Introduction à la procédure pénale Gabonaise
Introduction à la procédure pénale Gabonaise
PROCÉDURE PÉNALE
Cours Magistral
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INTRODUCTION
Toute personne auteur d'une infraction s'expose aux sanctions prévues par
la loi. Mais le prononcé de cette sanction nécessite l'intervention du juge
après que les parties aient débattu au cours d'un procès.
La procédure pénale a pour objet la réglementation du procès pénal.
Elle détermine tout d'abord, l'organisation et la compétence des
différentes juridictions appelées à trancher les affaires pénales. Elle fixe
aussi les règles qui doivent être suivies et les formes qui doivent être
respectées pour la recherche, la constatation et la poursuite des infractions.
Elle réglemente enfin, l'autorité et les effets de décisions ainsi que les voies
de recours.
C'est un modèle qui repose sur l'idée que la justice pénale ne peut consister
qu'à arbitrer un litige. Ce système est entièrement dominé par un magistrat
qui représente l'intérêt et dirige toute l'enquête.
Elle repose sur les caractéristiques suivantes:
1. Le secret par opposition à la publicité. En appel et en instruction.
2. L'écrit
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3. La non-contradiction
La procédure pénale Gabonaise est mixte car elle est à la fois accusatoire et
inquisitoire. On retrouve les deux types de procédure.
La Procédure Pénale repose sur des sources internes et des sources externes
1- La Constitution
Elle fournit les principes fondamentaux de la procédure pénale dont les plus
importants sont les suivants:
● La présomption d'innocence
● Les droits de la défense
● L'interdiction de la torture
● L'interdiction de l'humiliation
2- La Loi
La procédure pénale est régie par plusieurs textes de loi stricto sensu.
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3- La Jurisprudence
4- La Coutume
En pratique, on parle généralement des usages judiciaires. Il s'agit ici de la
manière dont les affaires sont traitées par le juge et les règles qui y sont
appliquées. Les usages judiciaires constituent une source nécessaire de la PP
car la loi ne prévoit pas toujours toutes les règles relatives aux jugements.
Face à cette carence, le juge va recourir aux pratiques.
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TITRE I:
Les actions nées de l'infraction
L'action publique est celle qui a pour objet la réparation des dommages
causés à la société. Dans cette action, on note des sujets outre qu'elle peut
être exercée dans les conditions prévues par la loi.
A- Ministre de la justice
Il a autorité sur tous les membres des ministères publics. A cet titre il peut
notamment:
● Dénoncer à tout membre du ministère public les infractions à la loi
pénale (le procureur, son adjoint ses assistants, )
● Enjoindre par des instructions écrites, d'engager, de faire engager
des poursuite ou de saisir la juridiction compétente. Dans la justice,
le procureur suit les instructions du ministre de la justice.
Cependant et conformément à l'article 18 du CPP, le ministre de la justice ne
peut jamais donner les instructions de ne pas poursuivre au procureur.
B- Le ministère public
C'est l'ensemble des magistrats chargés d'exercer l'action publique. Il s'agit
des magistrats affectés au parquet. (Le procureur est l'avocat de la société).
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d'appel judiciaire. Il a autorité sur tous les membres du ministère public du
ressort de la cour d'appel judiciaire.
b- Le procureur de la République
Le parquet de la république est composé des magistrats suivants :
● Le procureur de la République a
● Les procureur de la république adjoints
● Les substitut du procureur de la république SPR.
Le procureur dispose des attribution suivantes:
● Il reçoit les plaintes et les dénonciations
● Il procède ou fait procéder à tous les actes utiles à la recherche ou la
poursuite des infractions
● Il dirige l'activité des OPJ sur lesquels il a pleine autorité.
● Chaque année, il participe à la notation des OPJ
● Il peut requérir directement la force publique
● Il contrôle les mesures de gardes à vue à tout moment
● Il peut engager les poursuites pénales ou procéder à un classement
sans suite.
a- la subordination hiérarchique.
C'est un trait fondamental de l'organisation du ministère public.
Alors que les magistrats du siège n'ont à recevoir d'ordre de personne et
juge d'après leur conscience, ceux du parquet au contraire reçoivent les
ordres de leur supérieur hiérarchique auquel ils doivent obéir.
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b- L'indivisibilité
Les magistrats du ministère public, du moins ceux d'un même parquet, sont
considérés juridiquement comme une seule personne. La fonction absorbe la
personnalité de chacun des membres. (Le procureur est une institution/ on dit
que le parquet est un et indivisible). On dit que le ministère public est un et
indivisible. Celui qui agit ou parle,
ne le fait pas en son nom mais au nom de tout le parquet.
c- L'indépendance
Le ministère public est un service indépendant vis-à-vis des autres organes
du pénal dont l'instruction et la juridiction de jugement. Les juges ne
peuvent adresser des blâmes ou faire des injonctions aux membres du
parquet. Cette indépendance l'est également vis-à-vis de la partie lésée, car
l'attitude de cette dernière, vis-à-vis de son affaire, ne lie pas le parquet.
d- L'irrécusabilité
Le ministère public est la partie principale au procès pénal. À cet effet, il ne
peut faire l'objet de récusation. Aucune affaire pénale ne peut être tenue
hors de la présence du parquet. La loi exige que le siège du ministère public
soit tenu par un procureur.
Or, un magistrat du siège peut faire l'objet de récusation pour des motifs
spécifiés par la loi.
e- L'irresponsabilité
Les membres du ministère public sont irresponsables. Si le parquet à
intenter à tort l'action publique, il ne peut jamais être condamné pour des
dommages et intérêts envers l'individu acquitté. Ce qui n'est pas le cas de la
partie civile, qui en cas de non lieu peut être condamné à réparation.
C- La victime
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Il s'agit des personnes contre lesquelles l'action publique peut être engagée.
Les personnes qui peuvent faire l'objet des poursuite pénales sont les
suivantes :
● L'auteur de l'infraction (celui qui a commis l'acte prohibé par la loi)
● Le co-auteur
● Le complice (celui qui facilite la commission d'une infraction)
● L'instigateur (celui qui incite à commettre l'infraction).
Le principe de la responsabilité pénale individuelle et de la personnalité des
peines, interdit d'intenter l'action publique contre les personnes civilement
responsables.
En raison du même principe, en cas de décès de délinquant,l'action publique
ne peut être intentée contre ses héritiers qui ne sont tenus que des dettes
civiles.
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Le ministère public dispose de plusieurs voies pour mettre en mouvement
l'action publique. Il peut soit saisir la juridiction d'instruction, soit la
juridiction de jugement.
1- La citation directe
C'est un acte par lequel une affaire est renvoyée en jugement. Elle peut
émaner soit du procureur de la république ( on parle de mandement de
citation), soit de l'huissier de justice saisi par toute personne intéressée (on
parle de citation directe par voie d'huissier).
La citation direct ne peut être déléguantée contre les personnes suivantes
:
● Les mineurs mises en cause (pour eux, l'ouverture de l'information
judiciaire est obligatoire);
● Les avocats.
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La citation directe ne peut pas être faite lorsque les faits ont une
connotation criminelle.
De la même manière et pour une bonne administration de la justice, en
l'absence d'éléments suffisants de preuves, la citation directe n'est pas
appropriée.
Bien que la plainte soit déposée, cela n'empêche pas au parquet d'user de
son pouvoir d'opportunité des poursuites. Le procureur à la possibilité de
classer sans suite même si la victime s'est plainte.
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B- Le régime particulier des poursuites fondées sur la qualité de la
personne
La mise en mouvement de l'action publique peut être suspendue pour des
raisons liées à la qualité de l'auteur de l'infraction. Ces auteurs peuvent être
:
● Le président de la République
● Les députés et les sénateurs: aucun parlementaire ne peut être arrêté
qu'avec l'autorisation du bureau de la chambre dont il est membre sauf
en cas de flagrant délit, de poursuite autorisé et la condamnation
définitive
● Le personnel diplomatique ex: l'ambassadeur ou le consul
● Les magistrats
1- Le décès du délinquant
En cas de mort prévenu de l'accusé ou de l'incriminer, l'ap est éteinte. Cette
solution est imposée par le principe de la responsabilité pénale individuelle et la
personnalité des peines. Vis-à-vis des co-auteurs et complices, l'ap n'est pas
éteinte.
Si le décès intervient avant que l'ap soit intentée, ou après mais avant la
saisine de la juridiction de jugement, l'ap sera éteinte et la partie civile, ne
pourra pas porter son action devant le juge pénal.
2- La prescription
L'ap doit être exercée dans les délais indiqués par la loi faute de quoi elle
sera prescrite. Les crimes se prescrivent par 20 ans, les délits 10 ans, les
contraventions 1 ans. Ce délai court à compter du jour où l'infra à été
commise. Si dans cette intervalle il n'a pas été fait un acte d'instruction ou
de poursuite.
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B- Les manifestations de volonté éteignant l'action publique
2- La chose jugée
L'action publique est éteinte si pour les mêmes faits une personne jugée est
de nouveau poursuivie, car il y a l'autorité de la chose jugée. C'est la mise en
œuvre de la règle non bis in idem.
3- Le retrait de plainte
En principe, le retrait de plainte n'a aucun effet sur l'action publique, car
cette action est d'ordre public et seul le procureur a l'opportunité des
poursuites. Toutefois, lorsque la plainte est une condition d'exercice de l'ap,
son retrait entraîne l'extinction de celle-ci. C'est le cas pour d' infractions
personnelles.
4- La transaction
C'est un arrangement amiable intervenu à la suite de la commission d'une
infraction. Il est de règle que celle-ci n'éteint pas l'action publique.
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Toutefois, la loi donne la possibilité à certaines administrations de procéder
à des transactions pour des infractions commises dans les domaines
relevant de leur activité. Ces administrations sont notamment les parcs
nationaux, douanes, impôts… En cas de transaction opérée par ces
administrations, l'action publique est éteinte.
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Chapitre II: L'action civile
Ce sont des personnes qui ont été lésées par l'infraction. Il s'agit des
personnes suivantes:
● La victime:
C'est la personne qui a directement souffert du dommage causé par
l'infraction. Il peut s'agir d'une personne physique ou d'une personne
morale
● Les héritiers:
Il s'agit principalement des héritiers légaux de la victime décédée. Ces
héritiers sont notamment le conjoint survivant, les descendants et pères et
mères.
● Les créanciers:
Si la victime n'exerce pas l'action civile, ses créanciers peuvent le faire s'il
est négligeant. C'est ce qu'on appelle l'action oblique prévue par l'article 1166
Code civil ancien.
Il s'agit des personnes entre lesquelles l'action civile est dirigée. En effet,
l'action en réparation du préjudice causé peut-être intenter contre les
personnes suivantes
● L'auteur ou le co-auteur de l'infraction
● Le complice ou L'instigateur
● Les héritiers de l'auteur des faits (on hérite également du passif)
● La personne civilement responsable. Ex: La responsabilité civile des
pères et mères des faits de leur enfant mineur.
● L'assureur:Il intervient généralement dans les cas où il y a accident de
circulation.
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Section 2: L'exercice de l'action civile
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Titre II:
LES PHASES DU PROCÈS
Chapitre I: L'enquête
Elle a pour objet de faire rassembler par les opj les éléments de preuves
nécessaires à la mise en œuvre des poursuites pénales. On parle ici de la
police judiciaire. Mais cette enquête revêt plusieurs formes.
A- Les OPJ
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2- Les compétences des OPJ
Les opj ont une compétence matérielle et territoriale.
a- la compétence matérielle
Conformément à la loi, les officiers des polices judiciaires ne peuvent
connaître que les affaires ayant une connotation pénale, ils ne peuvent donc
instruire qu'en présence d'une infraction. Par voie de conséquence, les opj
sont exclus dans le traitement des affaires civile, commerciale et sociale.
b- la compétence territoriale
Elle est prévue par l'art 27 du CPP. Selon cette disposition, les OPJ sont
compétents dans les limites territoriales de leur ressort. Leur compétence
correspond logiquement à celle du service ou de l'unité de police judiciaire à
laquelle ils sont affectés.
Toutefois, cette règle de compétence peut exceptionnellement connaître
une extension. En effet, en cas d'urgence les OPJ peuvent opérer dans tout
l'étendu du TPI auquel ils sont attachés.
Aussi en cas de crimes ou de délits flagrants, ils peuvent se transporter
dans le ressort des Tribunaux limitrophes à l'effet qu'ils poursuivent leur
investigation et de procéder éventuellement à toute arrestation.
Il y a deux types d'enquête qui peuvent être menées par les OPJ à savoir
l'enquête de flagrance et l'enquête préliminaire
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A- Les cas de flagrance
Ils sont prévus par l'art 51 du CPP. Est qualifié flagrant:
● Tout crime ou délit qui se commet actuellement ou qui vient de se
commettre
● Tout crime ou délit, lorsque dans un temps très voisin de l'action, la
personne soupçonnée est soit poursuivie par la clameur publique, soit
trouver en possession d'objet, soit encore présente des traces, indices
ou à laisser des traces ou indices donnant à penser qu'elle a participé à
l'infraction.
● Tout crime ou délit commis dan une maison dont l'occupant demande
dans un temps très voisin de l'action, l'intervention du procureur de
la République ou d'un OPJ
● Tout crime ou délit commis dans un délai de 30 jours et qui paraît
établi à la charge d'une personne.
Lors d'une enquête de flagrance, les OPJ ont des obligations et des pouvoirs
immenses.
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● Recourir à toute personne qualifiée (art 54 du CPP)
● Entendre toute personne soupçonnée d'avoir participé à une
infraction ou recueillir le témoignage d'un tiers. (art 55 du CPP)
● Décider d'une mesure de garde à vue (art 56 du CPP)
Une enquête préliminaire est celle menée par les OPJ en l'absence d'une
enquête de flagrance. Les OPJ procèdent d'office à celle-ci ou sous
instructions du procureur de la République.
Cette enquête a pour objet de faire la lumière sur certains faits. L'objectif
est donc de rassembler les preuves et de rechercher les auteurs d'une
infraction constatée. Il peut être nécessaire de réunir certains
renseignements avant de saisir le juge d'instruction ou d'engager des
poursuites.
Dès l'ouverture de cette enquête, les OPJ sont autorisés à poser tous les actes
nécessaires à celle-ci. Ils peuvent notamment procéder à des
interrogatoires.
Les perquisitions, visites domiciliaires et les saisies des pièces à conviction
ne peuvent être effectuées sans l'assentiment de la personne chez laquelle la
perquisition à lieu (art 47 al 1 du CCP). Toutefois, en cas de non assentiment,
ces mesures peuvent être autorisées expressément par le procureur de la
république avisé du refus.
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Chapitre II: L'instruction préparatoire.
A- Le caractère écrit
L'instruction préparatoire est conduite selon les règles inspirées de la
procédure inquisitoire. Elle est écrite. Tous les actes menés par le juge
d'instruction sont constatés sur procès-verbal.
B- Le caractère secret
Le public n'a pas accès à la procédure d'instruction. Les témoins ne sont pas
mis au courant de leur déposition respective. Les décisions rendues ne le
sont pas publiquement. L'instruction doit rester secrète à l'égard du public
sauf disposition contraire de la loi.
Toute personne qui concourt à cette procédure est astreinte au secret.
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Cependant il y a lieu de retenir que si les faits sont commis par un mineur, le
juge compétent sera le juge d'instruction des enfants.
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Le juge d'instruction est saisi selon deux modes. Soit par le réquisitoire
d'information (1) soit par la plainte avec constitution de partie civile (2).
1- Le réquisitoire d'informations
Il émane du procureur de la république qui prend l'initiative de faire ouvrir
une enquête devant le magistrat instructeur. Selon l'article 90 du CPP,
l'instruction préparatoire est obligatoire :
● Pour les crimes, sous réserve de l'usage de la procédure de crimes
flagrants
● Pour tous les crimes et délits commis par les mineurs de 13 à 18 ans.
B- Le rendu de l'information
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personnes dont les noms ne figurent même pas sur le réquisitoire du
procureur de la République.
Le juge d'instruction ne peut instruire que dans les limites des faits pour
lesquelles il a été saisi. On dit qu'il est saisi in rem.
Toutefois lorsque les faits nouveaux sont portés à sa connaissance, l'art
93 al 3 du CPP lui fait obligation de communiquer la procédure au procureur
pour que celui-ci prenne ses réquisitions.
Le JI doit instruire à charge et décharge. Pour se faire il doit poser tous les
actes utiles à la manifestation de la vérité. Certains actes sont directement
posés par lui même (paragraphe 1) d'autres sont accomplis par ses
auxiliaires
1- La première comparution
Elle est prévue par l'art 115 du CPP. Lors de la première comparution, le JI
constate l'identité de la personne et lui donne avis de choisir un avocat.
L'intéressé est avisé des faits qui lui sont reprochés et le juge lui indique
qu'il n'est pas obligé de faire des déclarations.
S'il désire parler, le juge consigne immédiatement sous formes de procès
verbaux sa déclaration.
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Aussi le juge peut prendre la décision de placer sous mandat de dépôt.
2- L'interrogatoire au fond
À travers cet acte, le JI va interroger l'inculpé sur tous les contours du
dossier en rapport avec les faits.
4- La confrontation
Elle intervient généralement lorsqu'il y a contradiction sur un point
important de l'enquête. Le JI peut à cet effet réunir la victime et l'inculpé. Il
procède alors à leur interrogatoire sur un certain nombre de questions.
5- Perquisition et saisie.
Le JI peut procéder à des perquisitions, visites domiciliaires et même à des
saisies; ces actes sont effectués en présence de la personne chez laquelle
elles sont effectuées et à défaut de deux parents ou deux témoins ; ils
doivent être effectués aux heures réglementaires, c'est-à-dire entre 6h et
19h.
6- L'enquête de moralité
Cet acte est effectué lorsque les faits ont une connotation criminelle ou
lorsque la procédure implique un mineur.
7- Le Curriculum vitæ.
Le JI procède à cet acte lorsque l'inculpé à commis des faits criminels.
Celui-ci sera interrogé sur sa filiation, son identité, sa scolarité, sa vie
professionnelle…
8- L'interrogatoire récapitulatif
Elle est accomplie lorsque les faits sont également criminels. Le JI procède à
un résumé de tout ce qui a été posé comme acte d'instruction.
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Deux grands actes d'instructions sont généralement délégués par le JI . Il
s'agit de la commission rogatoire et de l'expertise.
1- La commission rogatoire
Elle est prévue par les articles 149 et 150 du CPP. La commission rogatoire
consiste à déléguer ses pouvoirs à un autre JI ou à un OPJ. Cette commission
doit compter :
● La nature de l'infraction
● La mission confié au juge ou à l'OPJ
● La date de l'acte, la signature du magistrat et son sceau
Il y a un acte que le juge d'instruction ne peut jamais confier à quelqu'un par
commission rogatoire: il s'agit de la délivrance d'un mandat.
2- Les expertises
Elle consiste pour le juge à recourir à un homme de l'art pour obtenir
certains éclaircissements sur une question technique. Cette mesure peut
intervenir soit d'office soit à la demande du ministère public de l'inculpé ou
de la partie civile. Ex: une autopsie.
L'expertise est émise par une ordonnance du juge. Celle-ci doit indiquer :
● L'expert saisi ou désigné
● La détermination de sa mission
● Le temps qui lui est imparti pour accomplir cette mission.
● Le lieu où son rapport doit être déposé.
A- Les mandats
Les mandats sont des ordres écrits, ordonnés par des magistrats. Il y a des
règles communes qui s'appliquent à tous les mandats et les règles
particulières.
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Le mandat qui est décerné en violation des règles de fonds et de formes est
nul et de nul effet (art 131 du CPP).
a- Le mandat de comparution
Il consiste pour le juge d'instruction de mettre en demeure une personne
pour que celle-ci se présente devant lui à une date et heure qu'il indique. (art
124 al 2 du CPP).
Ce mandat est notifié par un agent de la force public à l'inculpé contre
accusé de réception (art 125 al 3)
b- le mandat d'amener
C'est l'ordre donné par le juge d'instruction a la force publique de conduire
immédiatement devant lui la personne à l'encontre de laquelle il est
décerné. (Art 124 al 3).
Le mandat d'amener mentionne la nature de l'inculpation, et les articles des
lois applicables (art 125 al 2).
Il peut être diffusé (art 125 al 4).
Si la personne objet d'un mandat d'amener est présentée au JI, son
interrogatoire doit avoir lieu dans les deux jours. Passé ce délai et selon les
nécessités, la personne amenée peut être placée sous mandat par le
procureur de la République (art 127 al 2-3).
Si la personne recherchée est arrêtée en un lieu autre que celui où réside le
juge d'instruction, elle doit être conduite devant le procureur de la
République territorialement compétent qui demande à la personne si elle
entend à être transférée (art 127 al 5 du CPP).
Le Procureur de la République avise par tout moyen d'urgence de la
réponse de l'inculpé, au juge mandant, lequel ordonne le transfèrement ou
donne commission rogatoire au juge du lieu de l'exécution du mandat pour
procéder à l'interrogatoire.
A l'issue de L'interrogatoire, le magistrat instructeur peut décerner
mandat de dépôt. (Art 127 al 7)
c- Le mandat de dépôt
C'est l'ordre donné par le juge d'instruction au chef de l'établissement
pénitentiaire de recevoir et de détenir l'inculpé. (Art 124 al 4)
Outre les mentions communes à tout mandat, le mandat de dépôt doit
préciser la nature de l'infraction et les articles applicables.
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Le JI ne peut délivrer un mandat qu'après interrogatoire de l'inculpé et si
les faits comportent une peine d'emprisonnement (art 130 al 1 ).
d- Le mandat d'arrêt.
C'est l'ordre donné par le JI a la force publique de rechercher l'inculpé et de
le conduire à la maison d'arrêt où il sera reçu et détenu. Ce mandat, outre
les mentions communes, doit indiquer la nature de l'inculpation et les
articles de la loi applicable.
Le mandat d'arrêt est décerné si l'inculpé est en fuite ou risque de s'enfuir,
ou si son lieu de résidence est inconnu, ou s' il réside hors du territoire
national.
Ce mandat ne peut être décerné qu'après avis du procureur de la République
et si les faits reprochés comportent une peine d'emprisonnement. (Art 128 al
1 du CPP)
Si la personne ne peut être retrouvée, un procès-verbal de recherche
infructueuse est dressé.
1- La détention préventive
C'est une mesure de privation de liberté. Elle ne peut être prise que de façon
exceptionnelle. (Art 132 du CPP)
b- La durée de la détention
Elle est réglementée par l'art 134 CPP. Cette durée diverge selon la nature de
l'infraction.
En matière correctionnelle, la durée de la détention préventive est de 6
mois. Toutefois elle peut être prolongée de 6 mois supplémentaires par le
magistrat instructeur.
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Si les besoins de la procédure le commande, une seconde prolongation de
6 mois peut être ordonnée par la chambre d'accusation (cour d'appel).
Dans tous les cas le JI a une alternative, soit il rejette la demande soit il
l'accorde. Le rejet peut être fondé sur l'absence de garantie de
représentation, sur la gravité des faits etc.
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La décision rendue n'est pas motivée et est susceptible de recours. (Art
147 al 5).
2- L'assignation à résidence
Il s'agit également d'une mesure restrictive de liberté qui consiste à limiter
les déplacements d'une personne en conflit avec la loi et de surveiller ses
fréquentations. Article 143 al 7 du CPP. Les conditions de cette mesure sont
les suivantes:
● Elle ne peut être ordonnée que si l'inculpé est laissé ou mis en liberté
provisoire
● Elle ne peut être prise que par le juge d'instruction ou de la juridiction
compétente.
● La mesure dure jusqu'à décision définitive
● La personne assignée à résidence ne peut s'éloigner sans
l'autorisation express de la justice.
1- L'avis à conseil
Lorsqu'il y a des avocats dans la procédure d'instruction, ils doivent être
avisés de la clôture du dossier par le juge. Celui-ci leur impartit un délai de 5
jours pour présenter toutes observations qu'ils jugent utiles. Cette formalité
est obligatoire. Lorsqu'elle n'est pas accomplie, la procédure encourt la
nullité art 161 du CPP.
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2- La communication de la procédure au procureur de la République.
Elle intervient à l'issue du délai accordé aux avocats pour faire leur
observation.
Le procureur doit prendre ses réquisitions définitive dans un délai de 15
jours. Article 162 al 2.
Néanmoins, si le dossier ne lui paraît pas terminé, le procureur peut prendre
un réquisitoire aux faits de plus ample informé, réquisitoire supplétif
d'information.
B- L'ordonnance de clôture
Selon la nature des faits et la sensibilité du dossier, le juge peut être amené à
rendre plusieurs ordonnances.
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Il repose sur les conditions de fond et de forme.
2- Conditions de forme
Le procureur de la république, la partie civile l'inculpé forment appel au
greffe d'instruction dans les 48h de la notification de L'ordonnance (art 173
du CPP).
L'appel du procureur général est formé au greffe de la chambre d'accusation
dans les 5 jours de la réception de l'ordonnance au parquet général (art 171
al 3).
B- Les attributions de la CA
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La chambre d'accusation est compétente pour:
● Statuer sur les conditions de détention préventive
● Statuer sur les demandes de nullité des actes d'informations
● Ordonner tout acte d'information complémentaire;
● Décerner tout mandat ou prononcer la liberté d'office de l'inculpé;
● Ordonner l'inculpation des personnes qui n'ont pas été renvoyées
devant elle.
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Chapitre III: Le jugement
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Paragraphe 2: Cour d'appel judiciaire
Dans cette CAJ il y a des juridictions chargées de régler les affaires pénales.
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Elle tient ses assises au sein de la cour d'appel judiciaire. La cour criminelle
ordinaire est compétente pour les crimes qui ne relèvent pas de la
compétence de la cour criminelle spécialisée. Il s'agit notamment des
crimes suivants:
● Viol
● Vol qualifié art 295 (art 296 vol aggravé)
● L'assassinat
● Le meurtre
● Les coups mortels
● L'empoisonnement
La cour criminelle ordinaire est composée de magistrats, quatre jurys et un
greffier.
Le ministère public est assuré par le procureur général. Ne peuvent faire
partie de la cour criminelle les magistrats qui, dans l'affaire soumise à la
cour ont, soit fait un acte de poursuite ou d'instruction, soit participé à
l'arrêt de renvoi de l'accusé. (Art 218 du CPP).
Les membres du jury sont tirés au sort au début de l'audience sur une liste
établie par le procureur de la République. Ils doivent être âgés de 35 ans au
moins et de 65 ans au plus.
Sont incapables d'être jury:
● Les agents publics révoqués
● Les autorités ministérielles destituées
● Les personnes en état d'arrestation
● Les aliénés
● Les individus qui ont été condamné à une peine d'emprisonnement
pour crimes ou délits, infractions intentionnelles
● Les ministres du culte.
● Les membres du gouvernement ou d'une assemblée parlementaire
● Les militaires en activité.
Elle est compétente pour connaître des pourvois formés contre les décisions
de la chambre d'accusation et les arrêts rendus en dernier ressort en matière
correctionnelle criminelle et de simple police. Les décisions de cette
juridiction sont revêtues de l'autorité absolue de la chose jugée.
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Elles sont instituées par le code de justice militaire. Deux juridictions sont
visées. La cour spéciale militaire est composée d'un magistrat et de deux
assesseurs militaires pour juger les délits. Elle comprend également trois
magistrats et six assesseurs militaires pour le jugement des crimes. Et les
tribunaux prévôts.
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