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Titre Du Polycopié Analyse I Mathematiques

Ce polycopié d'analyse mathématique est destiné aux étudiants de première année des classes préparatoires à l'Ecole Supérieure d'Economie d'Oran. Il présente un cours simplifié sur les nombres réels, les fonctions, les limites, les dérivées, et les intégrales, structuré en sept chapitres. L'auteur encourage les étudiants à maîtriser les concepts mathématiques de manière régulière et à solliciter de l'aide en cas de difficulté.

Transféré par

gianniloic16
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© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Titre Du Polycopié Analyse I Mathematiques

Ce polycopié d'analyse mathématique est destiné aux étudiants de première année des classes préparatoires à l'Ecole Supérieure d'Economie d'Oran. Il présente un cours simplifié sur les nombres réels, les fonctions, les limites, les dérivées, et les intégrales, structuré en sept chapitres. L'auteur encourage les étudiants à maîtriser les concepts mathématiques de manière régulière et à solliciter de l'aide en cas de difficulté.

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Polycopié d’analyse mathématique de la première année des classes préparatoires, année 2019/2020

‫الجمهىريت الجسائريت الديمقراطيت الشعبيت‬


People’s Democratic Republic of Algeria
‫وزارة التعليم العالي و البحث العلمي‬
Ministry of Higher Education and Scientific Research
‫المدرست العليا لالقتصاد بىهـــــران‬
Higher School of Economics of Oran

Titre du polycopié

ANALYSE I

MATHEMATIQUES
Première année des classes préparatoires

Élaboré par :
Mr Mohammed MEZIANE, Maitre de conférences B, ESE Oran, m.meziane13@[Link]
Avant-propos

Le présent travail consiste à simplifier au maximum le cours d’ " analyse mathématique


" afin qu’il soit accessible aux étudiants de la 1ère année préparatoire de l’Ecole Supérieure
de l’Economie d’Oran. Le programme comprend sept chapitres dont les quatre premiers
sont généralement entamés en premier semestre et les trois derniers en deuxième semestre.

En ma qualité de chargé de cours du module d’ " analyse mathématique " à l’E.S.E


d’Oran, j’ai constaté que la majorité des étudiants ne s’intéresse qu’aux travaux dirigés au
détriment des cours en adoptant ainsi une démarche tout à fait inadéquate. Les étudiants
se précipitent à consulter les solutions des exercices sans fournir le moindre effort permet-
tant d’aboutir aux résultats qu’il faut. Sachant bien qu’en mathématiques, l’étudiant doit
d’abord maitriser les notions acquises au cours ainsi que les exemples étudiés. Cela doit
être fait d’une manière régulière sans laisser s’accumuler les cours les uns sur les autres. Il
faut noter encore qu’un travail de mise au point, la révision et la répétition sont impératifs
afin de pouvoir consolider véritablement les apprentissages.

Mes conseils aux étudiants de lire les consignes avec soin puis de procéder à résoudre
les problèmes sur plusieurs essais en se référant à ses pré- requis. En cas d’échec, ils pour-
ront demander de l’assistance auprès d’autrui : camarades de classe, enseignants ou autres.

Je souhaite que les étudiants s’en servent mieux du contenu de ce polycopié et vont
en tirer profit de ce modeste travail en appliquant les conseils donnés.

Enfin, je vous annonce être prêt à recevoir tous vos suggestions et répondre à vos
questions sur mon e-mail : m.meziane13@ [Link]

i
Table des matières

1 Généralités sur les nombres réels-Notion de fonction 4


1.1 Introduction aux nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Opérations sur les nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Corps des nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Formule du binôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Intrevalles dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 La borne supérieure et inférieure dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.6 Partie entière d’un nombre réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.7 fonctions numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.7.1 Graphe d’une fonction réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.8 Ensemble des valeurs d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.8.1 Fonction composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.9 Fonction injective, surjective et bijective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.9.1 Fonction réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

2 Limites-Continuités-Équivalences 19
2.1 limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.1.1 Limite à droite et limite à gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.1.2 Limites infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2.1 Continuité uniforme sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3 Fonctions équivalentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

ii
3 Fonctions dérivables 35
3.0.1 Dérivée sur un intervalle. Fonctions dérivées . . . . . . . . . . . . . 38
3.0.2 Différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

4 Fonctions élémentaires 45
4.1 Fonctions trigonométriques réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
4.2 Fonctions hyperboliques et leurs réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2.1 Fonctions rationnelles réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

5 Calcul d’intégrales 60
5.1 Primitive et intégrale indéfinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
5.1.1 Quelques intégrales à connaître . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
5.1.2 Intégration par changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Intégration du type axαx+β
R R αx+β
5.1.3 2 +bx+c dx et dx . . . . . . . . . . 62

ax2 +bx+c
5.1.4 Intégration par partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
5.1.5 Intégration des fonctions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
5.1.6 Intégration de certaines classes de fonctions . . . . . . . . . . . . . 65
5.2 Intégrale définie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

6 Développements limités 75
6.1 Formules de Maclaurin et de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
6.2 Dévoloppements limités usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.1 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . 81
6.2.2 Développement limité au voisinage de x0 6= 0 et en ∞ . . . . . . . . 86

7 Suites numériques 90
7.1 Suites récurrentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96

Bibliographie 100

iii
Chapitre 1

Généralités sur les nombres


réels-Notion de fonction

1.1 Introduction aux nombres réels


1. On désigne par N = {0, 1, 2, 3, ....} l’ensemble des entiers naturels et N∗ = N − {0}.
2. On désigne par Z = {....... − 3, −2, −1, 0, +1, +2, +3, ......} l’ensemble des entiers
relatifs et Z∗ = Z − {0}.
3. On désigne l’ensemble des nombres rationnels par Q = { pq : p ∈ Z, q ∈ Z∗ } avec la
p p0
propriété que : q
= q0
⇔ pq 0 = p0 q.

Il est clair que N ⊂ Z ⊂ Q.


En partant de Q on peut montrer par un exemple la nécessité d’introduire d’autres
nombres qui n’appartiennent pas à Q, ces nombres sont appelés les nombres irrationnels.

Exemple 1.1.1. Soit le triangle rectangle isocèle ABC de sommet A, tel que AB = 1 et
la longeur de l’hypoténuse BC = x est inconnu.

4
En utilisant le théorème de Pythagore, on obtient l’équation x2 = 2 dont sa solution est

notée 2 qui est irrationnel.

Exercice 1.1.1. Montrer que 7 est irrationnel.
√ p
Solution 1.1.1. Nous allons utiliser une preuve par l’absurde. Supposons que 7= q
tel
que p et q deux entiers naturels premiers entre eux. Donc on obtient p2 = 7q 2 ...(∗).
Puisque P GCD(p, q) = 1, alors P GCD(p2 , q 2 ) = 1 (faites le !) et d’après (∗), obtient
P GCD(p2 , q 2 ) = P GCD(7q 2 , q 2 ) = q 2 6= 1 qui est contradictoire avec p2 et q 2 sont
premiers entre eux.

Remarques 1.1.1.

1. Un nombre rationnel peut s’écrire sous forme d’un développement décimal pério-
dique à partir d’un certains rang.
2. Un nombre irrationnel peut s’écrire sous forme d’un développement décimal non
périodique.

1

Exemple 1.1.2. 3
= 0, 333333..... ∈ Q ; 7, 25123123123..... ∈ Q. 7 = 2.645751311... ∈
/
Q.

Définition 1.1.1. La collection des nombres rationnels et irrationnels forment l’ensemble


des nombres réels notée R.

Donc on est arrivé à :


N ⊂ Z ⊂ Q ⊂ R.

1.2 Opérations sur les nombres réels

1.2.1 Corps des nombres réels


L’ensemble R est muni de deux opérations internes connus auparavant qui sont la
somme (+) et le produit (.). Il est muni aussi par une relation d’ordre totale (≤). Ces
opérations internes et la relation d’ordre satisfont certaines conditions pour dire que
(R, +, ., ≤) est un corps commutatif totalement ordonné. On a les propriétés suivantes :

5
1. ∀x, y ∈ R : x ≤ y et y ≤ z =⇒ x ≤ z
2. x ≤ y et y ≤ x =⇒ x = y
3. ∀x ∈ R, ∀y ∈ R : x ≤ y ou y ≤ x
4. ∀x, y, z ∈ R : x ≤ y =⇒ x + z ≤ y + z
5. ∀x, y ∈ R, ∀z ≥ 0 : x ≤ y =⇒ xz ≤ yz
6. x ≥ 0 =⇒ −x ≤ 0.

Exercice 1.2.1. Montrer que :

1. 0.x = 0, ∀x ∈ R
2. x ≥ 0 =⇒ −x ≤ 0 pour tout x réel.
3. pour tout x, y > o ou x, y < o, on a :
1 1
x ≤ y =⇒ ≥ .
x y

Solution 1.2.1.

1. On a :
0.x = (0 + 0)x = 0.x + 0.x...(∗)

car la multiplication est distributive sur l’addition. Posons a = 0.x et ajoutant à


l’égalité (∗) −a (le symétrique de a). Donc

−a + a = (−a + a) + a =⇒ 0 = 0 + a = a,

d’où 0.x = 0.
2. On ajoutant −x le symétrique de x, on obtient :

x ≥ 0 =⇒ x + (−x) ≥ 0 + (−x) =⇒ −x ≤ 0

1
3. Puisque xy
> 0, alors

1 1 1 1
x ≤ y =⇒ x≤ y =⇒ ≤ .
xy xy y xˇ

6
1.2.2 Formule du binôme
Théorème 1.2.1. Pour tous éléments x et y de R et tout entier n ≥ 1, on a la formule
(du binôme) :
n
X
n
(x + y) = Cnp xn−p y p
p=0
n!
avec Cnp = p!(n−p)!
. et n! = n(n − 1)(n − 2)...2 × 1 et par définition 0! = 1.

Exercice 1.2.2. Développer les expressions suivantes :


(x + 2)5 et (x − 2)4 .

1.3 Intrevalles dans R


Soient a et b deux nombres réels tel que a < b. les types d’intervales sont :

1. [a, b] = {x ∈ R : a ≤ x ≤ b} (intervalle fermé)


2. ]a, b[= {x ∈ R : a < x < b} (intervalle ouvert)
3. ]a, b] = {x ∈ R : a < x ≤ b} (intervalle semi ouvert)
4. [a, b[= {x ∈ R : a ≤ x < b} (intervalle semi ouvert)
5. ]a, +∞[= {x ∈ R : x > a} (intervalle ouvert)
6. [a, +∞[= {x ∈ R : x ≥ a} (intervalle fermé)
7. ] − ∞, b[= {x ∈ R : x < b} (intervalle ouvert)
8. ] − ∞, b] = {x ∈ R : x ≤ b} (intervalle fermé)
9. ] − ∞, +∞[= R (intervalle ouvert et fermé à la fois)

S’il n’ y a pas d’ambiguïté on peut écrire R = [−∞, +∞].

Définition 1.3.1. Soit V une partie non vide de R et x0 ∈ V . On dit que V est un
voisinage de x0 ssi il existe un intervalle ouvert I tel que x0 ∈ I ⊆ V .

Exemple 1.3.1. L’intervalle [0; 1[ est un voisinage de tout ses points sauf pour x0 = 0.

7
1.4 La borne supérieure et inférieure dans R
Soit E une partie non vide de R.
1. On dit que E est majorée s’il existe un nombre M tel que :

∀x ∈ E : x ≤ M

2. On dit que E est minorée s’il existe un nombre m tel que :

∀x ∈ E : x ≥ m

3. On dit que E est bornée si elle est à la fois minorée et majorée.

Exemple 1.4.1. La partie E =] − 1, 3[∪[4, 7[ est bornée car : ∀x ∈ E : −1 ≤ x ≤ 7. On


remarque que tout nombre M ≥ 7 est un majorant de E et tout nombre m ≤ −1 est un
minorant de E.

Théorème 1.4.1.

1. Toute partie E non vide de R et majorée admet une borne supérieure notée sup E
qui est le plus petit des majorants.
(
∀x ∈ E : x ≤ M
2. M = sup E ⇐⇒
∀ > 0, ∃x ∈ E : x > M − 
Si M = sup E ∈ E, alors M est appelé le maximum de E, il est noté M = max E.

Théorème 1.4.2.

1. Toute poartie E non vide de R et minorée admet une borne inférieure notée inf E
qui est le plus grand des minorants.
(
∀x ∈ E : x ≥ m
2. m = inf E ⇐⇒
∀ > 0, ∃x ∈ E : x < m + 
Si m = inf E ∈ E, alors m est appelé le minimum de E, il est noté m = min E.

Exemples 1.4.1.

1. Pour A =] − 5, 21 ], on a : inf A = −5 et min A n’existe pas, sup A = max A = 12 .

8
2. Pour B = [−1, +∞[, on a : inf B = min B = −1, sup B et max B n’existent pas,
mais on peut écrire sup B = +∞.
3. Pour C =] − ∞, 4], on a : inf C = −∞, min C n’existe pas et sup C = max C = 4.

Exercice 1.4.1. Soit l’ensemble des nombres réels défini par


1
A = {1 − , n ∈ N∗ }.
n
Montrer que A est borné et déterminer ses bornes en utilisant la définition.

Solution 1.4.1. Il est clair que


1
∀x ∈ A : 0 ≤ x = 1 − < 1,
n
donc A est borné.
Montrons que sup A = 1. Soit  > 0, il existe x ∈ A ? tel que x > 1 − . On a
1
x > 1 −  ⇐⇒ 1 − > 1 − 
n
1
⇐⇒ < 
n
1
⇐⇒ n > ,

i.e. tout entier naturel n supérieur à 1 définit x = 1 − n1 > sup A − , donc sup A = 1.
De même pour inf A = 0, il existe x ∈ A ? tel que x < 0 + . En effet
1
x < 0 +  ⇐⇒ 1 − < 
n
1
⇐⇒ > 1 − ,
n
i.e.
– si  ≥ 1, alors pour tout n ∈ N∗ , on obtient tout les x = 1 − 1
n
vérifie x < inf A + .
1 1
– si 0 <  < 1, alors pour tout entier n < 1−
définit x = 1 − n
< inf A + .
D’où inf A = 0.

Théorème 1.4.3 (d’Archimede). quel que soit le nombre réel x il existe un entier naturel
n supérieur à x, c’est-à-dire : ∀x ∈ R ∃n ∈ N : x < n.

Théorème 1.4.4. le corps Q des nombres rationnels est dense dans le corps des nombres
réels, c’est-à-dire qu’on a la propriété :
p p
∀a ∈ R, ∀b ∈ R, ∃ ∈ Q : a < < b
q q

9
1.5 Valeur absolue
Définition 1.5.1. Soit x ∈ R. Le nombre
(
x si x ≥ 0
|x| =
−x si x < 0

s’appelle la valeur absolue de x.


√ √ √
Exemple 1.5.1. |3| = 3 ; | 31 | = 31 ; | − 7| = −(−7) = 7 ; | − 3| = −(− 3) = 3 ;
√ √ √2 2

|1 − 2| = −1 + 2 ; |2 − 3| = 2 − 3.

Exercice 1.5.1. Ecrire les expressions suivantes sans le symbole "valeur absolue" selon
les valeurs de x :
A = |x + 2| ; B = |x + 2| + |1 − x| + |x + 3|

Solution 1.5.1. Essayons de faire l’expression B. Résumons ces valeurs absolues dans le
tableau suivant :

x −∞ −3 −2 1 +∞
|
|x + 3| −x − 3 0 x+3 x+3 x+3
|
|
|1 − x| 1−x 1−x 1−x 0 −1 + x .
|
|
|x + 2| −x − 2 −x − 2 0 x+2 x+2
|

B −3x − 4 −x + 2 x+6 3x + 4

D’où 

 −3x − 4 si x ∈] − ∞, −3]


 −x + 2 si x ∈] − 3, −2]
B=


 x+6 si x ∈] − 2, 1]

3x + 4 si x ∈]1, +∞[

Théorème 1.5.1. La valeur absolue sur R posséde les propriétés suivantes :

1. |x| ≥ 0 , |x| = 0 ⇐⇒ x = 0.
2. −|x| ≤ x ≤ |x|.

10
3. |xy| = |x||y|.
|x|
4. | xy | = |y|
si y 6= 0.
5. |x + y| ≤ |x| + |y| (appelée première inégalité triangulaire).
6. ||x| − |y|| ≤ |x − y| (appelée deuxième inégalité triangulaire).

Exercice 1.5.2.

Soit α un nombre réel strictement positif.


1. Montrer que : |x| ≤ α ⇐⇒ −α ≤ x ≤ α.
2. En déduire les solutions de l’inéquation |x + 2| < 1.

Solution 1.5.2.

1. On a :

0 ≤ |x| < α ⇐⇒ |x|2 ≤ α2


⇐⇒ x2 − α2 ≤ 0
⇐⇒ x ∈ [−α, α] (d’après le signe d’un polynôme de deuxième degré)
⇐⇒ −α ≤ x ≤ α.

2. On a :

0 ≤ |x + 2| < 1 ⇐⇒ −1 < x + 2 < 1


⇐⇒ −1 − 2 < x + 2 − 2 < 1 − 2 (en ajoutant -2 aux inégalités)
⇐⇒ −3 < x < −1

d’où l’ensmble des solutions est S =] − 3, −1[

1.6 Partie entière d’un nombre réel


Théorème et définition 1.6.1. Soit x ∈ R, alors il existe un entier relatif unique n tel
que n ≤ x < n + 1. L’entier n est appelé partie entière de x : on le note [x] ou E(x).

11
√ √
Exemples 1.6.1. [0.1] = 0 ; [0.99] = 0 ; [−0.1] = −1 ; [ 2] = 1 ; [− 2] = −2 ; [π] = 3 ;
[−π] = −4.

Exercice 1.6.1. Soit [x] la partie entière de x. Montrer :

1. ∀x, y ∈ R : (x ≤ y =⇒ [x] ≤ [y]).


2. ∀x ∈ R, ∀a ∈ Z : [x + a] = [x] + a.
3. ∀x ∈ R − Z : [−x] = −[x] − 1.

Solution 1.6.1.

1. On a [x] ≤ x < [x]+1 et [y] ≤ x < [y]+1. Puisque x ≤ y, alors [x] ≤ x ≤ y < [y]+1,
donc [x] < [y] + 1. Comme [x] et [y] + 1 sont des entiers, alors [x] ≤ [y].
2. On a [x] ≤ x < [x] + 1 =⇒ [x] + a ≤ x + a < [x] + a + 1. Puisque [x] + a est un
entier, alors [x] + a = [x + a].
3. On a :
[x] ≤ x < [x] + 1 =⇒ −[x] − 1 < −x ≤ −[x] = −[x] − 1 + 1.

Donc [−x] = −[x] − 1.

1.7 fonctions numériques


Définition 1.7.1. Soit E une partie non vide de R. On dit que f est une fonction numé-
rique de E dans R si elle fait correspondre à chaque élèment x de E au plus un élèment
y de R noté f (x), et on écrit

f : E −→ F
x 7−→ f (x)

f(x)=y s’appelle l’image de x par f et x est un antécédent de y par f .


L’ensemble des x qui ont une image par f , s’appelle l’ensemble de définition de f , il est
noté Df .

12
Exemple 1.7.1. la fonction

f : R −→ R
x
x 7−→ f (x) =
x−1
est définie sur
Df = R − {x ∈ R : x − 1 = 0} =] − ∞, 1[∪]1, +∞[.

Exemple 1.7.2. Soit E une partie non vide de R. La fonction définie par

f : E −→ E
x 7−→ IE = x

s’applle la fonction identique.

Exercice 1.7.1. Déterminer le domaine de définition des fonctions numériques sui-


vantes :

1. x 7−→ f (x) = x2 − x − 2.
x2 +1
2. x 7−→7−→ g(x) = |x+1|−2
.
3. x 7−→ h(x) = ln 1−x
1+x
.

1.7.1 Graphe d’une fonction réel


Le graphe d’une fonction f : Df −→ R, est une partie de R2 , définie par :
G(f ) = {(x, f (x)) ∈ R2 : x ∈ Df } qui est représenté dans un plan rapporté à un repère

− →−
orthonormé (O, i , j ).

1.8 Ensemble des valeurs d’une fonction


Définition 1.8.1. Soit f : Df −→ R. On appelle ensemble des valeurs de la fonction f ,
la partie de R, notée f (Df ) et définie par

f (Df ) = {f (x) : x ∈ Df }.

13
Pour déterminer l’ensemble des valeurs d’une fonction, on peut utiliser le tableau de
variation ou bien cette proposition suivante lorsque on connaît sa monotonie.

Proposition 1.8.1. Soit l’intervalle (a, b) ⊆ R et f une fonction continue sur (a, b).
Alors
1. f ((a, b)) = ( lim f (x), lim f (x)) si f est croissante sur (a, b).
x−→a x−→b
2. f ((a, b)) = ( lim f (x), lim f (x)) si f est décroissante sur (a, b).
x−→b x−→a

Exercice 1.8.1. Déterminer l’ensemble des valeurs des fonctions suivantes :

1. x 7−→ f (x) = x2 + 1 tel que x ∈ [0, +∞[.


1
2. x 7−→ f (x) = x
tel que x ∈]0, 1].
3. x 7−→ f (x) = ln x+1
x−1
tel que x ∈] − ∞, −1[.

Solution 1.8.1. 1. Puisque f est continue et croissante sur [0, +∞[, alors

f ([0, +∞[) = [f (0), lim f (x)[= [1, +∞[.


x−→+∞

2. On a f est continue et décroissante sur ]0, 1], par conséquent

f (]0, 1]) = [f (1), lim+ f (x)[= [1, +∞[.


x−→0

3. Comme f est continue et décroissnte sur ] − ∞, −1[, on obtient

f (] − ∞, −1[) =] lim f (x), lim f (x)[=] − ∞, 0[.


x−→−1 x−→−∞

1.8.1 Fonction composée


Soient les fonctions f : Df −→ R et g : Dg −→ R. On appelle fonction composée de f
et g (avec cette ordre) la fonction notée g ◦ f , définie par :

(g ◦ f )(x) = g[f (x)]

avec
x ∈ Dg◦f = {x ∈ Df : f (x) ∈ Dg }.

14
Exercice 1.8.2. Soient f et g deux fonctions définies par
1
x 7−→ f (x) = et x 7−→ g(x) = x2 − 3.
x−1
Calculer g ◦ f et f ◦ g.

Solution 1.8.2. Les fonctions f et g sont définies sur Df = R − {1} et Dg = R respec-


tivement. On a
1
Dg◦f = {x ∈ R − {1} : ∈ R} = R − {1}.
x−1
Donc
1
∀x ∈ R − {1} : (g ◦ f )(x) = − 3,
(x − 1)2
de même

Df ◦g = {x ∈ R : x2 − 3 6= 1}
= {x ∈ R : x2 6= 4}
= R − {−2, 2},

donc
1
∀x ∈ R − {−2, 2} : (f ◦ g)(x) = .
x2 −4
On remarque que g ◦ f 6= f ◦ g.

1.9 Fonction injective, surjective et bijective


Définition 1.9.1. Soit f : Df −→ F ⊆ R. On dit que f est :

1. injective ssi ∀x1 , x2 ∈ Df [f (x1 ) = f (x2 ) =⇒ x1 = x2 ].


2. surjective ssi ∀y ∈ F, ∃x ∈ Df : y = f (x).
3. bijective ssi f est à la fois injective et surjective. C’est-à-dire que l’équation y = f (x)
admet une solution unique x ∈ Df pour tout y ∈ f (Df ).

Remarque 1.9.1. Pour assurer la surjection de f , il est préférable d’utiliser cette écriture
f : Df −→ f (Df ) au lieu de f : Df −→ R.

15
2
Exemple 1.9.1. La fonction x 7−→ f (x) = ex est injective dans chacun de ces intervalles
[0, +∞[ et ] − ∞, 0] car pour tout x1 , x2 ∈ [0, +∞[ ou bien x1 , x2 ∈] − ∞, 0], on a :

f (x1 ) = f (x2 ) =⇒ x21 = x22 =⇒ x1 = x2 .

La même fonction f n’est pas injective sur R car pour x1 = −1 et x2 = +1, on a


f (x1 ) = f (x2 ) = e et x1 6= x2 .

1.9.1 Fonction réciproque


Définition 1.9.2. Soit f : Df −→ f (Df ) une fonction bijective. La fonction notée f −1 :
f (Df ) −→ Df tel que f −1 (y) = x s’appelle fonction réciproque de f et l’on a : f −1 ◦f = IDf
et f ◦ f −1 = If (Df ) .

Exercice 1.9.1. Soit la fonction

f : R −→ R
x 7−→ f (x) = ex + 1

1. Détrminer f (R)
2. Montrer que f : R −→ f (R) est bijective.
3. Montrer que f est bijective et donner explicitement la fonction f −1 .
4. Vérifier que f −1 ◦ f = IR et f ◦ f −1 = If (R) .

Solution 1.9.1.

1. Puisque la fonction x 7−→ ex est continue et croissante sur R, alors f est aussi
continue et croissante sur R et par conséquent

f (R) =] lim f (x), lim f (x)[=]1, +∞[.


x−→−∞ x−→+∞

2. Soit x1 , x2 ∈ R. On a :

f (x1 ) = f (x2 ) =⇒ ex1 + 1 = ex2 + 1


=⇒ ex1 + 1 = ex2 + 1
=⇒ x1 = x2 (car la fonction exp est injective).

16
3. Il est clair que f est surjective de R dans f (R) =]1, +∞[ et comme elle est aussi
injective, alors f réalise une bijection de R dans ]1, +∞[. Donc f admet une fonction
réciproque f −1 de ]1, +∞[ dans R.
Maintenant soit y ∈]1, +∞[, ∃x =? ∈ R tel que y = f (x).
En effet

y = f (x) ⇐⇒ y = ex + 1
⇐⇒ ex = y − 1
⇐⇒ x = ln(y − 1) (car y − 1 > 0).

D’où

f −1 :]1, +∞[ −→ R
x 7−→ f −1 (x) = ln(x − 1)

4. Faites le !

Définitions 1.9.1. (fonction paire, impaire, minorée, majorée, bornée, pério-


dique) soit f une fonction définie sur Df . On dit que :

1. f est paire ssi Df est symétrique par rapport à 0 et ∀x ∈ Df : f (−x) = f (x).


2. f est impaire ssi Df est symétrique par rapport à 0 et ∀x ∈ Df : f (−x) = −f (x).
3. f est minorée si f (Df ) est minoré, i.e. il existe m ∈ R tel que ∀x ∈ Df : f (x) ≥ m.
4. f est majorée si f (Df ) est majoré, i.e. il existe M ∈ R tel que ∀x ∈ Df : f (x) ≤ M .
5. f est bornée si f (Df ) est borné, i.e. il existe K > 0 tel que :

∀x ∈ Df : |f (x)| ≤ K.

6. f est périodique s’il existe un nombre P tel que : ∀x ∈ Df on a :x + P ∈ Df et


f (x + P ) = f (x).

Exemples 1.9.1.
1
1. La fonction x 7−→ f (x) = x
est majorée sur ] − ∞, 0[ (car ∃M = 0 : f (x) < 0),
minorée sur ]0, +∞[ (car ∃m = 0 : f (x) > 0) et bornée sur ]1, +∞[ (car ∃m =
0, M = 1 : 0 < f (x) < 1).

17
2. La fonction x 7−→ cos x définie sur R est paire et bornée car | cos x| ≤ 1.
sin x
3. La fonction x 7−→ f (x) = 1+x2
définie sur R est impaire et elle est bornée car
sin x
∃K = 1 tel que |f (x)| = | 1+x 2| ≤ 1, ∀x ∈ R.
sin(x+π)
4. La fonction x 7−→ tgx définie sur R est π-périodique car tg(x + π) = cos(x+π)
=
− sin x
− cos x
= tgx.

Exercice 1.9.2. Montrer la fonction x −→ ex peut se décomposer en la somme de deux


fonctions g paire et h impaire.

Solution 1.9.2. La fonction x −→ ex est définie sur R qui est symétrique par rapport à
0, de plus
( (
g(x) + h(x) = ex g(x) + h(x) = ex
=⇒ (car g paire et h impaire).
g(−x) + h(−x) = e−x g(x) − h(x) = e−x ...(∗)

En résolvant le système (*) on trouve :

ex + e−x ex − e−x
f (x) = et g(x) =
2 2

18
Chapitre 2

Limites-Continuités-Équivalences

2.1 limites
Définition 2.1.1. Soit I un voisinage et x0 . f une fonction définie sur I ou I − {x0 }.
On dit que f a une limite l (finie) au point x0 ssi :

∀ > 0, ∃η > 0, ∀x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x) − l| < ]

et on écrit : lim f (x) = l ou bien f (x) −→ l quand x −→ x0 .


x−→x0
Pour x0 = +∞, on a

lim f (x) = l ⇐⇒ ∀ > 0, ∃A > 0, ∀x[x > A =⇒ |f (x) − l| < , ]


x−→+∞

et pour x0 = −∞, on a

lim f (x) = l ⇐⇒ ∀ > 0, ∃A > 0, ∀x[x < −A =⇒ |f (x) − l| < ].


x−→−∞

Exemple 2.1.1. montrons que : lim (2x − 3) = −1.


x−→1
Soit  > 0. On a

|(2x − 3) − (−1)| = 2|x − 1| <  ⇐⇒ |x − 1| <
2
d’où
 
∀ > 0, ∃η = , ∀x ∈ R[|x − 1| < =⇒ |f (x) − (−1)| < 
2 2

19
2.1.1 Limite à droite et limite à gauche
Définition 2.1.2. Soit f une fontion définie sur un intervalle ou union d’intervalles. On
dit que
1. f a une limite l à droite en x0 ssi lim f (x) = l sur ]x0 , b[ ou [x0 , b[ et on la note
x−→x0
lim + f (x) = l.
x−→x0

2. f a une limite l0 à gauche en x0 ssi lim f (x) = l0 sur ]a, x0 [ ou ]a, x0 ] et on la note
x−→x0
lim− f (x) = l0 .
x−→x0

3. f a une limite l en x0 ssi lim + f (x) = lim− f (x) = l


x−→x0 x−→x0

|x|
Exemple 2.1.2. Calculons la limite suivante : lim .
x−→0 x
On a : lim+ |x|
x
= lim+ xx = 1 et lim− |x|
x
= lim− −x = −1.
x−→0 x−→0 x−→0 x−→0 x
Puisque lim+ |x|
x
6= lim− |x|
x
=, alors f n’a pas de limite en 0.
x−→0 x−→0

2.1.2 Limites infinies


Soit x0 ∈ R. On posera par définition
1. lim f (x) = +∞ ssi ∀A > 0, ∃η > 0, ∀x[|x − x0 | < η =⇒ f (x) > A]
x−→x0
2. lim f (x) = −∞ ssi ∀A > 0, ∃η > 0, ∀x[|x − x0 | < η =⇒ f (x) < −A]
x−→x0
3. lim f (x) = +∞ ssi ∀A > 0, ∃B > 0, ∀x[x > B =⇒ f (x) > A]
x−→+∞
4. lim f (x) = +∞ ssi ∀A > 0, ∃B > 0, ∀x[x < −B =⇒ f (x) > A]
x−→−∞
5. lim f (x) = −∞ ssi ∀A > 0, ∃B > 0, ∀x[x > B =⇒ f (x) < −A]
x−→+∞
6. lim f (x) = −∞ ssi ∀A > 0, ∃B > 0, ∀x[x < −B =⇒ f (x) < −A]
x−→−∞

Exercice 2.1.1. En utilisant la définition d’une limite, montrer que :


lim ex+3 = 0 ; lim (x5 − x4 ) = +∞ ; lim ln ln x = +∞
x−→−∞ x−→+∞ x−→+∞

Solution 2.1.1.

1. Soit  > 0. On a
|ex+3 − 0| = ex+3 <  ⇐⇒ x < ln  − 3,
donc on peut choisir B = | ln  − 3| pour  6= e3 car

∀x[x < −| ln  − 3| ≤ ln  − 3 =⇒ |ex+3 − 0|],

20
et pour  = e3 , on peut prendre B = 1.
2. Pour montrer la limite, on essaye de minorer f par une fonction g qui tend vers +∞
lorsque x −→ +∞. On a :

f (x) = x5 − x4 > x4 , ∀x ∈]2, +∞[.



4
Si on choisis x4 > A > 0, on obtient x > A. Donc on peut choisir B =

max{2, 4 A}. D’où

∀A > 0, ∃B, ∀x[x > B =⇒ (x5 − x4 > A].

3. Soit A > 0. On a la fonction x −→ ln ln x est définie pour x > 1 et


A
ln ln x > A ⇐⇒ ln x > eA ⇐⇒ x > ee ,
A
donc on peut choisir B = max{1, ee }. D’où

∀A > 0, ∃B, ∀x[x > B =⇒ ln ln x > A].

Théorème 2.1.1. Soient I un untervalle qui contient x0 et f et g deux fonctions définies


sur I ou I − {x0 } et admettant respectivement des limites l et l0 au point x0 . Alors

1. lim [f (x) + g(x)] = l + l0 (sauf pour l = +∞ et l0 = −∞ ou l’inverse).


x−→x0
2. lim (λf (x) = λl
x−→x0
3. lim [f (x)g(x)] = ll0 (sauf pour l = 0 et l0 = ±∞ ou l’inverse).
x−→x0
4. lim |f (x)| = |l|
x−→x0
f (x)
5. lim = l
l0
tel que l0 6= 0 (sauf pour l, l0 = 0 ou l, l0 = ±∞).
x−→x0 g(x)

Démonstration. On va prouver la première. Soit  > 0, en effet



∃η1 > 0, ∀x[|x − x0 | < η1 =⇒ |f (x) − l| < ]
2

∃η2 > 0, ∀x[|x − x0 | < η2 =⇒ |g(x) − l0 | < ]
2
si on prend η = min{η1 , η2 }, on obtient
 
|f (x) + g(x) − (l + l0 | = |(f (x) − l) + (g(x) − l0 | ≤ |f (x) − l| + |g(x) − l0 | < +
|2 {z 2}
=

21
d’où
∀ > 0, ∃η > 0, ∀x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x) + g(x) − (l + l0 )| < 

Remarque 2.1.1. Soit f et g deux fonctions en position d’une somme (f + g) ou produit


(f g) ou rapport ( fg ) ou puissance f g . On suppose que f et g possèdent des limites +∞ ou

0 ou 1 en x0 . Alors on symbolise ces situations par les notations
∞ 0
∞ − ∞; ; ; 0.∞; 1∞ ; ∞0
∞ 0
qui sont des formes indéterminées qu’on ne peut rien dire sur les limites.

Théorème 2.1.2 (d’encadrement).

1. Soient I un intervalle qui contient x0 et f , g et h trois fonctions définies sur I ou


I − {x0 } tel que g ≤ f ≤ h. Si g et h ont la même limite l quand x −→ x0 , alors
lim f (x) = l
x−→x0
2. Soit f et g deux fonctions définies au voisinage de x0 tel que f ≤ g au voisinage de
x0 .
– Si lim f (x) = +∞, alors lim g(x) = +∞
x−→x0 x−→x0
– Si lim g(x) = −∞, alors lim f (x) = −∞
x−→x0 x−→x0

Démonstration. On va prouver la première avec le cas l fini. Soit  > 0, en effet,

∃η1 > 0, ∀x[|x − x0 | < η1 =⇒ |g(x) − l| < ]

∃η2 > 0, ∀x[|x − x0 | < η2 =⇒ |h(x) − l| < ]

si on prend η = min{η1 , η2 }, on obtient

l −  < g(x) < f (x) < h(x) < l + 

d’où
∀ > 0, ∃η > 0, x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x) − l| < ]

22
Exercice 2.1.2.

Calculer les limites suivantes :


1. lim x cos x1 .
x−→0
2. lim xE(x − x1 ).
x−→0

Solution 2.1.2.

1. On a : −1 ≤ cos x1 ≤ 1, et pour x > 0, on obtient

1
−x ≤ x cos ≤x
x
donc
1
lim − x ≤ lim x cos ≤ lim x
x−→0 x−→0 x x−→0
1
D’où lim+ x cos x
= 0. de même, on obtient
x−→0

1
lim− x cos =0
x−→0 x
Donc
1
lim x cos = 0.
x−→0 x
2. Pour x > 0, on a :
1 1 1
E( ) ≤ < E( ) + 1,
x x x
1 ∗
en posant E( x ) = n ∈ N , on obtient
(
1
n+1
< x ≤ n1
−n − 1 < − x1 ≤ −n

i.e.
1 1 1
−n − 1 + < x − ≤ −n + .
n+1 x n
1
Puisque 0 < n
< 1, alors

1
−n − 1 ≤ E(x − ) ≤ −n
x
par conséquent
n 1 n+1
≤ −xE(x − ) ≤ ,
n+1 x n

23
comme x −→ 0+ , alors n −→ ∞. D’après le théorème d’encadrement, on obtient
1
lim+ xE(x − ) = −1.
x−→0 x
Maintenant pour x < 0, on pose x = −t. On a :
1 1
lim− xE(x − ) = lim+ − tE(−t + )
x−→0 x t−→0 t
.
1
Puisque t − t
∈ R − Z, alors

1 1 1 1
lim− xE(x− ) = lim+ −tE(−t+ ) = lim+ −t(−E(t− )−1) = lim+ tE(t− )−t = −1.
x−→0 x t−→0 t t−→0 t t−→0 t
D’où
1
lim xE(x − ) = −1.
x−→0 x
Proposition 2.1.1. Soit I un intrevalle qui contient x0 , f et g deux fonctions définies sur
I ou I −{x0 }. Si g est bornée au voisinage de x0 et lim f (x) = 0, alors lim f (x)g(x) = 0
x−→x0 x−→x0

Démonstration. Puisque g est bornée au voisinage de x0 , alors ∃M > 0 tel que : |g(x)| ≤
M . Soit  > 0, en effet

∃η > 0, ∀x[|x − x0 |η =⇒ |f (x) − 0| < ]
M
donc

|f (x)g(x) − 0| = |f (x)g(x)| = |f (x)||g(x)| ≤ × M.
M
D’où
∀ > 0, ∃η > 0, x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x)g(x) − 0| < ].

Exemple 2.1.3. lim x3 cos x1 = 0 car la fonction x 7−→ cos x1 est bornée (| cos x1 | ≤ 1) et
x−→0
lim x3 = 0.
x−→0

sin x
Exercice 2.1.3. Montrer que lim =1
x−→0 x

24
Solution 2.1.3. Soit (C) une partie du cercle trigonométrique de centre O et de rayon 1
et soit 0 < x < π la mesure de l’angle M
2
\ OA et C l’intersection de la droite (OM ) avec
la perpendiculaire à (OX) passant par B.

On note par S l’aire du secteur angulaire M


\ OB et S1 l’aire du triangle OM B et S2 l’aire
du triangle OBC. On a
sin x x tan x 1 sin x
S1 = ≤ S = ≤ S2 = = ,
2 2 2 2 cos x
par conséquent
sin x
cos x ≤ ≤ 1,
x
d’après le théorème de l’encadrement, on obtient
sin x
lim+ = 1.
x−→0 x

Il reste de calculer lim− sinx x . Si on pose x = −t, on obtient


x−→0

sin x sin(−t) sin t


lim− = lim+ = lim+ = 1 (car sin est impaire).
x−→0 x t−→0 −t t−→0 t
Donc
sin x
lim = 1.
x−→0 x

25
Exercice 2.1.4. Calculer les limites suivantes :
p √ √
lim (x− 1 + x2 ) ; lim (2 x+ x sin x) ; lim (1+ x3 )x ; lim x2 cos x1 ; lim sin 2x
x
;
x−→+∞ x−→+∞ x−→+∞ x−→+∞ x−→0
lim sin
sin
px
qx
tel que (p, q) ∈ R × R∗

x−→0

2.2 Fonctions continues


Définition 2.2.1. Soit f une fonction de Df dans R et x0 ∈ Df . On suppose que Df
est un voisinage de x0 . On dit que f est continue au point x0 ssi lim f (x) = f (x0 ),
x−→x0
c’est-à-dire
∀ > 0, ∃η > 0, x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ].

On peut définir la notion de continuité à droite et à gauche au point x0 de façon analogue :

1. f est continue à droite en x0 si lim + f (x) = f (x0 )


x−→x0

2. f est continue à gauche en x0 si lim− f (x) = f (x0 ). Il est clair que la continuité à
x−→x0
droite et à gauche en x0 entraîne la continuité de f en x0 .

Définition 2.2.2. Une fonction f définie sur un intervalle I est dite continue sur I si
elle est continue en tout point de I. L’ensemble des fonctions continues sur I se note
C(I).

Exemples 2.2.1.

1. Les fonctions : polynôme, sin, cos et exp sont définies et continues sur R.
2. La fonction ln est définie et continue sur ]0, +∞[.
π
3. La fonction tg est définie et continue sur R − {x = 2
+ kπ, k ∈ Z}.

Exercice 2.2.1. Etudier la continuité


 des fonctions suivantes :
2
 x + 2x , x ≤ 0
( 

1 ,x > 0
f (x) = ; g(x) = 1 − ex , 0 < x ≤ 1 ;
0 ,x ≤ 0 
 ex − ln x x > 1

h(x) = [x]

Solution 2.2.1.

26
1. La fonction x −→ 1 est continue sur ]0, +∞[ car c’est une constante et auusi la
fonction x −→ 0 est continue sur ] − ∞, 0[ car c’est une constante. Donc la fonction
f est continue sur R∗ . Reste à étudier la continuité en point 0. On a lim+ f (x) =
x−→0
1 6= f (0) = 0. D’où f n’est pas continue en 0. C’est-à-dire que f est continue sur
R∗ .
2. La fonction x −→ x2 + 2x est continue sur ] − ∞, 0[ car c’est un polynôme et la
fonction x −→ 1 − ex est continue sur ]0, 1] car c’est la somme de deux fonctions
continues (x 7−→ 1 ; x 7−→ −ex ) et la fonction x −→ ex − ln x est continue sur
]1, +∞[ car c’est une somme de deux fonctions continues (x −→ ex , x −→ − ln x).
Reste à étudier la continuité aux points 0 et 1. On a g(0) = 03 + 2 × 0 = 0 et
g(1) = 1 − e et

lim g(x) = lim− x3 + 2x = 0 = g(0) = lim+ g(x) = lim+ 1 − ex .


x−→0− x−→0 x−→0 x−→0

Donc f est continue en 0.

lim− g(x) = lim− 1 − ex = 1 − e = g(1) 6= lim+ g(x) = lim+ (ex − ln x) = e.


x−→1 x−→1 x−→1 x−→1

Donc g n’est pas continue en x0 = 1. D’où g est continue sur R − {1}.


3. La fonction x −→ [x] est continue sur tout intervalle [n, n + 1[ car elle vaut n = [x]
(c’est une constante). Etudions la continuité sur Z. Soit n ∈ Z. On a h(n) = [n] = n
et
lim [x] = n = h(n) 6= lim − [x] = n − 1.
x−→n+ x−→n

Donc h n’est pas continue sur Z. D’où h est continue sur R \ Z.

27
Théorème 2.2.1 (Composition des applications continues). Soient f : Df −→ R et
g : Dg −→ R. Soit x0 ∈ Df avec y0 = f (x0 ). Si f est continue en x0 et g est continue en
y0 , alors la fonction g ◦ f est continue en x0 .

Démonstration. Soit  > 0. Puisque g est continue en y0 , il existe η 0 tel que :

∀y[|y − b| < η 0 =⇒ |g(y) − g(y0 )| < ]...(1)

et puisque f est continue en x0 , alors pour η 0 , il existe η tel que :

∀x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x) − y0 | < η 0 ]...(2).

Compte tenu de (1), la relation (2) implique :

∀x[|x − x0 | < η =⇒ |g[f (x] − g[f (x0 )]| = |(g ◦ f )(x) − (g ◦ f )(x0 )| < ]

D’où g ◦ f est continue en x0 .

Exemple 2.2.1. La fonction x 7−→ f (x) = ln(x − x2 ) est définie et continue sur ]0; 1[
car c’est la composée de deux fonctions continues (x 7−→ x − x2 et x 7−→ ln x).

Remarque 2.2.1. Si f n’est pas continue en x0 ou g n’est pas continue en f (x0 ) n’im-
plique pas que g ◦ f n’est pas continue en x0 . Voici un exemple :

Exemple 2.2.2. Soit f e g deux fonctions définies par


(
sin x
|x|
si x 6= 0
f (x) = et g(x) = x2 , ∀x ∈ R
1 si x = 0

On a f n’est pas continue en 0 et g est continue en f (0) = 1, mais la fonction


( 2
sin x
x2
si x 6= 0
x 7−→ (g ◦ f )(x) =
1 si x = 0

est continue en 0.

Théorème 2.2.2 (de la fonction réciproque). Soit I un intervalle et f : I −→ R une


fonction continue strictement monotone. Alors f est une bijection de I dans f (I) et la
fonction réciproque f −1 : f (I) −→ I est continue et strictement monotone. Dans un
repère orthonormé, les graphes de f et de f −1 sont symétriques par rapport à la première
bissectrice (y = x) des axes.

28
Exercice 2.2.2. Trouver la fonction réciproque de la fonction f définie par

f :] − 1; 1[ −→ R
x
x 7−→ f (x) =
1 − x2
Solution 2.2.2. En étudiant la fonction f , on obtient le tableau de variation suivant

x −1 +1
+∞
f (x) %
−∞

La fonction f est définie, continue et strictement croissante sur ] − 1; 1[, donc elle
réalise une bijection de ]−1; 1[ dans f (]−1; 1[) = R. Donc f admet une fonction réciproque
f −1 :] − 1; 1[−→ R
Trouvons f −1 ?
Soit y ∈ R, ∃x =? unique ∈] − 1; 1[ tel que y = f (x).
On a :
1
f (x) = y ⇐⇒ y =
1 − x2
⇐⇒ yx2 + x − y = 0.

Si y = 0, alors x = 0, i.e. f −1 (0) = 0.


Si y 6= 0, on obtient deux solutions :
p p
−1 − 1 + 4y 2 0 −1 + 1 + 4y 2
x= et x = .
2y 2y

−1+ 1+4y 2
Puisque lim f −1
(y) = −1, on accepte x = 2y
= √2y . On remarque que
x−→−∞ 1+ 1+4y 2
cette dernière expression ( √2y ) peut définir l’image de 0. D’où la fonction réciproque
1+ 1+4y 2
est définie par :

f −1 :] − 1; 1[ −→ R
2x
x 7−→ f (x) = √
1 + 1 + 4x2
Théorème 2.2.3. Soit f : [a, b] −→ R continue tel que f (a) et f (b) sont de signes
opposés. Alors, il existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.

29
Exemple 2.2.3. La fonction x 7−→ f (x) = x3 − 3x + 1 est continue sur [0, 1] avec
f (0) × f (1) = −1 < 0, donc il existe au moins un c ∈]0, 1[ tel que f (c) = 0.

Théorème 2.2.4 (des valeurs intermédiaires). Soit I un intervalle. f : I −→ R une


fonction continue. Si c ∈]f (a), f (b)[ où a, b ∈ I, alors il existe x0 ∈]a, b[ tel que f (x0 ) = c

2.2.1 Continuité uniforme sur un intervalle


Soit I un intervalle. On dit que la fonction f : I −→ R est uniformément continue sur
I ssi
∀ > 0, ∃η > 0, ∀x, x0 [|x − x0 | =⇒ |f (x) − f (x0 )| < ].

On remarque que η ne dépend que de .

Exercice 2.2.3.
√ √ p
1. Montrer que | x − y| ≤ |x − y| pour x ≥ 0 et y ≥ 0.

2. Montrer que la fonction x −→ f (x) = x est uniformément continue sur [0, +∞[.

Solution 2.2.3.

1. Puisque x et y sont positifs, alors


√ p
x = |x| = |x − y + y| ≤ |x − y| + y =⇒ x≤
|x − y| + y
√ p √ √ √ √
=⇒ x ≤ |x − y| + y (car a + b ≤ a + b)
√ √ p p
=⇒ x − y ≤ |x − y| = |y − x|
√ √ p
=⇒ y − x ≤ |x − y|
√ √ p
=⇒ x − y ≥ − |x − y|.

D’où
√ √ p
| x − y| ≤ |x − y|.
√ √
2. Soit  > 0, ∃η =? > 0, ∀x, x0 [|x − x0 | < η =⇒ | x − x0 | < ]. En effet

√ √ p
| x − x0 | ≤ |x − x0 | <  (d’après la question 1),

i.e.
p
|x − x0 | <  ⇐⇒ |x − x0 | < 2 ,

30
donc on peut choisir η = 2 .
Par conséquent
√ √
∀ > 0, ∃η = 2 , ∀x, x0 [|x − x0 | < 2 =⇒ | x − x0 | < ].

D’où f est uniformément continue sur [0, +∞[.

2.3 Fonctions équivalentes.


Soit x0 un point, fini ou infini et I un intervalle qui contient x0 .

Définitions 2.3.1. Soient f et g deux fonctions définies sur I ou I − {x0 }.

1. On dit que f est dominée par g en x0 s’il existe un J voisinage de x0 et M > 0, tel
que
|f (x)| ≤ M |g(x)|, ∀x ∈ I ∩ J,

et on note f = O(g) en x0 .
Il résulte de la définition que si g ne s’annule pas sur I ∩ J, alors
f
f = O(g) en x0 ⇐⇒ est bornée sur I ∩ J.
g

2. On dit que f est négligeable devant g en x0 si

∀ > 0, ∃η > 0, ∀x[|x − x0 | < η =⇒ |f (x)| ≤ |g(x)|],

et on note f = o(g) en x0 .
Il résulte de la définition que si g ne s’annule pas sur I un voisinage de x0 , alors
f (x)
f = o(g) en x0 ⇐⇒ lim = 0.
x−→x0 g(x)

Il est clair que : f = o(g) en x0 =⇒ f = O(g) en x0 .

Cas particulier
Si g = 1, alors
f = O(1) en x0 ⇐⇒ f est bornée dans un voisinage de x0 .
f = o(1) en x0 ⇐⇒ lim f (x) = 0.
x−→x0

31
Exemples 2.3.1.
x3
1. x3 = o(x2 ) en x0 = 0 car lim 2 = 0.
x−→0 x
x3 sin x sin x
2. x2 sin x = O(x3 ) en x0 = 0. car lim 3 = lim =1<∞
x−→0 x x−→0 x
1
1 x2
3. x
= o( x12 ) en x0 = 0 car lim x
1 = lim =0
x−→0 x2 x−→0 x
1
1
4. x2
= o( x1 ) en x0 = +∞ car lim x2
1 = lim x
2 =0
x−→+∞ x x−→+∞ x
x2 sin x1
5. x2 sin x1 = O(1 + x2 ) en x0 = 0 car | 1+x2
| ≤ 1.

Définition 2.3.1. Soient f et g deux fonctions sur I ou I − {x0 }. On dit que f est
équivalente à g en x0 si f − g = ◦(g) et on note f ∼x0 g.
Il résulte de la définition que si g ne s’annule pas sur un voisinage de x0 , alors
f (x)
f ∼x0 g ⇐⇒ lim = 1,
x−→x0 g(x)

f (x)
et dans ce cas, on peut écrire g(x)
= 1 + (x) ou encore f (x) = g(x)[1 + (x)] avec
lim (x) = 0.
x−→x0

Proposition 2.3.1. Si f ∼x0 g et g ∼x0 h, alors f ∼x0 h.

Exemples 2.3.2.
x2
1) sin x ∼0 x 2) tan x ∼0 x 3)1 − cos x ∼0 2

x2
4) cos x ∼0 1 − 2
5)ex − 1 ∼0 x 6) ln(1 + x) ∼0 x

7)(1 + x)α − 1 ∼0 αx 8)(1 + x)α ∼0 1 + αx.


Remarque 2.3.1. Si lim f (x) = l 6= 0 et finie, alors f (x) ∼x0 l.
x−→0

Théorème 2.3.1. Soient f , f1 , g et g1 définies sur I ou I −{x0 }. Si f ∼x0 f1 et g ∼x0 g1 ,


alors

1. f g ∼x0 f1 g1 .
f f1 f
2. g
∼ x0 g1
tel que g
est définie.
Le théorème précédent indique que la relation d’équivalence ” ∼x0 est compatible avec
le produit et le rapport de deux fonctions, mais elle n’est pas compatible avec la somme
de deux fonctions. En voici deux exemples.

32
Exemples 2.3.3.

1. x + 1 ∼ 1 et −1 ∼ −1, mais x = x + 1 − 1 0 0.
1 1
2. x2 + x
∼0 x
et − x1 ∼0 x − x1 , mais x2 = x2 + 1
x
+ − x1 0 x = 1
x
+x− 1
x

Proposition 2.3.2. Soient f et f1 fonctions définies sur I ou I − {x0 } tel que f ∼x0 f1 .
Si lim f (x) existe et égale à l, alors lim f1 (x) = l.
x−→x0 x−→x0

La proposition précédente est très utile pour calculer des limites des fonctions en x0 ,
i.e. si on trouve des difficultés sur ces fonctions, on les remplace par leurs équivalents et
on utilise le théorème 2.3.1.
Il ya des cas ou deux fonctions équivalentes en x0 mais ils n’ont pas de limite en x0 ,
en voici un exemple.

Exemple 2.3.1. Soient les fonctions x 7−→ f (x) = (x + 1) sin x1 et x 7−→ g(x) = sin x1 .
On a f ∼0 g malgré que f et g n’ont pas de limite lorsque x −→ 0.

Voici quelques règles qui sont pratiques pour trouver un équivalent d’une fonction en
x0 donné.
Quelques règles à retenir
1. Si f = ◦(g) en x0 , alors f + g ∼x0 g.
2. Si f et g ont le même signe dans un voisinage de x0 , alors f + g ∼x0 f1 + g1 en x0
tel que f ∼x0 f1 et g ∼x0 g1 .
3. Si f ∼x0 g, alors f α ∼x0 g α tel que f α est définie.
4. Si 0 < f ∼x0 g et lim f (x) 6= 1 alors ln f ∼x0 ln g.
x−→x0

5. lim [f (x) − g(x)] = 0 ⇐⇒ ef ∼x0 eg .


x−→x0

Exemples 2.3.4.

1. 2x3 − x2 + 3x ∼0 3x car 2x3 − x2 = o(3x) en x0 = 0.


2. x3 − x2 + 5 ∼0 5 car lim (x3 − x2 + 5) = 5 < ∞.
x−→0
3. 2x + x − x + 3 ∼∞ 2x car x2 − x + 3 = o(2x3 ) en x0 = ∞.
3 2 3

4. ln sin x ∼0 ln x car sin x ∼0 x et lim sin x = 0 6= 1 (c’est d’après la règle 4).


x−→0

33
5. Essayons de trouver l’équivalent de x 7−→ f (x) = ln(cos x) en x0 = 0. On remarque
que lim cos x = 1, donc on ne peut pas appliquer la règle 4.
x−→0
On va proposer deux méthodes de solutions :
Méthode 1
En effet
p 1
ln(cos x) = ln 1 − sin2 x = ln(1 − sin2 x)
2
donc
1 1
ln(cos x) ∼0 − sin2 x ∼0 − x2 ,
2 2
2
car − sin x −→ 0 lorsque x −→ 0.
Méthode 2
On a
x2
ln(cos x) = ln(1 + cos x − 1) ∼0 cos x − 1 ∼0 − ,
2
car cos x − 1 −→ 0 lorsque x −→ 0.

Exercice 2.3.1. Donner un équivalent de la fonction f et calculer sa limite en x0 donné.


sin 3x2 ln(1+x2 ) x3 +2x+1
1)f (x) = sin 5x
x0 = 0; 2)f (x) = sin(2x)
x0 = 0; 3)f (x) = 4x2 +3x+2
tg( x1 ) x0 = +∞;

x √ 1
4)f (x) = x0 = 0; +∞; 5)f (x) = (1 + 2x) x x0 = +∞; 6)f (x) = √ 1 x0 = 3.
ln5 x+ x 9−x2

Solution 2.3.1. On a :
sin 3x2 3x2 sin 3x2
1. sin 5x
∼0 5x
= 53 x. Donc lim = lim 35 x = 0.
x−→0 sin 5x x−→0
ln(1+x2 ) x2 2
2. sin(2x)
∼0 2x
= x
2x
. D’où lim ln(1+x ) = lim x
= 0.
x−→0 sin(2x) x−→0 2
x3 +2x+1 x3 3
3. 4x2 +3x+2
tg( x1 ) ∼+∞ × x1 = 41 . D’où lim 4x
4x2
x +2x+1 1 1
2 +3x+2 tg( x ) = 4 .
x−→0

4. x √
ln5 x+ x
= x
ln5 x
(car x = o(ln5 x) en 0). D’où lim ln5 x+ x √
x
= lim lnx5 x = 0.
√ x−→0 x−→0
x √
ln5 x+ x
= √xx (car ln5 x = o( x) en +∞). D’où lim ln5 x+ x √
x
= lim √x
x
=
x−→+∞ x−→+∞
+∞.
1 )
ln 2+ln x+ln(1+ 2x 1
1 1 ln 2+ln x+ln(1+ 2x ) ln x
5. (1 + 2x) x = e x ln(1+2x) = e x , puisque x
∼+∞ x
et
ln x 1 ln x
lim = 0, alors d’après la règle 5 (p 33), on obtient (1 + 2x) ∼+∞ e x x = xx .
x−→+∞ x
1 ln x
D’où lim (1 + 2x) x = lim e x = 1.
x−→+∞ x−→+∞

6. √ 1 = √ 1
∼3 √ √1 , donc lim √ 1 = lim √ √1 = +∞.
9−x2 (3−x)(3+x) 6 (3−x) x−→3 9−x2 x−→3 6 (3−x)

34
Chapitre 3

Fonctions dérivables

Définition 3.0.2. Soit f : Df −→ R une fonction et x0 ∈ Df . On suppose que Df est


un voisinage de x0 . On dit que f est dérivable en x0 si la limite
f (x) − f (x0 )
lim
x−→x0 x − x0
existe et finie. Cette limite est appelé la dérivée de f en x0 qui est notée f 0 (x0 ).

Remarque 3.0.2. La définition précédente permet d’écrire :


f (x) − f (x0 )
= f 0 (x0 ) + (x) avec lim (x) = 0
x − x0 x−→x0

ou encore
f (x) − f (x0 ) = (x − x0 )[f 0 (x0 ) + (x)]

On peut définir la notion de la dérivée à droite et à gauche en x0 de façon analogue :

1. f est dérivable à droite si lim + f (x)−f


x−x0
(x0 )
existe et notée f 0 (x+
0 ).
x−→x0

2. f est dérivable à gauche si lim− f (x)−f


x−x0
(x0 )
existe et notée f 0 (x−
0 ).
x−→x0
0 −
Il est clair que est dérivable en x0 ssi f 0 (x+
0 ) = f (x0 ).
Interprétation géométrique
Dans un repère orthonormé, la dérivée f 0 (x0 ) a une interprétation géométrique, c’est-à-
dire que le Gf (graphe de f) admet une tangente (d) au point M0 (x0 , f (x0 )) dont l’équation
s’écrit :
(d) : y = f 0 (x0 )(x − x0 ) + f (x0 ).

35
De plus si θ désigne l’angle orienté de deux axes (OX) et la tangente (d) avec cet ordre
0 −
en M0 , alors f 0 (x0 ) = tg θ avec θ ∈] − π2 , π2 [. Si f 0 (x+
0 ) 6= f (x0 ) , Gf admet au point
M0 (x0 , f (x0 )) une demi-tangente à droite et une demi-tangente à gauche, c’est-à-dire que
le graphe possède un point anguleux en M0 (x0 , f (x0 )).

Exemple 3.0.2. Soit la fonction


(
x2 si x ≤ 0
f (x) =
ex − 1 si x > 0

La fonction f est dérivable aux points x1 = 3


2
et x2 = −2 avec f 0 ( 23 ) = tg θ1 > 0 et
f 0 (−2) = tg θ2 < 0.
La fonction f n’est pas dérivable en 0 car f 0 (0+ ) = 1 6= f 0 (0− ) = 0, donc le point (0, 0)
est un point anguleux.

Remarque 3.0.3. Pour étudier la dérivabilité d’une fonction, on peut utiliser la forme
suivante, i.e. f est dérivable en x0 si
f (x0 + h) + f (x0 )
lim existe et finie,
h−→0 h
et dans ce cas, on peut écrire
f (x0 + h) − f (x0 )
= f 0 (x0 ) + ε(h)
h

36
ou bien
f (x0 + h) − f (x0 ) = f 0 (x0 )h + ε(h) tel que lim ε(h) = 0.
h−→0

Exercice 3.0.2. Etudier la dérivabilité de la fonction x −→ f (x) = sin x en x0 ∈ R.

Solution 3.0.2. On a :
f (x0 + h) − f (x0 ) sin(x0 + h) − sin x0
lim = lim
x−→0 h h−→0 h
sin x0 (cos h − 1) + cos x0 sin h
= lim
h−→0 h
cos h − 1 sin h
= sin x0 lim + cos x0 lim
h−→0 h h−→0 h

2
et comme sin h ∼0 h et cos h − 1 ∼0 − h2 , on obtient

sin(x0 + h) − sin x0
lim = cos x0 .
h−→0 h
D’où la fonction sin est dérivable en tout point x0 de R.

Proposition 3.0.3. Si f est dérivable en x0 , alors elle est continue en x0 .

Démonstration. On a f est dérivable en x0 , alors

f (x) − f (x0 ) = (x − x0 )(f 0 (x0 ) + (x)) avec lim (x) = 0,


x−→x0

donc
lim [f (x) − f (x0 )] = lim (x − x0 ) lim (f 0 (x0 ) + (x)) = 0
x−→x0 x−→x0 x−→x0

D’où f est continue en x0 .

Proposition 3.0.4. Si f est dérivable en x0 , tel que f 0 (x0 ) 6= 0, alors

f (x) − f (x0 ) ∼x0 f 0 (x0 )(x − x0 ).

x7 −1
Exemple 3.0.3. Calculons lim 3 .
x−→1 −1
x
On a :
x7 − 1 ∼1 7(x − 1) et x3 − 1 ∼1 3(x − 1),

donc
x7 − 1 7(x − 1) 7
lim = lim = .
x−→1 x3 − 1 x−→1 3(x − 1) 3

37
3.0.1 Dérivée sur un intervalle. Fonctions dérivées
Soit f une fonction définie sur un intervalle I. f est dite dérivable sur I si elle est
dérivable en tout point de I. L’application x −→ f 0 (x) est appelée fonction dérivée ou
bien la dérivée de f qui est notée f 0 . Si f 0 est aussi dérivable, la nouvelle dérivée qui est
notée f 00 appelée la dérivée seconde et f 0 est appelée la dérivée première. De la même
manière, on peut parler de la dérivée d’ordre n qui est notée f (n) ou f (n) (x) est la dérivée
de f (n−1) (x). On dit que f est de classe C n (I) si elle est n fois dérivable et f (n) est continue
sur I.

Théorème 3.0.2. Soient f et g deux fonctions dérivables sur un intervalle I. Alors

1. ∀α ∈ R, αf est dérivable sur I et on a (αf )0 = αf 0 .


2. f + g est dérivable sur I eton a (f + g)0 = f 0 + g 0 .
3. f g est dérivable sur I et on a (f g)0 = f 0 g + f g 0
f f 0 g−f g 0
4. g
est dérivable en tout point x0 de I tel que g(x0 ) 6= 0 et on a ( fg )0 = f2

Théorème 3.0.3 (formule de Leibniz). Si f et g deux fonctions sont n fois dérivables au


point x0 . Alors la fonction f g est n fois dérivable au point x0 et l’on a :

(f g)(n) = Cn0 f (n) g + Cn1 f (n−1) g 0 + Cn2 f (n−2) g 00 + ... + Cnn−1 f 0 g (n−1) + Cnn f g (n)

p p−1
. Ce théorème se démontre par récurrence et on utilise Cn−1 + Cn−1 = Cnp .

Théorème 3.0.4. Soit h = g ◦ f tel que f est dérivable en x0 et g est dérivable en


y0 = f (x0 ). Alors h est dérivable en x0 et l’on a :

(g ◦ f )0 (x0 ) = f 0 (x0 )g 0 (y0 )

Exercice 3.0.3. Soit la fonction f définie par


(
x2 sin x1 , x 6= 0
f (x) =
0, x = 0

1. Montrer que f est dérivable sur R.


2. Montrer que f 0 n’est pas continue en 0.

38
Solution 3.0.3.

1. On a f est définie sur R et la fonction x 7−→ x2 sin x1 est dérivable sur R∗ car c’est
le produit de deux fonctions (x 7−→ x2 , x 7−→ sin x1 ) dérivables sur R∗ , sachant que
la fonction x 7−→ sin x1 est une composition de deux fonctions (x −→ x1 , x −→ sin x)
dérivables sur R∗ . Reste à étudier la dérivabilité en 0.
En effet
f (x) − f (0 1
lim = lim x sin = 0
x−→0 x−0 x−→0 x
car x −→ sin x1 est bornée (| sin x1 | < 1) et x −→ 0. Donc f est dérivable en 0, d’où
f est dérivable sur R.
2. On a (
x2 sin x1 − cos x1 , x 6= 0
f 0 (x) =
0, x = 0
et lim x2 sin x1 − cos x1 n’existe pas. D’où f 0 n’est pas continue en 0. C’est à dire que
x−→0
f n’est pas de classe C 1 (R).

Exercice 3.0.4. Calculer la dérivée des fonctions suivantes :


√ √ p √ √ √
f (x) = x ; f (x) = x2 − 1 ; f (x) = x + x + 2 ; f (x) = ln x + 1+ln( x+1) ;
√ √
cos x
f (x) = 1−e−x
; f (x) = (x3 + 7x − 1)2015 ; f (x) = ecos x
.

Théorème 3.0.5 (Dérivée de la fonction réciproque). Soit f : Df −→ f (Df ) une fonction


bijective et dérivable en x0 ∈ Df . Si f 0 (x0 ) 6= 0 , alors la fonction f −1 est dérivable en
y0 = f (x0 ) et on a
1
(f −1 )0 (y0 ) = .
f 0 (x 0)

Démonstration. On a :
f −1 (y) − f −1 (y0 )
(f −1 )0 (y0 ) = lim
y−→y0 y − y0

.Posons y = f (x). Puisque lim f (x) = y0 = f (x0 ), on obtient :


x−→x0

f −1 (f (x)) − f −1 (f (x0 )) x − x0 1
(f −1 )0 (y0 ) = lim = lim = 0
x−→x0 f (x) − f (x0 ) x−→x0 f (x) − f (x0 ) f (x0 )

car f 0 (x0 ) 6= 0.

39

Exemple 3.0.4. Calculons la dérivée de la fonction x 7−→ x, en utilisant la dérivée de
la fonction réciproque.

La fonction y 7−→ y sur [0, +∞[ représente la fonction réciproque de la fonction sui-
vante :

f :[0, +∞[−→ [0, +∞[


x 7−→ f (x) = x2 .

La fonction f est dérivable sur [0, +∞[ et f 0 (x) = 0 en x = 0, donc d’après le théorème

de la dérivée de la fonction réciproque, la fonction y 7−→ f −1 (y) = y est dérivable sur
]0, +∞[. Maintenant, soit y ∈]0, +∞[, alors il existe x ∈]0, +∞ tel que

y = f (x) = x2 ⇐⇒ x = f −1 (y) = y,

en effet
1 1 1
(f −1 )0 (y) = = = √ .
f 0 (x) 2x 2 y
D’où
√ 1
∀x ∈]0, +∞[: ( x)0 = √ .
2 x

3.0.2 Différentielle
Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. Soit x ∈ I. On a alors :

f (x + h) − f (x) = f 0 (x)h + hε(h)

tel que lim ε(h) = 0.


h−→0
Pour f 0 (x) 6= 0, on a hε(h) = o(f 0 (x)h) en 0, donc

f (x + h) − f (x) ∼0 f 0 (x)h,

i.e.
f (x + h) − f (x) ' f 0 (x)h.
L’application linéaire h 7−→ f 0 (x)h s’appelle la différentielle de f en x.
Pour h proche de 0, on pose h = dx et dy = df (x) = f 0 (x)dx, i.e.
dy df (x)
= = f 0 (x).
dx dx
Si la valeur f (x) est connu, la différentielle permet de calculer la valeur approchée de
f (x + h) pour h proche de 0.

40
Exemple 3.0.5. Calculons la valeur approchée de sin(46o ).
La fonction x 7−→ sin x est dérivable sur R, donc elle est différentiable en tout point
x ∈ R. De plus f 0 (x) = cos x et 46o = 45o + 1o = π
4
+ π
180
. Par conséquent
π π π
sin(46o ) ' cos( ) × + sin( ),
4 180 4
d’où
sin(46o ) ' 0.7194.

Théorème 3.0.6 (de Rolle). Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue sur [a, b], dé-
rivable sur ]a, b[ et telle que f (a) = f (b). Alors il existe un nombre c ∈]a, b[ tel que
f 0 (c) = 0.

Géométriquement, le théorème de Rolle dit que le graphe de f possède une tangente


au point (c, f (c)) qui est parallèle à l’axe des abscisses (O, X).

Exemple 3.0.6. La fonction x 7−→ f (x) = sin x sur [−π, 2π] satisfait les conditions du
théorème de Rolle, i.e. il existe c ∈] − π, 2π[ tel que f 0 (c) = cos c = 0. Par le calcul, on
obtient c1 = − π2 , c2 = π
2
et c3 = 3 π2 .

Théorème 3.0.7 (des accroissements finis.). Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue
sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[. Alors il existe au un nombre c ∈]a, b[ tel que

f (b) − f (a) = (b − a)f 0 (c).


f 0 (b)−f (a)
L’égalité b−a
= f 0 (c) affirme qu’au point d’abscisse c, la tangente est parallèle à
la droite (AB) tel que a et b sont les absices des points A et B respectivement.

41
Démonstration. Sur le graphe de f , on considère les points (a, f (a)) et (b, f (b)). La droite
f (b)−f (a)
(AB) a pour pente p = b−a
et pour équation y = d(x) = f (a) + p(x − a). Posons
R(x) = f (x) − d(x). IL est clair que R est continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, de
plus R(a) = R(b) = 0. D’après le théorème de Rolle, il existe un nombre c ∈]a, b[ tel que
R0 (c) = 0. Or R0 (x) = f 0 (x) − p. D’où
f (b) − f (a)
f 0 (c) = p =
b−a

1
Exemple 3.0.7. La fonction x 7−→ f (x) = x
satisfait les conditions du théorème des
accroissements finis sur [ 13 , 3], donc il existe c ∈] 13 , 3[ tel que

f (3) − f ( 13 ) 1
−3 1
1 = 3 1 = f 0 (c) = − 2 = −1,
3− 3 3− 3 c
i.e. c = 1.

Exemple 3.0.8. Montrons que ∀x ≥ 0 : sin x ≤ x.


Soient x > 0 et la fonction définie par

f :[0, x] −→ R
t 7−→ f (t) = sin t.

42
On a f est continue sur [0, x] est dérivable sur ]0, x[, donc d’après le T.A.F, il existe
c ∈]0, x[ tel que
sin x − sin 0 sin x
= = cos c ≤ 1,
x−0 x
d’où
sin x ≤ x pour tout x ≥ 0.

ex
Exercice 3.0.5. Soit la fonction x 7−→ f (x) = 1+x2
.

1. Calculer f (1) et f 0 (x) pour tout x ∈ R.


2. En utilisant la formule des accroissements finis, montrer que pour tout h > 0, on a
e eh
a) 0 < f (1 + h) − 2
≤ 4
eh3 .
e
b) 0 < 2
− f (1 + h) ≤ eh3 .

Théorème 3.0.8 (des accroissements finis généralisés.). Soit f et g deux fonctions conti-
nues sur l’intervalle [a, b] et dérivables sur ]a, b[. Si g 0 ne s’annule pas, alors il existe un
point c ∈]a, b[ tel que
f (b) − f (a) f 0 (c)
= 0
g(b) − g(a) g (c)
Démonstration. Puisque g 0 ne s’annule pas sur ]a, b[, c’est que g(b) − g(a) 6= 0, d’après la
f (b)−f (a)
contraposé du théorème de Rolle. Posons p = g(b)−g(a)
et soit la fonction ϕ : [a, b] −→ R
définie par
ϕ(x) = f (x) − f (a) − p[g(x) − g(a)]

On vérifie facilement que ϕ satisfait les condtions de théorème de Rolle. Donc il existe un
point c ∈]a, b[ tel que ϕ0 (c) = 0 avec ϕ0 (x) = f 0 (x) − pg 0 (x). D’où

f (b) − f (a) f 0 (c)


= 0
g(b) − g(a) g (c)

Corollaire 3.0.1 (Règle de l’Hôspital.). Soient f et g deux fonctions dérivables dans un


f (x) 0 ∞ f 0 (x)
voisinage de x0 tel que lim = ou (= ∞
). Si g 0 (x)
admet une limite l au point x0 ,
x−→x0 g(x) 0
f (x)
alors g(x)
admet la même limite l en x0 .

Exemple 3.0.9.

43

5 2
x −1
1. Calculons la limite lim√
7 . En appliquant règle de l’Hospital, on obtient :
x−→0 x3 −1
√ 2 25 −1
( x2 − 1)0
5
x 14
lim √7
= lim 53 3 −1 = .
x−→0 ( x3 − 1)0 x−→0 x 7 15
7
Donc √
5
x2 14
lim √
7
= .
x−→0 x3 15
xx −1
2. Calculons la limite lim . En utilisant la règle de l’Hôspital deux fois, on
x−→0 ln x−x+1
obtient
xx − 1
lim = −2.
x−→0 ln x − x + 1

44
Chapitre 4

Fonctions élémentaires

Dans ce chapitre, nous allons voir les fonctions trigonométriques réciproques, les fonc-
tions hyperboliques et leurs réciproques. Ces fonctions sont fréquemment employées.

4.1 Fonctions trigonométriques réciproques


Définition 4.1.1 (de la fonction Arc sin). En étudiant la fonction x 7−→ f (x) = sin x
sur [− π2 , π2 ], on obtient le tableau de variation suivant :

x − π2 + π2
| |
f 0 (x) = cos x 0 + 0
| |
.
1
f (x) = sin x %
−1

La fonction x 7−→ sin x est continue et strictement croissante sur [− π2 , π2 ], donc elle
réalise une bijection de [− π2 , π2 ] dans [−1, 1]. La fonction réciproque, notée par :
π π
arcsin = sin−1 : [−1, 1] −→ [− , ]
2 2
s’appelle la fonction Arc sinus. Cette fonction est continue, strictement croissante, impaire
sur [−1, 1] et dérivable sur ] − 1, 1[. Il est clair que ∀y ∈ [−1, 1], ∃x ∈ [− π2 , π2 ], tel que

y = sin x ⇐⇒ x = arcsin y.

45
Propriétés 4.1.1.
1. ∀x ∈ [− π2 , π2 ] : arcsin sin x = x.
2. ∀x ∈ [−1, 1] : sin arcsin x = x.
Calculons la dérivée de x 7−→ arcsin x.
Soit y ∈] − 1, 1[, alors ∃x ∈] − π2 , π2 [ tel que :

y = cos x ⇐⇒ x = arcsin y.

En effet
1 1 1 1
(arcsin y)0 = = = = .
f 0 (x)
p p
cos x + 1 − sin2 x 1 − y2
Donc
1
∀x ∈] − 1, 1[: (arcsin x)0 = √ .
1 − x2
Dans le cas général, pour une fonction f dérivable, on a :
f 0 (x)
(arcsin f (x))0 = p .
1 − (f (x))2
Exemple 4.1.1. Calculons la dérivée de la fonction x 7−→ f (x) = arcsin(x − 1).
La fonction f est définie sur Df = {x ∈ R : −1 ≤ x − 1 ≤ 1} = [0, 2]. Donc f est
dérivable sur ]0, 2[ et on a :
(x − 1)0 1
f 0 (x) = p =√ .
1 − (x − 1)2 2x − x2

46
Définition 4.1.2 (de la fonction Arc cos). En étudiant la fonction x 7−→ f (x) = cos x
sur [0, π], on obtient le tableau de variation suivant :

x 0 π
| |
f 0 (x) = − sin x 0 − 0
| |
.
1
f (x) = cos x &
-1

de la même manière, la fonction x 7−→ cos x réalise une bijection de [0, π] dans [−1, 1].
La fonction réciproque, notée par :

arccos = cos−1 : [−1, 1] −→ [0, π]

s’appelle la fonction Arc cosinus. Cette fonction est continue, strictement décroissante sur
[−1, 1] et dérivable sur ] − 1, 1[. Il est clair que ∀y ∈ [−1, 1], ∃x ∈ [0, π], tel que

y = cos x ⇐⇒ x = arcsin y.

47
Propriétés 4.1.2.

1. ∀x ∈ [0, π] : arccos cos x = x.


2. ∀x ∈ [−1, 1] : cos arccos x = x.
3. ∀x ∈] − 1, 1[: (arccos x)0 = − √1−x
1
2.

Dans le cas général, pour une fonction f dérivable, on a :

f 0 (x)
(arccos f (x))0 = − p .
1 − (f (x))2

Exercice 4.1.1. Montrer que :



1. ∀x ∈ [−1, 1] : sin arccos x = 1 − x2 .

2. ∀x ∈ [−1, 1] : cos arcsin x = 1 − x2 .
3. ∀x ∈ [−1, 1] : arcsin x + arccos x = π2 .

Définition 4.1.3 (de la fonction Arctg). En étudiant la fonction x 7−→ f (x) = tg x


sur ] − π2 , π2 [, on obtient le tableau de variation suivant :

x − π2 + π2
f 0 (x) = 1 + tg 2 x +
+∞ .
f (x) = tg x %
−∞

La fonction x 7−→ tg x réalise une bijection de ] − π2 , π2 [ dans R. La fonction réciproque


notée par :
π π
Arctg = tg −1 : R −→] −
, [
2 2
s’appelle Arc tangente. Cette fonction est continue, strictement croissante, impaire et
dérivable sur R. Il est clair que ∀y ∈ R, ∃x ∈] − π2 , π2 [ tel que

y = tg x ⇐⇒ x = arctg y.

48
Propriétés 4.1.3.

1. ∀x ∈] − π2 , π2 [: arctg tg x = x.
2. ∀x ∈ R : tg arctg x = x.
3. ∀x ∈ R : (arctgx)0 = 1
1+x2
.
Essayons de démontrer la propriété 3.
Soit y ∈ R, alors ∃x ∈ −] π2 , π2 [ tel que :

y = tg x ⇐⇒ x = arctg y,

on a :
1 1
(arctg y)0 = = .
1 + tg 2 x 1 + y2
donc
1
∀x ∈ R : (arctg x)0 = .
1 + x2
Dans le cas général, pour une fonction f dérivable, on a :
f 0 (x)
(arctg f (x))0 = .
1 + (f (x))2
Exemple 4.1.2. Calculons la dérivée de la fonction x 7−→ f (x) = arctg ( x1 ).
La fonction f est définie et dérivable sur R∗ et on a :
( x1 )0 1
f 0 (x) = 1 2 = − .
1 + (x) 1 + x2

49
4.2 Fonctions hyperboliques et leurs réciproques
Définition 4.2.1. les fonctions réelles
ex +e−x
– x 7−→ ch x = 2
s’appelle cosinus hyperboliques.
x −x
– x 7−→ sh x = e −e2
s’appelle sinus hyperboliques.
sh x e2x −1
– x 7−→ th x = ch x = e2x +1 s’appelle tangente hyperboliques.
ch x 2x +1
– x 7−→ coth x = sh x
= ee2x −1 , x 6= 0 s’appelle cotangente hyperboliques.

De cette défintion, on déduit

sh 0 = 0, ch 0 = 1, th 0 = 0, ch(−x) = ch x, sh(−x) = −sh x

Propriétés 4.2.1.

1. ch2 x − sh2 x = 1
2. ch2 x + sh2 x = ch(2x)
1
3. ch2 x
= 1 − th2 x
4. Les fonctions sh, ch, th sont indéfiniment dérivables sur R avec :
1
(ch x)0 = sh x, (sh x)0 = chx, (th x)0 = = 1 − th2 x
ch2 x
et la fonction coth est indéfiniment dérivable sur R − {o} avec (coth x)0 = − sh12 x .

50
Définition 4.2.2 (de la fonction Argsh). En étudiant la fonction x 7−→ sh x sur R,
on obtient le tableau de variation suivant :

x −∞ +∞
f 0 (x) = ch x +
+∞ .
f (x) = sh x %
−∞

La fonction x 7−→ sh(x) réalise une bijection de R dans R. La fonction réciproque


notée par
sh−1 = argsh : R −→ R,

s’appelle la fonction argument sinus hyperbolique. Cette fonction est continue, strictement

51
croissante, impaire et dérivable sur R. Il est clair que ∀y ∈ R, ∃x ∈ R tel que

y = sh x ⇐⇒ x = argsh y.

Propriétés 4.2.2.

1. ∀x ∈ R : argsh sh x = x.
2. ∀x ∈ R : sh argsh x = x.

Exprimons la fonction argsh : Soit y ∈ R, ∃x =? unique ∈ R tel que y = sh x. On a :

y = sh x ⇐⇒ e2x − 2yex − 1 = 0,
p p
∆ = y 2 + 1 > 0, donc ex = y − y 2 + 1 < 0 ou ex = y + 1 + y 2 > 0.
Puique ex > 0, alors
p
x = ln(y + 1 + y 2 ).

D’où

argsh : R −→ R

x 7−→ argsh x = ln(x + x2 + 1).

52
Calculons la dérivée de argsh : Soit y ∈ R, alors ∃x ∈ R tel que

y = sh x ⇐⇒ x = argsh y.

En effet
1 1 1
(argsh y)0 = 0
=√ =p .
(sh x) 2
sh x + 1 y2 + 1
D’où
1
∀x ∈ R : (argsh x)0 = √ ,
2
x +1
Dans le cas général, pour une fonction f dérivable, on a :

f 0 (x)
(argsh f (x))0 = p .
(f (x))2 + 1

Définition 4.2.3 (de la fonction Argch). En étudiant la fonction x 7−→ f (x) = ch x


sur [0, +∞[, on obtient la tableau de variation suivant :

x 0 +∞
|
f 0 (x) = sh x 0 +
|
.
+∞
f (x) = ch x %
1

La fonction x 7−→ ch x réalise une bijection de [0, +∞[ dans [1, +∞[. La fonction
réciproque notée par
ch−1 = argch : [1, +∞[−→ [0, +∞[,

s’appelle argument cosinus hyperbolique. Cette fonction est continue, strictement crois-
sante sur [1, +∞[ et dérivable sur ]1, +∞[. Il est clair que ∀y ∈ [1, +∞[, ∃x ∈ [0, +∞[ tel
que
y = ch x ⇐⇒ x = argch x.

53
Propriétés 4.2.3.

1. ∀x ∈ [0, +∞[: argch ch x = x.


2. ∀x ∈ [1, +∞[: ch argch x = x.

Exprimons la fonction argch : Soit y ∈ [1, +∞[, ∃x =? unique ∈ [0, +∞[ tel que y =
ch x. On a :
y = ch x ⇐⇒ e2x − 2yex + 1 = 0,
p p
∆ = y 2 − 1 > 0, donc ex = y − y 2 − 1 > 0 ou ex = y + y 2 −1 > 0,
i.e.
p p 2
x1 = ln(y − y 2 − 1) ou x2 = ln(y + y − 1)

et comme lim f −1 (y) = +∞, on accepte la solution x2 . D’où


y−→+∞

argch : R −→ R

x 7−→ argch x = ln(x + x2 − 1).

Calculons la dérivée de argch : Soit y ∈]1, +∞[, alors ∃x ∈]0, +∞[ tel que

y = ch x ⇐⇒ x = argch y.

54
En effet
1 1 1
(argch y)0 = 0
=√ =p .
(ch x) 2
ch x − 1 2
y −1
D’où
1
∀x ∈]1, +∞[: (argch x)0 = √ ,
x2 −1
Dans le cas général, pour une fonction f dérivable, on a :

f 0 (x)
(argsh f (x))0 = p .
(f (x))2 − 1

Définition 4.2.4 (de la fonction Argth). En étudiant la fonction x 7−→ f (x) = th x


sur R, on obtient le tableau de variation suivant :

x −∞ +∞
f 0 (x) = 1 − th2 x +
+1 .
f (x) = th x %
−1

La fonction th réalise une bijection de R dans ] − 1, 1[. La fonction réciproque notée


par :
th−1 = argth :] − 1, 1[−→ R

s’appelle argument tangente hyperbolique. Cette fonction est continue, strictement crois-
sante, impaire et dérivable sur ] − 1, 1[. Il est clair que ∀y ∈] − 1, 1[, ∃x ∈ R tel que

y = th x ⇐⇒ x = argth y.

55
Exprimons la fonction argth : Soit y ∈] − 1, 1[, ∃x =? unique ∈ R tel que y = th x. On
a:
e2x − 1
y = th x ⇐⇒ y = ,
e2x + 1
i.e.
1 1+x
x= ln .
2 1−x
D’où

argth :] − 1, 1[ −→ R
1+x
x 7−→ argth x = ln
1−x
Calculons la dérivée de argth : Soit y ∈] − 1, 1[, alors ∃x ∈ R tel que

y = th x ⇐⇒ x = argth y.

En effet
1 1 1
(argth y)0 = 0
= 2
= .
(th x) 2 − th x 1 − y2

56
D’où
1
∀x ∈] − 1, 1[: (argth x)0 = ,
1 − x2
Dans le cas général, pour une fonction f dérivable, on a :
f 0 (x)
(argth f (x))0 = .
1 − (f (x))2
Exemple 4.2.1. Calculons la dérivée de la fonction x 7−→ f (x) = argth (3x − 1).
La fonction f est définie est dérivable sur Df = {x ∈ R : −1 < 3x − 1 < 1} =]0, 23 [ et on
a:
(3x − 1)0 3 1
f 0 (x) = = = .
1 − (3x − 1)2 2
−9x + 6x 2x − 3x2
1
Remarque 4.2.1. La fonction x 7−→ g(x) = 2
ln | 1+x
1−x
| a aussi une dérivée qui vaut 1
1−x2
sur R − {−1, 1}.
q
ch x−1
Exercice 4.2.1. Soit la fonction x 7−→ f (x) = argth ch x+1
.

1. Vérifier que f est définie sur R.


2. Simplifier l’expression de f (x).

Solution 4.2.1. 1. Puisque ∀x ∈ R : 0 ≤ ch x − 1 < ch x + 1, alors


ch x − 1
∀x ∈ R : 0 ≤ < 1.
ch x + 1
Donc f est définie sur Df = R.
2. On a :
r
ch x − 1
f (x) = argth
ch x + 1
r s
e2x − 2ex
+1 (ex − 1)2
= argth 2x x
= argth
e + 2e + 1 (ex + 1)2
|ex − 1|
= argth x
e +1
( x
argth eex −1
+1
;x ≥ 0
= x
argth − eex −1+1
;x < 0
(
argth th x2 ; x ≥ 0
=
argth (−th x2 ); x < 0

57
et comme la fonction argth est impaire et argth th = IR , on obtient

|x|
f (x) = .
2

4.2.1 Fonctions rationnelles réelles


P (x)
Définition 4.2.5. Soit P et Q deux polynômes réels, Q 6= 0. La fonction x 7−→ Q(x)
P
s’appelle fonction (ou fraction) rationnelle. On dira que Q
est une fraction régulière, si
deg P < deg Q.

Définition 4.2.6. Les fonctions


A ax + b
x 7−→ , x 7−→
(x − x0 )n (x2 + px + q)m

tel que n, m ∈ N et A, a, b, p, q ∈ R et p2 − 4q < 0, s’appellent éléments simples respecti-


vement de première de et de seconde espèce.

Théorème 4.2.1. Toute fonction régulière se décompose en somme d’éléments simples.


P (x)
Par exemple si on a une fonction régulière x 7−→ f (x) = (x−x0 )3 (x2 +px+q)2
, alors f (x)
s’écrit de la forme suivante :
a1 a2 a3 b1 x + c 1 b 2 x + c2
f (x) = + 2
+ 3
+ 2 + 2
(x − x0 ) (x − x0 ) (x − x0 ) x + px + q (x + px + q)2

et on détermine les réels a1 , a2 , a3 , b1 , b2 , c1 et c2 .

Exemples 4.2.1.

3
1. La fonction x 7−→ f (x) = x2 −x+1
est un élément simple.
1
2. La fonction x 7−→ g(x) = x2 +2x−3
n’est pas un élément simple car on peut factoriser
2
le dénominateur : x + 2x − 3 = (x − 1)(x + 3). Donc d’après le théorème précédent
on peut écrire g en somme d’éléments simples, i.e.

a b a(x + 3) + b(x − 1)
g(x) = + = ,
x−1 x+3 x2 + 2x − 3
donc
∀x ∈ R : a(x + 3) + b(x − 1) = 1,

58
malgré que la fonction f n’est pas définie aux points 1 et −3. Il s’agit d’une identi-
fication de deux polynômes sur R.

Pour x = 1, on obtient : 4a = 1 =⇒ a = 41 .
Pour x = −3, on obtient : −4b = 1 =⇒ b = − 41 .
D’où
1 1
f (x) = − .
4(x − 1) 4(x + 3)
Exercice 4.2.2. Décomposer les fonctions rationnelles en somme d’éléments simples :

2x − 1 2x − 1 3x5 + 2x4 + x2 + 3x + 2
1)f (x) = , 2)f (x) = , 3)f (x) =
(x − 2)(x + 3) (x − 2)3 x2 + 1
x3
4)f (x) = (x+1)(x2 +4)2
.

59
Chapitre 5

Calcul d’intégrales

5.1 Primitive et intégrale indéfinie


Définition 5.1.1. Soit f une fonction définie sur l’intervalle I. On dit que la fonction
F : I −→ R est une primitive de f ssi :

∀x ∈ I : F 0 (x) = f (x)

Par exemple : la fonction x 7−→ F (x) = 13 x3 est une primitive de la fonction x 7−→
f (x) = x2 sur R car
1
∀x ∈ R : F 0 (x) = ( x3 )0 = x2
3
On remarque aisément que les fonctions x 7−→ F (x) = 13 x3 + c où c est une constante
arbitraire sont aussi des primitives de la fonction x 7−→ f (x) = x2 .
L’ensembles de toutes les primitives de f est appelé intégrale indéfinie de f qui est
noté Z
f (x)dx = F (x) + c

où F est une primitive de f et c est une constante arbitraire.


Il vient de la définition de l’intégrale que
Z
( f (x)dx)0 = (F (x) + c)0 = f (x).

60
5.1.1 Quelques intégrales à connaître
1
R
1. xn dx = n+1
xn+1 + c (n 6= −1).
1 −1
R
2. xn
dx = (n−1)xn−1
+ c (n 6= 1).
1
R
3. x
dx = ln |x| + c.
R
4. cos xdx = sin x + c.
R
5. sin xdx = − cos x + c.
1
R
6. cos2 x
dx = tg x + c.
1
R
7. sin2 x
dx = −cotg x + c.
R
8. tg x = − ln | cos x| + c.
R
9. cotg x = ln | sin x| + c.
R
10. ex dx = ex + c.
√ 1
R
11. 1−x2
dx = arcsin x + c.
1
R
12. 1+x2
dx = arctg x + c.
1
= 21 ln | 1+x
R
13. 1−x2
dx 1−x
| + c.
R 1 √
14. √x2 −1 dx = ln |x + x2 − 1| + c.

15. √x12 +1 dx = ln(x + x2 + 1) + c.
R

Propriétés 5.1.1.
R R R
1. (f (x) + g(x))dx = f (x)dx + g(x)dx.
R R
2. αf (x) = α f (x) tel que α, où α ∈ R.
3. Si f (x)dx = F (x) + c alors f (ax + b)dx = a1 F (ax + b) + c, où a 6= 0 et a, b, c ∈ R.
R R

Exemples 5.1.1.
√ R√
xdx = 12 x4 − 5 sin x +
R R R
1. (2x3 − 5 cos x + 3 x)dx = 2 x3 dx − 5 cos xdx + 3

2 x3 + c.
2. sin(7x)dx = − 17 cos(7x) + c.
R

3. e2x+3 dx = 12 e2x+3 + c.
R 1 1
dx = 21 arctg (2x) + c.
R
4. 1+4x 2 dx = 1+(2x)2

Théorème 5.1.1. Toute fonction réelle continue sur un intervalle I admet une primitive.

61
5.1.2 Intégration par changement de variable
Le calcul des intégrales n’est pas toujours facile. Parfois on effectue le changement de
R
variable dans l’intégrale f (x)dx, en posant :

x = ϕ(t)

tel que f : I −→ R continue et ϕ : J −→ I bijective et de classe C 1 (J). Alors


Z Z
f (x)dx = f [ϕ(t)]ϕ0 (t)dt.

Dans cette méthode on peut poser t = φ(x), au lieu de x = ϕ(t).

Exemples 5.1.2. Calculons :


ln3 x
Posons t = ln x, alors dt = x1 dx. Donc
R
1. I1 = x
dx.
Z
1
I1 = t3 dt = t4 + c = ln4 x + c.
4
x
R
2. I2 = 1+x4
dx. Posons t = x2 , alors dt = 2xdx. Donc
Z
1 1 1 1
I2 = 2
= arctg t = arctg x2 + c.
2 1+t 2 2
R√
3. I3 = sin x cos xdx. Posons sin x = t, alors dt = cos xdx. Donc

2√ 3
Z √
2p 3
I3 = tdt = t +c= sin x + c.
3 3

Cas particulier
Ces intégrales résultent d’un changement de variable t = f (x). Ils sont faciles à calculer
et on a :
1. f 0 (x)f n (x)dx = n+1 1
R
f n+1 (x) + c, tel que n 6= −1.
R 0
2. ffn(x)
(x)
dx = (n−1)f−1n−1 (x) + c, tel que n 6= 1.

αx+β √ αx+β
R R
5.1.3 Intégration du type ax2 +bx+c dx et ax2 +bx+c
dx
Pour faire face à ces types d’intégrales, il préférable d’écrire le polynôme de deuxième
degré (du dénominateur) à sa forme canonique.

62
Exemples 5.1.3. Calculons :

1 1 1 1 1 1
R R R
1. I1 = 2x2 −2x+1
dx = 2 (x− 12 )2 + 14
dx = 2
× 1 (2x−1)2 +1
dx = arctg (2x − 1) + c.
4
R 1
R 1 1
R 1 1 1 1 1− x−3
2. I2 = x2 −6x+5
dx = (x−3)2 −4
dx = 4 ( 12 x− 23 )2 −1
= 4
× 2
× 1 ln | 1+ x−3
2
|+c =
2 2
1
4
ln | x−5
x−1
| + c.
3
(3x−1) (2x−1)+ 23 −1
= 32 ln |x2 − x + 1| + √13 arctg ( 2x−1
R R
3. I3 = x2 −x+1
dx = 2
x2 −x+1
√ ) + c.
3

4. I4 = √x2 +x+1 dx = √ 1 2 3 dx = ln(x + 2 + x + x + 1) + c.
1 1 1
R R
2
(x+ 2 ) + 4
1 √1 1 √1 × √ 6 1
R R R
5. I5 = √
5−7x−3x 2 dx = 3
q
7

109
dx = 3 109
q
6x+7 2
dx =
−[(x+ 6 )2 −( )2 ] 1−( √ )
6 109
√1 arcsin( 6x+7
√ ) + c.
3 109
5
(2x+4)− 52 ×4+3 √ √
√ 5x+3
R
6. I6 = x2 +4x+10
dx = 2 √
x2 +4x+10
= 5 x2 + 4x + 10−7 ln(x+2+ x2 + 4x + 10)+
c.

5.1.4 Intégration par partie


Soient u et v deux fonctions de calasse C 1 (I). On a :
Z Z
(uv) = u v + uv =⇒ uv = uv − u0 v...(∗).
0 0 0 0

R
Pour les intégrales de la forme f (x)g(x)dx, on essaye de faire un bon choix pour poser :
(f = u, g = v 0 ) ou (f = v 0 , g = u) et on applique la formule (∗).

Exemples 5.1.4. Calculons :


R
1. I1 = xe3x dx. On pose
( (
u=x u0 = 1
=⇒
v 0 = e3x v = 13 e3x

donc
I1 = 13 xe3x − 13 e3x dx = ( 13 x − 91 )e3x + c.
R
R
2. I2 = x ln(1 + x)dx. On pose
( (
u = ln(1 + x) u0 = 1
1+x
=⇒
v0 = x v= 1 2
2
x

63
donc
x2
I2 = 12 x2 ln(1 + x) − 1
= 12 x2 ln(1 + x) − 1 1
R R
2 1+x
dx 2
(x − 1 + 1+x
)dx,
d’où
I2 = ( 21 x2 − 21 ) ln(1 + x) − 12 x2 + 21 x + c.
R
3. I3 = cos xex dx. On pose
( (
u = ex u0 = ex
=⇒
v 0 = cos x v = sin x

donc
R R
I3 = sin xex − ex d(− cos x) = sin xex +cos xex − cos xex dx = sin xex +cos xex −I3 .
D’où
I3 = ( sin x+cos
2
x x
)e + c.

5.1.5 Intégration des fonctions rationnelles


En général, le calcul d’une fonction rationnelle demande de simplifier l’écriture de la
fonction rationnelle, c’est à dire l’écrire en somme d’éléments simples (voir le théorème
4.2.1).

Exemples 5.1.5. Calculons les intégrales suivantes :


R x3 +1 3
1. I1 = x3 −5x 2 +6x dx. En utilisant la division euclidienne de la fonction x 7−→ x + 1

sur la fonction x 7−→ x3 − 5x2 + 6x, on obtient


5x2 − 6x + 1
Z
I1 = (1 + 3 )dx.
x − 5x2 + 6x
5x2 −6x+1 5x2 −6x+1
Ecrivons la fonction x 7−→ h(x) = x3 −5x2 +6x
= x(x−2)(x−3)
en somme d’éléments
simples, i.e.
a b c a(x − 2)(x − 3) + bx(x − 3) + cx(x − 2)
h(x) = + + = ,
x x−2 x−3 x(x − 2)(x − 3)
donc

∀x ∈ R : a(x − 2)(x − 3) + bx(x − 3) + cx(x − 2) = 5x2 − 6x + 1.

Pour x = 0 : on obtient 6a = 1 =⇒ a = 61 .
Pour x = 2 : on obtient 2b = −9 =⇒ b = 29 .

64
28
Pour x = 3 : on obtient 3c = 28 =⇒ c = 3
.
Donc
Z
1 9 28 1 9 28
I1 = (1+ − + )dx = x+ ln |x|− ln |x−2|+ ln |x−3|+c.
6x 2(x − 2) 3(x − 3) 6 2 3
x x x
R
2. I2 = x3 −3x+2
dx. On a f (x) = x3 −3x+2
= (x−1)2 (x+2)
.
De même
a b c a(x − 1)(x + 2) + b(x + 2) + c(x − 1)2
f (x) = + + = ,
x − 1 (x − 1)2 x + 2 (x − 1)2 (x + 2)
i.e.
∀x ∈ R : a(x − 1)(x + 2) + b(x + 2) + c(x − 1)2 = x.

Pour x = 1 : on obtient 3b = 1 =⇒ b = 31 .
Pour x = −2 : on obtient 9c = −2 =⇒ c = − 92 .
Pour x = 0 : on obtient a = −c = 29 .
Par conséquent
Z Z Z
2 1 1 1 2 1
I2 = dx + dx − dx.
9 x−1 3 (x − 1)2 9 x+2

D’où
2 x−1 1
I2 = ln | |− + c.
9 x+2 3(x − 1)

5.1.6 Intégration de certaines classes de fonctions


R
Soit I = R(f (x), g(x))dx tel que (x, y) 7−→ R(x, y) une fonction rationnelle de
deux variables et f , g deux fonctions continues sur un intervalle I et si f = g, on écrit
R(f (x), f (x)) = R(f (x)). On a les cas suivants :
1. Si I = R(cos x, sin x)dx, on essaye le changement de variable t = tg( x2 ) qui nous
R
1−t2 2t 2
R
conduit à calculer I = R( 1+t 2 , 1+t2 ) 1+t2 dt. Pour les cas 2, 3, 4 que nous allons voir,

ils sont des cas particuliers.


1
En posant t = tg( x2 ), on obtient
R
Exemple 5.1.1. Calculons I1 = sin2 x(1+cos x)
dx.

(1 + t2 )2 tg ( x2 ) tg 3 ( x2 )
Z
1 1
I1 = dt = − + + + c.
4 t2 4tg ( x2 ) 2 12

65
R
2. Si I = R(sin x) cos xdx, on essaye le changement de variable t = sin x qui nous
R
conduit à calculer I = R(t)dt.
R cos3 x
Exemple 5.1.2. Calculons I2 = 1+sin 2 x dx. En posant t = sin x, on obtient :

1 − sin2 x 1 − t2
Z Z Z
2
I2 = cos xdx = dt = (−1 + )dt,
1 + sin2 x 1 + t2 1 + t2
d’où
I2 = − sin x + 2arctg (sin x) + c.
R
3. Si I = R(cos x) sin xdx, on essaye le changement de variable t = cos x qui nous
R
conduit à calculer I = − R(t)dt.
Exemple 5.1.3. Calculons I3 = cos4 x sin3 xdx. En posant t = cos x, on obtient :
R

Z Z
I3 = cos x(1 − sin x) sin xdx = − t4 (1 − t2 )dt,
4 2

d’où
cos7 x cos5 x
I3 = − + c.
7 5
R
4. Si I = R(tg x)dx, on essaye le changement de variable t = tg x qui nous conduit
R R(t)
à calculer I = 1+t 2 dt.
R
Exemple 5.1.4. Calculons I4 = tg 4 xdx. En posant t = tg x, on obtient :

t4
Z Z
2 1
I4 = dt = (t − 1 + )dt,
1 + t2 1 + t2
d’où
tg 3 x
I4 = − tg x + x + c.
3
R √
5. Si I = 1 − x2 )dx, on essaye le changement de variable x = sin t.
R(x,
R√
Exemple 5.1.5. Calculons I5 = 9 − x2 dx. En posant x = 3 sin t, on obtient
Z Z
2 9 9 9
I5 = 9 cos tdt = (cos 2t + 1)dt = sin 2t + t + c,
2 4 2
d’où
x√ 9 x
I5 = 9 − x2 + arcsin( ) + c.
2 2 3
R √
6. Si I = R(x, x2 − 1)dx, on essaye le changement de variable |x| = ch t.

66
R√
Exemple 5.1.6. Calculons I6 = x2 − 9dx tel que x ≥ 3. En posant x = 3ch t,
on obtient :
Z Z
2 9 9 9
I6 = 9 sh tdt = (ch 2t − 1)dt = sh 2t − t + c,
2 4 4
d’où
x√ 2 9 x
I6 = x − 9 − argch( ) + c.
2 2 3
R √
7. Si I = x2 + 1)dx, on essaye le changement de variable x = sh t.
R(x,
R√
Exemple 5.1.7. Calculons I7 = x2 + 9dx. En posant x = sh t, on obtient :
Z Z
2 9 9 9
I7 = 9 ch tdt = (ch 2t + 1)dt = sh 2t + t + c,
2 4 2
d’où
x√ 2 9 x
I7 = x + 9 + argsh( ) + c.
2 2 3
R
R(ex )dx, on essaye le changement de variable t = ex .
8. Si I =
R ex x
Exemple 5.1.8. Calculons I8 = 3−e 2x dx. En posant t = e , on obtient :

Z Z
1 1 1
I8 = dt = dt,
3−t 2 3 1 − ( √t3 )2

d’où √
1 3 + ex
I8 = √ ln | √ | + c.
2 3 3 − ex
R(sh x, ch x)dx, on essaye le changement de variable t = th( x2 ) qui nous
R
9. Si I =
2t 1+t2 2
R
conduit à calculer I = R( 1−t 2 , 1−t2 ) × 1−t2 dt. Pour les cas 10 et 11 que nous allons

voir, ils sont des cas particuliers.


1
En posant t = th( x2 ), on obtient :
R
Exemple 5.1.9. Calculons I9 = sh x
dx.
Z
1
I9 = dt = ln t + c,
t
d’où
x
I9 = ln th( ) + c.
2
R
10. Si I = R(sh x)ch xdx, on essaye le changement de variable t = sh x.

67
R
Exemple 5.1.10. Calculons I10 = sh4 xch3 xdx. En posant t = sh x, on obtient :
Z Z
I10 = sh x(1 + sh x)ch xdx = t4 (1 + t2 )dt,
4 2

donc
sh5 x sh7 x
+ + c. I10 =
R 5 7
11. Si I = R(ch x)sh xdx, on essaye le changement de variable t = ch x.
R
Exemple 5.1.11. Calculons I11 = ch2 xsh3 xdx. En posant t = ch x, on obtient :
Z Z
I11 = ch x(ch x − 1)sh xdx = t2 (t2 − 1)dt,
2 2

d’où
ch5 x ch3 x
I11 = − + c.
5 3
R m1 m2 mp
12. Si R(x, x n1 , x n2 , ...., x np )dx, on essaye le changement de variable x = tk tel que
k = P P CM {n1 , n2 , ..., np }.

x
R
Exemple 5.1.12. Calculons I11 = √
4 3
x +1
dx. On cherche le PPCM des dénomina-
1 3
teurs des puissances de x , x i.e. P P CM (2, 4) = 4. En posant x = t4 , on obtient :
2 4

1
(t4 ) 2 t5 t2
Z Z Z
3 2
I11 = 3 × 4t dt = 4 dt = 4 (t − )dt,
(t4 ) 4 + 1 t3 + 1 t3 + 1
d’où
4√ 4 4 √4
I11 = x3 − ln | x3 + 1| + c.
3 3
Exercice 5.1.1. Calculer les intégrales suivantes :
R √ R√ R 1
1) e x dx 2) ex − 1dx 3) 2
3 dx
(x +1) 2

R√
√ 1 1
R R
4) x−x2
dx 5) x7 +x
dx 6) tg xdx.
R √x √
Solution 5.1.1. 1. e dx. En posant t = x, on obtient
1
dt = √ dx =⇒ dx = 2tdt,
2 x
donc
Z √
Z Z
x
e dx = 2 te dt = 2 td(et )
t

Z t
t
= 2te − 2 edt = 2tet − 2et + c
√ √
= 2( x − 1)e x + c.

68
R√ √
2. ex − 1. En posant t = ex − 1, on obtient
ex 2t
dt = √ x dx =⇒ dx = 2 dt,
2 e −1 t +1
donc
√ t2
Z Z Z
1
ex − 1 = 2 dt = 2 (1 − )dt
t2 + 1 1 + t2
= 2t − arctg t + c
√ √
= 2 ex − 1 − arctg ex − 1 + c.

1
R
3. 3 dx. Pour obtenir un bon changement de variable, essayons de tracer un
(x2 +1) 2
triangle rectangle avec les longueurs de ces cotés sont 1 et x.

x
En posant tg θ = 1
= x, on obtient
1 1
dx = dθ, cos θ = √ ,
cos2 θ x2 + 1
donc
cos3 θ
Z Z Z
1
3 dx = dθ = cos θdθ = sin θ + c,
(x2 + 1) 2 cos2 θ
d’où Z
1 x
3 dx = √ + c.
(x2 + 1) 2 x2+1
√ 1
R
4. x−x2
dx. On a :
Z Z Z 1

1 1 2 x
√ dx = √ √ dx = 2 dx.
√ 2
q
x − x2 x 1−x 1− x

En posant t = x, on obtient dx = 2√1 x dx, donc
Z Z
1 1
√ dx = 2 √ dt = 2 arcsin t + c.
x−x 2 1 − t2

69
D’où

Z
1
√ dx = 2 arcsin x + c.
x − x2
1
R
5. x7 +x
dx. On a :

x−7
Z
1 1
dx = dx = dx.
x7 + x x7 (1 + x−6 ) 1 + x−6

En posant t = x−6 , on obtient dx = −6x−7 dx,


donc Z Z
1 1 1 1
7
dx = − dt = − ln |1 + t| + c.
x +x 6 1+t 6
D’où
x6
Z
1 1
dx = ln( ) + c.
x7 + x 6 x6 + 1
R√ √
6. tg xdx. En posant t = tg x, on obtient

1 + tg 2 x 1 + t4 2t
dt = √ dx = dx =⇒ dx = dt
2 tg x 2t 1 + t4

donc
√ 2t2
Z Z Z
2
tg xdx = dt = dt
1 + t4 t2 + t12
1 + t12 1 − t12
Z Z Z
2
= dt = dt + dt
(t + 1t )2 − 1 (t + 1t )2 − 2 (t + 1t )2 − 2
1 + t12 1 − t12
Z Z
= dt + dt.
(t − 1t )2 + 2 (t + 1t )2 − 2

En posant u = t − 1t et v = t + 1t , on obtient


Z Z Z Z Z
1 1 1 1 1 1
tg xdx = du + dv = u du + v dv
u2 + 2 v2 − 2 2 ( √2 )2 + 1 2 ( √2 )2 − 1
1 √ u 1 1 √ 1 − √v2
= × 2arctg( √ ) + × × 2 ln | |+c
2 2 2 2 1 + √v2

1 u 1 2−v
= √ arctg( √ ) + √ ln | √ | + c.
2 2 2 2 2+v
√ √ √ √ √
1 tg x − cotg x 1 2 − tg x − cotg x
= √ arctg( √ ) + √ ln | √ √ √ | + c.
2 2 2 2 2 + tg x + cotg x

70
5.2 Intégrale définie
Définition 5.2.1. Soit [a, b] un intervalle fermé et borné. On appelle une subdivision de
[a, b] toute partie finie d = {a, x1 , ..., xn−1 , b} ⊂ [a, b].
La somme n
X
σ(f, d) = f (ξi )(xi − xi−1 )
i=1

où ξi ∈ [xi−1 , xi ] est dite somme de Riemann correspondant à d et au ξ = (ξ1 , ...., ξn ).


Si pour tout choix du subdivision de [a, b] et pour tout choix des ξ ∈ [xi−1 , xi ], on a
n
X
lim σ(f, d) = f (ξi )(xi − xi−1 ) = S.
maxMxi −→0
i=1

S est appelée intégrale définie de f sur [a, b] qui est notée par
Z b
S= f (x)dx
a
Rb
Remarque 5.2.1. : Si f ≥ 0, l’intégrale S = a
f (x)dx égale à l’aire du domaine (ha-
churé) du plan formé par la courbe Cf , les droites x = a, x = b et l’axe des abscisses
(x0 x).

Définition 5.2.2. On dit qu’une fonction ϕ : [a, b] −→ R est en escalier s’il existe une
subdivision d = {a, x1 , ..., xn−1 , b} telle que ϕ vaut une constante sur chacun des intervalles
]xi−1 , xi [ pour i ∈ {1, 2, ..., n}. L’intégrale définie de ϕ sur [a, b] est définie par
Z b X n
ϕ(x)dx = ci (xi − xi−1 )
a i=1

71
Proposition 5.2.1. Toute fonction continue sur [a, b], elle est intégrable-Riemann.

Proposition 5.2.2. Si f est intégrable sur [a, b], alors


Z b n
b−aX b−a
f (x)dx = lim f (a + k )
a n−→∞ n n
k=1

Théorème 5.2.1. Soit f une fonction continue sur [a, b] et F une primitive de f . Alors
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a)
a

Propriétés 5.2.1. Soient f et g deux fonctions intégrables-Riemann. Alors


Rb Rb
1. a αf (x)dx = α a f (x)dx tel que α ∈ R.
Rb Rb Rb
2. a (f (x) + g(x))dx = a f (x)dx + a g(x)dx.
Rb Ra
3. a f (x)dx = − b f (x)dx
Rb Rc Rb
4. a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x)dx tel que c ∈ [a, b] (appelée relation de Chasles).

Remarque 5.2.2. Lorsque on effectue un changement de variable x = ϕ(t) dans l’inté-


Rb
grale I = a f (x) = dx, on doit changer les bornes, i.e., l’intégrale devient
Z ϕ−1 (b)
I= f (ϕ(t))ϕ0 (t)dt.
ϕ−1 (a)

Exemples 5.2.1.
R e2 R e2 1 2
1. I1 = e x ln1 x dx = e lnxx dx = [ln | ln x|]ee = ln 2.
Rπ Rπ Rπ
2. I2 = 0 x sin xdx = 0 xd(− cos x) = [−x cos x]π0 + 0 cos xdx = π.
R9 √
3. I3 = 1 x 3 1 − x. En posant 1 − x = t3 , on obtient
Z −2 Z 0
3 2 t4 t7 468
I3 = (1 − t )t(−3t )dt = 3 (t3 − t6 ) = 3[ − ]0−2 = − .
0 −2 4 7 7

Exercice 5.2.1.

1. Calculer l’intégrale définie suivante


Z 1
ln(x + 1)
I= dx
0 1 + x2
1−t
à l’aide d’un changement de variable défini par x = 1+t

72
2. En déduire la valeur de Z 1
arctan x
J= dx.
0 1+x
Solution 5.2.1.
1−t
1. En posant x = 1+t
, on obtient
0 1−t 0 2
ln( 1+t + 1) −2 ln( 1+t ) −2
Z Z
I= (1−t)2
× dt = 2(1+t2 )
× dt,
1 1+ (1 + t)2 1 (1 + t)2
(1+t)2 (1+t)2
Z 1 Z 1
ln 2 ln(1 + t)
I= dt − dt = ln 2[arctg t]10 − I,
0 1 + t2 0 1 + t2
donc
ln 2π
. I=
8
2. En utilisant l’intégration par partie, on obtient
Z 1 Z 1
1 ln(x + 1)
J= arctg xd(ln(1 + x)) = [ln(1 + x)arctg x]0 − dx
0 0 1 + x2
ln 2π ln 2π ln 2π
= −I = − .
4 4 8
D’où
ln 2π
. J =I=
8
Exercice 5.2.2. Calculer l’intégrale définie suivante : :
Z π
2
I= ln sin xdx.
0
π
Solution 5.2.2. Posons x = 2
− t, alors
π
Z Z 0
2 π
I= ln sin xdx = ln sin( − t)(−dt)
0 π
2
2
Z π
2
= ln cos tdt,
0

donc
Z π Z π Z π
2 2 2
2I = ln sin xdx +
ln cos xdx = ln sin x cos xdx
0 00
Z π Z π Z π
2 1 2 1 2
= ln( sin 2x)dx = ln dx + ln sin(2x)dx
0 2 0 2 0
Z π
π 2
= − ln 2 + ln sin 2xdx.
2 0

73
Pour la dernière intégrale, on pose t = 2x, on obtient
π
Z π Z Z π
π 1 π 1 2 1
2I = − ln 2 + ln sin tdt = − ln 2 + ln sin tdt + ln sin tdt.
2 2 0 2 2 0 2 π
2


Pour l’intégrale π ln sin tdt, on pose t = π − y, donc
2

π
Z Z 0
π 1 2 1 π
2I = − ln 2 + ln sin tdt + ln sin(π − y)(−dy) = − ln 2 + I.
2 2 0 2 π
2
2

D’où Z π
2 π
I= ln sin xdx = − ln 2.
0 2

74
Chapitre 6

Développements limités

6.1 Formules de Maclaurin et de Taylor


Si f est une fonction dérivable, on peut exprimer la différence f (b) − f (a) au moyen
de f 0 (égalité des accroissements finis).
Si f possède plusieurs dérivées, on peut aussi écrire la différence f (b) − f (a) en faisant
intervenir f 0 , f 00 , f (3) ,...etc.(formules de Taylor).

Théorème 6.1.1 (Formule de Taylor avec reste de Lagrange). Soit f une fonction de
classe C n sur un intervalle I qui contient a. Alors pour tout x ∈ I, on a
x−a 0 (x − a)2 00 (x − a)n−1 (n−1) (x − a)n (n)
f (x) = f (a) + f (a) + f (a) + ... + f (a) + f (c)
1! 2! (n − 1)! n!
tel que c est compris entre a et x.

Si a = 0, on obtient
x 0 x2 xn−1 (n−1) xn
f (x) = f (0) + f (0) + f 00 (a) + ... + f (0) + f (n) (c)
1! 2! (n − 1)! n!
tel que c est compris entre 0 et x. Dans ce cas on l’appelle aussi la formule de Maclaurin
avec reste de Lagrange à l’ordre n. Pour la preuve, essayons de démontrer le théorème
pour a = 0.

Démonstration. Soit x ∈ I et P un polynôme de degré n − 1 qui coïncide avec f par

P (0) = f (0), P 0 (0) = f 0 (0), ..., P (n−1) (0) = f (n−1) (0),

donc, on peut définir sur l’intervalle [0, x] ou [x, 0], les fonctions

75
t2 00 tn−1
1) t 7−→ P (t) = f (0) + 1!t f 0 (0) + 2!
f (a) + ... + (n−1)!
f (n−1) (0).
2) t 7−→ R(t) = f (t) − P (t) (appelée le reste).
3) t 7−→ V (t) = tn .
En appliquant le théorème des accroissements finis généralisés sur les deux fonctions R et
V et en profitant des égalités suivantes

R(i) (0) = 0 et V (i) (0) = 0 tel que i ∈ {0, 1, ..., n − 1}

on obtient
R(x) R(x) − R(0) R0 (c1 ) R(n) (cn )
= = = ... = .
xn V (x) − V (0) V 0 (c1 ) V (n) (cn ) = n!
En posant cn = c ∈ [0, x], on aura
xn (n)
R(x) = f (c).
n!
la démonstration est achevée.

Exemple 6.1.1. Ecrivons la formule de Taylor à l’ordre 3 au point 0 de la fonction


x 7−→ f (x) = ln(1 + x). On a f est de classe C ∞ (] − 1, +∞[) et on a :

f (x) ln(1 + x) f (0) = 0


0
f (x) 1
1+x
f 0 (0) = 1
−1
f 00 (x) (1+x)2
f 00 (0) = −1
f 000 (x) 2
(1+x)3
/

Donc
x x2 x3 2
ln(1 + x) = 0 + (1) + (−1) + × ,
1! 2! 3! (1 + c)3
d’où
x2 x3 1
ln(1 + x) = x − + × ,
2 3 (1 + c)3
tel que c est compris entre 0 et x.

Exercice 6.1.1.

1. Ecrire la formule de Maclaurin à l’ordre 4 avec reste de Lagrange de la fonction


x 7−→ f (x) = cos x.

76
2. En déduire que :
x2 x2 x4
∀x ∈ R : 1 − ≤ cos x ≤ 1 − + .
2 2 24
Solution 6.1.1.

1. La fonction x 7−→ f (x) = cos x est de classe C ∞ (R) et on a

f (x) cos x f (0) = 1


0
f (x) − sin x f 0 (0) = 0
f 00 (x) − cos x f 00 (0) = −1
f 000 (x) sin x f 000 (0) = 0
f (4) (x) cos x /

Donc
x2 x4
cos x = 1 − + cos c,
2 24
tel que c est compris entre 0 et x.
2. On a :
x2 x4 x4
cos x − (1 − + ) = (cos c − 1) ≤ 0 (car cos c ≤ 1),
2 24 24
donc
x2 x4
cos x ≤ 1 − + .
2 24
On a aussi
x2 x4
cos x − (1 − ) = cos c,
2 24
donc on ne peut rien dire sur le signe. Dans ce cas on utilise la formule de Maclaurin
à l’ordre 2. En effet
x2 x2 x2 x2
cos x − (1 − )=1− cos c − 1 + = (1 − cos c) ≥ 0.
2 2 2 2
Donc
x2
cos x ≥ (1 −
).
2
Théorème 6.1.2 (Formule de Taylor-Young). Soit I un intervalle et 0 ∈ I. f une fonction
C n sur I un voisinage de a. Alors pour tout x ∈ I, on a
(x − a) 0 (x − a)2 00 (x − a)n (n)
f (x) = f (a) + f (a) + f (a) + ... + f (a) + (x − a)n (x)
1! 2! n!
tel que lim (x) = 0.
x−→a

77
Démonstration. Ecrivons la formule de Taylor-Lagrange à l’ordre n au point a :
(x − a) 0 (x − a)2 00 (x − a)n−1 (n−1) (x − a)n (n)
f (x) = f (a) + f (a) + f (a) + ... + f (a) + f (c)
1! 2! (n − 1)! n!
tel que c est compris entre a et x. Donc
(x − a) 0 (x − a)n (n) f (n) (c) − f (n) (a)
f (x) = f (a) + f (a) + ... + f (a) + (x − a)n .
1! n! n!
f (n) (c)−f (n) (a)
En posant (x) = n!
, on obtient lim (x) = 0 car f (n) est continue en a et
x−→a
lorsque x s’approche de a, c aussi s’approche de a. D’où
(x − a) 0 (x − a)2 00 (x − a)n (n)
f (x) = f (a) + f (a) + f (a) + ... + f (a) + (x − a)n (x)
1! 2! n!
avec lim (x) = 0.
x−→a

Si on remplace a = 0 dans la formule précédente, on obtient :


x 0 x2 xn
f (x) = f (0) + f (0) + f 00 (0) + ... + f (n) (0) + xn (x)
1! 2! n!
tel que lim (x) = 0. Dans ce cas on peut l’appeler aussi la formule de Maclaurin-Young
x−→0
à l’ordre n.

Exemples 6.1.1.

1. Ecrivons la formule de Maclaurin-Young à l’ordre 7 de la fonction x 7−→ f (x) = sin x.


La fonction f est de classe C ∞ (R) et on a :

f (x) sin x f (0) = 0


0
f (x) cos x f 0 (0) = 1
f 00 (x) − sin x f 00 (0) = 0
f (3) (x) − cos x f (3) (0) = −1
f (4) (x) sin x f (4) (0) = 0
f (5) (x) cos x f (5) (0) = 1
f (6) (x) − sin x f (6) (0) = 0
f (7) (x) − cos x f (7) (0) = −1

Donc
x x3 x5 x7
sin x = − + − + x7 (x)
1! 3! 5! 7!

78
ou bien
x3 x5 x7
sin x = x − + − + x7 (x) tel que lim (x) = 0.
6 120 5040 x−→0

2. Ecrivons la formule de Maclaurin-Young à l’ordre 5 de la fonction x 7−→ f (x) =


√ √
3
1 + x. La fonction x 7−→ f (x) = 3 1 + x est de classe C ∞ (] − 1, +∞[) et on a :


3
f (x) 1+x f (0) = 1
− 23
f 0 (x) 1
3
(1 + x) f 0 (0) = 1
3
5
f 00 (x) − 29 (1 + x)− 3 f 00 (0) = − 29
8
f (3) (x) 10
27
(1 + x)− 3 f (3) (0) = 10
27
11
f (4) (x) − 80
81
(1 + x)− 3 f (4) (0) = − 80
81
14
f (5) (x) 880
243
(1 + x)− 3 f (5) (0) = 880
243
.

D’où
x x2 5x3 10x4 22x5
f (x) = 1 + − + − + + x5 (x) tel que lim (x) = 0.
3 9 81 243 729 x−→0

Définition 6.1.1. Soit f une fonction réelle définie dans un voisinage V de 0. On dit
que f admet un développement limité d’ordre n (noté par DLn (0)) dans ce voisinage, s’il
existe une fonction polynomiale Fn de degré n tel que :

∀x ∈ V : f (x) = Fn (x) + xn (x) tel que lim (x) = 0


x−→0

ou encore
f (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + ... + an xn + xn (x)
Fn est appelée la partie régulière ou partie principale du développement.

Remarques 6.1.1. Si f admet un développement limité d’ordre n au voisinage de 0,


alors ce développement est unique, de plus lim f (x) = a0 . D’autre part si a0 = f (0), alors
x−→0
f est dérivable en 0 car
f (x) − f (0)
lim = lim [a1 + a2 x + a3 x2 + ... + an xn−1 + xn−1 (x)] = a1
x−→0 x−0 x−→0

1
Exemple 6.1.2. La fonction x 7−→ f (x) = 1−x
admet un développement limité d’ordre n
au voisinage de 0 qui est obtenu par la division suivant les puissances croissantes :
1 xn+1
= 1 + x + x2 + x3 + ... + xn + x 6= 1
1−x 1−x

79
ou
1 x
= 1 + x + x2 + x3 + ... + xn + xn
1−x 1−x
x
avec (x) = 1−x
−→ 0 quand x −→ 0.

Théorème 6.1.3 (de Mac Laurin-Young). Soit f une fonction définie dans un voisinage
de 0, de classe C n−1 et on suppose que f (n) (0) existe. Alors f admet un développement
d’ordre n dans ce voisinage de la forme :
f 0 (0) f 00 (0) 2 f (n) (0) n
f (x) = f (0) + x+ x + ... + x + xn (x)
1! 2! n!
avec lim (x) = 0.
x−→0

Exemples 6.1.2.

1. f (x) = ex tel que x ∈ R. On a f (n) (x) = ex , ∀n ∈ N, donc


x x2 xn
f (x) = 1 + + + ... + xn (x)
1! 2! n!
2. f (x) = (1 + x)α tel que x ∈] − 1, +∞[, α ∈ R. On a f (0) = 1, f 0 (x) = α(1 + x)α−1 ,
f 00 (x) = α(α − 1)(1 + x)α−2 ,...., f n (x) = α(α − 1)(α − 2)(α − n + 1)(1 + x)α−n . Donc
α(α − 1) 2 α(α − 1)(α − 2)...(α − n + 1) n
f (x) = 1 + αx + x + ... + x + xn (x)
2! n!
3. f (x) = sin x tel que x ∈ R. On a f (n) (x) = sin(x + n π2 ), ∀n ∈ N, donc
x3 x5 x7 n x
2n+1
sin x = x − + − + ... + (−1) + x2n+1 (x)
3! 5! 7! (2n + 1)!

4. f (x) = cos x tel que x ∈ R. On a f (n) (x) = cos(x + n π2 ), ∀n ∈ N, donc


x2 x4 x6 x2n
cos x = 1 − + − + ... + (−1)n + x2n (x)
2! 4! 6! (2n)!
Remarques 6.1.2.

1. Pour une fonction qui admet un DL à l’ordre n en 0, on peut utiliser cette écriture :

f (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + ... + an xn + o(xn )

car xn (x) = o(xn ) en 0.


2. La partie régulière du développement limité d’une fonction paire est paire.
3. La partie régulière du développement limité d’une fonction impaire est impaire.

80
6.2 Dévoloppements limités usuels
Voici les DL en 0 de quelque fonctions à retenir :
1
1. 1−x
= 1 + x + x2 + x3 + ... + xn + o(xn ).
x x2 x3 xn
2. ex = 1 + 1!
+ 2!
+ 3!
+ ... + n!
+ o(xn ).
x3 x5 (−1)n x2n+1
3. sin x = x − 3!
+ 5!
+ ... + (2n+1)!
+ o(x2n+1 ).
x2 x4 x6 (−1)n x2n
4. cos x = 1 − 2!
+ 4!
− 6!
+ ... + (2n)!
+ o(x2n ).
x3 x5 x2n+1
5. sh x = x + 3!
+ 5!
+ ... + (2n+1)!
+ o(x2n+1 ).
x2 x4 x6 x2n
6. ch x = 1 + 2!
+ 4!
+ 6!
+ ... + (2n)!
+ o(x2n ).
x2 x3 x4 (−1)n−1 xn
7. ln(1 + x) = x − 2
+ 3
− 4
+ ... + n!
+ o(xn ).
αx α(α−1)x2 α(α−1)(α−2)x3 α(α−1)(α−2)...(α−(n−1))xn
8. (1 + x)α = 1 + 1!
+ 2!
+ 3!
+ ... + n!
+ o(xn ).

6.2.1 Opérations sur les développements limités


Théorème 6.2.1. Soient f et g deux fonctions définies dans un voisinage de 0, admettant
chacune un développement limité d’ordre n. Alors

1. (Somme DL) f +g admet un développement limité d’ordre n où, sa partie régulière


est égale à la somme des parties régulières de f et g.
2. (Produit DL) f g admet un développement limité d’ordre n où sa partie régulière
est obtenu en effectuant d’abord le produit des parties régulières de f et g et en ne
conservant dans ce produit que les termes de degré inférieur ou égal à n.
f
3. (Quotient DL) g
admet un développement limité d’ordre n (si g(0) 6= 0), sa partie
régulière est égale au quotient de la division de la partie régulière de f par la partie
régulière de g suivant les puissances croissantes à l’ordre n.

Exemples 6.2.1.

1. Calculons le DL3 (0) de x 7−→ f (x) = sin x + cos x. On a :


x3
sin x = x − + o(x3 )
6
et
x2
cos x = 1 − + o(x3 ),
2

81
donc
x2 x3
f (x) = sin x + cos x = 1 + x − + + o(x3 ).
2 6
2. Calculons le DL3 (0) de x 7−→ g(x) = ln(1 + x) × ch x. On a :
x2 x3
ln(1 + x) = x − + + o(x3 )
2 6
et
x2
ch x = 1 + + o(x3 ),
2
donc
x2 2x3
g(x) = ln(1 + x) × ch x = x − + + o(x3 ).
2 3
sh x
3. Calculons le DL3 (0) de x 7−→ h(x) = cos x
. On a :
x3
sh x = x + + o(x3 )
6
et
x2
cos x = 1 − + o(x3 ).
2
D’où
x3
h(x) = x + + o(x3 ).
6
Remarque 6.2.1. Soient f et g deux fonctions admettent un DL à l’ordre n et en 0 et
Fn et Gn leurs paries régulières respectivement, tel que Fn (0) = Gn (0) = 0. Soit bp xp le
Fn
monôme de plus bas degré de Gn . Si on peut simplifier la fraction Gn
par xp , alors f /g
admet un DL à l’ordre n − p en 0.
ln(1+x)
Exemple 6.2.1. Calculons le DL3 (0) de la fonction x 7−→ f (x) = ex −1
. On doit écrire
les DL à l’ordre 4 des fonctions suivantes :
x2 x3 x4
ln(1 + x) = x − + − + o(x4 )
2 3 4
et
x x x 2 x3 x4
e −1=x+ + + + + o(x4 ).
2 2 6 24
car les écritures des parties régulières commencent par des monômes de même degré qui
est égale à 1. En effet
x2 x3 x4 x x2 x3
x− 2
+ 3
− 4
+ o(x4 ) 1− 2
+ 2
− 4
+ o(x3 )
f (x) = x x2 x3 x4
= x x2 x3
.
x+ 2
+ 2
+ 6
+ 24
+ o(x4 ) 1+ 2
+ 6
+ 24
+ o(x3 )

82
D’où
2x2 11x3
f (x) = 1 − x + − + o(x3 ).
3 24
Exercice 6.2.1. Calculer les développements limités au point 0 à l’ordre n :
1
√ √
1) 1−x − e3x n = 3. 2) 1 − x + 1 + x n = 4.


3) cos x ln(1 + 3x) n = 4. 4) x2 1 − x n = 4.

1+x+x2
5) 1−x+x2
n = 4. 6) tg(3x) n = 5.

x arctg x
7) sin x
n = 4. 8) 1+x2
n = 5.
Solution 6.2.1.

1. On a :
1
= 1 + x + x2 + x3 + o(x3 )
1−x
9x2 9x3
e3x = 1 + 3x + + + o(x3 )
2 2
d’où
1 7x2 7x3
− e3x = −2x − − + o(x3 ).
1−x 2 2
2. Il suffit d’écrire
√ x x2 x3 5x4
1+x=1+− + − + o(x4 )
2 8 16 128
√ x x2 x3 5x4
1−x=1− − − − + o(x4 ).
2 8 16 128
Donc
√ √ x x2 5x4
1+x+ 1−x=2− − − + o(x4 ).
2 4 64
3. On écrit
x2 x4
cos x = 1 −− + o(x4 )
2 24
9x2 81x4
ln(1 + 3x) = 3x − + 9x3 − + o(x4 )
2 4
d’où
77x4
cos x ln(1 + 3x) = 3x − 6x2 + 9x3 − + o(x4 ).
4

83
4. Il suffit d’écrire le développement de :
√ x x2 x3 5x4
1−x=1− − − − + o(x4 ).
2 8 16 125
Donc
√ x3 x4
x2 1 − x = x2 − − + o(x4 ).
2 8
1+x+x2
5. 1−x+x2
= 1 + 2x + 2x2 − 2x4 + o(x4 ).
162x5
6. tg (3x) = 3x + 9x3 + 5
+ o(x5 ).
x x2 7x4
7. sin x
=1+ 6
+ 360
+ o(x4 ).
arctg x 4x3 23x5
8. 1+x2
=x− 3
+ 15
+ o(x5 ).

Théorème 6.2.2 (Composition de DL). Soient f et g admettent un DL à l’ordre n en 0


tel que :

f (x) = Fn (x) + o(xn )


g(x) = Gn (x) + o(xn )

Si g(0) = 0, alors f ◦ g admet un DL à l’ordre n en 0, sa partie régulière est obtenu en


effectuant d’abord la composée Fn ◦ Gn et en ne conservant dans que les termes de degré
inférieur ou égal à n.

Exemples 6.2.2.

1. Calculons le DL3 (0) de la fonction x 7−→ ln(1 + x + x2 ). On pose u = x + x2 =


x + x2 + o(x3 ). On a lim u = 0, de plus
x−→0

u2 u3
ln(1 + u) = u − + + o(u3 ),
2 3
avec

u = x + x2 + o(x3 )
u2 = x2 + 2x3 + o(x3 )
u3 = x3 + o(x3 ).

donc
x2 2x3
ln(1 + x + x2 ) = x + − + o(x3 ).
2 3

84
2. Calculons le DL4 (0) de la fonction x 7−→ ecos x . On remarque que lim cos x = 1 6=
x−→0
0, donc on ne peut pas intervenir le théorème directement. Dans ce cas on fait
apparaitre dans ecos x une expression qui tend vers 0 lorsque x −→ 0. En effet

x2 x 4
cos x = 1 − + + o(x4 )
2 24
x2 x4 4)
ecos x = e × ecos x−1 = e × e− 2 + 24 +o(x
2 x4
On pose u = − x2 + 24
+ o(x4 ). On a lim u = 0 , de plus
x−→0

u u2 u3 u4
e =1+u+ + + + o(u4 ),
2 6 24
avec
x4
u2 = + o(x4 )
24
u3 = 0 + o(x4 )
u4 = 0 + o(x4 ).

D’où
ex2 ex4
ecos x = e − + + o(x4 ).
2 6
3. Calculons le DL5 (0) de la fonction x 7−→ (1 + x)x . On a (1 + x)x = ex ln(1+x) , de plus

x2 x3 x4
x ln(1 + x) = x(x − + − + o(x4 ))
2 3 4
x3 x4 x5
= x2 − + − + o(x5 ).
2 3 4
Remarquons qu’il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à l’ordre 5 de ln(1 + x) car en
3 4
multipliant par x, les puissances seront augmenté par 1. On pose u = x2 − x2 + x3 −
x5
4
+ o(x5 ) et lim u = 0
x−→0
avec

x3 x4 x 5
u = x2 − + − + o(x5 )
2 3 4
u2 = x4 − x5 + o(x5 ).

85
Il n’est pas nécessaire de calculer u3 , u4 et u5 car les puissances vont dépasser 5.
D’où
x3 5x4 3x5
(1 + x)x = 1 + x − + − + o(x5 ).
2 6 4
Théorème 6.2.3. Soit f : I −→ R tel que I un intervalle et 0 ∈ I et f admet un DL à
l’ordre n en 0. On a :

1. Si f est dérivable sur I, alors f 0 admet un DL à l’ordre n − 1. Sa partie régulière


est égale à la dérivée de la partie régulière de f .
2. Si f admet une primitive F , alors elle admet un DL à l’ordre n+1. Sa partie régulière
est égale à la primitive de la partie régulière de F en ajoutant F (0).

Exemples 6.2.3.
1 1 0 1
1. Calculons le DL4 (0) de la fonction x 7−→ f (x) = (1−x)2
. On a ( 1−x ) = (1−x)2
, de
plus
1
= 1 + x + x2 + x3 + x4 + x5 + o(x5 ).
1−x
D’où
1
= 1 + 2x + 3x2 + 4x3 + 5x4 + o(x4 ).
(1 − x)2
Rx 1
2. Calculons le DL5 (0) de la fonction x 7−→ arctg x. On a arctg x = 0 1+t2
dt, avec

1
2
= 1 − x2 + x4 + o(x4 )
1+x
donc Z x
arctg x = (1 − t2 + t4 + o(t4 ))dt.
0
D’où
x3 x5
arctg x = x − + + o(x5 ).
3 5

6.2.2 Développement limité au voisinage de x0 6= 0 et en ∞


Définition 6.2.1. Soit f : I −→ R tel que I intervalle qui contient x0 .

1. On dit que f admet un DL en x0 à l’ordre n si on peut écrire :

f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + ... + an (x − x0 )n + o((x − x0 )n ).

86
2. On dit que f admet un DL en ∞ à l’ordre n si on peut écrire
c1 cn 1
f (x) = c0 + + ... + n + o( n ).
x x x

Exemples 6.2.4.

1. Calculons le DL3 (2) de la fonction x 7−→ f (x) = ex . Posons y = x − 2, alors y −→ 0


lorsque x −→ 2 et on a :

y2 y3
ex = ey+2 = e2 ey = e2 (1 + y + + + o(y 3 ).
2 6
D’où
e2 (x − 2)2 e2 (x − 2)3
ex = e2 + e2 (x − 2) + + + o((x − 2)3 ).
2 6
2. Calculons le DL4 (3) de la fonction x 7−→ f (x) = ln x. Posons y = x−3, alors y −→ 0
lorsque x −→ 3 et on a :
y y
ln x = ln(y + 3) = ln(3(1 + )) = ln 3 + ln(1 + ),
3 3
donc
y y2 y3 y4
ln x = ln 3 + − + − + o(y 4 ).
3 18 81 324
D’où
x − 3 (x − 3)2 (x − 3)3 (x − 3)4
ln x = ln 3 + − + − + o((x − 3)4 ).
3 18 81 324
x
3. Calculons le DL3 (+∞) de la fonction x 7−→ f (x) = x−1
. Posons y = x1 , alors y −→ 0
lorsque x −→ +∞ et on a :
1
x y 1
f (x) = = 1 = ,
x−1 y
−1 1−y

donc
x
= 1 + y + y 2 + y 3 + o(y 3 ).
x−1
D’où
x 1 1 1 1
= 1 + + 2 + 3 + o( 3 ).
x−1 x x x x
Exercice 6.2.2. En utilisant le DL, calculer les limites suivantes :

87
3tgx−tg(3x)
1. lim x(1−cos(3x))
.
x−→0
ex −esin x
2. lim .
x−→0 x−sin x

Solution 6.2.2.

1. On a :
3 3
3tgx − tg(3x) 3(x − x3 − (3x − (3x)
3
+ o(x3 )
lim = lim 2
x−→0 x(1 − cos(3x)) x−→0 x(1 − (1 − (3x) + o(x2 ))
2
−8x3 + o(x3 )
= lim 9 3
x−→0
2
x + o(x3 )
−8 + o(1) 16
= lim 9 =− .
x−→0
2
+ o(1) 9

2. De même, on obtient
x3
ex − esin x + o(x3 )
lim = lim x63 = 1.
x−→0 x − sin x x−→0 + o(x 3)
6

Définition 6.2.2 (Développement généralisé). Soit f une fonction n’admet pas un DL


en x0 , mais la fonction x 7−→ (x − x0 )α f (x) (α ∈ Q∗+ ) admet un DL à l’ordre n en x0 .
Donc
(x − x0 )α f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + ... + an (x − x0 )n + o((x − x0 )n )

d’où
1
f (x) = [a0 + a1 (x − x0 ) + ... + an (x − x0 )n + o((x − x0 )n )].
(x − x0 )α
Cette égalité s’appelle le développement généralisé de f .
1
Exemple 6.2.2. Calculons le DL généralisé de x 7−→ f (x) = x−x2
en 0 à quatre termes.
On a
1 1 1 1
f (x) = 2
= × = × (1 + x + x2 + x3 + x4 + o(x3 ).
x−x x 1−x x
D’où
1 1
2
= + 1 + x + x2 + o(x2 ).
x−x x
Exercice 6.2.3. Soit la fonction
1
f : x 7−→ f (x) = (x + 1)e x

définie sur ]0, +∞[.

88
1. Former un développement asymptotique de f à la précision 1/x ou bien (à trois
termes) en +∞.
2. En déduire l’existence d’une droite asymptote en +∞ au graphe de f .
3. Etudier la position relative du graphe et de son asymptote en +∞.

Solution 6.2.3.

1. On a :
1 3 1
f (x) = (x + 1)e x = x + 2 + + o( ).
2x x
2. Puisque lim (f (x) − (x + 2)) = 0, Le graphe de f admet une asymptote dont
x−→+∞
l’équation est y = x + 2.
3. Comme lim (f (x) − (x + 2)) = 0+ , le graphe est au dessus de l’asymptote.
x−→+∞

89
Chapitre 7

Suites numériques

Définition 7.0.3. Soit n0 ∈ N. On appelle suite numérique toute application d’une partie
I = {n ∈ N : n ≥ n0 } ⊆ N dans R. Généralement, on note la suite par (un )n∈I , (vn )n∈I ,
(xn )n∈I , (yn )n∈I ...etc. Pour une suite (un )n∈I , un est appelé terme général.
À partir d’une suite (un )n∈N , on peut construire une autre suite, en sélectionnant sans
cesse certains termes avec indice croissant de la suite, c’est-à-dire on va obtenir une
nouvelle suite (un )n∈J⊂N où J est une partie infinie de N. La suite (un )n∈J⊂N s’appelle une
sous suite extraite de (un ) qu’on peut la noter (uϕ(n) ) ou bien (unk )k∈N tel que ϕ(N) = J.

Exemple 7.0.3. (un )n≥0 une suite définie par


n+1
un =
n+2
1. Calculons les termes u0 , u1 et u2 .
On a :
1 2 3
u0 = , u1 = , u2 = .
2 3 4
2. Définissons les sous suites (u2n ) et (u3n+1 ).
2n+1
Les sous suites (u2n ) et (u3n+1 ) sont définies respectivement par u2n = 2n+2
et
3n+2
u3n+1 = 3n+3
.

Définition 7.0.4. La suite (un )n≥0 est dite :

1. croissante ssi ∀n ∈ N : un+1 ≥ un .


2. décroissante ssi ∀n ∈ N : un+1 ≤ un .

90
3. constante ou stationnaire ssi ∀n ∈ N : un = un+1 .
4. monotone si elle est croissante ou décroissante.
5. majorée ssi ∃M > 0, ∀n ∈ N : un ≤ M .
6. minorée ssi ∃m > 0, ∀n ∈ N : un ≤ m.
7. bornée si elle est à la fois majorée et minorée.

n+2
Exercice 7.0.4. Soit (vn )n≥2 une suite définie par vn = n−1
.

1. Montrer que (vn )n≥2 est décroissante.


2. En déduire que (vn )n≥2 est bornée.

Définition 7.0.5. Soit (un )n≥0 une suite numérique. On dit que (un )n≥0 converge vers l
ssi :
∀ > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n[n > n0 =⇒ |un − l| < ]

et on note lim un = l.
n−→∞
Une suite qui n’est pas convergente est dite divergente. On note aussi que si la limite d’une
suite existe, alors elle est unique.

2n+3
Exemple 7.0.4. Montrons que lim un = n−1
= 2. Soit ε > 0, ∃n0 =? ∈ N tel que :
n−→∞

∀n ∈ N[n > n0 =⇒ |un − 2| < ε].

On a :
5
|un − 2| = | |.
n−1
Donc
5
|un − 2| < ε ⇐⇒ n > + 1,
ε
On peut choisir n0 = max{2, [ 5ε + 1] + 1} pour avoir

n > n0 =⇒ |un − 2| < ε.

D’où
lim un = 2.
n−→∞

Remarques 7.0.1.

91
1. L’écriture condensée |un − l| < ε signifie l − ε < un < l + ε.
2. lim un = 0 signifie lim |un | = 0 et d’une manière plus générale :
n−→∞ n−→∞

lim un = l ⇐⇒ lim |un − l| = 0.


n−→∞ n−→∞

Théorème 7.0.4. Soient un et vn deux suites convergentes vers l et l0 respectivement.


Alors

1. lim (un + vn ) = lim un + lim vn = l + l0 (sauf pour l = +∞ et l0 = −∞ ou


n−→∞ n−→∞ n−→∞
l’inverse).
2. lim (λun ) = λ lim un = λl / λ ∈ R.
n−→∞ n−→∞
3. lim (un vn ) = lim un lim vn = ll0 (sauf pour l = 0 et l0 = ±∞ ou l’inverse).
n−→∞ n−→∞ n−→∞
lim un
4. lim un
= n−→∞
= l
l0
(sauf pour l, l0 = 0 ou l, l0 = ±∞).
n−→∞ vn lim vn
n−→∞

Proposition 7.0.1. Si (un ) est une suite convergente vers l, alors toute sous suite (uϕ(n) )
converge vers la même limite l.

Proposition 7.0.2.

1. Soient (un )n≥0 et (vn )n≥0 deux suites convergentes tel que ∀n ∈ N : un ≤ vn , alors

lim un ≤ vn lim .
n−→∞ n−→∞

2. Soient (un )n≥0 , (vn )n≥0 et (wn )n≥0 et (vn )n≥0 trois suites tel que :

∀n ∈ N : wn ≤ un ≤ vn

et lim vn = lim wn = l. Alors lim un = l.


n−→∞ n−→∞ n−→∞
3. Soient (un )n≥0 et (vn )n≥0 deux suites numériques tel que (un )n≥0 est bornée et
lim vn = 0. Alors
n−→∞
lim un vn = 0.
n−→∞

92
Exercice 7.0.5. Calculer la limite de la suite (un ) ci-dessous :
n2 +3n−1 2n2 1
1) un = 1−n2
2) un = n+1
3) un = 1 + 2n

en +ln n
4) un = 5n − 3n 5) un = n2 +3n
6) un = sin n

cos n 1
7) un = n+1
8) un = sin n + n 9) n
+ (−1)n

Pn 1 1
Pn 1

10) un = k=1 ( k − k+1
) 11)un = k=1 4n2 −1 12) un = sin(π n2 + n).
Solution 7.0.4.
n2 +3n−1 n2
1. lim un = lim 2 = lim −n 2 = −1.
n−→∞ n−→∞ 1−n n−→∞
2n2 2n2
2. lim un = lim n+1
= lim = lim 2n = +∞.
n−→∞ n−→∞ n−→∞ n n−→∞
1
3. lim un = lim (1 + 2n
) = 1 + lim ( 21 )n = 1 + 0 = 1, car 1
2
∈] − 1, 1[.
n−→∞ n−→∞ n−→∞
4. On a : 5 − 3 ∼∞ 5n car 3n = o(5n ) en ∞, donc lim un = lim (5n − 3n ) =
n n
n−→∞ n−→∞
lim 5n = +∞ car 5 > 1.
n−→∞
en +ln n en +ln n
5. On a : n2 +3n
∼∞ ( 3e )n , donc lim 2 n = lim ( 3e )n = 0.
n−→∞ n +3 n−→∞
6. Il est clair que sin(±∞) n’a pas de sens. Dans ce cas on suppose que lim sin n = l
n−→∞
qui est finie car la fonction sin est bornée. On a

lim sin(n + 2) − sin n = l − l = 0 = 2 sin 1 cos(n + 1) =⇒ lim cos n = 0.


n−→∞ n−→∞

De même

lim cos(n + 2) − cos n = l − l = 0 = −2 sin 1 sin(n + 1) =⇒ lim sin n = 0,


n−→∞ n−→∞

ce qui impossible car sin2 n + cos2 n = 1. D’où la limite lim sin n n’existe pas et
n−→∞
ainsi pour lim cos n.
n−→∞
7. lim cos n = 0 car la suite (cos n) est bornée (| cos n| ≤ 1) et lim 1
= 0.
n−→∞ n+1 n−→∞ n+1
8. On a :
−1 ≤ sin n ≤ 1 =⇒ −1 + n ≤ sin n + n ≤ 1 + n.
Puisque lim (−1 + n) = lim (1 + n) = +∞, alors d’après le théorème d’encadre-
n−→∞ n−→∞
ment, on obtient
lim sin n + n = +∞.
n−→∞

93
9. On a :
1
lim u2n = lim ( + 1) = 1
n−→∞ n−→∞ n
et
1
lim u2n+1 = lim ( − 1) = −1.
n−→∞ n−→∞ n
Donc (un ) n’a pas de limite.
10. On a :
1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
un = (1 − ) + ( − ) + ( − ) + ... + ( − ) + ... + ( − ) = 1− ,
2 2 3 3 4 n−1 n n n+1 n+1
donc
1
lim un = lim (1 − ) = 1.
n−→∞ n−→∞ n+1
11. On a :
n n
X 1 X 1 1 1 1 1
un = 2
= ( − ) = (1 − ),
k=1
4n − 1 k=1
2 2n − 1 2n + 1 2 2n + 1
donc
1 1 1
lim un = lim (1 − )= .
n−→∞ n−→∞ 2 2n + 1 2
12. On a :
√ 1 1
un = sin(π n2 + n) = sin(nπ(1 + ) 2
n
1 1
= sin(nπ(1 + + o( )))
2n n
π
= sin(nπ + + o(1))
2
π π
= sin(nπ) cos( + o(1)) + cos(nπ) sin( + o(1))
2 2
π
= (−1)n sin( + o(1)).
2
De plus
lim u2n = 1 6= lim u2n+1 = −1.
n−→∞ n−→∞
D’où la limite de un n’existe pas.

Définition 7.0.6. (Suite de Cauchy) On dit qu’une suite numérique (un )n≥0 est de
Cauchy si
lim |un+p − un | = 0, ∀p ∈ N.
n−→∞
De plus toute suite de Cauchy de nombres réels est convergente et aussi toute suite nu-
mérique convergente est de Cauchy.

94
Exercice 7.0.6. Soit (un )n≥1 définie par
1 1 1
un = 1 + + ... + .
2 3 n
Montrer que (un ) est divergente.

Solution 7.0.5. Montrons que (un ) n’est pas de Cauchy. Pour p = n, on obtient
1 1 1 1 1 1 1 1
|u2n − un | = |(1 + + ... + + + ... + ) − (1 + + + ... + )|
2 3 n n+1 2n 2 3 n
1 1 1
= + + ... +
n+1 n+2 2n
1 1 1 n 1
≥ + + ... + = = .
2n 2n 2n 2n 2
i.e. lim |u2n − un | =
6 0. Donc (un )n≥1 n’est pas de Cauchy ce qui implique qu’elle n’est
n−→∞
pas convergente.

Théorème 7.0.5. Soit (un )n≥0 une suite numérique. On a

1. Si (un )n≥0 est croissante et majorée, alors elle est convergente.


2. Si (un )n≥0 est décroissante et minorée, alors elle est convergente.

Définition 7.0.7. (Suites adjacentes) Soient (an ) et (bn ) deux suites numériques tel
que :
1. (an ) est croissante et (bn ) est décroissante.
2. lim (an − bn ) = 0.
n−→∞
Tout couple de suites numériques (an ) et (bn ) vérifiant ces deux conditions précédentes est
appelé couple de suites adjacentes.

Théorème 7.0.6. Si (an ) et (bn ) sont deux suites adjacentes, alors elles sont convergentes
et possèdent une limite commune.

Démonstration. La suite (bn − an ) est décroissante car

(bn+1 − an+1 ) − (bn − an ) = (bn+1 − bn ) + (an − an+1 ) ≤ 0,

par conséquent la suite (bn − an ) est minorée par 0, i.e. an ≤ bn .


Donc
a1 ≤ a2 ≤ ... ≤ an ≤ bn ≤ bn−1 ≤ ... ≤ b2 ≤ b1 ,

95
il résulte que (an ) et (bn ) sont convergente vers l et l0 respectivement car (an ) est croissante
et majorée par b1 , de plus (bn ) est décroissante est minorée par a1 .
Comme lim(an − bn ) = 0 = l − l0 , alors l = l0 .

Théorème 7.0.7. Soit I un intervalle. f : I −→ R une fonction et x0 ∈ ou x0 = ±∞.


Les deux propriétés suivantes sont équivalentes.
1. lim = l.
x−→x0
2. Si pour tout suite (xn ) ⊂ I tel que xn 6= x0 et lim xn = x0 , alors lim f (xn ) = l.
n−→∞ n−→∞

Le théorème précédent est utile pour montrer qu’une fonction n’a pas de limite en x0 .
En voici un exemple :

Exemple 7.0.5. Montrons que lim+ sin( x1 ) n’existe pas. En prenant les deux suites dé-
n−→0
1 1
finies par xn = 2nπ
et yn = 2nπ+ π2
, on obtient lim xn = lim yn = 0+ . De plus
n−→∞ n−→∞

1
lim sin( ) = lim sin(2nπ) = 0,
n−→∞ xn n−→∞

et
1 π
lim sin( ) = lim sin(2nπ + ) = 1.
n−→∞ yn n−→∞ 2
Les deux limites sont différentes, donc lim+ sin( x1 ) n’existe pas.
n−→0

7.1 Suites récurrentes


Définition 7.1.1. Soit f : I −→ R et u0 ∈ I (On supposera que f (I) ⊂ I). On appelle
suite récurrente une suite définie par :
(
u0 connu
un+1 = f (un ), ∀n ∈ N

de plus, si f est croissante sur I, alors :

1. (un )n≥0 est croissante si u1 ≥ u0 .


2. (un )n≥0 est décroissante si u1 ≤ u0 .

Exemples 7.1.1.

96
1. La suite définie par (
u0 connu
un+1 = un + r tel que r ∈ R
est appelé suite arithmétique. r est appelé raison de la suite. On peut exprimer le
terme général par un = u0 + nr et on peut généraliser un = up + (n − p)r tel que
n, p ∈ N. Pour la somme la somme des termes consécutifs d’une suite arithmétique
est donnée par
m−p+1
S = up + up+1 + ...... + um = (up + um ).
2
2. La suite définie par (
v0 connu
vn+1 = qun tel que q ∈ R
est appelée suite géométrique. q est appelé raison de la suite. On peut exprimer le
terme général par vn = v0 q n et on peut généraliser vn = up × q (n−p) tel que n, p ∈ N.
Pour la somme des termes consécutifs d’une suite géométrique est donnée par
1 − q m−p+1
S = vp + vp+1 + ...... + vm = vp ×
1−q
Exercice 7.1.1. Soit la suite (un )n une suite définie par :
(
u0 = 2
4
un+1 = 5 − un
,n ∈N
1. Montrer que : ∀n ∈ N, 1 < un < 4.
2. Monter que (un )n converge et trouver sa limite.
3. Donner sup E et inf E où E = {un : n ∈ N}.

Solution 7.1.1.

1. Utilisons le raisonnement par récurrence. On a 1 < u0 = 2 < 4, donc la propriété


est vraie pour n = 0. Supposons 1 < un < 4 et montrons 1 < un+1 < 4 pour n ≥ 0.
En effet
1 1
1 < un < 4 =⇒ < <1
4 un
4
=⇒ −4 < − < −1
un
4
=⇒ 1 < un+1 = 5 − < 4.
un

97
4
On peut utiliser une autre méthode. Soit la fonction x 7−→ f (x) = 5 − x
tel que
x ∈]1; 4[. On trouve f croissante et f (]1; 4[) =]1; 4[ et comme u0 = 2 ∈]1; 4[, alors
un ∈]1; 4[ pour tout n ≥ 0.
2. Puisque f est croissante et u1 = 3 > u0 = 2, alors (un )n est croissante.
3. Puisque la suite (un )n est croissante et majorée par 4, alors elle converge.
Soit l la limite de (un )n . Donc l vérifie l’équation
4
l =5− ⇐⇒ l = 1 ou l = 4
l
et comme (un )n est croissante et un > 1, alors l = 4.
4. Puisque (un )n est croissante et est convergente vers l, alors

inf E = u0 = 2 et sup E = l = 4.

1+ 5
Exercice 7.1.2. Soit le nombre réel φ = 2
(appelé le nombre d’or).

1
1. Vérifier que : φ2 = φ + 1 et 2−φ2
= −φ.
2. Soit (un )n≥1 une suite numérique définie par
1
un+1 = + 1 avec u1 > 0.
un

3. On suppose que (un )n≥1 est convergente, dans ce cas donner sa limite.
4. Montrer que la suite (un )n≥1 est convergente.

Solution 7.1.2.

1. Faites le !
2. Soit l la limite de (un )n≥1 , donc elle vérifie l’équation suivante :
1
l= + 1 ⇐⇒ l2 − l − 1 = 0,
l
√ √
1+ 5 1− 5
cette équation posséde deux solutions l = 2 √
ou l= 2
,
et puisque un > 1 pour n ≥ 2, alors l = φ = 1+2 5 .

98
3. On a :
1
|un+1 − φ| =| + 1 − φ|
un
1
=| + 2 − φ2 | (d’après la question 1),
un
φ2 − 2 1
= |un + |
un 2 − φ2
1
<(φ2 − 2)|un − φ| (car < 1, ∀n ≥ 1),
un
et par récurrence, on obtient

|un+1 − φ| < (φ2 − 2)n |u1 − φ|.

4. Comme 0 < φ2 − 2 < 1, alors |un+1 − φ| −→ 0 lorsque n −→ ∞.


D’où √
1+ 5
lim un = φ = .
n−→∞ 2

99
Bibliographie

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tion, O.P.U. Alger, 2007.
[2] K. Allab, Eléments d’Analyse, fonctions d’une variable réelle (Tome 2). Seconde édi-
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[3] F. Ayres, E. Mendelson, Analyse. Edition Dunod. Paris, 2011.
[4] C. Baba Hamed, K. Benhabib, Analyse II, Rappels de cours et exercices corrigés.
Troisième édition, O.P.U. Alger, 2011.
[5] Khélifa ZIZI, Fonctions d’une variable réelle Imprimie en Algérie Novembre 2010.
ISBN :978-9947-0-2881-0.
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MIAS/SM, Ediscience (Dunod pour la nouvelle édition) Paris 2002.
[7] E. Azoulay, J. Avignant, G. Aulac, Les mathématiques en licence, 1ère année. Tome
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2003.
[8] E. Azoulay, J. Avignant, G. Aulac, Les mathématiques en licence, 1ère année. Tome
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Seconde édition, Dunod. Paris, 2007.
[10] M. Mehbali, Mathématiques 1, fonction d’une variable réelle. Troisième édition,
O.P.U. Alger, 2009.
[11] M. H. Mortad, Exercices corrigés d’analyse, prmière année LMD. Seconde édition,
édition Houma. Alger, 2009.

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[12] N. Piscounov, Calcul différentiel et intégral, Tome 1. Editions Mir, Moscou, 1980.
[13] A. Rauzy, Mathématiques, cours d’analyse. Edition Eska. Paris, 2004.
[14] Frabcois Liret, Charlotte Scribot, mini manuel d’analyse cours et exercices corrigés.
Dunod, Paris2 2010 ISBN 978-2-10054563-6.
[15] Wieslawa J. Kaczor, Maria T. Nowak, PROBLEME D’ANALYSE I Nombres réels,
suites et séries. BP 112 91944 Les Ulis Cedex A, France.
[16] Wieslawa J. Kaczor, Maria T. Nowak, PROBLEMES D’ANALYSE II Continuité et
dérivabilité. BP 112 91944 Les Ulis Cedex A, France.

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