Finance Public (WH)
Finance Public (WH)
1. Collecte de Revenus
La collecte de revenus est l’un des éléments fondamentaux des finances publiques. Elle inclut
toutes les méthodes utilisées par l'État pour percevoir des fonds nécessaires au financement des
dépenses publiques. Les principales sources de collecte sont les suivantes :
• La taxation : Cela inclut les impôts sur le revenu, les taxes sur la consommation (par
exemple la TVA), ainsi que les impôts sur les sociétés. Ces taxes sont prélevées auprès
des citoyens et des entreprises selon des taux définis par le gouvernement.
• Les droits de douane : Ce sont des taxes appliquées aux marchandises importées, afin de
protéger l’industrie locale et de générer des recettes pour l’État.
• Autres moyens de collecte : Cela inclut les redevances, les taxes spécifiques sur certains
secteurs (par exemple, l’industrie de l’alcool ou des hydrocarbures), et d’autres formes de
prélèvements tels que les contributions sociales.
2. Dépenses Publiques
Les dépenses publiques concernent l'utilisation des fonds collectés pour financer différents
services et programmes d’intérêt public. L’État utilise ses ressources pour financer des domaines
essentiels tels que :
La gestion budgétaire est un élément clé pour garantir une utilisation efficace et responsable des
fonds publics. Elle englobe les actions suivantes :
• Planification : La prévision des recettes et des dépenses, qui doit aligner les objectifs
politiques du gouvernement avec les capacités financières disponibles.
• Exécution : La mise en œuvre des décisions budgétaires, c’est-à-dire la collecte des
recettes et le financement des dépenses conformément aux prévisions.
• Suivi et contrôle : L'évaluation continue de l’exécution budgétaire permet de s'assurer
que les ressources sont utilisées de manière optimale et que les écarts sont corrigés
rapidement.
4. Dette Publique
La dette publique se réfère à l'argent emprunté par l'État pour financer ses dépenses lorsque les
recettes fiscales ne suffisent pas. Elle peut se traduire par l'émission de bons du Trésor,
d’obligations d’État, et d'autres instruments financiers.
1. Droit Budgétaire
Le droit budgétaire est une branche du droit public qui encadre la gestion des finances
publiques, en particulier la préparation, l’adoption, l’exécution, et le contrôle du budget. Il assure
que les finances publiques sont gérées de manière transparente, responsable et conformément
aux objectifs politiques définis.
• Préparation et adoption du budget : Le droit budgétaire régit les étapes de la
préparation et de l'adoption du budget de l’État, en déterminant les responsabilités du
gouvernement et du parlement.
• Contrôle et audit : Il encadre le contrôle de l'exécution du budget, en s’assurant que les
dépenses sont conformes aux prévisions et qu’il n'y a pas de détournement de fonds
publics.
Le droit de la comptabilité publique régit la gestion comptable et financière des fonds publics.
Il assure la transparenceet la légalité dans la gestion des finances publiques, et veille à
la responsabilité des entités publiques dans l'utilisation des ressources financières.
• Gestion des fonds publics : Ce droit détermine les règles comptables qui doivent être
suivies par les entités publiques dans la gestion de leurs finances (comptabilité de l'État,
des collectivités locales, etc.).
• Audits et vérifications : Il impose des mécanismes de contrôle et d'audit pour garantir
que les dépenses publiques respectent les normes et la législation en vigueur.
3. Droit Fiscal
Le droit fiscal régit la fiscalité et la collecte des impôts. Il encadre l’obligation fiscale des
citoyens, des entreprises, et des entités publiques. Le droit fiscal est essentiel pour assurer une
collecte de fonds efficace et juste, et pour permettre à l’État de financer ses dépenses.
• Les lois fiscales : Le droit fiscal inclut les lois relatives aux impôts directs (impôt sur le
revenu, impôt sur les sociétés) et indirects (TVA, accises), qui fixent les taux et les
modalités de prélèvement.
• Les obligations fiscales : Ce droit définit les obligations des contribuables, la procédure
de déclaration et de paiement des impôts, ainsi que les sanctions en cas de non-respect de
la législation fiscale.
La science des finances publiques est une discipline juridique qui étudie la gestion des finances
d'un État ou d'une collectivité publique. Elle traite de la manière dont les fonds publics sont
collectés, alloués et utilisés pour satisfaire les besoins de la collectivité. Bien que cette science
soit autonome, elle se croise avec plusieurs autres disciplines et ne doit pas être confondue avec
des domaines tels que les finances privées ou la finance des grandes entreprises. Elle s'inscrit
principalement dans le droit public, aux côtés du droit constitutionnel, du droit administratif, et
du droit international public.
Illustrations concrètes :
Les finances publiques englobent les mécanismes et structures permettant à l’État de collecter
des fonds, de les gérer et de les distribuer pour financer les services publics. Elles comprennent :
• Les recettes publiques : Les fonds collectés par l’État, principalement via la fiscalité.
• Les dépenses publiques : L'utilisation de ces fonds pour financer des services comme la
santé, l’éducation, la défense, etc.
• La gestion budgétaire : La planification, l'exécution et le contrôle de l’utilisation des
fonds publics.
• La dette publique : Les emprunts contractés par l’État pour financer ses dépenses
lorsqu’il y a un déficit entre les recettes et les dépenses.
2. Évolution des Finances Publiques au Maroc
Les finances publiques au Maroc ont évolué au fil des décennies, en réponse aux défis
économiques, politiques et sociaux. L'État marocain a mis en place plusieurs réformes pour
améliorer l'efficacité de la collecte des recettes fiscales, renforcer la gestion budgétaire et réduire
la dette publique.
• Réformes fiscales : Le Maroc a introduit des réformes fiscales pour diversifier ses
sources de revenus et mieux contrôler l'évasion fiscale. Les réformes incluent
l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment en incluant davantage de secteurs
informels dans la base fiscale.
• Politique budgétaire : Le gouvernement marocain a adopté une politique de gestion
prudente du budget, visant à éviter les déficits excessifs tout en augmentant les dépenses
d'investissement dans des secteurs clés comme l'infrastructure et la santé.
• Gestion de la dette publique : Bien que la dette publique du Maroc soit restée sous
contrôle, des efforts continus sont nécessaires pour maintenir une situation financière
stable, notamment en évitant des emprunts excessifs qui pourraient compromettre la
solvabilité du pays.
Le droit budgétaire marocain trouve ses sources dans plusieurs textes et principes fondamentaux.
• La loi organique relative aux lois de finances : Cette loi définit les règles de
préparation, d’adoption et d’exécution du budget.
• Le Code des finances : Ce code encadre la gestion des finances publiques et établit les
responsabilités des différents acteurs dans le processus budgétaire.
Le droit budgétaire régit la gestion des finances publiques dans leur globalité. Il fixe les règles
relatives à :
Le droit budgétaire n’est pas une discipline isolée, mais une discipline pluridisciplinaire qui
englobe plusieurs aspects du droit public et des sciences économiques. Elle se croise avec :
Les finances publiques ne peuvent être analysées sans prendre en compte leur impact sur
l’économie. Les décisions prises par l’État en matière de fiscalité et de dépenses
publiques jouent un rôle clé dans la stimulation ou la ralentissement de la croissance
économique, ainsi que dans la redistribution des ressources.
1. Politiques Fiscales
Exemple :
• États-Unis (2008) : Pendant la crise financière mondiale de 2008, les États-Unis ont
adopté des politiques de déficit budgétaire pour stimuler la croissance. Le plan de
relance économique (American Recovery and Reinvestment Act) prévoyait des
dépenses publiques importantes dans des projets d’infrastructure et des aides aux
ménages, contribuant ainsi à atténuer les effets de la récession.
2. Dépenses Publiques
Les investissements publics dans des secteurs clés tels que les infrastructures (routes, ponts,
énergie) ont des effets positifs sur la productivité à long terme, ce qui stimule la croissance
économique. Ces investissements permettent d’améliorer l’efficience de l’économie et de réduire
les coûts de production pour les entreprises.
Exemple :
• Japon : Le Japon fait face à des défis budgétaires liés à sa dette publique élevée, mais il
maintient des taux d’intérêt bas et investit dans des projets d'infrastructure pour stimuler
la croissance économique à long terme.
Exemple :
• France : La France a connu des débats politiques intenses sur ses finances publiques,
avec des réformes visant à équilibrer les dépenses publiques et les recettes fiscales. Cela a
entraîné des politiques d’austérité visant à réduire les déficits publics tout en maintenant
un système de sécurité sociale généreux.
Le Canada est un exemple de système de santé universel financé par des impôts élevés. Une
part importante du budget fédéral est allouée à ce système de santé public, qui garantit des soins
de santé gratuits pour tous les Canadiens. Cela illustre l’interdépendance entre dépenses
publiques et politiques fiscales.
2. Suède
La Suède, avec sa tradition de bien-être social robuste, alloue des fonds importants à
l'éducation, à la santé et à l'aide sociale. Les taux d’imposition élevés en Suède financent ces
programmes. Le système fiscal suédois reflète un modèle économique qui met l'accent sur la
redistribution des richesses pour réduire les inégalités économiques et sociales.
3. Singapour
Singapour est connu pour son faible taux d’imposition sur les entreprises, ce qui le rend attractif
pour les multinationales. Le budget de Singapour met l'accent sur l’attractivité économique, en
favorisant les investissements dans les infrastructures pour maintenir la compétitivité mondiale
du pays.
L’évolution des finances publiques est intrinsèquement liée à la transformation du rôle de l'État
dans l’économie, passant d'un État libéral à un État interventionniste.
1. L'État Libéral
L’État libéral est caractérisé par une intervention minimale dans l’économie. Son rôle se limite
essentiellement à assurer l’ordre public, la justice, et la sécurité nationale. Le budget de l’État
est essentiellement neutre et repose sur un équilibre strict des finances publiques, se concentrant
sur les dépenses de fonctionnement (forces de l’ordre, armée, justice).
2. L'État Interventionniste
Après la Première Guerre mondiale et la crise économique de 1929, de nombreux pays ont
adopté des politiques interventionnistes. L’État n'est plus seulement un acteur de régulation,
mais devient également un producteur et un créateur d’institutions publiques. L’État
interventionniste joue un rôle crucial dans la régulation de l’économie, la redistribution des
richesses et la fourniture de services publics essentiels comme la sécurité sociale et les soins de
santé.
L'État providence intervient pour réduire les inégalités économiques et garantir des services
essentiels. Par exemple :
• Assurance maladie : Dans des pays comme le Royaume-Uni et le Canada, l'État
finance largement les soins de santé pour tous ses citoyens, assurant un accès égalitaire
aux soins.
• Systèmes de retraite et d’aide sociale : L’État providence finance également des
programmes pour assurer des revenus aux citoyens en cas de vieillesse, de maladie, ou de
chômage.
• Royaume-Uni (NHS) : Le système de santé public est financé par des fonds publics,
garantissant l’accès aux soins sans frais directs pour les citoyens.
• France : Le système de sécurité sociale et d’assurance maladie universelle vise à
garantir l’accès aux soins pour tous les résidents, financé par des cotisations sociales.
• Allemagne : Le système de santé mixte public-privé permet aux citoyens de choisir leur
assurance maladie tout en respectant les normes de couverture universelle.
1. Cas de l'Angleterre
2. Cas de la France
La France a également suivi une trajectoire similaire, passant d'un État libéral à un État
interventionniste avec l’expansion du système de sécurité sociale après la Seconde Guerre
mondiale. Le modèle économique français repose sur une forte intervention publique pour
financer des services publics universels.
3. Cas du Maroc
Au Maroc, l'évolution des finances publiques a été marquée par une transition vers un État
providence dans les dernières décennies, avec une augmentation des dépenses sociales
(éducation, santé) et un système fiscal en pleine réforme pour mieux couvrir les besoins sociaux
de la population.
L’un des objectifs majeurs des finances publiques est de réduire les inégalités de revenus.
L'État met en œuvre diverses politiques fiscales et sociales pour redistribuer les ressources de
manière plus équitable. Ces politiques incluent :
Exemple :
1. Le Salaire Minimum
De nombreux pays ont mis en place des lois pour définir un salaire minimum légal que les
employeurs doivent verser à leurs employés. L'objectif est de garantir un niveau de vie décent
pour les travailleurs à faible revenu.
Exemple :
• Protection des droits des travailleurs : Le salaire minimum vise à garantir que tous les
travailleurs reçoivent une rémunération juste.
• Amélioration des conditions de vie : Il permet de réduire la pauvreté en garantissant un
revenu de base pour les travailleurs.
2. Sécurité au Travail
L’État met également en place des normes de sécurité au travail et des lois du travail pour
protéger les travailleurs et garantir des conditions de travail sûres et équitables. Ces
régulations permettent de prévenir les abus et de garantir des conditions dignes de travail.
3. Prestations Universelles
Dans certains systèmes d'État providence, des prestations universelles sont mises en place. Cela
signifie que tous les citoyens, indépendamment de leur niveau de revenu, ont droit à certaines
prestations sociales, comme l'assurance maladie ou les prestations familiales.
Exemple :
• Royaume-Uni (NHS) : Le National Health Service (NHS) offre des soins de santé
gratuits à tous les citoyens, financés par des fonds publics.
Les pays ayant un modèle d'État providence varient dans la manière dont ils mettent en œuvre
leurs systèmes. Certains pays offrent des avantages sociaux généreux, tandis que d'autres se
concentrent sur des services de base.
• Pays Nordiques : Suède, Danemark, Norvège sont souvent cités comme des exemples
d'État providence complet, où l'État prend en charge des services sociaux universels.
• États-Unis : Bien que le système de sécurité sociale existe, il est moins étendu que dans
les pays nordiques. Le pays met davantage l'accent sur la libre entreprise et la
responsabilité individuelle.
Avant le protectorat français et espagnol, le Maroc était un État traditionnel, caractérisé par
une autorité centrale relativement faible. Le rôle de l’État se limitait principalement à l’ordre
public et à la gestion des affaires tribales. Le sultan exerçait une autorité limitée sur le territoire,
et les finances publiques étaient essentiellement utilisées pour maintenir l'ordre.
2. Le Protectorat (1912-1956)
• Accès limité à l’éducation et à la santé : Les services publics étaient largement négligés
par les autorités coloniales, et l'accès à ces services était réservé aux élites urbaines.
À partir des années 1960, le Maroc a progressivement développé des politiques publiques pour
élargir la couverture sociale et améliorer le bien-être des citoyens. Plusieurs réformes ont été
mises en place, notamment dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la sécurité sociale.
Exemples :
Exemples :
• Le terme "finance" est apparu pour la première fois au singulier au 13e et 14e siècles
sous la forme de « fination» ou « finantias », signifiant le paiement d’une somme
d'argent.
o Au singulier, "finance" était synonyme de paiement.
o Aujourd'hui, "finances" est le terme couramment utilisé au pluriel pour désigner
l'ensemble des opérations de recettes et de dépenses des personnes juridiques
publiques (État, collectivités territoriales, etc.).
• Le droit budgétaire
• Le droit fiscal
• La comptabilité publique
• La gestion administrative (management public)
Les finances publiques sont un domaine plus large que le droit budgétaire. Elles concernent
l’ensemble du système financier de l'État, y compris :
Finances Publiques
• Définition : Les finances publiques couvrent un domaine plus large qui inclut la
gestion globale des finances publiques de l’État, notamment :
o La collecte des recettes fiscales et non fiscales.
o La gestion des dépenses publiques et les politiques fiscales.
o La gestion de la dette publique, des investissements et des autres aspects
financiers.
• Objectifs : Les finances publiques visent à assurer la stabilité financière de l’État tout
en répondant aux besoins publics grâce à une gestion efficace des ressources.
• Contenu : Les finances publiques abordent des questions telles que :
o La politique fiscale (taxation et imposition).
o La gestion de la dette publique.
o La planification financière à long terme.
o Les investissements publics, la gestion des actifs et passifs de l'État.
• Après la Seconde Guerre mondiale, l'État providence se développe avec une expansion
des services sociauxfinancés par l’État.
o Exemples : Les budgets sont utilisés pour financer des programmes
sociaux (santé, éducation, retraites) et pour promouvoir le bien-être social.
Conclusion
Les finances publiques et le droit budgétaire ont connu une évolution significative au fil du
temps, passant de systèmes rudimentaires dans les civilisations anciennes à des pratiques
modernes sophistiquées. Aujourd'hui, les finances publiques sont un domaine complexe qui
inclut non seulement la gestion des recettes et dépenses de l’État, mais aussi la gestion de
la dette publique, la politique fiscale et les investissements publics.
Avant 1215, le pouvoir royal en Angleterre était largement absolu. Le roi détenait presque un
contrôle total sur les finances et le gouvernement. Voici les principaux aspects du pouvoir royal :
• Légitimité royale : Le roi était considéré comme le souverain divinement choisi, ce qui
renforçait son autorité.
• Lever des impôts : Le roi avait le pouvoir de lever des impôts sans l'approbation de
quiconque, y compris des barons ou du Parlement.
• Justice : Le roi était le dernier recours en matière judiciaire et pouvait influencer les
verdicts.
• Nomination des fonctionnaires : Le roi nommait les responsables gouvernementaux, y
compris les shérifs et collecteurs d'impôts.
La Magna Carta (1215)
1. Le roi devait obtenir le consentement du "Grand Conseil" (qui deviendra plus tard le
Parlement) pour lever des impôts.
2. Les impôts arbitraires et excessifs étaient interdits.
3. La transparence fiscale a été introduite, obligeant le roi à rendre des comptes sur
l’utilisation des impôts.
Sous la monarchie, le roi avait un contrôle absolu sur les finances de l'État. Le système fiscal
reposait principalement sur les impôts indirects payés par la population, tandis que la noblesse
et le clergé étaient exemptés.
Sous Napoléon, des réformes financières ont été mises en place pour stabiliser l'économie :
Sous les règnes de Moulay Slimane (1792-1822), les finances publiques du Maroc étaient
principalement basées sur des principes religieux :
Le contrôle des finances était centralisé sous l'autorité royale. Amin al-Hisabat supervisait les
comptes royaux et les rapportait directement au sultan.
À partir de 1904, le Maroc était sous influence coloniale, notamment de la France, qui
commença à intervenir dans la gestion des finances pour garantir le remboursement de la dette
publique :
• Premier budget en 1913 : Comprenait des projections pour les dépenses (23,6 millions
de francs) et recettes (17,6 millions de francs), avec des dettes ajoutées aux projections
des dépenses.
1. Faiblesse du budget : Les revenus fiscaux (impôts, taxes) sont la principale source de
financement.
2. Neutralité : La gestion budgétaire est fondée sur l'équilibre des recettes et des dépenses,
sans chercher à influencer l'économie.
3. Équilibre budgétaire : Rejet du déficit et de l'excédent. L'objectif est de couvrir les
dépenses nécessaires, sans créer d'excédent.
Le budget est un instrument central dans la gestion des finances publiques. Voici ses principales
caractéristiques :
Le Budget Prévisionnel
Le budget prévisionnel est un outil clé dans la gestion des finances publiques. Il permet au
gouvernement de planifier les recettes et les dépenses pour une période donnée, généralement
une année fiscale. Il comprend :
• Estimation des recettes : Prédiction des sources de revenus, telles que les impôts et
taxes.
• Estimation des dépenses : Prédiction des coûts associés aux programmes publics,
salaires, investissements en infrastructures, etc.
• Équilibre ou déséquilibre budgétaire : L'objectif est d'équilibrer les recettes et les
dépenses. Un excédent budgétaire survient si les recettes dépassent les dépenses ; un
déficit budgétaire si les dépenses excèdent les recettes.
1. Estimation des recettes et des dépenses : Le budget prévoit les recettes fiscales, les
coûts des projets, et les investissements publics.
2. Planification financière : Le budget définit des objectifs financiers spécifiques pour
l'année.
3. Flexibilité budgétaire : Le budget peut être ajusté en fonction des événements imprévus
(récessions, catastrophes naturelles, etc.).
4. Suivi et ajustements : Le budget est régulièrement suivi pour s'assurer que les objectifs
sont atteints.
Le budget est un plan financier qui anticipe les recettes et les dépenses pour une période donnée
(généralement l'année civile). Il permet de garantir la stabilité et la durabilité des finances
publiques.
Le budget permet de :
Les finances publiques modernes sont donc caractérisées par une intervention active de l'État
dans l'économie, la gestion de la dette publique, la mise en place de partenariats public-privé,
et l'utilisation accrue de la technologie pour améliorer l'efficacité et la transparence.
Voici les principales étapes pour la préparation du projet de loi de finances (PLF) en référence à
la loi 130-13 :
Objectifs Économiques
Objectifs Sociaux
• Réduction de la pauvreté : Le budget alloue des fonds aux programmes sociaux tels que
les aides sociales, l'éducation gratuite, etc.
• Accès à l'éducation et à la santé : Financement des écoles publiques et des hôpitaux.
• Protection sociale : Le budget inclut des programmes pour les retraites, les allocations
familiales, et l'assurance chômage.
• Réduction des inégalités sociales : Le budget peut introduire des systèmes fiscaux
progressifs et des transferts directs aux ménages à faibles revenus.
• Gestion des ressources : Le budget détermine comment les ressources financières sont
allouées aux divers secteurs de l'économie.
• Stabilité financière : Un budget bien équilibré évite les déficits excessifs et assure la
stabilité de l'État.
• Durabilité économique : En finançant des projets à long terme, le budget soutient la
croissance économique et l'infrastructure.
• Flexibilité économique : Le budget permet d'adapter les finances publiques aux
changements économiques imprévus.
Importance Sociale
En résumé, le droit budgétaire est essentiel pour une gestion publique efficace et transparente.
Il garantit que les finances de l'État sont utilisées de manière responsable, que les priorités de la
société sont respectées, et que les décisions budgétaires sont prises démocratiquement.
Les principes budgétaires sont des règles techniques fondamentales qui régissent la préparation,
la présentation, le vote et l'exécution du budget de l'État. Ces principes assurent la transparence,
la responsabilité, et l'efficacité dans la gestion des finances publiques.
1. Principe d'Annualité :
o Définition : Le budget est préparé, voté, et exécuté chaque année. Il est limité à
une période d’un an, généralement du 1er janvier au 31 décembre.
o Objectif : Permet de garantir un contrôle parlementaire régulier et d’adapter la
politique budgétaire aux réalités économiques et sociales de l'année en cours.
o Justifications :
▪ Raisons politiques : Permet un contrôle régulier de la gestion des finances
publiques.
▪ Raisons techniques : Les prévisions économiques à long terme
comportent des incertitudes, et le contrôle parlementaire est facilité par
une période d’un an.
▪ Raisons économiques : Permet une adaptation rapide aux changements
économiques (inflation, récession, etc.).
o Exceptions : Certaines dépenses peuvent être reportées d’une année à l’autre sous
forme de budget rectificatif (adjonction budgétaire).
2. Principe d'Unité :
o Définition : Toutes les recettes et toutes les dépenses doivent être regroupées dans
un seul budget pour donner une vue d'ensemble des finances publiques de l'État.
o Objectif : Assurer une gestion intégrée des finances publiques, où toutes les
opérations sont visibles et contrôlées.
o Application : Cela permet de suivre l'exécution du budget dans sa globalité et
d'éviter les dispersions ou les oublis de certains crédits ou dépenses.
3. Principe d'Universalité :
o Définition : Toutes les recettes et dépenses de l'État doivent être incluses dans le
budget.
o Objectif : Garantir que les finances publiques sont transparentes et complètes.
o Application : Aucune recette ne doit être exclue du budget. Ce principe garantit
que toutes les sources de financement sont bien prises en compte, et que toutes les
dépenses sont bien documentées.
4. Principe de Spécialité :
o Définition : Les crédits alloués à une certaine dépense doivent être utilisés
uniquement pour cette dépense spécifique.
o Objectif : Assurer une traçabilité stricte des fonds publics, de manière à ce que
les dépenses soient conformes aux objectifs fixés dans le budget.
o Exemple : Si une partie du budget est allouée à la construction d'infrastructures
scolaires, cette somme ne peut pas être redirigée pour d'autres projets, comme les
routes.
5. Principe de Sincérité :
o Définition : Les prévisions budgétaires doivent être sincères, c'est-à-dire qu'elles
doivent refléter fidèlement la réalité économique et financière.
o Objectif : Garantir que le budget présente une estimation réaliste des recettes et
des dépenses, sans manipulation des chiffres.
o Application : Ce principe permet de maintenir la confiance des citoyens et des
institutions internationales dans la gestion des finances publiques. La sincérité
budgétaire est d’ailleurs contrôlée par des organes comme la Cour des Comptes.
o Exemple : Le Conseil constitutionnel français a statué sur la sincérité du budget
en 1995, en rejetant une loi de finances qui comportait des prévisions jugées
irréalistes.
• Le Parlement joue un rôle clé dans le contrôle du budget, mais des exceptions peuvent
exister :
o Contrôle renforcé : En période de crise, certains projets urgents peuvent être
validés par un décret ou une procédure accélérée, limitant le rôle du Parlement.
o Amendements parlementaires : Bien que le Parlement ait un droit de vote sur le
budget, certains amendements peuvent être rejetés s'ils entraînent un déséquilibre
financier (ex : réduction des recettes ou augmentation des dépenses).
Conclusion Partielle
1. Phase Préparatoire :
o Avant le 15 mars : Le Chef du gouvernement invite les départements ministériels
à élaborer leurs propositions de programmation budgétaire triennale. Ces
propositions doivent inclure des objectifs et des indicateurs de performance.
o Avant le 15 avril : Les départements ministériels et les institutions transmettent
leurs propositions budgétaires, y compris les prévisions de recettes, de dépenses,
et de performance pour leurs secteurs respectifs.
o Avant le 15 mai : Examen des propositions budgétaires par les commissions de
programmation et de performance. Ces comités évaluent la faisabilité des
propositions et leur alignement avec les objectifs économiques et sociaux du
gouvernement.
o Avant le 15 juillet : Le ministre des Finances présente l'état d'avancement de
l'exécution de la loi de finances en cours, ainsi que la programmation
triennale des ressources et des charges de l'État, et les grandes lignes du projet de
loi de finances pour l’année suivante.
2. Examen Parlementaire du Projet de Loi de Finances :
o Juillet - Septembre : Le ministre des Finances expose devant les commissions
des finances du Parlement le cadre général de la préparation du projet de loi de
finances. Cela comprend l’évolution de l’économie nationale, les politiques
économiques et financières, et la programmation budgétaire.
o Septembre - Début Octobre : Centralisation et examen des propositions des
départements ministériels, notamment concernant les recettes, les dépenses, et les
projets de performance. Le ministre des Finances commence alors le montage du
projet de loi de finances et des documents associés.
3. Présentation au Parlement :
o Début Octobre : Les orientations générales du projet de loi de finances sont
examinées en Conseil des ministres, puis soumises au Conseil du
gouvernement pour adoption.
o Au plus tard le 20 octobre : Le projet de loi de finances de l’année doit être
déposé devant le bureau de la Chambre des représentants.
4. Examen par la Chambre des Représentants :
o30 jours suivants le dépôt du projet : La Chambre des représentants se prononce
sur le projet de loi de finances de l'année. Elle examine en détail les recettes et les
dépenses, avec possibilité de débats, amendements et approbation.
5. Examen par la Chambre des Conseillers :
o Les 22 jours suivants le vote par la Chambre des Représentants ou expiration
du délai : Le projet de loi est transmis à la Chambre des conseillers pour une
seconde lecture et approbation.
6. Adoption finale :
o Les 6 jours suivants le vote de la Chambre des Conseillers ou expiration du
délai : Adoption finale par la Chambre des représentants, à travers la deuxième
lecture.
Le Parlement joue un rôle central dans l’adoption du budget, par le biais des étapes suivantes :
• Examen détaillé : Les parlementaires examinent les prévisions budgétaires, les priorités
du gouvernement, et la répartition des ressources.
• Amendements : Les parlementaires peuvent proposer des amendements pour ajuster les
dépenses et les recettes, bien que certaines restrictions existent (comme les amendements
qui augmenteraient les dépenses sans compenser par de nouvelles recettes).
• Approbation : Après débat et amendements, le budget est adopté par le Parlement. En
cas de non-adoption, une procédure alternative peut être suivie.
Il existe différents types de lois de finances qui sont définies par la loi organique n°130-13
relative à la loi de finances :
• Les comptes spéciaux du Trésor sont utilisés pour certaines opérations financières
spécifiques qui ne sont pas directement incluses dans le budget général de l'État.
• Exemples : Les fonds dédiés à des projets spécifiques (comme les fonds de
développement régional ou l’aide humanitaire).
Le contrôle parlementaire sur la loi de finances est essentiel pour garantir que l'exécution des
politiques publiques reste conforme aux priorités de la société. Cependant, des exceptions et des
dérogations existent pour garantir une gestion souple et rapide des finances publiques.
• Contrôle par la Cour des Comptes : La Cour des Comptes veille à l’exécution des lois
de finances et contrôle la gestion des fonds publics.
• Contrôle exécutif : En cas de situations exceptionnelles, l'exécutif peut prendre des
mesures sans le Parlement, mais celles-ci sont limitées et doivent être justifiées après
coup.
Article 1 :
La loi de finances détermine, pour chaque année budgétaire, la nature, le montant et l'affectation
des ressources et des charges de l'État. Elle veille à équilibrer les finances publiques en tenant
compte de la conjoncture économique et sociale, ainsi que des objectifs et résultats des
programmes qu'elle détermine. Ce principe fait de la loi de finances un acte juridique et financier
central de la politique économique du pays.
Article 3 :
Cet article précise que la loi de finances prévoit, évalue, énonce et autorise pour chaque année
budgétaire l'ensemble des ressources et des charges de l'État, et que cette loi se réfère à
la programmation budgétaire établie pour les années à venir.
Article 4 :
Il est précisé que seules les lois de finances rectificatives peuvent modifier les dispositions de la
loi de finances de l'année en cours.
Les dérogations à la règle de l'annualité budgétaire sont possibles dans plusieurs situations :
Les autorisations de programme permettent d’engager des dépenses sur plusieurs années pour
des projets d’investissement. Ce mécanisme est crucial pour les projets à long terme, tels que la
construction d'infrastructures ou l'achat d'équipements coûteux.
Article 63 de la LOF :
Les crédits ouverts au budget général pour une année donnée ne peuvent être reportés sur
l’année suivante. Toutefois, il existe une exception pour les crédits de paiement liés aux
dépenses d’investissement, ainsi que pour les reliquats d'engagement non encore
ordonnancés, qui peuvent être reportés, mais sous certaines conditions (plafond de 30% des
crédits de paiement alloués pour chaque département ministériel).
• Explication : Cela permet de garantir que les fonds alloués pour une année soient utilisés
durant cette période, tout en offrant de la flexibilité pour les projets pluriannuels.
• Exemple : En 2016, le montant global des crédits reportés s'élevait à 16 milliards de
dirhams.
Nomenclature Budgétaire :
La nomenclature budgétaire a été modifiée par la loi organique n°130-13. Désormais, le budget
est structuré selon une logique de programmes et projets, ce qui permet d’évaluer les résultats
en fonction des objectifs définis par chaque programme.
• Avant 2018 : Le budget était subdivisé par chapitres, articles, et lignes budgétaires.
• Depuis 2018 : Le budget est désormais présenté par programmes (par exemple, les
dépenses liées à l'éducation ou à la santé), projets (comme le financement de
programmes d’infrastructure), et actions.
Les dépenses imprévues et les dotations provisionnelles sont des prévisions budgétaires pour
couvrir des coûts non anticipés ou des ajustements nécessaires au cours de l’année :
• Dépenses Imprévues : Coûts imprévus qui ne sont pas inclus dans le budget initial, mais
qui sont alloués en cas d’urgence (par exemple, après une catastrophe naturelle).
• Dotations Provisionnelles : Montants réservés pour faire face à des dépenses potentielles
qui ne sont pas encore confirmées (par exemple, pour financer un programme
économique en cas de crise).
Le principe d'équilibre budgétaire est l’un des fondements du droit budgétaire. Cela implique
que les recettes et les dépenses de l’État doivent être égales pour éviter un déficit.
• Article 77 de la Constitution :
Le gouvernement et le Parlement doivent veiller à maintenir l'équilibre des finances de
l'État, garantissant ainsi une gestion prudente et responsable des finances publiques.
Conclusion :
Les éléments abordés dans cette partie du texte soulignent l'importance du cadre législatif qui
régit l'élaboration et l'exécution de la loi de finances, notamment la Loi N°130-13 au Maroc.
Cette loi assure que les finances publiques sont gérées de manière transparente, responsable et en
adéquation avec les besoins économiques et sociaux du pays. Les mécanismes de rectifications
budgétaires, autorisations de programme, et spécialisation des crédits permettent une
flexibilité tout en garantissant un contrôle strict et une utilisation efficace des ressources
publiques.
Le principe d’équilibre budgétaire signifie que les recettes de l'État doivent être égales ou
supérieures aux dépenses pour éviter un déficit. Cela implique une gestion financière rigoureuse
et l'absence de déficit structurel.
• Conception traditionnelle :
o L'État a une intervention limitée dans l'économie.
o Le budget doit être neutre vis-à-vis de l'économie.
o Un déficit budgétaire entraînerait un emprunt, augmentant l'endettement et
risquant de provoquer de l'inflation.
• Conception keynésienne :
o L'État a le droit et le devoir d'intervenir dans l'économie, en particulier en
période de crise.
o Le déficit budgétaire peut être justifié pour stimuler l'économie en période de
récession.
o Keynes met l'accent sur la demande globale comme moteur économique et
considère que l'État doit réguler cette demande pour stabiliser l'économie.
• Compensation du déficit :
o Emprunt : L'État emprunte pour équilibrer les finances, remboursant le capital et
les intérêts à terme.
o Augmentations fiscales : Hausse des impôts pour augmenter les recettes
publiques et équilibrer le budget.
o Émission monétaire : Créer de la monnaie pour injecter des liquidités, bien que
cela comporte des risques d'inflation.
o Réduction des dépenses publiques : Diminution des dépenses gouvernementales
pour limiter le déficit.
o Recours aux réserves : Utilisation des fonds précédemment mis de côté ou des
actifs du gouvernement pour couvrir le déficit.
• Le Traité de Maastricht (1992) a posé des critères stricts pour la stabilité économique
au sein de l'UE, y compris un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB et une dette
publique inférieure à 60 % du PIB. Cela a instauré la notion d'équilibre des finances
publiques, allant au-delà du simple équilibre budgétaire pour inclure l'ensemble des
finances de l'État.
• En 2011, la Constitution marocaine a consacré l'idée d’un équilibre global des finances
de l'État, confiant au Parlement et au gouvernement la responsabilité de garantir cet
équilibre, en s'assurant que les finances publiques restent soutenables et non endettées de
manière excessive.
Le Principe de Sincérité
Le principe de sincérité exige que les informations financières et budgétaires soient précises et
honnêtes. La sincérité garantit que les prévisions de recettes et de dépenses sont basées sur
des estimations réalistes et non exagérées ou sous-évaluées.
• Article 10 de la LOLF :
« Les lois de finances doivent présenter de manière sincère l'ensemble des ressources et
des charges de l'État. »
Cela impose une présentation honnête des prévisions budgétaires, en utilisant les
meilleures données disponibles. L'objectif est de refléter avec exactitude la réalité
économique et financière du pays.
• Article 31 de la Constitution :
« Les comptes de l'État doivent être réguliers, sincères et donner une image fidèle de son
patrimoine et de sa situation financière. »
Cela concerne la transparence et l'exactitude des comptes, et il est essentiel que les
autorités évitent toute manipulation des chiffres.
Le principe de spécialité des crédits stipule que les crédits alloués dans le budget doivent être
affectés exclusivement à des dépenses spécifiques et bien déterminées. Cela vise à éviter
l'utilisation incorrecte des fonds publics.
• Objectif :
Assurer une gestion budgétaire transparente et responsable, où les ressources sont
utilisées pour les fins prévues, conformément aux priorités budgétaires.
• Unité de vote et de contrôle :
Chaque crédit est spécialisé par chapitre (par exemple, ministère ou programme). Les
crédits sont contrôlés par le Parlement pour vérifier leur affectation exacte et éviter les
abus.
Le principe de l’unité du budget est fondamental dans le droit budgétaire. Il impose que toutes
les recettes et dépensesde l'État soient regroupées dans un seul document, permettant ainsi
une vision globale de la situation financière du pays.
• Fondement juridique :
o Article 3 de la Loi Organique des Finances (LOF) : "La loi de finances prévoit,
évalue, énonce et autorise, pour chaque année budgétaire, l'ensemble des charges
et ressources de l'État."
o Article 8 de la LOF : "Il est fait recette du montant intégral des produits, sans
contraction entre les recettes et les dépenses, l’ensemble des recettes assurant
l’exécution de l’ensemble des dépenses."
• Contrôle parlementaire :
Ce principe permet au Parlement de contrôler les finances de l'État de manière globale et
complète, et de s'assurer que les ressources sont correctement allouées.
La Loi Organique des Finances (LOF) distingue trois types de lois de finances :
Conclusion :
Les principes généraux du budget, ainsi que les différents types de lois de finances, jouent un
rôle crucial dans la gestion des finances publiques. Ils garantissent que les ressources de l'État
sont utilisées de manière transparente, responsable et efficace, tout en assurant que les
prévisions budgétaires sont basées sur des informations fiables et sincères. Ces principes sont
essentiels pour maintenir la stabilité économique et pour répondre aux besoins économiques et
sociaux du pays.
1. Tableaux budgétaires :
o Tableau A : Présente une évaluation globale des recettes du budget général, des
SEGMA et des CST (comptes spéciaux du Trésor).
o Tableaux B, C, et D : Répartition des crédits pour les dépenses de
fonctionnement, d'investissement et celles liées à la dette publique.
o Tableaux E et F : Dépenses d'exploitation et d'investissement des SEGMA.
o Tableau G : Dépenses des comptes spéciaux du Trésor.
Conclusion
La loi de finances est un instrument essentiel pour la gestion économique et sociale du pays. Elle
permet de définir les priorités budgétaires, d’assurer la transparence dans l’utilisation des
ressources publiques et d’adapter les prévisions financières aux réalités économiques. Le
processus de préparation et d'adoption de la loi de finances est crucial pour garantir la stabilité
financière et répondre aux besoins des citoyens.
1. Examen des ressources (recettes) : D'abord, la partie des recettes est discutée et votée.
2. Examen des charges : Ensuite, les dépenses sont examinées et votées.
3. Vote global : Une fois toutes les parties examinées, un vote global sur le projet de loi de
finances est effectué.
VI. Conclusion
L'examen du projet de loi de finances commence par une séance conjointe des deux chambres
(Chambre des Représentants et Chambre des Conseillers). Durant cette séance, le gouvernement
présente le projet de loi de finances, conformément aux articles 68 de la Constitution et
aux articles 156 et 214 des règlements intérieurs des chambres.
Une fois le projet déposé, il est renvoyé à la commission des finances et du développement
économique. Cette commission est responsable de l’examen de l’ensemble du projet de loi de
finances (Article 48 de la Loi Organique). En parallèle, les autres commissions
permanentes examinent les budgets sectoriels des ministères qui relèvent de leur compétence, à
l'exception de la commission de contrôle des finances publiques (Article 158 du règlement
intérieur).
Les travaux en commission suivent une procédure bien définie en trois étapes successives :
À la fin, une réunion est consacrée exclusivement à l’examen et au vote des amendements.
Le ministre chargé des Finances assiste à l'ensemble des travaux de la commission.
Après l'examen en commission, le projet de loi de finances est discuté en séance publique. Voici
les modalités de discussion :
Chaque amendement et chaque article modifié fait l'objet d'un vote spécifique. Il y a sept votes
au total : un pour le budget général, un pour chaque budget des SEGMA (Services de l'État
Gérés de Manière Autonome), et un pour chaque catégorie de comptes spéciaux du Trésor
(Article 54 de la Loi Organique).
La deuxième partie du projet de loi de finances ne peut être discutée que si la première partie a
été adoptée. Le rejet de la première partie équivaut au rejet de l’ensemble du projet.
• Les dépenses du budget général font l'objet d'un vote par titre (chapitres), tandis que les
SEGMA sont votées par département ministériel.
• Les comptes spéciaux du Trésor sont votés par catégorie de comptes spéciaux (Article
55 de la Loi Organique).
Lorsque le projet de loi de finances est voté par la Chambre des Représentants, ou après
l’expiration du délai de 30 jours, il est saisi par la Chambre des Conseillers (Article 49 de la
Loi Organique). La Chambre des Conseillers examine le projet adopté ou modifié par la
Chambre des Représentants. Si des amendements sont apportés, le gouvernement doit accepter
ou rejeter ceux-ci.
1. L'examen en commission
La Chambre des Conseillers suit également une procédure similaire à celle de la Chambre des
Représentants. Après les travaux en commission, le projet de loi de finances est examiné
en séance publique. Une fois adopté par la Chambre des Conseillers, le texte est renvoyé à la
Chambre des Représentants si des amendements ont été ajoutés, ou si le projet est modifié.
Si la Chambre des Conseillers rejette le projet de loi de finances ou y apporte des amendements
qu'elle n’accepte pas, le texte est renvoyé à la Chambre des Représentants pour
une deuxième lecture (Article 52 de la Loi Organique). Le gouvernement est alors invité à se
prononcer sur les amendements ou les points de désaccord.
1. La procédure
• Six jours sont prévus pour que la Chambre des Représentants examine à nouveau le
projet.
• Les débats et les amendements portent uniquement sur les points de désaccord entre les
deux chambres.
• Si la Chambre des Représentants accepte les amendements ou les modifications apportées
par la Chambre des Conseillers, le projet de loi est adopté dans sa version finale.
• Si le texte est modifié, il est à nouveau soumis à la Chambre des Conseillers pour un
dernier examen.
1. Le droit d'amendement
Cela vise à préserver l'équilibre des finances publiques et à éviter une gestion budgétaire
déséquilibrée ou irresponsable.
Une fois que la loi de finances est votée et publiée au Bulletin Officiel, elle devient exécutoire.
Cela signifie que les crédits budgétaires sont désormais disponibles et peuvent être utilisés par
les ministères et autres entités publiques. Les ordonnateurs et comptables publics sont
responsables de l'exécution de ces crédits, sous le contrôle des règles de comptabilité publique.
• Les ordonnateurs : qui engagent, constatent, liquident ou ordonnent les recettes ou les
dépenses.
• Les comptables publics : qui exécutent les opérations de recettes et de dépenses, en
assurant la régularité des fonds.
L'exécution de la loi de finances se fait en plusieurs étapes, définies par des règles de
comptabilité publique (Dahir n° 330-66 du 21 avril 1967).
Les fonctions d'ordonnateur et de comptable sont incompatibles, ce qui permet d’assurer une
séparation des pouvoirs et un contrôle mutuel. L'ordonnateur décide de l'engagement des
dépenses, tandis que le comptable s'occupe de leur paiement, après avoir vérifié leur régularité.
Cette séparation garantit une gestion rigoureuse des finances publiques et minimise les risques
de malversations financières.