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Finance Public (WH)

Les finances publiques englobent la collecte de revenus, les dépenses publiques, la gestion budgétaire et la dette publique, essentielles pour assurer la stabilité économique et le développement social. Elles sont régies par des branches juridiques telles que le droit budgétaire, le droit de la comptabilité publique et le droit fiscal, garantissant une gestion transparente et responsable des ressources. L'évolution des finances publiques au Maroc a été marquée par des réformes visant à améliorer l'efficacité fiscale et à maintenir une situation financière stable.

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Finance Public (WH)

Les finances publiques englobent la collecte de revenus, les dépenses publiques, la gestion budgétaire et la dette publique, essentielles pour assurer la stabilité économique et le développement social. Elles sont régies par des branches juridiques telles que le droit budgétaire, le droit de la comptabilité publique et le droit fiscal, garantissant une gestion transparente et responsable des ressources. L'évolution des finances publiques au Maroc a été marquée par des réformes visant à améliorer l'efficacité fiscale et à maintenir une situation financière stable.

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Finance public

"UN PAYS NE PEUT SE DÉVELOPPER


DURABLEMENT QUE SI SES FINANCES
PUBLIQUES SONT GÉRÉES AVEC RIGUEUR ET
TRANSPARENCE."
— MOHAMMED VI

"La stabilité financière est la clef de voute de la prospérité économique et


du développement social dans notre pays."
— Abdelatif Jouahri (Wali de Bank Al-Maghrib)

Rédigé par : Walid Hassani {N.etudiant :24065872}


Cours : Finances publiques
Professeur : YOUSSEF HERGANE
Champ d'Application des Finances Publiques
Les finances publiques couvrent un large éventail de domaines et de fonctions au sein du
secteur public. Elles régissent la gestion des ressources financières de l'État et des collectivités
publiques, et leur gestion est cruciale pour assurer la stabilité économique, la bonne gouvernance
et la satisfaction des besoins publics. Voici les principaux champs d’application des finances
publiques :

1. Collecte de Revenus

La collecte de revenus est l’un des éléments fondamentaux des finances publiques. Elle inclut
toutes les méthodes utilisées par l'État pour percevoir des fonds nécessaires au financement des
dépenses publiques. Les principales sources de collecte sont les suivantes :

• La taxation : Cela inclut les impôts sur le revenu, les taxes sur la consommation (par
exemple la TVA), ainsi que les impôts sur les sociétés. Ces taxes sont prélevées auprès
des citoyens et des entreprises selon des taux définis par le gouvernement.
• Les droits de douane : Ce sont des taxes appliquées aux marchandises importées, afin de
protéger l’industrie locale et de générer des recettes pour l’État.
• Autres moyens de collecte : Cela inclut les redevances, les taxes spécifiques sur certains
secteurs (par exemple, l’industrie de l’alcool ou des hydrocarbures), et d’autres formes de
prélèvements tels que les contributions sociales.

2. Dépenses Publiques

Les dépenses publiques concernent l'utilisation des fonds collectés pour financer différents
services et programmes d’intérêt public. L’État utilise ses ressources pour financer des domaines
essentiels tels que :

• L’éducation : Financement des écoles, des universités et des programmes d’éducation


pour garantir l’accès à l’enseignement pour tous.
• La santé : Financement des hôpitaux, des soins médicaux, des programmes de prévention
et des systèmes de santé publics.
• La défense nationale : Financement des forces armées, de la sécurité intérieure, et des
dépenses liées à la défense.
• Les infrastructures : Cela inclut les investissements dans la construction et la
maintenance des infrastructures publiques (routes, ponts, transports publics, etc.).
• Les programmes sociaux : Financement des allocations sociales, des retraites, de
l’aide sociale et des autres programmes destinés à soutenir les populations vulnérables.
3. Gestion Budgétaire

La gestion budgétaire est un élément clé pour garantir une utilisation efficace et responsable des
fonds publics. Elle englobe les actions suivantes :

• Planification : La prévision des recettes et des dépenses, qui doit aligner les objectifs
politiques du gouvernement avec les capacités financières disponibles.
• Exécution : La mise en œuvre des décisions budgétaires, c’est-à-dire la collecte des
recettes et le financement des dépenses conformément aux prévisions.
• Suivi et contrôle : L'évaluation continue de l’exécution budgétaire permet de s'assurer
que les ressources sont utilisées de manière optimale et que les écarts sont corrigés
rapidement.

4. Dette Publique

La dette publique se réfère à l'argent emprunté par l'État pour financer ses dépenses lorsque les
recettes fiscales ne suffisent pas. Elle peut se traduire par l'émission de bons du Trésor,
d’obligations d’État, et d'autres instruments financiers.

• Emprunts internes et externes : L'État peut emprunter à la fois au niveau national (à


travers des banques locales) et à l'international (en émettant des obligations sur les
marchés financiers mondiaux).
• Remboursement de la dette : La gestion de la dette implique le paiement des intérêts et
le remboursement du capital emprunté, ce qui doit être planifié dans le cadre du budget
national.
• Conséquences d'une dette élevée : Une dette excessive peut entraîner des coûts
d'emprunt plus élevés et limiter la capacité de l'État à investir dans des programmes
sociaux ou infrastructurels.

Branches des Finances Publiques


Les finances publiques sont régies par plusieurs branches juridiques qui se complètent pour
assurer une gestion saine des ressources financières de l’État. Ces branches incluent le droit
budgétaire, le droit de la comptabilité publique, et le droit fiscal.

1. Droit Budgétaire

Le droit budgétaire est une branche du droit public qui encadre la gestion des finances
publiques, en particulier la préparation, l’adoption, l’exécution, et le contrôle du budget. Il assure
que les finances publiques sont gérées de manière transparente, responsable et conformément
aux objectifs politiques définis.
• Préparation et adoption du budget : Le droit budgétaire régit les étapes de la
préparation et de l'adoption du budget de l’État, en déterminant les responsabilités du
gouvernement et du parlement.
• Contrôle et audit : Il encadre le contrôle de l'exécution du budget, en s’assurant que les
dépenses sont conformes aux prévisions et qu’il n'y a pas de détournement de fonds
publics.

2. Droit de la Comptabilité Publique

Le droit de la comptabilité publique régit la gestion comptable et financière des fonds publics.
Il assure la transparenceet la légalité dans la gestion des finances publiques, et veille à
la responsabilité des entités publiques dans l'utilisation des ressources financières.

• Gestion des fonds publics : Ce droit détermine les règles comptables qui doivent être
suivies par les entités publiques dans la gestion de leurs finances (comptabilité de l'État,
des collectivités locales, etc.).
• Audits et vérifications : Il impose des mécanismes de contrôle et d'audit pour garantir
que les dépenses publiques respectent les normes et la législation en vigueur.

3. Droit Fiscal

Le droit fiscal régit la fiscalité et la collecte des impôts. Il encadre l’obligation fiscale des
citoyens, des entreprises, et des entités publiques. Le droit fiscal est essentiel pour assurer une
collecte de fonds efficace et juste, et pour permettre à l’État de financer ses dépenses.

• Les lois fiscales : Le droit fiscal inclut les lois relatives aux impôts directs (impôt sur le
revenu, impôt sur les sociétés) et indirects (TVA, accises), qui fixent les taux et les
modalités de prélèvement.
• Les obligations fiscales : Ce droit définit les obligations des contribuables, la procédure
de déclaration et de paiement des impôts, ainsi que les sanctions en cas de non-respect de
la législation fiscale.

Introduction Générale aux Finances Publiques


I. La Pluridisciplinarité des Finances Publiques

La science des finances publiques est une discipline juridique qui étudie la gestion des finances
d'un État ou d'une collectivité publique. Elle traite de la manière dont les fonds publics sont
collectés, alloués et utilisés pour satisfaire les besoins de la collectivité. Bien que cette science
soit autonome, elle se croise avec plusieurs autres disciplines et ne doit pas être confondue avec
des domaines tels que les finances privées ou la finance des grandes entreprises. Elle s'inscrit
principalement dans le droit public, aux côtés du droit constitutionnel, du droit administratif, et
du droit international public.

La Finance Publique : une science juridique et un carrefour disciplinaire


• Phénomènes constitutionnels : Le contrôle budgétaire par le Parlement est un moyen
d'affirmer le contrôle politique sur la gestion publique. Le budget est souvent l'occasion
pour le Parlement de discuter des priorités politiques du gouvernement.
• Phénomènes politiques : Le budget est une expression directe des choix politiques du
gouvernement. Par exemple, les priorités en matière de dépenses publiques (éducation,
défense, santé) ne peuvent pas être dissimulées dans le budget.
• Phénomènes sociaux et économiques : Les finances publiques sont également
influencées par des considérations sociales et économiques, et les choix budgétaires
peuvent avoir un impact direct sur le bien-être de la population et la stabilité économique.

Illustrations concrètes :

• Révolution américaine (1775-1783) : La taxation imposée par la Grande-Bretagne,


notamment à travers l’Acte de Timbre et l'Acte de Townshend, a contribué à la
Révolution américaine. Les colons américains refusaient d'être taxés sans représentation
au Parlement britannique.
• Révolution française (1789) : L’incapacité de la France à gérer sa dette publique et les
mauvaises décisions financières ont conduit à la convocation des États généraux et, plus
tard, à la Révolution française. La gestion des finances publiques fut un facteur majeur de
mécontentement populaire.
• Révolution russe (1917) : L’inefficacité de la gestion des finances publiques pendant la
Première Guerre mondiale, combinée à la pauvreté et à la famine, a joué un rôle clé dans
le renversement du régime tsariste.
• Révolutions arabes (2010-2012) : La mauvaise gestion économique et les inégalités
croissantes ont conduit à des soulèvements populaires dans plusieurs pays arabes. Les
préoccupations économiques, comme le chômage et la corruption, ont été des moteurs
importants des révolutions.

II. Évolution des Finances Publiques


1. Définition des Concepts

Les finances publiques englobent les mécanismes et structures permettant à l’État de collecter
des fonds, de les gérer et de les distribuer pour financer les services publics. Elles comprennent :

• Les recettes publiques : Les fonds collectés par l’État, principalement via la fiscalité.
• Les dépenses publiques : L'utilisation de ces fonds pour financer des services comme la
santé, l’éducation, la défense, etc.
• La gestion budgétaire : La planification, l'exécution et le contrôle de l’utilisation des
fonds publics.
• La dette publique : Les emprunts contractés par l’État pour financer ses dépenses
lorsqu’il y a un déficit entre les recettes et les dépenses.
2. Évolution des Finances Publiques au Maroc

Les finances publiques au Maroc ont évolué au fil des décennies, en réponse aux défis
économiques, politiques et sociaux. L'État marocain a mis en place plusieurs réformes pour
améliorer l'efficacité de la collecte des recettes fiscales, renforcer la gestion budgétaire et réduire
la dette publique.

• Réformes fiscales : Le Maroc a introduit des réformes fiscales pour diversifier ses
sources de revenus et mieux contrôler l'évasion fiscale. Les réformes incluent
l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment en incluant davantage de secteurs
informels dans la base fiscale.
• Politique budgétaire : Le gouvernement marocain a adopté une politique de gestion
prudente du budget, visant à éviter les déficits excessifs tout en augmentant les dépenses
d'investissement dans des secteurs clés comme l'infrastructure et la santé.
• Gestion de la dette publique : Bien que la dette publique du Maroc soit restée sous
contrôle, des efforts continus sont nécessaires pour maintenir une situation financière
stable, notamment en évitant des emprunts excessifs qui pourraient compromettre la
solvabilité du pays.

3. Les Sources du Droit Budgétaire Marocain

Le droit budgétaire marocain trouve ses sources dans plusieurs textes et principes fondamentaux.

A. Les Règles Constitutionnelles du Droit Budgétaire

La Constitution marocaine de 2011 a consacré plusieurs principes budgétaires importants :

• Le contrôle parlementaire du budget : Le Parlement doit approuver le budget proposé


par le gouvernement. Le contrôle parlementaire garantit la transparence et la
responsabilité de l’exécution du budget.
• L'équilibre budgétaire : Bien que la Constitution ne prévoie pas explicitement un
équilibre budgétaire strict, elle incite à une gestion rigoureuse des finances publiques.

B. Les Sources à Caractère Législatif et Réglementaire

En plus de la Constitution, plusieurs lois et règlements guident le processus budgétaire au Maroc,


notamment :

• La loi organique relative aux lois de finances : Cette loi définit les règles de
préparation, d’adoption et d’exécution du budget.
• Le Code des finances : Ce code encadre la gestion des finances publiques et établit les
responsabilités des différents acteurs dans le processus budgétaire.

III. Droit Budgétaire et Finances Publiques


Le Droit Budgétaire

Le droit budgétaire régit la gestion des finances publiques dans leur globalité. Il fixe les règles
relatives à :

• La préparation et l’adoption du budget : Le gouvernement élabore le budget annuel,


qui doit ensuite être adopté par le Parlement.
• L'exécution et le contrôle budgétaire : Le gouvernement doit mettre en œuvre les
dépenses conformément au budget adopté, et le Parlement exerce un contrôle sur cette
exécution.
• Les ajustements budgétaires : En cas de besoin, des lois de finances rectificatives
peuvent être adoptées pour ajuster le budget initial.

La Gestion des Finances Publiques : Un Domaine Pluridisciplinaire

Le droit budgétaire n’est pas une discipline isolée, mais une discipline pluridisciplinaire qui
englobe plusieurs aspects du droit public et des sciences économiques. Elle se croise avec :

• Le droit constitutionnel, notamment par la question du contrôle parlementaire sur les


finances publiques.
• Le droit administratif, qui régit l’organisation et le fonctionnement des services publics.
• Le droit fiscal, qui détermine les règles de collecte des recettes publiques.

Les Phénomènes Économiques et les Finances Publiques


Impact des Politiques Fiscales et des Dépenses Publiques sur l’Économie

Les finances publiques ne peuvent être analysées sans prendre en compte leur impact sur
l’économie. Les décisions prises par l’État en matière de fiscalité et de dépenses
publiques jouent un rôle clé dans la stimulation ou la ralentissement de la croissance
économique, ainsi que dans la redistribution des ressources.

1. Politiques Fiscales

Les réductions d’impôts peuvent stimuler la consommation et l'investissement, ce qui favorise


la croissance économique. Par exemple, une réduction d'impôt sur le revenu donne aux
ménages plus de pouvoir d'achat, ce qui peut se traduire par une consommation accrue.

Exemple :

• États-Unis (2008) : Pendant la crise financière mondiale de 2008, les États-Unis ont
adopté des politiques de déficit budgétaire pour stimuler la croissance. Le plan de
relance économique (American Recovery and Reinvestment Act) prévoyait des
dépenses publiques importantes dans des projets d’infrastructure et des aides aux
ménages, contribuant ainsi à atténuer les effets de la récession.
2. Dépenses Publiques

Les investissements publics dans des secteurs clés tels que les infrastructures (routes, ponts,
énergie) ont des effets positifs sur la productivité à long terme, ce qui stimule la croissance
économique. Ces investissements permettent d’améliorer l’efficience de l’économie et de réduire
les coûts de production pour les entreprises.

Exemple :

• Japon : Le Japon fait face à des défis budgétaires liés à sa dette publique élevée, mais il
maintient des taux d’intérêt bas et investit dans des projets d'infrastructure pour stimuler
la croissance économique à long terme.

3. L'Impact de l’Équilibre ou du Déséquilibre Budgétaire sur l’Économie

L'équilibre budgétaire ou le déséquilibre budgétaire a des répercussions directes sur la


conjoncture économique. Un budget en déséquilibre (excédent ou déficit) affecte les décisions
économiques de l’État et peut avoir des répercussions sur la stabilité économique et
la confiance des investisseurs.

Exemple :

• France : La France a connu des débats politiques intenses sur ses finances publiques,
avec des réformes visant à équilibrer les dépenses publiques et les recettes fiscales. Cela a
entraîné des politiques d’austérité visant à réduire les déficits publics tout en maintenant
un système de sécurité sociale généreux.

Illustrations de Politiques Budgétaires et Leur Impact


Économique
1. Canada

Le Canada est un exemple de système de santé universel financé par des impôts élevés. Une
part importante du budget fédéral est allouée à ce système de santé public, qui garantit des soins
de santé gratuits pour tous les Canadiens. Cela illustre l’interdépendance entre dépenses
publiques et politiques fiscales.

2. Suède

La Suède, avec sa tradition de bien-être social robuste, alloue des fonds importants à
l'éducation, à la santé et à l'aide sociale. Les taux d’imposition élevés en Suède financent ces
programmes. Le système fiscal suédois reflète un modèle économique qui met l'accent sur la
redistribution des richesses pour réduire les inégalités économiques et sociales.
3. Singapour

Singapour est connu pour son faible taux d’imposition sur les entreprises, ce qui le rend attractif
pour les multinationales. Le budget de Singapour met l'accent sur l’attractivité économique, en
favorisant les investissements dans les infrastructures pour maintenir la compétitivité mondiale
du pays.

Évolution des Finances Publiques


I. L'Évolution des Fonctions de l'État : D’un État Libéral à un État
Interventionniste

L’évolution des finances publiques est intrinsèquement liée à la transformation du rôle de l'État
dans l’économie, passant d'un État libéral à un État interventionniste.

1. L'État Libéral

L’État libéral est caractérisé par une intervention minimale dans l’économie. Son rôle se limite
essentiellement à assurer l’ordre public, la justice, et la sécurité nationale. Le budget de l’État
est essentiellement neutre et repose sur un équilibre strict des finances publiques, se concentrant
sur les dépenses de fonctionnement (forces de l’ordre, armée, justice).

2. L'État Interventionniste

Après la Première Guerre mondiale et la crise économique de 1929, de nombreux pays ont
adopté des politiques interventionnistes. L’État n'est plus seulement un acteur de régulation,
mais devient également un producteur et un créateur d’institutions publiques. L’État
interventionniste joue un rôle crucial dans la régulation de l’économie, la redistribution des
richesses et la fourniture de services publics essentiels comme la sécurité sociale et les soins de
santé.

II. L'État Providence

L’État providence est un modèle d'État où l’intervention de l'État va au-delà de la simple


régulation et vise à garantir un filet de sécurité sociale pour ses citoyens. Cela inclut la gestion
de programmes de protection sociale tels que l’assurance maladie, les retraites, et
l’assurance chômage.

1. Modèle de l'État Providence

L'État providence intervient pour réduire les inégalités économiques et garantir des services
essentiels. Par exemple :
• Assurance maladie : Dans des pays comme le Royaume-Uni et le Canada, l'État
finance largement les soins de santé pour tous ses citoyens, assurant un accès égalitaire
aux soins.
• Systèmes de retraite et d’aide sociale : L’État providence finance également des
programmes pour assurer des revenus aux citoyens en cas de vieillesse, de maladie, ou de
chômage.

2. Exemples de Systèmes de Santé Publics

Les systèmes de santé universels sont un exemple typique d’intervention de l’État :

• Royaume-Uni (NHS) : Le système de santé public est financé par des fonds publics,
garantissant l’accès aux soins sans frais directs pour les citoyens.
• France : Le système de sécurité sociale et d’assurance maladie universelle vise à
garantir l’accès aux soins pour tous les résidents, financé par des cotisations sociales.
• Allemagne : Le système de santé mixte public-privé permet aux citoyens de choisir leur
assurance maladie tout en respectant les normes de couverture universelle.

III. L'Évolution des Finances Publiques : Cas de l’Angleterre, de la France et du


Maroc

1. Cas de l'Angleterre

Historiquement, l’Angleterre a évolué d’un modèle de finances publiques libérales vers


un modèle plus interventionniste avec l’établissement de l’État providence après la Seconde
Guerre mondiale. Le système fiscal anglais repose sur des impôts progressifs qui financent des
services publics comme la santé et l’éducation.

2. Cas de la France

La France a également suivi une trajectoire similaire, passant d'un État libéral à un État
interventionniste avec l’expansion du système de sécurité sociale après la Seconde Guerre
mondiale. Le modèle économique français repose sur une forte intervention publique pour
financer des services publics universels.

3. Cas du Maroc

Au Maroc, l'évolution des finances publiques a été marquée par une transition vers un État
providence dans les dernières décennies, avec une augmentation des dépenses sociales
(éducation, santé) et un système fiscal en pleine réforme pour mieux couvrir les besoins sociaux
de la population.

Redistribution des Revenus


Objectifs de la Redistribution des Revenus

L’un des objectifs majeurs des finances publiques est de réduire les inégalités de revenus.
L'État met en œuvre diverses politiques fiscales et sociales pour redistribuer les ressources de
manière plus équitable. Ces politiques incluent :

• Impôt progressif sur le revenu : De nombreux pays appliquent un système d’impôt


progressif où les taux d'imposition augmentent à mesure que le revenu augmente. Cela
permet aux personnes à revenus élevés de contribuer davantage, et ainsi de financer des
programmes sociaux pour les moins favorisés.

Exemple :

• États-Unis : Le pays applique un impôt progressif sur le revenu, avec plusieurs


tranches d’imposition qui augmentent en fonction du niveau de revenu. Ainsi, les
personnes à revenus élevés paient un pourcentage plus élevé de leurs revenus en impôts.

Exemples Concrets de Réglementation Économique dans le Cadre de l'État


Providence

1. Le Salaire Minimum

De nombreux pays ont mis en place des lois pour définir un salaire minimum légal que les
employeurs doivent verser à leurs employés. L'objectif est de garantir un niveau de vie décent
pour les travailleurs à faible revenu.

Exemple :

• États-Unis : Le gouvernement fédéral, ainsi que de nombreux États, fixent un salaire


minimum légal. En 2021, le salaire minimum fédéral était de 7,25 dollars de l’heure.

Raisons de la Réglementation du Salaire Minimum :

• Protection des droits des travailleurs : Le salaire minimum vise à garantir que tous les
travailleurs reçoivent une rémunération juste.
• Amélioration des conditions de vie : Il permet de réduire la pauvreté en garantissant un
revenu de base pour les travailleurs.

2. Sécurité au Travail
L’État met également en place des normes de sécurité au travail et des lois du travail pour
protéger les travailleurs et garantir des conditions de travail sûres et équitables. Ces
régulations permettent de prévenir les abus et de garantir des conditions dignes de travail.

3. Prestations Universelles

Dans certains systèmes d'État providence, des prestations universelles sont mises en place. Cela
signifie que tous les citoyens, indépendamment de leur niveau de revenu, ont droit à certaines
prestations sociales, comme l'assurance maladie ou les prestations familiales.

Exemple :

• Royaume-Uni (NHS) : Le National Health Service (NHS) offre des soins de santé
gratuits à tous les citoyens, financés par des fonds publics.

État Providence : Variabilité selon les Pays

Les pays ayant un modèle d'État providence varient dans la manière dont ils mettent en œuvre
leurs systèmes. Certains pays offrent des avantages sociaux généreux, tandis que d'autres se
concentrent sur des services de base.

Exemples de Pays avec un Modèle d'État Providence Fort :

• Pays Nordiques : Suède, Danemark, Norvège sont souvent cités comme des exemples
d'État providence complet, où l'État prend en charge des services sociaux universels.

Exemples de Pays avec un Modèle d'État Providence Plus Limité :

• États-Unis : Bien que le système de sécurité sociale existe, il est moins étendu que dans
les pays nordiques. Le pays met davantage l'accent sur la libre entreprise et la
responsabilité individuelle.

De l'État Gendarme à l'État Providence : Cas du Maroc


1. L'État Gendarme (Période Pré-Protectorat)

Avant le protectorat français et espagnol, le Maroc était un État traditionnel, caractérisé par
une autorité centrale relativement faible. Le rôle de l’État se limitait principalement à l’ordre
public et à la gestion des affaires tribales. Le sultan exerçait une autorité limitée sur le territoire,
et les finances publiques étaient essentiellement utilisées pour maintenir l'ordre.

2. Le Protectorat (1912-1956)

Pendant le protectorat, le Maroc a été divisé en zones d’influence française et espagnole, où


les autorités coloniales contrôlaient largement l’économie et l’administration. Les finances
publiques étaient principalement orientées vers la modernisation des infrastructures (routes,
chemins de fer) pour faciliter l’exploitation des ressources naturelles.

• Accès limité à l’éducation et à la santé : Les services publics étaient largement négligés
par les autorités coloniales, et l'accès à ces services était réservé aux élites urbaines.

3. L'Indépendance et la Transition (1956-1960)

Le Maroc a accédé à l’indépendance en 1956 sous le règne de Mohammed V. Cette période a


marqué la mise en place de structures gouvernementales modernes et le début de la gestion
des finances publiques par l’État marocain indépendant. L’État a pris en charge la gestion
de l’éducation, de la santé et d’autres services publics essentiels.

4. L'État Providence au Maroc (Années 1960 à Nos Jours)

À partir des années 1960, le Maroc a progressivement développé des politiques publiques pour
élargir la couverture sociale et améliorer le bien-être des citoyens. Plusieurs réformes ont été
mises en place, notamment dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la sécurité sociale.

Exemples :

• Système d'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) : Mise en place en 2005, ce système


a permis d’élargir la couverture maladie pour les travailleurs du secteur privé, bien qu’il
reste encore limité dans sa couverture.
• Investissement dans l’éducation : Le Maroc a fait des progrès significatifs pour
améliorer le taux d’alphabétisation et l’accès à l’enseignement supérieur, bien que des
défis subsistent en matière de qualité de l’enseignement.

5. Réformes Économiques au Maroc (Années 1980-1990)

Durant cette période, le Maroc a entrepris des réformes économiques importantes


pour libéraliser le marché et stimuler la croissance économique. Ces réformes comprenaient
la privatisation d’entreprises publiques dans des secteurs stratégiques comme
les télécommunications et les banques.
• Libéralisation et privatisation : Bien que le pays ait progressé vers un modèle d’État
providence, des défis subsistent, notamment le chômage élevé, les inégalités socio-
économiques, et les besoins croissants en matière de santé et d'éducation.

L'État Entrepreneur : Libéralisme et Rôle de l'État dans


l’Économie
Depuis les années 1980, de nombreux décideurs politiques ont opté pour le libéralisme
économique, privilégiant un rôle limité de l’État dans la gestion économique. Ce modèle
repose sur la privatisation des services publics et la réduction des dépenses publiques.

Exemple : L'Administration Reagan (1981-1989)

L'administration du président Ronald Reagan aux États-Unis est un exemple de retour


au libéralisme économique. Les principales mesures prises incluent :

• Réduction des impôts : La réduction des impôts visait à stimuler l'investissement et la


croissance économique.
• Déréglementation : Le gouvernement a entrepris de nombreuses dérégulations dans des
secteurs comme les télécommunications, l'énergie, et la finance pour stimuler
l'innovation.
• Réduction des dépenses publiques : L'administration Reagan a cherché à réduire
les programmes sociaux pour limiter les dépenses publiques.

Partenariats Public-Privé (PPP)


Les Partenariats Public-Privé (PPP) sont une forme de collaboration entre le gouvernement et
le secteur privé pour financer et gérer des projets d'infrastructure ou des services publics. Les
PPP sont souvent utilisés dans des projets de grande envergure, tels que les autoroutes,
les hôpitaux, et les établissements d’enseignement.

Exemples :

• Autoroute 407 (Canada) : Ce projet a été développé en partenariat public-privé pour la


construction et l’exploitation de l’autoroute.
• Hôpital Royal Adelaide (Australie) : Un hôpital construit et géré par le secteur privé
sous un modèle de partenariat public-privé.
Conclusion
L’évolution des finances publiques au Maroc, tout comme dans d’autres pays, reflète une
transition significative du modèle libéral de l'État vers un modèle
interventionniste et providence. Cependant, le Maroc continue de faire face à des défis majeurs
tels que les inégalités socio-économiques, le chômage et la répartition des ressources, ce qui
nécessite des réformes continues pour améliorer la qualité de vie de sa population. Le modèle
d’État entrepreneur et les partenariats public-privé joueront probablement un rôle clé

Définition des Concepts : Droit Budgétaire et Finances


Publiques
1. Le Mot "Finance" : Origine et Evolution

• Le terme "finance" est apparu pour la première fois au singulier au 13e et 14e siècles
sous la forme de « fination» ou « finantias », signifiant le paiement d’une somme
d'argent.
o Au singulier, "finance" était synonyme de paiement.
o Aujourd'hui, "finances" est le terme couramment utilisé au pluriel pour désigner
l'ensemble des opérations de recettes et de dépenses des personnes juridiques
publiques (État, collectivités territoriales, etc.).

2. Les Finances Publiques : Définitions

Les finances publiques peuvent être définies de deux manières :

• Première définition : Il s'agit de l'étude des règles et des opérations relatives


aux deniers publics, c’est-à-dire aux fonds appartenant à l’État et aux autres entités
publiques.
• Deuxième définition : Les finances publiques peuvent être vues comme l'ensemble
des règles régissant les finances de l'État, des collectivités territoriales et
des établissements publics.

Les finances publiques regroupent plusieurs disciplines et domaines tels que :

• Le droit budgétaire
• Le droit fiscal
• La comptabilité publique
• La gestion administrative (management public)

3. Le Droit Budgétaire : Définition et Objectifs

Le droit budgétaire est l'ensemble des règles juridiques qui régissent :


• L’élaboration du budget de l'État et des collectivités publiques.
• La mise en œuvre de ce budget et son contrôle.

Objectif du droit budgétaire :

• Garantir la transparence, la légalité et la responsabilité dans la gestion des finances


publiques.
• Assurer que les ressources publiques sont utilisées de manière efficace et conformément
à la législation en vigueur.

4. Finances Publiques : Définition et Objectifs

Les finances publiques sont un domaine plus large que le droit budgétaire. Elles concernent
l’ensemble du système financier de l'État, y compris :

• La collecte des recettes (impôts, taxes, emprunts, etc.)


• La gestion des dépenses publiques (services publics, investissements, etc.)
• La politique fiscale, la dette publique, les investissements publics, etc.

Objectifs des finances publiques :

• Garantir la stabilité financière de l’État.


• Gérer efficacement les ressources publiques pour répondre aux besoins de la
collectivité, en assurant non seulement une gestion budgétaire, mais aussi une gestion de
la dette publique, de la fiscalité et d'autres aspects financiers essentiels à la santé
financière de l'État.

Différences Entre Droit Budgétaire et Finances Publiques


Droit Budgétaire

• Définition : Le droit budgétaire concerne la gestion directe du budget de l'État. Il régit


les processus d’élaboration, d’adoption, de mise en œuvre et de contrôle du budget.
• Objectifs : Il vise à garantir la transparence dans la gestion des ressources publiques et
à s’assurer que l’État respecte les lois et les règlements relatifs à son budget.
• Contenu :
o Élaboration du budget (répartition des ressources, prévisions des recettes et
dépenses).
o Processus d’autorisation parlementaire et de suivi de l'exécution budgétaire.
o La reddition de comptes (examen et contrôle de la gestion du budget).

Finances Publiques
• Définition : Les finances publiques couvrent un domaine plus large qui inclut la
gestion globale des finances publiques de l’État, notamment :
o La collecte des recettes fiscales et non fiscales.
o La gestion des dépenses publiques et les politiques fiscales.
o La gestion de la dette publique, des investissements et des autres aspects
financiers.
• Objectifs : Les finances publiques visent à assurer la stabilité financière de l’État tout
en répondant aux besoins publics grâce à une gestion efficace des ressources.
• Contenu : Les finances publiques abordent des questions telles que :
o La politique fiscale (taxation et imposition).
o La gestion de la dette publique.
o La planification financière à long terme.
o Les investissements publics, la gestion des actifs et passifs de l'État.

Évolution de la Budgétisation au Fil de l’Histoire


Les finances publiques et la budgétisation ont évolué au fil des siècles, répondant aux besoins
économiques et aux transformations sociales des différents gouvernements. Voici un aperçu
historique de cette évolution :

Antiquité et Moyen Âge

• Antiquité : Les premières formes de budgétisation étaient très simples et servaient


principalement à enregistrer les revenus et dépenses des royaumes anciens (Égypte,
Mésopotamie, Rome, etc.).
o Méthodes : Les revenus et les dépenses étaient enregistrés sur des tablettes
d’argile ou des parchemins.
• Moyen Âge : L'usage de la comptabilité en partie double, développé en Italie au 15e
siècle, influença la gestion des finances publiques dans les royaumes européens.
La comptabilité devint un outil de contrôle des revenus et dépenses.

Époque Moderne (XVIe - XVIIIe siècles)

• L'émergence des États-nations a favorisé la création de budgets plus systématiques,


utilisés pour planifier et contrôler les finances de l'État.
o La comptabilité générale française sous Jean-Baptiste Colbert (ministre des
Finances de Louis XIV) influença la gestion des finances publiques en Europe.
o Le modèle mercantiliste de Colbert visait à renforcer l'État à travers
l’intervention dans l’économie, en favorisant les exportations et en limitant les
importations.

Révolution Industrielle (XIXe siècle)


• La révolution industrielle a marqué un tournant dans la gestion des finances publiques
avec une augmentation des dépenses gouvernementales, notamment pour
les infrastructures (routes, chemins de fer) et les services publics (éducation, santé).
o Les budgets sont devenus des outils cruciaux pour financer et gérer ces projets
d’infrastructure.

XXe siècle : L’Émergence de l’État Providence

• Après la Seconde Guerre mondiale, l'État providence se développe avec une expansion
des services sociauxfinancés par l’État.
o Exemples : Les budgets sont utilisés pour financer des programmes
sociaux (santé, éducation, retraites) et pour promouvoir le bien-être social.

21e siècle : Budgétisation Moderne et Technologies

• Les budgets annuels et pluriannuels sont maintenant des pratiques courantes.


Les technologies de l'informationont révolutionné la manière dont les budgets sont
préparés et gérés. L'utilisation des outils TIC pour la planification, la budgétisation et
le suivi des finances publiques est devenue une norme dans de nombreux pays.

Conclusion
Les finances publiques et le droit budgétaire ont connu une évolution significative au fil du
temps, passant de systèmes rudimentaires dans les civilisations anciennes à des pratiques
modernes sophistiquées. Aujourd'hui, les finances publiques sont un domaine complexe qui
inclut non seulement la gestion des recettes et dépenses de l’État, mais aussi la gestion de
la dette publique, la politique fiscale et les investissements publics.

Évolution des Finances Publiques : Cas de l'Angleterre


Avant la Magna Carta (1215)

Avant 1215, le pouvoir royal en Angleterre était largement absolu. Le roi détenait presque un
contrôle total sur les finances et le gouvernement. Voici les principaux aspects du pouvoir royal :

• Légitimité royale : Le roi était considéré comme le souverain divinement choisi, ce qui
renforçait son autorité.
• Lever des impôts : Le roi avait le pouvoir de lever des impôts sans l'approbation de
quiconque, y compris des barons ou du Parlement.
• Justice : Le roi était le dernier recours en matière judiciaire et pouvait influencer les
verdicts.
• Nomination des fonctionnaires : Le roi nommait les responsables gouvernementaux, y
compris les shérifs et collecteurs d'impôts.
La Magna Carta (1215)

La Magna Carta a marqué un tournant en limitant certains pouvoirs du roi, notamment en


matière fiscale. Elle a introduit des principes importants :

1. Le roi devait obtenir le consentement du "Grand Conseil" (qui deviendra plus tard le
Parlement) pour lever des impôts.
2. Les impôts arbitraires et excessifs étaient interdits.
3. La transparence fiscale a été introduite, obligeant le roi à rendre des comptes sur
l’utilisation des impôts.

Évolution des Finances Publiques : Cas de la France


Avant la Révolution Française (avant 1789)

Sous la monarchie, le roi avait un contrôle absolu sur les finances de l'État. Le système fiscal
reposait principalement sur les impôts indirects payés par la population, tandis que la noblesse
et le clergé étaient exemptés.

Révolution Française (1789-1799)

La Révolution a radicalement changé le système fiscal :

1. Abolition des privilèges fiscaux : La noblesse et le clergé furent soumis à l'impôt.


2. Monnaie papier (les assignats) : Utilisée pour financer les dépenses liées à la
Révolution.
3. Création du système de financement national : Une gestion plus centralisée et plus
égalitaire des finances publiques.

Napoléon Bonaparte (1799-1815)

Sous Napoléon, des réformes financières ont été mises en place pour stabiliser l'économie :

1. Création du franc français comme nouvelle monnaie nationale.


2. Modernisation du système bancaire : Création de la Banque de France en 1800.
3. Réformes fiscales : Introduction de l'impôt sur le revenu et d'autres taxes pour financer
les guerres napoléoniennes.

Période Moderne (XIXe - XXe siècles)

Des réformes fiscales ont continué sous les républiques successives :

1. Introduction de l'impôt sur le revenu en 1848.


2. Stabilité financière : Extension de l'impôt sur le revenu, développement des services
publics et de la sécurité sociale après la Seconde Guerre mondiale.

Évolution des Finances Publiques : Cas du Maroc


Avant le Protectorat (jusqu'en 1912)

Sous les règnes de Moulay Slimane (1792-1822), les finances publiques du Maroc étaient
principalement basées sur des principes religieux :

1. Bayt Mal al-Muslimin : Gestion des fonds religieux (zakat, dîmes).


2. Trésor du Sultan : Recueillait les cadeaux et autres revenus privés du roi.
3. Dar al-Dakhil : Géré les biens administratifs et fonciers.

Le contrôle des finances était centralisé sous l'autorité royale. Amin al-Hisabat supervisait les
comptes royaux et les rapportait directement au sultan.

Sous l'Influence Coloniale (1904 - 1912)

À partir de 1904, le Maroc était sous influence coloniale, notamment de la France, qui
commença à intervenir dans la gestion des finances pour garantir le remboursement de la dette
publique :

1. Collecte de recettes : Les recettes douanières et les revenus des marchés


portuaires étaient collectées par les autorités coloniales pour rembourser la dette.
2. Le contrôle des finances par l'armée : La France contrôlait les finances dans certaines
régions, comme Oujda et Chaouia.

Les Premiers Budgets Marocains

• Premier budget en 1913 : Comprenait des projections pour les dépenses (23,6 millions
de francs) et recettes (17,6 millions de francs), avec des dettes ajoutées aux projections
des dépenses.

Indépendance et Réformes (depuis 1956)

Après l'indépendance en 1956, des réformes financières ont été lancées :

1. Création de la Banque du Maroc en 1959.


2. Institution du dirham comme monnaie nationale en 1959.
3. Mise en place d'un règlement général de la comptabilité publique en 1958 et d'autres
réformes fiscales et budgétaires à partir de 1961.
Conclusion

L'évolution des finances publiques en Angleterre, France et Maroc montre comment


les institutions financières ont évolué en réponse aux besoins politiques et économiques. Le
contrôle royal a cédé la place à des systèmes plus démocratiques et transparentes avec
l'émergence du Parlement et la réforme fiscale. Le Maroc, à travers ses périodes de contrôle
royal et colonial, a également fait de grands progrès dans la structuration de ses finances
publiques, notamment après son indépendance.

Finances Publiques : Évolution et Différences


Finances Publiques Classiques

Les finances publiques classiques se caractérisent par :

1. Faiblesse du budget : Les revenus fiscaux (impôts, taxes) sont la principale source de
financement.
2. Neutralité : La gestion budgétaire est fondée sur l'équilibre des recettes et des dépenses,
sans chercher à influencer l'économie.
3. Équilibre budgétaire : Rejet du déficit et de l'excédent. L'objectif est de couvrir les
dépenses nécessaires, sans créer d'excédent.

Caractéristiques des Finances Publiques Classiques

• Équilibre budgétaire : Exemple : Le gouvernement perçoit 100 milliards de dollars en


impôts et dépense également 100 milliards pour financer des services publics, maintenant
ainsi un équilibre budgétaire.
• Minimisation de la dette publique : Exemple : Un pays s'efforce de minimiser sa dette
en remboursant ses emprunts de manière responsable.
• Fiscalité modérée : Exemple : Un gouvernement maintient des taux d'imposition
raisonnables et contrôle ses dépenses pour éviter le gaspillage.
• Marché libre : Un gouvernement favorise une économie de marché libre, limitant les
interventions dans les transactions commerciales.
• Priorité aux biens publics : Exemple : Le gouvernement investit dans l'éducation
publique pour garantir l'accès à une éducation de base pour tous.

Finances Publiques Modernes

Les finances publiques modernes se caractérisent par :

1. Augmentation du budget : Le gouvernement augmente le budget pour financer


davantage de services publics.
2. Non-neutralité et interventionnisme : L'État intervient activement dans l'économie,
influençant à la fois les revenus et les dépenses.
3. Déséquilibre budgétaire : Les gouvernements peuvent accepter un déficit budgétaire
pour financer des politiques économiques, comme les investissements sociaux ou la
relance économique.

Caractéristiques des Finances Publiques Modernes

• Flexibilité budgétaire : Exemple : Un gouvernement peut réallouer des fonds d'un


programme sous-financé à un autre programme prioritaire.
• Objectifs multiples : Exemple : Le gouvernement ajuste ses priorités économiques pour
inclure des objectifs tels que la croissance et l'emploi.
• Transparence et responsabilité : Exemple : Les gouvernements publient des rapports
détaillés sur la manière dont les fonds publics sont utilisés.

Rôle et Importance du Budget dans les Finances Publiques


Caractéristiques du Budget

Le budget est un instrument central dans la gestion des finances publiques. Voici ses principales
caractéristiques :

1. Prévisionnel : Le budget est un acte prévisionnel qui anticipe


les recettes et dépenses pour une période déterminée.
o Exemple : Prévision des recettes fiscales pour l'année suivante et estimation des
dépenses publiques nécessaires.
2. Outil de Planification financière : Le budget permet de planifier les dépenses et les
investissements en fonction des priorités économiques et sociales.
o Exemple : Prévoir des fonds pour des projets d’infrastructure ou des programmes
sociaux comme l’éducation ou la santé.
3. Autorisation parlementaire : Le budget nécessite l'approbation du parlement, ce qui
donne une autorisation formelle pour la collecte de recettes et les dépenses publiques.
o Exemple : Le parlement approuve le budget annuel de l'État avant son exécution,
garantissant que les fonds sont alloués de manière légale et transparente.
4. Expression des objectifs économiques et financiers : Le budget reflète les priorités et
les objectifs économiques du gouvernement pour l'année à venir.
o Exemple : Un budget qui met l'accent sur des investissements dans la recherche
et l'innovation, ou des politiques de redistribution des richesses via des aides
sociales.

Le Budget Prévisionnel
Le budget prévisionnel est un outil clé dans la gestion des finances publiques. Il permet au
gouvernement de planifier les recettes et les dépenses pour une période donnée, généralement
une année fiscale. Il comprend :

• Estimation des recettes : Prédiction des sources de revenus, telles que les impôts et
taxes.
• Estimation des dépenses : Prédiction des coûts associés aux programmes publics,
salaires, investissements en infrastructures, etc.
• Équilibre ou déséquilibre budgétaire : L'objectif est d'équilibrer les recettes et les
dépenses. Un excédent budgétaire survient si les recettes dépassent les dépenses ; un
déficit budgétaire si les dépenses excèdent les recettes.

Caractéristiques du Budget Prévisionnel

1. Estimation des recettes et des dépenses : Le budget prévoit les recettes fiscales, les
coûts des projets, et les investissements publics.
2. Planification financière : Le budget définit des objectifs financiers spécifiques pour
l'année.
3. Flexibilité budgétaire : Le budget peut être ajusté en fonction des événements imprévus
(récessions, catastrophes naturelles, etc.).
4. Suivi et ajustements : Le budget est régulièrement suivi pour s'assurer que les objectifs
sont atteints.

Le Budget Comme Instrument de Planification et


d'Autorisation
1. Le Budget est un Acte à Caractère Prévisionnel

Le budget est un plan financier qui anticipe les recettes et les dépenses pour une période donnée
(généralement l'année civile). Il permet de garantir la stabilité et la durabilité des finances
publiques.

2. Le Budget Comme Outil de Planification Financière

Le budget permet de :

• Fixer des objectifs financiers clairs.


• Prendre en compte les priorités nationales : santé, éducation, infrastructures, etc.
• Allouer des ressources de manière efficace et responsable.

3. Le Budget Comme Autorisation Parlementaire


Le budget doit être approuvé par le parlement. C’est une autorisation formelle pour le
gouvernement de collecter des recettes et de dépenser des fonds publics.

Conclusion : Les Finances Publiques et leur Évolution


L’évolution des finances publiques reflète un changement fondamental dans le rôle de l'État,
passant d’un État libéral à un État interventionniste puis à un État providence. Le budget est
devenu un outil essentiel de planification, autorisation et responsabilité, permettant aux
gouvernements de gérer efficacement les ressources publiques pour répondre aux besoins
sociaux et économiques.

Les finances publiques modernes sont donc caractérisées par une intervention active de l'État
dans l'économie, la gestion de la dette publique, la mise en place de partenariats public-privé,
et l'utilisation accrue de la technologie pour améliorer l'efficacité et la transparence.

Autorisation Parlementaire et Processus Budgétaire


1. Qu'est-ce que l'Autorisation Parlementaire ?

L'autorisation parlementaire est l'approbation formelle et légale par le Parlement (ou


législature) permettant au gouvernement de collecter des revenus et d'effectuer des dépenses
publiques. Cette autorisation est généralement accordée par l'adoption du budget de l'État.

2. Comment Fonctionne l'Autorisation Parlementaire ?

• Préparation du Budget : Le gouvernement prépare un projet de budget qui définit


les recettes fiscales prévues, les dépenses publiques estimées, ainsi que les priorités et
objectifs budgétaires pour l'année suivante. Ce projet repose sur des estimations
économiques et des besoins politiques.
• Présentation au Parlement : Le projet de budget est présenté au Parlement, souvent par
un discours budgétaire suivi de la soumission du document complet.
• Examen Parlementaire : Le Parlement examine le projet de budget, notamment au sein
des comités des finances, où des discussions approfondies ont lieu sur les dépenses et les
recettes proposées.
• Débats et Amendements : Les parlementaires peuvent proposer des amendements,
modifier les montants des dépenses, ajuster les taxes ou prioriser certaines dépenses.
• Adoption du Budget : Après les débats et les amendements, le Parlement procède au
vote du budget. Si approuvé, cela donne au gouvernement l'autorisation de collecter les
recettes et d'effectuer les dépenses selon les termes du budget.
• Mise en œuvre du Budget : Une fois le budget adopté, le gouvernement commence à
collecter des impôts et à effectuer les dépenses conformément aux prévisions.
• Suivi et Contrôle : Tout au long de l'année, le Parlement suit l'exécution du budget et
peut demander des comptes sur les recettes et les dépenses.
• Ajustements Budgétaires : Si des besoins imprévus se présentent, le gouvernement peut
demander au Parlement une révision du budget pour ajuster les prévisions et les dépenses.

3. Processus de Préparation et d'Adoption du Projet de Loi de Finances (PLF)

Voici les principales étapes pour la préparation du projet de loi de finances (PLF) en référence à
la loi 130-13 :

1. Avant le 15 mars : Le Chef du gouvernement invite les ministères à soumettre leurs


propositions budgétaires triennales, en définissant des objectifs et des indicateurs de
performance.
2. Avant le 15 mai : Examen des propositions en commissions de programmation et de
performance.
3. Avant le 15 juillet : Le ministre des Finances présente un état des lieux des finances
publiques et les grandes lignes du projet de budget au Conseil du gouvernement.
4. Avant le 15 avril : Les ministères et institutions soumettent leurs propositions
budgétaires pour l'année suivante au ministère des Finances.
5. Avant le 31 juillet : Présentation du cadre général de préparation du budget devant
les commissions des financesdu Parlement.
6. Septembre - début octobre : Centralisation des propositions des départements
ministériels et préparation du projet de loi de finances.
7. Début octobre : Le projet de loi de finances est soumis au Conseil des ministres et
au Conseil du gouvernementpour approbation.
8. Avant le 20 octobre : Le projet de loi est déposé devant le bureau de la Chambre des
représentants.
9. 30 jours après le dépôt : La Chambre des représentants se prononce sur le projet.
10. 22 jours après le vote : La Chambre des conseillers examine le projet.
11. 6 jours après l'examen : Adoption finale par la Chambre des représentants après la
deuxième lecture.

• Si la loi de finances n'est pas adoptée avant le 31 décembre, le gouvernement ouvre


par décret les crédits nécessaires pour le bon fonctionnement des services publics.

Adjonction Budgétaire (Budget Rectificatif)


L'adjonction budgétaire ou budget rectificatif est une modification apportée au budget initial
pendant l'exercice fiscal. Cela peut être nécessaire en raison de circonstances imprévues (par
exemple, des dépenses urgentes ou des modifications législatives). Voici quelques exemples :

• Autorisation de collecte d'impôts : Le Parlement autorise le gouvernement à collecter


divers impôts, comme l'impôt sur le revenu, la TVA, etc.
• Budget de la Défense : Le Parlement approuve les dépenses de défense nationale, y
compris les équipements militaires, les salaires des soldats, etc.
• Dépenses de Santé : Le budget peut inclure des fonds pour les soins de santé, les
hôpitaux publics et les programmes de recherche médicale.

Le Budget et ses Objectifs Économiques et Sociaux


Le budget d'un gouvernement exprime ses objectifs économiques et financiers, visant à
améliorer la situation économique et sociale d'un pays. Il est conçu pour atteindre des objectifs
spécifiques tels que :

Objectifs Économiques

• Stimuler la croissance économique : Par des dépenses publiques dans l'infrastructure,


les investissements et l'innovation.
• Création d'emplois : Par des programmes d'investissement dans l'éducation, la
formation, et le soutien aux entreprises.
• Maîtrise de l'inflation : Par une gestion rigoureuse des dépenses publiques et des
recettes.
• Stabilisation de la balance commerciale : Par des politiques fiscales et commerciales
adaptées.

Objectifs Sociaux

• Réduction de la pauvreté : Le budget alloue des fonds aux programmes sociaux tels que
les aides sociales, l'éducation gratuite, etc.
• Accès à l'éducation et à la santé : Financement des écoles publiques et des hôpitaux.
• Protection sociale : Le budget inclut des programmes pour les retraites, les allocations
familiales, et l'assurance chômage.
• Réduction des inégalités sociales : Le budget peut introduire des systèmes fiscaux
progressifs et des transferts directs aux ménages à faibles revenus.

Importance du Droit Budgétaire


Importance Économique

• Gestion des ressources : Le budget détermine comment les ressources financières sont
allouées aux divers secteurs de l'économie.
• Stabilité financière : Un budget bien équilibré évite les déficits excessifs et assure la
stabilité de l'État.
• Durabilité économique : En finançant des projets à long terme, le budget soutient la
croissance économique et l'infrastructure.
• Flexibilité économique : Le budget permet d'adapter les finances publiques aux
changements économiques imprévus.

Importance Sociale

• Fourniture de services publics : Le budget finance les services essentiels comme la


santé, l'éducation, et les services sociaux.
• Équité sociale : Le budget peut être utilisé pour promouvoir l'équité en allouant des
ressources aux plus vulnérables.
• Création d'opportunités économiques : En soutenant l'emploi et les petites entreprises.

Moyen Efficace de Contrôle du Gouvernement


Le budget sert de moyen de contrôle pour le Parlement, car il permet de :

• Approuver et débattre du budget, garantissant qu'il reflète les priorités publiques.


• Suivi de l'exécution budgétaire : Le Parlement surveille les dépenses pour s'assurer que
les fonds sont utilisés conformément aux priorités établies.
• Transparence et responsabilité : Le budget détaillé permet un suivi précis des dépenses
publiques et la responsabilisation des gouvernants.
• Voter des ajustements : Le Parlement peut modifier le budget si nécessaire pour
répondre à des besoins imprévus.

En résumé, le droit budgétaire est essentiel pour une gestion publique efficace et transparente.
Il garantit que les finances de l'État sont utilisées de manière responsable, que les priorités de la
société sont respectées, et que les décisions budgétaires sont prises démocratiquement.

1ère Partie : Principes Généraux du Budget et Exceptions

Principes Généraux du Budget

Les principes budgétaires sont des règles techniques fondamentales qui régissent la préparation,
la présentation, le vote et l'exécution du budget de l'État. Ces principes assurent la transparence,
la responsabilité, et l'efficacité dans la gestion des finances publiques.

1. Principe d'Annualité :
o Définition : Le budget est préparé, voté, et exécuté chaque année. Il est limité à
une période d’un an, généralement du 1er janvier au 31 décembre.
o Objectif : Permet de garantir un contrôle parlementaire régulier et d’adapter la
politique budgétaire aux réalités économiques et sociales de l'année en cours.
o Justifications :
▪ Raisons politiques : Permet un contrôle régulier de la gestion des finances
publiques.
▪ Raisons techniques : Les prévisions économiques à long terme
comportent des incertitudes, et le contrôle parlementaire est facilité par
une période d’un an.
▪ Raisons économiques : Permet une adaptation rapide aux changements
économiques (inflation, récession, etc.).
o Exceptions : Certaines dépenses peuvent être reportées d’une année à l’autre sous
forme de budget rectificatif (adjonction budgétaire).
2. Principe d'Unité :
o Définition : Toutes les recettes et toutes les dépenses doivent être regroupées dans
un seul budget pour donner une vue d'ensemble des finances publiques de l'État.
o Objectif : Assurer une gestion intégrée des finances publiques, où toutes les
opérations sont visibles et contrôlées.
o Application : Cela permet de suivre l'exécution du budget dans sa globalité et
d'éviter les dispersions ou les oublis de certains crédits ou dépenses.
3. Principe d'Universalité :
o Définition : Toutes les recettes et dépenses de l'État doivent être incluses dans le
budget.
o Objectif : Garantir que les finances publiques sont transparentes et complètes.
o Application : Aucune recette ne doit être exclue du budget. Ce principe garantit
que toutes les sources de financement sont bien prises en compte, et que toutes les
dépenses sont bien documentées.
4. Principe de Spécialité :
o Définition : Les crédits alloués à une certaine dépense doivent être utilisés
uniquement pour cette dépense spécifique.
o Objectif : Assurer une traçabilité stricte des fonds publics, de manière à ce que
les dépenses soient conformes aux objectifs fixés dans le budget.
o Exemple : Si une partie du budget est allouée à la construction d'infrastructures
scolaires, cette somme ne peut pas être redirigée pour d'autres projets, comme les
routes.
5. Principe de Sincérité :
o Définition : Les prévisions budgétaires doivent être sincères, c'est-à-dire qu'elles
doivent refléter fidèlement la réalité économique et financière.
o Objectif : Garantir que le budget présente une estimation réaliste des recettes et
des dépenses, sans manipulation des chiffres.
o Application : Ce principe permet de maintenir la confiance des citoyens et des
institutions internationales dans la gestion des finances publiques. La sincérité
budgétaire est d’ailleurs contrôlée par des organes comme la Cour des Comptes.
o Exemple : Le Conseil constitutionnel français a statué sur la sincérité du budget
en 1995, en rejetant une loi de finances qui comportait des prévisions jugées
irréalistes.

Exceptions aux Principes Budgétaires


Bien que les principes budgétaires aient une grande importance, il existe des exceptions et
des adaptations qui permettent de gérer des situations imprévues ou des besoins spécifiques.

1. Les Budgets Rectificatifs (Adjonctions Budgétaires) :


o Définition : Ce sont des modifications du budget initial, adoptées en cours
d'exercice, pour faire face à des besoins imprévus ou des circonstances
exceptionnelles.
o Raisons de l'adjonction budgétaire :
▪ Crises économiques imprévues (ex : pandémie, catastrophes naturelles).
▪ Dépenses urgentes (ex : secours après une catastrophe naturelle).
▪ Changements dans la législation fiscale qui affectent les prévisions de
recettes.
o Exemple : En période de crise économique, un gouvernement peut proposer un
budget rectificatif pour augmenter les dépenses publiques afin de relancer
l'économie.
2. Le Budget Pluriannuel :
o Définition : Bien que la règle de l’annualité soit générale, certains pays, dont la
France et le Maroc, permettent des budgets pluriannuels pour certains projets
d’envergure (ex : infrastructures).
o Justification : Les projets nécessitant un financement sur plusieurs années
peuvent nécessiter un financement sur plusieurs exercices fiscaux. Toutefois,
même dans ce cas, un contrôle parlementaire est effectué chaque année.
o Exemple : Un programme de modernisation des infrastructures pourrait nécessiter
un budget sur plusieurs années.
3. Les Crédits Reportés :
o Définition : Dans certains cas, des crédits ouverts pour une année peuvent être
reportés sur l'année suivante, notamment si les dépenses prévues n'ont pas été
entièrement réalisées.
o Exemple : Si un projet de construction d'école n'est pas achevé à la fin de
l'exercice budgétaire, les crédits non dépensés peuvent être reportés.
4. Exceptions aux Principes d'Universalité et de Spécialité :
o Parfois, certaines recettes ou dépenses peuvent être affectées à des dépenses
spécifiques, en dehors du budget général, notamment par l'intermédiaire
de comptes spéciaux du Trésor.
o Ces comptes peuvent être utilisés pour des recettes ou des dépenses
exceptionnelles, comme des prêts ou des fonds étrangers, qui ne suivent pas les
principes habituels de spécialité ou d’universalité.

Le Processus Parlementaire et les Dérogations au Contrôle Parlementaire

• Le Parlement joue un rôle clé dans le contrôle du budget, mais des exceptions peuvent
exister :
o Contrôle renforcé : En période de crise, certains projets urgents peuvent être
validés par un décret ou une procédure accélérée, limitant le rôle du Parlement.
o Amendements parlementaires : Bien que le Parlement ait un droit de vote sur le
budget, certains amendements peuvent être rejetés s'ils entraînent un déséquilibre
financier (ex : réduction des recettes ou augmentation des dépenses).

Conclusion Partielle

Les principes généraux du budget garantissent la transparence, la responsabilité, et la prévision


des finances publiques. Toutefois, des exceptions existent pour répondre à des circonstances
imprévues ou des besoins urgents, tout en respectant autant que possible les principes
budgétaires fondamentaux.

2ème Partie : Le Processus de Préparation et d'Adoption de la Loi de Finances

Le Processus de Préparation de la Loi de Finances (PLF)

1. Phase Préparatoire :
o Avant le 15 mars : Le Chef du gouvernement invite les départements ministériels
à élaborer leurs propositions de programmation budgétaire triennale. Ces
propositions doivent inclure des objectifs et des indicateurs de performance.
o Avant le 15 avril : Les départements ministériels et les institutions transmettent
leurs propositions budgétaires, y compris les prévisions de recettes, de dépenses,
et de performance pour leurs secteurs respectifs.
o Avant le 15 mai : Examen des propositions budgétaires par les commissions de
programmation et de performance. Ces comités évaluent la faisabilité des
propositions et leur alignement avec les objectifs économiques et sociaux du
gouvernement.
o Avant le 15 juillet : Le ministre des Finances présente l'état d'avancement de
l'exécution de la loi de finances en cours, ainsi que la programmation
triennale des ressources et des charges de l'État, et les grandes lignes du projet de
loi de finances pour l’année suivante.
2. Examen Parlementaire du Projet de Loi de Finances :
o Juillet - Septembre : Le ministre des Finances expose devant les commissions
des finances du Parlement le cadre général de la préparation du projet de loi de
finances. Cela comprend l’évolution de l’économie nationale, les politiques
économiques et financières, et la programmation budgétaire.
o Septembre - Début Octobre : Centralisation et examen des propositions des
départements ministériels, notamment concernant les recettes, les dépenses, et les
projets de performance. Le ministre des Finances commence alors le montage du
projet de loi de finances et des documents associés.
3. Présentation au Parlement :
o Début Octobre : Les orientations générales du projet de loi de finances sont
examinées en Conseil des ministres, puis soumises au Conseil du
gouvernement pour adoption.
o Au plus tard le 20 octobre : Le projet de loi de finances de l’année doit être
déposé devant le bureau de la Chambre des représentants.
4. Examen par la Chambre des Représentants :
o30 jours suivants le dépôt du projet : La Chambre des représentants se prononce
sur le projet de loi de finances de l'année. Elle examine en détail les recettes et les
dépenses, avec possibilité de débats, amendements et approbation.
5. Examen par la Chambre des Conseillers :
o Les 22 jours suivants le vote par la Chambre des Représentants ou expiration
du délai : Le projet de loi est transmis à la Chambre des conseillers pour une
seconde lecture et approbation.
6. Adoption finale :
o Les 6 jours suivants le vote de la Chambre des Conseillers ou expiration du
délai : Adoption finale par la Chambre des représentants, à travers la deuxième
lecture.

Le Rôle du Parlement dans l’Adoption du Budget

Le Parlement joue un rôle central dans l’adoption du budget, par le biais des étapes suivantes :

• Examen détaillé : Les parlementaires examinent les prévisions budgétaires, les priorités
du gouvernement, et la répartition des ressources.
• Amendements : Les parlementaires peuvent proposer des amendements pour ajuster les
dépenses et les recettes, bien que certaines restrictions existent (comme les amendements
qui augmenteraient les dépenses sans compenser par de nouvelles recettes).
• Approbation : Après débat et amendements, le budget est adopté par le Parlement. En
cas de non-adoption, une procédure alternative peut être suivie.

Le Principe d'Autorisation Parlementaire

• Autorisations Budgétaires : Le budget de l’État ne peut être exécuté sans l’autorisation


préalable du Parlement. C’est un principe fondamental qui assure que les finances
publiques sont gérées sous contrôle démocratique.
• Limitation : Si au 31 décembre, la loi de finances n'est pas votée, le gouvernement ouvre
les crédits nécessaires à la marche des services publics et à l'exercice de leurs missions
via un décret.
• Dépenses d’urgence : En cas de situation exceptionnelle, le Parlement peut approuver
des crédits d’urgence par des budgets rectificatifs ou des adjonctions budgétaires.

Les Types de Lois de Finances

Il existe différents types de lois de finances qui sont définies par la loi organique n°130-13
relative à la loi de finances :

1. Loi de Finances Initiale (LFI) :


o Description : C’est la loi qui fixe le budget de l’État pour l’année à venir. Elle
doit être votée chaque année avant le 31 décembre, pour que le gouvernement
puisse commencer à exécuter les dépenses et à percevoir les recettes au 1er
janvier.
o Objectif : La LFI donne la vision de la politique économique du gouvernement
pour l'année suivante en matière de recettes fiscales et de dépenses publiques.
2. Loi de Finances Rectificative (LFR) :
o Description : La LFR modifie la loi de finances initiale en cours d’exercice. Elle
est adoptée lorsque des ajustements sont nécessaires en raison de changements
imprévus dans les conditions économiques, politiques ou sociales.
o Exemple : Un plan de relance économique en cas de crise financière peut
nécessiter une LFR pour ajuster le budget et allouer des fonds supplémentaires
pour des programmes d’aide.
3. Loi de Finances de Règlement (LFR) :
o Description : La LFR est utilisée pour rendre compte de l’exécution de la loi de
finances de l'année précédente. Elle présente les résultats réels des recettes et des
dépenses par rapport aux prévisions budgétaires.
o Objectif : Vérifier si les dépenses ont été effectuées conformément à
l'approbation parlementaire et si les recettes ont été collectées selon les
prévisions.

Le Cadre Législatif de la Loi de Finances au Maroc

1. Les Sources Constitutionnelles :


o La Constitution de 2011 (article 75) stipule que le Parlement est responsable de
voter la loi de finances et qu’il peut, selon certaines conditions, modifier les
prévisions du gouvernement.
o La Cour des Comptes est chargée du contrôle de l'exécution des lois de finances
(article 147). Elle veille à la régularité des recettes et des dépenses et peut
sanctionner les manquements.
2. Le Dahir du 9 Juin 1917 :
o Ce texte régit les premières règles de la comptabilité publique au Maroc pendant
le protectorat et a été la base des réformes budgétaires post-indépendance.
3. Loi Organique 130-13 :
o Cette loi détermine les règles fondamentales régissant l'élaboration, la
présentation, le vote et l'exécution des lois de finances au Maroc. Elle a été
adoptée pour assurer la transparence et la régularité des finances publiques.

Les Comptes Spéciaux du Trésor

• Les comptes spéciaux du Trésor sont utilisés pour certaines opérations financières
spécifiques qui ne sont pas directement incluses dans le budget général de l'État.
• Exemples : Les fonds dédiés à des projets spécifiques (comme les fonds de
développement régional ou l’aide humanitaire).

Les Limites du Contrôle Parlementaire sur la Loi de Finances

Le contrôle parlementaire sur la loi de finances est essentiel pour garantir que l'exécution des
politiques publiques reste conforme aux priorités de la société. Cependant, des exceptions et des
dérogations existent pour garantir une gestion souple et rapide des finances publiques.
• Contrôle par la Cour des Comptes : La Cour des Comptes veille à l’exécution des lois
de finances et contrôle la gestion des fonds publics.
• Contrôle exécutif : En cas de situations exceptionnelles, l'exécutif peut prendre des
mesures sans le Parlement, mais celles-ci sont limitées et doivent être justifiées après
coup.

Suite des Fondements Juridiques : La Loi N°130-13 relative à la loi de finances

1. Définition et Contenu des Lois de Finances

Chapitre premier : Des lois de finances et des principes budgétaires

Article 1 :
La loi de finances détermine, pour chaque année budgétaire, la nature, le montant et l'affectation
des ressources et des charges de l'État. Elle veille à équilibrer les finances publiques en tenant
compte de la conjoncture économique et sociale, ainsi que des objectifs et résultats des
programmes qu'elle détermine. Ce principe fait de la loi de finances un acte juridique et financier
central de la politique économique du pays.

• Nature, Montant, et Affectation des Ressources et Charges de l'État : La loi prévoit


les recettes attendues (impôts, taxes, emprunts) et les dépenses publiques
(fonctionnement, investissement, remboursement de la dette).
• Équilibre budgétaire et financier : Le but est d'éviter un déficit excessif, ce qui
implique que les recettes doivent couvrir les dépenses.

Article 3 :
Cet article précise que la loi de finances prévoit, évalue, énonce et autorise pour chaque année
budgétaire l'ensemble des ressources et des charges de l'État, et que cette loi se réfère à
la programmation budgétaire établie pour les années à venir.

• Année budgétaire : S'étend du 1er janvier au 31 décembre de chaque année.

Article 4 :
Il est précisé que seules les lois de finances rectificatives peuvent modifier les dispositions de la
loi de finances de l'année en cours.

2. Dérogations à la Règle de l'Annualité

Les dérogations à la règle de l'annualité budgétaire sont possibles dans plusieurs situations :

1. Retard dans le Vote de la Loi de Finances :


L'article 75 stipule que si la loi de finances n’est pas adoptée à la fin de l’année
budgétaire, le gouvernement peut ouvrir des crédits nécessaires par décret pour assurer le
bon fonctionnement des services publics, en fonction des propositions budgétaires
soumises à approbation.
2. Les Lois de Finances Rectificatives :
Ces lois sont un outil législatif essentiel permettant de modifier le budget initial au cours
de l'année, en fonction des évolutions économiques, sociales ou politiques imprévues. Par
exemple, la Loi de Finances Rectificative n°35-20pour l’année 2020 a permis de
réajuster le budget en réponse à la crise économique provoquée par la pandémie.
3. Loi de Finances Transitoire :
La révision constitutionnelle de 1995 a entraîné un changement temporaire du calendrier
budgétaire. L’année budgétaire ne coïncidait plus avec l’année civile, mais courait du 1er
juillet au 30 juin, dans le but de mieux correspondre au cycle agricole. Ce changement a
été annulé en 2000 pour revenir à l'année civile comme période budgétaire.

3. Les Autorisations de Programme et leur Fonctionnement

Les autorisations de programme permettent d’engager des dépenses sur plusieurs années pour
des projets d’investissement. Ce mécanisme est crucial pour les projets à long terme, tels que la
construction d'infrastructures ou l'achat d'équipements coûteux.

• Définition : Ce sont des prévisions pluriannuelles de dépenses d'investissement,


approuvées par le Parlement, et qui ne sont pas nécessairement entièrement consommées
dans l'année budgétaire.
• Objectifs :
o Garantir la stabilité financière sur plusieurs années pour les projets d’envergure.
o Permettre une gestion plus souple et plus réaliste des projets qui s’étalent sur
plusieurs années.
• Processus d’Approvisionnement :
o Le gouvernement présente des projets détaillés avec des coûts estimés pour
chaque année, et une fois l’autorisation de programme accordée, les fonds sont
alloués progressivement.

4. Report des Crédits et Règle Budgétaire

Article 63 de la LOF :
Les crédits ouverts au budget général pour une année donnée ne peuvent être reportés sur
l’année suivante. Toutefois, il existe une exception pour les crédits de paiement liés aux
dépenses d’investissement, ainsi que pour les reliquats d'engagement non encore
ordonnancés, qui peuvent être reportés, mais sous certaines conditions (plafond de 30% des
crédits de paiement alloués pour chaque département ministériel).

• Explication : Cela permet de garantir que les fonds alloués pour une année soient utilisés
durant cette période, tout en offrant de la flexibilité pour les projets pluriannuels.
• Exemple : En 2016, le montant global des crédits reportés s'élevait à 16 milliards de
dirhams.

5. La Spécialisation des Crédits et Nomenclature Budgétaire


Le Principe de Spécialité des Crédits :
Chaque crédit ou autorisation budgétaire doit être spécifiquement affecté à une dépense
déterminée. Cela signifie que les fonds alloués dans le cadre du budget doivent être utilisés
exclusivement pour les fins auxquelles ils ont été autorisés.

• Objectif : Assurer une gestion budgétaire efficace et transparente, éviter l'utilisation


inappropriée des fonds publics, et garantir que les ressources sont allouées de manière
judicieuse selon les priorités définies.

Nomenclature Budgétaire :
La nomenclature budgétaire a été modifiée par la loi organique n°130-13. Désormais, le budget
est structuré selon une logique de programmes et projets, ce qui permet d’évaluer les résultats
en fonction des objectifs définis par chaque programme.

• Avant 2018 : Le budget était subdivisé par chapitres, articles, et lignes budgétaires.
• Depuis 2018 : Le budget est désormais présenté par programmes (par exemple, les
dépenses liées à l'éducation ou à la santé), projets (comme le financement de
programmes d’infrastructure), et actions.

6. Les Dépenses Imprévues et Dotations Provisionnelles

Les dépenses imprévues et les dotations provisionnelles sont des prévisions budgétaires pour
couvrir des coûts non anticipés ou des ajustements nécessaires au cours de l’année :

• Dépenses Imprévues : Coûts imprévus qui ne sont pas inclus dans le budget initial, mais
qui sont alloués en cas d’urgence (par exemple, après une catastrophe naturelle).
• Dotations Provisionnelles : Montants réservés pour faire face à des dépenses potentielles
qui ne sont pas encore confirmées (par exemple, pour financer un programme
économique en cas de crise).

7. Le Principe d'Équilibre Budgétaire

Le principe d'équilibre budgétaire est l’un des fondements du droit budgétaire. Cela implique
que les recettes et les dépenses de l’État doivent être égales pour éviter un déficit.

• Article 77 de la Constitution :
Le gouvernement et le Parlement doivent veiller à maintenir l'équilibre des finances de
l'État, garantissant ainsi une gestion prudente et responsable des finances publiques.

Conclusion :

Les éléments abordés dans cette partie du texte soulignent l'importance du cadre législatif qui
régit l'élaboration et l'exécution de la loi de finances, notamment la Loi N°130-13 au Maroc.
Cette loi assure que les finances publiques sont gérées de manière transparente, responsable et en
adéquation avec les besoins économiques et sociaux du pays. Les mécanismes de rectifications
budgétaires, autorisations de programme, et spécialisation des crédits permettent une
flexibilité tout en garantissant un contrôle strict et une utilisation efficace des ressources
publiques.

Les Principes Généraux du Budget et La Loi de Finances

Le Principe d'Équilibre Budgétaire

Le principe d’équilibre budgétaire signifie que les recettes de l'État doivent être égales ou
supérieures aux dépenses pour éviter un déficit. Cela implique une gestion financière rigoureuse
et l'absence de déficit structurel.

• Conception traditionnelle :
o L'État a une intervention limitée dans l'économie.
o Le budget doit être neutre vis-à-vis de l'économie.
o Un déficit budgétaire entraînerait un emprunt, augmentant l'endettement et
risquant de provoquer de l'inflation.
• Conception keynésienne :
o L'État a le droit et le devoir d'intervenir dans l'économie, en particulier en
période de crise.
o Le déficit budgétaire peut être justifié pour stimuler l'économie en période de
récession.
o Keynes met l'accent sur la demande globale comme moteur économique et
considère que l'État doit réguler cette demande pour stabiliser l'économie.
• Compensation du déficit :
o Emprunt : L'État emprunte pour équilibrer les finances, remboursant le capital et
les intérêts à terme.
o Augmentations fiscales : Hausse des impôts pour augmenter les recettes
publiques et équilibrer le budget.
o Émission monétaire : Créer de la monnaie pour injecter des liquidités, bien que
cela comporte des risques d'inflation.
o Réduction des dépenses publiques : Diminution des dépenses gouvernementales
pour limiter le déficit.
o Recours aux réserves : Utilisation des fonds précédemment mis de côté ou des
actifs du gouvernement pour couvrir le déficit.

De l'Équilibre Budgétaire à l'Équilibre des Finances de l'État (La Règle d'Or)

• Le Traité de Maastricht (1992) a posé des critères stricts pour la stabilité économique
au sein de l'UE, y compris un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB et une dette
publique inférieure à 60 % du PIB. Cela a instauré la notion d'équilibre des finances
publiques, allant au-delà du simple équilibre budgétaire pour inclure l'ensemble des
finances de l'État.
• En 2011, la Constitution marocaine a consacré l'idée d’un équilibre global des finances
de l'État, confiant au Parlement et au gouvernement la responsabilité de garantir cet
équilibre, en s'assurant que les finances publiques restent soutenables et non endettées de
manière excessive.

Le Principe de Sincérité

Le principe de sincérité exige que les informations financières et budgétaires soient précises et
honnêtes. La sincérité garantit que les prévisions de recettes et de dépenses sont basées sur
des estimations réalistes et non exagérées ou sous-évaluées.

• Article 10 de la LOLF :
« Les lois de finances doivent présenter de manière sincère l'ensemble des ressources et
des charges de l'État. »
Cela impose une présentation honnête des prévisions budgétaires, en utilisant les
meilleures données disponibles. L'objectif est de refléter avec exactitude la réalité
économique et financière du pays.
• Article 31 de la Constitution :
« Les comptes de l'État doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle de son
patrimoine et de sa situation financière. »
Cela concerne la transparence et l'exactitude des comptes, et il est essentiel que les
autorités évitent toute manipulation des chiffres.

Le Principe de Spécialité des Crédits

Le principe de spécialité des crédits stipule que les crédits alloués dans le budget doivent être
affectés exclusivement à des dépenses spécifiques et bien déterminées. Cela vise à éviter
l'utilisation incorrecte des fonds publics.

• Objectif :
Assurer une gestion budgétaire transparente et responsable, où les ressources sont
utilisées pour les fins prévues, conformément aux priorités budgétaires.
• Unité de vote et de contrôle :
Chaque crédit est spécialisé par chapitre (par exemple, ministère ou programme). Les
crédits sont contrôlés par le Parlement pour vérifier leur affectation exacte et éviter les
abus.

Le Principe de l'Unité du Budget

Le principe de l’unité du budget est fondamental dans le droit budgétaire. Il impose que toutes
les recettes et dépensesde l'État soient regroupées dans un seul document, permettant ainsi
une vision globale de la situation financière du pays.

• Fondement juridique :
o Article 3 de la Loi Organique des Finances (LOF) : "La loi de finances prévoit,
évalue, énonce et autorise, pour chaque année budgétaire, l'ensemble des charges
et ressources de l'État."
o Article 8 de la LOF : "Il est fait recette du montant intégral des produits, sans
contraction entre les recettes et les dépenses, l’ensemble des recettes assurant
l’exécution de l’ensemble des dépenses."
• Contrôle parlementaire :
Ce principe permet au Parlement de contrôler les finances de l'État de manière globale et
complète, et de s'assurer que les ressources sont correctement allouées.

Les Types de Loi de Finances

La Loi Organique des Finances (LOF) distingue trois types de lois de finances :

1. La Loi de Finances de l’Année (LFA) :


o Elle est adoptée avant le début de l'année financière et définit les recettes et
dépenses prévues pour l'exercice budgétaire à venir.
o C’est un acte prévisionnel qui permet au Parlement d’autoriser la perception des
recettes et l’exécution des dépenses.
2. La Loi de Finances Rectificative :
o Elle intervient en cours d'année pour ajuster le budget en fonction des
changements imprévus (évolutions économiques, crises, etc.).
o Elle permet de réajuster les prévisions budgétaires, en apportant des modifications
aux recettes ou aux dépenses en fonction des nouvelles réalités.
3. La Loi de Règlement de la Loi de Finances :
o Elle intervient après la clôture de l'exercice budgétaire pour vérifier et
approuver l'exécution du budget de l'année précédente.
o Elle permet de régulariser les comptes et de comparer les prévisions budgétaires
avec les dépenses réelles et les recettes effectivement perçues.

Fréquence et Importance des Types de Loi de Finances

• Loi de Finances de l’Année (LFA) :


C’est l'acte principal de l'exercice budgétaire. Il est adopté chaque année avant
l'exercice et constitue le cadre budgétaire pour l'année à venir.
• Loi de Finances Rectificative :
Ces lois permettent une flexibilité budgétaire et sont essentielles pour ajuster le budget
initial en fonction des changements économiques ou sociaux imprévus.
• Loi de Règlement :
Elle assure la transparence et la responsabilité de l'exécution du budget, en vérifiant si
les prévisions ont été respectées et en régularisant les comptes de l'État.

Conclusion :

Les principes généraux du budget, ainsi que les différents types de lois de finances, jouent un
rôle crucial dans la gestion des finances publiques. Ils garantissent que les ressources de l'État
sont utilisées de manière transparente, responsable et efficace, tout en assurant que les
prévisions budgétaires sont basées sur des informations fiables et sincères. Ces principes sont
essentiels pour maintenir la stabilité économique et pour répondre aux besoins économiques et
sociaux du pays.

Titre II - De la Présentation des Lois de Finances

Article 36 - Structure de la Loi de Finances

La loi de finances de l'année se divise en deux parties principales :

1. Première partie : Données Générales de l'Équilibre Financier


o Autorisation de perception des recettes publiques et d'émission d'emprunts :
Cette section autorise le gouvernement à percevoir les impôts, taxes, et à émettre
des emprunts pour financer ses activités.
o Dispositions relatives aux ressources publiques : Cela inclut les modifications
possibles des impôts, taxes, et autres ressources financières que la loi de finances
peut créer, modifier ou supprimer.
o Dispositions relatives aux charges de l'État : Cette section inclut les charges
liées aux services de l'État, aux services autonomes (SEGMA), et aux comptes
spéciaux du Trésor.
2. Deuxième partie : Dépenses par Chapitre
o Répartition des dépenses : Cette partie détaille les dépenses par chapitre du
budget général, par service pour les services autonomes, et par compte pour les
comptes spéciaux du Trésor.

Première Partie : Données Générales de l'Équilibre Financier

1. Dispositions relatives aux recettes :


o Autorisation de perception des impôts et taxes : Cela permet au gouvernement
de percevoir des recettes fiscales, telles que l'impôt sur le revenu, la TVA, etc.
o Autorisation d'émission d'emprunts : Permet à l'État de s'endetter pour financer
ses activités et ses investissements.
2. Dispositions relatives aux charges :
o Habilitation à ouvrir des crédits supplémentaires : Le gouvernement peut
ouvrir des crédits supplémentaires en cours d'année pour couvrir des dépenses
imprévues.
o Postes budgétaires : Définit les différentes catégories de dépenses dans le budget
général de l'État.
o Annulation des crédits non engagés : Si certains crédits ne sont pas utilisés dans
l'année, ils peuvent être annulés.
3. Dispositions relatives à l'équilibre des ressources et des charges de l'État :
o Le tableau des ressources et des charges est présenté, notamment pour le budget
général, les services de l'État gérés de manière autonome (SEGMA), et
les comptes spéciaux du Trésor.
o Autorisation d'emprunt et gestion de la dette : Prévoir la gestion active de la
dette de l'État, pour assurer son remboursement dans des conditions financières
optimales.

Deuxième Partie : Moyens des Services

1. Tableaux budgétaires :
o Tableau A : Présente une évaluation globale des recettes du budget général, des
SEGMA et des CST (comptes spéciaux du Trésor).
o Tableaux B, C, et D : Répartition des crédits pour les dépenses de
fonctionnement, d'investissement et celles liées à la dette publique.
o Tableaux E et F : Dépenses d'exploitation et d'investissement des SEGMA.
o Tableau G : Dépenses des comptes spéciaux du Trésor.

La Loi de Finances Rectificative

• Nature : La loi de finances rectificative permet de modifier les prévisions


budgétaires en cours d'année pour s'adapter à de nouvelles circonstances.
• Article 4 de la LOF 130-13 : « Seules des lois de finances rectificatives peuvent, en
cours d'année, modifier les dispositions de la loi de finances de l'année. »
• Pratique au Maroc : Bien que rare, une loi rectificative est utilisée pour ajuster les
prévisions à la hausse ou à la baisse des dépenses et des recettes.
• Procédure :
o Délai de vote : La loi rectificative doit être votée dans les 15 jours suivant sa
soumission.
o But : Corriger les prévisions fiscales et les dépenses selon l'évolution de la
situation économique.

La Loi de Règlement de la Loi de Finances

La loi de règlement intervient après la clôture de l'exercice budgétaire et permet de constater et


approuver l'exécution du budget de l'année précédente.

• Article 76 de la Constitution : Le gouvernement soumet une loi de


règlement annuellement au Parlement, pour régulariser les comptes de l'État et garantir
la transparence dans la gestion des finances publiques.
• Procédure : Le projet de loi de règlement est déposé au plus tard à la fin du premier
trimestre de la deuxième année suivant l'exercice concerné (article 65 de la
Constitution).
• Régularisation : Permet de comparer les prévisions de dépenses et de recettes avec celles
qui ont effectivement été réalisées, et ainsi d'ajuster les comptes.

La Structure du Budget de l'État

1. Le budget général (Article 13 - Article 20 de la loi organique) :


o Ressources : Ce sont toutes les recettes que l'État peut percevoir (impôts, taxes,
emprunts).
o Charges : Cela inclut les dépenses liées au fonctionnement, à l'investissement et
au service de la dette publique.
2. Les services de l'État gérés de manière autonome (SEGMA) :
o Ressources et charges : Ces services disposent de leur propre budget, distinct du
budget général de l'État.
3. Les comptes spéciaux du Trésor (Article 25 - Article 30) :
o Comptes spécifiques : Ces comptes sont destinés à gérer des opérations
particulières, souvent temporaires, qui ne peuvent être incluses dans le budget
général.
o Types de comptes spéciaux :
1. Comptes d'affectation spéciale (CAS) : Alimentés par des recettes
fiscales ou des redevances spécifiques.
2. Comptes de dépenses sur dotations : Recouvrent des dépenses
spécifiques financées par des dotations budgétaires.
3. Comptes d’adhésion aux organismes internationaux : Concernent les
paiements relatifs à l'adhésion du Maroc à des organismes internationaux
(comme le FMI).
4. Comptes de financement : Versements sous forme de prêts pour des
investissements d’intérêt public.
5. Comptes d’opérations monétaires : Mouvements monétaires relatifs aux
transactions internationales.

L'Élaboration de la Loi de Finances

1. Importance de l’évaluation des recettes et des dépenses :


o Évaluation des recettes : Utilisation de données économiques, de rendements
fiscaux passés et de prévisions de croissance.
o Évaluation des dépenses : Réactualisation des crédits de dépenses, en fonction
des ajustements nécessaires pour couvrir les coûts réels.
2. Les organes chargés de l'élaboration de la loi de finances :
o Le chef du gouvernement : Préside le conseil de gouvernement, qui établit les
orientations budgétaires. Il arbitrera si nécessaire en cas de désaccord entre
ministères.
o Le ministre des Finances : Sous la direction du chef du gouvernement, prépare le
projet de loi de finances. Plusieurs directions au sein du ministère des Finances
contribuent à l’élaboration du budget :
▪ Direction du Trésor et des Finances Extérieures (DTFE) : Élaboration
des ressources et charges du trésor.
▪ Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF) : Suivi des
tendances économiques et élaboration du rapport économique.
▪ Direction du Budget (DB) : Préparation et suivi de l'exécution du budget.
▪ Direction Générale des Impôts : Élaboration des mesures fiscales.
▪ Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) : Préparation
des mesures relatives aux droits de douane.
▪ Direction des Établissements Publics et de la Privatisation (DEPP) :
Prévisions des recettes liées aux entreprises publiques.

Cadrage du Chef du Gouvernement

Le cadrage de la préparation du budget par le chef du gouvernement se concentre sur :

1. L'impact de la conjoncture économique sur les finances publiques.


2. Consolidation de l'État social à travers des mesures adaptées.
3. Mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires.
4. Renforcement de la soutenabilité des finances publiques, en veillant à l'équilibre
budgétaire et à la gestion de la dette.

Conclusion

La loi de finances est un instrument essentiel pour la gestion économique et sociale du pays. Elle
permet de définir les priorités budgétaires, d’assurer la transparence dans l’utilisation des
ressources publiques et d’adapter les prévisions financières aux réalités économiques. Le
processus de préparation et d'adoption de la loi de finances est crucial pour garantir la stabilité
financière et répondre aux besoins des citoyens.

1. Examen des ressources (recettes) : D'abord, la partie des recettes est discutée et votée.
2. Examen des charges : Ensuite, les dépenses sont examinées et votées.
3. Vote global : Une fois toutes les parties examinées, un vote global sur le projet de loi de
finances est effectué.

VI. Conclusion

La procédure budgétaire au Maroc est complexe et implique une série de consultations, de


négociations et de contrôles parlementaires. Le rôle du Parlement est crucial, bien que l’exécutif
garde un pouvoir prédominant dans la préparation et la mise en œuvre du budget. Les
amendements sont soumis à des restrictions pour garantir la stabilité des finances publiques, et le
respect des délais est essentiel pour assurer la continuité des services publics.

A. L'examen par la Chambre des Représentants (30 jours)

L'examen du projet de loi de finances commence par une séance conjointe des deux chambres
(Chambre des Représentants et Chambre des Conseillers). Durant cette séance, le gouvernement
présente le projet de loi de finances, conformément aux articles 68 de la Constitution et
aux articles 156 et 214 des règlements intérieurs des chambres.

1. Le processus de discussion en commission

Une fois le projet déposé, il est renvoyé à la commission des finances et du développement
économique. Cette commission est responsable de l’examen de l’ensemble du projet de loi de
finances (Article 48 de la Loi Organique). En parallèle, les autres commissions
permanentes examinent les budgets sectoriels des ministères qui relèvent de leur compétence, à
l'exception de la commission de contrôle des finances publiques (Article 158 du règlement
intérieur).

2. Les travaux de la commission des finances

Les travaux en commission suivent une procédure bien définie en trois étapes successives :

• Audition du ministre des Finances.


• Discussion générale sur le projet et sur la politique économique et budgétaire.
• Discussion article par article, avec proposition d’amendements. Cette phase
dure maximum cinq jours.

À la fin, une réunion est consacrée exclusivement à l’examen et au vote des amendements.
Le ministre chargé des Finances assiste à l'ensemble des travaux de la commission.

3. L'examen en séance publique

Après l'examen en commission, le projet de loi de finances est discuté en séance publique. Voici
les modalités de discussion :

• La discussion commence par l'examen de la première partie du projet de loi de


finances, telle qu'amendée et adoptée en commission.
• Le rapport de la commission des finances est présenté, suivi d’un débat général.
• Ensuite, il y a une discussion article par article, puis un examen des amendements.

Chaque amendement et chaque article modifié fait l'objet d'un vote spécifique. Il y a sept votes
au total : un pour le budget général, un pour chaque budget des SEGMA (Services de l'État
Gérés de Manière Autonome), et un pour chaque catégorie de comptes spéciaux du Trésor
(Article 54 de la Loi Organique).
La deuxième partie du projet de loi de finances ne peut être discutée que si la première partie a
été adoptée. Le rejet de la première partie équivaut au rejet de l’ensemble du projet.

4. Le processus de vote en séance publique

• Les dépenses du budget général font l'objet d'un vote par titre (chapitres), tandis que les
SEGMA sont votées par département ministériel.
• Les comptes spéciaux du Trésor sont votés par catégorie de comptes spéciaux (Article
55 de la Loi Organique).

B. Examen par la Chambre des Conseillers (22 jours)

Lorsque le projet de loi de finances est voté par la Chambre des Représentants, ou après
l’expiration du délai de 30 jours, il est saisi par la Chambre des Conseillers (Article 49 de la
Loi Organique). La Chambre des Conseillers examine le projet adopté ou modifié par la
Chambre des Représentants. Si des amendements sont apportés, le gouvernement doit accepter
ou rejeter ceux-ci.

1. L'examen en commission

Le projet de loi de finances est ensuite renvoyé à la commission des finances, de la


planification et du développement économique de la Chambre des Conseillers. En
parallèle, les autres commissions permanentes examinent les budgets sectoriels des ministères
qui relèvent de leur compétence (Article 52 de la Loi Organique et Article 159 du règlement
intérieur).

2. La procédure en séance publique

La Chambre des Conseillers suit également une procédure similaire à celle de la Chambre des
Représentants. Après les travaux en commission, le projet de loi de finances est examiné
en séance publique. Une fois adopté par la Chambre des Conseillers, le texte est renvoyé à la
Chambre des Représentants si des amendements ont été ajoutés, ou si le projet est modifié.

C. Adoption en Deuxième Lecture par la Chambre des Représentants (6 jours)

Si la Chambre des Conseillers rejette le projet de loi de finances ou y apporte des amendements
qu'elle n’accepte pas, le texte est renvoyé à la Chambre des Représentants pour
une deuxième lecture (Article 52 de la Loi Organique). Le gouvernement est alors invité à se
prononcer sur les amendements ou les points de désaccord.

1. La procédure

• Six jours sont prévus pour que la Chambre des Représentants examine à nouveau le
projet.
• Les débats et les amendements portent uniquement sur les points de désaccord entre les
deux chambres.
• Si la Chambre des Représentants accepte les amendements ou les modifications apportées
par la Chambre des Conseillers, le projet de loi est adopté dans sa version finale.
• Si le texte est modifié, il est à nouveau soumis à la Chambre des Conseillers pour un
dernier examen.

D. L'exercice du Droit d'Amendement en Matière de Loi de Finances

1. Le droit d'amendement

L’exercice du droit d’amendement est un principe fondamental de la démocratie parlementaire,


et la Constitution de 2011, à l'Article 83, reconnaît ce droit aux membres des deux chambres du
parlement. Ce droit permet aux parlementaires de proposer des modifications au projet de loi,
notamment en matière de recettes et de dépenses.

2. Restrictions aux amendements

Le gouvernement peut opposer l'irrecevabilité de certains amendements. Cela peut se produire


dans les cas suivants (Article 77 de la Constitution et Article 56 de la Loi Organique) :

• Lorsque l’amendement entraîne une diminution des ressources publiques.


• Lorsque l’amendement crée ou aggrave une charge publique.

Le gouvernement justifie l’irrecevabilité de ces amendements, et une fois l'irrecevabilité


soulevée, il n'est plus possible de discuter l'amendement concerné.

3. Modifications des recettes et des dépenses

• En matière de recettes, un amendement ne peut pas limiter le produit d’un impôt ou


d’une taxe, ni modifier son taux, son assiette, ou les personnes assujetties à ces impôts.
• En matière de dépenses, un amendement ne peut pas augmenter les crédits prévus dans
le budget pour un chapitre donné. Il peut uniquement proposer une réduction de ces
crédits.

Cela vise à préserver l'équilibre des finances publiques et à éviter une gestion budgétaire
déséquilibrée ou irresponsable.

III. Exécution de la Loi de Finances

1. Les autorités d’exécution

Une fois que la loi de finances est votée et publiée au Bulletin Officiel, elle devient exécutoire.
Cela signifie que les crédits budgétaires sont désormais disponibles et peuvent être utilisés par
les ministères et autres entités publiques. Les ordonnateurs et comptables publics sont
responsables de l'exécution de ces crédits, sous le contrôle des règles de comptabilité publique.

Les autorités responsables de l'exécution sont :

• Les ordonnateurs : qui engagent, constatent, liquident ou ordonnent les recettes ou les
dépenses.
• Les comptables publics : qui exécutent les opérations de recettes et de dépenses, en
assurant la régularité des fonds.

2. Les techniques d’exécution

L'exécution de la loi de finances se fait en plusieurs étapes, définies par des règles de
comptabilité publique (Dahir n° 330-66 du 21 avril 1967).

Exécution des recettes :

• Phase administrative : La créance est constatée par l'ordonnateur, suivie de la


liquidation et de l’établissement de l’ordre de recettes.
• Phase comptable : Le comptable perçoit les recettes et les transfère à l’État.

Exécution des dépenses :

• Phase administrative : L'ordonnateur engage la dépense, la liquide et l'ordonnance pour


paiement.
• Phase comptable : Le comptable effectue le paiement en vérifiant la régularité de la
dépense et la disponibilité des crédits.

3. Principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables

Les fonctions d'ordonnateur et de comptable sont incompatibles, ce qui permet d’assurer une
séparation des pouvoirs et un contrôle mutuel. L'ordonnateur décide de l'engagement des
dépenses, tandis que le comptable s'occupe de leur paiement, après avoir vérifié leur régularité.

Cette séparation garantit une gestion rigoureuse des finances publiques et minimise les risques
de malversations financières.

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