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Poisson - Wikipédia

Les poissons sont des vertébrés aquatiques à branchies, nageoires et généralement recouverts d'écailles, présents dans divers environnements aquatiques. Ils jouent un rôle crucial dans l'alimentation humaine, les écosystèmes, et la culture, tout en étant classés en plusieurs groupes phylogénétiques distincts. Leur diversité inclut environ 28 000 espèces, et leur étude est essentielle pour comprendre l'évolution des vertébrés et les interactions écologiques.

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Poisson - Wikipédia

Les poissons sont des vertébrés aquatiques à branchies, nageoires et généralement recouverts d'écailles, présents dans divers environnements aquatiques. Ils jouent un rôle crucial dans l'alimentation humaine, les écosystèmes, et la culture, tout en étant classés en plusieurs groupes phylogénétiques distincts. Leur diversité inclut environ 28 000 espèces, et leur étude est essentielle pour comprendre l'évolution des vertébrés et les interactions écologiques.

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Poisson

animal vertébré aquatique

Pour les articles homonymes, voir Poisson (homonymie).

Les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est
généralement couvert d'écailles. On les trouve abondamment aussi bien en eau douce, en eau saumâtre et en eau
de mer, depuis les sources de montagne (omble de fontaine, goujon) jusqu'au plus profond des océans
(grandgousier, poisson-ogre). Leur répartition est toutefois très inégale : 50 % des poissons vivraient dans 17 % de
la surface des océans1.

Poisson

Nom vulgaire ou nom vernaculaire


ambigu :
l'appellation « Poisson » s'applique en français à
plusieurs taxons distincts.

Mérou géant nageant parmi des bancs d'autres


poissons.

Taxons concernés

Les espèces de la classe


Chondrichtyens

et de la super-classe
Ostéichtyens
mais aussi plusieurs espèces parmi les Agnathes.

Articles connexes
Poisson dans la culture

Pisciculture

Piscivore

Liste de noms vernaculaires de poisson

L'étude des poissons

Ichtyologie
Liste d'ichtyologistes

Chronologie de l'ichtyologie

Les poissons ont une très grande importance pour les humains :

en tant que nourriture, les poissons sont consommés partout dans le monde ; qu'ils soient pêchés dans la
nature ou élevés en pisciculture ;

ils sont aussi exploités à des fins récréatives, pour la pêche et en aquariophilie, et sont parfois exposés dans de
grands aquariums publics ;

ils jouent un rôle significatif dans de nombreuses cultures, en tant que déités et symboles religieux, ou sujets de
contes, de légendes et d’œuvres d’art diverses (livres, films, etc.) ;

ils jouent un rôle important dans leurs écosystèmes ;

ils contribuent aux cycles biogéochimiques, dont le cycle du carbone ; en particulier, ils contribuent au puits de
carbone océanique1.

Dans la classification phylogénétique2, obtenue par application des méthodes cladistiques, les poissons forment
un groupe paraphylétique de vertébrés, donc non reconnu, car il exclut les tétrapodes (vertébrés terrestres). La
super-classe des Poissons (les Pisces) de la classification classique n'est reconnue que par certains
systématiciens évolutionnistes3. Les espèces actuelles (non éteintes) de poissons sont réparties dans quatre
taxons : les Pétromyzontides (lamproies), les Chondrichtyens (raies, requins et chimères), les Actinoptérygiens
(poissons les plus communs), les Sarcoptérygiens (Dipneustes et Actinistiens). On y associe parfois les
Myxinoïdes.

Le premier inventaire ichtyologique de France semble être celui de Pierre Belon, en 1555, La nature et la diversité
des poissons avec leurs pourtraicts représentés au plus près du naturel4.

Définition et classification

Étymologie

Le substantif masculin5,6,7 poisson (prononcé : [pwasɔ̃] en français standard)6 est issu, par l'intermédiaire de
l'ancien français peis, pois, du latin piscis, de même sens5,6.

Définition

Un ptérois à antennes.

Le terme poisson est plus précisément employé pour désigner les crâniates non tétrapodes, c'est-à-dire des
animaux avec un crâne cartilagineux ou osseux qui protège la partie antérieure du système nerveux, possédant
des branchies toute leur vie et qui peuvent posséder des nageoires, mais pas de pattes8. Les poissons ne forment
pas un groupe phylogénétiquement homogène, contrairement aux oiseaux ou aux mammifères (voir plus bas).
Un poisson typique est « à sang froid » ; il possède un corps allongé lui permettant de nager rapidement ; il extrait
le dioxygène de l'eau en utilisant ses branchies ; il possède deux paires de nageoires, les nageoires pelviennes et
les nageoires latérales, habituellement une ou deux nageoires dorsales, une nageoire anale et une nageoire
caudale ; il possède une mâchoire double, pour les gnathostomes, ou simple, pour les agnathes ; sa peau est
généralement recouverte d'écailles ; il est ovipare.

Les poissons ont des formes très


diverses : ce dragon des mers, proche
de l'hippocampe, se confond avec les
algues grâce à la forme de ses
nageoires.

Chacune de ces caractéristiques comporte toutefois des exceptions. Les thons, les espadons et certaines
espèces de requins sont entre sang chaud et sang froid, et peuvent élever leur température corporelle au-dessus
de celle de l'eau ambiante9. Et de la même façon, la lampris-lune semble être un cas unique de poisson à sang
chaud. La forme du corps et les performances natatoires varient considérablement, des nageurs très rapides
capables de parcourir dix à vingt longueurs de leur corps par seconde (thons, saumons) aux poissons très lents
mais mieux manœuvrants (comme les anguilles ou les raies) qui ne dépassent pas 0,5 longueur par seconde10.
Plusieurs groupes de poissons d'eau douce extraient le dioxygène de l'air comme de l'eau en utilisant des organes
variés. Les dipneustes possèdent deux poumons similaires à ceux des tétrapodes ; les gouramis ont un « organe
labyrinthe » qui fonctionne de la même manière ; les Corydoras extraient le dioxygène par l'estomac ou l'intestin11.
La forme du corps et la position des nageoires varient énormément, comme en témoigne la différence entre les
hippocampes, les lophiiformes, les poissons globes ou les saccopharyngiformes. De même, la surface de la peau
peut être nue (murènes) ou couverte d'écailles de différents types : placoïdes (requins et raies), cosmoïdes
(cœlacanthes), ganoïdes, cycloïdes et cténoïdes12. Certains poissons passent même davantage de temps hors de
l'eau que dedans, comme les périophthalmes qui se nourrissent et interagissent entre eux sur des terrains boueux
et ne retournent dans l'eau que pour se cacher dans leur terrier13. Certaines espèces peuvent être ovovivipares ou
vivipares.

Le poisson le plus petit (Schindleria brevipinguis) mesure à peine 8 mm, le plus grand (le requin baleine) atteint
16 m.

Quelques espèces de poissons dulçaquicoles possèdent des poumons. Ces organes permettent aux Erythrinus de
l'Amazone d’extraire 50 % du dioxygène dont ils ont besoin, et sont l'unique moyen de respiration des Arapaima
gigas ou des gymnotes.

Terminologie

Plusieurs types d'animaux aquatiques sont communément appelés « poissons » mais n'en sont pas vis-à-vis de la
définition précédente.

Les termes relatifs aux poissons viennent de différentes racines :

poisson se dit piscis (pisces au pluriel) en latin, d'où la pisciculture, piscivore, etc. ;
poisson se dit ἰχθύς / ikhthús en grec ; l'Académie française a simplifié le groupe chth en cht en 1878 mais l'on
retrouve le groupe complet en anglais par exemple ; d'où l'ichtyologie, Ichtus, l'ichtyocolle, etc.

Classification

À l'opposé des groupes tels que les oiseaux ou les mammifères, les poissons ne forment pas un clade : le groupe
est paraphylétique, c'est-à-dire qu'il ne comporte pas tous les descendants de leur ancêtre commun14,15,16. Pour
cette raison, la « super-classe Pisces » n'est plus utilisée en classification phylogénétique, chaque clade devant
comporter tous les descendants du même ancêtre, ce qui amènerait à y adjoindre les Tétrapodes (et donc les
mammifères). Elle est par contre conservée dans certaines classifications évolutionnistes modernes3.

Les poissons sont classés dans les groupes principaux suivants (en grisé et précédés de l'obèle « † », les taxons
éteints) :

Infra-embranchement des Agnathes ou Cyclostomes, (vertébrés sans mâchoires)


Classe Hyperoartia (Hyperoartiens : poissons sans mâchoires)
Ordre des Petromyzontiformes (lamproies)
groupe des †Ostracodermes (terme qui regroupe les classes éteintes de poissons sans mâchoires)
Classe †Pteraspidomorphi GOODRICH, 1909 (Ptéraspidomorphes, poissons primitifs sans mâchoires)
Sous-classe †Heterostraci LANKESTER, 1868 (Hétérostracés, poissons primitifs sans mâchoires, Ordovicien →
Dévonien)
Sous-classe †Astrapida BERG, 1940 (Astrapides, poissons primitifs sans mâchoires, Ordovicien → Dévonien)
Sous-classe †Arandaspida RITCHIE et GILBERT-THOMLINSON, 1977 (Arandaspides, poissons primitifs sans
mâchoires, Ordovicien)
Classe †Anaspida TRAQUAIR, 1899 (poissons primitifs sans mâchoires, Silurien → Dévonien supérieur)
Classe †Thelodonti JAECKEL, 1911 (poissons primitifs sans mâchoires, Ordovicien → Dévonien)
Classe †Cephalaspidomorphi GOODRICH, 1909 (Céphalaspidomorphes : poissons sans mâchoires à cuirasse
articulée)
Sous-classe †Osteostraci LANKESTER, 1868 (Ostéostracés : poissons à cuirasse ossifiée, Silurien moyen →
Dévonien supérieur)
Sous-classe †Galeaspida LIU, 1965 (Galéaspidés, poissons avec bouclier céphalique en forme de heaume,
Silurien → Dévonien)
Sous-classe †Pituriaspida (Pituriaspides, poissons cuirassés de "Pituri", Queensland, Australie, Dévonien
moyen)
Infra-embranchement des Gnathostomes (vertébrés à mâchoires)
Classe †Placodermi (Placodermes : poissons à cuirasse articulée)
Classe †Acanthodii (Acanthodiens : requins épineux)
Classe Chondrichthyes (Chondrichtyens : poissons cartilagineux : requins et les raies)
Superclasse Osteichthyes (Ostéichthyens : poissons osseux)
Classe Actinopterygii (Actinoptérygiens : poissons à nageoires rayonnées)
Classe Sarcopterygii (Sarcoptérygiens : poissons à nageoires charnues)
Sous-classe Coelacanthimorpha (cœlacanthes)
Sous-classe Dipnoi (dipneustes)

Certains paléontologues considèrent que les conodontes sont des chordés et les considèrent comme des
poissons primitifs ; voir l'article Vertébré.

Les différents groupes de poissons pris tous ensemble comprennent plus de la moitié des vertébrés connus. Il y a
près de 28 000 espèces de poissons existantes (sans compter les espèces disparues), dont près de
27 000 poissons osseux, le reste étant formé d'environ 970 requins, raies et chimères et environ 108 lamproies et
myxines17. Un tiers de toutes ces espèces est renfermé dans les neuf plus grandes familles, qui sont (des plus
grandes aux plus petites) : Cyprinidae, Gobiidae, Cichlidae, Characidae, Loricariidae, Balitoridae, Serranidae,
Labridae, et Scorpaenidae. D'un autre côté, environ 64 familles sont monotypiques (ne contiennent qu'un seul
genre, parfois monospécifique). On suppose que le nombre total d'espèces de poissons en existence serait de
32 50017.

Génomique

Les poissons contemporains sont les vertébrés chez lesquels on observe les plus grands et les plus petits
génomes (parmi les vertébrés), phénomène qui a une « signification évolutive » encore incomprise18. Le génome
est plus petit chez les poissons à nageoires à rayons que chez les poissons cartilagineux, hormis chez les
polyploïdes (qui explique en grande partie les variations de taille de génome au sein de ces deux groupes)18. Le
génome des poissons d'eau douce (et eurybiontes) est plus grand que celui des espèces apparentées marines et
sténobiontes18. Les différences de taille de génome ne semblent pas liées au taux métabolique propre à l'espèce
mais elles sont positivement corrélées avec la taille des œufs, ce qui peut évoquer un lien avec l'évolution des
soins parentaux18.

Évolution

Article détaillé : Histoire évolutive des poissons.

Évolution des vertébrés selon un diagramme axial


représentant les cinq grandes classes (poissons19,
amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères). La largeur
des axes indique le nombre de familles dans chaque
classe (les téléostéens, poissons à squelette
complètement osseux et à nageoires rayonnantes,
représentent 99,8 % des espèces de poissons, et près de
la moitié des espèces de vertébrés)20.

Haikouichthys ercaicunensis, unique


espèce de son genre, est un poisson
agnathe éteint.
De par leur diversité morphologique, physiologique, comportementale et écologique, les poissons représentent un
remarquable succès évolutif21.

Dans un contexte évolutif, l'ensemble des taxons désignés par le terme poisson n'est plus considéré homogène,
ces taxons ayant des histoires évolutives différentes et formant donc différents clades2.

Certains pensent que les poissons ont évolué à partir d'une créature du type ascidie (dont les larves ont des
ressemblances avec les poissons primitifs) ; les premiers ancêtres des poissons auraient alors conservé leur
forme larvaire à l'état adulte par néoténie, mais l'inverse est aussi possible. Les fossiles candidats au statut de
« premier poisson » connus sont Haikouichthys, Myllokunmingia et Pikaia.

Les tout premiers fossiles de poissons ne sont guère nombreux, ni de bonne qualité : peut-être les poissons
primitifs étaient-ils rares ou mal fossilisables ou les conditions taphonomiques mauvaises. Cependant, le poisson
devint une des formes de vie dominantes du milieu aquatique et a donné naissance aux branches évolutives
menant aux vertébrés terrestres comme les amphibiens, les reptiles et les mammifères.

L'apparition d'une mâchoire articulée semble être la raison majeure de la prolifération ultérieure des poissons, car
le nombre d'espèces de poissons agnathes devint très faible. Les premières mâchoires ont été trouvées dans les
fossiles de placodermes. On ignore si le fait de posséder une mâchoire articulée procure un avantage, par
exemple, pour la préhension ou la respiration.

Les poissons ont aussi coévolué avec d'autres espèces (prédateurs, pathogènes et parasites notamment, mais
aussi parfois des espèces symbiotes). Durant leurs migrations (longues et sur de longues distances pour les
saumons et lamproies, et plus encore pour les anguilles), ils peuvent transporter (dispersion) un certain nombre
de propagules d'autres organismes (ectoparasitisme, endozoochorie, œufs viables non digérés22, etc.).

Agnathes

Une lamproie marine.

Les agnathes regroupent des animaux à corde dorsale et à crâne, mais sans mâchoires. Leur vie en milieu
aquatique les a fait longtemps classer parmi les poissons.

La monophylie des agnathes actuels est débattue23,24,3 :

les myxines, font ou ne font pas partie des vertébrés selon la phylogénie retenue ;

les lamproies, sont indéniablement des vertébrés.

La plupart des études récentes basées sur les comparaisons de séquences d'ADN soutiennent que les myxines et
les lamproies sont étroitement apparentées. On parlera alors du groupe des cyclostomes23.

Les myxines et lamproies partagent des caractères morphologiques ancestraux à tous les craniés, qui sont
perdus chez les gnathostomes. Leur bouche rudimentaire, qui se comporte comme une ventouse, ne possède pas
de mâchoires, et ne peut donc pas modifier son ouverture. Leur squelette est cartilagineux et composé d'une
capsule crânienne et d'une colonne vertébrale sans côtes.

Si les agnathes actuels sont peu nombreux, de nombreux fossiles d'agnathes sont présents dans les sédiments
du paléozoïque. Les agnathes furent les tout premiers crâniates à apparaître.
Certains agnathes fossiles, comme les ostéostracés sont plus proches parents des vertébrés à mâchoire que des
lamproies et myxines. Par exemple, ils possèdent des membres pairs (nageoires pectorales) à la différence de
ces dernières23.
Les conodontes sont un type d'agnathes préhistoriques ayant développé des « dents » sans avoir jamais
développé de machoires.

Poissons cartilagineux (Chondrichtyens)

Un grand requin blanc de 3,5 mètres


environ.

Chez les Chondrichthyens, aussi appelés « poissons cartilagineux », il n'y a globalement pas d'ossification
endochondrale. Le squelette est donc très majoritairement composé de cartilage, et pas d'« os vrai »2. On peut y
trouver les différentes espèces de requins, de raies et de chimères. Il faut ajouter que les « os vrais » peuvent tout
de même être observés chez les Chondrichtyens, mais en petite quantité25. La généralisation de l'os enchondral
ne se trouvera que chez les ostéichtyens, étant par ailleurs leur synapomorphie principale.

Les principales synapomorphies des chondrichthyens incluent une couche de cartilage calcifié prismatique et,
chez les mâles, les nageoires pelviennes portent des claspers pelviens (organes servant à l'accouplement)2.

Poissons osseux (Ostéichtyens au sens classique)

Un poisson mandarin, un exemple de


poisson osseux.

Comme leur nom l'indique, l'innovation la plus notable des poissons osseux est l'os. Le tissu osseux périchondral
qui renforçait certains cartilages se généralise, et conduit à deux types d'os d'origines différentes :

l'os enchondral (associé au mésoderme), qui remplace au cours du développement les pièces cartilagineuses
du squelette interne ;

surtout, l'os dermique, qui se forme à partir du derme (d'origine mésodermique), apparaît. Il donne les os de la
boîte crânienne et les ceintures scapulaires, ainsi que les rayons des nageoires (qui évolueront ultérieurement
en membres).

On observe aussi la présence de sacs aériens connectés au tube digestif qui donneront les poumons des
vertébrés terrestres et les vessies natatoires des Actinoptérygiens. Ces sacs aériens sont soupçonnés chez
certains Gnathostomes fossiles. Les tentatives d'émancipation du milieu aquatique seraient alors apparues dans
ce clade.

Les principales fonctionnalités évolutives explorées au niveau des poissons osseux sont l'articulation de la
mâchoire, de plus en plus structurée, et la forme et la mobilité des nageoires.

Poisson à nageoires charnues (Sarcoptérygiens)

Dipneuste, dessin de Heinrich Harder


(autour de 1920).

On peut par exemple compter comme poissons à nageoires charnues (sarcoptérygiens) les cœlacanthes, les
dipneustes ou encore les tétrapodes. Plusieurs innovations se retrouvent dans ce groupe :

le membre monobasal : l'attache basale se réduit à un seul élément (fémur, omoplate et humérus) et des
muscles permettent l'articulation indépendante des rayons (doigts) ;

les dents se couvrent d'émail.

Il apparait donc évident, vu les membres de ce groupe, que pour rendre holophylétique le groupe des poissons
(c'est-à-dire pour qu'il contienne tous les descendants de son dernier ancêtre commun, et donc le considérer
valide du point de vue cladiste), il faudrait y inclure tous les vertébrés terrestres dont les humains font
évidemment partie. Certains évolutionnistes ont souligné que l'idée d'appeler l'homme un poisson était absurde et
qu'il était donc préférable d'accepter comme valides les groupes paraphylétiques26.
Morphologie et anatomie

Morphologie

Aspect général

Anatomie d'un poisson à nageoires


rayonnées
A Nageoire dorsale B Rayon
C Ligne latérale D Rein
E Vessie natatoire F Appareil de
Weber
G Oreille interne H Cerveau
I Narine L Orbite
M Branchie N Cœur
O Estomac P Vésicule biliaire
Q Rate R Gonades
S Nageoire ventrale ou pelvienne (par
paire)
T Colonne vertébrale U Nageoire
anale
V Nageoire caudale.

Schéma du Lampanyctodes hectoris


1 Opercule
2 Ligne latérale
3 Nageoire dorsale
4 Nageoire molle ou adipeuse
5 Pédoncule caudal ou queue
6 Nageoire caudale
7 Nageoire anale
8 Photophores
9 Nageoire ventrale ou pelvienne (par paire)
10 Nageoire pectorale (par paire)
Épiderme

Beaucoup de poissons présentent un


triple camouflage : ombre inversée,
raies transversales et argenture27.

Les sauteurs de vase Atlantique


peuvent vivre hors de l'eau
provisoirement pendant des heures
grâce au tégument et certaines
muqueuses riches en vaisseaux
sanguins qui permettent une
respiration cutanée complémentaire
de la respiration branchiale.

Les cellules épidermiques sont toutes vivantes, éliminations sans modification, elles tombent. Peu épais (5 -9
couches cellulaires), il y a des échanges osmotiques et ioniques.

Certains poissons pélagiques développent sur leur épiderme une coloration à fort contraste dorso-ventral.
L'interprétation la plus classique est qu'il s'agirait d'une coloration cryptique permettant une sorte de camouflage
anti-prédateur baptisée ombre inversée : la coloration sombre dorsale leur permet de se confondre avec les fonds
marins et les rend moins visibles d'un prédateur aviaire ; la coloration blanche du ventre aurait une valeur
adaptative, en les rendant moins visibles d'un prédateur venant des profondeurs (requin, thon) qui est ébloui par la
luminosité des rayons solaires (confusion avec la lumière ambiante à travers la fenêtre de Snell)28.

Nageoires

Nageoire dorsale d'un Chevesne.

Article détaillé : Nageoire.

La plupart des poissons se déplacent en contractant alternativement les muscles insérés de chaque côté de la
colonne vertébrale. Ces contractions font onduler le corps de la tête vers la queue. Lorsque chaque ondulation
atteint la nageoire caudale, la force propulsive créée pousse le poisson vers l'avant.
Les nageoires du poisson sont utilisées comme stabilisateurs. La nageoire caudale sert aussi à augmenter la
surface de la queue, augmentant ainsi la poussée lors de la nage, et donc la vitesse. Le corps fuselé des poissons
permet de diminuer les frictions lorsqu'ils nagent, et donc d'éviter qu'ils soient ralentis par la résistance de l'eau.
De plus, leurs écailles sont enrobées d'un mucus qui diminue les frottements.

Alimentation

Presque toutes les formes d'alimentation sont observées chez les poissons, mais les modes parasitaires
semblent rares ou inexistants (la lamproie n'est pas un poisson au sens taxonomique le plus restrictif du terme).
Le régime alimentaire d'une espèce mal connue ou nouvellement découverte peut être étudié par des analyses du
contenu stomacal et des analyses isotopiques.

Des cailloux, microplastiques, et parfois du sédiment et des os ou écailles de poissons sont souvent trouvés dans
les estomacs de poissons (une étude ayant porté sur 5 000 estomacs de poissons appartenant à plus de 70
espèces démersales différentes, échantillonnés à intervalles bathymétriques de 250 m au nord-est de l'océan
Atlantique, à des profondeurs allant de 500 à 2 900 m29. Des cailloux ou graviers n'ont été trouvés que dans les
estomacs de poissons pêchés à 500–1000 m de profondeur (taux : 4,6 % à 500 m de profondeur, 1,1 % à 750 m et
1,3 % à 1 000 m29. Des sédiments étaient présents dans 9 % des estomacs et des écailles chez 7 % des poissons,
des estomacs avec des contenus. Sédiments et échelles co-produites dans l'estomac des poissons d'alimentation
principalement benthopélagiques29.

Anatomie

Article détaillé : Anatomie des poissons.

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Écologie et comportement

Comportement social

Mâle de Chromis viridis fécondant les


œufs déposés par une femelle sur une
branche de corail. La papille génitale
(analogue d'un « pénis ») est visible.

De nombreuses espèces de poissons, tels les demoiselles (Pomacentridés), les poissons-zèbres (Cyprinidés) ou
les néons (Characidés), etc. ont un instinct grégaire et préfèrent vivre en bancs. D'autres, tels les requins, sont
plutôt solitaires. Certains sont même si agressifs que la rencontre d'un congénère peut entraîner la mort de l'un
d'eux après une rude bataille : c'est le cas du combattant du Siam (Anabantidés) chez les mâles. La plupart des
poissons sont ovipares : la femelle dépose ses ovules et le mâle les féconde, de manière externe ; cependant,
certains poissons sont ovovivipares, comme de nombreux requins, et il y a alors un accouplement avec
fécondation interne. Certains s'occupent de leurs œufs ou de leurs petits (protégés dans la bouche des parents
chez certaines espèces comme celles de la famille des Apogonidae, ou dans une poche ventrale du mâle chez les
hippocampes) et d'autres (qui pondent beaucoup plus d’œufs) abandonnent leurs œufs à leur sort, dans l'eau ou
sur un support.

Dans les années 2010, des études scientifiques relèvent chez plusieurs espèces une sensibilité et des
comportements sociaux plus complexes qu'imaginés jusqu'alors30.

Par exemple, des raies manta ont démontré des comportements associés avec la conscience de soi. Placés dans
un test du miroir, les individus ont démontré un comportement inhabituel, apparemment destiné à vérifier si le
comportement de leur reflet correspond toujours à leurs propres mouvements31.

Des labres nettoyeurs ont également passé le test du miroir dans une expérience indépendante, réalisée en
201832,33.

Des cas d'usages d'outils chez les poissons ont également été mentionnés, notamment chez des poissons de la
famille des choerodons, ceux du genre Toxotes et chez la morue de l'Atlantique34.

En 2019, des chercheurs ont démontré que les Amatitlania siquia, une espèce de poisson monogame,
développent une attitude pessimiste quand ils sont privés de la présence de leur partenaire35,36.

Cycles

La plupart des poissons ont un cycle nycthéméral (et dorment la nuit37, en pleine eau ou posés sur un substrat,
parfois couchés sur le flanc) et saisonnier. Certains ont une activité plutôt nocturne. De nuit, en aquarium comme
dans la nature, certains poissons changent de couleur37,38. Des changements électriques du cerveau passant en
phase de sommeil ou d'éveil montrent ces changements (8–13 Hz dans le noir, 18–32 Hz à la lumière chez la
morue) proches de ceux observées chez les mammifères37.

Migration

Article détaillé : Migration des poissons.

La migration est un phénomène instinctif39 présent chez de nombreuses espèces de poissons. Peu de poissons
sont absolument sédentaires, hors quelques espèces coralliennes ou vivant dans des eaux fermées. La plupart
des espèces marines et de rivière, accomplissent (individuellement ou de manière grégaire) des déplacements
saisonniers ou migratoires.

Beaucoup de poissons migrent de manière cycliquement régulière (à l'échelle du jour ou de l'année), sur des
distances de quelques mètres à des milliers de kilomètres, en relation avec les besoins de reproduction ou en
nourriture, les conditions de température ; dans certains cas, le motif de la migration n'est pas connu.

Contribution aux puits de carbone

À partir du dioxyde de carbone dissous dans l'eau, les poissons marins produisent constamment dans leur
intestin des carbonates peu solubles.
Par exemple, le flet européen synthétise et rejette chaque heure et en moyenne 18 micromoles de carbone par kg
de poisson (sous forme de calcite)1. Les poissons contribueraient ainsi de 3 %40 à 15 %41 du puits de carbone
océanique (voire 45 % si l'on prenait les hypothèses les plus « optimistes »)1. De plus, les poissons ont une marge
de tolérance à la température42 et un climat chaud associé à la surpêche tendent à réduire le nombre de grands
poissons ; or, une petite taille du poisson et une eau plus chaude favoriseraient cette formation de carbonates de
calcium ou de magnésium (qui sont éliminés avec la nécromasse, les fèces ou des boulettes de mucus)1.

Hélas, ces carbonates plus riches en magnésium sont aussi plus solubles à grande profondeur. Ils peuvent alors
relarguer une partie de leur carbone, mais en tamponnant le milieu, au point que cela pourrait expliquer jusqu'à un
quart de l'augmentation de l'alcalinité titrable des eaux marines dans les 1 000 mètres sous la surface (cette
anomalie de dureté de l'eau était jusqu'ici controversée car non expliquée par les océanographes)1.

Hélas encore, c'est aussi dans les zones les plus favorables à ce piégeage du carbone (plateaux continentaux où
se concentre environ 80 % de la biomasse en poisson) que la surpêche est la plus intense et que les zones mortes
ont fait disparaître le plus de poissons.

Les poissons et l'Homme

Utilisation alimentaire

Articles détaillés : Poisson (aliment) et Liste de préparations à base de poisson.

Le poisson est un aliment consommé par de nombreuses espèces animales, dont l'Homme. Le mot poisson
désigne donc aussi un terme de cuisine faisant référence à l'ensemble des aliments préparés à partir de poissons
capturés par le biais de la pêche ou de l'élevage. Trois quarts de la planète Terre sont couverts d'eau et de
nombreuses rivières sillonnent l'intérieur des terres, ce qui fait que le poisson a fini par constituer, depuis la nuit
des temps, une partie importante du régime alimentaire des humains dans presque tous les pays du monde.

Surpêche

400 tonnes de chinchard du Chili pêchées par un


senneur chilien en 1997.

Pour les poissons comestibles comme la morue et le thon, la menace principale est la surpêche43,44. Lorsque la
surpêche persiste, elle finit par causer une diminution de la population de poissons (le « stock ») car les individus
ne peuvent pas se reproduire assez vite pour compenser la perte due à la pêche. Un exemple de surpêche
catastrophique très étudié est celui de la sardine du Pacifique (Sadinops sagax caeruleus), qui était pêchée près
des côtes de Californie. Le maximum avait été atteint en 1937 avec 790 000 tonnes, puis la quantité pêchée a
décru pour atteindre à peine 24 000 t en 1968, date à laquelle cette industrie s'arrêta faute d'être rentable. Une
telle « extinction commerciale » ne veut pas dire que l'espèce elle-même est éteinte, mais seulement qu'elle n'est
plus économiquement viable45. La pêche minotière a également localement conduit à la surpêche.

La principale source de tension entre l'industrie de la pêche et la science halieutique est la recherche d'un
équilibre entre la conservation des espèces pêchées, et la préservation du revenu des pêcheurs. Dans des zones
comme l'Écosse, Terre-Neuve ou l'Alaska, où l'industrie des pêches est le principal employeur, le gouvernement est
particulièrement impliqué dans cet équilibre46, en maintenant à la fois un stock suffisant et des ressources
suffisantes pour les pêcheurs. D'un autre côté, les scientifiques promeuvent une protection toujours accrue pour
les stocks, en prévenant que de nombreux stocks pourraient disparaitre dans les cinquante prochaines années47.

Selon le WWF, « 80 % des stocks mondiaux de poissons utilisés à des fins commerciales sont déjà surpêchés ou
menacés de l’être. Par ailleurs, 40 % de tous les animaux marins capturés finissent comme prises accessoires et
sont rejetés morts ou moribonds par-dessus bord. Et comme le poisson d’élevage est le plus souvent nourri avec
de l’huile de poisson et/ou de la farine de poisson, les élevages contribuent également au pillage des mers »48.

Pollution de l'eau, des sédiments et destruction des habitats

Des poissons morts à la suite d'une


efflorescence algale au Brésil en
2014.

Les poissons sont notamment vulnérables à de nombreux polluants (plomb, mercure et autres métaux,
insecticides...) et à des problèmes de féminisation (imposex) induits par des perturbateurs endocriniens49.

Une des menaces sur les écosystèmes (marins et d'eau douce) est la dégradation physique, chimique et
écologique des habitats ; celle-ci est causée par la pollution de l'eau, la construction de grands barrages, le
réchauffement, l'eutrophisation, l'acidification et la baisse du niveau d'eau par les activités humaines, et doivent
faire face à la concurrence et aux pathogènes d'espèces introduites50. Un exemple de poisson en danger à cause
d'un habitat modifié est l'Esturgeon blanc, vivant dans les cours d'eau en Amérique du Nord, ceux-ci ayant été
modifiés de différentes manières51.

Espèces exotiques envahissantes

Une perche du Nil.

L'introduction d'espèces exotiques dont beaucoup sont devenues invasives s'est produite à de nombreux endroits
et pour de nombreuses raisons, dont le ballastage des navires de commerce. Un exemple bien connu et étudié est
l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria. À partir des années 1960, la perche du Nil introduite pour la
pêche a progressivement exterminé les 500 espèces de cichlidés que l'on ne trouvait nulle part ailleurs que dans
ce lac ; certaines espèces ne survivent que grâce à des programmes de reproduction en captivité, mais d'autres
sont probablement éteintes52. Parmi les espèces de poissons invasives ayant causé des problèmes écologiques,
on peut noter les carpes, les tête-de-serpent, les tilapias, la perche européenne, la truite fario, la truite arc-en-ciel
ou la lamproie marine.

Conservation

Le requin-baleine, le plus grand poisson au


monde, est classé comme « vulnérable ».

En 2006, la liste rouge de l'UICN comprenait 1 173 espèces de poissons menacées d'extinction53. Cette liste
incluait des espèces comme la morue de l'Atlantique, le Cyprinodon diabolis, les cœlacanthes ou le grand requin
blanc. Comme les poissons vivent sous l'eau, ils sont plus compliqués à étudier que les animaux terrestres ou les
plantes, et on manque toujours d'informations sur les populations de poissons. Les poissons d'eau douce
semblent particulièrement menacés, car ils vivent souvent dans des zones restreintes.

Mesures de protection

On cherche à établir des indicateurs ou indices de biodiversité en poissons, notamment pour les milieux d'eau
douce, lacs54 et mares y compris.

Article détaillé : Passe à poissons.

Vers un usage éthique des poissons

De nombreuses études ont porté sur la douleur55,56,57 la souffrance58,59, l’évitement de la douleur60,61, la peur62,63
telle que perçue par les poissons, sur la composante d’affectivité ou de personnalité qu’ils expriment64, des états
apparentés à des émotions65, ou sur leur bien-être en pisciculture66,67 ou en aquarium, avec des conclusions
parfois opposées. Ces questions ont des enjeux juridiques et éthiques car les pays développés tendent à
introduire de l’éthique animale et environnementale dans leurs législations (par ex en Suisse depuis 2005 :
« personne ne doit de façon injustifiée causer à des animaux des douleurs, des maux ou des dommages, les mettre
dans un état d’anxiété ou porter atteinte à leur dignité d’une autre manière. Il est interdit de maltraiter les animaux, de
les négliger ou de les surmener inutilement », tout comme sont interdites « les autres pratiques sur des animaux qui
portent atteinte à leur dignité »68).
Depuis les années 1980 les indices d’un stress et d’une perception de la douleur s’accumulent et les poissons, qui
sont de moins en moins considérés comme des machines biologiques qui ne seraient animées que par des
réflexes simples. Ils disposent comme nous de deux types d’axones (fibres A delta et fibres C) impliqués dans la
nociception, et la douleur affecte leurs capacités mémorielles et d'apprentissage69. La morphine supprime la
perception de la douleur chez le poisson (comme chez l'escargot)70. L’étude de leurs capacités cognitives71, de
mémorisation et d’apprentissage72,73 conduit à des conclusions similaires.
On distingue généralement la nociception74,75 (inconsciente, qui désigne un stimulus douloureux remonté vers le
cerveau) de la « perception douloureuse ». James Rose considère que les cerveaux d’animaux sans néocortex
(cas du poisson) n’auraient pas de vraie perception (consciente) de la douleur et que le comportement du poisson
ne serait que réflexe. « Posséder des nocicepteurs est une condition nécessaire mais pas forcément suffisante
pour ressentir la douleur » rappelle Jean-Marc Neuhaus qui ajoute qu’on ignore à quel moment (ou quels
moments) de l’évolution la sensibilité à la douleur et son importance évolutive ; il est possible que des poissons
des espèces éloignées des mammifères perçoivent la douleur via des mécanismes internes différents de ceux
des mammifères.
En 2014, après une revue de la littérature scientifique puis des débats entre ses membres, tout en restant
prudente et en reconnaissant l’absence de certitudes, la Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie
dans le domaine non humain (CENH, sise en Suisse ; pays où l’art. 120 de la Constitution fédérale impose une
prise en compte de la dignité de la créature) a conclu qu’il « est difficile de dénier toute sensibilité à la douleur au
moins à certains poissons » ; il n'y a « aucune bonne raison de conclure que les poissons seraient insensibles » à
la douleur... Un rapport rendu public à Berne par la commission invite les pêcheurs, éleveurs et chercheurs à
« utiliser les poissons avec attention et respect », ces animaux devant « faire l’objet d’un respect moral
indépendant de leur utilité pour l’être humain »76. Mais ces résultats ont été tempérés par d'autres études dont
celle de James Rose (Université du Wyoming) qui, en 2012 dans la revue Fish and Fisheries, estimait que les
poissons ne peuvent pas ressentir quoi que ce soit car dépourvus des structures nerveuses adéquates. Les
réactions observées par certaines études relèveraient non pas de la douleur, mais de la nociception, c’est-à-dire de
seuls réflexes76.
La CENH recommande une utilisation plus « éthique » des poissons, en limitant la souffrance des poissons
pêchés, qui souffrent de décompression, meurent par asphyxie et souvent après de multiples traumatismes76. Elle
invite aussi les pisciculteurs à mieux tenir compte des besoins de chaque espèce, et elle souhaite que la pêche à
la ligne soit soumise à une attestation de compétence76. Elle invite aussi à interdire - de manière générale -
l’utilisation des poissons à des fins de bien-être (Fish pedicure)76.

Dans la culture

Articles détaillés : Poisson dans la culture et Poissons (astrologie).

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Records

Taille

Articles connexes : Liste des poissons les plus gros et Liste des poissons les plus longs.

Le Paiche d'Amazonie, ou Arapaïma, est le plus gros poisson dulçaquicole : il peut atteindre 4,5 m et 200 kg. Le
plus gros poisson connu est le requin-baleine (16 m, 10 t).

Selon les Proceedings of the Royal Society (janvier 2006), le plus petit poisson serait Paedocypris progenetica, un
cyprinidé d'eau douce découvert par Maurice Kottelat et Tan Heok Hui, du Raffles Museum (Singapour). La femelle
Paedocypris est mature à partir de 7,9 mm de long. Adultes, les femelles mesurent 10,3 mm et les mâles,
11,4 mm. Il détrône un gobie nain de l'océan Indien décrit en 1981, Trimmatom nanus, adulte à 8 mm. Un poisson
du même genre, Paedocypris micromethes, légèrement plus grand (femelle adulte à partir de 8,8 mm), a été
identifié à Sarawak. Ces poissons vivent dans les forêts marécageuses constituées d'arbres inondés poussant sur
un sol de tourbe détrempée, mou et épais de plusieurs mètres. L'eau y est rouge sombre et très acide.
Selon une équipe de l'université de Washington, Photocorynus spiniceps est le plus petit vertébré connu : le mâle
de cette espèce de baudroie de la famille des Linophrynidae, découverte dans les abysses du large des
Philippines, long de seulement 6,2 mm, vit en parasite sur le dos d'une femelle mesurant 46 mm. Celle-ci pourvoit
aux besoins en nourriture d'un mâle ne se limitant pratiquement qu'à un appareil reproducteur (Pietsch et al.,
Ichtyological Research, 200577).

Si le mâle Photocorynus spiniceps est plus petit, notons que Paedocypris progenetica détient, en moyenne mâle-
femelle, le record du plus petit poisson connu (même s'il n'est plus le plus petit vertébré depuis la description en
2012 de la grenouille Paedophryne amauensis78).

Puissance

Dunkleosteus terrelli, un poisson marin à plaques cuirassées qui vivait il y a 400 Ma, mesurait jusqu'à 11 m de long
et pouvait peser jusqu'à quatre tonnes. Après en avoir reconstitué la musculature, des scientifiques américains
ont découvert en 2006 que les mâchoires de ce poisson étaient capables d'exercer une pression de 5 500 kg/cm2,
soit à peu près deux fois celle de l'actuel requin blanc et autant que la mâchoire d'un Tyrannosaurus. De surcroît,
on estime que Dunkleosteus terrelli était capable d'ouvrir et de refermer sa gueule en un cinquantième de seconde
(Philip Anderson et Mark Westneat, 2006).

Notes et références

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Annexes

Bibliographie

Article détaillé : Orientation bibliographique en ichtyologie.

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27) (présentation en ligne ([Link] [archive])

Articles connexes

Ichtyologie Poisson (aliment)

Chordata, Gnathostomata et articles subséquents Pêche (halieutique)

Hypoxie chez les poissons Pêche minotière

Liste de poissons Reproduction des poissons

Poisson dans la culture Liste de poissons de fiction

Liens externes

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Guide des poissons à privilégier à la consommation par rapport à d'autres ([Link]


ire/gestes_ecologiques/alimentation1/poissons2/produits_de_la_mer_/?category=cat1) [archive]

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