d’affinité (immunocapteurs par exemple), la dis-
metteurs, hormones et récepteurs), se protéger (grâce aux méca- sociation du complexe est très lente et nécessite une régénération
nismes de défense immunitaires, dans le système végétal ce sont de la surface. Dans le cas d’immunocapteurs, ce renouvellement de
sans doute les lectines qui jouent ce rôle en neutralisant bactéries la surface active effectué par des lavages acides successifs, dans des
et champignons). Ces mécanismes impliquent la présence de deux tampons glycine, induit une baisse progressive de l’activité impli-
molécules complémentaires, le tableau 4 donne quelques exemples quant des réétalonnages et en limite l’usage à long terme.
de ligands et de substances liées correspondantes, la reconnais-
sance ou, plutôt, le regroupement des parties complémentaires, qui ■ À l’opposé, les biocapteurs métaboliques présentent l’avantage
implique parfois une modification de conformation, est assuré par d’une autorégénération de leur structure de reconnaissance. Dans
des interactions de type électrostatique (Van der Walls ou liaisons ce cas, la substance reconnue, le substrat S est transformé en un
hydrogène). produit P détectable sur le transducteur (ici L représente l’enzyme
fixée à la surface du transducteur). Le cas le plus courant est celui de
Malgré la spécificité des interactions biologiques, il peut arriver
la formation d’un complexe intermédiaire LS qui se décompose
que la biomolécule reconnaisse une espèce différente de celle de
avec une vitesse correspondant à une constante cinétique k 2 ; à
l’analyte, c’est par exemple le cas de l’inhibition de la biocatalyse
l’équilibre, il se décompose aussi vite qu’il se forme suivant la théo-
par des « toxiques » à très faible dose, cela peut être mis à profit
rie de Michaelis-Menten.
pour une détection même à des niveaux traces, mais le suivi en
continu n’est pas possible, l’activité du capteur devant être restau-
rée avant chaque incubation. (0) k1 k2
L+S ↔ LS → P + L (31)
k–1
Tableau 4 – Principales catégories de biomolécules
douées de propriétés de reconnaissance avec : K M = (k –1 + k 2 ) /k 1 = (Vmax /V – 1) · [S ] (32)
Ligand Substances liées V représentant la vitesse de réaction V = k 2 · [LS ].
Immunoglobulines Grande variété de molécules de La réponse du biocapteur correspondant va dépendre de cette
toutes tailles (antigènes, toxines, cinétique et, dans ce cas, la constante d’affinité K M (constante de
haptènes...) Michaelis) représente la concentration du substrat pour laquelle on
Enzymes Substrats, gamme très large, inhi- atteint la moitié de la vitesse de réaction maximale V max . En pra-
biteurs tique, cette valeur correspond à la demi-saturation de l’enzyme et
seules les concentrations inférieures à cette valeur vont être exploi-
Lectines, ou autres protéines Oligosaccharides tables dans une optique biocapteur. En effet, à saturation, la pro-
spécifiques duction de P et, de ce fait, l’intensité du signal fourni par le capteur
Récepteurs Hormones, toxines, neurotrans- deviennent indépendantes de la concentration en substrat (ici
metteurs, drogues l’analyte).
Avidine Biotine Ces considérations s’appliquent aux biocapteurs métaboliques
pour lesquels l’enzyme est directement accessible par le substrat
ADN ADN, ARN (enzymes fixées en monocouche ou évidemment en milieu homo-
Protéine A IgG, IgM, IgA gène), le produit de la réaction étant instantanément détecté sur le
transducteur. Mais, dans la plupart des cas, l’enzyme est incluse
Protéines de transport Ions, substances diverses dans une membrane et la réponse est conditionnée par les proces-
ADN acide desoxyribonucléique lg Immunoglobulines sus de diffusion du substrat S jusqu’à l’enzyme L et de diffusion
ARN acide ribonucléique de P jusqu’à la surface du transducteur ou vers la solution analy-
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sont bien adaptées au dosage de ces espèces dans le plasma, les d’intégrer cette nouvelle génération de capteurs, de coûts encore
milieux de culture cellulaire ou de fermentation synthétiques, mais, élevé vu leur diffusion récente et restreinte, et qui nécessitent un
en revanche, il est pratiquement impossible d’envisager leur emploi personnel spécialement formé pour la mise en œuvre et l’interpré-
dans des mélasses, liqueur corn-steep etc. De même, s’il est pos- tation des données fournies par ces instruments. Une analyse de
sible de doser le lactate dans le sang total, la détermination du glu- ces problèmes ainsi que quelques exemples d’applications dans
cose dans ce milieu s’avère impossible. des bioprocess industriels sont donnés dans [34]. Actuellement le
En fait, contrairement aux capteurs chimiques où le même cap- nombre de biocapteurs disponibles sur le marché est extrêmement
teur (électrode pour la mesure du pH par exemple) peut satisfaire réduit ; hormis quelques réalisations japonaises permettant la
à une grande diversité d’applications, hormis certaines exigences détermination de la DBO (demande biochimique en oxygène),
spécifiques, telles que robustesse, ou certaines contraintes, telles toutes les électrodes enzymatiques opérationnelles sont destinées
que nettoyage périodique, le biocapteur devrait être conçu pour au dosage du D-glucose ou du L-lactate. Dans le monde, on
une application et un cahier des charges spécifiques. Ainsi, le compte moins d’une vingtaine de sociétés fabriquant ou distri-
contrôle des eaux peut se satisfaire, pour la détection des pesti- buant des biocapteurs, concentrées au Japon et aux États-Unis. En
cides, d’un simple système d’alerte alors que le suivi hospitalier Allemagne, en Grande-Bretagne et en France, l’activité dans ce
d’un diabétique exige la connaissance précise, au cours du temps, domaine est encore faible. Certains constructeurs n’ont d’ailleurs
de la concentration en glucose dans le sang du patient. De plus, les gardé dans cette activité que la maintenance et la fourniture de
biocapteurs subissent la concurrence de systèmes d’analyse, par- membranes pour des appareils commercialisés par le passé ; c’est
fois classés à tort, par les fabricants eux-mêmes, dans la même le cas, par exemple, de Solea-Tacussel (Gluco-processeur), de
catégorie, et adaptés à une situation parfois très pointue comme, Seres (Enzymat). Pour un marché aussi mouvant, nous donnerons,
par exemple, la quantification de la pourriture grise des raisins à titre d’exemple représentatif, les caractéristiques des électrodes
(appareil Raisytis de Seres permettant la mesure de l’activité de la biosélectives de la société américaine Orion commercialisées par
laccase). Enfin l’utilisateur n’est pas toujours prêt à accepter les Prolabo (tableau 7) et celles du biocapteur ampérométrique
limitations inhérentes à la stabilité, la durée de vie et la Microzym-L commercialisé par la société Setric Génie Industriel
conservation de l’élément incorporant les bioespèces actives. (0) (tableau 8). (0)
Le développement commercial des biocapteurs est étroitement
lié à celui des biotechnologies qui n’ont pas encore envisagé
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CAPTEURS CHIMIQUES ET BIOCHIMIQUES __________________________________________________________________________________________________
■ Capteurs à glucose, saccharose, lactose, lactate et éthanol NoJISK 3602). Il est basé sur l’altération, par une pollution orga-
Il s’agit d’électrodes ampérométriques dans lesquelles le nique, du niveau respiratoire des cellules mesuré sur une électrode
conducteur électronique – une pâte de graphite –, l’enzyme et un à oxygène dissous. La compétence de l’équipe inventrice en
médiateur sont combinés en un mélange homogène. La surface du matière de bactéries thermophiles lui a permis récemment d’envi-
capteur est renouvelable par polissage et le capteur ne nécessite sager l’extension de la gamme d’utilisation en température jusqu’à
pas de membrane semi-perméable. Cinq substrats peuvent être 50 oC, ce qui présente un intérêt particulier pour les eaux usées
dosés, suivant la nature de l’enzyme, avec les plages de linéarité industrielles.
suivantes : ■ Capteur à glucose dans le sang
— glucose : 0,2 à 3,5 g · L–1 ; Le dernier exemple que nous citerons est celui des nombreux
— saccharose : 0,5 à 6 g · L–1 ; prototypes proposés pour la détection du glucose dans le sang,
— lactose : 0,5 à 6 g · L–1 ; l’activité intense dans ce secteur est motivée par un marché poten-
— lactate : 0,05 à 2 g · L–1 ; tiel considérable (celui du suivi des diabétiques) et une grande sta-
— éthanol : 0,015 à 2,4 g · L–1. bilité de l’enzyme concernée (la glucose oxydase). Ainsi, des
La mesure est rapide et les effets de matrice et d’interférence sont systèmes miniaturisés sous un format stylo ou carte de crédit,
pratiquement éliminés grâce à la double sélectivité de l’enzyme ; basés sur des électrodes ampérométriques enzymatiques avec
de plus, la surface d’électrode régénérable garantit une très bonne médiateurs chimiques, tel le ferrocène, ont été commercialisés. Le
reproductibilité. Elles constituent sans doute les premières capteur portable de poche à glucose Exatech, développé à
électrodes enzymatiques adaptées à un usage industriel pour le Cranfield, utilise des électrodes jetables sur substrat carbone. L’uti-
contrôle d’aliments, de boissons, de produits pharmaceutiques et lisateur diabétique obtient directement l’affichage, sur un écran à
de procédés biotechnologiques. cristaux liquides, de la teneur en glucose d’une goutte de sang
déposée 30 s plus tôt (figure 23).
■ Biocapteur à DBO
Récemment un nouveau dispositif commercial format carte de
Comme nous l’avons déjà signalé, à l’étranger, les Japonais sont crédit présente les avantages d’une linéarité sur une large gamme
parmi les plus inventifs. Leur savoir-faire dans le domaine des cap-
et ne nécessite qu’un volume d’échantillon de 5 µL [35].
teurs bactériens a conduit l’équipe du Professeur Karube à la mise
au point d’un biocapteur à DBO, commercialisé par la firme Nissin Dans le domaine agroalimentaire, des sondes couteau permet-
Electric Co., et dont la fiabilité a été reconnue puisqu’il fait l’objet tant de qualifier la viande congelée, utilisent des réseaux de cap-
d’une norme (Japanese Industrial Standard : Apparatus for the teurs glucose. Un schéma d’un tel prototype est donné sur la
estimation of biochemical oxygen demand with microbial sensor, figure 24.
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3.5 Conclusion
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P
O
U
Capteurs chimiques et biochimiques R
E
par Nicole JAFFREZIC-RENAULT N
Claude MARTELET
et Paul CLECHET
Club Microcapteurs Chimiques (CMC2)
Laboratoire de Physicochimie des Interfaces (URA CNRS 404) de l’École Centrale de Lyon
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