DRE GRAND- COMPOSITION RÉGIONALE DU 1er SEMESTRE ANNEE SCOLAIRE : 2024-2025
LOMÉ
CLASSE : 1re CD ÉPREUVE : Philosophie DUREE : 4H / COEF : 2
PARTIE A (8pts) : L’élève traitera obligatoirement les deux exercices de cette partie
Exercice I (4pts)
1- Définis les notions suivantes : a- l’ethnophilosophie, b- L’extrémisme violent, c- l’ethnocentrisme. 0,75tpt
2- Pourquoi les philosophes éprouvent-ils des difficultés à définir la philosophie ? 0,75 pt
3- Pour quelle raison Aristote faisait de la philosophie un savoir encyclopédique 1pt
4- Cite les deux modes de pensées ayant prévalu dans la Grèce antique.1pt
5- Qui est Placide TEMPELS ? 0,5pt
Exercice II (4pts)
1- Cite deux philosophes africains. 0,5pt
2- Cite deux rôles de la philosophie dans la société 1pt
3- Choisis la ou les bonnes réponses
3.1- Platon et Aristote sont des : a-socratiques, b- les présocratiques, c- les post-socratiques.0, 5pt
3.2- La méthode d’enseignement des sophistes était : a- l’ironie b- la rhétorique, c- la maïeutique. 0,5pt
3.3- La philosophie est la promotion :
a) De toutes les valeurs ; b) des valeurs citoyennes ; c) la colonisation des mentalités. (0,5 pt)
3.4- La décolonisation des mentalités consiste à :
a) Rejeter les autres cultures ; b) retrouver sa liberté de penser et d’agir ; c) avoir une conscience
d’africanité. (0,5 pt)
3.5- Paulin Hountondji ; b) Friedrich Hegel ; c) Alexis Kagame)…. est un défenseur de l’ethnophilosophie.
(0,5pt)
PARTIE B (12pts) : L’élève traitera au choix l’un des sujets proposés dans cette partie.
Sujet 1: Dissertation
De retour des congés de fin d’année, ton camarade de classe te présente le sujet suivant : Le succès des sciences
rend-il illusoire l’existence de la philosophie ? Résous le problème que pose ce sujet dans une argumentation
bien cohérente.
Critères Pertinence Correction Cohérence Perfectionnement Total
Barème 3pts 4pts 3pts 2pts 12pts
Sujet II
« Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les
sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner de la
peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui
on fournit du cuir et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le
préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède
l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la
mesure d’un soulier. Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque
de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. »
HEGEL, La phénoménologie de l’esprit, Tome I, p. 57.
Critères de correction
Critères Pertinence Correction Cohérence Perfectionnement Total
Barème 3pts 4pts 3pts 2pts 12pts
Corrigé type
PARTIE I : (8pts)
Exercice 1 :4pts
1- Je définis les notions suivantes :
a- L’ethnophilosophie : c’est l’ensemble des pratiques philosophique d’une communauté, d’une ethnie et par
ricochet d’une race. Tendance qui stipule que l’Afrique a une philosophie de par la philosophie bantoue
(0.25)
b- L’extrémisme violent : C’est la préconisation de la violence motivée ou justifiée par une idéologie pour
atteindre des objectifs sociaux, économiques et politiques (0.25)
c- L’ethnocentrisme est une tendance consiste à valoriser sa culture ou son ethnie au détriment des autres.
(0.25)
2- Les premiers philosophes éprouvaient des difficultés à définir la philosophie car il existe diverses raisons qui
expliquent le problème de la définition de la philosophie. Parmi ces raisons, on peut évoquer :
- Absence d’objet d’étude spécifique : la philosophie réfléchit sur l’univers, l’homme, la science, l’art, le
langage, le langage, la politique, la religion, etc.
-Absence de méthode unique : il existe plusieurs méthodes : la dialectique, la maïeutique, l’ironie, la
dialectique hégélienne, le criticisme kantien, le doute cartésien, etc.
-Pluralités des systèmes philosophiques : chaque philosophe est fils de son époque, de son temps et de son
milieu. 0,75pt
3- Aristote faisait de la philosophie un savoir encyclopédique parce que depuis l’antiquité, la philosophie se
comprenait comme l’ensemble de tous les domaines du savoir, comme la totalité du savoir ou comme savoir
encyclopédique. Ainsi Aristote affirma-t-il : « J’appelle philosophe celui qui, dans la mesure du possible,
possède la totalité du savoir ». Par exemple, Thalès de Milet, Pythagore de Samos, René Descartes étaient
des mathématiciens, des physiciens et philosophes à la fois. 1pt
4-Les deux modes de pensées ayant prévalu dans l’antiquité grecque : La pensée mythique et la pensée
rationnelle. 1pt
5-Placide Tempels est un révérend père belge et auteur de l’œuvre philosophie Bantoue.0, 5pt
Exercice II 4pts
1- Deux auteurs africains qui ont critiqué l’ethnophilosophie et leurs apports :
- Marcien Towa : l’ethnophilosophie trahit la philosophie puisque cette philosophie n’est ni purement
philosophique ni ethnologie.
- Paulin Hountondji : selon lui, l’ethnophilosophie est une philosophie qui, plutôt que de fournir ses propres
justifications rationnelles, se refugient plutôt derrière l’autorité d’une tradition, d’un mythe et projet dans ses
propres thèses, ses propres croyances. 1pt
2- deux rôles de la philosophie dans la société :
- Sur le plan social, elle développe la vigilance et l’intelligence des citoyens, institue le dialogue entre les
hommes, développe l’esprit critique, initie les jeunes esprits à faire un bon usage de la raison ; c’est-à-dire
qu’elle aide à bien penser, à bien juger et à bien voir.
-Sur le plan moral, la philosophie enseigne les vertus comme, la prudence, la tempérance, le courage, le
dialogue. Elle permet aux hommes d’éviter la précipitation. Elle est enfin la discipline qui pose et analyse les
problèmes de valeur tels que ceux de la transcendance et de l’absolu, de l’immortalité de l’âme, la vertu, la
liberté, la justice etc.1pt
3- L’auteur de l’œuvre philosophie bantoue est Placide Tempels. 0,5pt
4- réponds par vrai ou faux
4-a- Faux 0,5pt
4-b-Vrai 0,5pt
5-choisis la bonne réponse
5-1-a –Socratique 0,5pt
5-2-b- Rhétorique 0,5pt
PARTIE B (12pts)
Sujet I : Dissertation
De retour des congés de fin d’année, ton camarade de classe te présente le sujet suivant : Le succès des sciences
rend-il illusoire l’existence de la philosophie ? Résous le problème que pose ce sujet dans une argumentation
bien cohérente.
I/COMPREHENSION
A/ Explication des notions
Le succès de la science : le progrès des sciences ; l’essor des sciences
Rend-il illusoire : dévalorise-t-il ; exclut-il ; supprime-t-il ; met-il fin
L’existence de la philosophie : la raison d’être de la philosophie
B/ Reformulation
Le progrès des sciences dévalorise-t-il la philosophie ?
C/ Problème
Rapport entre la philosophie et la science
D/ Problématique
OG : On pense généralement que le succès de la science rend illusoire l’existence de la philosophie.
Constat : Or, la science dans son évolution est à l’origine de nombreux problèmes qui font appel à la réflexion
philosophique.
Question : Le progrès des sciences dévalorise-t-il la philosophie ?
II/ Plan détaillé
PLAN DU DÉVELOPPEMENT
Introduction
Beaucoup de personnes estiment que la philosophie ne joue aucun rôle décisif dans ce monde où la
science et la technique semblent résoudre tous les problèmes de l’humanité. Le sujet soumis à notre analyse
pose le problème du rôle que joue la philosophie dans le monde actuel par rapport à celui que joue le progrès
scientifique et technique. On pense généralement que la philosophie n’a aucune utilité dans ce monde qui
progresse au rythme de la science et de la technique. Or, force est de constater que malgré les prouesses de la
science et de la technique, la philosophie s’avère indispensable. Le progrès des sciences dévalorise-t-il la
philosophie ?
A- Le succès de la science rend illusoire l’existence de la philosophie
La philosophie n’a aucune importance dans notre monde où la science et la technique résolvent les
problèmes concrets des hommes. La philosophie est une pure spéculation, un ensemble de théories restées
inopérantes. Karl Marx pense que « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières (…)
». Par contre, les sciences sont fécondes et dévoilent les secrets de la nature ; elles préparent la conquête
technique du monde. Selon Martin Luther King, « la science donne à l’homme une connaissance qui est
puissance ».
La philosophie ne produit pas le progrès. On peut donc l’oublier. À l’inverse, la science et la technique
sont des sources du progrès. En effet, la science libère l’homme des ténèbres de l’ignorance et est, selon les
termes d’Ernest Renan, « la plus sûre garantie de son progrès ». De son côté, la technique délivre l’homme de
la misère, de la faim et des maladies. John Monelle a donc raison de dire qu’« on n’a pas besoin de philosophie
ni de philosophe à l’heure actuelle ; les philosophes ne servent à rien dans la bataille du développement ; il nous
faut des ingénieurs, des médecins, des agronomes ».
Transition : La science et la technique, certes, solutionnent beaucoup de problèmes de l’humanité. Mais
ne dit-on pas qu’elles ont dépravé les mœurs et détruit la nature ? La philosophie n’a-t-elle pas pour cela, un
devoir impératif de les moraliser pour les orienter vers un progrès humain durable ?
B. Dérives des sciences et des techniques et nécessité de la philosophie
Il est nécessaire de recourir à la philosophie pour contenir les méfaits de la science et de la technique.
En effet, dans la bataille du développement, la science et la technique cherchent à réduire ou à éliminer la misère,
la faim, les maladies et autres. Mais l’innovation technoscientifique donne lieu à des pratiques que la philosophie
morale réprouve. Il s’agit, entre autres, de l’avortement assisté, de l’euthanasie, du clonage reproductif et autres.
Il est nécessaire que la philosophie, par ses mises en garde, permette à la science et à la technique d’éviter la
déviance morale. Rabelais rappelle à cet effet : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
On a besoin de la philosophie pour contenir l’égarement de la science et de la technique. En effet, les
activités de la science et de la technique causent, par exemple, des dommages environnementaux comme le
dérèglement climatique, l’extinction de certaines espèces végétales et animales. Dans Le principe
responsabilité, le philosophe Hans Jonas interpelle l’humanité sur les dérapages de la technoscience et lui fait
prendre conscience de sa responsabilité.
Transition : La philosophie a apporté, d’après notre analyse, d’indispensables solutions pour le
développent de notre monde. Que devons-nous retenir essentiellement de cet apport de la philosophie dans le
monde de science et de technique ?
C. Complémentarité entre philosophie et technoscience pour le progrès social
Il faut dire que bien que la science et la technique aient réussi à s’occuper des problèmes de famine, des
maladies, des misères du monde, elles ne peuvent pas mettre fin au déclin moral dans nos sociétés actuelles.
Bertrand Russell estime que, quel que soit le bonheur que la science et la technique procurent à l’humanité, « il
resterait encore beaucoup à faire pour construire une société digne de ce nom ».
La philosophie et la technoscience constituent des moyens complémentaires du développement. La
bataille du développement ne peut pas être gagnée par la science et la technique seules. Le développement doit
être envisagé dans une perspective plurielle. Le développement ne doit pas être seulement la quête de la science
et de la technique, mais aussi celle de la promotion des valeurs morales. « L’efficacité scientifique et technique,
constate Roger Ikor, ce n’est pas tout, la morale compte aussi ».
CONCLUSION
Pour un développement holistique, durable et intégral, il faut tenir compte et de la philosophie et des
technosciences dans la résolution des problèmes de l’humanité.
GRILLE PAR NIVEAU DE PERFORMANCE ET PAR CRITERE DU SUJET 1
Critères Indicateurs / niveau de performance par critère Barème
Eléments d’introduction
-Problème : Rapport entre la philosophie et la science (1 pt)
Pertinence -Problématique : 1pt
OG : On pense généralement que le succès de la science rend illusoire l’existence 3pts
de la philosophie.
Constat : Or, la science dans son évolution est à l’origine de nombreux problèmes
qui font appel à la réflexion philosophique.
Question : Le progrès des sciences dévalorise-t-il la philosophie ?
- Justification des positions : 1pt
Idée : La philosophie n’a aucune importance dans notre monde où la science
et la technique résolvent les problèmes concrets des hommes. La philosophie
Correction est une pure spéculation, un ensemble de théories restées inopérantes. Par 4pts
contre, les sciences sont fécondes et dévoilent les secrets de la nature ; elles
préparent la conquête technique du monde
Argument : La philosophie est une pure spéculation, un ensemble de théories
restées inopérantes. Par contre, les sciences sont fécondes et dévoilent les secrets
de la nature ; elles préparent la conquête technique du monde.
Illustration : Karl Marx pense que « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde
de diverses manières (…) ». Par contre, les sciences sont fécondes et dévoilent les
secrets de la nature ; elles préparent la conquête technique du monde. Selon Martin
Luther King, « la science donne à l’homme une connaissance qui est puissance ».
Idée 2 : Il est nécessaire de recourir à la philosophie pour contenir les méfaits de la
science et de la technique.
Argument : En effet, dans la bataille du développement, la science et la technique
cherchent à réduire ou à éliminer la misère, la faim, les maladies et autres. Mais
l’innovation technoscientifique donne lieu à des pratiques que la philosophie morale
réprouve.
Illustration : Il s’agit, entre autres, de l’avortement assisté, de l’euthanasie, du
clonage reproductif et autres. Il est nécessaire que la philosophie, par ses
mises en garde, permette à la science et à la technique d’éviter la déviance
morale. Rabelais rappelle à cet effet : « Science sans conscience n’est que
ruine de l’âme ».
Idée 3 :La philosophie et la technoscience constituent des moyens
complémentaires du développement.
Argument : Bien que la science et la technique aient réussi à s’occuper des
problèmes de famine, des maladies, des misères du monde, elles ne peuvent
pas mettre fin au déclin moral dans nos sociétés actuelles.
La bataille du développement ne peut pas être gagnée par la science et la
technique seules. Le développement doit être envisagé dans une perspective
plurielle. Le développement ne doit pas être seulement la quête de la science
et de la technique, mais aussi celle de la promotion des valeurs morales.
Illustration : « L’efficacité scientifique et technique, constate Roger Ikor, ce
n’est pas tout, la morale compte aussi ».
a- Agencement des idées, transitions : 1pt
Cohérence b- -Ordre, chronologie des idées : 1pt 3pts
c- -Raisonnement logique, pas de contradictions :
d- utilisation correcte des connecteurs logiques : 1pt
Perfectionne- Style, originalité (0,5pt)
ment Grammaire, orthographe, conjugaison (0,5pt) 2pts
Propreté et lisibilité (01pt)
Sujet II : Commentaire de texte philosophique
Texte :
« Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les
sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner de la
peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer. Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui
on fournit du cuir et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le
préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède
l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la
mesure d’un soulier. Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le manque
de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. »
HEGEL, La phénoménologie de l’esprit, Tome I, p. 57.
I-Éléments de l’introduction
Auteur : Hegel ;
Œuvre : La phénoménologie de l’esprit.
Thème : Apprentissage de la philosophie ;
Question implicite : Peut-on être spontanément philosophe ? / Philosopher nécessite-t-il un apprentissage ou
réside-t-il plutôt dans la seule possession de la raison naturelle ?
Thèse de l’auteur : Il faut apprendre à philosopher comme on apprend les autres métiers et sciences.
Question suscitée : La philosophie doit-elle vraiment être une matière d’apprentissage comme le pense Hegel
ou devient-on d’emblée philosophe ?
INTRODUCTION
Celui qui veut devenir philosophe doit forcément apprendre la philosophie au même titre que les autres
disciplines. Ce texte, extrait de La phénoménologie de l’esprit, est de Hegel. Il se rapporte à la nécessité
d’apprendre la philosophie. La question à laquelle l’auteur tente de répondre se formule de la façon suivante :
Peut-on être spontanément philosophe ? Selon Hegel, personne ne naît philosophe ; on apprend à le devenir. Il
faut enseigner et apprendre la philosophie comme tous les autres métiers et sciences. La philosophie doit-elle
vraiment être une matière d’apprentissage ou devient-on d’emblée philosophe ?
II. Corps du devoir
A. Structure du texte :
1 mouvement : « Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la philosophie une affaire
er
sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques, prévaut la conviction qu’on ne les possède
pas sans se donner de la peine et sans faire l’effort de les apprendre et de les pratiquer».
Titre : Nécessité d’apprentissage dans les sciences
→ Il est important d’aborder la question de l’apprentissage de la philosophie avec du sérieux. Il y a une
unanimité qui se fait autour de la nécessité de l’apprentissage des sciences, des arts, des métiers. Tout le monde
est d’accord qu’on ne peut pas les pratiquer sans les avoir nécessairement appris. Mais qu’en est-il de la
philosophie ?
2e mouvement : « Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir et un instrument,
n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le préjugé selon lequel chacun sait
immédiatement philosopher et apprécier la philosophie puisqu’il possède l’unité de mesure nécessaire dans sa
raison naturelle comme si chacun ne possédait pas aussi dans son pied la mesure d’un soulier.»
Titre : Préjugé selon lequel on n’a pas besoin d’apprendre à philosopher.
→Quant à la philosophie, « on croit » qu’elle ne doit pas s’apprendre, ou qu’on peut « philosopher et apprécier
la philosophie » sans y être initié. C’est un préjugé, une erreur collective que Hegel cherche à détruire.
L’affirmation selon laquelle tout le monde a la « raison naturelle », c’est-à-dire le bon sens qui lui permet de
distinguer le bien du mal, le vrai du faux, fait croire qu’on naît automatiquement philosophe. La seule possession
de la raison naturelle ne nous confère pas d’emblée le pouvoir de philosopher. De l’avis populaire, chaque
homme n’est pas spontanément cordonnier par exemple. L’homme qui n’a pas appris la cordonnerie ne sera pas
capable de faire des souliers même si on lui fournit le matériel nécessaire.
3e mouvement : « Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la philosophie dans le
manque de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la philosophie commence. »
Titre : La possession de la seule raison n’est pas fondamentale ou suffisante pour philosopher.
→ Hegel remet en cause cette conception selon laquelle l’homme est spontanément philosophe. Au contraire,
chaque homme doit apprendre la philosophie, y travailler avant de la pratiquer. L’activité philosophique n’est
pas un produit brut sans travail préalable ; elle est plutôt un dépassement de l’immédiat, de l’apparence, de
l’opinion. L’idée qu’on peut devenir naturellement philosophe sans travail d’apprentissage et d’assimilation est
une idée erronée. Le vulgaire, victime de préjugés, doit savoir qu’on doit apprendre l’activité philosophique,
s’y initier car on ne naît pas philosophe, on le devient.
Hegel n’a-t-il pas raison d’insister sur l’apprentissage de la philosophie ?
Intérêt philosophique
Mérites de l’auteur et adjuvants
Hegel a le mérite de critiquer le préjugé selon lequel on ne doit pas apprendre la philosophie. Le problème
qui se pose à travers ce texte de Hegel est le choix entre penser par soi-même et penser en méditant les autres.
Pour cela, on s’appuie trop souvent, mais à tort, sur la pensée de Kant selon laquelle : « Il n’y a de philosophie
que l’on puisse apprendre ; on ne peut qu’apprendre à philosopher » et sur certains dires de René Descartes
selon lesquels « des maximes et des opinions de philosophes ne font pas d’emblée un enseignement». C’est ce
que rejette l’auteur dans ce texte. La philosophie est une « affaire sérieuse ». Hegel n’est pas contre la production
originale, mais soutient que celle-ci ne sera possible que lorsqu’on possède des bases solides issues de
l’apprentissage.
André Maurois disait justement : « Sans la lecture, aucun élève, aucun étudiant, si brillant soit-il, ne peut
refaire seul ce que l’humanité a mis des millénaires à enfanter. ». Et à Yvon Belaval de renchérir : « On ne
devient philosophe qu’en lisant les auteurs du passé ». La philosophie en tant que travail rigoureux de
réélaboration et de recherche de la vérité, consiste à ébranler les certitudes, à transformer en problèmes les
évidences comme le souligne Platon. Selon lui, la philosophie nous conduit à dépasser les opinions, les préjugés,
les apparences du monde sensible. On ne peut y parvenir si on n’étudie pas la démarche et la méthode des
philosophes qui ont précédé. Socrate a étudié la philosophie des présocratiques, Aristote a étudié la philosophie
chez Platon et Platon lui-même a été élève de Socrate.
CONCLUSION
Ce texte de Hegel se rapporte à l’apprentissage de la philosophie. Penser que l’homme peut être
spontanément philosophe, est une réflexion erronée. La philosophie est par essence, réflexion critique qui nous
éloigne des préjugés, des erreurs communes, des évidences trop séduisantes et rompt avec l’immédiat et le
sensible pour y bien penser. À ce titre, elle requiert, comme toutes les autres sciences, la rigueur, la méthode et
surtout l’apprentissage.
GRILLE DE CORRECTION DU COMMENTAIRE DE TEXTE
PHILOSOPHIQUE
CRITERE INDICATEURS Barème
S
Situation du texte 0,5 pt
Auteur : Hegel
Ouvrage : La phénoménologie de l’esprit.
Thème du texte : Apprentissage de la philosophie 0,5pt
Question implicite : Peut-on être spontanément philosophe ? / Philosopher
nécessite-t-il un apprentissage ou réside-t-il plutôt dans la seule possession de la
Pertinence raison naturelle ?0,5pt
de la Thèse de l’auteur : Il faut apprendre à philosopher comme on apprend les autres
production métiers et sciences. 1pt 3pts
(PP) Question suscitée : La philosophie doit-elle vraiment être une matière
d’apprentissage comme le pense Hegel ou devient-on d’emblée philosophe ? 0, 5pt
Utilisation Etude ordonnée du texte (2pts)
correcte des 1er mouvement : « Il paraît particulièrement nécessaire de faire de nouveau de la
outils de la philosophie une affaire sérieuse. Pour toutes les sciences, les arts, les talents, les techniques,
discipline prévaut la conviction qu’on ne les possède pas sans se donner de la peine et sans faire l’effort
(UC) de les apprendre et de les pratiquer».
Titre : Nécessité d’apprentissage dans les sciences
→ Il est important d’aborder la question de l’apprentissage de la philosophie avec du
sérieux. Il y a une unanimité qui se fait autour de la nécessité de l’apprentissage des sciences,
des arts, des métiers. Tout le monde est d’accord qu’on ne peut pas les pratiquer sans les
avoir nécessairement appris. Mais qu’en est-il de la philosophie ? 4pts
2e mouvement : « Si quiconque ayant des yeux et des doigts, à qui on fournit du cuir
et un instrument, n’est pas pour cela en mesure de faire des souliers, de nos jours domine le
préjugé selon lequel chacun sait immédiatement philosopher et apprécier la philosophie
puisqu’il possède l’unité de mesure nécessaire dans sa raison naturelle comme si chacun ne
possédait pas aussi dans son pied la mesure d’un soulier.»
Titre : Préjugé selon lequel on n’a pas besoin d’apprendre à philosopher.
→Quant à la philosophie, « on croit » qu’elle ne doit pas s’apprendre, ou qu’on peut «
philosopher et apprécier la philosophie » sans y être initié. C’est un préjugé, une erreur
collective que Hegel cherche à détruire. L’affirmation selon laquelle tout le monde a la «
raison naturelle », c’est-à-dire le bon sens qui lui permet de distinguer le bien du mal, le vrai
du faux, fait croire qu’on naît automatiquement philosophe. La seule possession de la raison
naturelle ne nous confère pas d’emblée le pouvoir de philosopher. De l’avis populaire,
chaque homme n’est pas spontanément cordonnier par exemple. L’homme qui n’a pas appris
la cordonnerie ne sera pas capable de faire des souliers même si on lui fournit le matériel
nécessaire.
3e mouvement : « Il semble que l’on fait consister proprement la possession de la
philosophie dans le manque de connaissances et d’études, et que celles-ci finissent quand la
philosophie commence. »
Titre : La possession de la seule raison n’est pas fondamentale ou suffisante pour
philosopher.
→ Hegel remet en cause cette conception selon laquelle l’homme est spontanément
philosophe. Au contraire, chaque homme doit apprendre la philosophie, y travailler avant de
la pratiquer. L’activité philosophique n’est pas un produit brut sans travail préalable ; elle
est plutôt un dépassement de l’immédiat, de l’apparence, de l’opinion. L’idée qu’on peut
devenir naturellement philosophe sans travail d’apprentissage et d’assimilation est une idée
erronée. Le vulgaire, victime de préjugés, doit savoir qu’on doit apprendre l’activité
philosophique, s’y initier car on ne naît pas philosophe, on le devient.
Hegel n’a-t-il pas raison d’insister sur l’apprentissage de la philosophie ?
Intérêt philosophique (02pts)
Mérites de l’auteur et adjuvants
Hegel a le mérite de critiquer le préjugé selon lequel on ne doit pas apprendre la
philosophie. Le problème qui se pose à travers ce texte de Hegel est le choix entre penser
par soi-même et penser en méditant les autres. Pour cela, on s’appuie trop souvent, mais à
tort, sur la pensée de Kant selon laquelle : « Il n’y a de philosophie que l’on puisse apprendre
; on ne peut qu’apprendre à philosopher » et sur certains dires de René Descartes selon
lesquels « des maximes et des opinions de philosophes ne font pas d’emblée un
enseignement». C’est ce que rejette l’auteur dans ce texte. La philosophie est une « affaire
sérieuse ». Hegel n’est pas contre la production originale, mais soutient que celle-ci ne sera
possible que lorsqu’on possède des bases solides issues de l’apprentissage.
André Maurois disait justement : « Sans la lecture, aucun élève, aucun étudiant, si
brillant soit-il, ne peut refaire seul ce que l’humanité a mis des millénaires à enfanter. ». Et
à Yvon Belaval de renchérir : « On ne devient philosophe qu’en lisant les auteurs du passé
». La philosophie en tant que travail rigoureux de réélaboration et de recherche de la vérité,
consiste à ébranler les certitudes, à transformer en problèmes les évidences comme le
souligne Platon. Selon lui, la philosophie nous conduit à dépasser les opinions, les préjugés,
les apparences du monde sensible. On ne peut y parvenir si on n’étudie pas la démarche et
la méthode des philosophes qui ont précédé. Socrate a étudié la philosophie des
présocratiques, Aristote a étudié la philosophie chez Platon et Platon lui-même a été élève
de Socrate.
Cohérence -Agencement des idées : 1pt 3pts
interne et -Transitions 1pt
qualité -Raisonnement logique, pas de contradictions : utilisation correcte des connecteurs
intrinsèque de logiques : 1pt
la production
(CI)
Qualité de la -Style, originalité ; transitions : 0.5pt 2pts
langue et - Grammaire, orthographe, conjugaison : 0.5pt
présentation -Propreté et lisibilité de la copie (introduction, corps du devoir et conclusion) : 1pt
de la
production
(QP)